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 Hall of Shame. [PV Marius]

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Mist
Á mon cerveau regretté

Mist

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MessageSujet: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptySam 9 Juil - 23:37

Marius m'avait proposé de m'appuyer sur lui pour le retour, la tentation était grande, mais Mist le Valeureux ne pouvait se permettre cet écart de conduite alors que la veille même il avait dit ne pas être une grosse victime. Même à moitié noyé comme un chaton nouveau né, je me devais de rentrer par mes propres moyens. Surtout que Marius portait déjà la petite fille, et qu'il n'était pas plus de l'étoffe du gladiateur gros plein de muscle que moi.
Je regagnais donc la Vieille Masure en me trainant derrière Marius, et en sachant fort bien que la journée était loin d'être finie. Tout ce que j'avais promis la veille, il fallait que je l'applique, je me sentais poussé par quelque chose que je ne comprenais pas très bien. Sincèrement, quel rapport y a-t-il entre le terrorisme et le fait que je prenne un bain ? Réponse : rien. Je visais aussi autre chose, mais j'avais du mal à me l'avouer.

Donc j'ai effectivement pris n bain et changé de vêtement. Ça faisait longtemps. Enfin je suis passé après la petite dans la baignoire, parce qu'à cet âge là, rester couvert de merde et avoir froid, c'est dangereux. En effet, on avait décidé de la ramener, finalement, et la femme rousse l'avait prise sous son aile, ce qui m'a grandement rassuré. Je ne savais pas plus que Marius qu'est ce qu'on était censé faire d'un enfant. Donc là elle a pu se laver, enfiler une tunique usée pour faire comme une robe mais sauf que les bras sortent pas des manches – on manquait de vêtements pour enfant ici, effectivement, déjà que moi j'trouve pas ma taille – et manger des tartines. Et elle ne manqua pas finement de rappeler qu'elle avait mangé des tartines avec les mêmes personnes auparavant, mais elle ne se souvenait plus trop pourquoi. Dans la foulée, la rousse avait lavé son ours aussi qu'elle continuait de serrer contre son cœur. Une fois bain et nourriture engloutie, elle avait l'air beaucoup mieux et s'est endormie par terre devant la cheminée avec Chester en Armure. Une bien belle matinée donc. C'est fou la capacité de cicatrisation de l'esprit quand on est gosse, dans sa tête elle avait décidé qu'elle était tombée toute seule dans le fleuve et qu'elle passait un genre de journée sympa avec des amis avant de retourner chez son papa. Il y avait son ours favoris ici, donc tout allait bien en fait ?

Enfin moi j'étais parti m'occuper de trucs autrement plus importants en attendant. J'ai commencé par voler une ceinture décente, parce que la ficelle autour des hanches, ça fait pas sérieux. Le cuir, oui. Un vol qui s'est très bien passé, rien à signaler. J'ai juste dû faire plein de trous en rab' avec mon couteau. Ensuite j'ai mis tout le produit de ma mendicité bout à bout pour péniblement acheter une pommade contre la gale, que je ne pouvais pas voler puisqu'il ne suffisait pas de rentrer dans le magasin et se servir pour en avoir. L'apothicaire m'a donné un pot de pommade que j'ai ramené à la maison, sans oublier le truc contre les poux et les puces – mais là j'ai pu me servir tranquille sans payer, c'est plus simple comme produit. Donc mort aux parasites. Il me restait plus qu'un truc que je voulais faire aujourd'hui.

J'ai pris Vicieux Irvin avec moi, parce que j'avais l'intention de réclamer un service que je n'allais pas payer après, et au cas où je ne courrais pas assez vite... enfin un chien comme ça, c'est la sécurité, il se battrait avec lui même si il pouvait. Et je suis sûr qu'il gagnerait. Mais bref.
Je cherche donc le pigeon qui ne me demandera pas de payer avant la chose accomplie. Je finis par trouver, on trouve toujours. Je veux faire sauter le cadenas qui m'empêche d'enlever le collier en fer autour de mon cou. Le problème, c'est de trouver un maréchal-ferrant qui sache lire aussi, mais je finis par m'en sortir. Je pose la tête sur l'enclume, et en deux coups de burin c'est finit. C'est les deux plus longs coups de mon existence, ça me fait résonner les dents et j'ai une trouille monstre que ça finisse dans ma tête, mais je peux enlever le collier. Potentiellement. En fait je m'aperçois que je ne m'en débrouillerais pas seul, parce que dès que je le bouge un peu ça fait mal. Je réfléchis un peu, et j'me dis que le mieux à faire c'est de demander à Marius de m'aider à tout arracher, comme un sparadrap.
Et puis je me casse en courant de chez le maréchal-ferrant. Hélas, je ne cours pas assez vite, donc je me fais rattraper par un gars capable de plier des barres en fer qui me cueille d'un bon coup de poing dans l'arcade avant de me bourrer de coups de pieds dans le ventre avant que Vicieux Irvin ait le temps de réagir et de lui sauter à la gorge. Je rentre donc plié en deux à la Vieille Masure, au temps pour ma combattivité. Ça aurait pu rester un secret si seulement mon œil ne s'était pas teinté d'une magnifique couleur violette et que j'avais pas des bleus partout sur le ventre et la poitrine. Foutu pour foutu...

Et là je me lance dans du ménage anti-parasite, je fais bouillir tout ce dans quoi je dors et mes fringues, et je me relave les cheveux, et j'fais passer les chiens au même traitement. La rousse soulève habilement après que j'ai fait bouillir les tas de draps qui composent le nid dans lequel je dors le problème de place pour étendre le linge. Donc après avoir envahi la cave de draps, j'ai dû en foutre partout dans la pièce où je dors, sur des fils spécialement placés pour l'occasion. Ça fait con et ça fout de l'eau partout. Mais au moins, les chiens sont tout doux et bien brossés, et moi aussi, même si mes cheveux, c'est toujours trois centimètres de bleu électriques dressés sur mon crâne dans tous les sens. J'aime pas.

Puis je me tartine la poitrine de pommade – autant aller vite – et je vais voir timidement Marius dans sa chambre en lui tirant la manche pour lui demander de l'aide. Bon dieu, pourquoi j'ai pas pensé au fait que j'aurais l'air con avec de la pommade partout avant d'aller voir Marius ? Que je sois à moitié à poil, c'est assez indispensable certes parce que je pense saigner un peu pendant l'opération et je veux rien saloper, mais j'ai terriblement honte quand même, surtout quand je me compare à Marius. On est pas gros tous les deux, mais lui il est pas maigre, il est svelte. Et puis il a des cheveux fins et tout ce genre de saloperies aristocratiques. Même ma peau, plutôt basanée, je l'aimais bien avant, ça faisait doré tout ça, maintenant comparé à Marius je trouve juste que ça fait sale. J'ai envie de me mettre un sac en papier sur la tête pour plus qu'on voit que je suis moche. Mais peu importe. J'écris à Marius

« Je suis allé chez le maréchal-ferrant pour enlever le cadenas sur le collier aujourd'hui, mais j'ai pas payé (d'où les bleus, si tu te posais la question). Tu veux bien écarter d'un coup sec les deux parties du collier pour l'enlever s'il te plaît ? Je crois que ça a un peu cicatrisé dessus, et ça me fait trop mal j'y arrive pas tout seul. Si tu pouvais tirer d'un coup très rapidement, ça serait fait et j'aurais pas mal longtemps. »

Bon, ce qu'on savait pas tous les deux à l'époque, c'est que toute ma peau a adhéré dessus et qu'en tirant, ça ferait juste de grands lambeaux de peau qui partiraient avec du sang partout et de la douleur qui gicle sur les murs mais bon, sans ça, c'est pas rigolo quoi.
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Marius De l'Ombrage

Marius De l'Ombrage

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyDim 10 Juil - 9:24

C'était donc avec la petite dans les bras, et Mist derrière lui que Marius était rentré à la masure ; ils étaient tombés sur Magdra et Marco, et le jeune homme leur avait rapidement expliqué la situation avant qu'ils ne s'activent à faire couler un bain, et à soigner la petite qui décidément, s'enfermait dans son imaginaire. Il avait un peu essayé de suivre le fil de ses pensées, l'enfant contrairement à ce qui s'était passé effaçait progressivement de son esprit le fait que son père avait essayé de la tuer avec Mist. Au moins, une fois qu'elle fut confiée à Magdra, Marius put un peu respirer, les enfants, il ne comprenait jamais comment ça fonctionner, et il n'avait pas réellement le souvenir de s'être un jour comporté de la sorte, ça voulait dire s'extasier devant un pied de chose, comme si c'était la plus belle chose au monde qu'on pouvait voir. Et sous ordre de la grande rousse, le terroriste était monté à l'étage pour aller se changer, oui bon... c'était assez stupide puisqu'il avait oublié qu'il avait fait une baignade matinale, et que par conséquent, il risquait d'attraper la mort s'il gardait plus longtemps ses vêtements humides.

Ses cheveux s'étaient collés contre sa nuque, et d'une main fatiguée, le jeune homme avait cherché une chemise et un pantalon à mettre, et aussi une paire de chaussures, puisqu'il n'avait pas enlevé ses bottes en plongeant dans l'eau. Il trouva une chemise un peu décousue de partout, un pantalon qui n'était pas en meilleur état, et il alla les enfiler dans sa chambre, avant de tomber malade, et de risquer sa peau en provoquant la colère de Magdra, occupée à laver la petite. Il retroussa les manches, et coupa un fil qui dépassait avec ses dents, il ferma quelques boutons, songeant qu'il fallait au moins recoudre ceux des manches, puis fronçant les sourcils, il descendit jusqu'à la cave pour essayer de trouver parmi tout ce beau bordel au moins quelque chose à Mist, lui permettant d'écrire. Il fouilla dans un vieux coffre de cuir ce qu'il pouvait trouver, une ardoise par exemple, il en trouve, bien sûr... mais en morceau, assez coupant.

Agacé, Marius prit tout de même l'éclat et le laissa tomber sur la table prés du lit, lorsqu'il remonta dans sa chambre, il ne savait pas si entre-temps Mist avait retrouvé un morceau de papier et de crayon, mais il songea qu'il fallait au moins trouver quelque chose pour communiquer. Divaguant un peu, il s'allongea sur le lit, les bras derrière la tête, les yeux fixés sur le plafond, il essayait de cacher un minimum qu'il avait eu la peur de sa vie. Le jeune homme remua un peu pour délier ses muscles, essayant de se détendre, ou du moins de se reposer un peu. Il avait beau avoir dormi la nuit précédente plutôt correctement, il se sentait harassé. Les questions survenaient dans son esprit, courant et vagabondant, il se demandait quelle était la source du coup de folie du Prêtre, songeant que si jamais il le retrouvait, il ne chercherait pas non plus à comprendre, mais plutôt à lui faire passer l'envie de s'attaquer à un proche, surtout Mist.

Loin de désirer se poser des questions sur la nature de leur relation, il s'attarda plutôt sur ce que le Prêtre lui avait expliqué sur la Magie du Sang. Il se demanda par ailleurs si le corps étant effectivement composé d'une partie d'Ombre, s'il était possible par exemple de transmettre un morceau de son Ombre à quelqu'un, et si ce n'était pas ce qu'il s'était passé, lorsque le Prêtre l'avait soigné au Cochon Pendu. Il grimaça... c'était un incident qu'il préférait oublier, Marius comprenait maintenant qu'importe la situation, il était plus confortable d'être bourreau que victime. Il ajouta l'homme en blanc à sa liste d'ennemi personnel, liste sur laquelle se trouvait tout en haut Uriel d'Arken, évidemment. Il faudrait être encore plus sournois, pervers, vicieux, cruel, mesquin que cet homme-là pour arriver à détrôner cette place de « choix » à laquelle le Haut-Prêtre se trouvait. Il s'interrogea aussi sur le sort de Sacha, il ne lui en voulait pas, et s'il pouvait lui tendre la main, Marius le ferait, mais la jeune femme à la chevelure de flamme était prisonnière des mains de ce pervers. Si d'Arken lui avait promis sa liberté en échange de la vie du terroriste, Marius avait conscience que jamais il ne le lui donnerait. Cet homme tenait ses paroles qu'en surface.

Un mouvement, quelque bruit de pas attirèrent l'attention du jeune homme qui se redressa, et posa aussitôt les yeux sur Mist. Mist qui avait d'ailleurs la mine abîmée, un oeil teinté de violet, quelques autres blessures, et qui s'était recouvert la poitrine d'une substance assez bizarre, sans doute une crème, quelque chose du genre. Marius hocha la tête, comme ça, comme pour le saluer d'une certaine manière, et fixa longuement le collier de métal qui gardait son cou prisonnier. Il posa ses mains au bord de son lit, il passa une main derrière sa nuque, un peu engourdi, et alla lire ce que son ami lui avait écrit. Il grimaça un peu, lorsqu'il fit le lien entre le maréchal ferrant et les coups que Mist s'étaient pris sur la figure, il manqua de lui dire qu'il aurait pu l'accompagner, et qu'ainsi, l'homme aurait été payé, mais ne savant pas comment Mist pouvait le prendre, Marius se garda bien de lui dire. Au moins, il ne semblait plus avoir de soucis à se faire sur la santé du sourd-muet, ce dernier paraissait déterminé à tenir ses promesses, ce qui fit rapidement sourire le terroriste.

Lui faisant signe de se rapprocher, Marius examina longuement le collier de métal, ne sachant pas réellement comme s'y prendre. Devait-il vraiment l'enlever d'un coup sec ? D'ailleurs, comment faisait Mist pour supporter depuis des mots cette chose autour de son cou ? Il comprit qu'il n'y avait pas pensé plus tôt, il se maudit pour cet oubli, songeant qu'il aurait pu au moins trouver une solution rapidement pour lui enlever ce collier, reliant encore son ami à son précédent séjour en prison. Finalement, serrant les dents, Marius tira brutalement sur le collier pour le faire tomber, il ferma les yeux et sentit juste le sang chaud de son ami couler sur ses doigts. Lorsqu'il les rouvrit, il remarqua non sans douleur les morceaux de peau collée contre le collier, il grimaça encore, et n'essaya même pas de s'imaginer la douleur de Mist à cet instant. Bon sang ! Il se traita de con et de tous les noms d'oiseaux possibles, et fouillant sur la table prés de son lit, il trouva un mouchoir qu'il commença à taponner sur la blessure du sourd-muet.

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyMer 13 Juil - 21:42

Marius fit ce que je lui avais demandé, c'est à dire me faire très mal, plus que ce que j'aurais imaginé. Je sentis tout de suite du sang chaud me chatouiller désagréablement la clavicule puis la poitrine, mais ce n'était pas grave. Il ne m'avait pas arraché la jugulaire après tout. A ma grande surprise, la douleur était juste... de la douleur. Je ne me suis pas mis à pleurer ou à me rouler par terre, ce n'était pas de la torture. Oui voilà, c'était une douleur nécessaire, un accident, aussi vite fini que ça avait commencé. Bien sûr, j'ai ouvert la bouche dans un simulacre de hurlement et j'ai griffé le poignet de Marius, parce que j'ai eu très mal, mais l'absence de douleur psychologique que peut induire la torture ou les coups était frais, nouveau.

Marius alla chercher un mouchoir quelque part et me le tapota sur mon cou pour absorber le sang. Un étrange frisson de plaisir me traversa. Il s'occupait de moi. Je laissais faire, alors que c'était... gênant, je ne sais pas. Une situation bizarre, quelque part j'avais envie que Marius arrête d'éponger le sang, que je remette une tunique par dessus la crème, même si ça allait tout salir, et que je fracasse le collier qui représentait tant de chose sur le sol jusqu'à me faire péter les mains, mais d'un autre coté, qu'on me touche sans dégoût et qu'on me fasse quelque chose d'agréable, c'était tellement nouveau pour moi que ça m'en donnait des vertiges. Je frissonnais de plaisir et je posais le bout de mes doigts sur la main de Marius, celle qui tenait le mouchoir, un instant. J'aurais pu... refermer ma main sur le dos de la sienne, sentir sa peau fine sous ma paume calleuse et rêche, la caresser un peu, remonter sur l'avant-bras, ça aurait été agréable, rien que d'y penser, je me sentais ivre, et puis... ? Non, je retirais ma main pour la poser sur mon genoux, ce geste pourrait être interprété comme un signe de douleur comme ça, tout comme les petits frissons qui m'agitaient. J'espère que Marius ne remarquerait rien, je savais qu'il n'aimait pas ce genre de... pensée. Mais j'étais à moitié défoncé par la douleur ! Tu savais qu'au delà d'un certain stade, la douleur... fait plaisir ? Tu n'as jamais remarqué ? Bah y avait un peu de ça. Et un peu de Marius aussi, beaucoup. Quelqu'un qui me touche sans me faire mal, un contact agréable. Il me prend dans ses bras aussi parfois, c'est très précieux ça. Pas la même forme de plaisir, pas les frissons, mais j'aime beaucoup aussi.
Je ferme les yeux, je devrais arrêter de penser à ça. C'est mal. Ça ferait sans doute de la peine à Marius, ou ça lui ferait peur, ou ça le dégoûterait. Ou tout à la fois. Rien de bien en tous cas. Une certaine lourdeur m'envahit, fini les frissons, c'est passé. Le contact du mouchoir me déplait soudain, je lui prend des doigts pour éponger le sang moi même, un peu brutalement, je sens la peau à vif qui me fait mal. Voilà : du sang partout, de la douleur. Là on est en terrain familier ! Je change de main pour que ce soit la prothèse qui tienne le mouchoir (voilà, beaucoup mieux, de la machine, pas de plaisir) et j'écris de l'autre main. J'ai trouvé l'ardoise qu'il m'avait posé, c'est celle là que j'utilise, je tiens toujours une réserve soigneuse de craie et tout ça, mais ça m'a fait plaisir. Je suis sûr que c'est lui, qu'il y a pensé. Qui d'autre sinon ?

« Merci pour le collier, ça devait être fait. Excuse moi de t'avoir griffé le poignet, c'était un réflexe, j'espère ne t'avoir pas fait mal. C'est toi qui est allé chercher une ardoise pour moi ? Je suppose que oui, c'est gentil, personne n'y pense mais ça me stresse beaucoup de ne pas avoir de quoi écrire, je me sens con, ou diminué, ou une imbécillité du genre. J'ai une réserve d'ardoise et de craie sous mon lit, peur oblige. Et la crème sur moi, c'est pour la gale. Après tout, que serait un clodo sans maladie de peau honteuse ? »

Oui j'étais un peu cynique, mais c'est parce que je suis en colère contre moi, cherche pas. Pui il faut que je mette de la distance. Pas entre Marius et moi, bien sûr, mais entre mes pensées sales et moi, c'est important. Bien sûr je ne le précise pas, mais pour écrire tout ça il m'a fallut m'y reprendre à plusieurs fois. Marius ne m'a rapporté qu'un éclat après tout, et pour être lisible à la craie, il faut écrire gros, et j'ai une calligraphie assez maladroite, je ne suis pas scribe après tout. Je t'ai dit que mes parents m'avaient offert un très beau stylo ? Une rareté, je regrette de l'avoir perdu à mon premier séjour en prison, mais ils prennent tout !

« Enfin on fera quand des attentats ? Tu as des idées ? »

Oui voilà, attentat, sérieux, tout ça, plus sérieux en tous cas que la main de Marius dans la mienne.
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Marius De l'Ombrage

Marius De l'Ombrage

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyJeu 14 Juil - 9:25

Marius fronça les sourcils, lorsqu'il sentit les doigts de Mist sur sa main, mais ce dernier se ravisa bien vite, et il prit ce geste comme un acte poussé par la douleur. Il ne chercha pas ou ne comprit tout simplement pas ce qui se tramait dans l'esprit du terroriste, tout ceci lui apparaissait comme trop brumeux, un désert de brume et de froid sur lequel il ne pouvait jamais s'aventurer, car c'était trop lointain. Loin de se tourmenter comme le faisait son ami, le jeune homme s'attardait sur ses blessures, grimaçant souvent, essayant parfois de s'imaginer la douleur, mais refusant toujours de laisser son cerveau lui donner cette vision. Il pensait souvent qu'il fallait être un barbare, quelque chose de visqueux, de froid et de vicieux pour prendre du plaisir à blesser quelqu'un, alors qu'il s'en voulait d'avoir fait saigner Mist, il songeait qu'il aurait pu trouver un autre moyen, et que ce dernier n'aurait pas eu à ressentir cette douleur, il avait déjà trop souffert.

Cependant, au bout d'un moment, il lui prit le mouchoir des mains, non sans brutalité, nouveau froncement de sourcil, néanmoins, Marius ne fit pas le moindre commentaire. Son comportement sans doute avait dû déranger Mist, il avait tendance à être trop prévenant avec lui, et peut-être que son ami se trouvait insulté par ce comportement ? Par dignité peut-être ? Il se tut, tout en pensant qu'il faudrait un jour ou l'autre qu'il s'excuse de ce côté un peu trop hyper-protecteur qu'il avait avec lui ; ce n'était pas qu'il le jugeait incapable de faire ces petites choses, il n'était pas assez prétentieux pour croire ça, c'était que... il avait ce sentiment un peu bizarre et tordu qui le poussait à agir. Lorsque Marius voyait Mist, il avait l'impression de voir toute la misère du monde, ou plus simplement quelqu'un qui souffrait, et qu'on avait de cesse de maltraiter, comme si ce n'était qu'un objet permettant de se défouler, ou d'évacuer tous les pulsions malsaines, et ça l'irritait.

Quand il voyait le corps du sourd-muet, il pouvait deviner toutes les haines et les colères qu'on lui avait fait subir, quand il le voyait, lui et toutes les douleurs qu'il avait traversées, Marius pouvait deviner l'ombre de ces deux salopards qui lui avaient fait ça. Plus il y pensait, plus il voyait Mist, plus la haine envahissait son être, au point de noircir chaque parcelle de son âme ; s'il n'avait plus de sang-froid, il se serait levé de suite après leur conversation de la veille, et ce serait jeté dans la gueule du loup pour faire exploser ses entrailles dans d'abominables souffrances. Il pensait à Uriel d'Arken, et tout ce qu'il voudrait lui faire payer, si jamais l'occasion de lui faire mal se présentait à lui, il ne connaissait pas les sentiments de Mist vis-à-vis de ça, ou s'il voulait se venger du Haut-Prêtre, mais Marius aimerait un jour, arracher la langue de cet homme, lui enfoncer une paire de ciseaux dans la main, lui amputer le bras, le scalper... tout ce que lui et Paole avaient affligé à Mist, Marius désirait qu'ils connussent la même souffrance.

On ne s'attaquait pas à ce qu'il tenait, sans en subir les terribles conséquences ; il ne paraissait pas méchant, de même que beaucoup le songeait incapable de faire du mal à quelqu'un, et pourtant, un homme poussé par la rancune et la haine était capable de tout, lui comprit. Marius allait tuer Uriel d'Arken, et ce dernier connaîtrait une longue agonie avant de rejoindre l'Ombre, il le haïssait trop désormais pour le laisser mourir « tout simplement et joyeusement ». Le jeune homme secoua la tête, un instant partit dans ses pensées, il retourna son attention sur son ami, et ses yeux se posèrent sur l'ardoise de Mist. Sa figure s'attrista subitement, lorsqu'il grava dans sa tête les derniers mots écrits par son ami, « que serait un clodo sans maladie de peau honteuse ? », il se crispa un peu, entrelaça ses doigts et répondit :


— Quelqu'un dont on aurait pris soin.

Sa voix avait été un peu rude, un peu sombre aussi, tout comme ses yeux qui au bout d'un moment se posèrent sur la porte, il s'en voulait un peu d'avoir répondu sans réfléchir, même s'il le pensait. Marius espérait ne pas avoir blessé Mist, mais contrairement à ce que ce dernier pouvait croire, Marius ne le prenait pas vraiment comme un genre d'enfant, il l'avait juste pris pour quelqu'un de plus jeune que lui, alors qu'ils avaient juste un an d'écart. Néanmoins, il le voyait comme un ami, et un ami qui avaient trop souffert pour que ce soit acceptable, et dont il devait prendre soin, protéger et tout le reste, sans pour autant ressentir un sentiment de supériorité à cause de ça. Mist avait besoin de quelqu'un qui put le comprendre, et l'accepter tel qu'il était, Marius avait besoin de s'occuper de lui, c'était une manière de lui prouver son affection, lui qui était toujours impassible, coincé et froid.

Toutefois, il n'était pas insensible, et s'occuper de Mist, sans avoir réellement conscience qu'il le surprotégeait parfois, c'était aussi sa façon de s'excuser, il avait encore en tête son comportement dans la cave de cette masure, et même si Marius essayait de la repousser, la culpabilité restait là. Il devait protéger Mist, il devait donner toute son énergie pour lui, car c'était la seule personne dont la mort le détruirait pour toujours, sans perspective d'espoir, juste une douleur éternelle pour l'avoir perdu, et il ne voulait pas le perdre ! Plus jamais ! Une boule se forma dans sa gorge. Mist lui parla des attentats, un peu surpris, il répondit pourtant :


— Eh bien.... j'ai quelques idées, et je commence à avoir les armes, Uergo — un contrebandier — m'a parlé d'un ami d'enfance, susceptible de nous rejoindre. Je veux rassembler non pas le plus de gens possible, mais des personnes qui veulent comme nous faire bouger les choses. Malgré notre fureur commune à l'égard de l'Église, nous ne pourrons pas agir tout seuls, il faut arriver à la détruire, on peut effectivement réussir à tuer d'Arken — sa voix fut l'espace d'une seconde pleine d'une sourde haine —, mais quelqu'un d'autre prendra sa place. Et je crois savoir, où me procurer un Gaz Toxique.


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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyJeu 14 Juil - 12:56

Marius répondit quelque chose de gentil à mon venin craché inutilement. Comment ne pas aimer un homme ça dis moi ? J'étais brutal et cynique, et lui gardait toute sa compassion bien au chaud et me la servait. J'avais honte de moi. A quoi ça servait que je lui prenne le mouchoir des mains comme si j'étais en colère et que je souligne avec grossièreté que j'avais de la gale plein la poitrine ? Rien, mis à part que ça pouvait blesser Marius inutilement.

J'abandonnais la position inconfortable où j'étais assis dos à Marius et obligé d'être retourné comme un con pour voir ce qu'il disait, et je me levais, le mouchoir toujours appuyé sur mon cou, pour être face à lui et à sa haute – enfin un petit peu plus bas. Je me sentais nerveux, agité et très mal à l'aise. Et torse nu aussi. Marius avait l'air de s'en foutre, de ce dernier point, et dieu merci il n'a pas remarqué mon trouble, ou il n'a rien dit. Merci merci. Je lui écris, troublé, de peur qu'il se soit vexé ou je sais pas quoi.

« Excuse moi, je suis un peu de mauvaise humeur aujourd'hui, mais c'est pas ta faute hein. »

Ouais j'le connais, il est rongé de culpabilité tout le temps. Pour ne pas m'avoir sorti de prison assez vite, parce que j'ai eu mal, et puis d'autres trucs qui n'ont rien à voir avec moi. Ce qu'il m'a dit sur son amie par exemple. C'est triste, mais j'ai du mal à mesurer, j'ai pas assez d'ami pour ça. J'essaie de me projeter si quelqu'un faisait du mal à Marius mais... non, après je vais me mettre à pleurer et c'est pas bien. M'étonnerait que Marius aime autant son amie que moi lui, alors je peux pas me projeter, voilà, et je le regrette parce que c'est les soucis à Marius et je peux pas les envisager, les comprendre.
Comme je lui avais demandé, il me parle d'attentats futurs éventuels. D'autres gens qui viendraient nous rejoindre aussi... le premier sentiment qui me traverse, c'est de la jalousie. Parce que peut être que c'est quelqu'un que Marius appréciera beaucoup aussi, et de plus utile que moi, genre avec des oreilles et une langue. Mais je suis bête ! Bien sûr que ça nous rendrait plus efficace, et qu'on aurait des chances d'arriver à nos fins mais... Marius et moi tout seul, c'est pas sympa aussi ? Et si il me présentait quelqu'un dont il serait aussi proche que je souhaiterais moi l'être de lui ? Ça me rendrait malade. Mist le pauvre handicapé condamné au célibat éternel, mais fidèle sous fifre inutile de Marius, qu'on garde pas pitié, et qui meurt vieux, dans sa pisse, tout seul, dévoré par des chiens errants.
Mais peut être pas, et là j'ai encore la proximité de Marius juste pour moi. J'imagine là passer ma main organique sur sa gorge, doucement. J'approcherais, Marius ne dirait rien du tout et je caresserais avec mes doigts abimés sa peau toute fine, et il rejetterait la tête en arrière pour mieux en profiter, ça lui ferait plaisir. Je trouve qu'il a une très belle gorge et une belle ligne de la mâchoire, je la suivrais du doigt puis j'appuierais sur l'arrière de sa tête pour coller mes lèvres aux siennes, et on s'embrasserait sans la langue évidemment, mais ça serait pas le plus important, l'essentiel ça serait juste, dans le noir, d'avoir comme seule perception que la peau de Marius sous mes doigts, je passerais ma main sous ses vêtements, toucherais son dos, puis le creux de ses reins, et enfin son ventre, et je le sentirais se lover à ce contact, contre ma paume. Il se crisperait un peu de plaisir, ne me toucherais pas mais se laisserait faire. Et là, ça serait pire que Marius qui me touche, comme je l'imaginais précédemment, c'est Marius qui prend du plaisir et qui cherche mon contact qui me rend tout chose. Un frisson me traverse. Je m'étais promis de résister à ce genre de pensées, mais autant essayer de retenir de la fumée avec ses doigts. Je bande et j'ai le ventre plein de papillons, mais ça ne me console pas ! Ça fait juste ressortir cruellement que d'une, ça n'arrivera jamais, et de l'autre que c'est sale et puant. Je m'assois en tailleur sur mon lit le temps que ça passe, en espérant que Marius n'aie rien vu. Je porte un pantalon large, la position me dissimule, mais peut être que Marius a pu voir que je bandais en le regardant ? Arg ! Je passe ma main sur mon visage en souhaitant que ça cesse, mais d'un autre coté j'aime cette tension que je ressens, et j'aimerais en voir l'issue. C'est dégoûtant, c'est comme Marius qui meurt, ça me donne envie de pleurer de désespoir. Marius qui meurt... je suis dans un sentiment bizarre aujourd'hui, et j'écris puis je tends l'ardoise sans me lever, de peur de me trahir.

« Tu sais, j'y pense là, rapport au gaz toxique et l'expérience que j'en ai, et j'ai peur que tu te fasses prendre et que tu meurs. Ça serait la fin du monde ! Enfin du mien en tous cas. »

Ouais voilà, prends tes sentiments en bloc et balance les à la gueule des gens, ça sera le pied tu verras.
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Marius De l'Ombrage

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyJeu 14 Juil - 14:16

— Ce n'est rien, c'est moi qui ai mal interprété, pardon.

Encore des excuses, toujours des excuses, et pourquoi ? Hein ? Marius avait toujours l'impression qu'il devait s'excuser auprès de Mist, il se rendait responsable de beaucoup de choses vis-à-vis de lui, notamment sur le fait qu'il l'avait un peu (beaucoup) passé à tabac dans la cave, lorsqu'Éléanor était venu, le visage en larmes pour lui parler de l'attentat. Parfois quand il y pensait, il avait envie de la rendre responsable de ce comportement, cependant, c'était juste une autre façon de fuir, et il fuyait assez régulièrement tout de même, dès que quelque chose qui se passait en lui le dérangeait, Marius trouvait toujours un moyen de prendre la fuite. À croire qu'il avait un véritable talent dans ce domaine-là, fuir ce qui le bouleversait, c'était lâche, ou du moins ne pas accepter la réalité. Il ne pouvait pas être parfait, mais dés que ça tendait vers ce qui l'écoeurait, il fuyait comme un lapin tout ceci.

C'était idiot, c'était faire l'autruche, mais c'était plus confortable que d'affronter la vérité en face ; par ailleurs, Marius savait que sa relation avec Mist était ambiguë, et qu'il se comportait d'une façon assez... peu habituelle, dormir avec quelqu'un et avec un garçon dans ses bras, c'était perturbant, c'était anormal, et pourtant, il ne voulait pas y penser, et il y arrivait. Il mettait tout ceci sur le côté, prétextant que c'était l'atmosphère, la douleur de son ami, ou encore le chant des canards qui l'avait poussé à agir de la sorte. Pourtant, il y avait cette sensation qu'il n'avait jamais connue auparavant, toujours présente, ou du moins depuis qu'ils avaient dormi ensemble, celle de sentir quelqu'un prés de soi, et sa chaleur se répandre en lui, il ne pouvait pas s'en débarrasser, alors... il refusait d'y songer, il refusait au moins d'y réfléchir pour essayer de se comprendre un peu plus, ce n'était pas normal — selon lui —, et il devait refouler tout, il était persuadé que ça ne ressortirait jamais, pauvre imbécile heureux.

Il avait peur de se dégoûter de lui-même, de toute façon, il trouverait des excuses, des justifications à tout ceci plus tard. La conversation était revenue sur leur objectif commun, et à leur désir de faire brûler l'Église (avec Uriel d'Arken attaché dedans, si possible), et de mettre l'Inquisition en position de faiblesse. L'Église était le berceau malsain de grands fous capables de s'entretuer ensemble dans la joie et la bonne humeur, si on les mettait sur une île déserte. Il voulait détruire aussi la prison, et rayer pour toujours le nom d'Uriel d'Arken de l'esprit de la populace, un tel homme méritait de subir les souffrances qu'il avait affligé à Mist. Ça avait déjà été dit, mais on ne blessait pas ses proches, et ce proche en particulier sans subir sa colère. Il ne sut donc pas comment comprendre ce que Mist lui écrivit, la fin de son monde ? Certes... le jeune homme avait conscience qu'il lui portait une grande affection, mais un tel aveu le mis mal à l'aise, cependant, il essaya de cacher cette gêne. Il toussa un peu pour répondre
:

— Ne t'en fais pas... j'ai un plan, et une idée précise de ce que je vais faire. Je te demande juste de me faire confiance, et de ne pas t'inquiéter, il ne me m'arrivera rien, je te le promets.

Un regard sombre, mais rien de méchant, juste ne sombre de détermination. Le jeune homme comprit juste que Mist ressentait parfois les mêmes peurs que lui, leur affection était partagée, et même s'il refusait de réfléchir là-dessus, il avait au moins pensé à lui dire que rien ne lui arriverait. Il paraissait assez confiant pour enlever tout doute là-dessus, enfin de façon extérieur, car il avait tout de même conscience que l'entreprise dans laquelle il se lançait ne serait pas simple. Cependant, chose assez utile dans la contrebande, c'était qu'on avait souvent des relations un peu partout, et surtout avec beaucoup de personnes différentes. Magdra lui avait parlé par exemple d'un Scientifique beau parleur, habitué à collaborer avec les « Hommes de l'Ombre » et prêt à tout pour ses recherches, et l'argent. Il avait déjà prévu de lui rendre visite, tout en notant dans un coin de son esprit d'aller récupérer l'argent que lui devait le serveur du Cochon Pendu, s'il n'y avait pas eut toute cette histoire avec Zélig, le bonhomme en blanc, le châtain, et le type aux bonbons, il aurait pu avoir cet argent tout de suite ! Et s'en servir pour payer le Scientifique en question.

Mist passa une main dans ses cheveux, mais ce n'était pas réellement ceci qui l'inquiéta, en réalité, il remarquait un peu que ce dernier n'était pas... comme d'habitude, il regarda un moment la poitrine du sourd-muet pleine de crème contre la gale, songeant que c'était peut-être un effet secondaire, puis il l'interrogea du regard. Mist était assit sur le lit, l'air un peu... spécial ? Il n'arriva pas à mettre le doigt dessus, et soudain plus soucieux, il chercha sur sa figure quelque chose pouvant lui indiquer ce qu'il se passait. Il passa une main derrière sa nuque, plus tendu coup, Marius avait pourtant cru que Mist irait mieux, mais en même temps... Zélig avait failli le noyer, il avait failli attraper la Mort dans l'eau, l'eau qui avait été glaciale. Il grimaça en croyant soudain que Mist avait attrapé un rhume, ou une maladie de ce genre, il mordilla sa lèvre inférieure, et resta un moment à le fixer. Marius n'osait pas s'approcher, ou au moins poser sa main sur son front pour vérifier s'il avait de la fièvre, il avait peur que cette attitude un peu trop prévenante dérangeât son ami, qui le verrait comme une sorte d'insulte. Toutefois, il le détailla avant de lâcher avec inquiétude :


— Quelque chose ne va pas ? Tu te sens mal ? Tu as froid peut-être ?

Non, Marius n'avait même pas remarqué ne serait-ce qu'un tout petit petit peu l'érection de son ami.

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Mist
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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyJeu 14 Juil - 19:41

Il veut me rassurer, il est gentil, il promet qu'il lui arrivera rien. Je me tripote les doigts, nerveux. Les hypothèses surgissent dans mon cerveau. Ce que je disais à propos de sa disparition, c'était un constat, un peu comme de dire que si je ne respire pas je meurs, mais là j'y avais pas franchement réfléchi. C'est pas un truc en l'air : Marius peut très bien se faire choper. Et disparaître pour toujours, et je me retrouverais tout seul. Je sais ce qu'est être tout seul : ça fait mal. Si il allait en prison, je me précipiterais pour le délivrer bien sûr, mais si il mourrait sous mes yeux ? J'aurais plus que mes souvenirs et mes fantasmes pour pleurer dessus. D'ailleurs j'arrive pas à débander, ça va plus vite que ça d'habitude. Les réactions de mon corps me surprennent, j'étais plutôt fille avant, mais toucher Marius ça m'attire beaucoup. Et pas que pour lui serrer la main, ou même un câlin. C'est terrifiant ça, qu'est ce que je vais faire ?

« Marius, nous sommes des hérétiques, on veut notre mort, il y a de quoi s'inquiéter. »

Oui c'est vrai ça, comment il me dire l'air serein qu'il ne lui arrivera rien ? Et à moi ? C'est pas par négligence que j'ai fini en taule à chaque fois, c'est parce que je suis terroriste. Et aussi parce que je suis un con, mais c'est pas le sujet. Marius mort, Marius torturé, toutes ces visions m'effraient. Marius le corps brisé, Marius qui pleure, je ne veux pas ! Malgré moi, il me vient la vision de lui à la place de moi dans la prison, si je le retrouvais, la langue coupée, gisant au fond d'un trou plein de merde... Je débande direct. On peut pas concevoir ça pour ceux qu'on aime, c'est pas possible, sauf pour mon imagination malade et saturée de visions horribles. Je n'arriverais pas à le sauver, parce qu'on ne sauve pas quelqu'un de ses souvenirs et de ses mutilations. J'ai une sorte de hoquet, la vision est brutale et s'est brusquement imposée à moi, me coupant le souffle. Je regarde Marius, qui me demande si ça va. Non ça va pas ! En fait, plus largement, il pourrait mourir, n'importe quand, il peut mourir sous mes yeux là maintenant ! Sa vie tient pas à grand chose, je le vois, maigre, rongé d'inquiétude. Il n'est pas beaucoup plus gros que moi, il vit sur les nerfs un peu, porté par la foi ardente de ses idéaux. Et si son corps lâchait ? Ça serait plus qu'un tas de viande, sans Marius dedans.
Il me demande si je vais bien, en fait j'ai mal à la tête. Il ne me vient pas à l'idée que j'ai trainé dans de l'eau froide pendant un moment, que je suis actuellement torse et que j'ai couru dehors jusqu'à l'épuisement

« Je suis un peu fatigué en fait, la journée a été longue et puis la crème me brûle, et puis j'ai peur pour toi (oui c'est bête mais je n'en fait pas exprès). Je crois que je vais aller dormir. »

Je baisse la tête, vaincu. Et c'est vrai que le traitement de la gale me fait mal, j'ai l'impression que les parasites se débattent sous ma peau pour ne pas mourir, ça gratte affreusement. Un soucis parmi tant d'autres. Mon cou est plutôt ma préoccupation première, même si il a cessé de saigner. Ça fait un trait rouge irrégulier tout autour de mon cou, on a l'impression que je me suis fait décapité et qu'on a reposé la tête sur le tronc après, bien que ce ne soit qu'un peu de peau arrachée.

Marius s'incline et s'en va pour me laisser dormir. On est le soir après tout, pas d'incohérence là dedans. Je n'ai pas mangé, mais j'ai pas très faim en fait, je me sens plutôt nauséeux. J'enlève mon pantalon pour dormir nu, et je décide de dormir sur le dos avec la couverture usée et rêche qui couvre juste mes jambes pour ne pas mettre de la crème partout. Les draps que j'ai fait bouillir sèchent dans ma chambre et mon lit est un peu mouillé parce que j'ai tout posé dessus le temps de tendre des fils. J'ai froid.
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Marius De l'Ombrage

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyJeu 14 Juil - 20:34

— Je sais... mais si je reste là, sans rien faire, tout ce que nous aurons vécu ne servirait à rien, et je ne veux pas.

Encore un peu maladroit sans doute de sa part, mais il le pensait ; il savait qu'il pouvait un jour se faire prendre par l'Inquistion, et finir en prison, comme ça l'avait été pour Mist, il n'était pas plus intelligent, mais malheureusement... il y avait cette fameuse phrase : « Ça arrive toujours aux autres » qui planaient dans sa tête. Finir en prison, faire face à Inquisiteur... tout ceci lui paraissait bien trop lointain pour qu'il prît pleinement conscience qu'il risquait sa vie, et celle de ses proches tous les jours. Il était un hérétique qui avait trahi sa famille, mais il était un idéaliste avec sans doute un semblant de naïveté encore vivace, il voulait juste se battre, sinon les souffrances du sourd-muet, le viol d'Aniya, ou encore la folie de Zélig ne voudraient plus rien dire, s'il ne bougeait pas, et s'il se contentait de se plaindre. C'était ce qu'il avait fini par comprendre, lorsqu'il s'était ouvert la blessure à son ventre, et qu'Ixart l'avait sauvé cette nuit-là.

Poussé par une pulsion, il avait enfoncé ses ongles dans sa chair pour saigner, pour avoir mal, tout simplement, pour se sentir vivant, la douleur c'était tout ce que ça pouvait rappeler. Toutefois, il ne voulait plus fuir, il ne voulait plus ressasser encore et encore ses peurs, alors certes... si Mist mourait, il ne s'en remettrait pas, ce serait comme lui arracher la plus grande partie de son être pour l'écrabouiller sous une charrue de boeufs. Il ressentait une grande angoisse à l'idée de le voir à nouveau attrapé par l'Inquisition, mais Marius comme le reste n'y pensait pas, c'était sa manière de garder la tête froide. Fuir ses peurs, fuir ses questions sur relation, c'était un brin lâche, mais il ne voulait pas y réfléchir, c'était plus facile. Il passa une main sur son visage, fatigué au fond par cette journée plus qu'éprouvante, et il observa Mist sans rien dire, ne sachant pas exactement ce qui pouvait le tourmenter, son ami paraissait plus soucieux que d'habitude, ou quelque chose n'allait pas. Peut-être la crainte qu'il avait dû ressentir, lorsque Zélig l'avait jeté dans l'eau pour le noyer, ce qui était normal.

Et la veille, ils avaient beaucoup parlé et écrit, malgré tout, tout ceci ne pouvait pas partir de son crâne ; Mist lui avait pour gravé sur son ardoise dont il ne lui en voulait pas, pourtant, Marius se trouvait négligeant de ne pas put avoir agi assez vite ; il aurait pu remarquer la peur de Mist des chevaux, et prévoir le coup, par exemple. Et Mist avait perdu un bras, il avait perdu une langue, il n'était pas parvenu à le protéger, du moins, comme il le voulait. Et ça le bouffait de l'intérieur. Il s'en voulait, comme il en voulait à d'Arken et Paole de ce qu'ils lui avaient fait, et il vivait avec, en essayant de regarder son ami en face. Enfin, Mist lui affirma qu'il était surtout fatigué, et le jeune homme se contenta de s'incliner après lui avoir souhaité bonne nuit, il quitta la chambre pour aller en bas. Il n'avait pas envie de dormir, malgré la lassitude qui écrasait ses épaules. Il avait déjà conscience qu'il n'allait pas dormir, ou trés peu, il chercha quelques personnes, et trouva Magdra avec la petite dans ses bras, elle lui envoya un regard interrogateur, et de sa voix de violoncelle, elle lui ordonna de monter se coucher. Marius se contenta de s'asseoir à la table, et de fourrer sa tête entre ses bras.


— Tu nous fais quoi ? Demanda-t-elle alors, soudain plus inquiétée.
— Rien.

Sans insister, la femme gronda pourtant et débouchant sa bouteille de cognac, elle la laissa sur la table. Marius perçut juste le bruit de ses pas sur l'escalier, il grinçait d'ailleurs, et elle semblait amener Innana dans une chambre pour la laisser dormir, tout ceci, c'était stressant. Il poussa un profond soupir, le sentiment d'impuissance lui écrasait la poitrine, il avait un peu de mal à respirer. Il avait un peu l'impression d'avoir dérangé Mist par son attitude, ou par ses mots, il était bien placé pourtant pour comprendre sa peur de le perdre, mais il avait le sentiment d'avoir été trop rude dans ses propos. Ou du moins, ne pas se rendre compte tout de suite que le sourd-muet était malade, après tout, ils avaient fait une joyeuse baignade dans l'eau froide dés le matin ! Mist avait semblé très fatigué, il poussa un autre soupir. Il rouvrit les yeux et se redressa devant la bouteille de cognac qu'il regarda longuement, comme si elle pouvait lui donner toutes les réponses, mais pour quelles questions ? Il fuyait à nouveau.

Le jeune homme frotta son visage en grognant un peu, et d'une main lasse, il prit la bouteille pour en avaler une gorgée... qu'il recracha aussitôt. C'était fort et trop écoeurant pour lui, il la reposa brutalement, et reprit la même position, mais en tournant la tête sur le côté, cette fois. Il étouffa un bâillement, tout en se demandant si Mist allait bien, il se laissait à nouveau dévorer par l'inquiétude. Est-ce qu'il allait bien ? Est-ce qu'il n'était pas trop malade ? Ou bien... est-ce qu'il dormait ? Il avala sa salive, et en soupirant — encore —, Marius se leva. L'esprit embrumé par la fatigue et l'inquiétude, il remonta d'un pas lourd dans la chambre du sourd-muet, oubliant un peu que ce dernier ne pouvait pas trop entendre, il entrebâilla la porte.

Il vit sa silhouette allongée sur le dos dans le noir, une couverture simplement jetée sur les jambes, le reste du corps nu, il crut comprendre d'ailleurs qu'il avait froid. Il se rapprocha en essayant de faire le moins de bruit possible, mais sans oser le réveiller, il l'observa un moment, la crème sur sa poitrine, il pouvait juste la deviner, tout comme les marques sur son cou. Enfin, il défit sa chemise pour la peser sur Mist, avant de remonter un peu mieux les couvertures. Mist semblait avoir de la fièvre, et déjà, Marius s'éloignait pour aller chercher Magdra, seule personne compétente ici pour tout ce qui était maladies et soins.

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyJeu 14 Juil - 21:25

Je me réveillais brutalement. Je tremblais de froid et j'avais trop chaud en même temps, c'est à ça que je reconnais que j'ai de la fièvre. Ça m'arrive souvent ! Surtout en hiver, j'attrape froid, et comme je mangeais pas bien et que je n'avais pas forcément d'abri, ça durait des jours et j'avais la trouille de claquer. Enfin je t'ai déjà souvent raconté mes angoisses à propos de l'hiver et de l'effet que pouvait avoir le froid sur mes poumons. Je me mis d'ailleurs à tousser à fendre l'âme, mais je ne savais pas que ça faisait du bruit, donc je ne comptais pas là dessus pour avoir de l'aide. Taper sur le mur ne m'était pas venu à l'idée non plus, pas plus que de me lever et de ramper jusqu'à Marius. En fait, je ne comptais pas demander de l'aide du tout. Mécanisme psychologique compliqué. Je voulais un peu de pudeur pour mourir – je fais parti de ces hommes qui entendent le glas sonner à la moindre angine.

Je constatais à ce moment là que j'avais une chemise posée sur moi et que quelqu'un avait remonté la couverture. Ça allait mettre de la crème partout ! Et puis j'avais trop chaud. Je pris la couverture entre mes doigts tremblant pour la renifler, c'était celle de Marius. Il y avait son odeur dessus. Je la roulais en boule et fourrais mon visage dedans, même avec de la fièvre, je perds pas le Nord ! Je ne voulais pas la salir en la badigeonnant de crème tout de même ! Enfin ! Une denrée pareille ! Je la serrais entre mes doigts tremblant et posais la joue dessus, et en dehors de ça je restais parfaitement nu allongé sur mon lit, mais j'avais trop chaud...

Un peu plus tard, on interrompit mon moment de communion avec la chemise en entrant dans la chambre, et on ralluma les bougies que j'avais éteinte avant de me coucher. C'était la rousse et Marius. La rousse avait pour principal caractéristique d'avoir le tact d'une pelle et de soigner les gens, c'était elle qui avait posé avec beaucoup de soin une attelle sur mon nez pour le tenir droit – la-dite attelle ne tarda pas d'ailleurs à foutre le camp, ce qui explique que mon tarin parte un peu sur le coté. Pour illustrer sa délicatesse, je peux dire par exemple que en rentrant, elle dit à Marius d'arrêter de s'inquiéter pour un putain de rhume et qu'il était pas ma mère. Gêné, je feignis de m'être servi de la chemise de Marius comme oreiller, parce que un mec nu comme un vers qui tient tendrement le vêtement de quelqu'un contre lui, ça pourrait soulever quelques soupçons. Surtout si c'est la chemise de sa mère. Je n'eu pas le courage de rabattre la couverture sous moi, je l'avais entortillé partout sous mes tibia, et ça me semblait l'autre bout du monde, le pied de lit là. Pas le courage de me lever. C'est pas grave, Marius s'y attela à ma place pendant que je me roulais en boule d'humiliation. Je voulus dire que je n'avais rien de grave, que je ne voulais pas du défilé des glandus devant mon lit, que tout allait bien et qu'il ne fallait pas s'inquiéter, mais mon corps me trahi vicieusement et je me mis à tousser, une bonne toux grasse où on sent ben les glaires qui se déplacent. J'ai rien craché, évidemment, je ne suis pas si peu élégant, mais c'est bien parce que je ne voulais pas dégoûter Marius. Je vis la rousse grimacer, je ne sais pas pourquoi. Comment elle peut savoir que c'est grave juste en me voyant tousser ? Je pensais arriver à les duper, mais je ne savais pas que ça faisait du bruit. Je pensais pas pouvoir en faire avec ma gorge, mais si tu veux la vérité, j'avais en fait une toux affreusement grasse, qui finissait en sifflement sur la fin quand je respirais. Des années à dormir dans la neige m'avaient abîmés les poumons aussi bien que si je fumais.

La rousse posa le dos de sa main sur mon front, pour en conclure brillamment que j'avais de la fièvre. Merci bien. Mon ardoise était toujours à portée de main, je pus donc écrire à Marius, d'une écriture encore plus tremblante que d'habitude.

« C'est rien, ça m'arrive souvent ! Deux jours au lit et ça ira mieux ! Surtout que je suis dans un endroit bien chaud et à l'abri grâce à toi. Laisse moi dormir, ne t'inquiète pas. »

Nan mais j'le connais le loustic, d'un rhume il te fait une pneumonie. D'ailleurs je me remis à tousser longuement, la main devant la bouche et... y avait du sang dedans. Une petite quantité, mais vu la provenance c'était inquiétant. Je m'empressais d'essuyer ça sur le lit, en espérant faire passer ça pour des glaires, mais je vis à leurs mines qu'ils avaient bien vu de quoi il s'agissait. La rousse dit que ça avait l'air de m'arriver trop souvent, et déclara partir chercher des « putain de remèdes de chevaux », avant de sortir de la pièce. Tant qu'on me prenait pas la chemise...
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Marius De l'Ombrage

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyJeu 14 Juil - 22:11

Et il la retrouva en train de surveiller la petite qui dormait contre sa poitrine, dés qu'il entrebâilla la porte, la femme posa un regard perçant comme celui d'un aigle, et DOUCEMENT (chose rare chez elle) elle posa Innana sur le lit pour la couvrir de son vieux manteau, et d'une autre couverture. Elle se leva sa faire de bruit, et lui fit signe d'attendre dans le couloir pour lui expliquer ce qui se passait. Il fit quelques pas dans le couloir, une bougie à la main, et d'une voix tremblante et enrouée, Marius lui expliqua que Mist avait de la fièvre, et qu'il semblait se sentir mal. Magdra soupira et ne tarda pas à allumer une cigarette, elle râla qu'elle se demandait ce qu'elle foutait là, à soigner tout le monde, alors que personne ne la payait, et qu'elle devait se contenter d'avoir une paire d'abrutis comme seule compagnie. Elle lui fit signe d'avancer d'un geste brusque, Marius ne chercha pas à la contrarier, et revint dans la chambre de Mist. Il n'eut pas le temps d'ouvrir la porte, car la femme passa devant lui pour envoyer ladite porte contre le mur, et alluma non sans sa brusquerie habituelle les bougies, laissant apparaître plus clairement le corps chétif et malade du sourd-muet.

Marius fit quelque pas, et elle beugla à nouveau qu'effectivement, il n'était pas sa mère, et qu'il devait apprendre à le lâcher un peu. Elle le repoussa alors qu'il s'était précipité sur Mist, cependant, il eut le temps de ramener sur le corps de son ami la couverture, tandis qu'elle observait tout ceci d'un oeil critique. Le visage crispé d'angoisse, Marius le fixa sans se sentir capable de parler, percevant juste la voix forte et rude de Magdra lui percer les tympans, s'il avait bien une femme dont il fallait avoir peur, c'était de celle-là. Elle se montrait même souvent plus colérique et violente qu'un homme, soumise seulement à sa passion pour l'alcool et la drogue qu'elle fourrait dans une kiseru, toujours dans sa poche. Elle poussa un soupir consterné, râla encore, et ne fit pas le moindre commentaire sur le sourd-muet, qui avait fourré son visage dans la chemise de Marius, qui lui évidemment, n'y avait pas réellement prêté d'attention, c'était un peu lointain ceci dans sa tête.

Ou simplement, il n'avait pas les yeux en face des trous, et ne possédait pas un esprit assez perspicace comme celui de Magdra qui derrière son comportement de charpentier, possédait un certain sens de l'observation. Elle prit d'ailleurs Mist par le bras pour le redresser, pendant qu'il paraissait être sur le point de cracher ses poumons sur le plancher. Marius recula un peu, le visage crispé d'angoisse, le ventre tordu dans de violentes brûlures, il avait de nouveau la nausée, comme à chaque fois que la tension montait dans son corps. En l'espace d'une journée, le jeune homme avait ressenti un flot d'angoisse, comme jamais il n'en avait ressentit auparavant. Elle lâcha dans une bouffée de fumée que Mist avait de la fièvre, et elle alla se relever, quand il toussa à nouveau, crachant cette fois-ci du sang. Elle grimaça et garda pour elle son inquiétude, alors que Marius pût déjà sentir ses jambes trembler de terreur, ce n'était pas un simple rhume, alors ?

Il mordilla sa lèvre, et se rapprocha, pendant que Magdra sortit de la chambre, crachant un flot de mots toujours aussi charmant dans sa bouche. Elle claqua d'ailleurs la porte d'un autre geste brusque, toujours aussi douce, délicate et fragile qu'un ours en chasse. Seul avec Mist, Marius n'arrivait pourtant pas à avoir de pensées cohérentes, et ne trouva aucun moyen de se rassurer dans les mots qu'il avait écrits, cracher du sang ! Bon sang... il se fit tout un tas de scénarios toujours tragiques et douloureux, restant un moment immobile et tremblant. Il mordilla ses lèvres jusqu'a les faire saigner, son esprit chancelait vers la confusion, et la souffrance, il s'inquiétait trop, beaucoup trop, et il finit par se retourner vers Mist qui tenait toujours contre lui sa chemise.

Il haussa un sourcil sans comprendre pourquoi, mais haussa les épaules, sans doute Mist voulait se moucher dedans, enfin il s'en moquait assez, c'était pour lui juste un morceau de tissus blanc pour lequel il n'avait pas plus de considération que ça. Une boule dans la gorge, il alla prendre une chaise qui traînait pour la poser près du lit, et s'asseoir dessus, il continua de mordre ses lèvres. Les doigts entrelacés et crispés, il posa ses coudes sur ses genoux, et regarda longuement et fébrilement son ami. Il remua un peu au bout d'un moment, et manqua de tomber quand Magdra revint, sa kiseru entre les dents, tout un tas de médicament et de crème dans un bras, une autre chemise sur l'épaule, et surtout, sa bouteille de cognac dans la main droite. Impossible de la séparer plus d'une heure de son tabac, et de son alcool, à croire que son sang n'était fait que de cognac, et son souffle que tabac.

Elle lui jeta la chemise sans plus de cérémonie, ouvrit la bouteille pour boire un peu, et alla s'asseoir sur le lit sans douceur, jamais ou rarement avec douceur. Elle tapota l'épaule de Mist pour lui indiquer sa présence, tandis que Marius s'activait à enfiler la chemise qu'elle lui avait donnée. Elle finit au bout d'un moment de fumée, jeta le tout sur une table, et commença à examiner le malade, sans se soucier que le tabac pût l'importuner ou non. Elle se leva et alla chercher une sorte de sirop, en passant elle donna une tape brutale dans l'épaule de Marius qui sous sa force, se pencha en avant en grognant de douleur.


— Allez... Léonard, secoue-toi ! Sinon je t'envoie mon poing dans la mâchoire pour te remettre les idées en place !

Et oui, elle en était capable.


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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyVen 15 Juil - 13:21

Je voyais la tête de Marius au dessus de moi, il avait l'air terriblement inquiet ! Je m'en voulais beaucoup, je n'y avais pas pensé, j'aurais dû faire attention. Avec ça il va s'apercevoir que je suis un mauvais investissement, et vouloir trainer avec un garçon en meilleure santé et plus solide. Ou peut être aimait il bien ça, s'occuper de quelqu'un ? … oui mais au bout d'un moment ça fait trop, quand je ne me noie pas je me fait torturé, ou j'tombe malade bien comme il faut. Est ce que Marius est malade lui ? Non ! Il se porte comme un charme. Il est juste inquiet pour moi alors que j'le mérite pas, je fais que me plaindre et être blessé. Je m'en veux. Je préférais faire disparaître le monde en fourrant mon visage dans sa chemise. Elle ne me détestera jamais, elle.

On me tapota l'épaule, je tournais la tête, et c'était la rousse avec une bouteille à l'aspect menaçant qu'elle brandissait comme une arme. Comme quoi il fallait que je boive ce qu'il y avait dedans. J'avais plutôt envie de vomir, mais je sentais la lutte perdue d'avance. Si je ne buvais pas ce truc moi même, on allait me le faire avaler de force, et je savais à quel point c'était désagréable. La fumée de la rousse me piquait désagréablement dans la gorge et les poumons, et je ne pu boire son truc tout de suite tellement ça me faisais tousser. Elle craqua finalement et posa sa pipe un peu plus loin de moi avant de me tendre de sirop, que je bus péniblement. Comme tous les médicaments, celui ci avait un goût immonde entre le cérumen et l'huile de moteur. Elle tenta ensuite de m'ouvrir la bouche pour examiner ce qu'il y avait dedans, mais j'étais pas du tout d'accord pour ça et je me suis débattu. C'est privé ma bouche ! Après y en a un qui va voir que j'ai pas de langue et un tas de cicatrices de brûlure, et il va être plein de pitié et je veux pas !

Je me sens juste stupide, je voulais juste rester avec la chemise de Marius et qu'on m'embête pas, en fait. Mais apparemment, c'est impossible il faut m'emmerder pour que j'aille mieux, au lieu de me laisser dormir. Magdra – c'était le nom de la rousse – essuya ma poitrine avec une serviette avant d'y coller sa sale oreille. J'espère qu'elle entendait des choses passionnantes, qu'elle s'éloigne et se casse, pour au final qu'elle puisse me foutre la paix ensuite ! J'étais à moitié en colère, je sais pas pourquoi, sans doute la fièvre. Je lui dis de me lâcher les couilles et que ça irait mieux demain, elle me rétorqua d'arrêter de mal parler bordel de merde et que j'irais aussi bien qu'un mort pouvait l'être si elle ne faisait rien. J'lui expliquais que j'attrapais la crève souvent avant, qu'elle était pas là pour me tripoter et pour me faire avaler de la merde et que je m'en portais pas plus mal. Elle haussa un sourcil et me répondit que vu la gueule de ma « crève », elle aimerait pas voir celle d'une pneumonie et que ma si parfaite indépendance avait eu pour seul effet de me bousiller les poumons bien comme il faut, mais que pour le reste elle ne se prononçait pas puisque je ne la laissais pas regarder. Je montrais les dents.

J'osais pas regarder Marius, il devait être inquiet, il l'était tout le temps, et rongé de culpabilité de partout aussi. C'est ses idéaux ardents, il arrive pas à y faire coller ses actes totalement – genre il devrait sauver le monde avec ses petits doigts et que plus personne souffre nul part – et ça le ronge. Enfin t'as bien dû voir que Marius est pas un être réaliste, j'suis presque sûr qu'il s'en veut de pas avoir été à la distribution d'oreille à ma naissance pour vérifier que j'ai la part qui me revient de droit.

La rousse avait l'air de vouloir me harceler à nouveau. A ce moment là je n'y voyais que méchanceté, mais à la réflexion peut être que cette femme avait vraiment envie de me soigner, et ce retrouvait face à un petit con méfiant roulé en boule dans son lit qui voulait pas guérir, on sait pas pourquoi. Moi je savais ! J'lui ai dit d'arrêter parce que Marius était en train de s'inquiéter pour rien, et qu'elle aurait pas ma langue. Elle calcula mes doigts crispés sur sa chemise et mon air de furet furieux et fronça les sourcils. Puis haussa des épaules. Puis avança sa main pour me saisir la mâchoire contre mon gré. Cette salope m'arrachera pas la langue ! Je me souviens, je me souviens très bien comment ça fait mal et ça sonne, comme je suis sonné maintenant. Je me sentais fiévreux à cause de la douleur, et les contours des choses étaient flou, c'était tout pareil !
Donc j'ai mordu de toute mes forces sa main tendue.

Ce qui revenait à pas grand chose, j'étais affaibli par la fièvre et j'avais grosso modo une vingtaine de dents, ça ne saignait même pas, mais elle tira sa main brusquement en arrière sous l'effet de la douleur et tout en tenant la chemise, je roulais du coté opposé à eux pour tomber par terre, puis ramper sous le lit. Une excellente cachette dans le noir, ils me trouveraient pas, dans le noir rien n'existe ! La poussière et les moutons là dessous me firent tousser tout ce que je pouvais, j'avais envie de dormir, je suis fatigué.
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Marius De l'Ombrage

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyVen 15 Juil - 15:54

Marius ne savait tout simplement pas quoi faire, il restait comme un imbécile au milieu de la pièce, observant Magdra qui se battait presque avec Mist pour le soigner, il ne savait pas quoi faire. Il était fatigué de toute cette journée de folie, la pensée de quitter cet endroit pour au moins respirer un peu d'air frais lui traversa l'esprit, il commençait à chanceler vers ses limites, pourtant, il savait que ce comportement risquait de blesser Mist, et son ami s'en voudrait. Il ne le comprenait pas, ou du moins, il pouvait se rendre compte que le sourd-muet se débattait peut-être parce que la grande rousse était loin d'être la femme la plus délicate et douce qu'ils connaissaient tous deux, ou que ceci lui rappelait la prison, ou qu'il voulait juste être tranquille, mais il avait du mal à trouver des paroles rassurantes. Il y avait juste une grande fatigue qui lui écrasait les épaules, et l'angoisse aussi ; le matin, il avait manqué de le perdre, le matin, il avait failli voir Mist devant ses yeux, et il ne voulait pas revivre, ça.

Il avait du mal à comprendre pourquoi ça le terrorisait au plus profond de lui-même, et que ça lui donnait l'envie de s'ouvrir les veines, ou de s'éventrer à l'idée de le perdre, mais il ne voulait pas. Il ne voulait plus que quelque chose de mal arrivât à Mist, et il essayait de faire à sa façon des efforts, s'occuper de lui par exemple, peut-être un peu comme un frère. Il voulait le protéger, il lui voulait du bien, mais la situation qui se jouait devant ses yeux le dépassait totalement, il ne savait pas quoi faire. Alors comme un simplet, il restait paralysé, rongé par l'angoisse, statufié par l'incapacité de faire quelque chose, quoi ? Parler ? Se rapprocher de Mist et lui dire qu'il n'y aurait pas de problème ? Quitter la pièce avec Magdra qui soit dit en passant, était bornée, forte, têtue, colérique, obstinée, et grande gueule ? Et qui était capable de battre un colosse au bras de fer ? Celle-ci grogna, pesta, s'énerva, et était un peu la seule à comprendre l'entêtement du sourd-muet à vouloir garder ce morceau de tissu, que Marius avait certes l'habitude de porter, mais dont il ne ressentait rien de particulier, c'était juste... du tissu.

Il passa une main sur son visage, le corps tendu comme la corde d'un arc, les membres raides, la vision floue. L'obscurité était juste parfois percée par les lueurs des bougies, et au bout d'un moment, il fit juste un pas quand il vit que Magdra saisit brutalement la mâchoire de Mist pour le forcer à avaler les médicaments. Cependant, sa main resta en suspens, car aussitôt, il vit son ami mordre la femme qui serra les dents, en retirant sa main le plus loin possible. Elle poussa un sifflement rauque entre ses dents, et aussitôt, elle voulut bondir sur Mist pour lui « remettre les idées en place », mais ce dernier roula sur le lit à leurs grandes surprises. D'accord... là, Marius venait de passer un stade au-delà de l'angoisse, évidemment, tout ceci s'accompagna de scrupule, il se sentait désormais coupable d'avoir voulu l'aider, au lieu de le laisser tranquille, comme Mist le lui avait demandé. Il s'avança en tremblant, et alors que Magdra s'écartait déjà pour essayer de soulever lit (chose dont elle était capable puisqu'elle tenait plus de l'ours que de la femme), Marius sursauta et s'écria :

— Arrête ! Je... je vais m'en occuper !

— Je te préviens Léonard... à la prochaine connerie, je lui en fous une ! Et crois-moi, sa tête risque de faire le tour du monde en quatre-vingts secondes !

Elle soupira et s'écarta pour revenir vers sa bouteille qu'elle descendit à la moitié, Marius lui lança quelques regards nerveux, puis il se saisit d'une bougie pour que Mist puisse lire sur ses lèvres. La méthode brutale de la grande rousse devait certainement lui faire peur, il ne savait pas en réalité, il avait juste assez de restés au milieu de la pièce, comme un con à ne rien faire, simplement parce qu'il n'avait pas les tripes pour se ressaisir. Il frotta ses yeux de fatigue, et posa un genou contre le plancher pour se baisser sous le lit, il pouvait entendre son ami prêt à vomir ses poumons sur son corps nu et maltraité par la vie. Il chercha à l'aveuglette son épaule, et essaya de poser le plus doucement possible sa main dessus, et lui fit signe de se retourner. Il avança la bougie sous le lit pour que son visage apparaisse bien à Mist, il le fixa un moment sans rien dire. Marius avait la gorge sèche, et la tension le faisait trembler ; nerveusement, il chercha le regard de son ami qu'il finit par trouver au bout de quelques secondes. Il fronça les sourcils, pencha la tête sur le côté, et raffermit sa prise sur l'épaule maigre de l'infirme, il articula enfin d'une voix enrouée de stress :

— Mist... regarde-moi, sors d'ici. S'il te plait.

Sa voix tremblait aussi, et le ton ressemblait à des supplications. Magdra alla s'asseoir un peu plus loin, profitant d'un peu de calme pour boire et fumer, elle observait le lit de son oeil perçant, attendant leurs réactions pour agir. Marius essaya de le tirer à lui, et continua, toujours tremblant et nerveux :

— Allez... ce n'est rien, je suis là, nous ne voulons pas te faire de mal, tu es malade, et il ne faut pas que tu restes comme ça ! Je... si tu veux, Magdra va me guider, et je te soignerais, d'accord ?
— Tu risques de lui faire attraper la rage plutôt ! Gronda Magdra de sa voix de violoncelle.

Marius l'ignora et essaya de se rapprocher tant bien que mal :

— Je ne veux pas que ton « rhume » s'aggrave davantage, allez viens, je t'en prie !


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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyVen 15 Juil - 16:47

Je fermais les yeux, les efforts pour me fourrer sous le lit avaient vider mes pauvres réserves et j'avais envie de dormir. Mais j'avais froid, j'étais sorti des couvertures et j'avais terriblement froid. Je me roulais en boule en tremblant pour tenter de conserver un peu de chaleur, et je sentis une main sur mon épaule. Je me retournais péniblement – l'endroit était exigu – et je vis Marius. Il me dit quelque chose, mais j'avais mal à la tête, j'étais fatigué, mon regard se perdait. Mon ami me tira un peu vers lui et me parla encore, il fallait que je me concentre.

Marius voulait me soigner, voilà c'est tout, j'avais pas à avoir peur. Un peu lent à la détente, je hochais la tête et rampais lentement sur mes coudes pour sortir de dessous le lit. Qu'est ce que je faisais là ? Ma sueur avait mutée pour devenir glacée, j'avais l'impression d'être une cascade humaine à cause de la quantité aussi. Peut être que c'était juste une impression induite par la fièvre.
Je poussais sur les bras pour sortir de là dessus et me remettre dans le lit, mais une quinte de toux me jeta à plat ventre. C'est avec pas mal d'effort et un peu d'aide que je fus de nouveau dans le lit, et je n'ai même pas songé au fait que j'étais nu. Heureusement, j'aurais été mort de honte sans ça. Je me laissais mettre la main sur le front sans moufter par la rousse, qui fronça aussitôt les sourcils et se mit à grommeler des trucs que je compris pas. Elle me tendit un de ses médicaments qui pue, et j'eu du mal à le boire. Elle ne me vanna même pas parce que je me soumettais comme une petite merde et que je buvais son médicament alors qu'un peu plus tôt je lui mordais la main. Elle semblait soucieuse en fait. Impossible pour moi de me prononcer sur Marius, parce que je ne le regardais pas. Mon corps l'avait trahi, j'avais honte.

Magdra fit signe à Marius et quelqu'un éteignit la lumière et je me suis endormi. A un moment, une deuxième couverture a atterri sur moi, pour me tenir chaud. J'avais de la chance quand même, les trucs formidables comme ça, qu'on s'occupe de toi et tout, je pensais que ça n'arrivait qu'aux autres.

Je me réveillais plus tard, au beau milieu de la nuit. Marius n'étais pas loin, et il faisait sombre, une seule bougie était allumée, sans doute pour ne pas me réveiller. J'avais du mal à respirer, et je ne savait pas, mais les bruits qui sortaient de ma gorge étaient affreux, entre le sifflement et le râle d'agonie, avec des grosses quintes de toux entre deux. D'ailleurs, à mon réveil, pendant un petit moment je ne fis que tousser. J'étais encore plus mal qu'auparavant, avec plus de fièvre, plus de glaire, bref, la fête dans mon corps quoi.

Mais Marius était là, j'avais toujours sa chemise dans les bras mais son odeur était devenue ténue, ayant tout imbibé avec ma transpiration. Magdra peut être tiqué pourquoi je la serrais contre moi, ça paraissait plutôt évident. Et peut être qu'elle en a parlé à Marius... la panique m'a pris. Quel con ! A cause de ma stupidité, il allait me détester, ou avoir peur de moi, ou je le dégoûte ! Et il me parlera plus. Là il va me demander si c'est vrai, je n'arriverais pas à mentir puis il partira en courant.

« Marius ! Excuse moi ! Je n'en fais pas exprès ! »

Je délirais un peu, juste un petit peu.
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Marius De l'Ombrage

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyVen 15 Juil - 17:51

Au bout d'un moment, Mist finit par sortir de sa « cachette », Marius s'écarta un peu pour le laisser passer. Il soupira un peu, et lança un regard désolé à Magdra, celle-ci haussa les épaules, buvant une autre gorgée de son cognac, elle boucha fermement la bouteille, et ne fit pas le moindre commentaire sur ce qui venait de se passer, tant mieux, le jeune homme n'avait pas envie de parler là-dessus. C'était un sujet délicat qu'il préférait passer sous silence, enfin il laissa passer la grande rousse pour qu'elle puisse examiner, et soigner Mist. Elle était plus calme, moins emportée, pas plus douce, car c'était rare lorsqu'elle se montrait délicate avec les autres. Ce n'était pas quelqu'un de méchant, elle avait juste les manières d'un ours mal léché, et c'était sans doute ça qui faisait son charme.

Elle remua un peu pour détendre ses muscles, et l'air soucieuse, elle s'occupa de Mist sans lancer le moindre regard au jeune homme, qui plus sombre, se sentait une nouvelle fois inutile. Mist l'avait dépassé dans son comportement, et même s'il pouvait le comprendre — dit dans le précédent post de la joueuse qui se répétait d'ailleurs en ce moment (sûrement la fatigue) — ce qui se passait, ça le dépassait. Mist était un être complexe, un peu comme tous les êtres humains, cependant, Marius devait bien s'avouer qu'il peinait à le suivre parfois, dans sa logique. Et même s'il aimait s'occuper de lui, il commençait à se rendre que lui était humain, et qu'il était en train de tomber dans un élan de faiblesse. Ce qu'il ne supportait pas vraiment, puisqu'il avait décidé de ne plus se laisser aller de la sorte, et il ne voulait pas l'être devant quelqu'un. Il ne pleurait jamais que ce soit tout seul, ou devant quelqu'un, de même qu'il gardait toujours un contrôle sur lui-même pour essayer de paraître fort, mais tout ceci commençait à le pousser.

Il était très nerveux, il tremblait, il sentait ses entrailles se retourner, et encore, il s'en voulait de ne pas put avoir prévu le coup. Normalement, ça paraissait évident que Mist risquait de tomber malade, comme la petite Innana après avoir fait une joyeuse baignade dans l'eau froide, et ce à peine réveillé. C'était ÉVIDENT, et ça ne lui était pas venu en esprit ; chose encore plus idiote : il s'en voulait pour la moindre petite chose susceptible d'avoir une relation avec Mist. Il était dans une sorte de phase bizarre, où la misère vieille comme le monde était de sa faute. C'était débile, il le savait, c'était ridicule, il en avait pleinement conscience, mais rien n'y changeait. Peut-être parce qu'il avait peur de le perdre, ou plutôt qu'il se rendait compte que dire : « ne t'en fais pas, je suis là » était certes très facile, en théorie. La pratique n'avait rien à voir, et il risquait de perdre Mist, comme il avait perdu Aniya, même s'il n'avait pas encore véritablement l'expérience de la mort d'un proche. Il tenait à cette promesse, mais il se sentait faible, trop faible.

Au bout d'un moment, Magdra lui affirma que le plus dur était passé, et qu'il lui fallait un peu de repos. Elle voulut le faire sortir de la chambre, cependant, le jeune homme lui murmura qu'il voulait rester ici, au cas où Mist avait besoin de quelque chose. Et contrairement à ce que penserait l'infirme plus tard, elle ne fit aucun commentaire au sujet de la chemise, sans doute par correction, ou parce qu'elle pouvait deviner la réaction de Marius. Réaction qui pourrait se résumer par : « Je ne vois rien, je n'entends rien, je ne dis rien, et je fourre ma tête dans le plancher pour ne pas comprendre ». Encore une façon de fuir, mais Marius était plus ou moins ainsi, souvent, c'était plus simple de ne pas croire aux choses gênantes, ça ne lui venait même pas à l'esprit que Mist put ressentir autre chose que de l'affection — comme il croyait en ressentir aussi — pour un ami, un simple ami loyal et fidèle.

C'était impossible... il ne voulait pas y penser, et il n'y penserait pas ! Magdra quitta la pièce sans un mot, en lui disant tout de même que dormir ne lui ferait pas de mal, et qu'il ressemblait à un cadavre sur lequel on aurait foutu du talc pour cacher la peau pourrissante. Marius soupira et ramena la chaise prés du lit de Mist, ce dernier semblait dormir d'ailleurs, et posant son bras sur le dossier, il l'observa longuement pour s'assurer que tout allait bien, avant de s'assoupir quelque minute. La position était inconfortable, son bras écrasé par sa tête, mais au moins, il pourrait savoir si Mist se sentait mal. Marius poussa un long soupir, tomba un peu dans le sommeil, et peina à en sortir, lorsqu'il entendit son ami prêt à cracher ses poumons sur lui, il fronça d'abord les sourcils avant d'ouvrir les yeux, et releva doucement la tête vers Mist.

Il mit un peu de temps pour se souvenir de la situation, et il grimaça à cause de la douleur qui le lançait dans le dos. Il l'entendit écrire sur son ardoise, la craie la frappait dans un petit martèlement sonore, et Marius frotta son visage en retenant un bâillement, il posa ses yeux sur l'ardoise et haussa les sourcils. L'esprit encore embrumé de fatigue, il prit l'ardoise pour la rapprocher de la lumière, s'assurant ainsi qu'il avait bien lu, il fronça encore les sourcils, et se tourna vers Mist en le détaillant un moment sans comprendre. Il lui rendit finalement l'ardoise, et lâcha :


— Mais de quoi ? Si tu parles de ton « rhume », c'est de ma faute, j'aurais dû y penser en rentrant.

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyVen 15 Juil - 20:56

Marius ne savait pas de quoi je parlais, et ça, j'en étais sûr. J'étais pendu à ses lèvres après avoir écrit mon mot, je pensais qu'il allait m'engueuler, exprimer son dégoût, mais non, il était désolé de pas avoir eu la prévoyance d'une mère poule en phase terminale d'anxiété. Tu y crois à ça toi ?

« Mais c'était à moi d'y penser ! C'est mon corps, pas le tien ! »

Oui je dérive, puis c'est mieux si on parle de ça plutôt que d'autre chose, même si je suis assez confus quand je parle, tu vois quoi. En fait il savait rien, il a pas compris, même si je sers sa chemise contre ma poitrine. Je suis ridicule. Comme je te l'ai dit, à force de fréquenter Marius et de discuter avec lui, je sais un peu ses idées là dessus, même si on en parle pas directement bien sûr. Je crois (je ne suis pas sûr) qu'il considère les relations amoureuses et tout ce qui va avec comme... sale, de la faiblesse, des rapports de domination pervers et horribles, qui finissent forcément mal. Quelque chose comme ça. Je comprends, vu son passé, sa pauvre amie violée et puis je fais de ses idéaux les miens, parce que je l'admire et je veux lui ressembler... oui ça tient pas à grand chose l'intégrité, surtout la mienne qui a été réduite en petit morceau. Je prendrais n'importe quelle idéologie pourvu qu'elle ne me tape pas dessus – et du fait de ma condition d'handicapé pauvre, la dominante me tapera forcément dessus. Celle de Marius me paraît parfaite parce qu'il s'agit de s'inquiéter pour moi et de m'apprécier. J'aime ça, et j'aime aussi Marius, par extension, pour un tas de raison. Ça me désole, j'ai l'impression de le trahir ! Comme si je mettais un couteau sous sa gorge sans pouvoir me contrôler. Mais on contrôle forcément ces choses là ! C'est de la trahison, je suis faible, c'est tout, je ferais mieux de crever.

« C'est pour ça que je ne voulais pas que l'autre folle me touche, t'es tout inquiet tout le temps, et j'aime pas. Alors faire semblant qu'il n'y a pas de problème, c'est encore la meilleure solution. »

J'écris j'écris je blablate, je brasse de l'air et je raconte n'importe quoi. Pour lui occuper son petit cerveau. Je consens péniblement à cacher sa chemise sous les couvertures, peut être qu'il ne l'a pas remarquée d'ailleurs, cette chemise. Il a dû se dire que je dormais avec un vieux doudou, je sais pas. Je lui ai dit que j'avais peur du noir, je crois. Enfin peu importe.

« Je suis un peu confus dans ce que je dis, excuse moi, je suis un peu fatigué et j'ai mal à la tête. Je n'ai pas envie qu'un jour tu me trouves chiant et trop lourd pour tes nerfs. »

Et de la fièvre partout et les poumons en feu aussi, mais là, pas trop besoin de la ramener. Et en plus je raconte de la merde qui a pour seul but de me faire pardonner. J'imagine là dans le cerveau de Marius, il va se mentir à lui même, se promettre de me protéger pour toujours, et il va me prendre dans ses bras ou me dire un truc gentil et... ah merde, les chemins de l'inconscient, je savais exactement ce qui allait se passer ! Du coup je me punis en écrivant à toute pompe avant qu'il ait pu dire quoique ce soit – et le nez sur mon ardoise, je vois rien :

« Je suis fatigué, je m'étais réveillé juste pour tousser. Bonne nuit. Merci pour tout. »

Puis je me roule en boule dos à Marius et je tâche de m'endormir. Il me faudra plusieurs minutes.

Ensuite des journées défilent, je suis malade, Marius vient me voir des fois, et puis Magdra surtout. Je ne sais pas à quoi est occupé Marius, je suis trop occupé à être malade en général, je dors et je tousse, et puis je bois des trucs pas bons et je tousse encore. Mais la fièvre finit par baisser et je tousse de moins en moins, et j'arrive à marcher dans la maison voire à sortir dehors. Les beaux jours sont revenus, il ne fait pas trop froid, je ne risque pas d'être malade. J'ai du mal à tenir mes résolutions, mais au moins j'ai plus de parasite. Et puis je sculpte furieusement du bois, j'ai plus que ça à foutre. Les petits bibelots moches s'accumulent, quand j'en ferais un vraiment bien, je le filerais à Marius. Je me demande ce que devient la fillette, j'évite de la croiser. Je lui ai rendu son jouet quand même, et même des fois on joue ensemble, mais personne ne sait quoi en foutre.
Enfin là présentement je sculpte sur mon lit péniblement un petit chien moche, quoique que j'arrive à faire des yeux et des pattes à peu près potables maintenant. Les oreilles et la queue, c'est encore un grand problème. Il fait nuit, mais c'est pas très important, je suis pas spécialement un mec diurne.
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Marius De l'Ombrage

Marius De l'Ombrage

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyVen 15 Juil - 21:50

— Non... car si tu as un réel souci de santé, je le saurais que trop tard et je ne pourrais rien faire.

Même si l'intention de Mist n'était pas de l'inquiéter, Marius s'inquiétait tout de même, c'était dans sa nature. Il se laissait facilement dévorer par l'angoisse et le stress, surtout lorsqu'il s'agissait de ses proches, et de Mist. Il savait que cette attitude mère poule pouvait mettre son ami mal à l'aise, mais il ne pouvait pas lutter contre ça. Il s'angoissait tout le temps, tout le temps, tout le temps, souvent il se trouvait plus rassuré quand Mist était prés de lui, pourtant il avait bien vu que même s'il était là, il restait faible, si jamais quelqu'un de plus fort que lui (et ce n'était pas difficile) s'attaquait au sourd-muet, il allait redoubler de vigilance, le reste n'avait pas d'importance.

Il approuva le jeune homme dans un vague sourire crispé, puis sans un mot de plus, il quitta la pièce. Sans doute son comportement fatiguait plus qu'autre chose son ami, peut-être qu'il était trop étouffant, il ne savait pas exactement, il se sentait juste con. Il alla se coucher d'un pas lourd, déjà mort d'inquiétude, mais finissant par se faire avaler par la fatigue. Depuis deux jours, les situations difficiles s'enchaînaient, l'épuisement l'écrasait plus que d'habitude, et ce n'était pas que physique, mais bien moral aussi. Les maladies de l'âme bouffaient aussi le corps, il devait devenir plus fort encore, et sans cesse faire des efforts pour progresser. Voilà tout, et toujours continuer à se voiler la face, la lâche à ce niveau-là lui était plus confortable.

La nuit possédait toujours cette aura apaisante, les ténèbres engloutissaient tout, masquaient le courage comme les craintes, enlaçaient dans leurs immenses capes les silhouettes des maisons, et des âmes errantes qui pouvaient se trouver sur son chemin. La lune parfois transperçait la noirceur de la nuit, et éclairait de ses longs doigts d'argent les pavés des ruelles insalubres, dévoilant la misère humaine que la nuit s'évertuait à cacher, elle éclairait aussi le pas des vagabonds sans but, sans rêves, sans foyer. Tout comme elle pouvait être la lumière dans le désespoir, et la nourrice de desseins tout aussi fous que leurs victimes.

Marius avait pourtant gardé un visage impassible, froid, voire hautain durant toute l'opération avec Eghän, il s'était montré assez peu coopératif, et méfiant comme un animal sauvage. Cependant, lorsqu'il avait quitté l'Ingénieur, il n'avait pas souri, il n'avait rien montré comme toujours, il avait juste senti son coeur battre un peu plus fort dans sa poitrine. L'adrénaline embrumait son esprit, et il aimait la sentir infiltrer ses pensées pour lui dérober un peu de raison, son estomac s'en tordait de joie d'ailleurs. Il était pris dans l'allégresse, chose rare, car lorsqu'il rentra dans la masure, le front en sueur, tremblant un peu, il se mit à sourire de façon un peu niaise. Pas de ce sourire volontairement naïf qu'il adressait sournoisement à quelques victimes qui le prenaient de haut, mais un vrai sourire d'imbécile heureux, et c'était ce qu'il était à cet instant, un imbécile heureux avec le cerveau emplit de rêves de destructions. La haine pourrissait tout, et il pouvait la remercier de lui avoir donné un peu de force.

Mis à part Marco, il ne trouva personne dans ce qui pouvait servir de salon, l'homme d'ailleurs était juste en train de dormir. Marius l'observa un moment, et haussa les épaules ; machinalement, et toujours poussé par cette prudence un peu folle, il poussa une grande malle contre la porte pour empêcher quiconque de venir ici. Les fenêtres étaient éternellement barricadés, et c'était presque un exploit de voir filtrer entre les imposantes planches de bois un rayon de lune, il éternua à cause de la poussière qui véritable conquérante, envahissait sans la moindre difficulté la masure. Ils ne faisaient jamais le ménage, ou trés rarement, si bien qu'on aurait pu les prendre pour de simples fantômes logeant ici. L'endroit paraissait minable, pauvre, et sale, la crasse était comme une seconde peau pour les meubles, toutefois, c'était sans doute ici qu'ils se trouvaient le plus en sécurité.

Personne ne pouvait deviner leur présence, à moindre de partager leurs secrets, ce qui en soit était aussi un exploit. Ils étaient plutôt nombreux, mais ils se connaissaient tous assez bien pour savoir qu'ils pouvaient avoir confiance en chacun des leurs, enfin, Marius observa longuement Marco, avachis sur la table, la joue marquée par le petit tas de bijoux qu'il avait sûrement volés. En soupirant, le jeune homme commença à défaire sa cape, tout en montant à l'étage. Le jeune homme passa une main fébrile sur son visage, il se souvenait encore de l'inquiétude de Mist par rapport à ce projet-là, mais il ne lui avait rien dit de plus, pourquoi ? Pas pour rajouter de la fatigue, et aussi un peu pour lui faire la surprise. Et même s'il faisait souvent attention à lui, il lui arrivait parfois d'agir comme si l'infirme entendait, par exemple avant d'entrer dans sa chambre, il avait frappé à la porte. Une bougie à la main, il l'entrebâilla doucement, et le trouva en train de sculpter une sorte de chien, ce qui lui arrivait souvent en ce moment, enfin d'après ce que lui avait dit Magdra.

Marius fit signe à Mist pour attirer son attention, il le salua pour lui lancer sur un ton plutôt excité :


— Je suis désolée de n'avoir pas pu te rendre visite assez souvent, mais j'ai été assez occupé, Uergo m'a présenté un Philosophe de talent, un ami d'enfance qui est assez calme, mais observateur, quand l'occasion se présentera, vous ferez connaissance ! Ah... et surtout...

Marius fronça les sourcils et s'arrêta dans ses gestes, il fixa quelques secondes un endroit du mur, et fouilla dans sa cape à moitié défaite pour extirper deux masques un gaz. Il en lança un à Mist d'une main toujours fébrile, joyeuse et prise dans l'adrénaline, il souriait de cette manière toujours aussi niaise. Il s'étira pour prendre une chaise qu'il tira face à Mist, il s'assit le ventre contre le dossier pour poser ses bras dessus. Il continua de sourire tout en fixant son ami pour déclarer :

— Il me semble que tu avais perdu le tien en prison, non ? Eh bien... j'ai réussi à me procurer un Gaz Toxique, et ces deux masques. D'Arken va avoir des soucis à se faire, crois-moi !


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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyDim 17 Juil - 4:57

Un mouvement sur la droite m'attira l'œil, c'était Marius qui avait l'air content. Ça faisait un effet bizarre de le voir avec une expression sur le visage qui ne soit ni de l'inquiétude ni de la tristesse, un peu comme voir un iceberg sourire. Quelqu'un devait être mort, genre Uriel ou un truc comme ça. Marius sourit jamais pour rien – contrairement à moi. Et en plus il semblait excité, du genre il a une trop bonne nouvelle à dire et les secondes qui le sépare de l'annonce sont beaucoup trop longues.

Il commence tout d'abord par s'excuser de pas venir me voir plus souvent, je hausse des épaules, me regarder dormir et tousser, c'est pas spécialement palpitant. Je mets mon couteau à la ceinture qui ceint mes hanches et pose mon futur chien en bois, pour l'instant j'ai surtout dégrossi. J'époussète le bois que j'ai sur les genoux et je regarde bien ce qu'il a à me dire. Je tousse un peu, mais c'est histoire de dire, ça n'a rien à voir avec les déchirements de poumons des précédent jours.

Marius me parle d'un « philosophe de talent » dont je « ferais connaissance dès que l'occasion se présentera ». Je fronce les sourcils, « philosophe » et « talent », ça m paraît assez incompatible en général, j'aurais plutôt tendance à y coller des mots comme « couilles molles ». Bah ! Si Marius le dit, c'est forcément vrai. C'est p'tète juste un terroriste qui réfléchit, un oiseau rare quoi ! J'espère qu'il va pas nous retenir avec des phrases comme « la violence se couche devant le droit » ou des trucs comme ça pour pas qu'on pose des bombes. Rien ne vaut l'adrénaline qui accompagne le posage de bombe, j'veux pas qu'un petit con raisonne pour m'empêcher de le faire ! Enfin si j'fais connaissance avec, j'le garde à l'œil, des fois qu'il parle de désir ou de pouvoir. Un coup sec derrière la nuque devrait régler ça.

Là dessus, Marius s'assoit, fouille dans ses fringues et me lance... un masque à gaz ! Je l'attrape au vol, mais prend le temps de regarder ce que Marius dit avant de l'examiner sous toutes les coutures. Un cadeau ! Et pas n'importe quoi, un truc que je garde sur la tronche tout le temps, sauf pour dormir ! Il me raconte qu'il a chopé du gaz toxique aussi, et je vois un autre masque entre ses doigts. Je suppose qu'il m'en donne un pour que je participe aussi ! He beh, il avait raison d'être excité, je le suis aussi. Et, au passage, j'adore ses tournures de phrases vieillotes comme « d'Arken va avoir du soucis à se faire, crois moi », c'est typiquement Marius ça. Un autre le dirait, ça sonnerait bizarre, mais lui le dit avec sincérité, alors ça passe. J'adore.

Enfin c'est pas le sujet, le sujet là c'est un futur attentat avec un Philosophe qui aurait prétendument du talent (je reste méfiant là dessus) et le cadeau de Marius. Je l'examine sous toutes les coutures et le renifle, il sent mauvais comme l'ancien en plus ! C'est trop cool ! Je l'enfile et sert les sangles derrière ma tête, avec les cheveux abimés qui forment des épis aux mêmes endroit à cause de l'ancien masque. Je regarde Marius à travers la fine grille pour les yeux puis j'écris sur mon ardoise fébrilement. Son excitation est contagieuse.

« On va faire un attentat alors ? Où ? Quand ? Maintenant ? C'est trop bien !!! Le philosophe va venir aussi ? Je fais quoi ? »

Si Noël existait sur Ishtar, y aurait à peu près la même ambiance dans ma tête.
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Marius De l'Ombrage

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyDim 17 Juil - 10:27

Le sourire de Marius s'agrandit, lorsqu'il vit Mist se saisir non sans excitation du masque à gaz, satisfait, le jeune homme l'observa faire sans émettre le moindre commentaire, il se contentait de sourire, tout simplement. Il tremblait d'ailleurs encore un peu, l'excitation ne paraissait pas sur le point de baisser, au contraire, car les idées ne cessaient guère de fuser dans son esprit, parfois des images délicieusement morbides se lançaient devant ses yeux. Il se moquait d'être capable de créer un chaos spectaculaire avec ce gaz, non, ce qu'il voyait, c'était le corps d'Uriel d'Arken gisant à ses pieds, secoué de spasmes, les lèvres retroussées et sèches, la figure transformée par la souffrance, et encore ! Si jamais le Haut-Prêtre souffrît de la sorte, Marius trouverait que ce ne serait pas assez. Avec tout le mal qu'il avait fait, il ne méritait pas une mort aussi douce que celle-ci, cependant, il n'avait pas encore le pouvoir de le faire juger en place publique. Il espérait simplement que ce Gaz soit assez nocif et dangereux pour prolonger l'agonie, on ne provoquait pas la colère de Marius, sans en subir les conséquences.

Et il prendrait du plaisir à voir Uriel d'Arken le supplier, les yeux rougit par les larmes de mettre fin à ses jours, cependant, le jeune homme lui refuserait ce droit, et le contemplerait se débattre comme un vers pour survivre. Il arracherait sa chevelure blonde, tout comme il martèlerait son cadavre de coups, d'Arken ne méritait pas de respect après sa mort, pas selon lui en tout cas. Ses mains n'arrêtaient pas de trembler, comme tout le reste de son corps, ses lèvres remuaient toutes seules, tandis qu'il pouvait sentir l'adrénaline se diffuser dans tout son corps. La joie malsaine de la mort de son plus grand ennemi le déconnectait un peu de la réalité, et comme un imbécile heureux, Marius continuait de sourire. Il passa une main dans ses cheveux, observant Mist mettre son nouveau masque à gaz, ravi de le voir reprendre un peu du poil de la bête, ça le rendait badin. Ses yeux se posèrent sur les diverses questions que son ami lui avait posées, écrivant tout ceci d'une main fébrile sur son ardoise, Marius sans s'arracher ce sourire niais de sa face, répondit d'une voix vibrante d'enthousiasme :

— Ce ne sera pas pour tout de suite... j'ai encore quelques personnes à faire entrer avec nous. Il faut encore organiser tout ça, mais j'espère pouvoir le lancer dans environ un mois et demi. Je ne sais pas si ça réussiras, ou si nous pourrons tuer Uriel d'Arken, mais au moins... on lui fera comprendre qu'il n'est pas si... en sécurité que ça, et qu'il risque de perdre la vie à tout moment, si on le décide. Il va descendre de son trône pour perdre son orgueil, et ses pouvoirs... sa voix devint plus ténébreuse : j'aimerais lui faire payer dans la douleur tous ses crimes, tout le mal qu'il a pu faire. Ou au moins, lui faire subir tout ce qu'il t'a fait subir. Je ne lui pardonnerai jamais.

Inutile de préciser qu'il était sérieux, et à la pensée de tout ce que le Haut-Prêtre avait pu faire à Mist, Marius se mettait inévitablement en colère. Il y avait l'amertume de ne pas avoir pu empêcher tout ceci, et de se sentir faible comme un moineau, mais il y avait cette haine qui courait sa peau pour ronger son coeur. Il en rêvait la nuit, quand il parvenait à dormir, et plusieurs fois, lorsqu'il marchait dans les ruelles d'Ishtar, le jeune homme s'était retenu de foncer sans réfléchir jusqu'à la Cathédrale pour se jeter sur cet homme et le tuer. Avoir conscience qu'il risquait de se faire attraper l'angoissait, et l'empêchait d'agir comme un imbécile, alors cette nouvelle arme, allait lui permettre de tuer Uriel d'Arken dans une longue douleur lancinante, sournoise, mesquine, et lente.

Il y avait la haine qui lui écrasait la poitrine, ainsi que l'adrénaline, et les différentes visions de destructions qui envahissaient son esprit. Il se voyait faire tomber la Cathédrale sur le corps fragile du Haut-Prêtre. Sa main se resserra sur le dossier de la chaise, c'était bon... l'élan de joie venait de partir, et il redevenait sombre, soumis à des émotions lunatiques, il avait conscience qu'il redeviendrait bientôt plein d'euphorie, comme des sortes de crises. Il détenait le moyen de tuer cet homme, cet homme qu'il haïssait de toute son âme. Il fixa longuement Mist sans ouvrir la bouche, enfoncé soudain dans une sombre mélancolie, il laissait l'amertume lui prendre la gorge, et enfin, il baissa les yeux pour fixer le plancher, et faire d'une voix sourde que Mist n'entendrait jamais :

—... Je te vengerais, ne t'en fais pas.

Il tremblait encore, les mains crispées sur le dossier de la chaise, il cessa de regarder Mist pendant un moment. Le regard perdu dans le vague, il avait été sincère, comme toujours. Cependant, il y avait une petite partie de lui-même qu'il honnissait, car cette partie lui murmurait avec intensité qu'il n'avait pas encore la force suffisante pour venger Mist. Tous ceux qui l'avaient blessé, tous ceux qui lui avaient fait perdre le peu de confiance qu'il avait en lui, le jeune homme avaient envie de les retrouver pour leur faire payer leur arrogance. Il était tendu comme toujours, et sa nature soucieuse reprit rapidement le dessus, il n'arrivait plus à sourire, comme il ne regardait plus Mist. Il y avait tant de personnes qui l'avaient blessé, tant de salopards... et il ne savait pas trop ce qu'il devait faire. Il se sentait de nouveau impuissant, il détestait ça, il détestait se sentir faible !

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyDim 17 Juil - 14:30

J'étais pendu aux lèvres de Marius, j'aimais ses descriptions, mais je trouvais qu'il n'en faisait pas assez. Uriel, je l'aurais entre les mains, je lui ferais... tout. Mon imagination n'avait aucune limite là dessus. Marius ne pouvait pas le voir, mais j'avais un sourire malsain sur les lèvres. Il paraît que les victimes deviennent bourreaux. C'est sans doute vrai, après tout je suis allé chez l'inquisiteur Paole et je lui ai écrit sur le ventre, je l'ai mis cul nu et je lui ai fait des plaies sur la bite, et j'ai versé du citron dessus. Je l'ai attaché à son lit et je l'ai torturé, voilà. Je ne suis pas une gentille victime innocente. On m'a mis en prison parce que j'ai tué. J'ai planté un crayon dans le ventre de Marius aussi, mais ça à la différence du reste, je le regrettais, mais uniquement parce que j'aimais Marius, pas par moral. C'était tellement absurde ! L'Église m'avait torturé parce que j'avais tué et tenté de tuer les leurs, et en retour Marius voulait les tuer eux. Quelle différence entre eux et nous ? Les premiers avaient la majorité du peuple de leur coté, voilà tout. Y en avait avec de la soie sur le dos, et d'autres avec des haillons. Paradoxalement, j'aurais sans doute fait un bon inquisiteur, peut être, dans le genre silencieux, mais l'Église ne m'aimait pas parce qu'un handicap était considéré comme une faiblesse et qu'elle idolâtrait les forts. C'était idiot. Est ce qu'un imbécile d'entendant peut épier une conversation à vingt mètres de distance au milieu d'une foule bruyante juste en lisant sur les lèvres ? Ça ne se fait pas d'instinct, c'est très dur à apprendre ! Quand on y réfléchit, je suis pas inférieur, mais différent, c'est tout. Mais cela dit, même moi j'ai du mal à m'en convaincre quand je suis déprime – c'est à dire un peu tout le temps. Tiens regarde, ça me traverse la tête là : son philosophe de talent là, est ce qu'il couche pas avec ou quelque chose comme ça sans me le dire ? Après tout, je suis que son pote, ça me regarde pas, je vois pas pourquoi il me le dirait. Bien sûr, ça paraît hautement improbable, mais ce gars là, il peut murmurer des choses douces à Marius, lui chanter la sérénade, lui déclarer son amour et tout et tout. Oui c'est idiot, rien ne laisse penser que Marius a de telles relations avec ce putain de philosophe, mais je peux pas m'empêcher d'y penser. Peut être qu'il rencontrera un gars ou une meuf bien foutu, et que je resterais pote avec lui, et je les regarderais s'embrasser et tout en pleurant dans mon coin. Après tout, je rentre pas dans la catégorie « baisable », je ne suis pas humain, je ne me ressens pas comme tel, mais ça m'empêche pas d'en avoir envie. Et seulement avec Marius, avec quelqu'un d'autre ça me paraît sale. A la limite, violer Uriel ou Émile, ça me tente bien, mais uniquement pour les mettre plus bas que terre, les dominer, les rabaisser au rôle de trou béant, leur faire payer.

Donc mon imagination coure hurlante sur les vastes plaines de l'horrible. J'ai un sourire malsain sous mon masque que Marius peut pas voir, et j'écris. Il est tellement gentil ! Il prend tout à cœur, il veut me venger, ce qu'on m'a fait le rend malade. Ça m'horrifie parce que je n'aime pas voir Marius souffrir, mais d'un autre coté, je trouve ça merveilleux. C'est totalement nouveau pour moi, c'est comme si j'étais humain et qu'on pouvait me considérer comme autre chose qu'un souffre douleur ou un petit animal de compagnie inférieur. Il faudrait que je lui dise comme il est merveilleux avec moi. J'ai l'impression de pas le mériter, et pourtant paradoxalement j'en voudrais plus de sa part. Tu sais pourquoi j'ai mentionné avoir volé une ceinture en cuir ? C'est vrai que c'est idiot et que tout le monde s'en fout, mais c'est qu'avant je tenais mon pantalon avec une ficelle et je laissais pendre ma tunique trop grande et informe sur mes cuisse, et je ressemblais à rien. Maintenant que j'ai une ceinture sous mon nombril, on peut voir que j'ai des hanches et qu'elles sont plus fines que mes épaules. Il paraît que c'est joli ça, comme si je pouvais l'être. Et je me suis bien lavé et j'ai lavé mes vêtements aussi. C'est pathétique hein ? Comme si je pouvais séduire ! Je me dégoûte rien que d'y penser. Ça me donne envie de pleurer tellement c'est pas possible, je suis moche et je le sais, pourquoi j'essaye ? Et Marius qui m'enfonce en se comportant envers moi comme si... je valais le coup. Ça me fait mal au ventre tellement je l'aime tiens.
Marius avait l'air tendu, il me disait qu'il me vengerai, comme si j'étais déjà mort et que je pouvais rien faire. Je voyais ses phalanges blanchir sur le dossier de la chaise en disant ça, il y croyait ! C'était pas une formule en l'air, ça le rendait vraiment malade qu'on m'ait torturer. J'eu encore une fois une érection, que je cherchais pas à cacher cette fois ci, je respirais plus vite et l'excitation me fit tousser. Quelque part au fond de moi, j'espérais qu'il le remarque, qu'il se tende timidement vers moi et que je me jette sur lui, que je le possède. En moi se mélangeait le désir plein de violence de torturer tous ceux qui m'avaient fait la même chose, et celui de coller ma peau à celle de Marius, de l'avoir tout à moi, d'être le seul témoin de ses extases, de ses sourires. Tout à moi. J'étais jaloux et en feu. Néanmoins, malgré mes folles envies qui me grillaient les neurones, quand j'écrivis sur mon ardoise, je pris soin de la poser de façon à cacher mon entrejambe. Mieux vaut un demi Marius que pas de Marius du tout.

« C'est dommage qu'il ne puisse pas mourir plusieurs fois, j'aimerais le tuer de mes mains aussi. Je lui ferait tout payer au centuple, et à l'inquisiteur aussi. Encore plus de langue arrachée, plus de brûlures, plus de coups. Depuis que mes parents m'ont été enlevés, je veux juste me venger, juste les tuer et les torturer, de plus en plus. Mais j'arrive pas à rendre les coups. Tu trouves ça mal ? Tu as des idéaux toi, de la compassion et tout. Moi j'en ai pas. Tu me détesterais à cause de ça ? Ou tu me considères comme une pauvre petite chose, c'est pas ma faute j'ai trop une vie de merde pour avoir le choix. Et c'est pas faux, je ne suis pas un être humain, juste une pauvre petite chose, trop mutilée, je ressemble à rien, je me déteste pour ça ! Je suis comme un chien, juste comme un chien, et ça fait mal ! Je ne pourrais jamais vivre comme les humains, je les regarde, ils tombent amoureux les uns des autres, travaillent, font des enfants, ont une famille et je ferais jamais ça ! Ils me l'ont dit que j'étais un chien, et c'était vrai ! Je me suis lavé et tout, mais c'est encore plus pathétique ! J'aurais mieux fait de rester dans ma merde, c'est tout ce que je mérite et peut être même que j'en serais mort et ça aurait été très bien ! »

C'est plus fort que moi, dès que Marius parle de Uriel et de ce qu'il m'a fait, je hurle ce que j'ai dans le cœur. Métaphoriquement évidemment, mais c'est plus fort que moi. Je me mets à pleurer très fort. Je me tiens la poitrine entre les bras, agité de sanglot et je me penche en avant, la tête entre les genoux parce que la douleur est insupportable. Et je voudrais que Marius m'aime ! C'est pire que tout, si seulement je pouvais en crever ! C'est une de mes fameuses crises, où je suis lucide et où la réalité me fait mal, et je me blesse dessus. Je pleure trop fort, animé de l'énergie du désespoir et je me laisse tomber par terre parce que je mérite pas d'être assis sur une chaise. La réalité me faisait moins mal avant, parce que c'était trop lointain pour moi tous les trucs d'humain, comme manger à sa faim, être heureux, tomber amoureux, tout ça, mais Marius m'a fait voir des choses de loin, malgré lui. Il n'en a pas fait exprès, mais je souhaite vivre des choses avec lui, tu sais, tous ces trucs dont je parlais avant. Mais c'est impossible, et ça me fait mal. J'étais à plat ventre sur le sol pour pleurer, mais ça ne suffit pas, je me roule en boule sur le coté avec le visage dans mes bras, les mains posées sur ma tête. Je bouge ma main pour griffer mon oreille inutile, la prothèse n'ayant pas d'ongle. Si je me frappe, Marius m'arrêtera sans doute, mais j'ai envie de me faire mal parce que je me sens trop merdique et que mes sentiments sont trop lourds, trop forts et me font trop mal. La seule chose qui me console, c'est qu'avec mon masque sur la tête, Marius ne peut pas voir mon visage de laideron avec de la morve partout et les yeux gonflés et rouge. Mais c'est ridicule ! Je devrais l'enlever, parce que ça change rien, je suis moche tout pareil, on devrait me lancer des pierres. Mais je le garde quand même pour me punir, parce que je devrais pas exister, avec un visage comme ça. Je devrais le garder en dormant ! Imagine qu'on me voit quand même quand je dors ? Je devrais pas être regardé. Je tremble de tension contenue, je bouge un peu, mais juste parce que c'est insupportable. Et la ceinture que j'avais mis par coquetterie inutile me rentre douloureusement sous les cotes et me fait mal, et c'est bien fait !
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Marius De l'Ombrage

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyDim 17 Juil - 15:34

Il baissa les yeux sur le plancher, soudain plein de colère et de haine, il poussa un gros soupir pour essayer de chasser toutes les idées noires qui survenaient dans son crâne. Uriel d'Arken, Émile Paole... quand il songeait à eux, il était à chaque empli d'une grande fureur qui le consumait, et le déchirait. Il peinait à chaque fois à reprendre son calme, et à rester impassible, mais c'était impossible. Marius aurait tout donné pour éviter que Mist se retrouvât en prison ! Le sentiment d'impuissance le rongeait, la haine lui faisait mal, et il avait l'impression d'étouffer, c'était un véritable cri de souffrance qui courait sous sa peau, un cri qui allait jusqu'à faire chanceler sa raison. Il voulait venger Mist, et contrairement à ce que ce dernier pourrait penser, si Marius se retrouvait face à d'Arken, il perdrait ses « belles idées » tout ce qui paraissaient le rendre « noble » aux yeux du terroriste, il deviendrait encore pire que cet homme qu'il honnît de toute son âme.

Sa main tremblait, comme le reste de son corps, mais il l'imaginait la refermer sur ce cou pâle pour le briser d'une pression trop forte, et ensuite, il lui forcerait à ouvrir la bouche pour lui faire avaler des éclats de verre, semblables à sa douceur brisée ; auparavant, il se serait trouvé écoeurant d'avoir songé à une telle chose, mais plus maintenant. La haine qu'il portait à ces deux hommes le dépassait, de même qu'il voulait les tuer, les blesser, les humilier pour leur faire payer ce qu'ils avaient fait ! Il passa une main sur sa figure, et retourna son attention sur Mist, sur l'instant, il eut un bref sourire pour tenter de lui faire croire que tout allait bien, mais ce dernier disparut bien vite lorsqu'il posa ses yeux sur l'ardoise.

Son regard resta fixe l'espace de plusieurs secondes, alors que chaque mot que Mist eut écrit d'une main maladroite lui venait brutalement à la figure. Sur le moment, il se contenta de froncer les sourcils, et lui-même comprenait ces désirs violents qui animaient l'âme de l'infirme, il y était soumis, sa colère avant sans doute moins d'intensité, car il ne pouvait pas comprendre la souffrance qu'il avait endurée, il pouvait juste la contempler dévorer le corps de ce gamin, maigre comme un clou qui voulait juste survivre. Il alla ouvrir la bouche pour essayer de repousser toute cette violence qui paraissait prendre Mist, en lui disant notamment qu'il ne le détesterait pas, et qu'il comprendrait ce manque de compassion, mais il la referma bien vite, lorsqu'il lut la suite de ses mots. Il en resta bouche bée, un grand blanc envahit un moment son esprit, tandis que les mots venaient et allaient, acides et brûlant pour transpercer son coeur.

Il avala péniblement sa salive, et resta paralysé par toutes ces paroles écrites avec une telle brutalité que ça lui fit mal, très mal même. Il frémit et leva la main pour... il ne savait pas, il laissa juste sa main en suspens, en fixant Mist avec un regard vide. Il... Merde ! Non ! Ce n'était pas ça ! Comment Mist pouvait-il penser ceci ? Qu'avait-il fait comme erreur pour qu'il pensât ça de lui ? Pourquoi ? Et comment ? Merde ! Évidemment, la culpabilité lui broya brutalement la poitrine, il avait l'impression qu'on venait de pénétrer son coeur avec une énorme boule pleine d'aiguilles, et il s'en voulut, encore, il s'en voulut d'être aveugle à ce point, et de ne pas arriver à comprendre Mist, comme un ami devrait le faire. Il... il n'était pas parvenu à se rendre compte de cette douleur, il n'était pas parvenu à comprendre sa souffrance, et ça le mettait hors de lui !

Il se serait bien foutu une claque pour cet aveuglément, ce gros manque d'attention, mais le comportement de Mist l'interpella tout autant que ses mots. Il ne pouvait pas entendre toute sa douleur, et sa colère, cependant, Marius pouvait la sentir la brûler de l'intérieur, et de lui faire sentir à quel point il n'était rien d'autre qu'un minable avec l'espoir stupide de vouloir changer les choses ! Il voulut se relever, les jambes tremblantes, et resta paralysé comme un con, tandis que Mist roulait sur le sol, faible et pleurant, et il s'en sentit responsable. Il semblait obstiné à vouloir garder son masque à gaz, et Marius resta un moment sans réagir, juste... détruit parce qu'il voyait. Le sentiment d'impuissance ne tarda pas à revenir, mais avec une telle intensité qu'il eut l'impression que tout autour de lui s'écroulait, il était là, voyant Mist souffrir sans trouver les bonnes paroles à lui dire.

Comment avait-il pu être aveugle à ce point ? Il se saisit soudain de l'ardoise du sourd-muet pour relire ce qu'il avait gravé de sa craie, ça lui fit encore plus mal, il la lâcha finalement, le coeur écrasé de douleur et finalement, Marius s'embrasa de colère. Il se rapprocha d'un pas raide de Mist, et sans expression particulière sur sa figure, il le saisit par son vêtement pour le forcer à se relever. Il chercha son regard, et peinant à contrôler ses gestes, il prit le masque à gaz pour le forcer à l'enlever, et il le jeta plus loin d'une main tremblante de colère. Il les posa d'ailleurs sur les épaules maigres du sourd-muet, et incapable de contrôler ses mouvements, et se maudissant pour ça, il plaqua contre le lit pour se mettre au-dessus de lui. Ensuite, le coeur battant d'amertume, il prit la tête de Mist entre ses mains pour se rapprocher, et le fixer droit dans les yeux. Le voir pleurer lui donnait la nausée, son estomac brûlait, mais il était conscient que s'il ne disait rien, il ne pourrait jamais le sauver.


— Cesse de penser ça ! Merde... !

Il ravala sa salive, les mots peinaient à sortir de sa gorge, pourtant il articula en tremblant, et avec peine :

— Oui... tu as raison de vouloir te venger avec toute la violence dont tu es capable, et moi aussi ! Ce qu'ils ont fait, je ne peux pas leur pardonner, et je ne veux pas ! Si j'avais le pouvoir de les mettre plus bas que terre, je le ferais, ce ne sont que deux salopards qui ne méritent même pas la mort. La mort est un sort beaucoup trop doux pour eux, mais arrête Mist. Par l'Ombre arrête ! Jamais je ne t'ai considéré comme une petite chose fragile, ou quoique ce soit de ce genre, merde ! J'ai conscience que tu ne peux ni entendre ni parler, mais j'ai aussi conscience que tu as réussis à te battre malgré tout, avec ça ! Mais bordel... arrête de te considérer comme un chien, ce n'est qu'une connerie ! Malgré ce qu'ils t'ont dit, tu n'en es pas un ! Tu n'es ni un « demi-homme » ou je ne sais trop quoi. Tu es un être humain, comme moi, comme eux, avec un coeur et des sentiments...

Une main lâcha sa tête pour venir se poser sur la poitrine du terroriste, en le bousculant un peu, Marius reprit son souffle, un genou appuyé contre le matelas, prés de la jambe du sourd-muet, il continua :

— Et avec ses forces, et avec ses faiblesses ! Comme tout le monde. Je veux certes te protéger, je veux prendre soin de toi, parce que je ne veux plus que tu souffres. Mais aide-moi en cessant de te rabaisser sans arrêt, l'être humain peut se montrer barbare et immonde, faible, lâche, dégueulasse, mais il peut être aussi fort, courageux et valeureux. Tu as réussi à te tirer de situations pénibles, tu as réussi à survivre dans ce monde de merde, malgré ton handicap ! Ai confiance en toi, arrête de croire tout ce qu'ils t'ont dit. Ces deux hommes te méprisent parce que tu es sourd-muet ? Eh bien ! Moi je le hais pour n'être que deux sales cons, mauvais, vils et bas ! Et toi... montre leur qu'ils ont tort que ce sont eux les deux clébards, même pas foutu de se battre à force égale avec un homme, parce qu'ils n'ont pas de tripes ! Ils te rabaissent ? Démontre-leur qu'ils se trompent ! J'ai confiance en toi, et en ta force, et tu dois aussi avoir cette confiance. Tu ne peux pas entendre ? Tu ne peux pas parler ? Je ne peux pas saisir des informations que toi tu pourrais avoir. Tu as vécu six dans la rue ? Tu connais Ishtar mieux que moi. Ce que tu n'as pas, tu le combles dans autre chose. Ce que moi je n'ai pas, tu le possèdes. Tu es un être humain, tu es égal aux autres, tu es comme moi. Alors je t'en prie, cesse de penser tout ça ! La différence n'est pas une mauvaise chose, au contraire, elle peut être une force !

Marius se redressa un peu, et souffla d'une voix sourde :

— Je t'interdis de penser ça compris ? Je t'interdis de te rabaisser ! Promets-moi de ne plus jamais le faire !

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyDim 17 Juil - 17:17

C'était comme un barrage qui cédait d'un coup, je voyais soudain à quel point j'étais ridicule et pathétique, et j'avais envie de me rabaisser encore plus pour ouvrir également les yeux de Marius. Me rouler par terre et pleurer de douleur me semblait un bon début, on ne pouvait pas aimer quelqu'un qui se haïssait autant. Ensuite je lui expliquerais, je lui expliquerais comme je suis amoureux de lui, que je m'étais lavé et débarrassé de mes parasites pour lui plaire, et il en rirait. Je me blesserais tout seul avec des mots, je me mutilerais avec et ensuite je me tuerais, parce que je ne supporte plus d'être dans ma peau. J'ai un corps imbécile et je ne suis qu'une merde, j'ai envie de mourir. Ça fait longtemps que j'ai envie de mourir, mais là c'est un désir qui me comprime le cœur, m'empêche de respirer. Je meurs de honte d'exister.

Mais Marius me laisse pas faire, il me prend par les vêtements et me soulève. Je ne proteste pas, je n'en ai pas la force. Je me contente de trembler, peut être qu'il va me jeter par la fenêtre ? Il a l'air si en colère ! Et plein de douleur aussi. Il tremble. Et là je me rends compte que j'ai fait du mal à Marius en disant ça ! Mon existence entière le fait souffrir ! Il n'y a rien qui le fait sourire, même un tout petit peu, dès qu'on parle de moi il est peiné, parce que ma vie entière c'est un tas de merde. Il prend tout pour lui et je m'en veux pour ça aussi. J'aurais pas dû parler, j'aurais dû attendre qu'il sorte et pleurer sous ma couverture dans la fourrure de mon chien, comme d'habitude, il n'aurait rien vu et n'aurait pas été triste, juste content de son cadeau. Mais il m'a parlé d'Uriel et de ce qu'il m'a fait... j'ai craqué, trop tôt. J'aurais pleuré une partie de la nuit, je me serais fait mal aux oreilles avec mon couteau pour me punir et je me serais frappé, et ça aurait été fini. Au lieu de ça je fais de la peine à Marius. Et il va peut être voir les petites coupures sur mes oreilles et se demander pourquoi j'ai des bleus même quand on ne m'a rien fait. Je suis vraiment trop con.

Il m'arrache mon masque à gaz, c'est la dernière chose qui m'ôte toute force. Il voit mon visage explosé et en pleure, mais son expression ne varie pas, pas de dégoût nul part, et crois bien que je cherche. Je tends vainement les mains vers le coin de la pièce où est tombé le masque à gaz, il doit se mordre les doigts de m'avoir offert ce cadeau, alors que c'est le premier qu'on m'ait jamais fait ! Comme je regrette ! Il a compris que je me cachais derrière, tellement je veux ne pas avoir de visage. La première étape de mon suicide, de ma disparition de la surface de la terre plutôt : être Mist l'homme au masque plutôt que Lokhund la petite merde. Personne ne connait mon prénom parce que je ne veux pas exister. Sauf lui.

Marius me plaque sur le lit et se met au dessus de moi. Je me débats un peu, mais je suis trop en mauvaise position et trop fatigué pour y arriver, et puis je ne veux pas lui faire mal, donc je ne m'échappe pas. Il me tient le visage pour m'obliger à le regarder et il parle. Je n'ose pas fermer les yeux de peur qu'il m'écarte les paupières de force, ou qu'il me frappe. Je pourrais ne pas lire sur ses lèvres, aussi, mais finalement je renonce à échapper à la sanction. Je voulais me faire mal ? Les mots de Marius s'en chargeront sûrement.

Mais il ne m'engueule pas, il ne rie pas de moi, il m'explique qu'il me trouve bien. Ça me fait mal au ventre, très mal au ventre et à la tête. Il me dit des lieux communs, mais pourtant il y croit. Comme si la différence était réellement une force, que ma connaissance des rues d'Ishtar était utile, que ma faculté de lire sur les lèvres était un talent. Que j'ai raison de vouloir les torturer à mort, que lui aussi le veut. Je tremble, mais je ne pleure plus. Il me bouscule un peu et je le laisse faire parce que je l'ai bien mérité. Il pourrait me frapper et m'insulter que je ne dirais rien du tout. Je l'aime, je veux le garder près de moi et je ne sais pas comment faire ! Quelque part, une petite voix me dit qu'il a raison, les hommes chiens n'existent pas. Rien de ce qu'on pourrait me faire ne pourrait m'enlever ma qualité d'être humain logiquement, mais j'arrive pas à l'écouter et à la croire. De là à me sentir au niveau de Marius... ! Oui parce qu'il me dit aussi que je suis comme lui, quelque part, avec un cœur et tout ça. Des lieux communs, mais Marius y croit très fort. Il y croit quand il me le dit, il en est convaincu, mes hurlements de souffrance, il ne les comprend pas et il se désole de leur existence. Pourtant, je suis sûr que tu demanderais à n'importe qui, il serait plus d'accord avec moi que lui. Comment je pourrais être l'égal de Marius ? Je... je n'arrive pas à y penser. A l'envisager. Je regarde ce visage aux traits fins et aristocratiques, je vois comment il parle, pense, me considère, je le vois largement supérieur à moi. Et je l'aime pour ça, et pour le reste. Mais il a envie que je ne me considère pas mal, parce que ça le rend triste de me voir pleurer. N'importe qui d'autre s'en foutrait, mais pas lui. Je comprends soudain que les atteintes à ma dignité le blessent, la torture ne lui a pas fait de la peine seulement parce que c'est de la torture, mais aussi parce que ça m'a définitivement brisé le corps et l'esprit. Il doit voir d'autres choses en moi, genre un homme. J'écarquille les yeux. Il m'interdit de me haïr. Obéir à Marius, en soi, ça ne me dérange absolument pas. J'en étais à un stade où il m'aurait demandé de mourir pour lui, je l'aurais fait avec joie, même pour une raison complètement conne. Sous la torture, je n'aurais même pas mentionné son existence. Mais là, il ne demande quelque chose que je ne peux pas faire. Physiquement pas faire. Je suis profondément convaincu de ma médiocrité, je peux bien me mentir et mentir à lui aussi que la fausse vérité à laquelle je crois me hurle dans la tête quand même. Il attend sans doute un simple hochement de tête pour dire que lui, et après on irait gambader dans une prairie verte ou je sais pas quoi, mais ça fait trop longtemps, c'est trop douloureux... par chance, il a posé l'ardoise sur le lit, et j'arrive à l'atteindre du bout des doigts dans la position où je me trouve. Je prends ensuite une craie sur la table de chevet – j'en ai partout. Je ne peux pas dire oui comme ça, je ne peux pas lui mentir. C'est bon pour les autres.

« Je n'y arrive pas comme ça ! Ça fait longtemps que je le crois... ces derniers temps j'ai essayé de faire plein d'effort pour plus ressembler et vivre comme un chien à manger dans les poubelles et à être couvert de parasites, mais c'est dur, c'est comme me mettre le nez dans ma merde tu comprends ? Avant je m'en fichais, j'avais juste qu'à pas y penser trop longtemps, une crise de larmes et c'est fini, personne ne me regardait, et puis il y a eu toi... je voulais me mettre à ton niveau, te plaire, mais je m'apercevais à quel point je ne pouvais pas. Je ne vois qu'un petit infirme avec le nez de traviole, défiguré, qui sent mauvais et tu me dis que en fait, ce n'est pas ça. Mais tu es le premier à me le dire. Émile m'a toujours dit que j'étais un chien, et ça devient vachement convaincant quand on a une braise dans la bouche et qu'on ne peut rien faire. Et puis je suis tombé amoureux de toi et ça me met la barre encore plus haut, alors que j'arrive déjà pas à faire les bases, mais maintenant je te le dis et je m'en fiche parce que c'est complètement vain de ma part, mais que j'arrive pas à m'en empêcher de t'aimer beaucoup même si c'est mal et que c'est douloureux. »

Voilà, maintenant il sait tout, absolument tout. Je ferme les yeux et je pleure, mais beaucoup moins fort qu'avant. Surtout parce que Marius va m'envoyer chier alors qu'avant je pouvais me bercer d'illusion en me lavant et en volant une pauvre ceinture. Quelque part, ça fait pitié tant d'effort, qu'est ce que je m'étais embêté pour voler cette ceinture ! C'était tellement important ! Maintenant ça m'apparait risible. Ça fait pitié. Je le raconterais à Marius, je suis sûr que ça le rendrait triste. J'ai envie de me rouler en boule et de plus voir sa tête.
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Marius De l'Ombrage

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyDim 17 Juil - 18:49

Et une autre vague de violence arriva. Le jeune homme s'écarta un peu pour que Mist puisse écrire sans être trop gêné par lui, il passa une main dans ses cheveux, puis il frotta son visage, fatigué. Il avait envie de frapper sa tête contre le mur pour chasser toutes les pensées qui luttaient dans sa tête, l'amertume emplit sa bouche, et la déception de n'être qu'un incapable qui ne comprenaient pas les autres. Il était las, et l'euphorie était juste passé, il n'y en avait plus, juste de la douleur et de la colère, tournée contre lui-même. Tout ce qu'il venait de dire ne servait à rien, voilà. Il y avait cru pourtant, mais ça ne servait à rien. Il était inutile, il faisait souffrir Mist, et il ne servait à rien. Sa gorge le brûlait, la nausée le prenait, et il avait un peu chaud. Il entrelaça ses doigts, en regardant l'ardoise de Mist, il se crispa un peu, en voyant encore et encore qu'il ne faisait que de lui faire du mal, et qu'il n'y avait eu que de la vanité dans ses mots.

Il les avait prononcés avec toute sa sincérité et son ardeur, et pourtant, c'était vain, il ne servait à rien. Il sentit une boule se former dans sa gorge, son coeur était lourd, son estomac lui faisait mal, et il y avait de nouveau la fatigue. Il s'en voulait... car au fond, il avait conscience que c'était plus facile à dire qu'à faire, mais il voulait que Mist se sentît mieux ! Il aurait tout donné pour ça, comme il lui donnerait sa vie en échange de la sienne, si de nouveau ce connard de Paole revenait. Il était capable de tout pour lui, mais il était incapable de le sauver. Ah ! Quel imbécile ! Quel con ! Quel minable ! Il faisait des efforts monstres qui ne servaient à rien, car elle ne savait pas ce qu'il devait faire pour Mist. Il se donnait à fond, mais ça ne servait à rien, mis à part le blesser.

De nouveau, il ouvrit la bouche pour contester ses paroles, en lui disant par exemple qu'il n'était pas si grand et noble que ça, et qu'il se laissait bouffer par ses faiblesses, ou qu'il cherchait sans cesse des justifications à ses actes pour se voiler la face, parce qu'il n'avait pas le courage d'être un salopard. Il savait qu'il ne valait pas mieux que d'Arken, mais il estimait avoir ses raisons. Il avait mal... il avait juste très mal en lisant ces mots qui se gravaient dans l'esprit, comme brûlé vif, il s'arrêta un instant de lire. Fronçant les sourcils, il secoua la tête en songeant qu'il avait mal lut, et il relit la phrase, certain qu'il s'était trompé... mais ses yeux ne lui mentirent pas, pas cette fois-ci. Marius resta figé, l'oeil fixé sur cet « amoureux de toi » qu'il ne comprenait pas, ou qu'il ne voulait pas comprendre. Il ouvrit la bouche pour parler, mais pas le moindre n'en sortit, il restait figé, vide. Il passa une main sur sa figure, frotta ses yeux, et ces derniers allèrent lire la suite ; rapidement, cet « amoureux de toi » disparu dans la suite de mots, et la douleur revint, bien plus fort. Il resta paralysé et l'interrogea du regard, qu'est-ce que ça voulait dire ? Du moins... exactement ? Il fit d'une voix faible et rauque :

— Je...

« Je... » et puis quoi ? Après ? Qu'est-ce qu'il pouvait répondre ? Qu'est-ce qu'il pouvait penser, hein ? HEIN ? Il... il n'avait rien vu, ou peut-être qu'il s'en était douté, mais c'était tellement plus simple de se voiler la face qu'il n'avait préféré ne rien voir du tout. Et maintenant ? Bon sang ? Et maintenant ? Que dire ? À part ce faible « Je... » qui n'avait pas de sens. Il était foutu. Il ne voulait pas parler, il ne voulait rien dire, car ça le mettait très mal à l'aise, ça lui faisait mal, encore. Pourtant... il aurait dû se sentir flatter d'être mis autant sur un piédestal, ou de même d'avoir trouvé quelqu'un qui l'aimait, et qui était prêt à tout pour lui. Bon sang ! Il avait mal lu... il avait rêvé, ou... ce n'était pas possible !

Et à chaque fois qu'il essayait de remodeler la réalité, celle-ci revenait telle qu'elle était. Marius ne pouvait pas se sentir flatter, parce qu'il avait l'impression que Mist ne le voyait pas tel qu'il était réellement. Il se trompait sur son compte, et peut-être sur ses sentiments pour lui. Marius osa après un moment de silence à tourner la tête vers lui, et il l'examina pleurer, le corps secoué de sanglot, conscient qu'il était le responsable de cette douleur. Que pouvait-il répondre à ça ? Bien sûr, il pouvait lui dire qu'il lui portait beaucoup d'affection, et que c'était la personne la plus proche de lui, mais serait-ce assez ? Pouvait-on dire que c'était de l'amour ? Aimer le terrorisait, et être aimé encore plus. Où avait-il merdé ? À quel moment ? Avait-il été le seul à ne pas le voir ? Il se sentait immonde. Il articula péniblement, chaque mot lui semblait lourd comme du plomb dans sa bouche :


— Je... je ne suis pas comme tu le penses, l'estime que tu me portes est trop grande.

Et Mist pleurait. Mist pleurait, et il ne pouvait rien faire, il se sentait incapable de faire quelque chose pour lui. Il se détestait pour s'être voilé la face, ou de simplement de lui avoir faire du mal. Mist était amoureux de lui, et malgré les mots qu'il pouvait lire encore et encore, ça lui paraissait toujours impossible. Mais Mist était amoureux de lui, et il pleurait, il pleurait parce que ça le blessait. Parce qu'il le blessait, sans cesse, et sans jamais s'en rendre compte. Il était un connard immonde doublé d'un minable et d'un incapable.

Il tremblait toujours, terrifié par ces mots gravés sur cette ardoise, il en avait peur, très peur. Mist pleurait, et ça devenait insupportable, il le blessait. Enfin, au bout d'un moment qui lui parut être une éternité, où les secondes se transformaient en minutes, et les minutes en heure, Marius fixa Mist ou plutôt sa poitrine, croiser son regard lui était impossible, il n'en avait pas la force. Il avala péniblement sa salive, lui prit les mains et posa sa tête contre sa poitrine quelque seconde, croyant vainement le consoler, ou quelque chose comme ça, ou en réalité... il ne savait pas. Il ne voulait pas le voir pleurer, il ne voulait pas le faire souffrir. Cependant, son geste lui parut encore plus écoeurant et cruel, alors il se dégagea avec douceur pour s'éloigner. Et capta l'espace d'une seconde pour murmurer d'une voix étranglée :


— Pardonne-moi... pardonne-moi de n'être qu'un incapable.

Marius baissa les yeux sur le sol, quelque seconde, et sans rien ajouter de plus, il le quitta sans un regard. Il avait honte de ce geste, ça lui paraissait sale, ça lui paraissait mauvais, et il referma sans bruit la porte derrière lui. Le jeune homme n'en pouvait plus. Il resta immobile quelques secondes, les jambes tremblantes, luttant pour rester debout. Et il finit par partir en descendant les escaliers, tenant la rambarde, il se sentait mauvais, il se sentait pire que tout. Sombre, malheureux au fond, il croisa pourtant Magdra qui fumait comme son habitude ; la grande rousse haussa un sourcil en le voyant, et lança :

— Léonard... qu'est-ce qui ne va pas ?

Le jeune homme ne répondit pas, il ne voulait pas. La femme poussa un soupir et se leva pour l'obliger à se retourner, elle fronça les sourcils, surprise, mais ne fit pas le moindre commentaire sur le visage fatigué et déchiré de Marius, elle se contenta de dire :

— Ne fais pas de conneries.

Il se détacha sans un regard, et lui tourna le dos pour se diriger vers la porte, il posa ses doigts sur la poignée, et murmura :

— Empêche Mist de se faire souffrir, s'il te plait.
— Hey !

Et il ferma la porte, il quitta la masure, sombre et esseulé.


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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyDim 17 Juil - 22:01

Marius avait l'air triste, et sous pression, c'était horrible à voir. Je préfèrerais me couvrir le visage plutôt que de voir ça d'ailleurs, mais j'avais peur qu'il continue à me malmener si je faisais pas. Oh ! Pas qu'il le fasse fort hein ! J'avais connu bien pire que de me faire plaquer sur le lit pour me faire expliquer la vie, mais venant de Marius ça revenait à peu près à des coups de poing dans la gueule psychologique. Je l'ai vu lire, être stupéfait, puis confus, puis plus rien dire, bafouiller, pas me regarder dans les yeux. Le message était clair, disons qu'il ne se jetait passionnément sur moi. Dans mon petit for intérieur, ce qu'il restait de doux et chaud en moi, non empreint de terreur et d'envie de meurtre, j'avais secrètement espéré qu'il le fasse. Qu'il me dise qu'il m'aimait aussi mais qu'il l'osait pas le dire. Ce petit cocon au sein de Mist donc, se mit à hurler de douleur. Puis il entreprit d'attendre en pleurant que Marius change d'avis. Pas d'autre choix possible, je ne pouvais décider de ne plus l'aimer pas plus que je pouvais aimer quelqu'un d'autre ou plus aimer du tout. Il fallait attendre donc qu'un beau jour, Marius change d'avis. Ce qui n'arriverait pas. Je pleurais.

Il me regardais pleurer, horrifié, et je ne pouvais pas m'empêcher de me faire du mal en le regardant, alors que je savais que ça allait empirer. Il me dit que je le surestimais, un peu plus et il allait m'assurer que j'étais trop bien pour lui et que je ne le méritais pas. Des fausses excuses. Et il me disait de ne pas me rabaisser ! Il croyait que je lui disais ça sur un coup de tête, que j'avais pas essayé de démêler les choses dans ma tête, de me trouver des excuses, de pas lui dire ? Je m'attendais à tout, sauf à une réponse aussi bête, aussi... vide de sens. Qu'il me frappe, me crache à la gueule, m'exprime son dégoût pour moi, ça j'aurais compris, mais... pas ça quoi. Pas qu'il me dise que je l'avais mal évalué. Je l'évaluais pas du tout ! C'était mon premier ami, la première personne que j'aimais de toute ma vie, quoi de surestimé là dedans ? Il posa sa tête sur ma poitrine, je vis ses cheveux que je brûlais de toucher, ils seraient sûrement doux. Si proche de moi... je sentais la chaleur de son corps à travers le tissus qui nous séparait, le poids de sa tête sur ma poitrine. Mais ça ne changeait rien.

Ensuite il s'excuse d'être un incapable. C'est vrai quoi, il m'a juste sauvé la vie et y a donné un sens, il m'a donné des trucs et il m'a rendu heureux. C'est vrai que c'est très con, du temps gâché de mon point de vue. C'est vrai qu'il m'a fait souffrir aussi, mais parce que je l'aime beaucoup et que c'est à sens unique. C'est pas vraiment de sa faute. Et puis je lui ai parlé de ce que j'avais subit pour qu'il comprenne qu'il n'y pouvait rien et qu'il m'avait déjà donné beaucoup, mais ça n'a pas marché, il s'en voulait. Il ne comprenait pas que j'avais vécu des choses trop lourdes pour qu'il les guérisse d'un coup de baguette magique. Il était arrivé tout heureux pour me parler de son attentat futur, et j'avais tout gâché...

Je me roulais en boule, quoi qu'il puisse dire ensuite, ça ne m'intéressait pas. Ça serait forcément du même genre. Je songeais à écrire, mais quoi ? Lui dire que dans ma toute petite et très courte misérable vie, il avait été la meilleure chose qui me soit arrivé ? Et puis ? Il ne le croirait pas. De toute façon, il se levait, il s'en allait ! Je ne m'attendais pas à ça mais ça y est, il m'abandonnait ! Je l'avais trop saoulé, voilà j'ai gagné le pompon, la cerise sur le gâteau et tout, alors que j'ai jamais mangé de gâteau et fait un tour dans un carroussel. Je le voyais ouvrir la porte sans m'envoyer un regard, et je tendis la main vers lui, à quatre pattes sur le lit. J'essayais de faire un bruit avec ma bouche, un hurlement, n'importe quoi pour le faire rester ! Mais ça marchait pas. J'en avais terriblement besoin, pour lui faire tourner la tête, pour qu'il ne m'abandonne pas et me déteste pas, mais ça ne marchait pas ! J'aurais préféré qu'il me frappe ou qu'il me tue, ça aurait fait moins mal, j'aurais compris, mais là il me tournais le dos et je le vis fermer la porte. Je bondissais du lit et me vautra comme un con au sol, et je me remis péniblement debout après avoir rampé à quatre pattes tellement j'étais pressé de le rattraper. Hélas la couverture s'était prise dans mes jambes et je me suis battu un moment contre elle avant d'arriver à me mettre debout. J'allais tellement précipitamment que je me mangeais la porte en pleine et puis... le masque à gaz ! Je pouvais pas sortir sans, avec ma gueule de travers en train de pleurer ! Je cherchais également des bottes du regard, parce que j'avais décidé d'en porter pour plus avoir les pieds plein de boue. Donc j'avais des ampoules à la place, mais comme ça, Marius me verrait plus crotté jusqu'aux genoux... pour ce que ça changeait. J'avais l'air bien con maintenant, je me souvenais avoir fait des efforts pour arriver à les porter, alors que j'avais l'impression d'avoir des dalles à la place des pieds, comment j'avais trébuché... mais j'étais content de moi, j'espérais que Marius remarquerai comment j'avais fait des efforts. Je crois qu'on a jamais autant pleuré en enfilant une paire de bottes. Je pleurais de honte et remords, tellement que j'avais du mal à voir ce que je faisais. C'était comme si on avait réuni tous mes pauvres petits espoirs dans un mortier et qu'on avait tout écrasé. Ma pauvre petite vanité. Je voulais maintenant juste rattraper Marius et le supplier de me pardonner et de ne pas partir.

Je sautais maintenant sur la porte, l'ouvrait aussi vite que je pouvais et me jetais dans le couloir. J'y trébuchais encore une fois à cause des bottes trop serrées autour de mes chevilles et continuais de courir à moitié à quatre pattes vers les escaliers que je dégringolais plus que je dévalais. Magdra me regarda avec surprise traverser la maison comme un coup de vent et me jeter sur la sortie. Elle n'eu le temps de rien faire que j'étais déjà dehors à courir comme un dingue. Puis à m'arrêter. Où était Marius ? Là ? Là ? LA ! Je repris ma course, mais il tourna dans une ruelle sans un regard en arrière, du monde passa devant, et je trébuchais dans une flaque de boue où je m'étalais de tout mon long sous le regard amusé des passants. Je ne me relevais pas, je l'avais perdu. Moi le grand Mist qui battait tout le monde à course, qui connaissait la ville mieux que tout le monde, je m'étais fait semé. J'avais tout perdu. Je restais dans ma flaque de boue, l'endroit qui me sied le mieux au monde, avec de la merde jusque dans les cheveux. J'essayais de hurler, mais je me sentais prisonnier dans mon corps, impuissant. Il ne hurlerait pas. Et puis de toute façon, j'avais trop serré mon masque exprès pour m'écraser le visage et me faire mal, et j'avais pas latitude à ouvrir la bouche en grand. Je crachais donc un peu d'air, et puis voilà, fini. Je me rendis compte que j'avais du sang dans la bouche parce que je m'étais mangé la porte et quelques bleus de plus à cause de mes chutes, et c'est tout ce que j'avais gagné. Marius était parti.

Je rentrais à la Vieille Masure en titubant, je me sentais incroyablement faible, limite si je ne rampais pas jusque là bas, et c'est justement ça qui m'a empêché de me jeter directement dans le fleuve : trop loin. J'irais demain là où on noie les bébés nés handicapés, un endroit où peu de gens allaient de jour, trop glauque. C'était la nuit que tout se passait en général, des femmes en pleurs avec des paquets dans les mains, tout ça. J'irais là bas demain matin, mais en attendant, je pris un bain. Je sais pas pourquoi, pour faire secrètement plaisir à Marius peut être. Je fis chauffer l'eau lentement et ne pris pas de bougie avec moi. Je voulais me baigner dans le noir parce que j'aimais pas me voir nu, et je tenais à en avoir le moins d'occasion possible. Pendant que je barbotais dans la flotte en pleurant stupidement et en me frappant ou en me griffant à l'occasion dans les pics de douleur les plus élevés, là où mon chagrin était insupportable, Magdra entra sans frapper. Elle dû constater que j'étais dans le noir parce qu'elle revint avec une bougie. Elle jeta un coup d'œil aux fringues épards sur le sol et couvertes de boue, au masque à gaz par terre près de moi puis ma mine. Elle soupira en tirant un tabouret à elle et me demanda ce que je foutais dans le noir, après m'avoir tendu mes accessoires favoris pour écrire qu'elle avait été allé cherché dans ma chambre. Elle avait sans doute lu ce qu'il y avait dessus. Je lui répondit que j'avais pas envie de me voir. Elle avisa ensuite ma gueule toute blessée avec les traces de griffures en prime, et me demanda comment je m'étais fait ça sans sortir de ma chambre. Je lui ai répondu que je m'étais fait ça tout seul. Elle soupira et me raconta d'étranges histoires de maladies de la tête qui touchaient les femmes violées et qui poussaient à ce genre de comportement. Je lui jetais un regard noir, personne ne m'avait jamais touché et ne risquait pas de le faire. Elle me dit ensuite que la torture, c'était un peu pareil, au cas où j'aurais pas compris. Je haussais des épaules, rien à foutre.

Elle me demanda ensuite ce qui s'était passé avec Marius. Tu noteras que j'ai pas protesté qu'elle me voit à poil, mais j'en avais rien à foutre, je me considérais tellement comme une merde que je pensais que mes couilles n'offensaient personne de toute façon, pas plus que le reste, comme des couilles de chien. Personne reproche aux chiens d'être nus. Je répondit à Magdra que j'avais déclaré ma flamme à Marius (je disais bien sûr Léonard à la place) comme un con après lui avait dit que j'étais pathétique et avoir pété une crise de larmes à cause de ça et qu'il s'était enfuit et tout. A sa décharge, elle mima très bien la surprise alors que je savais qu'elle avait lu mon ardoise que j'avais pas pris la peine d'effacer. Elle me dit qu'un con comme moi, ça méritait ce qu'il lui arrivait et qu'on attrapait pas les mouches avec du vinaigre, et que un de perdu dix de retrouvés. Je lui jetais un regard encore plus noir. Elle me dit de prendre mes couilles en main bordel de merde, et de me secouer un peu au lieu de chialer comme un môme. Je lui ai répondu que j'en avais rien à branler de ses conneries, que Marius était parti et que j'irais me jeté dans le fleuve demain. Là, elle me mit une gifle magistrale avant de me hurler dessus, que ça allait pas la tête, que Marius ne voulait sans doute pas ça et blah blah blah. Si ! Il voulait que je sorte de sa vie, c'est sûr ! Bah je sortirais pas la grande porte, mais une fois que ma tête aurait fini de me faire mal à cause du rebord de baignoire que je m'étais mangé à cause de la gifle.
Elle continua de m'engueuler comme du poisson pourri et c'est le cœur tout aussi lourd que j'allais au lit, nu, mouillé, transi de froid – sous les hurlements de Magdra qui disait que j'allais attraper encore la mort – et je me roulais en boule sous les couvertures pour pleurer tout ce que je pouvais en serrant la chemise de Marius contre moi, qui n'avait plus son odeur et était imbibée de mes larmes. Je pleurais comme rarement on pleure, des fois je me levais pour marcher un peu dans la chambre et m'appuyer la tête sur les murs, mon oreiller était trempé et je m'étais frappé plusieurs fois la tête contre les-dits murs pour me défouler, mais ça changeait rien. Marius était parti.
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Marius De l'Ombrage

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyDim 17 Juil - 22:51

La nuit était toujours aussi présente, calme et imperturbable, malgré les petites intrigues qui se jouaient souvent entre ses bras. Et Marius pour une fois, n'aimait pas cette ambiance apaisante qu'elle pouvait avoir sur lui, le noir effaçait certes tout, les limites, comme les silhouettes, mais elle se joignait à ses doutes, et inévitablement, elle le tourmentait, elle aussi. Et Marius était fatigué, il ne voulait plus penser, il ne voulait plus rien ressentir, il désirait de devenir vide. Plus rien, plus de sentiment, plus de rêve, plus de trouble, car il se sentait encore fautif. Mist... amoureux de lui ? C'était complètement fou, et pourtant, les mots que le sourd-muet avait écrits d'une main fébrile, prêt à tout pour lui, lui restaient en mémoire. Malheuresmement, Mist était amoureux de lui, ça lui faisait mal de le savoir. Il se sentait sale, écoeurant, dégoûtant, car il était l'objet d'un sentiment qu'il estimait ne pas mériter, et il y avait aussi le fait que c'était la première fois qu'on lui disait ceci. Même enfant, ni sa mère ni son père ne lui avaient dit qu'ils l'aimaient, au contraire, ils lui avaient répété qu'il était la honte de la famille, et qu'il devait se montrer digne de son nom, et de son tire.

L'amour... il ne savait pas ce que c'était, et ça le terrorisait, il était mort de trouille, et il avait fui, sans un regard, sans un mot. Et puis, il y avait eu ce geste avant de partir, un geste qu'il ne comprenait pas, et même toutes ses justifications ne parvenaient pas à expliquer ce geste, et il se sentait dégueulasse d'avoir agi de la sorte, en sachant ce que Mist ressentait pour lui. Il avait envie de vomir rien qu'en y songeant, alors il marchait dans la rue, sans savoir où aller, il voulait juste oublier. Ses pas finalement le menèrent dans une taverne qu'il connaissait assez bien, mais cette fois-ci, il ne venait pas pour affaire, ou pour l'ambiance chaleureuse, il voulait juste oublier. Il ne buvait pas, ou très peu, pourtant, il savait que l'alcool aidait dans l'oubli, l'ivresse effaçait les douleurs, du moins, Marius l'espérait. Il poussa faiblement la porte de l'établissement, et tomba nez à nez avec l'immense serveur, fort comme un boeuf, qui le regarda avec étonnement.


— Hey ? Un problème ?

Marius haussa faiblement les épaules, et entra sans dire un mot. L'homme fronça les sourcils sans rien dire, et l'observa aller au comptoir, se laissant tomber sur la chaise, le jeune homme commanda l'alcool le plus fort qu'ils pouvaient avoir. Le tavernier toujours derrière son bar, échangea un regard avec son serveur, il prit un verre et servit au jeune homme de l'absinthe. Il fourra sa tête entre son bras, et poussa un profond soupir, le tavernier grogna en lui montrant le verre :

— Mauvaise journée ?
— Elle avait bien commencé, pourtant. Souffla Marius.

L'homme haussa les épaules, et le jeune homme au lieu de prendre le verre, se saisit tout de suite de la bouteille qu'il descendit une première fois. Il parvint à ne pas cracher le contenu qu'il trouvait amer, et écoeurant, fermant les yeux, il l'avala pour sentir sa gorge le brûler. Il frissonna, lâcha des pièces d'or, et en commanda une autre. Le tavernier la lui donna sans protester, et fit signe au serveur d'agir avant que Léonard ne roule sous la table en pleurant. Le serveur ne tarda donc pas à sortir dans la nuit, un torchon sur l'épaule. Marius remua un peu, laissa sa tête tombée sur le côté, prit la bouteille et en bu encore une gorge, puis une autre, et encore, et encore, et encore, et encore. Il frissonna, la gorge en feu, ressentant au bout de quelques secondes les effets de l'ivresse ; il ne parvenait pas à bouger avec autant de rapidité que d'habitude.

Les choses autour de lui n'étaient plus si claires que ça, tout venait de façon un peu sourde, et les silhouettes des hommes et de femmes devenaient floues. Il toussota, bu encore jusqu'à se laisser tomber sur le comptoir, il frémit, et soudain, il un gros « BAM » retentit dans toute la taverne. Il remua un peu, pas le moins du monde intéressé par la voix de violoncelle qui beuglait qu'il n'était qu'un con dans tout l'Oeil du Tigre. Cependant, alors qu'il allait boire encore, Marius sentit une main le saisir par le dos de sa chemise et le forcer à se retourner, et il tomba... sur Magdra. Rien que ça, le serveur l'avait prévenu, et son regard vert était sombre de colère. Elle força à se mettre debout, et voyant qu'il n'arrivait même pas à cette simple opération, elle lui envoya une première gifle en hurlant :

— Mais bordel de putain de merde ! Tu as quoi dans le crâne ? Un plait de nouille ? C'est comme en bas ? Mais tu sais à quel point tu peux être con ? Léonard, tu as un cerveau ? Ou c'est un amas de merde ? T'as bien de la chose que ça ne te sorte pas par les oreilles !

Marius se releva en tremblant, frottant sa joue rouge comme une tomate, il fila sur la droite pour essayer de fuir cette furie. Il alla jusqu'à la porte en manquant de tomber par terre, ivre, et frissonnant, il cracha :

— Tu... tu n'as riiiiien à m'dire ! Tu n'es pas ma mère !
— Heureusement, sinon je t'aurais noyé à la naissance pour éviter d'avoir un CONNARD à élever !
— Tu ne peux pas tomber enceinte, je m'en fous !
— Mais... RAH PUTAIN !

En grognant, la grande rousse se saisit d'une bouteille qui traînait et en hurlant de rage, elle l'envoya sur Marius qui essaya de l'éviter. Oh... il y parvint, mais il tomba en arrière en manquant de se faire assommer, devant tout le monde, il lui lança un regard sombre, et tenta vainement de se relever. Toutefois, il tomba sur le ventre, lamentablement, les jambes trop fragiles pour supporter son poids, son corps était comme du plomb. Magdra bondit sur lui, et alors qu'il essayait à nouveau de fuir, elle le saisit par le col et lui donna un brutal coup de tête qui l'assomma aussitôt. En poussant un soupir, elle le souleva sans le moindre mal, et le mettant sur une épaule, elle donna un coup de pied à la porte pour sortir. Elle salua tout le monde d'un signe de tête, tout le monde qui resta juste bouche bée, ne sachant pas s'ils devaient trouver la scène drôle, ou pitoyable.

Plus tard, elle le jeta brutalement dans le couloir de la masure, sa pipe dans la bouche, elle le laissa un moment tout seul, alors qu'il reprenait à peine conscience. Enfin... son réveil fut plutôt brutal, puisqu'elle lui lança un seau d'eau froide sur la tête. Marius sursauta en criant de surprise, le corps glacé, et posa un regard étonné sur elle, sans comprendre comment il s'était retrouvé ici, le jeune homme reçut une autre gifle et le soulevant encore, elle lui hurla :

— Tu n'es qu'un con fini ! Tu sais ce qu'il m'a écrit, hein ? Tu sais bordel ? Il m'a écrit qu'il voulait se jeter dans le fleuve ! Putain Léonard, tu sais ce que t'as fait ?

Il lui fit signe, et alla vomir plus loin. Elle poussa un soupir et le regarda revenir, alors qu'il chancelait, visiblement, il n'arrivait pas à reprendre ses esprits, elle lui donna sa bouteille de cognac et grogna :

— Bourre-toi la gueule si ça te chante ! Mais va t'excuser, merde !

Et sans attendre de réaction, elle le prit de nouveau par le col pour le jeter dans la chambre de Mist. Elle grogna en voyant ce dernier pleurer, et lâcha :

— Vous êtes juste deux grands cons vous deux, il y en a pas un pour rattraper l'autre ! Vous avez une paire de couilles pourtant !

Elle claqua la porte.

Marius se laissa tomber sur le plancher, les pensées embrumées par l'ivresse, il toussota un peu, barbouillé, il dévisagea un moment Mist sans comprendre ce qu'il se passait. Du moins, son cerveau avait du mal à encaisser les chocs, il cracha un peu sur le côté, il avait mal au coeur, et étalé par terre, il fit au bout d'un moment :

— Mist... pourquoi tu pleures ?


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Merci à Dietrich/Ambroise ♥️

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Á mon cerveau regretté

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MessageSujet: Re: Hall of Shame. [PV Marius]   Hall of Shame. [PV Marius] EmptyDim 17 Juil - 23:12

Je n'avais bien sûr pas arrêté de pleurer, je n'ai pas fait de pause pour dormir, je restais finalement étendu dans mon lit, écrasé par la fatigue et je pleurais, moins violemment qu'auparavant certes, mais je continuais tout de même. Marius parti, rien ne me ferait plonger dans le sommeil, sauf évanouissement. Je crevais d'envie de voir ses cheveux gris qui avaient l'air si doux, son corps svelte et de l'entendre dire des choses réconfortantes et gentilles. Qu'il était parti par peur, pour réfléchir, pas pour toujours. En fait, quelque part, je l'attendais un peu. Sans trop y croire bien sûr, j'avais été trop déçu dans ma vie pour y croire à fond, mais je rêvais de le voir passer la porte, de distinguer sa silhouette dans le noir et qu'il se penche vers moi. Peut importe ce qu'il ferait, même ses coups de pied je les accepterai avec joie. En fait, je rêvais qu'il me donne des coups de pied, qu'il me frappe, qu'il me dise que j'ai été nul et que j'ai pas intérêt à recommencer, que j'étais bien con de croire qu'il pouvait aimer un gamin clochard, mais que, en fin de compte... il avait besoin de moi pour les attentats, que je pouvais rester avec lui. J'aurais eu l'espoir qu'on redevienne ami au bout d'un moment au moins, qu'il me pardonne, ça aurait été moins terrible pour moi que de l'attendre dans le noir en pleurant dans sa chemise, trop faible pour le faire plus fort en me roulant par terre et tout parce que ça faisait des heures que je pleurais. Ou alors il serait égal à lui même, il me toucherait l'épaule pour attirer mon attention s'excuserait et proposerait qu'on en parlerait plus. Je voudrais le serrer dans mes bras, mais ne voulant pas encourager mes sentiments « déviants », il me repousserait gentiment en expliquant que c'était mauvais et impossible, que je ne pouvais pas avoir de tels désirs envers lui. Ça aurait été blessant, mais moins grave. Je le voulais, je veux qu'il soit là !
Toute ma tristesse avait été réduite à ce simple manque à cause de l'épuisement. Si j'avais pu parlé, je l'aurais appelé en boucle, j'aurais prononcé son prénom encore et encore. Mais peut être qu'il reviendra pas, le plus probable est qu'il me chassera de chez lui, parce que le terrorisme ça demande des nerfs solides et pas de désirs malsains envers le corps du chef. Il va m'abandonner ! Je le verrais plus ! Plus jamais ! Je le verrais plus !
Mon corps s'arc-bouta encore une fois à cause du chagrin, alors que j'en pouvais plus. Je voulais mourir, c'était trop lourd. Pitié pitié, je voudrais mourir maintenant, j'ai jamais voulu autant le...

Mais Marius rentra dans la pièce ! Poussé par Magdra, il est vrai, mais il était là ! J'allais pouvoir m'expliquer ! Il s'écroula par terre et me demanda pourquoi je pleurais, j'étais surpris. Ça faisait tellement de temps que je pleurais pour la même raison que j'étais totalement décontenancé qu'il ne sache pas pourquoi je le faisais. Mais je ne m'interrogeais pas plus longtemps. Je me fis tomber du lit sans aucune grâce pour ramper à genoux vers lui et j'écrivis avec frénésie avant de lui tendre l'ardoise et me prendre à son cou. J'étais nu et encore un peu mouillé, j'avais les yeux affreusement gonflés et des bleus partout avec des traces de griffures, mais ça n'avait aucune importance.

« Pardonne moi ! Je ferais tout ce que tu dis, je me rabaisserais plus promis promis promis mais ne pars plus comme ça ! Pardonne moi ! Pardonne moi ! »

Je crispais mes doigts sur le dos de sa chemise, il sentait l'alcool mais je m'en foutais, je voyais pas matière à être fâché pour ça. Je voulais juste qu'il parte plus, ou que je n'ai plus à partir. Je craignais qu'il me repousse et qu'il me dise que j'étais ridicule et que je n'avais qu'à prendre la porte, ce qui me fit pleurer de terreur. J'étais pathétique, mais là actuellement c'était le cadet de mes soucis. Il fallait que je m'assure que Mist pourrait continuer de coller les talons de Marius, sans quoi je ne serais plus rien du tout. Et je ne mentionnais pas mon amour pour lui, c'était sans doute la chose qui l'avait le plus fâché, pas la peine de remettre de l'huile sur le feu. Je n'étais que craintes injustifiées. Je priais pour qu'on ne m'enlève pas le centre du monde.
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