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 Les mouvements synchronisés avec la pensée, la volonté, la respiration et le cœur, voilà l'équilibre à atteindre. [Pv : Uriel]

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MessageSujet: Les mouvements synchronisés avec la pensée, la volonté, la respiration et le cœur, voilà l'équilibre à atteindre. [Pv : Uriel]   Mer 14 Déc - 11:04

Marius De l'Ombrage n'était pas encore celui qui par conviction avait trahi famille et croyances à cette époque-là, il n'était que l'Ombre de ce qu'il allait devenir, un futur serviteur de l'Église qu'il remettait pourtant déjà en doute. Peut-être que maintenant, il se souvenait de cette époque, où il avait eu seize ans et demi, où il avait eu l'espoir d'être comme Salomon une fierté de sa famille, cherchant à combler leurs attentes par tous les moyens, en faisant toujours plus d'efforts. Il aimait lire d'ailleurs à cette époque, il adorait même se plonger des heures dans les ouvrages, comprenant le monde selon ce qu'on lui racontait, oubliant qu'il pouvait se forger sa propre opinion sans regret. Ce jour-là, comme à son habitude, il était plongé dans un livre retraçant les grandes époques de l'Empire, Aniya était en face de lui et l'observait de son regard noir et sage. Ils étaient inséparables à l'époque, mais sans avoir la malice des adolescents de leur âge, ils passaient leur temps à parler, discutant de tout et de rien, abordant ses sujets plus graves que les simples ragots de couloirs.

Aniya avait posé les coudes sur la table, son profil malgré ses dix-huit ans avait quelque chose de bien mature et responsable, cette jeune femme frêle au corps svelte semblait voir le monde d'un regard de philosophe, réfléchissant sur tout et rien. Les doigts entrelacés, le menton posé sur ses mains, elle le regardait sans réellement le regarder. Sa chevelure noire comme l'encre était coupée court, partant toutefois dans tous les sens, elle renforçait cette impression de sagesse qui émanait d'elle, et habillée simplement, Aniya portait en toutes occasions les vêtements noirs et sévères de l'Église. Cependant sur elle, ça ne renforçait pas l'austérité, ça mettait simplement en valeurs la finesse de ses courbes. Au bout d'un moment, Marius qui se sentait tout bonnement observé releva la tête, et lui demanda un simple :


— Oui ?
— Tu sais... ce n'est pas que dans les livres qu'on peut trouver des réponses à nos questions.

Le jeune homme grimaça, pourtant accoutumé à ce que son amie arrive à lire dans ses pensées en l'observant simplement. Il haussa les épaules pour se replonger dans sa lecture, il ajouta néanmoins :

— « Si vous désirez être en communion avec la Source de Tout, l'Ombre, vous devez en sentir la moindre manifestation. Chaque ombre doit être une partie de votre esprit puis un prolongement de vos bras et de vos jambes. Une fois en harmonie avec ces forces, et si votre volonté est suffisamment forte, vous allez pouvoir commander à une puissance inaccessible pour le commun des mortels. »

Aniya haussa les sourcils, non pas de surprise, car elle s'était attendue à ce que son ami lui réponde ça. Avec un petit sourire amusé, elle lui répondit :

— Tu cites toujours les Versets quand tu doutes de quelque chose.

Nouvelle grimace de la part de Marius, il ne répondit pourtant pas, Aniya disait toujours des vérités sur lui-même qui le dérangeaient. Mordant sa lèvre, il poussa un poussa un soupir, et tourna une page du livre, un jour il était persuadé qu'il aurait lu tous les ouvrages de l'immense bibliothèque. Il chercha à s'enfoncer dans les images que lui renvoyait le récit, fuyant comme la peste les idées et les questions gênantes que son amie était capable de susciter chez lui. Aniya se pencha vers lui, et murmura pour que seul Marius l'entende :

— Mais pourquoi l'Ombre choisit-elle les uns et non les autres ? Pourquoi élire dans un groupe ceux qui sont suffisamment forts pour accéder à ce pouvoir ? Et ne pas le donner aux faibles pour les aider à s'élever ?
— Parce que l'Ombre n'aime pas les faibles, je présume...
— Parce qu'elle estime que seuls les puissants peuvent la manipuler ? Ceux qui par tyrannie et arrogance écrasent les misérables ? Je crois que ceux qui font ça souffrent en réalité d'un complexe d'infériorité...

Comme pris d'un sursaut, Marius referma brutalement le livre, il envoya un regard inquisiteur à son amie. En réponse à ça, Aniya se contenta de rire, il s'empressa d'ajouter, cherchant à défendre ses croyances :

— « En aucun cas ne faites de sacrifice, si ce n'est pour anéantir des ennemis de l'équilibre le plus parfait qui soi. »
— Hum... alors ceux qui luttent contre l'Ombre sont en réalité une poudre à canon qui nourrit la force de l'Église ?

Marius se leva tout aussi brusquement que le livre qu'il avait renfermé tantôt, il planta un regard agacé et dérangé dans celui de son amie. Loin d'être offusquée par son cadet, la jeune femme se contenta de sourire, Marius gronda :

— Aniya... fait attention à ce que tu dis ! Ne profère pas ici des blasphèmes, on ne sait pas...
— Oh... donc réfléchir est un blasphème pour toi ?

Franchement irrité, car savant qu'Aniya avait raison, Marous émit un grognement pour finalement se dépêcher de ranger ses affaires. Aniya ne bougea pas d'un pouce, ses yeux noirs restaient fixés sur lui, et il n'aimait quand elle remettait tout en cause. Il fourra son livre dans son sac, avant de lancer un regard craintif aux novices et autres Prêtres qui les entouraient, espérant que personne n'ait entendu leur échange. Marius avait peur qu'un jour ou l'autre, on apprenne que son amie doutait de leur Ordre, malgré tout ce que ce dernier avait fait pour elle. Mordillant ses lèvres, il soupira :

— Je n'ai pas dit ça... je... enfin... je n'ai pas dit ça !

La jeune femme émit un petit rire en réponse à sa gêne, pendant qu'il filait pour tenter d'oublier toutes les questions qu'elle avait soulevées. Elle prit une plume pour prendre quelques notes, laissant son ami à ses interrogations théologiques et philosophiques. Marius secoua la tête, hésitant entre se retourner pour venir s'excuser de son comportement puéril, ou d'aller se réfugier dans le monastère pour réfléchir à tout ça, et se rassurer en proférant les versets que son père avait tant peinés à lui apprendre. Ses mains pouvaient le témoigner, car on pouvait voir encore les marques des coups de règles qu'il lui avait donnés à l'époque, son père l'avait toujours effrayé, sa mère était trop discrète pour avoir une réelle importance. Il chassa les remords toujours liés à sa famille pour reprendre son livre et se plonger dedans, un moyen efficace pour Marius de chasser toutes pensées « hérétiques » que faisait naître Aniya dans son crâne. Finalement, il changea de direction pour aller dans la Cathédrale, songeant qu'il n'y avait pas meilleur endroit pour lui pour lire, et surtout méditer, retrouver l'équilibre à laquelle il inspirait tant pour satisfaire l'orgueil familial. Il alla s'asseoir sur l'un des bancs du premier rang, répondant à ses habitudes d'élèves studieux et appliqués, il ouvrit le livre pour tenter d'effacer de sa tête toutes ces interrogations qui le dérangeaient un peu plus. Au bout de cinq minutes, il referma le livre pour le poser à côté de lui, constatant une fois de plus l'échec de la lecture contre ses pensées.

Aniya avait un don pour le bouleversé par ses questions et ses théories, il secoua la tête et posant ses coudes sur ses genoux, il joint les mains pour fermer les yeux. Marius cherchait à méditer, et à se rassurer, éloignant brutalement tout ceci de son crâne pour se concentrer sur le bien-fondé de son éducation. Il ne connaissait qu'un visage de l'Église, coupé en deux par l'éducation fanatique de sa famille, et par la sagesse de son amie. Il serra la mâchoire, péniblement, il ne pouvait pas s'empêcher de s'interroger sur tout ceci. Seul au milieu de l'obscurité ambiante de la cathédrale, sa silhouette efflanquée avait quelque chose de fantomatique, cet aspect était notamment mis en valeur par sa chevelure grise qui tombait sur sa nuque. Marius ne paraissait pas fait pour le combat, pourtant il cachait une certaine agilité, il était loin d'avoir la force de son père ou même de Salomon, mais il se débrouillait assez bien pour se montrer rapide et vif dans ses gestes. Machinalement, il tenta de songer à l'image qu'il avait toujours eue de Salomon, celui d'un homme exemplaire, dictant la Justice de l'Église, abattant le glaive de la religion sur les hérétiques, partant en croisade contre les infidèles. Même si son caractère ressemblait plus à celui de Job, Marius espérait qu'un jour, il pourrait approcher la perfection de son grand frère, répondant ainsi à toutes les attentes que ses parents avaient mises en lui.

Mais ces questions perduraient dans son esprit, c'était insupportable.

Alors pour lui-même, l'adolescent murmura :


— « En aucun cas, ne vous laissez distraire de vos méditations. L'Ombre a la primeur sur toute chose terrestre. Lorsque vous communiquez avec elle, au travers de votre âme qui en est issue, ne gardez aucun contact avec le monde d'ici-bas. Rien ne nécessite l'interruption prématurée de votre réflexion, dussiez-vous en mourir. Une offense à l'Ombre est une offense à tous ceux qui la serve ».

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MessageSujet: Re: Les mouvements synchronisés avec la pensée, la volonté, la respiration et le cœur, voilà l'équilibre à atteindre. [Pv : Uriel]   Mer 14 Déc - 11:45

Uriel D'Arken bénéficiait à l'époque d'un équilibre mental nettement plus important que celui qui était sien dans les premières années du règne d'Ezhekiel Ier. Le Saint Empereur était encore un enfant et le Haut Prêtre assurait le poste le plus prestigieux qui n'a jamais été accordé à un simple mortel : celui du Régent Impérial. Il avait, dans le creux de sa petite main blanche, tout l'Empire. Le Sénat accordait une vague bénédiction à l'ensemble de ses actions, la chasse à l'hérétique était le pain quotidien des dizaines de ses agents et les prêtres s'entraînaient pour devenir la plus grande force militaire de l'Empire et préserver leur place de magiciens dominants du continent. Tout était assez simple.

Le petit blond ne connaissait pas le doute. Pas ce lui en l'Ombre ou en l'Eglise. Car l'Ombre était un objet passif d'une vénération subjective, mise au point par des hommes et des femmes qui aimaient particulièrement l'odeur du sang et les cris de souffrance. De dignes fondateurs pour une organisation sans états d'âmes, existant uniquement pour maintenir l'Empire en place. Aucun seigneur féodal, autre que l'Empereur de la famille Walhgren, ne pouvait se vanter d'avoir l'allégeance absolue et inconditionnelle d'une puissance pareille. Porteur du secret de la famille régnante, Uriel D'Arken comprenait mieux que quiconque que la survie de l'humanité dépendait purement et simplement de la survie des souverains du monde. Et il comptait employer tous les moyens nécessaires pour qu'il n'arrive rien à la dynastie en place depuis plus de trois millénaires.

De plus, il était l'enfant de l'Eglise. Sans être orphelin, il n'a jamais été vraiment accepté au sein de sa famille. Sa santé l'empêchait de devenir un noble digne de ce nom, pouvant impressionner les siens. L'Eglise ne posait aucune question, elle mettait à l'épreuve. Et Uriel s'en sortit brillamment. On lui offrit une famille, un but, la force de se faire respecter et de vaincre quiconque se plaçait sur son chemin... Comment ne pas être reconnaissant ? Non pas envers l'Ombre qui n'était que la source de toute chose... Mais bien envers l'institution qui se créa autour d'Elle. La reconnaissance du jeune Haut Prêtre n'avait aucune limite. Il était prêt à combattre et à donner sa vie pour l'Eglise et pour l'Empire. N'importe quand...

En ce jour dont nous nous souvenons, il était à la Cathédrale. Et il priait. Ou méditait plutôt. Si le pouvoir ne lui faisait pas peur, au contraire il en voulait toujours plus, les charges qui pesaient sur ses épaules étaient nombreuses et lourdes. Il avait besoin d'harmonie, de paix et de calme. Une fois uni avec l'Ombre, méditant, il retrouvait une vision plus claire du monde et de ses devoirs. Plus serin et souriant, il marchait dans l'immense salle centrale, alors qu'il constata la présence d'un novice des plus prometteurs : le jeune Marius de l'Ombrage. Issu d'une famille dont la réputation n'était plus à faire, il avait un avenir brillant devant lui. Clairement destiné à devenir un guerrier de l'Ombre, Marius était intelligent. Et, sur le moment, il avait l'air préoccupé. Quel dirigeant serait Uriel s'il n'apportait pas de réponses et de l'assurance à ses partisans ? Tout en blanc, seul à arborer cette couleur en ces lieux, le blond s'installa à côté du jeune homme, même pas encore adulte, à une distance respectable, mais assez proche pour signifier sa présence. Il était hors de question d'interrompre la prière du novice. C'est un moment sacré pour chacun, il faut attendre... Alors il attendit, murmurant les paroles des Versets, lui aussi.

Une fois que les murmures cessèrent, il prit la parole :


"Sous le ciel et sous le soleil, Marius. Le Père Auderic m'a dit beaucoup de bien à ton sujet, Tu peux être fier de Toi..."

Oui, le marquis D'Arken était au courant de la plupart des choses se déroulant au sein du Monastère. Planifiant déjà son propre décès, il cherchait sans cesse à savoir s'il pourra se vanter de laisser derrière lui une Eglise forte, composée d'éléments puissants et compétents. Manifestement, les générations suivant la sienne étaient prometteuses... La famille de l'Ombrage contribuait activement à tout cela. Leurs trois fils furent confiés à l'Eglise pour le plus grand bien de l'Inquisition.

"Je ne peux m'empêcher de me dire que quelque chose te préoccupe... Si je peux t'être d'une quelconque utilité, n'hésites pas à profiter de ma présence..."

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MessageSujet: Re: Les mouvements synchronisés avec la pensée, la volonté, la respiration et le cœur, voilà l'équilibre à atteindre. [Pv : Uriel]   Mer 14 Déc - 16:08

Le front collé contre ses mains jointes, les paupières closes, l'adolescent murmurait sans cesse les Versets de l'Ombre. À l'époque comme maintenant, Marius les connaissait à la perfection, se souvenant que trop bien de la colère de son père, si jamais il osait oublier ne serait-ce qu'une virgule d'un verset. Ses lèvres remuaient dans un doux murmure, il cherchait à trouver du réconfort dans sa méditation, mais parfois sa voix se montrait hésitante. Quand Marius proférait un verset, les questions de sa meilleure amie fusaient alors dans son crâne, frappant ses convictions religieuses avec une force incroyable, trop puissante pour que son esprit reste assez fort pour le supporter. Il se concentra alors sur l'image que son père lui avait toujours donnée de son frère, il essaya d'imprimer sa force en lui, ainsi que son aura. Chose que jamais Marius n'était certain d'atteindre, Auguste et Salomon De l'Ombrage étaient deux monstres forgés dans le fanatisme le plus pur, il était trop faible pour leur ressembler. Conscient de la présence à ses côtés, il ne put dire pourtant qui se trouvait là, occupé à tenter de se rapprocher de l'idéalisation de son frère d'Inquisiteur. Lui, comme son père possédait une puissance qu'il ne pourrait jamais atteindre, leur aura était écrasante, comme leur charisme qui lui rappelait toujours qu'il ne leur arrivait pas à la cheville. En réalité, Marius tentait de faire fuir ses interrogations par son complexe d'infériorité, mais les paroles d'Aniya subsistaient toujours dans un coin de sa tête.

— « N'ayez aucune crainte, face à la mort. Une fois un corps détruit, son âme va rejoindre l'Ombre, d'où elle provient. On peut venir à bout d'une enveloppe charnelle, mais non de l'Ombre. L'Ombre est invincible et omniprésente. N'hésitez donc jamais à donner votre vie pour ceux qui comptent sur vous, sœurs et frères obscurs. »

« Cela veut-il dire que les autres ne comptent pas ? Que les amis et la famille n'ont aucune importance ? Tout comme le chagrin que ta mort occasionnerait chez eux ? »

Ses mains crispèrent, au point où le jeune homme sentit ses ongles pénétrer sa chair, son expression s'était faîte aussi plus douloureuse. Il mordilla ses lèvres, tentant de fuir avec lâcheté cette question qu'il ne voulait pas affronter. Comme tantôt, au lieu d'affronter Aniya, il s'était contenté de fuir de manière puérile, incapable d'avancer la moindre argumentation face au doute qu'elle avait posé en lui. Il secoua légèrement la tête, puis sa voix s'éleva de nouveau dans un faible murmure :

— « Les changements comportent leur part de danger. Un danger pour l'équilibre et l'existence. À chacun appartient de choisir sa voie. »

« Et s'obstiner à ne pas changer, c'est se condamner à l'évolution et à l'expérience. Un peu comme si un enfant ne voulait pas grandir, désirant garder sa jeunesse et son innocence pour toujours. N'est-ce pas là un piège ? »

Un frisson court dans son dos, pourquoi diable cette jeune femme se montrait assez affranchie de la religion pour le faire douter de tout ? Marius poussa un soupir dépité, il n'arrivait pas là où il voulait, et c'était terrible pour lui. Il avait la sensation qu'un fossé le séparait de sa famille, et que jamais il ne pourrait rattraper son frère, n'y même trouver sa silhouette dans l'horizon. Finalement, Marius rouvrit doucement les yeux, et tourna la tête vers l'origine de la voix qui lui avait parlé. D'abord irrité, il avait cru que ce n'était rien d'autre qu'Aniya qui avait attendu pour lui balancer d'autres questions, mais son sentiment changea bien vite quand il croisa une autre paire d'yeux bleus. Il resta un petit instant interdit, devant le Haut-Prêtre et Régent de l'Empire, gêné, car il pensait l'importuner. Malgré les compliments que ce dernier lui fit sur son assiduité, Marius ne trouvait pas le moindre orgueil, car il avait conscience que tous ces efforts qu'il fournissait continuellement n'étaient encore rien, il murmura alors :


— Ce n'est pas assez, pas encore assez.

Parce que Marius était conscient que sa famille ne serait jamais satisfaite de ce qu'il faisait, et de ce qu'il ferait à l'avenir. Seul Salomon recevait leurs compliments et leur orgueil, lui, il n'était que le cadet qui devait suivre sans rechigner la voie qu'on avait tracée à sa place. Les marques sur ses mains, souvenir des coups de règle de son père lui rappelait toujours qu'il ne pourrait pas atteindre l'excellence, chose douloureuse, car blessante. L'adolescent se permit un petit coup d'oeil discret face à l'adulte qui se tenait prés de lui, Uriel d'Arken. Le Régent et Haut-Prêtre qui avait forgé par sa volonté une place au sein de l'Église et de l'Empire, et pas n'importe quelle place. C'était une époque, où Marius respectait cet homme, et ne le détestait pas comme c'était le cas maintenant, c'était une époque où il lui vouait même une discrète admiration. Uriel lui rappelait d'une certaine manière qu'on pouvait avancer, et repousser les autres, malgré sa santé fragile et sa carrure frêle, tout dépendait de la volonté. C'était l'homme le plus important de l'Empire, au point où il occultait l'Empreur, dont Marius n'entendait jamais parler. Et l'adolescent se sentit brusquement petit face à lui, se rappelant soudain qu'il n'était rien d'autre un novice, et que c'était un grand honneur pour lui de l'avoir pour quelque temps à ses côtés. Il mordilla sa lèvre à la question d'Uriel, puis tournant la tête, n'osant pas lui avouer que c'était là bien trop pour lui de lui accorder de son temps, il répondit néanmoins avec sincérité :

— C'est que... je me questionne sur le sens des choses.

Marius fixa alors le sol, n'avouant pas pour autant qu'il remettait régulièrement en cause le bien fondé pour l'Église. De plus, savoir que le Père Audéric avait fondé en lui un certain espoir le terrorisait un peu. Le jeune homme ne voulait pas le décevoir, il ne voulait décevoir personne, et était prêt à tout faire pour satisfaire les autres, répondant à ce qu'on attendait de lui sans hésitation, mettant de côté ses propres désirs. Aniya lui reprochait souvent d'être trop sérieux, et d'oublier de vivre un peu pour lui, il était certain que même à seize ans et demi, presque majeur, Marius n'était pas comme les jeunes gens de son âge. Oh... il était rare de voir au sein même de l'Église des novices pas assez rigoureux, mais il ne leur ressemblait pas. Il s'amusait peu, son passe-temps se limitait à la lecture, et rien d'autre. Il passait certes beaucoup de son temps avec Aniya, mais il n'y avait jamais rien eu entre eux. Marius reconnaissait que c'était une jolie jeune femme, digne, avec une superbe chevelure noire, mais il n'avait jamais ressenti d'attirance pour elle, ni pour personne d'autre d'ailleurs. L'Église et l'Ombre prévalaient, le reste n'avait pas la moindre importance.

« Si tu sortais de temps en temps ton nez de tes livres, tu verrais que le monde bouge, et que tu ne peux pas participer à ses mouvements. »

... L'Ombre et l'Église devaient rester son seul et unique objectif. Pourtant, une question grondait sans cesse dans son crâne.

Pourquoi ?


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MessageSujet: Re: Les mouvements synchronisés avec la pensée, la volonté, la respiration et le cœur, voilà l'équilibre à atteindre. [Pv : Uriel]   Mer 14 Déc - 20:30

Uriel D'Arken sourit. Il pouvait comprendre les problèmes de l'adolescent à ses côtés. Un beau jeune homme, fort et sérieux. Néanmoins... Plus une famille est illustre, plus il est difficile de satisfaire ses attentes. Lui, il eut la vie facile : il pouvait impressionner plus aisément ses proches et ses mentors, car il partait de rien, mis à part son nom et son corps frêle. Sa seule chance fut de devenir prêtre, on ne ferait jamais de lui un inquisiteur. Et il eut cette chance : désormais à la tête de l'Eglise, Uriel D'Arken était le sorcier le plus puissant de l'Empire.

C'est donc de lui qui dépendaient les honneurs et les promotions au sein de cette organisation aussi hiérarchisée que possible. Salomon pouvait être l'aîné, il n'avait pas le charme que le Régent trouvait chez son plus jeune frère. Marius était plus calme, plus discret, plus séduisant, clairement. Certes, il n'allait pas lui faire la cour en ces lieux sacrés, mais le Haut Prêtre avait noté la beauté froide du jeune de l'Ombrage et il l'appréciait beaucoup. Le fait qu'on lui dise du bien de ses talents l'encourageait à penser qu'il y avait là un brillant serviteur de l'Ombre, digne de tous les titres et du lit du palais épiscopal. Pas assez, selon le jeune ?


"Tu as raison. Il est clair que chacun de nous doit se perfectionner, sans cesse, sans se reposer sur ce qu'il a déjà. Nous, plus que quiconque sur cette Terre. Mais sois certain que personne n'arrive jusqu'au bout de cette voie. Il n'est pas d'homme ou de femme en ce monde pour prétendre tout savoir, tout pouvoir et ne plus rien avoir à faire. Même les plus illustres de nos Saints Empereurs blâment leurs vies trop courtes de les empêcher de tout accomplir..."

La petite main blanche du Haut Prêtre se posa sur l'épaule de Marius, comme pour le réconforter. Elle repartit rapidement rejoindre l'autre, sur les genoux recouverts de blanc. Cette couleur allait bien à Uriel, dans son esprit au moins. En général, son apparence n'était pas désagréable... Enfin bref. Le blond se dit qu'il ne devait pas partir de trop sur les sujets physiques, même dans son esprit. Sinon, il allait passer à côté de ce qu'il désirait faire en ce moment. A savoir : aider Marius.

Vinrent ensuite les questions. Les pires. Celles qu'on n'énonce pas, mais dont on mentionne juste l'existence. Si Uriel D'Arken ne se posait pas de questions concernant la foi, il savait que certains le faisaient. Il avait conscience que l'Eglise ne pouvait se permettre d'être composée exclusivement de fanatiques. Déjà, il n'y en avait pas assez, mais en plus, il fallait un certaine ouverture d'esprit, une flamme de foi plus subtile que celle qui animait certaines poitrines. Le coeur brûlant, l'esprit glacial, voilà l'équilibre qu'on attendait de tous... Mais non. Il y avait des gens de peu de foi, des libre-penseurs, des gens qui n'ont rien eu mieux à faire et qui ont fait preuve d'un talent suffisant... Marius, heureusement, avait beaucoup de talent. Mais... S'il doutait ?


"Je vois... N'aies pas peur de t'exprimer... Je ne suis pas là pour te condamner, mon jeune ami. Il est normal que Tu t'interroges encore sur ce monde et la façon dont il fonctionne. Si je le peux, je ferai de mon mieux."

Il lui adressa un petit sourire. Les novices étaient l'avenir... Le Haut Prêtre se rendait parfaitement compte (mais moins que maintenant) de sa propre mortalité. Suzume Zhang Jian n'était encore qu'une enfant, loin d'être la délicieuse assassine favorite de Son Excellence. Alors il était d'autant plus motivé pour investir toutes ses ressources dans le noviciat. Marius de l'Ombrage avait sa chance à cette époque. Il pouvait encore devenir un citoyen, un inquisiteur. Un favori du Haut Prêtre, un homme puissant, craint et respecté. Il avait cette opportunité. Et il était mignon... Il l'est toujours d'ailleurs.

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MessageSujet: Re: Les mouvements synchronisés avec la pensée, la volonté, la respiration et le cœur, voilà l'équilibre à atteindre. [Pv : Uriel]   Mer 14 Déc - 22:35

Marius trouva que le Haut-Prêtre était étonnement humble dans ses propos, il était encore loin de la haine qui lui vouait dans le présent, au contraire même puisqu'il lui vouait respect et admiration. L'admiration n'avait pas tant de liens avec sa puissance, mais se rapprochait de sa volonté à vouloir la prendre, et la dompter. Ce que Marius gardait en tête, c'était qu'avant de devenir ce qu'il était, Uriel d'Arken avait fourni durant des années des efforts, encore et encore des efforts. Alors avant de penser à la force magique de cet homme, l'adolescent s'attachait davantage à sa volonté qu'il trouvait inébranlable. Il gardait les mains jointes, les doigts entrelacés, et le regard fixé sur un endroit imprécis de la cathédrale. Ce n'était pas par manque de franchise, ou quoique ce soit d'autres, mais par intimidation et éducation. Son père lui avait toujours appris à ne pas avoir l'arrogance de regarder les hommes de « fonctions » en face, selon lui, seuls les chiens de terroristes et autres scientifiques profanaient la politesse pour cette insolence. Le jeune homme mouilla ses lèvres, approuvant d'un léger signe de tête le Haut-Prêtre, tout en réfléchissant à ce qu'il venait de lui dire. Marius tourna brièvement la tête vers le petit homme en blanc, contrairement à eux qui étaient toujours en noir, puis lui donna de nouveau son profil placide.

Curieusement, Uriel le rassurait, car il ne remettait pas en cause brutalement ses croyances, comme avait pour habitude de le faire sa meilleure amie. Au moins, ce n'était pas son Excellence qui allait tenter de lui fourrer dans le crâne des pensées hérétiques, Marius ne voulait pas encore s'avouer que penser de lui-même lui faisait peur, il ne voulait pas voir le vice de l'Église, il n'en était même pas conscient. Pas même de ce que pouvait faire son frère, ou même de ce que pouvait penser Uriel d'Arken de lui. Déjà à cette époque, Marius s'était tenu discrètement éloigné de ça, agissant toujours pour sa famille, oubliant de vivre un peu pour lui-même. L'Église et l'honneur des De l'Ombrage représentait toute sa destinée. Cependant, comme venait de l'inviter le Haut-Prêtre, Marius devait-il se permettre de lui dévoiler tout ceci ? Ses doutes ? Sa relation « dérangeante » avec Aniya ? Ou même ses pensées les plus secrètes ? Il se confiait peu, il y avait juste cette jeune femme frêle et brune qui se montrait capable de lire en lui avec exactitude. Pris dans la gêne et la confusion, il passa une main dans sa chevelure grise avant de reprendre la même position, il murmura alors :

— Je... ce n'est pas une chose dont je puis me permettre, non ?

Car ses parents lui avaient interdit d'avoir des sentiments, ou même de les exprimer. Il devait en toute occasion garder un visage impassible, noble, et sans la moindre trace d'hésitation, pourtant son regard bleu trahissait ses doutes. Et puis... confier ses doutes au Haut-Prêtre ? À l'homme le plus puissant de l'Empire qui pouvait du jour au lendemain briser sa vie comme l'enjoliver ? Il craignait que ses pensées lui déplaisent, si Uriel avait effectivement placé de l'espoir en lui, l'l'adolescent avait une peur terrible de le décevoir. La honte de sa famille, si par des mots malheureux, proféré sans doute dans un moment de fatigue, il décevait Uriel d'Arken. Son père le haïrait à vie, Marius en était certain, et il y aurait de quoi. Ensuite, il n'aurait plus qu'à s'enfermer dans une chambre sans lumière jusqu'à la fin de ses jours, gravant sa honte dans sa chair pour tenter de se faire pardonner par l'Ombre. Finalement, Marius crut que sa réponse put être une marque d'insolence, il secoua la tête en poussant un soupir. Allez... n'était-il pas un De l'Ombrage ? Même s'il était que le cadet ? N'était-il pas ici pour devenir le bras armé de l'Ombre ? N'était-il pas ici pour vaincre l'hérésie ? Et ne devait-il pas — malgré tout — montrer que sa foi était infaillible ? Ses mains se crispèrent, le jeune homme ferma les yeux pour répéter ce que son père lui avait fait tant récité :

— « La cruauté, la violence et l'avarice sont inhérentes à la nature humaine. C'est aux sages prêtres, fidèles à l'Ombre et à l'Empire, de trouver l'équilibre entre les défauts et les qualités. »

Marius fronça les sourcils, puis prenant une grande inspiration, il lâcha non sans retenu, s'en voulant déjà de dire tout cela :

— Je... par exemple, je ne peux pas m'empêcher de m'interroger sur ce verset. Je veux dire... l'Empire a toujours désiré plus de pouvoir, et pour prendre le pouvoir, notre Empire a baigné longtemps dans le sang avant de se stabiliser. N'a-t-il pas fait lui aussi preuve de violence, et de cruauté ? L'humanité n'a rien de parfait, mais... l'Empire doit-il ressembler à sa nature ? Ne doit-il pas s'élever pour guider les citoyens ?

Marius resta interdit devant ses propres propos, il fronça les sourcils, et secouant la tête, il se tourna vers le Haut-Prêtre. Regardant plus la chevelure blonde de ce dernier que son visage, il se confondit en excuse :

— Excusez-moi... c'est sans doute ce que l'Empire fait déjà, en réalité, je manque encore de clarté dans ce que je souhaite exprimer.

Marius avait au moins parlé avec sincérité et honnêteté, il mentait peu. Sa famille lui avait pourtant appris l'art du mensonge en fonction de la compagnie qu'on avait, mais l'adolescent estimait qu'il n'était plus un jeune noble, mais bien un novice qui se dévouait à l'Ombre. S'il mentait sur ses propres pensées au Haut-Prêtre, que deviendrait-il alors à l'avenir ? Hein ? Même si à l'époque, il était incapable de penser qu'il foutrait aux ordures toutes ses croyances pour se tourner vers un monde idéalisé qui sans doute, ne verrait jamais le jour.

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MessageSujet: Re: Les mouvements synchronisés avec la pensée, la volonté, la respiration et le cœur, voilà l'équilibre à atteindre. [Pv : Uriel]   Dim 18 Déc - 20:47

"Si je t'y invites, ce n'est pas pour te punir ensuite, Marius."

Uriel sourit. C'était là encore cet Uriel frais et idéaliste. Un fanatique, certes, mais un homme en harmonie avec les ombres. Même s'il aimait à l'époque déjà les plaisirs charnels, il n'avait pas encore cet aura malsain qui l'entourait de nos jours. Il était un homme de foi, dévoué à la survie de l'Empire et du Prince Héritier. Un homme bien, comme diraient beaucoup. Même s'il utilisait déjà nombre de pratiques peu morales, il y avait derrière une volonté autre que sa soif de pouvoir. C'était avant la magie du sang. En tout cas, il ne poussait pas le vice aussi loin. Et il n'allait pas tenter un fidèle pour le châtier s'il cède. D'ailleurs... S'exprimer n'était pas proscrit d'après lui : il valait mieux éradiquer les pensées impures par la conversation, plutôt que de les blâmer et de les laisser germer sous la couverture de l'ignorance facile.

A l'époque, Uriel avait écouté Marius. Le jeune homme avait des doutes qui n'avaient rien d'extraordinaire. Il n'y avait pas de quoi crier à l'hérésie. D'ailleurs, le Haut Prêtre était resté très calme, toujours légèrement souriant, quelque peu paternaliste, mais chaleureux. Dans la mesure du possible. Mais ce jour-là, il n'y a pas eu d'hypocrisie, liée au fait qu'il voulait coucher avec le novice. Il fallait dépasser cela pour l'aider et pour le soutenir dans sa quête de la compréhension et de la foi. Les lèvres du Haut Prêtre bougèrent, alors que l'adolescent récitait les textes sacrés à la perfection. L'éducation des De l'Ombrage était dure, mais efficace. Jusqu'à présent. Après, il écouta attentivement, avant de répondre.


"Ah... Vois-Tu... L'Empire traverse une période difficile en ce moment, ce n'est pas un secret. Il fut fondé et façonné par les personnes les plus extraordinaires. Il est certain que les Saints Empereurs désiraient leur propre prestige et un pouvoir toujours plus grand... Mais ils étaient aussi les seuls capables d'obtenir cela. Les premiers prêtres virent en eux... Leurs protecteurs et des visionnaires, capables d'apporter, par leurs conquêtes, la paix au monde entier. Grâce au sang versé dans le passé, nous bénéficions de l'ordre et de la prospérité d'un continent uni. Ce fut là un sacrifice nécessaire..."

C'était une façon de voir le monde. Bien entendu, il n'allait pas dire la vérité sur la nature des Walhgren à Marius. Il ne l'avait dit à personne à l'époque. Même Zélig l'ignorait encore à l'époque. Ezhekiel était jeune, inexpérimenté et ne maîtrisait absolument pas ses pouvoirs. Il était trop faible pour que qui que ce soit puisse savoir qu'il était également le dernier fil qui maintenait le monde actuel en place. Le monde et sa survient ne tenaient qu'à ce fil-là et le Haut Prêtre n'allait donner de ciseaux à personne. Fut-il si mignon.

"Et n'aies crainte. L'Empire s'élèvera encore. Cela dit, je n'ai pas les épaules assez larges pour cela. Nous devons être patients et nous préparer de notre mieux à soutenir notre Prince. Lui seul pourra mener Ishtar vers un avenir toujours meilleur. Fais-moi confiance, mon garçon." - Il sourit encore, touchant encore l'épaule de Marius. - "Et cesses donc de t'excuser. A quoi donc serviraient tes aînés s'ils ne répondaient pas à tes questions ? Y a-t-il autre chose ?"

Que voilà une belle époque. Aujourd'hui, ce même jeune homme était prêt à tous les sacrifices pour que le sang du Haut Prêtre coule. Il était devenu le plus grand ennemi d'Uriel D'Arken, déterminé non pas à l'écarter de la politique ou de sa place, mais bien à le tuer. Entre-temps, le petit blond avait fait ce qu'il fallait pour se faire craindre et haïr. Ses idées se radicalisèrent, alors qu'il faisait, et faisait faire, des choses toujours plus monstrueuses.

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MessageSujet: Re: Les mouvements synchronisés avec la pensée, la volonté, la respiration et le cœur, voilà l'équilibre à atteindre. [Pv : Uriel]   Lun 19 Déc - 12:16

Marius écouta avec attention ce que lui dit le Haut-Prêtre, le regard un peu vide, car il se questionna aussitôt sur les sens de ces paroles. Le sang versé pour l'Empire était un sacrifice nécessaire ? Ce que l'adolescent ne comprenait pas encore à l'époque, c'était que le dialogue était souvent inutile, et que la force était nécessaire pour accomplir ses ambitions. Il ne pensa pas à cet instant alors que l'Empire avait été « obligé » de mener son combat, mais s'interrogea sur le pourquoi de l'absence de dialogue. Si sa famille avait pu lire dans son esprit, Marius aurait fini dans un sale état, remettre en cause tous ces fondements dans lesquels il avait été éduqué, c'était pour eux une sorte d'hérésie. Il approuva avec son calme coutumier, fixant le mur en face, il avait posé ses coudes sur ses cuisses, entrelacé ses doigts, et s'était figé dans cette attitude pensive qu'il prenait aujourd'hui encore. Les paroles du Haut-Prêtre le rassurèrent quelque peu, même si Marius était certain qu'Aniya remettrait tout en cause comme elle savait si bien le faire, c'était elle qui avait été le moteur de son changement, et c'était elle qui l'avait rendu aussi dangereux que dans le présent.

Ses pensées, ses envies de voir le monde sous différents angles avaient éduqué que le jeune homme dans sa réflexion, et Marius pût plus ou moins deviner ce qu'elle pourrait répondre face au Haut-Prêtre. Cependant, devait-il se permettre de poser ce genre de question à son aîné ? Même s'il prenait le risque que ça vienne jusqu'aux oreilles de son père, qui l'effrayait encore et encore ? Auguste De l'Ombrage était un automate de fanatisme, capable de tout pour satisfaire l'Église et le Haut-Prêtre. On pouvait être certain que si le Haut-Prêtre lui demandait de tuer un de ses fils, car tel était la volonté de l'Ombre, Agusute lui obéirait sans la moindre hésitation. Sa cousine et épouse agirait exactement pareil, Marius ne voyait pas là des parents, mais des automates qui ne fonctionnaient pas par leur propre volonté, mais selon celle de l'Église. La cathédrale était envahi par l'obscurité, les ombres grimpaient sur les murs, prenant des formes vaguement parfois humaines, souvent imaginaires, et Marius crut voir l'ombre d'un oiseau sur le grand mur en face de lui, il aurait aimé en avoir la puissance de la contrôler. Chassant ça de son esprit, il demanda, dérangé lui-même par sa question :

— Certes... le futur Empereur doit élever notre Empire comme il se doit, mais malgré tout, ça reste un être humain, non ? Ne risque-t-il pas de faire des erreurs dans l'avenir ?

Le jeune homme mordilla ses lèvres un petit moment, Uriel avait un point de vue intéressent, qui était capable de le conforter dans l'idée que l'Église représentait l'avenir. Voyant-là que le sujet de la conversation semblait de plus en plus épineux, Marius s'aventura sur une autre voie, et de nouveau, il récita dans un murmure respectueux un autre verset des Écritures :

— « N'ayez aucune crainte, face à la mort. Une fois un corps détruit, son âme va rejoindre l'Ombre, d'où elle provient. On peut venir à bout d'une enveloppe charnelle, mais non de l'Ombre. L'Ombre est invincible et omniprésente. N'hésitez donc jamais à donner votre vie pour ceux qui comptent sur vous, sœurs et frères obscurs. »

« Ne crois-tu pas que cette solidarité est là simplement dans le but d'une armée soudée ? Un homme qui ne craint pas la mort, c'est un monstre qui ne verra jamais les qualités de la vie. Si nous vivons, c'est pour mourir, pas pour servir de poudre à canon gratuite. »

La bouche légèrement ouverte, les sourcils froncés, Marius resta un instant interdits devant la question qui était survenue brusquement dans son crâne. Il ne savait plus si c'était son amie qui lui avait déjà posé, ou si c'était lui-même qui par le biais de sa voix à elle s'était interrogé sur le sens de ce verset. Il mit quelques secondes à comprendre que son attitude pouvait gêner le Haut-Prêtre, mais il ne put se défaire totalement de sa réflexion. Doucement, sa voix s'éleva de nouveau et résonna contre les murs :

— Si... l'âme rejoint l'Ombre... est-ce que cela signifie que... comment dire ? Est-ce que les ombres dont usent les Prêtres... seraient les fragments d'âmes des personnes décédées ?

Une simple idée qui était venue dans son esprit, comme ça, en battant des ailes et en tournant dans sa tête. Marius n'avait pas pu s'empêcher de la poser au Haut-Prêtre, incertain sur cette vérité-là, il tut cependant son avis mitigé sur ses propres paroles. Il trouvait là-dedans un peu trop de surréalisme, donné une nature et une origine à l'Ombre, c'était comme chercher à savoir pourquoi le ciel était bleu. Il caressa du bout du pouce sa mâchoire, sans toujours regarder le Haut-Prêtre, il se demanda si sa question n'était pas idiote au fond, semblable à celle que poserait un enfant de huit ans à ses parents. Il passa sa langue sur ses lèvres, fermant encore les yeux, il resta gêné d'avoir demandé une chose aussi... vide d'intérêt. Il ne dit rien cependant sur ce fait-là, laissant Uriel être le seul juge de son interrogation, et de toute façon, Marius était déjà reparti dans d'autres réflexions. Il aimait discuter avec Uriel, au moins, contrairement à sa meilleure amie, le petit blond évitait de le mettre dans l'embarras, puisqu'au contraire ses paroles paternalistes le rassuraient dans sa vision de l'Église. Marius profitait certes un peu du temps que le Haut-Prêtre lui donnait gentiment, mais il avait besoin d'écarter lâchement ses doutes, et de se concentrer sur son apprentissage, oubliant ainsi les interrogations dérangeantes, il devait les oublier.

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MessageSujet: Re: Les mouvements synchronisés avec la pensée, la volonté, la respiration et le cœur, voilà l'équilibre à atteindre. [Pv : Uriel]   Mar 20 Déc - 18:42

Uriel lança un regard à Marius. Un jeune homme intelligent, mais qui posait là une question à laquelle il n'allait pas obtenir une réponse satisfaisante. Ca, c'était hors de question. La sécurité de l'Empereur et du monde en dépendait. Personne ne devait savoir. Pas tant que le petit garçon aux cheveux bleus n'allait faire preuve de tout son pouvoir. A dix-sept ans, Ezhekiel allait devenir l'homme le plus puissant du monde. Le rôle éducatif du Haut Prêtre allait donc être de lui montrer comment manipuler les énergies et exercer sa volonté sur ce qui l'entoure. Sans cela, il pourrait bien rester très vulnérable. Et un souverain fragile rend tout son Empire fragile... Uriel soupira.

"Fais acte de foi, mon garçon. Crois-moi sur parole qu'il n'existe nulle personne capable de mieux assumer cette responsabilité que notre Prince."

En effet, d'après toutes les sources possibles et imaginables, Ezhekiel Walhgren était le dernier représentant de sa lignée. Trouver un gestionnaire pour l'Empire, cela n'allait pas être un défi. Des centaines de nobles étaient prêts à tout pour se faire couronner. Nombreux étaient ceux dont les talents seraient suffisants pour diriger ce vaste territoire. Mais... Sans les Walhgren, il n'y aurait plus rien à gouverner... Le monde mourrait d'épuisement, sans alimentation en magie et en volonté de vivre. Sans parler du fait que la famille impériale était particulièrement douée pour commander les hommes, leurs pouvoirs magiques mis à part.

Vint ensuite une question plus facile. Une erreur de débutant en matière de théologie, rien de bien grave. Uriel sourit. Si on expliquait bien sûr les bases de la magie aux inquisiteurs, il était inutile de rentrer dans tous les détails avec eux. Ils devaient pouvoir méditer et non comprendre tous les aspects de la sorcellerie. Rares étaient ceux qui parvenaient à élaborer leur technique propre, mêlant le combat à la magie. Mais même ceux-là n'avaient nul besoin de tout comprendre aux affaires des prêtres. Ainsi, Marius était excusé. La réponse, elle était prête. Ce n'était pas la première fois qu'Uriel devait exposer ce sujet à quelqu'un.

"L'Ombre est énergie, équilibre. Toute chose émergea de l'Ombre, Marius. A ce titre, tout ce que nous touchons ou utilisons est l'Ombre... Nous sommes l'Ombre. Cela dit, pour répondre à ton inquiétude, non. Nous nous servons des manifestations terrestres et moins nobles de l'Ombre. Ce ne sont que des ombres, une lumière affaiblie, une obscurité diluée. Ce que nous appelons "l'âme" est une infime parcelle de l'Ombre pure qui vient animer un corps pour que celui-ci puisse vivre... Et personne ici n'a l'arrogance de prétendre que nous pouvons commander à l'Ombre elle-même, voyons..."

Il sourit, sincèrement. Le concept était presque hérétique, en tout cas risible. Comment commander à l'Ombre ? Même un Empereur ne le pourrait pas. Cela équivaudrait à détenir le pouvoir de la création. Un pouvoir dépassant tout ce qui est temporel ou humain. Ce serait la toute-puissance la plus absolue. La magie du Sang était encore loin, hors de la portée d'Uriel D'Arken. Et même lorsqu'il vint à la posséder, il ne pouvait dire que son pouvoir était sans limites.

"Est-ce là tout ce qui te tourmente ? Si c'est le cas... Dis-Toi que Tu es loin d'être dans une situation difficile. D'autres ont connu de pires doutes que ceux-ci. N'aies crainte face à l'avenir et continue de bien faire ton devoir." - Il lui sourit encore. - "Je suivrai tes progrès avec attention... et plaisir, sans doute."

Oui... A l'époque, Uriel avait confiance en ce jeune homme.

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MessageSujet: Re: Les mouvements synchronisés avec la pensée, la volonté, la respiration et le cœur, voilà l'équilibre à atteindre. [Pv : Uriel]   Mer 21 Déc - 16:43

— Dans ce cas, j'espère qu'il nous tirera vers le haut, répondit-il avec sincérité.

Loin de songer que ses paroles avaient un aspect hérétique, Marius écouta la suite avec intérêt, même si au fond il s'était attendu à ce genre de réponses. Au moins, Uriel d'Arken arrivait à le rassurer, il devait croire avant tout, et s'interroger ensuite. Les questions étaient en réalité des épreuves qui remettaient sans cesse sa foi en cause, et s'il était assez fort et volontaire, il devait les affronter sans reculer, sans trembler, et être vainqueur de tout ça. Il hochait doucement la tête, les yeux toujours posés sur les murs de la Cathédrale, il examinait les ombres qui justement grimpaient, dessinaient des formes inquiétantes et parfois sensuelles. Marius garda une autre question pour lui, cependant, car elle était trop proche de celles que lui demanderait Aniya ; si l'Ombre était en effet une force obscure supérieure à l'humanité, quelle était la nature de celles que contrôlaient les Prêtres ? Si sa famille n'avait pas été aussi présente, commandant sa pensée comme ses actes, il aurait sans doute préféré devenir Prêtre. Il n'était pas assez froid, pas assez « idiot » pour ne pas se poser de question sur la nature même de l'Ombre. Naturellement, Uriel d'Arken était le gardien du Secret, lui seul savait pour l'Empereur, mais si Marius avait eu une idée de cette connaissance, il aurait sans douter songé que l'origine de l'Ombre était le Prince héritier.

Bien évidemment, il ne savait rien de tout ça, et il devait se contenter des écrits sacrés, les questions ne se calmeraient jamais. Cependant, même si Uriel prétendait qu'on ne pouvait pas commander sois même cette force ténébreuse, Marius restait persuadé que certains Prêtres avaient pensé pouvoir le faire. Après tout, les hommes avaient toujours eu besoin de se prouver quelque chose, la recherche de puissance en était une preuve. Les lèvres contre les mains, les coudes appuyés sur ses genoux osseux, il fronça légèrement les sourcils, puis reprit vie, lui qui durant toute cette conversation s'était transformé en statue. Enfin, Marius se tourna franchement vers le Haut-Prêtre, lui donnant son regard le plus respectueux. À l'époque, Uriel avait été un modèle de volonté et de détermination pour lui, et sans doute la personne pour qui il avait eu plus de respect. Parce que ce respect-là ne se basait pas sur la peur, contrairement à son père et à Salomon, un respect qui s'imposait par la fonction qu'occupait Uriel, mais aussi par son naturel, et sa personnalité. Il y avait là une nuance délicate à voir, mais qu'il voyait. Marius lui donna un faible sourire, et avec retenue, il lâcha :

— Je vous remercie pour votre sollicitude, Excellence.

Et Marius était sincère, parfaitement conscient qu'il avait pris un peu de temps au Haut-Prêtre, alors que ce dernier lui était si précieux. Il n'était pas, il savait que gérer l'Église et l'Empire n'était pas une mince affaire. Le jeune homme se garda de lui dire, toutefois, l'honneur que ça avait été pour lui de parler un peu avec Uriel, un novice discutant de foi avec l'homme le plus important d'Ishtar ! Il n'osait pas le lui avouer, mais au moins, il avait l'impression que sa foi s'en était sortie, plus forte. Certes... les interrogations étaient toujours là, mais il se voyait moins faible face à elle. De plus, Uriel semblait placer en lui quelques espoirs, et pour ça, Marius devait se montrer digne de ses attentes ! Leur conversation lui avait fait du bien, et désormais, il se devait de lutter contre ses questions, y réfléchir et en sortir grandir. Aniya remettrait tout en cause, évidemment, mais ce n'était pas grave. Il s'inclina légèrement et avec respect devant le Haut-Prêtre, et d'une voix tremblante, assurée, il lança :

— Je ferais de mon mieux, Excellence, je vous le promets.

Et ça... Marius le croyait, il le croyait dur comme fer. À l'époque, il ne savait pas encore ce qu'il allait arriver, et le pousser à retourner toute sa foi pour choisir une voie plus dangereuse. Il n'était pas tout à fait fier de lui, mais il était persuadé que l'avenir qu'il allait suivre était celui que ses parents avaient tracé pour lui. Marius espérait devenir un Inquisiteur aussi puissant que son frère, le bras armé de l'Église, qui d'une poigne écraserait l'hérésie, et ferait régner la Justice. Il était bien loin de la vérité, cette foutue vérité qui l'avait transcendé, et forcer à se retourner contre ses propres croyances. Peut-être que le regard qu'il porterait sur cette époque se ferait inquisiteur, et cette conversation lui donnerait sans doute un arrière-goût amer.

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MessageSujet: Re: Les mouvements synchronisés avec la pensée, la volonté, la respiration et le cœur, voilà l'équilibre à atteindre. [Pv : Uriel]   Mer 1 Fév - 10:23

[En fait, j'avais clos le sujet... Mais je me dis qu'une réponse s'impose quand même ici... XD]

Le temps avait transformé les deux hommes. L'un sombra dans la folie, dans laquelle il plongea à la recherche d'un pouvoir toujours plus grand. Il eut finalement l'arrogance de prétendre commander à l'Ombre elle-même. Même s'il y voyait plutôt une prière, une humble demande d'aide de la part de l'énergie créatrice, il ne fallait pas se voiler la face : Uriel cherchait la puissance magique, une connaissance toujours plus grande sur ce qui était possible d'accomplir. Du puriste protecteur de l'Empire, il devint un sorcier fou et plus débauché encore qu'à l'époque...

L'autre ne fut guère épargné par les années qui suivaient cette conversation. Du jeune homme timide et pieux, destiné à être un guerrier de l'Ombre, il bascula dans le crime et le terrorisme. Autrefois si hésitant, il régnait aujourd'hui sur le quartier de la ville le plus peuplé et faisait ce que bon lui semblait, tuant et corrompant tout autour de lui. Marius de l'Ombrage côtoyait les plus révoltés des terroristes, s'entourait de philosophes radicaux et disposait de forces et ressources de plus en plus inquiétantes...


"De rien, Marius. Je ne pourrais pas te laisser ici avec des doutes. Comment pourrais-Tu aider l'Eglise, si elle ne t'aide pas avant ?"

Il sourit encore. Encore une fois, le petit blond se remémora son arrivée à lui à la Cathédrale. L'Eglise lui donna une famille, des pouvoirs, du respect, finalement de l'admiration aussi. Elle l'a rendu fort et l'a nourri depuis près de vingt ans déjà. Comme beaucoup, il était prêt à mourir pour elle et pour l'Empire. Mais il savait bien que d'autres gens devaient faire de même un jour et qu'il fallait les former à un moment. L'éducation des générations futures lui tenait à coeur. Le Haut Prêtre n'hésitait que rarement à y consacrer tout le temps nécessaire. Même s'il en avait peu, il aimait passer du temps avec les novices. Et pas uniquement dans le lit. Les salles d'entraînement et d'étude étaient tout aussi bonnes, à l'époque du moins.

"J'en suis certain. Je crois en Toi et cela n'a rien avoir avec ta famille. Certes, Tu as la chance d'avoir des modèles à suivre, mais cela n'importe que peu au final. Je vois en Toi un jeune homme fort. Aies confiance en Toi et tout ce passera très bien. Ce que nous faisons de nos vies ne dépend que de nous. Et Tu as ma bénédiction..."

Uriel se leva, une main sur l'épaule de Marius. Un jeune homme mignon, doté d'un charme triste. Un jour, il allait aller loin. Le petit despote blond ne se rendait même pas compte à quel point, il avait raison. Le jeune de l'Ombrage avait un fameux destin devant lui... Il le salua avec toute la bonne volonté du monde et s'en alla, vers ses multiples devoirs de Régent et de Haut Prêtre. Jusqu'à la majorité du Prince Héritier, c'était sur ses épaules frêles que reposait l'Empire et ce n'était pas un travail facile, mais très gratifiant et permettant l'oppression décuplée de l'hérésie, sans la Garde impériale dans les pattes de l'Inquisition, avec une Science vivant dans la peur... Une belle époque, même si le Haut Prêtre n'avait pas l'étoffe d'un dirigeant éternel. Cela ne pouvait revenir qu'à un Walhgren. Et voilà pourquoi il couvait avec autant de soin le petit Ezhekiel. Sa Majesté n'allait jamais oublier ses services rendus à la Couronne et à elle-même, personnellement.

Quant à Marius... Uriel était, à l'époque, rempli d'espoir. Aujourd'hui, il ne souhaitait qu'une mort lente et douloureuse à ce beau jeune homme qui l'admirait autrefois.

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MessageSujet: Re: Les mouvements synchronisés avec la pensée, la volonté, la respiration et le cœur, voilà l'équilibre à atteindre. [Pv : Uriel]   

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