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 J'suis un danger pour les enfants, j'en ai tué un il y a cinq ans ![PV]

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Mist
Á mon cerveau regretté

Mist

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MessageSujet: J'suis un danger pour les enfants, j'en ai tué un il y a cinq ans ![PV]   J'suis un danger pour les enfants, j'en ai tué un il y a cinq ans ![PV] EmptyLun 10 Mai - 18:12

J'avais passé deux jours comme tétanisé au fond de ma piaule, parce qu'il était temps de se faire oublier. Y a pas à dire, il faisait froid dans ce gourbi, et le semblant de lit sur lequel j'étais allongé exhalait une forte odeur de mâle, de moisi et d'humeurs humaines (manière polie de dire que ça sentait la merde). C'est pas la première fois que je crevais de faim là dedans, et j'allais pas chialer sur mon sort, mais il fallait que je sorte pour manger, et peut être même me laver, mon dernier immersion dans l'élément liquide remontant à six mois (à peu près). Évidemment, j'avais pas de salle d'eau dans ma cave, il fallait que j'en trouve une.
Alors je l'ai dit, j'ai le plus grand mépris pour les philosophes, mais c'est pas pour ça que je ne les fréquente pas. Eux aussi, ils me méprisent un peu de toute façon. La violence contre la réflexion. Peu importe, j'ai besoin d'eux, eux et leur confort matériel, leurs livres aussi (surtout). C'est la seule différence qu'il y a entre les clochards et moi, autant la maintenir (quoiqu'elle devienne de plus en plus ténue). Voyons voir, quel philosophe vais je squatter ?
J'opte pour le plus tolérant, un vieux un peu bourru qui considère que sa maison est votre maison. Il est sympa (en général), et il voit passer pas mal de monde. Il y a d'autres terroristes qui viennent parfois il me semble, mais bizarrement ça me m'intéresse pas plus que ça. Je suis pas comme une gamine de quatorze ans heureuse de rencontrer d'autres gamines, croiser un collègue ne me fait pas faire pipi dans ma culotte (eux non plus d'ailleurs). En plus, la discussion avec moi est toujours un peu limitée.
Je me mets en route pour aller voir le vieux (Ludwig il me semble), mon fidèle masque à gaz sur le nez, couvert de crasse et de plaies suintantes. Lokhund dans sa forme la plus éblouissante. Mais Dors le Chien Prodige est également de la partie, et avec son poil soudé en Dread Locks à cause de la saleté et les diverses maladies de peau qu'il possède, il fait presque aussi peur que moi. Nos puces quant à elles fleurissent joyeusement sur notre peau, et en sont à construire une mégalopole. « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. »

Bref, j'arrive chez le vieux, je rentre sans frapper (de toute façon, à tous les coups, il se mettrait à gueuler « entrez ! » à travers la porte et je serais marron, autant être malpoli), enfin je veux rentrer sans frapper, mais la porte est fermée à clé. Bizarre... C'est pas le genre du gus, enfin je crois pas, je sais pas. Je décide de rentrer par une fenêtre ouverte (oui elle était au premier étage, et alors ?). Je pose le chien sur le plancher et j'explore la baraque. Au bout d'un moment d'errance (pas si long, c'est pas Versailles non plus le machin, niveau taille), je tombe sur un chiard à l'âge indéterminable. Son attitude me dit que c'est un jeune adulte, par contre niveau corpulence et taille, je lui donne quatorze ans. Confusion. En plus, histoire d'être encore plus indiscernable, il n'a pas d'acné. Nous avons affaire de toute évidence à un ado vachement mature pour son âge et qui n'a pas de problème de peau (manque de gras à évacuer par les pores, sans doute, t'as vu comme il a l'air flaibard ?). Peu importe, c'est le vieux con que je cherche. Peut être parti au marché. Pas grave, j'attendrai son retour, j'ai que ça à foutre après tout. Je sors mon stylo et un bout de papier sale d'une de mes poches et j'écris un mot avant de le tendre au gamin (qui doit être un peu surpris, du coup) :

« Où est le vieux ? »

Mais Dors se pose gentiment sur son séant (il se sent jamais menacé lui, c'est cool), et moi je détaille le gamin. Celui là tu te dis qu'il va pas passer l'hiver, c'est vraiment l'impression que ça fait. Yeux sombres, brun, maigre (oui je sais je me répète, mais je vous dis, c'est vraiment choquant). J'espère qu'il est pas terroriste, parce qu'il claquerait en deux secondes. Peut être que je l'ai déjà vu ici, en compagnie du vieux ? Je sais plus, et pourtant, je suis très physionomiste (du fait qu'être sourd, ça rend vachement observateur). Peut être qu'il était encore plus petit à l'époque ? Barf, j'en sais rien et je m'en fous, je veux juste trouver le vieux et lui taxer un bain et de la bouffe, en échange je lui parlerai de mon formidable combat idéologique, et il pourra donner son avis dessus et étaler sa science, c'est tout ce que savent faire les philosophes t'façon.
Le gamin ? Mais rien à foutre du gamin !
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Ingell Decade
Mort(e) tragiquement

Ingell Decade

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MessageSujet: Re: J'suis un danger pour les enfants, j'en ai tué un il y a cinq ans ![PV]   J'suis un danger pour les enfants, j'en ai tué un il y a cinq ans ![PV] EmptyMer 12 Mai - 15:21

Allo Houston on a un problème.

La journée pourtant, avait relativement bien commencé. L’aube n’avait pas encore pointé son nez glacé lorsque j’étais rentré chez moi. La faute à quelques courses plus longues que prévu. Mais enfin, en ce moment, je pense que je vis plus la nuit que le jour, alors ça ne change rien à mes affaires. Ah, si, ça change quelque chose en fait.

Onze heure du matin, hissage du lit difficile et maugréant. J’ai les membres engourdis, une humeur de chien si tant est qu’un chien puisse être à ce point en haine contre le monde entier, et mes doigts, affreux vampires blafards, se mettent à trembler magnitude huit neuf je dirais. Du fond du cœur, je pousse un profond soupir. Je n’aime pas particulièrement devoir me précipiter sur la nourriture quand je me lève, ça m’écoeure. Alors tant pis pour mes mains. D’un mouvement…approximatif, j’attrape une des malheureuses tasses qui traînaient là et, encore habillé du soir, je déambule dans les pièces en quête de café. Mes ennemis, ceux à éviter faute de pouvoir aller les anéantir moi-même dans mon état de larvitude avancé : les rayons de lumière qui percent à travers les larges fenêtres. Quelques pas hésitants résonnent à mes oreilles, jusqu’à ce que j’identifie le bruit tout particulier qui monte du plancher avant la marche qui mène à ma petite cuisine. Cette traîtresse. On dirait presque qu’elle s’attache particulièrement tous les matins à me maudire de m’être couché si…tôt. Un jour, je l’aurai.
Mais visiblement, ce n’était pas pour aujourd’hui. Mes yeux à demi entrouverts ont beau la voir, vaguement, l’information n’arrive probablement pas aux instances supérieures. Aïe, c’était mon pied.

Comme une rivière lâchée sur une vallée par un barrage, le liquide brûlant au puissant arôme se répand dans ma gorge, réveillant sur son passage mes sens de leur languissante torpeur. Aucune autre chose sur Terre ne saurait être plus exquis qu’un peu de café après s’être échappé de l’oreiller. Loin de voir la vie en rose, je sens néanmoins que ça va déjà mieux. D’un geste presque assuré, je m’en vais ouvrir une fenêtre –pour des raisons de survie évidentes, on ne se demandera pas pourquoi je n’ai pas tenté ça quelques instants avant. L’air qui entre m’éclaircit les idées, et je me replonge avec curiosité dans les informations collectées la veille, que je crypte sur un calepin. Bien sûr, j’ai une mémoire infaillible. Mais sait on jamais. Et alors me voila, avachi entre les draps sur mon lit, à manipuler ce codage quasiment mathématique, avec l’automatisme dut à l’habitude. Et vive les joies monotones.

Mais mon joyeux cynisme matinal se trouva brusquement ébranlé par une sorte d’odeur étrange qui s’infiltre dans les pièces, au bruit d’une fenêtre qui se brise. Depuis quand les boules puantes cassent les vitres ? Un sourcil levé, je me redresse en laissant tasse et papier sur place. L’hypothèse première, la plus valable, est celle du courant d’air, nécessairement appesanti d’un parfum nauséabond s’il a traversé la ville et ses grands abattoirs avant de venir. Ca n’est encore jamais arrivé, mais admettons. Je traversai la pièce, débouchant sur le salon avec une lassitude étrange. Et là je vis mon courant d’air, et son chien. Ce dernier semblait d’ailleurs presque moins crasseux que son maître. Presque. Bon, hypothèse courant d’air, poubelle. Passons à l’hypothèse clowns. Enfin, si ce n’était pas aliens plutôt. Le type portait une sorte de large masque à gaz, qui vu son état devait à peu près avoir son âge, tout comme la saleté sur lui et ses habits. Loin d’être une armoire à glace, il semblait être du genre maigrichon –un de plus, youpie.- et s’avéra bel et bien être la source des relents d’ambre pas fraîche et surtout mal léchée. Mais voila, Ingell comprenait le « pourquoi » du masque à gaz maintenant : il en allait de sa survie. Et puis, geste étrange. Quelques mots griffonnés à la va vite sur un bout de papier. Muet ? Sourd ? Les deux ? …Soyons fou, cochons toutes les mentions. L’écriture, noueuse comme un pied de vigne, laissait vaguement deviner quelques lettres. Un vrai jeu d’imagination. Exactement le genre de jeu auquel j’avais envie de me prêter avec cet imb..connu qui venait de rentrer chez moi en cassant un carreau et qui présentement, semait ses puces à tout vent sur le tapis. Avec un chien complice.

Mais le pire, fut encore le message. Ces quatre petits mots à la manque se fichèrent dans une blessure plus profonde que je ne l’avais escompté. D’abord affichant la circonspection surprise de circonstance, mon visage se ferma. Y a plus de vieux. Jamais je n’écrirais quelque chose comme ça, le voudrais je, que je ne le pourrais pas. Et certainement encore moins pour le truc qui se tenait devant moi aussi sourd/muet/crade/autre soit il. Tout en attrapant la feuille qu’il me tendait, je réfléchissait : sûr de ne l’avoir jamais vu, pas même parmi les cas, ou terroristes, que Ludwig hébergeait. Quoi que. Dans l’absolu, c’était surtout le masque sale que je ne reconnaissais pas. Et pour les quelques millimètres carrés que je voyais du visage…

Ah, c’est bête, vous vous êtes trompé de demeure. Il a déménagé, oulaaa, loiiin.
Pas ici quoi.
Bye.
Ca aurait été beau, à en faire flétrir le soleil. Mais d’un, il me suffisait d’un coup d’œil pour savoir que, même si ce type avait été un parfait imbécile, sa corpulence avait beau n’être pas du genre dangereuse pour la moyenne des gens, elle l’était toujours bien plus que la mienne. Trop. Ce qui faisait que se foutre aussi littéralement de lui me paraisse être une très mauvaise idée.
Un beau sourire les enfants, faites semblant.

Pas ici en tous cas. C’était sûrement le mauvais carreau.

Une esquisse de sourire vint fleurir sur mes lèvres minces, pas de quoi crier au scandale, certes, mais suffisamment au vu des circonstances. Je n’allais pas non plus lui proposer un café, seulement de s’en aller d’ici. Avec son chien. Ce dernier, les yeux aussi globuleux que ceux d’un chat dont on aurait écrasé la queue, pose sur moi un regard long, profond, et immensément troublant. J’en suis presque ébranlé : mais comment un chien peut il avoir l’air aussi béatement niais ? Mes lèvres me démangent, je tourne la tête vers feu la fenêtre le temps que le type lise son fichu message. Je parviens à ma plus grande fierté à stopper mon corps agité de légers soubresauts. Je suis sensé le virer poliment, pas lui éclater de rire à la figure.
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Mist
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MessageSujet: Re: J'suis un danger pour les enfants, j'en ai tué un il y a cinq ans ![PV]   J'suis un danger pour les enfants, j'en ai tué un il y a cinq ans ![PV] EmptyJeu 13 Mai - 19:37

[HJ / Désolé c'est pas hyper long et ça casse pas trois pattes à un canard, mais je suis vraiment très fatigué. ._.
Si t'as envie de te débarasser de l'encombrant Mist, tu peux dire qu'il fait un petit malaise vagal.]

Le gamin déchiffre, lit, comprend, et m'écris la réponse. J'ai prévenu, c'est jamais rapide de parler avec moi, ça manque quand même de spontanéité, de « grands éclats de rire », de « glapissements surpris » et autres manifestations bruyantes qui semblent ravir le reste de l'humanité.
Bref, je suis pas là pour raconter ma fascinante vie de dégénéré des oreilles (dont tu te fous de façon magistrale), mais ce qui s'est passé : Le gamin m'a raconté un mensonge gros comme lui, sans réfléchir ne serait ce que deux secondes à la plausibilité du truc. J'avoue à son crédit qu'une fraction de seconde, j'ai douté de moi et de l'emplacement de la maison, me disant que j'étais quand même jeune pour perdre la boule, mais bon, quand même, la maison du vieux, je l'avais déjà vu plusieurs fois, et les meubles n'avaient pas changé d'un poil de cul. Le morveux mentait, je sais pas pourquoi il le faisait mais il se payait ma gueule.
... Lui, si il fait pas gaffe, il va lui arriver des bricoles.

Je me suis mis à écrire frénétiquement un pavé (enfin disons que je parle pas souvent, alors quand il a deux phrases, tu penses bien que c'est un petit festival pour moi) sur mon bout de feuille retrouvé, en lettres capitales, marquant de temps en temps une pause pour réfléchir à soigner ma prose. Mais Dors pendant ce temps regardait la pièce d'un air concentré, signe de l'imminence d'une catastrophe (les petits chiens ont de petites vessies). Puis, sans signe annonciateur, je colle une gifle à l'autre abruti menteur avant de le coller au mur derrière. J'espère qu'il a une excellente raison de raconter des cracks, c'est pas le tout le mentir avec conviction, faut quand même pas trop prendre les gens pour des cons. Je lui colle le papelard sous le nez tout en l'immobilisant de l'autre (situation un peu précaire, surtout que rien que de lever le bras, ça me fout des points noirs devant les yeux, alors immobiliser un mec...).

«  (Tu peux parler normalement, je comprends.)

T'as exactement la même maison que Ludwig à la chaise près ! Curieux, moi les sosies je les frappe, vu que j'ai pas d'humour, alors tu vas me dire où est le vieux avant que je te colle un magistral coup de pied au cul qui te fera saigner de la luette.
 »

J'attendais qu'il ai fini de lire ma prose (je suivais le chemin de son regard pour savoir) pour connaître sa réponse à la question qui nous tourmente tous – enfin y a que moi, vu que je suis pas un narrateur omniscient : où est le vieux ? J'espérais que mes menaces auraient l'effet escompté et qu'il ne remarquerait pas l'absence de chaussure à mes pieds qui rendrait un coup de pied au cul difficile au niveau technique. En plus, j'avais pas mangé depuis deux jours – je vous le rappelle – et c'était un coup à ce que je claque dans les pattes du gamin en voulait lui mettre une pichenette. Déjà, rien que de marcher j'avais l'impression d'être dans un bateau (j'étais de base, pas en grande forme physique). Enfin ce gamin, il devait pas arriver à assommer un chaton aveugle non plus, je devrais pas m'en faire à son propos... mais imagine, y a des copains à lui qui arrivent ! Râh, j'aime pas agresser les gens, comme ça, sans repérage préalable ! C'est un coup à se faire ramoner la cheminée dans les grandes largeurs par un imprévu !
Ah bah ça y est, Mais Dors repeint un pied d'armoire.
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Ingell Decade
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Ingell Decade

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MessageSujet: Re: J'suis un danger pour les enfants, j'en ai tué un il y a cinq ans ![PV]   J'suis un danger pour les enfants, j'en ai tué un il y a cinq ans ![PV] EmptyVen 14 Mai - 21:54

Spoiler:
 

Une visite étrange, inattendue et imposée, bien au-delà des convenances. Mais ces dernières où étaient elles en cet instant ? Loin, trop pour que j’aie une seule chance de les atteindre. Dans un bruit de papier que l’on froisse, le monde se troubla brusquement et je chancelais sous l’impact d’un poing fermé. Je vis le sol arriver sur moi à toute allure, mais il n’eut pas le temps d’arriver à moi. C’est le mur dans mon dos qui s’en chargea et me cueillit avec la délicatesse d’un taureau en furie. Je l’avais cherché, un peu. Mais il n’avait aucun droit ne serait ce que d’être ici, et encore moins de faire ça. Plaqué comme je l’étais contre l’angle dur d’un cadre, je ne me rendis même pas compte du tremblement qui se répandait le long des bras qui me maintenaient ni de la moiteur de ses mains contre mes épaules. Le coup sur ma joue semblait pulser comme un tambour de quatorze juillet et faire vaciller ma tête toute entière. Comme si j’avais besoin de ça.

Les idées fusèrent dans mon esprit, s’entrechoquant elles aussi comme si elles se rendaient responsables de ce qui m’arrivait. J’avais beau avoir certainement aussi peu de forces que lui, moi je ne me laissais pas aller à en faire le maigre étalage en épinglant les gens à la manière de papillons sur un mur. A croire que le minimum de sens pratique que ce type possédait se tenait jusque là en équilibre sur un fil, une perche entre les doigts, et qu’il venait subitement de changer d’altitude. Brutalement. Et puis il me montra le papier, ce truc que j’aurai dignement dédaigné si j’avais pu. Mais voila, il est dur de dignement dédaigner ce sur quoi on a le nez. Maintenu rageusement au niveau de mon regard au cas où sa réponse ne serait pas assez explicite. Alors comme ça, il était capable d’entendre ce que lui disait, quelle heureuse nouvelle. Elle me mettait en liesse. Vraiment. D’ailleurs je lui aurai sauté au cou si je n’étais pas présentement coincé contre un mur, à lire des menaces douteuses de la part d’un type que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam –comble pour moi- et qui cherchait un homme mort. Et pas n’importe lequel, évidemment.

Je suis d’une faiblesse atroce, je le sais. Maîtrisé et soulevé comme un oiseau piteux au creux d’une main, je ne pouvais que fulminer en paix contre celui qui eut droit à de nombreux, très nombreux joyeux surnoms l’espace de quelques instants. Encore une fois j’avais le sentiment de n’être qu’un poids infime, qu’une simple bourrasque de vent suffirait à renverser. Une pichenette contre moi était une déferlante, m’envoyait mordre la poussière aussi sûrement que la limite en l’infini positif d’une exponentielle est ce même infini. En quelques secondes, une goutte écarlate vint perler au dessus de ma tempe, avant de glisser le long de ma mâchoire, dense et chaude comme pour me défier de parvenir à l’arrêter. L’odeur, ténue et pourtant par trop présente, s’empara soudain de mes sens et, conquérante, imposa à mon esprit ce parfum métallique qui me révulsait au plus haut point. Mais je ne peux pas bouger, chaque mouvement à peine perceptible de ma part me donne encore plus l’impression d’être pressuré contre le mur.

Je suis d’une faiblesse atroce, je m’en fiche. Ce n’était pas la première fois que j’étais dans une situation comme celle-ci. Certes, en principe, le théâtre des événements n’était pas la maison qui avait vu une grande partie de ma vie –la plus saine du moins-, et le sujet de la rixe –qui tournait toujours court, et en ma défaveur s’il est nécessaire de le préciser- n’était jamais mon tuteur, et encore moins son fantôme. Tout ceci ne fit que renforcer ma colère, soufflet s’acharnant sur une braise déjà prête à s’enflammer. Oui, je m’en fiche. D’une brusque torsion du buste, j’échappe à l’emprise trop ferme à mon goût et me retrouve ainsi à côté de lui. Esquive marchant de pair avec riposte dans mon petit cerveau atrophié, je double la mise d’un violent atémi du tranchant de la main que je lui envoyais sans aucun état d’âme.

La respiration heurtée, je m’éloignais de lui et, pendant quelques minutes, j’espérais lui avoir fait mal. Vraiment. Or j’avais des doutes à ce sujet ; le type ne bougeait pas, comme choqué et figé dans sa position première. En réalité, je savais au fond de moi –et avec une pointe de regret- qu’il était tout simplement surprit. Car je connaissais mes…capacités et elles étaient plus que limitées. Ca revenait à peu près au même que de lui marteler le crâne à coup de plume, tout aussi furieux ou désespéré que je sois, j’étais incapable d’infliger le moindre dommage à quelqu’un. C’était frustrant, mais finalement, je m’en félicitai au moment où je me rendis compte de l’état dans lequel il était. De violentes nuances pâles tirant sur le vert se faisaient de la place sur sa peau. Une fine pellicule de sueur recouvrait ses bras, que je distinguais à cause des tressautements dont son corps semblait parcouru. Il me sembla presque le voir dangereusement tanguer sur lui-même. Hésitant, je me rapprochais.

La conduite à tenir ne fut pas un long sujet de débat dans mon esprit. Sans plus de protocole, j’attrapais son poignet et le conduisit jusqu’à une chaise. Une fois lui assit de façon plus ou moins stable, je partis en quête de nourriture. A vrai dire, je n’avais pas grand-chose dans le placard à merveilles. Les somnifères se battaient en duel avec des sachets de café, deux trois fruits erraient dans un coin, pauvres âmes perdues dans tant de solitude. D’un geste presque miséricordieux envers eux, j’attrapais machinalement une pomme, seule chose étiquetée mangeable et nourrissante, avant de voir un paquet à la forme idéale sur le rebord du buffet. L’herboriste avait du me trouver vraiment plus fluet que d’habitude s’il avait ainsi prit la peine de me porter des viennoiseries.

- Mange. Et tout de préférence.

Moi, la simple odeur de ces choses me soulevait l’estomac, mais je n’étais pas aussi avancé que lui en hypoglycémie, alors je n’avais pas besoin de m’en laisser compter. Je le laissai donc un instant en face à face avec, et allai refermer les battants du meuble. Et puis, vaguement indécis, je me retournai vers lui sans vraiment le regarder.

- Ah, et il est futile de chercher le…vieux comme tu l’appelles. Il est mort il y a de cela quelques mois. Je ne sais pas ce que tu lui voulais, mais ça risque de devoir attendre.

Et pour cause.
Mais malgré le ton voulu détaché que je m’étais composé, je senti ma gorge se serrer en prononçant ces mots. Mon cœur saignait et je ne l’écoutais plus. Je n’avais pas parlé tout à l’heure lorsqu’il avait joué les brutes, mais à cet instant je n’en avais cure. Ce n’était pas la même chose de toute façon.
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MessageSujet: Re: J'suis un danger pour les enfants, j'en ai tué un il y a cinq ans ![PV]   J'suis un danger pour les enfants, j'en ai tué un il y a cinq ans ![PV] EmptyMer 19 Mai - 18:50

Il s'est débattu, moi aussi, ce qui m'a foutu un vertige dans la gueule, et je l'ai lâché. Ensuite il m'a mis un genre de coup, ce qui m'a un peu déstabilisé – j'étais pas bien frais de base, alors là c'est le pompon. J'ai eu un peu mal, mais c'est toujours pareil, niveau expressivité y a comme une couille dans le potage, alors je reste un peu con en me disant que j'aurais un bleu demain.
En plus j'avais des vertiges d'avoir tant gigoté, ma sueur piquait désagréablement et ma tête pulsait de douleur. Le vilain lutin du Pas-Manger frappait, cachez les femmes et les enfants. Déjà, pour escalader la façade de la maison, j'avais pas mal galéré, alors là j'avais peur de m'évanouir comme un idiot et je restai immobile le temps que les points noirs disparaissent de mon champ de vision. Je commençai à tomber un peu.

Le gamin me prit par le poignet – j'étais pas trop en état de moufter – et me posa sur une chaise, puis il se cassa. Pendant ce temps, je me remettais de mes émotions tout en admirant la pièce. Rien de bien notable, et puis j'allais pas me mettre à fouiller de toute façon. Je pense que son pire secret à ce gars, le truc qu'il avouerai même pas à son chien, c'est de se masturber. Banal. A quatorze ans, on monte rarement des complots mondiaux de toute façon – mais je suis peut être pas assez méfiant.
Et alors que je l'ai plaqué contre le mur, frappé, insulté, menacé, il me tend des... gâteaux. Dans un sac. Avec un logo de pâtissier dessus. Y a des trucs, des fois, faut pas chercher à comprendre, surtout pas, faut s'assoir sur son cul, bénir sa chance et profiter de la vie. Tout en attaquant maladroitement les sangles de mon masque à gaz, je surveille du coin de l'œil ce que le gamin dit (à moitié retourné en regardant par terre en plus, ça demande une sacrée imagination pour décoder). Quoi ? J'ai l'air d'un crève-la-dalle ? Plus que d'habitude visiblement, et si ça peut te rassurer, j'ai l'air plus d'un pouilleux que d'un affamé les bons jours.
Et puis il me dit que le vieux est mort.
J'ai la décence de marquer le truc en arrêtant mon trifouillage sur les sangles et en le regardant sans bouger. Je peux pas faire mieux niveau expressivité, pardonne moi, en plus ça a l'air de te toucher vu que tu me l'as pas dit d'entrée de jeu, je suppose donc que tu n'es pas le nouveau propriétaire de la baraque. Je chope mon stylo et une autre feuille – la précédente étant tombé par terre.

« Désolé. Je savais pas. »

Et je lui tends pour lui donner un truc à faire tout en me débattant avec les sangle, y a des cheveux pris dans les courroies, et puis le cuir est vieux, ça nécessite quelques efforts. Le masque à gaz finit par tomber et révèle mon visage dans toute la splendeur (le-dit visage ayant passé plusieurs heures dans un truc en plastique chaud et moite qui sent pas bon, c'est très ironique). Alors oui, j'ai la peau plutôt mâte, mais c'est pas la saleté qui fait ça, c'est naturel. Les gouttes de sueur noires laissant des trainées de crasse en coulant, par contre, c'était pas monté en série sur le modèle de base – le phénomène est plus visible sur mes tibias et mon dos. Enfin on s'en fout de ma gueule, passons plutôt à la bouffer. Décidé à pas passer pour un gros chacal, je gobe pas les viennoiseries mais en enlève délicatement un petit morceau avant de le porter à ma boucher, en tâchant de pas avaler trop vite pour savourer – t'as une idée de à quand ça remonte, mon dernier gâteau ? Enfin je pense même à lui tendre le paquet pour qu'il se serve, dans un pic inouï de politesse et de savoir-vivre tout à fait exceptionnel chez moi. J'écris aussi un autre truc.

« En fait... j'étais venu lui taxer à bouffer. Puis peut être un bain. Et un rasoir. » Oui parce que en tant que digne de représente de Lhôme Viril, j'ai des poils sur le visage, et toujours en tant que représentant de cette race exceptionnelle, ça pousse par plaque et pas très long, vu que je suis trop jeune pour ressembler à un bûcheron. «  Enfin c'est pas trop le moment de parler de ça, je vais me tirer. Il lui est arrivé quoi ? Toutes mes condoléances. Je vais te laisser tranquille, désolé.

Mais après les gâteaux. »


C'est le problème quand je communique, je suis un peu confus. Manque d'habitude, je suis bien meilleur pour les monologues à moi même. Y a toujours une autre idée qui me vient alors que je suis en train de rédiger la première, manque de connecteurs logiques en fait.
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MessageSujet: Re: J'suis un danger pour les enfants, j'en ai tué un il y a cinq ans ![PV]   J'suis un danger pour les enfants, j'en ai tué un il y a cinq ans ![PV] Empty

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