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 Une alliance contre grè [Cassendre]

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MessageSujet: Une alliance contre grè [Cassendre]   Mer 4 Mai - 20:43

Le soleil était haut dans le ciel, les oiseaux chantaient comme à leur habitude, insouciant de la perfidie du monde des humains et les gens vaquaient à leurs occupations quotidiennes. La Capitale était en mouvement comme tous les jours et toutes les nuits. En effet si en journée les citoyens régnaient en maître dans ces ruelles, le soir c’était la noblesse qui reprenait le flambeau avec ses soirées riches et très « tape-à-l’œil ». D’ailleurs depuis que je m’étais présenté officiellement comme « Léandre Lacroix », la grand-mère m’a recommandé à plusieurs soirées et par respect envers la vieille femme et surtout pour me fondre à cette masse aristocratique, j’y participais.

Mes impressions : Rien n’avait changé ! Finalement même si j’avais abandonné ce monde il y a quelques années pour vivre reclus, presque en ermite qui ne médite qu’à son art, j’avais réussi à m’adapter à une très grande vitesse à cet environnement. L’hypocrisie, les tromperies et la faim d’intrigues de ces nobles restaient les mêmes malgré les générations qui se suivent. C’était fort triste qu’une classe reste si figée dans ce monde. Enfin il y avait malgré tout un paradoxe, même si eux ne changeaient pas, c’était eux qui changeaient la société avec leurs jeux.

Quelqu’un frappa à la porte et entra. C’était un des domestiques de la maisonnée Lacroix. En silence, il ouvrit les rideaux de la pièce puis alla farfouiller dans le placard, à la recherche de quelques tenues amples et élégantes à la fois. Il savait que j’avais de la visite aujourd’hui par conséquent il prenait plus de temps que d’ordinaire à choisir quelques bouts de tissus.
Je me rappelle qu’au départ, cela me gênais d’abuser ainsi la confiance des personnes mais au fur et à mesure je m’étais habitué. J’avais encore ce sentiment de culpabilité mais je ne me cachais plus et m’affichais avec assurance en ce Léandre.

- Monsieur, aujourd’hui le beige vous irait à merveille. Je pose vos affaires sur votre lit. Votre déjeuner est prêt, quant à votre invité … il devait venir l’après-midi n’est-ce-pas ? Nous préparerons en conséquent quelques pâtisseries sucrées et salées ainsi que du thé.
- Bien, tu peux te retirer.


A ces mots, il disparut silencieusement après une révérence. Les Lacroix étaient peut-être une petite noblesse mais ses domestiques étaient extrêmement stricts et respectueux. On s’ennuyait vite avec eux car ils ne se montraient jamais trop chaleureux, c’était d’avantage des blocs de glace que des corps humains remplis de vie.

Lentement, je m’extirpais de mes draps, bailla, m’étira et me leva pour aller m’habiller. Je soupirais, heureux de constater qu’on avait réellement choisi des vêtements amples et non des vêtements bien trop étroits qui donnaient une apparence extra-large à cause des froufrous et autres dentelles cousus à divers endroits. J’allais respirer dans ma tenue aujourd’hui, j’allais pouvoir parler sans m’étouffer à mon « hypothétique » apprentie.

Effectivement, comme promis à Iraïd dans le palais des Arts, j’allais rencontrer ce Cassendre, petit frère d’Olivier. Apparemment il avait le même objectif que l’ainé, c’est-à-dire tuer le Haut-Prêtre. Un projet insensé s’il n’avait aucune puissance, aucun plan et aucun allié ! Et si jeune, je doute qu’il rassemble ces trois conditions. Peut-être deux sur trois mais trois sur trois … difficile à dire.

Je réfléchissais depuis plusieurs jours maintenant à comment réagir, à quoi faire avec un tel gamin mais à chaque fois je butais sur un mur infranchissable. Tant que je ne connaissais ni le caractère ni toute la motivation du petit, quoi que je dise ou pense ne servirait strictement à rien. Je n’étais pas devin malheureusement.
Malgré tout j’imaginais mille et une situation allant jusqu’à comparer mon petit déjeuner à ce futur si proche maintenant. C’était stupide mais bon sang, c’était une corvée ! J’allais devoir endosser le rôle de « gouvernante » apparemment et je devais donc concilier mon rôle de mentor avec celui de révolutionnaire de la politique, à noter que le disciple haït Uriel, dernier que j’allais sûrement fréquenter régulièrement. Il y avait un petit problème non ?

Avec cette même nonchalance, je me dirigeais vers la bibliothèque de la résidence, enchaînant plusieurs couloirs sombres et décoré avec une modestie, mariant les couleurs avec merveille. Cette résidence dégageait une certaine simplicité mêlée à une fortune dissimulée en partie. Je me sentais déjà plus à l’aise ici que dans une autre résidence d’un autre noble.
Je me sentais encore plus libre dans la bibliothèque assez bien fournie en ouvrage philosophique et politique. Mine de rien la grand-mère était assez érudite et savait parler politique et philosophie comme de mode et de rumeur. Il serait intéressant de rencontrer une telle femme et de partager nos idées.

Enfin pour aujourd’hui j’allais surtout m’exercer au violon. L’instrument était donc posé près de la fenêtre, à l’abri dans son étui, attendant patiemment que je me souvienne de lui. Tranquillement je le pris et l’accorda d’abord pour ensuite y jouer.

Aussitôt, mes problèmes s’envolèrent et tout devint clair et limpide. La mélodie que je jouais exprimait le doute dans lequel j’étais plongé depuis mon arrivée, mes craintes pour l’avenir des mes proches amis ainsi que pour mon avenir et enfin le double-jeu que je jouais sans cesse. Je pouvais me plaindre et critiquer ces nobles qui abhorraient différents masques mais je n’étais mieux loti et plus innocent qu’eux. J’étais encore plus trompeur à inventer un nom, une profession et une situation pour chaque rencontre au lieu de dire simplement à mon interlocuteur que je suis Lao.

Quelqu’un frappa à la porte mais je n’entendis pas, je sentis plutôt leur pas. C’était faible –notamment parce que je porte des chaussures- mais je savais exactement leurs emplacements malgré mes yeux clos. Je m’arrêtais.


- Entrez.


Tout d’abord le domestique qui m’annonça que cette jeune personne voulait me voir. Je regardais le ciel et fus surpris que le ciel soit déjà haut. J’avais joué autant ?


- Bien laissez-nous.


Le domestique disparut après s’être incliné.


- Tu es donc Cassendre ? Iraïd m’a beaucoup parlé de toi.. Mais avant tout, met-toi à ton aise je t’en prie.


Et je lui indiquais un des fauteuils moelleux disposé dans la pièce avec un sourire non forcé. La discussion allait peut-être être corsé mais autant démarrer sur de bonnes bases.

Hs: Ca fait longtemps que j'ai pas joué à Lao... Le début est nul et je me rattrape au prochain post. SInon.... bon bon... rien d'autre à dire.
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MessageSujet: Re: Une alliance contre grè [Cassendre]   Ven 22 Juil - 19:59

« À chaque fois que j'y repense, tu sais, je me dis que je n'aurais pas dû y aller, que j'aurais simplement dû refuser.
Pourtant, au fond, je lui en suis reconnaissant. »


Je n'irais pas.

Dit-il à haute voix, se regardant une énième fois dans la glace pour se donner la force de ses convictions. Oui, il n'irait pas demain à la rencontre de ce noble machin Lacroix. Et puis d'abord, depuis quand Iraïd lui cherchait de l'aide pour son plan, alors qu'il disait lui-même que c’était suicidaire ? Il y avait ombre sous cailloux où Cassendre ne s'y connaissait pas en plan louche. Donc non. Il n'irait pas, il trouvera bien une excuse quelconque, sa noble dame du moment ayant besoin de ses services, un enfant à amuser ou garder, une envie soudaine d'aller jeter des cailloux dans le fleuve (ou de s'y jeter tout court). Bref, n'importe quoi en somme. Tout était bon pour ne pas y aller. Fort de ses convictions, il sourit à son propre reflet avant de s'en détourner, s'apprêtant à aller se coucher. Oui, quoi qu'il arrive, demain, il n'irait pas. C’était une certitude.

C'est ainsi qu'à l'heure dite, Cassendre était là, habillé d'une veste et d'un pantalon d'un marron sombre ornementé de quelques fils d'or, et coiffé d'une simple queue basse. Debout devant la demeure que lui avait indiquée Iraïd, il attendait qu'on vienne lui ouvrir. Ne vous méprenez pas, il avait vraiment prévu de ne pas y aller... Mais il s'était dit que ce ne serait que très peu poli d'ainsi poser un lapin à un noble (et la réputation ça va vite)... Qu'il serait donc bon de lui faire savoir qu'il ne pourrait pas venir. Il avait donc passé sa matinée à essayer de tourner et retourner sa phrase pour la rendre la plus naturelle possible, sans résultat, à chaque fois cela sonnait terriblement faux et mensonger à ses oreilles. Préférant arrêter de gâcher du papier, il avait alors décidé de faire appel à un domestique de sa dame pour aller faire savoir à ce Lacroix qu'il ne pourrait pas venir. À croire que la terre elle-même n’était pas d'accord pour qu'il se désiste, car impossible d'en trouver un seul de libre puisque sa dame préparait une réception pour le soir même, et l'heure tournait, tournait... À tel point qu'elle arriva bientôt au moment de leur rendez-vous. De mauvaise grâce et pour ne pas se donner mauvaise réputation dans le milieu mondain (évidemment...), Cassendre s'était résigné à aller rencontrer cet homme qui, parait-il, avait un plan.

Dix minutes. Pas une de plus. Et si c'était un traquenard ? Avec Iraïd, on ne sait jamais. Oui, donc dix minutes, à la onzième, si l'adolescent n'était toujours pas convaincu quant à l'aide que pourrait lui apporter l'autre (tout en sachant que c'était à lui, dans l'histoire, de convaincre le noble), il partirait sans demander son reste et continuerait sa route tout seul. Que lui avait-il dit déjà ? "Se monter Convainquant agréable et obéissant" ? Cette entretient aller s'avérer difficile... Mais c'est vrai à la fin, pourquoi aurait-il besoin d'aide ? Il n'avait pas de plan proprement dit, d'accord, aucun allié, c'est vrai, et sa maîtrise de la terre était au plus bas... Bon, pour ce dernier point, de toute façon, de son point de vue, la maîtrise de la terre, c'était surfait. Il n'avait pas besoin d'aide puisqu'il n'avait pas l'idée d'en ressortir vivant et puis, pourquoi avoir un plan ? Il suffit de tuer le poison, non ? De nouveau convaincu du bon sens de sa raison pervertie par la haine, et certain de l'erreur dans laquelle se pavanaient bien des gens, le philosophe laissa tranquillement le domestique le guider jusqu'à la salle où il devait avoir rendez-vous.

Un violon. Un violon chantait gracieusement, ses notes s'envolant dans l'air ambiant avec légèreté. Pourtant, la mélodie elle-même ne l'était pas, légère. Non elle semblait... Confuse ? Cassendre n'aurait su dire, après tout il n'avait jamais été bon musicien (au grand damne de ses professeurs) et était un piètre peintre. Sa seule force était les mots. Et s'il avait dû mettre un mot sur ce son, il aurait choit « doute ». Le même qu'il ressentait quand, parfois, dans un éclair de lucidité éphémère, il se rendait compte de l'immensité de ce contre quoi il se levait. D'un léger mouvement de tête, il balaya cette pensée de son esprit. C'était le genre de pensée digne du « petit Cassi », pas de Cassendre. Cassendre, lui, il regardait cette immensité avec un petit sourire confiant, légèrement arrogant, même. Il n'a pas peur de la grandeur de son ennemi, non, car pour avoir peur, il faut tenir à la vie.
Son sourire ne le quitta pas alors que la musique se taisait et qu'on le fit enfin rencontrer le violoniste.

Un homme se dressait la... Une personne intéressante qui n'avait pas du tout la tête d'un comploteur. Cassendre s’était attendu à une personne d'une cinquantaine d'année avec plein de cicatrices, alors que devant lui se tenait un homme sans age, mais en forme, sans doute. Bien vêtu, il était genre d'homme qui inspirait la confiance sans vraiment faire d'effort. Un noble. Sans aucun doute au vu de sa tenue et de sa façon de se tenir. Cassendre préféra ne rien en penser pour le moment.
Par contre, le fait qu'il en vienne à préciser qu'ïraid lui avait (beaucoup) parlé de lui n'était pas bon, et le gamin du se faire violence pour retenir une grimace. ce n’était pas bon du tout. L'ombre n'existera plus le jour où Iraïd enverra des fleurs à Cassi en lui décrivant à quelqu'un d'autre. La véracité d'une franchise presque cruelle avec laquelle il décrivait le gamin avait tendance à le mettre en rogne, allez savoir pourquoi... S'il devait se montrer convainquant, autant démentir tout de suite, et qu'importe que ce soit un mensonge. Cet homme était noble, il respirait donc le mensonge depuis gamin.
Son sourire se fit plus tranquille, presque léger.

Et vous devez être Monsieur Lacroix je présume. Je vous en prie, ne prenez pas à cœur tout ce qu'aurait pu vous raconter Iraïd à mon sujet, il a toujours tendance à broder les faits.

Ça, c'était juste pour le plaisir de pouvoir dire du mal d'iraïd. Ils avaient beau se connaître depuis des années, désormais le gamin ne se gênait pas pour lui casser du sucre dans le dos. C'est d'ailleurs ce qu'il venait de faire, avec sourire tranquille, presque amical, alors qu'il prenait place dans le fauteuil, le tout dit sur le ton de plaisanterie qui pourtant ne cachait rien des piques aiguisés qui se cachaient derrières. Jouer avec les mots, jouer avec les expressions. Cassendre n'avait pour art ni la musique, ni le dessin, encore moi la peinture. Les mots étaient ses armes, le mensonge un second art qu'il commençait à apprivoiser, depuis deux mois maintenant. Depuis le jour où il n'était plus.

Cependant, je vous retourne le compliment, votre nom est souvent revenu dans la conversation que j'ai pu avoir avec Iraïd il y a peu. De ce que j'ai pu comprendre, nous aurions un but... Commun ?

Prudence... Prudence, il n'est pas dit que tout cela ne soit point un piège. Prudence. Dix minutes. Pas une de plus se rappela-t-il. Pour le moment les mots sont légers, la conversation fluide, et pourtant il s'en faudrait si peu pour qu'il montre son vrai visage, celui de l'insupportable adolescent arrogant qu'il est devenu... Mais patience... Ce n'est qu'une question de minutes avant que cela ne dérape.
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MessageSujet: Re: Une alliance contre grè [Cassendre]   Ven 5 Aoû - 23:58

Il souriait ce gamin. Un sourire arrogant et sûr sur ses lèvres comme celui d’Olivier lorsqu’il parlait de terrasser Uriel avec la maitrise de la terre, mettre à genoux l’ombre pour qu’elle reconnaisse la terre. Comme lui, Cassendre allait mourir. J’éprouvais une certaine pitié à l’idée de découvrir un jour son cadavre, ou le voir enterrer dans un quelconque cimetière anonyme pour hérésie et tentative d’attentat contre la personne d’Uriel. Attaquer Uriel n’était pas un crime facilement pardonnable, que se soit pour les magistrats, pour les inquisiteurs et même pour la population. Il faut admettre, Uriel est aimé par la population ou du moins craint car après tout c’est le Haut Prêtre, le Saint homme qui tiens d’une main de fer l’Eglise et les prêtres à la magie puissante.
C’était un adversaire de taille et je doute fortement qu’un gamin de 17 y arrive s’il n’avait pas d’alliés puissants, d’une maîtrise de la terre ou autre exceptionnelle et d’une imagination bouillonnante. En effet lors d’un combat, il fallait être imaginatif et trouvait des moyens pour réussir, imaginer … trouver … et réaliser pour avoir la victoire.

Je doutais fortement que ce garçon réunisse ces trois critères, du moins le tiers ! Impossible. Je le voyais d’un regard, juste en détaillant ce visage enfantin et bien trop naïf à mon gout. Il sera facilement manipulable par les Grands de ce monde … et Uriel était un fin manipulateur. Comment suis-je arriver à cette conclusion ? Le visage ! La démarche ! Et même lorsqu’il s’exprime…certes il a les mots et semble réussir à lancer des pics mais comme ca d’office parler du mal des gens et surtout attaquer tout de suite le vif du sujet, c’est-à-dire évoquer un « but commun ». L’enfant était subtil mais encore trop direct. Il n’abordait pas la chose beaucoup plus différemment et il ne cherchait pas à me connaître avant, à s’assurer que j’étais inoffensif avant d’aborder le vif du sujet.

Un vrai gamin… et il était censé réussir là où son frère, bien plus expérimenté, n’avait pas pu ?

Bien comment continuer maintenant ? Comment faire comprendre mon mécontentement sans trahir mon désir de battre à plate couture Uriel lors d’un duel loyal, sans le tuer ? Difficile mais possible. Rien n’était impossible avec les mots. Ils étaient si malléables et offraient tant de possibilités dans une conversation que l’impossible devenait possible. Par exemple, vous pouvez faire croire à l’existence de dragons si vous mettez l’énergie et les arguments nécessaires.

- Bien tout d’abord laissez-moi-vous dire qu’il est plus facile de parler assis, autour d’un bon thé. J’ai demandé à mes domestiques d’en apporter.

Je parie qu’il ne comptait pas rester longtemps si je tergiversais comme maintenant. Voyons voir à quel point il est mature.

- Vous ne refuserez pas un bon thé n’est-ce-pas ? De plus les conversations vont d’avantage bon train autour de quelques pâtisseries et boissons, et non debout comme des piquets.

Se serait très mal vu voyons ! Refuser une si gentille offre … De plus j’avais raison : Ce n’était pas debout qu’on parlait de choses importantes. Et puis il fallait qu’on se connaisse, qu’on se cerne d’abord. En effet je ne parle pas facilement si je ne connais pas un minimum la personne en face de moi.

- Ainsi Iraïd a parlé beaucoup de moi lors de vos conversations ? Je serais curieux de sa voir ce qu’il a pu bien vous dire à mon sujet et sur ce but commun. J’ai tellement de projet futur que j’avoue que je ne sais de lequel vous parlez jeune homme.


Les domestiques apportent les différentes pâtisseries, salées comme sucrées, ainsi qu’une belle théière et remplirent les deux tasses vides qu’on posa devant nous. Ils partirent, je pris ma tasse, souffla dessus, et y trempa mes lèvres. Ce rituel finit, je fixais à nouveau le jeune homme.

- Dites-moi en quoi le but de mon existence serait-il partagé avec un jeune homme que je ne connais pas ?

Je jouais l’imbécile parfait. J’en étais conscient. C’était amusant.

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MessageSujet: Re: Une alliance contre grè [Cassendre]   Lun 8 Aoû - 22:39

« Te dire qu'il est horripilant à souhait quand il le décide de l'être...
Non, même ça, ce serait un euphémisme. »


Cassendre ne savait pas pourquoi lord Lacroix tenait tant à s'asseoir pour parler, mais cela ne lui plaisait pas. Évidemment, vous me direz, ce n'était pas comme si c'était important de savoir ce qui plaisait ou non au jeune homme, mais tout de même. Il n'était pas dur de voir son sourire figé un instant, juste un instant, pas assez long pour vraiment le trahir, mais suffisamment visible pour un être ayant l'oeil observateur, dirons-nous. Ça ne lui plaisait pas, parce que rester trop longtemps n'était pas une bonne chose. Et si l'autre ne faisait que gagner du temps pour on ne sait quoi ? E si c'était réellement un piège ? Restons méfiant...

Très bien, cependant je préfère vous prévenir, j'ai quelques obligations auxquelles je ne peux me soustraire, qui m'obligeront, je le crains fort, à vous quitter nécessairement plus prématurément que ne le voudrait la politesse.

Dit-il de nouveau avec sa courtoisie forcée, tout en prenant place dans le fauteuil en face de Léandre. Il ne toucha cependant ni au thé, ni aux gâteaux (rebelle un jour...). En tout cas, c'était dit, comme ça, à tout moment il pourrait partir sans regret, prétextant une demande de sa protectrice du moment... c'est-à-dire dans neuf minutes si ses calculs étaient exacte.
Il était bien compliqué d'obliger Cassendre à faire quoi que ce soit, d'une parce qu'il faisait fi de toute autorité depuis bien deux mois maintenant (c'est bon, il avait donné), et de deux parce que c'était de famille, tout simplement. Que ce soit Cassendre ou Oliver, il était bien compliqué de les faire changer d'avis une fois celui-ci posé. La preuve étant que, malgré les mises en garde de tous, Oliver était allé au bout de son acte suicidaire, entrainant Cassendre dans sa chute, sûrement sans le savoir.
Son petit frère était en bien des points similaires à l'ainé, mais avait aussi quelques points jouant contre lui, des points qui le rendaient plus maniable, voir facile d'accès : Déjà, sa jeunesse, qui, si dans un sens lui donnait son arrogance, son côté rebelle et son insolence sans borne, le laissait encore réactif aux propos des autres, le rendant alors manipulable pour ceux savant si prendre. D'autre part, son caractère premier, celui du « petit Cassendre » n'avait pas encore totalement disparu, ce qui, ça aussi, jouait grandement en sa défaveur quand, pendant quelques instants, celui-ci refaisait surface avant que sa haine et sa colère ne le fasse disparaître à nouveau sous l'éclat brut et sauvage de leur puissance.

Ainsi cet homme ne savait rien de leur but commun ? Voilà qui était très fâcheux, surtout que pour sa part, Cassendre n'en avait qu'un, de but, et à part tuer Uriel, rien ne l'intéressait. De la même façon, tout ce qui pouvait le rapprocher de son but était intéressant (sinon, il ne serait jamais venu ici), mais puisque Léandre semblait soudainement ne plus rien savoir, le jeune homme se demanda si, réellement, il méritait la peine qu'il s'y intéresse. Ah oui, question arrogance, Cassendre tapait fort et sans en rougir. Il avait un ego qui commençait tranquillement à se surdimensionné. Dans quelques années, il pourrait sûrement rivaliser niveau ego avec le poison de ce monde, s'il continuait ainsi.

Et moi, tout au contraire, je n'ai qu'un seul but dans la vie. Celui qui m'amène ici.

Dit-il simplement, fixant Léandre pour essayer d'y voir un mensonge, un piège, quelque chose... Mais il fallait avouer que l'observation n'était pas encore une matière dans laquelle il excellait, et même s'il s'en sortait honorablement, il ne serait jamais capable de décrypter quoi que ce soit chez le plus grand comédien de cette terre, Lao en personne. Voyons, ne le faisons pas plus fort qu'il ne l'est et ne le sera.

Quoi qu'il en soit, Cassendre resta soupçonneux intérieurement, mais envisagea la possibilité, qu'en effet, l'homme ne voit pas de quoi il parlait. Ce qui faisait de lui un véritable idiot dans ce cas. Parce que si Iraïd lui avait parlé de lui, ce n'était sûrement pas pour lui raconter comment il faisait trop bien les pâtés de sable étant jeune (un vrai architecte). Soit ce noble avait des projets tellement incroyables que tuer l'ex régent était quelque chose de commun pour lui, soit c'était réellement un idiot finit. Dans le second cas, Cassendre finirait alors bien par partir plus tôt que prévu...
Cependant, bien que direct et absolument pas peureux, Cassendre n'en restait pas moins méfiant, pas décidé à mourir avant de voir Uriel pousser son dernier souffle (dans la souffrance, si possible). Aussi s'etait-il décidé à ne plus jamais dire à haute voix ses réelles attentions à quelqu'un en qui il n'a pas confiance, comme il l'avait fait avec Iraïd, cela avait été une erreur, même si, il l'ignore encore, mais c'est cette erreur qui lui sauva la vie.

Vous m'en voyez navré, mais ce n'est pas le genre de but qu'on évoque à haute voix. Hélas. Mais, il se pourrait que l'existence d'une certaine personne quelque peu... hautement important y soit liée.

Dit-il simplement, se montrant toujours polie comme lui avait conseillé Iraïd. Si malgré ça, il n'avait pas une vague idée du sujet, soit c'était un dangereux psychopathe tueur qui en voulait même à la vie de l'empereur, soit Cassendre s'était trompé de gars et alors il était préférable de partir. Dans ce dernier cas, il irait gueuler un peu sur Iraïd (s'il arrive à le trouver), pour la forme et qu'importe si ça finissait en duel, de toute façon, Cassendre était à peine capable de lever trois grains de sable.Il ne risquait donc pas de détruire une rue...
Plus que huit minutes.
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MessageSujet: Re: Une alliance contre grè [Cassendre]   Jeu 11 Aoû - 14:08

La tactique vieille comme le monde : « les obligations ». Vraiment croyait-il que j’allais le croire si facilement ? Je n’étais pas né de la dernière pluie et encore moins manipulable. C’était plutôt moi qui me jouais des autres, qui les trompaient à coup de déguisements ou de mensonges bien placés. Oui, ce n’était pas ce gamin sortant à peine de son adolescence qui allait m’évincer aussi facilement avec un mensonge si simplet ! Du tact mon ami ! Montre-moi d’avantage que tu étais mature et non si enfantin et aussi buté qu’Olivier. Autrement l’histoire allait se répéter et je n’étais pas friand des mêmes scènes.

Quel idiot… il continuait à parler de ce but dans la vie, un but risqué où sa tête était en jeu. Il ne cherchait pas à me connaître en me questionnant, à s’assurer qu’il gardera sa tête bien sur ses épaules par la suite !

Je mangeais en l’écoutant à moitié, me concentrant d’avantage sur ma pâtisserie. Il y avait là une excellente crème pâtissière, bien jaune et bien vanillée comme j’aime. D’ailleurs la crème datait d’aujourd’hui vu son goût et sa consistance, ce qui n’ajoutait que du charme et du délice à mon petit gâteau. Enfin, un pavé de sucre et de chocolat couronné ce bon millefeuille. Je léchais même mon index, pour ne pas rater une seule bouchée de crème.
Ombre ! Que c’était bon ! C’était là le sommet de mon orgasme si on veut. Certain avait des libidos développés, pour ma part j’ai un palais très développé et sensible !
D’ailleurs je fondais devant ce sucré … ce goût.

Et là j’ouvre grand les yeux ! Ce gamin avouait ouvertement qu’il voulait attenter à la vie d’un haut fonctionnaire, du moins un but lié à un type important qui n’était personne d’autres qu’Uriel. Quel culot !
Je me lève soudainement, prêt à jouer mon bon comédien, un homme au rôle tragique. Je m’approche tout de suite auprès de ce courageux suicidaire et met mes mains sur sa chaise pour soupirer exagérément.

- Vous avez des origines nobles n’est-ce-pas ? J’ai pu connaître votre frère, avant qu’il ne meure de la manière la plus stupide et la plus honteuse ! Allez attenter à la vie du Haut Prêtre, en voilà une idée folle et choquante à mon sens ! Cet homme est si raffiné… On s’entend assez bien, je l’accompagnerais même au bal. N’est-ce-pas un honneur Cassendre ?

Je jetais des fleurs sur Uriel volontairement, rien que pour voir la réaction du petit. Et je n’allais pas rester là. J’allais être un noble qu’il détestera s’il n’observait pas et ne ressentait pas ce mensonge si gros. En fait il y avait de fortes chances qu’il croit à toutes les salades que je lui dirais, vu sa naïveté et son aveuglement pour atteindre son but : Tuer Uriel. Folle idée, c’est là une vérité que personne n’ignorera.

- En fait êtes-vous là pour récupérer votre honneur perdu ? En cherchant excuse auprès d’Uriel d’Arken ? C’est un noble but dans la vie et je vous aiderais sincèrement ! Si l’âme d’Olivier était noire et perdue, au moins la vôtre sera sauvée… ainsi que votre titre de noblesse.


Je susurrais cette dernière tirade à l’oreille de Cassendre avec une voix des plus mielleuses, prouvant que je suis sûr et certain de mes propos alors qu’en fait je le testais. Pour l’instant, il était au plus bas et si sur une échelle de 10 je devais donner une note, je dirais … 1 ? Et encore j’ajoute ceci par bonté.

- Vous êtes venu ici dans ce but je suppose…et pour rien d’autre. N’est-ce-pas ? En fait, pouvez-vous me dire exactement ce qu’Iraïd a pu bien vous dire à mon sujet s’il vous plaît ?


Voyons voir comment allez agir notre ami face à une telle insulte pour son frère mort. JE serais vexé sincèrement mais j’agirais quand même avec sang-froid, en lançant quand même mon venin par quelques phrases bien tournés et dissimulés sous la politesse.
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MessageSujet: Re: Une alliance contre grè [Cassendre]   Ven 12 Aoû - 13:36

"Ça a toujours était ainsi, je n'ai jamais été assez réfléchis pour agir avec prudence, parce que je ne sais pas regarder les choses avec recule.
On ne ma jamais appris à le faire. Pas même toi."


Ah, si seulement Cassendre avait su lire entre les lignes, ou simplement agir de façon plus posé... Il aurait pu alors ravaler sa colère et voir la une occasion d'approcher Uriel en faisant semblant d'être en effet prêt à se repentir... Oui, mais non.
Avez-vous déjà ressenti cette impression de bouillir intérieurement tant votre colère est forte ? Avez-vous déjà eu l'envie insupportablement forte de faire mal, de détruire par tous les moyens l'origine de votre colère jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un tas informe ? Ou jusqu'à ce que vous n'ayez plus de force pour frapper ? Avez-vous déjà eu envie de hurler votre haine au monde entier ? De crier jusqu'à ne plus avoir de voix ? Jusqu'à il y a peu de temps, Cassendre aurait dit non. Mais cette fois-ci, c'était la seule envie qui prônait dans son esprit.
Il avait envie de faire taire cet homme. Par tous les moyens.

Il salissait son frère par ses paroles, osant bafouer sa mémoire, piétinant son honneur, enflammant la colère qui ne quittait jamais Cassendre, l'attisant comme les braises d'un feu qui se serait simplement endormi, le temps d'une conversation du moins. Il voulait le blesser, lui faire aussi mal qu'il venait de le faire souffrir. Car sous cette masse grouillante et pourrissante de haine stagnante, Cassendre n'était rien d'autre qu'une plaie béante de souffrance et de désespoir devant la perte de son dieu, une plaie que la colère et la vengeance se faisaient un plaisir de putréfier au plus profond la chair tendre de son coeur, pour le rendre mauvais. Très mauvais. Au point que son regard était noir de haine quand Léandre lui parla de sauver son âme. Quand avait-il à faire de son âme ? Il la donnait au diable* si cela pouvait lui permettre de tuer Uriel. Il se fichait éperdument d'être damné, de souffrir ou toutes ses conneries, il voulait juste venger son frère, sa mémoire que cet homme, Léandre, était en train de salir. Iraid s'était trompé, cet homme ne voulait pas l'aider, il cherchait juste à lui faire changer d'avis parce qu'il était du côté du poison. Il ne valait pas mieux que les autres, finalement. Cassendre ne pouvait décidément que compter sur lui-même.
Cependant, Cassendre n'explosa pas. Même quand l'autre l'insulta d'une voix doucereuse en lui susurrant à l'oreille qu'au final il ne cherchait qu'à retrouver son honneur perdu. Il n'y avait ni honneur, ni titre de noblesse dans cette histoire. Cassendre n'avait jamais été noble, seulement bourgeois. Et il s'en fichait pertinemment de son honneur, même si son orgueil protestait contre ça, il se serait volontiers laissé trainer dans la boue si en échange il pouvait serrer ses doigts autour du cou diaphane du haut prêtre. Donc non, Cassendre ne cria pas, et bizarrement, resta étonnamment calme. Surement parce qu'au bout d'un moment, il y a tout simplement trop de colère, de haine pour que cela sorte. Tout cela restait bloqué à l'intérieur, ne faisant qu'aggraver les choses, les pourrissant encore plus vite. Encore plus mal. Léandre avait-il seulement conscience des ravages qu'il était en train de faire ?

Vous pouvez m'insulter autant qu'il vous plaira, qu'importe, mais je vous interdis de faire de même pour mon frère. Il a eu le courage, la force, la volonté d'aller jusqu'au bout de sa pensée, plutôt que rester terré dans l'ombre, telle les lâches de vôtres espèce qui pense qu'il suffit de belles paroles. C'était un homme mille fois mieux que vous ne le serez jamais, Léandre Lacroix.

Se levant à son tour, Cassendre toisa le noble avec un dédain sans précédent. Iraid s'était trompé, il n'avait absolument pas le même but, ils n'étaient même pas sur le même chemin. Léandre était une âme damné d'Uriel. Sa catin peut-être même, puisqu'il disait être honoré aller au bal avec lui, lui lançant mille fleurs en parlant de lui comme si c'était un saint homme. Qu'est-ce qu'il ne fallait pas entendre. Cependant, cette histoire de bal était importante, et si Cassendre n'en dit rien, Léandre venait de lui donner surement accidentellement un moyen pour lui d'enfin approcher le Haut Prêtre pour le tuer...

Je ne veux ni titre de noblesse, ni honneur et rien de tout ça. Je les donnerais volontiers à l'Ombre si ça pouvait changer quelque chose. Je ne veux pas me repentir... Et je préfère mourir que de me rabaisser flatter ce poison comme vous le faites si bien. Mon frère était tout pour moi, je suis bien décidé à le venger. Et ce qu'a dit Iraïd était sûrement faux, une personne comme vous ne peut m'être d'aucune aide, vous n'avez donc pas besoin de savoir ce qu'il a pu me dire. Vous ne comprenez rien, et vous êtes sourd à la vérité de cet homme.

Continua-t-il d'une voix froide et dédaigneuse, mais avec un fond de pitié pour cet homme qui aimait ainsi le poison de ce monde. Il ne cachait cependant rien de son animosité envers le noble Lacroix, tout comme pour Uriel, Cassendre était trop fier et inconscient pour faire preuve d'assez de prudence. Et qu'importe que Léandre rapporte tout ça à son cher D'Arken, Cassendre n'avait pas peur, la haine le bouffait bien trop pour qu'il ait le temps d'avoir peur. C'était tellement inutile la peur.
Léandre, Cassendre voulait lui faire mal, le blesser, et partir, partir de cet endroit. Il détestait cet homme qui avait osé souiller la mémoire de son frère et le croire assez couard pour ne pas aller jusqu'au bout de ses idées dès qu'on lui donnait un moyen pour faire marche arrière. Cassendre ne reculerait pas, Uriel lui avait pris la seule chose qui lui restait, il n'avait donc rien à perdre. Il irait jusqu'au bout, comme son frère... Quitte à avoir la même fin.


* Ouais, je sais, le diable et tout ça, ça n'existe pas, mais je ne trouvais pas d'expression similaire pour Ish, j'aurais bien dit donné son âme à Uriel, mais bon, donner son âme a la personne qu'on veut tuer... Hum]
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MessageSujet: Re: Une alliance contre grè [Cassendre]   Dim 14 Aoû - 0:59

Insulter un mort. Insulter la seule famille d’un enfant encore naïf et en deuil était vraiment atroce et sûrement le plus difficile des tests j’avoue, mais la vie n’était jamais simple et quelques soit le choix que nous faisons.

Ce gamin voulait tuer l’un des meilleurs sorciers que ce continent a vu au jour. Or il n’avait ni la carrure, ni un talent, ni l’imagination, ni l’expérience nécessaire. Ce n’était pas impossible, ce n’était pas impensable, c’était tout simplement une folie qu’on pouvait réaliser un jour après un long entrainement et plusieurs alliances.
L’expérience pour comprendre la stratégie de son adversaire et avancer en conséquent. La carrure et le talent pour la maîtrise de la terre, car contrairement aux ombres qui étaient assez douces et fluides, la terre était solide et demandait un corps et un esprit tout aussi solide que la pierre qu’on soulève. Ce n’était pas un gringalet qui s’envolerait au moindre coup de vent qui arriverait à faire bouger un bloc de pierre ou la balancer à ses ennemis.
Enfin de l’imagination pour réussir à avoir son puissant adversaire. Uriel était fou, Uriel avait de l’influence, Uriel avait les bras longs, Uriel comprenait les intrigues de la Cour… Uriel était au sommet de sa puissance et pour le faire dégringoler, il fallait plus que la violence ou deux ou trois tours de passe-passe. Il fallait réfléchir avant d’agir, longuement réfléchir…

Malheureusement ce gamin était bien trop spontané et susceptible. Il parlait avant de réfléchir. En effet ne lui avais-je pas donné une occasion rêvée d’approcher son pire ennemi avec facilité ? Oui ! Et qu’a-t-il fait face à une telle chance ? Il m’insultait, et m’aurait même hurlé s’il n’avait pas eu une certaine éducation par le passé. Olivier, Olivier … Qu’as-tu donc laissé derrière toi à Iraïd et à moi ? Pourquoi n’as-tu pas cherché à rester en vie pour t’occuper de cet étalon sauvage ? Tu étais aussi fou que ton petit frère ! Je ne pensais que tu étais si inconscient et si irresponsable… J’avais réellement pitié pour ce pauvre enfant.

- Obéissant et convainquant … Or je ne vois ici qu’un gamin capricieux, orgueilleux et qui parle sans réfléchir. Tu te prétends encore philosophe avec une telle mentalité ?

Je pris une gorgée de mon thé, choisissant avec un certain soin mes paroles. Il ne fallait pas que je trahisse entièrement mes projets, ma position dans cette scène qu’est Ishtar ou encore ma véritable identité.

- Olivier était une connaissance à moi et j’ai accepté de vous rencontrer pour la mémoire de votre frère. Je ne retire pas ce que j’ai dit sur sa stupidité à se jeter dans la gueule du loup ainsi. Il pouvait être courageux mais il était surtout irresponsable d’attaquer Uriel sans s’être préparé convenablement et sans penser à son petit frère qu’il allait laisser derrière.

J’enfonçais d’avantage le clou de la haine. Cet enfant me détestait à cet instant surement, d’avantage que tout à l’heure mais cette fois-ci je pouvais lui donner raison. Je lui disais mes quatre vérités en face, pour qu’il comprenne enfin qu’il était inutile de se sacrifier pour un frère qui n’a pas cherché à revenir vivant à la maison.

- Ecoutez… Je ne dirais rien à personne sur cette entrevue très compromettante pour vous, pour la mémoire de votre frère mais ne soyez pas aveuglé par la vengeance comme lui. Vous perdrez tout et ne gagnerez rien… Car qu’avez-vous ? Olivier avait une bonne maîtrise de la terre et une bonne expérience en combat, en réflexion… mais vous ! Vous n’êtes même pas encore sorti de votre adolescence et vous comptez accomplir ce que votre frère n’a pas pu ! Oh Ombre ! Réfléchissez un peu ! Seul la mort vous attend au bout de ce chemin… A moins que…


Je laissais le suspens planer dans l’air, attisant ainsi peut-être l’esprit de ce jeune homme. Il était temps qu’il descende de son petit nuage parfait où il était le plus fort pour redescendre sur terre et voir à quel point il était insignifiant par rapport à son ennemi, à ce monde et à ces énergies qui le contrôlent.

- A moins que vous ne trouviez des alliés puissants. Mais en avez-vous ? Dites le moi ? Dites-moi quel homme ou femme dans ce monde est capable de se lever contre cet homme ? Si vous en connaissez, dites le moi alors ! Et si une telle personne existe… avez-vous noué contact avec ? Je suppose que non. Ouvrez vos yeux et voyez à quel point votre but est vain. Abandonnez, voilà tout ce que j’ai à dire.

ET je soupire. Il était aussi têtu que son aîné et je comprenais maintenant pourquoi Iraïd était si désespéré à ce sujet. Difficile de convaincre un tel gamin. Et si je l’avais pris en élève, j’étais censé réussir à m’en faire obéir ?

Non… ce gamin ne m’apportera que la mort à cause d’un acte idiot, qui me trahirait et réduirait en cendre tous mes efforts.
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MessageSujet: Re: Une alliance contre grè [Cassendre]   Lun 15 Aoû - 20:42

« Autrefois je ne parlais pas, ça déplaisait fortement.
Maintenant je parle trop, ça ne plaît pas pour autant. »


Aussi rapide qu'avait été sa colère, Cassendre se sentit rougir devant les paroles de Léandre, qui avaient autant de force qu'une claque en pleine figure. C'est vrai, le gamin en avait totalement oublié les indications d'Iraïd tant sa colère l'avait aveuglé. Au lieu d'agir avec prudence et calme, il s'était laissé emporter par son habituel spontanéité, lissant ses paroles devancer sa pensée sous l'effet de la colère et de l'humiliation de voir ainsi le nom de son frère prononcé pour être sali. Aussi blessant que ce soit à admettre, Cassendre reconnaissait que ce n'était pas digne d'un philosophe. Mais pour sa défense, il n'avait jamais voulu l'être, il était jeune et même si les livres avaient fini par le convaincre de continuer à étudier la philosophie, son manque cruel de maitrise de la terre montrait une sorte de rébellion inconsciente contre l'idée de devenir un véritable philosophe. C'était idiot de se braquer ainsi alors qu'il lui avait offert toute sa vie le moyen d'aider son frère, c'est vrai, s'il avait été bon en maîtrise de la terre, ce ne serait pas un, mais deux hommes qu'aurait dû affronter Uriel! Cela aurait-il fait une différence? Pour ne pas sombrer dans la culpabilité, Cassendre préférait se dire que non. C'était une sorte de mauvaise foi, mais il n'y avait rien d'autre à faire pour tenir debout encore assez longtemps pour tuer le poison de ce monde...

Devant ces paroles, devant cette question rhétorique, Cassendre ne trouva rien à répondre, trouvant soudainement beaucoup d'intérêt au sol, alors qu'il sentait son visage lui bruler. Il avait agi avec empressement, oubliant de réfléchir. Se sentant bête, il se rassit, réduit au silence pour un instant. Lui qui avait tant de poison à déverser il y a un instant, ne savait pas trop comment réagir, soudainement. Et ce n'était pas forcement agréable de se sentir ainsi...
Cassendre n'aimait pas ce qu'il entendait. Il n'aimait pas savoir que cet homme avait connu son frère. S'il l'avait connu, alors il devait faire partie de ces personnes à lui avoir tourné le dos à la fin, pensant que son idée était suicidaire. D'ailleurs les paroles de Léandre lui prouvèrent qu'il avait raison. Ces paroles, bien que moins cruel, n'en était pas moins désagréable aux oreilles du petit frère d'Olivier. Car ce qu'il disait était une vérité, une vérité que Cassendre ne voulait pas voir, une vérité devant laquelle il fermait les yeux à s'en fendre les paupières, et se bouchait les oreilles jusqu'à devenir sourd. Son frère n'était pas stupide, son acte n'avait pas été totalement inconsidéré. Jamais Cassendre ne lui en avait voulu, si quelqu'un était le fautif là-dedans, c'était Uriel, et non Olivier mort dans un combat perdu d'avance. Son frère était un génie, il le fallait. Il le fallait, ou Cassendre perdrait son dieu. Et comment continuer, dans un monde d'ombre, à avancer sans soleil pour nous éclairer ?
Léandre avait donc tort. Il pourrait le répéter autant de fois qu'il le voudrait, Cassendre ne lui donnerait jamais raison. Son frère avait été un génie, un sauveur que le poison avait détruit. Et le cadet comptait bien suivre son exemple pour le bien du monde.

Sans que Cassendre ne comprenne pourquoi, Léandre décida de ne parler à personne de cette entrevue. C'était étrange de faire ça pour Olivier alors qu'il venait de le trainer plus bas que terre, ce qui laisse apparaitre un sourire ironique sur les lèvres de l'adolescent qui tiqua en entendant ça.
Même si ça lui coûtait de l'avouer, Léandre avait raison. Son frère avait eu tout, lui, il n'avait rien. Enfin si, un plan, mais il n'était même pas certain que ce dernier marcherait. Histoire de ne pas faire marche arrière, il préférait se dire que oui, même s'il ne doutait pas de ne point en sortir vivant. Mais à quoi lui servirait de vivre après ça ? Sur ce point, Léandre avait tort, il n'y perdrait rien, puisque justement, il n'y avait plus rien à perdre. Seule la haine le tenait debout, mais il n'était plus grand-chose à part une carcasse brulé de l'intérieur. Dans un sens, il était mort en même temps que son frère, seul la vengeance lui laissait un sursis, comme un mourant à l'agonie... Non. Vraiment. Il n'avait plus rien à perdre.

Ceci dit, Cassendre resta intrigué par les paroles de Léandre. À moins que quoi ? Levant enfin les yeux du sol, il leva un sourcil interrogateur en regardant son interlocuteur, attendant la fin de sa phrase. Ah, des alliés. Il y avait bien pensé pendant un temps, à trouver des alliés. Mais pourquoi faire ? Si c'était pour qu'ils lui tournent tous le dos en dernière minute comme pour son frère, autant rester seul du début à la fin. Et puis, quel homme serait assez fort (à part lui, mais c'était plus de la folie que de la force, s'entend...) pour tuer Uriel ? Ah ! Évidemment, comme tout philosophe se respectant, Cassendre connaissait la légende de Lao. Mais c'était un mythe, tout au plus, à ses yeux un tel homme n'existait pas, et même si c'était vrai, ça ne devait être qu'un lâche qui se cachait de peur qu'Uriel le trouve. La preuve, personne ne savait où le trouver. Pour sa part, Cassendre se demandait parfois si ce n'était pas un homme mort depuis cent ans dont la légende revenait sans cesse, c'était du déjà-vu. Un philosophe aussi puissant qu'Uriel ne pouvait exister, puisque son frère n'avait pas pu l'être.
Alors, non. Il n'avait pas d'allié. Il n'en aurait pas besoin.

Cassendre n'abandonnerait jamais. Ceci dit, s'il était aussi têtu que buté, il n'en restait un tantinet intelligent. Assez pour comprendre qu'il ne servait à rien de défendre ses arguments. Léandre ne pouvait pas le comprendre. Il ne comprenait pas, car il ne savait pas. Il n'avait pas vu, lui, le corps d'Olivier réduit en charpie par ce poison. Il n'avait pas perdu la seule personne autour de laquelle son monde gravitait. Il n'était pas seul, lui. Non, il était un noble comme il y en avait tant. Se cramponnant à Uriel en voyant en lui le meilleur des hommes.
Ça ne servait à rien de discuter. Il ne pouvait pas comprendre.
Cassendre détourna le regard, lasse de s'entendre dire par mille philosophes qu'il était fou. Fou de douleur, peut-être.

Vous avez raison. Je vous prie d'excuser pour mon comportement. Mes mots ont dépassés ma pensée. Je n'aurais pas du vous parler ainsi. Cependant, je pense que nous n'avons plus rien à nous dire. Si cela ne vous dérange pas, je vais prendre congé.

Autant lui donner raison. Autant lui laisser se donner bonne conscience en pensant que Cassendre abandonnait sa quête folle, même si au fond, tout le monde sait que c'est faux. Il avait le choix entre le croire ou non, Cassendre s'en fichait, il était trop résolu pour penser à la culpabilité des autres.
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Une alliance contre grè [Cassendre]

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