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 [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)

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MessageSujet: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Mar 28 Juin - 15:55

Le froid n'avait jamais été aussi présent que cet hiver-là, et l'esprit embrumé par la fatigue, un homme se tenait contre un mur, assis et tremblant de froid, il luttait contre lui-même pour ne pas fermer les yeux. Pourtant, le désespoir écrasait ses épaules, la tension dans tout son corps l'empêchait d'avoir des idées claires, il avait mal partout, et dire s'il pouvait encore parler lui était difficile, car sa gorge le brûlait. Son estomac grondait, ses mains tremblotaient, et la fatigue lui arrachait quelques soupirs écrasés, pourquoi continuer à ce battre ? Tout semblait être sur le point de se terminer cette nuit-là, pourquoi ne se jetait-il pas dans la masse de cadavres qui les attendaient dehors ? Il n'arrivait pas à comprendre, il essayait de continuer son combat, sachant que c'étaient ces horreurs qui auraient raison de lui. L'homme toussota, et laissa finalement son crâne tombé contre un pan du mur, l'odeur de la moisissure lui piquait le nez, tandis que se laissant tomber dans un songe sourd et aveugle, dormir... et ne plus se réveiller, maigre espoir, maigre paradoxe dans toute cette folie.

Il rouvrit lentement ses yeux bleus, creusés par la maigreur et d'épais cernes noirs, on aurait dit une sorte de squelette grotesque, pas encore en train de pourrir, car encore articulé par une quelconque parcelle de vie. Malgré le froid, la sueur glissait sur ces joues creuses, et cette peau si fine qu'on aurait dit que les os menaçaient de la percer à chaque soupir douloureux qui s'échappait de ces lèvres minces, séchés par le manque d'eau potable. Il n'osait plus trop bouger, il n'osait plus trop... quoi ? Il ne savait plus, ses pensées allaient et venaient dans son crâne, mais disparaissaient rapidement. Il ferma les yeux, luttant contre le sommeil, le corps frigorifié, tandis que dehors, on pouvait entendre des hurlements de douleurs et détresse. Des cris terribles qui à force de s'abattre sur eux, l'avaient rendu sourd. Il se trouvait avec un homme et sa fille, chez eux, perdu dans un endroit qu'il ne reconnaissait plus, il se souvenait vaguement d'avoir été en conflit avec le père, et la petite... eh bien, il ne savait plus trop.

Les fenêtres étaient condamnées, et il s'échappait de la pièce une odeur viciée et malsaine, l'air qu'ils respiraient était tout aussi mauvais que les monstres qui patientaient sagement dehors, attendant qu'ils sortent pour leur sauter à la gorge. Marius secoua la tête, et abandonné par ses rêves, il n'osait rouvrir les yeux sur les tables, les chaises et les meubles qui posés contre la porte, empêchaient les cadavres d'entrer. La nuit était toujours aussi présente, il ne se souvenait plus avoir vu le jour, avait-il sans doute oublié la couleur du ciel, sans doute que le jour n'avait jamais existé. Le froid rentrait dans la pièce, secouait leur corps et reportait, dehors, on pouvait percevoir toujours ces cris, et des grattements sur les murs, comme si de leurs ongles, les cadavres pourraient faire un trou et venir leur sauter dessus. Un petit feu éclairait le centre de la pièce, et le reste était englouti par d'épaisses ténèbres, si bien que parfois, Marius oubliait qu'il n'était pas seul. Préférant s'enfermer dans un profond mutisme que prendre pleinement conscience de ce qu'il se passait, l'homme commençait à perdre des forces. Et que se passerait-il si le sommeil l'emportait ? Il se ferait sans douter dévorer par les Infectés, ou bien l'homme et sa fille se servirait de son corps pour se nourrir, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

Il n'y avait plus de rêve, il n'y avait plus de peur, il y avait juste cette substance noire coulant dans sa gorge, parfois les silhouettes de l'homme et de sa fille se transformaient. Notamment la gamine qu'il imagina un instant devenir une de ces hideuses créatures qui cherchaient à les tuer, elle prenait un sordide visage cousu dans tous les sens, son sourire n'était pas une bouche, mais un morceau de viande qu'on aurait cousu sur sa face abîmée par... quoi ? Il ne savait plus. Marius poussa un faible soupir, le silence était pesant, toute situation l'était, et il n'était pas loin de sombrer dans une sorte de folie. Un son strident entra soudain dans sa tête, Marius grimaça, oubliant où il se trouvait, il y avait juste cette sorte de son qui emplissait tout son être. Il ne savait pas exactement, mais il crut un instant que la fatigue lui jouait des tours, alors il rouvrit les yeux. Le son devint plus sourd, et lorsqu'il ramena ses yeux las sur l'homme et sa fille, il vit une fenêtre trembler, ou plutôt... on tapait contre la fenêtre. Bon sang ! Les Infectés revenaient ! Ne pouvaient-ils donc jamais avoir de répit ? Lentement, Marius prit son arbalète, et attendit, il ne fallait pas croire qu'il allait se laisser tuer comme ça !

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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Mar 28 Juin - 17:08

Marius était en train de comater, on lui en veut pas trop, je ferais bien pareil à sa place. Il est en bien plus mauvais état que nous. Je l'ai ramassé dans la rue il y a... quelque temps ? J'ai perdu le compte des jours, on ne dort plus vraiment de toute façon. Mais je l'ai ramassé, avec son petit copain, ils avaient pas mangé depuis un moment. Nous ça va, on avait des réserves de bouffe un peu, on a tenu un moment dessus. Et puis lui et le neuneu se sont révélés utiles, finalement. Pour monter la garde, par exemple.

C'est mon tour de guetter à la fenêtre, je fais ça depuis deux bonnes heures, à en avoir mal aux yeux, mais j'arrêterais pour rien au monde. Je vois les cadavres déambuler dans la rue, à chercher quelqu'un à manger. On les reconnaît facilement, ils se décomposent, sentent très mauvais et bougent lentement et avec difficultés. Ils ressemblent à des morts quoi. Les Infectés... c'est comme ça qu'on les a tous appelés, spontanément. Enfin y a plus grand monde pour les nommer, de toute façon. Au début la rue était pleine de hurlement d'agonie de gens se faisant dévorer vivant, puis les cris se sont espacés, parce qu'il n'y a plus grand monde à manger. Quelque fois, j'ai peur que nous soyons les derniers humains vivants dans Ishtar. Peut être de l'Empire ? Il paraît que l'Infection s'est répandue en dehors de la capitale, quand les morts n'ont plus eu assez à manger, ils sont sortis et se sont dispersé comme du poison dans un corps, pour le tuer. Mais je ne formule jamais ce genre de pensée désespérée à haute voix, ça découragerait tout le monde ici. Est ce qu'on va finir par casser cette foutue fenêtre et se laisser dévorer vivant par la foule volontairement ? Une forme de suicide bizarre... je préfèrerais me tuer tout seul en m'ouvrant les veines ou en me pendant, tranquillement, ça serait moins douloureux, et mon corps ne continuerait pas à circuler de façon obscène dans les rues alors qu'il est mort. Oui, si je devais lâcher l'affaire, je ferais ça, voilà...
mais non.
Je pose les yeux sur Inanna qui dort, roulée en boule à coté du feu qu'on a fait avec les meubles dans le salon de la villa. Elle porte une très belle robe, mais elle est sale et usée. Je n'ai pas réussi à la préserver plus que ça. Elle a maigrie aussi... quoiqu'elle n'était pas bien grosse avant. Elle a dix sept ans maintenant, et elle fait bien un mètre quatre-vingts (oui !), toute en longueur, plutôt musclée mais avec des hanches fines et une poitrine menue, ce qui la désole au plus haut point – en général, on dirait presque qu'elle me le reproche, comme si c'était ma faute ! Elle a aussi les cheveux qui lui arrivent aux épaules, et ils sont crépus et bouclés, ça fait très joli autour de sa tête, ils sont vraiment très beau. Elle a aussi des traits moins caucasiens que les miens, des pommettes hautes, un long cou, et ça aussi c'est joli. J'fais quand même des choses bien dans la vie.

Mais je retourne à mon espionnage de fenêtre, et je fais bien. On dirait que les Infectés regardent quelque chose sur le toit d'à coté. Puis sur notre toit. Puis ils me regardent moi, à travers la fenêtre crasseuse.

- MERDE ! MARIUS !

Je le secoue pour qu'il soit un peu plus réveillé que ça. Les Infectés commencent déjà à se diriger vers nous en titubant comme des cons, le chef de file n'a plus de mâchoire inférieure. Miam miam. Inanna me regarde d'un air endormi.

- J'crois qu'on va devoir abandonner le rez-de-chaussée... la porte qui mène à l'étage sera plus facile à protéger. Ils sont trop nombreux, ils vont péter la fenêtre !

On a déjà bouché les portes qui mènent à cette pièce ci, et on s'était prévu une retraite au premier pour le cas de figure présent. On a abandonné les pièces d'avant une par une, c'était trop compliqué à préserver, et ils finissent toujours par briser les fenêtres... au premier, ça va, ils savent pas grimper.

Je tire Marius pour le porter, et mes genoux et mon dos lâchent un craquement sinistre. J'ai vieilli aussi, j'ai à peu près quarante deux ans là, si j'ai pas perdu le fil. J'commence à aborder la mauvaise pente de la vie là, mais c'est un peu le cadet de mes soucis. Je tire Marius vers moi en titubant parce que j'ai mal aux articulations – je vieillis pas bien - et Inanna nous suit, on grimpe les escaliers de l'office.
Et j'entends du bruit en haut.
J'avance avec précaution en tête. Auraient ils trouvé le moyen de monter ? Je vais vers le bruit, tout seul. J'ai pas peur, un seul Infecté, je m'en débrouille, c'est quand ils sont cent que ça pose plus de problème.

- Bloque la porte derrière nous Inanna s'il te plaît.

Elle hoche la tête et s'exécute, pendant que j'examine l'origine des bruits de pas que j'entends. Je tombe face à... Mist, qui me regarde en souriant bizarrement. Ah bah oui, j'suis con, c'était ça que les zombies regardaient sur le toit, c'était Mist. C'est lui qui rapporte la bouffe et l'eau, c'est pour ça que même si je l'apprécie pas beaucoup, il est foutrement utile. Marius est trop affaibli pour faire pareil, moi j'ai le vertige et Inanna c'est hors de question. Donc Mist escalade joyeusement, et rapporte toujours à manger et de l'eau, même si ça lui prend de plus en plus de temps, comme si ces denrées se raréfiaient. Mais après j'en sais rien. Mist est sourd-muet tu vois, et il communique par écrit, du coup j'ai pas trop idée de ce qu'il raconte, ne sachant pas lire. Puis il me stresse un peu, il est bizarre, il fait jamais de bruit – forcément – et il trouve le moyen de sourire alors que c'est pas le moment quand on est envahi de cadavre. J'ai demandé à un moment à Marius si Mist était aussi atteint à la tête, et il m'a regardé comme si je l'avais giflé. J'ai plus jamais abordé la question, mais je suis sûr qu'il y a quelque chose qui va pas là haut. J'époussète mes haillons – je peux te dire que les fringues, c'est le cadet de nos soucis aussi – et je lui montre où est Marius, vu qu'il n'y a que ça qui l'intéresse. Il se précipite, le prend dans ses bras et lui tend la gourde d'eau. De toute façon, faut mieux se méfier des types tout sec avec de la barbe – quoi qu'on a tous, le rasage aussi, c'est compliqué, on gaspille pas l'eau. Inanna lui sourit, je crois qu'elle l'aime bien.

Enfin on s'en fout, là il faut s'occuper des Infectés. Je me redirige vers la porte, arrange un peu ce qui la bloque avec quelques meubles – j'ferais forcément mieux qu'Inanna, j'suis son père ! - et j'écoute ce qui se passe derrière. J'ai les jambes qui tremblent, je suis bien plus fatigué que je ne veux bien le montrer.
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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Mar 28 Juin - 17:53

On l'appelle, on le secoue, et son esprit divague... que... quoi ? Une attaque ? L'homme saisit son arbalète et manqua de tirer sur Zélig, dont il reconnut le visage après un moment de blanc, ça arrivait de plus en plus ces grands moments de vides, où son cerveau semblait s'arrêter pendant une ou deux secondes. Il baissa son arme, et fronçant les sourcils, il dévisagea Zélig sans dire un mot, puis il se releva lorsque celui-ci marqua assez de panique dans son visage pour le ramener dans la réalité. Et Zélig lui parla, les mots entraient par une oreille, et sortaient par l'autre, il ne savait plus, en fait... il oublia en deux secondes ce que son compagnon d'infortune lui avait dit, il devait certainement parler de zombies, enfin les espèces de cadavres animés.

Il avait du mal à entendre, enfermé dans le silence, et il fit un vague geste de la main, enfermé dans un de ces moments où tout l'accablait, il n'avait plus envie de bouger, ou il n'en avait plus la force, bah ! Leurs fuites étaient sans espoir ! Et Marius ignorait pourquoi tous les quatre s'entêtaient à vivre, après tout, ils auraient beau lutter, tout ça ne servirait à rien. Il ne bougea pas, déjà prêt à sentir les dents pourries des cadavres sur sa gorge, mais Zélig le tira soudain, et Marius se contenta de hausser un sourcil comme « signe » de protestation. En même temps, Marius était un peu mort, il n'y avait plus grand-chose qui le retenait, il n'était qu'une coquille vide fatiguée qui était en train de se laisser porter par un homme, qui ne tarda pas d'ailleurs à s'écraser, le dos douloureux.

Marius secoua la tête, désabusée, sans illusion ni espoir, sinistre pantin d'une volonté absente et raison, il voulut lui tendre la main, comme Zélig l'avait fait des mois auparavant, mais ce dernier toujours pleins de ressource, s'attachant à l'espoir d'au moins voir sa fille vivre, le tira à nouveau. Il se passait quoi ? Déjà ? Oh... si Zélig le tirait en avant, c'était sans doute parce que les Infectés avaient trouvé un moyen de venir ? Bah ! Il continua d'avancer, s'il avançait bien, tant de choses s'effaçaient à chaque pas qu'il oubliait déjà la raison de la panique de l'homme, il jeta d'ailleurs un regard à sa fille.

C'était un peu insultant d'être plus petit qu'une adolescente, mais au moins, elle semblait comprendre la situation et l'apprivoiser, Marius parlait de moins en moins, et il avait aussi oublié son prénom, mais elle paraissait gentille, il croyait en tout cas. Il y avait sûrement du bruit, au-dessus de leurs têtes, enfin, il ne savait pas exactement, il percevait ce petit « tap tap", mais son esprit était un peu débranché, chose curieuse, car il ne ressemblait plus à rien. Lentement, et avec ennui, Marius leva son arbalète, croyant comme Zélig qu'un cadavre était venu leur chercher des noises, mais il rabaissa rapidement son arme, lorsqu'il reconnut Mist.

Mist qui réussissait à leur apporter de l'eau et de la nourriture, Mist qui arrivait probablement à fuir la horde de cadavres, Mist qui souriait tout le temps. Si ça pouvait paraître étrange ou malsain, ce n'était pas ça pour Marius, il y avait cet énorme recul qui faisait que les « normalités » disparaissaient de son champ de vision. Alors lorsqu'il croisa les yeux de son ami, il afficha à son tour un faible sourire, rien d'extraordinaire, mais de bien lugubre. Il l'accueillit donc volontiers dans ses bras, il prit certes la gourde, mais ne but aucune gorgée. Il ne savait pas exactement ce que Zélig pensait d'eux, mais il se souvenait bien de cette question dérangeante que l'homme lui avait un jour posée, une question assez effrayante dans sa réalité. Mais refusant tout simplement d'admettre la réalité, Marius avait envoyé un regard choqué et féroce à Zélig, fous ? Ils l'étaient tous pour continuer à combattre dans cet endroit. Au bout d'un moment, Marius s'avança un peu pour voir ce que faisait Zélig, il but une gorgée d'eau, et il tendit la gourde à la fille de celui-ci, c'était la plus jeune, et aussi la seule fille, toujours penser aux jeunes femmes fragiles ! Que c'était grotesque.

Il fit signe à Mist de s'éloigner et se rapprocha, un peu revenu à la vie par la soudaine présence de son ami, Marius se baissa et nota dans un coin de la tête les tremblements qui secouaient le corps de son autre compagnon d'infortune. Derrière la surface dure, Marius pouvait percevoir les murmures des cadavres, enfin si on pouvait trouver que grattement, cris et autres craquements étaient aussi doux à entendre que le murmure d'une mère pour son enfant. Cet endroit menait donc directement dans la gueule des cadavres ? En voilà une bien jolie nouvelle !

Comme quoi, l'espoir allait raviver un peu notre petit groupe de survivant ? Marius se colla contre la porte, continuant d'écouter, il sortait déjà son poignard de sa botte de cuir, prêt à agir. Mais il y eut un autre « tap tap" qui attira son attention, ça ne venait pas du plafond, mais ça venait de sous leurs pieds. Marius s'agenouilla alors pour venir tâter le plancher, certain que ce qui s'y trouvait n'était rien d'autre que ces choses affreuses ! Il recula et fit signe aux autres qu'un autre danger allait survenir du plancher, il ne connaissait pas aussi bien cet endroit que Zélig, mais Marius était déjà en train de charger un carreau, fouillant dans ses poches ce qui lui restait de munition. Quand est-ce que le glas allait sonner pour eux ? Dans une seconde ? Deux secondes ? Trois ? Bah... !

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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Mar 28 Juin - 19:06

Je pousse un long soupirs. Inanna me tend la gourde d'eau après avoir bu tout son saoul, je lui souris et bois. Nous parlons tous peu, Marius arbore toujours une tête désespéré, moi je suis fatigué et je sais pas quoi dire et Inanna... quand j'y pense j'ai envie de crever. Elle va mourir ! Comment pourrait elle y échapper ? Les jours sont de plus en plus long, et il est de plus en plus dur d'en voir la fin. Je ne veux juste pas voir ça, qu'elle meurt après moi, c'est mon seul souhait. Je la regarde, elle me sourit, quand on trouve un coin sûr pour dormir et manger, elle se met toujours à raconter des histoires autour du feu, à faire des blagues. Comme si on allait s'en sortir. Oh, on a cru que ça aurait une fin, au début, mais on la voit pas. Ça fait tellement de temps que ça dure...

Et y a des bruits en dessous de nous, proche. Je t'ai dit, les Infectés ne savent pas grimper, mais ça m'inquiète tout de même. Je passe mes doigts sur le sol, Marius à coté de moi, tandis que Inanna recule près de Mist, qui comme d'habitude n'a pas l'air de savoir où il se trouve et ce qu'il fait là. Il regarde dans le vide en souriant. C'est bizarre, des rides ont fait leur apparition au coin de ses yeux, il a un peu de barbe, quelques cheveux blancs, plus de muscle que quand je l'ai rencontreé et il a pas l'air adulte pour autant. Ça doit venir de sa petite taille, et aussi du fait qu'il a une araignée au plafond. Je ne l'aime pas beaucoup mais je n'ai rien à lui reprocher, il est gentil, fout pas le bordel et rapporte à manger. Comment tu peux le chasser ? Ça serait comme donner un coup de pied à un chiot... enfin ne parlons pas de chiot, je préfère pas y penser.

Donc je passe mes doigts sur le parquet, et je vois ce qui cloche : des termites ! J'appuie avec la main et bim, trou dans le sol. Bon, le reste du parquet a l'air solide, puisqu'on a piétiner dessus comme des cons depuis tout à l'heure. Putain de merde ! On aurait pu passer au travers comme des abrutis et tomber sur le rez-de-chaussée rempli d'Infectés ! A travers le trou dans le sol je vois les cadavres qui titubent, foutent tout à sac et tendent les bras vers le plafond, vers moi...

- Bon, je vais utiliser de la magie.

Au moins, je suis sûr que l'Empereur n'est pas mort. Peut être mange-t-il même à sa faim. Je ne pourrais pas utiliser la magie sinon. C'est un des secrets de théologie que j'ai appris avant l'Infection, l'Empereur est source de la magie qui circule dans Ishtar. Enfin ça n'a aucune importance maintenant.
Je mobilise mes forces et je me lance. Les ombres des meubles sont mobilisées pour réduire tous les Infectés en bas en bouillie. Ça va, ils ne sont pas trop nombreux. Ça dure par très longtemps, mais c'est une putain de boucherie qui sent très très mauvais. J'aurais voulu épargner ce genre de spectacle à Inanna, mais je m'y suis livré tant de fois finalement... au début elle était choqué, maintenant ça lui semble de la routine. C'est beau comme les jeunes supportent bien et comme leurs esprits guérissent vite. Inanna se soucie des problèmes d'Inanna, voilà. Elle réclame même de plus belles robes parfois, parce que « la vie continue ». Je lui jette un regard de cocker battu et elle part bouder. Je l'ai même vu demander à Mist de lui en rapporter de ses expéditions ! Il a sourit et il a hoché de la tête, évidemment, ce crétin, mais il en a jamais rapporté. Même pas sûr qu'il ait compris ce que Inanna disait. Le pauvre. Il a déjà du mal à nous rapporter à manger et à boire, il va pas courir les soldes non plus. D'ailleurs, en parlant de manger et de boire...

- Ouais, et si on bouffait maintenant ?

Maintenant que la zone est sécurisée, peut être même qu'on dormira un peu ! Quel luxe ! Enfin moi pratiquer la magie m'a épuisé. Faut dire que la Magie du Sang m'a usé prématurément... j'ai arrêté de pratiquer après le début de l'Infection, bien sûr, mais ça ne change rien. Je fais signe à Mist pour qu'il me tende son sac, puis on va tous dans une pièce adjacente, qui se trouve être une chambre avec un grand lit moelleux. On a bien fait de choisir de squatter dans les beaux quartiers, tu vois ! Inanna se jette comme d'habitude sur les armoires pour chercher des fringues propres dedans, pendant que j'allume un feu à base de table de chevet cassées en morceaux avec la magie des ombres. Et là, j'ouvre le sac et c'est bombance ! Mist a rapporté un poulet qu'il a tué lui même, du fromage et... du pain. Frais. Il y a donc encore des gens qui font du pain ! J'en aurais presque les larmes aux yeux. Je divise le pain et le fromage en quatre parts égales et je plante le poulet péniblement sur un bâton pour le faire cuire. Pendant ce temps, poussé par la routine, Marius pousse des meubles devant la porte. Inanna quant à elle pousse des cris de ravissement devant une robe rouge presque à sa taille qu'elle s'empresse d'enfiler dans la salle d'eau adjacente. Mist quant à lui sourit comme un crétin et regarde le vide. Une fois que Inanna et Marius nous on rejoint, je passe les parts à tout le monde et prend comme un compliment le solide appétit de ma fille qui commence même à lorgner sur ma part la bouche encore pleine. Je lui file discrètement mon fromage et la moitié de mon pain, mais je crois que personne n'est dupe. Je fais ça presque à chaque fois, vois ça comme un caprice de vieux, à chaque fois je me donne des excuses : elle est en pleine croissance, je n'ai pas très faim... et Mist à chaque fois me regarde bizarrement, sans sourire. Je le comprends, c'est cruel, ce que je lui fais. Enfin de son point de vue, il ne doit pas voir la différence entre Inanna et... ses chiens.
D'ailleurs, encore ce soir il écrit un peu et tend son ardoise à Inanna pour lui en parler. Ils parlent beaucoup tous les deux. Marius est très éteint et Mist sait que je ne sais pas lire. Inanna me parle peu parce que je suis Papa, donc un gros con par principe, et que les terroristes sont bien plus intéressants.

- Oh, les chiens t'ont aidé à trouver à manger avec leur flair ! C'est très bien ça !

Et elle lui ébouriffe les cheveux comme si c'était un gamin. C'est cruel de faire ça, et de lire à haute voix ce qu'il a écrit. Elle sait très bien pourquoi ces putains de chiens sont morts ! Et elle sait aussi que c'est un des arguments que Mist a avancé pour qu'on ne les tue pas. Ça arrive forcément, ça fait tellement longtemps qu'on traine nous quatre, qu'on finit fatalement par s'envoyer des fions. Surtout que Inanna n'étaient pas d'accord non plus pour les chiens, les larmes de Mist l'ont émue. En effet, ce con avait quatre chiens. Au début ça allait, puis on s'est mis à crever de faim... c'est dur de nourrir quatre chiens de quarante kilos quand on a déjà pas assez pour soit, et des fois, à moitié mort de faim, je les regardais en les imaginant cuit. Bien sûr, je ne les ai pas tué, quand j'ai osé avancer l'idée, Mist m'a regardé comme si j'avais proposé qu'on mange son premier né. Il y en avait un qui était mort pas longtemps avant qu'on se rencontre, de vieillesse apparemment, il en parlait comme si c'était sa mère qui était morte il y a quelques mois. Bref, on s'est trimballé les chiens un moment. Mais on avait faim, et les chiens aussi fatalement. J'ai proposé qu'on ne les nourrisse plus, Marius a fini par céder en voyant Mist s'évanouir de faim en laissant sa part aux chiens. Et y en a un qui est mort de faim, et on l'a mangé, Marius a même forcé Mist à manger, pour pas qu'il meurt. Puis les autres ont suivi. Mist a pleuré et a supplié tout ce qu'il a pu, il s'est mis à genoux devant Marius, et même après qu'ils soient tous morts il a continué. Là tu vois ça le reprend encore un peu. Je pensais pas qu'on pouvait accorder autant d'importance à des chiens, j'ai l'impression qu'on a mangé sa propre famille. Je regrette maintenant... mais c'est un peu tard. Et puis on serait mort de faim de toute façon, c'était des vieux chiens, ils ne se battaient pas, ne rapportaient rien à manger. Mais quand même...

Donc Mist et Inanna discutent entre eux, elle lui parle sans faire de bruit de façon à ce que lui seul comprenne et Mist lui montre son ardoise, et des fois ils rigolent. Moi je regarde Marius d'un air éteint, il a l'air si épuisé... moi je réfléchis. Tous les soirs je réfléchis, à comment faire finir cette saloperie. J'ai un plan... une idée disons... que j'ai élaboré au fil des jours. C'est tellement incertain ! Il faut que je la propose quand même, j'ai eu beau retourner l'idée dans tous les sens, chercher les failles, c'est la seule qui me semble cohérente.

- Tu sais... j'crois qu'on devrait tuer Uriel. Petit blanc. J'veux dire... la magie du sang, je t'ai expliqué ce que c'est nan ? Bah on le disait mourant... il aurait pu chercher un moyen d'être immortel et... le sang tu vois ? Les Infectés, c'est ce qu'ils cherchent, du sang humain. Je pense que ça vient de là... une erreur de sa part peut être... ça fait un moment que j'y pense et que peut être si on le tuait bah... tout finirait.

Puis il nous faut un but, je sens le désespoir envahir Marius, et c'est le seul gars de l'équipe qui tient debout. Moi, je vais bientôt mourir, Mist euh... voilà quoi. Et Inanna... je veux pas qu'elle se retrouve seule ! Est ce que Marius peut voir dans mes yeux que j'en ai rien à branler que l'Infection s'arrête et que je veux juste que Inanna continue à vivre ?
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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Mar 28 Juin - 19:56

Toujours la main posée sur le sol, Marius tentait de percevoir les voix, les cris, les battements de cette vie atroce qui animait les cadavres, alors que Zélig se rapprochait. L'homme cilla un peu, l'obscurité fatiguait très vite ses yeux, et souvent, il voyait des taches noires se coller sur sa rétine, emplissant parfois toute sa vision. Il frotta son visage, et laissa faire Zélig, se contentant d'obéir quand ce dernier estimait qu'il pouvait lui donner des ordres à sa mesure, il était beaucoup affaibli et à part être un meuble de décoration, Marius ne servait à rien. Il attendait que tout ça prenne fin, essayant vaguement de rester en vie, au moins pour Mist, au moins un peu pour Zélig qui tentait de trouver un peu d'espoir, là où il y en avait plus. Ce qu'il pouvait devenir ? Ça lui importait peu, il restait là, mort, vide, agissant comme une marionnette sans volonté. Alors quand Zélig affirma que c'étaient des thermites, et que Marius vit les cadavres sous eux, il se contenta de hausser un sourcil, et qu'est-ce qui se passerait ? Hein ? S'il se laissait glisser là-dedans ? Les bras ouverts pour se faire dévorer par ces monstres ? Il n'était qu'une bouche de plus à nourrir, et il y avait cet horrible souvenir que Marius ne pourrait pas se pardonner, au moins pour cette faute, il méritait bien de mourir, non ?

Son estomac se retourna dans son ventre, et fixant un cadavre putréfié en train de se battre avec un autre, bavant et hurlant, Marius poussa un soupir, et ne parut même pas choqué lorsque le zombie arracha le bras de son « camarade », son regard se perdit dans le vide. Cette face décomposée, cette mâchoire ouverte, où on pouvait voir du sang séché, et bien évidemment ces dents noires, contre lesquelles un morceau de chair morte était coincé, c'était celle d'Alvaro, l'homme qui autrefois lui avait tendu la main. Il ne ressentait pas vraiment d'amertume, mais une grande lassitude le submerger, en contemplant ce qu'était devenu son mentor, une chose grotesque, un mannequin pourri, répandant horreur autour de lui. Mais Zélig attira son attention, et Marius effaça ce souvenir ridicule du contrebandier. L'Infection avait fait des ravages, et tous ceux qui avaient été touchés se trouvait décharnés, devenu presque animal, ils se battaient pour de la nourriture, comme si leur « mort » avait réveillé une faim terriblement odieuse.

Toujours muet, Marius suivit l'homme ouvrant la marche, il jeta souvent des regards à Mist, éternellement inquiet pour lui, toujours coupable de ce qu'il lui avait fait, et ce dernier souriait toujours. Ils pénétrèrent dans une autre pièce à laquelle Marius ne fit pas attention, il se contenta de faire les mêmes gestes que d'habitude, poussant un meuble contre la porte, il s'assura qu'aucune de ses créatures n’était entrée. Certes.... elles ne pouvaient pas grimper, mais la prudence était mère de sûreté, enfin quand on avait encore de l'espoir. Il alla s'asseoir avec les autres, entre Zélig et Mist, car il surveillait toujours ce qui se passait entre son ami et Innana, dont il se méfiait un peu. Il observa l'homme servir de la nourriture à tout le monde, gratifiant au passage un sourire à Mist, c'était le seul qui en avait droit, disons. Marius mangea peu, se disant que s'il se faisait un jour ou l'autre dévorer par les cadavres, il leur donnerait peu de chose, pas de la graine, juste des morceaux de peaux collés sur un squelette. Et depuis un moment, il avait envie de vomir, dès qu'il voyait un repas ; d'ailleurs, la nausée augmenta d'un cran, lorsque la fille de Zélig leur rappela le douloureux choix qu'ils avaient dû faire. Marius baissa les yeux sur ses mains qui se mirent aussitôt à trembler, il serra les dents, et fixa le sol, comme toujours lorsqu'on parlait de "ça."

Il ne regarda pas même Mist, car il n'arrivait plus à le comprendre... même si ça avait toujours été un peu le cas, auparavant, mais depuis « ça », il ne comprenait plus rien. Pourquoi Mist ne le haïssait pas ? Pourquoi le sourd-muet ne voulait-il pas le tuer après ce qu'il lui avait fait ? Évidemment, ça avait été pour son bien ! Mais lorsqu'il le voyait à présent, Marius se sentait horrible, comme si la maigreur de son corps était proportionnelle à son âme. Quel homme infâme était-il devenu ? Il n'avala pas le reste, et posa le morceau de pain par terre, perdu dans un désert aride de vérités trop acides pour lui. Pourquoi ? Pourquoi Mist ne le haïssait-il pas ? Pourquoi ne pouvait-il pas ressentir tout le mépris que Marius se portait à lui-même ? Pourquoi continuait-il de lui sourire, et de lui montrer tant d'affection ? Mais BORDEL ! IL NE LE MÉRITAIT PAS ! Rien sur son visage ne se lisait, comme toujours, mais à l'intérieur, ce n'était qu'une chose informe et sanglante, pleine d'épine qui éclatait sans cesse dans ses poumons. Lorsqu'ils mangeaient, Marius se souvenait de « ça », et de ce qu'il avait fait à Mist. Il aurait tout donné pour que « ça » n'arrive pas, mais personne n'en avait réchappé. Surtout pas Mist qui perdait depuis un peu l'esprit. Il aurait préféré que ce dernier le haïsse, lui montre une colère féroce, mais non... le sourd-muet restait le même à son égard.

Marius avala péniblement un morceau de pain, dont chaque bouchée lui rappelait le goût de « cette » viande, c'était comme si à chaque fois qu'il prenait un repas, goûter encore à ces pauvres bêtes qu'ils avaient sacrifiées pour leurs petites survies égoïstes. Marius avait envie de vomir, sa gorge le brûlait, et il perdait un peu de l'oeil, avaler ce pain, c'était comme avaler encore et encore un morceau de... chien. Son estomac se retourna et se serra soudain, il se recroquevilla alors, et tenta d'effacer ce moment de faiblesse lorsque Zélig prit la parole. Il lui parla d'Uriel d'Arken... ah... ce grand salopard que Marius avait rêvé tant de fois tuer ? Il haussa faiblement les épaules, écoutant avec le plus d'attention possible ce que Zélig racontait, approuvant souvent, se taisant toujours. Oui... tout ça se tenait... et au moins, avant de crever comme une merde, il pouvait espérer un but qu'en dix ans, il n'avait jamais atteint ! Zélig avait encore un élan d'espoir, Marius non, pourtant le terroriste prit enfin la parole de cette voix caverneuse et vide pour dire :


— Je partirais devant faire diversion, ça vous donnera le temps d'agir.

Et avec un peu de chance, il allait mourir entre temps.

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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Mar 28 Juin - 21:05

Marius regardait Mist, c'était un garçon très peu expressif mais je pouvais deviner ses pensées. On y pensait tous à chaque repas de toute façon. Je comprends, là encore, c'était son meilleur ami qu'il avait brisé en le forçant à avaler du chien. Mais on avait pas le choix ! On était rendu fou par la faim. Il avait vu comme moi Mist s'écrouler à cause du manque de nourriture. Comme il avait pleuré d'avoir craqué, d'avoir avoué sa faiblesse. Il avait dû avoir l'impression de condamner lui même ses chiens à mort en s'évanouissant. Enfin j'en sais rien, peut être qu'il était débile avant aussi, pour s'attacher à des chiens à ce point là. Enfin je suis sûr que ça torturait Marius en tous cas, même moi qui n'appréciait pas spécialement Mist, ça m'avait bouleversé de le voir pleurer comme ça, et puis surtout maintenant ce... vide effrayant. Inanna elle avait pas l'air de le prendre mal, mais c'est peut être sa façon à elle de gérer le truc, de parler avec Mist et de rigoler. Peut être le voyait elle même comme un bon copain. Enfin nous avions vu tellement de gens mourir, à la longue... on évitait d'en parler mais... Adelheid et son enfant, Suzume... on était vraiment les derniers. Je secouais la tête pour ne pas y penser. J'avais même vu la mort d'Emile et... son fils aussi était mort ! Dans ses bras ! J'ai rien pu faire... je ne l'aimais pas énormément, certes, mais tu sais ce que c'est, en vieillissant nos bastons incessantes s'étaient transformer en petites vannes qu'on s'envoyait par ci par là, ça n'avait plus beaucoup d'importance. La naissance de son fils l'avait beaucoup changé, aussi, il était venu parfois me poser timidement des questions, c'était tellement bizarre venant de lui de ne pas le voir en colère ou méprisant, et là, c'était fini, il était mort avec son fils dans les bras... enfin je devais pas penser à ça, le garder pour plus tard. J'entendais pour l'instant Inanna glousser doucement et les petits bruits de respiration accélérée caractéristiques du rire de Mist et je regardais le poulet en train de cuire. Voilà, juste le poulet, regarder le poulet, pas penser. Marius répondit, d'une voix caverneuse et triste. Il ne riait jamais. J'avais moi aussi du mal, mais un trait d'esprit d'Inanna y arrivait, parfois. Là elle montrait sa nouvelle robe à Mist qui souriait encore en la regardant. C'est vrai qu'elle était jolie, une robe bustier, rouge et blanche, avec plein de froufou, mais je trouvait le décolleté trop... décolleté. Mais c'est mon avis de père con, oublie pas.

- Marius je crois pas que ce soit une... bonne idée, que tu partes devant.

Je m'assurais que Inanna et Mist parlent bien entre eux et ne nous écoute pas. Je voulais pas les bouleverser d'avantage, je leur ferais part de mon plan en temps venu, mais là je voulais secouer Marius, qu'il lâche pas l'affaire. J'apportais leur part de poulet aux enfants – mentalement, je pouvais pas m'empêcher de les désigner comme « les enfants » -, bien grosse parce qu'ils le méritaient bien. Je savais que Marius ne mangerait pas beaucoup ce soir et je n'en avais pas envie non plus, et puis dévorer tout ça les occuperaient. Je picorais sur ma part et parlait à voix basse à Marius. Inanna et Mist avaient bien des secrets, pourquoi pas nous ?

- Tu sais Marius je... enfin je préfère que tu reste avec nous. Si il m'arrivait quelque chose tu vois... je... j'ai plus vingt ans, c'est probable tu sais, et puis la magie du sang m'a beaucoup pris. Mist est... fatigué en ce moment – non il est dingue, complètement frappé, appelle ça comme tu veux mais Marius refuse de l'entendre de toute façon – mais il ira mieux et tu peux pas le laisser tout seul, il voudrait pas et pis Inanna... elle a que dix sept ans. Je sais que c'est ma fille et pas la tienne mais... je suis inquiet tu vois ? Ne pars pas.

Mist a dû se sentir jaloux, parce qu'il est venu à ce moment là vers Marius. Cette façon qu'il avait de le regarder ! Dévotion pure quoi. Je doutais déjà de sa santé mentale avant la mort des chiens à cause de ça. Il le collait dès qu'il pouvait, touchait son visage, ses mains. Il lui expliquait tout ce que faisait ses chiens, lui racontait ses petites journées loin de nous pour chercher à manger, longuement. Je suppose qu'avant ils parlaient terrorisme et attentat, mais maintenant nos journées étaient bien monotone et un sujet de conversation inédit, c'était rare. Il écrivit sur son ardoise et la tendit à Marius. Je sais pas pourquoi, je regardais par dessus son épaule alors que je savais pas lire, je regardais les petits signes tremblotants sur l'ardoise. M'étonnerait qu'il y ait la clé de notre survie là dedans.

« Aujourd'hui j'ai volé du pain à un boulanger, il y a encore des gens vivants ! Mais ils ne sont pas nombreux. Ils s'étaient organisés pour rapporter du blé pour faire de la farine pour avoir du pain. Ils étaient peut être vingt. Il y avait un genre de petit fort qu'ils s'étaient fait dans les Bas-Fonds. Je t'aime. »

Puis Mist fit encore quelque chose qui avait le don de me mettre mal à l'aise : se comporter comme un chien. Je détestais ça ! C'était comme une grosse claque dans nos gueules, au cas où on aurait oublié qu'il était fou. Il prit les mains de Marius pour y donner de grands coups de langue. Il faisait pas ça par sadisme, pour lui rappeler qu'il le détestait pour avoir tué ses chiens ou un truc comme ça, nan, il le regardait avec plein d'amour dans les yeux. Il léchait souvent les mains d'Inanna aussi, ce qui la faisait beaucoup rire. Les miennes aussi parfois. En fait, c'était un gentil gars qui souriait tout le temps, nous aimait tous beaucoup et se prenait pour un chien. Voilà, pas de quoi en chier des briques. Il prit une dernière fois Marius dans ses bras, frotta sa tête contre lui avant de retourner près d'Inanna. Moi je continuais de picorer du poulet en les regardant. J'envisageais le meurtre du Haut-Prêtre, mais ça m'empêchait pas de regarder « les enfants » vivre en fait, ils avaient l'air tellement content. Dans le cas de Mist, c'était assez factice en fait, mais Inanna ? Etait elle brisée de la même façon, mais sans que je le sache ? Peut être ne voulais je pas le voir de la même façon que Marius ne disait jamais « Mist est fou ». Le-dit Mist sortit d'ailleurs un bout de bois d'une de ses poches, sous les applaudissements ravis d'Inanna. Ce qui me fit mal. Au début, je croyais qu'il sculptait du bois pour me torturer, mais en fait non, Marius m'avait appris que ça faisait dix ans qu'il s'entrainait à ça. Ma respiration eu un manqué, j'ai hoqueté. Asgeir était mort et je l'avais presque oublié. Ça faisait neuf ans que nous... enfin tu vois quoi. Ça avait commencé doucement, Asgeir était très marqué et... enfin il avait fini par adopter ma fille comme la sienne et moi comme... ben moi quoi. Même qu'il riait des fois. Mais maintenant il est mort. Ça me fait autrement plus mal que des chiens, tu peux me croire, surtout que ça avait été pour protéger Inanna. Je n'avais pas été là, c'était le début de l'Infection et j'étais parti chercher à manger. Si j'avais été là, la magie aurait tout réglé et je serais assis avec les bras d'Asgeir autour de moi. Là ils ne pouvaient que briller par leur absence. Inanna ça avait pas eu l'air de la marquer plus que ça, mais elle n'exprime pas souvent du chagrin.
Enfin donc, Mist continua sa sculpture du jour avec son vieux couteau. Cette fois ci, il sculptait un moineau. Pas un chien, jamais. Avant, si, que ça, maintenant plus jamais. Après il allait probablement l'offrir à Marius, comme toutes les merdes qu'il trouvait, j'me demande même si il consacrait pas toutes ses respirations à Marius. Moi je regardais le feu et j'essayais de me réchauffer, mais j'avais bien trop froid pour ça.
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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Mar 28 Juin - 22:03

Sans réellement de surprise, Marius se vit refuser son idée par Zélig, il haussa un sourcil, mais ne répondit pas. Ca lui devenait de plus en plus pénible de parler, ou d'entendre aussi, il se souvenait encore de la façon dont Innana s'était « réjoui » du désespoir de Mist, lorsqu'elle avait parlé de ses chiens. Il reconnaissait que le comportement de son ami était... malsain ? Mais il préférait se dire que c'était une manière comme une autre de faire face à tout ça, alors le regard vide, le coeur mort, l'homme évita de lancer des regards aux deux « enfants » qui mangeaient les restes, et s'amusaient, comme s'il n'y avait rien autour d'eux, comme si la mort n'existait pas au-delà de ces quatre murs. Pourquoi Zélig ne lui donnait-il pas la chance de crever ? C'était tout ce qu'il demandait, il n'en pouvait plus, il voulut juste mettre fin à ce douloureux cauchemar, si bien qu'il pensait de plus en plus souvent à se jeter dans la masse de cadavres pour mourir, et connaître le même sort que la famille qu'il avait arrachée à Mist. C'était tout ce qu'il méritait, et il aurait préféré que son ami lui portât une haine féroce que de rester si dévoué, et toujours auprès de lui. Lorsque Mist sortait, Marius se sentait à chaque fois perdu, ne sachant pas si le terroriste allait revenir vivant, ou revenir tout court.

Ce Nouveau Monde, détruit par d'Arken lui apparaissait si dure et terrible ! Que voyait Mist au-delà de ces quatre murs ? Au-delà de ce ces couloirs ? Il l'ignorait, et il ignorait même comment il faisait pour à chaque fois échapper à cette horde de cadavres, Marius hormis pour lui-même, ne ressentait plus de haine. Il voulait juste payer son crime, et Zélig le privait de ce droit. Un sort qu'il jugeait amplement mériter. Après tout, n'avait-il pas laissé une pauvre enfant mourir pour sauver sa peau ? Il se souvenait encore de cette gamine, pauvre, affamée et faible comme un chaton le supplier de l'aider, tandis que seul, isolé, Marius l'avait contemplé se débattre parmi ces mains qui la touchaient, la tripotaient comme une nouvelle marchandise, et la reniflaient comme un morceau de viande, léchant sa joue sale, léchant ses lèvres pour les mordre ensuite, comme pour s'assurer que son corps était bien ferme.

Il était resté là, debout sur le toit, les jambes tremblantes de peur et d'angoisse, tandis que les cadavres avaient plaqué la fillette par terre, déchiré ses vêtements pour lui saisir un sein, et l'arracher, l'un avait mordu dans un morceau, et l'avait passé à un autre... ils ne paraissaient pas dénué de raison, et dévorer cette fillette avait été un festin digne du Livre des Cauchemars, leurs ventres avaient grossi, et longtemps Marius avait cru voir les membres de la gamine bouger dans leur appendice, comme si elle essayait de crever leur chair, et sortir vivante de cet enfer. Mais il était resté là, sans bouger, attendant qu'ils terminent leur festin et partent pour s'en aller aussi, et voir ce qui restait de la pauvre fillette : un morceau d'oreille, et surtout ce qu'ils avaient dû trouver trop dur à avaler, notamment un pied.

C'était en retrouvant une mèche de cheveux grise qu'il avait compris, cette fillette de onze n'était d'autres que sa nièce, et la petite fille de sa meilleure amie. Quel monde corrompu par tant de tristesse, et de violence, et lui n'étaient restés qu'un simple spectateur, incapables de ressentir autre chose que du dégoût pour lui-même. Ce fut Mist qui sortit Marius de ses sombres pensées, lorsque celui-ci se mit à lécher sa main, l'homme arrêta rapidement ce geste, auquel il ne comprenait plus rien. Il avait lu les informations laissées par le sourd-muet sur son tableau, et il avait laissé Mist retourné près d'Innana pour dire :


— Mist a écrit qu'il y avait des gens encore en vie...

Information capitale, sans doute dans ce désespoir, Marius ne savait pas, de même qu'il tentait d'effacer la petite gêne occasionnée par le « je t'aime » de Mist. Ce n'était pas en vieillissant qu'il avait changé sur ce point-là, même lorsqu'il avait connu cette année de folle passion avec Azhran Nocturnae ! Il l'avait un jour enlevé et attaché pour faire pression sur Uriel, mais rapidement atteint par la douceur et la naïveté de la jeune femme, Marius s'était laissé charmer. Il ne sut jamais si ses sentiments avaient été réciproques, mais il avait passé d'excellents moments avec elle, la jeune femme lui avait appris beaucoup, notamment sur le bondage ; chose qu'il avait pu autrefois faire sur Karl et Lys, deux amis aussi profonds que... il haussa les épaules. À quoi bon songer à ces moments passés ? Il avait vu Karl devenir un non-mort, et s'attaquer à un groupe de courgette, fièrement vendu chez un marchand. Lui aussi, il avait perdu face à l'Infection. Mais Marius voulait mettre fin à tout ça, et comment convaincre Zélig de le laisser passer devant ? L'homme secoua la tête, et lâcha :

— Je ne veux pas partir, mais vous ouvrir la voie : tu l'as dit toi-même, Mist est fatigué tout comme toi, et on ne peut pas envoyer Innana là-bas, c'est trop dangereux. Je suis plus petit que toi, et plus agile, je pourrais faire diversion quelque temps, et vous donner l'occasion d'atteindre le Palais Épiscopal.

Car au moins... s'il mourait dévoré par la horde de zombies, il aurait pu faire quelque chose de bien. Ce qui l'inquiétait, ce serait la réaction de Mist, si ce dernier le voyait se faire tué par les zombies, mais c'était sa décision. Il ne voulait plus de tout ça. Marius fouilla dans sa poche et montra à Zélig un vieux paquet d'allumettes qu'il gardait depuis un bout de temps, et il lui désigna une vieille lampe à l'huile ; ce qu'il voulait faire ? Mettre le feu aux cadavres pour faire un peu de paniquer, en tuer quelques-uns, et les laisser s'enfuir avant de mourir, déchiqueté par ce marasme humain de visages familiers et terriblement décharnés. Il mordilla sa lèvre, et secouant la tête, l'homme se releva et gratta sa barbe. Il s'étira et lança à Zélig :

— Je ne garantis pas ma victoire, mais essayons ça... tu vois un autre moyen, toi ? De nous en sortir ?

Parce que lui... non. Autant crever, ça sera moins fatigant que de vivre.

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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Mar 28 Juin - 23:03

Marius m'expliqua pourquoi il fallait qu'il se sacrifie, tout seul. Je me suis laissé convaincre, même si c'était de mauvaise foi, même si c'était un hurlement « je veux me suicider », parce que j'aurais aimé faire pareil ! Et puis c'est vrai, j'étais tellement fatigué ! Enfin il rattachait la mienne, qui était de la vraie fatigue, à celle de Mist qui le poussait à lécher les mains, à uriner aux quatre coins de la pièce et à parler de chien morts comme si ils étaient vivant. Je t'avais dit qu'il était de mauvaise foi ! Enfin qu'il fut assez lucide pour s'apercevoir que d'autres gens étaient vivants, ça me faisait plaisir. Le pain frais en était la preuve, d'ailleurs.

- Il n'y a pas forcément plus d'Infectés au Palais...

Je disais ça un peu dans le vide, je redoutais la magie d'Uriel, peut être les contrôlait il, peut être voulait il nous voir tous mort sous les coups de dent des zombies, afin d'agrandir son armée. Je secouais la tête pour dissiper ces pensées, je ne pouvais pas croire qu'Uriel maitrise vraiment un tel fléau. Qu'il l'ait créer par accident, c'est possible, mais avoir produit l'Infection exprès ? En cherchant l'immortalité peut être... peut être était il un zombie parmi tant d'autre, et sa mort ne changerait rien... il fallait faire quelque chose, de toute façon, je ne pouvais pas continuer de voir Marius sombrer de jour en jour dans la dépression tandis que Mist s'enfonçait toujours plus loin dans ses délires. Et moi j'allais finir par mourir, parce que physiquement quelque chose était cassé en moi, et ça me rongeait. De la fatigue que le sommeil ne comblait pas, de la douleur qui ne passait pas. Oui c'est ça vieillir aussi, mais là ça allait beaucoup plus vite. Et Inanna serait seule au milieu des Infectés. Il fallait faire quelque chose ! Je ne pouvais pas lâcher prise en me disant « oh, après moi le Déluge » tu vois ?

- On devrait dormir alors, on ira au Palais demain.

Je fis signe à Inanna et Mist, et on prit spontanément nos dispositions particulières quant au coucher. Je leur laissais le lit bien sûr, puisqu'ils allaient y dormir à trois. En effet, Mist pleurait si on l'empêchait de dormir collé à Marius, et Inanna voulait dormir avec eux. Moi je me rabattais sur le canapé dont Marius s'était servi pour barricader la porte. Il était trop petit pour mes longues jambes, mais tant pis, j'avais pas dormi sur quelque chose d'aussi bon depuis longtemps de toute façon : le sol le sol le sol. D'habitude je laissais aux autres le lit si il y en avait un, histoire qu'ils dorment bien de temps en temps. Les pauvres lapins, et puis mon bébé. C'est tout ce que je pouvais lui donner, ma part de nourriture et le lit. C'était plus pour mon confort moral que pour son bien être à elle, certes, ça ne la sauverait pas de se faire dévorer par des Infectés, mais il fallait bien quelque chose pour me consoler.

Donc le silence tomba dans la pièce, et du coup le seul fond sonore que nous avions pour aller dans les bras de Morphée c'était les bruits répugnants que faisaient les zombies à l'étage au dessous, et puis plus tard les bruits de Mist qui pleurait dans son sommeil. Inanna quant à elle dormait comme une bûche, mais moi j'avais du mal à m'abandonner comme ça alors que des cadavres voulait nous tuer juste sous nos têtes. Il fallait bien que je dorme pourtant, j'étais si fatigué...

On se réveilla le lendemain matin, avec l'air pas beaucoup plus frais que la veille. Mist les yeux encore collés à cause du sommeil et des larmes qu'il avait versé une bonne partie de la nuit refusait de lâcher Marius – c'était le même cirque tous les matins – et Inanna me dit bonjour. Elle m'adressa la parole ! Je lui fis un grand sourire et j'attendis que Mist daigne m'adresser son attention, pour loui donner les instructions du jour.

- Bon Mist. Tu vois la maison très grande avec des volets bleus en face du Palais Épiscopal ? Il hocha vigoureusement la tête. Bah tu rejoindras ce soir là bas d'accord ? Avec à manger et tout ?

Mist fit encore une fois preuve d'enthousiasme en hochant la tête puis il me sourit. Je te l'ai dit : toujours content, même si j'ai aucune idée du pourquoi. C'est le vide dans sa tête qui doit faire ça. Il fit ses saluts à tout le monde en câlinant Marius à outrance et en lui attrapant les mains pour les lécher. Enfin, on le regarda partir par la fenêtre en escaladant la façade comme si c'était l'enfance de l'art, avant de galoper sur les toits et de disparaître de notre champ de vision. Ensuite on débloqua la porte, et c'est avec mille prudences que nous sortions de notre cachette. Pas d'Infectés au rez-de-chaussée, en général ils ne restent pas au même endroit tout le temps, ils se déplacent. On avança dans la rue. Aller au Palais prendrait la journée, pas que ce soit loin, mais nous avancions lentement, et il fallait tuer les Infectés que nous rencontrions, ne pas se faire buter ni même mordre par surprise... C'était laborieux, et silencieux aussi, pour ne pas se faire remarquer.

Enfin on arriva dans la maison où je voulais, enfin un hôtel privé plutôt, gigantesque. Nettoyer chaque pièce – c'est à dire vérifier la présence des Infectés et éliminer si besoin est – prit du temps et c'est plutôt tard que nous bloquâmes enfin la dernière porte après mille vérifications – nos vies étaient en jeu, on badine pas avec la paranoïa. On attendait Mist maintenant, personnellement je n'étais pas pressé d'entrer dans le Palais, et puis manger ferait pas de mal. J'entendais le ventre d'Inanna gargouiller. On s'assit et on fit un feu, en comatant à cause de la faim et de la fatigue. Comme à son habitude, Mist nous fit une petite frayeur en rentrant par la fenêtre. Il posa son sac au pied de Marius sans le regarder, en souriant dans le vide. Puis il se roula en boule à ses pieds comme... bah son animal fétiche quoi.

- Mist m'a dit que Uriel l'avait torturé et lui avait mis un charbon ardent dans la bouche ! On fait bien d'aller le tuer alors !

Elle disait ça sur un ton de commère, si ça n'était pas ma fille j'aurais trouvé ça cruel et pathétique de répéter les confidences douloureuses d'un débile mental, mais au lieu de ça je rajoutais de la merde derrière en espérant effacer ses paroles dénuées de compassion.

- Faudra p'tète que j'utilise la magie du sang...

J'disais ça comme si je réfléchissais à voix haute, en espérant que Marius allait penser à ça plutôt qu'aux paroles malheureuses de ma fille. Il savait que ça rendait pas très sain d'esprit – il me devait une cicatrice à la clavicule d'ailleurs. En fait j'avais mortellement la trouille, Uriel était bien plus puissant que moi. On allait crever, en fait, mais de toute façon on pouvait pas continuer comme ça. Ça se ferait proprement au moins, on se verrait pas tous mourir les uns les autres.
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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Mar 28 Juin - 23:50

Haussement d'épaules, et froide indifférence furent ses seules réactions, toutes ses réactions étaient devenues si minimalistes qu'on pouvait le prendre pour un de ces cadavres. À force de les fuir, il avait pris certaine de leur habitude, comme renifler parfois l'odeur du pain, le pain... qu'à chaque bouchée lui donnait l'impression de manger encore un morceau de Mais Dors, peut-être, la chienne de Mist, père de la famille de ce pauvre gamin. Zélig décréta qu'ils devaient dormir, au moins, ils pourraient se laisser tomber dans l'oubli et l'ennui, en sachant qu'ils avaient un objectif. Marius lança un regard désolé en voyant l'homme se coucher sur le canapé collé à la porte, mais il ne dit rien, parler devenait si pénible !

Il passa une main sur son visage, et vérifia avant de rejoindre Mist ainsi qu'Innana que tout allait bien, et que tout allait tenir, surtout. Il se laissa tomber sur le matelas, laissant Mist se coller à lui sans rechigner, il mit son coude sous sa tête, et sur le dos, il fixa le plafond sans trouver pour autant le sommeil. Ses pensées le menaient au passé, et celui-ci se peignait parfois dans son esprit, il voyait par exemple le visage lumineux de Salomon, lui racontant qu'il n'y avait pas eut de viol, et que sa meilleure amie avait été folle amoureuse de ce grand frère, comme lui l'avait été d'elle.

Il lui annonçait leur prochain mariage, et le désir qu'il devienne le parrain de leur gamine, que du rêve et de la joie ! Job lui était resté égal à lui-même, se dévouant surtout à sa passion pour les poules. Marius se rappelait encore de la chambre de ce frère-là, remplie de cocottes en marbre, et de tableaux montrant une poule souveraine, gouvernant un monde fantasmé, il lui avait même affirmé que les poules avaient établi leur propre société, et qu'il en était devenu le plus illustre membre, car il était tombé amoureux d'un coq. Il avait adoré raconter à Marius lors d'un séjour en prison de celui-ci que les poules, c'étaient un peu comme notre société, mais en mieux, et qu'il n'y avait pas de guerre surtout. Job paraissait heureux, et son visage s'illuminait quand il lui avait parlé de ses poules.

Marius l'avait écouté ce jour-là, où il rencontra de nouveau Zacharias en prison, laissés seuls, les deux jeunes gens s'étaient alors amusé à jouer à cache-cache entre les cadavres, jouant parfois même avec les instruments de torture. Marius ferma les yeux, et passa une main qui se voulut rassurante sur le bras de Mist qui contre lui, pleurait toujours, comme toutes les nuits. Le jour... il affichait un visage souriant, plein d'entrain, comme si tout ceci ne lui importait peu en réalité, et la nuit, il versait des larmes amères, silencieusement, éternellement isolé du reste du monde, prisonnier de son mutisme et de sa surdité.

Le lendemain, Marius sentit son estomac se retourner encore, lorsque Zélig émit ses directives, mais il ne fit pas la moindre protestation, après tout, il était juste là comme meuble décoratif, et justifier à chaque fois la raison pour laquelle Mist leur apportait de la nourriture. Son coeur battait juste un peu plus vite dans sa poitrine que d'habitude, si bien qu'il eut l'impression soudaine d'avoir retrouvé un peu de vie en lui. Alors toujours aussi bavard, arbalète en main, l'homme avait suivi l'autre homme, et sa fille. Ils déambulèrent, pauvre malheureux dans les rues d'une Ishtar désolée, puant non plus la pollution, mais bien la pourriture, de quoi retourner l'estomac.

Marius soupira durant tout le trajet, levant son arbalète à chaque fois que c'était nécessaire, la fin allait donc arriver pour lui ? Il s'inquiéta pour Mist, et voulut ouvrir la bouche pour en parler à Zélig, mais il songea que l'homme avait d'autres préoccupations que ses petits mouvements d'humeurs égoïstes. Il avait une ravissante jeune fille, insouciante dans sa méchanceté, et qui cracha son venin sur la face décomposée de misère de Mist, une fois qu'ils se retrouvèrent tous les quatre. Marius ouvrit la bouche, prêt à lui faire ravaler son venin, mais ses lèvres se refermèrent aussitôt, tout ceci était pitoyable, mais cette fille... l'espace d'un instant, il avait eu envie de la gifler.

Marius se contenta d'approuver les paroles de Zélig, ce n'était pas n'importe quel connard qu'ils allaient affronter d'ailleurs, mais Uriel s'il avait bien orchestré toute cette mascarade, devait se trouver épuiser par tant de choses, qui arrivaient encore et encore et en si peu de temps. Marius trouva un morceau de parchemin, un vieux mot d'excuse qu'il avait un jour écrit dans un élan de fatigue pour Éléanor... qui avait dû mourir. Il aurait pourtant aimé lui dire qu'il s'excusait d'avoir couché avec toutes ses servantes, c'était vraiment mal élevé, mais on ne contrôlait pas tout le temps sa libido. Il soupira et déchira finalement ce bout de parchemin, se contentant de le fourrer dans sa poche, Marius lança un autre regard à Zélig, quand soudain, il perçut comme un roucoulement.

L'homme prit son arbalète, et sourcils froncés, il crut que le danger frappait à nouveau à leur porte. Il grimaça et fit signe aux autres de ne pas bouger, surtout à Mist, dont il ne voulait pas voir la mort tout de suite. Il s'avança vers une épaisse armoire, d'où une odeur de sucre s'échappait fortement, il posa sa main, et perçut d'autres roucoulements qui lui fit croire à la présence de pigeon. Il frappa la porte de l'armoire, et finalement, Marius l'ouvrit en reculant, que ne fut pas sa surprise lorsqu'il vit un homme ! Mais genre... un vrai qui n'était pas mort ! Replié sur lui-même, l'homme possédait des cheveux bruns, et des yeux verts, il portait une énorme robe de chambre, et quand il croisa leurs regards, il imita un grossier battement d'ailes en hululant :


— Mais qu'attendez-vous ? Apportez-moi des souris !

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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Mer 29 Juin - 12:46

On entendait dans bruits, genre des roucoulements bizarre. On tourne tous la tête, sauf Mist évidemment qui essaye de suivre les pieds de Marius en restant roulé en boule, exercice compliqué, tu en conviendras. Marius sort son arbalète pour aller aux nouvelles. Peut être un couillon de pigeon ? Ouais... bah c'est pas en étant détendu du slip qu'on va se sortir de là hein, bien aiguiser sa paranoïa, de nos jours, ça amène loin ! Mist prit le sac de nourriture entre ses dents et avança à quatre pattes derrière Marius, et je l'interceptai avant que ce douloureux spectacle ne tombe sous les yeux de son ami en le prenant sous les aisselles pour le soulever, ce qui fit craquer douloureusement mon dos. Mist gigota un peu entre mes bras tout en fixant Marius, puis resta comme un poids mort sans chercher à se remettre sur ses pieds. On aurait dit un gigantesque nourrisson, qui se soucie pas d'être à moitié porté par un inconnu et qui regarde sa mère partir en bavant, à moitié défroqué. D'ailleurs j'insiste sur le fait que dans ses gesticulades, sa tunique ait un peu remontée sur son ventre, parce que c'est vraiment pas un spectacle pour les enfants. Déjà, la première fois qu'on l'a rencontré, Inanna a été très choquée par son visage qui tenait plus du cubisme que de l'être humain, et le reste de son corps bah... dis toi que quand ce gars ne faisait pas un attentat, il était en prison. Et dans la rue. Déjà de base il avait autant de manière et de notion d'hygiène qu'un singe, alors maintenant qu'il lui reste qu'un demi-cerveau... je te jure que l'avoir dans les bras, niveau odeur et image, c'est pas une sinécure. Je sens mes sinus fermer boutique en tous cas. Je crois qu'il baisse même pas son pantalon pour pisser, c'est pas possible autrement. Ça n'a pas l'air de gêner Inanna et Marius, mais moi qui n'éprouve pas un amour sans borne pour le petit débile, bah ça me révulse, cette débauche d'odeur.

Et après on entend... une voix humaine. Un vrai humain ! Pas un mort ! Je lâche Mist et je vais rejoindre Marius. Inanna me suit. On déboule face à un gars dans une armoire – c'était donc ça les roucoulements – qui réclame des souris.

- Oh putain, un fou de plus.

Je l'ai lâché entre mes dents, mais Marius a peut être entendu, et encore un ascenseur émotionnel pour la table deux ! Un ! J'avais espéré brièvement qu'un autre mec qui tient la route soit là, mais non, on avait un autre Mist. Lui c'était quoi son trip ? Les chats ? Nan il bat des ailes. Bon ben un hibou alors. Enfin un barjot. J'eu la brève envie de prendre Mist pour taper sur celui là histoire de les tuer tous les deux. Oh, du sang... il m'en faudrait pour pratiquer la magie. Je pourrais prendre celui là, un beau sacrifice plein de sang chaud...

- Euh... papa.

Je secouais la tête pour dissiper la magie, j'avais fait un sourire avec trop de dents, trop longues, trop pointues. Je n'avais pas pratiqué depuis longtemps, ça me manquait... la magie m'appelait et voulait du sang, le mien, celui des autres, sans distinction. J'avais hâte d'aller tuer Uriel juste pour pouvoir me transformer à nouveau et bouffer des trucs. J'avais fait d'énormes progrès en dix ans, bien sûr, mais ça m'appelait aussi. La dépendance était venue, de plus en plus forte. Mais on verrait plus tard, je le proposerait demain matin, après qu'on ait tous dormi.
Mist semblait très troublé par la présence de ce nouvel être, mais il paraît que c'est ça, les fous. Il posa le sac de bouffe aux pieds de Marius – avec les mains ! - et se roula en boule à ses pieds. Il ne le lécha pas, ce qui me soulageait parce que c'était un spectacle vraiment pas pour les enfants. Pour sortir son petit moignon de langue, il devait ouvrir grand la bouche et tendre au maximum le peu qui lui restait, un petit bout tout brûlé. Inanna lui flatta la tête et je regardais Marius. J'étais fatigué et je voulais qu'il prenne les commandes, un peu.
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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Mer 29 Juin - 21:28

« Un fou de plus ? Un fou de plus ? Un FOU de PLUS ? » Évidemment que l'homme prit en compte la phrase de l'autre, et il lui lança un regard sombre qui ne présageait rien de bon, qui était l'autre fou ici ? C'était qui, hein ? Marius refusait de le croire, ou de se heurter à cette réalité trop froide et dure, il ne voulait pas songer un seul instant que Mist put être devenu fou, il était pour lui toujours le même, quelqu'un d'un peu spécial pour qui il ressentait beaucoup d'affection. Et puis, ils n'étaient tous pas un peu fous ? Ils erraient comme des malades dans cet endroit maudit, puant la pourriture, sentant l'odeur de la mort, et ils ne croisaient plus rien d'humain. Ils n'étaient que tous les quatre, et l'espoir de revoir une Ishtar comme celle d'auparavant disparaissait chaque jour. Zélig avait été autrefois son ennemi, pourtant c'était ce type qui les avait ramassés dans la rue, Mist et lui, alors qu'ils tremblaient de froid et qu'ils attendaient sans doute l'heure, où la Mort viendrait frapper à leur porte pour leur dire : « Hey ! Salut les enfants, je viens vous ramener à l'Ombre ! », et peut-être que ça aurait été ce qui aurait pu leur arriver de mieux.

Il avait envie de vomir, et l'homme continuait de hululer en remuant les bras, murmurant qu'il avait envie de dévorer des souris, il fixa d'ailleurs Mist, et lentement sans regarder son ami, Marius leva son arbalète. Il nota aussi un changement chez Zélig, dont la fille semblait d'ailleurs troublée par quelque chose dont il ne savait rien. Que faire ? Peut-être que Zélig pourrait s'en servir pour tuer Uriel ? Marius n'y connaissait plus rien dans ce domaine, il abaissa son arbalète, et sentant que c'était à lui de prendre les rennes de ce petit groupe de survivant, l'homme se tourna lentement vers l'autre homme, immobile, Marius regarda longuement le sol, perdu dans ses pensées.

Pourquoi lui ? Hein ? Il ne voulait plus prendre de responsabilités, il ne voulait plus rien diriger, sa vie n'était qu'une immense liste, où dans son être, on y avait inscrit au fer rouge tous ses échecs, et l'Ombre seule savait combien il y en avait eut ! L'homme n'avait finalement jamais pu changer les choses, et il se retrouvait à la merci d'une situation dont il voulait s'échapper, et seule la Mort pouvait lui apporter cette liberté. Il haussa tout de même les épaules, tandis que l'homme-hibou continuait de tourner la tête, poussant des crics, fixant souvent Mist comme une créature familière, il cria à nouveau :


— Je veux des souris ! Allez m'en chercher !

Marius poussa un soupir, et contourna ses compagnons pour se rendre à l'autre bout de la pièce, il donna un coup de pied dans une table non sans agacement, merde ! Pourquoi ressentait-il de la colère ? Parce qu'il allait affronter un autre jour misérable ? Alors qu'il voulait se jeter dans la gueule des morts animés ? Il poussa les débris et tâtant le sol, sa main ne tarda pas à rencontrer un cadavre de rat. Il lorgna dessus comme si c'était un fabuleux trésor, puis se relevant, fatigué de toute cette connerie qu'on osait nommer la vie, l'homme jeta le rat mort au type hibou. Celui-ci sortit enfin de son armoire et se jeta sur le cadavre de rat. Il ne le prit même pas entre ses mains, non c'était bien trop sain encore ça, il le prit dans sa bouche, mordant à pleine dans la cuisse pourrie. Il tourna la tête et sauta sur le fauteuil, il imita un battement d'ailes et regarda Innana de ses yeux de fous. Il secoua la tête, puis Marius leva les yeux au ciel, fatigué de toute cette folie, il voulait juste crever, bordel ! Il fit pourtant signe à ses compagnons de le suivre, il ne voulait plus s'arrêter, même pour manger ou dormir, il voulait mettre un point final et fatal à tout ça.

L'homme ouvrit une porte, puis une seconde, et enfin une troisième pour déboucher sur un long couloir. Il alla vers l'unique fenêtre de cet endroit, et l'ouvrit, le froid entra en un instant, balayant tout sur son passage. Marius passa sa tête à l'extérieur, et remarqua que la rue en bas était simplement déserte, personne, il n'y avait personne, pas même l'Ombre d'un cadavre. Il soupira et les mains sur les rebords de la fenêtre, il se dit que ce serait si simple s'il se jetait en bas, mourir écraser, c'était ce qui pourrait lui arriver de mieux. Il alla même jusqu'à poser son pied, prêt à sauter, et à abandonner ses compagnons, mais le regard de Mist l'arrêta. Il ne savait plus pourquoi d'ailleurs, peut-être parce qu'il avait conscience qu'il était la seule personne qui lui restait.

Il doutait de l'affection de Zélig pour le sourd-muet, ce dernier après tout avait proposé de tuer les chiens, la seule famille de Mist. Il secoua la tête, et leur montra que sous la fenêtre se trouvait une échelle, et qu'en fasse... simplement le Palais Épiscopal. Il apercevait même une petite fenêtre, et ils pouvaient se servir de l'échelle pour l'atteindre, et atteindre enfin d'Arken. Était-ce dans cette situation totalement désespérée que Marius allait tuer son pire ennemi ? Il désigna l'échelle, puis la fenêtre du Palais. Mais avant qu'il ne puisse expliquer son « plan », il entendit un hululement fou et des bruits de pas. Aussitôt, l'homme se saisit de l'arbalète et ramena sa jambe à l'intérieur. L'homme hibou le poussa contre le mur, mais ne l'attaqua pas, il sautilla, le rat mort toujours dans ses dents, il secoua la tête et terminant son repas, il cracha la moitié du cadavre aux pieds d'Innana, enfin il s'écria :

— Je suis certain que je peux voler !

Et en battant des bras, comme s'il battait des ailes, il sauta de la fenêtre en hululant. Marius ferma les yeux, et ne perçut qu'un « splatch » sinistre, lorsque l'homme-hibou s'écrasa par terre. Une goutte de sueur glissa sur sa tempe, en tremblant, il ramena par un acte sans raison Mist contre lui, comme pour le protéger, et se relevant, il jeta un coup d'oeil en bas. L'homme avait le visage écrasé contre la terre, le crânée éclaté, les membres tordus dans une position bizarre, il ressemblait à un oiseau mort sur lequel, un fiacre aurait pu passer. Charmante vision d'un destin sordide, sans doute le symbole de leur avenir.

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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Mer 29 Juin - 23:20

Marius lança un cadavre de rat à l'autre fou dingue là, qui y donna un bon coup de dent. Ai je précisé que c'était un cadavre de rat ? Oui, une ligne plus haut, je sais, mais c'était vraiment un PUTAIN de cadavre de rat de MERDE. Genre décomposé quoi. Et ce gars le bouffe ! Moi je tourne pudiquement la tête, j'entends Inanna pousser un petit cri, même Marius semble exprimer quelque chose. Mist, non, évidemment, lui il continue de regarder dans le vide en souriant comme un bêta, mais c'est comme d'habitude quoi. J'repensais à ce qui nous avait amené là, tous.

L'Infection avait commencée dans les Bas-Fonds. Tu me poserais la question, j'te dirais que Uriel trainait souvent dans les Bas-Fonds aussi pour trouver des victimes pour ses expériences, mais bref, les morts qui bougent et qui tuent, ça avait commencé là bas. L'Infection s'était rapidement répandue chez les défavorisés avant d'être endiguer par la Garde, qui fut la première à réagir en exterminant les individus touchés. Nous – sous entendu : des beaux quartiers – ça ne nous faisait pas peur donc, vu que c'était des histoires de clodo qui se mordaient entre eux et qui s'entretuaient. Hélas, un membre de la Garde se fit mordre, ramena sa maladie dans son régiment, puis l'armée, et toutes les familles des soldats... Et là ce fut la merde. On appela les prêtres pour endiguer le truc, mais hélas, dix ans d'Ezhekiel 1er aux commandes avait fortement réduit notre nombre, et on était pas assez nombreux. Puis ça a été le chacun pour soi, en petit groupe, les survivants ne s'occupaient plus de tuer un maximum d'Infectés possible mais de... survivre, tout bêtement. Certains avaient fui la Capitale, mais l'Infection s'était propagée dans les autres provinces rapidement. Il n'y avait plus d'endroit sûr, sauf dans les forêts peut être, mais comment un mec cent pour cent citadin pourrait survivre dans une forêt ? Ceux qui continuaient à vivre ne s'occupait pas du lendemain, et voyaient leurs nombres baisser de jour en jour, parfois un groupe disparaissait totalement parce qu'un petit couillon cachait une blessure Infectée. Paranoïa... mieux valait être maximum une dizaine,avec des gens de confiance, et les surveiller, toujours. C'est pour ça aussi que je n'aimais pas trop Mist, avec ses sorties régulières loin de nous, il pourrait très bien ramener l'Infection sans nous le dire. Je sais même pas si il saurait ce qui lui arrive, de toute façon. C'est ça aussi qui était terrible avec l'Infection, c'est le temps d'incubation. Tu te balades un moment avec une petite blessure de morsure, un coup d'ongle et puis... tu manges tes enfants le soir venu. C'est ce qui est arrivé à Zacharias, le pauvre... il nous avait caché qu'il était malade. On se l'était trainé un moment sans savoir, puis au milieu de la nuit, il a failli buter Marius. C'est les hurlements qui m'ont réveillé, on est venu à bout, mais c'est pas passé loin. Maintenant ça arrive moins parce que les Infectés sont très nombreux, et tu ne peux pas t'en tirer avec une simple morsure si tu te fais choper, tu finis en steack sanglant avec des morceaux de toi jusqu'à l'autre bout de la rue. Tout le monde en veut une part ! Enfin je préfère finir écartelé que Infecté, je crois, même si la première option est infiniment plus douloureuse. J'ai vu Émile se faire submerger par le nombre et partir en petits morceaux, avec son fils dans la mêlée. Ça a duré plusieurs minutes, plusieurs minutes de hurlements de douleur comme tu n'en as jamais entendu. Même les boyaux hors du ventre, le gamin continuait de hurler en essayant de les ramasser avec ses doigts pour les remettre. Je veux plus jamais voir ça.

Et perdu dans mes pensées, je vis le gars sauter par la fenêtre. C'était donc pas un chat, mais bien un hibou.

MERDE !

Je regardais par la fenêtre, avec la tête du drogué qui voit sa dose d'héroïne balancée aux chiottes. Quel gâchis... du bon sang frais, mais mort, qui s'étale partout sur la chaussée. Le sang des morts ne m'intéresse pas, c'est la part d'ombre chez les vivants qui m'envoie de l'énergie, fait péter mes barrières et me fait frôler l'orgasme.

Putain... j'aurais pu m'en servir pour la magie, de ce couillon.

Une remarque adressée à personne. Marius sert Mist contre lui, qui semble au bord de se faire pipi dessus de joie que son Dieu Vivant s'occupe de lui. J'aime pas non plus quand y fait ça, surtout qu'il était déjà dévoué comme ça avant, j'me demande si Marius l'a pas enfermé dans une cave pour le torturer à un moment pour que Mist soit loyal comme ça. J'te dis, j'suis sûr qu'il est fou de base avant. Enfin là il tremble de bonheur et il essaye de lécher la morve qui lui coule du nez comme un gamin de trois ans. Je craque.

- Crache.

Je lui tends un bout de mouchoir qui trainait dans ma poche, c'est bien le seul truc propre qui me restait. Mist crache dessus en me regardant d'un air méfiant, puis je lui nettoie un peu le visage et plaque le tire-jus sur son nez.

- Allez, mouche toi.

Il s'exécute docilement, j'alterne de narine et on recommence. Je jette le mouchoir maintenant immonde par terre. Bon, c'est une goutte d'eau dans la mer, vu l'état de saleté du fou, mais au moins il essaye plus de se léchouiller la morve, et ça c'est des putains de vacances. Enfin je râle, mais on a tous pas vu de l'eau propre depuis des lustres, des rasoirs non plus, et on a des tronches de fou avec des barbes qui poussent par plaque parce qu'on a pas assez mangé depuis longtemps. J'ai dû couper mes dread parce qu'elles puaient la mort et que ça attirait les insectes, et j'ai les cheveux sales dressés sur la tête et collées en mèches sales. Enfin tout le monde est dans mon cas de figure, Inanna a aussi les cheveux dans un état pas possible, qui lui donne un air de folle tout droit sortie de l'asile, et Marius est tellement maigre et pâle qu'on dirait qu'on pourrait voir à travers. Mist est un gros tas de merde posé sur la face du monde, et vu qu'il peut plus se colorer les cheveux, tout le monde a découvert qu'il les avait en fait châtain clair, de la même couleur que sa peau, et que c'était en fait plutôt joli. Enfin on a l'air pire que les pires clodo d'avant l'Infection quoi. On nous dirait déjà mort, tout sale comme si on sortait d'un cercueil, tout maigre et l'air totalement éteint à cause de la faim. On tient sur les nerfs, je te dis, c'est pas de nos corps que vient l'énergie qui nous anime. Ça peut plus continuer, et quand je vois Marius pointer différents éléments pouvant nous aider à entrer sans se soucier de manger ou dormir, je le comprends. Moi j'aimerais bien dormir, mais je sais que je me réveillerai pas moins fatigué qu'avant. Mais si tu savais comme j'ai envie de dormir... quand je marche trop vite j'ai des points noirs devant les yeux, je me sens réellement affaibli. Je pourrais dormir tout le temps.

- Bon... Marius, t'as l'œil toi... bah on y va, du coup.

On se dirige vers le bas, vers dehors, pour récupérer l'échelle posée au sol à coté du cadavre et grimper à une petite fenêtre du Palais. Mist tend désespérément son sac de bouffe à Marius, sans comprendre pourquoi on sort dehors alors que c'est le soir, et que les soirs d'avant on sortait pas. Son état mental exigerait sans doute beaucoup de repos, au calme... mais comment veux tu qu'on lui donne ça ? Il écrit à Marius en marchant – et en trébuchant partout donc – mais je suis même pas sûr que lui même comprenne ce qu'il écrit. C'est p'tète comme un jouet automatique, une voix pré-enregistré, il sort des phrases qu'il comprend pas, quand il parle à Inanna c'est par automatisme, il sait pas ce qu'il dit. Enfin déjà pour moi un type qui parle que part écrit, c'est suspect, alors bon... le seul bruit qui s'échappe de lui, c'est les « chrouic chrouic » de ses vieilles prothèses usées quand il bouge. Ouais, je t'ai pas dit ? Il a le bras gauche mécanique, et les deux jambes aussi ! On lui aurait coupé en prison apparemment pour qu'il arrête de s'enfuir tout le temps... bon, l'ecclésiastique qui sommeille en moi est un peu outré face à tant de sciences, mais dans le fond j'en ai rien à branler, trop fatigué pour ça. Je vois Mist écrire frénétiquement, il a sorti une feuille en papier du sac, c'est Byzance ! Je sais pas ce qu'il écrit, mais ça doit être bien parce que ça le fait sourire comme un malade. Pendant ce temps je porte l'échelle, Inanna m'a regardé faire, avec son dos en bonne santé et ses muscles qui n'ont pas fondu. J'ai rien dit, je veux pas qu'elle s'use, qu'elle se fatigue, mais mes os ont parlé pour moi en craquant. Mist tend la feuille.

« Marius, aujourd'hui Mais Dors le Chien Prodig(u)e a fait quatre chiots, tu veux les voir ? Ta nièce les aimera bien aussi ! Mais Zach non, mais je l'aime bien quand même, même si il est mort sous nos yeux. C'est gentil de m'héberger chez toi, on fera dix ans d'attentats ensemble d'accord ? Puis après on va mourir, comme les chiens, mangés. Sauf moi parce que je suis un chien aussi, c'est Uriel qui me l'a dit avant de couper mes jambes. Les Infectés ne mangent pas les chiens, on devrait tous devenir des chiens, d'accord ? J'ai peur d'être mangé, ça me fait peur même quand je dors, je les vois avec leurs doigts crochus et leurs dents, ils me poursuivent, et ils se battent mes meilleurs morceaux, froidement, pendant que je pleure de douleur par terre en tenant le peu qu'il reste de moi qui est organique. Ils m'arrachent les yeux ! Je suis aveugle ! Je suis dans le noir pour toujours ! Tout seul ! Ils gobent mes globes oculaires comme si c'était des bonbons. Aujourd'hui je leur échappe, demain non. Un jour je me ferais manger, et toi aussi, et je veux pas parce que tu es le seul qui m'aime, même si je suis un chien très sale. Sois un chien avec moi Marius ! On se fera manger aussi, mais par nos frères, ça sera mieux. »

Pendant que Marius lit, je pose l'échelle. Inanna regarde le Palais et a une drôle d'expression sur le visage. On rentre par une petite fenêtre de derrière, j'aime mieux, c'est plus discret. Je pousse sur l'échelle pour m'assurer de sa stabilité et je monte en fermant les yeux. J'ai toujours eu le vertige, et c'est vraiment une fenêtre qui est haute. Ai je le choix ? Ben non. Je grimpe, mais crois bien que je tremble et que je me sens pas bien. Une fois arrivé en haut, je m'affale sur le sol et si je pouvais, je hurlerais de soulagement. Enfin je surveille aussi où je tombe, des mois de paranoïa, ça s'oublie pas comme ça. Non, pas d'Infectés, et la porte est fermée. Je suis tombé dans une salle de bain à l'abandon, avec des toiles d'araignées énormes et des produits de beauté dont l'intérieur semble avoir moisi ou séché. Je suis rejoint par Inanna – qui semble surprise de me voir par terre – puis par Marius et Mist.

- J'ai envie de faire pipi !

Inanna sort de la pièce pour aller dans un endroit, seule. Si j'avais su mon dieu si j'avais su ! Je sais pas ce que j'aurais fait, mais au moins j'aurais pas été choqué comme je l'ai été... avait elle prévu de s'éloigner de nous depuis longtemps ? Dès que j'avais soulevé l'idée de tuer Uriel qui devait maitriser tout ce foutoir ? Mais bref, je te raconterais ça plus tard, en attendant j'étais coincé avec Dépressif-man et son faire-valoir l'Abruti Fini qui était collé à lui comme une moule à son rocher en le regardant béatement.

- Ben... on l'attend.

J'ai regardé la partie tendre de mon avant-bras, bientôt, je pourrais enfoncer mon couteau dedans et boire mon propre sang pour réveiller la magie, bientôt... ça me démangeait. J'étais inquiet pour Inanna aussi, j'aimais pas qu'elle sorte de mon champ de vision, mais comment protester face à un impératif comme la pisse ? Y a que Mist que ça dérangeait pas d'uriner partout, nous on essayait d'avoir un peu de pudeur là dessus, même si on se retrouvait souvent enfermé dans la même pièce à cause d'un siège d'Infectés. Au fil des mois on avait adapté notre pudeur, voilà. Mist partit en exploration dans la pièce en reniflant d'un air curieux les fioles de parfum. Mist et le parfum, les ennemis mortels qui se rencontrent. Il de désintéressa rapidement de ces odeurs nouvelles pour aller uriner pour marquer son territoire. La routine quoi. Moi pendant ce temps je regardais avec méfiance dans le sac, pour en tirer un unique pain de taille modeste. Il avait fait de son mieux, je suppose. Je séparais le pain en quatre parts égales et j'en tendis deux à mes acolytes en en gardant un pour moi. Je me méfiais du contenu du sac de Mist depuis un certain événement entre la mort du premier chien et celle des trois autres. Mist, un coup, pour se venger ou je sais pas quoi avait rapporté... un nourrisson mort depuis un moment. On l'a pas mangé, évidemment, mais depuis je mettais plus allègrement ma main dans son sac. Enfin le message était clair : on avait tué et mangé des membres de sa famille, voire ses propres enfants. Je préfère pas y penser. Je mâchonnais mon bout de pain, assis par terre dans une salle de bain abandonné comme si on campait en territoire inconnu, en remuant de tristes pensées et en attendant ma fille. Qu'aurais je pu faire d'autre ?
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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Jeu 30 Juin - 0:22

Loin de s'occupait de ce que faisait Zélig à Mist, l'homme restait le regard fixé sur le cadavre, un regard aussi vide que les autres. Il ressentait une grande indifférence à tout ceci, il soupira d'ailleurs, se sentant écrasé par un poids sur sa poitrine qui n'était pas celui de Mist, il était juste... en train de glisser sur une pente qu'il n'avait jamais exploré auparavant, avait-il autre chose de plus terrible derrière le désespoir ? Il ne savait pas, et apprenait tout juste à explorer ce sentiment noir comme la nuit, il continuait de contempler la tête éclatée du cadavre, il voyait même un morceau de cervelle pendre sur le côté, alors que la bouche ouverte, il avait bavé. Marius imagina alors un rat entrer lentement dans la bouche du corps, et ce rat s'aventurer dans la trachée de l'autre, dévorant ses organes, pissant dans ses poumons, vomissant dans son estomac après lui avoir grignoter un morceau de côlon. Il imaginait ce petit rat aller ici et là, explorant le ventre de l'homme, et finissant par sortir dans un endroit bien étroit qu'il aurait grossi, le ventre plein d'organes, et il aurait joyeusement gambadé sur un autre corps. Laissant un petit chemin de crotte derrière lui, et se jetant dans la gueule d'un des infectés, transmettant un peu des organes morts à l'autre mort.

Marius pouvait même percevoir le rire sinistre du rat, après s'être repu de son propre prédateur, le corps secoué de rire, se tenant sur le dos, les pattes remuant comme un cafard, se gorgeant du malheur qui s'abattait sur Ishtar. Où étaient passés ses rêves ? Où étaient passés ses espoirs ? L'homme ne savait plus, il ne souvenait même plus avoir eu un jour cette folle idée de changer le monde. Il poussa un soupir, et laissa Zélig descendre avant lui, ainsi qu'Innana pour qu'elle puisse rejoindre son père assez rapidement, il passa ensuite devant Mist, et se laissa tomber par terre. Il fixa encore le cadavre, intéressé par les images qui survenaient dans sa tête, après le rat, il voyait des vers grouiller tout autour du corps, et même en dessous. Une masse mouvante et blanche, luisante aussi, frémissante, tremblante, qui irait chatouiller sensuellement chaque partie du corps, s'infiltrant dans le pantalon et dans la bouche, s'aventurant sur ce cadavre tout juste mort, entrant et sortant par tous les orifices, passant dessus comme les nobles sur leurs esclaves, et laissant là un squelette dégarni, dévoré par les vers qui iraient bouger plus loin, et s'attaquer à un autre malheureux.

Qu'est-ce que ça faisait ? De se faire dévorer ? Marius n'arrivait pas à déterminer, si c'était plus excitant de se faire mordre encore vivant, sortir sa peau se faire arracher, et ces dents traverser sa chair maigre, ou bien de sentir ces corps mous le caresser, humides et brillant comme du talc. Quand ils passèrent vers le cadavre, l'homme se rendit alors compte qu'il avait faim, et que le corps non loin d'eux paraissait bien appétissant, quelle bêtise de ne pas y toucher. Le bras paraissait en bon état, il était même certain que la cervelle noire de l'homme devait fondre sous la langue. Il mouilla ses lèvres, le corps secoué par divers frissons, et rapporta son attention sur l'ardoise que Mist lui tendait en souriant, toujours en souriant, c'était malsain et... attendrissant de le voir sourire de la sorte. L'homme fronça les sourcils, et le coeur au bord dès lèvres par la faim, il commença à lire ce que cette main maladroite avait écrit, pleine de bonnes attentions sans doute.

Ses yeux parcourèrent son discours, le corps tordu de souffrance, Marius eut rapidement très envie de vomir, il y avait cette sincérité dans les mots de Mist que c'était malsain de ne pas se rendre compte que cet ami, ce compagnon d'infortune... étaient simplement fou, mais Marius perdait aussi un peu la raison. Devenir un chien ? Mais derrière ces divagations, il nota le profond chagrin du terroriste, et il se souvenait plus crument de chaque bouchée de Mais Dors qu'il avait avalé, Mist semblait mélanger un peu tout, et Marius ne savait plus ce qu'il devait faire. Il avait tant de fois auparavant de le sortir de cette détresse, mais aujourd'hui coupable de cette folie, il avait juste envie de se jeter dans leurs gorges moisies, où parfois, il pouvait apercevoir un morceau de chair encore frais, coincé entre leurs dents. Alors quand Mist lui écrit toutes ces horreurs, et son désir que tous les deux deviennent des chiens, Marius crut comprendre qu'il comprenait aussi la situation, mais à sa manière, et qu'il essayait de trouver des solutions, à sa façon. Il sentit son estomac se retourner, et profita que son ami montât sur l'échelle avant lui pour aller vomir.

Ça faisait longtemps que ça ne lui était plus arrivé, et il fut pris de fièvre en voyant la substance jaunâtre et épais couler presque sur ses chaussures, il toussota et cracha un morceau de pain transformé par tout un système digestif qu'il ne comprenait pas. Il essuya ses lèvres avec sa veille manche, il cracha encore un peu, et se dépêcha de monter à l'échelle, loin d'avoir le vertige, mais le coeur toujours prêt à exploser dans sa poitrine, Marius se hissa à l'intérieur et fit entrer l'échelle dans la salle de bain, il ne voulait pas que les Infectés touchassent ses amis. Il entendit juste Innana dire qu'elle avait envie d'uriner, haussant les épaules, Marius se laissa tomber face à Zélig.

Il ne prit pas le morceau de pain, et ne jeta pas le moindre regard à Mist, il attendait que la gamine revienne, si elle revenait un jour. Il patienta une minute deux minutes, puis trois, et enfin, las d'attendre, Marius se releva sans dire un mot. Il avait cru entendre encore du bruit, mais cette fois-ci, ce ne fut qu'un effet de son imagination attardée, et qui le poussait à percevoir l'irréel. Il crut entendre par exemple un petit couinement, et sortant de la pièce sans parler, Marius erra dans le couloir, arbalète en main. Il entendait comme des murmures maintenant, et ces murmures emplissaient son crâne pour faire disparaître toutes ses pensées, il tourna sur lui-même plusieurs fois, certain que soudain, les Morts Vivants avaient réappris à parler, ou inventer un nouveau langage.

Il leva la tête, puis tourna encore, les choses bougeaient trop vite pour lui, les choses glissaient devant ses yeux comme des ombres, et dans un coin, Marius crut voir une ombre. Serrant les dents, l'estomac noué, l'homme chargea son arbalète, et resta immobile dans le couloir, il visa ce qu'il croyait être un adversaire. Il ne bougea pas, il attendit, encore ; l'impatience le rongeait certes, mais il ne faisait plus le moindre mouvement. Ses loques camouflaient à peine la maigreur de son corps, le rendant même plus squelettique, il était prêt à tirer... mais il n'y avait rien. L'ombre qu'il avait cru voir, ce n'était qu'un mouvement de rideau, mais Marius était borné, et croyait juste que son ennemi attendait aussi, qu'il montre un signe de faiblesse. Qu'importe ! Il n'allait pas bouger, il patienterait... jusqu'à ce que l'autre l'attaque, ou jusqu'à prendre conscience que lui aussi s'enlisait dans la folie. Il tremblait, fébrile, tendu, angoissé, le coeur lourd dans l'estomac, un ennemi qui ne viendrait jamais.

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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Jeu 30 Juin - 0:45

On attendit plusieurs minutes, très longtemps. Marius finit par se lever, comme ça, sans réfléchir, sans comprendre ce que ça impliquait : on avait plus rien à attendre. Le choc, Inanna ne revenait pas. Je voulais qu'on l'attende encore, les trucs de fille, ça prend du temps... peut être était elle embarrassée avec quelque chose, je sais pas, où elle fait caca. Pourquoi Marius part ? On abandonne les gens maintenant ? On peut pas laisser Inanna toute seule ! Elle est toute petite, toute faible, toute fragile !

- Mais... ! Pars pas !

Il s'en fout, il se lève et il se casse, suivit par Mist, forcément, qui s'accroche du bout des doigts à sa manche. Moi je reste, rien au monde ne me ferait bouger, mais... j'ai peur de me retrouver tout seul, au milieu de tous ces morts. L'angoisse me prend comme elle ne m'a jamais prise. Je suis seul, au milieu d'Infectés, et ma fille est en train de pisser/chier/avoir ses règles tout en même temps et ça la retarde. Il faut que j'aille chercher Marius et Mist ! Sinon si... non... c'est pas le bon mot : quand Inanna reviendra et qu'elle ne trouvera personne, elle s'inquiètera ! Elle aura peur ! Ces trente secondes d'indécision où je prends le temps de rétablir la vérité – ou mes illusions – dans ma têtes sont terriblement longue. Je prends conscience que j'ai besoin de Marius et Mist, parce qu'ils sont un rempart entre moi et mes angoisses. S'occuper de mecs dont je me fous, ça me fait oublier que j'ai aussi l'amour de ma vie à m'occuper aussi, à protéger, et que j'échouerai fatalement...

je me lève brutalement et je leur cours après. Marius a l'arbalète pointé sur un rideau pendant que Mist se tord les doigts, l'air angoissé. On dirait un chien à l'arrêt, Marius là. Putain, le seul mec qui tenait le cap... je reconnais les symptômes, j'ai vu des hommes pointer une porte avec un couteau pendant des heures sans la quitter des yeux, bouffer par leurs angoisses qui leur dévore les tripes. Enfin il a une expression faciale assez ardente, pour une fois, et ça me choque. Mais finalement je m'en fous parce qu'il y a mon petit bébé tout seul dans le Palais...

- Marius... c'est rien, viens... Inanna va nous chercher... tu fais peur à Mist...

Je tire sur son bras et j'arrive à le pousser à me suivre. On retourne dans la salle de bain, en sécurité, je ferme la porte. Depuis qu'on est rentré dans le Palais, l'angoisse est montée d'un cran. On est si près du monstre ! Et Inanna qui a des troubles digestifs... mon bébé... je remonte mes genoux contre ma poitrine et je l'attends, tant que je l'attends ça veut dire qu'elle est en train de pisser, qu'il ne lui est rien arrivé. C'est des minutes encore plus longue qui passent, et ça devient de plus en plus évident qu'elle ne reviendra pas. Sauf pour moi.

- Elle s'est perdue. C'est grand ici. Il faut qu'on aille la chercher.

C'est une affirmation, pas une question. Mais ma voix défaille parce que j'ai peur. La pièce me semble soudain trop petite et je sors, et j'ai peur. J'ai peur pour moi aussi, j'ai peur pour Inanna, jamais je n'ai avancé dans un lieu non-sécurisé dans un tel manque de précaution. J'ouvre les portes, je ne les referme même pas derrière moi et je finis par courir dans les longs couloirs à la recherche de ma fille que je trouve pas. Je ne trouve pas d'Infectés non plus, et à chaque porte que j'ouvre je suis presque à en pleurer de joie de ne pas tomber face au cadavre de mon bébé déchiqueté par des morts. J'ai l'impression de perdre la boule, des mois que je vis sur les nerfs et je craque. Je me mets à pleurer au milieu d'une pièce vide.
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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Jeu 30 Juin - 1:38

« Tu fais peur à Mist. »

Marius baissa les yeux sur le sourd-muet qui toujours collé à lui ne paraissait avoir si peur que ça, mais il fronça les sourcils, et l'ombre là-bas ? C'était quoi exactement ? L'homme oublia même la raison de sa simple présence dans ce couloir... que quoi ? Il reprenait doucement ses « esprits », même si ces derniers étaient diablement confus, il avait mal au crâne, la faim lui tiraillait le ventre. Il tremblait, et complètement faible, il se laissa tirer par Zélig sans broncher, il ressentait à peine sa panique. A nouveau dans cette salle de bain pleine de toiles d'araignées et de poussière, Marius se laissa tomber contre la baignoire, il pouvait sentir l'odeur de la moisissure entrer dans ses poumons, il toussota et soupira, il avait envie de dormir et d'attendre que les Infectés arrivent et lui prennent ses membres.

Merde ! Pourquoi Zélig faisait comme s'il avait oublié sa proposition ? Pourquoi s'entêtait-il à s'occuper d'eux ? C'était totalement con ! Ce con s'occupait de deux gros abrutis pour quelle raison ? Hein ? Agacé, Marius secoua la tête et ramena Mist près de lui, un autre élan d'affection, le second aujourd'hui, car il sentait qu'il fallait profiter un peu de ça, comme si cette nuit allait être la dernière. Et puis, il lui avait fait peur, apparemment, il ne comprenait pas pourquoi lui était effrayant.

Après tout, il n'était qu'un homme d'un mètre soixante-treize, voir moins puisque son dos se voûtait, les joues affreusement creuses, et qui ressemblaient de plus en plus aux cadavres contre lesquels il luttait. Marius était même certain qu'avec un corps aussi décharné, il pouvait se fondre dans cette masse de morts, après tout, il finissait par leur ressembler, un peu comme si c'était son destin de devenir cette marionnette sans âme. Comme Mist, comme Zélig, comme Innana... qui avait disparu d'ailleurs, les filles... ça prenait vraiment beaucoup de temps pour si peu de chose. Il se souvenait encore de Naellya qui avant de mourir, s'était surtout occupé à savoir si le décolleté qu'elle portait bien en valeur son opulente poitrine, comme si les morts s'intéressaient aux gros seins... quoique peut-être, ça en faisait tout de même de la graisse, à manger. Alors lorsque Zélig se leva, se laissant lui aussi tomber dans ce cercle vicieux de désespoir, Marius se leva aussi, agissant par automatisme, il demandait qu'à crever. Alors il se rapprocha de l'homme, se débrouillant pour être de dos à Mist, et il déclara d'une voix caverneuse, et surtout très lasse :


— Si on croise encore ces choses, je ferais diversion, hein ? Ne proteste pas, et ne dis rien : n'oublie pas que Mist lit sur les lèvres. Si on manque notre coup, partez, je me chargerais de les occuper. Et c'est tout, je ne veux même pas de ton avis.

Un miracle venait de se produire, car Marius avait aligné plus de deux mots, un vrai exploit en soit. Avait-il conscience de tout ce que ça impliquait ? Certainement, mais au moins, il donnait la chance aux autres de survives, et à lui de mourir, il ne demandait pas mieux. L'homme toisa l'autre d'un regard mort, il était certes très angoissé, mais aller tuer Uriel d'Arken ne l'effrayait pas plus que ça. Du moins, les choses le touchaient tellement peu qu'il ne parvenait pas à se dire qu'enfin, il allait tuer ce salopard, mais bon ! Ils allaient sans doute crever comme des chiens avant même de pouvoir supplier le Grand Méchant d'épargner leur misérable existence, enfin ils avaient l'autre à retrouver, déjà, pas une mince affaire d'ailleurs. Âme errante dans un monde qui avait autrefois eu sa grandeur comme ses vices, ils quittèrent la salle de bain à la recherche d'Innana, d'ailleurs Marius remarqua de l'inquiétude briser le sourire de Mist, et ce dernier essayait d'ailleurs de renifler une piste.

Souvent, l'homme aux cheveux gris s'arrêtait pour tirer dans un rideau, croyant voir là quelqu'un qui avait l'insolence d'être vivant, et en bon état. Marius haïssait ceux qui auraient pu avoir la chance de s'en sortir, et d'établir une nouvelle vie, loin de ces terres pourries qu'était devenu Ishtar. Il avait d'ailleurs appris que Hector de Jadewood était mort au Sénant, tentant de défendre la seule femme qu'il avait aimée, Ashtina qui avait tenté de devenir amie avec les Morts Animés. Espoir perdu, car ces derniers ne s'intéressaient qu'à leur chair et leur sang.

L'homme se détacha alors du groupe, remarquant encore quelque chose, une porte laissée peut-être volontairement entrouverte, ce qui l'intrigua. Depuis quand les Infectés entrebâillaient les portes ? Marius croyait même que parfois, poussés par leur faim, ils sautaient dessus pour mordre le bois à pleine dent. Il renifla une vague odeur de parfum de rose, ce qui lui rappela Lys et sa mauvaise manie à en asperger ses vêtements, le couturier était mort... n'est-ce pas ? Marius soupira et faisant signe encore à Zélig, il poussa sur la porte qui grinça, sinistrement, après tout, les découvertes macabres, c'était un peu comme un nouveau bonbon qu'on mettait dans sa bouche ; ça avait toujours la même forme et la même couleur, mais ça n'avait jamais deux fois la même saveur.

L'homme donna alors un coup de pied, réagissant sous un autre coup de colère, et la porte tomba dans un fracas bien sonore que seul Mist n'entendit pas, il remarqua d'ailleurs un morceau de robe déchiré, et espéra quand même pour Zélig de ne pas retrouver le cadavre de sa fille. Il n'y aurait plus personne de sain, ce qui serait plutôt ennuyeux, peut-être même que Zélig allait leur sauter à la gorge ? S'il trouvait sa petite fille violée par les cadavres ? Il suivit du regard le morceau de tissus, songeant que ça serait drôle, mais bon... Marius divaguait pas mal. Allez ! Sur quoi allaient-ils tomber, cette fois-ci ? Une femme prenant un concombre pour le mettre entre ses jambes, et se faire croire qu'elle avait un sexe et qu'elle était donc, un homme ? L'absurde, ça devenait un peu leur quotidien.

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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Jeu 30 Juin - 10:56

Pleurer ça servait à rien. Ça aurait pu si je n'avais pas été désespérément seul, mais là j'étais accompagné d'un idiot et d'un dépressif qui m'expliqua sa façon de se suicider pour se consoler. Il se souciait même de la réaction de Mist, brave garçon ! On savait tout les deux que ce qui sépare Mist du largage complet des amarres, c'est Marius. Qu'il meurt dans son dos ou pas, ça changeait rien, dès lors qu'il aurait quitté son champ de vision, il allait devenir infernal. A qui allait il se coller après hein ?

J'ai haussé les épaules et j'ai essuyé mes larmes, pleurer ne servait à rien, il fallait que je retrouve ma fille ! J'essayais de me contenir un peu, Mist s'en foutait, et Marius je crois que ça l'arrangerait bien, qu'elle meurt. Il l'avait enlevé quand elle était petite après tout ! Enfin j'vais pas lui renvoyer cette vieille histoire à la gueule, en l'acceptant dans notre groupe, j'ai tacitement admis que cela n'avait plus d'importance. Et puis je considérais Mist comme un gamin, au même titre que Inanna, tellement il servait à rien et il était con. On a le droit de faire n'importe quoi pour son gamin, comme traverser les couloirs en hululant de douleur – bon, hululer, peut être pas, mais en lâchant un petit gémissement d'angoisse de temps à autre par contre, je dis pas.

Marius trouvé lui une porte entrebaillée tandis que je regardais inutilement sous un tapis en espérant trouver ma fille vivante. Le terroriste y donna un coup de pied et... du tissus. Du tissus rouge et blanc, comme la robe de ma fille. Je me précipitais dessus, et ça me conduisit à la robe entière, mais sans Inanna dedans. Elle n'était pas sale, ni déchirée, il n'y avait pas de sang dessus, comme si elle l'avait enlevé... volontairement. Je ramassais la robe puis la lissais du plat de la main, par habitude de ranger derrière Inanna le bordel immonde qu'elle avait tendance à laisser. Ma fille était passée par là, grosse boule dans la gorge, où était son corps vivant.
C'est en avançant que je notais le détail le plus important : ici, le Palais n'était pas abandonné. Cette pièce était nettoyée, et celles adjacentes aussi. J'avançais sans une once de prudence, alors qu'il paraissait de plus en plus évident que Uriel se trouvait dans une de ces pièces, au vue de la décoration raffinée et de la propreté des lieux. Je pouvais très bien tomber nez à nez avec lui et... j'en avais rien à foutre. Je n'étais qu'un puits d'angoisse sans fond, avec les yeux fous, limite la bave aux lèvres. Je critiquais Mist, étais je beaucoup mieux niveau araignée au plafond ? Je portais toujours la robe contre moi, je ne m'occupais pas de Marius et Mist. Ma fille mangée c'était... la fin du monde. Oh, j'avais eu le temps d'y penser, on avait frôlé ce drame parfois, et je me faisais des films en dormant, et réveillé aussi. Dès que je voyais un Infectés en fait. Ou qu'elle meurt de faim de mes bras, ou de soif, parce qu'on avait du mal à trouver de l'eau aussi, vu que parfois il y avait des cadavres qui tombait dedans, rendant l'eau insalubre.

Et puis elle fut là, face à moi, les cheveux mouillés, dans une robe magnifique qui lui allait comme un gant, soulignant sa taille fine et lui faisant une poitrine plus opulente que la réalité avec un corset et des fanfreluches bien disposé. En temps normal, j'aurais trouvé ça indécent. Elle me fit un signe de la main et vint vers nous avec un petit sourire, comme si elle n'était effectivement partie que pour pisser. J'ai failli défaillir de soulagement, sincèrement, j'me sens presque senti partir.

- Oh ! Vous êtes là ! Je vous cherchais ! J'ai trouvé une super salle de bain avec de l'eau chaude dedans, alors je me suis lavée, ça fait un bien fou !

Mon dieu qu'elle était superficielle ! J'avais failli mourir d'angoisse pendant qu'elle prenait un bain ! Mais c'était mon bébé ça, qui pensait beaucoup à son physique et ne se souciait pas de moi. J'aurais voulu la prendre dans mes bras, mais elle me fit signe que non pour pas salir sa robe, parce que moi j'étais immonde dans mes haillons.
Mist alla la renifler, ce qui fit rire Inanna jusqu'à ce qu'il la pousse violemment. Aussitôt je me jetais sur Mist pour le repousser plus loin, mais il semblait plongé dans un grande trouble intérieur et tomber par terre ne semblait lui faire ni chaud ni froid, il se contenta de se rouler sur le sol avec les mains sur le visage. Son comportement était totalement incohérent, bah... comme d'habitude. Mais là il semblait plongé dans une angoisse terrible. Je lui tendis son ardoise pour qu'il s'exprime, mais il ne la regarda même pas et se contenta de s'assoir pour se balancer d'avant en arrière en regardant dans le vide, sourd à nos attentions.

- Râh, mais occupe toi de ton taré.

Oui parce qu'il avait eu un mouvement agressif envers Inanna, donc je ne voulais plus le voir. Encore un coup comme ça et je le balance par la fenêtre. Je préférais aller vers Inanna d'ailleurs, sans songer seulement à lui reprocher de m'avoir causé tant d'inquiétude par égoïsme. Oh ! Mon bébé n'était pas mort mangé ! C'est tout ce que je lui demandais, comment aurais je pu lui reprocher quoi que ce soit ? Elle est vivante ! Elle souriait d'ailleurs, très satisfaite d'elle même, elle ne s'inquiétait pas du trouble de son ami de la veille, seulement contente d'avoir pu se laver. A dix sept ans, comment pourrais je lui reprocher de ne pas éprouver de compassion pour un clodo débile mental ?

- Oh ! J'ai vu Uriel par une fenêtre ! Il ne m'a pas vu bien sûr, mais je sais où il est ! Il est devant une sorte de cloitre intérieur, tout seul, assis sur un trône sur un balcon. Et papa, qu'est ce qu'il est bizarre ! On dirait un genre de roi des ordures ! Il doit être comme Mist, très... Elle jeta un regard vers Marius, consciente soudain qu'il devait avoir atteint son seuil de tolérance en matière d'insulte envers son petit animal de compagnie. Fatigué. Enfin suivez moi ! C'est par là !

Elle nous fit un petit signe de la main avec un sourire qui se voulait énigmatique – je l'avais vu travailler longuement ce genre d'expression devant le miroir. Je la suivis avec joie. Mon bébé, sous mes yeux, qui nous guidait ! Vivante !
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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Jeu 30 Juin - 11:41

Des vêtements rouges et blancs lâchés ici, abandonnés, mais encore propres, ne respirant ni sang ni moisissure, et ressemblant à ceux que portait la fille de Zélig. Marius fronça les sourcils, imaginant la gamine de dix-sept ans courir toute nue dans le palais pour une raison ou une autre, par exemple par un soudain déni de cette robe, cherchant une autre encore plus belle. Plus le temps passait, plus Marius peinait à supporter cette gamine capricieuse, imbue d'elle-même et jouant avec Mist, simplement par un plaisir mesquin et malsain de rire de tout ce qui lui était arrivé, et Zélig qui restait aveugle à cette saloperie, ça le mettait en colère.

Il pouvait comprendre que cette gamine était sa fille, et que voir la vérité serait chose difficile, mais de plus en plus souvent, l'homme avait envie d'écraser le crâne de l'autre « adulte » pour qu'il puisse contempler le démon qu'était en train de devenir sa fille. Il serra le poing, et leva doucement ses yeux sur elle, Innana paraissait animée d'une joie sordide, habillée dans une superbe nouvelle robe, elle avait lavé ses cheveux, et semblait plus jolie qu'avant. La robe laissait deviner son corps sous le tissu, et son décolleté dévoilait un peu sa poitrine, donc cette putain avait donné la frayeur de sa vie à son père... pour un caprice ? Il ferma doucement son poing, sentant peu à peu ses ongles s'enfoncèrent dans sa chair, il se contrôlait assez pour ne pas sauter sur elle, et lui envoyer une paire de claques, pourtant bien méritées.

Il ne savait pas ce qu'elle avait en tête, mais Marius voulait lui arracher les tripes pour tant d'égoïsme. Elle méritait d'être pendue en place publique, et mourir dévorée par les cadavres. Marius mordilla ses lèvres, nerveux, il se retint d'enfoncer son poing dans la poitrine de la gamine, lorsqu'elle poussa Mist, dont le comportement l'interpella, il accourut tout de suite vers son ami, après avoir lancé un regard plein de haine vers cette Reine des Salopes. Oui.. Marius perdait un peu de son « beau langage », mais cette fille derrière son sourire ne cachait qu'une merde infâme, égoïste et capricieuse, il aurait voulu l'égorger, mais la présence de Zélig l'en empêchait. Il se laissait envahir par la rage, et nota le mépris de cette gosse pourrie gâtée lorsque son père, rassuré et larmoyant voulu la prendre dans ses bras, quelle enfant cruelle et basse ! Il avait envie de lui enfoncer la tête dans les égouts, histoire qu'elle comprit où était sa place, elle ne méritait pas mieux. Il posa un genou à terre, prés de Mist, il essaya de fermer sa bouche, quand Zélig lui envoya sa pique. Son taré ? Mais ce connard ne voyait plus la vérité, ou quoi ? Zélig venait de franchir une limite, oubliant qu'il ne fallait pas insulter Mist devant Marius.

Mais l'homme ne sembla pas réagir, il essaya de garder son calme, il se doutait de quelque chose. Et l'autre conne, elle parla et elle parla de sa petite voix d'oiseau, cette voix horrible sortant des conneries, dignes d'un bouffon ! Marius avait envie de l'étrangler de ses mains, et au moins, elle s'arrêta avant de dire une autre connerie. Si elle avait ajouté quoi que ce soit sur Mist, l'homme l'aurait sans doute attaqué. Il attrapa d'ailleurs son ami par le col pour l'aider à se relever, s'interrogeant sur la soudaine panique de Mist, et sans un mot, il se mit à suivre Innana avec Zélig. Il tenait Mist contre lui, ne sachant pas trop ce qui se passait dans l'esprit du terroriste, ce n'était pas normal ; bien sûr, on pouvait lui dire que déjà habituellement, l'attitude du sourd-muet n'était pas normale, mais il y avait quelque chose de curieux dans ce cerveau malade, quelque chose angoissait Mist, et Marius ignorait quoi.


Il avait juste l'impression qu'Innana les prenait pour des cons, mais il se tut. Suivant la peste en silence, Marius profita que Zélig eut le regard rivé sur sa fille pour se saisir de son poignard, il indiqua à Mist de ne pas réagir, et cacha sa lame dans la manche de sa vieille chemise, bien trop grande pour lui. Il mouilla ses lèvres, et entra en dernier lorsqu'Innana termina de les mener à la cachette du Grand Méchant, et Marius serra le poing en voyant enfin Uriel d'Arken. Lui aussi, il avait perdu de sa splendeur ; ce visage ridé par la vieillesse, ces cheveux blanchissant par l'angoisse et le temps, Marius trouva qu'enfin, sa véritable apparence ressortait. Sa laideur intérieure avait enfin surgi, si bien que l'homme eut un petit sourire mesquin, et lui fit même signe, il se réjouissait du sort misérable de son plus grand ennemi, c'était bien fait. Un petit rire nerveux sortit de sa gorge, alors qu'il contemplait ce qu'il restait du grand Uriel d'Arken, le minable despote était sur le trône d'une terre désolée, ah ! Quel magnifique destin, n'est-ce pas ? Il ramena Mist contre lui, et souriant toujours, Marius déclara, l'esprit embrumé par la folie et la colère :

— Bonsoir Execellence, nous sommes venues arracher votre tête, j'espère que vous passerez un agréable moment.

Une petite pointe de sarcasme traversa sa voix caverneuse, Marius jubilait de le voir ainsi si misérable, si détruit... ce n'était que la Justice, n'est-ce pas ? C'était elle qui prenant les malheurs du peuple entre ses bras, tirait Uriel de son grand trône pour le faire tomber ; il ne ressemblait plus à rien, et le voir si... minable, c'en était jouissif. Le Roi du Monde, le Tyran, le Despote était aussi hideux que ceux qui étaient arrivés ici, cherchant à le tuer. Et Marius déjà, se voyait jouer avec la tête arrachée d'Uriel, il se voyait lui donner de grands coups de pied pour exploser les fenêtres. Le combat approchait, et la fin aussi, l'homme continuait de sourire. Maigre, on aurait dit un monstre sorti des cauchemars d'un gamin, oui Marius avait changé en dix ans, et Uriel aussi. Lâchant Mist, l'homme s'avança vers l'Adversaire, serrant dans sa main le poignard, il se mit simplement à genoux, attendant le bon moment pour lui planter sa lame dans la gorge.


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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Jeu 30 Juin - 12:45

Uriel avait l'air fou, vraiment fou, et il n'était pas seul ! Nous étions sur un balcon, mais dans le cloitre face à nous se trouvait des dizaine d'Infectés tendant vainement les bras vers notre groupe – ils semblaient se soucier comme d'une guigne d'Uriel. Ce dernier souriait comme un malade, et il était d'une saleté repoussante. Moi qui l'avait toujours connu tiré à quatre épingles, ça faisait bizarre. Le roi des clodo ouais... il avait le port altier et l'air arrogant qui sied à un noble, mais ses couches de vêtements sales et mal assorties contredisaient cette première impression. Ses cheveux étaient long, gris, sales et emmêlés. On aurait dit une grand mère à chat qui se prend pour Marie Antoinette. Il avait des ongles fendus et sales d'une bonne dizaine de centimètres, comme un cadavre, et une immonde odeur de merde embaumait le balcon, il ne devait plus bouger depuis longtemps et faire sous lui. Marius lança une réplique à la con et Uriel répondit en mode répondeur automatique :

- Sous le ciel et le soleil, je vous salue.

C'est traditionnel comme phrase, le sourire de taré et le persil dans l'oreille, moins, par contre. Mist se précipite sur Marius pour pleurer sur lui, je crois qu'il est convaincu qu'il ne va pas tarder à mourir. Je sors mon couteau pour m'ouvrir les veines afin de déclencher ma magie face à ce fou, mais là il dit la phrase qui va bouleverser tous mes plans :

- Viens mon enfant...

Il replie son index répugnant à l'ongle long, faisant signe de venir à... Inanna, qui s'avance en sautillant comme une gamine qui va à l'école pour la première fois, tout joyeuse, toute pimpante. Elle s'assoit sur son accoudoir et lui caresse tendrement les cheveux. Je suis sur le cul, mais je garde assez de bon sens pour empêcher Marius de se jeter sur Uriel avec son couteau grâce à la manipulation des ombres. Et si il tuait mon bébé dans la foulée ?! Je refuse de le voir approcher de ma fille avec une arme !
A ce moment là, il est bon de préciser que ma santé mentale s'est totalement effondrée sur ses bases. J'avais un petit fil en suspension dans la tête, et j'ai entendu le « crac » quand il s'est brisé, et le gros bruit qu'ont fait toutes les choses qu'il soutenait en s'effondrant. L'avalanche a tout emporté et je me contente de regarder la scène en tiquant de l'œil. Et là se déroule la scène la plus ignoble que j'ai jamais vu, pendant que Marius se débat vainement contre ma magie et que Mist pleure effondré en petit tas sur lui même. Inanna parle.

- Oh mon amour.

Et là s'en suit une scène insoutenable où ils font limite l'amour sous nos yeux. Ils s'embrassent, mais ça n'a rien de romantique, on dirait qu'ils essayent d'avaler leurs langues respectives, ils se lèchent le visage. Inanna se caresse les seins et Uriel passe la main sous sa robe pour toucher qui de droit, et elle se plie de plaisir, les yeux révulsés. Elle n'a plus rien d'un ange, elle a l'air tout aussi folle, aussi peu innocente qu'Uriel. Elle rit et elle fait des mouvements de va et vient sur la main du Haut Prêtre, qui lui met une carotte dans son décolleté, la fane en l'air. je veux pas voir ça !

- Et... Ezhekiel ?!

Dis je très connement. Enfin j'aurais dit n'importe quoi pourvu qu'ils arrêtent de faire ça. Mist s'occupe de lécher soigneusement les mains de Marius, comme si c'était la chose la plus importante à faire. La routine, y en a qui perdent pas le nord.

- Je l'ai mangé, pour avoir tous ses pouvoirs. Le sang... Ce fut voluptueux. C'est comme ça que j'ai pu créer cette merveilleuse maladie ! Mais je n'avais pas prévu qu'il n'y aurait plus personne pour faire arriver les secours... Le sens de cette phrase m'est totalement inconnu, mais à ce moment là il retire sa main pour caresser du bout du doigt la joue d'Inanna, y laissant une trainée gluante. Elle gémit de frustration, mais à mon plus grand soulagement, il est trop occupé à nous parler pour remettre sa main. Heureusement, cette petite est venue. Elle te ressemble un peu trop, mais il faudra bien que cela fasse l'affaire. Mourrez, maintenant. J'ai à faire.

Et là, une décharge d'énergie pure nous projette dans le cloitre, au milieu des Infectés. Je hurle de douleur en sentant ma jambe se casser sous moi à cause de la chute trop haute. La fin du monde ! La fin du monde c'est ça ! Je griffe un des piliers du cloitre avec mes doigts poisseux de sang, espérant remonter, plus fou que Mist.
Puis la vérité éclate dans ma tête.
Ma fille vivra, malgré les Infectés. Dans le fond, c'est tout ce que je voulais. Je vois Marius se battre et l'idiot du village est près de moi, se débattant comme un fou furieux. Les Infectés n'ont pas encore fondu sur moi mais... Marius peut encore tenter de tuer ma fille ! Je sais ce qu'il me reste à faire. Je pousse Mist dans le tas à l'aide de la magie, le faisant perdre l'équilibre, et la danse subtile qu'il avait engagé pour sauver sa peau se transforme en la plus horrible agonie que j'ai jamais vu, surtout parce qu'elle est dépourvue de son. Les Infectés l'agrippent par où ils peuvent, enfonçant leurs doigts dans ses globes oculaires, leurs bras dans sa gorge, arrachant ce qui est accessible et l'élargissant au delà de l'absurde. Mist n'est que l'expression de la souffrance la plus pure. Ils tirent sur son bras droit tant qu'ils peuvent, pour l'arracher, comme une poupée pour laquelle des enfants se battrait. Je vois les tendons et les os lâcher peu à peu, et enfin, Mist meurt. C'est un soulagement, je ne le souhaitais pas, que son agonie dure si longtemps, mais il n'y a pas de sacrifice trop grand pour ma fille. Dans le fond, il était gentil. J'ai d'ailleurs entendu un « au revoir toutou » au moment du grand saut. Inanna l'avait apprécié, à sa façon. Enfin je vois son cadavre disparaître dans la foule. Je pousse ensuite Marius dans les Infectés, et je me laisse recouvrir moi même. Inanna ne me dit pas au revoir à moi, mais je m'en fous, elle continuera à vivre et j'y ai contribué. C'est tout ce que je voulais.
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MessageSujet: Re: [Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)   Jeu 30 Juin - 13:58

D'Arken sembla guère se soucier de sa phrase, et pourtant Marius restait à genoux devant lui, comme s'il lui était fidèle, mais c'était bien évidemment une image. Il avait les jambes trop tremblantes pour rester debout trop longtemps, il voyait des points noirs envahirent sa vision des choses, et la lassitude était trop écrasante pour lui. Il n'était pas ébranlé, au contraire, mais la colère qu'il ressentait à l'égard d'Uriel n'avait jamais changé durant toutes ces années, Marius sentait juste que ce serait la fin de tout, il pouvait entendre les Infectés réclamer leur repas, et sentir le regard du despote sur eux. Il savait qu'ils allaient mourir, il pouvait même compter les secondes qui les séparaient de l'heure de leur mort. Il aurait désiré donner sa vie pour donner l'occasion aux autres de survives, mais lorsqu'il entendit le « viens mon enfant » du despote, il sut que c'était trop tard, il ne pouvait plus agir. Il fixa la scène, faible et passif sans trouver de solution, son cerveau mourrait avant son corps, et plus rien n'animait son regard.

Il vit la Reine des Putains rejoindre son Adorée petit tyran, ils cherchaient un semblant de chaleur et de sensualité dans leurs corps écoeurant. Il y avait une scène malsaine, mais insouciante, on aurait dit une gamine encore vivante, se jeter et se caresser contre un cadavre gesticulant encore un peu. C'était ridicule et grotesque, mais Marius ouvrit la bouche pour cracher à leurs pieds, tandis qu'Uriel fourrait sa main entre les jambes de l'autre Putain. Pour Marius, Innana était si pourrie qu'elle ne méritait plus d'avoir de nom, la Putain, ça lui allait plutôt rien. Cette immonde créature au visage de jeune fille miaulait comme une chatte en chaleur à côté de l'autre pantin, elle se caressait comme si elle désirait réellement cette chose, avait-elle perdu l'esprit, elle aussi ? Ou bien la Putain cherchait à atteindre et manipuler l'autre ? Marius leva les yeux au ciel, toujours prêt à bondir sur Uriel, lorsque l'occasion allait se présenter. Il n'écouta d'ailleurs pas ce qu'il disait, les yeux fixés sur ces mains ridées, comme une feuille maltraitée par les mains d'un gamin, et ces ongles retournés sur eux-mêmes, noires de crasse, Uriel d'Arken était superbe dans sa tenue d'horreur. Tout aussi joyeux et sain que la Putain qui essayait de raviver la libido de son amant, elle lui faisait pitié.

Cette chienne la dégoûtait, et pourtant, dans ses miaulements et la frustration qu'elle afficha, lorsqu'Uriel la fit patienter avant de la prendre, elle lui fit pitié. Elle n'était qu'une Putain déchirée par l'envie d'écarter les jambes, et qui devait attendre que son amant termine son petit spectacle. Ah... bien... il avait mangé l'Empereur, et allait-il mordre dans le sein de cette Putain pour avoir plus de force ? Quel monde allait-il gouverner, hein ? Ces amants n'étaient que deux monstres grotesques, Marius avait pitié d'eux, comme jamais il n'avait eu pitié de quelqu'un. Allez... elle mouillait de voir le sort de son père ? Quelle sordide gamine. Quelle pitoyable créature.

Marius se sentit à peine projeté vers la droite par un sort d'Uriel sans doute, son corps était trop lourd, et toute cette misère humaine alourdissait son être. Il releva tout doucement la tête, serrant dans sa main la lame de son poignard, le regard vide, il continuait de fixer le couple. Plus rien n'existait à présent, il n'y avait plus rien, pas même dans sa tête, pas même la douleur et le chagrin, il y avait juste l'ennui. Et l'aube qui se levait, ou qui mourait, Marius ne savait plus, il sentit juste les rayons du soleil caresser sa peau. Mais il se releva, la main ensanglantée, le coeur mort dans sa poitrine, il ne savait pas pourquoi, mais il se releva et fixa la Putain et son despote. Un rictus sinistre déforma ses traits, et d'un pas chancelant, comme ivre, Marius avança lentement vers les deux marionnettes, il voulait enfoncer son poignard entre les jambes de cette Putain, histoire qu'elle jouisse et souffre en même temps, il avait envie d'enfoncer cette lame dans la gorge d'Uriel, et ainsi son souffle de souffre n'empoisonnerait plus l'air. Mais il s'arrêta soudain, mort.

Ce n'était pas un cri qui avait attiré son attention, ce n'était même pas un son, c'était juste la détresse qui lui avait perforé le coeur. Il n'y avait que cet insoutenable silence, et la vision d'un être qui souffre, et dont on fut que spectateur de cette douleur. Sentant plus qu'il ne comprenait, Marius tourna lentement la tête vers son ami, il ouvrit la bouche, mais ne fit rien. Le regard mort, vide, il resta paralysé et faible devant ce spectacle horrible. Il lança un regard à Zélig, mais presque fasciné par ce qui arrivait à Mist, Marius retourna son attention sur lui. Il ne savait pas quoi faire, il le voyait, son ami ! Tenter de se débattre, et ouvrir la bouche comme pour hurler, mais il n'y avait que sa souffrance silencieuse, et cette horde de cadavres tripotant son corps maigre, arrachant ses os, plantant leurs ongles pourris dans ses yeux dans un flot de sang.

Mist souffrait... Mist mourrait ! Et il ne pouvait rien faire ! Marius regarda alors son poignard, que faire ? L'agonie était si terrible, et il sentait encore sur lui, le regard suppliant et plein de dévotion aveugle de son ami ! Marius chancela et essayant de choisir, entre la mort de l'autre Putain, la sienne et arrêter les douleurs de Mist... il cracha un peu de bile, et voyant un cadavre prêt à mordre le flanc de son ami, Marius lança son poignard dans la foulée. Heureusement pour Mist, l'homme n'avait pas perdu de ses réflexes de tires, et le couteau de planta dans le crâne du sourd-muet. Son corps eut un bref sursaut, et il tomba, au moins il ne souffrait plus. Il lui avait arraché sa famille, et désormais, il lui avait arraché la vie, Marius se sentit immonde.

Et il l'entendit ce « adieu toutou » sortant de l'infâme fosse pleine de merde qui servait de bouche à la Putain, Marius se retourna vers elle, plein de colère. Le chagrin lui soulevait l'estomac, mais la colère lui faisait perdre la raison. Il ne pleura pas, il ne cria pas et s'enferma dans son mutisme. Il fouilla dans ses vêtements pour prendre son arbalète, calculant la distance, il la braqua devant la Putain, prêt à tirer. Mais au moment où son doigt allait activer le mécanisme, Zélig le poussa et Marius s'écroula dans la fosse d'Infectés. Il ne tenta pas de se débattre, il n'avait plus personne, celui pour qui il était resté si longtemps en vie venait de mourir. Mais il essaya... Il sentit les corps d'un cadavre lui mordre la jambe, et il tomba en avant, mais puisant dans sa haine, l'homme releva son arbalète sur la chienne.

Il devait mourir... mais la Putain aussi, laisser seul Uriel, le bannir de toute vie humaine, c'était tout ce qui'il pouvait faire. Il se laissa mordre, sentant sa chair saigner, sentant les griffes lui taillader le dos et le torse, mais au moins, comme si tout ceci n'était qu'un effet de son imagination, il parvint à tirer un carreau sur Innana. Et Marius ferma les yeux, il n'avait même plus force de hurler, la douleur lui semblait si lointaine, et il découvrit alors un monde fait de silence et de noirceur. Un cadavre lui mordit le bras et le tira jusqu'à ce qu'il cède, on lui enfonça une main pleine de crasse dans la gorge pour lui arracher la langue, tandis que des griffes noires et sales déchiraient sa peau, son visage ne devint qu'un amas de chair pendouillant ici et là, laissant à ses veines apparaître. Un autre enfonça sa main dans son ventre pour lui extirper un morceau d'intestin qu'il mordit à pleine dent.

On le plaqua au sol, et il put sentir avant de mourir des centaines de mains le toucher, dévorant avec envie toute partie de son corps. Mais Marius avait l'espoir... l'espoir que son carreau ait au moins tué la Putain. Il pouvait mourir tranquille. Et il mourut, dévoré vivant par la horde de cadavres, les rayons du soleil éclairant les corps de ses compagnons. Et sur son trône, Uriel d'Arken sourit et applaudit en riant, il lança un regard mauvais à sa bien-aimée, et dans un faible coup de pied, il écrasa le carreau d'arbalètes qui avait juste perforé la robe de sa Reine des Putains. Il lui dit alors d'une voix doucereuse :


— Tout ceci était bien amusant, ne trouves-Tu pas... mon enfant ?

Bienvenu dans le Royaume Sordide des Morts. Bon séjour à vous.

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[Fiction/Défis] I can't remind your eyes, your face.(pv Zélig)

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