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 Des bas-fonds aux hauts-toits [PV]

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MessageSujet: Des bas-fonds aux hauts-toits [PV]   Lun 10 Mai - 18:00

Le peintre se réveilla nu au milieu de coussins de velours écarlate par la pudeur. Il fallait avouer que cette soirée riche en aventures qui terrasseraient une jeune fille de bonne famille. Ou la pervertirait à l'instant. L'artiste se gratta la tête, poussa un bras, se fraya un chemin entre deux autres jambes plus ou moins influentes et s'étira une fois debout. Il jeta un coup d'œil à une montre gousset qui traînait par là. Un bel objet de facture précieuse qui en ravirait plus d'un. Un objet qui appartenait également à un aristocrate doublement intéressant puisqu'il avait de l'argent à dépenser dans de l'art. Et un carnet de contact des plus intéressants.

Heinrich se rhabilla prestement et se dirigea vers la porte. Arrivé au seuil, il fit demi-tour, s'empara de la montre, la fourra dans sa poche avec son portefeuille et sortit rapidement de ce lieu de rencontre temporaire haut de gamme. La fraicheur de la nuit ne fut pas la seule raison à avoir mis la capuche de son manteau. Il préférait éviter d'être vu. Cela pouvait se montrer compromettant. Non pas tant pour lui -après tout, il n'avait pas tant d'influence- mais plutôt pour les nobles qui s'adonnaient à ces petits plaisirs.

Si ces soirées étaient secrets de polichinelles- tous les aristocrates connaissaient leurs existences- les identités des membres étaient plus confidentielles d'une soirée à l'autre. De nombreuses petites frappes essayaient de découvrir ces noms afin de pouvoir les faire chanter. Bien que nombre de ces petites frappes se faisaient souvent frapper elles-mêmes avant de grossir les rangs des expérimentations des scientifiques, le métier était suffisamment lucratif pour attirer les vocations.

Le peintre respira à fond s'imprégnant des odeurs de crasse, de vie, de déjections, de chairs en putréfaction et d'urine avant de regretter ce geste. Il s'éloigna rapidement de l'entrée pour venir dans quelques ruelles pour regagner son logis. Au contraire du grand marché plus réglementé, le commerce ne s'arrêtait jamais par ici, même s'il pouvait parfois changer un peu de nature suivant l'état du Soleil. Le peintre fut justement attiré par un étal regorgeant de poudres blanches et de résines marronnâtres.

"Combien pour ce blanc de Titane ? demanda l'artiste en dissimulant son intérêt
-25 piastres les 500 grammes.
-Combien ?!!! Nan mais ça va pas là ! Ca vaut pas le coup. Je m'en vais.
-Attendez ! Je vous le donne pour vingt ! Et vous me broyez les couilles dans un étau, là !
-10 pas plus.
-15.
-Okay, préparez moi ça." conclu le peintre

L'artiste plongea la main vers sa poche pour en tirer son portefeuille lorsqu'il sentit une main en sortir. Il se retourna immédiatement pour apercevoir une silhouette qui filait prestement.

"Au voleur ! Arrêtez le !"

Heinrich constata l'inefficacité de son cri lorsqu'il commença à courir pour rattraper l'auteur du larcin. Celui-ci tourna dans une ruelle. Le peintre le suivi, sauta par dessus une carriole qui traversait la rue et poussa une catin qui se tenait là. Il se trouva au carrefour de ruelles sombres. Mais un mouvement attira son œil.

*Sur le toit !*

Le peintre sauta sur un tonneau, se rattrapa au balcon du premier étage avant de se hisser sur la gouttière sur le toit.

*Heureusement qu'on utilise des échafaudages au boulot !*

La silhouette était loin.

"Arrête-toi !"

Évidemment sans effet. Heinrich n'avait plus le choix. Il ne pouvait laisser perdre la montre qui ne lui appartenait pas. Il regarda autour de lui. Il ne vit personne à part le voleur diminuant dans le fond. Il allait bientôt sauter pour atteindre l'autre maison. Ca serait la fin de cette poursuite. Heinrich n'avait plus de souffle. Il n'avait pas plu depuis plusieurs jours. La poussière régnait en maître sur les toits. Il eut un sourire mesquin, se concentra et les particules se mirent en mouvement. Le voleur s'effondra. Etait-il tombé du toit ? Heinrich espéra que non. En tout cas, il avait dû avoir du mal à respirer à cause des cendres obstruant ses bronches. Il s'approcha à pas lents du bord opposé du toit. Non par prudence mais par fatigue. Il se sentait vidé.
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MessageSujet: Re: Des bas-fonds aux hauts-toits [PV]   Mer 12 Mai - 20:23

    Une nuit fraîche… comme beaucoup d’autres. Ses yeux restaient résolument fixés au plafond. Le sommeil ne venait pas. Comme d’habitude. Des insomnies, encore et encore. A peine les paupières fermées et il revoyait les flammes peuplées ses rêves. Il secoua la tête. Ce ne servait à rien de repenser à cela. De toute façon, il ne pouvait rien y faire. Un gentil insecte se décida à lui rendre visite, histoire de l’occuper et le distraire de l’ennui. Afernan se contenta de le repousser du doigt pour ne pas qu’il grimpe avec lui sur la couche. Dire que cette nuit-là, il avait décidé de dormir un peu pour pouvoir rester éveiller le lendemain, jour de grande chasse à infos. Mais une fois de plus, Morphée avait souhaité passer son chemin sans l’enlacer.

    Il se redressa sur la couverture. Personne. Logique… Il avait choisi spécialement ce petit appartement car les propriétaires étaient récemment décédés. Les squatteurs n’avaient pas encore eu le temps de repérer ce lieu. La lune éclairait faiblement la pièce sale. D’un mouvement mécanique, il frotta ses yeux cernés. Aucune raison qu’il reste plus longtemps immobile. Ce ne serait pas bénéfique pour lui, si ne pouvait pas dormir, il y avait bien d’autres choses à faire que rester là à rêvasser.

    Une fois debout, il fit un rapide listing de la situation : Il était en manque de sommeil, il avait besoin d’informations fraîches, de nouveaux habits et d’un coup d’un soir, sans compter que le lendemain, il aurait une commande importante à assurer. Ce n’était pas la situation rêvée mais ce n’était pas désespéré non plus. Il tenta de remettre un peu d’ordre dans sa tignasse grâce à un morceau de verre brisé par terre. Tentative vaine. Il soupira légèrement, las.

    Il enfila distraitement sa chemise grise qu’il avait enlevée pour dormir, avant de boutonner son pantalon noir. Pas de manteau, cette nuit, il l’avait laissé chez quelqu’un de confiance. Maintenant, la question, c’était où il devait aller pour avoir des informations croustillantes et inédites, bien sûr. Pas question de passer derrière des autres, question de fierté. Aux alentours de maisons closes, il y avait toujours quelques petits secrets à découvrir… ça suffirait pour cette fois. Il se baissa pour ramasser ses quelques affaires. Un trousseau de clés qui ouvraient dieu sait quoi, un bout de pain, une écharpe jaune-verte, et du papier à lettre. Il fourra le tout dans sa besace. Il la passa au dessus de sa tête pour la mettre en bandoulière.

    Il se dirigea vers le balcon. Sauter de là ne serait pas trop dangereux… il n’était pas bien haut. Afernan passa aisément sa jambe droite au dessus de la barrière. Alors qu’il allait sauter, un fracas le fit sursauter. Figé, il tourna la tête derrière lui. Un corps. Son masque d’impassibilité replacé sur le visage, il s’assit à cheval sur la barrière. Le sang commençait à s’éparpiller autour de la tête comme une auréole. Jolie auréole sanguine. Le gars devait être mort sur le coup. Tomber la tête la première n’était pas trop conseillé. Par pur curiosité morbide, Afernan se demanda s’il s’était d’abord briser la nuque ou le crâne. S’il l’avait vu chuter, il n’aurait pas eu à se poser la question… Mais il se remit en doute. Il n’avait pas entendu le moindre bruit. Sa vigilance se relâchait trop… Il devait absolument faire plus attention à l’avenir. Qui sait, peut-être que la prochaine fois, ce serait lui la victime, et non le témoin.

    D’où venait ce cadavre ? Il n’y avait pas trente six miles solutions… Le toit. L’Informateur releva les yeux. Rien. Bon, par conscience professionnel, il devait tout de même jeter un œil. Il se leva, tel un funambule, sur la barrière et entreprit de grimper sur le toit. Tiens, bonne pioche. Un mec.

      - Vous avez vu quelque chose ? C’est important.


    D’après les vêtements, le gars mort n’était certainement pas riche. Cependant, il y avait des tas de gens importants dans les bas-fonds d’Ishtar qu’il n’était pas bien riche, donc pour Afernan, cela ne voulait rien dire.

    Il hésita quelques instants à écrire un petit mot pour le mettre sur le corps, afin que la personne qui le trouve n’ait pas à faire une quelconque recherche pour savoir comment cet homme était mort. Oui, il hésita mais ne le fit pas. Pas envie. Il fixa ses orbes vertes sur l’inconnu. Tant qu’il ne lui avait pas répondu, il ne le lâcherait pas. De toute façon, il n’avait rien d’autre à faire.
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MessageSujet: Re: Des bas-fonds aux hauts-toits [PV]   Sam 15 Mai - 11:19

Au fur et à mesure que Heinrich s'approchait du toit, il se souvint qu'entre deux choix, il fallait toujours envisager le pire. Il ne voyait aucun corps toussotant et crachotant la poussière pour essayer de reprendre sa respiration sur le toit, donc il devait être en train de toussoter et de crachoter son sang sur le sol. Le promeneur du toit avala sa salive à la perspective de devoir récupérer son bien qui n'était pas à lui au milieu d'une flaque de sang, d'os et de viscères. Cela ne changerait certainement rien à la... poésie de l'endroit mais cela lui déplaisait quelque peu. Surtout comme là, alors qu'il avait un estomac plus vide que le crâne d'un esclave.

Alors que le bord du toit se faisait de plus en plus proche, il sursauta. Une tête ! Nom d'un chien ! Ce type s'était fait décapiter d'une manière ou d'une autre et sa tête était restée accrochée là. Il commençait à se sentir mal.

"- Vous avez vu quelque chose ? C’est important.
- AAAAAAH !"

Une tête qui parle ! Là, il commençait à se sentir franchement vacillant. D'ailleurs, ses jambes se mirent à trembler affreusement. Il s'approcha d'un conduit de cheminée qui dégageait une petite fumée piquante et s'y appuya comme un marin en pleine tempête à son mât. La fumerolle devait être plus irritante que ce qu'il avait cru au premier abord car il commença à tousser. Peut-être aussi était-ce son souffle qui devenait court. Il n'avait pas l'habitude de faire autant d'acrobaties ni de course à pied. Il laissait ça aux paysans et aux gueux.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, il aperçut une silhouette entière sur le toit. Il sursauta. La tête avait poussé ! Il cligna des paupières. Non, ce n'était pas possible. Autre explication : il s'agissait d'un deuxième larron. Ce ne pouvait être que ça. Heinrich se sentait un peu rasséréné. Il fallait croire que la soirée lui avait tapé sur le jugement. Il n'avait pas l'impression d'avoir la gueule de bois pourtant. Mais le peintre reporta son regard sur l'autre personne. Il avait parlé d'une chose importante. Si le voleur avait été blessé, il l'aurait détroussé et aurait filé ou bien aurait appelé les secours. Donc il devait avoir succombé de sa chute. Et dans ce cas, cet homme devenait intrus. Ce n'était ni plus ni moins que cela. Un témoin. Et qui dit témoin d'un meurtre plus ou moins accidentel dit témoin gênant pour lui, sa réputation et sa liberté.

Il pouvait toujours faire passer cette mort pour un accident, ce qui était plus ou moins vrai. Mais il y aurait toujours une chance pour qu'un médecin passe par là, qu'il constate la poussière dans les poumons et qu'il s'attire des ennuis, surtout si ça remontait à l'Inquisition. Mais il voulait juste l'arrêter lui ! Il n'avait pas eu l'intention de le tuer ! Enfin si, peut-être un petit peu, au moment où il se concentrait pour manipuler la Terre. Mais c'était dû au stress des évènements !

Un instant, il soupira en repensant aux plaisirs de la soirée et en souhaitant y retourner. Ah, le charme des caresses, la chaleur des respirations emballées et l'extase de la jouissance. Là, en comparaison, c'était le charme de se faire voler, la fraîcheur de la nuit et l'extase des emmerdes. Il n'avait aucune envie de revenir à la réalité. Il plongeait dans ses souvenirs, dans sa rêverie jusqu'à même penser à son travail. Bref, tout lui passait par la tête sauf l'envie de revenir à la situation présente.

Mais non, sa conscience le ramena sur terre ou plutôt sur ce toit. Il s'écarta de la cheminée et s'approcha de l'inconnu. Pour le dépasser et s'approcher très prudemment du bord du toit de façon à ne pas tomber par un coup de vent ou si l'intrus le poussait.

"Mmmh, il est presque présentable."

En effet, il s'attendait à voir de la bouillie de chair et il se retrouvait avec un pickpocket qui prenait tranquillement un bain de minuit dans son propre sang. Le peintre soupira. Que faire du témoin ? Quelle était son avis d'abord ? Il n'en avait aucune idée. Autant le pousser à réagir. Pour cela, l'ignorer. Le peintre se mit prudemment à quatre pattes avant de se laisser glisser dans le vide, ne se retenant que par les phalanges. Il ferma les yeux et lâcha la prise. La chute fut courte mais l'atterrissage douloureux. Il se releva en boitillant et s'approcha du voleur, lu faisant les poches. Où avait-il bien pu mettre cette montre ?
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MessageSujet: Re: Des bas-fonds aux hauts-toits [PV]   Dim 16 Mai - 10:03

    Ah… un cri. Afty ne s’attendait pas vraiment à cela. C’était désagréable à entendre. Il fronça les sourcils. Pourquoi existaient-ils des gens bruyants tard dans la nuit… ? Ou tôt le matin, tout dépend de notre façon de voir les choses… Afernan aimait le calme. Apparemment, avec cette personne, ce n’était pas gagné.

    Ce dernier paraissait effrayé… La peur trahissait souvent la culpabilité ou la menace. L’informateur l’avait maintes fois remarqué dans ses recherches. Donc, cet homme était forcément impliqué dans cette affaire. Tant mieux, il n’aurait pas aller chercher bien loin, alors. Cela le rassura un peu. Le manque de sommeil n’était pas très bénéfique pour les rouages de son cerveau. Il rouvrit les yeux lorsque le garçon arrêta de crier. Ouf. Cela faisait du bien lorsque ça s’arrêtait. Des dois, c’était vraiment à se demander comment certaines personnes pour crier si fort et si longtemps… Afernan n’y arrivait pas. Sa capacité vocale était assez faible… Mais de toute façon, les secrets, on les chuchote à l’oreille des gens, n’est-ce pas ?

    Il attendait une réponse. Qui ne venait pas. Il se mordit la lèvre inférieure. S’il avait bien un défaut autre que sa curiosité maladive, c’était parfois son impatience. C’était quelqu’un de calme et de réfléchi, en théorie, mais lorsqu’il était proche d’avoir des informations, il pouvait devenir impatient et irritable… Alors ne jouez pas trop avec ses nerfs, c’est un conseil. Il regarda d’un œil distrait l’homme s’approcher du bord. Un seul mouvement de la part d’Afernan et il risquait de subir le même sort que le cadavre. C’était une envie tentante… mais il se retint. Informations avant tout.

      - Mmmh, il est presque présentable.


    A quoi s’attendait-il ? Le toit n’était pas très haut depuis le balcon. L’homme était juste mal tombé, ce qu’il a été fatal. Mais en y pensant… Celui encore vivant c’était directement dirigé vers le bord du toit et s’attendait bel et bien à voir un corps… Cela confirmait bel et bien qu’il était impliqué dans cette affaire. Un meurtre ? Sûrement. Afernan jeta un regard au cadavre. Il n’avait pas l’air bien riche… Même moins que l’Informateur, c’est pour dire. Donc les informations sur sa mort ne vaudraient pas grand-chose, à moins qu’il soit un gars de l’Ombre très important. Mais son visage, ou ce qu’Afty pouvait en voir, ne lui disait rien. Pas un client… Cette affaire ne le concernait pas vraiment alors… Foutue curiosité maladive qui l’empêchait de s’en aller pour chercher de meilleur filon d’informations. Il soupira. Toute cette histoire allait sûrement mal tourner.

    Ah ! Pourquoi l’homme fouillait les poches d’un cadavre ? Un secret à protéger ? Intéressant… Mais Afernan n’en oublia pas moins le fait qu’il l’avait parfaitement bien ignoré. Agaçant. Attention, ne jamais se mettre un Informateur sur le dos, cela pouvait être très gênant. Peu de monde sait ce qu’ils peuvent faire lorsqu’on les met en colère… Et peut-être que ce gars allait rapidement l’apprendre, si il continuait dans cette fois.

    Il redescendit souplement jusqu’au balcon, histoire de voir ce que trafiquait le type. Tiens, il semblait assez ennuyé… Afernan détourna le regard, attendant qu’il ait finit pour s’occuper de lui. Il ne voulait pas trop s’approcher du corps. Pas que cela le dérange vraiment, juste qu’il préférait tenir ses distances… Qui sait le genre d’infections qu’il avait ? Et bientôt des bêtes en tout genre se feront une joie d’habiter ou se manger ce corps. Rien de bien ragoutant, en bref.

    Un éclat attira son regard près de la porte du balcon. D’un mouvement rapide, il s’en approcha, certain que ce n’était pas là avant… et il avait presque toujours une bonne intuition. De l’or. Afernan se baissa et attrapa l’objet. Une belle montre à gousset, c’était incontestable. Elle devait certainement valoir très cher… Et si l’homme encore vivant cherchait à voler cela à celui maintenant mort ? Pas impossible. Il la fit tourner devant ses yeux grâce à la chaînette. Gravures très fines et délicates, quelques pierres précieuses,… ce devait être une commande spéciale. Elle n’avait rien de standard. Si on y faisait bien attention, on pouvait reconnaître une armoirie dans les détails des dessins. Il était certain de déjà avoir vu cette armoirie… mais à qui elle appartenait, il ne s’en souvenait plus vraiment.

    Il eut un petit sourire au coin des lèvres. Il agita la montre devant les yeux de son suspect avant de rapidement la ramener vers lui pour qu’il ne puisse pas l’attraper. S’il la désirait, il allait falloir payer… et pas forcément de l’argent. Les informations valaient bien plus aux yeux d’Afty.

      - Alors dîtes-moi… tout.


    Il n’avait pas honte de jouer avec les gens et les choses. Il fallait bien cela pour survivre à Ishtar.
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MessageSujet: Re: Des bas-fonds aux hauts-toits [PV]   Lun 17 Mai - 17:27

Les dents du peintre se faisaient de plus en plus serrées et un rictus de désappointement lui déformait de plus en plus le visage. Mais où pouvait-il donc bien avoir fourré cette foutue montre ? Heinrich retournait le cadavre dans tous les sens, se mettant du sang plein les doigts, sans pouvoir trouver ce qu'il cherchait. Il était pourtant certain d'avoir inspecté bien deux fois au minimum chacune de ces poches. La quête s'arrêta. Heinrich essuya machinalement ses doigts sur le manteau râpé du pickpocket. Si ça se trouvait, avant même le début de la course poursuite, il avait passé l'objet à un complice. C'était même le plus probable.

Un mouvement doré attira son oeil. La montre ! Heinrich bondit pour l'attraper en ordonnant :

"Rends-moi ça !"

Mais las ! L'autre était trop grand, surtout le bras levé. Un chaton essayant d'attraper le bouchon de vin au bout de la ficelle aurait pu faire mieux que le peintre. Il sautilla deux, trois fois jusqu'à ce qu'il se fasse une raison et que son souffle défaillant le ramène à la raison. On ne pouvait pas passer une nuit de luxure, faire un sprint suite à un voleur puis manipuler la Terre et reprendre avec du saut en hauteur. Il s'arrêta donc et regarda le témoin plus que gênant.


- Alors dîtes-moi… tout.
-Tout ! Maintenant rendez-moi ça ! C'est à moi !

Enfin, à lui... Pas tant que ça mais il en était le possesseur temporaire. Il tendit une main résolument droite et la bougea un peu pour faire comprendre à l'autre qu'il attendait qu'il y dépose l'objet. Heinrich regardait méchamment son interlocuteur. Enfin, vu leurs tailles respectives, même si l'autre n'avait pas l'air d'une armoire à glace Loreleïenne, il ne pouvait pas faire vraiment peur. Sa paume restait vide. Heinrich soupira d'agacement, baissa la main et recula d'un pas pour mieux toiser son interlocuteur sans avoir à trop lever la tête.

-Bon, si je vous le dis, vous me la rendez ? Parce que, j'en ai marre, c'est vraiq quoi ! Y'a plus moyen de se balader tranquillement sans se faire voler à tout bout de champ ! Que fait la police, hein ? Y en a marre ! Comme ce cadavre là ! M'a volé, forcément, je lui ai couru après, l'a été assez con pour tomber et devenir de la viande froide. Bon, vous me rendez ma montre maintenant ?

Heinrich détacha ses poings qu'il avait posé sur ses hanches et tendit à nouveau la main. Dans le même temps, ses yeux passaient outre l'ombre de sa capuche qui était miraculeusement restée en place malgré toutes ces acrobaties. Son regard s'en allait détailler le visage du type. Il y fixait chaque petit détail, chaque irrégularité du visage ou de la peau. Il disséquait chaque forme comme un scientifique avec une grenouille. Ainsi, il pourrait faire une esquisse de ce vilain personnage qui lui subtilisait sa montre sans aucune autorité -non pas qu'il ne l'ai pas fait lui, mais c'était différent. Si jamais quelque chose se passait mal, il n'aurait plus qu'à faire son portrait et aller voir les bonnes personnes.
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Des bas-fonds aux hauts-toits [PV]

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