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 "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]

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Á mon cerveau regretté

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MessageSujet: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Dim 3 Juil - 21:04

Marius avait besoin de moi !
Enfin... peut être pas, mais si quand même. On pouvait pas rester dans le doute pour des choses importantes comme ça.

Un contrebandier était rentré très saoul de la taverne, et je l'avais croisé dans la vieille masure où j'étais occupé à sculpter du bois. En me voyant, il me dit – comme si c'était pas important, une remarque en passant – qu'il avait croisé Marius entre les mains des gardes ! Mais heureusement, il avait réussi à s'enfuir à cheval – détestable animal – avant à l'arrière un prêtre évanoui. Il se souvenait que le-dit prêtre était noir avec des dread, et qu'il saignait beaucoup. Il exprima sa surprise de voir que les terroristes s'intéressaient à ce genre d'engeance, avant de déclarer qu'il allait se coucher parce qu'il était assez bourré comme ça. Je m'enfuis donc en courant rejoindre Marius là où je pensais qu'il se trouvait : chez le prêtre.

Qu'est ce qu'il était parti foutre chez ce prêtre, blessé ou non ? Je ne comprenais pas. Je me souvenais de lui parce que Marius avait kidnappé sa fille pour l'obliger à l'aider à me sortir de prison, et à ce souvenir mon cœur se serra. Un tel dévouement méritait que j'arrive en courant avec mes chiens, capable d'attaquer si le besoin s'en faisait sentir. Je courrais d'autant plus fort dans les rues d'Ishtar. Je savais où ce noble habitait car je m'étais renseigné là dessus, hanté par les souvenirs de mon séjour en prison. Une façon de me faire mal, si tu veux. Je n'y étais jamais allé bien sûr, je n'approche pas des prêtres d'habitude, mais là Marius était peut être en danger ! Peut être que le prêtre lui avait fait du mal, l'avait obligé à quelque chose, même si il saignait partout sur le cul d'un connard de cheval. Et peut être que le-dit cheval avait fait mal à Marius !

J'arrivais devant la maison en question, complètement essoufflé et au bord de l'évanouissement. J'étais toujours aussi malade de partout et autant infesté de parasites qui me pourrissaient la vie et pompaient sur mon énergie. Mais peu importe, c'est de Marius dont il s'agit.
C'était une grande maison, pas la plus grande mais je n'étais jamais rentré dans une aussi belle. Je poussais la porte, et refermait derrière moi, craintif et honteux soudain de mettre mes pieds sales dans une aussi belle maison. En plus on était la nuit, tout était plongé dans le noir, et j'avais peur du noir. Je me repérais juste à la lumière des réverbères – oui il y en a dans les beaux quartiers – qui passaient par les grandes fenêtres propres. Pas de signe de mon ami. Et si il était pas là, je ferais quoi ? J'irais où ? Sûr que je remuerais ciel et terre pour retrouver Marius, mais par où commencer ? Ici déjà ! Ne connaissant pas la maison, je m'aventurais timidement dans des pièces au pif, et tombant sur... la cuisine. Elle était grande et belle, et sur la table au milieu en chêne massif trônait du pain entamé et... de la confiture. Je dédaignais le pain et pris le pot de confiture. Quitte à chercher Marius, je pouvais bien le faire en mangeant, et je sentais encore un peu avec les vestiges de ma langue maintenant que les brûlures avaient cicatrisées le goût du sucre, que j'appréciais beaucoup. J'avais rarement l'occasion de manger de tels mets, et c'est en mangeant avec mes doigts la confiture que je fouillais la maison. Je finis par monter à l'étage après avoir traversé un tas de pièces jolies et vide, par l'escalier de service. C'était comme ça dans les grandes et vieilles demeures, il y avait un grand escalier dans l'entrée pour le gratin, et un petit escalier de service moche. Je préférais le second, j'avais moins l'impression d'être une merde dans le paysage.

J'ai eu de la chance, première pièce que j'ouvre, je tombe sur Marius assis sur une chaise avec le prêtre qui semble dormir roulé en boule dans une lit gigantesque, couvert de sang partout. La chambre est comme le reste, très belle, et le lit est à baldaquin. J'ai jamais rien vu d'aussi beau, il y a un tapis par terre très moelleux dans lequel j'enfonce mes doigts de pied avec plaisir, et plein de meubles trop beaux et des fenêtres avec des rideaux épais. Mais c'est pas le soucis, je fonce vers Marius après avoir essuyé ma main pleine de confiture sur mon pantalon, je pose le pot par terre, j'essuie mes yeux et mon nez avec ma manche et j'écris avec frénésie.

« Qu'est ce qui s'est passé ? Un contrebandier m'a dit que tu avais fuit des gardes avec un prêtre sur la croupe d'un cheval et j'ai pensé que tu serais là. J'étais inquiet ! Tu n'as pas d'ennui ? Je peux t'aider ? J'ai eu peur pour toi ! Le cheval t'as pas fait mal ? »

Oui parce que j'aime pas les chevaux, ils me font peur.
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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Dim 3 Juil - 23:02

Marius avait continué en ligne droite, sans se soucier des regards désapprobateurs qu'il s'attirait de la part des gens. Parce qu'étonnement, le jeune homme en rencontra, cette nuit-là, alors qu'il fuyait le Cochon Pendu et ses déboires, blessés tout de même dans son orgueil, et tentant de venir en aide à un homme qui l'avait mordu. Comme quoi, il n'y avait pas de limite à la connerie. Oh certes... il avait plus ou moins une dette envers cet homme, après tout pour sauver Mist de prison, il avait enlevé sa fille, et celui-ci dans un éclair de rage lui avait mordu le cou, comme s'il n'était qu'un porc qu'on prenait plaisir à égorger. Mais ce même homme l'avait soigné pour une raison qu'il ne comprenait pas non, et il refusait de songer à ce qui aurait pu se passer si justement, Zélig ne l'avait pas tiré des griffes de ce médecin complètement cinglé qui en avait après pour une raison X. Enfin, il n'était pas là pour parler philosophie avec un fou en blanc, mais pour bien s'enfuir après avoir joué avec les Gardes impériales qu'elle avait pu semer, après avoir serpenté dans différentes ruelles. La nuit était bien avancée, fraîche, éternellement sombre, éternellement éclairée par les pâles rayons gris de la nuit, éclairant parfois la route du cavalier.

Mais même aveugle, Marius aurait pu retrouver le chemin ; des mois de ça, il avait préparé avec minutie toute cette mascarade pour sortir Mist de là, une boule remonta dans sa gorge, lorsqu'il pensa à l'état minable dans lequel il l'avait retrouvé. S'il rencontrait le salopard qui lui avait coupé la langue, il lui ferait la même chose pour qu'il puisse comprendre ce que le mot « douleur » pouvait signifier. Il erra dans les ruelles et approcha au galop une grande maison qu'il avait déjà visitée pour enlever une petite fille de l'étreinte protectrice de son père ; la somptueuse demeure ne collait pas à la personnalité du propriétaire, mais elle avait le mérite d'avoir du charme. Il freina sa course seulement lorsqu'il estima être assez prêt pour se calmer, La Garde Impériale devait sûrement courir dans toutes les rues, parties à sa recherche, bah ! Ce n'était pas de sa faute, s'ils n'étaient pas tous doués de raison et d'intelligence, lui... enfin lui et les contrebandiers, lorsqu'à pied, ils devaient poursuivre un homme à cheval, ils essayaient de le prendre en sandwich, ou bien de simplement monter sur les toits et lui tendre un piège, mais les méthodes de « la rue » n'avait rien à voir avec toutes ces conventions ennuyeuses.

Il s'arrêta enfin devant la porte arrière de la maison de Zélig, non parce que passer par l'entrée de la porte principale, lorsqu'on avait un tel fardeau sur soit, ce n'était pas la meilleure chose à faire, lorsqu'on était en « compétence discrétion », enfin Marius frappa plusieurs fois sur la porte, et un serviteur vint lui ouvrir. Avant que celui-ci ne lui claquât la porte au nez, déjà las de cette entrevue, Marius lui montra l'homme qu'il avait ramené ici. Devant le regard perplexe de l'homme, le gamin expliqua qu'ils étaient tous les deux de bons camarades de beuveries, mais ne valait tout de même jamais voir Marius boir... c'était comme le voir affectueux et soudain expressif, il y avait quelque chose de fou là-dedans. Dans un soupir, le serviteur appela un autre, et tous les deux aidèrent Marius à descendre du cheval, il les aida tant bien que mal à le monter dans sa chambre ; il jeta à peine un regard sur le luxe qui décorait cet endroit, chose qu'il trouva vraiment loin de l'image de Zélig. Il n'avait pas fait attention la première fois qu'il était venu ici, connaissant encore peu l'homme, mais il était vrai qu'en le voyant, Marius l'imaginait plus à sa place dans un caveau, un cercueil pour lit, et un livre pour seule occupation. Le Prêtre avait son talent, comme il avait ses lenteurs, mais il ne paraissait pas être de mauvais genre. Enfin, dans le sens où il ne violait/ne tuait personne pour le plaisir.

Il se laissa tomber sur une chaise, et au bout d'un moment, Marius commença à percevoir divers bruits que son esprit embrumé peina à prendre en compte. Il passa une main fatiguée sur son visage, et rallumant la bougie, il attendit... quoi d'autre ? Enfin, un bruit l'alerta d'une présence qui fut celle de... Mist, ce qui le surprit assez, il fallait le dire. Marius se retourna et alla lui demander ce qui se passait, lorsque le sourd-muet lui tendit son ardoise. De l'inquiétude ? C'était de l'inquiétude qui se lisait dans ces mots, Mist avait d'ailleurs le nez qui coulait, et Marius fouilla dans ses poches sans trouver de mouchoir, ce qui l'embêta assez, car il pensa simplement que son ami avait juste... un rhume. Au bout d'un moment, il répondit :


— Un petit souci au Cochon Pendu, mais rien de grave. Ce Prêtre est tombé raide, et je l'ai ramené chez lui.

Inutile de tout raconter à Mist, surtout que Marius en avait honte.

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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Lun 4 Juil - 15:13

En voyant qu'il fouillait dans ses poches à la recherche d'un mouchoir, j'essuyais rapidement mon nez. Je ne voulais pas le dégoûter, quand même ! Après il me regarderait et me toucherait encore moins, et ça serait triste. Enfin tout cela ne dissipait pas mon inquiétude à son égard, et je le fixais malgré la pénombre ambiante pour voir si il était blessé quelque part. Il semblait bouger avec son habilité coutumière et je fus rassurer. Le sang sur le prêtre n'était pas le sien. Je m'assis en tailleur par terre, en prenant soin de choisir un angle pour voir la bouche de Marius grâce à la lumière des réverbères allumés tous les soirs par des fonctionnaires. Pas de temps à perdre à allumer une bougie ici alors que des explications attendaient ! Pourquoi ce prêtre ? Pourquoi du sang ? Pourquoi Marius était ici ? Et le cheval ?

Enfin pour le coup je restais sur ma faim. Déjà le décor ne me plaisait pas, une taverne ! Déjà, Marius et alcool n'allaient pas ensemble dans ma tête, pour moi cet homme était noble, mais dans le bon sens du terme, le vrai, celui qui induit qu'il ne rentre pas complètement saoul à la Vieille Masure pour me tenir des propos décousus ou donner des coups de pied aux chiens, ou qu'il ne pelote pas des filles sous mes yeux, bref, un type bien, avec de la compassion, de l'intelligence, des qualités nobles quoi. Ça a peut être rapport avec le fait qu'il est bien né, donc qu'il a eu une jolie éducation. Par contre, c'est noble de sourire ? Je sais pas, j'ai un peu de mal à imaginer Marius sourire, il a plutôt l'air continuellement soucieux par rapport à ses activités et à ce qu'il fait – je l'ai beaucoup observé. Mais la petite once d'intelligence dans ma tête me souffle que ma profonde admiration pour lui le mettrait mal à l'aise, alors je ne dis rien.

Donc, il est allé à une taverne, le prêtre s'est apparemment battu saoul et Marius l'a ramené comme si ils étaient copains, comme si c'était pas un sale prêtre. Sa noblesse d'esprit et sa moralité ne cessent de m'étonner, ça me fait penser à ces bouquins philosophiques que j'ai lu et mal compris, qui parlent de non violence et que les hommes pourraient être bons, que si on se comportait avec les autres comme on aimerait être traité, le monde serait meilleur. Meilleur, et heureux aussi. L'idée de bonheur comme un but à atteindre et pas un truc qui arrive quand tu as éventuellement après avoir piétiné les faibles pour la gloire de l'Ombre et de l'Empire. C'est bizarre, j'ai un peu de mal à me faire à cette idée nouvelle et exotique. Ou peut être que c'est pas du tout la motivation de Marius.

Je me lève pour chercher une bougie, parce que j'aurais du mal à voir ce qu'il dit dans cette pénombre, j'ai déjà eu beaucoup de mal à saisir le sens général de sa phrase précédente, si il m'explique plus longuement je vais couler. Ça va que « cochon pendu » ait des images labiales assez clair, sinon je ne m'en serais jamais sorti, un gros malentendu serait survenu, et Marius aurait dû s'embourber dans des explications pénibles, comme ça arrive parfois avec moi quand il me parle. J'espère que ça ne l'énerve pas quand je ne comprends pas ce qu'il dit, je n'en sais rien, je n'ai jamais osé lui poser la question, ou si mon handicap le dégoûtait, comme c'est le cas pour la majorité de l'Empire qui n'aiment pas les faibles puisque la religion le dit. Ou il y en a qui ont peur que cela soit contagieux, ou me croient attardé mentalement – j'en joue beaucoup, il faut bien le dire.
Je trouve une bougie et ouvre divers tiroirs pour trouver un briquet ou des allumettes. Mystérieusement, tous les tiroirs sont vides, comme si le prêtre ne vivait pas là. D'ailleurs la pièce manque du joyeux bordel qui constitue une maison habitée, pas de livres de chevet, pas de vêtements qui trainent, pas de babioles qui détonnent par rapport à la décoration intérieure choisie avec goût, pas de papiers. Il y a bien des bibelots, mais ils sont là depuis longtemps, posés de façon symétrique et dans le but d'aller avec les meubles. On dirait une chambre d'ami en fait.
Ou alors le prêtre ne vit pas ici depuis longtemps, ou alors les serviteurs sont maniaques, ou il aime une chambre d'une froideur toute militaire. Enfin je note ces détails mais je m'en fous, je veux juste qu'il meurt ce gars.

Je finis enfin par tomber sur des allumettes et j'allume la bougie, que je ramène vers Marius. Je choisis soigneusement où je la dispose, et je finis par tirer un un petit guéridon avec un vase dessus vers Marius pour poser la bougie, parce que sur le sol ça fait juste plein d'ombre sur son visage, le rendant illisible, et il n'y a pas d'autre tables proches où je pourrais le poser. Je pose donc le vase par terre et tire la table que je trouve ridicule par sa forme et sa petite taille. Une table pour poser un vase – objet suprêmement inutile – je trouve ça très con, mais dans ce cas de figure c'est pratique. Après des calculs de fou pour savoir comment disposer bougie et table, je finis par y arriver et le visage de Marius est assez éclairé pour que je puisse lire sur ses lèvres normalement. Il n'a pas bougé, habitué qu'il est à mes calculs balistiques pour gérer la lumière.
J'écris enfin :

« Pourquoi tu l'as aidé ? Je ne comprends pas. Es tu blessé ? Et pourquoi il est blessé lui ? Tu veux que je le tue, ou tu as des informations que tu attends de lui ? Ou un service ? On dort là ? J'ai repérer la cuisine si tu veux, j'ai pris de la confiture mais prends pas aussi dedans, j'ai peur que tu tombes malade aussi. Je peux aller te chercher de la nourriture si tu veux. »

Je tends mon ardoise vers Marius, j'attends sa réponse. Il à l'air fatigué. J'ai vu en cherchant le guéridon un broc d'eau en porcelaine, avec un miroir en face et un gros rasoir à coté – ça m'a rassuré, il y avait des poils noirs partout, le prêtre vit donc bien dans cette pièce. Avec cet objet, je pourrais lui donner une mort rapide et indolore. Pourquoi on ne le tue pas ?
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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Lun 4 Juil - 19:53

Malgré ses paroles, Mist ne fut pas rassuré pour autant, ce qui le fit légèrement grimacer ; Marius ne voulait pas tout lui raconter sur ce qui s'était passé à la taverne, il comprenait cependant l'inquiétude de Mist par rapport à ça, mais il ne voulait pas l'angoisser davantage en racontant qu'il s'était fait saigner par le Prêtre, un médecin et que tout ça aurait pu rapidement mal finir si le même Prêtre n'était pas intervenu à temps. Et puis... il ne voulait pas passer pour une victime, il pouvait encore sentir les dents du bonhomme en blanc sur sa chair, et ainsi que... il ne voulait pas y penser, il voulait simplement effacer ces évènements de son esprit, comme tout homme orgueilleux et coincé qu'il était. Tout de même... il s'inquiétait en retour pour Mist, il avait remarqué que son nez coulait, mais il continuait de songer que c'était un rhum, il nota dans un coin de son esprit d'aller acheter des médicaments pour soigner ça chez un apothicaire.

Il effleura du bout des doigts sa blessure sur le cou, et profita du laps de temps où Mist était occupé à farfouiller partout pour trouver les bons angles de lumières et, etc. pour relever le col de sa chemise et le plaquer contre son cou, ainsi il pourrait mieux passer sous silence ce qu'il s'était passé là-bas. Il savait que Mist lui portait de l'affection — et c'était réciproque —, mais il ne voulait pas lui dire que le responsable — enfin le premier — de sa morsure était cet homme dormant dans ce lit. Le jeune homme observa son ami bouger la lampe et le vase pour faire un peu de place, son nez coulait beaucoup, peut-être que Mist avait le rhume des foins ? Le retour de l'été, ça ne se faisait pas tout le temps en douceur. Bon... il était tombé rarement malade dans la mesure, où il avait toujours été soigné par le luxe avant de vivre cette année complète dans la rue, ou presque. Il ne pouvait pas encore imaginer que dans le ventre de Mist, des vers grouillaient * et il bougea un peu de sa chaise, se tournant et se retournant pour examiner le sourd-muet se débrouiller.

Marius n'osait pas lui venir en aide, craignant de perturber plus qu'autre chose le travail du sourd-muet pour lire sur ses lèvres. Il attendit donc sans savoir quoi faire, il se sentit d'ailleurs un peu inutile, et crut même qu'il le gênait plus qu'autre chose puisque pour lui parler, Mist devait bouger un peu tout et n'importe quoi. Il mordilla ses lèvres et finit par prendre l'ardoise du jeune homme, mais il ne la lit pas tout de suite, il lui fit simplement signe d'attendre et se leva. Il resta une seconde immobile, cherchant des yeux une autre chaise, et quand il en trouva une, non seulement il se prit quelque chose dans la jambe et manqua de tomber, mais non seulement... rien. Il n'aimait juste pas cette petite manie qu'avait Mist de s'asseoir par terre, et prenant la chaise, il la posa doucement prés du sourd-muet pour qu'ils soient à la même hauteur. Il fit un dernier signe de la main au sourd-muet pour qu'il vienne s'asseoir aussi, il prit l'ardoise et enfin, il put lire le petit mouvement de panique de Mist, ce qui le gênait un peu dans la mesure, où ce n'était pas ce qu'il voulait. Il fronça les sourcils, mal à l'aise, il gratta sa joue, puis l'arrière de son crâne, et il répondit :


— Non merci, je n'ai pas faim — et pourquoi Mist aurait-il peur qu'il tombât malade ? Oui Marius n'avait tout à fait conscience des maladies qu'il était susceptible de lui transmettre — , je devais menacer un homme pour qu'il vienne payer ce qu'ils nous devaient. Mais une bagarre s'est déclenchée, dans laquelle ce Prêtre m'est venu en aide. Ne t'inquiète pas pour moi, je vais bien.

C'était dans ces moments-là que Marius s'en voulait de ne pas transmettre plus de choses à Mist, sa dernière phrase avait été prononcée sur un ton plus doux pour le rassurer, mais Mist ne pourrait jamais l'entendre. Pour lui qu'importe que la voix haussât d'un coup ou non, tout ça serait neutre jusqu'à la fin de ses jours, et Marius aurait aimé trouver un moyen de « transmettre » ces différentes intonations. Il ne savait pas comment encore, mais voulait au moins trouver pour pouvoir rassurer Mist plus facilement. De même que son compagnon d'infortune ne le dégoûtait pas, c'était juste qu'il n'avait pas été élevé ainsi, jamais ses parents ne lui avaient montré un signe d'affection, son éducation avait été que froideur et versets de l'Ombre. Si Mist l'avait dégoûté, il aurait fallu pour ça qu'il ait la motiée des vices d'Uriel d'Arken s'il avait bien un homme qui l'écoeurait, c'était cet homme-là. Enfin, il fronça encore les sourcils, Mist n'avait-il aucun souvenir de cet homme-là ? Ou peut-être qu'il avait fait trop noir dans la prison pour que Zélig le marquât d'une quelconque façon. Il frémit en se souvenant de l'état dans lequel il l'avait retrouvé, il posa son talon sur son genou, et se baissant un peu vers Mist, il ajouta :

— Et... j'avais une dette envers lui, c'est grâce à ce Prêtre que j'ai pu... te sortir de prison.

Sa voix avait été un instant hésitante, faible, car c'était un souvenir aussi bien douloureux pour Mist que pour lui. Encore un passage dont il ne voulait plus se rappeler, et qui justifiait sa haine pour Uriel d'Arken.

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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Lun 4 Juil - 21:29

Marius m'apporta une chaise, et même si je n'aimais pas m'assoir sur des chaises, je le fis tout de même, parce que j'aimais bien qu'il s'occupe de moi et je ne voulais pas le vexer. Et puis je trouve que ça sert à rien un meuble juste pour poser son cul, et on risque de tomber alors que le sol, vachement moins. Mais je conservais ces opinions pour moi, que je savais motivée par l'envie que j'ai une petite dignité en m'asseyant comme tout le monde, et regardais ce que Marius avait à me dire, tant il me brûlait de savoir qui je devais tuer. J'aurais couru l'arme à la main, tout seul, sur le Palais Impérial si il me l'avait demandé. En effet, ma rencontre avec Marius, je n'y avais pas gagné que un ami, mais aussi un but : être un bon membre de son organisation. C'est tout ce que je voulais, voire même être un bon second, quoique je ne pense pas que Marius m'envisage comme ça, mes handicaps posaient trop de problème pour que je puisse avoir une place importante, mais j'aurais aimé pourtant. Enfin je crois pas que Marius envisage ça comme ça, il devait juste penser qu'il y a des choses que je peux faire et d'autre pas, et il fallait s'adapter. Je trouve ça beau.

Et Marius m'expliqua. Déjà, il n'avait pas faim, ce que je trouvais curieux, ayant tout le temps plus ou moins faim. Je trouvais ça bête d'être dans une maison pleine de nourriture et de pas en profiter sous le prétexte qu'on a pas faim. Et si il n'a plus de nourriture pendant longtemps après ? Hein ? Enfin ça faisait parti de la noblesse de Marius ça, son aura de classe, il était capable d'avoir ce genre de comportement qui ne le rabaissait pas au rang de cochon fouillant des fosses de merde pour trouver de quoi se nourrir, il ne volait pas. Si il ne pouvait pas manger, et bien il ne mangeait pas, voilà tout, et il n'irait pas voler une sucette à un gamin pour le faire. D'ailleurs j'étais triste quand je m'apercevais qu'il maigrissait, je pensais parfois que c'était ses remords qui le rongeaient, il en avait beaucoup, alors que je n'ai jamais vu personne moins mériter d'en avoir. J'aurais aimé lui expliquer qu'il arrête de faire ça, mais je sais pas comment il l'aurait pris – mal, sans doute – et il n'en tiendrait sans doute pas compte. Mais j'aimerais bien qu'il sourit et qu'il ait l'air content aussi, et j'aimais pas lui faire de la peine en étant trop maigre et tout malade. C'est pour ça que je lui disais pas trop que je l'étais, sauf pour la confiture évidemment parce que il risquait d'attraper mes maladies aussi, et je m'en voudrais à mort si c'était le cas.

Enfin il me parla des contrebandiers, d'une bagarre à mort – quand le mec revient couvert de sang j'appelle ça une bagarre à mort – et du prêtre qui l'avait aidé, je sais pas pourquoi. J'me demande pourquoi il a fait ça parce que c'est un prêtre, et les prêtres c'est méchant, et ça se tue difficilement.
Mais Marius souleva le point que c'était ce prêtre ci qui l'avait aidé à me sortir de prison. Je baissais le nez, c'était bien sûr un souvenir douloureux, horrible, je me souvenais parfaitement de Émile saisissant ma langue entre des pinces chauffées à blanc, me couper la langue et amenée celle ci près de son visage avec une expression obscène de plaisir pur. Je me souvenais de lui prenant des ciseaux et un marteau et me perçant la main avec une violence horrible, pendant que je crachais du sang, puis de Uriel me brûlant partout, me coupant un carrée de peau, et me brûlant encore. Je fermais les yeux, et c'était comme un film sous mes paupières qui se déroulait. Je voulais pas le voir, mais j'le voyais quand même. C'était horrible, c'était si présent encore ! Là les larmes qui me coulaient des yeux n'étaient pas que du pus, mais de l'eau aussi. Je secouais la tête, honteux de cet instant de faiblesse. J'espère que Marius comprendra que j'arrive pas à oublier.

« Oui je me souviens, mais tu l'avais obligé à le faire. Je me souviens surtout de toi me sauvant la vie en prenant des risques fous et me gardant chez toi après même si je suis handicapé et que je sens mauvais. »

Je me lève, je tourne le dos à Marius en lui laissant l'ardoise et je me prends dans mes bras. J'aimerais être seul, je veux pas que Marius me regarde ou me prenne dans ses bras ou un truc comme ça, ce que je porte est trop gros et me fait trop mal, le bouger en essayant de me réconforter, ça serait comme me frotter aux pics aigus et empoisonnés de cette douleur. Je secoue la tête pour me ressaisir. Je pose les yeux sur Mais Dors qui me regarde en remuant la queue. Elle ne comprend pas, mais c'est pas grave, je l'aime quand même. Je m'accroupis près d'elle et la prend dans mes bras, au niveau de sa poitrine. Elle ne demande rien, ne comprend rien, ne sait pas par quelles épreuves je suis passé et me donne juste son affection. J'aime son ignorance, elle n'a pas pitié de moi et ne me regarde pas avec des yeux humides de tristesse, jamais, elle me juge capable pour rapporter de la nourriture et courir vite, c'est tout ce qu'elle me demande. Je peux même la protéger, et elle retour elle le fait aussi. Je fais des signes dans sa direction qu'elle comprend tout de suite, et je tiens là mon changement de sujet de conversation bienvenu. Je reprends l'ardoise, enlève mes vilains mots avec une frénésie injustifiée et écrit.

« J'ai dit à Mais Dors de surveiller la maison si il y a un inquisiteur. Je lui ai appris à monter la garde ! Elle sait les reconnaître, et elle a un flair et de meilleures oreilles que toi. Quand je tuais des gens »

Je lui montre et efface, j'espère qu'il reviendra pas au sujet de conversation précédent.

« Je le faisais en embuscade et elle montait la garde pour moi et elle me gratte la jambe si il y a des personnes qui viennent. Je cherchais des informations sur mes parents qui ont été emmené par »

Hop, j'efface, je recommence.

« Les inquisiteurs il y a six ans à peu près. C'était des terroristes aussi ! C'est eux qui m'ont appris l'écriture et à lire sur les lèvres pour que j'aie une vie normale après. »

Je préfère ce récit là, qui est plein de souvenir doux – ma mère m'apprenant à écrire – plutôt que celui de la prison où je me blesse inévitablement. Je crois que j'ai jamais raconté à Marius en entier mes deux séjours en prison, peut être que je devrais, je sais pas. Pour qu'il déculpabilise sur mon bras.
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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Lun 4 Juil - 23:03

Lorsque Marius vit les larmes apparaître dans les yeux de Mist, il se sentit mal d'avoir ravivé ce souvenir horrible. C'était comme un cadavre qu'on remontait à la surface, et qu'on lançait sur son bourreau, déjà mort de culpabilité. Il ne sut pas ce qu'il devait dire, il se contenta de baisser les yeux sur ses mains, tordant celle-ci, mordant ses lèvres jusqu'à ce qu'elles saignent et gercent. Le malaise grandissait dans son ventre, lui-même tentait de refouler ce souvenir, et pourtant ! Il venait de le jeter à la figure de Mist, comme si ce n'était rien, il se sentait mal, très mal. Il restait toujours impassible, mais son regard fuyant, ses mains tordues, son corps tremblant trahissait la douleur qui l'étouffait à cet instant même, il ne savait pas quoi dire, il ne savait pas quoi faire pour rassurer Mist, et lui dire d'oublier toutes ces horreurs. Car Marius savait que c'était tout bonnement impossible, Mist tout comme lui se rappellerait toujours de la souffrance qu'il avait ressentie, et Marius pouvait deviner plus ou moins la figure des cauchemars qui devaient hanter ses nuits.

S'il était arrivé plus tôt... peut-être que son compagnon d'infortune ait gardé son bras, s'il était arrivé plus vite, peut-être qu'il aurait pu garder sa langue... et peut-être que Marius aurait pu mettre son poing dans la figure de ceux qui lui avaient fait ça. Uriel d'Arken avait osé le toucher, le blesser, et le considérer plus bas que tard ; si jamais Marius le croisait à nouveau, il était certain qu'il ne manquerait pas de lui faire comprendre ce que c'était de se faire cracher dessus. Le petit blond se croyait grand avec ses pouvoirs, eh bien ! Marius allait le remettre à sa place. Sa gorge le brûlait du venin qu'il désirait cracher à la face de « Messire Farine », tout comme il rêvait le gifler pour lui faire comprendre que traiter les autres comme un chien, c'était ne pas avoir les tripes suffisantes pour se battre comme un homme. Si jamais d'Arken se mettait de nouveau sur sa route, Marius lui cracherait toutes les saloperies qui survenaient dans son esprit, dés qu'il songeait à lui. Il était en colère contre le Haut-Prêtre, et bientôt ce dernier allait goûter à sa haine.

Marius releva son regard sur Mist qui lui rappela aussi qu'il l'avait tiré de cet endroit putride, mais ce n'était pas assez selon lui. Il n'était pas arrivé à temps... il n'avait pas pu sauver son bras et sa langue ! Il frissonnait encore d'horreur en songeant à la silhouette de Mist, recroquevillé au fond de la cellule, seul, blessé... si fragile et faible. Bon sang ! Pourquoi n'avait-il pas réagi assez vite ? Pourquoi n'avait-il pas foncé directement dans cet endroit infâme ? Pourquoi ? Il essayait de ne pas y penser, mais ça revenait à chaque fois qu'il voyait ou s'inquiétait pour Mist — lorsque celui-ci ne se trouvait pas prés de lui —, si bien qu'il avait de nouveau envie de vomir, son ventre le brûlait aussi, et il essayait de tout garder pour lui. Mist lui avait tourné le dos, et il ne savait pas s'il devait se lever pour au moins poser une main sur son épaule, et lui dire dans ce simple geste : « Je suis avec toi, ne t'en fais pas. », mais ses jambes tremblaient, lourdes et faibles. C'était comme pour sa meilleure amie, lorsqu'il avait appris qu'elle avait été séquestrée et violée par son frère. Il avait essayé de se mettre à sa place, mais devenant rapidement trop dur, il avait abandonné. Pourtant, ça n'empêchait par son cerveau de fonctionner, et souvent, des images lui venaient, des images qui semblaient trop réelles. Était-il donc incapable de protéger qui que ce soit ?

Avec une boule dans la gorge, Marius observa son compagnon d'infortune prendre sa chienne dans ses bras, bon sang... même là... il ne pouvait rien faire ? Il était en colère contre lui-même, et il se serait bien foutu une claque pour ce manque de réaction totale. N'avait-il pas les tripes de se lever et de dire à Mist au moins un : « Pardonne-moi de n'avoir pas pu t'éviter tout ça » ou s'excuser de lui rappeler toutes ces souffrances, c'était odieux de sa part, il avait juste voulu justifier la raison de sa main tendue pour ce Prêtre, et voila ce qu'il avait fait, il se sentait mal. Mais Mist revient vers lui en lui tendant son ardoise, Marius lut assez rapidement ce que le sourd-muet lui avait écrit ; il approuva d'un signe de tête, il avait toujours l'habitude de voir la chienne de Mist dans son ombre, alors il l'oubliait un peu. Il sourit au bout d'un moment tout de même, car il admirait l'ingéniosité de Mist. Ce dernier malgré son handicap se débrouillait comme il pouvait, et ses idées étaient plutôt bonnes. Il tenait furieusement à ses chiens, mais il savait mettre leur talent à profit pour s'en sortir. Marius avait croisé les doigts, et touchait son annulaire comme s'il portait une bague, celle qu'il aurait peut-être portée en disant un grand « oui » à la Prêtrise. Mist effaça la craie, et le sourire de Marius disparut lentement, tandis que ses yeux rencontraient les lettres maladroites que l'infirme lui avait écrites.

C'était la première fois que Mist lui « parlait » de ça, c'était la première fois qu'il lui avouait avoir eut une famille aimante auparavant, et une famille avec assez de courage pour apprendre à leur fils infirme à se battre, et se débrouiller dans un monde aussi sombre. Il ne sut quoi répondre en retour, car il n'était pas doué pour toutes ces choses-là ; il était juste touché de cette révélation, c'était comme lorsque Mist lui avait dévoilé son nom, ça l'avait touché et jamais il ne le dirait à quelqu'un d'autre, il le garderait pour lui, c'était un peu son cadeau. Il ouvrit la bouche comme pour parler, mais rien ne venait à son esprit ; que pouvait-il dire ? Il ne pouvait pas jouer les hypocrites et lui dire : « Oh... ils doivent peut-être survivre quelque part, ils ne sont pas morts, allons gambader dans une prairie verte pour les retrouver ! », mais non, il ne voulait pas lui mentir, et Mist devait bien savoir tout ça. Il était inutile de remuer le couteau dans la plaie, même si la curiosité lui brûlait la gorge. Il hésita longuement, et baissé vers le jeune homme, Marius demanda d'une voix un peu faible que Mist n'entendrait jamais :


— Tu veux m'en parler davantage ?

Il garda la bouche ouverte, mordilla sa lèvre inférieure en levant les yeux vers le plafond, puis il ajouta :

— Ou me poser des questions ?

Un échange plutôt équitable... non ? Si Mist voulait savoir des choses sur lui, Marius lui donnerait les informations qu'il voulait. Après tout, il était avec la seule personne à qui il pouvait se permettre de confier un peu de son passé. Il garderait le secret de Mist, comme il savait que le sourd-muet allait « passer sous silence » le sien, ils étaient amis, non ?

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Merci à Dietrich/Ambroise ♥


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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Mar 5 Juil - 1:00

Marius a l'air bouleversé, écrasé de culpabilité. Moi j'essaie de penser très fort à ma maman m'apprenant à lire, au soin qu'elle y mettait et à son bonheur quand j'arrivais à écrire des phrases, des mots. Elle m'a appris très jeune, elle savait que sans mot, je n'arriverait pas à réfléchir et donc en plus d'être sourd muet j'aurais été débile mental. J'étais le seul enfant de mes parents, et ils m'aimaient et c'était chaud et doux et...
Marius me regarde, écrasé. Je ne sais pas quoi faire ! Il avait sourit quand j'avais parlé de mes chiens, j'avais aimé ça, qu'il reconnaisse avec ce sourire que c'était une bonne idée, que mes chiens étaient intelligents et tout, et là il me regardait avec de la détresse dans les yeux. Nous atteignons un moment de tension, des mois que ça nous torture tous les deux que ce j'ai vécu, et là c'est le paroxysme. Il me demande si je veux en parler plus, et lui poser des questions. Nous y voilà ! Je pourrais refuser en plus, mais je continuerais à croiser ces yeux là, qui me font de plus en plus mal, une barrière entre nous, j'ai toujours peur qu'il s'effondre et s'excuse de quelque chose qui n'est pas sa faute. Et puis Marius pourrait me révéler ses secrets, peut être que je le comprendrais mieux. Alors je lui dis toute la vérité.

« J'hésite à te parler plus de ça, parce que c'est très long et ça va te faire mal. Mais comme ça tu cesseras peut être de t'en vouloir, et j'aurais moins mal aussi. »

Alors je me lève, je lui prends les mains délicatement, comme si c'était une princesse, pour lui indiquer de se lever. Il le fait. Puis je le fait assoir sur le gigantesque lit, le prêtre dort comme une masse et il est roulé en boule à l'autre bout, ne prenant pas beaucoup de place. Il y en assez donc pour que Marius et moi on s'assoit dessus. Donc, il se pose et moi je me pose contre lui, mon dos contre son ventre, assis entre ses jambes. Je le fais parce que j'ai besoin de sentir sa présence pendant mon récit et que comme ça je ne vois pas son visage, je n'y tiens pas. Sa tristesse serait trop contagieuse et j'ai peur de ne pas arriver à finir. Je décide donc de lui parler de mes parents, de mes séjours en prison et tout ça, et comme ça il n'y aura plus de secret entre nous et Marius cessera d'imaginer ce qui a pu me conduire à être un petit clodo malheureux qui fait pipi au lit et n'arrive plus à se relever psychologiquement. Je prends une grandes inspiration et je commence à écrire de ma petite écriture fine et maladroite. Par commodité, je vais tout mettre d'un coup ici, mais dit toi qu'à chaque fois, je montre ce que j'ai eu la place d'écrire à Marius et j'efface après qu'il ait lu.

« Avant qu'on se rencontre, je cherchais avec obsession où était mes parents. C'était ma seule famille tu vois, et je sortais jamais de chez moi à cause de mon handicap et je me suis retrouvé à la rue il y a six ans parce que personne ne veut embaucher un sourd muet quand tu peux avoir quelqu'un qui entend bien. Et puis je savais pas me débrouiller tout seul de toute façon, peut de temps après que je sois à la rue, un pervers a voulu que je me prostitue pour lui. Je l'ai tué, c'était mon premier meurtre, et après j'ai fait exprès de pas me laver pour être moche pour que personne veuille de moi. Bref, je cherchais mes parents, et le plus proche de la vérité que j'ai été, c'est quand j'ai tué un noble et que je me suis fait prendre. On m'a drogué et mis sur un bateau, mais j'ai réussi à m'enfuir parce que j'ai vomi la drogue parce que j'étais allongé près d'un cadavre (j'avais encore le nez délicat à l'époque) et j'ai regagné la terre ferme à la nage. Donc je sais qu'il y a des gens qui disparaissent, qui ne vont pas en prison mais sur un bateau et qu'on les revoit jamais. Et j'ai laissé tombé mes recherches, parce que je trouvais rien. Puis je pense que mes parents sont morts maintenant. Donc j'ai décidé de faire des attentats comme eux, parce que je n'avais aucune vie qui m'attendait de toute façon. Et puis c'était la seule façon de ne pas devenir fou, parce que être clochard ça rend fou. La faim le froid tout le temps, tout ça.
Et puis tu sais que j'ai tenté de tuer l'Empereur à l'Équinoxe d'Été, mais ils avaient mis un leurre à sa place. Donc j'ai tué le leurre d'un carreau dans la gorge, et puis j'ai tenté de me suicider en ne pensant pas pouvoir m'échapper, et je n'ai pas réussi. J'ai été en prison pour la première fois, c'était bien avant qu'on se connaisse et donc personne ne m'a sauvé cette fois là, c'est l'Empereur lui même qui a voulu me libérer parce que il disait que je trouverais pas la liberté dans la mort. Ils m'avaient enfermé dans le noir (j'ai peur du noir, pour moi c'est comme être enfermé en moi et être tout seul pour l'éternité) et affamé, et puis Émile Paole est venu et il m'a torturé. Il m'a lancé de l'eau bouillante sur moi par exemple, regarde j'ai encore la cicatrice. »

Là je soulève ma tunique pour lui montrer les cicatrices de brûlures sur mon ventre, qui disparaissent sur mon flanc droit et vont jusque dans mon dos, parce qu'il m'a foutu le feu aussi. Je suis comme dans un état second, je tremble, je suis en transe mais je ne pleure pas. Le film se déroule dans ma tête : la vie pathétique de Mist, non censurée. C'est... libérateur, c'est plus des choses qui tournent en fond même dans les échanges les plus banals que nous ayons, des traumatismes inconnus de tous qui me font passer pour fou, mais un récit complet. Je sais pas si ça soulage Marius aussi, mais pour moi c'est une ambiance particulière entre les rideaux du lit à baldaquin, personne ne m'avait jamais autant écouté avant. Je sers sa main entre la mienne, et me rend compte qu'il n'y a pas que de la violence dans me monde. C'est affreusement cul cul, je sais, mais j'avais jamais vraiment eu d'ami avant ça, c'est tout nouveau.

« Et il m'a coupé une phalange et cassé un doigt aussi. Et il m'a beaucoup battu, surtout au visage, c'est pour ça que je ressemble à rien avec des cicatrices partout. Et dans les cellules, tu sais, il y a un trou pour les besoins, pour humilier les prisonnier en les obligeant à faire comme les animaux. Bah je lui en ai lancé dessus ! La première fois, en prison, je me suis battu quand même. J'ai tendu d'étrangler l'inquisiteur, je l'ai insulté tout ce que j'ai pu, même si ça m'a coûté pas mal de coups, et j'ai enfoncé un crayon dans le flanc de l'Empereur ! Et puis après avoir été libéré, une fois que j'ai cicatrisé, je suis allé chez Émile Paole et je l'ai attaché au lit et j'ai écrit sur son ventre « je suis un gros porc sadique » avec un couteau, et j'ai jeté du citron dessus et j'ai foutu le feu, mais il n'est pas mort. Et je n'ose plus y retourner, je suppose qu'il a renforcé la surveillance, mais j'espère qu'il a peur la nuit maintenant à cause de moi. Il a brûlé son ventre pour effacer les mots.
Et puis après je t'ai rencontré. J'ai été stupide, j'avais la bombe, et puis tu avais bien voulu que je me lave et dorme chez toi, et j'avais peur que tu me foutes dehors après avoir vu ma bombe. Je voulais être un terroriste que tu estimes utile et courageux, alors j'ai pris la bombe et j'ai tenté de tuer le Haut-Prêtre dans les élévateurs, mais d'une j'ai échoué et de deux j'ai pas réussi à m'enfuir. On m'a pris, et ramené à la prison. Je me suis beaucoup débattu ! Ils m'ont forcé à manger et m'ont lavé avec une brosse pour nettoyer les chevaux en me disant que j'étais sale, puis ls m'ont rasé le crâne et comme je me suis encore plus débattu (j'aime bien mes cheveux bleus) ils m'ont blessé à la tête, c'est pour ça qu'il repoussent n'importe comment, et puis ils m'ont attachés sur une table très serré, je pouvais pas bouger du tout sauf le bras droit pour écrire avec une craie. J'ai des cicatrices aux chevilles à cause de ça, parce que j'ai tiré sur mes liens à m'en faire saigner partout. Émile Paole et Uriel d'Arken sont arrivé, et c'est allé très vite. Ils arrêtaient pas de répéter que j'en aurais que pour trois jours à vivre et qu'ils allaient me torturer pendant tout ce temps, sauf si je parlais et là ils me tueraient plus vite. J'ai juste un peu parlé de Eleanor, mais je savais pas qui c'était, mais j'ai pas parlé de toi et de la Vieille Masure, j'ai même jamais dit mon vrai nom. Mais ils ne m'ont pas beaucoup laissé parlé cette fois là, Émile a pris une tenaille chauffée à blanc et il m'a coupé la langue, et je me suis mis à cracher du sang partout. J'ai essayé de me suicider avec, mais ils m'ont redressé pour m'obliger à cracher et j'ai même vomi. Émile voulait me couper les oreilles aussi, depuis mon premier séjour en prison parce qu'il disait que ça me servait à rien, je le dégoûtait beaucoup à cause de mon handicap je crois, l'Église n'aime pas les faibles. Et puis ensuite il a pris une paire de ciseaux sale et un marteau, il a posé sur le milieu de ma main et il a fait comme ça : »

Là je mime le mec qui tape avec un marteau sur un ciseau posé sur ma main gauche, qui est maintenant une prothèse.

« Après m'avoir cloué la main sur la table, il a retiré le ciseau et Uriel est arrivé avec une barre en fer chauffée à blanc et il l'a passé dessus, et puis ensuite il a coupé un carré de peau sur mon avant bras en disant que me dépecer vif était une bonne idée de torture, et puis après il a mis une braise ardente dans ma bouche pour plus que je saigne de la langue, et là ça a été le plus le plus le plus horrible. C'est là que j'ai senti mon esprit se briser tu sais, c'est difficilement descriptible, mais avant j'étais plus courageux, j'avais moins peur tout le temps et j'avais moins la sensation d'être un petit animal craintif et faible. C'est compliqué à expliquer, mais ça me dégoûte, c'est comme si j'étais toujours là bas, quelque part, avec une braise dans la bouche. J'ai l'impression d'être diminué par ce souvenir là. Et puis ils ont commencé à faire l'amour et on m'a attaché au fond de la cellule avec collier en fer que je porte toujours parce que j'arrive pas à l'enlever. »

Là j'éloigne les couches de vêtements que je porte et l'écharpe pour lui montrer, ça doit pas être beau à voir. Mais je ne me retourne pas pour voir son visage, ça doit être terrible, lui qui est déjà tout compatissant si je me fais un bleu. Mais j'aime sentir mon dos contre son ventre et sa poitrine, j'espère qu'il comprend ça et que je ne lui raconte pas pour lui faire simplement mal.

« Et puis après tu es arrivé, tu serais arrivé plus tôt, tu serais tombé sur eux et nous serions morts, ou encore en prison, ou disparu sur un bateau. C'était la première fois qu'on me sauvait, tu te rends pas compte de ce que ça a représenté pour moi je crois, parce que ça me rend triste quand tu t'en veux d'un truc alors que tu as fait le maximum. Et quand tu m'as offert un autre bras ! Et toutes les fois où tu m'a parlé, où tu as été gentil avec moi. Ça faisait six ans que j'étais tout seul tout le temps, que ça me rendait à moitié fou de chagrin. J'aimerais simplement que tu l'admettes et que tu arrêtes de te reprocher des trucs à propos de moi, alors que tu as été tellement gentil. C'est horrible, tu es mon seul ami, je t'estime beaucoup et je sais que tu as l'impression de m'avoir lésé en ne faisant pas des choses impossibles. »

J'ai fini. Je me retourne, mais toujours sans regarder son visage je pose mon front sur son torse je le sers dans mes bras. Je ne dis rien, je ne pleure pas mais je sens que ça va pas tarder, que je vais regretter d'avoir raconté tout ça parce que c'est trop lourd et que ça aurait mieux fait de rester caché. Mais je pose ma question quand même, pour que ce soit un échange. Mon récit à pris une bonne heure, et je suis très fatigué, mais si c'est pas maintenant ça sera jamais.

« Et toi raconte moi tout aussi, pourquoi es tu devenu terroriste ? Qu'est ce qui s'est passé ? »

Et là, je relève la tête et je le regarde.
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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Mar 5 Juil - 2:49

Spoiler:
 

Mist lui avoua son hésitation, et avant de lire la suite, Marius crut que c'était par pudeur et réserve, chose qu'il comprenait bien, ce n'était pas facile de donner son passé à quelqu'un, malgré l'affection qu'ils ressentaient l'un envers l'autre. C'était la décision de Mist, pas la sienne, il ne le forcerait pas, et ne lui demanderait rien. Ce fut lorsque ses yeux tombèrent sur son autre confidence, s'il pouvait aider Mist à décharger un peu de sa douleur sur lui, ça lui allait. La culpabilité, il la ressentait depuis trop longtemps pour oublier ce goût si acide tout de suite, il avait trempé ses mains dedans dès qu'il avait compris que sa vie n'était qu'un tissu d'hypocrisie et de manipulation. Tout comme il ne pourrait pas oublier ce poids sur son coeur, dès qu'il voyait le jeune homme, dès qu'il s'inquiétait pour lui, lorsqu'ils n'étaient pas ensemble. Il le laissa lui prendre ses mains, et c'était la première fois qu'il touchait ses mains d'ailleurs, ainsi que la prothèse de métal qui froide, lui arracha quelques frissons. Il se laissa conduire jusqu'au lit, lançant un regard sur Zélig, il s'assura que ce dernier dormait bien tranquillement, et n'allait pas venir les perturber dans leur échange, c'était un moment important, et tous les deux le comprenaient bien.

Mist se cala contre lui, il sentit sa tête contre sa poitrine, sa chaleur aussi, mais garda sa main dans la sienne — celle libre —, et Marius avala péniblement sa salive, ce n'était pas n'importe quoi ce que Mist allait lui confier, c'était sa vie, c'était lui-même. Le silence était encore là, toujours ce silence, mais il était loin d'être si pesant que ça, il était juste solennel, et perturbé par le bruit de la craie sur l'ardoise, Marius posa ses yeux sur la main du sourd-muet qui s'activait à apportait un peu de blanc sur ce noir, un peu de couleur, une de lumière. La bougie vacillait parfois, doucement, créant des ombres qui n'avaient rien de belliqueux, pour une fois ; et Marius, lu. Son regard caressa l'écriture de Mist, posé sur cette ardoise, cette main tremblante et fragile, attaché à un corps maigre qui avait été maltraité par une société dont l'humanité était depuis longtemps disparue. Il lut, crispé et tendu, toujours lui-même, mais attentif à la moindre émotion qu'il pouvait percevoir à travers ces mots. Parfois, il ne supportait plus les images venant dans son esprit, heurtant sa conscience pour la secouer avec violence, si bien qu'il trembla beaucoup, sentant la fièvre de Mist contre lui.

Il ne ferma pas les yeux de crainte de perdre une syllabe de ces paroles gravées avec de la craie, comme si le sourd-muet les gravait directement dans son coeur, avec une lame qui avait connu des jours meilleurs, mais qui avait le mérite d'être sincère, dés qu'elle s'enfonçait dans sa chair. Il essaya de s'imaginer les parents de Mist qu'il voyait plus grand que leur fils, et plus grand que lui, avec le teint hâlé et le regard plein de détermination. Il essaya de peindre dans l'obscurité les visages, les souffrances de son ami, et les évènements qui l'avaient maltraité. Il s'imaginait Mist parcourir toutes les ruelles à la recherche des bras de sa mère, si seul et désespéré, si perdu, si... fragile et faible. Il dessina non sans colère le visage de cet homme qui avait essayé d'assouvir une pulsion bestiale qu'il avait déjà maintes fois condamnée, il avait envie de lui enfoncer son poing dans le ventre pour avoir osé profiter — ou du moins essayer — de la faiblesse d'un gamin qui se rendait compte qu'il n'y avait personne pour lui. Si Mist avait pu lui décrire ce connard, il l'aurait tué sur le champ, mais la suite du récit de son ami occulta cette haine naissante pour tous ceux ou celles qui avaient osé le blesser. Il raviva propres souvenirs, et se rappela de ce dangereux gamin qu'il avait admiré, lorsqu'il avait entendu les rumeurs parler de lui.

Il l'avait là, contre lui, lui confiant la misère qu'était son existence. Marius n'avait même plus à forcer pour imaginer ses douleurs, et le voir affronter ce Émile Paole dont il connaissait tout juste le nom, pas le visage. Et il aurait aimé le voir, cet homme pour l'égorger comme le porc qu'il était, il voulait le voir et l'affronter pour lui faire comprendre le véritable sens du mot « douleur » et l'imprégner de sa haine à son égard. Il ne trouva alors chez l'Empereur rien d'autre qu'un petit con qui ne connaissait rien de la vie de son peuple. Il grimaça en voyant les marques sur son corps, ces brûlures qu'il aurait voulu effacer, et le souvenir pénible qu'elles laissaient. Mais le récit continua, et Marius se crispa en relisant leur rencontre, il ne pouvait pas oublier ce que lui-même avait fait à Mist. Il pouvait toujours critiquer les autres, mais il ne valait guère mieux, il ne comprenait pas pourquoi Mist ne le haïssait pas à cause de ça. Un regard de colère aurait été plus simple pour lui, moins douloureux que le regard empreint d'affection que Mist lui donnait toujours. Il pâlit considérablement, lorsque Mist lui conta son second séjour en prison, et avoir conscience que s'était pour l'impressionner lui donnait des brûlures à l'estomac, Mist n'avait rien à faire pour l'impressionner, il s'était contenté d'être lui-même pour ça, mais il n'ajouta rien, lisant la suite dans le même silence que l'infirme.

Il brisa simplement un moment pour cracher un petit : « salopard » lorsqu'Émile Paole revint cette fois-ci avec Uriel d'Arken dans le récit de Mist. Il laissa la fièvre le gagner, en imaginant tous les sévices que Mist avait subis, la langue tranchée, le morceau de charbon dans la bouche, se sentir attaché comme un animal, ne devenir que le spectateur de sa souffrance... il l'imaginait, et malgré le mal d'estomac grandissant, il continuait... au moins, c'était sa façon à lui de se pardonner, avoir mal à son tour. Cependant, Marius crut qu'il allait vomir ses tripes, lorsque Mist mima le geste de Paole lui enfonçant une paire de ciseaux dans la main, mieux valait pour cet Inquisiteur de ne jamais croiser sa route ; il ne paraissait peut-être pas cruel, il était loin d'être impressionnant, mais jamais personne ne pouvait se targuer d'avoir réussi à le pousser assez à bout pour lui faire perdre le contrôle, Émile Paole serait bien le premier à en subir les conséquences. Et d'Arken ! Et d'Arken ! Ce grand Uriel d'Arken frustré d'être petit, certes possédant de grands pouvoirs, mais représentait à ses yeux ce qu'il y avait de plus bas sur cette terre, si bien que Marius s'en faisait un ennemi personnel, sa haine pour lui dépassait celle qu'il portait à sa famille. Il baisait avec son propre subordonné, devant les yeux qu'un pauvre gamin ! Eh bien... tant mieux pour lui s'il chopait une cochonnerie, sa propre connerie ne l'avait pas encore tué, mais ça ne devrait pas tarder. Ce type méritait au moins d'être castré, de toute façon. Le collier de métal, il trouverait le moyen de lui enlever, et irait étrangler Uriel avec pour lui montrer qui était le véritable chien galeux, le véritable pourrie de l'Empire.

Le reste... c'était pour lui, Mist lui écrivit sa reconnaissance, et ça lui fit bien du mal de le lire, il passa une main fatiguée sur son visage, mais il lut jusqu'au bout, ne sachant pas comment réagir face à la loyauté de son ami, mais il mordit ses lèvres, nerveux. Tout ça l'angoissait terriblement, au point où son estomac le brûlait, mais il refusait de montrer ça à Mist, ce n'était rien face à tout ce qu'il avait supporté. Alors il ne repoussa pas le sourd-muet, quand ce dernier posa sa tête contre sa poitrine, il se contenta même de serrer davantage la main de son éternel compagnon d'infortune, l'esprit ivre de la douleur qu'il voulait s'affligeait, car pour lui... ce n'était jamais assez, par rapport à ce que Mist avait ressenti. Il posa juste quelques secondes son menton sur le crâne de son ami pour simplement lui faire sentir qu'il était, et toujours impassible, le regard voilé de douleur, il lui prit simplement la craie des mains pour marquer dans un coin de libre :

« C'est fini maintenant, je suis la. Je serais toujours là pour toi. »

Et il le pensait. S'il y avait bien une personne que Marius refusait de perdre, c'était cet ami-là qui releva la tête pour lire sur ses lèvres le récit de sa vie. Il avait juste communiqué un peu comme le faisait Mist avec lui. S'il le perdait, il deviendrait fou. Gardant la main de son ami dans la sienne, le regard perdu dans le vide, ne sachant pas comment faire, ou comment lui montrer plus son affection, Marius conta d'une voix calme et froide le récit de sa vie qu'il trouva bien minable à côté de tout ce qu'avait vécu son ami :


— Mon nom complet Marius De l'Ombrage, je suis le fils cadet de cette famille. Je suis né à Semini, et comme tous les membres de ma famille, j'ai vécu mes dix premières années là-bas, mes parents ont été éduqués comme je l'ai été : avec froideur et rigidité. Mon père et ma mère sont d'ailleurs cousin, ma « noble famille » a toujours refusé de mélanger son « illustre sang » avec celui d'un autre, c'est pour ça je présume qu'on a cette particularité physique... enfin... j'ai deux frères aînés dont je ne sais rien, en réalité. Le plus âgé s'appelle Salomon, il a trente-deux ans, et c'est la fierté de mes parents, le second est Job, vingt-six ans, je n'ai jamais su ce qu'il pensait. Comme mes parents, mes frères sont deux inconnus, et deux Inquisiteurs. Je suis venu à Ishtar avec ma famille, ne me demande pas quand, j'ai oublié, je suis rentré dans les Ordres comme mes deux frères. Je n'ai jamais su si j'arrivais à les surpasser, ou si je ne comblais pas les attentes de mes parents, mais je suis devenu un mouton de l'Église, rien de plus. Un con parmi les autres, et ce con a rencontré une fille. Je devais voir quatorze ans, et elle seize ans. J'ai un peu de mal avec les dates, pardonne-moi, tout ceci me semble si loin... Elle s'appelait Aniya, orpheline originaire de Frickwicht, elle est rentrée dans les Ordres par désespoir je présume, nous sommes devenu amis. Elle était plus âgée et plus sage que moi, et lentement, elle a commencé à me faire douter de l'Église. Elle me posait beaucoup de questions, et en l'espace de quelques années, elle a balayé d'un simple revers de la main toutes mes certitudes, mais j'étais encore trop jeune pour accepter que ma vie se résumait à de l'hypocrisie, alors quand j'avais dix-huit ans, elle m'a poussé à venir avec elle pour faire un voyage. Elle voulait me montrer le monde tel qu'il avait toujours été, et désobéissant pour la première fois à ma famille, je l'ai suivi. Partout. Dans tout l'Empire, et elle m'a montré la misère, elle m'a fait comprendre que la noblesse se nourrissait de ceux qui dormaient en bas pour leur caprice, elle m'a fait comprendre que je n'étais qu'un faible, incapable de survivre dans ce monde qu'elle connaissait trop bien. D'un sourire, elle m'a montré la vérité, et je suis pourtant revenu chez moi pendant un moment d'absence. Je... je crois que je peux dire que je n'ai jamais eu aussi peur de toute ma vie ; quand j'étais petit, mon père me donnait un coup de règle sur la main, si je faiblissais lorsqu'il m'apprenait les Versets de l'Ombre, mais cette fois-ci... comme pour mon frère aîné, Salomon, il a pris un fouet pour faire comprendre l'erreur que j'avais commise en partant, et en salissant surtout le nom des De l'Ombrage. Marius fit une pause et continua : il m'a hurlé que j'étais la honte de la famille, et qu'il voulait me tuer. Il l'aurait fait sans doute, s'il n'avait pas osé souiller notre nom. Il m'a ordonné d'enlever ma chemise, et j'ai fait la bêtise de lui obéir, mon frère Job était là d'ailleurs à observer la scène, mais comme ma mère, son visage est resté impassible, lorsque j'ai senti le fouet de mon père claquer contre mon dos.

Marius se détacha l'espace de quelques secondes de Mist pou se pencher en avant et tirer sur sa chemise, la plupart des cicatrices semblaient avoir disparu, mais si on observait bien, on pouvait voir de fines traces blanches au niveau de sa nuque et entre ses omoplates, elles n'étaient pas réellement là... mais il pouvait encore les sentir. Il reprit la même position, et garda Mist contre lui pour poursuivre :

— Aniya... a ensuite disparu pendant un mois, et c'est en fouillant tout Ishtar que je suis tombé sur une grande femme rousse. Elle m'a expliqué qu'une jeune femme s'était baladée dans les rues de la Capitale en tentant de convaincre les gens que l'Église était le mal, et qu'il fallait dévier du chemin qu'on nous avait tracé. Et cette fille... elle l'a retrouvée presque morte, nue, dans une ruelle. Quand elle m'a aidé à la rejoindre à Fintasy, j'ai retrouvé mon amie, brisée, et enceinte. Je suis resté là-bas pour comprendre son silence, et j'ai été frappé par l'horreur, lorsqu'elle a accouché d'une petite fille qui comme moi, qui comme mes frères avaient les cheveux gris et les yeux bleus. C'est ma nièce, je suis son oncle, et l'un de mes deux frères l'a séquestrée et violée. C'est là que j'ai décidé de la venger et de me rebeller ; je suis revenu à Ishtar avec l'ambition de vaincre l'Église, car comme ma famille, elle m'avait trahie, elle m'avait déçu. J'ai d'abord rencontré un certain Étienne Heartsick qui avait une jolie philosophie, mais sa manie de sauter sur tout ce qui bougeait m'a simplement fait fuir. Je ne voulais pas devenir comme lui, et plus tard, j'ai rencontré Zvezdan qui m'a aidé contre l'Inquisiton : au lieu de garder la tête froide, j'ai attaqué des Inquisiteurs qui s'en prenaient à des enfants, et je me suis fait ça.

Comme Mist tantôt, Marius releva un pan de sa chemise pour lui montrer une cicatrice sur son flanc gauche.

— Je me suis déboité le bras, mais sans ce jeune homme, je serais mort. Nous avons été pourchassés pendant plusieurs jours par l'Inquisition, et je ne jamais ne sut ce qu'il était devenu ensuite. Après... j'ai voulu me croire terroriste, et j'ai essayé de tuer un Vicomte, c'est là que j'ai entraîné Éléanor dans mes histoires. Je l'ai enlevé, nous avons discuté, et j'ai cru voir en elle quelqu'un capable de changer les choses, mais j'ai été trop maladroit avec elle. Plus tard, je ne sais plus pourquoi, je suis allé au parc des Lumières pour me rouvrir ma blessure au flanc, c'est Ixart celui qui t'a posé la prothèse qui m'a soigné. C'est quelque temps après que j'ai rencontré les Contrebandiers, qui ont accepté de me prendre avec eux si je travaillais gratuitement pour eux ; je suis alors devenu Léonard, et la Duchesse a repris contact avec elle. J'ai voulu trouver en Hector de Jadewoo un allier pour elle — je l'avais rencontré dans une ruelle, et nous sommes allez boire à l'Oeil du Tigre —, mais rien n'a marché comme prévu. Après l'attentat, elle est tombée sur toi, et le reste... tu le connais. J'ai juste appris que Sigma utilisait de la florigène après une aventure dans le Quartier des Avancé, mais bon... ce n'est pas glorieux. J'ai essayé de te sortir de prison en trouvant des informations avec Zacharias, et j'ignore toujours comment Éléanor a su pour l'enlèvement. J'ai été très inquiet, lorsque tu es parti du cheval, j'ai eu peur pour toi, surtout que je n'avais pas le moindre moyen de te contacter. Après... eh bien, je me suis fait piéger par Sacha qui est contraint d'obéir à d'Arken, et je me suis retrouvé face à lui à prendre le thé, j'ai essayé de sauver Éléanor en sous-entendant que comme lui avec Sacha, je lui étais « passé dessus », mais je ne crois pas qu'il a compris ces sous-entendus, et en même temps, je le comprends. J'ai essayé de le tuer et ensuite, j'ai voulu me rouvrir le ventre, ça n'a pas marché, et Sacha est venu m'aider finalement... enfin, tout ça, tu le sais.

Marius eut un rictus amer qui déforma son visage, puis un petit rire sinistre le secoua, et disparu dans le silence.

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Merci à Dietrich/Ambroise ♥


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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Mar 5 Juil - 9:14

(En italique, Zélig.)

Voilà, c'était pas aussi horrible que je l'imaginais, l'expression du visage de Marius. Il n'était pas en train de pleurer ou je sais pas quoi, il était juste tout pâle avec l'air bouleversé. Peut être que je ne l'avais soulagé en rien, peut être lui avais je inoculé un poison dangereux qui le pousserait à courir sur le Palais Épiscopal en hurlant « pour Mist ». Je sentais sa main serrer la mienne et le vis aussi écrire. Il me jurais de me protéger, que les mauvais jours étaient finis. Je lui souris, mais mon cynisme hurlait que ça ne changerait rien, et que si je ne mourrais pas en faisant un attentat, je mourrais de désespoir d'être bien des années plus tard un éternel enfant dépendant de Marius, qui ne sert ni à rien ni à personne, alors que mes parents voulaient justement éviter ça. Je préférais ne pas y penser, mais je le voyais arriver gros comme une maison. J'aurais aimé que Marius me considère comme un petit teigneux qui retourne au combat dès lors qu'il tient debout, mais avec le recul je vois pas comment c'est possible. J'avais déjà renoncé au rôle de grand héros ténébreux, même petit faire-valoir teigneux, ça m'était refusé. Me voilà dans le rôle de la princesse traumatisée. Ça faisait une boule dans mon ventre qui me faisait mal, le dernier coup de poing dans le peu de dignité qui me restait, enfermée au fond d'une cave et subissant une tournante éternelle sous les coups de ses ravisseurs.

Je posais une nouvelle fois mon front sur son torse, pour sentir son cœur battre. J'aurais... je sais pas, aimé frotter ma peau contre la sienne, dans un genre de câlin bizarre et exagéré, ou l'embrasser sur la bouche, mais pas comme un amoureux ou un mec qui veut coucher. Enfin... c'est bizarre, mais j'avais jamais ressenti autant d'affection pour quelqu'un et ça me dépassait un peu. Je levais les yeux pour suivre le récit de Marius, celui que je lui avais demandé en échange du mien. Comment c'était étrange !
Ce n'était pas du tout comme je l'imaginais, parce que je voyais Marius tel qu'il était maintenant, implacable et fidèle à ses convictions et ses loyautés jusqu'à la mort, mais en fait non. Il n'était pas né comme ça. J'essayais d'imaginer le Marius naïf suivant les valeurs d'une famille froide, cruelle et incestueuse. Tout le contraire de mon enfance à moi. Il a même failli être prêtre ! Il me parle de la femme qui l'a initié à penser par lui même, j'essaye d'imaginer aussi. Il ne me parle pas d'une relation entre eux, juste de l'amitié. Et puis de ses frères, je ne savais pas qu'il en avait. Deux inquisiteurs, ça fait froid dans le dos... mais ça n'a pas suffit à retourner ses convictions comme un gant. Il me parle de voyages où il aurait vu la misère et ça l'aurait touché, de la compassion tout ça. Je n'ai jamais très bien compris ce sentiment là, mais peut être parce que dans sa vision binaire riche/pauvre, je me classe dans la seconde catégorie, alors j'ai le droit de pas en ressentir beaucoup. Enfin peu importe.
Et là il passe à des choses beaucoup moins sympathique qu'un voyage initiatique avec une femme qu'il aime bien, mais la punition cruelle qui a suivi. Il me montra son dos, sur lequel je ne vis rien, et je n'osais pas poser les doigts dessus, mais bien sûr je ne lui ai rien dit. Si il estimait qu'il y avait des cicatrices, il y en avait, même si je ne pouvais les voir, voilà tout.
Il me raconta ensuite une longue descende dans les abîmes où il se coupe sur les valeurs de sa famille et quand il en voit enfin toute la cruauté. Ça a été pareil pour, je ne comprenais pas pourquoi l'Empire était si méchant avant la disparition de mes parents et ma brusque projection dans un monde qui ne voulait pas de moi. Il me parle du destin de son ami, et pour comprendre je suis obligé d'imaginer Marius à peu près dans la même position sauf que... je n'aie pas de proche susceptible de faire du mal à Marius à ce point là. Enfin ça m'apparait comme horrible, et je comprends qu'il décide de tout renverser après cet événement là. Je réajuste ma position et je continue de suivre ce qu'il dit, même si je suis très fatigué.
Il me raconte une suite d'échec avec les gens qu'il a rencontré à Ishtar. Bizarrement, ça me réconforte un peu, parce que mes attentats à moi avaient la beauté du désespoir et était plein de violence, j'ai jamais essayé de faire monter des princesses sur le trône moi. Il a même pris le thé avec Uriel ! J'ai failli éclaté de rire. C'est ça d'être noble et beau ! Enfin mon hilarité passe quand il me dit qu'il a essayé de se suicider, tout comme j'ai frémis quand il m'a dit avoir essayé de se rouvrir le ventre. Et puis maintenant je comprends pourquoi je ne le vois jamais avec personne, alors qu'il est si beau : dans son récit, on sent bien que le sexe le dégoûte, et je comprends pourquoi. Il doit voir ça comme une agression, le monopole des méchants. Moi je n'en pense rien du tout parce que j'ai jamais essayé et que je n'y connais pas grand chose. Mais peu importe.
Je ne sais pas quoi penser de son récit, il s'est dépeint comme quelqu'un d'un peu idiot, pas sûr de lui, qui a fait des erreurs. Il se met à rire, mais ce n'est pas un rire très communicatif. Je jette un coup d'œil au prêtre, qui dort toujours comme une masse. On voit juste un peu ses cheveux bizarre et sa respiration qui soulève le drap à intervalle régulier. Il n'est pas mort, dommage. Je regarde Marius, je me sens féroce et prêt à tout après avoir posé les choses à plat comme ça, et puis après entendu son récit où il se dépeint pas comme je le vois, et je ne veux plus être un petit gamin dans sa tête ! Une ferveur pour changer le monde gonfle à nouveau ma poitrine, ça faisait longtemps ! Je ne parle pas de ce qu'il m'a dit, je doute qu'il apprécie, tout comme je n'aurais pas apprécié un commentaire. Ces choses là font trop mal pour être manipulée à la légère. J'écris.

« Tu sais, Marius, j'ai pas l'air comme ça mais j'ai vingt ans en fait, je suis adulte et tout. Je sais que tu me considère comme un genre d'enfant, mais c'est parce que mon corps n'a plus la force d'assurer « les trucs d'adulte » comme les muscles et tout ça. »

Non parce qu'il faut le dire en fait, même si ça fait mal. Et puis je vais pas baisser mon pantalon pour lui montrer mes trois poils pubiens qui se battent en duel. Enfin comme ça il sait mon âge. Ensuite je fais une liste de bonnes résolutions, et pourquoi elles sont bien.

« Et puis à nous deux, on ébranlera les fondations de l'Empire, parce que c'est sur lui qu'il faut taper, pas sur nous. Et même si on réussi pas de notre vivant, on ouvrira la voie pour d'autres et dans le futur on sera considéré comme des précurseurs. Et puis je ferais des efforts, je mangerai plus même si sans ma langue j'ai du mal, et puis je chercherais du vermifuge et des médicaments, et puis je ferais des pompes et des trucs comme ça pour plus ressembler à rien et puis je me laverai ! Mais là maintenant je suis fatigué. »

Je lâche mon ardoise et ma craie bien usée maintenant, et je pose mon front contre la poitrine de Marius, en espérant qu'il soit tout plein d'espoir aussi et qu'il pense au futur. Enfin là je crois aussi qu'il se soucie de mon niveau de fatigue parce qu'on finit allongé sur ce lit gigantesque fait pour des géants. Je le regarde pour voir si il a quelque chose à dire, puis je me colle à lui pour m'endormir. Je veux bien devenir viril et poilu et tout ça, mais faut profiter des bonnes choses aussi, c'est pas de sitôt que je dormirais de nouveau contre Marius je pense. En tous cas je suis épuisé.

***

J'me réveille, avec un peu l'impression de m'être fait piétiner par un cheval tellement j'ai mal. Et c'est en me tenant la tête et en me mettant doucement en position assise que je constate gravement le spectacle qui s'offre à moi : deux clochards en train de dormir sur mon pied de lit. Ils sont collés l'un à l'autre et ils dorment comme des masses. Voyons voir, qu'est ce que j'ai foutu hier soir... ? AH OUI ! Tout me revient en un éclair, et je comprends que mon bras me fasse si mal. On m'a planté un bout de verre dedans. Je pensais mourir, bah non, je me réveille bien, mais juste que j'ai mal partout et envie de me frapper la tête contre les murs, c'est cool.
Je constate que j'ai dormi avec mes vêtements soudés de sang, et même mes bottes. Comment je suis arrivé ici ? Je considère les clochards, il y a Marius dans le tas, je crois qu'il m'a ramené ici et puis qu'il s'est endormi là, je sais pas pourquoi. Je fronce les sourcils, mais j'ai du mal à considérer comme une menace deux gamins maigres à faire peur qui dorment roulés en boule comme des chatons sur mes draps.
J'essaye de me lever sans les réveiller – où je suis con – en me tenant aux meubles pour aller dans la salle de bain pour me laver et me changer. Si ma fille me voit dans cet état, elle va avoir peur. Je m'appuie donc sur ces meubles que je n'aime pas, cette maison ne va pas avec moi, elle est trop jolie, et j'ai pas assez d'affaire à moi pour la remplir. Au moins Inanna et moi, on est pas pauvre, puisque je n'achète rien.

Les larbins m'ont préparé de l'eau chaude et des fringues, parce que je me lève toujours à la même heure, très tôt, avant ma fille, sinon c'est elle qui vient me réveiller en sautant sur le lit. Donc je suis tout à mes ablutions, en train de me laver les cheveux, et j'entends des coups à la porte et un larbin qui me dit d'un ton gêné que des clodo sont en train de dormir sur mon pieu. Je lui bleugle que j'ai remarqué, que je suis pas encore assez con pour louper des trucs comme ça et qu'il faut leur lâcher les couilles. Oui je suis pas délicat avec les larbins et je n'ai pas la classe de mon frère avec eux, et je sens bien qu'ils me détestent pour ça. Certains sont de plus haute naissance que moi ! Je veux dire, ils descendent pas d'une pute quoi. Enfin on s'en branle.

Je bande avec précaution mes plaies et je m'habille, en prêtre comme d'habitude. Puis je me sens pas la force de tituber alors je retourne au lit, pieds nus cette fois ci. Je peux m'allonger confortablement, y a suffisamment de place pour que je dérange pas les terroristes. Oui c'est un peu un comble, certes, et si Uriel me voyait, je serais mort. Je note que le plus petit – que je reconnais pas – a le nez qui coule, les yeux aussi – c'est pas des larmes mais du pus – et le ventre est gonflé. Il me faut pas longtemps pour faire deux et deux, ayant eu un bébé, j'ai été au jus pour ce genre de maladie. Râh merde, je vais devoir faire bouillir toute la literie pour pas que tout le monde chope des vers ! Ah mais j'suis con... c'est pas à moi de le faire, j'ai juste à dire « faites bouillir la literie » et c'est fait ! Comme c'est bien. Au début, les larbins me regardaient avec des yeux comme des soucoupes quand je faisais la vaisselle ou ce genre de truc, mais c'est finit maintenant, je laisse tout bien en bordel pour pas les emmerder. Il n'y a que dans la chambre de ma fille que je me sens pris d'une frénésie de rangement parfois, il faut dire que pour que tout soit clean dans sa chambre, il faudrait être dans son dos tout le temps et ramasser tout ce qu'elle déblaye au fur et à mesure, en courant vite. Donc je savoure ce moment de tranquillité très bref, avant d'entendre des hurlements de petite fille et des galopades, puis je vois entrer Inanna en hurlant un long « papa », ce qui fait toujours plaisir, même si j'ai toujours mal partout et que ce hurlement empire ma migraine. Elle apparaît par la porte, dans une robe bleu, toute propre toute jolie. Elle a sans doute déjà mangé avec sa nounou et s'est lavée. Avant, je m'occupais de ça moi même mais maintenant qu'elle est plus grande, elle préfère que ça soit la nounou qui le fasse – c'est une femme. Je ne râle pas et je comprends.

Elle est interrompue dans ses joyeux bonds par la présence des deux clodo sur mon lit, et elle met son pouce dans sa bouche et serre sa peluche Émile contre elle. Elle a peur. Je ne sais pas si elle reconnaît Léopold/Marius de l'Ombrage/je sais pas qui, mais c'est vrai qu'ils font peur à être maigre comme ça. Je cherche une explication entendable par ces douces oreilles.

-
Euuuuh... papa était très malade hier soir, alors les monsieur que tu vois là m'ont ramené dans mon lit puis comme ils étaient fatigués, ils se sont endormi...

Les-dits monsieur se réveillent doucement d'ailleurs – Inanna en hurlant réveillerait les morts. Le grand d'abord, qui secoue doucement le petit. Les yeux tout collé, il me regarde, l'air ni hostile ni content. Enfin j'aurais des vers plein le cul comme ça, moi aussi je serais pas très frais.
Inanna s'avance timidement vers les deux personnes, mais je lui fait signe de reculer.

-
N'approche pas, il y en a un qui est très malade aussi mon cœur.

- Il y a un pot de confiture par terre.

-
Bah il y a un des monsieur qui a dû avoir faim, mais n'y touche pas non plus.

Elle remet son pouce en bouche et les regarde avec toute sa naïveté enfantine. Des clodo qui sauvent papa, ça a l'air foutrement intéressant !
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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Mar 5 Juil - 10:29

Voilà... tout venait d'être dit ou écrit, il n'y avait plus de secret entre eux, dans la mesure où ils venaient d'avouer leur passé, et ce qui les motivaient à agir. Mist était la seconde personne à qui il confiait son passé, mais Éléanor n'en avait pas entendu autant, avec elle il s'était plus retenu, avec Mist non. Peut-être parce qu'il sentait que son ami comprendrait mieux, lui qui avait vécu des choses pénibles, bien plus pénibles qu'une grande majorité de gens, et que lui. Ce que Marius songeait de Mist, c'était une toile d'araignée totalement confuse, engluer de pensées et d'ambiguïté. Il le trouvait fort pour avoir continué à avancer, et d'avoir fait de son désespoir une arme qui avait tout de même fait trembler l'Église, alors que lui avec toute la bonne volonté du monde, il avait juste raté le seul véritable attentant qu'il avait fait. Il respectait énormément son éternel compagnon d'infortune, et même s'il le considérait un peu comme un enfant, il le considérait comme quelqu'un avec des épaules certes fragile et maigre, mais assez puissant pour supporter ce que Mist avait traversé.

Dès qu'il l'avait vu dans cette prison, seul, blessé et plein de détresse, il avait compris qu'il pouvait essayer de le protéger, et de mettre toute son énergie à ça. Il parlait peu ou se confiait que trop rarement, quelque part l'infirme était témoin d'un miracle, tout comme Marius l'était aussi. Il ne pensait qu'une autre personne put connaître tant de choses sur lui en une seule soirée, mais vouloir le protéger et montrer des tendances un peu « mères poules », c'était une manière de lui prouver son affection. De même qu'il le tenait contre lui, sans avoir l'envie de le lâcher, juste le garder contre lui, c'était tout. Mist lui démontra par ailleurs qu'il était plus perspicace qu'il en avait l'air, et Marius ouvrit la bouche, un peu honteux de ce sentiment de protection que le terroriste réveillait en lui, l'orgueil... il était bien placé pour savoir ce que c'était, et que la dignité était une chose qu'il fallait à tout pris préserver. Il ne voulait pas lui enlever ça, il ne voulait pas que Mist pensât qu'il serait un poids pour lui, car ce n'était pas vrai, Marius comprenait tout juste qu'il avait besoin de lui, mais il n'avait pas encore le courage de le lui avouer. Il répondit simplement :

— Je pensais que tu avais seize ou dix-sept ans... tu as juste un an de moins que moi. Et quand j'ai dis chez Ixart que tu étais fort, je le pensais, et je le pense toujours.

Un autre détail venant s'ajouter dans la pluie d'informations qui s'étaient abattues avec une sorte de douceur sur eux. Ils étaient sans doute trop jeunes pour faire ce qu'ils faisaient, mais au moins, ils essayaient de mettre tout leur coeur à changer ce monde qui leur faisait mal. Il resserra encore sa main, le regard toujours perdu dans le vide, il avait la gorge un peu sèche, peu habitué à parler autant pour se confier surtout, c'était un peu bizarre et gênant aussi, mais ils ne reviendraient pas là-dessus, c'était leur secret, cette nuit de silence et de confidences qui dévoilaient tout, et les mettaient à nue. Il laissa ses yeux parcourir le reste des mots que Mist avait écrit, il approuva sans dire un mot, il sourit même en voyant dans ces simples mots, gravés sur l'ardoise avec de la craie, un nouveau regain d'espoir. Le monde était toujours aussi sombre, et ils n'étaient pas encore tout à fait adultes pour l'affronter, et lui mettre un coup de poing bien brutal dans le visage par esprit de vengeance, et de rancune. Ca lui faisait un peu bizarre d'ailleurs de savoir que Mist était à peine plus jeune que lui, un an d'écart... qu'est-ce ça représentait, au fond ? Après tout, il avait encore des choses à apprendre, et de son ami surtout.

Encore sans dire un mot, Marius hocha la tête lorsque Mist lui écrivit qu'il était fatigué, lui aussi, mais ce n'était que maintenant qu'il s'en rendait compte. Il avait été trop pris par la situation pour faire attention, ce qui était en soi stupide ; alors doucement, il s'allongea en emportant Mist contre lui, il mit un coude derrière son crâne, et de son bras de libre, il rapprocha son ami le plus prés possible de lui pour sortir sa chaleur. Un élan d'affection, venue comme ça, mais au bout d'un moment, il changea de position pour le prendre plus franchement dans ses bras. Il n'avait pas envie de le lâcher, et il ferma les yeux, après les avoir gardés longtemps ouvert, perdus dans ses pensées. Il mordilla ses lèvres, toujours nerveux, mais curieusement loin d'être paniqué à l'idée de tenir Mist contre lui, alors qu'il n'avait pas l'habitude de ce genre de situation. Il ne voulait pas le lâcher, voila tout. De même que quand il lui avait écrit que tout était fini, et qu'il serait toujours là pour lui, Marius s'était promis de toute faire pour le protéger, et de ne jamais l'abandonner, même s'il devait rencontrer la Mort sur leur chemin. Qu'importe, Mist était son ami, et il avait besoin de lui. Il finit par s'endormir, fatigué par cette folle soirée.

Un « papa » lui frappa dans les oreilles, et le réveilla brusquement, Marius avait un peu oublié où ils se trouvaient, et surtout chez qui. Il ouvrit les yeux, et n'osa pas se redresser de peur de réveiller Mist, mais son regard rencontra celui d'une petite fille qui au centre de la pièce, les regardait avec des yeux pleins d'innocence. Le jeune homme reconnu cette pauvre gamine qu'il avait enlevée, et il posa sa main sur l'épaule de Mist pour le secouer un peu, et l'aider à se réveiller, ce fut dans un regard qu'il lui indiqua la présence de la petite fille, et la voix grave de Zélig tonna prés d'eux. Marius frotta ses yeux, et remarqua alors l'état dans lequel se trouvaient ceux de Mist, il se rappela alors ce que lui avait dit son ami la vieille, et maudit son manque flagrant de réaction. Il interrogea Zélig du regard, et rapporta son attention sur la petite fille toute vêtue de bleue qui le pouce dans sa bouche les fixait avec un intérêt grandissant. Marius eut un peu de mal à immerger, mais il ne tarda pas à dire :

— Pardonnez-nous....

Car après tout... ils avaient envahi sa maison sans rien demander, et ils s'étaient endormis ici, sans rien demander non plus. Marius observa Zélig un moment, confus d'avoir dormir chez un de leurs adversaires. C'était dangereux aussi bien pour le grand homme que pour eux, il avait brièvement connaissance des problèmes que l'enlèvement de sa petite fille avait pu occasionné, de même qu'il avait conscience que si Uriel d'Arken apprenait que Zélig Faoiltiarna les avait laissé dormir sans penser à appeler l'Inquisition, la colère du petit blond serait terrible. Cet homme n'avait pas de coeur, et paraissait penser qu'avec son entrejambe, et après, on s'étonnait que Marius ne portât pas la moindre estime pour lui, ce n'était pas étonnant. La haine pour cet homme grandissait de seconde en seconde et lui bouffait le coeur de noirceur, mais au moins, il savait que s'ils n'arrivaient pas à faire tomber l'Église, ils allaient ouvrir la voie aux autres, comme le lui avait dit Mist. Il approuva Zélig quand ce dernier dit à la petite de ne pas toucher au pot de confiture, lui ça lui était assez égal d'attraper les maladies de Mist, mais pour une gamine de six ou sept ans... enfin, son esprit était un peu embrouillé, et Marius avait du mal à penser ou parler de façon claire.

— Oui... nous avons aidé ton « papa » hier soir.

Il ne savait même pas pourquoi il répétait ce que Zélig avait dit, comme un perroquet sans cervelle, ou un mouton, mais c'était dit. Marius avait juste tenté de briser le silence qui devenait pesant pour lui, la gamine était là, tout innocente, toute naïve à serrer sa peluche contre son petit coeur, et à les observer avec ses yeux pleins de candeur. Mist aussi avait été un gamin comme ça un jour, et lui aussi, mais l'enfance lui semblait si lointaine qu'il ne gardait pas ou peu de souvenir de ce genre. Si gamin il était entré comme ça dans la chambre de ses parents, il aurait reçu une paire de claques pour cet « affront », il détestait cette famille de cinglée. Il espérait simplement que Mist ne croisât jamais leur chemin, Marius avait conscience de ce qu'ils seraient capables de lui faire, et surtout s'ils savaient son attachement profond pour ce compagnon d'infortune. S'il arrivait malheur à Mist, jamais Marius ne pourrait s'en remettre, et se le pardonner.

Marius n'avait pas tellement envie de bouger, ou il voulait laissait encore un peu de temps à Mist pour se reposer, mais... deux gamins maigres comme des clous dans une si belle chambre, et terroriste qui plus était, dormant chez un membre plutôt connu de l'Église... c'était comme si on abandonnait une motte de paille sur un champ d'aiguille. C'était dangereux aussi bien pour eux que pour Zélig, et sa gamine surtout. Il remua un peu pour tenter de détendre ses muscles, et se redressa, il envoya un regard interrogateur à Mist, encore un peu fatigué et gêné aussi par la situation. Il poussa un soupir et posa ses mains sur le lit, il mordilla ses lèvres et en regardant Zélig, il fit :


— Je crois que nous allons y aller.

Car tout de même... Mist devait voir aussi un médecin, son état de santé continuait de l'inquiéter, et il s'en voulait de ne pas avoir vu plus tôt, ou du moins compris que le nez et les yeux qui coulaient n'étaient pas dut à un simple rhum, mais à quelque chose de plus grave. Ça l'agaçait d'être aveugle à ce point, et ne pas voir tout ce que Mist pouvait lui dire, ça n'avait rien à voir avec la voix, mais avec son propre aveuglément qu'il maudissait. Bon sang... ! Mist lui avait pourtant avoué la veille qu'il était malade, pourquoi n'avait-il pas réagit ? Il avait juste envie de se foutre une claque pour être aussi con.

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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Mar 5 Juil - 17:13

(Italique, Zélig.)

Marius/peu importe son pseudo se redresse plus rapidement que le petit qui se frotte les yeux avec la précaution d'un petit chaton pour enlever la merde dessus. Je l'ai déjà vu lui aussi tiens... maintenant que je le vois de profil ça me dit quelque chose... AH OUI MIST ! Le petit terroriste qu'on a fait sortir de prison ! Moi à mon corps défendant évidemment, c'était vraiment pas le moment le plus joyeux de ma vie, surtout quand Uriel m'a mis plein d'ombres dans les poumons pour me punir. Depuis les ecclésiastiques me haïssaient tous, et je m'étais plus ou moins promis de rapporter la tête de ces deux corniauds là à Uriel pour me faire pardonner, puis j'ai oublier. La Magie du Sang aspirait un peu tout il faut dire, cerveau compris. Mais n'empêche, je restais un prêtre de titre, et si j'arrivais à comprendre à peu près la raison de la présence de Marius, celle de Mist vachement moins.
Qu'est ce qu'il fout là ?


Je me réveille, j'ai mal au ventre et très envie de me gratter euh... voilà quoi, et puis je suis contre Marius. Il m'a prit dans ses bras et m'a serré contre lui, j'ai bien aimé ça. Je sais pas si c'est bien normal d'être content d'avoir dormi dans les bras de son ami par contre. Je considère ensuite notre situation, nous sommes sur le lit d'un prêtre, réveillé, qui nous regardait. On s'est fixé en chien de faïence, puis il a détourné son attention sur autre chose, et Marius aussi. J'ai suivi leur regard, et c'était une petite fille, sans doute celle du prêtre puisqu'elle avait la peau sombre et qu'elle était bien habillée. Sous nos trois regards fixes, elle sembla prendre peur et mis son pouce dans sa bouche et serra sa peluche, un ours blanc avec un ruban du même bleu que sa robe autour du cou qui faisait un joli nœud. C'était mignon, effectivement, mais je ne m'y connais pas trop en enfant, je n'en ai jamais fréquenté de toute ma vie.
Marius se redressa plus vite que moi, moi j'avais mal au ventre. Depuis que j'étais parasité, j'avais toujours mal au ventre et très envie de me gratter le matin. Marius dit des trucs au prêtre que je ne vis pas, et le prêtre parla aussi mais à sa fille, et j'ai pas vu non plus. J'attendais que la douleur passe.

J'étais surpris qu'ils veuillent partir. J'lui pose la question du coup.

-
Bah pourquoi avoir dormi sur mon pieu ? T'avais pas un truc à me demander ou quelque chose comme ça ?

Moi je voulais qu'ils restent, pour demander à Marius/truc/je-sais-pas ce qui s'était passé hier soir, c'était une bien grosse blessure à l'épaule que j'avais. Je pensais bien sûr aux risques possibles de punition si on apprenait que j'avais eu des terroristes chez moi, mais personne ne venait jamais dans ma maison de toute façon, je n'avais pas d'ami prêtre, ni tellement d'autre sorte d'ami. Le risque qu'on apprenne qu'ils étaient venu là était minime donc.

-
Bah attend, tu veux pas du vermifuge pour ton copain ? Il est beurré de vers. Il peut en mourir, hein. Bah j'ai ça en bas euh... râh bordel de chiasse c'est à l'autre bout de la maison. Bon ben attend.

Je me lève, mais ça a un peu la pénibilité du décollage d'une fusée Arianne tellement j'ai mal partout. Je me mets debout, et il aide à se lever son petit copain qui n'a pas l'air très frais. Inanna nous suit en silence – EN SILENCE – et on descend au rythme de ma progression de vieillard. Ma fille me jette des regards interrogatifs et je lui explique je suis un peu malade aussi, mais que ça ira beaucoup mieux et que ce n'est pas grave. Je note la présence d'un chien, qui doit appartenir à l'un ou l'autre des terroristes. Il remue la queue en suivant notre petit groupe. Mist semble reprendre des couleurs au fur et à mesure qu'il se réveille, et nous suit sans difficulté. Je les conduit à la cuisine, et vais moi même à une pièce adjacente avec des pots dedans. Un genre de pharmacie. J'en prends un, je décode difficilement l'étiquette – je lis toujours aussi mal – et je ramène pour le tendre à Mist, qui a pas l'air de comprendre ce que j'attends de lui. Il a pas l'air très fut' fut', et il tient serré contre lui une ardoise sortie d'un toit. Je pense qu'il souffre un peu de la tête, il doit prendre l'ardoise pour sa mère, je sais pas. C'est donc
ça qui m'a valu tant d'engueulade et de mépris ? En moi oscille la pitié et le dédain, parce que j'ai été élevé à mépriser la faiblesse, mais je n'arrive pas à être totalement convaincu. Bon, il a des vers, j'lui a donné un vermifuge à la place d'un coup de pied, et ?
Inanna nous regarde, puis déclare pendant que je m'appuie nonchalamment sur le plan de travail avec ma main droite pour cacher que je suis vraiment crevé et que j'ai mal partout.

- Oh bah je vais chercher mes jouets !

Je la regarde partir, puis je regarde ma main, mais il n'y a plus de main, seulement une espèce de patte de chien énorme avec des griffes, poilus, de l'ombre coule dans ses veines et ça palpite sous sa peau.


Le prêtre semble soudain paniqué par je sais pas quoi, il regarde sa main droite appuyée sur le plan de travail comme si c'était un cheval – nan mais ça fait peur hein – puis il prend un couteau à disposition et donne des coups frénétiques dedans, comme ça, sans prévenir. Il ne crie pas de douleur, il plante juste un couteau de cuisine dedans, frénétiquement. Il n'arrive pas à percer la main et s'inflige finalement des blessures assez superficielles parce que la lame rebondie contre les os et ils se contente en fait de mettre sa peau en charpie.
Ensuite, comme un con – crois bien que je le regarde comme deux ronds de flan là en sirotant le vermifuge – il semble s'apercevoir qu'il y a comme une couille dans le potage et il élargie les yeux, et là la douleur a l'air de lui arriver au cerveau parce qu'il se met à hurler – ou il en fait une parfaite imitation, qu'est ce que tu veux que j'en sache ? Il se tient le poignet et se rejette violemment en arrière contre le mur, avant de semblant reprendre ses esprits en respirant par le nez et de poser sa paume gauche sur sa main droite. Il se passe rien pendant un moment et... hop ! Disparu ! Plus de blessure ! Je me retourne vers Marius en panique, c'est quoi ça ? Enfin je remets ma vision sur le prêtre, parce que j'ai peur soudain. Et bizarrement, le prêtre semble avoir peur aussi. Il demande à Marius ce qui s'est passé hier soir en regardant sa main toujours comme si c'était un cheval, mais un énorme avec plus de pattes et très velu.


Dernière édition par Mist le Mar 5 Juil - 17:15, édité 1 fois (Raison : J'ai pas eu mon bac !)
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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Mar 5 Juil - 18:42

Pourquoi partir... ? Simplement parce que Marius avait l'impression qu'ils dérangeaient ? Et même si la question du Prêtre avait sa pertinence, il n'osait pas profiter plus que nécessaire de l'hospitalité involontaire qu'il leur avait offerte pour cette nuit-là. Il n'y avait pas que ça, il n'avait pas encore conscience que Zélig allait vouloir lui tirer les vers du nez, et lui demander ce qui s'était passé au Cochon Pendu, il voulait juste partir et trouver un médecin pour Mist, il lui paraissait plus évident que le Prêtre n'avait pas de médicaments. Ce n'était pas tout à faire son genre, et ce fut pour cette raison que Marius écarquilla les yeux, visiblement surpris, il mordilla ses lèvres de nervosité. Bon... Zélig derrière son côté bourru et brutal cachait ses connaissances, le jeune homme savait peu de chose sur son compte, et ne savait de sa vie qu'il était né de « l'autre côté », cette maison lui était revenue après la mort d'un proche. Et il avait cette petite fille qui était toujours vivante et joyeuse, même si Innana paraissait avoir soudain un élan de calme, et continuait de les fixer, comme s'ils n'étaient qu'un duo de bêtes curieuses avec lesquelles elle pourrait s'amuser, découvrant de nouveaux horizons.

Alors Marius se contenta d'approuver en silence Zélig, étonné que ce dernier ne cherchât pas à les tuer, ou du moins les égorger pour avoir souillé ses draps, mais cet homme ne paraissait pas s'attacher à ce genre de détails. Enfin, ils étaient des adversaires, il pouvait largement les tuer d'un geste de la main, mais il ne paraissait pas prendre cette éventualité en compte, et il les emmena même en bas dans les cuisines pour que Mist puisse prendre du vermifuge. L'esprit encore embrumé par cette nuit en elle-même assez spéciale, il aida son ennemi à se lever sans poser trop de questions, il avait envie de retrouver l'air libre, il se sentait comme confiné ici. La maison était trop grande, la lumière un peu trop tamisée à son goût, et savoir qu'ils se trouvaient en cet instant même chez Zélig Faoiltiarna, grand prêtre de renom qui ne brillait pas réellement pour son esprit lucide l'inquiétait. Ce n'était pas comme s'ils étaient deux petits terroristes de vingt ans perdus dans la gueule du loup, et que celle-ci ne risquait pas de se refermer sur eux, à chaque pas qu'ils posaient sur l'illustre tapis menant à la cuisine. La petite fille prés d'eux leur lançait toujours des regards, et tout de même mal à l'aise, Marius n'essaya même pas de lui sourire, les enfants... c'étaient des petites choses bizarres qui pleuraient et criaient tout le temps, réclamant beaucoup d'attention.

Marius observa Zélig s'appuyer contre le meuble, alors que sa petite fille les regarda et déclara vouloir chercher ses jouets, il sursauta d'ailleurs un peu, et secoua la tête, tandis qu'elle filait à travers la pièce et les couloirs pour retrouver ses jouets. Zélig donna le vermifuge à Mist qui sembla avoir du mal à comprendre, ou c'était peut-être les réactions imprévisibles du Prêtre qui l'inquiétait. Marius fronça d'ailleurs les sourcils en le voyant changer d'expression, il fixa sa main comme si c'était quelque chose de foncièrement curieux, étrange et tout le reste, Zélig paraissait s'être déconnecté du monde. Plus soucieux, le jeune homme fit un pas en avant, prêt à réagir, mais son coeur rata un battement quand soudain, le Prêtre se saisit d'un couteau pour le planter dans sa main. Bon sang ! Marius recula par réflexe, plus que surpris, et déjà bien fatigué par tout ça, il se contenta de fixer Zélig avec des yeux ronds, Zélig qui comme soudain pris de haine s'acharnait à vouloir enfoncer la lame dans sa peau.

Mais à chaque fois, le couteau refusait de transpercer sa chair, et semblait plus rebondir dessus que de lui faire mal. Le Prêtre sembla avoir profiter de l'absence de sa fille pour se battre avec quelque chose... du moins, il essayait visiblement de planter le couteau dans sa main, ce qui rappela à Marius le récit de Mist, lorsque ce dernier avait écrit qu'Émile Paole lui avait enfoncé une paire de ciseaux avec un marteau. Il grimaça et ferma rapidement les yeux pour les rouvrir lorsque la voix grave du Prêtre déchira l'air. Encore un sursaut et un mouvement de recul, ses muscles se tendirent, tandis que Zélig hurlait en se balançant d'avant en arrière, puis il se calma brusquement et les regarda, comme si rien ne s'était passé. L'Église comportait son lot de faits étranges et de mystères, Marius passa une main fiévreuse dans ses cheveux, et recula un peu de façon à ce que Mist puisse lire sur ses lèvres, et sur celle de Zélig, il l'informa d'ailleurs :


— Mist peut lire sur les lèvres, songez simplement à vous mettre dans son angle de vu.

Le jeune homme gratta d'ailleurs l'arrière de son crâne, gêné de devoir faire un résumé d'une soirée que Zélig ne paraissait pas se souvenir. Que dire ? Il avait donné quelques détails à Mist sur la situation pour ne pas que ce dernier s'inquiétât, et le Prêtre lui demandait de faire un petit résumé de ce qui s'était passé, le plus naturellement du monde, comme si la vie était belle et compagnie, et hop ! Marius continua de mordre ses lèvres de nervosité. La gorge un peu sèche, il croisa les bras, et laissa son regard errer dans le vide, que pouvait-il dire ? Hein ? La vérité sans doute, et il allait inquiéter Mist pour cette minable aventure qui lui était tombé dessus, merde ! Pourquoi Zélig n'avait-il pas gardé en mémoire tout ce qui s'était passé ? Enfin, il voulait bien reconnaître que l'Ombre pouvait avoir une grande influence sur les corps et le reste, mais tout de même ! Il réajusta son col pour cacher la trace de morsure, et il commença par un petit :

— Euh...

Qui était loin d'être bien glorieux, mais bon, il secoua la tête pour reprendre :

— On s'est plus ou moins rencontré au Cochon Pendu, il y avait un grand type en blouse blanche, un jeune homme de mon âge châtain, et un autre avec beaucoup de bagues aux doigts. Vous étiez ivres, le type en blanc aussi, et je ne sais plus comment ça s'est produit, mais une bagarre s'est produite. Je crois que c'est l'autre au foulard qui a déclenché tout ça ; enfin, le type en blanc a commencé à délirer, vous aussi, vous avez tous les deux plus ou moins essayez de me tuer, mais je ne sais pas ce qu'il vous a pris tout à coup, et au lieu de continuer ce que vous avez commencé avec l'autre, vous avez soigné mon bras qu'il avait cassé, et ensuite, vous êtes tombé dans les pommes. J'ai essayé de tuer l'homme en blanc, mais une sorte de grand mur est apparut, puis La Garde Impériale soit arrivé, et j'ai réussi à prendre un de leur cheval pour vous ramener chez vous.

Un discours... fatigant à raconter, si bien que tout avait été récité d'une façon confuse, l'esprit embrumé par la fatigue, le jeune homme avait aussi essayé de passer une grande partie de tout ça sous silence. Il espérait maintenant que Zélig se souvienne et ne fasse pas de commentaire ou qu'il se contente au moins de ça.

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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Mar 5 Juil - 21:24

(Italique pour Zélig.)

J'ai utilisé la Magie du Sang pour soigner ma main, mais du une migraine encore plus grosse fleurit dans mon crâne. Je prête tout de même attention aux explications de Marius, après tout je lui ai demandé. Enfin il commence par m'expliquer que Mist peut lire sur les lèvres si je reste à sa vue. Je sais pas ce que c'est, mais je trouve ça vaguement dégoûtant. Je porte mes doigts – comme neuf – à ma bouche en me demandant ce qu'il veut à mes lèvres. Peut importe, ça doit être un truc intelligent que je comprends pas, parce que sur le plan sexuel je suis rarement lourdé – on voit où sont mes priorités.
Je regarde ma main recto verso, pas une trace, juste du sang mais sans plaie, la peau est comme elle était avant. Je sais que cette magie peut soigner, mais je ne m'en étais jamais servi de cette façon là. Si j'ai posé la question pour savoir ce qui s'est passé hier soir, c'est que j'ai compris que j'avais pratiqué la magie la veille, ce dont je ne me souvenais pas. Pour moi, j'avais trop bu, et du coup que Marius m'ait ramené était assez étonnant, mais si j'avais tenté de le tuer puis que je l'avais soigné... sûr que ça intrigue.

-
Ah j'ai tenté de te buter ?!

Là je vois son copain qui a l'air soudain furieux. Il est un peu à retardement lui. Enfin il fait des aller et retour de regard entre Marius et moi, mon air surpris a l'air de le déstabiliser. Puis finalement il garde l'air furieux mais il n'essaye pas de me buter. En fait il se lève brusquement de sa chaise et il alterne avec un regard suppliant. Ah oui, le vermifuge ! Je fais un signe de la main vers la porte à droite, et il galope par là.

-
J'me souviens de rien. Mais j'ai dû faire de la magie du Sang. Et le mur, ça doit être philosophe qui a fait ça. Il paraît qu'ils font ce genre de truc. Enfin ça devait être un costaud.

J'attends en regardant sur la droite si son copain revient, ce qui se produit assez rapidement, j'ai pas envie de faire de la redite d'explications. Ou que le copain explique lui même à sa sauce au petit débile qui se jetterait dans la cathédrale en hurlant pour tuer tout le monde. Et puis... je sais pas merde ! Quand les gens ont la chiasse, on attend qu'ils reviennent, voilà tout. Donc Mist s'assoit sur une chaise, beaucoup plus humble qu'en partant et il regarde ses pieds d'un air gêné. Bah quoi, il croyait qu'ils allaient s'envoler par magie ses trucs ?

-
Ah et donc la Magie du Sang c'est un truc qu'a découvert Urie l derrière les fagots et euh... pue importe l'expression et ça... utilise du sang, comme son nom l'indique et euh... bah ça rend marteau, je crois, on sait pas trop.

Nan parce que si un type essayait de me buter, j'aimerais bien avoir une explication. Et là, Inanna arrive sous mes yeux attendri. C'est fou ce sens du timing.


Y a la petite fille qui revient, les bras chargés de... trucs. Je pensais pas qu'une petite fille pouvait porter autant de chose, on lui voit presque plus la tête. Elle pose tout sur la table en chêne qui constitue le centre de la pièce et après ce qui demande apparemment milles réflexions, elle prend deux jouets et ME tend à MOI un loup en bois peint. Comment on se débarrasse des enfants ? Réponse : je ne sais pas. Elle agite sous mon nez agacé ce qui ressemble vaguement à un membre du sexe féminin en bois et en robe rose. Et blonde.

- Je suis la Blonde Princesse Guerrière Tueuse de Loup PRIOUTCH PRIOUTCH ! – moi non plus je sais pas ce que ça veut dire « prioutch prioutch », mais ça implique beaucoup de postillons. Et là elle tape sur ce pauvre loup avec la tête de sa grosse moche de princesse là – Et je tue des loups ! Et même que ton loup il meuuuurt dans d'atroces souffraaaances !

Puis c'est quoi ces histoires de loup tapé là ? Ça n'a pas de sens ! Alors je lui écrit que les loups c'est beaucoup plus fort que les filles et que ça les mange. Et là elle me demande pourquoi j'écris au lieu de parler, et je luis dis que je peux pas parler, et elle me demande pourquoi. Ah bah forcément. Je lui dis que je suis né comme ça et puis c'est tout, et là elle plisse les yeux dans ma direction, elle file la princesse à Marius en disant « de toute façon elle est nulle » et revient avec un ours en peluche, le même que ce matin, avec le ruban bleu et tout. Et elle me dit que les ours c'est plus fort que les loups, et je lui dis que non, et là je fais comme elle faisait tout à l'heure en tapant avec la tête du loup sur son ours. Et tu sais ce qu'elle fait là ? Hein ? TU SAIS ? Et bah elle sert l'ours contre son cœur en m'accusant d'abîmer ses affaires et part avec Marius. Les filles, c'est nul.
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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Mar 5 Juil - 22:28

La surprise de Zélig toucha le jeune homme, donc... le Prêtre ne se souvenait vraiment de rien ? Il ne se souvenait pas qu'il l'avait mordu pour boire son sang ? En songeant à ça, Marius frémit, cette soirée au Cochon Pendu, il avait juste envie de l'oublier ; il y avait trop de tension et de stress, si bien qu'il avait légèrement perdu son sang-froid, et il regrettait de ne pas avoir tué le bonhomme en blanc pour accomplir sa vengeance, il fourra dans un coin de sa tête cette horde de souvenirs écoeurants lui venait en tête, puis il laissa son coude tomber dans sa main libre, tandis que l'autre cachait ses lèvres. Perdu dans ses réflexions, le jeune homme ne dit rien, et n'avait pas à craindre de bloquer Mist, si jamais il lui répondait avec la main sur la bouche. C'était... déboussolant, tout ça, réellement déboussolant, Zélig ne se rappelait vraiment de rien ? Mince ! Enfin... tant mieux d'un autre côté, il y avait des choses gênant que Marius préférait passer sous silence, c'était plus simple d'être le bourreau, et se sentir victime de tout ça réellement dérangeant.

Il n'osait pas imaginer ce qui se serait passé, si Zélig n'avait pas repris ses esprits à temps, ou s'il n'avait pas réagi au médecin qui pour une raison pour une autre avait eu quelque chose contre lui. Enfin ! Marius était loin d'être capable de s'imaginer ce qui pouvait bien se passer dans la tête d'un fou ! Il n'était pas du genre à... à faire du mal aux autres, ou plutôt par plaisir de faire mal, et de s'exciter sur un visage transformé par la douleur. Il fronça les sourcils lorsque Zélig affirma que le mur pouvait être l'oeuvre d'un Philosophe ? Il détacha un moment ses yeux pour observer Mist partir, et il eut un léger mouvement de recul. Un Philosophe ?

Ça ne pouvait pas être le type au foulard, il semblait trop fin et rapide pour être ce genre de personnage, le bonhomme en blanc ce n'était pas la peine de demander pourquoi, Zélig idem... il ne restait plus que le type qui avait voulu lui donner des bonbons, chose réellement effrayante selon lui. Il hocha la tête lorsque Mist revint, les mots du Prêtre encore dans son esprit, Marius en avait appris une bien bonne, façon de parler. Il songea l'espace d'un instant que les vices d'Uriel d'Arken pouvaient être poussés par l'utilisation trop coutumière de cette Magie du Sang, mais il rejeta cette idée assez rapidement. Il passa une main dans sa chevelure, d'Arken paraissait moins brutale, plus sournois pour être une victime de la Magie du Sang. Marius écarta alors l'idée que celle-ci pouvait avoir un rôle dans les pulsions basses des hommes, après tout, Paole quelque chose avait bien fait plus de mal que le petit blond à Mist, alors qu'il était un simple Inquisiteur.

Il changea de position, et commença :


— Et ça fonctionne comment ? Je veux dire plus exacte...

Mais il ne put terminer sa phrase que la petite fille du Prêtre revint vers eux en courant, les bras tellement chargés de jouets qu'on ne pouvait même plus voir sa tête. Il se retint de pester entre ses dents, lui qui aurait voulu parler un peu plus avec Zélig ! Il ne pouvait pas se permettre de raconter toutes ces horreurs devant une innocente, c'était trop... incorrect. Le jeune homme l'observa se rapprocher de Mist lui montrer une bonne femme habillée de rose, avec des cheveux blonds. Il fronça à nouveau les sourcils, et cala son poing sous son menton, tandis que la petite s'exclama tout un qu'il ne comprit qu'à moitié. Les enfants... ça parlait trop vite pour lui, il ne savait pas si elle se souvenait de lui, ou si elle faisait tellement attention à ce qu'il se passait autour d'elle. Et Marius la surveilla parler à Mist, et lui poser diverses questions sur son handicap, il grimaça d'ailleurs en lisant le malaise et la maladresse que son ami avait écrite.

Et elle postillonnait beaucoup. Il eut un mouvement de recul. Elle frappa sans plus de cérémonie la femme sur le loup de bois qu'elle avait donné à Mist, et a Marius aussi, la logique des enfants lui échappait totalement. Il n'avait plus tellement de souvenir sur son enfance, ou du moins, il se souvenait de ces temps d'enfermement. Ses parents avaient toujours privilégié la connaissance de l'Ombre, et non la tentative de sociabiliser leurs enfants. Alors Marius était tout aussi perdu que son compagnon d'infortune, qui essayait de répondre sans lui donner ce qu'elle voulait entendre, enfin écrire plutôt. De même qu'elle ne semblait pas s'inquiéter du handicap du jeune homme, trop concentré et intrigué par la venue de ces deux inconnus dans sa maison. Elle frappa son ours avec son loup, et lança un regard sombre à Mist, tout en serrant dans ses petits bras sa peluche, dont le ruban était assorti à sa robe. Innana vint alors vers lui, et tout de même dépassé depuis la veille à tout et n'importe quoi, Marius échangea un regard a Mist, puis à Zélig pour savoir ce qu'il devait faire. Les enfants... ça le mettait toujours un mal à l'aise, souvenir douloureux et le reste. Sa nièce deviendrait-elle ainsi ? En grandissant ? Il grimaça.

— Et pourquoi veux-tu blesser le loup ? Demanda le jeune homme avec hésitation, et en essayant de comprendre la logique de la gamine. Il a fait quelque chose de mal ?

Suçant son pouce en se balançant de gauche à droite, et de droite à gauche, elle le regarda longuement, sa peluche serrée contre son petit corps. Enfin, elle rouvrit la bouche, et lui fourrant la poupée dans ses mains, elle s'exclama :

— Parce que le loup, il est méchant et que comme papa, je veux tuer les méchants !

Marius écarquilla les yeux, et demanda :

— Et qui te dit qu'il est méchant ? Tu en as les preuves ?

Mieux valait entendre ça que d'être sourd.

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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Mer 6 Juil - 14:57

Marius essaye de me poser une autre question, mais on est interrompu par l'arrivée de ma fille qui porte ses jouets. Je comprends le délais pour revenir, il fallait choisir avec soin. En effet, elle considère qu'une visite dans la maison est toujours pour elle. Pour jouer, forcément. Alors elle pose le tas sur la table, et je reconnais divers animaux en peluche et en bois. Et puis une princesse. Ça m'étonne, elle n'est pas très princesse d'habitude, ça manque de sang de tripes et de combats dantesques. Le mariage et l'amour, c'est le sort terrible qui attend les femmes qui ne tuent pas les ennemis de l'Empire avec une grosse épée. Son délire du moment, c'est d'être dans la Garde plus tard. Arg. Elle veut être juge et bourreau je crois, se battre pour faire respecter les lois de l'Empire, quelque chose comme ça. Enfin elle formule pas ça comme ça, évidemment.
Donc elle propose un jouet à Mist, et comme tous les parents chiant, je ne doute absolument pas que jouer avec ma progéniture soit une torture, plutôt un plaisir et une grâce qu'elle accorde aux terroristes qui ne doivent rien voir d'aussi beau dans leurs vies pathétiques. Moi je la regarde d'un air attendri en souriant bêtement, mais ils peuvent pas comprendre je crois. Je surveille aussi distraitement qu'elle ne le touche pas. Marius était parti sur une question d'ailleurs. J'y réponds distraitement, sans réfléchir. Tu peux être surpris que je réponde aux questions d'un terroriste, mais j'aime bien parler, et puis j'ai l'habitude avec ma fille d'expliquer plein de trucs. Et puis... je perds un peu pied avec la réalité. Je n'en ai pas bien conscience, mais le trou dans ma main n'était qu'un incident sur le chemin de la magie, je l'ai déjà oublié, j'ai l'impression de disperser ma raison dans le vent, petit à petit. Peut être qu'il arrive la même chose à Uriel... c'est aussi facile de m'utiliser que de tirer des sous à sa grand tante qui a Alzheimer. Alors je m'exécute comme si je parlais à un enfant, mais j'aborde des secrets de haut théologie.

-
Et bien c'est... tu sais qu'il y a une part d'ombre dans chaque être humain, et qu'elle retourne à l'Ombre à la fin. Bah j'ai découvert que ça se trouvait dans le sang et pis bah... on l'utilise. Ça peut servir à plein de trucs, on a pas encore trouvé trop la limite, genre soigner et tout comme je viens de faire, mais ça utilise beaucoup d'énergie. Je crois que Uriel n'est plus en très bonne santé.

Je dis ça d'un ton rêveur, sans songer que ça me concerne aussi. Au début je voulais pas utiliser cette magie, mais la dépendance qu'elle provoque et l'abrutissement qui s'en suit a bien sûr fait fondre mes réticences. Je ne songe pas que Inanna pourrait se retrouver orpheline, parce que dans ma tête ce n'est pas le même Zélig qui a une fille et celui qui boit le sang des gens. Je regarde en l'air, distraitement, j'ai très mal à la tête et je me sens terriblement fatigué. J'ai passé un cap dans la magie, je le sens, comme si j'avais laissé la place à quelque chose de trop gros en moi, qui ne me laisse plus beaucoup de place et qui prend mon cerveau, de sorte que je n'arrive plus à être complètement là. Je me prends dans mes bras parce que j'ai mal, et les deux zigotos dans ma cuisine sont le cadet de mes soucis. Je suis très loin d'ici.


Je regarde Marius, cet homme m'inquiète, il a l'air fou. J'aimerais qu'on s'en aille, je m'en fiche de sa magie toute sale, je suis juste content d'apprendre qu'Uriel va bientôt crever. Je repense à sa main qui sort comme neuve de multiples coups de couteau... ça me fait rêver un peu. Et si quand Émile m'avait coupé la langue, il avait pu la recoller, intacte ? Et est ce qu'il pourrait la faire repousser maintenant ? Puis mes rêverais m'entrainent jusqu'à mes tares initiales, mes cordes vocales et mes oreilles, bien sûr. Ça me fait un peu peur quand j'y pense, entendre... ça serait peut être possible ? Hop, on réclame à cet homme qui donne spontanément un médicament à l'ennemi de son ordre et voilà qu'on entend ? J'imagine parler avec Marius, spontanément, sentir les subtilité de sa voix quand il parle, savoir si il est triste ou content juste avec mes oreilles. Je me demande à quoi elle ressemble, si elle est belle. Il faudrait que je lui pose la question, qu'il me la décrive. Je ne comprendrais pas les mots, mais ça comblerait un peu un manque en moi. J'imagine que notre échange d'hier aurait gagné en richesse si j'avais pu percevoir si sa voix tremblait à tel moment, reprenait contenance à un autre. Il y aurait moins de cérémonial pour parler, je lâcherais juste ça dans l'air. Marius pourrait le faire sans avoir nécessairement un truc à me dire, juste pour le plaisir, parce que ça ne me fatiguerait pas d'entendre et puis...
Ça me fait peur, un peu.
Je sais pas, j'ai peur que ma tête explose, un truc comme ça. Un nouveau sens... je ne sais pas si ça me tente, même si plein de gens font ça depuis la naissance sans apparemment en souffrir plus que ça. Je regarde Marius, je ne sais pas si il y a penser. Si il ne formule pas de souhait en ce sens, je ne dirais rien. Je pose mes yeux sur la petite fille.

- Bah pfff... parce que les loups mangent les filles ! C'est l'autre qui peut pas parler qui l'a dit. J'suis une fille, faut que j'assure mes arrières alors !

Mais elle a dû juger Marius moins rigolo (hein quoi comment) parce qu'elle revient vers moi et pointe le chien du doigt, qui s'était allongé paresseusement devant le fourneau pour dormir un peu. Elle dort beaucoup plus ces temps ci, je n'aime pas ça. Dis toi que ça fait six ans qu'on traine ensemble, elle était déjà adulte à l'époque... quel âge elle a, je n'ai aucun moyen de le savoir, mais il y a plus de poils blancs sur son museau que naguère. Des fois je songe bien sûr – je ne suis pas con – qu'un chien vit tout au plus une dizaine d'année. Moins longtemps que moi à priori. Je m'y suis fait mais ça sera un rude coup quand même quand le temps viendra, je ne suis pas aussi proche des chiots que d'elle, il faut dire qu'ils ont été élevé ensemble et se suffisent à eux mêmes, alors que Mais Dors n'avait que moi. J'imagine Marius attentionné et conscient de ma douleur m'offrir un autre chiot, et j'me fais plaisir avec cette image, la retourne et la manipule dans tous les sens. Marius saurait que mes chiens sont très importants pour moi, comme des amis ou de la famille, et il me chercherait un autre chien d'une race assez intelligente pour remplacer Mais Dors dans l'aide qu'elle m'apporte. Je l'imagine me sourire en me tendant une petite boule de poil, sûr que ça me fait plaisir. Attentionné, qui me parle, qui s'occupe de moi. De toute façon, imaginer Marius même en train de m'offrir une tasse de thé ou me sourire me fait plaisir, j'aime bien ces rêveries.
Je sens un doigt pointer sur mon genoux osseux.

- Hey ! Tu m'écoutes ? Je demande comment il s'appelle le toutou !

Et là je suis saoulé, je lui dis que je n'entends pas, que je n'entendrais jamais rien de ma vie, pas plus que je ne parlerai et que je lis sur ses lèvres et que j'écris à la place, et que si elle veut me parler quand je ne la regarde pas, il faut agiter sa main sous mon nez pour attirer mon attention. Et que le toutou s'appelle Mais Dors le Chien Prodig(u)e. Je vois une lueur de je sais pas quoi passer sur son visage, de compassion je dirais. A son âge, on doit commencer à se rendre compte que la vie n'est pas une fête pour tout le monde, et arrêter de penser à son nombril, je sais pas, mais le changement est brutal. Elle semble réfléchir très fort.

- Bon ben le loup est plus fort que l'ours. Et tu peux le garder si tu veux ! Regarde j'ai un ours en bois aussi qui est du même fabricant ! Elle va le chercher en courant sur ses petites jambes. Puis elle s'assoit sur mes genoux comme si c'était normal. Je regarde son père qui ne voulait pas qu'elle me touche, mais il continue de regarder le plafond en ayant pas l'air de savoir où il est. Il est joli hein ? On va dire que le loup et l'ours sont copains. Va y prends ton loup ! Docilement je m'exécute, je ne vois pas trop quoi faire d'autre. J'agite la sculpture dans la direction de l'ours, et j'imagine que c'est moi et Marius, alors je frotte la tête du loup sur l'épaule de son copain, et le prêtre continue de regarder le plafond sans nous voir.
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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Mer 6 Juil - 15:58

Zélig Faoiltiarna était un homme plutôt étrange, il ne paraissait pas souvent avoir conscience de ce qu'il se passait autour de lui, sans réfléchir à l'avenir, mais plutôt au présent. Certes... pour la maison d'un noble, celle-ci manquait de surveillance, et l'Église ne paraissait pas poser un oeil cruel dessus, examinant les entrées et les sorties des gens de Zélig, et de lui-même. Cependant, il était en train de leur révéler quelque chose d'important, sans mesurer la gravité de la situation, que se passerait-il si Uriel d'Arken apprenait qu'il les avait gardées chez lui ? Et même soigné Mist qu'il considérait comme « la chose » la plus vile sur cette terre ? Marius haussa vaguement les épaules, qu'est-ce que ça pourrait changer, au fond ? Il l'avait aidé parce qu'il avait eu une dette envers lui, il n'y avait pas d'autre motivation, juste une question d'honneur et de dignité, sans doute.

Et puis bon, peut-être s'en voulait-il encore un peu d'avoir enlevé la petite fille qui était partie vers Mist, il ne comprenait rien aux enfants de toute façon, et observa son ami essayer de se débrouiller avec la petite Innana. Les choses s'étaient passées si vite qu'il ne comprenait plus rien, son esprit était embrumé de fatigue et de confusion, il peinait à réfléchir correctement. Mais il crut sentir quelque chose de la part de son compagnon d'infortune, fronçant les sourcils, il l'observa répondre sur son ardoise à la petite, puis il retourna son attention sur le Prêtre ; ce dernier était parti dans ses pensées, comme totalement déconnecté de la réalité. Que pouvait-il faire ? La Magie du Sang était-elle capable de faire des miracles ? D'après ce qu'il pouvait comprendre, elle prenait une partie de l'énergie de son utilisateur, comme une sorte d'échange entre l'énergie, et ce qu'elle pourrait produire. Cependant, l'Ombre était une force mystique qui l'inquiétait assez, il effleura sa blessure au niveau du cou, il fit signe à Zélig pour essayer de reprendre son attention, et il demanda :


— Et vous pouvez faire toute sorte de choses ? Je veux dire... remplacer un membre amputer par exemple ? Et les personnes que vous pouvez soigner avec, comme moi par exemple, ne risquent-elles pas d'effet secondaire ? Comme sur vous ?

Notamment le fait qu'une partie des souvenirs de Zélig semblaient avoir disparu de son crâne, au moins il ne lui avait pas demandé plus de détail sur la soirée au Cochon Pendu. Tant mieux, tout comme Mist, Marius ressentait un peu le besoin de sortir de cet endroit. Curieusement, il avait conscience que ce n'était pas le Prêtre qui pouvait les menacer, mais, et ses gens ? Ils avaient remarqué qu'ils ne venaient pas du « Haut-Peuple » et qu'ils s'étaient introduits ici pour finir par dormir sur le lit de leur maître. Doucement, quelques scénarios emplirent son esprit, notamment celui sur un serviteur quittant la maison de son maître rapidement pour prévenir que deux gamins étaient venus durant la nuit.

Il avait un peu peur que l'Inquisition ou la Garde Impériale ne leur tombât dessus. Après tout, ce n'était pas comme si Mist était LE terroriste qui avait failli tuer l'Empereur, et fait deux séjours en prison, non pas pour visiter, mais bien pour être torturé, et servir de défouloir à deux grands frustrés. Et lui, un traître en fuite qui voulait faire tomber Uriel d'Arken de son trône. Il ne savait plus d'ailleurs s'il rêvait de le tuer de ses propres, ou si la maladie l'emporterait avant ; apprendre la mort du Haut-Prêtre lui ferait évidemment plaisir, mais ne pas le tuer de lui-même lui laisserait un goût amer dans la gorge. Il voulait lui faire payer tout le monde qu'il faisait, et le remettre au jugement de ceux et de celles qu'il avait fait souffrir pour servir des pulsions basses. Émile Paole le suivrait de prés.

La voix de la petite fille le fit de nouveau sursauter, il ramena son attention sur elle, et observa Mist lui répondre avec un certain agacement qu'il ne pouvait ni entendre ni parler. Il observa la scène entre les deux, elle sembla prendre conscience soudain du handicap de son invité, et courir pour revenir plus tard avec un autre jouet. Les enfants étaient-ils donc si souvent vivants ? Il avait grandi entre quatre murs, ça lui faisait bizarre qu'une petite fille puisse s'amuser avec un petit rien, en même temps, la logique d'Innana lui échappait assez. Elle lui apparaissait totalement délurée, Marius oubliait simplement comment on pensait à cet âge, et il les observa prendre les jouets, Mist prit le loup après qu'elle le lui ait ordonné, tandis que Zélig partait loin, très loin. Son regard se porta alors sur la chienne, Mais Dors qui fit un petit mouvement. Le jeune homme avait tellement l'habitude de la voir qu'il ne s'étonnait jamais de sa présence, et la chienne dormait paisiblement, nullement dérangée par la voix claire de la petite fille.

Le jeune homme s'avança un peu, et alla s'asseoir avec eux, il en avait un peu marre de rester debout. La fatigue le rendait assez raide, il observa Innana s'asseoir sur Mist comme s'il n'était rien d'autre qu'une chose, et elle commença à jouer tranquillement, il fronça les sourcils en se demandant si son père se rendait compte que sa petite fille touchait un vagabond, assez malade ? Zélig paraissait être parti loin, et Marius n'osait pas dire a la petite de s'éloigner, les enfants... c'était intimidant, mine de rien. Il enfonça son menton dans sa paume, assis en tailleur, il regarda le vide, songeant à tout ce qu'il leur restait à affronter avant de voir leurs rêves aboutir à quelque chose. Et encore ! Ce n'était pas dit qu'ils puissent arriver de leur vivant à quelque chose, mais au moins, s'ils faisaient trembler Uriel d'Arken sur son trône, c'était une bonne chose. Il était temps de mettre cet homme à sa place, il était temps de lui faire comprendre ce que c'était la douleur, et le faire descendre de son trône.

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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Mer 6 Juil - 19:10

Marius parle, mais le prêtre ne répond pas. Il se contente de regarder en l'air, les rouages de son esprit sans doute occupé à autre chose. Ayant toujours eu l'intime conviction que les terroristes comme les ecclésiastiques sont fous, mais pas pour les mêmes raisons, je ne suis pas trop surpris et préfère m'occuper de ce que dit la petite fille. Je ne sais pas, ça a l'attrait des choses simples qui finissent toujours bien, et puis la tentation de rester aux yeux du monde un enfant aussi. Ma déclaration d'hier soir à propos de mon âge était peut être idiote ? Mon corps a effectivement vingt ans, mais n'était il pas confortable qu'à la Vieille Masure tous me considère comme quelqu'un de très jeune et un peu simplet ? Je sens que Marius n'aimerait pas qu'on pense cela de moi, surtout après ce que je lui aie sottement dit la veille au soir. Et j'ai trouvé ses estimations de mon âge très généreuse, je ne me donne pas plus de quinze ans personnellement, sans poil ni muscle... mais ça changera. Il faut que je mange, c'est tout. D'ailleurs, où est passé cette délicieuse confiture ? Mais expliquer à Inanna que je suis sous-alimenté serait trop long, alors je suis ses jeux. Je pourrais prétexter plus tard que je suis un mec sympa ne tenant pas à vexer une petite dont je n'arrive pas à déterminer l'âge par manque d'expérience. Donc on joue à l'ours et au loup copain qui vont démonter les Princesses blondes en les mangeant, parce que c'est l'ennemi. Il faut toujours un ennemi. Inanna me fait un descriptif précis de comment « ils se repaissent de sa chair », je suis surpris qu'une si petite fille ait tant de vocabulaire, elle doit lire des livres alors. Bah, je suis con ! Elle lit avec fluidité ma mauvaise calligraphie, c'est forcément qu'elle a l'habitude. Je m'interroge sur son âge, elle n'a pas les membres courtauds d'un bébé. Peu importe.

Et là je note que le débile nous regarde avec une fixité étonnante. Je sursaute et puis je me demande après ce qu'il a. Rien, semble-t-il, il se reprend, a l'air un peu dans le vague et nous (moi et la gamine) demande de le suivre. Je n'ai pas l'habitude de contredire des mecs de deux mètres, alors je pose la petite fille par terre et je me lève, en jetant un regard interrogatif à Marius. Il ne semble pas plus renseigné que moi. Peut être qu'il veut me donner un autre médicament ? Et à sa fille aussi, puisque je l'ai touché ? Pas précaution. Peut être un vermifuge qui ne fait pas faire caca ? J'avoue que d'ailleurs, retourner sur le trône commence à me traverser la tête, je suppose que la purge ne se fait pas en une fois et n'est pas instantané.

Quand je constate qu'on sort par derrière, je m'étonne, puis je me dis qu'il n'a peut être plus de médicament et qu'il faut aller en acheter. C'est probable, il ne doit pas conserver de quoi vermifuger un clodo chez lui, et j'ai bu toute la potion. Donc je suis le prêtre avant la sérénité d'un veau qui va à l'abattoir. Le prêtre porte la petite fille dans une position bizarre, comme si c'était un bébé. Elle se débat un peu d'ailleurs parce qu'elle a la tête dans le vide et ça ne lui plaît pas. Elle tient son ours en peluche contre elle et le prêtre la berce, l'embrasse, lui dit des choses que je n'arrive pas à voir, j'arrive juste à comprendre qu'elle est la chose la plus merveilleuse qu'il ait jamais vu, ce genre de cliché là. La petite fille ne comprend pas ces élans d'affections déplacés – moi je ne me prononce pas, je n'y connais rien – et essaye de descendre de là, mais la hauteur est assez vertigineuse. Je regarde Marius qui nous a suivi, et je lui écrit que j'ai fini ce qu'il y avait dans le pot, et qu'il doit vouloir aller chercher d'autres médicaments au plus vite pour sa fille et je hausse des épaules après qu'il ait lu. Je note que je tiens en main encore le loup sculpté. Comme on ne se dirige ni vers la prison, ni vers un lieu saint, je suis serein.

On arrive au bord du fleuve, il pose sa fille par terre, près de moi. Je ne le voyais pas de face pendant le court trajet, mais je note qu'il a le regard dans le vide. Est ce qu'il va encore se découper la main ou un truc comme ça ? Je jette un regard interrogatif autour de moi, et la petite fille n'a pas l'air trop rassurée non plus. Il regarde dans le vague dans ma direction et il a l'air torturé soudain, puis sa fille est dans son champ de vision et il sourit de nouveau. Je ne comprends pas. Je suis dos au fleuve, et je regarde Marius en approchant mon index de ma tempe et en faisant de petits cercles à ce niveau là tout en faisant une grimace pour signifier que le prêtre a une araignée au plafond.

Puis je me retrouve dans le vide.

J'ai sentit une brutale pression sur moi qui m'a cueillit et projeté en l'air, puis plus rien. J'ai le temps de voir le prêtre partir en sprint, que la petite fille n'est pas plus sur la berge que moi puis l'impact de l'eau glacée.
Je porte une prothèse en métal de plusieurs kilos.
Je coule très vite, je ne sais pas où est le haut du bas et je me débats inutilement... pour aller où ? Tout est violence, eau, et je ne vois rien. Je griffe inutilement l'eau en espérant contrer l'effet de ma prothèse qui fait comme une ancre, à moi qui suit tout léger. Juste avant d'atterrir, ma vision est assez claire pour que je vois la petite fille couler aussi à cause du poids de ses vêtements et de ses chaussures, elle tient toujours la peluche et ne se débat pas beaucoup. J'arrive à l'apercevoir uniquement à cause du temps clair et du soleil au dessus de nous, comme c'est le matin. Puis je lâche des bulles, je commence à être à la limite de mon apnée et ça couvre ma vision, puis je touche le fond, prothèse la première, qui est visqueux et sale, avec des algues. Mon atterrissage soulève une masse de vase et de cailloux qui m'obligent à fermer les yeux, et je griffe le sol pour prendre prise et me lever, mais je ne peux pas ! Le peu de courant, le fait que mes membres normaux sont entrainés vers le haut alors que je suis accroché en bas, le sol mou, l'eau sale, les cailloux qui rendent le sol totalement irrégulier, le peu de courant dans le fleuve, tout ça fait que je suis incapable de bouger comme je le voudrais, et je me panique, je me débats encore plus, je ne pense plus à la petite fille en train de couler en même temps que moi, à Marius deux trois mètres plus haut, à la berge que je n'arriverait pas à escalader de toute façon parce qu'elle a été surélevée en cas de crue et qu'il n'y a pas d'escalier à notre niveau. J'ai juste la certitude angoissante que je vais mourir, maintenant, et que ça s'est passé terriblement vite et que c'est absurde. La mort l'est toujours. On meurt plus souvent en s'étouffant avec un os de poulet que pour une raison qui nous tient à cœur. Je vais mourir parce que... parce que rien. Je sens que j'avale de l'eau, que ma poitrine va exploser, que j'ai besoin d'air et je me débats d'autant plus et je sens juste la vase et les cailloux glisser sous mes doigts et m'écorcher. J'agite les jambes mais n'arrive pas à trouver de prise non plus. Je sens la sculpture de loups sous mes doigts – que j'ai lâché à un moment – et la tient fermement, comme si ça allait me sauver. Bizarrement, alors que j'ai si peur de mourir, je ne pense pas à Marius ou à mes chiens, alors que dans une bonne logique dramatique, mes dernières pensées devraient aller vers eux. Je pense juste « au secours j'ai mal ». J'ai tellement besoin d'air ! Je n'ai jamais eu de besoin plus urgent que ça. Mais non, je suis au fond et il n'y en a pas.
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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Mer 6 Juil - 21:14

Ce fut avec surprise que Marius examina Zélig faire signe a sa fille et a Mist de les suivre, sourcils froncés, le jeune homme leur échangea un regard étonné, mais la méfiance revint bientôt sur le reste. Marius ne dit rien, il garda ses pensées pour lui, plus tendues aussi, la fatigue devait jouer sans doute. Il serra le poing, et se releva aussi en suivant les trois silhouettes devant lui, Zélig avait repris sa petite fille dans ses bras, et il la portait chaleureusement contre lui, enfin son regard était vide, comme depuis quelques minutes. L'homme paraissait ne plus toucher la réalité, et s'éloignant ainsi dans une toile d'araignée de rêves et de cauchemars, Marius mordilla sa lèvre, et plus en retrait, il espéra simplement que tout ceci n'était pas un coup tordu de la part du Prêtre. Peut-être jouait-il bien la comédie, et qu'il voulait les mener droit dans un piège ? Dans ce cas... non, il n'aurait pas pris sa petite fille avec lui, et elle-même paraissait gênée par la situation. Son estomac le brûla un peu, et la tension courra dans ses veines, il ouvrit la bouche pour répondre aux suppositions de Mist, mais comme son ami, ne savait pas ce qui se passait. Alors... il se contenta de les suivre, comme si de rien n'était, et songea que tout ça allait finir mal.

Il ne pouvait pas faire le lien avec la Magie du Sang, et ce que Zélig lui avait raconté, c'était dans un coin de son esprit, il pensait juste que pour une raison ou une autre, le Prêtre voulait leur montrer quelque chose. Le matin s'était levé d'ailleurs, et l'énorme boule de flamme irradiait dans le ciel levant, Marius s'en désintéressa rapidement, et posa ses yeux sur la haute silhouette du Prêtre qui les amenait vers un fleuve. Un fleuve ? Mais pourquoi un fleuve ? Marius frotta ses yeux, la lumière jouait avec sa rétine, et des papillons dansaient devant son regard, il surveilla le Prêtre posant la petite par terre, et il tourna la tête une seconde derrière lui pour se repérer, mais quand il entendit un cri écraser ses tympans, le sang du jeune homme se glaça dans ses veines. Il chercha aussitôt Mist des yeux, mais il ne vit qu'une ombre gigantesque du terroriste le saisir, il posa un instant son regard sur la petite qui hurlait et se débâtait, alors que son père l'attaquait.

Il resta quelques secondes pétrifié, en voyant Zélig s'en prendre à sa propre fille, mais rapidement, ce dernier envoya les deux enfants dans le fleuve. Son coeur s'arrêta de battre durant un instant, il n'arrivait pas à croire ses yeux, il ne voulait pas y croire ! C'était Zélig qui venait d'attaquer ses propres entrailles ? Et Mist ? Il sentit une boule dans sa gorge, et frissonnant d'effroi, Marius chercha les deux silhouettes dans l'eau claire, puis le coeur battant soudain à toute vitesse, la peur lui prenant le ventre si brutalement qu'il en avait envie de vomir, il oublia un moment Zélig pour plonger dans l'eau froide de ce matin d'été. Il remonta rapidement a la surface pour essayer de les retrouver, puis avalant une grande bouffée d'air, il plongea a nouveau dans l'eau, le corps glacé, le coeur battant a lui faire vomir ses tripes, le jeune homme rencontra la silhouette d'une enfant, mais un mouvement sur le côté attira aussitôt son attention. Il reconnut aussitôt Mist dans cette eau trouble qui entraînait son ami au fond, il ne voulait pas le perdre, pas maintenant ! Ni jamais !

Il s'enfonça dans l'eau, tendu comme la corde d'un arc, les pensées se bousculaient dans sa tête, et pourtant, Marius ne pensait pas, il y avait juste cette peur immonde de perdre Mist, il y avait juste cette crainte de savoir qu'il pouvait le perdre. Il étouffa d'épouvante à cette idée, et pourtant, il essaya de donner tout ce qu'il avait, l'eau fouettait son visage, et lui brûlait les yeux. Il retint sa respiration autant qu'il put, et saisit l'infirme par sa tunique pour essayer de le tirer de là. Mais la prothèse du jeune homme l'empêcha de le ramener, il ne sut s'il en trembla d'horreur, mais il tira à nouveau même s'il manqua de déchirer la tunique. Refusant de remonter à la surface sans Mist, Marius parvint après plusieurs efforts à plaquer son ami contre lui, la prothèse était diablement lourde, mais avec l'énergie du désespoir, il tira Mist de toutes ses forces, essayant de se débrouiller comme il pouvait. Soit il parvenait à sauver Mist, soit ils mourraient tous les deux, il refusait de l'abandonner.

Et enfin, il put ravaler une autre bouffée d'air frais qui le glaça, lorsqu'il entra dans ses poumons, Mist contre lui, Marius grimpa chercha du regard un endroit où le tirer de là, et frissonnant en voyant la berge, ses yeux finirent tout de même par se poser sur une rive un peu plus loin. Les mains contre le corps maigre du sourd-muet, Marius le tira jusqu'à la terre ferme, il posa un genou sur la terre boueux, et le tenant sous les aisselles, il tira son corps loin des flots pour le lâcher, et rencontrer des yeux une robe bleue gonflant sous l'eau. Innana... merde... Crachant un peu d'eau, il plongea a nouveau pour nager jusqu'à la petite fille, il ne savait pas s'il avait perdu conscience, et pria l'Ombre pour qu'elle et Mist puissent se réveiller, et la prenant maladroitement par les cheveux, il parvint a la ramener contre lui, le cerveau percé de confusion, de peur, de désespoir et de colère.

Il remonta a la surface, et quelques minutes après, se battant avec les flots et le vent froid qui frappa sa nuque, le jeune homme revint sur la terre ferme avec la petite fille dans ses bras qu'il posa doucement prés de son ami. Il se laissa tomber en avant, le souffle coupé, glacé jusqu'aux os, et le corps lourd, tremblant, il sentait son estomac se tordre d'angoisse. Ce n'était pas parce qu'il les avait sortis de l'eau que ça voulait dire qu'ils étaient sauvés. Il passa une main sur ses lèvres, une nausée lui reprenait, et il se sentait mal, ivre d'angoisse, ivre de terreur à la simple idée de perdre Mist. Il se rua d'ailleurs sur lui, touchant ses bras, ses joues pour le réveiller, totalement paniqué, il n'arrivait plus à réfléchir, et oubliant même que l'infirme était sourd-muet, il l'appela plusieurs fois, le coeur prêt à être vomi s'il le perdait. Perdant son sang-froid, il commença à s'époumoner en criant :


— Merde ! Réveille-toi ! Mist... réveille-toi ! RÉVEILLE-TOI !

Mais... rien... il posa ses yeux quelques secondes sur la petite fille, qui tremblait, mais elle semblait vivante, elle, et l'autre ? Le troisième ? Le Prêtre ? Où se trouvait-il ? Il laissa sa main tomber sur l'arbalète, où était-il ? Où ce salopard se trouvait ? Il allait le payer ! Oubliant la peine et la peur, Marius se releva lentement, les jambes raides, le corps lourd et douloureux, il tremblait de froid, et de colère. Ce connard... il allait le crever, il se foutait s'il y avait une raison logique à ça, il s'en foutait ! Mais il allait lui payer... il allait crever pour sa bêtise ! Il fit un pas, et un second vers une grande silhouette sombre qu'il crut être celle de Zélig Faoiltiarna se découper dans la lumière. Ses mains se resserrèrent autour de l'arbalète, et il visa l'homme tout au fond ; il était grand, il avait les cheveux longs, exactement comme Faoiltiarna pour qui se coeur se noircissait de haine.

Il avait perdu un peu la raison, mais à sa manière, et ça n'allait pas durer, il voulait juste laisser la rancune lui arracher toute conscience de l'erreur qu'il allait faire. Son regard était rouge et fatigué, mais Marius tira un premier carreau sur sa cible, et le carreau se planta dans la nuque de celui-ci. Mais ça ne lui suffit pas ! Car... un autre carreau se planta dans le corps de l'homme, et un troisième dans sa jambe. Il fut secoué d'un spasme, et tomba lamentablement sur le sol, Marius abaissa son arbalète, et se retourna vers l'infirme et la petite dont il croyait avoir tué son père. Le jeune homme resta immobile, le coeur en train de s'arracher de sa poitrine, comme vide, sans prendre conscience qu'il avait tué la mauvaise personne. Le cadavre qui s'était effondré plus loin, ce n'était pas celui de Zélig Faoiltiarna, mais celui d'un noble ayant pour habitude de faire sa balade du matin ici.

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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Mer 6 Juil - 22:19

J'étais comme un animal, plus aucune réflexion, juste des jets de terreur pure dans les veines. J'essayais désespérément de me décoller du sol, mais ce n'était pas la force qui me faisait défaut, mais les points d'appui. Seul mon bras arrivait à être en contact avec la vase et la pierre, le reste j'arrivais à l'effleurer tout au plus, sans pouvoir m'en servir pour me redresser sans le bon sens. Nager ? Ah ah ah ! Bien sûr que je ne pas, je ne flotte pas ! J'essayais plutôt de ramper jusqu'à une berge, quelque chose comme ça, avec l'énergie du désespoir, mais je n'arrivais qu'à m'épuiser inutilement et à brasser de la vase sale et puante. J'avais de l'eau partout en moi, je n'arrivais plus à me maintenir en apnée et l'air était devenue la denrée la plus précieuse du monde, et j'en manquais. Tant d'année je respirais sans y réfléchir ! Là j'aurais donné un bras pour avoir une goulée d'air, une seule. Mais non, mon mal de crâne dû au manque d'air et l'infinie douleur que je ressentais me volèrent bientôt mes perceptions du monde, parce qu'il n'y avait plus qu'elles qui existaient, et bientôt je ne perçu plus rien.

Je me réveillais quelques minutes plus tard sur la berge plus loin, et dans un réflexe de survie je me mis à vomir de l'eau. Je n'avais pas été gracieux avec Marius, même après qu'il ait tué son gars, je l'ai laissé encore un moment dans l'attente quant à savoir si j'étais mort ou non. C'est quand il me mit sur le coté – pour me secouer, j'en sais rien – que le réflexe se déclencha et que je vomis une grosse quantité d'eau par le nez et pas la bouche, c'était très impressionnant, on aurait pas dit que je pouvais en contenir autant. Je salis à cette occasion ce pauvre Marius puisqu'il fut touché par l'eau que je vomissais, parce qu'il me serrait contre lui. Après avoir fini l'évacuation, je pus enfin reprendre mon souffle précipitamment et connaissance aussi, en toussant un peu et en crachant un peu d'eau parfois, par le nez et par la bouche. Ce n'était pas la scène la plus sexy de mon existence, effectivement, et en plus j'avais très mal aux sinus. J'ouvris enfin les yeux pour jeter un regard torve à Marius qui devait être au comble du soulagement. Il me fallut un peu de gymnastique mentale en urgence pour comprendre où j'étais et pourquoi j'avais froid et mal partout, mais une fois le décor cadré, je peux savourer le plaisir d'être là et de continuer à respirer. J'ai mes cheveux bleus dans la figure, mais lever la main pour les enlever de là me semble aussi dur que de jouer dans un orchestre philharmonique. Je reste donc là un petit moment, à me contenter de reprendre mon souffle avec les sinus qui veulent me tuer et un mal de crâne à réveiller un mort.

Finalement je cherche mon ardoise et... elle est pas là, j'ai dû la laisser au bord avant que le prêtre nous foute à l'eau, à moins qu'elle soit dans le fleuve. Bon ben j'ai toujours des craies dans ma poche au moins, tant pis j'écris sur le sol, mais marcher c'est vrai trop dur, et chercher une autre ardoise sur un toit encore plus – appelez moi la Ruine des Couvreurs. Je cherche maladroitement au fond de ma poche et je sort de la bouillie blanche inutilisable qui s'effrite entre mes doigts et tombe part terre. C'est comme si j'avais laissé mes cordes vocales quelque part, j'ai un bref instant de panique, mais je me rattrape. Je ne vais pas mourir parce que je ne peux pas communiquer. Je jette quand même un regard de détresse silencieuse à Marius si jamais comme part hasard il avait une ardoise et des craies sur lui, mais ça m'étonnerait. Le papier et le stylo sont des luxes aussi, peu de gens savent écrire, et sur le reste personne ne balade un stylo dans sa poche. Autant de balader avec un vase précieux ou un lingot d'or parce que « on sait jamais ». J'essaye de communiquer, mais j'ai perdu toute assurance en ma capacité à le faire, c'était si fragile... si Marius comprend de travers, je ne pourrais pas rattraper la bourde et c'est la panique. Je lui montre ma prothèse, puis l'eau du doigt avant de faire avec ma main le geste de quelque chose qui descend au fond. Ça c'est pour lui expliquer pourquoi je n'ai pas nagé, qu'il ne se dise pas que je suis un con.

Et là, enfin, à la fin, j'ai une pensée pour la petite fille que son père vient d'essayer de tuer, la petite fille abandonnée tout d'un coup. Elle est assise dans sa flaque d'eau et de vomi – hélas elle avait mangé ce matin - sale, avec sa peluche contre elle en train de pleurer tout ce qu'elle peut. Elle s'est presque pas débattu dans l'eau, bizarrement ça m'a marqué, ce qui explique qu'elle ait moins failli se noyer que moi, mais elle a l'air perdu et dans un désespoir profond, toute seule. Elle nous jette un bref regard, on sent qu'elle aimerait se rapprocher de notre chaleur pour pas être toute seule mais elle a peur, elle hésite. Je m'aperçoit que je n'ai pas lâché le jouet qu'elle m'a donné, mais je ne sais pas pourquoi. Elle continue de pleurer, et le plus douloureux c'est qu'elle ne pleure pas comme un enfant qui s'est fait un bleu et qui veut rameuter toute sa famille en hurlant plus fort, elle pleure comme un enfant qui a réellement mal et qui n'a plus la force d'y mettre beaucoup d'énergie. Elle nous regarde avec toute la détresse du monde dans les yeux, mais n'ose pas nous rejoindre parce qu'elle a peur, mais elle a aussi peur d'être tout seule. Voyant qu'on ne fait pas de signe dans sa direction, elle frotte ses yeux avec ses petits poings en continuant de pleurer et en regardant le sol.
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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Jeu 7 Juil - 0:18

Marius se laissa tomber à genoux, il tremblait trop, et il se sentait trop faible pour rester debout. Son arbalète quitta sa main, qui tremblante, vint tripoter le bas de sa chemise, il avait froid, comme il avait peur. Il restait le regard fixé sur le corps maigre de son ami, les lèvres entrouvertes, la peur de le perdre dans le ventre, tordant son estomac, saisissant son coeur pour l'écrabouiller d'une poigne de fer, il avait l'impression de sentir des pieux lui transpercer la poitrine, et qui revenaient à la charge, à chaque fois qu'une seconde s'écoulait. L'angoisse supprima toute pensée cohérente, Marius était vide, comme mort. Il attendait que cette longue agonie prenne fin, cette terrible attente qui lui fit doucement comprendre qu'il n'avait pas pu protéger son ami. Il remua les lèvres, tremblant, il ne pouvait pas croire ce qui s'imprimait sur sa rétine, ça ne pouvait pas... être Mist étendu là ? L'attente lui donnait la nausée, il se sentait si faible et las, alors que le temps bouffait chacun de ses petits morceaux d'espoir cherchant à survivre dans son être, tandis que la vérité paraissait vouloir le bousculer, le prendre et le frapper pour lui hurler : « Tu ne comprends pas ? Ton ami est mort ! MORT ! » et il ne réagissait pas, il ne réagissait plus.

Il ne voulait pas le perdre, pas lui ! Il ne voulait pas se retrouver seul, abandonné dans ce monde qu'ils s'étaient promis de changer, il... il se sentait incapable de supporter cette douleur, si bien que sa raison s'abandonna rapidement a la folie. Jamais Marius n'avait perdu quelqu'un, si bien qu'autrefois, tout ça lui paraissait si lointain et ridicule, il se disait que ça ne pouvait arriver qu'aux autres, et pourtant... Mist était étendu là, inconscient, peut-être mort, toutefois, Marius n'osait pas se rapprocher pour sentir le corps froid du sourd-muet. Il ne voulait pas... c'était insupportable, ce néant de souffrance lui prenait la gorge, il ne voulait pas le perdre ! Était-ce si dur à comprendre ? Il murmura le pseudonyme de son ami, comme si le dire lui permettait de se raccrocher encore un peu à la réalité. Il n'osait pas encore chuchoter le véritable nom de Mist, car ce serait comme bravé sur ce corps un : « Ci-gît Lokhund Krishna » qui aurait détruit l'esprit du jeune homme. S'il le perdait, il allait devenir fou.

Cependant, un mouvement lui indiqua qu'il était bel et bien vivant, Marius se précipita prés de lui, et il ne lui laissa pas le temps de se redresser qu'il l'écrasa contre lui. Ses ongles s'enfoncèrent dans les vêtements de l'infirme, alors que son étreinte en devenant étouffante, il l'entendait cracher toute l'eau qu'il avait dans la gorge, mais il s'en foutait. Ce n'était qu'un détail, rien à l'immense soulagement qui éclata dans tout son être. Il murmura des paroles prés de l'oreille du sourd, oubliant qu'il ne pourrait jamais savoir a quel point sa voix tremblait, à quel point il peinait à parler, et que le souffle lui manquait. Il avoua dans ce flot de chuchotement qu'il avait eu peur de le perdre, et qu'il aurait été incapable de se redresser s'il l'avait perdu, toute sorte de choses qu'il n'aurait jamais dit s'il avait gardé son sang-froid, par dignité, par contenance, par éducation.

Pourtant, jamais Mist ne pourrait savoir tout ce qu'il lui avait dit dans ces simples murmures, Marius l'écrasait dans son étreinte, tandis qu'il hoquetait. Enfin au bout d'un moment, lorsqu'il reprit un peu ses esprits, Marius se détacha du terroriste, et l'observa tenter de lui expliquer ce qui s'était passé. Machinalement, il fouilla dans ses poches, mais ne trouva qu'un morceau de pain humide, puant le moisi qu'il laissa tomber dans l'herbe. La panique lui avait un peu arraché ses capacités de réflexions, si bien qu'il mit un peu de temps pour comprendre ce que Mist voulait lui dire. Il approuva à chaque fois, le regard perdu dans le vide, et au bout d'un moment, il racla sa gorge et fit :


— Je me suis rendu compte en te sortant de l'eau que ta prothèse était trop lourde.

Sa voix avait été bien hésitante, mais au moins, il prouvait à Mist qu'il ne l'avait pas sous-estimé, tout comme il n'allait pas lui dire qu'il venait d'avoir la peur de sa vie. Il se crispa tout de même en contemplant ce qu'il restait de la craie, il n'avait plus réellement de moyen de communication avec lui, Mist n'avait plus de support pour écrire ses ressentis, ou tout simplement pour échanger quelques phrases avec lui. Marius approuva, tout aussi ennuyé, mais au bout d'un moment, il haussa les épaules en songeant que Mist s'en était sorti, et que c'était le plus important. Ce fut pour cette raison que le jeune homme eut aussi un blanc, lorsqu'il se retourna après avoir suivi le regard du terroriste, ses yeux s'arrêtèrent sur la petite fille qui peinait à respirer, et qui vomissait ses entrailles. Marius se leva sans savoir ce qu'il devait en faire, s'il avait écouté la colère, et le poison qu'elle lâchait dans son crâne, il aurait choisi de la laisser là, après tout... elle était la gamine de ce maudit Prêtre, mais elle était aussi sa victime.

Marius passa une main dans ses cheveux, une main tremblante, car sa crainte ne partirait pas si vite. Il observa la petite fille qui désormais, serrait son ours en peluche dans ses bras, comme si c'était la seule chose qui pouvait la réconforter. Son ours était sale, plein de vomi et d'eau, mais elle persistait à le tenir contre elle, comme s'il pouvait représenter le père qu'elle n'avait plus. Marius mouilla ses lèvres, examinant la détresse de l'enfant, et enfin, il s'approcha d'elle sans savoir exactement ce qu'il devait faire, ou dire même, s'il y avait bien quelque chose à dire. Il posa un genou à terre pour se mettre à sa hauteur, il posa lentement ses mains sur les épaules d'Innan, et il fit d'une voix rauque qu'il aurait voulu plus douce :


— C'est fini... maintenant, c'est fini...


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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Ven 8 Juil - 11:11

La petite pris peur face aux mouvements de Marius, parce que le monde était soudain devenu hostile et totalement incompréhensible. Quand il s'accroupit près d'elle pour lui dire quelque chose que je ne vois pas, la petite fille a l'air terrorisé puise dans ses dernières forces pour bondir en arrière et esquiver la main qui voulait la toucher. On dirait un faon à l'agonie. Elle continue de pleurer et va un peu plus loin en titubant, à l'ombre d'un arbre au bord du fleuve – oui il y a une promenade des anglais, nous sommes dans le quartier riche je te rappelle.

Moi je regarde Marius, puis le fleuve. Et dire qu'avant j'y faisais un peu de brasse certaines nuits d'été pour me laver. Maintenant c'est un endroit mortel pour moi. Je lui ai raconté que une fois kidnappé dans un bateau, j'ai rejoint la plage à la nage oui ? Bah il a bien vu que je sais nager, pas que je suis un gros manche. Il me l'a même dit, il a tout de suite deviné en me sortant de là que la prothèse était trop lourde, que je ne peux pas nager de toute façon. Une chose en moins que je peux faire, donc, parmi tant d'autres. Au moins Marius m'a pas pris pour un gros blaireau qui sait pas agiter les bras, ça fait chaud au cœur.

La petite fille est accroupie et elle nous regarde en pleurant. C'est surprenant la capacité d'aveuglement d'un môme, parce qu'elle appelle son père faiblement. Comme si il ne s'était rien passé et qu'elle était tombée dans l'eau toute seule. On dirait un chaton sauvage qui préfère mourir de faim plutôt que d'accepter du lait d'une main humaine, mais qui appelle sa mère jusqu'à son décès. Et elle serre toujours son ours dans les bras. A Ishtar, avec une attitude comme ça, je lui donne à peu près six heures de survie. Il serait sans doute plus sain de détourner les yeux et de s'en aller, plutôt que de la torturer inutilement dans son agonie. Ça me fait penser à moi tiens, mais quand mes parents sont partis. J'les ai cherché en titubant dans Ishtar en pleurant tout ce que je pouvais, et ça les a jamais fait revenir. Mon petit cœur que je croyais disparu se serre un peu quand même, alors que je prône en général plutôt le « chacun sa merde ».

J'appuie mes mains sur le sol pour me remettre sur mes jambes maladroitement. Je peux pas rester allongé par terre. Me mettre en position debout est très très pénible, parce que je me sens incroyablement fatigué, puis j'ai froid aussi, mais j'ai surtout envie de chercher la compagnie de Marius. Je ressemble à un monstre des profondeurs à m'avancer maladroitement vers lui, couvert d'eau, de vase et d'algues. J'en ai jusque dans les cheveux et mon visage est exceptionnellement sale. J'ai de la terre jusque dans mon slip, et ça gratte terriblement. Ça ne m'empêche pas de m'accrocher au cou de Marius, d'une parce que c'est moins fatiguant que de demander à mes jambes de me porter, de deux parce que j'aime bien. Ça m'inquiète que j'aime bien, c'est pas très amitié virile et compagnon d'armes quoi. On devrait s'échanger des clopes et des adresses de bonnes putes quoi. Je fronce les sourcils, en proie à d'intenses réflexions. Puis... bof, j'y réfléchirais plus tard.

Là en fait j'ai envie de rentrer, parce que j'ai froid, faim, et très envie de chier. Puis... ah oui, il faut que je me lave, j'ai dit à Marius que je serais un garçon propre maintenant. Il faudrait que je lui demande tous les combien de temps il le fait, lui, ça me servirait de repère. J'ai entendu dire que ça se fait plusieurs fois par semaine, ça me paraît très fastidieux.

Je tire sur la manche de Marius, pour lui faire comprendre que j'ai envie qu'on parte.
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MessageSujet: Re: "Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]   Ven 8 Juil - 13:13

La petite fille avait reculé, alors que ses doigts ne l'avaient même pas effleuré, perdue et seule, elle appelait son père comme si c'était le seul capable de la tirer de là. Marius mordilla sa lèvre inférieure, toujours aussi tendue, il avait néanmoins repris son sang-froid, et redevenait impassible, il ne savait pas ce qu'il devait faire. Il avait un peu de mal avec les enfants, et c'était un peu la première fois qu'il devait s'en occuper, enfin... il n'allait tout de même pas la laisser là ? Toute seule, sale et tremblante dans un monde qui pourrait la détruire d'un geste de la main ? Les rues d'Ishtar n'étaient jamais sûres, et si elle bougeait de cet endroit, sans personne, elle pouvait tomber entre les mains d'un homme aux attentions plus que perverses. Il soupira en laissant ses mains tomber le long de son corps, elle ne paraissait pas comprendre réellement la situation, sans doute la vérité était-elle trop dure, ou qu'elle était encore un peu jeune pour comprendre, Marius n'aurait su le dire. Il avait peur de la forcer à les suivre, et de récolter des cris et des pleurs d'angoisse, comment lui prouver qu'il ne lui voulait pas de mal ?

Surtout qu'il avait été aussi son ravisseur, il se tourna vers Mist qui péniblement venait les rejoindre, il lui désigna d'une main lasse la petite fille, si jamais son ami avait une idée, ou pas... Mais après tout... qu'est-ce qui pouvait les pousser à prendre la petite avec eux ? Elle était l'enfant de leur ennemi, et sans doute allait-elle rejoindre l'Église une fois adulte, qu'avaient-ils comme raison de la prendre avec eux ? Marius pensait bien la ramener à la masure, mais c'était dangereux ; une enfant dans cet endroit, c'était un peu comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Il ne savait même pas s'ils accepteraient de s'en occuper un peu, le temps que tout redevienne comme avant, ou du moins qu'ils puissent trouver une solution pour elle. Bien évidemment, ils pouvaient la ramener chez elle, et attendre que son père eut un autre coup de folie et la tuât sans le moindre remord, comment un homme pouvait-il vouloir tuer son enfant ? Pourtant, Zélig avait semblé être plein d'amour pour sa petite fille, qu'est-ce qui avait pu le pousser à faire ça ? Et à s'en prendre à Mist en plus ! Il était plein de colère pour Zélig, et l'envie de lui mettre son poing dans la figure le démangeait, mais oubliant qu'il avait tué (encore) par erreur un homme lui ressemblant, Marius avait juste envie de retourner au chaud et d'oublier cette histoire sordide.

Il sursauta un peu en sentant Mist lui tirer la manche, il approuva silencieusement le sourd-muet, et lui montra d'un signe de tête la petite fille qui continuait de pleurer. Il frotta son visage mouillé, le cou plein de vase, les cheveux puant l'humidité, il avait un peu froid, mais devant ce qu'il s'était passé, Marius était un peu détaché de ces petits détails. Il était encore un état de choc, même s'il était redevenu impassible, Mist avait du mal à marcher, et lui aussi montrait des signes de fatigue, ils venaient d'avoir une belle frayeur. Marius se leva et s'approchant de la petite, il lui prit sans un mot la main. Il la releva plutôt avec douceur, sans se soucier si elle voulait oui ou non qu'il la lâchait, sans se soucier si elle avait pu avoir peur de lui. Il fallait rentrer, au moins pour mettre des vêtements chauds. D'ailleurs, il jeta un regard vers la maison du Prêtre, songeant qu'ils auraient pu se rendre là-bas, laisser la petite, et voler quelques vêtements, mais les domestiques n'allaient soit ne pas les laisser faire, ou soit appelé La Garde Impériale, solution peu agréable, tout de même. Il se retourna vers Mist, et remuant un peu, il lui dit, la voix enrouée :


— Si tu as du mal à marcher, appuis-toi sur moi, je pense que le mieux est de rentrer avec la petite en se faisant le plus discret possible.

Marius souleva alors Innana pour la porter, et la serrer contre lui, si jamais elle montrait l'envie de s'enfuir de ses bras. Il passa une main dans les cheveux de l'enfant pour lui dégager le visage, puis dans son dos pour essayer de la rassurer, il n'était pas très doué avec les enfants, et savoir qu'il devait au moins la ramener dans la masure lui dérangeait un peu. Cependant, que faire ? Hein ? Il ne pouvait pas la laisser ici, toute seule, tremblante de froid, et terrorisé, il lui murmura quelques paroles qui se voulaient un peu rassurantes, un peu gauche. Il se racla la gorge, songeant qu'il aurait pu certes tenter de voler une Charette, ou un cheval, mais il se souvenait encore lorsque Mist avait sauté de sa monture, lorsque justement, il était venu rendre la petite à son père.

Et puis, le temps d'aller chercher tout ça... il avait peur qu'un autre drame se produise, que Zélig revienne soudain, et tente de les tuer tous les deux. Il commença à marcher, le soleil s'était levé depuis un petit bout de temps, et le froid envahissait leur corps fatigué d'angoisse, il avait le regard un peu vague, alors que la journée s'annonçait pleine de soleil. On pouvait même voir les rayons percer les nuages au-dessus de leur tête, le ciel était un peu gris, changeant et de mauvaise humeur, il semblait réfléchir. La pluie allait-elle tomber ? Malgré les rayons du soleil ? Le jeune homme s'avança doucement, s'éloignant de la grande maison du Prêtre, là où il avait échangé quelques secrets avec Mist, là où il avait cru le perdre. Pour l'instant... il se moquait bien de ce qui avait pu se passer dans le crâne de Faoiltiarna, il était redevenu son ennemi.


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"Quant à l'huile et au vin, ne les gâche pas !" [PV Marius]

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