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 Soul Serenade [Sacha]

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Mort(e) tragiquement

Ingell Decade

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Soul Serenade [Sacha] Vide
MessageSujet: Soul Serenade [Sacha]   Soul Serenade [Sacha] EmptySam 15 Mai - 13:59

Spoiler:
 

Les cascades s’écrasaient sur les roches du parc en une myriade de couleurs et d’odeurs, sous les exhalaisons fraîches des fleurs nouvellement épanouies. Chaque reflet dans l’eau était d’un bleu parfait, de celui qui paraît impossible à troubler de peur de tomber dans l’immensité du ciel.
Et puis, une ombre fugace passe au dessus de la fontaine, sa silhouette menue se découpant un instant dans la douloureuse perfection céleste. Son propriétaire, pressé, avançait d’un pas vif en direction de la bibliothèque, suivant sa route sans voir toutes ces petites merveilles, dénigrant jusqu’à la chaleur douce d’été qui tentait de le happer au passage. Ingell avait autre chose à faire que d’écouter les petits oiseaux, quelque chose de disons, vital.

La haute bâtisse me surplombait de toute sa grandeur, forte des tonnes de connaissances entreposées en son sein. Mais le but de ma venue ici n’était pas les nombreuses informations écrites dans les livres. Du moins pas directement. Il y a quelques semaines j’ai apprit qu’une curieuse pratique s’était répandue, un espèce de culte du soleil si mes indications sont bonnes. Défi direct à l’Ombre, ce dont franchement je n’ai pas grand-chose à faire, mais surtout naissance d’une secte d’illuminés, mise en place par ce que je soupçonne être le jeu d’un petit groupe de médecin qui au début, cherchait à tester l’effet d’une drogue sur un petit échantillon de population et qui finalement, à trouvé ça très amusant et surtout très profitable. Sordide affaire, menée de main de maître et bientôt dangereuse. Le rapport avec ma visite en ces lieux : le bibliothécaire. Vous ne voyez pas ? Qui est celui qui va fournir matière à culte pour entretenir le groupe, sachant qu’aucune librairie digne de ce nom ne pourrait posséder ce genre d’ouvrage ? Les drogues et les commanditaires ne sont pour l’instant que simples théories de ma part, mais la célébration elle, est bien réelle. L’informateur que je suis se doit donc d’être un peu plus au courant que la moyenne, bien que peu de gens en fasse vraiment parti pour l’instant, une cinquantaine tout au plus, semée dans la ville comme une gangrène hors de contrôle. Bientôt, très bientôt les noms que je cherche aujourd’hui auront un prix.

Sans vraiment prendre le temps de regarder autour de moi, je venais juste d’expédier une course pour un nobliau de province et je voulais consacrer mon attention aux réponses que me fourniraient le bibliothécaire, je passai entre les rayonnages de bois sombre comme un fantôme, captant seulement du coin de l’œil un regard étonné. Un type, certainement un épiscopal, me regarda l’air étonné. Feignant ne pas le remarquer, je continuai mon chemin, jetant simplement un coup d’œil à ma mise sur une surface vitrée. Je n’avais pas l’air d’être plus ébouriffé que d’habitude, ni ma peau plus pâle. Mon reflet était affublé d’une chemise ocre, d’une veste courte et d’un pantalon qui tombait à peine sur ses chaussures, en principe il n’y avait pas de quoi en faire un drame. Si ce n’est un peu de poussière sur l’ensemble à cause de mes déplacements incessants, j’avais tout simplement l’air d’un « gamin » dans une bibliothèque. Il y a vraiment des gens étrange ici.

Je chassai rapidement sa présence de mes pensées et m’en allai trouver le vieil homme, les yeux baissés sur un paquet de feuilles et les rides plissées au centre de son front comme si ce qu’il était en train de lire était loin de lui plaire. Lorsqu’il releva la tête vers moi, je compris que c’était simplement une grimace habituelle. Le « que puis je faire pour vous » qu’il me lança manquait de conviction, mais j’en profitai pour commencer mon petit interrogatoire. Il s’avéra rapidement qu’il se souvenait à la perfection des livres partis cette semaine ci et que parmi eux, il y en avait un nombre anormal portant sur la grosse étoile. Quelques négociations plus tard, deux trois prétextes fallacieux, et il me donnait les noms qui m’intéressaient.

- Oui en temps normal, ce sont des traités diverses que je confie, mais là, tenez, ce Manifeste du Soleil qui n’était jamais sorti de l’enceinte de la bibliothèque a été emprunté trois fois cette semaine.

Il se tut un instant, cherchant dans sa mémoire pour retrouver les adresses, celles qu’on ne prend généralement pas la peine de tracer par écrit.


- Par messieurs Lo…

Je suppose que le aaaarg qui dégoulina sourdement derrière le « Lo » n’était pas la suite de son nom. Le vieil homme s’effondra, mains crispées sur sa gorge, corps agité de convulsions comme une mer déchaînée. Étant donné son âge, je crus un instant à une crise cardiaque. Oh joie, pourquoi moi ? Ça aurait pu, si le aaarg en question n’avait pas couvert un autre bruit, celui d’une vitre que se brise. Mâchoire serrée, je me précipitais derrière le bureau et analysait la situation, ou plutôt le carreau d’arbalète fiché dans son dos, autour duquel s’ouvrait au fil des secondes une fleur écarlate. Ce fut d’une rapidité atroce ; avant que ma main ait pu se poser sur l’empennage parcheminé, il avait déjà rendu l’âme. Il n’y avait présentement que peu de monde dans le bâtiment, peu de témoins de la scène donc, mais avant de me redresser, je suivis la trajectoire de la pointe en fonction de l’impact laissé sur la baie vitrée. Ça venait de l’extérieur, que devais je faire, tenter de poursuivre l’assassin qui s’était assuré le secret ? Délaissant la vision de l’homme écroulé à mes pieds, je laissai mon regard parcourir les jardins derrière le bâtiment sans parvenir à voir autre chose qu’une vague ombre sauter le muret. Trop tard. Et c’est au moment où je me fis la réflexion, qu’une personne qui tenait plus de la furie que de la jeune fille apparut dans la salle, flamme rousse et vive, mauvais présage pour ma peau.
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Sacha

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MessageSujet: Re: Soul Serenade [Sacha]   Soul Serenade [Sacha] EmptySam 15 Mai - 17:12

Spoiler:
 

Ce furent les rayons du soleil matinaux qui sortirent Sacha de sa torpeur. Ou plutôt qui tentèrent. A ce moment précis, la jeune fille n'avait aucune envie de sortir de son lit. Car oui, aussi surprenant celui puisse-t-il paraître, elle avait droit à un lit, situé dans une petite remise de la bibliothèque. Pour la première fois depuis qu'elle était esclave, en fait.
Bref, la jeune rousse savait très bien que la journée s'annonçait pénible. Le travail à la bibliothèque était relativement fatiguant, pas physiquement bien sur -d'autant moins pour Sacha-, mais mentalement. Quelle patience fallait-il avoir pour passer une journée entière enfermée à ranger et dépoussiérer de vieux ouvrages, aussi inintéressants les uns que les autres -pour la jeune fille du moins-, et qui s'étalaient sur des étagères entières qui ne laissaient aucuns espaces libres.
Enfin, elle n'avait pas de quoi se plaindre non plus. Son maître était un homme bon, et incroyablement cultivé, si bien que Sacha aimait écouter les histoires de son vécu... et les maintes vices de l'aristocratie. La répulsion pour cette espèce était commune au vieil homme et elle, si bien que cela ne faisait qu'alimenter la haine de Sacha.
Ainsi, décida-t-elle à se sortir du pieux pour se mettre au travail, sans même prendre la peine de manger, son corps le supportera bien, voyons !
Les membres encore engourdis, elle se rendît dans la pièce principale de la bibliothèque. Le vieil homme était déjà là, feuilletant ses ouvrages avec le plus grand intérêt. Ou plutôt, il était encore là. Sacha devina qu'il avait passé la soirée à lire, s'étant certainement assoupi une heure ou deux avant de reprendre sa lecture, comme à son habitude.
Doucement, à pas feutrés, comme pour ne pas le déranger dans sa distraction, elle se glissa aux côtés de son siège pour le saluer poliment, d'un petit "Bonjour, Maître." Ce à quoi il répondit simplement par un hochement de tête, et par un petit signe de la main désignant de nombreuses caisses à l'entrée de la pièce. Certainement de nouveaux arrivages qu'il allait falloir classer et ranger à une place appropriée. Tâche désignée à Sacha, après tout, une esclave infatigable était bien utile à un vieux monsieur, lui même l'admettait sans gêne.
La jeune fille saisi les trois caisses entre ses bras, et se retira dans la pièce juste derrière, où chaque ouvrage avait droit à une petite "carte d'identité" lui permettant d'être répertorié, preuve qu'il était bien disponible en ces lieux au cas où quelqu'un en aurait besoin.
Ainsi, Sacha commença la corvée du tri, par thème et ensuite par ordre alphabétique. En effet, elle savait lire depuis peu et connaissait maintenant l'alphabet sur le bout des doigts, chose qu'elle devait à l'enseignement de son généreux maître.
Et tandis qu'elle s'adonnait à ce travail, elle repensa aux propos que lui avait tenu le vieil homme la veille. Il avait pris un air inhabituellement grave et sérieux.


"Sacha, il est temps que l'on parle d'un fait important. Tu vois l'entrepôt où tu travailles chaque jour ?"

,
La jeune fille acquiesça par un mouvement de tête, ses yeux interrogeant le vieil homme.

"Eh bien vois-tu, dans le tiroir qui est toujours fermé à clé, je garde un document très important. Important pour toi, Sacha. Ce document contient ton mot d'obéissance, celui qui lie le maître à son esclave, celui qui te lies à moi. Écoute-moi bien, c'est très important ! Je ne suis plus tout jeune, mon enfant. Si jamais il venait à m'arriver quelque chose, prends la clé qui est sur moi et saisi toi de ce parchemin ! Et surtout, surtout Sacha, trouve un nouveau maître dans un labs de temps le plus court possible !
Un esclave sans maître cours à sa perte, ne l'oublies jamais ! Son corps se dégrade lentement et perd de sa rigueur ! Durant ma vie, j'ai vu nombres d'esclaves devenir fous et perdre toute humanité, devenant si dangereux qu'il n'y a pas eu d'autre choix que de les abattre avant qu'ils ne tuent ou blessent quelqu'un !"


Un frisson parcouru l'échine de la jeune fille. Poussée par la curiosité, elle demanda sans gêne :

" Maître, comment savez-vous tout cela ?"

Cette question sembla amuser le vieil homme, qui, un sourire taquin sur les lèvres, se contenta de répondre.


" J'ai vu et vécu nombres de choses que j'emporterai avec moi dans la tombe, jeune fille. Allez, vas donc te coucher, il se fait tard."


Quel homme mystérieux. C'est ce que pensait Sacha alors qu'elle venait de finir le vidage de la troisième caisse.
Un bruit de carreau brisé l'arrêta net dans sa tâche. Encore un sale morveux qui s'amusait à jeter des pierres ? Il allait voir ce qu'il allait prendre celui là ! Hargneuse, Sacha se leva et fonça en direction de la salle de lecture.


"Maître, que se passe-t-il ? Encore un ga...."


Son sang se glaça. Son maître était livide, dos écarlate. Juste à côté, un jeune homme inconnu se tenait là, penchée sur le corps du vieil homme. Le nouveau venu était encore plus frêle qu'elle, d'une simple poignée de main Sacha aurait pu lui broyer les membres. Sans même réfléchir, elle s'élança en avant, et avec hargne saisi le col du jeune homme, le dos de ce dernier allant se plaquer contre le mur qui se trouvait juste derrière. Il était plus grand qu'elle, aussi le menton de Sacha lui arrivait tout juste aux épaules.
Elle rapprocha son visage à quelques centimètre de celui du jeune homme.


"Toi, enfoiré ! Je ne te laisserai pas t'en sortir aussi facilement ! Fais tes prières, dans moins de deux minutes, tu est mort !"


Ses mains lâchèrent le col pour aller saisir son cou délicat. Alors qu'elle commençait à serrer, sa respiration se fit plus haletante, signe d'essoufflement.
Essoufflement ? Impossible. Elle aurait pu courir pendant deux jours sans s'arrêter que pas même son cœur aurait battu plus fort.
Tandis que sa respiration était toujours saccadée, elle lâcha le cou du jeune homme.
"Un esclave sans maître cours à sa perte, ne l'oublies jamais ! Son corps se dégrade lentement et perd de sa rigueur "
Vacillant, elle tomba à genoux, et tourna son regard en direction du récent défunt. Elle ne trouvait pas la force de ramper jusqu'au corps.
Dans un souffle, elle jura.


"Merde..."
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Ingell Decade

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MessageSujet: Re: Soul Serenade [Sacha]   Soul Serenade [Sacha] EmptyDim 16 Mai - 14:18

Les rayons de lumière découpaient la grande salle en autant de fines balafres, mouvantes au gré des particules de poussière que l’on voyait lentement valser en leurs centres. Mis à part ces légers mouvements, rien ne vivait, ne palpitait autour de nous comme si le temps s’était suspendu, comme si tout s’était subitement arrêté le temps d’une inspiration. Inspirer. Même ça m’étais à présent interdit. Encore une fois, j’avais trouvé le moyen de me faire épingler contre le mur de pierre froide, mais avec cette fois ci une nouveauté de premier ordre : des doigts serrés sur ma gorge. A vrai dire, je n’étais pas certain d’avoir bien comprit tout ce qui m’arrivait. Le bibliothécaire venait de se faire percer d’un carreau d’arbalète, je vois et revois comme un film dans mon esprit la silhouette sombre de l’assassin s’enfuir hors de portée, ma propre déconfiture peinte sur mon visage, et puis des cris que je ne compris pas. Pas immédiatement.

Une jeune fille, les yeux brûlants de haine rivés dans mon dos sur l’endroit où avait disparu le meurtrier, s’avançait et sonnait la charge au bruit de menaces de morts diverses et variées servies d’injures. Étrange d’ailleurs, d’entendre ça la bouche d’une si frêle demoiselle, c’était comme de me voir moi, massacrer quelqu’un à coup de trique. Une absurdité. Je la vis s’avancer à pas rageurs, se chevelure de feu cascadant sur ses épaules, et tendis un bras en sa direction pour tenter de la calmer.

- C’est malheureusement trop tard, il s’est enfuit.

Ce n’était que pure vérité, mais je dus le dire trop bas, ou bien elle était à ce point furieuse, qu’elle ne parut pas l’entendre. Et c’est à cet instant là que je compris deux choses, lorsque contre toute attente, elle ne passa pas à côté de moi pour aller chercher le coupable. Elle me réservait ce rôle. Et deuxièmement, je pouvais retirer tout ce que j’avais songé quant à sa force. Ou alors en parler à l’exponentielle. Encore pantelant de la mort du vieil homme, je me laissai cueillir sans la moindre résistance, même formelle. Totalement détaché, hors sujet, je voyais plus que je ne sentais ses mains enserrer mon cou, les jointures de ses doigts blanchir de haine. Quelques papillons sombres brillèrent devant mon regard, et d’un geste vague de la main, je tentai de chasser. Tentative dérisoire.

Soudain, la jeune fille s’affaissa, ses doigts se dénouant autour de ma gorge alors qu’elle perdait toute emprise, éparpillant les tâches noires hors de ma vue. Je me tendis brusquement en avant pour reprendre mon souffle, incapable de penser à quoi que ce soit d’autre qu’à ma quête désespérée d’oxygène. Deux secondes, c’est le temps que je pris, et celui qu’il fallut pour que son corps s’affale au sol au milieu de la pagaille, petite poupée de chiffon gisant là, à côté de son créateur inerte. Mon regard glissa sur le corps blafard du vieil homme avec un dégoût profond que je m’adressai personnellement. On l’avait tué pour ne pas qu’il parle et c’était réussi. Mais si je n’avais pas cherché à savoir, il serait encore en vie. C’était ma faute. Le mur de nonchalance derrière lequel je m’étais calfeutré céda brusquement sans avertissement et je blêmis alors que le monde tournait autour de moi dangereusement. En proie à de périlleux vertiges, je m’agrippais au bureau comme un désespéré à son radeau, envoyant valser feuilles et livres sans considération aucune. Et puis un bruit me poussa à me retourner : d’une voix désincarnée, la jeune fille m’appelait. On l’aurait presque crue en train de délirer, les mots qui sortaient de ses lèvres étaient à mi chemin entre paroles et gémissements.

Quant à moi, je jouais entre répulsion et lassitude. J’étais là pourquoi au juste déjà ?
Mais une telle faiblesse transparaissait de sa voix, de ses gestes, que je tendis finalement l’oreille à ses divagations. Visiblement, c’était à moi qu’elle s’adressait et il était question de clou et de tiroir je crois. Ah, non, de clé. Possible, ça allait mieux avec tiroir. Livide, je passai la main sur la surface du bureau sans quitter la demoiselle à la crinière cuivrée des yeux. Mes doigts se cognèrent à un petit objet métallique, que je portais à hauteur de mon regard quelques instants. Confirmation, ceci est une clé. Félicitation.
Toute urgente qu’était la situation, je n’étais pas en état de mieux faire. De fait, je ne sais toujours pas comment j’ai réussi à a) garder la clé en main, b) trouver le tiroir, c) localiser sa serrure et d) y faire rentrer ladite clé. Ça restera certainement pour toujours un des grands mystères de l’humanité, toujours est il que j’y parvins. Je tirai de là quelques documents signés en m’efforçant de reprendre mes esprits. Mon but initial était de remettre ces papiers à celle qui les demandait, mais je ne pus m’empêcher de lire l’entête et ne mis pas longtemps à faire le parallèle entre l’esclave nommée Sacha mentionnée et la jeune fille suffocante devant moi.

Et à ce moment tout s’accéléra. Bien que ne m’étant jamais frotté à ce genre de pratique, j’étais assez au fait en ce qui concernait l’esclavage et ses environs. Le bibliothécaire devait être son maître et maintenant qu’il était mort, le temps de sa survie à elle s’enfuyait comme du sable entre mes doigts. Il n’y avait plus qu’une seule solution pour ne pas se retrouver avec deux cadavres sur les bras.

- Meurs deux fois.

Voix certes moyennement assurée, mais surtout lasse. Moi qui n’avais jamais beaucoup cautionné ça, venais de me retrouver maître d’une esclave. Un autre petit coup de musique peut être ? Et puis mon côté pragmatique se fit entendre. Déjà, elle restait en vie, ça c’est un bon point, ça ne serait certainement que provisoire, et surtout, peut être saurait elle, en tant qu’esclave du bibliothécaire les mots qu’il s’apprêtait à dire. Comme ce serait beau. Mais déjà, la jeune fille, non, Sacha, se redressait. Quelques couleurs revenaient peu à peu sur ses joues et elle ne tremblait plus. Je m’interrogeai un instant sur ce qui pouvait bien pousser des gens comme elle à devenir esclave, à moins qu’elle ne fasse parti de ceux qui sont pris de force comme cobayes par les médecins. Raison de plus pour qu’elle connaisse un minimum le sujet. J’accrochai un vague sourire à mes lèvres.

- Ca va ? Tu sais ce qu’il s’est passé ? Plus important encore, est ce que tu saurais les noms des personnes qui ont emprunté le livre dont me parlait cet homme...le Manifeste du Soleil je crois.

Un peu direct et maladroit, mais on n’avait pas vraiment le temps de faire dans la dentelle. Mon regard se posa tout autour de moi, se frayant un chemin dans la pagaille environnante, avant de venir se fixer sur feu le vieil homme. J’espère que je ne blêmis pas une seconde fois en le voyant mais je ne crois guère aux miracles. Toujours est il que je m’approchai de lui, tentant de soulever un bras avec les maigres moyens du bord. Il ne fallait pas que lui, ou moi…nous du moins, nous attardions ici, à tout moment on pouvait venir, passablement alarmé par la vue du cadavre devant nous. Mais qu’allais je donc faire dans cette galère ?
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Sacha

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MessageSujet: Re: Soul Serenade [Sacha]   Soul Serenade [Sacha] EmptyDim 16 Mai - 17:06

Elle n'avait plus aucun repaire. Sa vue s'était brouillé et ses membres étaient endoloris. Aussi distinguait-elle vaguement la silhouette de celui qu'elle avait tenté d'étrangler un peu plus tôt. Étrangement, il semblait instable, s'accrochant au bureau comme une sangsue. Pathétique. La vue d'un mort le perturbait autant ? (normal quoi..) Apparemment oui, et Sacha se doutait bien que meurtres et violences n'était pas le quotidien de tout le monde.
M'enfin, pas le choix. Il fallait demander de l'aide au plus vide à ce gringalet, sous peine de devenir aussi faible qu'une larve de moustique (jolie comparaison soit dit en passant). C'est ainsi, dans un effort suprême, à l'aveuglette, que la jeune fille tenta d'appeler le jeune homme. Bien, puisqu'il était affalé sur le bureau, autant qu'il trouve la clé, non ? Et tant qu'à faire, pourquoi n'ouvrirait-il pas le tiroir pour lui donner le document dont elle avait besoin ?
Dans un souffle, elle tenta de lui faire part de sa requête, à l'aide de "la clé..", suivit de "..dans le tiroir..", coupés par des suffocations douloureuses.

-Clik Clak-

Ah, il avait au moins réussi à l'ouvrir ce tiroir. Bien, bien, il n'avait plus qu'à trouver le papier dont elle avait besoin, le lui donner et ensuite... on verra bien, adviendra ce qu'il adviendra.
La silhouette du garçon se tenait immobile, la tête penchée sur la paperasse qu'il venait tout juste de trouver, enclin à une profonde réflexion...ou décision ?
Bon sang, que faisait-il, Sacha n'avait pas toute la journée devant elle !

- Meurs deux fois.

Ça, c'était pas dans le contrat (quel contrat ?). Sa vue se clarifia, avec elle son sens de l'équilibre. Petit à petit, en peu de temps, sa respiration se régularisa et ses muscles retrouvèrent leur vigueur. Elle se redressa sur ses jambes, fixant sans cligner des yeux son maître. Celui ci esquissa un léger sourire.

- Ca va ? Tu sais ce qu’il s’est passé ? Plus important encore, est ce que tu saurais les noms des personnes qui ont emprunté le livre dont me parlait cet homme...le Manifeste du Soleil je crois.

La jeune fille fronça les sourcils. D'accord, ca n'était pas lui l'assassin, puisque le projectile venait vraisemblablement de la fenêtre brisée. Mais quand bien même, c'était quoi cette question ? Comment ça, savait-elle se qui venait de se passer ? N'était-ce pas lui qui était sur les lieux au moment du crime ? Elle serra les poings d'agacement. Le garçon s'approcha du corps, le visage blême comme de la farine. Il tenta de soulever le vieil homme, sans grande réussite. Comment un homme pouvait-il être aussi faiblard ? Enfin, c'est sans importance. Premièrement, Sacha ne voulait pas qu'il touche à son défunt maître. Ancien maître. Toujours est-il qu'elle estimait que c'était à elle de s'occuper du corps, puisqu'il avait pris soin d'elle. Qui plus est, de toute façon à ce moment précis elle seule était capable de le déplacer.
Deuxième et dernièrement, elle ne possédait pas la réponse à sa question, mais peut être pouvait-elle faire quelque chose pour lui. Mais avant, un détail s'imposait. Elle disparût dans les rayonnages de bouquins, et en délogea deux ou trois de l'étagère afin de saisir la clé qui se trouvait derrière. Après quoi elle revînt en courant, et prît soin de fermer à clé la porte d'entrée.
Au moins, personne ne pourra tomber sur cette sinistre scène. Ils n'auraient plus qu'à sortir par l'arrière. Ceci fait, elle tourna son regard sur le jeune homme qui, comprenant que ces efforts était désespérés, lâcha le bras du défunt. Il soupira frénétiquement avant de se tourner vers la jeune fille, et de la fixer de façon soutenue. Il attendait peut être un soutien de sa part, ou plus simplement une réponse à sa question.
Irritant. Énervant. Agaçant.
Nerveusement, comme elle savait si bien le faire, elle attrapa la main du garçon et le tira, d'un pas coléreux, vers le fond la pièce.


-Chaque livre est archivé. Nom, Adresse de l'emprunteur est gardé précieusement dans notre bâtiment.

Elle poussa brusquement la porte de la petite salle d'archive, et stoppa net, si bien que le garçon vînt se heurter à son dos.
Impossible.
C'était le foutoir total. Tous les tiroirs étaient retournés, chaque feuille contenant les précieuses informations étaient réduites en lambeaux, bonnes à attiser le feu. Sacha, prise de colère serra sa prise sur la main du jeune homme tout en se mordant la lèvre inférieure. Bon sang, comment avait-il pu ? Elle était encore là à trier il y a tout juste dix minutes. Une porte claqua, comme un écho. L'auteur de cet acte était encore là, elle en était certaine. Sans même demander l'avis de son nouveau maître et sans le lâcher, elle tourna les talons et se dirigea à l'autre extrémité de la grande salle de lecture. Elle s'arrêta devant la porte de bois encore fermée, et colla son oreille contre. Derrière, les bruits s'accentuaient, témoins d'une fouille plus ou moins approfondie, mais peu discrète. Elle décolla son oreille et rendit la main de son propriétaire.

- Cette salle n'est pas accessible au public. On y trouve de vieux manuscrits de dialectes divers, ou d'autres pratiques jugées dangereuses. Mais on y trouve aussi de nombreux ouvrages, religieux ou non, censurés par l'Église. Peu importe ce que cette personne cherche, c'est mon poing qu'elle va trouver, bien droit entre les deux yeux !

Sur ces mots, elle poussa la porte avec fracas, la poussière baignant la pièce et découvrant le ravisseur.
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Ingell Decade

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MessageSujet: Re: Soul Serenade [Sacha]   Soul Serenade [Sacha] EmptyDim 30 Mai - 21:41

Spoiler:
 

Une lumière se fit dans l’esprit de la jeune fille, éblouissante tel un soleil miniature, à la fois miraculeuse et totalement inattendue. Je ne sais pas trop si c’est grâce au coup d’œil qu’elle jeta à la vitre brisée, ou à la sombre aura d’assassin impitoyable qui planait dangereusement près de moi. Ma posture, les doigts maladroitement cramponnés à la manche du vieil homme, était à vrai dire on ne peut plus claire : je me préparai à la tuer après avoir massacré son ancien maître à l’arbalète. Pourquoi ? …Les détails sans importances de ce genre viendront après. Passons, l’ironie n’a pas cours ici. Du coin de l’œil, je vis l’expression de son visage changer, abandonner les douloureuses nuances de sa géhenne et prendre les tons plus mesurés à défaut d’être agréables, de l’agacement. Les questions semblaient se bousculer dans sa tête, à en juger par son rapide froncement de sourcil. La mienne me lançait avec une vivacité particulièrement détestable, mais à ma décharge, on ne voit pas toujours les jours un homme mourir devant soi, laissant une esclave à la moralité douteuse en héritage au pauvre être innocent que l’on est.

Prenant visiblement la situation en main, Sacha alla farfouiller dans les rayonnages en laissant choir dans un nuage de poussière les quelques livres qui s’étaient trouvés sur son chemin. Il y avait décidément des gens aux curieuses coutumes en ce monde. L’élément de résolution se trouva justement être une clé, qui se révéla être celle du vieux bâtiment tout entier. Lorsque Sacha revint, personne d’autre que nous n’était dans la bibliothèque, personne ne pouvait y entrer et voir ces livres gisant sur le sol, ce bureau dévasté et, point de fuite de la scène, l’homme mort à nos pieds. C’était une façon comme une autre de régler le problème. Je me redressai, abandonnant le corps à son immobilité mortuaire. Les hypothétiques regrets que j’aurai pu en concevoir se trouvèrent soudainement broyés sous la poigne de la jeune fille alors qu’elle m’entraînait jusqu’à une porte qu’il n’avait pas remarquée jusque là. Les panneaux de bois eux aussi en prirent pour leur grade, cédant sous la brusque poussée de Sacha.

Le « mais quelle brute » que je pensai à l’instant s’écrasa aussi brusquement que mon corps sur…une chose dure. Etrange, je ne me souvenais pas qu’on avait construit un mur là devant moi, dans la minute. Que de choses mystérieuses peuvent faire les gens pour fuir l’ennui.

Je me décollais tant bien que mal du dos de pierre de la jeune fille, pestant en silence contre la gent féminine qui n’avait même pas le charme de la fragilité, comme les valeurs se perdaient en ce monde et tout ce genre de pensées sur la décadence de cette génération, jusqu’à ce que je remarque ce qui l’avait littéralement figé sur place. Un type, probablement en train de fureter la seconde avant, se tenait maintenant là parfaitement immobile, les yeux fixés sur « l’intruse ». Et moi-même, accessoirement. Une folle seconde, je crus être le seul à jamais pouvoir bouger, tant les deux autres partageaient cette tension surprise que je n’éprouvais pas. Cet homme était celui qui s’astreignait à garder secrets ces pratiques et ces noms que je tentais de faire éclater au grand jour.

D’un mouvement discret de la tête, je m’approche un peu de l’épaule de Sacha, résistant à la tentation de lui glisser quelques mots à l’oreille. « Et alors c’est là que tu te mets à lui courir après c’est ça ? ». En réalité, je voulais surtout distinguer les livres qu’il avait subtilisés, mais je n’en eut pas le temps. Toute la tension de la scène se brisa à cet instant, et ce, brutalement. Visiblement surprit, l’assassin recula brusquement, s’adossant à un côté de la bibliothèque la plus proche. La jeune fille aussi se réveilla en cet instant, et elle se précipita en avant. Dans un réflexe, j’attrapai son poignet avant quelle n’ait pu aller déverser sa rage sur l’homme. Ce n’était pas nécessaire.

Non ce n’était pas nécessaire, tout simplement parce que les étagères, peu habituées à se voir malmener de la sorte, se vengèrent elles mêmes de l’importun. Dans un fantastique grincement, l’angle que formaient ces rayonnages avec le sol passa avec une lenteur hypnotisante de quatre vingt dix à zéro degré sur l’homme. D’ailleurs par sa faute, le zéro n’était pas parfait, quel gâchis. Le tout s’écroula sur le corps de l’assassin, dans une formidable avalanche qui nous força à reculer. Une fois le dernier livre reposant sur le sol, Sacha fit un mouvement en avant, certainement pour aller s’occuper du reste. Je m’y opposai tranquillement, lui demandant d’attendre un instant. Seul, je m’avançai d’un pas léger jusqu’à l’amas le plus épais, m’agenouillai et, d’un geste vif, ôtais les strates de pages qui me séparaient de la sacoche de cuir sombre que j’avais vu à la main du voleur. Mes doigts l’effleurèrent, et je la tirai de son sarcophage littéraire. J’avais ici exactement tout ce qu’il me fallait.

- A présent tu peux en faire ce que tu veux.

Quel beau cadeau, songeai-je, à peine ironique. A vrai dire, vraiment peu. Si Ludwig avait été tué et n’étais pas mort normalement, j’aurai adoré pouvoir mettre la main sur son assassin. Le dépecer méthodiquement en petits morceaux et les frotter sur des blocs de sel, quelque chose dans le genre exotique et original. Bref, à défaut de pouvoir faire quoi que ce soit d’autre, autant cautionner ceci à cette jeune fille à la délicatesse et au raffinement en passe de devenir légendaires. Je ne doutais pas un instant qu’elle en fasse bon usage. Serrant dans ma main la besace de l’homme, je tournai les talons pour sortir de la pièce.
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Soul Serenade [Sacha]

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