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 Nous, nous et nous.

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MessageSujet: Nous, nous et nous.   Dim 3 Avr - 18:14

    Nom de Famille : Sunleth
    Prénom(s) : Harouna
    Surnom : Harou'
    Âge : Harouna en est à sa vingtième année.
    Titre de noblesse : Fille du Duc Sunleth, elle est évidemment Duchesse, même si à première vue, on pourrait avoir parfois des difficultés à le remarquer.
    Province : Fintasy, province prospère où elle a grandit.
    Orientation Sexuelle : ] A vrai dire, je n'ai pas le souvenir d'avoir déjà abordé ce sujet. Je ne pense pas qu'elle y montre un grand intérêt, ou alors, elle le cache bien. Quand bien même, je doute que la famille Sunleth apprécierai qu'elle prenne l'initiative de se trouver un compagnon...

Pouvoirs :
- Riche : si bien des personnes détiennent des fortunes, aucune n'égale celles de la noblesse. Accumulées sur des générations, elles comprennent surtout des bijoux, de l'or et, bien suprême : la terre. En effet, au seins des familles, rien ne vaut le droit d'hériter de la terre de son père (ou de sa mère, en fonction de la tradition patriarcale ou matriarcale).


- Empathie : dans les grandes familles se transmettent les dons pour ressentir les émotions des interlocuteurs et mieux les manipuler dans une conversation menée avec finesse.

- Négociant : vendre n'importe quoi à n'importe qui, réduire le prix de toute chose que vous désirez acheter, faire des petits profits... Voilà tout ce que vous faites mieux que les autres citoyens d'Ishtar.



    Faction : Aristocratie.
    Classe : Noble.
    Orientation Politique :


    J’ai déjà maintes fois tenté d’aborder ce sujet avec Harouna. Elle semble avoir une vision très « personnelle » de la politique. J’ai beau être à ses côtés depuis de nombreuses années maintenant, il me parait indéniable qu’elle nourrit des idées un peu trop utopiques pour le monde dans lequel on vit. Oui, c’est le mot : Utopique. Voire, idéaliste. Que l’on soit clair, Harouna a grandi dans la province de Fintasy, là où la terre n’a jamais été foulée par la guerre et les conflits internes. Il arrive donc qu’elle ait des idées qu’on pourrait qualifier « d’arrêtées », bien qu’elle soit loin d’être sotte, ou aveugle. Elle pense juste que, tout a une solution, rien n’est irrémédiable. Toute vie doit être respectée, les classes sociales n’étant à ses yeux, qu’une énorme sottise. Pour Harouna…


    Louki, si tu pouvais cesser de parler à ma place, je t’assure, j’apprécierai.
    Pour moi, c’est simple. J’admire les philosophes, les artistes, de même que je respecte l’Eglise et ses idéologies. Le monde est grand, les esprits nombreux, bien assez pour que de multiples croyances puissent voir le jour. Je ne crois pas en l’hérésie, j’y vois plus quelque chose comme la « diversité ». Et c’est bien dommage de s’arrêter à un seul mode de pensée, cela freine l’évolution. Pour ce qui est de l’Empereur, je ne saurais dire ce que j’en pense réellement. Je suis arrivée à la Capitale il y a de ça quelques mois, après le couronnement, difficile de se faire un avis fondé. Hum… J’aurai des idées arrêtées ? Oui, peut-être. En ce qui me concerne, je crois aux droits individuels. Louki pense que si l’on devait prendre en compte la vie de chacun, la société ne fonctionnerait pas. Je ne suis pas du même avis. Je n’aime pas que l’on se serve d’autrui, surtout de la façon dont on le fait. Je parle bien entendu du cas le plus répandu, autrement dit, l’esclavage. Surtout que, je dénigre la science. Elle est certainement indispensable pour certains, mais moi, je n’y trouve pas mon compte, et puis, j’en ai déjà fait les frais… Mais pas la peine de s’attarder sur le sujet. En résumé…

    En résumé, Harouna n’a pas d’ennemi, vit sa vie comme elle l’entend et ne demande rien à personne, pour peu qu’on la laisse tranquille. Enfin, je ne m’avancerais pas mais, je pense que certaines de ses opinions, elle les garde bien rangées dans un coin de sa tête. De toute façon, n’espérez pas en savoir plus que moi, je me garde le privilège d’être celui à qui elle se confiera en premier lorsque cela s’avèrera nécessaire.




    Physique :

    Harouna, et bien… Disons que, il n’y a pas de quoi se retourner en la croisant. Enfin, on pourrait sans aucun doute la qualifier de « jolie », mais dans le même sens, de « banale ». Loin de moi l’idée de vouloir la vexer mais, depuis son initiative d’avoir coupé ses cheveux bruns juste au-dessus des épaules, ce qui la rendait si attirante à l’époque, s’est alors envolé en un coup de ciseaux. Mais bon, elle n’est pas du genre à vouloir attirer l’attention principale. Il est vrai qu’elle pourrait aisément se fondre discrètement au sein d’un groupe, ou de la foule, par sa taille mince et ses un mètre soixante-six. Surtout que, depuis son départ de la demeure familiale, vous la verrez rarement vêtue comme une Duchesse devrait l’être. Mais je ne critiquerai pas son choix, les raisons se valent. Toujours est-il, que le plus souvent, elle favorise les jupes amples et faciles à porter, tout en gardant une certaine qualité de matière. J’imagine qu’on ne peut pas revenir sur les habitudes de vie, lorsque l’on est né de bonne famille… Seulement, voilà, au milieu de toute cette banalité, il y a toujours une ombre au tableau…

    Et ça, j’en fais mon affaire. Merci pour cette magnifique description à mon sujet, Louki, et surtout, pour avoir autant employé le mot « banale » comme si il s’agissait de mon véritable prénom. Alors, laissez-moi vous démontrer que la théorie de Louki à mon sujet est fausse. D’après l’opinion générale, qu’est-ce qui caractériserait un individu dit « normal », ou « banal » ? Des tas de choses, à vrai dire. Mais je ne pense pas qu’au final, la majorité de la population possède les yeux vairons. Un œil marron, un œil vert, pour ma part. Voilà ce qui me vaut, dans la plupart des cas, des commentaires peu agréables d’autrui, ou qui provoque plus simplement, de la méfiance ou de la crainte. Mais bon, à ce stade, je pense que l’essentiel à mon sujet a déjà été dit. Il n’y a rien de vraiment « croustillant » à savoir de plus…

    Sauf si vous souhaitez savoir son tour de poitrine, ou la qualité de ses sous-vêtements. A vrai dire, je ne serai pas contre une ou deux nois…
    Aie.

    Personnalité :

    Voilà un sujet plus délicat. Enfin, ce n'est que mon avis. Mais dans la tête d'une personne, il y a les apparences, et ce qu'il s'y cache. Pour ma part, vous décrire Harouna telle qu'elle se présente à moi, c'est tout ce que je peux faire. Cette jeune femme, est aux premiers abords, d'une naïveté déconcertante. Je parle bien entendu de sa relation avec le monde. A vrai dire, vivre vingt ans cloitrée dans le cocon familial, ca n'aide pas pour comprendre les relations humaines et le monde dans lequel l'on vit. C'est d'ailleurs pour cette raison que Harouna a une curiosité bien aiguisée. Peut être trop, à vrai dire. Mais je considère cela comme une vertu. Pour en dire d'avantage à son sujet, Harouna a l'esprit intellect, dû à ses nombreux cours et à sa soif de lecture. Elle en sait donc beaucoup sur l'Empire à travers ses livres. Quand bien même elle est distraite, elle possède la main sur le coeur, et un énorme sang-froid... Ça dépend à quel sujet, en fait. Disons que si un cadavre venait à tomber du ciel, il ne faudrait pas s'attendre à ce qu'elle reste stoïque comme une image. C'est tout à fait légitime, en y repensant. Mais je m'égare. Reprenons : Harouna est donc naïve, intelligente, gentille, curieuse et courageuse. Quel beau schéma, j'en ai la larme à l'œil.
    Mais, une fois de plus, je suis trop généreux avec elle. Il faut savoir, elle est du genre bout-en-train, tête brûlée, et sa soif d'aventure ne lui attire que des problèmes. Et puis, elle est souvent hautaine, prend généralement les autres pour de parfaits abrutis. Bref, elle n'est pas du tout le modèle de la jeune femme parfaite...


    N'en dis pas plus, n'en dis pas plus ! On parle de moi, on parle de moi... Mais regardez-moi ce petit animal, toujours si cynique que je lui clouerais bien le museau, s'il n'avait pas été mon fidèle compagnon. Comment un être aussi petit peut-il avoir autant de répartie ? Je me le demande. Enfin, passons, il n'y a rien à ajouter.







Pourrais-je un jour dire combien de minutes, combien d'heures s'étaient écoulées tandis que je me trouvais dans cette étroite boîte ? J'en étais même venu à penser qu’y respirer relevait du miracle. Evidemment, ce petit lieu confiné n’avait pas pour but premier de tenir le rôle d’abri de fortune, ou de maisonnée. Je savais pertinemment qu’on m’en sortirait bien assez tôt. Alors j'attendais, patiemment. Et comme prévu, après que quelques minutes aient passé leur bout de chemin, mes sens m’apprirent que j’avais quitté la stabilité du sol. Un pas, deux pas, trois pas, quatre pas, encore quelques-uns, et je pouvais d’ores et déjà entendre des semblants de voix, venant chatouiller ma fine ouïe. Au milieu de quelques rires et exclamations, ma petite demeure temporaire fût reposée au sol. Le bruit de l’emballage déchiré, à ce moment-là, me faisait presque trembler d’excitation. Allais-je enfin voir la lumière ? Quelques faisceaux lumineux vinrent finalement troubler l’obscurité de ma prison, lorsque des petits doigts soulevèrent le couvercle de la boîte carrée dans laquelle je me trouvais.
De frêles mains blanches, douces comme la peau d’un bébé, me saisirent doucement. C’était notre première rencontre, probablement l’instant le plus marquant de ma petite existence. Je ne voyais qu’elle, au sortir de cette boîte, ses grands yeux noisettes pétillants, posés sur moi, et son fin visage d’enfant encadré par une longue chevelure chocolat. Elle avait alors huit ans, et ce jour-là, sans réellement m’en douter, j’étais devenu le plus beau cadeau d’anniversaire qu’elle n’eut jamais eu. Harouna Sunleth, ma tendre Harouna.


« - Alors, Harouna. Que penses-tu de ce présent un peu particulier ? »


Son père, aux cheveux de la même couleur chocolat, posait sur nous un regard bienveillant. Cet homme était le Duc Aaron Joseph Sunleth, de la suave province de Fintasy. Je parcourais des yeux la pièce vaste et chaude, la cheminée crépitant et faisant luire les meubles vernis. Ce soir-là, nous étions cinq dans ce grand salon. Derrière Harouna, sa mère et son frère ainé étaient eux aussi présents. Me tenant toujours dans ses mains, les yeux plongés dans les miens, ma petite maîtresse affichait un doux sourire enfantin.

« - Oui, Père, il est magnifique ! Je l’aime déjà ! Mais… Qu’est-ce que c’est au juste ? »

« - C’est vrai, je n’avais encore jamais vu un tel animal. C’est une race locale de chez nous ? »

Le frère, Euan, dix ans, blond comme la paille, et sa petite sœur m’examinaient sous tous les angles, de leurs grands yeux d’enfants. Moi-même, j’ignorais ce à quoi je pouvais bien ressembler. Je savais seulement que j’étais petit, suffisamment pour tenir dans les pommes de mains réunies de la jeune Harouna. Le Duc dessina un large sourire sur son visage, cherchant ses mots.

« - Et bien, c’est une sorte d’écureuil, ou un renard, peut-être ? Quelque chose de cet acabit. Il nous suffira de dire qu’il s’agit d’un… euh … d’un Kouchou, oui, parfait ! C’est un bébé Kouchou ! »

Les deux enfants échangèrent un regard complice, avant de rire aux éclats. Ce fut suffisant pour me convaincre qu’ici, je vivrais sereinement. Ce foyer chaleureux, je l’aimais déjà.

« - Ah ah ah, Kouchou ? Mais qu’est-ce que c’est que ça ? »

Ils ne semblèrent pas soucieux de mes origines. Seul la mère de Harouna, Eloïse Sunleth, blonde de taille moyenne aux yeux d’un bleu glacial, lança un regard dubitatif à son mari, sans pour autant décrocher son sourire. La petite main de Harouna vînt caresser ma tête, glissant ses doigts dans mon pelage. Le Duc se pencha vers sa fille, le regard taquin, il murmurait.

« - N’hésite pas à lui raconter tout ce que tu as sur le cœur, il saura t’écouter. Bien ! Et si nous passions à table maintenant ? »

La dernière interrogation s’adressait à tout le monde. D’ailleurs, chacun acquiesça tout sourire, avant de rejoindre la grande table principale. Harouna me dirigea tout naturellement, comme si il s’agissait d’un geste ancestral, vers son épaule, sur laquelle je m’installai. Le repas se déroula paisiblement, et je prenais plaisir à écouter les émois de la famille Ducale en ce jour d’anniversaire. Harouna me tendait même de temps à autre quelques morceaux de pain bien alléchants.

Lorsque qu’il fût l’heure de rejoindre les chambres, je découvrais celle de la petite fille. Une pièce spacieuse, bien rangée, et au milieu, un grand lit en baldaquin. Sur le sol, un grand tapis de coton rouge prônait la quasi-totalité de la chambre. Ma petite maîtresse, avec l’assistance de quelques domestiques, enfila son pyjama de soie beige, puis s’installa dans son lit, bien grand pour sa petite taille. Evidemment, je me plaçais à ses côtés. Il n’y avait alors plus que nous deux, dans la chambre éclairée par un unique cierge posé sur la table de nuit. Allongée sur le côté, Harouna me regardait.


« - Hum… Père m’a assuré que tu écouteras tout ce que j’aurai à te dire. C’est vrai, ça ? Parce que tu sais, j’en ai des choses à dire, tu risques d’en avoir marre bien assez tôt. »

* Ne t’inquiète pas, j’écouterai tout attentivement et sans jamais être las. Je peux te l’assurer.*

Je continuai de la fixer de mes petits yeux de Kouchou, tandis que je voyais les siens s’agrandir sous la stupéfaction. Vivement, elle se redressa sur ses coudes.

« - T-Tu-Tu parles ? En voilà une bonne surprise ! Quel merveilleux cadeau d’anniversaire, je ne pouvais pas rêver mieux ! »

Elle finit sa phrase par un sourire. Au final, c’était moi le plus surpris. A vrai dire, je m’étais attendu à quelques hurlements, ou quelques signes d’effroi. Au lieu de ça, les yeux de la petite fille brillaient d’une lueur nouvelle.

* Et bien, « parler » ne serait à proprement parlé, pas le terme exact. Bien qu’il se rapproche de la vérité. J’appellerai ça « Communiquer », et pour être plus précis, il n’y a qu’avec toi que cela est possible.*

« - Tu veux dire que… Je suis la seule à t’entendre ? »

* Parfaitement. Et si tu prends la peine d’essayer, tu devrais toi aussi parvenir à m’atteindre sans avoir à parler haut et fort. *

« - … Une autre fois peut être. Mais, comment une chose pareille est-elle possible ? »

Son visage exprimait une curiosité bien présente. Ça n’était pas l’envie de lui répondre qui me manquait, mais tout n’est pas forcément bon à dire. Surtout à une enfant de huit ans.

* Et bien, c’est difficile à expliquer. C’est dans les gènes, une histoire de sang. Rien que tu ne pourrais comprendre aisément. Et puis, ça ne t’apporterai rien de savoir. Ce qui est, est, tout simplement. *

« - … Sang ? … »

Elle était songeuse, perdue dans ses pensées. Il me sembla plus judicieux de changer de sujet. Après tout, nous n’allions pas passer la nuit à tergiverser sur des questions sans réponses.


* Au fait, et si tu me trouvais un nom ?*

Un grand sourire vînt élargir son visage, puis elle se mit à réfléchir.

« - Hum… Campanella ? Ou alors, Max ! »

* Dis donc, je tiens tout de même à signaler que je ne suis ni une jeune fille en fleur, ni un ours en peluche ! *

« - Tu n’y es pas du tout ! Campanella est le héros d’un livre, et mon ours en peluche ne s’appelle pas Max ! Alors… »

Gonflant les joues, les sourcils froncés, elle me regardait avec insistance. Une bouille digne de l’enfant qu’elle était.

« Louki. »


Oui, il ne pouvait y avoir d’autre nom pour lui. Ce petit être qui ressemblait fort à un écureuil, de la même manière qu’il ressemblait à un renard. J’avais enfin trouvé le nom dont j’userai souvent par la suite. A cet instant, il était déjà clair pour moi, qu’il m’accompagnerait partout.

*D’accord. J’accepte ce nom, Mademoiselle.*

Avec un doux sourire, je passais une main sur sa fourrure beige et marron. Si chaud.

* Au fait, le moment ne s’y prêtait guère, tout à l’heure, mais maintenant je peux te le dire. Alors, joyeux anniversaire Harouna.*

C’était si agréable. J’éteignis la petite flamme dansante sur le cierge, et d’une main, j’attirai Louki contre ma joue. Je fermais les yeux, et laissa le sommeil m’emporter.

Plusieurs semaines passèrent, et je m’acclimatais doucement au rythme de vie des Sunleth, et plus particulièrement à celui d’Harouna. Je fus surpris de constater à quel point l’emploi du temps d’une jeune fille de huit ans, pouvait être chargé. Cours de musique, histoire de l’Empire, expression, bonne conduite, danse, équitation, et bien d’autres choses qu’il m’aurait été difficile de deviner. Bien sûr, j’accompagnais Harouna à chaque moment de la journée, bien au chaud sur son épaule, malgré les réticences de la Duchesse Sunleth. Nous étions comme les doigts de la main. Jour après jour, il m’apparaissait comme essentiel que je reste auprès d’elle. Il faut dire que, la vie était paisible au sein de la famille Sunleth, et rien n’aurait pût venir troubler la sérénité de notre petit quotidien. Bien que, plusieurs éléments m’interpellaient.

Excepté moi, il semblait que la petite fille n’avait aucune autre fréquentation que les membres de sa famille, ainsi que le personnel. Mais aucun enfant de son âge. A vrai dire, il lui était interdit de s’aventurer au-delà des jardins de la demeure.


*Harouna, tu ne te sens jamais seule ?*

Elle me regarda, de ses grands yeux, d’abord étonnée, puis esquissa un sourire.

« -Seule ? Bien sûr que non, puisque je ne suis jamais seule. »

J’aurai presque trouvé ça mignon, si ça ne m’avait pas chagriné un peu. Les mots sortis de sa bouche d’enfant étaient si sincères qu’il était évident que, pour elle, le fait de n’avoir jamais établi de lien avec l’extérieur était une normalité.

*Mais, tu n’as jamais pensé à découvrir le monde, à aller à l’extérieur ?*

« - Bien sûr que si ! Quand je serai grande, je deviendrai Chevalier et je voyagerai à travers le monde ! Et toi, tu seras mon fidèle écuyer ! »

Ses yeux pétillaient, tandis qu’elle riait, assise sur son lit. Autour de nous, de nombreux livres étaient répartis un peu partout sur le matelas. A défaut de sortir, lorsqu’elle avait le temps, Harouna passait des heures à me les lire à voix haute. Il s’agissait, pour la plupart, d’autres contes et légendes décrivant des êtres fictifs vivant maintes péripéties, dans des contrées lointaines et sauvages. Une drôle de façon de nourrir sa curiosité, de mon point de vue, mais pouvais-je le lui reprocher ?

* Chevalier ? Pourquoi, Chevalier ? *

Elle sourit de plus belle, et se mit à retourner tous les livres, jusqu’à en saisir un gros, à la couverture de cuir brun, qu’elle me présenta avec fierté.

« - Légendes et épopées : L’Ombre donna, l’Homme hérita. C’est un ouvrage qui appartenait à Mère, mais elle me l’a confié. Mon histoire préférée est celle de la boîte à Gaia … où est-elle déjà ? Ah, la voilà ! »

Je la regardais tandis qu’elle feuilletait les pages.

« - On raconte qu'au commencement des temps, un ancêtre du Premier Empereur scella dans une boîte grâce à sa puissance magique, tous les maux responsables de l'adversité humaine...

Tous devinrent immortels, la maladie n’existait plus, il n’y avait plus ni famine ni guerre. A partir de là, il désigna une jeune femme, née en possédant beauté, flatterie, amabilité, adresse, grâce, intelligence, mais aussi tromperie et séduction. La raison de son existence se résumait à ne jamais laisser quiconque ouvrir la boîte.
Son nom était Gaia.

Chaque jour qui passait, elle priait pour l’Ombre, louant sa protection et sa bénédiction. Tous les hommes qui tentaient de s’en prendre à elle pour mettre la main sur le coffre, finirent par tomber sous son charme. De cette façon, un corps de partisans se forma autour de la jeune femme, promettant de la protéger, dans l’espoir vain que leurs sentiments leur soit un jour retournés. Ainsi, plusieurs siècles se déroulèrent paisiblement, sans que jamais personne ne réussisse à ouvrir cette boîte.

Ce n’est qu’un beau matin de printemps, qu’une femme vint frapper à la porte. Elle avait de grands yeux gris et des cheveux noirs en bataille, et prétendait être la Curiosité. Elle posa de nombreuses questions à propos de la boîte, de ses origines et surtout, sur son contenu. Mais Gaia ne savait rien. Depuis sa naissance, il s’avérait que préserver le coffret sans rien savoir à son sujet, était un acte aussi naturel que celui de respirer. Alors la Curiosité lui proposa d’ouvrir la boîte, car, comme elle en était la gardienne, elle possédait selon elle, le droit de savoir quel était le fruit de cette éternelle mission. Gaia refusa, et la femme aux yeux gris s’en alla. Quelques jours plus tard, elle se montra de nouveau, et lui fit la même proposition, en vain. Puis, chaque jour suivant l’autre, elle réapparaissait, avec les mêmes mots en bouche, si bien que le doute était venu s’installer dans l’esprit de Gaia. L’inévitable se produisit, quelques années plus tard : Gaia céda aux mots de la Curiosité qui étaient venus embrumer ses pensées, et souleva le couvercle de la boîte, tout en pensant qu’y jeter un œil n’était en rien punissable. Là fut sa plus grande erreur. Aussitôt la boîte ouverte, tous les maux de l’humanité s’échappèrent dans un bouquant effroyable, venant reprendre leur place parmi les Hommes. Horrifiée, Gaia referma aussitôt le couvercle, mais il était déjà trop tard. Elle avait commis une faute irréparable, et l’humanité paierait les frais de sa négligence.

A partir de ce jour-là, les Hommes se mirent à mépriser la femme responsable de leur déclin. Gaia resta seule, cloitrée chez elle, pendant dix années durant. Le temps étant devenu un prédateur pour l’homme, son corps avait perdu sa jeunesse et sa vitalité. Un jour, quelqu’un vint de nouveau frapper à sa porte. Il s’agissait d’un étranger, de passage et cherchant l’hospitalité pour une nuit. Gaia lui offrit son toit, et durant la soirée, lui raconta quels malheurs s’étaient abattus sur les Hommes par l’intermédiaire de la boîte. Lui, disait être un chevalier voyageant à travers le monde, il proposa donc à Gaia de partir en quête des maux de l’humanité, dans le but de les sceller à jamais dans le coffre, si en échange, Gaia lui offrait sa main à son retour. Il en était tombé amoureux. La femme accepta, et le lendemain, le chevalier reprit la route.

Il marcha de longs jours, de longs jours, et à l’abord d’une forêt, rencontra enfin le premier maux. Il s’agissait de la Sécheresse, matérialisée sous la forme d’une femme à la peau fissurée par la soif. Le chevalier lui céda sa gourde, et après avoir accepté les remerciements, il continua son chemin.
Le lendemain, il traversa des champs calcinés, au fond d’une vallée. Il y croisa le deuxième maux : la Famine, qui n’avait que les os sur la peau. Généreusement, le chevalier partagea son repas avec elle, et repris la route. Un jour s’écoula, et il commençait à ressentir la faim et la soif. Ce n’est qu’en traversant un petit pont de bois, qu’il rencontra le troisième maux. La Misère, dévêtue et tremblante de froid. Avec un regard compatissant, le chevalier lui tendit sa bourse de pièce d’or, dans sa totalité, et poursuivit sa quête.

Il avait soif, faim, et ne possédait plus de quoi s’offrir à manger ou un toit, si bien qu’il décida de faire une pause à l’ombre d’un saule. Là, il se mit à pleurer. La quête lui semblait bien difficile, et il commençait à perdre courage. Alors, il songeait à Gaia, qui malgré ses dix années supplémentaires, restait pour lui, la femme la plus belle du monde. Et il reprit la route.
Il marcha encore, encore, et trouva finalement le quatrième maux, allongée sur le bord du chemin, souffrante. Le chevalier reconnu la Maladie, et s’arrêta. Elle le supplia, le visage grimaçant, de lui venir en aide. Hésitant d’abord, il finit par céder, et lui fit don de sa santé. Elle le remercia du fond du cœur, et il continua. Le jour suivant, fut le plus difficile. Le chevalier comprit, alors qu’il s’écroula sur le chemin, qu’il était en train de succomber à la faim, la soif, et à la maladie. Alors qu’il s’apprêtait à fermer les yeux, le dernier maux l’interpella, d’une voix rocailleuse. La chevalier se redressa sur les coudes, et posa son regard sur la vieille femme clopinant. Elle était la Vieillesse. Sans hésiter, il lui offrit sa jeunesse, et se laissa tomber sur le sol. Il fit une requête, celle de porter à Gaia, un dernier message.

« Ma douce. J’ai appris maintes choses au cours de mon périple, à propos des maux que contenait la boîte. Il s’avère qu’il est hélas, impossible, de les soustraire à la vie humaine. Mais est-ce un légitime « hélas » ? En prenant leur place dans le quotidien de l’Homme, dans chacun de mes pas, j’ai vu naitre en moi de bien curieuses émotions. Et j’ai à cœur de vous dire que, dès le départ, l’Ombre nous a armés contre eux. Alors, en rendant mon dernier souffle, je vous fais don de ce qui permettra à l’espèce humaine, de voir en l’avenir quelque chose de plus radieux, de plus lumineux. S’il vous plait, acceptez, avec mes excuses, mes plus loyaux sentiments. »


… L’humanité aurait-elle dû punir Gaia ? Quoi qu’il en soit, elle reçut du chevalier, l’arme contre tous les maux, le bien le plus précieux pour tous, qu’on nomma par la suite … »

Un sourire taquin sur le visage, Harouna referma le livre, me regardant.

« - Alors Louki, de quoi avait hérité l’humanité ? »

Comment aurais-je pu savoir ? Je la regardais, et répondit hasardeusement.

*Euh.. Du courage ?*

« - Faux ! Ne compte pas sur moi pour te donner la réponse ! »

Je ne comprenais pas pour quelle raison elle tenait à ce que je devine de moi-même, tout l’enjeu de cette histoire. Avait-ce un rapport avec son vœu de devenir chevalier ? Je n’eus pas le temps de le lui demander, que déjà, la voix de son père résonnait à travers le couloir. Harouna bondit du lit, en lâchant un « Oui ! » éloquent à l’appel du Duc, et disparut dans le couloir. Voilà un fait qui m’interpellait depuis le début. Tous les jours, Harouna se rendait dans le bureau de son père, pour ce qu’elle appelait une « injection ». Il s’agissait en effet, d’une injection faite par seringue, au niveau de l’avant-bras. Quant à la nature du produit qu’elle contenait, Harouna autant que moi, l’ignorions. Seul le Duc en avait réelle connaissance. Mais d’après ce qu’elle m’en avait dit, depuis sa naissance, il en avait toujours été ainsi. Selon les dires de son père, il s’agissait d’une substance immunisante contre les maladies, et renforçant la santé de la jeune fille. Il appelait ca des « soins préventifs ». Dans ce cas-là, pourquoi Harouna était-elle la seule soumise à cette injection quotidienne ? C’était une question qui semblait pour l’instant, sans réponse. Cette famille chaleureuse, avait sa part d’ombre et de mystère, et j’en avais parfaitement conscience.

Les jours se suivirent, monotones. Deux ans passèrent, avant qu’un évènement ne vienne chambouler notre quotidien.


« - Harouna, Harouna ! Père n’est pas là aujourd’hui, le bureau est libre ! »

Euan avait déboulé dans la chambre, euphorique, et avait tiré la jeune fille du lit. Je les avais suivit, et nous nous tenions devant la grande porte acajou du bureau. Les deux enfants s’échangèrent un regard malicieux, et le jeune garçon poussa la porte. S’en suivirent des rires de satisfaction, comme on pouvait s’y attendre de la part de deux jeunes enfants, tandis qu’ils déambulaient à travers la pièce, examinant tout, touchant chaque objet de leurs petites mains afin d’assouvir leur curiosité. Jusque-là, le reste aurait pu se dérouler sans le moindre incident, si Harouna n’avait pas porté une attention toute particulière à la petite bibliothèque qui occupait un coin de la salle. Ses petits yeux fouineurs parcouraient les étagères de livres, avec une gourmandise sans nom.

Puis, contre toute attente, elle s’exclama « Gaia ! » avant de tirer l’ouvrage qui portait le nom de son conte préféré. Rien d’extraordinaire à ça, aux premiers abords. Je changeai vite d’avis lorsque, dans un fracas sourd, les murs se mirent à trembler quelques fractions de secondes, et qu’une porte dissimulée derrière la bibliothèque se dévoila. Pris de stupeur, nous retenions tous les trois notre souffle, tandis qu’Harouna perdait prise sur le livre, qui s’étala sur le sol.


« -Qu’est-ce que c’est… que ça ? »

Hésitant, Euan saisit la main de sa sœur, et s’approcha de la porte, avant de lentement la pousser. Nous restions figés, devant la nouvelle salle qui se dévoilait à nous. Bien que, le paradoxe dans tout cela, est que, je connaissais cette pièce. Avant de me retrouver entre les mains d’Harouna, j’avais vu le jour ici-même. Au centre de la salle, se trouvait une table bien particulière, où étaient posés de nombreux ustensiles, cisailles, scalpels, seringues. Rien de très chaleureux. Rien qu’un enfant ne devrait voir.

« - Euan.. Euan.. Sortons, je n’aime pas cet endroit ! »

« - Attends, juste un peu, je veux en voir plus. »

Toujours tenant la main de Harouna, le jeune garçon parcourait la pièce. Comment dire, je ne saurais comment interpréter l’expression sur son visage. Il s’y mêlait curiosité, et dégout. Et tout vint véritablement se bousculer, lorsque les enfants tombèrent nez à nez avec le coffre de bois sombre qui se trouvait au fond de la pièce, posé sur une table basse, entre deux étagères d’ouvrages. Je vis les yeux de Harouna s’écarquiller, tandis que sa bouche articula dans un murmure.

« - Gaia. C’est écrit, Gaia. »

Euan, sans plus attendre, ouvra le coffre, qui grinça, et tomba au sol, perdant équilibre sur son support. De nombreux documents, et papiers, s’étalèrent par terre, aux pieds des enfants. Le jeune garçon se baissa, et ramassa un croquis, qu’il montra à sa sœur, stupéfait.

« - Harouna ! Regarde… (ils tournèrent la tête dans ma direction). C’est Louki ! C’est un dessin légendé. .. Père a... Père a créé Louki ? »

Ils s’échangèrent un regard. Quant à moi, je fixais Harouna, attendant sa réaction. J’aurai certainement dû le lui dire. Oui. Parce que j’étais au courant. J’étais né à partir des gènes de la jeune fille, ce qui m’avait permis de développer une intelligence propre. Et cela, le Duc Sunleth le savait pertinemment. Celui-ci avait même réussi là où d’autre avaient échoués : j’étais capable de communiquer avec celle dont je partageais le sang. Euan se mit à fouiller avec plus d’ardeur dans les documents.

« - Ce sont les notes de Père !

«Aujourd’hui, j’annonce dans le secret le plus total l’ouverture de notre organisation, Gaia. Notre objectif, surpasser le corps de scientifiques de la capitale, et aboutir à la création d’un sérum qui anéantira toute maladie et faiblesse chez l’être humain. Je jure par mon nom, qu’aucun des membres de cette association ne sera pas de sang noble. Les moyens seront, pour le bien du secret expérimental, l’utilisation de procédé sur un être humain, depuis le jour de sa naissance, jusqu’… »

Le silence qui s’ensuivit, creusa un sillon entre chacun, tandis que le regard d’Euan se perdait sur sa jeune sœur.

« - Harouna, tu es… un cobaye humain ? »

Ces dernières paroles avaient été susurrées. J’eus l’impression que le temps s’était ralenti, tandis que Harouna, les larmes venant se nicher aux coins de ses yeux, déserta la pièce en courant. Qu’aurais-je dû faire ? Euan était un garçon intelligent, je lui faisais confiance pour mettre de l’ordre dans tout ça, et je me décidais à rejoindre Harouna. De retour dans sa chambre, elle s’était réfugiée dans son lit, la tête nichée dans l’oreiller. Les soubresauts assaillaient son petit corps, et je vins me placer à ses côtés.

* Harouna. Je suis là. *

« - Louki. Je ne dirai rien. Ni à Père, ni à Mère. Je vais me taire, et un jour, je m’en irai. »

Sa voix, étouffée à travers l’oreiller, tremblait.

* C’est peut être la meilleure chose à faire. *

Ils gardèrent le secret. Pour un noble, pratiquer la science était mal vu. Le Duc Sunleth risquait de salir le nom de sa famille, et c’est un fait que le duo de frère et sœur avait très bien compris. Mais ce qui me rebutait, à vrai dire, était le fait que malgré tout, Harouna continuait de subir les injections, sans jamais s’opposer à son père. Etait-elle loyale à ce point ? Dans le courant de ce bouleversement, cinq ans s’écoulèrent. Harouna avait alors quinze ans, lorsque la famille entière devint le témoin d’un deuxième chamboulement. Et quel chamboulement ! A l’aube d’un jour important, celui où la duchesse Sunleth projetait de présenter sa fille à la famille de l’un de ses prétendants, et peut être futur conjoint, son hurlement fit trembler les murs de la demeure. Je me réveillais en sursaut, surpris de constater qu’Eloise Sunleth tirait sa fille hors du lit, la trainant par le bras dans les couloirs. Le bruit d’une porte ouverte avec fracas, et je fonçais sur mes petites pattes, là où avait été emmenée ma maitresse. Je retrouvais la mère et la fille, ainsi que Euan, interpellé par tout ce boucan, devant la grande porte d’acajou, que nous avions ouverte tous les trois, cinq années en arrière. Le bureau du Duc. Ce dernier s’y trouvait effectivement.

Je sus que quelque chose d’inhabituel s’était produit, lorsque le visage d’Aaron Sunleth sembla se décomposer à la vue de sa fille. Evidemment, mon cœur fit un bond. Que se passait-il ? En quelques secondes, je me faufilais dans la pièce, posant moi aussi mon regard sur celui de la petite brune. Et là, quelle ne fut pas ma stupéfaction, lorsque je constatais, que l’œil droit de la jeune fille, avait abandonné sa couleur chocolat, pour laisser place à un vert émeraude. Je me figeais, tandis que la voix de la duchesse fracassait l’air.


« - Tout est de votre faute ! Regardez, ce que vous avez fait à notre fille ! Vous et vos expériences, j’aurai dû m’en douter ! Vous parliez de « soin », mais notre fille n’a jamais été souffrante ! »

« - Comment osez-vous me parlez de la sorte ?! Restez à votre place ! Si depuis quinze années, notre fille n’a jamais contracté une seule maladie, c’est grâce à moi ! Soyez reconnaissante, pauvre folle ! »

Le Duc s’était relevé, les mains sur son bureau. Et les deux parents se fixaient en chien de Fayence, sans en démordre. Je grimpais sur l’épaule de Harouna, elle tremblait. Au milieu de tout ce vacarme, que pouvions-nous faire ? Toi, si petite, et moi, dépourvu de parole. Alors, nous nous sommes tues, et quatre années s’écoulèrent. Quatre années durant lesquelles, les rares sorties qui lui avaient été autorisées lui furent interdites. La duchesse avait pardonné son mari. L’image de la noble famille Ducale au sein de Fintasy était un bien précieux à ses yeux. Alors, Harouna s’enferma d’autant plus dans sa lecture. Elle devint une jeune fille bien silencieuse, aux yeux de sa famille.

La vie prit un nouveau tournant, elle avait alors vingt ans. C’était un matin comme un autre, je me réveillais à peine. Harouna était déjà debout, vêtue d’une simple robe marron, celle qu’elle utilisait lors de ces cours d’équitation. Un grand sac de cuir était posé sur le lit, remplie d’habits et d’affaires de toilette. Et tandis qu’elle emballait de nouvelles choses, un détail me sauta aux yeux. Ses cheveux qui hier encore lui tombaient au niveau de la taille, se trouvaient maintenant juste au-dessus de ses épaules. Je bondis sur le lit.


* Harouna ! Tes cheveux ! Et puis, c’est quoi cette valise ? Tu t’en vas ? Pourquoi aussi soudainement ? Depu… *

Affolé, c’était le mot. Comptait-elle me laisser là ? Avait-elle l’intention de partir seule ? Mais où ça, et pour combien de temps ?

« - Louki. »

C’était presque un murmure. Mais un murmure fort, puissant, rempli d’émotion. Elle plongea son regard dans le mien.

« - Alors, ça fait douze ans maintenant. As-tu trouvé, de quoi l’humanité a-t-elle hérité ? Qu’est-ce qui a permis au chevalier d’endurer autant de souffrance sans jamais abandonner ? »

Nous y revoilà, pensais-je. Cela faisait douze ans que j’étais à ses côtés. Mais qui était donc Harouna ? Quels genres d’émotions pouvait-elle bien nourrir depuis toutes ces années ? Autant que je savais tout d’elle, je ne savais absolument rien. Harouna, où était donc ton cœur ?

* Je l’ignore, à vrai dire.*

Un doux sourire vint tirer les fins traits de son visage.

« -C’est l’Espoir, Louki. L’Espoir. »

Etait-ce donc grâce à l’espoir de partir un jour, qu’elle avait gardé le silence jusqu’à aujourd’hui ? Son sourire pris une nouvelle forme, plus chaleureux. Je retrouvais ma tendre Harouna, comme au jour de ces huit ans.

« - Et puis, tu pars avec moi, n’est-ce pas évident ? »

Partir sans Louki était une idée impensable. Il m’aurait été impossible de supporter ces cinq dernières années sans lui. Je finissais de rassembler les affaires dont j’allais avoir besoin, puis, Louki sur une épaule, mon sac sur l’autre, j’empruntais la direction de la porte d’entrée. Il était temps pour moi de partir. Selon Mère, je n’étais même plus bonne à marier. L’apparence était-elle un facteur décisif sur la vie d’une personne ? Étais-je effrayante ? Ou souillée par la science ? Au fond, peu importait la raison, le fait était, que demeurer ici plus longtemps serait mortel pour moi. Et la liberté, aujourd’hui, je décidais de m’en offrir le luxe. Alors que ma main se posa sur la poignée de la porte d’entrée, une voix familière s’éleva dans mon dos.

« - Alors, tu t’en vas sans prévenir personne ? N’as-tu rien retenu de tes cours de courtoisie ?»

Mère. Je me retournais, et posa mon regard sur cette femme, blonde, à laquelle je ne ressemblais en rien. Son regard parcourait l’horizon à travers l’une des fenêtres qui jonchaient le couloir.

« - Mère. Je pense qu’il est temps pour moi de partir. J’ai eu vingt ans cette année, et je ne peux demeurer plus longtemps cloitrée de la sorte. »

Elle ne dit mot. Comment lui faire parvenir mes sentiments ? Je ne voyais qu’un moyen.

« Je.. JE VOYAGERAI, ET JE REFERMERAI LA BOITE A GAIA ! »

J’avais hurlé. Si fort, que je ne pus m’empêcher de baisser la tête, le feu aux joues. Un rire discret me fit lever les yeux. Mère était prise de discrets soubresauts, et je pouvais voir sa main placée devant sa bouche.

« - Et bien, et bien, je vois que tu es pleine de conviction. Harouna. A ton retour, je te trouverai un conjoint, alors, donne-moi des nouvelles, veux-tu ? Es-tu sure de ne pas vouloir prévenir ton père et ton frère de ton départ ? »

Elle s’était tournée vers moi, et me regardait. J’acquiesçais d’un timide hochement de tête.

« - Je vois. »

« - Aurevoir, Mère » dis-je en me retournant.

« - Harou. A Ishtar, la capitale. J'ai un frère. Il se nomme Uriel D’Arken… »

J’esquissais un sourire, reconnaissante de cette attention de sa part.

« - Merci. »

Je poussais la porte, et pour la première fois, je m’aventurais au-delà du cocon familial. Ma nouvelle vie, celle qui ne se résumait pas qu’à mes livres, était sur le point de commencer.

Harouna s’attarda par la suite, plusieurs mois à Fintasy. Notre voyage commençait ici, et c’est au sein de sa terre natale qu’elle apprit les rudiments de la vie extérieure, et les bases de la socialisation. Au bout du chemin, allions-nous trouver la boîte à Gaia ?



Hors-rp

    Comment avez-vous découvert le Forum ?
    Ma foi, question très intéressante. J'ai le droit de ne pas répondre ? :D

    Avez-vous des conseils ou des remarques le concernant ?
    Oui, alors, vraiment, c'est nul, nul et re-nul. Je me demande même pourquoi je me suis inscrite. Les membres sont chiants, collants, et les Admins, n'en parlons même pas !

    Votre Disponibilité (en moyenne) :
    Ah ah, c'est le secret du bonheur~~





Dernière édition par Harouna Sunleth le Lun 4 Avr - 15:42, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Nous, nous et nous.   Dim 3 Avr - 18:54

Ah... Ma petite chérie o/

Bon, il manque les descriptions (des détails). Et si bien entendu Tu as droit à ce personnage exceptionnel, à son familier, et tout et tout... La boîte à Pandore... Non, désolé, je ne peux pas, c'est trop pompé de l'IRL... Change au moins les noms... Et encore... l'Ombre n'a jamais rien enfermé, elle est impersonnelle... Allez, ça pourrait être... Genre un ancêtre du Premier Empereur (voir chroniques Impériales).

Ca va ? Ne Réécris pas tout, mais change un peu pour faire genre, ça n'a rien avoir avec le mythe de Pandore. ;-)

Sinon : nickel, j'ai hâte de jouer avec Toi ^^

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MessageSujet: Re: Nous, nous et nous.   Dim 3 Avr - 19:15

Ya pas de soucis, juste changer les noms, ya pas mort d'homme :)

Pour la description, oui, j'ai pas encore écrit, ca viendra surement demain ou après demain, parce que ce soir je retourne sur Antibes ^^

Sinon, contente que ca te plaise, mon Oncle, bwhahahahaha :D
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MessageSujet: Re: Nous, nous et nous.   Lun 4 Avr - 15:43

DOUBLE POST, J'UP o/

Voilà, j'ai changé. Désolée pour les descriptions, mais autant pour l'histoire j'ai de quoi écrire, autant je suis une brêle pour décrire le personnage xD

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MessageSujet: Re: Nous, nous et nous.   Lun 4 Avr - 16:06

Moi, je dis : c'est boooooon o/


Je te valide !


Bon jeu parmi nous, chère amie :-)

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MessageSujet: Re: Nous, nous et nous.   Lun 4 Avr - 16:09

Ny ah ah~~ Merci mon Oncle ;)
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MessageSujet: Re: Nous, nous et nous.   

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