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 Les Soupirs de la Sainte et les Cris de la Fée. [Marius]

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Á mon cerveau regretté

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MessageSujet: Les Soupirs de la Sainte et les Cris de la Fée. [Marius]   Ven 1 Juil - 11:07

Marius m'avait emmené avec lui faire quelque chose ! J'étais drôlement content, faut dire que Marius, c'est mon seul ami dans la vie. Enfin tu sais bien, c'est le seul qui prend le temps de me parler longtemps et tout, c'était le premier aussi, avec mes parents. Là il voulait qu'on aille dans une fumerie d'Opium, me demande pas pourquoi. Je crois qu'il voulait essayer, et puis il paraît que ça fait disparaître les soucis, et les soucis, il en a plein avec les contrebandiers, le terrorisme et tout et tout. Je crois qu'il a une tendance naturelle à la déprime aussi, il semble toujours mangé par son monde intérieur plein de dents. Et il sourit pas beaucoup. Au début ça me stressait parce que j'avais l'impression qu'il faisait la gueule quand il me voyait, mais en fait même si tu lui annonces un truc super, son grand maximum, c'est le petit sourire fade. Enfin j'me suis habitué quoi.

Donc je suis Marius dans les rues des Bas Fonds, suivi moi même par Mais Dors qui ne manquerait pas une sortie en ma compagnie pour rien au monde. Les autres chiens dorment, mais de toute façon ça aurait fait beaucoup de monde pour pas grand chose alors c'est bien qu'ils ne viennent pas, même si ça me fait un peu bizarre d'être que deux.
Marius adopte un pas rapide, ce qui m'oblige à trottiner derrière lui parce que j'ai de plus petites jambes. On fend la foule sans la regarder et on finit par arriver dans un endroit qui pue avec des gens qui semblent dormir partout, ou avoir un orgasme, je sais pas trop, quelque chose entre les deux. Je n'ai jamais chassé le dragon, ça coûte trop cher pour moi, alors là, ça sera de la putain d'innovation ! J'me suis même lavé et j'ai refait ma coloration pour marquer le coup ! Et j'ai lavé Mais Dors aussi ! Elle a pas aimé, mais maintenant elle a le poil tout gonflé et tout doux. Moi j'ai l'air con parce que le colorant de mauvais qualité a coulé sur mon visage et j'ai des lignes bleues jusqu'au ventre.
Enfin on s'en fout.
Marius paie le monsieur du comptoir qui nous montre une paillasse sale avec du matos bizarre dessus, une pipe et de l'Opium. On s'assoit sur la natte tressée qui semble avoir vu des jours meilleurs puis le terroriste place l'Opium dans le bon trou et allume par dessus, puis tire. J'ai déjà fumé alors je sais comment on fait, mais j'ai peur que le produit me pique la gorge. Marius prend de longues bouffées de fumée, je compte même combien il en prend pour faire exactement pareil ! Ça a pas l'air de le rendre spécialement heureux. Il me tend la pipe et je l'imite. La fumée ne me fait en fait pas mal, même si à un moment ça me pique beaucoup les yeux. Une fois que j'ai pris trois bouffées exactement comme lui, je lui redonne la pipe et on recommence. On s'échange plusieurs fois le calumet de la paix, mais ça ne me fait rien. Je le dit même à Marius.

« Ça ne met fait rien ! »

Et puis si, en fait, après que je l'ai regardé un moment en chien de faïence. En fait, j'ai très, très, très envie de dormir. Puis je me sens bien, au chaud, je suis en sûreté. Je ressens rarement ce genre d'impression. Je prends Mais Dors dans mes bras – qui a du coup inhalé pas mal de fumée aussi et semble dans le pâté – et je me roule en boule contre Marius. Je ferme les yeux, je coule, le visage dans la fourrure toute douce de mon chien.

Avec la clarté stupéfiante des rêves, je sais que je suis dans mon lit chez mes parents. Je le sais, parce que je suis avec Marius et qu'il ne peut rien nous arriver, puisque Marius est là. Et quel est l'endroit le plus sûr ? Chez mes parents, quand je suis petit, bien avant mes quatorze ans. Il me fallait comme décor mental le seul endroit et le seul temps absolument serein que je connaisse... la logique des rêves. Je ne sortais jamais de chez moi et n'avait pas la curiosité de voir dehors. Je rajuste mes quatre pattes pour être mieux placé – je suis un chien – et Marius peut voir le monde et lui même tel que je vois tout ça : plein de choses à regarder – j'ai une très bonne vue – et les gens sont principalement des bouches, parce que c'est ce que je fixe le plus. Il y a plus qu'une absence de bruit, c'est le silence total dans ce monde, il n'y a jamais eu de son et il n'y en aura jamais, mon cerveau ne peut pas en imaginer.

Mais ceci n'est qu'une introduction, le flash de plaisir induit par la consommation d'Opium, ça va pas durer, les choses bonnes comme ça ne durent jamais. C'est imminent, et rien que d'y penser, ça rapproche le moment. Je soupire et pose ma truffe humide sur Marius, parce que c'est ce que je retiens des chiens beaucoup : leurs truffes humides.
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MessageSujet: Re: Les Soupirs de la Sainte et les Cris de la Fée. [Marius]   Ven 1 Juil - 12:55

— Hum...

Fut la réponse du jeune homme, lorsque Mist lui tendit son ardoise, mais il n'avait même pas réussi à lire ce que le sourd-muet avec inscrit dessus. Marius se laissa tomber sur le côté, l'esprit embrumé, le crâne rempli de délires qu'il ne comprenait pas, il ferma les yeux et s'abandonna à ces images qui doucement, envahissaient son esprit et déchiraient le voile de la réalité. Il sentit encore quelques secondes Mist se rapprocher de lui, mais ce fut la dernière chose « concret » qui lui arriva, car le reste disparut dans un amas de brume et d'odeur. Il avait l'impression que son cerveau servait d'enclume à un marteau, alors que ses yeux s'ouvraient lentement dans ce rêve réellement étrange qu'il faisait, ou qu'il croyait faire, ou qu'il partageait... il ne savait pas, et il n'avait pas envie de savoir, réfléchir devenait trop lassant, à force. Enfin, quand le terroriste se réveilla dans son propre délire, il vit un chien qu'il n'avait jamais croisé auparavant, mais qui lui disait quelque chose. Marius ne percevait rien d'autre qu'un silence écrasant, si bien qu'il n'osait pas ouvrir la bouche, trop peu sûr de ce qu'il pourrait dire. Il passa une main faible devant ses yeux, l'impression que tout ceci était étrange devenait de plus en plus forte, au fur et à mesure qu'il découvrait les courbes de son délire.

Quand le jeune homme tourna la tête, le chien prés de lui, il nota la présence d'une chaise de métal géante où des pieux sortaient de toute part. Des pieux presque aussi grands que la chaise elle-même, et lorsqu'il se rapprocha pour mieux la détailler, il découvrit une énorme silhouette assise dessus. Fronçant les sourcils, il leva les yeux sur cette face grise, dont la bouche ouverte tombait sur le côté. Une substance noire glissait de ses lèvres et tombaient sur ses genoux, ses bras étaient posés sur ceux de la chaise, traversés par des pieux de fer et la tête baissée vers ses genoux, la silhouette bougeait très peu, si bien que par moment, Marius la croyait morte. Au bout d'un moment tout de même, il remarqua la présence d'une longue chevelure grise nouée en queue de cheval, et quand il essaya de voir les yeux du géant, il trouva un regard bleu et sombre, vide, sans émotion, enfoncé dans ses orbites. Son frère respirait doucement, et ne semblait pas l'avoir remarqué, il y avait son haut-de-forme posé contre la chaise, mais trouée, noircie par la moisissure. Ses mains étaient tachées de point rouge, gonflant sous sa peau grisâtre, tandis que ses ongles noirs se repliaient sur eux-mêmes.

Il bougea l'index, puis tourna lentement la tête vers une grande statue de leurs parents. Et à nouveau, Marius contempla cette image fantasmée de sa famille, sans peur, sans dégoût, il la contempla avec indifférence, et même lassitude. La statue ressemblait à deux cadavres en train de pourrir ensemble, et en temps normal, le jeune homme aurait voulu écraser son crâne contre un mur pour se reprocher d'avoir imaginé une telle chose. Ce n'étaient rien d'autre que deux cadavres, celui de sa mère assit à genoux, les vêtements de luxes totalement en lambeaux, alors que son père se trouvait juste derrière elle, une laisse dans la main pour tenir sa chienne de femme en l'air en la sodomisant, et un fouet de l'autre levé dans un ciel écarlate. Il avait un visage incroyablement impassible, de même que son épouse qui lui ressemblait, comme les deux cousins qu'ils étaient. Sa mère tirait juste la langue, la tête relevée comme pour boire les fines gouttes jaunâtres qui tombait du ciel pourpre. Marius sentit un malaise lui prendre l'estomac, mais il n'arrivait pas à en comprendre la raison, c'était sans doute cette horreur, ou voir ses parents s'adonner à un acte que leur fils cadet avait toujours méprisé. Il retourna son attention sur le Job gigantesque, toujours assis, et qui avait changé de point de vue pour lever cette fois-ci le petit doigt.

Derrière lui, on pouvait voir une grande porte de fer à moitié écroulée, où de nombreux pieux sortaient, dressés contre la chaise, perçant le cou de son frère qui ne paraissait pas s'en soucier. Marius examina longuement cette porte qui au bout d'un moment, lui rappela un vieux livre que son père avait toujours eu pour habitude de tenir entre ses grandes mains pâles, un livre qui renfermait toute la dévotion de sa famille. Pourquoi le livre ressemblait à une porte branlante ? Et de fer ? Il n'arrivait pas à le savoir, et rapidement, cette question fut oubliée pour autre chose ; sur la reliure, ou sur ce qui pouvait passer pour une reliure, du sang rouge vif coulait jusqu'à un sol crasseux et aride. Derrière le jeune homme, il y avait un immense désert noir qui ne paraissait pas avoir de fin, et devant lui, il y avait son frère et ce livre semblable à une porte.

Il regarda le chien, mais ne sut pas quoi faire exactement, il oubliait un peu où il se trouvait. Il ne percevait pas le moindre son, seulement des visions douloureuses et sinistres, il fit un pas vers le pied énorme de son frère. D'ailleurs, il portait une botte de cuir, et un pied totalement nué, tâché de noir, les ongles noirs aussi, prés desquels ont pouvaient lire tous les préceptes de l'Église que son aîné avait toujours suivit à la lettre. Marius cilla et fronça plusieurs fois de suite les sourcils, peu sûr de lui-même, et ne sachant toujours pas ce qu'il devait faire, parler ? Mais il n'arrivait pas à ouvrir la bouche, de même que son frère avait les lèvres cousues d'un fil d'argent. Il ne comprenait pas, et peut-être qu'il n'y avait rien à comprendre.

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MessageSujet: Re: Les Soupirs de la Sainte et les Cris de la Fée. [Marius]   Ven 1 Juil - 16:23

Marius brise tout, ça m'arrive dans la gueule avec la clarté des rêves, tout comme je sais que c'est Marius qui se trouve à mes cotés alors que je ne le vois pas clairement, enfin... pas comme dans la réalité. Je vois ce que j'ai enfin de voir à faire dire, si je me concentre sur quelque chose, un élément du décor, je saurais ce que c'est et une histoire de déroulera dessus, c'est clair. Je sais comment ça doit se produire, ça s'est toujours produit comme ça, et me retrouver dans la maison de mes parents, dans mon lit, ne me déplaît pas. Peut être que Maman viendra m'apprendre des mots ? Elle me montrera une image, puis un mot écrit au dessus. C'est très long, d'apprendre les mots, mais je compte bien y arriver un jour. Et puis j'écrirais aussi ! Enfin j'aime bien ces moments, parce que sinon je suis tout seul à la maison et puis j'ai faim. Là peut être qu'on va apprendre les objets de la maison, je crois que c'est ça, ou les animaux. Mais j'ai jamais vu d'animaux – même à vingt ans passé j'ai jamais vu la queue d'un canard alors que je sais que ça fait « coin » et que y en a des vilains – alors je préfère les objets.
Mais Marius brise tout.

On se retrouve dans un moment angoissant, avec une grande chaise de torture – je crois que j'en ai vu une en prison, à travers une porte entre ouverte en passant – et il y a quelqu'un d'assis dessus ! C'est Marius en géant ! J'ai envie de m'évanouir d'horreur, mais en fait c'est pas Marius, c'est quelqu'un avec l'air plus... mort, qui lui ressemble certes mais c'est pas lui, il est à coté de moi le vrai. C'est p'tète son père ? Ou un cousin bizarre ? Ou son frère... je n'en sais pas beaucoup de la famille de mon ami, je sais que c'est un noble, et j'ai depuis lors évité soigneusement le sujet, me doutant vu les circonstances que ça devait être douloureux ou compliqué. Enfin il m'est venu à l'esprit l'idée stupide que s'assoir sur une chaise pleine de pics et vomir du pétrole, ce n'était pas très gentil. Il devait être méchant alors ! Ah, j'en sais rien.

Ensuite y a des pseudo-Marius qui baisent, ils sont plus vieux. Je voulais pas voir ça ! Je ne savais pas à quoi ça ressemblait, une sodomie*. Et je sais que ces images horribles viennent de Marius, puisque c'est des gens qui lui ressemblent, sa famille doit vraiment pas être gentille. Je parle, mais comme dans un rêve rien n'est logique, j'ai le droit. En fait ma gueule s'ouvre et des mots sont transmis, mais sans le son. Moi j'imagine de l'écrit, quand je parle, mais je n'ai pas la même perception du monde que Marius. Tout ce que j'envisage du son, c'est quand par exemple un gros chariot passe et fait résonner la chaussée, et que les vibrations passent à travers moi. Donc, je transmets du sens, quelque chose, mais pas vocalement, je peux pas, même en rêve.

- Marius tu me fais peur ! Arrête !

Mais il s'en fout, y a un livre ! Un livre qui est une porte. Il contient des textes sacrés, mais du sang aussi, puisqu'il saigne. Il vit ? Je ne sais pas, je colle mon épaule à la jambe de Marius pour me rassurer par son contact, mais j'ai peur qu'il s'en aille et me laisse là. Je ne comprends pas ces images qu'il me fait subir. J'essaye de lui communiquer mon angoisse, je lui envoie même. On se rapproche encore d'un être horrible avec la bouche cousue, ça me fait encore plus peur. Je n'aime pas ce genre de sévisse, j'ai l'impression d'une... injustice. Moi j'ai la bouche cousue tout le temps, et on en fait pas tout un plat.

- Viens !

Je fuis, et je prends la manche de Marius... avec ma main. Je redeviens humain, mais mon corps est plus horrible et plus misérable qu'en réalité, il est tel que je le perçois, trop faible, il me fait mal, il me lâche quand j'ai besoin de lui et il n'a rien en commun avec les jolis humains qui traversent ma vie, comme Marius qui reste beau même dans une serpillière. Fini les rêves où je suis un joli chien dans la maison de mes parents ! Je l'emmène avec moi dans les rues d'Ishtar comme je les vois : grandes, puantes, mais familières. Et il neige, et la peau sous mes pieds gèlent au contact du sol et je saigne quand elle s'arrache. Ça m'était arrivé une fois par grand gel que mes pieds collent au sol à cause du froid et ça m'avait beaucoup marqué parce que j'avais eu très mal. Mais je cours quand même en tenant Marius parce que c'est le seul truc bien dans ce décor où il a plus d'ordure, de gens méchants que dans la réalité. Et on est poursuivi, au début c'était par les horreurs de Marius mais maintenant je ne sais plus, c'est peut être les miennes, en tous cas on est poursuivi par quelque chose d'horrible et je ne veux pas me retourner pour voir ! Je cours, et je sens un homme me masser la cuisse. Je hais ce corps ! Il marche mal, mais en plus pourvu que tu le nourrisses un peu et que tu le laves, des gens bizarres essayent de te faire des choses. J'aimerais le tuer, ou être un chien. Et on continue de courir, j'ai conscience d'avoir du mal à respirer et mal aux muscles tellement je cours, mais vaut mieux ça que d'être rattrapé par le truc horrible qui nous poursuit et que je sais pas ce que c'est. A un moment, un moment affreusement angoissant, je trébuche dans la neige et je me cache contre Marius. La chose va être sur nous !

* Mist n'a hélas pas de connexion ADSL.
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MessageSujet: Re: Les Soupirs de la Sainte et les Cris de la Fée. [Marius]   Ven 1 Juil - 17:43

Et soudain, sans qu'il comprît pourquoi, une voix résonna dans toute sa tête, ou plutôt elle le raisonna. Il ouvrit et ferma les yeux plusieurs fois de suite, il ne connaissait pas cette voix, elle lui était totalement étrangère, et pourtant, elle lui semblait si proche de lui... et même s'il voulait ordonner à ses yeux de changer de direction, ces derniers restaient fixés sur ce frère, ce grand frère qui autrefois lorsqu'il n'avait été qu'un enfant, lui avait tant fait croire que l'Église était la clef de tout, et qu'elle représentait son avenir, ainsi que son désir de Justice... mais ce frère, assit sur ce trône plein de pieux, ouvrait toujours sa bouche tombante, d'où cette substance noire coulait, comme de l'eau, mais une eau pourrie par... ?

La voix lui disait qu'il l'effrayait, mais pourquoi ? Parce qu'il avait en face de lui l'image même de ses vieux démons ? La voix avait peur, et lorsqu'il baissa les yeux, le jeune homme retrouva son ami, le corps tout tremblant, terrifié et qui ne comprenait pas ce qui se tramait dans cet esprit aussi détraqué qu'un jouet d'un enfant, les yeux levés vers lui. Le terroriste ouvrit la bouche pour s'excuser, mais sa gorge le brûlait, l'image de Mist s'imprima sur sa rétine, alors que celui-ci lui dit de venir, il... il ne savait plus ! Il était totalement perdu dans les méandres de ce crime abominable, si bien que sa raison se perdait, plus il passait de temps en... lui-même ?

Car il était en train d'extirper de ses entrailles, tout ce qu'il s'était évertué à cacher ? Il sentit Mist lui saisir la manche de sa chemise, et il oublia alors le chien qui s'était tenu prés de lui, et comme un con, sans être capable de s'excuser, le jeune homme se mit à courir en même temps que son ami. Oublié les images de son frère et de ses parents en train de baiser comme des bêtes, oublier toute cette terrible torture, doucement, il entrait dans le monde que Mist voyait en lui-même. Il marcha dans quelque chose de froid, tandis qu'un air glacial entrait dans ses poumons pour le geler de l'intérieur. Il frissonna, secoua la tête et continua de pousser sur ses jambes pour fuir... quoi exactement ? Quand il se retourna, il crut qu'il allait vomir ses tripes sur le pavé enlisé par la neige de la capitale. Au début, il ne savait pas exactement ce que c'était, si c'étaient bien son père tirant sur la laisse de sa mère pour le poursuivre, ou bien son frère en loque qui s'était levé de son trône de pieux pour les poursuivre, mais il ramena toute son attention sur son compagnon d'infortune. Il avança à toute vitesse dans les ruelles, cherchant à fuir ce que Mist fuyait, oubliant l'image affreusement sordide qu'il avait de sa noble famille !

Marius n'osait pas se retourner pour contempler l'horrible cauchemar de Mist, mais il pouvait déjà sentir la tension dans le corps de son ami ; il accéléra la course, le coeur battant, l'estomac retourné et soudain, Mist trébucha en l'emportant avec lui dans sa chute. Comme une larve, Marius s'écrasa dans la neige en s'égratignant le coude, ses mains s'enfoncent dans la froideur de la neige, et en quelques secondes, il sentit la fièvre le prendre ; un atroce mélange de chaux et de froid engourdit tout son corps. Il ne savait pas exactement ce qui arrivait, mais la Chose ne devait pas arriver. Il laissa Mist se cacher derrière lui, et aussitôt, il fouilla dans sa botte s'il ne retrouvait pas son poignard, mais sa lame avait disparu. Elle n'était pas glissée entre un pan de son pantalon et le cuir, non... elle n'était pas là... et son arbalète ? Il tâta son dos, son ventre, mais rien ne tomba sous ses doigts, n'avait-il donc rien pour le protéger ? Il pesta entre ses dents et soudain, il hurla de douleur. Enfin il imita un hurlement, il souffla beaucoup, grimaça énormément et bougea sa main droite dans tous les sens. Car de celle-ci... dans sa paume pleine de sang et d'éclat, se trouvait une lame noircie de rouille, dressé comme un dard. Il se releva en chancelant, la main pleine de sang et de rouille, il ne la sentait plus, si bien que ses doigts ne bougeaient plus, même lorsque son cerveau en donnait des ordres. Il devait protéger Mist.

Le jeune homme ne voyait plus rien, ou presque, distinguant à peine une grande silhouette sombre, où des bouts de verts sortaient d'un peu partout. Il y avait un grand éclat de verre dans une narine, plusieurs fleurissant dans ses orbites crevées, et sa langue pendante, était plein de morceaux de miroir, elle lui tombait jusqu'au genou. La grotesque créature hurlait et tendait les mains vers eux, nue, elle semblait aussi dangereuse que les images de sa famille. Marius ne savait pas si ça venait de Mist, ou bien de lui, ou peut-être que ce qu'ils voyaient était un grossier mélanger de leurs démons, mais la main lourde et tremblante, le jeune homme s'avança vers la créature. Il passa une autre main sur son visage, et serrant les dents, le coeur aux bords des lèvres, Marius bondit sur le monstre en essayant de lui planter la lame dans le coeur. Mais il sentit contre son épaule le front de la créature, et celle-ci en mettant la tête arrière, lui donna un coup de tête dans la poitrine, les éclats sortants de ses yeux se plantèrent dans son torse et Marius vomit sur le côté. Il s'écroula dans la neige, un morceau de verre planter dans la poitrine, avec un morceau d'oeil transpercé à l'autre bout. L'oeil était aussi bleu que son regard, et après quelques mouvements paniqués du jeune homme, il explosa dans un flot de sang et de poussière. Marius se laissa tomber, tout tremblant, comme un moineau blessé, et peinant à respirer, il vit la créature se rapprocher de Mist.

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MessageSujet: Re: Les Soupirs de la Sainte et les Cris de la Fée. [Marius]   Ven 1 Juil - 20:42

Un gros démon plein... plein... DE MIROIR CASSES ! Je veux pas me voir ! Je suis moche, c'est bon, je suis au courant ! Des fois je me vois dans des flaques d'eau, et ça me suffit. Une tronche comme la mienne, j'aimerais pas la croiser, ça c'est sûr. Si j'avais un enfant comme moi, j'irais le noyer ! Ça doit être pas facile pour Marius de me voir tout le temps, vu comment je suis tout moche. Il a du mérite, ça c'est sûr.

Je me roule sur le ventre et je me cache les yeux, on est jamais trop prudent. Mais... Marius affronte le monstre tout seul ! Je me retourne ou pas ? Je peux pas ! Et puis Marius est beau, comment pourrait il craindre un monstre avec des miroirs sur lui ? Ils sont ternis et brisés en plus ! Comme dans une maison abandonnée que j'ai vu une fois, ça devait être une maison de gros richousse, vu les boiseries partout, le papier-peint rayé et les miroirs. Parce que c'est un produit de luxe ça, tout le monde a pas un miroir à la maison ! D'ailleurs j'me suis vu dedans ça m'a fait peur, j'ai cru qu'il y avait un autre moche dans la pièce avec une tête de hibou surpris. Enfin bref, je n'aime pas les miroirs, voilà.

Mais Marius est blessé ! Quand je me retourne pour voir si le monstre est parti, je peux voir qu'il est au sol, dans la neige, et couvert de sang ! J'ai envie de pleurer. Et si Marius mourrais en me laissant ici tout seul ? Visiblement il s'est battu, mais il a perdu. Je rampe vers lui pour voir si il est toujours vivant et... le monstre se rapproche de moi ! IL EST TOUT PRES !

- NOOOOOON !

Je rampe comme la pitoyable merde que je suis pour esquiver un monstre gigantesque. Quand il plaque sa main pour m'écraser avec ses bouts de miroir, je roule avec agilité sur le coté. J'ai toujours été doué pour la fuite. Mais je ne dois pas regarder ! Je tourne la tête de temps en temps pour vérifier la menace, mais ça me fait peur ! Ça me fait beaucoup trop peur ! Je pleure tout ce que je peux et je m'abrite derrière une poubelle en rampant sur mes coudes. Le monstre l'envoie voler. Au moins, tant qu'il est sur moi, il ne s'occupe pas de Marius, c'est toujours ça de pris. Je ramène mes genoux contre ma poitrine et je pleure, je vais mourir à cause des miroirs, comme c'est prévisible. Mais...

- Oh ! Des chiens bleus !

Je vois des chiens à la fourrure bleue bondir dans le ciel sous la lumière de la lune – qui est pleine – et atterrir dans la neige. J'ai le visage illuminé de joie, parce que ce sont des très beaux chiens, tout comme je les imaginais petit, quand il fallait quelque chose pour me rassurer la nuit quand le coin où je dormais était plongé dans le noir – étant pauvre, ma famille vivait dans une seule pièce. J'ai toujours eu très peur du noir, mais ça tu le sais. Donc les chiens bleus bondissent autour du monstre, qui s'enfuit dans la neige et le brouillard, on ne le voit plus. Puis les chiens volent vers Marius et le lèchent, et comme ça il est guérit* ! Puis ensuite ils retournent sur la lune en bondissant et en faisant de la lumière bleue. Moi je cours vers Marius et je le sers dans mes bras, parce que j'ai eu peur pour lui, puis je le tire par la manche pour qu'on court, parce que le monstre va peut être revenir ! Marius a tendance à attirer des trucs dangereux.

Donc, on court on court, puis je me faufile dans un trou dans un mur, qui tombe sur un genre de pièce, mais pas aménagée. C'est une maison en ruine, et on est dans ce qui était autrefois un salon. J'aime bien passer mes doigts dans les creux entre les briques pour faire tomber le mortier, même que j'en ai délogé quelques unes comme ça. Je me sers contre Marius contre le mur, on voit l'extérieur de là où on est, mais pas trop. Le seul avantage de cet endroit, c'est qu'il abrite de la neige, mais sinon il fait froid tout pareil et le sol est en terre battu. Mais la neige et la pluie, c'est mon grand ennemi. Je regarde d'un air craintif dehors. Oh ! La voilà ! Une silhouette en robe noir avec une faux passe suivi d'un chariot tiré par un cheval noir. Elle passe lentement, puis elle s'en va.

- Bon ben c'est fini, on peut sortir maintenant !

Je dis ça mais je sors pas, je regarde Marius, il sait mieux que moi ce qu'on doit faire, il est plus intelligent.

* Mist a les deus ex machina qu'il peut.
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MessageSujet: Re: Les Soupirs de la Sainte et les Cris de la Fée. [Marius]   Ven 1 Juil - 23:21


Marius n'avait plus conscience de ce qui se passait autour de lui, il ne percevait même plus les murmures du vent – s'ils existaient ici-bas —, il était tombé dans un monde aveugle et sourd. La seule sensation qu'il avait encore, c'était celle du froid qui fondait dans ses veines, glaçant ses poumons, et ralentissant son cœur dans ses battements. Son encore chaud coulait contre lui, et venait se répandre sur la neige en de multiples tâches rouges, comme de l'encre jetée d'une main nerveuse sur un parchemin. Quelque chose écrasait son corps, mais il ne savait pas exactement quoi, il n'avait plu s mal ; c'était déjà ça. Il oublia qu'il rêvait, ou plutôt il crut qu'il allait mourir dans cette minuscule ruelle d'Ishtar, tué par un manant qui en voulait à son argent, alors... c'était donc ça... mourir ?

C'était bien long, bien drôle, bien curieux ; ses jambes étaient trempées de son sang et de neige, ses vêtements humides se collaient contre lui. C'était vraiment curieux... sentir le froid, sentir la chaleur de son propre sang, mais pas la douleur... c'était juste que... l'agonie devenait drôlement longue. Eh ! N'avait-il pas pris un coup d'éclat de verre dans la poitrine ? Le morceau l'avait bien transpercé, n'est-ce pas ? N'aurait-il pas dû rejoindre l'Ombre... il y avait deux minutes de ça ? Prendre autant de temps pour mourir... c'était d'un grotesque ! Certes, Marius avait conscience que mourir, ça ne se faisait pas comme ça, ça pouvait être rapide, comme ça pouvait être long, mais là... ça faisait tout de même beaucoup, beaucoup trop !

Et à nouveau, une voix étrangère qu'il était certain de n'avoir jamais entendu emplit son esprit, elle résonna dedans comme si on venait de hurler dans une corne, et encore, elle le raisonna. Des chiens bleus ? Non... il avait bien... entendu ? Pensé ? Pensé... des chiens bleus ? Non. Marius voulait bien songer que son père couchait avec sa mère comme un chien prenant sa chienne, mais des canidés à poils bleus, volant dans les airs... c'était tout simplement débile. Il ne pouvait y croire, hein ? Alors que de ses délires, naissait des choses affreuses, reflets qu'il était bien moins sain qu'il voulait bien le montrer. Persuadé que son imagination lui jouait des tours, et que cette force débile, il en devenait le dindon, Marius se tourna sur le côté. Il grimaça, la douleur venait de revenir lui arracher les tripes et lui retourner l'estomac.

Il soupira et souffla, peinant dans ces simples exercices, mais au moins, la souffrance lui rappela qu'il n'était pas totalement mort, et que son esprit était encore dans son corps. Des chiens bleus ? Depuis quand des chiens bleu a apparaissaient pour sauver les enfants ? La voix de son crâne avait-elle bien vu ce qu'elle voyait ? Ou était-ce un autre effet de toute cette mascarade ? Complètement infernale ? Sur le dos, il posa sa main sur son torse, rouvrant à demi les yeux, il chercha Mist du regard sans le voir, mais il grimaça, lorsqu'il sentit une langue chaude et humide lécher son visage, puis son torse blessé. La truffe toucha sa main meurtrie, mais ne daigna pas la guérir, au contraire, c'était apparemment sa seule arme.

Marius ne vit pas les chiens disparaître, mais il se releva sur ses coudes, sentant soudain Mist se serrer contre lui. Il peinait à recouvrer ses esprits, et il avait l'impression de marcher dans du coton... enfin, pour ça, il aurait fallu qu'il songeât à se lever. Il posa sa main sur l'épaule de Mist qui l'écrasait dans ses bras, il tourna la tête, à la recherche du danger, mais la voix hurla dans son crâne avec une telle force qu'il crut que son monde retrouvait les sons. Mais mis à part un son strident vrillant son crâne, il n'y avait rien ; Mist saisit la manche de chemise, et l'emporta avec lui dans sa course.

Il poussa sur ses jambes, oubliant ce qu'il fuyait, oubliant même pourquoi ils fuyaient, il ne fallait pas rester ici, c'était tout ce qu'il y avait de plus clair. Alors il déambula dans ces ruelles qui étaient bien loin de celles de la réalité, et dans sa réalité, les ruelles devenaient de plus en plus étroites, et les murs de plus en plus, cachant ainsi la vue d'un ciel noir comme le sang qui avait coulé de la bouche de Job. Mist s'arrêta soudain, et Marius serra ses doigts, ou du moins, grimaça en émettant un son bizarre ; la lame était toujours enfoncée dans sa peau, pleine de rouille, infectée, mais ne percevant toujours aucun son, Marius retourna son attention sur son ami pour aller le rejoindre dans le trou. Il se laissa tomber dans le salon plein de poussière, et pourquoi un salon ? Pourquoi pas une salle de torture ? Comme il y avait chez « lui » ?

Il haussa les épaules, totalement désespéré par ses propres réflexions, et alla contre le mur, laissant Mist se serrer contre lui, il regardait dehors, où comme par magie, il pouvait voir à travers les murs la grande silhouette sombre. Son cœur battait si fort dans sa poitrine qu'il avait l'impression que ce dernier allait sortir de sa gorge, ou bien qu'il allait simplement le vomir sur ses chaussures, joyeuse scène, bon appétit ! La voix retentit dans son crâne, et Marius avait beau cherché et cherché, il n'en trouvait jamais la source, il sentit juste le regard attentif de Mist. Ils pouvaient sortir... selon la voix, mais contrairement à ce qu'elle espérait, Marius ne pouvait pas lui donner de réponse, lui-même ne le savait pas.

Qui pouvait affirmer haut et fort qu'ils étaient en sécurité dans cet endroit ? Il ravala sa salive, loin d'être conscient de ce délire qu'ils partageaient, il quitta Mist pour longer le mur, sa main-lame passant sur le mur, griffant les pierres dans un silence terrible. Ses yeux rencontrèrent un escalier qu'il désigna à Mist. Les marches n'étaient pas réellement des marches, mais des morceaux de chairs rouges encore vivantes, frémissants, mais Marius posa tout de même son pied dessus, sentant à peine la chaleur qui vivait en dessous, mais de sa main sans lame, il toucha la rambarde qui se trouvait être un grand os écarlate, doux comme du velours, mais qui devenait de plus en plus visqueux, plus ils montaient à l'étage.

Et que trouvèrent-ils à l'étage ? Une femme à la chevelure noire comme les ailes d'un corbeau, nue, le ventre rond et pourtant ouvert, exhibant une tripotée d'organes, où de petits bébés sortaient et couraient tout autour de la mère. On aurait dit des figurines, qui gambadaient en riant sans émettre le moindre son sur leur mère, pas encore morte. Aniya — l'amie de Marius — avait les mains attachées, les jambes écartées, où du sang coulait en abondance, un morceau d'intestin pendouillait tout le long de sa jambe, et on pouvait voir les minuscules bébés s'entraider pour le retirer de son corps, un peu comme Gulliver visitant le monde des Lilliputiens. Elle pleurait, et Marius se rendit compte que ses yeux ressemblaient à ceux d'une mouche, elle ouvrit la bouche et cracha une nouvelle poignée de bébés nus qui s'entretua alors, et ils avaient tous une touffe de cheveux gris sur leur crâne bombé, et d’yeux de mouches de couleur bleue.

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MessageSujet: Re: Les Soupirs de la Sainte et les Cris de la Fée. [Marius]   Dim 3 Juil - 11:58

Moi j'apportais des chiens bleus, l'image chaude et rassurante de la maison où j'avais grandi, Marius lui n'apportait que du sang, il ne comprenais pas cet endroit : on en faisait ce qu'on voulait. Lui il était torturé de l'intérieur, et il voulait que ça continue. Moi aussi j'étais hanté par les expériences que j'avais vécue, et ça m'avait même détruit physiquement et psychologiquement, ne laissant de moi qu'un gamin terrifié et faible, prisonnier de son statut de victime érigé au rang de personnalité pleine et entière, mais contrairement à Marius j'essayais de ne pas y penser. Et je ne me le reprochais pas tout le temps.

Et je compris soudain que la logique intrinsèque de ces lieux, je la comprenais, et Marius pas du tout. Pourquoi ? Je réfléchissais à toute allure, mais je fus interrompu par des marches que mon ami avait fait apparaître, et qui étaient composées de sang et de tissus organiques répugnants. Mon cœur eu un manqué, et je regardais Marius d'un air désolé. Pourquoi continuait il à marcher vers elles ? Il fallait être maso ! Mais comme dit plus haut, contrairement à moi, Marius se reprochait énormément de chose. Moi aussi avant, mais six ans de faim et de souffrance avaient beaucoup diminué mon intellect et ma santé mentale, et il n'y avait que Marius que ça ne gênait pas d'ailleurs. J'étais coincé pour l'éternité dans le rôle de l'enfant battu qui ne comprend pas pourquoi le monde lui fait si mal, c'est pour ça que je voulais être un chien.

J'ai quand même suivi avec répugnance Marius sur les marches en sang, avec mes pieds nus au contact de tous ces organes. J'avais déjà marché sur ce genre de matériaux, parce que j'avais déjà tué de façon pas très propre. Ça correspondait exactement au souvenir que j'en avais, mais là je n'avais pas la satisfaction d'avoir assassiné un ennemi, juste je marchais sur des tripes. Horrible. Enfin on arrive en haut, face à un spectacle que je ne comprends pas. Une femme tripes à l'air et nue crache des bébés, et d'autres dansent autour d'elle avec ses boyaux dont ils se servent comme des rubans pour enjoliver la danse. C'est du Marius ça, et les bébés ont les cheveux gris. Je sens un souvenir douloureux dont j'ignore tout. Je ne veux pas savoir ! Pourquoi Marius se torture de la sorte ? Il ne veut pas de chiens bleus pour alléger sa peine, juste se retrouver face à ses démons pour qu'il le torture.
Et là je comprends.

Ce lieu m'appelle, il veut que je fasse parti de lui, c'est pour ça que sa logique m'apparait si claire. Et c'est ce qui va arriver, parce que le lien mince où je suis relié à une quelconque réalité diminue. Si j'avais eu plus d'expérience des récits de fiction, je saurais que les faire-valoir sont très mal barré dans ce genre de situation, que Marius va rentrer et pas moi, et que tout ce qu'on gardera de moi ce sera vaguement une mention rapide trois tomes plus tard où le héros se rappelle ce fidèle compagnon disparu pendant qu'ils exploraient une réalité alternative/le pays des morts/l'enfer en buvant une bière avant de l'oublier totalement pour aller tuer le grand vilain. Quelque part, très loin, mon cœur s'est arrêté et mon cerveau va pas tarder à faire de même, et je resterai là. Pas Marius.

Je crache du sang sur le sol, une quantité abondante. Et cela est le reflet exact d'un souvenir : celui qui concerne la disparition de ma langue. Lorsque Émile l'a coupé, j'ai craché beaucoup de sang, je me suis étouffé avec, j'en ai même vomis. Je regarde Marius, de la panique dans les yeux, et les bébés continuent de danser, mais je ne sais pas encore ce que cela signifie. Bientôt, me dit quelque chose. Je mets ma main sur ma bouche, mais le sang passe au travers. J'en crache, j'en crache, une quantité impressionnante. Bientôt je sens quelque chose poindre entre mes dents, mou, c'est ma langue. Je la crache par terre. Je tends mes doigts couverts de sang vers Marius, je m'accroche à lui, espérant qu'il me sauve ! Il m'a sorti de prison, mais trop tard, une fois que mon corps et mon esprit ont été brisé. Je parle, mais sans ouvrir la bouche, préférant perdre du sang :

- Pourquoi tu es arrivé si tard Marius ? C'est pour toi que j'ai fait explosé la bombe, en espérant tuer Uriel mais pour t'impressionner ! Et j'ai fini en prison ! Et pourquoi as tu préféré discuter tranquillement avec Zacharias et Eleanor au lieu de sauver mon bras ?

Et là, les doigts qui étaient en contact avec sa joue deviennent pourri, la gangrène est aussi avancée que dans mon souvenir, jusqu'au coude à peu près. Les doigts sont racornis, noirs, ils sentent mauvais, et l'auriculaire se décroche même de ma main, ne laissant que l'os de la première phalange et un peu de peau noircie. Je l'écrase dédaigneusement du pied, et continue d'avancer vers Marius, de me coller à lui. Ce que j'ai dit est partiellement faux, mais ce sont des choses que Marius se reproche. Je lui donne ce qu'il veut, comme j'ai toujours voulu le faire, comme j'ai toujours voulu lui être loyal. Il le sait très bien.

En plus du sang, de la fumée me sort de la bouche, puis je crache un charbon ardent, de la souffrance peinte sur le visage. Je continue mon monologue de fausses vérités, comme il le souhaite inconsciemment. Il se reproche toujours plein de choses. Je continue aussi à cracher abondamment du sang.

- Il m'a brûlé l'intérieur de la bouche ! Tu te rends compte ? Et tu m'as tabassé dans ta cave ! Ne pouvais tu pas voir que l'agression d'Eleanor était l'acte désespéré de quelqu'un qui avait faim ? Fallait il que tu te prouves quelque chose ?

Je titube vers lui éternellement, en crachant de plus en plus de sang, et des langues, et quelque fois du charbons. L'infection de mon bras se répand peu à peu jusqu'à mon épaule. Et mon corps meurt de plus en plus.
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MessageSujet: Re: Les Soupirs de la Sainte et les Cris de la Fée. [Marius]   Dim 3 Juil - 21:49

Et ils dansaient autour de la créatrice, ils dansaient autour de cette matrone défigurée par des yeux de mouches, et qui semblait parfois soupirer. Disgracieuse, vulgaire, et devenu qu'un simple objet sexuel dont un homme se servait, seulement lorsqu'il en avait envie, elle le regardait avec des yeux suppliants que lui arrachèrent plusieurs grimaces de peur. Mais tentant d'échapper à cet enfer, Marius se retourna vers Mist qui se mettait à cracher du sang, l'image même de la misère humaine se peignait sur sa figure transformée par la douleur, il se crispait, pauvre enfant persécuté par une vie trop dure, et la scène lui déchira le ventre. Il ne pouvait rien faire, il était juste témoins de la douleur d'un autre, et il ne pouvait pas l'aider, il pouvait juste contempler les flots de sang que crachait Mist.

Ça lui retournait les tripes, il ne pouvait rien faire, et il avait envie de vomir, comme toujours lorsque quelque chose lui était insupportable. Mist s'accrochait à lui, tellement désespéré que Marius vit tous ses rêves se briser en éclat, il était furieux contre lui-même, au point qu'il aurait voulu faire apparaître un autre lui-même pour l'égorger. Mist souffrait, Mist souffrait et il ne pouvait rien faire que de le regarder, cracher du sang et ce morceau de chair grouillant sur le plancher. Il ne percevait toujours pas le moindre son, mais il voyait la souffrance d'un ami, et rien n'était plus terrible pour lui.

Qu'aurait-il pu espérer ? Arracher à Mist cette souffrance pour qu'elle soit sienne ? Et qu'aurait-il fait ensuite, hein ? Il aurait encore craché du sang à sa place ? Eh bien ! Pourquoi s'enfonçait-il dans ces affres noires de douleur ? Pourquoi sa main était perforée par cette lame ? Pourquoi ne pouvait-il pas prendre Mist dans ses bras ? Et parler ? Parler pour le rassurer ? Car... il n'avait plus de voix, il n'entendait plus rien, il était dans un monde qui lui échappait. Il commença à transpirer, pris de fièvre, le jeune homme se laissa tomber par terre, les jambes trop tremblantes pour soutenir son poids. Et à nouveau, la voix parla, la voix emplit son crâne et il perçut cet éclat de colère qui lui déchira le coeur. Il fixa Mist en ouvrant la bouche, écoutant chacun de ces mots acides qui le brûlaient. Pourquoi... pourquoi était-il arrivé un poil trop tard ? Pourquoi n'avait-il pas pu éviter à Mist de subir tout ça ? N'en avait-il pas eu le pouvoir ? N'avait-il pas vu à ce moment-là l'adoration naissante de son ami ? Pourquoi... pourquoi à cause de lui, Mist avait souffert ? Pourquoi ?

Ces questions allaient et venant, de plus en plus abruptes, de plus en plus terrible, car sa gorge le brûlait, son cerveau cramait, et il ne devint qu'une coquille vide, voyant juste la souffrance de ce gamin qu'il avait admiré pour sa force, et sa volonté de survivre dans un monde qui ne voulait pas de lui. Pourquoi... lui qui essayait d'enlever la misère au Peuple, n'avait-il pas compris que l'agression d'Éléanor avait été poussée par la faim et la soif ? Pourquoi avoir frappé Mist à cet instant ? Pour se prouver qu'il était un homme ? Ce n'était pas en agissant de la sorte qu'il en serait un ! Combien de fois avait-il fui ce souvenir ? Ce souvenir qui à présent, lui arrachait le coeur, le corps de Mist disparaissait peu à peu, bouffé par la gangrène, bouffé par la détresse, et Marius ne voulait pas ! Lentement, il s'avança vers Mist et posa une main sur son épaule avant de le prendre dans ses bras ; il ne pouvait pas s'excuser, il ne pouvait pas parler, alors qu'il avait encore une langue, il ne pouvait que se taire et rester sourd à ce monde terrible.

Mais il serra son ami contre lui, dans ce mélange de chaleur et de crispation que toute marque d'affection lui procurait, jamais enfant il n'avait su ce que c'était une étreinte. Il avait été battu qu'une seule fois par son père, mais jamais il n'avait su, ce que c'était de recevoir de l'amour de la part de sa propre famille. Alors Marius serra Mist dans ses bras, car c'était tout ce qu'il pouvait faire en ce moment même. Il posa son front contre son épaule, et laissa ses mains glisser derrière son dos, et il rencontra du regard celle percée par cette lame qu'il enleva alors, en grimaçant, cette souffrance n'était rien, celle comparée à ce qu'avait ressenti Mist. Son sang coulait toujours, chaud, abominablement chaud, mais au moins, il put s'en servir pour écrire un simple :

« Pardonne-moi. »

Des excuses... toujours des excuses, c'était bien trop simple de s'excuser, c'était bien trop simple de proférer ce « patronne-moi », alors qu'il tenait contre lui ce pauvre gamin qui portait toute la misère sur ses faibles épaules. Marius resserra son étreinte, il ferma les yeux pour les rouvrir sur le dernier de ses cauchemars. C'était l'aîné de la famille, Salomon, le grand Salomon qui les représentait dans toute leur splendeur et leur vice. Mais le Grand Salomon avait perdu de sa superbe, il ne ressemblait plus à rien, il n'était plus aussi beau qu'avant, il n'était plus leur orgueil, il n'était que l'image du monstre qu'il renfermait. Ses cheveux gris avaient noirci et tombaient sur ses épaules, son chapeau haut de forme penchait sur le côté.

Il tenait une canne d'ébène entre ses mains blanches comme de la craie, affreusement blanches, et aux ongles tout aussi blancs. Il portait un long manteau noir, austère, et de ses yeux, on pouvait voir des vers se battre pour sortir et venir fondre sur le sol, des vers noirs bougeant dans tous les sens, se trémoussant dans sa bouche, et aussi dans ses oreilles. Mais toujours fier et droit, Salomon avança pour contourner les deux jeunes gens et s'avancer vers Aniya qu'il saisit par ses cheveux. Marius quant à lui, tenait toujours Mist dans ses bras.

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MessageSujet: Re: Les Soupirs de la Sainte et les Cris de la Fée. [Marius]   Dim 3 Juil - 22:51

Marius avait l'air horrifié, bouleversé, je ne l'avais jamais vu aussi expressif. Du sang continuait de couler le long de ma bouche et je le voyais le regarder, c'était un moment triste pour nous deux. Il voulait entendre ce que j'avais dit parce que ça le torturait dès qu'il posait les yeux sur moi et qu'il le pensait sincèrement. Il n'avait pas cherché à se défendre de mes accusations, il s'était contenté de s'effondrer.
Puis il m'a pris dans ses bras.

Il y a des moments beaux comme ça, j'en avais les larmes au yeux. Je continuais de saigner sur lui mais il s'en fichait, il me serrait contre lui. Je n'ai pas souvenir que ça soit arriver avant, moi je cherchais souvent à le toucher, à manifester mon affection, lui non. Je savais qu'il m'aimait bien, mais j'en avais conclue que ce n'était pas dans ses habitudes d'être très expressif et affectueux. J'en avais fait mon deuil, alors que moi, comme je cherchais peu à parler avec lui ou un autre tant la lecture labiale me fatiguait, j'aimais la communication non verbale comme les sourires ou les câlins, et comme j'étais très seul jusque là, les contacts physique, c'était comme un baume qu'on passerait sur mon petit cœur fatigué. Donc, j'aimais toucher Marius, mais de la même façon que j'aimais caresser mes chiens, sans agressivité, sans désir déplacé, pour m'assurer qu'il était là et pour lui dire que j'aimais qu'il soit là, avec moi. Quand nous nous étions revu après deux longs mois d'absence, je m'étais jeté sur lui pour me coller à lui et lui toucher le visage, j'étais tout excité, je me souviens. Ma seconde rencontre avec mon sauveur. Je n'avais pas pensé un seul instant que c'était de sa faute si j'avais perdu mon bras et ma langue, si j'avais tant souffert. C'était surtout le seul, le premier de toute ma courte existence à avoir cherché à me sauver et à me protéger, à se soucier de moi et de mon bien être physique après mes parents disparus, qui partaient de plus en plus loin dans ma mémoire, et dans mon esprit, comme un Eden lointain, comme un rêve qui n'a jamais concrètement existé. La réalité, c'était que j'avais faim froid mal tout le temps, que je crevais de solitude et que je n'inspirais à mes pairs que du dégoût, et que Marius était le seul qui me portait de l'affection, voire je crois du respect parfois pour mon endurance dans ce monde avec mon handicap par dessus le marché. Il ne considérait pas ça comme une faiblesse dont il faudrait être dégoûté, mais quelque chose avec laquelle j'arrivais à composer et à surmonter, et c'était source d'admiration. Comment aurais je pu vouloir à un tel homme ?

Mais un autre monstre arriva, il saisit la femme par les cheveux mais j'avais encore à dire à Marius alors il allait attendre. Je lisais le « pardonne moi » sur le sol, à mes yeux il n'avait pas lieu d'être. Je parlais dans sa tête, le sang continuait à couler de ma bouche. Ce lieu m'aspirait et me révélait la vérité, comme tu peux le voir

- Ce que j'ai dit, c'est ce que tu penses, ce n'est pas la réalité. Ça faisait six ans que j'étais à la rue, et tu es le seul qui ait cherché à me sauver. Je ne t'ai jamais rien reproché. C'est la faute à Uriel d'Arken, Émile Paole et tous ces gens là.

Je le regardais avec mes grands yeux humides en espérant qu'il le comprenne. Ça ne serait sans doute pas le cas, mais ça mangeait pas de pain d'essayer. Nous portions à nouveau notre attention sur le couple macabre qui s'agitait devant nous. Et l'homme viola la femme sous nous yeux. Je serrais mes doigts valides sur Marius, je ne comprenais pas qui était ces gens et le sens de la scène, mais je comprenais mieux le mauvais rapport qu'entretenait Marius avec la sexualité. Si il avait dû assister à des scènes comme ça...
J'aurais voulu qu'il fasse confiance aux chiens bleus, qu'il croit sincèrement que je ne lui en voulais de rien parce qu'il ne m'avait réellement rien fait – la bastonade dans la cave était quand même motivée, il ne me connaissait pas et j'aurais très bien pu avoir blessé ou violé son amie – et que je l'aimais beaucoup. Au lieu de ça, je continuais à souffrir, à cracher du sang et ma langue éternellement, et mon bras devenait de plus en plus pourri, il me faisait de plus en plus mal et des asticots à cadavre s'étaient installés dedans. Marius, pourquoi as tu tant d'imagination...
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MessageSujet: Re: Les Soupirs de la Sainte et les Cris de la Fée. [Marius]   Lun 4 Juil - 9:01

Il ne voulait pas voir ce qui se passait prés d'eux, il ne voulait pas le voir, et au moins dans ce monde sourd, Marius ne pouvait pas percevoir les sons horrifiés qui sortaient de la gorge de la jeune femme. Il continuait de serrer Mist dans ses bras, comme si l'infirme était son seul moyen de le rattacher à la réalité, et l'aider surtout pour ne pas sombrer dans cette folie qu'il ne comprenait pas. Il ne comprenait rien de toute façon ici, ni comment ils étaient arrivés, et pourquoi Mist se retrouvait terrorisé par tous ces monstres, alors que lui n'en avait pas peur. Il y avait juste son frère qui lui faisait peur, car il ses vices ressortaient par tous les orifices, sa bouche était pleine de vers noirs, la laideur avait enfin un symbole. Il gardait son ami dans ses bras, le sentant disparaître, alors qu'il ne pouvait encore rien faire pour arrêter ce cauchemar, son étreinte ne pouvait que se resserrer, rien de plus, et il était conscient que le tenait désespérément contre lui n'était pas la meilleure solution qu'il soit. La voix lui revint, toujours aussi forte et claire dans son esprit, Marius ne savait pas si c'était ce qu'il avait eu besoin d'entendre, mais même si les paroles le touchèrent, lui, il ne pouvait pas se pardonner de ce qu'il avait fait à Mist.

Dans son esprit, il était le responsable de tout, et la culpabilité l'étouffait ; en même temps, si on pouvait refaire sa vie avec des « si »... celle-ci perdrait son avenir incertain, et tout ne deviendrait qu'un sac de noeuds emmêlé de possibilités. Mist avait beau essayer de le rassurer, Marius ne pouvait pas se le pardonner, pas pour l'instant, peut-être qu'un jour il allait y arriver, mais pas maintenant, c'était encore trop frais dans son esprit. Il ne voulait pas le voir disparaître, il ne pouvait pas inventer comme le sourd-muet des chiens bleus pour venir les sauver, il n'avait pas cette arme là. Alors... lentement, hésitant, il tourna la tête vers le couple ; il n'avait jamais — dans la réalité — assisté à ce genre de scène, mais lorsqu'il l'avait retrouvé, enceinte de son frère, Marius avait tenté de s'imaginer la douleur, la honte et l'amertume que ce viol avait engendrée chez elle. Ce n'était pas la première fois qu'il en rêvait, mais la scène n'avait jamais été si horrible, car dans ces grotesques pantins de son esprit, il y avait des regards criants de vérité. Il en tremblait, et continuait de tenir Mist comme pour l'empêcher de voir tout ça, alors que lui restait le regard fixé sur son frère qui obligeait Aniya a relevé la tête, lui enfonça son sexe en érection dans un de ses yeux de mouche en riant, apparemment en riant.

Le monde était toujours sourd et muet, mais le visage plein de cruauté et de jouissance de Salomon le mit hors de lui, il tremblait et ne bougeait pas. Toujours il avait compris que jamais il ne pourrait faire le poids face à lui, face à eux, il était trop faible. Mais au moins... s'il n'avait pas pu sauver son amie de la détresse, il pouvait essayer d'arracher Mist à toutes ces terreurs qui venaient sans cesse le hanter. Il refusait de le voir disparaître devant ses yeux sans pouvoir agir, il refusait de le perdre, tout simplement. Et l'autre continuait ses actes macabres, en riant toujours, et Marius reprit la lame qu'il avait sortie de sa main. L'horreur laissait place à la colère, la douleur laissait place à la haine, et lâchant lentement Mist, le regard plus froid et plus dur, le jeune homme se releva en serrant ses doigts autour de la lame rouillée. D'un pas décidé, Marius s'avança vers Salomon qui plaquait cette fois-ci Aniya sur le sol pour continuer cette mascarade. Il fourra une main dans ses entrailles, et tout autour d'elle, les bébés continuaient de danser, parfois ils frappaient dans leurs mains comme pour applaudir leur père. Mais Marius leva lentement la lame au-dessus de sa tête, et le planta dans le dos de son frère avec toute la force possible.

Il enfonça la lame rouillée le plus profondément possible près de la nuque, tandis que le monstre se cabrait, crachant une tripotée de vers sur le visage de sa victime. Il recula et bougea sa tête, ses cheveux tombèrent sur le sol, et se mirent à glisser sur le sol pour venir s'enrouler autour des pieds de Marius, qui ne trouvait pas d'autre moyen de tuer son Cauchemar pour sauver Mist, et redonner l'espoir à cette pauvre mère qui autrefois avait été son amie. Il en fit abstraction, trop occupé à faire rentrer la lame rouillée dans la nuque de l'homme, essayant même de lui saisir quelques frissons d'horreur. Salomon leva la tête et les bras, il recula, et Marius tira la lame pour la faire sortir, son frère se retourna alors vers lui. Il tendit les mains et le prit par la nuque, toutefois, Marius lui planta dans la lame rouillée dans la gorge. Le monstre cracha une autre poignée de vers noirs qui cette fois-ci, tombèrent sur le visage de son cadet, qui l'esprit ivre de haine, continuait de lui planter encore et encore le couteau dans la gorge, où un sang noir coulait. Son frère avança et tomba lourdement sur lui, la tête de Marius heurta brutalement le sol dans leur chute, et il ne bougea pas.

Sur son corps, il pouvait sentir ceux des vers noirs, visqueux et grouillants l'envahir jusqu'à sa gorge, là où les mains de son frère l'avaient touché auparavant. Mais Marius ne se débattit pas, il ne bougea plus, les yeux rouges de fatigue et de colère, il fixait le plafond en attendant que toute cette horreur se termine, l'espoir de sauver Mist restait le plus important. Cependant, les vers ne pénétrèrent pas sa bouche, ils tombèrent en poussière en même temps que le corps de son frère, lors qu'il lâcha la lame pleine de rouille. Aniya tomba à plat ventre, et comme le monstre, elle disparut dans une pluie de poussière. Le calme revint, écrasant tout le monde de sa plénitude souveraine. Le cauchemar venait-il de prendre fin ?

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MessageSujet: Re: Les Soupirs de la Sainte et les Cris de la Fée. [Marius]   Jeu 14 Juil - 1:09

Marius affronta la créature monstrueuse qui avait les cheveux gris comme lui. J'osais supposer que c'était son frère, mais l'hypothèse que ce soit lui me traversa l'esprit. Et si il avait violé une femme et que ça le torturait ? Je... non, ce n'est pas possible, il n'aurait pas ces réactions là sinon. Enfin ce qui explique que je restais indécis, à regarder Marius affronter... quelque chose, tout en continuant à vomir du sang et à pourrir. J'aurais aimé participer, le défendre, mais il ne me considérait pas comme un égal, pas vraiment un frère d'arme, mais quelqu'un à protéger. Je ne pouvais pas participer, donc. Peut être qu'un jour il se lassera de s'occuper de moi, et il m'abandonnera. C'est probable tu sais. Les meilleures volontés s'usent, et il ne reste que de fausses excuses. Un jour il sera fatigué, il en aura marre, et je me retrouverais tout seul, dans le froid et la faim, comme avant, mais en plus avec des regrets de ne pas avoir été un meilleur ami, un meilleur compagnon d'arme et de ne pas avoir été plus facile à vivre. Parce que, tu sais, je ne viens pas seul dans la Vieille Masure, je viens avec mon séjour en prison dans les pattes, mon handicap, mes peurs idiotes (les chevaux, le noir...) et toute mon ignorance. Ça sera trop lourd pour Marius un jour, et ça me ronge.

- Marius...

Et quelque part, un cœur s'arrête de battre. Ça arrive tout le temps, tous les jours. Le monde ne s'arrête pas à chaque fois. Quelques personnes pleurent, ça dépend, et puis fini.
Le problème là, c'est que c'est le mien.
Dans le monde réel, celui où Marius et moi sommes couchés côte à côte, avec le chien entre nous, mon cœur s'est arrêté. Trop de drogue, tout a lâché. D'ici quelques instants, pas longtemps, mon cerveau mourra aussi. Et moi avec. Et je resterais là, dans ce no man's land, peut être dans la tête de Marius, j'en sais rien, tout seul. Et je sais pas pourquoi, je m'en branle, mais j'ai d'autres soucis là.

« On » a trouvé ma pire crainte, « on » a mis le doigt dessus, et ce n'est pas la torture, pas la langue coupée, pas l'abandon, pas la mort de mes chiens, pas les cheveux. C'est bien pire, ça me terrifie, c'est la pire chose qui puisse m'arriver.
Uriel arrive, on sait pas d'où, il tient une barre en fer ardente dans la main, chauffée au maximum, elle est blanche. Il n'a pas l'air d'avoir mal, il marche vers moi, déterminé. Marius est couché au sol, il ne se relèvera pas à temps, et moi je hurle. Un long hurlement silencieux, qui résonne dans la tête de mon ami, de la terreur pure. Je sais ce qu'il va se passer, parce que c'est ce que je redoute le plus. J'exprime toute la peur du monde.

Uriel me tient par les cheveux, et m'enfonce rapidement la barre dans chaque globe oculaire. Ce qui est dedans bout et fond et coule, et le monde disparaît. Je ne sais pas si Uriel part, mais il ne me fait pas plus de mal que ça en tous cas. Je pleure du sang, j'en vomis. Le monde a disparu pour toujours ! Je tends les mains devant moi, mais ça ne sert à rien. Je titube un peu, trébuche sur quelque chose et tombe misérablement à quatre pattes. Je m'en fiche. J'ai cessé de hurler parce que je ne vois rien. Je te l'ai dit, je ne conçois pas le son, donc sans la vue je ne peux pas hurler, pas communiquer, pas savoir ce qui se passe, plus jamais. Je me traine misérablement à genoux, les mains devant moi, en train de pleurer du sang. Personne ne peut imaginer à quel point ça me terrifie la cécité, imagine être enfermé dans un caisson hermétique pour l'éternité, et maintenu vivant de force. A devenir fou ! Et comme je connais Marius, il n'aura pas la charité de m'abattre. C'est tout ce que je souhaite pourtant.
Mais je n'ai pas cette chance.

Mon cerveau meurt, je me fais donc avaler par ce lieu totalement. Je sens des... choses qui m'attrapent les poignets, le cou, les chevilles, qui m'enveloppent, comme des lianes mais en visqueux, et le sol s'effrite sous mes genoux. J'aimerais hurler, j'aimerais communiquer à Marius tout ce que j'ai peur et j'ai mal, mais c'est impossible : je ne vois pas. Je suis enfermé en moi. Je sens la prise se resserrer, le sol s'affaisser sous moi pour m'absorber, et je laboure la terre avec mes ongles, dans la neige. Celui de mon index s'arracher sous la violence de ma terreur folle, mais ça me change rien. Je tombe dans l'envers du décor, et là tout m'apparait, lumineux. J'ai affreusement mal pour l'instant, j'ai peur, mais ça ne durera pas. Pas besoin de terrifier et de faire souffrir celui qui habite ici, c'est réservé aux visiteurs. Je vais recouvrer la vue. Mon corps est mort et se refroidi, quelque part, mais ça ne me concerne plus.
C'est peut être un pays bizarre, mais c'est dorénavant le mien !
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MessageSujet: Re: Les Soupirs de la Sainte et les Cris de la Fée. [Marius]   Ven 22 Juil - 11:07

Un hurlement emplit tout son crâne, au point de détruire tout en lui, il ne sentait plus rien, hormis le froid recouvrir son corps, il ne percevait plus rien, hormis ce hurlement de terreur et de douleur qui était en train de le tuer. Du sang noir et visqueux jaillit de ses oreilles, alors qu'il cracha autre chose, incapable de sentir la tripotée d'insectes qui se battaient dans sa gorge pour aller à l'air libre, parfois, ils se sautaient à la gorge pour se dévorer eux-mêmes, et parfois, Marius vomissait sur le dos, des choses blanches qui ressemblaient à des oeufs de cafards. Et ces derniers, une fois sortir de sa bouche, glissaient sur son corps pour éclater la coquille, et venir grimper sur son corps froid. Il ne sentait plus rien, hormis le froid, et la seule chose qu'il entendait, c'était le hurlement de son ami, qui venait détruire tout en lui, l'espoir, la vie, la joie de le savoir à ses côtés, lui laissant simplement ces cafards sortir de ses lèvres, et le chagrin. Marius était en train de le perdre, et il ne pouvait rien faire.

Ses yeux saignaient de douleur à cette idée, son sang glissait de ses oreilles, et de ses orbites, il ne voyait rien, il y avait juste la douleur de Mist qui écrasait son coeur, elle était sienne aussi. Il ne savait pas ce qui se passait, et Marius ne pouvait pas se relever pour venir l'aider. Il y avait un grand horizon noir devant lui, ses mains étaient plaquées contre son corps osseux, ses jambes attachées par des langues brûlantes et gigantesques, qui semblaient vouloir lécher ses cuisses, et ses genoux, ça l'écoeurait déjà ; Marius vomit encore des cafards dans un flot de sang et de pue, une odeur de mort plana alors dans l'air. Il se crispa, et peinant à respirer, il appela Lokhund Krishna de toutes ses forces, toutes ses pensées convergeaient vers lui, comme dans la réalité. Une main froide vint transpercer sa poitrine, il ne saigna pas du sang, mais bien du pue, et elle alla se saisir de son coeur.

Marius vomit encore, comme toujours, il ne se débattait même pas. Pour quelle raison allait-il le faire ? Pourquoi allait-il se défendre... alors... alors qu'il venait de le perdre ? Il n'avait plus rien qui le retenait ici, la vie sans Mist ne valait plus rien, son combat ne valait plus rien qu'il ne l'avait pas à ses côtés. Marius se laissa toucher par cette chose, sentant ces langues encercler ses jambes, l'empêchant de bouger, qu'importe, il voulait mourir, sans Mist, rien ne savait de se battre. Il vomit du sang et des insectes, les yeux brûlés par son sang, le visage transfiguré par le chagrin, la Mort n'allait pas tarder à venir sans doute, et pour une fois, Marius allait lui sourire. Il allait lui sourire, prendre sa main, et s'abandonner à elle, son combat ne servait plus à rien sans Lokhund. Il n'avait plus de raison d'être, ça ne servait plus à rien, à présent.

Le jeune homme cracha encore du pue, on venait de prendre son coeur pour l'arracher, et lui enfoncer dans la gorge, étouffant les insectes qui se battaient déjà et mourraient pour respirer cet air vicié qui emplissait ses poumons. Il se cambra, quand une main différente de celle qui essayait de lui faire avaler son coeur s'enfonça tout simplement dans sa gorge pour venir griffer sa trachée, Marius envoya une simple gifle au visage qu'il ne voyait pas de toute façon, et il se tourna sur le côté. Il ne voulait plus vivre, qu'importe le monde, il voulait juste que Mist soit à ses côtés, prés de lui, comme toujours, comme avant, l'idée d'être séparé de lui, il ne pouvait pas la supporter. Alors... il se laissa faire, sans songer à se battre, c'était fini pour Mist, c'était aussi fini pour lui. On le releva sans le moindre ménagement, une grande main le prenait par le bras, et lui brisait les os. On le força à avancer, mais le jeune homme ne pouvait plus sentir ses jambes, alors on le souleva presque sur une épaule trop osseuse pour être confortable.

On le balança finalement dans quelque chose qui lui brûla aussitôt le corps, des charbons ardents s'enfoncèrent dans sa chair, alors qu'il sentait la chaleur le tuer. Il remua un peu, faiblement, déjà mort, et on renversa sur lui une montagne de charbons qui allèrent s'écraser contre sa face détruite par sa séparation. Marius roula sur le côté, et un charbon transperça son omoplate, il cracha encore du sang, des insectes, ainsi que brusquement des cendres qui l'étouffèrent. Il roula encore et encore, comme une pierre et tomba dans le vide, encore, dans le vide sans jamais rencontrer le sol. Derrière le rideau de la réalité, son coeur battait encore, mais son esprit ne put jamais sortir de son cauchemar, et il connut pour toujours une chute qui ne connaitrait jamais de fin. Le destin était un caprice que peu de personnes ne pouvaient s'offrir, et lui, il le sentait le prendre, et ne pas lui offrir la mort, malgré son désir écrasant de la rencontrer. Il tomba dans son illusion pour toujours, sans jamais en sortir.

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MessageSujet: Re: Les Soupirs de la Sainte et les Cris de la Fée. [Marius]   Sam 30 Juil - 11:14

Comment ça fait d'être mort ? Bah c'est plutôt vide en fait, et il se passe rien et tu sais pas qu'il se passe rien, c'est ça qui est bien. Et tu reviens tu te dis « ah merde j'ai eu comme un blanc là », et tu constates que comme Marius est Marius, t'apparais dans le vide parce que ce corniaud là a eu rien de mieux à foutre que de décider de cesser d'exister malgré son vilain petit cœur qui continue de battre. Depuis combien de temps il est là ? Moi je ne peux pas rejoindre l'Ombre parce que je l'ai rejeté, je suis un hérétique. Je ne sais pas ce que deviennent les autres, mais moi je reviens ici. Le lieu m'a appelé de toute façon, le genre d'appel que tu peux pas ignorer. Encore un peu sous le choc de mon décès, j'avais du mal à faire coller des émotions à ce que je voyais, ou peut être que je ne pouvais plus en ressentir, va savoir, en tous cas j'ai rejoint Marius par habitude, c'est inscrit en moi, un genre de repère dans le monde. Et du même coup, j'ai décidé d'exister, comme ça pouf, brutalement.

C'est un peu comme cambrioler sa propre maison j'veux dire... mon existence, j'ai passé toute ma vie dedans, j'vois pas pourquoi j'y arriverais plus maintenant. Je manque juste d'un corps humain c'est tout, avec ses possibilités et... ses limites, qui n'entravent plus maintenant. Enfin les miennes, que tu connais bien. Donc j'ai check la vue, tout va bien, de toute façon il y a que du vide mis à par Marius et moi – ouais c'est pareil, avoir un physique, c'est une question d'habitude aussi. Des sensations, bon. Les doigts de Marius entre les miens par exemple.
Puis un truc m'a déchiré la tête que j'avais pas réellement.

C'était... indescriptible. Comme faire du rodéo sur la voie lactée ou marcher sur le soleil, je sais pas. Je me suis collé à Marius et ça a empiré ! J'ai commencé à le griffer virtuellement à cause de la panique, je ne savais pas du tout ce qui se passait ! C'était à la fois... horrible et merveilleux. Ça envahissait ma tête, omniprésent, impossible à arrêter, et incompréhensible, indescriptible. Une putain de béchamel infernale quoi. J'étais en train de pleurer d'émerveillement, effectivement ça me vrillait la tête comme pas possible, mais c'était aussi tellement magnifique ! C'était comme boire la couleur rouge, sentir l'odeur du soleil, totalement inédit, comme euh...
entendre un son.

J'ai poussé sur ma gorge avec enthousiasme et ait fait sans le savoir une parfaite imitation de la mouette rieuse qui se coince les couilles dans une porte. J'ai serré Marius contre moi, je ne voulais pas qu'il parte, et j'ai savouré les bruits de quand je passe ma main dans ses cheveux, son cœur qui bat – je sentais vaguement avant une pulsation sur sa jugulaire à ce propos là. Je voulais l'entendre parler, je suis sûr que sa voix c'était vachement bien, j'en étais tout émerveillé d'avance. J'ai écris dans les air avec mon doigt, ça faisait des lettres en lumière – j'vois pas pourquoi ça s'pourrait pas – et mes signes ésotériques se sont transformés en mots.

« Tu restes ici avec moi ? Je ne peux pas partir. »

Tout n'était pas encore très clair, mais j'étais au moins sûr de ça. Même si on restait dans le vide infini tout le temps – d'ailleurs je préfère pas regarder, ça me fait mal à la tête et pleurer les yeux – c'était toujours mieux que... bah ne plus exister quoi. Question d'habitude, on préfère s'accrocher, dans le doute. Et puis on peut p'tète aménager un peu, j'me suis bien ramener avec un corps factice, j'vois pas ce qui m'empêche de faire du sol, déjà. Ça serait bien un sol, et puis des maisons pour cacher l'horizon, parce que les vastes plaines moi... déjà aller en forêt et quitter la Capitale ça me rend malade, j'aime pas quand il y a trop de place et pas de maisons qui cachent le ciel, même si il paraît que sans la fumée et tout ça, on voit les étoiles tout le temps à la campagne. Peut être qu'on pourrait foutre de la mer aussi ? Par curiosité, j'aimerais bien la voir. Et puis les sons, j'ai beaucoup de retard à rattraper de ce coté là.
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MessageSujet: Re: Les Soupirs de la Sainte et les Cris de la Fée. [Marius]   Dim 31 Juil - 8:35

Le jeune homme perçut un son... un son qu'il n'arrivait pas à décrire, il lui paraissait juste... animal, pas vraiment humain, un cri de bête qu'il n'arrivait même pas à définir. Il avait senti aussi des ongles s'enfoncer dans son visage, mais curieusement... il n'avait pas eu la sensation de douleur derrière, on l'avait blessé, ce n’était pas plus compliqué que ça. Il y avait juste de la chaleur qui pénétrait son corps, et se diffusait dans tout son être, c'était doux et agréable, Marius n'avait pas envie de bouger, ou même d'ouvrir les yeux. Pourtant ce son retentit de nouveau dans ses oreilles, il remua un peu, tandis que le calme le prenait, il avait... juste envie de rester comme ça, pour toujours sans jamais rien pour venir perturber ce monde dénué de saveur. Ou... pas tellement, en fait, ses pensées étaient juste assez confuse pour lui faire croire qu'il se sentait bien, un monde fait juste de cette délicate chaleur, et de ce son de bête qui sans cesse lui venait. Cependant, quelque chose dans l'air lui indiqua qu'il n'était pas seul, le jeune homme ouvrit lentement les yeux et retrouva Mist près de lui.

Marius ouvrit la bouche pour parler, mais il ne trouva rien à dire, il poussa juste un énorme soupir de soulagement, il ne l'avait donc pas perdu. Il laissa un sourire étirer ses lèvres, et collant autant qu'il le pouvait le sourd-muet contre lui, il lit les lettres qu'il avait fait apparaître dans l'air. Ce délire avait au moins l'avantage de transformer l'univers en quelque chose de moins décevant, et il comprit au bout d'un moment que le son qu'il avait perçu venait de Mist. Il approuva silencieusement à la question de son ami, Marius ne savait pas s'il pouvait partir ou non, mais la perspective d'un avenir sans avoir Mist à ses côtés lui était terriblement pénible. Alors... qu'importe si cette réalité était alternative, ou le fantasme de leurs cerveaux détruit par l'opium, qu'importe ses rêves, si Mist n'était pas prés de lui... tout ne servait à rien, même son combat.

Il le prit dans ses bras et ferma les yeux pour savourer ce moment qui n'existerait sans doute jamais. Il l'écrasa dans son étreinte, peu conscient de la soudaine force qu'il avait, et il soupira près de l'oreille du jeune homme. Parler... sans doute ? Cependant, Marius ne savait pas ce qu'il devait dire, peut-être que Mist entendait, mais Marius ne savait pas quoi dire, alors il se contenta pour le moment de toucher le bras — pas celui de métal — pour glisser ses doigts jusqu'à sa main qu'il prit dans la sienne. Mouillant ses lèvres, le jeune homme resserra peu à peu son emprise sur la main rêche de son ami, il avait juste l'envie de le sentir près de lui, et de rester pour toujours ainsi.


— Oui... je resterai avec toi, quoiqu'il arrive... qu'importe l'endroit où nous nous trouvons. Je ne veux pas qu'on t'enlève loin de moi.

Dans un monde qui existait hors du temps, et hors de la réalité, Marius se laissait aller à un flot de paroles niaises, sans la moindre contenance, il faisait preuve d'un nouvel élan de faiblesse, où il parlait comme s'il avait toujours su mettre des mots exacts sur ce qu'il ressentait. Cependant, le jeune homme avait été sincère, comme toujours. Et l'écrasant davantage dans ses bras, il referma les yeux, son pouce caressait le dos de la main du terroriste, et il poussa un autre soupir prés de son oreille. Il ignorait ce qu'il se passait autour de lui, tout arrivait de façon totalement confuse, si bien que son cerveau ne prenait même pas en compte ce qui se passait, il s'en foutait aussi, beaucoup. Pourquoi s'attacher à des choses extérieures qui n'avaient pas la moindre saveur ? Qu'importe où ils se trouvaient, qu'importe si ce monde était teinté d'une folie douce, et que la réalité n'était que l'ombre mouvante et brisée de ce rêve. De toute façon, c'était simple de prendre le miroir de la réalité, et de le briser en hurlant de rage.

Le jeune mordilla ses lèvres, nerveux malgré tout, pas parce qu'il se trouvait très prés de Mist, étrangement... ce détail ne le dérangeait pas plus que ça, au contraire parce qu'il avait le désir d'être le plus proche possible de son ami pour sentir sa chaleur, ainsi que son corps contre le sien, il voulait entendre son souffle, les battements de son coeur taper contre sa poitrine, la moindre tension dans ses muscles... tout, absolument tout, si bien que Marius se sentait un peu grisé par la situation, et il ne voulait avoir que comme perception les sons, et le touché ; il tombait dans un élan de tendresse totalement niaise qui le ridiculisait sans doute un peu, mais il s'en moquait. Mist était contré lui, qu'importe que ce ne fut pas la réalité, qu'importe... le monde pourrait exploser en flamme, tant qu'il avait Mist ainsi contre lui, Marius s'en foutait. Il remua un peu, et murmura des paroles sans de véritables sens, soupirant encore de bien-être, il avala sa salive, et de sa main de libre, il glissa ses doigts dans la chevelure de Mist. Frissonnant à ce contact, et il sourit de nouveau, niais, totalement grotesque, il toucha sa nuque pour remonter vers le sommet de crâne et toucher, sa joue. Il avait un peu mal nullement préoccupé par la position de leur corps, rien n'importait, sauf Mist, évidemment. Il trembla un peu, et rouvrant doucement les yeux, Marius planta son regard dans celui de son ami, avant de se rapprocher encore et pour murmurer au creux de son oreille :

— Reste pour toujours avec moi, comme ça... pour toujours !

Et il l'embrassa sur la joue.

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