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 Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)

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MessageSujet: Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)   Mer 6 Avr - 19:14

Une journée qui ressemblait tant aux autres, une journée qui n'avait rien d'exceptionnel et qui sentait cet air de déjà-vu ; l'Empereur avait enfin pris le pouvoir, et je ne ressentais qu'ennui face à cette nouvelle, ce gamin... gouverner ? Ce gamin me gouverner ? C'était chose impossible, il n'avait pas l'étoffe d'un souverain, il restait à mes yeux une petite marionnette au visage de poupon qui dansait dans la main de l'Ex-Régent. Il n'aurait jamais la force nécessaire pour soumettre l'Empire à son entière autorité, il n'était qu'un gamin qui ne connaissait rien à la vie. Plutôt ennuyé finalement par le rôle qu'Uriel d'Arken m'avait confié, j'espérais parfois un peu d'action, lâcher la laisse du monstre était un risque qu'il fallait prendre, puisque si ça n'arrivait pas bientôt, le loup mordrait dans la chair tendre et pâle de son maître. Les bêtes sauvages sont indomptables, et celui ou celle capables de me dresser n'était pas encore né. Personne n'arriverait à faire de moi un caniche tenu en laisse, il ne fallait pas se moquer du loup. Alors pour une fois que je pouvais profiter de mon temps libre, tandis que la belle Princesse Noire n'avait guère besoin de ma protection, pour une raison ou une autre, je sortis de la cathédrale, après avoir tenu une discussion toujours plus ennuyeuse avec un Prêtre. Mon titre était envié, et c'était par l'intermédiaire ce Prêtre que j'avais appris que mon rival, le petit caniche Lawrence Ashford, allait bientôt l'obtenir, si ce n'était pas déjà fait.

Nous étions désormais à égalité, à quelques détails prêts, moi, j'avais goûté au corps de son idole de toujours, une nouvelle que je brûlais de lui apprendre. Imaginer le visage froid d'Ashford se briser, c'était un vrai délice, je devais lui montrer à nouveau lequel de nous deux était le meilleur. Une ombre passa sur mon visage, fugace et trop rapide pour qu'on y prête attention, Ashford... il me serait si facile de le tuer que ma victoire ne posséderait pas la moindre saveur ! Il était si faible, si soumis... qu'il m'inspirait de la pitié. Soupirant, je levai les yeux vers le ciel, laissant ma rétine se brûler devant ce couché de soleil, oh bien sûr, il m'arrivait parfois de posséder l'âme d'un poète, et ce ciel teinté de flamme me rappelait ce fantasme de réduire Ishtar en cendre, de ma main, de ma lame, et de mes crocs. Je n'aspirais qu'à plus de destruction, je ne refusais jamais un moment de violence, et la haine qui jadis avait noirci mon coeur d'enfant avait le besoin vital de sortir. Et là ! Combien de temps n'avais-je pas eu droit à me baigner nu dans du sang ?

Depuis que Mist, ce cloporte, ce crapaud, cette merde s'était volatilisés comme par miracle de prison ! Donc depuis plus de deux mois, je n'avais pas trempé mes mains blanches comme de la craie dans ce liquide poisseux, rouge, et puant le fer que j'aimais tant. J'en souffrais... comme Nicolaï et son opium, lorsque ce père avait été vivant. J'avais besoin de me battre, j'avais besoin de saigner quelques gorges pour lécher leur sang... j'avais besoin de violence ! Rester immobile, sans rien faire, seulement à surveiller Azhran, ça me rendait fou. Cette cruche ne pouvait-elle pas se faire attaquer ? Le loup ne tenait plus en cage ! C'était pour cette raison que mon violon en main, mon éternel ami et corbeau sur mon épaule, j'étais sortie de la Cathédrale, prenant l'air frais du Crépuscule. Ma cape posée sur mon épaule, je caressai le bec noir de l'Onyx, toujours avec autant d'affection et de douceur, cet oiseau était le seul être au monde qui pouvait mériter ce genre de gestes. Alors, assis sur les marches, seul, ombre morbide dans le déluge de couleurs enflammées, je pris l'archet entre mes longs doigts pâles. Fermant les yeux, concentrés, un vol de corbeaux passa au-dessus de moi, et je me m'y à jouer. Des notes claires volèrent dans l'air, pendant que je suivais le rythme du violon, fermé dans ce monde à l'apparence si délicieuse, alors que mon esprit me montrait un univers fait de chaos. La folie ne se révélait pas dans les mouvements de mon archet, au contraire, les notes qui s'élevaient étaient belles, parfaites, sans la moindre trace de folie, quoiqu'énergique. Je jouais un moment, assis là, enfermé dans ce monde à moi, où mes clos voyaient une montagne de cadavre, quelle délicieuse vision !

M'arrêtant pour me relever, j'allais ranger le violon dans son étui quand soudain, je sentis un corps de femme rentrer dans le mien. Grognant, soudain déséquilibré, je parvins à ne pas avoir le ridicule de tomber, mais ce fut pas le cas de la fille à la chevelure rousse que brutalement, je repoussai en rugissant :


— Pour qui te prends-tu, petite sotte ?

[Ce que joue probablement Emile.]

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MessageSujet: Re: Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)   Mer 6 Avr - 20:49

Le temps défile avec une vitesse hors d'portée. Si ça continue, demain, en m'réveillant, je serai déjà une vieille femme, sans même avoir eu l'temps de cligner des yeux. A vrai dire, la dernière fois que j'ai mis l'nez dehors, c'était pour aider ce terroriste, Marius. Si jamais l'ex-régent ( et par la même occasion, mon maître) venait à être au courant de ma brave action, j'préfère même pas imaginer de quelle façon il tiendra à m'le faire amèrement regretter. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'j'passe plus de temps à la bibliothèque, ces derniers temps. J'redoute vraiment de croiser le haut prêtre, et au moins, grâce aux livres, mon esprit ne moisi pas complètement. C'est vrai, j'ai commencé à remarquer, qu'passer des journées dans une pièce, à tourner en rond, en se rongeant les doigts, c'est pas très sain pour la condition morale.

Seulement voilà, depuis c'matin, c'est comme si j'marchais sur des orties. Ca m'démange de partout, c'est dingue ! C'est tel que j'pourrais griffer les murs, mordre dans les coussins, ou m'arracher les ongles. Alors que j'fais les cent pas dans ma chambre, je me rend compte que j'ai chaud. Trop chaud, à dire vrai. Pourtant, la nuit est déjà tombée, et la cheminée n'est même pas allumée. J'dois avoir de la fièvre, c'pas possible autrement. Mon corps est certainement en train d'me jouer un mauvais tour, si bien que, lorsque mes poumons font mine de s'enflammer, j'lâche un cri de douleur, avec beaucoup d'incompréhension.


- Mademoiselle, un problème ?

Le majordome, assigné à s'occuper de ma suite, s'tient sur le palier, l'œil interrogatif. Et si c'était lui ? Et si quelqu'un ici, aurait tenté d'm'empoisonner ? Toute en sueur, à cause de cette température en apparence ardente, j'lui lance un regard mauvais, et pitoyablement, j'me met à aboyer.

- Y'a pas d'problème ! J'ai seulement soif ! Vous savez, cette soif incroyablement traître qui vous tombe dessus comme ça, sans prévenir ! J'me sens comme un chien qui aurait traversé Yu Zuang sur trois jambes, après avoir été rué d'coups et brûlé au fer rouge ! Mais bon sang, QU'ON M'APPORTE DE L'EAU !

Il ne fallut pas plus d'une seconde, pour qu'l'homme disparaisse à travers la porte. A vrai dire, j'suis déjà bien trop perturbée pour m'intéresser à la gueule déconfite qu'il a dû faire en entendant mes propos. Le silence est tel que j'entend ma respiration rauque faire vibrer l'air ambiant. Le haut prêtre m'aurait-il jeté un sort de mauvais goût pour m'faire souffrir, ou se débarrasser d'moi ? J'dois prendre l'air, bordel.

J'me retrouve donc à courir à grandes enjambées, parvenant enfin à sortir du palais épiscopal. Ce n'est qu'arrivée au niveau de la cathédrale, que j'décide de m'asseoir sur la pierre dur des marches du bâtiment. Quelques minutes suffisent. Et invraisemblablement, alors qu'ma journée s'avère avoir été un enfer à cause de cette drôle d'maladie qui a pris possession d'mon corps, voilà que ce dernier semble retrouver sa température d'origine. Je soupire. Ouf !

Les criquets et la lune pour seule compagnie, la nuit est une véritable pommade de l'esprit. Et puis, cet air de violon... Du violon ?! Mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Ingell ? Non. J'fronce les sourcils. Ingell est mort, il ne jouera plus jamais. J'me redresse, et dans un élan démesuré, j'me mets à courir sans vraiment savoir où me conduit ma course. Je veux juste m'ôter ses sinistres pensées, juste qu'on me...

Ouch. Serait-ce un mur ? Non, c'est juste un type. Et apparemment, le violoniste d'un peu plus tôt. Me v'là sur les fesses, et en plus, ce grand type aux cheveux décolorés est désagréable ? Qu'il fasse pas l'malin avec moi, des types comme lui, j'en ai cassé plus d'un seul. Me redressant, j'toise mon nouvel interlocuteur de haut en bas.


- J'me prends pour personne ! Vous croyez que parce qu'vous faites le mariole avec votre instrument, vous pouvez vous permettre d'me parler mal ? Allez donc jouer ailleurs, et épargnez mes oreilles, j'vous prie !

Ouais, pauv' type.
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MessageSujet: Re: Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)   Mer 6 Avr - 23:21

Je me retrouvai face à une... fillette ? Je ne savais pas vraiment décrire l'espèce de chose rousse qui se trouvait en face de moi, enfin même si j'avais dût baisser les yeux pour voir sa petite frimousse énervée, et désespérée. Eh bien ? Que me voulait cette odieuse petite chose ? Oh... je voyais dans son regard les insultes qu'elle n'osait sûrement pas encore proféré. Eh bien ! Pourquoi ne passait-elle donc pas son chemin ? Ne comprenait-elle pas que sa présence était une insulte à ma personne ? Et qui était-elle ? Vraiment... où avait-elle éduqué ? Dans une motte de faim, alors que ses parents procréaient dans la bouse ? Je grimaçai et croisai les bras en levant les yeux au ciel. Énervé, coupé dans mon élan de poésie (pour une fois que ça arrivait), frustré qu'on soit venu me sortir de mon monde, je lui lançai un regard haineux et plein de mépris, toujours aussi rouge, toujours aussi dérangeant et fou. Qu'elle ne joue pas aux plus malignes avec moi, des jeunes filles de son type, j'en avais maté un bon nombre.

Et puis, homme, femme, enfant, je ne faisais pas la différence ; je traitais l'être humain avec égalité, alors si cette gamine cherchait le grand méchant loup, celui-ci n'allait pas hésiter un seul instant de la mordre. Il n'y avait aucune allusion sexuelle là-dedans, j'étais simplement un monstre capable de déchiqueter le corps d'une simple adolescente, juste poussé par un simple caprice, un désir de faire violence. Je grimaçai en la regardant, reniflai comme pour trouver une quelconque mauvaise odeur, je rangeai le violon finalement, tandis que le corbeau sur mon épaule croassa. Ses plumes noires caressèrent ma joue, pendant qu'un frisson de dégoût me parcourra l'échine. Elle était bien sûr d'elle, cette petite ! Tant mieux, je prenais plus de plaisir à asseoir ma domination sur les petites indomptées de ce genre-là. Une ombre passa sur mon visage, celle de la folie, celle de mes envies meurtrières toujours aussi persistantes. Debout, ombre gigantesque perdue dans le soleil couchant, je la fixai avec défis, tandis que mes pensées cherchaient à me remettre cette figure à l'esprit. Elle me disait quelque chose, vaguement, et rares étaient les visages que j'oubliais, ça arrivait seulement lorsqu'il s'agissait des êtres les plus insignifiants.

— C'est ta voix de poule qu'on égorge qui est un véritable supplice.

Et qu'elle ne se plaignait pas de mes paroles, j'avais pris soin de lui répondre, ce qui constituait en un effort de ma part. Je fronçai les sourcils, et ma voix neutre s'éleva à nouveau, quoique ténébreuse :

— Et avant d'oser ouvrir ta bouche, petite sotte, prends connaissance de celui que tu as en face de toi.

Je grimaçai et crachai à ses pieds, je perdais mon temps ; parler à cette petite chose me faisait perdre mon temps. L'étui du violon en main, le corbeau frotta son énorme bec contre ma joue, comme pour tenter la colère sourde qui montait lentement en moi. J'avais promis à Uriel d'Arken que je n'allais plus commettre de meurtre gratuit, sans la moindre raison, et pourtant ! J'avais envie de poser mes doigts pâles sur sa gorge et l'étrangler, sentir son corps être secoué d'un dernier spasme avant de crever. Voilà ce qu'elle méritait : crever comme une chienne pour m'avoir provoqué ! Passant un de mes doigts en argent sur le bec de l'Onyx, j'allai rentrer dans la Cathédrale, mais je m'arrêtai soudain, narquois quoiqu'aussi expressif qu'une tombe, mais avec une voix vibrante d'une violence à venir :

— Sale gamine, celui que tu as en face de toi, c'est le Gardien de la Foi, le Baron Émile Paole.

Je manquai d'ajouter au dernier moment « tueur excellant dans son art », mais je trouvai cela un peu trop prétentieux. J'avais conscience de ma force et de mon talent, mais ce n'était pas une raison pour rappeler aux êtres tels que cette rouquine à quel point, ils m'étaient inférieurs. Mes yeux se transformèrent en deux boules ensanglantées, haineuses, méprisantes, dangereuses, comme si je cherchais à la tuer d'un simple regard. Je lâchai un petit « humpf » avant de marcher à nouveau, le vent caressait mon cou. Soupirant, j'allai à nouveau reprendre la marche, mais je m'arrêtai soudain ; cette gamine, je l'avais déjà croisée au détour d'un couloir, au Palais Espicopal, et on parlait tellement d'elle qu'il faudrait être aveugle et sourd pour ne pas la reconnaître. Ah... c'était donc... Sacha ? Le nouveau petit jouet du Haut-Prêtre ? Eh bien, on pouvait dire que celui-ci l'avait assez mal éduqué, pauvre chienne. Plus méprisant encore, plus froid, j'ajoutai :

— Mais... tu es le nouveau jouet du Haut-Prêtre, n'est-ce pas ? As-tu conscience que tu n'es même pas un être humain, et que tu dois rester à ta place ?

Parce que j'estimais que je n'avais pas de leçon d'éducation à donner, non merci, j'avais déjà assez d'heures supplémentaires comme ça.

[Dis-moi si quelque chose ne va pas ^^]

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MessageSujet: Re: Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)   Jeu 7 Avr - 18:49

Je viens d'me faire un nouvel ennemi. Mais ça, je l'ai compris au moment où j'ai levé la tête et où j'ai croisé son regard. Méprisant et fou, si j'n'avais pas une aussi grande confiance en mes capacités combattives, certainement que j'aurai déjà détalé comme un lapin. Mais là, si mon ouie m'trompe pas, il vient d'insinuer que ma voix s'apparente à celle d'une "poule égorgée" ? C'est une blague de très mauvais goût. Est-ce qu'il sait seulement qu'pourrais casser ses orteils d'albinos rien qu'en lui marchant sur l'pied ? Rien que d'y songer, ça m'procure la joie d'un enfant qui vient d'faire une bêtise. Moi qui était seulement venu ici dans l'but de me changer un peu les idées, il fallait que j'tombe sur cette grosse brute. J'sursaute quand son piaf lâche un croassement morbide. Saloperie d'oiseau, j'aime pas ce genre de bestiole ! C'est sinistre et carnassier. Ses petits yeux noirs m'donnent envie de le déplumer et d'le voir courir comme un oisillon, une fois mis à nu. En y regardant d'plus près, la bête est assortie au maître. Tous les deux d'mauvaise compagnie, ça doit pas être joyeux d'partager leur quotidien. J'aurai bien vite envie d'me foutre en l'air, genre, par la fenêtre.

Comme pour confirmer le fond d'ma pensée, l'albinos me crache aux pieds. J'recule, et le toise avec dédain. C'est qu'il commence à m'chauffer, lui ! J'ignore parfaitement à qui j'suis en train de m'adresser, et à vrai dire, je m'en tape royalement ! De toute façon, ce mec est certainement un fervent de l'Église. A moins qu'il soit juste un solitaire dépressif qui vient faire passer l'temps ici. Qu'il fasse c'que bon lui semble, mais qu'il se frotte pas à moi. Ma journée porte déjà le sigle d'un interminable calvaire. L'albinos fait volte-face, faisant mine d'entrer dans la cathédrale. J'allais faire de même, à vrai dire, mais la confrontation n'est apparemment pas terminée.


- Le gardien d'la foi ? Émile Paole ? Ah, oui...


J'esquisse un faux sourire. Paole est donc véritablement un autre de ces religieux. Les croyants sont décidément aussi nombreux que des fourmis.


- Non, ça m'dit rien du tout, en fait.


Bah ouais. Comme si j'connaissais tous les disciples d'Uriel ! Et voilà que l'albinos, il se présente, comme une fleur, à croire que son nom est écrit sur chacun des pavés de la capitale. Quelle prétention ! Même le Haut prêtre possède un meilleur sens de la modestie ! Enfin, je n'compte pas m'attarder sur les détails de sa personnalité, à vrai dire, je pousse un soupir. Mais qu'est-ce que j'fais là, à perdre mon temps inutilement, avec un parfait inconnu ? Associable, qui plus est. Mon semblant de bon sens aurait pu continuer à suivre la bonne voie, à vrai dire. Mais au moment où j'croyais enfin que ce petit désaccord prendrait fin, voilà qu'il s'impose de nouveau.


- J'vous interdis de prononcer c'mot à mon égard ! Je n'suis en rien un "jouet", alors gardez vos sales paroles pour vous ! Quand à ma place, j'en ai parfaitement connaissance. Bien assez pour vous dire qu'la vôtre, en c'moment, serait de faire demi-tour en priant l'Ombre pour que je n'vous casse pas un genoux. J'suis peut être pas humaine, mais vous, v'n'êtes qu'un des nombreux toutous se pavanant pitoyablement aux pieds du Haut prêtre avec toute la volonté du monde !


La rage m'brûle les yeux. Quelle offense ! Ce sale con, personne lui a appris à tenir sa langue ? Dans c'cas-là, j'aurai qu'à la lui arracher !
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MessageSujet: Re: Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)   Jeu 7 Avr - 21:27

C'était qu'elle me provoquait, cette peste ! Serrant la mâchoire, j'allais réellement rentrer dans la Cathédrale pour accomplir diverses choses aussi ennuyeuses qu'inutiles, mais cette petite garce m'avait arrêté. Lentement, je me retournai vers elle et la toisai de toute ma hauteur, comment une telle chienne osait-elle ouvrir la bouche devant un homme tel que moi ? Elle sembla déconcertée par la présence du corbeau, alors qu'une nouvelle ombre passa sur ma figure, j'étais crispé et tendu. Bon sang... la saleté de gamine ! Pour qui cette créature à la chevelure de flammes se prenait-elle ? Désirait-elle tant me provoquer pour ramasser ses os avec sa bouche ? Bien... au moindre geste d'irrespect, au moindre regard haineux, cette petite allait se prendre un coup que jamais elle n'oublierait. Je commençais à sentir la colère m'envahir, et avoir laissé le monstre trop longtemps enfermer avait été une frustration bien trop grande. L'Onyx frotta son bec contre ma joue, allant jusqu'à mordre ma chair blanche et y laisser une marque rougeoyante. L'animal sentait la colère qui montait tout doucement en moi, et qui commençait à me faire perdre mes esprits. Je chancelai, comme saisis de fièvre, alors que je fixai l'insupportable gamine en face de moi. Un jouet qu'Uriel d'Arken devait trouver bien amusant, eh bien ? Ce n'était qu'une petite pourriture qui n'avait pour elle que sa chevelure de feu pour seul atout.

Oh... je connaissais les femmes et hommes du bas peuple, et je savais que l'on pouvait trouver des merveilles chez eux, des êtres qui ne demandaient qu'à survivre et dont profiter de leur innocence était un véritable délice. Mais celle-ci... c'était le tas de fumier qui cachait les merveilles, ce qui sortait de sa bouche n'était qu'une bouse qui étouffait mon air. Mordant ma langue, un pied sur une marche, je la fixai avec froideur, quoique mes yeux brillaient d'une lueur bestiale. La sale gamine réveillait le monstre, elle bousculait le loup et l'appelait à se réveiller, ne tenait-elle donc pas à la vie ? Reniflant, roulant des épaules et faisant fuir mon corbeau qui se posa à mes pieds, je crachai à nouveau vers elle. Pour qui elle se prenait ? Ce n'était qu'un Objet, une chose, un jouet qui n'avait même pas le statut d'être humain. Par l'Ombre, elle était aussi énervante qu'un poulailler ! Revenant vers elle, la colère assourdissait le reste de pensées censées que j'avais dans le crâne, je croisai les bras pour mieux lui montrer notre différence. Je haïssais les Objets, comme le reste du monde, ils me rappelaient trop ce que j'avais autrefois été. Je n'étais pas non plus un homme, comme eux, je n'étais pas non plus une chose, j'étais un être qui vivait avec ses pulsions, en harmonie malgré sa violence. Et elle... elle était en train de faire basculer ce calme apparent, une veine commença à taper au niveau de mon cou. Et je lançai avec arrogance :

— Tu n'es qu'un jouet, rien de plus.

Un jouet du Haut-Prêtre, avais-je le droit de la briser ? Elle me tapait réellement sur les nerfs ! Mordant ma langue, mon orgueil fut trop piqué à vif pour que je prenne conscience des conséquences et de mes actes. Je marchai à sa direction, lentement, pour me planter devant elle et la dominer de toute ma hauteur. Le vent caressa mes cheveux blancs, alors que le corbeau se reposa sur mon épaule, mes prothèses en argents tapotèrent contre mon bras, griffant parfois le tissu. J'essayais de me calmer, pendant que je lui lançai un regard plein de défis. Quelle sotte ! Elle n'avait que son joli minois pour elle ! Et encore, elle ne paraissait pas encore être une femme et savoir s'entretenir... ce qui voulait dire qu'Uriel d'Arken, son maître, ne lui était pas encore passé dessus ? Ça ne serait que trop tarder, donc... sombre crétine qui n'avait pas conscience que j'étais celui qui avait coupé la langue de son ami ! Pauvre crétine qui ne comprenait pas qu'elle risquait de finir en cendre d'un simple revers de ma main, et elle se croyait au-dessus de moi ? En plus de ça ?

— Crois-tu que tu serais capable de me rompre un genou ? Tu n'es qu'une chose, un jouet et ton rôle est celui d'obéir au Haut-Prêtre !

Rageant entre mes dents, je la saisis soudain par son vêtement pour fixer ses yeux, l'obligeant à se mettre sur la pointe des pieds. Je soufflai contre son visage et murmurai d'une voix ténébreuse :

— Je vais t'informer d'une chose : l'Ex-Régent comme toute l'Église ont conscience que si je voulais, je pourrais détruire la Capitale en un tas de cadavres. Tu n'es qu'une fillette en pleine crise d'adolescence, je n'ai pas de leçon de morale à recevoir d'un jouet !

La menace était claire et pourtant, je crus bon d'en rajouter. Grondant, je la repoussai brutalement pour qu'elle tombe contre le sol, passant ma langue sur mes lèvres, un petit rire sec, sans la moindre trace d'émotion s'échappa de ma gorge. Ce n'était pas un rire expressif, ni véritablement humain, on ne saurait le décrire, c'était juste une chose effroyable.

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MessageSujet: Re: Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)   Ven 8 Avr - 12:26

Si seulement il pouvait passer son chemin ! Cet espèce de demi-raté, ce déséquilibré mental, qu'il rentre chez lui et qu'il m'foute la paix ! J'suis bien consciente d'avoir tendu le bâton pour m'faire battre, mais quand bien même, j'ai un certain code de l'honneur, et j'lâcherai pas l'affaire, tant que j'l'aurais pas mis plus bas qu'terre ! Lui et son oiseau d'malheur, quel beau duo de clowns ! Chacune des paroles que j'prononce est imbibée de mépris.

- Jouet, jouet, jouet ! C'est tout c'que vous savez dire ? Votre vocabulaire est aussi limité qu'celui du poulet qui vous sert d'ami ! Et j'pourrais vous briser bien plus qu'un genoux, soyez en sûr !

J'suis profondément outrée, d'être appelée le "jouet du Haut prêtre", surtout d'la bouche de cet homme. Ma vie s'résumerait donc à servir l'ex-régent jusqu'au jour de ma mort ? Ca, jamais. Et puis, nous avons passé un marché : il me libérerait, affranchit d'ma condition d'Objet. D'ailleurs, le moment n'devrait plus tarder à venir.

L'albinos se rapproche, et m'surplombe de toute sa hauteur. J'bronche même pas lorsqu'il agrippe mon vêtement et qu'mes pieds peinent à toucher le sol. Mais mon cœur lui, marque un bref arrêt, l'temps que l'adrénaline traverse mon corps. J'ai été surprise, j'dois le reconnaître. Alors j'me contente de froncer les sourcils, tandis que son souffle vient effleurer ma peau lorsqu'il déblatère son venin. J'commence à en avoir ras-l'bol, d'être constamment traitée de gamine. Que savent-ils de moi, au juste ? Les lèvres pincées, mes yeux n'lâchent plus Paole. Serais-je punis si j'venais, dans un avenir proche, à lui crever ses yeux de chien fou ? Et si il venait à s'plaindre à Uriel ? Il fait l'gros dur, mais il peut tout aussi bien être l'genre de personne à aller couiner dans les jupes du Haut-prêtre. J'm'attends à tout.

Une brise fraîche vient accompagner l'mouvement de l'albinos, lorsqu'il me pousse dédaigneusement au sol. Mes fesses accusent le coup, tandis qu'je grimace en laissant échapper une plainte minime. Et puis, contre toute attente, un rire sinistre m'fait lever la tête vers mon ennemi. Quel détestable personnage ! Sur l'moment, je n'ai qu'une seule envie : rentrer. A vrai dire, un bourdonnement insupportable est en train d'naître au niveau de mes oreilles, et ma tête me fait un mal de chien. La journée a été longue et pénible, et voilà que j'ai pas trouvé d'meilleure idée que celle d'aboyer après un des sbires de l'ex-régent. Celui-là même, faisant toujours autant preuve d'une grande modestie : bah voyons, détruire la capitale, et puis quoi encore ? Quelqu'un lui à d'jà dit que la prétention, ça s'soigne ? Ouais, j'suis même une experte dans c'genre de soin, moi.

- J'suis humaine, p't'être même bien plus que vous ! Et la fillette en question n'a aucune leçon à recevoir d'un vieux débris dans vot' genre ! Rentrez donc chez vous pour donner des graines à votre serpillière à plumes !

Sur ces magnifiques paroles, pleines de tact, j'me redresse, et m'dépoussière. J'sais pas c'qui me retient de lui coller une grande claque en pleine figure, à ce pauvre con ! Certainement la fatigue. D'un bref regard vers l'albinos, j'lâche un "Tsss" tandis que je lui tourne le dos, sur le point de m'en aller. J'aime avoir l'dernier mot, alors autant en rester là.



Hj/ désolée, une fois d'plus, c'est très court ^^" J'espère que tu m'en veux pas <3
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MessageSujet: Re: Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)   Ven 8 Avr - 16:57

Et la petite créature aux cheveux de flamme me tourna le dos, elle osa me montrer sa nuque et ses omoplates, cette chienne ! Si elle avait elle aussi ressenti un mouvement d'adrénaline dans tout son petit corps, moi, j'étais en train de lutter pour garder le loup en cage. Cependant, les jours étaient passés et ça faisait au moins deux mois que je n'avais pas tué quelqu'un, et ça me manquait. Drogué par le sang et la violence, je devenais plus irritable que d'habitude, mon sang-froid commençait à rapidement déserté de mon être. Et la gamine ne faisait rien pour calmer mes pulsions, au contraire, elle ne faisait que les provoquer, les nargueur comme si la Mort était un bouffon du roi qu'on pouvait bien ignoré, dans ses élans d'excentrisme. Fermant le poing, observant ses cheveux de feu jouer avec le vent, je finis par planter mes crocs dans ma main, histoire de calmer le flot de violence qui me submergeait. Quelque chose dans mon ventre me faisait mal, ça n'avait rien de sexuel — cette fois-ci —, rassurez-vous, c'était juste que je supportais mal les mouvements d'humeur de la bête qui était en moi. Et cette gamine venait de la réveiller, et encore capricieuse comme un enfant, sans prendre en compte les conséquences, sans avoir la moindre considération pour les autres, et elle réclamait le sang de cette jeune fille. Poussant un grondement sourd entre mes dents, secoué d'un vif frisson, je commençai à respirer péniblement, alors que l'Onyx me mordit la joue pour tenter de me calmer.

Prendre un autre chemin, détourner mes yeux de ce dos que je désirais tant briser, aurait une décision plus que sage, mais la colère et la frustration ne l'entendaient pas de cette oreille. Au contraire, chaque parole prononcée par cette jeune femme revenait à m'arracher un morceau de ce qui restait de mon humanité, la provocation était une arme dangereuse pour celui ou celle qui en usait. Et surtout lorsqu'on avait en face de soit un meurtrier tel que moi, qu'elle se garde de son avis, qu'elle cesse de croire qu'elle avait parlé à un des caniches d'Uriel d'Arken, je n'étais pas Lawrence Ashford, moi, j'étais un monstre dont la laisse pouvait se briser à tout moment. Pourtant, comme je décidai à partir, je me retournai, sentant sur moi les regards de quelques personnes, oh... ils pouvaient penser ce qu'ils voulaient de ma personne, mais je ne voyais plus des êtres humains, mais bien des choses que ma force physique pouvait tuer. Finalement, craquant, je fis demie-tour et fonçai sur cette sale gamine. Violemment, craquant, je lui donnai un brutal coup de pied dans les reins, je ne pouvais plus lutter..., la colère faisait ce qu'elle voulait de moi, et je lui aboyai :


— Cesse de croire que ta force peut t'aider, Objet, et cesse de te croire capable de me battre. Des gamines comme toi, j'en ai connu des plus coriaces, et pourtant !

Une nouvelle ombre passa sur mon visage, pendant qu'une main nerveuse alla dans ma chevelure, abattre quelques épis que le vent avait semés. L'Onyx, anxieux, soudain angoissé, frotta ses ailes contre mon cou, continuant de me mordre comme pour me prévenir de l'erreur que j'étais en train de commettre. Cependant, personne ne restait indemne après m'avoir croisé, surtout lorsqu'une bouche aussi odieuse avait proféré de telles paroles insultantes. Voulait-elle que je lui coupe la langue ? Si c'était le cas, ce serait avec grand plaisir ! La saisissant par les cheveux, je la forçai à me regarder, plantant mon regard rouge comme le sang dans le sien, je passai ma langue sur mes lèvres, le monstre mourrait de faim, il mourrait de soif et de sang. Je murmurai d'une voix presque caressante :

— Et pourtant... les mots sont bien trop pauvres pour décrire ce que je leur aie fait, veux-tu subir le même sort ? Et pour ce qui est de mon vocabulaire, c'est simple : devant un adversaire aussi limité que toi, je prends le même comportement, c'est toujours amusant de voir à quel point une chienne telle que toi peut-être idiote !

Tirant à nouveau sur sa chevelure, la repoussait à nouveau et m'écartai pour l'imiter et rentrer dans la Cathédrale ; le problème avec cette petite, c'était que possédions tous les deux le même caractère obstiné et fier : et moi aussi, je désirais toujours avoir le dernier moment, quoiqu'il put arriver. Même si c'était un comportement puéril, mon orgueil refusait le moindre égarement. Cette fillette devait la fermer, sinon j'allais fourrer mes doigts en argent dans sa gorge pour aller chercher sa langue et le lui arracher dans un éclat de sang. Mais le problème avec le sang... c'est que ça tâchait, aussi. Hum... allons voir comment la petite créature du Haut-Prêtre allait réagir.


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MessageSujet: Re: Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)   Ven 8 Avr - 19:44

J'ai cru, l'espace de quelques secondes, qu'un clebs était sur l'point d'aboyer. C'n'est qu'après, que j'ai fait l'rapprochement entre l'albinos et le grognement sourd qui est arrivé à mes oreilles un peu plus tôt. J'allais m'retourner pour confirmer de mes propres yeux, quand, d'un seul coup, un puissant choc au niveau des reins, m'a fait plier en deux. Douleur, quand tu nous surprends, si tu pouvais être un poil moins rude, ça m'arrangerai ! Alors que j'ai l'souffle coupé, une poigne de fer agrippe mes cheveux comme si il s'agissait d'un vulgaire morceau d'pelouse. Le visage de Paole s'impose à moi, ses yeux dont les veines sont sur l'point d'exploser plongent dans les miens. J'tousse, encore trop surprise par le coup reçu, et j'grimace, essayant en vain d'me tirer de cette main qui accroche ma tignasse.

- V-Vous m'faites mal, grosse brute !

Enfin, après avoir débité de nouvelles insultes à mon égard, il fini par m'lâcher. C'est pas trop tôt, j'dois dire ! De nouveau sur les fesses, j'passe une main dans mes cheveux malmenés. Pendant que j'me remets de mes émotions, l'albinos fait mine d'entrer dans la cathédrale. Ce type, est une véritable enflure. J'suis peut être pas une lumière, mais je n'suis pas non plus une parfaite idiote. "Chienne", "jouet", "idiote", et la prochaine fois qu'il ouvrira sa grande gueule, ça s'ra quoi ?

Je l'regarde s'éloigner lentement, pas à pas, comme un loup gris, solitaire et hostile, mais aussi très lâche. Ridicule ! S'attaquer à une jeune fille d'ma carrure, par surprise, et m'assener aussi nonchalamment un traître coup d'pied ! Ce mec serait-il le roi des cons ? Pour l'coup, son p'tit numéro, je l'ai en travers d'la gorge, et entre les reins. Moi qui était en train d'ranger les armes (après, je l'avoue, quelques propos bien piquants), voilà que j'me fais avoir comme une bleue ! Ca m'donne des envies de meurtre, tout ça.

Le silence est tel que seul l'écho des pas de l'albinos sur la pierre froide résonnent. Une sensation dérangeante, l'insatisfaction, est en train d'faire son bonhomme de chemin à la surface de mon esprit. Le mec qui marche, là, j'vais lui faire manger le béton. Mais genre, maintenant. Et si il s'excuse pas, j'lui casse autant d'doigts qu'ya d'jours dans la semaine. J'me relève, tout en sentant bien que mes yeux toisent pas le dos d'mon adversaire avec beaucoup de compassion. J'me moque bien d'savoir par quels moyens t'as réglé l'compte à d'autres, mais mon nom, n'imagine même pas avoir la joie d'l'ajouter à ta liste, enfoiré de dépigmenté !

J'prends une profonde inspiration, et j'me lance, très rapidement, dans l'dos de mon adversaire. L'temps semble se suspendre, tandis qu'avec violence, j'lui assène un brutal coup de talon dans le genoux gauche. Le résultat espéré s'produit, et Paole perd équilibre brutalement. J'suis tellement fougueuse, tellement pleine d'adrénaline, qu'avant qu'il ne s'écrase totalement au sol, j'attrape sa gorge et l'tire en arrière, prenant bien soin d'planter mes ongles dans son cou blanc. Enfin, lorsque son visage s'retrouve en face du mien, j'lui envoie ma plus belle droite dans sa gueule de blaireau, c'qui achève de le mettre à terre. Ô bonheur, Ô joie, depuis combien d'temps n'avais-je pas pris cours à une bagarre digne de c'nom ? Depuis combien d'temps je n'm'étais pas défoulé avec autant de plaisir ? Un brin de folie anime mes yeux, tandis qu'ils se posent sur l'Inquisiteur. A mon tour, je lui crache dessus, et le toise de haut.


- Oeil pour oeil, dent pour dent. Tes viles méthodes méritent de te retomber d'ssus, larvette !

J'pense que le vouvoiement n'a plus sa place dans la confrontation. A ce stade, j'me demande quand même quelle tournure tout c'bordel va prendre.
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MessageSujet: Re: Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)   Ven 8 Avr - 20:24

— Saleté !

Ce fut à peu près les seuls mots que j'étais arrivé à prononcer, soudainement, j'avais perdu l'équilibre et me sentais tombé en avant. La cause de ceci ? La cause de cette chose ridicule ? La peste aux cheveux roux. Maudissant, crachant entre mes dents un flot d'insultes, je n'eus pas le temps de réagir que je sentis ses ongles se planter dans ma peau, elle allait regretter de m'avoir touché ! Grognant, n'n’émettant pas le moindre gémissement de douleur, je la fixai avec toujours autant de défis, considérant surtout toutes les maladies qu'elle devait posséder sous ses ongles. Quelle horreur ! Cette chose venait de me toucher, elle venait de souiller ma chair ! Elle allait le payer ! J'allais lui arracher les yeux et les lui enfoncer dans sa petite gorge d'oisillon, elle allait payer cet affront, celle salope ! Personne... personne jusqu'ici n’avait réussi à avoir le dessus sur moi. Certes... il y avait eu cet épisode outrageant avec ce chien de Mist, lorsqu'il s'était amusé à graver dans ma chair son « je ne suis qu'un sal porc sadique », une marque que j'avais moi-même brûlé avec une bougie. Ce souvenir-là était trop humiliant pour que mon orgueil accepte son existence, et je l'eusse effacé comme je l'avais pu, par les flammes, j'avais purifié ma peau. La cicatrice était toujours là, cette brûlure, mais loin de me soucier de mon apparence, je m'en foutais, l'inscription de Déchet Numéros Un avait disparut, c'était ça le principal.

Mordant ma langue, alors que mon corbeau s'était brutalement envolé, dérangé par les gestes de Sacha, je reçus son crachat sur ma figure, et mon regard devint plus sombre, une veine battait sur ma tempe et mon cou. Vraiment... elle allait payer ça de sa vie ! Certes sonné, mais excité par la tournure des évènements, je compris que ce n'était plus la peine de me contenir, la gamine provoquait le monstre et le garder en prison ne serait que douleur et douleur et douleur... à l'intérieur de mon être, le loup hurlait de sortir, le soleil s'était couché et la lune l'appelait, ses rayons le caressaient sensuellement, c'était trop ! Trop longtemps je l'avais maintenu enfermé dans mon être, au point où c'était me laisser battre par cette gamine, ou le laisser exploser dans ma tête pour le libérer. Ses crocs se plantaient dans mon âme, ses griffes lacéraient ma raison, tandis que son museau reniflait avec mépris les derniers débris de mon humanité. Sa droite ne me rendit pas les idées plus claires, bien sûr que non ! Au contraire, ma lèvre se mit à saigner, et trois gouttes de sang tombèrent sur le pavé, mon sang... était en train de couler ! Fermant les yeux, pris de fièvre, ma respiration était haletante, et à chaque fois que ma poitrine se soulevait, c'était d'une manière pénible, comme si j'étais en train d'étouffer.

Cette gamine était parvenue à me faire poser un genou à terre, eh bien, j'allais lui faire mordre la poussière ! Passant ma langue sur ma lèvre, volant mon sang, son goût me donna un violent frisson, c'était fini, le Baron Émile Paole, l'Inquisiteur, venait de se faire dévorer par ses pulsions. L'Onyx vola au-dessus de nous, poussant des croassements rauques et effrayé, comme s'il essayait de prévenir que le loup était lâché, et que son appétit et sa soif étaient bien trop grands pour être comblé par des choses aussi primaires que le sexe. Il avait faim... de sang et de violence !


— Je suis de ceux qui veulent voir le monde brûler, je suis de ceux qui ne rêvent que de destruction. Imbécile ! Te rends-tu compte de ce que tu as fait ?

Ma voix s'était élevée dans un premier temps comme un murmure, mais les derniers mots avaient été hurlé à plein poumon, mon esprit divaguait, abandonnait mon corps. C'était un avertissement, dans cet état où la folie devenait maîtresse de mes actes et de ma pensée, je ne pourrais pas m'arrêter. Entrant dans une transe abominable, j'émis un grognement rauque, sourd et effrayant. Je n'étais plus un homme, j'étais un monstre, le grand méchant loup qui avait en face de lui sa nouvelle victime. Qu'importe désormais, j'avais envie de sang et de violence. Saisissant son bras, le serrant de toutes mes forces, et seule l'Ombre savait à quel point j'en avais, je me relevai et sans attendre une quelconque réaction de Sacha, je lui enfonçai mon pied dans le ventre. Un Objet n'avait pas le droit de frapper un Baron, un Objet devait se taire et obéir. Essuyant son crachat sur ma joue avec ma manche, je la saisis à la force, oubliant qu'elle était dotée d'une force aussi redoutable que la mienne et avec l'une des prothèses en argent qui ornaient mes doigts, je laissai une coupure sur son joli petit cou. Oh oui... un si joli petit cou que j'avais tant envie de couper ! Poussant un grondement sourd, enragé, je lui rendis sa droite, et lui saisissant à nouveau les cheveux, je la plaquai contre le sol. Ah oui... c'était une jeune fille, n'est-ce pas ? Mais voyez-vous, j'avais toujours traité l'être humain égal à ses semblables ; elle aurait pût être une femme enceinte, un vieillard ou un enfant, je l'aurais traité de la même façon. Au moins, je ne faisais pas les différences, moi.

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MessageSujet: Re: Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)   Sam 9 Avr - 20:39

Je m'sentais très fière de moi, quelques minutes avant, lorsque le molosse rampait à mes pieds. J'exagère p't'être un peu, mais c'est un cas d'figure qui me déplairait pas, à vrai dire. Mais j'me suis réjouis trop vite, apparemment. J'dis ça parce que, voyant sa mine qui se déconfit à chaque seconde qui s'écoule, j'ai l'intime sensation que l'pire est à venir. Le corbeau s'met à hurler et tourbillonner au dessus d'nous, et par pur réflexe, je lève la tête. Quelle grossière erreur ! La voix sourde de l'albinos résonne entre l'Église et l'air extérieur, venant jusqu'à faire vibrer mes tympans. Pourquoi ce type parle-t-il avec autant de haine ? J'ai connu cette période, moi aussi, et il faut dire que certains d'mes maîtres de l'époque n'étaient pas là pour m'amener vers quelques pensées plus saines. Mais aujourd'hui, c'est différent. Depuis qu'j'ai rencontré Ingell, mes valeurs ont changées. Mais pas ma haine profonde pour les abrutis violents (comment ça j'en suis une ?). Or, en moins d'temps qu'il n'en faut pour le dire, une poigne féroce attrape mon bras, n'laissant que la surprise être maîtresse de mon corps. Un deuxième coup, plus violent, m'donne l'impression qu'un buffle vient de déchaîner sa colère au niveau d'mon ventre. Le choc est rude, à vrai dire, j'ai bien cru vomir. Je m'effondre, incapable de respirer, mais avant même de toucher l'sol, le géant m'attrape, alors qu'une douleur aiguë, cette fois-ci, m'alerte que quelque chose est en train d'se produire au niveau de mon cou. J'comprends très vite que je saigne, et l'angoisse s'invite à la petite fête. Laisser mon sang couler d'avantage, c'est m'enterrer prochainement. Une seconde s'écoule, et j'me retrouve violemment projeté sur la pierre froide, une main de fer maintenant fermement mes cheveux. Je gémis.

Qu'ai-je fais ? Est-ce que je vais mourir, genre, maintenant ? Le goût du sang dans ma bouche, n'a rien de vraiment agréable. Pas plus que d'sentir l'albinos au dessus d'moi, prêt à me fendre le crâne. J'dois réagir ! Alors que ma liberté est si proche, j'peux pas claquer d'la main d'un bouseux d'Inquisiteur ! Avec toute la volonté du monde, j'me mets à tourner la tête vers ce chien, malgré l'fait qu'il agrippe fermement ma tignasse. D'ailleurs, j'ai l'impression d'être sur le point d'me faire scalper, et j'ai tellement mal que je sers les dents à m'les briser. Au moins, ma langue restera intacte. J'glisse habilement ma main entre mon corps et son bras, et j'plante rageusement mes ongles dans sa peau tendre. J'halète de nouveau, poussant un grognement sourd, je parviens avec beaucoup d'mal, à mordre son poignet. Son sang vient abreuver ma gorge, tandis qu'il m'assène des coups, tentant d'me faire lâcher prise. Ah ah, il a la rage, hein ? Enfin, forcément, une fois que j'suis certaine de l'avoir bien fait souffrir, j'abandonne et lui refait grâce de son poignet : je suis pas masochiste. Et j'ai la gueule pas mal amochée, d'après c'que je peux sentir. Seulement, quand je croise de nouveau son regard de maniaque, j'me dis qu'il y a très peu de probabilité pour que nous en restions là. Moi-même, j'envisage mal le fait de repartir sur un bon pied. Cet espèce de gros taré, j'vais le buter pour mon bien psychologique. Alors seulement, tout en m'levant prestement, j'décide de rentrer dans l'enceinte de la cathédrale : si ce mec respecte l'Ombre et tout l'baratin, alors les chances seront d'mon côté. Parce que moi, j'm'en tape royalement de tout foutre en l'air. Il y a peine quelques mois, j'croyais encore qu'il s'agissait d'une espèce de blague, un truc pour faire peur aux citoyens, jusqu'à c'que le Haut prêtre me prouve le contraire.

J'atteins la première rangée d'chaises, et me risque à jeter un coup d'œil derrière moi. L'ombre du géant se rapproche. Attrapant le dossier d'un siège, j'attends nerveusement. Les pas du prédateur font écho, lentement, la boule au ventre j'écoute, aux aguets... Maintenant ! L'air se froisse, et j'me retourne brutalement, abattant le meuble sur mon adversaire. Il esquive, et j'me reçoit une nouvelle droite sur mon visage déjà poisseux de sang. Sans m'décourager, je lui envoie de nouveau la chaise, dans l'autre sens cette fois-ci. Il la pare encore une fois, sans grande surprise. Mais c'qu'il avait pas prévu, c'est que sur ce coup-ci, ça n'était qu'un leurre. Il a baissé sa garde, j'en profite alors pour m'baisser et lui envoyer violemment mon coude au niveau du bassin. Alors qu'il ploie légèrement en deux, j'tente de l'achever, et c'est ma tête, brutalement envoyée, qu'il se reçoit sur le front. Quant à moi, je perd équilibre, sonnée, et tombe sur les fesses, en espérant qu'il soit mort.


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MessageSujet: Re: Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)   Dim 10 Avr - 10:41

Pénétrant dans l'Église d'un pas calme et mesuré, je mesurai l'ampleur de la force de cette garce ; mon orgueil était vraisemblablement ce qui un jour, me mènerait à ma perte. À nouveau, j'avais sous-estimé quelqu'un, et ce simplement parce que ce n'était qu'une gamine insolente. Néanmoins, Sacha devait elle aussi garder méfiance : elle était certes un Objet avec de grandes capacités, mais je restais un homme d'un mètre-quatre-vingt-dix, capable de briser une porte d'un simple coup de poing. Léchant mes lèvres, percevant les échos de nos pas dans l'immense bâtisse — vide à cette heure-ci —, je vis dans l'obscurité une forme qui ne m'était guère inconnue, et sans l'ombre d'une hésitation, je me mis à accourir sur Sacha qui brusquement, manqua de me toucher avec une chaise. Fronçant les sourcils, je lui envoyai un autre coup de poing dans la mâchoire, esquivant à nouveau... avant de me prendre un coup de coude dans le bassin. La saleté ! Elle osait user de certaines de mes habitudes en combat, elle le payerait... cependant, je sentis son crâne contre le mien, la violence du choc me fit voir des étoiles et je chancelai. Je serais sûrement tombé si mon dos n'avait pas heurté le mur derrière moi, grognant, la vision floue, mon sang comprimait ma gorge et j'avais du mal à respirer. Alors qu'elle était tombée sur le sol, je repris lentement mes esprits, pendant que mon corbeau alla se poser sur l'une des chaises.

L'Onyx, mon compagnon, mon seul ami de toujours fixait la salle gamine de son unique oeil noir, penchant parfois son énorme tête, il ouvrit son bec, et le referma aussitôt. Observant deux êtres humains se débattre, il était le seul capable de me ramener à la réalité, lorsque je rentrais en transe. Cependant, il venait de cesser d'intervenir, alors que je m'apprêtais à souiller ce lieu saint. Si Sacha avait pensé qu'en me poussant à rentrer ici, j'allais me maîtriser et hésiter à me battre, elle fit une grossière erreur : le seul maître, c'était moi ; je n'étais loyal qu'à mes pulsions et désirs, je n'étais fidèle qu'à ma foi en l'Ombre. L'Église... je ne lui obéissais que par devoir, et tous savaient que par simple caprice, je pouvais les trahir à tout moment. Alors je n'allais pas hésiter à faire couler le sang dans le sanctuaire de l'Ombre, au contraire. Mon pouce vint caresser le coin de mes lèvres, plein de sang, avant que je ne porte cette peau tâchée de ce liquide rouge à ma langue. C'était mon sang... c'était le goût de mon sang !

Cette salope allait crever ! Elle devait crever ! Avec Mist, elle était l'une des rares personnes à avoir eu le dessus sur moi, mais elle allait payer cette erreur. Ce n'était qu'une gamine que je pouvais violer à tout moment, si j'en avais envie. J'étais Baron, j'étais un homme ; c'était une femme, c'était une chose, et une chose ne devant pas se rebeller contre un homme. Un nouveau rire, sec, froid, sans sourire s'échappa de ma gorge compressée, écrasée, sans joie et terrible, il résonna à travers la cathédrale et finit bien trop tôt pour qu'on puisse penser à me faire taire ; c'était absurde, j'étais le seul à être invincible, la vie de cette gamine allait s'arrêter ici. Alors brusquement, je fonçai sur elle en grondant, je lui envoyai mon pied dans la poitrine et lorsqu'elle se retrouva au sol, j'écrasai ma chaussure brutalement sur sa joue et la fixait de toute ma hauteur, je murmurai d'une voix toujours aussi calme :


— Sais-tu combien de fois j'ai montré aux merdes comme toi où était leur place ?

Encore, je crachai sur sa face rougie d'adrénaline ; le monstre était réveillé, la douleur avait secoué tout son être et je ne pouvais plus le contenir. Il avait pris possession de ma pensée, la folie dans les yeux, la démence m'étreignant amoureusement, quelles chaleureuses retrouvailles après tout ce temps ! Impassible, malgré le changement intérieur que je venais de subir, ma respiration saccadée en était pourtant la témointe de cette folie. Mon appétit était immense, au point que mes troupes s'en retournaient, la fièvre me faisait tourner la tête, j'avais besoin de sang et de violence ! Le problème était que dans cet état, je ne pourrais pas m'arrêter, l'envie et le besoin de destruction seraient bien trop forts. Lui donnant un coup de talon dans le crâne, je la soulevai par les cheveux et lui envoyai une gifle monumentale, et soudain, je la plaquai contre le mur, sa joue cette fois-ci fut écrasée par le mur. Je l'immobilisai et me tenant contre elle, je me baissai pour murmurer contre son oreille :

—Veux-tu que je raconte à ce que j'ai à un Hérétique sourd-muet, aussi minable que toi ? Eh bien comme sa langue ne lui servait à rien, je l'ai coupé et donné à manger aux chiennes de ton espèce.

Presque caressante, ma voix vibrait presque de plaisir contre sa peau, évoquer Mist et ce que je lui avais fait subir était toujours quelque chose de particulier. Mordant son cou, ma main droite — celle pourvue des deux prothèses en argent — glissa sur son ventre, avant de remonter sur sa poitrine. L'utilité de ce qui remplaçait mes doigts coupés, c'était que c'était aussi tranchant que des lames. Sans attendre une quelconque réaction, j'enfonçai mon index dans son sein pour l'écorcher violemment, je la griffai et déchirai en partie son vêtement. Le geste était pervers, obscène et n'ayez crainte, jamais l'idée de profiter d'une adolescente ne m’était venue à l'esprit, je cherchais simplement à lui faire. Son sang chaud tomba contre ma peau froide, et lui prenant plus franchement son sein, je grondai près de son oreille :

— Tes formes ne te serviront jamais un jour, autant te les amputer tout de suite, non ?

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MessageSujet: Re: Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)   Dim 10 Avr - 14:49

J'ai peur. Tellement peur, qu'mes gestes sont saccadés, mal assurés. Rares sont ceux dont la force équivaut à la mienne. En temps normal, j'les écrase tous comme de vulgaires fourmis. La seule bride permettant d'me retenir, c'est ma conscience morale, et ces putains d'mots d'obéissance. Ce "Meurs deux fois", si pathétique, et qui n'possède aucun lien direct avec mon existence.
Je fais face à un géant, à une bête démesurée. Son pied part violemment, et fini d'me mettre à terre. J'tousse, et pousse un gémissement à peine audible. J'ai bien tenté d'me redresser, mais je change vite d'avis, lorsque son talon s'abat sur ma joue déjà douloureuse. "Il n'y a pas lieu d'plaisanter", c'est ce que dit son regard. J'suis prise dans un terrible engrenage, et mon corps perd, au fil des secondes, toujours plus de vivacité, si bien qu'actuellement, il m'parait urgent de favoriser la fuite. Continuer l'combat serait du pur suicide, à ce stade. J'ai si mal, que tenter d'envoyer d'nouveau ma main dans sa mâchoire m'semble bien fastidieux. Je n'suis même pas en position d'essayer, ou ne serait-ce que d'y songer. Alors, j'me contente de fermer les yeux, tandis qu'un nouveau crachat atteint mon visage. J'ai failli n'pas le sentir, chacune des portions de ma peau étant déjà prise dans une terrible vague endolorie.

Les secondes semblent durer des heures, un nouveau coup frappe mon crâne, cette fois-ci, et mes cheveux, ayant déjà bien assez soufferts de cet affrontement, reviennent noircir le tableau d'la douleur. Une nouvelle gifle me fait grogner. Voyez donc, comme un être peut si facilement se transformer en "jouet"; une poupée qu'il est si aisé de ruer d'coups, voilà ce que je suis, aux yeux de cet abominable monstre. Le mur froid de la cathédrale au creux mon dos, je suis incapable de bouger. Serait-ce mes dernières heures ? Alors que ma joue est durement écrasée contre la pierre, j'sens les larmes venant prendre racine aux coins de mes yeux. Qu'entend-t-il par "Hérétique sourd-muet" ? Ferait-il allusion à Mist ? Ca n'présage rien de bon pour moi. Je vais vraiment finir par mourir ici, et dans l'meilleur des cas, je me retrouverai dépourvue d'un membre. J'retiens mon souffle, sentant le corps du loup contre l'mien. Une seconde passe, et lorsqu'une douleur d'un autre monde agresse à la fois le bas d'mon cou, et ma poitrine, j'laisse échapper un râle de souffrance. Un mal insupportable, une douleur si féroce, m'fait presque perdre connaissance tandis que l'albinos articule des mots dont l'sens m'échappe. J'ai si mal, que j'suis au bord de la surdité. J'halète, toute en sueur, ma respiration se saccade. J'ai si chaud, si pleine de nausées. J'n'ai même pas la volonté d'ouvrir les yeux, ou de répondre quoi qu'ce soit à mon bourreau. La seule chose que j'me contente de faire, et ce, plus par réflexe qu'autre chose, c'est d'poser mes mains sur ces bras qui me maintiennent fermement, et qui m'font tant souffrir.

Qu'il en finisse ! Mais rapidement. Mon sang est si inhabituellement chaud, qu'on pourrait l'comparer à une rivière de lave en fusion. Mais c'qui m'interpelle plus qu'autre chose, c'est cette odeur d'chair brûlée. Quelqu'un, ou quelque chose, serait-il en train d'entrer en combustion ? La peur du feu, ranime en moi l'peu d'énergie encore présente. J'ouvre un oeil, et constate avec effroi que la source de la dite odeur, n'est autre que la peau d'mon assaillant, en contact avec mes mains. Et maintenant qu'mon esprit retrouve un minimum de lucidité, j'suis à même de sentir sous mes doigts, une indescriptible chaleur ; ma peau est entrée en combustion, et la première victime de c'phénomène n'est autre que Paole. Celui-ci recule d'ailleurs vivement, grognant, et parvient à s'extraire de ma poigne. Je... Je brûle ? J'regarde mes mains, avec toujours autant d'stupeur. Un lumineux flamboiement enveloppe mes dix doigts, dansant sur ma peau. C'est chaud, et indolore. J'lance un regard de détresse à l'Inquisiteur. Est-ce lui, le responsable ? Quel genre de maléfice m'a-t-il lancé ? Je fais un pas bancal dans sa direction, les mains tendues vers lui.


- M-M-Mon corps... Qu'est-ce qui m'arrive ?

J'trébuche, me rattrapant au dossier d'une chaise. Totalement étrangère à cette nouvelle facette de moi, mon corps m'semble bien loin, comme si il m'était étranger. Le bois craque, et j'comprends bien tard ce que j'viens de provoquer ; un incendie. Les sièges, les uns après les autres, entrent en combustion, tandis que la vague flamme flottant derrière moi, qui me semblait faire partie de l'incendie, est en réalité ma chevelure, maintenant aussi ardente qu'le feu dans la cathédrale.

Tremblante, je rigole cependant, tout en posant mon regard sur l'Inquisiteur, m'abandonnant à la folie. M'avançant vers lui, j'm'arrête à quelques pas.


- Ah ah ah ah, alors, tu n'rêvais pas de voir le monde brûler ? Et si je commençais par toi ?

A peine ma phrase terminée, je bondis sur lui, nouant mes doigts autour de son cou blanc. Aussitôt, les flammes s'empressent de dévorer sa peau, venant courir le long d'son cou pour aller se repaître de ses habits, et ainsi gagner en terrain. S'en suit alors un effort monumental de ma part, afin de parcourir l'Inquisiteur de mes mains, pour toujours le brûler plus profond, plus sauvagement, et d'cette facon m'apporter l'immense satisfaction de sentir noircir sa chair sous mes doigts frêles.
L'agneau mangea le loup, fin d'l'histoire.
C'est la dernière pensée que j'parviens à avoir, alors que mon énergie se vide aussi vite que les flammes qui rongent la cathédrale et l'Inquisiteur. N'en pouvant plus, mes jambes m'abandonnent, et j'chute sur le dos, me laissant pour seul champ d'vision le toit profond de la bâtisse. Je parvint à constater malgré tout, qu'en même temps qu'ma vitalité avait rendu grâce, l'incendie de la cathédrale et les flammes assaillants Paole s'étaient envolées comme un mauvais rêve, laissant pour seule preuve d'leur réelle existence, les séquelles qu'elles leurs avaient infligées. Pour l'heure, je n'suis même pas en état de m'inquiéter du devenir de l'Inquisiteur.
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MessageSujet: Re: Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)   Dim 10 Avr - 16:32

D'une main brutale, jamais sans la moindre douceur, il semblait que je tentais de lui écraser le sein, et il ne fallait ne pas se faire d'illusion : je ne me contrôlais plus, et j'avais la nette envie de lui amputer la poitrine, c'était tout ce que cette chienne méritait. Alors que je resserrai ma prise sur son sein, je sentis ses propres mains sur la mienne, comme tentant de se libérer, pourtant je sentais les premiers signes de son abandon. Ce n'était pas fini pour autant, jamais on ne ressortait vivant après avoir subi ma colère, ou du moins, pas totalement. Ceux qui avaient eu le malheur de me croiser, s'ils survivaient, finissaient brisés, humilié, plus tout à fait eux-mêmes. Cette fille avait beau être la chienne du Haut-Prêtre, j'en avais que faire, ma colère était destructrice, je n'étais qu'un monstre. Grondant de plaisir à la voir souffrir, à sentir son corps se contracter contre le mien, j'allai saisir sa gorge quand soudain, sa peau se réchauffa contre ma main. Fronçant les sourcils, j'avais bien vu qu'elle avait un peu de fièvre, mais ce n'était pas cette chaleur-là. Plus ma main resserrait sa prise, plus je sentais sa peau brûler, et bientôt ce fut elle qui me brûla.

Grognant, je sursautai et surpris, je sentis des flammes ardentes lécher ma peau pâle, qu'est-ce qu'elle faisait cette salope ? Néanmoins, borné, sadique, je gardai ma main là où elle se trouvait, ce n'était pas des flammèches qui allaient m'arrêter ! La douleur, elle par contre, oui. La souffrance m'endolorit la main, au point où brusquement, je reculai en mordant ma langue pour éviter de crier, cette sensation-là... je la connaissais pour me l'être fait subir ! Enlevant ma main, je vis ma chair se noircir sous mes yeux rouges, rougir et sentir le brûlé. Bon sang ! Chancelant en arrière, ma première réaction fut de serrer le tissu noir de ma chemise autour de ma main, heureusement pour moi, le feu avait commencé à grignoter les prothèses, ainsi mon infirmité m'avait aidé ? Chassant cette idée de mon crâne, je m'avançai vers la gamine qui elle, ne comprenait pas plus que moi ce qui se passait. Son corps entier était la source de flamme aussi flamboyante que sa chevelure rousse, je l'observai se débattre, alors qu'elle m'envoya un regard plein de détresse.

Elle me demandait de l'aide ? Après ce qu'il s'était passé ? Elle brûlait et elle n'avait qu'à crever ! Ça fera toujours plus de place sur terre. Elle tombe et tente de s'accrocher à ce qui lui restait de raison, une pauvre chaise qui céda aux flammes. Le feu et moi avions une relation particulière, c'était plus un allier qu'un ennemi et pourtant, il venait de me blesser par l'intermédiaire de cette gamine. Le feu se répandit aussitôt autour de nous, envahissant le bois, le dévorant si bien qu'un incendie prenait forme dans la cathédrale elle-même, merde ! Et son rire résonna dans ce lieu sacré, victime de ses flammes, elle aussi perdait-elle donc l'esprit ? Fermant mon poing endolori, alourdi par la chaleur des flammes sur mes prothèses qui avaient perdu un peu de leur forme, je mordis ma lèvre. La fixant, prêt à réagir si elle osait me toucher. Je ne comprenais rien à ce qui se passait, et je m'en foutais, je voulais juste la tuer, le reste n'avait pas d'importance. La chienne bondit sur moi pour m'étrangler et me fit tomber en arrière, étonné par son agilité, je grognai de douleur en sentant ses flammes se répandre sur mon cou, respirant péniblement, je gardais pourtant mon sang-froid, pour cause : la mort et moi, nous étions de vieux amis.

Refusant pourtant que ma vie se termine comme ça, je restai quelques secondes sans savoir quoi faire, furieux de laisser cette saleté prendre le dessus sur moi pour quelques instants. Finalement, réagissant par colère, je posai mes mains sur les siennes, déconcerté par ce qui m'arrivait, par l'horreur de la situation. Me débattant, enragé, furieux, et tout ce qui va avec, je n'arrivai pourtant pas à me défaire de son étreinte. Elle était trop forte, la douleur était bien trop vive et brûlait le reste de pensées cohérentes dans mon esprit. Je la maudis autant que je la honnis, je parvins à la repousser au moment où l'incendie s'arrêta, laissant derrière lui les décombres, la cendre et l'odeur de ma chair brûlée. Je grimaçai douloureusement, effleurant de mes doigts les brûlures sur mon cou, certaines se répandaient jusqu'à mon oreille, une mèche de mes cheveux blancs était devenue noire, brûlée, elle aussi.

Essoufflé, souffrant et ayant encore du mal à comprendre ce qui venait de se passer, je fixai son corps. Inconscient, Sacha s'était écroulé sur le sol, à ma merci ; même blesser, un monstre est prêt à tout pour avoir sa proie. Mordant mes lèvres, nerveux, furieux encore et encore, je me rapprochai de cette chienne, me foutant de son pouvoir, me foutant de sa nature et du reste. Le jouet était brisé, et j'allais lui arracher les dernières pièces, éclatant ses chances de survies. Tel un prédateur, tel le loup, je marchai faiblement pourtant vers la rousse, la folie dansait dans mes yeux rouges, aux vaisseaux pétés de douleur. Je me baissai, blessé, sur ce corps inconscient et à nouveau, je la pris par ses cheveux, mais au final, ma main se glissa sur sa gorge. Je pouvais la tuer, j'en avais le pouvoir et elle le méritait. Serrant sa gorge, l'intention du meurtre dans les yeux, je perçus soudain l'écho de pas et m'arrêtai immédiatement pour me tourner vers un Prêtre. Son visage se figea d'horreur et il appela aussitôt le reste, jurant entre mes dents, je lâchai ma proie sans pour autant me relever. Un poids énorme écrasait mes épaules, j'avais mal, j'étais sorti de ma transe et j'étais blessé. Faible, toutefois, je refusais de l'admettre. L'Onyx était resté sur l'une des chaises, loin de tout ce bordel à nous observer, il croassa, battit des ailes pour s"élever dans les airs et finir par se poser sur mon épaule, de son bec, il frotta affectueusement ma joue. Son oeil noir posé sur le corps de Sacha, inerte, sans défense, me laissant à ma frustration.

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MessageSujet: Re: Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)   Dim 10 Avr - 21:26

[On m'excusera sans doute pour le temps de réponse... Et aussi si jamais j'ai mal lu quelque chose (ou si je n'ai pas lu quelque chose). ^^]

Uriel D'Arken priait. Agenouillé dans un coin de la Cathédrale, il méditait, communiait avec l'Ombre, sentait l'équilibre énergétique de la pièce, il était bien, loin de toute chose terrestre. Cela dit, des voix arrivèrent à lui. Et il ne s'agissait pas de ses prédécesseurs, ni d'esprits d'Empereurs défunts. Il reconnut ces voix et s'obligea à abréger sa méditation, malgré les préceptes des Écritures à ce sujet. S'en voulant, il se dit que les vénérables sages préféreraient cela à un sacrilège entre un inquisiteur peu fidèle et une délicieuse aberration de la science. Si la musique et une bonne moitié de leur échange subtile et courtois lui échappèrent (on ne sort pas d'un état second en un claquement de doigts), il arriva pour la fin. Appuyé contre une colonne, les bras croisés, il attendit que cela se passe.

Il n'aurait probablement pas dû, vu qu'il assista quelque peu impuissant au déchaînement de Sacha. Ses pouvoirs étaient purement surprenants ! Elle était un trésor bien trop précieux pour qu'il la libère trop vite. Rien à dire... Elle était adorable. Et tenait tête à Emile comme une lionne. A elle seule, elle pourrait combattre des légions dans l'Arène. Surtout si elle apprenait à maîtriser son pouvoir qui, semblait-il, la surprenait, elle la première. Uriel se cacha derrière un bouclier noir lorsque, par pur réflexe, au moment, où l'incendie éclata. Trop curieux de voir l'issue du combat, il ne réagit pas. La Cathédrale était faite de pierre. Les chaises et les bancs n'avaient rien de sacré et étaient remplaçables à souhait. Son souhait.

La petite esclave s'effondra, inconsciente, le feu disparut, comme par miracle et comme pour confirmer qu'elle était à son origine. Blessé, brûlé et humilié, Emile était néanmoins debout et il ne fallait pas être plus malin que Zélig pour imaginer ce qu'il allait faire. Uriel lui évita une sérieuse réprimande dans un avenir proche. Un sourire amusé aux lèvres, il exécuta un simple mouvement de son bras, comme s'il ouvrait une porte. Une vague d'ombre balaya l'albinos pour l'envoyer plus loin. Toujours souriant, le Haut Prêtre s'approcha de sa propriété et examina son corps. Sa poitrine, finalement restée en place, se soulevait toujours. Récitant une petite prière, le sorcier se concentra sur sa maîtrise et passa ses petites mains blanches au-dessus des blessures de Sacha. Il était important de les fermer, la pauvre ne pouvait coaguler... La magie du sang anima le corps blasphématoire de la fille et les plaies se refermèrent sans laisser de trace.

Emile, lui, allait avoir des traces. De belles traces de brûlure sur son corps. Se relevant, le petit blond lança un regard à son subalterne et secoua la tête.


"Pour qui te prends-Tu, Emile ? Cette... fille, m'appartient. Que feras-Tu la prochaine fois ? Viendras-Tu dans ma demeure pour casser des meubles ? C'est un lieu de prière, de calme !" - Sa voix résonnait dans toute l'imposante salle. - "Tu ne valais pas mieux qu'un vulgaire hérétique. J'espère que le souvenir qu'elle t'a laissé te suffira... Dans le cas contraire, j'en laisserai un moi-même..."

S'approchant de l'homme cette fois, Uriel tendit la main droite et souleva Emile, comme il l'avait fait à Lawrence, quelque jours auparavant. Le sang du monstre, bouillonnant de colère ou non, dut se plier à sa volonté. Le grand et fort homme était désormais un pantin, prisonnier de son corps, sous le contrôle de celui qu'il avait eu le droit de violenter et de prendre, sans ménagements. Sans plus rien dire, il ne fit que fixer les yeux de l'inquisiteur et serra le poing. Un bref instant, chaque goutte du sang de Paole devint brûlante comme de l'acide, sans pour autant le blesser ou le tuer. Ce n'était que de la douleur à l'état pur. Une décharge, loin de ce que dut subir Zacharias Flash. Non seulement il ne s'agissait que d'un avertissement, mais en plus Uriel ne voulait pas abuser de son pouvoir. Pas question de se retrouver faible maintenant.

Mais plus il se servait de la magie du sang, plus il avait envie de s'en servir. Il était d'ailleurs de plus en plus persuadé qu'il ne s'agissait nullement d'hérésie, mais de magie sacrée et on ne pouvait plus utile : elle permettait à la fois de châtier, de faire mal et de guérir. Sacha fut guérie, Emile puni. L'équilibre était respecté. Même si l'ex-Régent ne doutait pas qu'elle l'a bien cherché et que lui... Eh bien disons que jusqu'à présent Uriel bénissait chaque esclave de décédé tragiquement. Sacha, à l'instar d'Otto, constituait un bien adorable exemple. D'un geste, il renvoya Emile au sol, dos contre la pierre, alors que lui-même se tournait vers l'esclave qui reprenait conscience. Son maître lui sourit.


"Ha ! Alors, ma belle enfant, Tu vas mieux ? Il va falloir que Tu rentres, Tu as saccagé assez de lieux sacrés pour aujourd'hui." - Le ton de sa voix redevint plus sec. - "Même chose pour Toi, Emile. Disparais. Je suis convaincu que Tu n'as toujours pas de nouvelles de la personne que je t'ai demandé de trouver. Laisse donc la Princesse Nocturnae à mes soins et va me trouver cet homme ! Pas besoin de te présenter devant moi sans lui..."

Voilà qui était dit.

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MessageSujet: Re: Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)   Mar 12 Avr - 18:37

J'avais si mal, avant d'perdre connaissance, que j'étais prête à supplier Paole de m'achever. Mais maintenant, alors que j'quitte peu à peu le néant de l'inconscient, la douleur semble progressivement s'évaporer entre deux mains blanches comme le marbre, facilement reconnaissables : Uriel D'Arken. Cette pensée m'donne un coup d'adrénaline, mais encore trop fraîchement soustraite à la souffrance, je m'me risque pas à me relever de suite. Je m'contente seulement de balayer des yeux l'ex-régent, tandis qu'il se lève, et se tourne vers l'Inquisiteur. Quant aux paroles qu'il lui adresse, j'n'en comprends pas un seul mot, mon esprit étant encore trop embrumé. D'ici, tout c'que j'arrive à constater, c'est qu'le géant ploie sous une force invisible, après que le Haut-prêtre ai tendu sa main droite dans un geste ample. Cet ordure, ce chien de Paole, paye enfin ses stupides pulsions meurtrières ! Bien que j'ai tout d'même réussi à l'amocher (il gardera sûrement longtemps quelques brûlures), la pensée d'avoir frôlé la mort des mains d'cette brute, m'plonge dans un immense sentiment de frustration.

Je me redresse, sur les coudes, alors que mon maître me sourit. Ca m'fait mal de l'admettre, mais sans cet homme, j'serai très certainement morte à l'heure qu'il est. J'ai beaucoup d'difficultés à imaginer l'Inquisiteur prendre la décision de m'laisser la vie sauve. C'est juste impensable, à vrai dire. Prenant l'initiative de m'lever, je m'approche du Haut prêtre, à pas peu assurés, et attrape le pan de ses habits du bout d'mes doigts. J'manque d'énergie, c'est pas peu dire. J'aimerai pas que Paole m'retombe dessus, alors j'me dis, et c'est légitime, que derrière l'ex-régent, c'est l'endroit le plus sûr de toute la cathédrale. Le lieu où j'peux voir l'Inquisiteur se prendre une raclée par mon maître. J'm'en délecterai encore plus, si j'tenais un peu mieux sur mes jambes. J'ai l'impression d'être une vieille brebis tremblotante. Uriel marque un point, pour l'coup ; j'ai bien assez saccagé cet endroit. Mais qu'est-ce qu'il s'est réellement passé, au juste ? Comment mon pire ennemi, le feu, a-t-il pu devenir ma force, dans un moment pareil ? Voilà une question que j'lui poserai bien. C'est lui, le plus calé dans les histoires d'manifestations inexplicables.
Toujours cachée dans son dos, je toise Paole écrasé au sol.


- Ce type doit mourir, il est fou !


Ah ah, à vrai dire, j'suis bien heureuse d'le voir aussi facilement manipulé par le prêtre. Un vrai régal ! Ca lui apprendra, à jouer les molosses sanguinaires ! Son regard de chien s'pose sur moi, et il pousse un grognement rauque, m'intimant un pas en arrière. Je... Je m'suis faite avoir. Finalement, c'est pas demain la veille que ma crainte de c'type s'évaporera. Y'a même de fortes chances pour que j'en ferme pas l'œil pendant plusieurs nuits. Cet albinos, il s'rait capable de venir m'égorger dans mon sommeil, au sein même du palais épiscopal ! Nerveusement, j'le quitte pas des yeux, tandis qu'il se relève lourdement, me toisant d'un regard assassin. Je déglutis, sans pour autant être capable de retenir un sourire nerveux, bien que moqueur. Je crois qu'il est temps pour moi d'partir. M'adressant au Haut-prêtre, je m'exprime doucement.


- V-Vous avez raison, mieux vaut que je rentre pour aujourd'hui.


Sans même daigner lancer un regard à Paole, j'm'empresse de quitter l'enceinte de la cathédrale, d'une faible démarche. La prochaine fois, je lui flambe sa langue, à c'merdeux.
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MessageSujet: Re: Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)   Jeu 14 Avr - 9:59

Les yeux toujours posés sur la jeune fille, la haine au creux du ventre, la colère dans tout mon crâne, je sentais différents regards sur mon échine. Je pouvais lui faire du mal, autant que je voulais, je pouvais souiller le corps de cette garce, lui faire ravaler l'humiliation qu'elle venait de me faire subir. Pourtant, malgré à ce qu'on pourrait croire, je ne fis rien, certes l'attention de la blesser était bien là, mais je me retenais. Même si soudain, l'air claqua contre moi et je fus brutalement envoyé contre le mur, ma tête fut violemment secouée et je pouvais affirmer qu'à cet instant, je voyais bien des petites étoiles danser devant mes yeux. La douleur bien trop vive me rendit la vision floue, je ne vis pas réellement le Haut-Prêtre, mais une sorte d'ombre pâle s'approcher de Sacha, je mordis ma langue, sentant le sang envahir ma bouche. Machinalement, je passai mes doigts tremblant de douleur sur ma peau brûlée, j'avais mal, très mal et décrire la souffrance que j'avais dans le corps à cet instant était bien trop humiliant. Cette gamine ne m'avait guère vaincu, qu'on se le dise, elle était juste parvenue à me blesser. Chose qui n'était pas arrivée depuis longtemps, personne ne me vaincra, jamais. La colère et les menaces d'Uriel d'Arken me parvinrent bien trop lointainement, j'écoutais à peine, trop concentrer à subir la souffrance, j'avais horreur de ça ! Malgré l'écho, un son bien trop sourd écrasait mes tympans, je me contentai d'approuver sans rien dire, mis à part un petit grognement furieux et affirmatif.

Je le vis simplement se rapprocher de moi, qu'est-ce qu'il me voulait maintenant ? En sueur, je dus pourtant me soumettre soudain à sa volonté, un violent courant me passa dans les veines, me faisant grimacer plus que nécessaire. Grondant, fermant les yeux, sentant chaque goutte de mon sang me brûler, sans doute un état semblable à celui que la gamine avait connu, la douleur en plus, je mordis ma langue, encore. Tremblant de souffrance et de colère, je ne dis rien, je tentais seulement de garder la face. Uriel d'Arken finit par relâcher la pression qu'il avait exercée sur moi, je tombai à genoux sur le sol de la Cathédrale, respirant péniblement entre mes dents. Uriel me parla à nouveau et à nouveau, sa voix ne me parvint pas assez fort, j'avais terriblement mal au crâne, je compris juste que suivre Azhran comme un chien ne m'était plus accordé, Lao était à nouveau ma cible. Cet homme savait-il seulement ce qu'il voulait ? Agacé, j'approuvai d'un simple signe de tête, bien faible. La gamine s'étant réveillée, elle nous sortit que j'étais un fou, c'était maintenant qu'elle s'en rendait compte, cette idiote ? Son petit moment de victoire n'allait pas durer, et j'émis un petit grognement rauque et menaçant, un jour j'allais planter mes crocs dans sa petite gorge blanche. Elle allait regretter de s'être caché derrière son maître, comme une chienne effrayée par on ne savait quoi.

Me relevant péniblement, le regard rouge de haine, je saluai sèchement le Haut-Prêtre et sans un mot, je quittai la Cathédrale, sans la moindre excuse prononcée, sans rien. Juste blessé et humilié, brûlé et douloureux, le corbeau croassa et alla se poser sur mon épaule, plantant ses serres dans ma chair brûlée. Soupirant, j'ordonnai qu'on me donne un cheval, et rentrai chez moi. Mordant mes lèvres, je fourrai les rennes dans les mains d'une domestique qui s'inquiéta aussitôt de mon état, je lui crachai de ne pas se préoccuper de ça, le trajet m'avait paru trop rapidement, j'avais besoin de me retrouver seul. Fermant la porte de mes appartements à clef, je soupirai, sentant chaque parcelle de ma peau me faire mal, je serrai les dents, alors que le corbeau alla se poser dans un coin. Collant mon front moite contre le mur, perdant lentement mon calme, j'envoyai soudain mon poing contre le mur. Étouffant un cri de rage, je frappai à nouveau le mur avant de renverser encre, papier et autre sur la table à côté, donnant un coup de pied dans le meuble au point de le briser, je pris une chaise que j'envoyai dans la fenêtre. Les éclats manquèrent de me blesser, alors que le bruit résonnait dans toute ma demeure.

Laissant ma rage prendre le contrôle de mes gestes, je fis tomber l'armoire, la frappant de toutes mes forces, si bien que mes phalanges se mirent à saigner, une douleur aussi vive se répercuta dans mes os. Sans doute l'un d'entre était fêlée, mais je m'en foutais, j'avais besoin de détruire quelque chose de mes mains. Mordant ma lèvre déjà rouge de sang, je me précipitai sur l'étagère et la faisant tomber comme l'armoire, je donnai des coups de pieds dans les ouvrages, ma colère détruisait tout autour de moi. Vêtements, encres, meubles, absolument tout... sauf ce violon à cause de qui j'avais perdu deux de mes doigts. Personne ne put connaître cet éclat soudain de fureur pure, mis à part mes domestiques qui devaient garder le silence, sous peine de voir leur langue coupée servir de pitance aux chiens.

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Les flammes d'une esclave ne peuvent lécher les plumes du Corbeau Blanc. (Sacha)

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