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 M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres]

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MessageSujet: M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres]   M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres] EmptyDim 10 Juil - 5:43

Kaname avait appris la nouvelle en discutant avec un des ses anciens « collègues » ecclésiastiques : on racontait que bientôt, la célèbre et talentueuse manipulatrice d'ombres, Helena Ceres allait organiser une démonstration et un cours de manipulation d'ombres ouverts à tous. L'évènement était de taille : la jeune femme était connue comme le loup blanc parmi les ecclésiastiques, et si elle disposait déjà de plusieurs disciples, rares étaient ceux à avoir pu bénéficier de ses enseignements du fait de ses autres occupations. Sans oublier que l'on racontait qu'elle était une femme sublime, et que ses pas de danse étaient si gracieux qu'elle en semblait presque inhumaine … Fait avéré : elle était souvent sollicitée par le gratin de la noblesse pour venir égayer de quelques entrechats leur soirée mondaine. Alors, lorsqu'on annonçait qu'une démonstration publique allait avoir lieu … Tout le monde voulait sauter sur l'occasion !

A dire vrai, Kaname se fichait éperdument que cette Helena Ceres soit une belle femme ou une danseuse douée. Non, tout ce qu'il intéressait, c'était que Helena maniait les ombres comme peu savent le faire. Et Kaname voulait apprendre à manier les ombres, le faire encore mieux que ce qu'il savait déjà. Oui, il voulait devenir plus fort, obtenir toujours plus de pouvoirs, devenir invincible. Ne craindre personne. Et si pour cela, il devait jouer les élèves studieux et appliqués, cela ne lui posait aucun problème. Il assisterait à ce cours. Même s'il devait égorger quelqu'un pour prendre sa place.
Fort heureusement, il n'eut pas à le faire. Il se contenta de guetter à la bibliothèque l'apparition du papier signalant que le cours aurait lieu. Sous l'annonce se trouvait un grand tableau où chacun pouvait écrire son nom afin de s'inscrire pour ladite démonstration. Bien que le prêtre soit arrivé le plus tôt possible ce jour-là, sur la centaine de cases que comportait le tableau, près des trois quarts étaient déjà remplies. Kaname se contenta d'inscrire son nom sur la première case libre qu'il trouva, et examina la liste. Parmi tous ces noms, il n'en connaissait … aucun. Tant mieux, ça lui évitera de perdre du temps en bavardages et salutations inutiles. Que disait l'annonce ? Pas grand-chose que Kaname ne sache déjà, le bouche à oreille semblait avoir bien fonctionné. Ce qui intéressait le prêtre, c'était de savoir si en plus de la théorie et de la démonstration, il y aurait quelque chose de plus … pratique. C'est très bien de danser, mais dans un combat réel, on a pas toujours l'occasion d'effectuer une arabesque. Dans le meilleur des cas, il pourrait observer un duel entre la prêtresse et un autre prêtre. Oui, ce serait très instructif … Mais l'annonce ne disait rien de tel. Bah, il verrait bien sur place.

Et les jours passèrent … jusqu'à ce fameux jour. Si Kaname resta étonnamment calme en surface alors qu'il vaquait à ses activités habituelles (entendons-nous bien : les activités consistant à gérer l'église, s'occuper des fidèles et des novices et travailler dans son bureau), il n'en bouillait pas moins intérieurement … La matinée lui semblait interminable, et les novices dont il avait la charge dans son église lui paraissait encore plus stupides que d'habitude. Et pourtant, il les avait lui-même choisi expressément pour leur stupidité, c'est dire !
Il quitta son église avec une bonne heure d'avance pour arriver au temple Ceres, où il découvrit que la majorité des participants étaient déjà là depuis un certain temps. A croire qu'ils étaient là depuis hier … ce qui s'avéra vrai pour certains : Kaname pouvait apercevoir quelques lits et couches de fortunes. Youpi. Bon, impossible d'accéder à la salle d'entraînement pour l'instant, autant visiter un peu alors ! Il avait entendu dire que le temple Ceres disposait d'une magnifique bibliothèque …
Il la trouva assez rapidement. Elle regorgeait d'ouvrages sur l'Ombre, l'Église, la manipulation des ombres et beaucoup d'autres thèmes identiques avec un seul point commun : l'Église. La propriétaire devait assurément être passionnée par le sujet … ou un peu folle. Ou les deux. A moins que cette bibliothèque là ne soit réservée qu'à l'usage du plus grand nombre et qu'elle ne dispose également de sa propre bibliothèque ? Kaname ne le saura pas aujourd'hui, mais il était curieux de savoir ce qu'il pouvait y avoir dans cette bibliothèque personnelle si elle existait. Cela en dirait là sur la maîtresse des lieux …

Toute proche, une cloche retentit alors que Kaname s'était lancé dans la lecture d'un ouvrage sur la manipulation des ombres, seul sujet qu'il l'intéressait vraiment ici. La démonstration allait bientôt commencer et il aurait été dommage d'être en retard, n'est-ce pas ? Il reposa son livre et se dirigea vers la salle d'entraînement. Tout le monde se précipitait pour entrer en premier, et les prêtres se bousculaient sans honte ni remord. Hé bien, quelle popularité ! Elle devait vraiment être jolie, cette Ceres. Mais Kaname s'intéressait si peu aux choses de l'amour …
Jouant des coudes et profitant de la cohue, le prêtre parvenait petit à petit à se glisser d'abord dans la salle puis aux premiers rangs. Il faillit chuter et se faire piétiner plusieurs fois ― ce qui avait quelque chose d'inquiétant, parce qu'il n'était pas sûr de survivre à ça ou même de pouvoir faire quelque chose pour se sortir d'une situation pareille ― mais au bout de quelques minutes, il était aux premières loges pour assister au spectacle. Essoufflé et un peu poussiéreux, voire les vêtements abîmés par endroit, mais aux premières loges. Derrière lui, la cohue semblait se calmer lentement pour finalement se stopper brutalement.
De l'autre côté de la salle, la reine de la soirée ― enfin, de l'après-midi ― venait de faire son entrée. Le public était devenu silencieux, l'observant s'avancer gracieusement. Puis les murmures reprirent, chacun allant de son petit commentaire. Kaname, lui, se contenta de s'asseoir confortablement sur son siège et d'observer la suite des évènements. Enfin, on allait pouvoir commencer !
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MessageSujet: Re: M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres]   M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres] EmptyMer 3 Aoû - 16:16

Je pris l’initiative, plusieurs semaines auparavant, de lever quelques rumeurs quant à mon intention d’organiser une démonstration de manipulation de l’Ombre entre les murs de mon temple fièrement dressé au beau milieu des plus somptueuses demeures de la capitale de l’Empire. J’amenais ainsi l’Eglise, par le biais de ses protecteurs confirmés ou novices, côtoyer les aristocrates curieux ou charmés par l’art et la manière avec lesquels je me détache de ce monde pour rendre l’immatériel tangible. Je n’ai de cesse de me jouer des quelques vipères vociférant à l’égard de mes pratiques les paroles les plus méprisantes, jugeant la danse de l’ombre – telle qu’ils l’ont baptisée - comme s’opposant à l’histoire de l’Eglise et de ses premiers guerriers dont le courage et la ferveur octroyèrent la clé d’un mystère que même les meilleurs d’entre nous sont tout juste capable d’effleurer. La levée des enfants de l’Ombre est une cérémonie, chaque combat un hommage.

La rumeur s’officialisa et le bouche à oreille permit de noircir le parchemin d’inscription mis en évidence entre les murs de la cathédrale. Aucun critère, aucun pré requis m’importait et ne figurait parmi les quelques lignes de l’annonce. La calligraphie d’un prénom et d’un nom à la plume permettait simplement d’espérer trouver place sur les bancs de mon antre. Il est vrai que ma notoriété dans la capitale fit défrayer la chronique à l’annonce de mes intentions bien que régulièrement je me laissais aller à l’exercice de l’enseignement. Considérant l’observation et l’analyse comme prémices à l’apprentissage puis l’action comme la clé de la réussite, je pris soin d’annoncer l’après midi en question découpée en deux temps : une démonstration de manipulation puis une série de combats visant à montrer de quelle manière il m’est possible d’utiliser la beauté de la danse pour châtier l’hérésie de ce monde. Je ne perdais jamais de vue le sens du combat dans lequel je m’étais jadis engagée et l’essence des démonstrations que je ne manquais pas d’effectuer, que se soit sous les yeux attentifs de mes fidèles ou devant les prunelles avides des hérétiques. L’Ombre est renaissance. Ainsi je purgeais les âmes de la corruption.

La veille au soir, les premiers intéressés se montrèrent, portant le strict minimum nécessaire à passer une nuit décemment. Je chargeai les novices résidant dans mon temple de les accueillir cordialement bien que l’étalage de couchettes de fortune ne me plaisait que moyennement. Je me félicitais néanmoins de l’intérêt que les ishtariens et même certains provinciaux accordaient à l’Ombre ainsi qu’à la manipulation issue de mes propres mains. Je me désolais, par contre, de n’incarner pour certains que l’icône d’une exhibition dénuée de sens, tout juste agréable aux yeux. Je ne pris guère le temps de m’occuper des préparatifs généraux comme la mise à disposition de la grande salle du rez-de-chaussée. Laissant cela à mes disciples, je terminais le travail de la journée, assise derrière un bureau de bois massif dressé dans mes appartements. Dans la journée, plusieurs lettres m’étaient parvenues à divers sujets. Après un premier tri effectué rapidement l’après midi, je me plongeais avec plus d’attention dans le petit tas de parchemins scellés à la cire, qui m’étaient adressés, jusqu’au crépuscule.

La foule se fit épaisse et noirâtre, j’épiais furtivement le monde du haut du dernier étage, derrière les sombres voilures de la fenêtre de mon bureau. La foule débordait du hall, qui peinait à la contenir, vers la cour intérieure aux milles colonnes. Comme convenu, mes disciples firent résonner un carillon qui se mit à tinter sobrement mais assez intelligiblement pour s’élever au dessus de la foule. Gratifiant ma chevelure auburn de quelques volutes d’ambre, je descendais les marches menant à la salle de démonstration. Celle-ci était faite de murs sombres comme la totalité du temple. On pouvait relever ici et là quelques touches de carmin relevant les moulures qui habillaient les murs. La lumière était apportée par une large baie vitrée disposée face aux rangées de bancs. Les chandeliers disposés régulièrement permettaient de parfaire l’éclairage mais également de donner naissance à d’innombrables ombres mouvantes qui dansaient au gré des flammes écarlates.

Je me montrai enfin, vêtue d’une longue robe de soie noire, fendue, laissant apparaitre la blancheur de ma peau et facilitant mes pas. Ma chevelure bouclée en anglaises était relevée par la délicate lueur de quelques perles clinquantes joliment disposée. Mon entrée instaura le silence. Alors que tous les regards se braquaient sur ma personne, je gratifiai la foule d’une esquisse de sourire avant de poser ma voix.


« Sous le ciel et le soleil, je vous salue et vous béni, Vous, sur qui l’Absolue, en sa toute majesté, est prête à jeter son dévolu. L’Ombre est l’unique vérité de ce monde et l’essence de toute vie. Je vous ai réuni cette après midi pour qu’ensemble nous l’apprécions et lui rendions hommage sans jamais oublier le sang des nôtres, versé pour perpétuer le savoir infinie de l’Eglise ainsi que la puissance de l’Empire. Mes chers, la levée des enfants de l’Ombre est une cérémonie, chaque combat un hommage. »

Alors je commençai à agiter la noirceur des recoins de ce lieu mettant en échec la lueur du soleil que le vitrage nu et parfaitement transparent diffusait derrière moi.

Citation :

L’Ombre est fascinante, symbole même de ce que l’on nomme vulgairement perfection. Légère et sensuelle, elle est tout ce qu’il y a de plus abouti en ce monde. Immatérielle, étrangère à la folie des hommes, l’Ombre est l’alpha et l’oméga. Cette énergie absolue sublime les corps et les mystifie. Aucun être ne saura jamais atteindre ce degré de finesse, de détachement et d’élégance. Les ténèbres, rendues tangibles par les mages de l’obscurité, plongent les âmes dans la stupeur et n’hésitent pas à agiter leur enveloppe protectrice d’une délicieuse frénésie.

Je n’en encore suis qu’au préambule et m’évertue à atteindre ne serait ce qu’un fragment de cette légèreté que j’idolâtre depuis mes plus jeunes années. Mes membres se gorgeant de cette aura mystérieuse, entament le premier acte de ce court ballet. Mes bras se déroulent avec toute la grâce d’une rose offrant aux prunelles affamées la finesse de son cœur. Mes jambes suivent la mesure avec volupté et agitent la soie de ma tunique, se mettant à glisser sur ma peau nacrée inspirant une douceur exquise. Chaque détail importe à la finesse de mes mouvements, que se soit la position de mes doigts à l’issue de mon premier adage, le point de contact de la pointe de mon pied avec la froideur du marbre ou le maintien de ma tête. Alors que mes membres se meuvent avec ampleur, mes gestes se fondent, liant mes pas gracieux les uns aux autres.

L’exercice de mon art est un instant intime en lequel je me dénude de tout artifice et laisse transparaitre les vestiges de ce que l’on prit autrefois plaisir à m’arracher sauvagement. Alors que les plus sensibles se laissent submerger par le flot d’émotions s’écoulant de mon âme, d’autres attendent avec ardeur la débâcle des enfants de l’Absolue.

Je commence à étirer l’ombre de mes mouvements afin de les nantir d’une profondeur et d’une intensité surnaturelles. Mes membres, rendus infinis par le jeu d’ombre et de lumière que j’instaure, se déroulent désormais avec plus d’ardeur. De mes ongles peints de couleur sombre jaillissent de longues lueurs ombreuses. Ma chevelure auburn et ondulée perd de temps à autres ses reflets roux pour s’étendre telle une nappe de ténèbres de part et d’autre de la salle enfermant l’écrin de magie que je représente. Ma danse prend soudainement une toute autre tournure, sublimés par la puissance de l’Ombre mes mouvements s’intensifient. J’atteins l’harmonie.

Alors que j’étais féline, je deviens tigresse. Mon corps dont on a souvent loué la beauté exalte des rais gorgés de ténèbres venant calquer contre les murs. Cette beauté que j’ai finie par mépriser autant que je méprise les hommes, revêt un insolent karma. Elle devient terrifiante. L’évocation de leurs noms me plonge en un profond sentiment d’amertume et suffit à me ramener des années en arrière sous les cris d’une jeune femme à l’agonie, étouffés par les râles sauvages d’un mâle en train de se déverser. Bien que la plupart d’entre eux m’inspire le dégout et l’écœurement, les élus de l’Ombre ont mon respect, non pour ce qu’ils sont mais parce que l’Ombre en sa clairvoyance a jeté son dévolu sur leur pauvre âme, l’emplissant de toute sa substance.

Cette pensée naissante se répercute rapidement sur ma gestuelle, devenue plus agressive. Mes talons martèlent le sol en une rythmique soutenue par le chant de mon corps et le claquement des lames sombres ondulant autour de moi. Mon identité de danseuse se fond derrière celle de la prêtresse infernale, dignitaire de l’Eglise. La luminosité de la salle du temple dont la responsabilité est mienne devient de plus en plus incertaine. L’atmosphère confinée se gorge de lourdeur, la voute ornant le plafond disparait dans le tumulte de ce qui pourrait s’apparenter à un ciel orageux, électrique. Ma démonstration atteignant son paroxysme, une kyrielle d’éclairs abyssaux s’abattent tout autour de mon être, dissimulant mes derniers enchainements endiablés derrière un voile obscur. Les ombres issues de ma volonté s’amoindrissent lentement, épousant les formes généreuses de mon corps et naviguant de mes orteils jusqu’aux bijoux d’opale dissimulés dans mes cheveux. Je me plais à mettre en évidence ma féminité, tant lors de démonstration face à mes disciples que lors de combats sanglants. Bien que je doive totale dévotion à l’Ombre que j’ai côtoyée par le biais de mes paternels depuis mes plus jeunes années en Semini, je garde ma féminité comme seul vestige de ce qui me fut ôtée. Ce passé, je l’ai scellé lorsque je suis rentrée au sein de l’Eglise pour devenir une protectrice de l’Ombre et perpétrer la foi en la seule puissance méritant d’être idéalisée et suivie.

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MessageSujet: Re: M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres]   M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres] EmptyMer 3 Aoû - 20:12

Hé bien, Kaname avait entendu les rumeurs, mais maintenant, il constatait de ses propres yeux que cette Ceres avait vraiment l'air … gracieuse, à défaut d'un autre qualificatif qui lui manquait. Sa danse alla crescendo, d'abord de simples mouvements d'artistes, puis l'ombre vint s'y mêler, n'ajoutant dans un premier temps que quelques effets visuels ― plutôt réussis, il fallait le reconnaître ― et terminer dans une apothéose de magie et d'art. Les spectateurs étaient sous le charme. Kaname était sceptique.
La femme qu'il avait en face de lui venait de faire une démonstration phénoménale de manipulation des ombres : elle avait fait preuve d'une puissance remarquable, d'une maîtrise parfaite de son don, mais aussi d'un sens artistique certain ― pour autant que Kaname puisse en juger, il s'intéressait autant à l'art qu'à l'apiculture, mais les autres avaient l'air d'apprécier alors … Par contre, si ses mouvements étaient sans aucun doute agréables à l'œil, dans une situation réelle, ils étaient parfaitement inappropriés. De même que ses vêtements : les robes fendues, c'était très bien pour les réceptions ou quand on voulait séduire un homme aux mains baladeuses, mais pour la bagarre, on repassera. Pourtant … Pourtant, Kaname sentait la puissance en elle. Elle manipulait tant d'ombres à la fois … alors que lui, lorsqu'il en utilisait plusieurs plus grosses que des aiguilles, devait fournir un effort si intense que sa concentration se brisait dès qu'il bougeait.
Et un jour, ça lui coûterait peut-être la vie. L'image de trois bandits le pourchassant apparut dans son esprit : ce jour-là, il avait été impuissant à se défendre, et un autre ― ou plutôt une autre, avec des oreilles de chats, des griffes tranchantes et une force surhumaine ― l'avait sauvé. Mais il aurait dû mourir. De dépit et de frustration, le prêtre se mordit la lèvre. Plus fort, devenir plus fort.

Le tonnerre d'applaudissements qui s'éleva soudainement le sortit brutalement de ses rêveries : tout le monde était debout, s'exclamant bruyamment d'enthousiasme et de ravissement sur la prestation de la prêtresse. Kaname se leva à son tour, un peu tard mais tant pis, et applaudit aussi, histoire de ne pas se faire remarquer, mais il avait hâte de passer à la suite. Depuis le début de son apprentissage, il avait toujours été plus adepte des travaux pratiques que de la théorie ou de l'observation …
Autour de lui, on commençait déjà à s'affairer. Apparemment, il avait raté une partie du discours, parce que chacun avait l'air de savoir ce qu'il devait faire : avec l'aide de quelques serviteurs et novices de la maison, on dégageait les bancs et les chaises pour laisser place à un vaste espace d'entraînement. Les spectateurs s'étaient regroupés par paire et faisaient quelques échauffements et exercices préalables à la manipulation des ombres. On attaquait donc bel et bien la partie pratique, tant mieux. Il commençait presque à s'ennuyer.

Par contre … Il n'avait pas très bien compris en quoi elle consistait exactement. Est-ce que Ceres allait montrer une technique que chacun allait tenter de reproduire ? Allait-on simplement s'échauffer et montrer l'étendue de ses talents afin d'être séparés en groupes de niveaux ? Ou plus intéressant, allait-on directement passer à de vrais travaux pratiques avec des simulations de combat ?
Parce que Kaname n'avait qu'une seule chose en tête à ce moment : voir ce que valait la prêtresse dans un vrai combat. Un combat contre lui. Pas contre la petite larve misérable qui venait de le rejoindre pour être son partenaire dans le prochain exercice. Mais bon … Plus tard. Avec moins de témoins.


Dernière édition par Kaname Hazel le Lun 22 Aoû - 22:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres]   M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres] EmptyJeu 4 Aoû - 20:26

Les applaudissements des spectateurs, bien que ce terme évoque plus le public d’un ballet que celui d’une partisante de l’Ombre, mirent un terme à cette démonstration. Essoufflée mais usant toujours de ma nature mystérieuse et troublante, j’élevai ma voix avec fermeté.

« L’Ombre est l’équilibre primaire, symbiose parfaite de la lumière et des ténèbres. Pour en ressentir la puissance il vous faut unir votre esprit et votre corps. Car c’est en l’équilibre que réside la clé de toute existence. »

Cette première partie me semblait nécessaire au déroulement de cette après midi dédiée à l’Absolue. Comme un prologue à l’enseignement, une cérémonie d’ouverture à ce cours, que bon nombre n’aurait manqué sous aucun prétexte à juger des moyens dont ils avaient fait preuve pour obtenir une place aux premiers rangs, cette introduction, en quelque sorte, laissait place à un exercice plus intéressant. Mes disciples étaient au courant du déroulement de l’après midi, si bien que dès que le monde se leva, ils en profitèrent pour pousser les bancs sur les murs et ainsi offrir un espace plus propice aux séries de mouvements qui suivraient. Durant ce laps de temps, j’en profitais pour m’éclipser, me rafraichir et enfiler une tenue plus propice à ce qui allait se dérouler par la suite et qui en disait long sur mes intentions.

L’eau fraiche sur mon visage balaya les quelques gouttes de sueur qui perlaient au niveau de mon front. Quelques gorgés me permirent de me rendre plus apte à l’épuisant travail de manipulation. Je ne saurais l’expliquer, manipuler les ombres m’était d’autant plus aisé lorsque je danse. Cette observation m’amenait à conseiller à mes disciples la quête du détachement et de l’éveil d’esprit pour mener cette tache vers une glorieuse réussite. Je n’avais de cesse de croire que la clé de la manipulation résidait en une subtile harmonie entre le corps et l’esprit, un respect de soi même que l’on avait tendance à bafouer au nom d’une liberté n’offrant que piètres illusions. Quittant mes rêveries, j’ôtais ma robe à l’abri des regards pour me vêtir d’un pantalon de toile moins raffiné mais plus pratique. Puis, je me débarrassais de mes fins talons pour les remplacer par une paire de bottines plates. Je restais néanmoins dans des teintes sombres que je me plaisais à arborer en raison du séduisant contraste qu'elles offraient associées à la pâleur de ma peau et aux reflets cuivrés de mes cheveux. Enfin je couvrais mes épaules d’une cape légère qui tombait jusqu’au niveau des chevilles.

Ainsi habillée, je retournai à la salle d’entrainement. Son centre avait été débarrassé des bancs et chacun commençais une série d’échauffement que mes disciples avaient pris soin de détailler pendant ma brève absence. Je contrôlais du regard mes hôtes et pouvais m’apercevoir de l’ardeur avec laquelle la plupart se donnaient à l’ouvrage, enchainant les postures nécessaires à l'étirement des muscles. Bien loin de n’être qu’un simple jeu d’ombre et de lumière, la manipulation des Ombres nécessite une préparation physique et mentale rigoureuse.


« La manipulation de l’Ombre nécessite un long et fastidieux travail de préparation physique et mentale. Seuls les plus robustes d’entre vous, tant de corps que d’esprit, auront accès à l’étendue de ce savoir universel pour extirper le venin de ce monde. Car l’Ombre maternelle vous béni et vous offre son pouvoir pour que chacun d’entre vous protège l’Eglise et l’Empire contre toute menace. »

Bien que d’une taille moyenne, soutenue par la longueur de mes jambes mise en avant par le pantalon que je portais, je me dirigeais vers l’estrade, recherchant une vue globale de la foule qui avait pris soin de s’aligner avec un certain ordre. Chacun espacé de ses voisins. Outre quelques empotés qui me semblaient s’être perdus en venant à ce cours, j’appréciais la souplesse de la majorité dont le visage dévoilait fanatisme et volonté à toute épreuve. Je m’évertuais moi-même à l'exercice de quelques mouvements bien que mon échauffement ait été dument effectué avant ma démonstration. J’effectuais une série de mouvements avec facilité et souplesse. Mes heures d’entrainements quotidiennes et rigoureuses m’offraient une grande agilité et une justesse que l’on ne pouvait qu’apprécier.

Mon regard s’élançait d’un bout à l’autre de la salle et s’arrêta sur un jeune homme dont le souffle manquait déjà. Cette image navrante qui dériva dans mon esprit en une carpe suffocant sur la terre ferme finit par me hisser à ses côtés. J’empoignais son épaule et exerça une pression suffisante pour le faire basculer.


« Vous me semblez bien boiteux mon cher et bien trop prétentieux. Je crains que vous n’ayez pas suivi mes instructions pourtant bien claires. » Me montrant aussi féroce que mes responsabilité l’exigeait, je renchéri « L’Ombre n’a nul besoin de protecteurs bancals, aussi je demanderai à tout ceux dont ses quelques mouvements ridicules ont épuisé de quitter ce temple sur le champ ! » Toisant ma proie de ses quelques instants, je continuai : « Quant à vous, relevez vous dignement ou quittez les lieux sur le champ ! »

Bon nombre devaient me connaitre bien assez pour savoir à quel point je méprisais la prétention injustifiée et, jugeant la compassion comme véritable poison, je n’hésitais jamais à faire part de mes pensées même les plus rudes à entendre. Ce n’était malheureusement pas la première fois que je chassais les gandins venus faire mumuse à l’ombrette. Pathétiques, méprisables, aussi écœurants qu’incompétents. Je gravis l’estrade et regagnai ma place de maitresse des lieux. Il me fallait pour l’heure mesurer le niveau général de l’assemblée afin que je sache à quoi m’attendre. Je savais que l’aisance dans la manipulation des ombres était assez hétérogène, ainsi il était probable que je sois contrainte de scinder la troupe en deux. Ou qu’alors chaque novice soit apparié avec quelqu’un de plus compétant. Il me fallait pour trancher une vue d’ensemble des compétences qui résidaient pour l’heure en ce lieu.

« A présent détachez vous de ce monde afin de palper l’immatériel et atteindre l’Ombre. Oubliez ce qui vous retient à ce bas monde, atteignez l’Harmonie du corps et de l’esprit. Ainsi l’Absolue s’offrira à vous. »

A mesure de mes paroles, j’agitais mes bras avec douceur en de larges mouvements et levai ainsi des tentacules d’ombres oscillant avec légèreté autour de ma personne. J’attendais de voir s’élever devant mes yeux une multitude de flammes oscillant entre lumière et ténèbres.

« Que chacun d’entre vous tente d’appeler les enfants de l’Absolue et les invite à s’élever gracieusement. Ainsi nous serons aptes à poursuivre. »

Cette dernière réplique me semblait assez éloquente. Certains quittèrent la salle jugeant la tache trop rude ou mes remontrances trop abruptes. Cela ne m’atteignait pas, je restai à l’afflux de ce qu’il se passait.
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MessageSujet: Re: M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres]   M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres] EmptyVen 5 Aoû - 10:03

Dans la salle, chacun s'était mis aux échauffements, même la maîtresse de cérémonie. Kaname aussi faisait quelques mouvements, sans y mettre tout son cœur : il avait suffisamment l'habitude des « exercices physiques » pour pouvoir être prêt à tout moment, sans avoir besoin d'échauffements particuliers. Il s'y pliait tout de même sans mauvaise grâce puisqu'il avait été assis pendant un assez long moment et que ses muscles avaient besoin de se réveiller.
Tandis qu'il s'étirait, il observait la salle et les ecclésiastiques venus assister au cours. Certains avaient l'air particulièrement motivé et s'appliquaient à reproduire à la lettre les gestes d'échauffement inculqués durant la formation. Le partenaire de Kaname était de ceux-là … mais Kaname comprit rapidement qu'il ne tiendrait pas la route. Il s'épuisait beaucoup trop vite et faisait beaucoup trop de mouvements inutiles : ça n'était plus de l'échauffement, c'était un régime intensif … D'ailleurs, on discernait facilement un léger embonpoint sous sa tunique. Pathétique.
Kaname entendit quelqu'un se rapprocher à pas rapide. Une seconde plus tard, Dame Ceres avait envoyé à terre son ex-partenaire.

« Vous me semblez bien boiteux mon cher et bien trop prétentieux. Je crains que vous n’ayez pas suivi mes instructions pourtant bien claires. L’Ombre n’a nul besoin de protecteurs bancals, aussi je demanderai à tout ceux dont ses quelques mouvements ridicules ont épuisé de quitter ce temple sur le champ ! Quant à vous, relevez vous dignement ou quittez les lieux sur le champ ! »

Hé bien, quel caractère ! Et encore une fanatique de l'Ombre en prime. Ça promettait … Kaname remarquait toutefois au passage qu'elle avait troqué sa robe de danse contre un pantalon bien plus pratique, et qu'elle avait également changé de chaussures. Ce qui expliquait pourquoi il ne l'avait pas reconnue lorsqu'elle s'était approchée …
En face de lui, le prêtre enrobé se releva, le visage écarlate tant à cause de l'effort que de la honte. Kaname croisa ses yeux et lui lança un regard qu'il voulait emprunt de pitié, mais qui au final ressemblait plutôt à du mépris. L'autre prêtre lui rendit un regard noir, empli de colère et peut-être aussi un peu de haine, mais il choisit de rester et de subir l'exercice plutôt que de s'en aller, humilié devant tous.

« A présent détachez vous de ce monde afin de palper l’immatériel et atteindre l’Ombre. Oubliez ce qui vous retient à ce bas monde, atteignez l’Harmonie du corps et de l’esprit. Ainsi l’Absolue s’offrira à vous. »

S'il y avait bien une chose que Kaname détestait lors des discours durant les entraînements de manipulation des ombres, c'était la partie philo-théologique qui ressemblait aux paroles d'un gourou de secte. L'Absolue ne s'offre à rien du tout, pour manipuler l'Ombre, il fallait aller la chercher. S'entraîner longtemps, beaucoup pratiquer. Il faut être fort pour maîtriser l'Ombre, et l'Ombre rendait plus fort encore. Et puis, il aimerait bien voir ce que ça donnait en combat de se « détacher de ce monde », de « palper l'immatériel » et autres imbécilités. Essaie donc de quitter des yeux ton adversaire une petite seconde pour te lancer dans une méditation, et il risque de t'arriver des surprises …

« Que chacun d’entre vous tente d’appeler les enfants de l’Absolue et les invite à s’élever gracieusement. Ainsi nous serons aptes à poursuivre. »

Kaname fit la grimace en observant les mouvements de la prêtresse et les volutes d'ombre qui s'élevaient autour d'elle. L'exercice n'était pas hors de portée du prêtre, mais il n'aimait pas ce genre de pratique. Son truc à lui, c'était plutôt les ombres fines qui ne se matérialisaient que pendant une fraction de seconde, juste le temps de transpercer ou de découper l'ennemi. Ou bien, parfois, solidifier une ombre unique et large pour s'en servir de bouclier. Parfois même, élever de quelques centimètres une ombre longue et fine, juste assez haute pour faire trébucher son adversaire, comme ce qu'il avait fait lors de sa mission avec les jumelles ― qu'elles aillent brûler parmi les hérétiques.
Quand il s'agissait d'élever plusieurs ombres à la fois, pendant un laps de temps assez long, il avait besoin de bien se concentrer et il dépensait plus d'énergie que d'habitude. Ça n'était pas impossible, mais ça l'agaçait. Et il ne voyait pas l'utilité que cela pouvait avoir en situation réelle alors il n'avait jamais beaucoup pratiqué … Il aurait préféré un exercice du genre « Détruisez ces cibles avec l'Ombre ! » mais il n'avait pas le choix … Avec un soupir, il se concentra et commença faire des mouvements amples et lents, et les lambeaux d'ombre s'élevèrent silencieusement autour de lui. Il rouvrit les yeux, satisfait de son travail et jeta un œil au reste de la salle.

Ce qu'il vit le surprit tant qu'il perdit sa concentration et que les ombres se dissipèrent aussitôt. Beaucoup peinaient à faire l'exercice, ce qui allait de la simple ombre tremblotante s'élevant avec difficulté mais s'élevant tout de même, à ceux qui ne parvenaient pas à maintenir une ombre consistante au-delà d'une dizaine de secondes et de cinquante centimètres de hauteur. Quelques-uns, dépités par la difficulté de l'exercice ou par les remarques du professeur, quittèrent même la salle ; le prêtre au léger embonpoint en faisait partie. D'autres en revanche, étaient très à l'aise et faisaient danser les ombres autour d'eux comme s'ils avaient fait ça toute leur vie.
Kaname se reconcentra et fit s'élever à nouveau les ombres, en espérant ne pas avoir été remarqué. En tout cas, il priait pour ne pas se retrouver avec des imbéciles à peine capable de manier les ombres … Il était là pour apprendre, pas pour constater la médiocrité des autres !
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MessageSujet: Re: M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres]   M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres] EmptyMar 9 Aoû - 20:44

Ce genre de démonstration s’appliquait difficilement aux novices les moins expérimentés, il m’était difficile, au vue du nombre de participants, d’offrir une initiation à la manipulation des ombres par ci et du perfectionnement par là. Toutefois, observer les meilleurs me semblait important et je me rendis vite compte que certains manipulaient les Ombres avec aisance et un style singulier, charmant. Les femmes étaient souvent plus habiles, levant les bribes d’Ombres en d’amples et doux mouvements. Cette après midi était idéale pour exagérer ses mouvements, s’évader afin d’atteindre la quintessence de ce monde ; subtile énergie étrangère à cette terre brulée par l’hérésie que l’Eglise s’évertue à châtier, pansant avec fermeté les blessures qui lui sont faites. Punir les êtres osant profaner le tombeau des origines de ce monde nécessite un rude entrainement et une foi sans limite. Ainsi je m’évertuais à perpétrer le savoir de l’Eglise, à rassembler le peuple autour de la foi, usant de ma rhétorique enseignée alors que je dansais encore dans l’innocence.

L’issue de cet exercice ne fut guère différente de celle imaginée en amont. A vrai dire, je me désolais du niveau global des novices qui peinaient à laisser léviter une pauvre flammèche d’ombre plus de quelques secondes. Au moins, ils semblaient tous nourris du désir d’accéder au savoir immuable de l’Eglise. Les convictions quant à elles, restaient derrière ces murs. Et plus généralement derrière l’Eglise qui devait se montrer aux devants de tout désir et de toute obligation. La seule et unique restant celle de servir l’Ombre par le biais des paroles de ses hauts protecteurs. Du haut de mon estrade je les toisais les uns suant mais parvenant à élever des ombres, les autres gesticulant tels des poissons hors de l’eau et s’immobilisant en de ridicules positions. Une poignée seulement me semblait apte à me divertir quelques peu. Une myriade de petites ombres s’élevaient toutes aussi différentes les unes que les autres. Les ombres timides et tremblotantes côtoyaient les lames de ténèbres parfaitement matérialisées.

Cet exercice assez ardu car nécessitant un entrainement certain ainsi qu’une bonne concentration, permettait d’effectuer un premier tri parmi les novices. Il faut dire que ce genre de pratiques différait de la situation de combat par de nombreux points. Tout d’abord, il était rare d’avoir recours à une manifestation ombreuse aussi régulière et agréable à l’œil, et puis l’adrénaline montant, les décisions devant être prises à la hâte afin de toujours devancer son adversaire ne correspondait pas à ce que je demandais. Chaque chose en son temps, l’après midi ne faisait que débuter.

Je descendis de l’estrade et passai entre les novices s’évertuant à faire pointer vers le plafond un lambeau d’Ombre. Je retrouvai le bedonnant qui avait eu le droit à quelques reproches de ma part. Son visage était écarlate et ses mouvements tellement incongrus qu’il semblait avoir les deux pieds dans le même sabot. Mes pas avaient finalement plus l’effet d’importuner les disciples qui peinaient à contenir leurs ombres en me voyant arriver. Soupirant, j’en avais assez vu et retournais sur l’estrade afin d’annoncer la suite.


« Très bien, très bien. Certain d’entre vous me semblent incommodés par cet exercice qui demande une grande concentration et bon nombre d’heures d’entrainement. Néanmoins, il vous faudra progresser afin de parvenir à élever l’Ombre avec aisance. Ainsi vous serez puissants, redoutés et châtierez les ennemis de l’Eglise. »

Les rumeurs allaient bon train sur l’ignorance des philosophes et leur hérésie manipulatrice de poussières. C’était aux ennemis puissants que j’osais prétendre préparer ces novices qui ne cessaient de me décevoir. Enfin, la série d’exercices pratiques pointait et devait titiller leur attention.

« Cet exercice avait pour objectif de vous scinder en groupes de niveau afin que les meilleurs ne perdent pas leur temps avec les moins capables ».

Je convoitais des élèves doués pour les amener à un niveau encore plus haut. Quitte à délaisser les incapables. L’art de la manipulation n’est pas un don mais un long travail sur soi même nécessitant bon nombre d’années, ainsi les meilleures sont ceux baignant dans la foi depuis leur naissance, grandissant parmi les vérités de l’Eglise.

« Que ceux qui ne sont pas parvenus à élever au-delà d’une dizaine de seconde une ombre matérialisée sur une cinquantaine de centimètre se décale vers la droite. Que ceux qui sont parvenus à dépasser cette limite se mettent à gauche. Enfin les personnes ayant réussi à matérialiser plusieurs ombres de leur taille pendant une durée honorable avancent vers l’estrade. »

Je partageais ainsi la foule en plusieurs groupes en me basant sur les aptitudes à la concentration de chacun. Mes propres disciples quittèrent la salle afin d’installer le nécessaire à la poursuite de l’après midi. J’invitais les meilleurs à monter sur l’estrade afin de travailler l’habilité et la précision. Ces derniers n’auraient pas à subir ces exercices d’adresse bien longtemps qui rapidement laisseraient place à des situations de combats. Le groupe de gauche par contre s’attardera sur des exercices mettant à rude épreuve la rapidité et l’agilité dans la manipulation des ombres. Mes disciples arrivaient d’ailleurs avec des sortes de mannequins de bois, plus ou moins robustes ainsi que de nombreuses caisses contenant des disques. Les mannequins ne reproduisaient que sommairement le corps humain, ils n’avaient à vrai dire d’humain qu’un semblant de tête et un long tronc qui finissait sur un pied large et lesté. Alors que mes disciples expliquaient un exercice basique de manipulation qu’ils connaissaient sur le bout des doigts aux moins entrainés, je m’apprêtais à expliquer comment je comptais utiliser les différents accessoires.

« Voyez devant vous une série de mannequins qu’il vous faudra renverser en utilisant l’Ombre. Vous remarquerez plusieurs cercles dessinés sur ceux-ci. L’un sur le font comme vous le voyez et trois autres sur le tronc. L’enjeu est de renverser ces mannequins en ne frappant qu’à ces endroits précis. Chacun de vous sera à une même distance de la cible et devra s’y tenir. Formez plusieurs lignes face aux mannequins et commencez. »

Plusieurs mannequins avaient été disposés sur une même ligne, les uns à côtés des autres. L’écart entre chacun était constant et assez conséquent pour que plusieurs novices puissent travailler en parallèle. Je montrais l’exemple en me plaçant derrière la ligne puis commençant à élever quatre fines colonnes d’Ombre devant moi. D’un geste vif je les lançai vers la cible les dotant d’une célérité honorable. Mes ombres vinrent frapper au niveau des quatre cercles et propulsèrent le mannequin contre le mur. Mes disciples placèrent le mannequin à sa place initiale et l’exercice débuta. Comme je l'avait précisé précédemment, je n'en demandais pas tant. Il fallait tout bonnement que le mannequin chute sous un coup porté avec précision sur l'un des repères.
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MessageSujet: Re: M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres]   M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres] EmptyJeu 11 Aoû - 11:14

Spoiler:
 

Kaname se dirigea lentement vers l'estrade et se mêla au groupe de ceux qui avaient le mieux réussi l'exercice. Combien étaient-ils ? Une vingtaine ? Trente au maximum. A vrai dire, Kaname n'était pas peu fier d'en faire partie … Et puis, ce groupe-là allait sans doute faire les exercices les plus intéressants et avoir droit à l'attention toute particulière de Dame Ceres … D'ailleurs, il remarquait que les autres groupes avaient déjà été pris en charge parce d'autres prêtres, probablement les disciples de la prêtresse. Quelle pitié … Ils étaient si faibles que de simples novices dirigeaient leur apprentissage.

Entendant Helena parler, Kaname se retourna. Pendant qu'il regardait ailleurs, on avait installé des mannequins sur lesquels étaient dessinées plusieurs cibles à des endroits stratégiques … Pas besoin d'être un génie pour comprendre la teneur de l'exercice … Mais le prêtre était ravi : l'exercice qu'on lui proposait correspondait enfin à ce qu'il était capable de faire et surtout à ce qui était vraiment utile en situation réelle.
La démonstration de la prêtresse lui fit une forte impression, et il avala sa salive. Frapper une seule des cibles était chose facile, frapper les quatre en même temps et très précisément était en revanche largement plus compliqué … Non seulement, il fallait se concentrer pour créer les quatre ombres en même temps, mais en prime, il fallait viser le cœur de chacune des cibles. C'était comme tirer quatre flèches en même temps, pour toucher quatre cibles distinctes ! Chaque chose en son temps : d'abord, réaliser la base de l'exercice demandé et faire tomber le mannequin. Un des disciples donnait le signal de départ.

Poum. Le mannequin face à Kaname tomba en arrière dans un bruit sourd et fit s'élever un petit nuage de poussière. Il ne lui avait fallu qu'un geste rapide du bras pour invoquer une ombre rapide qui vint frapper la cible du front avec une telle force – ou plutôt une telle vitesse ― qu'elle laissa un petit impact au milieu. Plusieurs regards se tournèrent vers lui : c'était le premier mannequin à chuter. Cette attention soudaine le dérangea, mais elle se dissipa très vite lorsqu'un autre mannequin chuta à son tour, puis un deuxième, puis un troisième. Kaname se recula pour laisser la place à un autre novice, et réfléchit à la suite. Cet exercice était facile pour lui : il l'avait déjà pratiqué sur des cibles vivantes à la seule différence qu'il n'utilisait pas les ombres pour faire tomber la cible, mais plutôt pour transpercer le cœur ou n'importe quel autre point vital. Il fallait qu'il complique un peu la chose …

Et ce fut à nouveau son tour. Cette fois-ci, il tenta de frapper deux cibles en même temps, et toucher les deux « poumons » du mannequin … et fut plutôt content du résultat. Il n'avait pas atteint exactement le centre des cibles, mais il les avait touché toutes les deux, et le mannequin était tombé à la renverse, alors … Finalement, le plus dur avait été de résister à la tentation de donner à ses ombres la forme d'aiguille qu'il affectionnait tant. Il eut été ennuyeux qu'il transperce les mannequins d'entraînement de la prêtresse …
La deuxième étape fut nettement plus difficile. Il tenta de redresser le mannequin avec l'aide des ombres … Son plan était simplement de soulever une ombre sous le mannequin, mais le poids de l'objet le fit glisser et ce fut un disciple qui le rattrapa et le remit à sa position initiale. Kaname pesta intérieurement, mais laissa sa place à un autre, pour mieux observer les autres prêtres qui s'entraînaient.
Le niveau général était plutôt bon, et la plupart réussissaient l'exercice sans trop de difficulté. Le passage à deux cibles posait toutefois plus de difficultés, et si les mannequins chutaient, la précision manquait.

Et ce fut encore son tour. Il était temps de corser un peu l'exercice … Kaname invoqua trois ombres et les lança en même temps. Mais le résultat fut … décevant. Et il n'eut pas plus de chance en tentant de redresser le mannequin : il matérialisa une ombre autour du socle pour l'empêcher de glisser, mais le mannequin tomba de côté. S'il voulait le redresser, il allait devoir invoquer une ombre beaucoup plus large sous le mannequin … sans oublier qu'il devait manipuler en même temps celle autour du socle. C'était en soi un exercice plus difficile que celui des cibles.
A côté de lui, un prêtre avait remarqué son manège et l'imita. Les prêtres avoisinants firent bientôt de même, jusqu'à ce que peu à peu, tous les « étudiants » tentent de redresser les mannequins par eux-mêmes, sans qu'aucun ne rencontre beaucoup plus de succès que Kaname.

Kaname, lui, commençait à fatiguer. Il avait dû passer quoi … une dizaine de fois ? La concentration à fournir l'épuisait mentalement, et il avait de plus en plus de mal à se focaliser sur la cible, même si physiquement, il tenait encore le coup. Il avait changé de tactique : plutôt que d'essayer de toucher précisément le centre des cibles, il se contentait de viser la cible ce qui demandait moins d'efforts. Et ça marchait : au dernier tour, il avait touché les derniers cercles de deux cibles et frôler la troisième cible … Bon, il n'avait pas encore réussi, mais il s'approchait du but.
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MessageSujet: Re: M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres]   M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres] EmptyVen 19 Aoû - 14:07

Si l’exercice précédent en avait fait suer plus d’un, l’entrainement pratique suivant semblait bien plus abordable et intéressant aux yeux de la vingtaine d’élus que j’avais sélectionnés pour leurs compétences assez avancées. Il n’y avait malheureusement rien de transcendant, pas de talent comme j’aime l’apprécier. Ce niveau, somme toute, passablement moyen me confortait tout de même dans l’utilité de ces cours de manipulation régulièrement tenus. A vrai dire, ces heures passées à dicter des exercices d’adresses, sermonner les incapables ou à reconnaitre et magnifier le talent de certains, étaient devenus la signature de mon nom. Je possédais, aussi, ce charisme nécessaire à l’engouement des foules et une verve agréable à l’oreille. Cette rhétorique dont l'Eglise pouvait jouir pour charmer les Ishtariens faisait partie de l'apprentissage d'un novice. Mais chaque chose en son temps...

Le premier mannequin tomba suite à l’assaut d’une ombre fine et rapide engendrée par le mouvement furtif d’un novice au regard concentré. Ainsi, les autres suivirent cette voie brillamment ouverte. J’attendais d’eux qu’ils ne se contentent pas d’utiliser la cible la plus propice au renversement, c'est-à-dire celle située au niveau de front, mais de s’évertuer à osciller entre ces dernières, en toucher une, deux voire même les trois comme je venais de le suggérer. L’exercice démarrait parfaitement, ainsi, j’allais faire un tour du côté des deux autres groupes de niveau. Les moins doués ne pouvaient qu’être amenés à des exercices de méditation primaire dont je laissais l’organisation à mes novices qui transmettaient à leur tour ce que moi-même leur avait transmis. Ces exercices de méditation m’intéressaient car ils permettaient de faire travailler l’éloquence de mes élèves. Posant ainsi leur voix pour décrire les positions à prendre ainsi que les images à se projeter dans l’esprit, ils aiguisaient leur verve et tempéraient leur fougue. Au-delà de la manipulation de l’Ombre originelle et des savoirs érudits, le prêtre confirmé se devait de posséder une rhétorique travaillée et se montrer habile. L’art de parler aux foules s’enseignait également dans ce temple.

De l’autre côté, les mannequins ne cessaient de mordre la poussière sous la puissance des ombres déchainées. Le front n’était plus au centre de toutes les stratégies, bien au contraire tous tentaient d’utiliser les deux autres points. Les cœurs de ses êtres factices étaient mis à rude épreuve. Le résultat était tout juste convenable. Les mannequins mordaient la poussière les uns à la suite des autres mais la précision manquait. Les cibles étaient parfois à peine frôlées ou bien trop souvent l’impact des ombres était trop éloigné du centre. Toutefois, bien loin de n’être que navrants, cette vingtaine d’apprentis se forçaient à l’originalité, allant jusqu’à tenter de remettre les mannequins debout en utilisant l’Ombre. Les tentatives n’étaient guère concluantes. Les capacités de concentration et de manipulation n’étaient pas à la hauteur de l’envie et de l’imagination. Ainsi, quelques fidèles du temple restaient de corvée et ne cessaient de remettre les solides épouvantails sur pieds. Après une dizaine de passages, celui qui avait ouvert le bal proposa d’imiter ce que j’avais fait lors de mon exemple. Ainsi, trois ombres se matérialisèrent en même temps et tinrent mes prunelles à l’affut. Ces lames gorgées de ténèbres jaillirent vers le mannequin et le renversèrent mais en omettant les points stratégiques dessinés. Si la matérialisation et le maintient des trois ombres était correct, la précision des trois impacts était très mauvaise. Le contrôle des ombres laissait bien à désirer. L’exemple lancé, d’autres imitèrent cette entreprise mais tombèrent tout comme leur confrère dans l’échec le plus cuisant.

Au moins la prise de risque m’amusait quelque peu. Quelques tours plus tard, je voyais nettement perler sur le front de chacun quelques gouttes translucides ne demandant qu’à s’écouler le long des visages. Bien que rien d’incroyable n’avait été offert à mes prunelles, je décidai ne pas m’éterniser sur cet exercice pratique dont les novices me semblaient avoir exploré tous les recoins. La concentration fléchissait et si la précision était tout juste convenable en début d’exercice, elle devenait de plus en plus médiocre. Néanmoins la volonté de multiplier les ombres envoyées pour déstabiliser le mannequin me fit sourire, aucun n’avait lâché et tous s’évertuaient à faire danser trois flammes brunes afin de toucher les trois cibles dessinées. Il était tant d’arrêter ce qui devenait plus une foire au n’importe quoi qu’un exercice d’adresse où chacun devait quérir la justesse.

Mouvant mes bras en une rythmique soutenue, j’appelais de larges nappes d’ombre à s’élever du sol pour pousser les mannequins dans un coin. Sous la pression des ombres, les cibles de bois se rangèrent au bout de l’estrade, toutes alignées les unes à côté des autres.


« J’en ai assez vu. Je me dois toutefois de vous signaler que je m’attendais à bien pire. Rien d’extraordinaire ne m’a été donné à voir, mais, bien que la justesse se fit désirer quelque peu, l’ensemble m’a semblé correct et intéressant. »


Il fallait que ce soit dit, j’avais vu bien pire. A vrai dire il m’arrivait d’avoir un mal fou à séparer les novices venus participer à mes cours tant ils étaient médiocres. Cette après midi, un niveau passablement correct m’était parvenu. Très bien, très bien. J’avais besoin de me divertir.

« Bien… Bien… La suite requiert un grand espace étant donné le contrôle de l’Ombre assez moyen dont vous avez fait preuve sur cet exercice. Suivez-moi et profitez-en pour reprendre votre souffle, vous en aurez besoin pour la suite. »

Je traversai la salle d’entrainement pour déboucher sur la grande cour enfermée par les murs du temple. Derrière les massifs fleuris, élégamment disposés, se dressait un large espace de verdure accessible par un chemin de pierres sombres. Cette étendue de pelouse était délimitée par des colonnes nervurées formant un petit espace bien dégagé. Le soleil n’était pas si franc et offrait des conditions agréables pour continuer l'après midi. Mes novices apportèrent quelques cartons contenant des disques de bois dont la forme pouvait rappeler celle des assiettes à dessert. Beaucoup semblaient fendus ou présentaient un grand nombre de défauts. Après l’exercice de la cible statique, l’épreuve des cibles en mouvement pointait.

« Entre ces colonnes de marbre se déroulera le prochain exercice nécessitant la formation de paires. Ainsi je vous laisserai vous apparier lorsque j’aurais achevé mes explications. Cette activité met en œuvre les disques de bois que vous voyez derrière moi. Chaque paire disposera d’une vingtaine de disques. Alors que l’un devra lever le disque dans les airs en lui offrant une trajectoire courbe, l’autre devra stopper son vol et l'amener contre la terre ferme. Bien entendu, vous ne pouvez recourir qu’à l’Ombre. »

J’agitai furtivement mes membres pour lever l’ombre d’un carton et propulser son contenu dans les airs. Les petits disques quittèrent leur place et se répandirent dans les airs de la façon la plus anarchique qui soit. J’avais tout de même fait en sorte de les lever d’une hauteur suffisante, laissant le temps aux élèves de l’après midi de comprendre ce qui arrivait.

« Attrapez moi tout cela ! »

Je levai quelques tentacules d’Ombre afin de réceptionner les disques qui lévitaient lourdement au dessus de moi. Les bras ombreux que j’invoquais s'enroulaient autour des morceaux de bois pour les ramener sur le sol dans l’ordre le plus parfait. Ainsi, j’empilais quelques disques les uns sur les autres à proximité immédiate de mes pieds. Je laissais la vingtaine de disques en lévitation à l’appréhension des élèves dont chacun d’entre eux devait rattraper un disque de bois.
A l’issue de cette fantaisie, lorsque toutes les paires seront effectuées, je donnerai le départ de l’exercice des cibles mouvantes.

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MessageSujet: Re: M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres]   M'accorderez-vous cette danse ? [Helena Ceres] EmptyJeu 25 Aoû - 9:16

Kaname avait besoin d'une petite pause. Il s'était arrêté en bout de file, et laissait sa place à qui venait se placer derrière lui, grappillant ainsi quelques précieuses minutes de repos. Il commençait à trouver que l'exercice s'éternisait un peu, surtout que les prêtres tournaient un peu en rond à cause de la fatigue, et finalement, ne progressaient pas vraiment. Il n'était pas le seul à reprendre son souffle …
La maîtresse de cérémonie avait dû remarquer leur essoufflement car les mannequins, poussés par l'Ombre, quittaient le devant de la scène. Pas trop tôt ! Par contre, ils allaient devoir changer de salle, à cause de leur manque de compétence apparemment. Kaname prit assez mal la chose, mais il n'y pouvait rien, aussi se contenta-t-il de suivre docilement le troupeau, non sans remarquer le regard curieux, et peut-être aussi un peu envieux, de certains novices des groupes inférieurs. Assurément, ceux-là devaient être bien déçus de leur sort : l'enseignement de la prêtresse n'était réservé qu'aux meilleurs parmi les étudiants. Dommage pour vous, les gars, fallait bosser plus !

L'autre salle en question s'avéra être un jardin. Un joli jardin en plus, avec des massifs de fleurs, des allées en pierre, et un mur pour fermer tout ça. Ça sentait fort le riche, ici ! Mais pourquoi les avoir amenés là ? Il fallait que l'exercice soit vraiment dangereux pour avoir besoin d'un espace pareil … à moins simplement qu'elle ne craigne qu'ils frappent par mégarde les débutants. Pourtant, ça aurait pu être drôle.
L'explication arriva des mains des assistants qui transportaient de grosses caisses contenant ce qui ressemblait fort à des disques de bois, un peu trop usés par l'entraînement. Kaname fit vite le lien entre l'exercice sur cible statique avec les mannequins et celui-ci ; ce n'était que d'une oreille distraite qu'il écoutait les explications de Ceres. Intercepter les disques volants avec l'Ombre, ça promettait … Il avait déjà une petite idée quant au comment il allait pouvoir faire.

Les disques s'élevèrent tout à coup dans le ciel et les étudiants tentaient tous de les rattraper. Kaname y fit à peine attention. Il était tout au bout de la masse des prêtres, et il n'avait pas envie de s'épuiser dès maintenant à utiliser les ombres pour attraper les deux ou trois pauvres disques qui auront peiné à venir jusqu'à lui. Il préférait encore les laisser tomber et les ramasser après. Il s'associa avec un prêtre solitaire à côté de lui et rassembla quelques disques qu'il passa à son confrère. L'exercice allait enfin pouvoir commencer …
Et l'autre envoya le disque. L'objet décrivit une jolie courbe en hauteur, mais il volait droit sur le prêtre à une vitesse des plus raisonnables. Kaname sourit : avec un tel lancer, ce serait un jeu d'enfants d'intercepter le disque !

Il éleva rapidement une ombre en forme de lance à quelques dizaines de centimètres de lui, et elle vint transpercer le disque en plein vol, presque au centre. Empalé sur l'ombre, le disque décrivit plusieurs cercles sur lui-même avec l'ombre pour axe central, et descendit doucement mais de plus en plus rapidement jusqu'au sol. Avec un sourire de satisfaction, Kaname relâcha l'ombre, tandis qu'ainsi libéré, le disque continuait un peu sur son élan et glissait de quelques centimètres sur la pierre. Forcément, cet exercice-là était plutôt à son avantage. Empaler des trucs qui bougent, il savait faire, même qu'il faisait ça plutôt souvent !
En relevant la tête, il s'aperçut toutefois que son partenaire pour l'exercice ne partageait pas sa satisfaction. Pourquoi faisait-il la tête celui-là ? Suivant son regard dirigé sur le disque de bois, Kaname comprit son erreur. Certes, il avait atteint l'objectif de l'exercice : amener le disque au sol avec l'ombre, mais avec un énorme trou au milieu, le disque était désormais inutilisable. Déjà qu'il n'était pas dans un état neuf au départ …

Ronchonnant un peu, Kaname secoue la tête pour faire signe à son partenaire qu'il avait compris. Désormais, il ne se contentait plus que de frapper les disques avec l'Ombre pour les déséquilibrer et les amener au sol. C'était nettement moins exaltant, et ça lui paraissait plutôt inutile, mais bon …
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