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 Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna)

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Asgeir

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MessageSujet: Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna)   Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna) EmptySam 4 Juin - 12:02

Ce n'était pas sans doute le jour le plus beau de l'été, bien au contraire puisque la pluie se déversait sur tes larges épaules carrées, transperçant le grand manteau blanc que tu portais et qui t'arrivait aux chevilles. Tu n'aimais pas la pluie, mais tu l'adorais ; tu ne l'aimais pas, car il t'était plus difficile de marcher lorsqu'il pleuvait, être boiteux, ce n'était pas un exercice facile, c'était même plutôt ennuyeux. Tu l'adorais, car le martèlement continu de ce son écrasait tes tympans, et t'aidais à penser moins, le silence étreignait trop ton coeur, et lorsqu'il pleuvait, un peu de bruit dans ton crâne venait t'apaiser, au moins pour un temps, jusqu'à ce que tu oublies qu'il pleuvait.

Tes cheveux bruns et sales tombaient sur ta face fatiguée, trahissant ton âge, et criblée de cicatrices, alors que l'eau rentrait dans une peau blafarde et dure comme de l'écorce, et que tes grandes mains portaient outils, et bois en tout genre qu'un homme normal n'aurait pas pu porter avec autant de... facilité ? Mais ta taille ainsi que ta force semblable à un ours te permettait ces petites folies, même si ta jambe malade et raide était pleine de douleur, même si ton dos s'écrasait de fatigue, qu'importe... tu n'avais pas mangé depuis trois jours pour mieux dépenser le peu d'argent que tu avais dans l'alcool. Contrairement à ce qu'on pouvait penser, les braves citoyens comme toi qui soutenaient de leurs faibles épaules l'économie d'Ishtar ne mangeaient pas toujours à leur faim.

Tu ouvris la bouche pour soupirer, puis tu fis tout de même une petite pause, frémissant de froid, alors que le vent passait dans tes vêtements blancs, révélant parfois une partie de ton corps pleine de cicatrices, gravées ici dans ta peau, comme le couteau dans l'écorce, et révélant que tu n'étais pas qu'un honnête citoyen, comme tu le parasses. Au contraire, tu étais de ceux qui autrefois, s'étaient aventurés dans une froide et humide prison, alors que le monde tournait en dehors de ces murs sentant urines et excréments, sangs et morts, tu te souvenais trop de ça pour te qualifier d'honnête. Et quand bien même, tu ne savais pas quel mot pouvait réellement te qualifier, tu étais grand, les gens te remarquaient malheureusement à cause de ça, mais tu n'étais rien d'autre qu'un pauvre bougre qui avait vécu trop de chose pour se souvenir de ces instants, où il avait été heureux.

La pluie t'aidait à oublier que ta femme, ainsi que ta fille te manquaient terriblement. Tu poussas un gros soupir las, et tu posas l'énorme table que tu portais sur l'épaule, c'était à livrer pour un client, un client qui t'avait laissé une adresse foireuse. Tu avais passé deux jours et deux nuits à faire cette table, et lui soit il s'était trompée d'adresse, soit il s'était foutu de toi, mais quand tu t'étais rendu devant son prétendu chez lui, tu n'avais trouvé qu'une veille ruine. Un travail qui n'avait servi à rien, surtout lorsque tu n'avais pas été payé. Malgré tout, que faire ? Tu songeas un instant de garder la table, soit pour attendre qu'il revint la chercher, soit pour la revendre, tu n'aimais pas malgré tout faire des choses pour rien.

Du haut de ton deux mètres dix, tu vis une silhouette menue se glisser dans les ruelles, tu fronças les sourcils en pensant qu'une jeune femme ne devrait pas s'aventurer ici sans compagnie, malgré toi, tu avais toujours tendance à surveiller les jeunes femmes pouvant avoir l'âge de ta fille, tu étais sans doute un peu trop surprotecteur. Tu n'allas pourtant pas la suivre, ce n'était pas ton genre de jouer les stalker, mais tu la gardas un moment dans ton champ de vision, et tu grimaças d'ennui quand tu vis trois hommes se rapprocher d'elle. De là où tu étais, tu pus déterminer qu'ils devaient être à peine plus âgé qu'elle, encore de jeunes adultes qui ne trouvaient rien à faire de leurs journées que de voler et violer, tu avanças en boitant malgré toi, poussé par... tu ne savais pas exactement quoi, mais tu étais poussé par quelque chose qui te disait qu'il ne fallait pas la laisser trop longtemps avec ces trois types, aux faces ravagées par la faim... et une envie bestiale et perverse.

L'un d'eux — sans doute le plus cavalier —, la prit par l'épaule et sembla s'intéresser à quelque chose, il remua un peu, visiblement intrigué, et toi... tu accéléras le pas pour aller les rejoindre. Pauvre fille... visiblement, ils avaient l'intention de la violer et de lui dérober la bourse, enfin... c'était ce que tu pouvais imaginer. Pauvre fille, elle semblait s'être égaré là, en plus... tu n'osas pas imaginer ce qui ce serait passé, si elle était allée dans les Bas-Fonds, elle ne paraissait pas faire partie du peuple, une raison sans doute qui réveillait avidité chez les trois crétins qui ne trouvaient rien de mieux que la renifler, et siffler, proférant un flot de mots vulgaires à son attention apparemment, ils étaient assez mauvais lorsqu'il s'agissait de séduire une femme.

Du moins, tu étais assez mal placé pour critiquer, aussi. Tu marchas... ou plutôt tu boitas jusqu'à eux, alors qu'ils commençaient à la chahuter ; tu arrivas derrière eux, remarquant à peine le regard vairon de la jeune femme, ou la bestiole sur son épaule, alors qu'ils étaient en train de se montrer plus lourds et entreprenants, tu soulevas une grande planche de bois que tu laissais volontairement tomber sur le pied d'un petit rouquin. Il hurla aussitôt de douleur, et te crachas à la figure un flot d'injures que tu ne relevas, mais... tu lui donnas une petite tape derrière la tête, une attitude qui te rendis plus vivant que d'habitude, mais tu n'appréciais vraiment pas ce genre de comportement. Tu lanças de ta voix grave et rauque, semblant sortir d'une grotte et sur un ton autoritaire qui jamais ne t'était venu jusqu'ici :


— Ce n'est pas de cette manière qu'on traite une jeune femme !

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Harouna Sunleth

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MessageSujet: Re: Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna)   Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna) EmptySam 4 Juin - 18:49

Ca n’est pas une bonne journée.

C’est ce que je m’étais dit lorsque ce matin, en me réveillant, la pluie léchait la vitre de la petite auberge où nous avions passés la nuit, Harouna et moi. Notre rencontre avec Léandre Lacroix datait déjà de deux, voire trois semaines, et mes doutes quant aux motivations de la jeune femme, qui étaient alors bien réels, se concrétisaient d’avantage au fil du temps. Nous avions appris où se trouvait son oncle, qui il était, et pourtant, elle tardait à le rencontrer. Au lieu de ça, nous errions chaque jour davantage dans la grande ville, sans but précis. La seule chose qui aurait pu m’éclairer n’était pas à ma portée, simplement parce que je ne savais pas lire : son carnet de note. Elle continuait d’y inscrire je ne sais quoi. Et cette boucle interminable, commençait sérieusement à devenir éprouvante pour moi. Où était donc la fin ? Jusqu’à quand ma jeune maitresse comptait-elle entretenir le flou sur toute cette histoire ?

Les minutes défilaient davantage, puis finalement, le temps peu enclin à la sortie ne découragea pas la brune, si bien que nous étions déjà déambulant dans les rues avant même que je n’eus le temps de râler. Elle avait rassemblé ses affaires, signe que nous ne passerions pas de nouveau la nuit dans cet établissement. Elle n’avait ni parapluie, ni vêtement adapté, portant simplement sa tunique bleu roi et sa jupe d’équitation, je savais pertinemment qu’elle s’en moquait. Frénétiquement, elle marchait sous la pluie, et ce qui m’étonnait au plus haut point, fut qu’elle ne portait que peu d’intérêt à son environnement. Je me demandais alors en quoi avait-elle besoin de se vider la tête. Je ne gardais pourtant pas le souvenir d’un évènement récent qui aurait pu la perturber. Peu importe, elle fonçait tête baissée, et je me doutais bien qu’elle n’avait aucune idée de où nous allions. Et bien, je me contentais de lever les yeux au ciel, comme peut le faire un animal de mon genre, et de la laisser filer à sa guise. Tout ce que j’espérais, c’est qu’aucun désagrément ne nous tombe dessus.


Ploc. Floc. Ploc. Floc.

La pluie tombait à verse, et le silence hagard qui jonchait les rues me remplissait d’amertume. L’eau qui descendait en chute libre du ciel, l’eau si froide, avait la particularité de partager mon jugement ; je l’aimais, comme je ne l’aimais pas. Je l’aimais, parce qu’elle me rappelait par sa morsure glaciale, que j’étais bien en vie, que j’étais là, tout simplement. Je ne l’aimais pas, parce qu’elle me rappelait ses vingt années d’existence, ou pas une fois, je n’avais eu l’occasion de sentir ses fines gouttes rouler sur mes joues, au contraire de tous ceux qui se jetaient alors à pieds joints dans les flaques d’eau, tandis que je les observais parfois de la fenêtre. Pour l’instant, je voulais juste laisser mes jambes aller de l’avant, et mon esprit vagabonder librement.
Alors que je traversais une ruelle de plus, bien qu’elles me semblaient toutes de plus en plus étroites, Louki serra si fort les griffes que je cru un instant sentir mon épaule être mise à nu. Ce que je n’avais pas remarqué alors, et que je remarquais seulement maintenant, était les trois personnages qui semblaient me suivre depuis peu, et qui gardaient dangereusement la même allure que moi, tout en se rapprochant au fur et à mesure. En avaient-ils après moi ? Ma question trouva sa réponse, lorsque, contre toute attente, l’un d’entre eux pressa le pas, et me bloqua la route en me surplombant de sa hauteur. Ses deux compagnons jugèrent bon d’occuper les côtés, avec des sourires que je jugeais peu chaleureux.

- Eh eh, regardez, j’avais pas rêvé, ses yeux sont pas communs ! T’es quoi, un monstre ? Une sorcière ?

Les trois gusses s’esclaffèrent comme les parfaits imbéciles qu’ils étaient. Ils me répugnaient. Si j’avais été plus grand, je lui aurais déjà sauté au cou et arraché la jugulaire. Pour qui se prenaient-ils, pour être aussi familiers avec elle ? Le singe du milieu dévisageait Harouna comme si il s’agissait d’une bête de foire, s’approchant sans gêne de son visage, et dépourvu de la moindre considération pour elle. Cette dernière avait complètement fermé toute expression, refoulant toutes les émotions d’angoisse qui étaient surement en train de la submerger. Ces types n’étaient manifestement pas parés de bonnes intentions, il fallait que l’on décampe d’ici au plus vite.

- Pourquoi n’irions-nous pas faire un tour ? Nous pourrions t’offrir à boire, non ? Et tant qu’à faire, tu pourrais-nous en dire plus à propos de toi et de… Cette autre chose ?


La chose, c’était moi. Je voyais ses doigts boudinés s’approcher de ma tête, ce qui eut l’effet de me faire dresser les poils du dos. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, je plongeais mes crocs dans sa chair peu appétissante, il recula en geignant, si bien qu’il ne remarqua même pas le nouveau venu qui s’était invité à notre petite assemblée. Ce dernier, était un homme comme nous ne l’avions encore jamais vu. Impressionnant. Blanc comme un fantôme. Le temps d’un battement de cil, et l’une des planches qu’il tenait jusque-là fermement vint s’écraser sur le pied d’un de nos agresseurs. Son hurlement se mêla d’ailleurs à la mélodie chantée par la pluie. L’homme aboya, les trois idiots ne mirent pas longtemps à décamper, tirant la même expression qu’un enfant sur le point de pleurer.
Nous nous retrouvions seuls, tous les trois, au milieu de ce silence de plomb et de la rue déserte. De son épaule, je sentais Harouna trembler. Était-ce de peur ou de froid ? Elle dévisagea plusieurs minutes son sauveur, sans dire un mot, sans même savoir quoi penser. Puis, au bout du compte, je compris qu’elle le prenait pour un nouvel assaillant, lorsqu’elle tira, les mouvements saccadés par la peur, sa petite bourse, avant de la lui présenter.

- T-T-Tenez, c’est tout ce que j’ai… Je vous assure ! Je me suis… perdue. Je n’étais pas venue ici dans le but d’embêter qui que ce soit, vraiment !
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Asgeir

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MessageSujet: Re: Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna)   Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna) EmptySam 4 Juin - 20:42

Et ce fut à cet instant que tu vis ses yeux, ces fameux yeux qui avaient intrigué les trois imbéciles qui fuyaient à présent la queue entre les jambes. Tu fronças les sourcils, c'était la première fois que tu voyais des yeux vairons, c'était étonnant et au bout d'un moment, la surprise passée, ça te fit hausser les épaules. Certes c'était un peu curieux, mais tu ne voyais pas en quoi ça devait causer des problèmes, chacun était comme il était, chose évidente, mais qu'on oubliait souvent. Sans rien dire, tu lanças à peine un regard à la bestiole sur son épaule, tu haussas les sourcils et grattas l'arrière de ton crâne. Chose curieuse... tu ne tardas pas à évoquer de la peur chez elle, et ce fut tout en tremblotant qu'elle te donna ta bourse, là on pouvait dire que tu avais raté quelque chose. Ça se voyait tant que tu n'avais pas mangé depuis un moment ? Mais c'était pour aller boire un peu, au lieu de te nourrir !

Et... sérieusement, tu avais la tête d'un bandit ? De ton point de vue, certainement pas, mais si on devait réfléchir à ça, Asgeir ; tu avais fait quinze ans de prison, ces quinze de prison étaient marqués en toi, comme le chagrin qui écrasait tes épaules, tu étais grand, tu avais de la force, et une peau pleines de cicatrices, tu avais un peu le physique d'un bandit défonçant à grands coups de pied les portes pour voler les gens. Même si tu étais incapable d'une telle chose, tu étais plus celui qui venait réparer la porte, justement, le pauvre type qu'on remarque, mais dont tout le monde s'en fout. Un peu ahuri, la bourse dans la main, tu fronças les sourcils et comme si la bestiole pouvait te traduire les pensées de sa maîtresse, tu lui lanças un regard interrogateur, avant de te souvenir qu'avant te donner sa bourse, la jeune femme t'avait parlé. Tu fis non de la tête, soudain plutôt timide, tu n'osas pas prendre sa main pour lui remettre directement sa bourse, tu... tu avais l'impression que si tu la touchais, tu la souillerais de quelque chose que tu n'arrivais pas à déterminer. Mais au moins, tu parvins à tendre sa bourse pour qu'elle puisse la reprendre. Plus tu la regardais, plus tu te disais qu'elle pouvait avoir l'âge de ta fille, ta fille qui devait s'être mariée, sans doute.


— Je... fis-tu sans trouver les bons mots. Je ne... veux pas de votre bourse, reprenez-là.

Oui... elle avait l'air vraiment perdu et fragile, ici, surtout que bon même si la mode était de porter des vêtements pour les femmes, sa tenue était sans doute ça qui avait attiré l'attention des trois imbéciles. En réalité, tu ne savais pas exactement, tu savais que les rues d'Ishtar même en n'étant pas les Bas-Fonds, restaient dangereuse, une jeune femme venue s'aventurer là, ce n'était pas si inhabituel, mais tout de même. Que faisaient les parents ? Certes... elle était à l'âge, où elle pouvait suivre sa propre voie, sans t'en rendre compte, tu commenças à t'inquiéter pour elle. Chose qui ne t'était pas arrivée depuis un moment, t'inquiéter pour quelqu'un... c'était quoi déjà ?

C'était comme lorsque ta fille venait de naître, et que la nuit, tu t'étais réveillé en sursaut et en sueur, songeant qu'à son bien-être, et que ta femme avait râlé en te disant que tu te prenais la tête pour peu de choses ? Mais pouvait-elle te faire confiance, si par exemple... tu lui proposais de la raccompagner chez elle ? Après tout... qu'est-ce qui pouvait lui prouver que tu n'étais pas un violeur prêt à la coincé, lorsque vous passerez à la prochaine rue sombre ? Mais toi... blesser quelqu'un ? Violer une jeune femme ? Et pourquoi le ferais-tu ? Il n'y en avait pas la moindre raison ? Tu secouas la tête, et faisant un pas sur le côté, observant la jeune femme et la pluie glissant sur son visage, tu lui demandas finalement après un moment de silence :


— Si vous êtes perdu... je peux vous aider à rentrer chez vous, ou vous accompagner, Ishtar... c'est assez dangereux.

Oui... oui... tu disais pas mal d'évidences, mine de rien. Mais bon... toi et le mot « parler »... c'était une totale incompréhension. Si on devait montrer ce qui s'opposer au mot « bavard », il suffirait de coller une étiquette avec marquer dessus « Asgeir ». Tu ne sus pas quoi vraiment ajouter, en réalité, elle t'intimidait un peu, mine de rien, toi qui étais si grand, toi qui étais vieux et qui boîtait. Tu tournas la tête vers la table de bois que tu avais abandonné, puis tu retournas toute ton attention sur la jeune femme, la pluie tombait en torrent et glaçait vos corps. Toi... ça ne te faisait rien, tu avais enduré tant de choses que la pluie et le reste, ça ne t'inspirait rien. Pourtant... tu te demandas si habillée comme ça, elle ne devait pas avoir froid, après tout une simple robe bleu roi n'était pas si chaude que ça. Tu touchas ton épaule en lançant un regard au long manteau blanc que tu portais, puis tu ramenas tes yeux sur le visage de l'inconnue, puis tu poussas un soupir et enlevant ton manteau, certes un peu sale, certes sentant la pluie et la sueur, et tu lui fis signe de le prendre.

Sous ton manteau, tu ne portais rien, à part un bandage qui recouvrait une blessure au niveau de ton flanc, quelque chose que tu t'étais fait... tu ne savais plus comment. En tout cas, ta main restait suspendue dans les airs, ton manteau volant au gré du vent, froissé, aussi laid que le reste de ta personne, mais c'était tout ce que tu pouvais lui offrir pour le moment. Tu étais même honteux d'offrir à sa vue ta poitrine pleine de cicatrices, ta peau n'était qu'un amas de chair abîmée de toute façon, mais tu attendis qu'elle le prenne, ce grand morceau de tissus, et déjà tu lui lançais un regard disant qu'elle ne devait pas refuser ; c'était de bon coeur.

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Harouna Sunleth

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MessageSujet: Re: Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna)   Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna) EmptyDim 5 Juin - 12:54

Je faisais erreur. Mais quand je m’en rendais compte, enfin, il était trop tard, j’avais déjà bafouillé et tendu ma bourse à l’homme. Celui-ci semblait plutôt réservé, un tantinet inaccessible, et j’avais du mal à croiser son regard, qu’il détournait au moment où je le regardais. De la timidité ? Ou bien était-ce cette habitude que les gens ont de fuir mon regard ? Il me sembla qu’il n’y avait rien de tel chez lui, après tout, il faisait facilement une ou deux têtes de plus que moi. J’étais à sa merci s’il avait eu la moindre envie de m’ôter la vie. La pluie continuait de dégringoler, emportant dans sa course mon sang-froid et ma bonne humeur habituelle. Je retrouvais peu à peu un semblant de lucidité, ce qui me fit l’effet d’une douche froide. Que me serait-il arrivé sans l’intervention de ce nouveau personnage ? Louki se ferait certainement une joie de me répondre, accompagnant ses propos de quelques bonnes leçons de morale. J’étais d’ailleurs étonnée qu’il n’ait pas encore pris l’initiative de le faire, et à vrai dire, je m’en moquais. Au final, le grand homme me rendit ma bourse, que je récupérais timidement. J’étais honteuse d’avoir pu penser qu’il était un nouveau ravisseur venu me soutirer mon argent, je rougissais faiblement tandis que je rangeais mes pièces dans mon petit sac. Après quoi, je jugeais bon de m’excuser comme il se devait.

- Je vous prie de m’excuser pour ce malentendu, et je vous remercie vraiment pour votre aide.

L’homme était grand, et la pluie ruisselait sur ces épaules carrées, ses larges épaules qui semblaient pouvoir déplacer des montagnes. Qui aurait cru que je serais secourue ici-même, par un homme auquel je n’aurais très certainement pas adressé la parole de moi-même. C’était ridicule, je le savais bien, mais au final, j’étais bien plus semblable que je n’aurais pu le soupçonner, qu’à tous ces idiots qui se riaient de mes yeux. L’être humain, finalement, dans sa propre nature, avait pour aversion la différence d’autrui, et je ne dérogeais pas à la règle. Mais, de son allure impressionnante, de ses grandes épaules et sa large carrure, il m’était venu en aide, à moi, qui n’avait rien à lui offrir, et qu’il ne connaissait pas. C’était bien nouveau pour moi, je n’avais jamais encore expérimenté ce genre de situation autrement que dans les livres. L’eau continuait de nous tremper, le silence ce fit pendant un cours instant, puis finalement, il se proposa de me raccompagner chez moi. Il serait déçu d’apprendre qu’un tel endroit n’existait actuellement pas. Ou plutôt, eut-il été plus juste de dire qu’il n’existait plus. Désormais, mon foyer changeait chaque jour, tantôt confortable, tantôt plus étroit, s’adaptant davantage à ma bourse qui ne cessait de se creuser au fil des jours.

- C’est très aimable à vous, j’apprécie, vraiment… Seulement, je n’ai aucun toit ici. Peut-être connaitriez-vous une auberge bon marché où je pourrais loger ? Je pense en effet que sortir de ces rues serait une idée judicieuse.


Je souriais timidement. Je n’arrivais pas à empêcher les tremblements de mon corps frigorifié, les vêtements me collants à la peau n’arrangeaient rien. L’homme me regarda, tourna un instant la tête, puis reporta son attention sur moi. Je l’imitai à mon tour, et mon regard se posa sur la table de bois gisant, en plein milieu de la rue, sur les pavés. Etait-ce son œuvre ? Je fis rapidement le rapprochement entre les planches qui avaient servies à écraser le pied d’un des trois idiots, et ce meuble joliment sculpté qui semblait presque abandonné là.

- C’est à vous... ? Elle va s’abîmer, si vous la laissez-là.


Il me dévisageait de toute sa hauteur, avant d’ôter lentement son grand manteau blanc, et de me le tendre avec réserve. Son regard de grand homme, son regard qui semblait avoir reçu tout le chagrin du monde, autant que ses épaules qui illustraient le fardeau indiscernable qu’il portait, m’invitaient à ne pas refuser son offre. Je saisis alors le tissu, et fut contrainte de poser le grand vêtement sur ma tête, afin de recouvrir l’ensemble de mon corps sans enfiler les manches. Porté de cette manière, c’était déjà à la limite de toucher le sol. Je remarquais alors un élément difficile à ignorer. L’homme portait un bandage sur une blessure probablement récente, et sa peau était jonchée de nombreuses cicatrices. Qui était-il ? Que s’était-il passé ? Je gardais cette question pour plus tard.

-Vous…Vous êtes blessé. Vous devriez vous reposer, et rentrer votre joli meuble avant qu'il ne soit complètement à refaire. Ça ira pour moi, je peux me débrouiller… Je crois.

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MessageSujet: Re: Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna)   Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna) EmptyDim 5 Juin - 14:52

La jeune femme s'excusa au bout d'un petit moment, et elle te remercia, visiblement gênée de t'avoir pris pour un voleur. Tu haussas les épaules, ne sachant pas quoi répondre, « merci » ? L'entendre... c'était suffisant, n'est-ce pas ? Tu ne sus pas quoi dire, simplement parce que ça te fit plaisir, un peu, et que tu n'étais plus habitué à l'entendre. Le dernier « merci » qui était venu percer un peu ta carapace, c'était Iraïd lorsque tu lui avais réparé son luth. Un air idiot collé sur ton visage, tu grattas l'arrière de ton crâne, emmêlant des doigts dans tes cheveux bruns et gras, tu approuvas d'un petit signe de tête. Il fallait dire quoi ? Une fois qu'on ventait de te remercier ? Les gens te le disaient beaucoup trop rarement, même lorsque tu accomplissais un travail pour eux, même lorsque tu passais du temps sur des meubles qu'ils t'avaient demandé de construire. Tu étais juste le menuisier, le grand type dont on n’avait un peu rien à foutre, et qui faisait son travail convenablement, à peine payé par les nobles, à peine respectés par les bourgeois, celui qui transportait des choses lourdes avec son grand corps sec et musculeux.

Alors... oui, tu t'attardas un moment sur son « merci », touché par ce simple petit mot, sortant de la petite bouche d'une jeune femme à peine plus âgée que ta fille. Ta fille... quel âge devait-elle avoir maintenant ? Parfois tu te réveillais en pleine nuit, rêvant que tu la revoyais, déjà marié, déjà mère, espérant de toute ton âme qu'elle trouverait quelqu'un de bien qui pourrait la rendre heureuse. La mélancolique vint t'étreindre l'espace de quelques secondes, mais la pluie et les mouvements de l'inconnue te sortit de tes pensées, tu la vis accepter ton grand manteau blanc, et s'en servir pour couvrir sa chevelure chocolat, oui... c'était vraiment trop grand pour elle, mais tu ne pouvais pas mieux lui offrir. Autrefois, sans doute, comme ta femme râlait souvent pour que tu prennes un peu soin de toi, sans doute en voulant te prouver que tu ne pouvais pas être un truc dégueulasse à regarder, mais en oubliant que seul son amour te suffisait. Alors que tu avais baissé les yeux sur tes pieds, n'osant pas trop regarder la jeune femme, celle-ci te parla à nouveau, elle te dit qu'elle n'avait pas de toit.

— Oh... fis-tu alors d'une voix grave.

Tu comprenais un peu mieux la raison de son errance dans les rues d'Ishtar, sans doute cherchait-elle un endroit où passer la nuit. L'idée de lui proposer de venir chez toi traversas ton esprit, il n'y avait rien de malsain là-dedans, c'était simplement que tu avais la mauvaise habitude de prendre toutes les jeunes femmes d'une vingtaine d'années voir moins, comme étant le reflet de ta fille. Et celle-ci... se trouvait toute seule, à Ishtar, sans doute partie connaître le monde, comme tu l'avais autrefois fait avec Iseult. Pourquoi ne pas lui proposer de dormir chez toi ? Simplement parce que tu en avais honte, tu avais honte de lui proposer ton atelier à l'odeur vicié, plein de poussières, empli de lourds souvenirs, emplis de tristesse et de misère. Tu n'avais que ta propre chambre, celle que tu ne touchais jamais à lui proposer. Cet endroit... était bien trop laid, il y avait trop de mauvaises choses pour que ce soit décent de lui dire : « Je peux vous loger quelque temps. » Et ça te laissa un goût amer.

Une auberge ? Certes... c’était dans tes cordes de l'emmener dans un endroit comme celui-ci, mais les lieux que tu fréquentais n'étaient pas tous recommandables. Rapidement, tu fis le tour dans ta tête, et cherchas parmi tes souvenirs où tu pouvais l'emmener, une auberge pas trop chère, et surtout qui ne verrait pas la jeune femme comme un objet, tu avais un peu peur pour elle. Tu hochas positivement la tête, affirmant que tu pouvais l'accompagner jusqu'à là-bas. Elle te parla de ta table, et tu lui jetas un triste regard, à cette oeuvre née de tes mains, tu approuvas encore silencieusement, et elle te parla de ta blessure pour aussitôt décliner ta proposition. Machinalement, tes doigts effleurèrent le bandage, sentant la chaleur vive que la douleur procurait, mais rien d'insupportable, la douleur ne représentait plus grand-chose pour toi. Tu parvins à articuler, la gorge sèche :

— Ce n'est rien, une petite maladresse.

Une maladresse dont tu ne te souvenais plus, tu avais dû être ivre lorsque tu te l'étais faite. Tu haussas les épaules devant l'absence évidente de souvenir, puis tu reportas quelques secondes ton attention sur la bestiole sur l'épaule de la jeune femme, tu ne songeais pas en avoir vu de telle, même à Steefal, ta province natale. Tu avais eu l'occasion de voyager un peu partout à travers le monde, et même si tu avais connu ses merveilles comme ses horreurs, tu n'avais jamais vu une telle bestiole. Tu la regardas quelques secondes avant de poser tes yeux dans ceux de la jeune femme, ne pas vraiment déranger par son regard vairon, quand quelque chose t'étonnait, c'était durant l'espace d'un instant, pas plus. Finalement, tu rouvris, on ne sut, vraiment pas par quel miracle la bouche pour proférer des mots, oui des mots !

— Non... je vais vous accompagner dans une auberge sûre, vous semblez ne pas être d'ici.

Tu levas la main pour lui faire signe d'attendre, puis tu leur tournas dos — à elle et sa bestiole — pour te diriger vers la table en bois que tu avais laissée là, et qui certes avait attirée l'attention de quelques passants, mais au moins elle semblait être trop lourde pour être volé. Tu serras les dents, et toi évidemment avec ta force d'ours, tu la soulevas et la mis sur ton épaule, tenant les planches de bois dans ton bras de libre, fermement. Tu revins vers la jeune femme et d'un signe de tête, tu lui fis signe que vous pouviez marcher. La pluie tombait sur ta peau, en éclat, comme des larmes qu'autrefois tu avais tant versées, comme des larmes de ton enfant qu'autrefois, tu avais consolé dans tes bras, une période de ta vie qui te manquait tant, et qui laissait dans ton coeur un énorme trou dans lequel tu pouvais sauter à pieds joints.
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Harouna Sunleth

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MessageSujet: Re: Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna)   Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna) EmptyDim 5 Juin - 17:03

Depuis l’épaule d’Harouna, je ne quittais pas des yeux ce grand bonhomme qui avait eu la bonté de nous venir en aide sans demander la moindre compensation. Il laissa échapper une faible exclamation, de sa voix rauque, lorsque ma jeune maitresse l’informa que nous n’avions pas de toit. Ce qui était parfaitement vrai. Malheureusement, nous n’allions pas tarder à finir dépourvus de la moindre pièce, à ce stade. Les frais de lits et de nourriture commençaient à creuser la petite bourse que gardait précieusement la jeune fille, et c’était problématique. Sans compter sur le fait qu’il ne tarderait pas à être urgent d’investir dans des vêtements plus appropriés, et plus chauds. Je poussais un faible soupir lorsqu’elle prétendit pouvoir se débrouiller seule. Mais quelle était donc cette manie de refuser constamment de l’aide lorsqu’on la lui proposait ? C’était de cette façon que l’on finissait toujours dans le pétrin. Par ailleurs, j’avais du mal à définir notre nouvelle connaissance. Il ne semblait ni tout à fait là, ni tout à fait ailleurs, à chaque fois qu’il dévisageait Harouna. A quoi pouvait-il bien penser ? Cet homme était tout simplement un véritable mystère. Pas bavard, et assez préoccupé. Ce qui m’interrogeait à vrai dire, en dehors des innombrables marques qui cinglaient sa peau, c’était cet intérêt pour le sort de la jeune femme. Il s’inquiétait vraisemblablement bien plus que nécessaire pour elle, je pouvais le lire aisément dans son regard. Quant à elle, je la trouvais bien inattentive aujourd’hui. Mais l’instant ne se prêtait par au sermon, alors je lui faisais grâce des reproches que j’avais à lui faire pour le moment.

Le grand bonhomme caractérisa sa blessure de maladresse. Je le croyais sans peine, et Harouna aussi, à la vue des planches qu’il transportait. Puis finalement, c’était apparu comme une évidence lorsque le dit monsieur nous tourna le dos, le temps simplement de saisir la grande table qui attendait là, patiemment. Sans grandes difficultés, elle vint prendre place sur sa large épaule. Ma jeune maitresse, toujours sous le grand manteau blanc, écarquillait les yeux, et je sentais bien qu’elle avait retenu son souffle un instant, pensant certainement que l’homme s’écroulerait devant nous suite à la saisie du meuble. Et bien non, visiblement, il ne semblait pas peiner plus que ça, de même qu’il passa devant nous en faisant signe de le suivre. Il avait commencé à marcher, sous la pluie, toujours présente, et la petite brune le suivait de près.


- Comme vous l’avez dit, je ne suis pas d’ici…


Elle avait d’abord gardé le silence plusieurs minutes, puis, le naturel revenant au galop, elle ne pouvait pas tenir davantage sa langue tandis que leurs pas les menaient de rue en rue, sous l’averse grandissante. Seulement, je craignais bien pour elle que son interlocuteur ne soit pas très bavard. Enfin, je la connaissais suffisamment pour savoir qu’elle n’avait nul besoin de réponse pour s’exprimer. C’était aussi sa façon de meubler son malaise, et c’était selon moi, tout à son honneur.

- … En fait, je viens de Fintasy, vous connaissez peut-être ? C’est très vert, vous pourriez même vous y intégrer facilement, créer des meubles là-bas, il y a tellement d’arbres que vous pourriez travailler durant des millénaires ! Voire plus encore ! Et puis, les gens sont vraiment sympathiques, il y a beaucoup d’activités à pratiquer, je crois bien qu’elle reste ma province préférée ! Si vous faites un tour là-bas, n’hésitez pas à vous amuser, il n’y a pas meilleur endroit ! Seulement…


Elle avait ri plusieurs fois, la pluie semblait avoir purgé sa timidité. Je mis d'ailleurs un certain temps à remarquer que son visage s’était fermé de nouveau, tellement c’était indiscernable.


- … je ne veux plus jamais y mettre les pieds.

Elle avait murmuré, si faiblement, que j'en venais à me demander si ses propos avaient pu arriver sans embuches aux oreilles du grand homme. Puis, en un éclair, comme si tout n’avait été qu’un mirage, un sourire vint de nouveau illuminer son visage chétif.


- Dites, je pourrais peut-être vous offrir un repas chaud, en gage de gratitude, qu’en pensez-vous ?
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Asgeir

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MessageSujet: Re: Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna)   Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna) EmptyDim 5 Juin - 18:31

Tu sentis sur toi les petits yeux de sa bestiole, toujours pausé sur son épaule, comme cet Inquisiteur que tu avais un jour croisé en prison, cependant lui c'était un corbeau qui ornait son épaule. Tu ne savais pas exactement si la bestiole pensait, ou non, mais elle semblait t'examiner avec beaucoup d'intérêt, tu ne pouvais pas songer qu'elle peut un instant t'analyser et faire part de son avis sur toi à son amie, ou à sa maîtresse. Mais si tu t'y intéressas, ce fut comme pour le regard vairon de la demoiselle : ça dura quelques secondes, et ça te fis hausser les épaules, pourquoi pas ? Après tout, Ishtar était elle-même un mystère, et la vie de chaque individu semblait pleine de sens ou de non-sens, il n'y avait rien qui pouvait expliquer leur présence, en ces lieux. Longtemps tu avais pensé que comme l'Église le disait, la vie se résumait à suivre les croyances qu'elle divulguait un peu partout ; et pourtant, c'était l'Église qui t'avait prouvé que l'être humain n'était qu'un monstre sans coeur, quelque chose qui ne devait pas recevoir de nom, c'était l'Église, mère de toutes tes prières qui t'avait offert ces cicatrices sur un plateau non pas d'argent, mais de rouille.

C'était l'Église qui avait arraché ton coeur encore battant pour le clouer sur sa porte, alors que le véritable responsable du meurtre de ta femme courait toujours, Asgeir... pourquoi durant toutes ces années, pourquoi durant ces décennies de souffrances et de peines, n'avais-tu jamais songé l'espace d'un instant de retrouver ce salopard pour le tuer ? L'étrangler de tes mains ne serait-ce pas la meilleure chose que tu pouvais faire ? Ta vie ne signifiait rien de toute façon, mais au moins... venger ta femme ? Tu restas un moment interdit par ta propre pensée, ça faisait un moment qu'elle n'était pas venue fourmiller dans ta tête ; la jeune femme parla alors, confirmant ce que tu avais dit, et sa voix claire arriva jusqu'à tes oreilles, repoussant l'idée morbide et pleine de rancune qui était venue.

Tu l'écoutas sans la regarder, elle parlait, un peu... beaucoup et irrémédiablement, ça te rappelas ta femme. Iseult aussi était capable de débiter un flot de paroles incroyables en peu de temps, mais c'était pour compenser ta personnalité trop silencieuse. C'était... nostalgique, et malgré toi, tu fus ramené à une époque lointaine, où tu avais été plus jeune, toujours aussi grand, mais moins impressionnant sans doute, car tu n'étais pas si abîmé, si éprouvé par la vie. Tu fermas quelques secondes les yeux, c'était un jour de pluie, comme tant d'autres. Elle était assise chez toi, chez ton père, jouant aux cartes avec l'une des soeurs, et elle parlait... parlait... parlait... et ta soeur finis vite par être agacé, mais par respect pour toi et connaissant tes sentiments, elle se tut et avait répondu, certes un peu ennuyée. Et toi... tu l'avais écoutée, buvant chaque parole que sa bouche rouge proférait, fasciné.

Tu retournas ton attention sur la jeune femme, tu l'avais entendu murmurer, mais tu n'avais pas entendu les mots revenir vers toi. Seulement, tu compris qu'elle avait laissé derrière elle un souvenir douloureux, et que dire ? Tu étais si peu bavard que ton cerveau était vide, là à cet instant. Tu ne pouvais pas dire un flot de mots que tu ne pensais pas, tu savais ce que c'était cette tristesse qui l'envahit un moment. Alors... tu fis un effort, à ta manière, Asgeir, tu fis un effort. Mordant ta lèvre, tu posas tes yeux sombres sur elle, les muscles tendus et raides à cause du fardeau que tu portais, tu parvins à dire tout de même, ta voix sombre s'éleva et accompagna le martèlement de la pluie :

— Oui... je connais Fintasy, j'ai eu l'occasion de m'y rendre.

C'était peu après être revenu à Steefal, voir si tu pouvais au moins savoir ce que ta fille était devenue, mais ce souvenir laissait une trace amère dans ta peau, et tout ton être, au point où fronçant les sourcils, tu chassas rapidement cet horrible souvenir, et l'envies de tuer cette femme qui t'avait interdit de revoir Eldrid, et qui en plus lui avait donné cet affreux prénom ! Son prénom... c'était Eldrid, c'était toi et Iseult qui l'aviez choisie ! Tu serras soudain la mâchoire, assombrie par ces sombres pensées, tu songeas avec colère que cette femme n'était rien d'autre qu'une horrible sorcière qui t'avait refusé le droit... d'être père. Et de retrouver le fruit de tes entrailles.

Et là, la jeune femme te demanda si elle pouvait t'offrir un repas chaud, tu fronças encore les sourcils, songeant qu'une fille si douce et si innocente devait bien faire attention à elle. L'inconnue était peut-être trop gentille, et tu étais bien placé pour savoir que la gentillesse pouvait apporter le malheur. Mais tu te tournas vers elle, lançant un autre regard interrogateur à la bestiole, comme si celle-ci pouvait te traduire sa maîtresse, puis tu ramenas ton attention sur elle, tu t'étais arrêté. Posant contre ta jambe raide les planches de bois, tu fis non de la tête pour répondre :

— Non... je pense que c'est vous qui avez le plus besoin d'un bon repas chaud, gardez l'argent que vous avez pour vous, mais je vous remercie tout de même.

Tu plaças à nouveau les planches sous ton bras et repris la marche, l'espace d'un instant, on aurait pu croire que n'étais rien d'autre qu'un père faisant la moral à ta fille. Mais tu n'avais pas pu t'empêcher, c'était sorti de ta bouche, comme ça, sans que tu puisses faire quoi que ce soit, et c'était normal, non ? Sincèrement, Asgeir tu était assez « toi » pour te préoccuper du sort d'une jeune inconnue, simplement parce qu'elle te rappelait ta femme et qu'elle avait l'âge de ta fille. Et puis, elle ne semblait pas connaître la vie, ou du moins peu de choses, c'était naturel de vouloir la prévenir ? Ces questions vrillaient dans ton crâne, et ça commençait un peu à t'agacer, pourquoi réfléchissais-tu ? Pourquoi te prenais-tu la tête pour... si peu de chose ? Certes... tu commençais à t'angoisser quant au sort de la jeune femme, mais c'était... tu ne savais pas exactement. Peu habituel, disons, ou c'était comme quelque chose renaissant de ses cendres ; tout de même, tu demandas finalement :

— Avez-vous de la famille ici, à Ishtar ?

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Harouna Sunleth

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MessageSujet: Re: Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna)   Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna) EmptyMar 7 Juin - 9:35

Il s’était arrêté de marcher, là, au beau milieu de la rue mouillée et des pavés érodés, après m’avoir dit connaitre ma province natale. Finalement, bien plus de personnes que je n’avais pu le soupçonner, avez pour la plupart déjà voyagé. Étais-je donc la seule à sortir tardivement de mon cocon ? Cette réflexion me poussait un peu plus loin dans mes pensées sinistres, dans la rancœur que je nourrissais envers mes parents, dans cette frustration qui me voilait le cœur amèrement, mais que je refoulais au plus loin de moi-même. Louki m’accompagnait à chaque battement de cœur, et j’avais toujours eu pour coutume de lui éviter des soucis inutiles. Mais l’homme avait froncé les sourcils plusieurs fois, ce qui me secouait de l’intérieur. Est-ce que je l’embêtais ? Question bête, sinon, il ne serait pas là à m’accompagner. Il aurait pu tout simplement me laisser me perdre davantage dans les rues d’Ishtar. Après tout, il avait même refusé ma bourse, et maintenant, il disait non à un repas que je me proposais d’offrir. Il était vrai que manger quelque chose de chaud ne me ferait aucun mal, et je me demandais jusqu’à combien de temps j’allais pouvoir tenir de cette manière.

- Je… J’ai effectivement de la famille... Un oncle, à priori, bien qu’il ignore certainement jusqu’à mon existence.


On pouvait dire que j’en aurais parlé, de cet oncle. Et il s’avérait qu’il apparaissait comme un moyen urgent de me sortir du pétrin le moment venu. Outre le fait, que je voulais le voir pour assouvir ma curiosité, bien sûr. Mais je jugeais, que ça n’était pas encore l’heure pour le rencontrer. J’avais… mes raisons. Louki n’allait d’ailleurs pas tarder à me questionner, ou dans des termes plus appropriés, à me harceler à propos de cela. Je devais trouver un autre moyen de ne pas laisser mon argent s’évaporer comme une simple brume. Mais pour l’instant, je laissais de côté cet élément qui n’avait pas sa place ici. Levant les yeux vers l’homme, je plongeais mon regard dans le sien. J’arrivais à y décerner une lueur sinistre, éteinte, quelque chose qui évoquait solitude et fatigue. La force de l’âge, un être usé par le passé, voilà comment ce grand homme m’apparaissait. Que faisait-il de ses journées ? Taillait-il le bois hier encore, comme aujourd’hui et comme demain ?

- Et vous… ? Avez-vous de la famille ici, ou ailleurs ?


Ma curiosité avait été inévitablement piquée. Je voulais en savoir plus sur cet homme, sur ce personnage aussi intimidant qu’il était attendrissant, et qui m’avait sauvé la vie. Je lui faisais désormais confiance quant à l’endroit où il me menait. Nous allions très certainement prendre un chemin différent dès ce soir, dès le moment où j’aurais franchis la porte de l’établissement où il me conduisait. Que fera-il alors ? Il retournera sculpter le bois, pendant des heures, pour créer une nouvelle table, à défaut de celle-là qui semblait avoir été trop malmenée par la pluie. Et lorsqu’il se couchera enfin, certainement m’aura-il déjà oublié, comme le faisait le reste des gens que je rencontrais dans cette ville depuis plusieurs semaines. Peut-être se souviendra-t-il vaguement, d’ici un certain temps, de mes yeux passant difficilement inaperçus, pour finalement se rendre compte qu’il n’avait même plus mon nom en tête… Nous nous étions remis à marcher.

- Ah, au fait, nous n’avons pas même fait les présentations, avec tout cela. Je me nomme Harouna, et cette petite chose s’appelle Louki… Et vous ?


J’avais fait un signe de tête en direction de ma petite créature lorsque j’avais évoqué son nom. Quant au mien, je ne jugeais pas utile de mentionner autre chose que mon prénom.
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Asgeir

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MessageSujet: Re: Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna)   Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna) EmptyMar 7 Juin - 10:33

Oh... au moins tu étais un peu rassuré, elle avait de la famille, et c'était une bonne chose. Certes, elle t'affirma que son oncle ne devait pas la connaître, mais au moins elle avait un endroit où aller, même si c'était difficile d'aller se présenter à quelqu'un qui ne savait rien de l'existence d'un frère, d'une soeur ou même d'une nièce. Irrémédiablement, tu songeas à ta fille, à la belle jeune femme que tu avais revue dés années auparavant, combien de temps était passé ? Depuis cette envie de meurtre qui avait déchiré ton être tout entier, au point de vouloir tuer la mère de ta femme, la grand-mère de ta fille qui avait effacé ta propre existence de sa mémoire ? Tu évitais souvent de songer à cette femme que tu méprisais, mais penser à cette jolie fille aux cheveux roux et aux yeux sombres, c'étaient songer à cette vieille folle qui t'avait privé de la seule chose qui t'était restée au monde : ta fille. Alors... tu pensas que la situation de la jeune femme était assez délicate, car se présenter à un inconnu qui possédait le même sang que soi, ce n'était pas une chose facile, c'était accepter que sa vie possédât aussi une grosse part d'ombre.

La jeune femme ne semblait pas avoir l'habitude de la solitude, ce qui te faisait songer ça ? Eh bien seulement parce qu'elle était accompagnée de la bestiole, et qu'elle te paraissait un peu perdue, s'aventurant sur un chemin pénible et sinueux qu'on appelait la vie. L'inquiétude à son égard persistait toujours, si bien que tu profitais parfois de ta grande taille pour éloigner ceux qui avaient sans doute le projet de lui voler son argent, et sa vertu. Au moins pour une fois, ton immense taille et ton air d'ours permettaient d'éloigner ces imbéciles, ravagés par la famine et par une envie basse. Tu remuas ton épaule, la pluie éclatant sur ta peau dure et abîmée, alors qu'elle plaquait ta chevelure brune sur ta nuque et ton front. Le froid commençait un peu à t'engourdir, ta jambe malade te tirait, mais tu ne laissas rien transparaitre sur ton visage, tu fus alors surpris par sa question. Que devais-tu répondre ?

Soudain pris aux dépourvues, tu restas un moment silencieux — comme toujours —, mais ce silence n'était pas habituel ; tu ne savais pas quoi répondre, devais-tu lui dire que tu avais effectivement de la famille ? Mais devrais-tu dévoiler que ta femme était morte dans tes bras ? Et dont tu avais l'interdiction de dévoiler à ta fille que tu existais ? Cette vieille femme avait dû lui servir une tonne de mensonges ! Tu ouvris la bouche pour parler, mais comme à l'accoutumée, tu restas sombre et rien ne vint emplir le silence. Que répondre ? Que dire ? Car tu avais bien conscience que ce manque flagrant de parole, c'était mettre la jeune femme mal à l'aise, alors tu dis la vérité, cette sombre et maudite vérité, amère, sans coeur, cruelle comme l'Église :

— J'en avais... autrefois.

Pas plus... tu ne pouvais pas te permettre d'en dire plus, tu ne pouvais pas lui dire tout... c'était... gênant, dérangeant, déconcertant, jamais tu n’avais pris l'habitude de te dévoiler, et de raconter les grandes lignes de ta vie. C'était... ça avait été toujours par pudeur, derrière ton grand air de criminel ou de paysan, même plus jeune, tu t'étais toujours servi de ta taille pour masquer ta timidité. Iseult l'avait toujours compris, comme si elle avait été capable de lire en toi, avec honnêteté et sincérité, cette femme avait été ton seul amour, ton univers tout entier, doux et sauvage, combien de fois t'avais-tu promis de donner ta vie pour elle ? Combien de fois t’étais-tu rappelé de sa mort ? Sa vie se rependant en goutte de sang sur sa poitrine, alors que sa chaleur te quittait peu à peu ? Tu tournas un instant la tête, alors que vous étiez en train de reprendre la marche, honteux de parler de toi.

Et la voix claire de la jeune femme te revint en tête, elle se présenta et tu l'observas désigner d'un simple signe de tête la bestiole, Louki donc. Tu restais tout de même étonné de voir la créature si calme et si proche d'elle, mais tu devinas qu'elle avait dû l'avoir dès son enfance, elle te dit son nom et tu approuvas d'un simple signe de tête. Et ? Que faire ? Tu ne pouvais pas lui tendre la main pour la serrer ? De un : tu risquais de lui casser les os, trop peu conscients de la force, et de deux : ton contact risquait de la dégoûter, et enfin trois : ce n'était pas ainsi qu'on agissait avec une demoiselle, enfin lorsqu'elle ne venait pas du peuple comme toi. Tu haussas les sourcils, remua un peu pour que ta table trône bien sur ta large épaule, et tu répondis un simple petit :

— Asgeir, enchanté.

Harouna... c'était un joli prénom et assez peu commun, enfin c'était la première fois que tu en entendais un de la sorte. Tu observas un moment ses yeux vairons, toujours surpris de voir que contrairement aux autres, ça ne te choquait pas ; on était comme on était, et ce n'était pas cette originalité qui te ferait peur. C'était une jolie fille, et ça faisait partie de son charme, songeas-tu en en ayant en mémoire les paroles de ces imbéciles. Que deviendrait-elle alors ? Lorsque vos chemins allaient se séparer ? Que deviendrait-elle à Ishtar ? Cherchant un oncle dont elle ne savait rien ? Et qui peut-être ne voudrait pas d'elle ? Que ferait-elle ? Allait-elle errer et voir sa bourse perdre les pièces ? Allait-elle... finir à la rue, déchirée par la faim quand elle n'aurait plus d'argent ? Une fille si fragile, abandonnée à ce triste sort ? C'était une horrible chose, n'est-ce pas ? Tu mordis ta lèvre, tu secouas un peu la tête et finalement, tu pris à nouveau la parole, lui proposant ainsi une nouvelle fois ton aide :

— Si jamais... vous avez besoin de quoi que ce soit, passez à mon atelier : il se trouve non loin du port, prés d'un magasin de poupées.

Un endroit sans doute bien minable pour une jeune femme comme elle, mais tu pouvais au moins lui proposer ça ? Et était-ce assez suffisant ? Au moins, elle savait à présent qu'elle n'était pas toute seule.
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Harouna Sunleth

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MessageSujet: Re: Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna)   Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna) EmptyMar 14 Juin - 12:09

L’homme, qui n’était déjà pas d’un naturel bavard, marqua un silence bien plus prononcé lorsque Harouna lui retourna innocemment sa question. C’était une réaction tout à fait banale, en soi, mais cette absence de réponse immédiate, cette hésitation laissa planer un malaise entre les deux protagonistes. J’appréciais d’être dépourvu de paroles dans des moments comme celui-ci. Puis finalement, il se décida à articuler de faibles mots, dans une courte phrase. Comment devait-on interpréter ses propos ? Ce « autrefois » ne fit qu’approfondir le malaise qui s’était frayé dans l’esprit de ma jeune maitresse, toujours protégée par le grand manteau blanc. Regrettait-elle déjà sa question ? Se sentait-elle indiscrète ? Elle n’était pourtant pas à blâmer, selon moi. Surement l’envie d’en savoir plus lui brûlait les lèvres, mais je savais qu’elle se retenait. Malgré sa curiosité innée, elle savait se tenir et s’imposer des limites. Et à ce moment-là, il aurait été inconvenant d’insister sur ce sujet, qui visiblement gênait notre interlocuteur.

- Je… vois.

C’était tout ce qu’elle prononça, sans en demander davantage. Le sujet était clos, autant ne pas s’y attarder. Elle devait se dire, que cet homme cachait quelque chose, tout comme elle. Que tous deux étaient certainement plus semblables qu’il n’y paraissait. Il approuva d’un signe de tête lorsqu’elle nous présenta. A vrai dire, ce genre de pratique devait venir en premier au cours d’une rencontre, mais mieux valait tard que jamais, et puis, les conditions n’avaient pas été très propices à la présentation. Son nom coula comme la pluie, lorsqu’il nous le souffla du haut de ses presque deux mètres. Asgeir. C’était court, et discret. Ce nom semblait pouvoir s’effacer sous cette averse sinistre, tout comme cet homme qui m’évoquait plus un fantôme, une ombre, d’une personne en chair et en os. En entendant ce nouvel élément, ma jeune maitresse laissa un sourire se dessiner sur son visage trempé, puis à l’aide de son énergie retrouvée, saisi la main libre du grand homme, avant de la secouer frénétiquement de haut en bas.


- Enchantée, Asgeir, enchantée !


Elle souriait vraiment comme une enfant. Nul ne doute que sa réaction venait du fait qu’elle avait trouvé un nouvel allié dans cette ville, où la solitude était sa seule compagnie depuis les derniers jours que nous avions passés à arpenter les rues sans but précis. J’aurais pu me sentir vexé, de ne pas être considéré comme une compagnie suffisante à la jeune femme, mais j’étais constamment sur son épaule, si bien qu’au final, c’était comme si nous n’étions plus capables de nous différencier l’un de l’autre. Elle était mon oxygène, ma voix, j’étais la petite conscience qui lui permettait de ne pas se sentir trop apeurée.
Le grand homme nous dévisagea une fois de plus. Enfin, il semblait que son attention était visiblement plus centrée sur la petite brune. On pouvait penser qu’il était pris dans un dilemme, un combat intérieur, quant à savoir de quelle manière il devait présenter ses prochains mots. Puis finalement, après avoir secoué la tête, s’être mordu la lèvre, il osa. Cet homme avait bon cœur, et s’inquiétait du sort de Harouna, bien plus que nécessaire. Je tournais alors la tête dans la direction de cette dernière. Qu’en pensait-elle ? Je la vis glisser discrètement sa main jusqu’à son sac contenant la petite bourse. Elle doutait, je pouvais le sentir, et son visage trahissait sa gêne. Je retins mon souffle. Mais, que s’apprêtait-elle donc à dire ?


- Je vous remercie pour tout, et j’aurais... à ce propos… comment dire ? Je ne voudrais pas abuser de votre bonté, et soyez sûr que je vous dédommagerais très bientôt… Alors, pourriez-vous... m’héberger quelques temps ? (Je sentais la panique grimper en elle rapidement) Ça serait juste histoire de quelques jours, le temps de… Enfin, pardonnez-moi pour cette requête indécente !

Elle s’était courbée en prononçant sa dernière phrase, et sans doute regrettait-elle déjà ses paroles.

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MessageSujet: Re: Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna)   Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna) EmptyMer 15 Juin - 20:30

Tu fus étonné qu'elle te prît ta grande main carrée, abîmée et sale pour la serrer chaleureusement dans la sienne, et non sans un entrain bien visible qui faisait pétiller ses yeux vairons. Tu ne bougeas pas, trop déconcerté, trop gêné aussi... Harouna ne ressentait-elle donc aucun dégoût à l'égard de cette peau ridée qu'était la tienne ? Cette chair brisée et rugueuse que n'importe quelle femme refuserait ne serait-ce que d'effleurer ? C'était bien à cause de tes mains de travailleurs que la noble t'avait quitté, non ? Et pourquoi cette jeune femme-là te prenait la main, et avec entrain, se présentait en souriant ? Déstabilisé, tu hochas la tête positivement, sans pour autant décrocher un mot. Pauvre Harouna, son interlocuteur n'était pas un vieux mur de glace, mais un arbre sur le point de tomber, totalement déraciné par la fatigue, et le chagrin. Tu remuas l'épaule, engourdie par le poids de la table qui écrasait ta chair dure, tu repris la marche sans dire ne serait-ce qu'une syllabe.

Pauvre Harouna, ta compagnie n'était qu'une ombre écrasante, lugubre, sinistre et taciturne, silencieuse comme une tombe abandonnée par une famille trop peu soigneuse et prévenante. Tu n'étais vraiment pas le genre de personne qu'on pouvait apprécier pour ses grands discours philosophiques, et tu vis même le petit embarras que ta réponse faible occasionna chez elle, tu crus même sentir sur tes larges épaules le regard de la bestiole, enfin Louki. Mais que dire de plus, hein ? Tu regrettais tant Iseult pour ces instants-là, cette femme avait été de son vivant un véritable moulin à parole, petite, pleine de vie, elle compensait tes défauts par ses propres qualités. Tu avalas douloureusement ta salive, et secouas encore la tête, ce n'était pas le moment de t'enfoncer dans ce genre de pensées sinistres que pourtant, malgré toi, tu appréciais. Quelque part, tu t'étais habitué à cette monotone mélancolie qui écrabouillait ton coeur dans ta large poitrine.

Sa petite voix revint dans ta tête, perçant le martèlement sourd produit par l'averse, elle transperça ce mur de silence qu'était ton crâne, et lui apporta un peu de musique. Tu l'écoutas donc... que faire d'autre, hein ? Tu l'écoutas en remuant parfois encore un peu, tu commençais tout de même à avoir mal à l'épaule, ce n'était pas très lourd, malgré ce que ça paraissait, mais ça commençait tout doucement à peser son poids. Tu faillis d'ailleurs laisser la table tomber sur un passant, lorsque tu entendis la demande de la jeune femme, tu fronças les sourcils, très visiblement surpris. Ta compagnie n'était pas si insupportable, donc ? Si bien qu'elle... deux minutes... l'information peinait à pénétrer dans ton cerveau, elle tapait contre la porte de ton esprit, mais elle ne bougeait pas pour entrer. Tu fronças encore les sourcils, puis tu frottas ton visage, c'était comme si tes oreilles ne voulaient pas entendre.

C'était... ce n'était pas un cauchemar, ce n'était pas un rêve, c'était tout simplement saugrenu. Bien sûr, tu avais remarqué ces petits détails qui criaient que la jeune femme, malgré ses bonnes manières, son visage entretenu et ses beaux vêtements, ne tarderait pas à troquer sa vertu contre un peu d'argent pour manger. Sort que tu voulais qu'elle évite, s'i y avait bien une chose terrible, c'était de prendre son corps et comme un objet, le poser devant une vitrine avec écriteau, où une main aurait écrit : « A vendre pour trente pièces d'or. » Et où des regards pervers se jetteraient sur son visage, avide, comme des bêtes sauvages sérieusement en manque. Tu serras les dents, soudain confronté au « revers de médaille » de ta générosité ; il ne fallait ne pas se tromper : loger la jeune femme ne te dérangeait pas, elle avait besoin d'un toit, et tu lui offrirais volontiers ta chambre, mais... depuis Mist, personne n'était venu dormir chez toi, et Mist était — à preuve du contraire —, un jeune homme, un garçon, un être de sexe masculin. Harouna était une jeune femme... qui était un peu plus jeune que ta fille.

Accueillir une jeune femme chez toi, c'était quelque chose d'assez bizarre dont tu n'avais pas l'habitude, c'était accepter qu'une jeune femme foule ses pieds dans cet atelier sale, plein de poussière et sciure. C'était offrir à la vue de cette jeune noble un endroit insalubre, à l'odeur de bois, pourrie par le temps, un atelier que personne n'aimait voir en général, malgré le talent dont tu étais pourvu. Soudain, Asgeir, tu eus honte de n'avoir jamais ou trés rarement fait le ménage chez toi, Harouna risquait de partir en courant, lorsqu'elle poserait son regard vairon sur ces meubles en construction, sur ces vielles feuilles et crayons qui traînaient partout. C'était lui donner un toit, certes, mais quel toit ! Quelque chose de laid, quelque chose qui ne méritait même ne pas avoir le nom d'atelier, la cellule d'une âme tourmentée, la tombe d'un être qui n'attendait que la mort... c'était ça, cette horreur que tu allais lui montrer ? Tu... tu avais honte de ne pas être soigneux, ou même d'avoir considéré que comme ta femme était morte, ce n'était pas la peine de prendre soin de cet atelier, pourtant berceau de tant de bons souvenirs que tu refoulais toujours.


— Bien... fis-tu pourtant, malgré la gêne évidente transperçant ton visage.

Tu fronças alors les sourcils, levant la tête pour sentir les gouttes de pluie tomber sur ta face fatiguée, tu grattas l'arrière de ton crâne, puis ta nuque où sous ta chevelure brune, une croûte s'était formée pour... tu ne savais pas exactement, tu avais encore oublié, l'alcool effaçait les blessures du corps, mais malheureusement pas celle de l'esprit. Tu soupiras sans montrer un signe d'un quelconque agacement, tu devais juste trouver une manière de t'organiser autour de ça. C'était une situation qui sortait de tes habitudes, et lorsque tu te trouvais devant ça, tu ne savais jamais comment agir, alors tu ouvris encore la bouche, mais ce fut juste pour mettre ton invitée (?) en garde :

— Mais... méfiez-vous lorsque vous demandez quelque chose à quelqu'un, on ne sait jamais sur qui on va tomber.
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Harouna Sunleth

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MessageSujet: Re: Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna)   Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna) EmptyJeu 14 Juil - 18:07

Avais-je dépassé les limites ? Louki se crispait sur mon épaule, visiblement plus mal à l’aise que moi. Pourtant, malgré mon malaise et la pointe de regret qui était visiblement en train de faire surface chez moi, je me disais que finalement, ma question n’était pas si importune. Devions-nous systématiquement nous tenir éloignés des autres ? Alors que nous étions si nombreux à fréquenter la même terre ? A emprunter les mêmes rues, à marcher sur les mêmes pavés ? Je ne saisissais pas encore bien le fonctionnement de cette société, et de ses mœurs. Louki m’avait maintes fois averti de la différence évidente entre le monde décrit par mes livres, et ce qu’il en était réellement. Aussi, je commençais à me dire qu’il y avait peut-être une part de vrai dans ses mises en garde, lorsque le grand homme posé là, devant moi, tentait tant bien que mal de m’offrir une réponse convaincante. L’avais-je offensé ? J’espérais que non, bien entendu. Je faisais constamment de mon mieux pour en apprendre davantage au sujet des relations humaines. Une étude pour le moins intéressante, pleine de rebondissement et de surprises. Mais je m’amusais d’autant plus à constater que quelques fois, des scènes apparentes à celles de mes romans, venaient se mêler à celles de la vie quotidienne.

Mais pour l’heure, Asgeir me regardait, sans rien ajouter, la pluie ruisselant sur son grand corps meurtri. J’aurais voulu lui rendre son manteau blanc, pour qu’il puisse cacher ses cicatrices, rentrer chez lui et faire comme si nous ne nous étions jamais rencontrés un peu plus tôt. Je n’aimais pas l’idée d’être une source de gêne pour cet homme, qui semblait avoir été perturbé dans ses habitudes de vie. D’un autre côté, j’appréciais sa présence, et j’étais curieuse de savoir quelle expression il pouvait aborder après avoir été pris de court par ma question. Un sentiment égoïste, en soit, et j’étais heureuse que Louki ne me fasse pas de réflexion à ce sujet. Un faible bruit s’occupa de remettre mes idées en place : le grand homme avait répondu. Je le regardais, il n’avait prononcé qu’un mot, un simple mot, et il ne semblait pas affecté par ma demande. Je me mordis la lèvre, en me disant « C’est tout ? ». A vrai dire, même de cet homme, je m’attendais à d’autres réactions. Un extrême, ou un autre. Pourquoi pas un sourire chaleureux, accueillant, ou à l’inverse, un rictus de dégoût, de colère ou d’indignation ? Non, rien de tout cela, et j’étais surprise d’être… à vrai dire, aussi surprise. Cet état déclenchait d’ailleurs chez moi, une sorte d’animosité, une envie d’en découvrir d’autant plus sur ce monde et ses habitants, que je n’avais vu qu’à travers des pages écrites, au cours de ses vingt années dernières.

L’homme soupira, le ciel gris continuait de pleurer, et finalement, il ajouta à mon attention, quelques propos dont le sens m’échappait quelque peu. Je le dévisageais, sans cacher mon incompréhension. Après tout, je n’avais aucune raison de faire mine d’avoir saisi ce qu’il avait voulu dire.

- Alors, selon vous, je devrais me méfier de chaque personne que je rencontre ? Ne puis-je pas demander l’hospitalité des citoyens sans risquer un quelconque souci ? Au pire, qu’y perdrais-je ? On me dirait d’aller voir ailleurs, non ? Pour quelles raisons quelqu’un voudrait-il me faire du mal ? Je n’ai rien de précieux. Je n’ai même pas… d’or. Enfin, pas suffisamment.


Je fini ma phrase sur un sourire. J’avais étalée ma pensée, qui me semblait très claire. Puis, il me parut bon d’ajouter l’essentiel de ce qui me pinçait la langue.

- Et puis quoi qu’on en dise, je suis tombée sur vous, alors il n'y a plus de problèmes, n'est-ce pas ?

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Asgeir

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MessageSujet: Re: Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna)   Qui viendra sur la route de Gulliver ? (Pv Harouna) EmptyJeu 21 Juil - 15:37

Harouna était une jeune femme qui te déboussolait un peu, les gens avaient de toute façon la mauvaise tendance à te déboussoler. Cependant, elle, c’était différent ; ça faisait un moment que tu n'avais pas croisé ce genre de personne, douce, naïve, innocente, une pauvre brebis perdue dans un monde rempli de loups. Tu avais peur pour elle, et tu te demandais si ta fille avait un peu le même caractère. Est-ce qu'elle se montrait si fragile ? Est-ce qu'elle était aussi délicate que cette jeune femme marchant à tes côtés ? Tu avais peur que oui, et tu l'espérais aussi. Tu n'aimais pas les filles un peu peste, profitant des uns et des autres pour leur faire du mal, ce que Harouna paraissait être incapable. Son regard vairon contemplait le monde et sa froideur, croyant voir un peu de chaleur sur ves visages odieux et difformes de ces pervers, qui couraient encore et encore les rues, cherchant une proie à se mettre sous la dent.

Et jamais tu ne pourrais permettre un tel comportement, une femme, on devait la soigner et la respecter, la force d'un homme existait seulement pour protéger celle qu'il aimait. Tu en étais la preuve, et même si Iseult était morte, tu avais cette manie de vouloir continuer à veiller sur les femmes de son genre, Harouna te rappelait trop ta fille. Et tu ne voulais pas la laisser seule, c'était trop dangereux. D'un côté, lorsqu'elle te fit son petit discours, tu avais presque envie de t'excuser, et de lui dire que c'était elle qui avait raison, mais... tu savais qu'elle avait tort. Cette jeune personne ne paraissait pas avoir conscience qu'Ishtar, c'était le sein d'où sortait un pue atroce qui souillait l'âme des plus innocents, et tu avais peur que son sourire disparaisse dans un tel endroit. Préserver une inconnue du mal qui nourrissait cet endroit... il n'y avait que toi pour le faire, et parfois, tu avais l'impression que sa bestiole n'examinait pas les choses de façon aussi passive, au contraire, mais les bestioles, ça ne parlait pas.

Ce n'était pas comme le bois qui hurlait souvent sous ta peau des choses immondes, salissant ton travail de ses cris ignobles. Enfin, qui étais-tu ? Asgeir... qui étais-tu pour juger quelqu'un de la sorte ? Harouna était jolie, c'était peut-être ceci qui t'inquiétait aussi, et comme jamais tu n'avais pu t'occuper de ta fille, tu voulais t'occuper de cette douce jeune fille pour le temps qu'elle resterait chez toi. Une femme chez... toi... ça te faisait un peu paniquer, cet endroit était aussi sal que les pavés pleins d'immondices que vous traversiez, c'était l'image de ta misère, et tu ne voulais pas qu'une jeune femme aussi pure soit témointe de cette misère. Tu songeas que tu devrais faire au moins un peu de ménage, et que ferais-tu ? Pour qu'elle dorme ? Tu n'avais qu'une chambre à l'étage, avec un seul lit, une chambre délavée, pleine de poussière, puant la moisissure et un air vicié pouvait lui pourrir les poumons.

Bon sang... comment pourrait-elle supporter cet endroit aussi minable que toi ? Pourquoi avais-tu accepté de la prendre chez toi ? Elle risquait d'attraper plus de maladie dans cet endroit que dans la rue. Tu marchas dans ton habituel silence, et au bout d'un moment, alors que le port paraissait venir à vous, la pluie tombant toujours sur vos deux corps, tu haussas les épaules à la question de Harouna, te souvenant qu'elle te l'avait posé, et tu fis de ta grosse voix grave :


— Oui... mais je pourrais être quelqu'un de dangereux. Méfiez-vous tout simplement.

Tu mordis un peu ta lèvre inférieure, et secouant la tête, tu t'arrêtas un peu. Tu soufflas quelques secondes, tu peinais à respirer, et ta jambe comme ton épaule te tiraient, c'était pénible, malgré ta taille, tu ne pouvais pas tout porter d'un trajet à un autre en une seule fois. Tu toussotas, les poumons glacés par le froid ; en réalité, si Harouna n'avait pas été avec toi, et si tu n'avais pas eu qu'elle attrapât froid, tu te serais arrêté plusieurs fois pour te reposer. Enfin, vous n'étiez plus si loin que ça, ce n'était qu'une question de minute, et la gorge nouée, tu amenas la jeune fille dans une autre petite ruelle pour enfin déboucher sur une grande rue marchande. Il y avait devant vous un magasin de poupée, dont tu n'avais toujours pas revu le vendeur, ensuite, il y avait une femme qui vendait des vêtements de femmes, et coincée entre deux bâtiments, il y avait ton atelier. Tu fis signe à Harouna de te suivre, et en boitant, tu te rendis douloureusement jusqu'à chez toi, tu levas à peine la tête sur l'écriteau vieux comme toi pendu au-dessus de vous. Une vitre était brisée, et tu poussas alors la porte, tes muscles se contractèrent, mais avant d'entrer, tu attendis que la jeune femme fasse un premier pas, tu lâchas :

— Voilà, nous sommes arrivés.
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