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 J'ai aucune putain d'idée de titre. Blah blah blah. [PV Numa]

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MessageSujet: J'ai aucune putain d'idée de titre. Blah blah blah. [PV Numa]   Dim 21 Juil - 8:54

Depuis mon entrevue avec Némesio et mon « cours » catastrophique avec Suzume, j'ai parlé avec presque personne. Aucun adulte en tout cas. J'ai juste rendu visite à Inanna régulièrement, parce que même le pire solitaire de la planète a besoin de parler à des gens. Némésio m'a dit d'être discret, j'ai bien obéit, surtout depuis que Suzume m'a traité de gros abruti. J'ai passé grosso modo un mois et demi sans m'emmerder avec de la vie sociale. C'est rassurant, mais oppressant à la fois. Heureusement que j'ai mon bébé. Enfin bébé... neuf ans maintenant. Le temps passe. Je pensais qu'elle ne voudrait plus me parler, surtout avec ma magie bizarre et ma stupidité chronique. Mais elle est toujours contente de me voir, même si elle n'a plus besoin de moi pour les mêmes choses. Il n'est plus nécessaire que je fasse à manger ou que je lui achète des vêtements, puisqu'elle est en noviciat pour être inquisitrice. Qu'est ce qu'elle aurait pu faire d'autre ? Son père est prêtre. En tout cas ça a l'air de bien se passer, évidemment elle ne tue pas des gens, elle en est encore aux cours sur l'histoire de l'Empire et tout ça, même si il y a beaucoup d'exercice physique. Elle aime ça. Elle a les qualités pour. Intelligente, et elle grandit à la vitesse d'un cheval au galop en plaine, dépassant toutes les gamines de son âge. Une grande asperge élancée. Hélas, elle commence du coup à me poser des questions sur les poils et tout ça d'un ton timide et j'ai dû bredouiller une vague explication sur le sujet, tout en ignorant les détails du processus chez le sexe opposé. Je crois que ça arrive plus tôt toutes ces histoires là, sans aucune certitude. Elle affirme que d'autres filles commencent à changer physiquement et se désespère que ça ne soit pas son cas – mais je me souviens pas trop parce qu'à ce stade de la discussion j'étais tellement mortifié que j'entendais presque plus rien. Elle me pose aussi plein de question sur sa mère, sur la mienne, de comment c'était quand elle est née et j'essaye d'y répondre le plus véridiquement possible, en cachant des trucs. Évidemment. J'ai du mal déjà à y repenser, et je préfère mourir que de lui dire la vérité. Officiellement sa mère est morte de pneumonie, voilà. C'est mieux si ça reste comme ça. Il n'y a que moi qui sache la vraie histoire, je l'ai raconté à personne, elle ne l'apprendra pas de la bouche de quelqu'un d'autre. Après elle m'a demandé à quel âge j'ai commencé moi même à avoir des poils ou à perdre ma virginité et j'ai tiré une telle tronche qu'elle a immédiatement changé de sujet. Mais ça va finir par poser problème. Je me souviens que dans mon cas, personne ne m'avait prévenu des tenants et des aboutissement du processus et que ça m'a complètement paniqué quand ça s'est produit. J'ai dû réussir à bredouiller quelque chose à propos de pertes de sang mais ça a eu plus l'air de lui faire peur qu'autre chose. Mais j'ai pas de femme adulte sous la main pour lui donner une explication ! Suzume, ouais, mais euh... t'imagines si je demande à Suzume d'expliquer à ma fille les règles et les seins et tout ça ? Elle va m'arracher les yeux ! Me les faire bouffer !
Enfin mis à part ça, j'adore lui parler. Elle a des conversations plus... adultes, du coup on peut parler boulot, actualité et tout ça. Elle grandit quoi, même si elle joue encore un peu en secret avec ses nounours dans sa chambre. Elle veut pas passer pour un bébé, même si j'aimerais qu'elle en soit encore un pour pouvoir lui donner le biberon et tout ces trucs. J'aimerais avoir un autre enfant, mais ça implique de rencontrer une femme à un moment où à un autre et je vois difficilement comment. C'est déjà miraculeux que j'ai réussi à ce qu'il y en ait une qui m'aime, de base, alors j'essaye d'en faire mon deuil. Ça me ronge quand même.

Alors pour tromper mon vide intérieur j'suis parti lui acheter un cadeau là. Un automate. J'ai entendu des prêtres parler de cet ingénieur. Ce que j'en ai surtout retenu, c'est qu'apparemment il bégaie et qu'il est super timide, je trouve ça rassurant. Les commerçants qui ont du bagou me terrifient parce que moi j'ai un charisme d'endive et à peu près la même capacité à négocier, alors je me fais toujours arnaquer sur les prix comme une grosse victime. Et tu sais le problème de l'anxiété chronique ? C'est que ça s'arrange pas en vieillissant, ça empire, et que passer plusieurs mois sans sortir du monastère arrange pas la chose non plus. J'ai essayé bravement une première fois de sortir, peu après midi, là où il a le plus de monde dehors. Une foule. UNE PUTAIN DE FOULE. J'ai fait une attaque de panique et je suis rentré en courant. J'ai eu beaucoup de mal à renouveller la tentative, voire seulement de sortir de ma chambre. Il faut bien pourtant, je peux pas rester enfermé toute ma vie là dedans. Mais même Suzume m'insulte tellement je suis stupide ! Némesio m'a dit de pas me faire remarquer ! Je suis con, les gens dans la rue ils vont me... je sais pas ! Je sais plus ! Ça fait tellement longtemps que je ne suis pas sorti dans la rue sans être sous l'effet de la magie, les gens ils vont me... regarder. Je sais pas. Un destin horrible en tout cas. Un autre prêtre a fini par faire venir un médecin qui m'a dit des mots compliqués que je n'ai pas compris et qui m'a donné des médoc' qui marchent mes couilles. Faut que je sorte, avec ou sans aide. Du coup j'ai retenté, en soirée, et j'ai réussi en stressant beaucoup à atteindre mon objectif. Parler à un gamin maigrichon aux grands yeux humides pour acheter un truc. Enfin déjà dire bonjour. Je venais déjà de traverser la ville pour rentrer dans un salon de coiffure plein de peluches, me faut quelques secondes pour m'en remettre. Au moins y a moins de monde. Je suis déjà venu ici ! Mais j'étais sur le coup d'une longue période de magie du Sang, je ne m'en souviens plus très bien. Surtout que je suis sous l'effet de médoc' qui me calment nullement, mais qui m'assomment un peu. Et je dois me retenir tout le temps de céder à la facilité, c'est à dire de tout détruire par magie. C'est pas facile. Je respire trop vite en regardant autour de moi d'un air de bête traqué, essaye d'utiliser le pamplemousse que j'ai entre les deux oreilles, mais entends que le bruit de ma propre panique. Merde, le gamin est devant moi en plus, j'ai même pas besoin d'aller le chercher. Il a pas sa propre boutique, mais a eu le bon goût de traîner là où on m'a dit qu'il traînait. Si j'avais dû le chercher par dessus le marché, je m'en serais jamais sorti. Je commence à me tripoter stupidement les doigts en regardant mes pieds, mais j'trouve enfin le courage de parler.

- Bonjour on m'a dit que vous vendiez des jouets pour enfant alorsvoilajeviensvoirsic'estvraittoutçatoutça.

Parle trop vite. Un inconnu. Adulte. Plus intelligent que moi puisque ingénieur. Trop la panique. Arrive plus à réfléchir, au secours.
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MessageSujet: Re: J'ai aucune putain d'idée de titre. Blah blah blah. [PV Numa]   Dim 21 Juil - 11:59

Une bougie posée sur son bureau, le garçon plissait les yeux sur les plans. Sa main tremblait, tandis qu'il traçait les lignes d'un corps humain. Mais ces lignes n'étaient pas régulières, car elles suivaient la maladresse de Numa, et sa difficulté à dessiner correctement. Son oeil caressait les organes qu'il parvenait à reproduire, il nota soudain quelque chose en bas de la feuille. Il se leva, puis il se retourna vers la fenêtre pour examiner le temps dehors. Dans cette petite pièce, il se sentait aussi bien que dans son atelier. Elle était dévorée par les ténèbres, et les étagères ainsi que les livres la rétrécissaient. Une autre personne que l'Ingénieur aurait été prise de panique, tant on pouvait se sentir écraser par son étroitesse. On voyait peu ce qu'il y avait autour de soi, la pièce ne paraissait même pas avoir d'âme ; elle n'avait aucun élément de décoration. Dans cet endroit à l'air lourd, Numa était tranquille, parce qu'il n'y avait rien d'autre que lui. Habillé comme à son habitude tout en noir, il avait boutonné malgré la chaleur sa chemise jusqu'au col, la sueur glissait sur son front boutonneux, et son souffle était la seule musique qu'il pouvait entendre. Il était par ailleurs un peu fatigué ; Nami lui manquait péniblement, elle était partie faire quelques courses. Alors quand il entendit la porte de la boutique s'ouvrir, son coeur s'arrêta. Numa était aussi angoissé de parler à quelqu'un que Zélig, mais pas pour les mêmes raisons. D'un pas mal assuré, l'adolescent quitta son bureau pour descendre les escaliers.

Les peluches envahissaient le salon de coiffure, il y en avait à chaque table, à chaque étagère, comme si elles étaient toute l'âme de ce lieu. Quand on se rendait ici, et qu'on n’était pas habitué à cette ambiance, on pouvait ressentir un profond malaise devant ces regards clairs, et vides de la moindre expression. Les peluches, malgré leur beauté, leurs jolies robes, et leurs belles chevelures indifféraient assez Numa. Il s'était certes un peu inspiré d'elles pour les tenues de ses automates, les charmantes choses attisaient bien la curiosité, mais sa plus grande source d'inspiration restait sa soeur. Sur un fauteuil, on pouvait d'ailleurs contempler l'une de ses créations, semblable à sa jumelle. Un automate ressemblant à une poupée de porcelaine, avec des cheveux courts encadrant son beau visage pâle, et qui faisait ressortir ses yeux bleus. Elle était vêtue d'une robe rouge, le cou serré d'un ruban de soie noir, et ses chaussures en étaient assorties.  

Numa examina le grand homme devant lui, il baissa les yeux, aussi anxieux que Zélig à l'idée de devoir communiquer avec autrui. Zélig l'impressionnait, ne serait-ce que par sa taille, et ses muscles. Alors Numa comprenait mal pourquoi l'homme ne cracha pas une poignée d'insultes ou d'ordres à son égard, lorsqu'il prit la parole. D'abord, le garçon ne parvint pas à saisir le sens des paroles, il fouilla sa cervelle pour chercher ce que voulait Zélig. Il ne trouva rien, simplement parce qu'il avait à peine entendu. L'idée de lui demander de répéter traversa son esprit, mais ce genre d'exercice lui coûtait trop d'effort. Il fallait ouvrir la bouche, articuler des mots, parler, et Numa refusait de parler.

Dès qu'il essayait de formuler quelque chose, les mots heurtaient ses lèvres, sans sortir de sa bouche, se bousculaient, et retombaient écrasés dans sa gorge. Numa avait joint les mains, celles-ci tremblaient, et il fixait Zélig sans bouger. La tête rentrée dans les épaules, il avait cet air fou qu'il prenait, quand il se sentait menacé. Il reconnaissait les vêtements noirs de Zélig, il savait alors que celui-ci pouvait le tuer sans le prévenir. Les gens comme Zélig l'avaient pourchassé, ou plutôt ils avaient essayé ; ils n'avaient rien trouvé de valable pour le condamner. Ils avaient juste émis l'idée que sa nature d'Ingénieur faisait de lui un hérétique, que l'on devait abattre. Mais Madame le protégeait suffisamment pour qu'on n’ose pas trop souvent porter le poing sur lui. Numa saisit alors, brusquement, ce que Zélig voulait probablement. La difficulté serait alors de lui répondre, Numa inspira profondément, et il murmura aussi bas que Zélig :


— Bo... bon...bonjour, si... si v-v-vous ch...chercher ma soeur, elle... elle... e... est pa... partit... fai... faire de... de... des c-ke-ke-courses, a... alors... att... attendez... si... si... ce... ce... c'est p-p-p-pour vo... vos ch'veux.

Pour quoi d'autre un Prêtre serait-il venu ici, sinon pour que sa soeur s'occupe de sa coiffure ? Pour Numa, il lui semblait impossible qu'un homme d'Église demandât après lui pour ses poupées mécaniques. De même que Zélig, Numa tripotait ses doigts, nerveux, il attendait, terrorisé par le monde.


« Nami... où es-tu ? Nami... où es-tu ? Nami... où es-tu ? Nami... où es-tu ?
J'ai besoin de toi. J'ai besoin de toi. J'ai besoin de toi. J'ai besoin de toi.
Ton odeur. Ton odeur. Ton odeur. Ton odeur.
J'ai besoin de ton odeur. »

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MessageSujet: Re: J'ai aucune putain d'idée de titre. Blah blah blah. [PV Numa]   Dim 21 Juil - 15:50

Il a pas compris ce que j'ai dit ! J'avale de l'air de travers et je me mets à tousser. Mais il a l'air aussi effrayé que moi. Enfin lui il a une excuse, un prêtre à priori hostile à la Science, immense, vient de rentrer chez lui et de bredouiller des mots incompréhensibles. Et il bégaie, beaucoup. Comme je suis trop flippé pour être agressif, j'attends poliment qu'il finisse sa phrase. Il a le bon goût de ne pas utiliser de mots compliqués, et la concentration que son bégaiement me demande me distrait de mes angoisses. Oui voilà, c'est un jeune homme timide, juste un jeune homme, et handicapé en plus. Je me calme. Nous ne sommes que deux dans la pièce, et il fait sombre. Je me sens mieux dans les endroits sombres, parce qu'il y a plein d'ombres. Traîner en plein soleil ou dans le noir complet m'est presque douloureux. Ici c'est vraiment sombre et plein de recoins, c'est bien. Et mon interlocuteur... disons qu'il a pas atteint sa carrure d'adulte, les épaules ne se sont pas élargie et on le dirait composé à 90% d'os. Et il a encore de l'acné sur la figure. Il a l'air effrayé, vraiment, au bord de la folie. Je me calme. On peut pas rester réellement nerveux dans des circonstances comme ça. Je respire profondément. Parler. Il me trouvera sans doute stupide, mais c'est qu'un mauvais moment à passer, et un petit automate amusera sans doute Inanna, même si c'est hérétique. Je suis sûr qu'elle éprouvera de la curiosité à savoir comment ça marche. Et l'Empereur est plus favorable à la Science que dans le temps, de nos jours il faut être salement motivé pour dire que tous les scientifiques sont des hérétiques.

- Je... non. Je viens pas pour les cheveux. C'est pour les... les petites machines. Pour enfant. C'est vous non ? Qui faites ça, j'veux dire. Des petits jouets qui bougent tout seul.

Évidemment le fonctionnement de ce genre de chose m'est aussi compréhensible que la danse des abeilles ou la fusion nucléaire. Pour moi il bouge par la Magie de la Science, point. Une autre forme de magie qui repose sur des petits morceaux de métal et le fait de crier « Eurékâ ! ». La médecine me semble moins bizarre parce que finalement, j'ai une assez bonne connaissance du corps humain parce que j'en vois souvent l'intérieur. La magie du Sang s'occupe d'en connaître les fonctionnements les plus subtils. Après, mettre du fil dedans et placer les os grâce à des tenailles me semble barbare quand on peut faire bouger la chair par sa seule volonté et beaucoup d'énergie.
Devant la tête de l'ingénieur – je me sens incapable de traduire avec précision ses expressions faciales, tellement elles sont décalées – je me sens obligé de préciser :

- C'est pour ma fille, elle a neuf ans. Il doit se dire que je suis barge d'aller chez un ingénieur alors que je suis prêtre, c'est pas parce que l'Empereur change d'avis que les mœurs changent avec. Les enfants ça aime bien jouer avec des objets. Oui bon la précision était pas indispensable, mais je pédale un peu dans la semoule là. Si il pouvait arrêter de me regarder comme ça... Enfin vous le savez sans doute.

Et après avoir autant parlé pour dire de la merde, je rebaisse les yeux pour regarder mes pieds et plus affronter le regard de cocker battu du gamin. Je lutte férocement contre ma panoplie de tics nerveux. C'est que j'en ai toute une gamme à ma disposition, allant du tortillage de doigts jusqu'aux crises d'automutilation. Les cicatrices sur mes bras et mes cuisses peuvent en témoigner. Enfin j'essaye que ça reste dans la sphère intime, ces choses là, parce que c'est aussi impressionnant que con.


Dernière édition par Zélig Faoiltiarna le Dim 21 Juil - 15:52, édité 1 fois (Raison : Des putain de balises de mes couilles.)
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MessageSujet: Re: J'ai aucune putain d'idée de titre. Blah blah blah. [PV Numa]   Dim 21 Juil - 16:56

« Un grand homme noir, devant moi. Un grand homme noir, devant moi. Un grand homme noir, devant moi. Un grand homme noir, devant moi. »


Numa ne quittait pas Zélig du regard, poussé par l'intuition que celui-ci pouvait être dangereux pour sa vie. Et puis, il était bizarre. Habituellement, les gens ne s'adressaient pas à lui de la sorte. Habituellement, on lui offrait du mépris, du dégoût, ce genre de choses. On lui parlait sèchement, comme si sa présence gênait l'humanité tout entière. Ou bien, on examinait sa face pleine d'acné, la lèvre pincée pour se retenir de rire. Parce que le garçon possédait en lui du grotesque. Il avait dix-neuf ans, et pourtant, il paraissait en avoir seize. Il n'avait pas la carrure d'un homme, et à peine celle d'un adolescent. Alors... quand le grand homme noir lui accorda la parole, Numa fut étonné par cela. Ce genre de comportement, il ne le voyait jamais. Il n'y avait que sa soeur qui le respectait, et son mentor, un peu. Il n'y avait que sa soeur qui ne se moquait jamais de lui, et qui s'efforçait de le comprendre, sans qu'il ouvre la bouche pour cela. Face à cette situation nouvelle, le gamin avait envie plus que tout au monde de sa soeur. Il voulait Nami, dans ses bras, il voulait humer son odeur, et perdre ses mains sur son corps. Il la voulait.

Les sourcils légèrement froncés, Numa ne répondit pas tout de suite. En réalité, il répétait dans son crâne ce que Zélig venait de lui dire ; il peinait à comprendre, où le grand homme noir voulait en venir. Finalement, il se retourna vers l'automate assise dans son fauteuil, il avala sa salive. Depuis quand l'Église s'intéressait à ses travaux ? Était-ce un piège ? La méfiance gagnait le garçon, il n'osait pas croire Zélig. Pourtant, l'homme ne lui paraissait pas belliqueux, au contraire ; lequel des deux était le plus effrayé par l'autre ? Soudain, Numa prit conscience de l'obscurité. Peu à peu, elle envahissait le salon pour recouvrir la lumière. Et Numa savait que l'Église pouvait contrôler l'obscurité, et elle pouvait blesser les gens, avec. Il l'avait vu, plusieurs fois, notamment avec le petit homme blond qui avait été à la tête de cet Ordre. Il ne se souvenait plus de date, mais il se souvenait de la férocité du désir de Madame, elle avait tenu à contempler la scène. Numa ferma les yeux, il revoyait le petit homme blond, et sa victime, qui avait sans doute son âge. Il se souvenait de ce qu'il lui était arrivé. Un frisson parcourra son dos, Madame avait spécifié que s'il ne lui obéissait pas, il lui arriverait quelque chose. Zélig était-il venu sous ordre de Madame ? Pourquoi lui parler aussi gentiment, alors ?


— Le... les... au... automates ?

Les lèvres de Numa bougèrent, sans que le moindre son sorte de sa bouche. Il répétait « automate », mordant sa lèvre, dès que le mot fuyait. Il pivota pour se diriger vers sa tendre amie, il la prit dans ses bras, et il la serra contre durant plusieurs secondes. Son coeur battait contre la poitrine de la chose. Pensivement, il caressa les cheveux blonds de la poupée, puis il la posa au pied de Zélig. Il évita d'estimer leur différence de taille, ce n'était pas le moment de se faire peur lui-même. Il toucha le ruban noir autour du cou de son amie, puis son doigt glissa dans le dos de la poupée. Il appuya sur un bouton situé au niveau des « reins » de l'automate, et aussitôt, ses grands yeux bleus clignèrent. Elle tourna lentement la tête vers Numa ; il effleura la mâchoire de la chose, tandis qu'elle se tournait vers Zélig. Elle marcha avec raideur un peu, puis elle fit une courte révérence.

Dès qu'elle bougeait, on pouvait percevoir un son bien distinct accompagner ses mouvements. Un son mécanique, faisant : « clicte-clacte-clicte-clacte » en boucle. Numa appuya de nouveau sur le bouton, et la poupée referma les yeux. Comme si elle était sur le point de s'écrouler, il la rattrapa dans ses bras. Il se releva, serrant son automate contre lui, et il examina Zélig. Enfin... pas réellement. Disons... que Numa fixait une partie du corps du Zélig, celle la plus proche de la hauteur de ses yeux, sans qu'il ne lève la tête pour examiner son visage. La tête rentrée dans les épaules, Numa fixait donc le torse de Zélig, de loin, sans détacher ses yeux de sa poitrine, comme s'il y avait un point sur lequel bâtir une perspective. Il n'osait pas lever le menton, et puis c'était souvent plus rassurant pour lui d'examiner les gens sans réellement les regarder. Mais inconsciemment, il serrait fortement la poupée. Il parvint à articuler, soudain :

— Ce... c'est... c'est... A... A... Am... Amy.

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MessageSujet: Re: J'ai aucune putain d'idée de titre. Blah blah blah. [PV Numa]   Dim 21 Juil - 20:36

Je ne sais pas ce que signifie le mot « automate », mais j'arrive à en conclure malgré mon nombre réduit de connexions synaptiques que c'est le nom des petites machines qui bougent sans qu'on ait besoin de mettre les doigts dedans. Le jeune homme me montre du doigt une poupée bizarre à laquelle jusque là je n'avais apporté aucune attention. Elle ressemble à une normale, avec des articulations étranges, mais toujours très jolie. 'fin j'y connais pas grand chose. Quand j'étais petit le seul jouet avec lequel j'ai vraiment joué c'était un vieil ours en peluche à mon frère aîné, qui doit toujours traîner quelque part sous mon lit – parce que des fois il y a des souvenirs difficiles à jeter.
Puis là je me suis rendu compte que l'obscurité s'était nettement étendu dans la pièce depuis que j'y suis rentré.

- Oh pardon !

J'ai agité la main, tout est rentré à la normale. C'est de m'être concentré sur le niveau d'ombre dans la pièce ça, du coup elles ont réagit. Enfin je les ai fait réagir. Peu importe, c'est parfaitement inoffensif. C'est pas comme si elles se baladaient partout en étant coupante. Je pense pas pouvoir tuer quelqu'un par distraction. Elles font que bouger, sans beaucoup se solidifier. Faut quand même que je me concentre un peu pour les rendre dangereuse. Enfin je remets mon attention sur l'automate.

Le jeune homme prend la poupée, la serre dans ses bras – sans doute un processus scientifique, c'est logique si c'est destiné à des enfants – puis la pose par terre et tripote quelque chose dans son dos. Je regarde l'automate bouger d'un air bovin, sans savoir trop comment réagir. La petite chose marchait avec raideur, après avoir tourné la tête et cligné des yeux. Puis elle fit une révérence tout mécanique, avant que le jeune homme l'éteigne. Et après il ramassa la poupée, la serra de nouveau contre lui (pourquoi?) et... fixa ma poitrine. Longtemps. Je l'air regardé aussi pour voir si il y avait une tâche ou quelque chose, mais y avait pas l'air. Puis il semble pas spécialement examiner un truc en particulier, juste il regarde avec beaucoup d'intensité. Il dit rien. Enfin il dit que c'est Amy.

- Hein ? De quoi ?

Le fait qu'on me regarde fixement a beaucoup perturbé ma réflexion. Je secoue la tête – pas trop fort sinon j'assomme quelqu'un avec mes cheveux, même si ils sont attachés. Faut mieux laisser tomber, sans doute que j'ai encore pas compris un mot. J'ai l'habitude de ne pas saisir les conversations en entiers.

- Il y en a d'autres ? Elles font quoi ? Je connais pas ces machins là.

Ouais, pour en revenir à du compréhensible avant que je perde totalement pied. La réponse sera sans doute compréhensible, ça doit pas faire six milles choses ces petits machins là. Comme moi. Enfin je suis con mais sans doute moins qu'une poupée. J'espère qu'on en est pas encore arrivé à ce stade là de la technologie en tout cas, ça serait vraiment humiliant.
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MessageSujet: Re: J'ai aucune putain d'idée de titre. Blah blah blah. [PV Numa]   Lun 22 Juil - 1:06

« Nami... où es-tu ? Nami... où es-tu ? Nami... où es-tu ? Nami... où es-tu ?
Pourquoi m'abandonnes-tu ? Pourquoi m'abandonnes-tu ? Pourquoi m'abandonnes-tu ? Pourquoi m'abandonnes-tu ?
Je te veux... Je te veux... Je te veux... Je te veux... Je te veux...

Pitié ! »


Numa avala sa salive, quand enfin les ombres se dissipèrent. Il faisait encore, car la soirée avançait, et qu'elle ne tarderait pas à gober le jour. Toutefois, Numa put apprécier les rayons agonisants du soleil, qui traversaient les vitres. Il continuait de fixer le torse de Zélig, c'était plus simple de ne pas croiser le regard des autres. Distraitement, il caressait les cheveux de l'automate ; il essayait de se focaliser sur la situation, tandis que le visage de Nami le hantait. Malgré lui, il imaginait que la petite tête posée sur sa poitrine était celle de sa soeur, quand il avait le courage de l'enlacer. Ses pensées ne s'aventuraient pas sur d'autres chemins : la sexualité restait un domaine trop étrange pour son esprit malade.

Le garçon ignorait pourquoi Zélig s'était excusé, ce n'était pas — une nouvelle fois — une chose à laquelle il pouvait faire face. Depuis quand s'excusait-on devant sa minable carrure ? Un autre Prêtre aurait profité de la faiblesse du jeune homme, il l'aurait raillé dans le meilleur des cas. Numa savait que ces gens-là aimaient la cruauté.

Numa mordait nerveusement sa lèvre, ses yeux parfois se détachaient de Zélig pour aller sur les peluches gardant le salon. Inconsciemment, il cherchait Houle, comme si celui-ci était une menace plus grande que l'homme face à lui. Pour Numa, ça l'était. Houle lui volait Nami, quel danger n'était pas plus grand que cela ?  Numa haïssait Houle, autant qu'il se haïssait. Il tremblait, comme toujours, parce que son corps n'arrivait pas à se détendre. Tous ses muscles étaient tendus, il en avait mal dans la nuque. Il avait envie d'être seul. Il n'aimait pas parler aux autres, c'était trop compliqué.

A la question de Zélig, Numa approuva en silence. Il était flatté d'une certaine manière que le Prêtre montrât un peu de curiosité pour ce qu'il faisait. Il n'avait lu aucune condescendance dans sa voix, ça lui rappelait son mentor. Thuomas avait une certaine admiration pour ses inventions ; il l'appréciait, et il le jalousait pour son génie. Mais peut-être qu'au fond, Zélig voulait lui arracher Amy. Comme Houle finirait par prendre sa jumelle. Il voulait lui enlever Amy, et sa jolie robe ? Amy ? Il ne voulait pas ! Numa était las qu'on lui prenne ce qui lui appartenait : sa fierté, ses idées, son pucelage. Numa se retourna alors, sans rien dire.


« Nami... je ne veux pas. Nami... je ne veux pas. Nami... je ne veux pas. Nami... je ne veux pas.
Les gens font peur. Les gens font peur. Les gens font peur. Les gens font peur.
Embrasse-moi. »


Le garçon disparu derrière la porte de son bureau. Il posa délicatement l'automate sur la table, puis il marcha dans l'obscurité jusqu'à l'armoire au fond. Les ténèbres effaçaient la clarté du monde, pourtant il attrapa le dernier modèle de ses inventions. « Physiquement », elle ressemblait à Amy, mais elle portait un ruban blanc à la place du ruban noir. L'adolescent revint tout de suite vers le Prêtre, portant la poupée avec la même délicatesse que la première. Il murmura :


— Je... je... j'ai... ça.

Il posa l'automate sur le sol, comme tantôt, son doigt glissa dans son dos. La poupée mécanique leva alors ses deux mains dans les airs, elle les ouvrit, et elle les referma. Le geste n'était pas régulier, car elle n'était pas encore totalement au point. Mais quand la poupée plia l'un de ses doigts, une note de musique se fit entendre. Le geste était toujours en décalage avec la note, mais elle produisait un petit miracle de son génie. Elle n'avait pas de voix, car pour avoir une voix, elle devait posséder du souffle, et une âme. Et Numa ne savait pas encore comment lui en donner une. Sous cette peau de porcelaine, le garçon désirait y intégrer du sang, un coeur dans cette frêle poitrine.

Le bègue n'ajouta rien, il ne crut pas bon de dire à Zélig qu'il avait plusieurs modèles, dont des plus grands, qui marchaient moins bien. Pour cela, il lui fallait un coeur, chaud, rouge, et battant, plein de vie. Et mis à part le sien, Numa n'en trouvait pas d'autres.

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MessageSujet: Re: J'ai aucune putain d'idée de titre. Blah blah blah. [PV Numa]   Jeu 25 Juil - 9:38

Le garçon repartit dans l'arrière boutique sans décrocher un mot, me laissant comme un con au milieu des peluches. C'est mignon normalement, une peluche, ça évoque l'enfance tout ça, mais dans une telle proportion ça fait plutôt penser à un gros psychopathe qui leur arracherait la tête pour foutre sa bite dedans, quelque chose comme ça. Je fréquente trop de prêtre non mariés je crois, pour avoir des pensées pareilles. En tout cas je trouve ça particulièrement anxiogène, à la longue. Les regards en verre me pèsent, j'essaye de regarder ailleurs, mais hélas il n'y a que du matériel de coiffure. Plein d'objets contondants, donc. Puis quelle idée de nom de boutique, « aux ciseaux tranchants ». Pourquoi pas « gros coup de lame dans ta gueule » hein ? Une brutale vision de moi même en train de me rouler à poil dans le sang avec volupté m'envahit le cerveau, mais je secoue la tête et elle se dissipe. Merde ! Les médoc' sont censés m'éviter ça. Tant pis. De toute façon, tant qu'il n'y a personne qui a le mauvais goût de se balader avec une blessure ouverte autour de moi, ça reste gérable, je risque pas de courir partout en hurlant après ma pitance. Quand je soignais des gens sur le chantier, j'ai bien dû gérer ce genre de pulsion.

A ce moment là un groupe de nana rentre en gloussant dans la boutique, d'à peu près mon âge ou un peu plus vieille. Elles cherchent la fille, pour se faire coiffer les cheveux, qu'elle me disent – non sans avoir jeté un coup d'oeil à ma largeur d'épaule et à mon ventre plat, tout comme j'examine vaguement les nichons que j'ai sous le nez. Ça fait trois ans que j'ai pas niqué hein... Je leur dit qu'elle est pas là et qu'il n'y a que le mec boutonneux. Elles cessent aussitôt de glousser et repartent d'un air inquiet. Hein ? Ouais, c'est vrai qu'il fait pas trop sain d'esprit le garçon, je comprends leur réaction. Il m'en faut plus pour flipper, les gens bizarres c'est un peu mon quotidien. C'est plutôt les foules parfaitement saines d'esprit qui me font flipper, je me sens en décalage, alors que dans un asile plein de gens qui jouent avec leurs excréments je suis totalement dans mon élément. Même si j'ai jamais joué avec mon caca, c'est sur le principe. J't'ai déjà expliqué ça.

Le gamin revient avec son air flippé et une nouvelle poupée. Il bégaie un peu des trucs et la pose sur le sol. C'est vrai que la vision d'un homme plus ou moins adulte en train de serrer contre son cœur une poupée est un brin perturbante. Je me demande soudain si il les fabrique bien pour amuser les enfants, et pas les adultes. Par hasard. Enfin la poupée me semble trop petite pour ce genre d'usage, ou alors le but c'est qu'elle ressemble à une gamine, justement... putain faut vraiment que j'arrête de fréquenter des gros tarés. En tout cas je pense pas trop m'avancer en disant que ce jeune homme a l'air d'avoir un rapport curieux avec ses poupées.
Celle ci se met à faire de la musique une fois que son créateur lui tripote le dos. Elle lève les mains et on entend un petit air. Mais le mouvement est pas raccord avec le son. Je penche la tête sur le coté. C'est exprès ? J'en sais rien, moi. Et j'ai envie de regarder de plus près la porcelaine, j'voudrais voir si c'est conçu pour les gros pervers ou quoi. Ça me semble bizarre toute cette histoire, p'tète que j'me suis encore gourré comme un gros couillon. J'suis bien du genre à aller dans un bordel pour demander une chambre pour dormir, ce genre.

Je prends la poupée avec délicatesse entre mes mains, lui examine le visage, les cheveux, les mains – qui continuent de bouger – et vaguement sous la jupe. J'vois rien de suspect, j'me sens beaucoup plus rassuré. Mais je sais pas si Inanna kifferait d'avoir une poupée de la moitié de sa taille qui la regarde fixement, surtout la nuit. Ça me ferait flipper moi un bordel pareil. Donc, en ayant toujours la poupée entre mes grosses pattes, je demande :

- Mais vous avez pas plus... euh... moins... enfin genre des petits animaux mignons, je sais pas.


Dernière édition par Zélig Faoiltiarna le Jeu 1 Aoû - 11:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: J'ai aucune putain d'idée de titre. Blah blah blah. [PV Numa]   Lun 29 Juil - 22:09

« Me prendre mes poupées, me prendre mes poupées, me prendre mes poupées.
Ça veut dire me prendre Nami ?
Il les veut. Il les veut. Il les veut. Il les veut.
Mais un peu différemment. »

À la question du grand noir, le garçon se contenta de hausser les épaules. Ce n'était pas réellement son genre de faire « des trucs mignons » ; les peluches trônant ici et là, observant d'un oeil vide l'homme, n'inspiraient que de l'indifférence au gamin. Sans doute, sa soeur trouvait cela mignon, mais lui ? Ce n'était que des peluches. Toutefois, Houle que Nami gardait avec elle en permanence était une peluche différente.

Si les autres restaient assises dans cette pièce, la tête pendant sur le côté, Houle murmurait des mots doux à Nami. Pour Numa, construire ses poupées articulées et mécaniques à l'image de sa jumelle lui paraissait tellement évident ! Il désirait créer quelque chose de parfait. Et Nami était parfaite. Numa mouilla ses lèvres, le souci était qu'il n'avait pas envie de créer quelque chose de différent. Néanmoins, cette question de faire autre chose que des poupées blondes aux immenses yeux bleus avait traversé l'esprit de son entourage, s'il voulait conquérir plus de monde, il devait élargir son art. Et Numa n'en avait pas envie. Il répondit :


— Ne... ne... n-n-n-non.

Les mains cramponnées au bas de sa chemise, il trembla un peu plus. Il devinait facilement, malgré son cerveau malade, que l'homme avait une idée particulière en tête. Numa allait-il faire l'effort de créer un automate spécialement pour lui ? Et dans ce cas, que ferait-il ? Numa n'avait pas l'habitude de penser « comme les autres ». Quelqu'un de « normal » se serait dit que l'occasion était belle pour faire payer plus cher qu'à l'accoutumée ; l'argent avait pourtant peu de valeur pour Numa. Le garçon avait juste conscience qu'il en avait besoin pour sa soeur, et Madame lui réclamait toujours l'achat de cette enseigne. Elle lui rappelait sans cesse qu'il n'aurait jamais de quoi lui rembourser tout ce qu'il devait, et qu'au moins pour la remercier, il devait obéir à tous ses caprices. Mordant sa lèvre, le jeune homme souffla :


— M... m... mai... mais.... je pe-pe-peux ess... e-e-essayer.

Ô Miracle ! Numa se félicita intérieurement d'avoir soudain cette idée brillante. L'espace d'une poignée de secondes, il avait songé que s'il ne contentait pas le grand le noir, il finirait étriper par les ombres. Numa n'aimait pas l'Église, il avait trop conscience du danger que ce Saint-Ordre représentait pour « les gens de sa race », il avait appris à le craindre. Méfiant, le garçon s'en alla chercher du papier et un crayon dans son atelier, il revint deux minutes après, et il nota sur un coin de table qu'il fallait faire « un animal mignon ». Il ajouta :


— Re... re-re-revenez de... dans... un... un m-m-m-mois.

Numa avait une idée précise de la façon dont il allait précéder ; depuis des mois, il réfléchissait à rendre vivant ces êtres de boulons et de métal naissant de ses mains. Il avait été cherché des poumons dans ce qu'il restait des Bas-Fonds pour tenter de rendre vivant Amy, mais cela s'était soldé en échec : il était tombé sur un énorme monstre qui l'avait empêché de mener à bien sa quête. Mais là... il trouverait un « animal mignon », puis il verrait ce qu'il en ferait. Il n'avait jamais fabriqué d'animaux auparavant, il avait besoin d'une « base » pour cela. Et on se plaignait dernièrement qu'il y avait trop de chatons errants. Le hasard lui rendait parfois bien des services.

Lentement, son esprit échafaudait les étapes de son plan, tissant encore et encore une toile monstrueuse d'idées. C'était la perfection dont il voulait être le père, et l'automate de Zélig serait son cobaye.


« Nami... Nami... Nami... Nami...
Bientôt... bientôt... bientôt... bientôt...
Je créerai cet autre toi. Je créerai cet autre toi. Je créerai cet autre toi.
Attends juste. Attends juste. Attends juste. Attends juste. »

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MessageSujet: Re: J'ai aucune putain d'idée de titre. Blah blah blah. [PV Numa]   

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J'ai aucune putain d'idée de titre. Blah blah blah. [PV Numa]

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