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 Vous aviez rendez-vous ? [Chihiro]

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MessageSujet: Vous aviez rendez-vous ? [Chihiro]   Dim 5 Juin - 16:08

De tous les livres que Kaname n'avait jamais lus, celui sur l'art et la manière de fixer un rendez-vous était sans doute celui dont il aurait eu le plus besoin à cette heure-ci. Il était tellement difficile de rencontrer quelqu'un lorsque cette rencontre devai être tenue secrète …
Dans un lieu bondé, on avait peu de chances de se faire remarque, mais on prenait le risque de se faire entendre par une oreille indiscrète ou tout simplement trop proche. Dans un lieu peu fréquentable, on devenait très suspect si quelqu'un nous y croisait, sans oublier que les malfrats font rarement dans la finesse et adorent dépouiller les promeneurs solitaires. Dans un lieu désert, on pouvait craindre une embuscade. Dans un lieu qui nous appartenait, c'était hurler sa culpabilité s'il s'agissait d'un traquenard, et de toute façon, les gens acceptaient rarement de plein gré de se rendre chez un inconnu.

Pour Kaname, il y avait quelques contraintes supplémentaires. D'abord, il ne devait surtout pas croiser d'autres prêtres ou des inquisiteurs, ou des personnes susceptibles de deviner qu'il était dans les ordres. Ensuite, le point le plus important, il devait trouver un endroit où il pouvait exercer sans problème ses pouvoirs. Ce qui impliquait un endroit où l'on pouvait trouver à la fois de la lumière et de l'ombre. Fort heureusement, il s'avéra que cette nuit-là, la lune brillait si fort que l'on pouvait voir presque comme en plein jour. Et pas un seul nuage en vue ! Le prêtre en aurait remercié l'Ombre s'il avait été croyant.
Le lieu qu'il avait choisi conviendrait donc parfaitement : le petit bosquet se situait sur un terrain suffisamment difficile pour que ceux qui cherchent à y tendre une embuscade ne puissent pas être nombreux et ne puissent lui échapper. Car s'il s'agissait d'un piège, Kaname ne comptait pas faire de survivants.

Une telle éventualité était cependant peu probable. Son contact était une personne de confiance, ce qui selon les critères de Kaname signifiait surtout que si le prêtre était tué ― ou pire, capturé ― son contact aurait de gros ennuis. D'autant plus que cette rencontre avait été un casse-tête à organiser, en particulier à cause de l'entêtement de Kaname qui avait longtemps obstinément refusé de rencontrer la personne dont lui avait parlé. D'une part parce que les renseignements qu'il avait à lui fournir n'étaient pas extraordinairement intéressants ni même fiables (si son client s'énervait parce qu'il n'était pas satisfait, ça allait tourner au vinaigre), d'autre part parce que ce devait être un échange d'informations et qu'il n'avait aucune idée du genre d'informations qu'on allait lui fournir en échange des siennes.
Pourtant, il avait fini par céder. Pourquoi ? Parce qu'actuellement, Kaname était dans l'impasse. Ses contacts actuels ne lui fournissaient aucun renseignement digne de ce nom. Et pire que tout, il s'ennuyait ferme à l'église. Il avait besoin d'un peu d'action, de sensations … sinon il allait sombrer dans l'apathie ou dans la folie meurtrière. Il avait fini par transmettre à son contact son accord.

Le prêtre avait fixé le rendez-vous à minuit. A cette heure-là, il ferait nuit noire. Et détail non négligeable, les cloches sonneraient douze fois : impossible de se tromper d'heure. Ce qui n'avait pas empêché Kaname de venir avec plusieurs heures d'avance. Il s'était dissimulé derrière les arbres et avait guetté toutes les allées et venues à proximité du point de rendez-vous, jaugeant chacun des rares passants. Si une personne venait pour une reconnaissance, il le saurait. Et si on voulait lui tendre une embuscade. Mais personne ne venait … et l'attente et l'ennui avait failli avoir raison de la patience de Kaname. Si on lui tendait un piège, les responsables devaient être bien cachés. Ou bien ils arriveraient plus tard.
Puis l'heure fatidique vint. Kaname sortit de sa cachette, non sans quelques douleurs dûes à sa longue inaction ; quelques mouvements répareraient tout cela bien vite. Il se dirigeait à pas prudents et silencieux vers le point de rendez-vous.
Personne encore … Allait-on lui poser un lapin ? Il resserra le foulard dissimulant son visage et posa sa main sur la garde de sa dague accrochée à sa ceinture dans son dos. Ce contact était rassurant, de même que de sentir son autre dague bien cachée dans sa botte gauche. Désormais, il avait appris sa leçon : deux armes valent mieux qu'une.
Il s'adossa à un arbre, histoire d'éviter un coup de poignard ou une flèche dans le dos. Pour l'instant, il restait calme, tout allait bien. Il s'efforçait de percevoir le moindre petit mouvement ou son qui pourrait lui indiquer une présence, tout en restant lui-même le plus immobile possible.

Soudain, il l'aperçut. De là où il était, il ne voyait qu'une vague silhouette à travers les arbres, mais il avait compris que l'autre l'avait vu aussi. De sa main gauche, il lui fit signe d'approcher. Sa main droite tenait fermement la poignée de sa dague.
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MessageSujet: Re: Vous aviez rendez-vous ? [Chihiro]   Mer 8 Juin - 16:51

Une nuit éclairée, agréable et paisible. Les rayons de zinc émanant de la lune traversaient le ciel jusqu’au sol, laissant quelquefois l’obscurité prédominer dans certains endroits, inaccessibles à la lumière de l’astre. En fait, les deux contraires, l’ombre et la lumière, étaient pratiquement égaux en cette nuit d’été, et un artiste attentif qui l’aurait retranscrite, aurait donné à son tableau un titre reflétant cette belle dualité. La façon dont celle-ci se manifestait était particulièrement remarquable aux abords de la forêt. L’argent lunaire se glissait entre les branches des arbres, donnait aux feuilles les plus fines une quasi transparence, et ainsi, la nature baignait à moitié dans une jolie lumière douce et bleutée. Un vent frais soufflait sur Ishtar, son mélodieux qu’accompagnaient les bruissements coutumiers et discrets des insectes et animaux nocturnes. Si quelques personnes traînaient encore dans l’enceinte de la capitale, que ce soit dans les rues ou dans les bars, personne ne s’aventurait en campagne à cette heure-ci... Personne ?

Un bruit de pas démontrait désormais le contraire. Ces pas étaient quasiment silencieux, légers, sur le sol recouvert de feuilles : on aurait pu les prendre pour ceux d’un renard ou d’un loup. Mais, cette silhouette déambulant à travers les rais de lumière et d’ombre, n’était guère celle d’un canidé. C’était celle d’un humain, enveloppé et encapuchonné dans une longue cape en toile, qui lui descendait jusqu’aux pieds, de couleur sombre. Seule la petite attache en argent, représentant un faucon, reflétait la lumière... ainsi que le manche du petit sabre qui apparaissait quelques fois sous la cape, au gré des pas rapides de son possesseur. Au fur et à mesure que ce dernier s’approchait, la forme de son corps se précisait, et au vu, des frêles épaules et des formes se dessinant très légèrement sous le tissu ample, il s’agissait sans nul doute d’une femme. Son visage, quant à lui, restait très flou, seul le menton et le nez dépassait du capuchon, la personne gardant la tête baissée, ne désirant guère qu’on la reconnaisse... Ses traits délicats étaient bien trop reconnaissables ici... Elle aurait presque grogné contre le fait d’être l’épouse d’un sénateur reconnu, et la descendante d’une lignée encore plus connue...

Hinode Chihiro marchait donc, faisant fi des risques et des convenances – une fois de plus – vers un point de rendez-vous. Il était pratiquement minuit. Un rendez-vous à minuit, en pleine forêt, et ainsi vêtu, était synonyme de complots, de vieilles histoires, ou de secrets. Et il s’agissait plus de secrets visant à déjouer le complot d’une vieille histoire ce soir-là. Bref. Le fait étant toujours que la jeune femme avait du prendre beaucoup de précautions pour organiser ce rendez-vous. Et pourtant, elle prenait maintenant beaucoup de risques. Peu importe le fait qu’elle prenne six mois ou six jours pour préparer un tel évènement, ce qu’elle risquait était toujours la même chose : l’arrestation, l’interrogatoire, la condamnation, le déshonneur et la chute de sa famille. Et, accessoirement, si le rendez-vous s’avérait être une embuscade, sa vie. Pour les premières éventualités, elle avait fait en sorte d’avoir le maximum d’informations sur celui qui devait la rejoindre, avant la nuit convenue, et ainsi, éviter les mauvaises surprises. Elle avait couvert son visage et la rencontre devait se dérouler de telle sorte que son interlocuteur ne puisse affirmer réellement son identité, ou qu’on ne la reconnaisse pas tout court, si la personne prévue avait été remplacée. En prévision de l’embuscade, elle avait emporté l’un de ses sabres, un wakizashi de soixante bons centimètres qui était dissimulé sous sa cape. En outre, son fidèle compagnon, Jiyu, la suivait de près, et s’il elle se retrouvait réellement en danger, elle le sifflerait pour qu’il apporte le message de détresse à sa famille. N’empêche... que ce n’était pas raisonnable de la part d’une aristocrate comme elle, de se rendre ici, à minuit, seule – ou presque – et n’ayant même pas la certitude que sa balade nocturne serait fructueuse.

Fructueuse en informations, à proprement parler. C’était, en effet, pour un échange de connaissances qu’elle et son ‘collègue’ devaient se retrouver à une heure aussi tardive. Des informations plutôt confidentielles, et personnelles de surcroit, dans le cas de Chihiro... La personne qu’elle rencontrait, du moins l’espérait-elle, lui fournirait les indices nécessaires, en rapport avec « d’un sujet qui l’intéresserait sûrement »... Et la jeune personne se doutait que ces infos risquaient d’être importantes, au vu du temps qu’il avait mis à les récolter. Elle n’avait, en revanche, aucune certitude quant à la nature de ces savoirs. Mais, la jeune femme avait déjà prévu ce qui servirait de ‘paiement’, au cas où. Des rapports plutôt inquiétant, et assez mystérieux... Elle espérait que ces derniers conviendraient à l’inconnu, ce dernier s’étant montré très vague à propos de l’échange qu’il souhaitait, n’ayant mentionné uniquement ce qu’il avait à offrir, lui. Chihiro n’avait quasiment aucune information sur son futur interlocuteur, et lui, ne devait pas en avoir beaucoup plus. L’anonymat de chacun jusqu’à ce soir, voilà tout ce qui était sûr.

La jeune femme prit une grande inspiration lorsque le premier coup de minuit sonna. C’était l’heure et elle était presque arrivée à l’endroit où elle devait rencontrer le mystérieux informateur. Un frisson parcourut son dos et elle vérifia d’un geste furtif la présence des petites aiguilles empoisonnées, dissimulées dans sa cape. Il n’était pas dans son habitude d’utiliser ce genre d’armes fourbes, mais en cas de trahison, elle saurait s’en servir. Enfin, une forme floue se dessina à l’orée des arbres, dans une petite pente, où la lune ne brillait pas trop. Il lui fit signe d’approcher et elle ‘obéit’. Elle aurait avancé sans qu’il le lui demande songea-t-elle, pour qui se prenait-il, celui là ? Elle dissimula un agacement illégitime, qui aurait pu lui faire perdre patience et se retrouva bien vite devant l’homme qui l’attendait, le dos contre un grand arbre. Par automatisme, ses yeux, dont la couleur rubescente restait sombre, détaillèrent ce dernier. Il avait le visage caché par un bout de tissu noir, mais, contrairement à elle, elle put voir ses yeux, vert olive. Il était sûrement brun, un peu plus grand qu’elle et, finalement, son âge devait valoir le sien. Elle devina à sa posture, qu’il avait la main posée sur une arme. Elle se tendit légèrement mais n'en montra presque rien. Vulant le rassurer, elle lâcha d’une voix qui se voulait légèrement amusée, mais aussi prudente et mesurée, comme le voulait les circonstances :

« De quoi avez-vous besoin pour relâcher votre garde ? »

Phrase à double sens évidemment... La jeune fille allait droit au but sans en avoir l’air : de quoi avez-vous besoin ? De quelles informations ? En échange de quoi, elle espérait en récupérer d’intéressantes... Sinon... Sinon, eh bien, elle aurait gâché une nuit pour rien.
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MessageSujet: Re: Vous aviez rendez-vous ? [Chihiro]   Ven 10 Juin - 12:28

Spoiler:
 

Kaname la voyait bien maintenant, mais ce qu'il voyait le surprenait assez. C'était une femme, selon toute vraisemblance, emmitouflée dans une cape épaisse avec un capuchon qui ne permettait pas de distinguer ses traits. Le prêtre esquissa un sourire, invisible sous son écharpe : les grands esprits se rencontrent … Il remarquait également qu'elle portait une arme à son côté, un petit sabre apparemment. Etrange … ça n'était pas une arme si courante que ça, à Ishtar, et son maniement n'était pas aisé pour les néophytes ; la demoiselle venait sans doute d'une province orientale. Ce fut elle qui engagea la première la conversation :

« De quoi avez-vous besoin pour relâcher votre garde ? »

Bizarre comme question. Elle avait sans doute voulu faire un trait d'esprit, mais Kaname n'était pas de cette humeur-là. Et puis, de toute façon, il n'avait jamais beaucoup apprécié les traits d'esprit.

- D'être en face d'un chihuahua aveugle et sourd, avec une muselière et les griffes limées, répondit-il le plus sérieusement du monde, comme à son habitude. Mais les chihuahuas ont une conversation des plus limitées, ils sont plutôt avares en informations. Vous êtes venue seule, je suppose ?

Il ne cessait d'observer les environs. Il avait un mauvais pressentiment. Pour être honnête, il avait toujours de mauvais pressentiments, mais ce soir, c'était presque inquiétant. Il tentait de se rassurer en se rappelant qu'il pouvait toujours faire appel à la puissance des Ombres si l'aventure tournait court. Malgré tout, il ne lâchait pas le poignard.

- Je tiens à préciser quelques petits détails … D'abord, si je m'aperçois que vous n'êtes pas seule, adieu les informations. Si vous essayez de me doubler, vous y laisserez votre peau. Inutile de vous plaindre de mes informations, si elles ne vous conviennent pas, c'est votre problème.

Kaname ravala sa salive. En fait, il rencontrait rarement des femmes : les plus fortunées passaient par des intermédiaires, les moins fortunées ne se mêlaient pas de ce qui ne les regardait pas. Quand il en croisait, c'était le plus souvent des prostituées, ou des femmes qui ignoraient tout de la manière dont on effectuait ce genre de transaction … Mais celle-ci n'avait pas l'air d'en être à son premier rendez-vous secret. A la broche qui maintenait sa cape fermée, il devinait également qu'elle ne devait pas être une pauvrette … De quelles informations pouvait-elle bien disposer ?
Ensuite, venait le moment fatidique où l'on s'échangeait lesdites informations. Ou plutôt le long silence où chacun attend que l'autre se lance, sans oser se lancer soi-même de peur de se faire doubler. Le prêtre avait peut-être une idée …

- Bien, procédons par étape. Personne n'osera se lancer pour tout dévoiler d'un coup, alors je propose que l'on y aille petit par petit bout. En gage de ma bonne foi, je commence. Ce que j'ai à vous dire concerne l'Église et les terroristes. Et vous ? A vous de faire un effort et de me montrer que vous êtes réglo …
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