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 Suzume Zhang-Jian

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AuteurMessage
† Prêtresse †

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♦ Sexe : Féminin
♦ Influence : 76
♦ Messages : 268
♦ Âge du perso' : 18
♦ Fiche : Moineau
♦ Protecteur : L'Ombre
♦ Date d'inscription : 29/01/2011
♦ Age : 27

MessageSujet: Suzume Zhang-Jian   Ven 4 Mar - 10:25

Votre Carnet d'Identité

    Nom de Famille :
    Prénom(s) : Suzume
    Surnom : Zhang-Jian
    Âge : 17 ans
    Titre de noblesse : Aucun
    Province : Yjing
    Faction et classe : Ecclésiastique/Prêtresse
    Orientation Sexuelle : Elle n’a pas d’avis sur la question, tout ce qui compte, c’est le pouvoir
Pouvoirs :
- Respect
- Manipulation des ombres (+++)
- Célébration
- Combatif (province)
- Voyage Ombreux



Vos opinions

La politique. Suzume compare cela à un nid de vipères, comme lui disait la prêtresse Espérance, « qu'importe où tu mettras le pied, il y en aura toujours un pour te mordre, même si tu ne fais rien ». Autant dire qu'elle n'apprécie que moyennement la Haute et évites de son mieux les aristocrates ne faisant pas partie de l'Église, se montrant polie tout au plus avec eux, ce qui, hélas, l'oblige parfois à être présente quand elle ne souhaiterait que partir pour ne plus recevoir leurs hypocrisies en pleine figure. Ils ne l'agacent pas vraiment, mais la mettent mal à l'aise, peut-être avec à cause de leur sale dons à ressentir les émotions des autres... Il paraitrait que certains sont même capables de lire dans les esprits... ça parait absurdes, mais en tout cas c'est une raison de plus pour fuir leurs présences. C'est plus le fait qu'ils aient un avantage sur elle, que l'idée qu'ils puissent savoir à quoi elle pense qui la dérange. Et puis elle ne leur fait pas confiance, s'ils apprennent quoi que ce soit de dérangeant, ils n'hésiteront pas à le retourner contre vous si cela peut leur apporter quelque chose, du moins, d'après elle...

L'Église quant à elle a une part importante de son existence puisqu'elle lui a offerte sa vie : Dévouée corps et âme à l'Ombre, elle a vécu jusqu'à aujourd'hui en faisant le plus d'effort possible pour prouver sa valeur aux yeux de l'Église, ce qui semble avoir réussi à la vue de l'anneau qui brille à son annulaire gauche, le seul bijou que vous ne verrez jamais sur elle d'ailleurs. Rien ne compte plus pour Suzume que les intérêts de l'Église, qu'importe s'il faut sacrifier une partie de la population pour cela, si l'Église décide qu'il faut le faire, c'est alors un mal nécessaire pour le bien de tous. N'essayez pas de lui faire entendre raison, c'est une partie perdue d'avance, son Noviciat à bien fait son travail question conditionnement : c'est une véritable fanatique en herbe, nul ne saurait aller trop loin pour l'Église et pour l'Ombre.

Suzume a très bien compris aussi que l'Église et l'empire doivent rester soudés quoi qu'il arrive, car l'un comme l'autre ils ont besoin de leur soutien mutuel pour rester puissant, bien qu'elle se demande parfois lequel a le plus besoin de l'autre... D'ailleurs, en parlant de cela, il est important de savoir que Suzume porte une haine féroce à tous ceux qui rejette les croyances de l'Ombre ou essaie d'atteindre à la vie des dirigeants de ce monde, tel que le régent ou le prince hérité bientôt empereur, elle ne le connait pas mais l'estime beaucoup par principe. Elle d'ordinaire si calme se montre soudainement sous un autre jour si vous vous montrez dangereux envers l'empire ou l'Église, devenant une tueuse cruelle et ne possédant pas une once de pitié pour ceux ayant reniés la vraie foi. Si vous vous demandez cependant si sa fidélité va d’abord à l’empire ou à l’Église, sachez simplement qu’elle préféra mourir que trahir son Excellence Uriel, qu’importe la raison. Il est le haut-prêtre, elle lui est dévouée tant qu’il en sera ainsi.

Elle hait les philosophes qui rejettent l'Église de l'Ombre et se contente de regarder d'un mauvais œil ceux qui disent y croire encore, mais qui dénigre l'empire. Elle n'aura jamais confiance dans ces beaux parleurs qui utilisent leurs langues ou leurs charmes pour être bien vu de la haute société. Disons que les écouter ne la dérange pas vraiment, puisqu'elle est totalement imperméable à toute influence qui voudrait l'éloigner de ce qu'elle appelle la vérité absolue, c'est-à-dire l'Ombre. Il est impossible pour elle de comprendre leurs besoins de changement de la situation actuelle, si l'Église et l'empire sont si proches l'un de l'autre, n'est-ce pas pour le bien de tous ?

Et puis de toute façon, toute vision d'un état égalitaire est bancale ; il y aura toujours une personne pour diriger dans l'ombre et au finale cette égalité à laquelle les philosophes aspirent tant ne serait qu'une grotesque mascarade dont tout le monde se moqueraient à voix basse. Les nobles sont comme des charognards, ils n'hésiteraient pas s'il le pouvait à renverser le jeune prince pour prendre sa place, la course des femmes pour devenir la nouvelle impératrice est une preuve d'à quel point le pouvoir change les gens. Et c'est pour cela que l'Église est là pour soutenir l'empire quoi qu'il arrive. Nul ne sait ce qui se serait passé sans le Régent, son Excellence Uriel d'Arken, mais d'après Suzume c'est uniquement pour le bien de tous, que l'Église se doit d'être si proche de l'empire, pour le protéger des aristocrates sournois, des philosophes complètement fêlés et des terroristes suicidaires. Oui, réduire le pouvoir de l'Église n'est évidemment pas la solution d'après elle.

Cependant, elle ne tentera jamais rien de son propre chef contre un philosophe, pour la simple et bonne raison que la plupart d'entre eux sont intouchable, protégés par des Maisons d'aristocrates trop dangereuse pour qu'on se permette de se les mettre à dos au grand jour... Qui sait comment ils pourraient se venger d'elle...

Par contre, pour les terroristes c'est toute une autre histoire. Ah ! Ces dangers ambulants. Elle les déteste, ils sont intrépides et ne savent rien faire d'autre que détruire tout comme des bourrins, tuant sur leurs passages trop de fidèle. C'est inadmissible. Elle n'essaie plus de faire de prisonnier sans en avoir reçu l'ordre direct de son Excellence. Elle tue. Froidement, mais proprement, trouvant que faire une boucherie est très peu professionnelle pour une spécialiste du combat, bien qu’assez spectaculaire pour impressionner les débutants… Mais d’après elle un travail rapide et propre est beaucoup plus terrifiant…
Une personne qui n'a rien à perdre, tel qu'un terroriste, est, d'après elle, irrévocablement plus dangereuse que n'importe qui : ils se fichent totalement d'y laisser leurs vies, c'est surement ce qui les rends si dangereux, et c'est pourquoi Suzume ne les prend jamais à la légère, attaquant directement pour essayer de minimiser les pertes d'innocents. Si elle déteste ceux qui n'alimentent plus la foi de l'Ombre, elle a beaucoup d'attention pour tous les fidèles, du moins, tant qu'ils ne se mettent pas en travers de sa route ou celle de l'Église, cela va de soi...

Par contre, il y a quelque chose qui la fascine même si elle sait qu'elle devrait au contraire les trouver repoussant ; les hybrides. Avez-vous déjà vu ces hommes oiseaux ? Ou ces femmes chats ? Hier encore elle a même croisée une gamine avec une queue de paon. Malgré que Suzume se répète sans cesse que cela est une chose horrible allant contre l'Église, elle ne peut s'empêcher de trouver ces créatures captivantes au fond d'elle, au point de vouloir coupablement un, elle aussi, surtout un oiseau, pour elle qui aime être en hauteur c'est parfait d'avoir un esclave pouvant la suivre là où certain rebute d'aller. Cependant, elle a appris avec les années à réprimer ses envies et puis, ce genre de choses coûtent horriblement cher, pas comme si une prêtresse à peine majeur pouvait se le payer...

Les Objets aussi semblent très pratiques, qui ne rêverait pas d'une créature qui ne peut vous désobéir avec une force destructrice ? Un tel esclave doit être une pièce primordiale dans le jeu des aristocrates. Mais Suzume n'en est pas une, et elle ne joue pas encore dans cette cours-là, donc avoir un Objet encore une fois ne lui servirait pas à grand-chose dans l'immédiat, elle sait se battre ou se défendre aussi bien qu'un bon inquisiteur sans parler qu’elle utilise l'ombre mieux que certains prêtres bien plus âgés qu'elle, à quoi cela lui servirait donc ? Elle ressent juste une sorte de dégout qu'elle ne comprend pas pour eux, peut-être à cause du fait qu'il ne soit plus totalement humain, mais qu'aucun attribut hybride ne le montre...

Quant à la science, elle ne l'aime pas, aussi bien les scientifiques que les ingénieurs, les voyant tous d'un mauvais œil, même si c'est grâce à eux qu'il existe ses extraordinaires absurdités hybrides. Quel dommage que le jeune empereur ait tant d'intérêt pour la science, mais cela semble de famille, à croire qu'elle est vouée à devenir la troisième force de l'empire après l'Église et l'aristocratie, du moins c'est ainsi que notre petite tueuse voit les choses.
Mais en vrai... Ce rejet de la science est lié à sa propre peur des scientifiques. Oui, la jeune fille est horrifiée de savoir ce qu'ils sont capables de faire à des êtres vivants. Elle a déjà fait plusieurs cauchemars où elle tombait entre leurs mains folles pour ne ressortir en tant qu'Objet ou hybride. Rien ne lui ferait plus peur que ne plus être une personne à part entière. Autant dire qu'un seul geste brusque d'un scientifique envers elle et l'ombre part toute seule... ça lui a déjà value de se faire réprimander, par chance aucune perte n'a été faite, mais la plupart de ceux travaillant avec l'Église l'évitent maintenant...

Oh, évidemment, vous devinez sans mal que tout cela, Suzume le garde pour elle, hors de question qu'on apprenne un jour qu'elle apprécie ces créatures contre nature, ou qu'elle est horrifiée par les scientifiques. Non, bien sûr. Si on venait à lui poser la question, elle dira alors simplement ce qu'on lui a appris à penser, en bonne petite fille soumise qu'elle est. Elle ment, cependant ce n'est qu'une débutante au « jeu des apparences », et ses silences laissent facilement penser que sa réponse n'est pas toujours celle qu'elle aurait voulue donner, raison pour laquelle elle semble être une élève très appliquée et soucieuse de progresser vite à ce petit jeu, pour ne pas se faire manger en chemin...



Description : Qui êtes-vous et à quoi ressemblez-vous ?

Souvent, vous ne la remarquez pas immédiatement. Il faut dire qu'elle reste toujours en retrait, cachée dans l'ombre à vous regarder sans pour autant marquer sa présence, silencieuse spectatrice prête à agir au moindre de vos faux pas, ou d'un simple hochement de tête. Soudainement vous sursautez, vous venez de croiser ses yeux d'un azur troublant qui vous fixe sans ciller. Ça y est, vous la voyez, pire, vous ne voyez plus qu'elle et vous comprenez soudainement d'où venait cette détestable sensation d'être constamment surveillé depuis que vous êtes entré dans cette pièce. Depuis combien de temps vous regarde-t-elle ? Qu'a-t-elle vue ? Plus vous la regardez, moins elle vous inspire confiance cette gamine toute vêtue de noir ; surtout avec cette longue cape qui lui cache une partie du visage, comme un assassin. Quelle idée de mettre sa capuche en intérieur ! Seul ses yeux et quelques mèches bleues se perdant sur son front sont alors visibles, ces yeux qui ne vous lâche pas et vous fixe avec une insistance presque impolie.

Mais quand a-t-elle à faire de la politesse ? Cela vous surprend au début, mais aucun sentiment néfaste n'est visible dans son regard d'une impassibilité dérangeante, elle ne se le permettrait pas, ou du moins, ne vous laissera jamais deviner le fond de sa pensée. Elle ne fait que vous observez, rien de plus, pour l'instant du moins. Suzume passe souvent des heures à regarder les autres agir sans un mot, apprenant, comprenant, puis imitant. Elle apprend vite, très vite, trop peut-être, ce qui en effraie plus d'un....

Elle ne vous parait pas vraiment grande, ce qui la fait sembler encore plus jeune qu'elle ne l'est vraiment. Vous lui donnerez quoi ? Allez, quinze ans tout au plus. Ne vous en fait pas, ça ne la dérange pas que vous la preniez pour plus jeune qu'elle ne l'est, en général devant une enfant, les gens baissent inconsciemment leurs gardes. Grossière erreur. Mortel face à elle. C'est son calme à toutes épreuves et son silence pesant qui finira par vous faire penser qu'elle a peut-être un peu plus âgée que vous ne le conceviez au premier abord, hélas sa lourde cape cache toute forme pouvant vous donner une idée de son âge réel...

Vous avez envie de lui dire de regarder autre chose, de lui demander si elle n'a pas mieux à faire que vous fixer bêtement . Et soudainement vous serrez le poing d'agacement. Elle le remarque, mais ne dit rien, baissant les yeux un instant sur votre main avant de revenir fixer votre regard avec encore plus d'intensité, mais il vous semble y déceler une touche d'ironie. Elle se moque silencieusement de votre faiblesse, vous en êtes certains. Oui, car vous n'oserez pas lui dire qu'elle vous dérange, elle le sait. Pourquoi vos paroles se bloquent? Pourquoi soudainement vous vous retrouvez muet ? Qui sait, peut-être à cause de tout ce noir sur elle, ou du calme glacial qui habille ses prunelles azure. Petit à petit, sans qu'elle n'ait rien à faire, sa présence devient désagréable, dérangeante...

Insupportable.

Vous savez au fond de vous qu'il faut se méfier de cette fille comme d'une vipère, car elle n'a de fragile que l'apparence. Vous n'avez plus de doute, cette enfant est une prêtresse confirmée, l'anneau que vous avez cru voir briller un instant à son doigt ne fait que renforcer votre méfiance à son égard, parce que vous savez à quel point chez ces gens-là, l'apparence ne veut rien dire, il suffit de regarder le haut prêtre, aussi fragile qu'une brindille et pourtant plus dangereux que beaucoup sur cette terre... Maintenant que vous savez, vous ne la quittez plus des yeux. Que vous veut-elle ? Nerveux, vous finissez par vous lever de votre fauteuil, avec la ferme intention de mettre cette histoire au clair. Elle vous regarde faire, mais ne dit rien.

Compte Naviri ? Son excellence va vous recevoir, si vous voulez bien vous donner la peine de me suivre...

Vous voilà coupé dans votre élan, la bouche ouverte. Vous vous tournez alors vers celle qui vous appelle pour lui répondre avec un sourire aimable que vous arrivez de ce pas, oubliant cette ombre qui, un instant plus tôt, vous mettez si mal à l'aise. Il n'est pas trop tôt, l'air devenait irrespirable dans cette pièce pourtant si spacieuse. Il vous semble entendre le bruissement d'une cape derrière vous, cependant grâce à votre contrôle de vous-même, vous ne vous retournez pas, trop fier pour cela. Si elle a aussi rendez-vous, manifestement elle attendra. C'est d'un pas rapide que vous quittez la pièce, satisfait d'être enfin reçu. Mais vous n'êtes pas tranquille, vous n'arrivez pas à être à l'aise en la sachant dans votre dos. D'un coup d'oeil vous remarquez alors qu'elle n'est plus là. Un soupir de soulagement vous échappe, malgré vous. Tant mieux, vous en aviez assez de cette petite...

Et pourtant... Là, au fond de vous, vous sentez quelque chose de désagréable, comme un malaise, doucement, mais tranquillement, s'insinuant tel un poison. Cette question est au bout de vos lèvres, et pourtant vous n'oserez la poser à personne : Qui était-elle ?

Suzume Zhang-Jian.
On la compare souvent à une vipère. Pas pour sa mauvaise langue, mais plutôt pour le fait qu'elle n'attaque que pour tuer, bref, rapide et efficace. Elle n'hésitera jamais s'il faut éliminer un hérétique... Non, en fait elle n'hésitera jamais tout court à tuer tant qu'elle en aura reçu l'ordre, qu'elle en connaisse ou non les raisons. Bien sûr, elle demandera des explications, mais si elle n'en reçoit pas, elle se contentera de s'exécuter, proprement, efficacement à l'image d'un inquisiteur...
Pourtant, c'est bel et bien une prêtresse que vous avez devant vous et, même si sa spécialisation reste le combat, elle est tout à fait capable de guider la populace vers la foi de l'Ombre. Mais avouons-le clairement, cela n'est pas son véritable point fort, disons que de ce côté-là elle est encore en apprentissage, par chance, elle apprend très vite. À vrai dire à part pour psalmodier la foi au peuple, il est très rare de l'entendre parler, d'ailleurs ses maîtres la pensèrent au début de son Noviciat muette... Elle ne parlait jamais à personne, cette petite fille qui déjà fixait de ses grands yeux bleus tout le monde pour comprendre et apprendre, c'est une mauvaise habitude qu'elle a depuis l'enfance et qui met facilement mal à l'aise, cependant, c'est grâce à cela, en plus de son talent pour la maitrise de l'ombre, qu'elle en est là aujourd'hui, on apprend beaucoup par le regard, plus qu'on ne pourrait le croire.

Silencieuse, agile et discrète, elle est l'archétype de l'assassin aussi bien dans sa façon d'être que de se mouvoir. Elle n'a pas d'attache, personne qu'on pourrait utiliser pour faire pression sur elle. Même les autres prêtres ne savent rien d'elle, elle cultive le gout du mystère bien malgré elle, n'étant que très peu bavarde. Une parfaite tueuse en somme, méthodique et réfléchie tant qu'on ne la met pas en colère. Et pourtant, en théorie ce n'en est pas une, ou du moins pas officiellement, après tout le bras armé de l'Église n'est autre que l'inquisition... Mais cela n'est pas une raison de ne pas vous méfiez d'elle, si elle a le choix, elle réglera toujours les problèmes par la force plutôt que par la parole. Elle n'aime pas tuer, c'est vrai, mais elle s'empressera de le faire si c'est au nom de l'équilibre, de l'Église, de l'Ombre, ou simplement par ordre du haut prêtre.
Par contre, elle adore combattre et manier les ombres, aussi n'hésitera-t-elle que rarement à sauter sur une occasion de l'utiliser, le tout avec un calme qu'on n'attend pas d'une enfant. D'ailleurs elle n'a plus grand-chose d'une enfant depuis déjà des années ; calme, réfléchie, mature et ne s'amusant jamais avec les autres de son âge, elle ressemble plus à une adulte dans le corps d'une jeune fille. Elle n'a pas d'ami, ne voulant pas s'encombrer de cela, et ne prenant jamais le temps d'avoir de conversation futile sur « qui est le plus beau noble héritier » ou « choisir les dix prêtres les plus canons ». Pendant que d'autres s'amusaient et draguaient, elle se contentait de tuer les hérétiques, tandis qu'ils rêvaient et riaient, elle s'entraînait sans relâche pour perfectionner son art. Elle n'a pas eu réellement d'enfance, mais au fond, elle n'en a jamais voulue une, elle se plait comme elle est et ne cherche à changer que dans l'optique d'être un jour haute prêtresse, son rêve caché. Suzume possède une réelle passion pour l'art sombre, et ne n'éprouvera donc jamais de lassitude à s'entrainer que ce soit seul ou dans des combats amicaux (qui bien vite, deviennent un peu trop sérieux remarquez). C'est surement cette passion liée à son talent qui l'ont tant aidé à se propulser pour devenir une prêtresse confirmée dès sa majorité, qui plus est, protégée de son Excellence.

C'est en effet une enfant maîtrisant presque totalement ses émotions grâces à de longues heures de méditation. Son visage restera bien souvent neutre comme celui d'une poupée de porcelaine impassible et pourtant, elle ne cesse jamais de réfléchir, se posant des questions dont même l'Ombre ne doit pas en connaitre les réponses. Elle se pose des questions sur l'aristocratie, sur le peuple, sur la science, sur elle-même, sur un millier de choses et même sur l'empire, mais jamais au grand jamais sur l'Église. Pour elle tout ce qui touche l'Église à une réponse gravée au fer rouge dans sa tête, il suffit qu'elle cherche, parfois elle n'a même pas besoin que la réponse sort de ses lèvres avant qu'elle n'ait le temps d'y réfléchir. C'est un sujet sur lequel il est impossible de parler avec cette petite fanatique en herbe si on ne va pas dans son sens. Pour le reste de ses questions, il est rare qu'elle les pose à haute voix, surement par peur des réponses ou d'avoir des propos déplacés. Alors, Suzume cherchera la réponse d'elle-même, par l'observation par exemple, ou dans les livres qui sont une source de connaissance sans fin pour elle, mais qu'elle ne prend le temps de lire que depuis quelques années, n'ayant plus besoin de méditer autant qu'avant, elle a remplacé ses longues heures de silence et de contrôle de soi-même, par des livres et de nouvelles connaissances. Suzume ne cesse jamais d'apprendre, sa soif de connaissance est sans fin.

Quoi qu'il en soit, nul ne saura mettre réellement cette gamine en colère si ce n'est deux choses : Ne faites jamais l'erreur de critiquer l'Ombre ou l'Église devant elle, c'est un des meilleurs moyens de se condamner bêtement, même si vous êtes un bon mage de la terre : de ce qu'on peut entendre, on dit d'elle qu'elle dépasse déjà dans sa maitrise l'art sombre beaucoup de prêtres pourtant très fort et qu'elle n'a rien à envier aux Inquisiteurs quand il s'agit d'offensive. On parle d'elle comme une des futures candidates au poste de haute prêtresse, elle le sait, et est bien décidée à l'emporter, mais ça, elle n'en parle pas, à tel point qu'on pense que cela ne l'intéresse pas. C'est faux, mais rare sont ceux à le savoir ou le deviner. Elle se contente de continuer à progresser, encore et toujours, jusqu'aux jours où elle dépassera son modèle, celui à qui elle doit beaucoup, pour prendre sa place. Mais ce jour est loin, si loin qu'elle n'y pense que rarement, se contentant de servir l'Église, gardant toutes ses idées de futur pour elle, dans un coin de sa tête, et faisant de son mieux pour ne pas mourir d'ici là...


Récit d'une vie

Que voulez-vous que je vous dise sur elle ? Ce que vous aimeriez savoir ou ce que vous savez déjà ? Et puis d'abord, que savez-vous d'elle ? Suzume est connue dans l'Église pour cultiver le gout du secret, mais reste à savoir si c'est réellement parce qu'elle a quelque chose à cacher, parce qu'elle n'aime pas parler d'elle, ou encore juste parce qu'elle-même l'ignore. Mais reprenons depuis le début voulez-vous ? Ce sera plus simple par la suite de comprendre pourquoi il est si important, pour elle, de rester la plus mystérieuse possible...

--

« Il parait qu'il est important de connaitre ses origines pour se construire. Quand on entre dans l'Eglise, on laisse pourtant tout ce qu'on était derrière soi. À quoi cela sert donc, les origines ?»


Ouvrant les yeux soudainement, Ya-Ming resta un instant ainsi, allongée dans son lit. Qu'est-ce qui venait de la réveiller ainsi ? Reprenant doucement conscience du monde qui l'entourait elle remarqua soudainement que quelqu'un frappait à la porte avec force. Mais il y avait autre chose aussi. Des cris de bébé ? Soudainement intriguée, elle regarda par sa fenêtre pour voir qui frappait ainsi à sa porte, et fut surprise d'y voir une silhouette familière. Sa soeur.

Sans perdre une seconde elle rejoignit la porte et l'ouvra, laissant une jeune fille couverte de neige entrer, un bébé pleurant avec toute la force que ses petits poumons lui permettait. Devant un tel spectacle, Ya-Ming se retrouva toute bête. Mais que diable faisait sa soeur ici, chez elle, en plein milieu de la nuit ?

Seo, mais... Par l'Ombre toute puissante, que fais-tu là ? Et c'est quoi ça ?

Fit-elle en désignant le bébé qui s'arrêtait doucement de gindre maintenant que le vent glacial ne lui meurtrissait plus le visage. Reprenant sa respiration, la dite Seo remit ses cheveux blonds en place avant de regarder Ya-Ming, l'air suppliante. Elle semblait vraiment perdue, voir même morte de peur. C'était à n'y rien comprendre. Attendant une explication, Ya-Ming alla tout de même chercher une couverture pour y enrouler sa petite soeur avant qu'elle ne meurt de froid sous ses yeux.

Je ne savais pas où aller, il ne... Il ne fallait pas qu'on découvre cet enfant...

Cet enfant ? Que veux-tu dire ? Soit plus clair nom de l'Ombre.

Hésitant un instant, Seo enleva d'une main tremblante de froid le linge qui protégeait le nourrisson du vent de dehors, laissant apparaitre deux yeux d'un azure profond ainsi que quelques rares cheveux bleus se battant en duel sur sa petite tête. Retenant un hoquet de surprise, Ya-Ming mit sa main devant sa bouche avec force, tout en faisant un pas en arrière comme si la vision de cet adorable bébé venait de la bruler. La peur laissa place à l'étonnement et Ya-Ming répondit d'une voix hâtive.

Que fait tu encore avec ?! Tue-le, avant que le Marquis vous fasse disparaitre tous les deux.

Je ne peux pas, protesta sa soeur avec un désespoir cuisant dans la voix, c'est aussi ma fille ! Il ne sait pas que j'étais enceinte j'ai parfaitement pu le cacher, il était complètement ivre ce soit là de plus. Mais maintenant qu'elle est née je ne sais plus quoi faire...

Regardant cette enfant comme si elle ne voulait pas y croire, Ya-Ming fut prise d'horreur en comprenant pourquoi sa petite soeur était venue la voir. Seo n'aurait jamais pu cacher l'enfant au Marquis puisqu'elle travaillait là-bas en tant que servante, cependant sa grande soeur Tavernière en ville pourrait facilement garder cette aberration loin des yeux du Marquis qui ne voulait pas avoir de bâtard en vie, sa femme attendant de lui une fidélité exemplaire.

De ce que savait Ya-Ming, c'est d'elle qu'il tenait son titre. Il était Baron en Semi et ce mariage avait été une occasion pour lui d'augmenter son titre, cependant dans la famille d'Estelone c'était la femme qui avait le plus de pouvoir, l'héritage se faisant de mère en fille, ce qui faisait de la marquise une femme puissante que les moeurs nouvelles de l'aristocratie dégoûtaient horriblement, aussi la marquise n'avait-elle pas hésité à menacer son époux à la moindre infidélité, et tout le monde savait que c'était une femme assez dangereuse. Autant dire que le Marquis ne laissait donc aucune preuve de ses nombreuses fautes... Surtout pas une preuve étant son porté craché comme celle qui s'endormait doucement dans les bras tendres de sa mère...

Ya-Ming avait toujours dit à sa soeur qu'elle était trop belle pour aller travailler dans ce nid à merde, mais en bonne gamine rêveuse et insouciante, elle avait réellement crue que le Marquis finirait par partir avec elle. Au finale, cette histoire avait donné plus d'emmerde qu'autre chose, et comme toujours ça retombait sur le dos de l'ainée...

Il est hors de question que je garde ça, c'est un coup à disparaitre du jour au lendemain. Noie-la ou vend-la, mais je m'en occuperais pas, cette petite causera notre mort si elle vie.

Je t'en prie, juste le temps que je trouve une autre solution, ce ne sera l'histoire qu'un ou deux ans... Peut-être trois...

C'est ça, et à dix ans elle et moi seront retrouvées empoissonnées et toi écartelée, je ne veux pas être mêlée à ça, assume tes erreurs. Fais la disparaitre et tout redeviendra normal, c'est la meilleure chose à faire, on n'est pas de taille contre ces gens-là.

Ya-Ming, c'est ta nièce...

Lui tendant le bébé avec tout le désespoir possible pour lui faire changer d'avis, Seo la supplia du regard, espérant réussir à l'attendrir. Ya-Ming n'était dure que d'apparence après tout. Il fallut bien quelques minutes d'un regard allant de sa soeur à sa nièce pour qu'elle finisse par prendre l'enfant qui avait depuis longtemps cessé de pleurer pour s'endormir dans bras. Seo sembla respirer de nouveau, heureuse d'avoir trouvé un sursis pour son enfant. Sa toute petite fille.

Cinq ans, pas une année de plus ou on finira toutes brûlées. Lui as-tu trouvée un prénom au moins ?

Elle s'appelle Suzume, je suis sûre que ce sera une enfant adorable...

Moineau? Après de longues minutes d'hésitation, la femme aux longs cheveux noirs hocha de la tête avec un soupire, allant placer l'enfant dans la couverture à l'origine pour sa soeur. Cette dernière, soulagée de savoir sa fille à l'abri pour au moins cinq ans quitta les lieux, rentrant avant que qui que ce soit ne remarque sa disparition...
---

« L'innocence n'existe pas. On aime à y croire, car on refuse de regarder notre reflet en face et de se dire qu'on a toujours été ainsi sans notion de bien ou de mal: Dans ce cas, les enfants ne sont-ils pas ce qu'il y a de plus cruel au monde? »


Suzume, dépêche-toi !

À cet appel, une petite tête bleutée s'éleva des hautes herbes. Une femme l'appelait à l'autre bout du champ, impatiente et nerveuse, presque énervée, comme si elle espérait secrètement que personne ne les suive. Ce genre de comportement n'était pas habituel de tante Ya...

Sans un mot, la petite revint vers sa tante, un bouquet de coquelicot à la main. Cette fleur puait affreusement, mais sa couleur rouge si prononcée avait toujours énormément plu à Suzume qui faisait un effort pour ignorer l'odeur, juste le temps de décortiquer chaque pétale un à un avant de jeter la fleur devenue affreuse sans ses apparats...

Où allons-nous ma tante ?

Fit-elle d'une petite voix, continuant de massacrer les fleurs dans ses mains, le tout avec minutions, comme si cela demandait bien plus d'attention qu'on aurait pu le croire. Ce matin elles étaient rentrées du marché très tôt, beaucoup plus tôt que d'habitude en fait. Tante Ya avait semblé souffrante tout à coup et avait pris Suzume par la main pour partir à toute jambe. On aurait dit qu'elle avait vu un fantôme. Et manifestement, face à la peur que Suzume lisait dans chacun de ses gestes, le fantôme aussi l'avait vu.

Les pétales tombaient un à un par terre, soit réduit à l'état de boule ou de charpie. Les enfants s'amusent bien plus à détruire qu'à simplement admirer quelque chose, surtout quand l'abimer peut-être si amusant, comme arracher les pattes des insectes d'ailleurs. Mais la réponse de sa tante, en attendant, n'arrivait toujours pas. Tournant son petit visage de poupon vers l'adulte, elle remarqua qu'elle semblait toujours aussi préoccupée... Surement n'avait-elle même pas entendue la question de la petite. Tant pis, si elle n'avait pas envie de l'écouter, Suzume n'allait pas insister, ça ne lui ressemblait pas. Haussant des épaules, elle continua à jouer avec ses fleurs, sans se rendre compte qu'elles s'éloignaient de la ville, chantonnant la comptine que lui avait apprise sa mère...

---

« Parfois je me demande : n'aurait-il pas était mieux qu'on me noie à la naissance ? »


Je ne te demande pas l'impossible ! Juste que toi et ta soeur vous l'ameniez jusqu'à Ishtar, la marquise déteste cette ville, là-bas il ne pourra jamais la trouver !

Les cris raisonnaient à l'intérieur de la petite mansarde, à tel point que Suzume n'avait pas vraiment besoin d'espionner pour écouter la conversation. Mais tout de même, dans le doute elle s'était cachée sous la table pour pouvoir en suivre tous les dialogues. Elle adorait écouter les grandes personnes en secret, parfois ils disaient des choses très importantes, et puis sous la table, à l'abri des regards elle se sentait parfaitement en sécurité. C'est qu'à cinq ans, on aime entendre ce qu'on ne devrait pas savoir, surtout quand ça semble nous concerner.

Allons c'est de la folie, que veux-tu qu'on en fasse une fois là-bas ? La vendre au plus offrant ? À cette vitesse elle finira disséquée, je ne vois pas la différence entre mourir ici ou là-bas. Cette gamine est une aberration, ta soeur aurait dû la tuer plutôt que s'en encombrer.

Un silence lourd remplit la salle tandis que Suzume cherchait à comprendre ce qu'on disait au-dessus d'elle. Il y avait beaucoup de mots compliqués, et c'était peut-être un peu trop pour une enfant, mais elle compris tout au plus qu'on avait l'idée de l'amener quelque part par l'intermédiaire de Fei et sa soeur, Minae. Suzume ne savait pas vraiment ce qu'ils faisaient, mais tante Ya lui avait expliqué qu'ils allaient les voir parce qu'il s'était passé quelque chose de très grave. À part le fait que Suzume ait cassée une assiette ce matin-là, elle ne voyait pas ce qu'il y avait eu de grave aujourd'hui. Ça devait avoir un rapport avec le fantôme. Depuis le marché, tante Ya semblait vraiment mal à l'aise. Morte de peur même...

Et l'Église ? Tu n'auras qu'à la déposer à l'église, ils prennent n'importe qui, là-bas elle sera en sécurité...

Cette fois c'est un rire qui éclata derrière la nappe. Pourquoi riait-il ? Surtout que son rire n'avait rien de joyeux, il semblait même triste et méchant. Suzume n'aurait su l'expliquer, mais elle ne l'aimait pas. L'homme se laissa tomber brutalement sur sa chaise, faisant sursauter la petite qui ne s'y était pas attendue. C'est seulement en mettant ses deux mains devant la bouche qu'elle put empêcher un cri de surprise de passer ses lèvres.

Tu es complètement folle Ya-Ming, si elle n'a aucun talent ils la jetteront tout simplement.

Alors, donne l'à un cirque, vend là à un aristo pour en faire femme de chambre, fait la devenir ouvrière, je m'en fous, mais donne lui une chance de vivre. Si elle reste ici, elle ne passera pas la nuit : il l'a vu.

De nouveau un silence, mais sous la table Suzume ne se sentait plus très bien. Toute cette histoire ne lui disait rien qui vaille. Elle ne comprenait pas pourquoi, mais elle avait la sourde impression qu'un danger très important planait au-dessus d'elle et qu'à cause de ça, tante Ya ne voulait plus d'elle. Elle n'avait plus envie d'écouter, ce jeu n'était plus amusant soudainement. Elle avait envie de partir se cacher dans son lit.
Elle voulait sa maman.

Si tu refuses Fei c'est moi qui l'amènerais, il est hors de question de laisser cette petite se faire tuer... Espérons juste qu'elle à un quelconque potentiel pour devenir prêtresse, trapéziste ou n'importe quoi d'autre.

C'était Minae qui venait de parler, la gamine reconnaissait sa voix cristalline et trop haute perchée, un peu comme celle de maman. Un soupire raisonna puis l'air sembla redevenir fluide. Suzume ne compris pas très bien ce qui se passa mais l'envie de voir sa maman se fit encore plus forte. Elle avait juste envie d'être dans ses bras et de l'écouter lui raconter une histoire. Pourquoi sa mère venait si rarement la voir ?... La dernière fois qu'elle avait eu sa visite remontait à deux semaines maintenant, d'ailleurs cette fois-là, la petite avait été très malade et sa mère lui avait promis de lui ramener des gâteaux de là où elle travaillait. Suzume n'a jamais su où elle travaillait d'ailleurs. Tout comme elle n'a jamais su le gout des gâteaux qu'elle devait lui ramener...

---
« Quoi qu'il arrive, on enviera toujours notre voisin pour ce qu'il a et que nous n'avons pas. Pourquoi ne pouvons-nous jamais nous satisfaire de nos propres qualités? »

D'un mouvement fluide et élégant, Suzume commença à se déplacer, faisant se mouvoir l'ombre de la façon exacte qu'elle lui dictait, bien décidée à rendre son maniement encore plus souple, comme un serpent se mouvant jusqu'à sa proie avant de fondre dessus. Toujours se perfectionner et ne jamais s'arrêter d'avancer, c'était là la base de l'entraine. C'est seulement ainsi qu'on restait dans les meilleurs, il n'y avait pas de miracle. Oh, bien sûr Suzume était étonnamment plus douée que la moyenne, on la disait même parfois plus prometteuse que l'actuel Haut prête, Uriel D'Arken, à son âge. Bah, même si cela était vrai ce n'était pas une raison pour se reposer sur ses lauriers, le talent seul ne sert à rien, ceux qui s'enorgueillissent de cela finisse souvent dépassés par ceux qui se donnent les moyens de réussir. Suzume ne voulait pas être dépassée. Par chance il semblerait que l'Ombre soit de son côté, car peu de temps après le décès du regretter Haut prêtre Alarin, Uriel avait alors pris la petite sous son aile. Ses maîtres avaient changé du jour au lendemain, les nouveaux étaient peut-être plus durs, mais elle progressait encore plus vite, à un rythme bien plus soutenu allant avec ses capacités. D'un autre mouvement semblable à une danse, elle continua son entrainement, l'ombre lui obéissant docilement.
Il avait été décidé qu'elle suivrait une formation de combat et, si au début l'idée lui avait déplu, n'y voyait pas l'utilité, elle s'en était vite satisfait en voyant à quel point sa maitrise de l'ombre était poussée de façon à contrebalancer la faiblesse physique de la plupart des prêtre. Elle n'apprenait pas seulement à manier les ombres, mais aussi à combattre avec, à lier ses mouvements et sa volonté à l'ombre, et s'il le fallait, à se défendre au corps à corps (bien qu'il lui était conseillée vivement d'éviter cela et de s'éloigner au plus vite de sa cible, un prêtre n'équivalant que rarement un combattant au corps à corps). Suzume était la meilleure des apprentis de son âge, ce qui lui valait les faveurs de son excellence.
Cependant, cela demandait beaucoup d'entrainement pour continuer de progresser, avec ou sans professeur.

Époumonée, elle posa ses mains sur ses genoux, reprenant son souffle alors que de grosses perles de sueur coulaient le long de son visage rougi par l'effort. Elle s'était assez entraînée pour aujourd'hui, encore une ou deux heures de méditation et elle arrêterait au risque de finir par en demander trop à son corps. C'était le revers de la médaille. Plus tu es talentueux, plus tu as de potentiel. Plus tu as de potentiel, plus il te faut t'entrainer pour arriver au total de tes capacités.
D'un geste lasse elle se laissa tomber sur le toit qu'elle avait choisi pour s'entrainer à l'abri des regards, se faisant par la même occasion mal aux reins. Bah, qu'importe, elle était jeune et pouvait facilement supporter quelques douleurs. Suzume passait tout son temps libre en hauteur. Pourquoi ? Qu'importe les raisons, depuis qu'elle avait appris à utiliser l'agilité et la souplesse de son corps jeune d'enfant, elle n'avait cessé de monter un peu partout, jusqu'à se rendre compte que les toits étaient parfaits quand on ne voulait pas être dérangé. Enfin cela lui avait value une fois de faire une chute magistrale à laquelle elle ne devait sa survie qu'à un prêtre passant par chance à ce moment-là... Bon il ne l'avait pas vraiment rattrapé, voulant plus se protéger de ce qui lui tombait dessus, mais l'essentielle était qu'elle s'en était sortie qu'avec une jambe cassée... Mais avait failli assassiner le médecin quand il avait voulu lui faire je ne sais quoi, lui promettant qu'en échange elle pourrait marcher dès le lendemain. Refusant de façon plutôt directe, elle avait donc passée ses journées à méditer et étudier jusqu'à aller mieux.

Levant la tête, Suzume regarda le soleil décliner doucement. Que disait le verset déjà ? Oh, elle ne s'en rappelait plus... Autant sa maitrise de l'ombre était époustouflante, autant apprendre les versets lui demandaient plus d'étude. C'était en pratique qu'elle excellait, la théorie lui demandait autant d'effort qu'à n'importe qui. En même temps elle ne savait pas encore très bien lire par rapport à d'autre dont les parents avaient donné la meilleure éducation jusqu'ici. Suzume savait comment on servait une chope d'hydromels, mais pas toujours comment on lisait une phrase, et encore moins l'écrire. Tout ça lui semblait si loin aujourd'hui d'ailleurs. Plus les années passaient, plus les visages de sa mère ou de sa tante se faisaient flous. Il ne lui restait maintenant qu'un étrange sentiment de sécurité et de douceur quand elle pensait à sa mère, et une agréable odeur de pain chaud quand elle pensait à sa tante. Parfois Suzume hésitait, devait-elle leur en vouloir pour l'avoir abandonnée ici, ou au contraire leur en être reconnaissante ? Grace à cela elle avait pu devenir quelqu'un, même si le prix avait été sa vie. Huit ans déjà... Avec un sourire désabusé, elle se laissa tomber contre les tuiles pour s'allonger, regardant le ciel, presque avec lassitude. Qu'est-ce qu'elle pouvait aimer contempler cette étendue de bleu, pendant un instant, elle oubliait tout le reste. Et pourtant elle avait tant encore à apprendre, tant à savoir.
Mais un pas après l'autre. Une journée à la fois.

---
« Quand quelque chose est fait pour le plus grand bien de tous, il n'y a rien à regretter, on a fait ce qu'il fallait faire, n'est-ce pas ? N'est-ce pas ? »

Dans un bruit qui lui parut horriblement fort, le corps s'affaissa au sol, transpercé de toute part par l'ombre. Par son ombre. Elle n'arrivait pas à décoller ses yeux grands ouverts du corps encore chaud de sa victime, comme si elle s'attendait à tout moment à voir la terre s'ouvrir pour les engloutir goulument, lui, elle, et tout le reste. Elle venait de tuer quelqu'un pour la première fois.
Soudainement, elle eut terriblement froid et tout lui sembla atrocement hostile. Même cette personne en noire à ses côtés. Même ce cadavre devant elle qui dans un bruit désagréable se vidait de son sang...

Quel âge avait-elle ? Surement encore trop jeune pour être considérée comme une femme, mais déjà assez grande pour ne plus être vue comme une enfant. Pourtant, à cet instant précis elle avait l'impression d'une fillette, d'une toute petite fille prête à fondre en larme sans raison devant ce corps étalé là. Elle avait tué quelqu'un, d'un mouvement parfait, comme elle en faisait tous les jours. Elle avait transpercé sa tête d'une sorte de lame d'ombre. Ce n'est qu'une fois le corps à terre qu'elle avait réalisée, trop prise par l'adrénaline avant ça. Elle avait bien visé, pile entre les deux yeux puis le coeur, mais vous me direz, elle était entraînée pour ça. Les premiers effluves lui montèrent au nez, vous savez, cette chaude et lourde odeur de sang qui remplissait l'air bien trop vite. Un haut-de-coeur lui vint brusquement. Elle allait vomir. Elle allait pleurer. Voir les deux.

Brusquement une main s'abattit sur son épaule, avec douceur, mais fermeté, lui faisant cligner des yeux plusieurs fois alors qu'elle s'obligeait à revenir dans la réalité. Tournant ses yeux azures, elle croisa un regard émeraude qu'elle connaissait bien, mais qui pour la première fois, lui sembla inconnu. Son masque n'était plus là, il n'y avait plus la Suzume de glace sans un sentiment sur son visage de poupée de porcelaine. Non, ses yeux étaient trop humides et une grimace désorientée abîmait son doux visage. Pitoyable, c'est tout ce qu'elle était à cet instant. À chaque fois qu'elle y repense maintenant, elle a envie de se frapper.

Tu as fait ce qu'il fallait.

Vraiment ? Elle avait fait ce qu'il fallait ? Après tout cet homme était un ennemi de l'Empire, et quiconque se lève contre l'empire attaque l'Église, surtout en reniant l'Ombre. Alors, il fallait qu'il meurt, parce qu'il ne croyait pas en l'Ombre, n'est-ce pas ? Nulle cruauté n'ait trop grande pour eux... N'est-ce pas ?

Suzume, c'est du bon travail, on rentre maintenant...

Sa respiration se calma doucement alors qu'elle ne quittait plus le cadavre des yeux. Elle avait tué quelqu'un pour l'empire. Non, pour l'Eglise. Pour l'Ombre. L'Ombre était l'unique vérité. Et la vérité était forcément bonne. Qu'importe sa forme. Elle avait tué quelqu'un parce qu'il fallait le faire. Et elle recommencerait autant de fois qu'il le faudrait. Pour l'Ombre.
Elle avait fait ce qu'il fallait.
Finalement aucune larme ne coula. D'un revers de manche rapide, Suzume fit disparaitre l'humidité de ses yeux, et quand elle eut finit, son visage était de nouveau égal à lui-même ; Froid et neutre, comme il aurait toujours dû l'être. Prêtresse Esperance regarda encore un instant Suzume, surprise de la voir déjà reprise, mais hocha de la tête, cette gamine était une surdouée, mais Esperance s'était surprise à croire l'espace d'un instant qu'elle aurait fondue en larme. Mais bien sûr que non, Suzume ne s'abaisserait jamais à cela, n'est-ce pas ?

Tu as fait ce qu'il fallait...

Répéta-t-elle doucement en la prenant maternellement par l'épaule, la conduisant vers le monastère. Mais d'un geste doux, mais ferme, Suzume s'en dégagea, hochant de la tête devant sa remarque. Elle n'avait pas besoin ni de sa gentillesse, ni de sa pitié. Pas maintenant, pas comme ça. Ça lui donnait l'impression d'être faible, et rien à ses yeux n'était plus insupportable qu'être faible.
Oui, répétez-lui qu'elle n'avait rien fait de mal, qu'au contraire elle avait bien fait. Répétez-lui qu'il fallait le faire pour l'Église, pour l'Ombre, pour la vérité. Répétez-lui jusqu'à ce que cela s'imprime au fer rouge dans sa mémoire. Un hérétique était mort.
Elle avait servi l'Ombre en le tuant.
Elle avait fait son devoir.
Ce fut l'unique fois où Suzume ressentit une once de culpabilité à l'idée de tuer quelqu'un. À partir de ce jour-là, à chaque fois que quelqu'un mourra de sa main, cette phrase lui revient inconsciemment à l'esprit, après tout, qui a-t-il de mieux que de servir l'Ombre en tuant ceux qui s'oppose à elle ? L'Ombre est l'équilibre, la vérité, qu'importe la forme qu'elle prend. Même souillé de sang, l'Ombre reste parfaite dans son équilibre contant. Tant que l'Eglise suivra l'empire, alors s'élever contre lui sera s'élever contre elle.
---


« Ne vous êtes-vous jamais demandez d'où venait toute cette magie qu'on utilise ? Moi, oui, souvent même...»


Elle ne savait pas quoi, mais quelque chose n'allait pas, elle le sentait, elle le voyait, mais surtout, elle le ressentait dans son corps. Suzume n'arrivait plus à manier les ombres aussi bien que d'habitude, et elle n'était pas la seule dans cet état. Quelque chose n'allait décidément pas du tout, elle avait même faillit se ramasser lamentablement en voulant descendre d'un toit, raison pour laquelle elle avait momentanément décidée de faire comme tout le monde et se de marcher dans les rues. D'un geste qui devenait doucement habituelle, elle tourna de son pouce l'anneau d'argent qui sertissait désormais son annulaire gauche. Quelque chose n'allait pas, et cela l'agaçait prodigieusement. Il paraissait même que le Haut prête en personne avait raté une prestation devant les jeunes apprentis, c'était à ne plus rien comprendre. Ils avaient tous mangé quelques choses de pas bon ou quoi ? Ou alors cela avait un rapport avec l'alignement des étoiles ou une connerie de ce genre ? Une question bien compliquée qui pour la première fois, depuis longtemps, fit peur à Suzume. Elle était plus faible, donc plus facile à atteindre. Plus vulnérable. Mortelle. Elle prit peur.

Soudainement elle accéléra le pas, par chance elle avait pu éliminer sa cible assez rapidement et proprement cette nuit, elle avait ensuite vendue le cadavre à un scientifique pour s'en débarrasser et ne n'avait pas voulue au grand jamais voulue savoir ce qu'il allait en faire. Maintenant, il suffisait de rentrer à l'abri, au Monastère. Ce n'était vraiment pas le bon moment pour trainer dehors.
Elle le comprit quand elle sentie un mouvement derrière elle. Surement que n'importe quels autres prêtre n'étant pas spécialisés dans le combat serait mort avant d'avoir eu le temps de le comprendre, mais par chance les réflexes de Suzume agissaient bien souvent avant elle, aussi esquiva-t-elle la lame tout en envoyant l'ombre se percuter contre son assaillant. Par chance pour lui, encore une fois Suzume échoua son invocation, et l'attaque qui pourtant aurait dû être mortelle se contenta de le mettre K.O. . Le corps s'affaissa par terre dans un bruit lourd, comme une marionnette à qui on viendrait de couper toutes les ficelles. Une chance pour un mal vu ce qui l'attendait. S'il avait su peut-être se serait-il suicidé avant...

Restant sur ses gardes un instant, la gamine ne se laissa aller qu'après avoir compté jusqu'à dix sans avoir vue le moindre mouvement dans la ruelle où elle se trouvait. Il n'avait pas de complice manifestement, ou ils avaient déjà fui. Reprenant une posture normale, elle avança vers le corps et enleva la capuche qui lui recouvrait la tête d'un rapide mouvement. Qui donc envoyait un assassin pour la tuer, elle ? Je veux dire, elle n'était personne, juste une prêtresse un peu plus talentueuse que la moyenne, rien de plus...
La lumière de la lune fut la seule autre spectatrice silencieuse de la découverte de Suzume. Des cheveux bleus. Du même bleue que les siens. Son cœur soudainement se mit à battre plus vite alors qu'elle attrapait justement l'inconnu par ses cheveux pour mieux voir son visage. Si elle n'en était pas encore certaine, les traits de son visage ne laissèrent aucun doute. Ils avaient un lien, à savoir lequel. Finalement elle ne rentrera pas immédiatement au monastère... Utilisant l'ombre qu'elle mania avec beaucoup de précaution de peur de rater à nouveau, elle souleva le corps du sol pour l'amener avec elle. L'entrepôt dans lequel elle avait échangé le corps mort quelques minutes plus tôt serait parfait pour un petit interrogatoire improvisé. Elle ne voulait pas mêler l'Église à tout ça, c'était ses petites histoires de famille à elle après tout...

---
« Suis-je folle?»

C'est une vive douleur qui réveilla l'inconnu alors que Suzume venait de lui broyer sans pitié le pied grâce à l'ombre, écoutant presque avec fascination les os se briser. Sans comprendre il regarda la gamine debout en face de lui alors qu'il essayait à la fois de comprendre d'où venait la douleur et de se réveiller. Elle semblait rependre une position normale alors que l'ombre lâchait enfin son membre réduit à l'état de miette intérieurement. Ça devait faire mal. Tant mieux.

C'est pour éviter que vous en veniez à essayer de fuir.

Trouva-t-elle bon d'expliquer alors qu'il beuglait comme un porc qu'on égorge. Mais elle n'avait pas le temps pour ça, maintenant qu'il avait les yeux ouverts, Suzume voyait parfaitement qu'ils avaient trop en commun pour que ce ne soit qu'une simple coïncidence. Qui était-il ?

Sale chienne, fille de putain j'aurais dû t'égorger à la naissance !

D'accord, ça, c'est fait. Toujours avec calme et pragmatisme, Suzume le laissa lui lancer des chapelets d'insulte, préférant réfléchir plutôt que se fatiguer à y répondre. Cet homme était surement son père. Ça pourrait paraitre bizarre qu'elle prenne cela avec tant de calme et qu'elle arrive si facilement à la bonne conclusion, mais il fallait savoir qu'elle avait depuis un moment déjà cherchée à savoir, à comprendre d'où elle venait. D'après les vagues souvenirs de son enfance elle se rappelait être originaire de Yijng. Avec le temps elle avait fini par en déduire être la fille bâtarde d'un noble, ce qui aurait expliqué le besoin de sa mère et sa tante de l'éloigner. Quoi ? Vous pensiez que tout ce temps Suzume serait resté les fesses sur une chaise à se croire tombée du ciel ? Elle avait voulu savoir, certes, mais pour elle, à simple titre informatif, pour mieux savoir à quoi s'attendre peut-être, puisque de toute façon elle ne se voyait pas quitter l'Église, ni n'était certaine qu'on l'aurait laissée faire... Il y avait bien un homme qui avait eu la plus grande probabilité d'être son père parmi les nobles habitants près du village d'où elle venait... Quel était son nom déjà ?

Marquis Perceval d'Estelone....

Elle avait dit cela tout doucement, comme pour elle-même, mais cela eut l'effet d'un cri puissant et assourdissant, car aussitôt le dit Marquis se tut. Par son silence il venait de donner raison à Suzume, et par la même occasion de se condamner. Non en fait à partir du moment où il lui avait donné naissance il s'était condamné. Votre enfant est une tueuse Monseigneur.

Comment avez-vous fait pour me retrouver, père ?

Pourquoi appeler père un homme qui pour elle n'en est pas un ? Simplement pour l'agacer, l'énerver, rendre la colère sourde et bouillante en lui encore plus puissante. Il semblait écumer de rage d'ailleurs, ou de douleur, et surement était-il à deux doigts de recommencer à insulter son illégitime rejeton, mais d'un mouvement de main Suzume fit tanguer l'ombre de la pièce, le mettant en garde. Elle lui avait laissé son temps pour dire ce qu'il pensait d'elle, maintenant c'était son tour, et elle c'était des réponses qu'elle voulait. Bizarrement, c'est un sourire mauvais qui apparut sur les lèvres du Marquis. Suzume se prépara au pire.

Il m'a suffi de mettre la main sur ses femmes. J'ai passé des années à les chercher. Ces garces on bien tenus, enfin moins ta mère, elle est morte à peine après une semaine de torture. Ta tante par contre fut plus longue à crever, je me suis bien amusé à la tuer à petit feu.

...Manifestement, il pensait réussir à blesser Suzume par ses mots. À vrai dire ce qui la gênait c'était plus de se rendre compte que son père était aussi fou que la moyenne des aristos plutôt qu'autre chose. Elle ne savait pas trop si elle était blessée par la mort de ces deux femmes. Sa tante et sa mère étaient un vague, trop vague souvenir de son enfance bien lointaine. Tellement vague. Mais elles s'étaient sacrifiées pour qu'il ne la retrouve pas, pour qu'elle vive. Elles méritaient un peu de reconnaissance. Elle devait faire quelque chose pour les venger du connard qui les avait tuées. Aussi d'un mouvement rapide elle ordonna à l'ombre de prendre la forme d'un pieu qu'elle fit embrocher le pied de la jambe encore intacte, pour la forme. Un cri inhumain résonna dans l'air sous l'indifférence totale de la gamine alors que le sang giclait à flot. Bah, le sang vous savez, à force on s'y fait. Suzume avait tué tant de gens, même l'odeur chaude et lourde du sang lui était devenu habituelle, presque familière... En tout cas elle ne l'écœurait plus.

Tout cela pour quoi faire ? Pour un malheureux titre? Pour l'argent de votre épouse? Par peur?... Vous savez, je ne serais jamais revenue pour vous demander quoi que ce soit. Ma vie est ici. Je n'avais rien à gagner là-bas... Par contre, vous, vous allez tout perdre... Je présume que personne n'est au courant de votre présence ici ? Évidemment, vous n'auriez jamais pris le risque que votre femme apprenne l'existence de votre faute...

Analyse puis déduction. Personne ne savait, elle pouvait donc faire ce qu'elle voulait de lui. Se venger ?D'accord, mais comment? En le tuant ? Non, c'était trop doux. La mort c'est vraiment trop facile, et il ne méritait pas de retourner à l'Ombre, pas encore, pas de sa main en tout cas, à cause d'elle pourquoi pas, mais pas grâce à elle. Pour la première fois Suzume ressenti le besoin de faire souffrir, aussi bien psychologiquement que physiquement. La malchance voulut que justement la gamine soit particulièrement à cran en ce moment entre l'ombre qui marchait n'importe comment et la nouvelle de la mort de sa famille...

Semblant réfléchir elle n'écouta qu'à peine ce qu'il lui racontait. Il lui proposait des choses, des choses sans intérêt pour elle, de l'argent, des terres, un titre, une famille.
Inutile, inutile, inutile et inutile. Le seul argent qui comptait été celui qui formait un cercle autour de son doigt, le seul titre qui pouvait intéresser Suzume était celui de haut prêtresse maintenant, et aucun doute que ce n'était pas lui qui allait pouvoir lui donner ça. Quant à une famille, celle qu'elle avait décidée d'avoir lui allait très bien. De toute façon elle savait que tout cela n'était que des paroles en l'air. Il n'avait rien, sa femme avait tout, et c'est justement par peur de tout perdre qu'il était venu jusqu'ici pour tuer sa bâtarde, éliminant ainsi la dernière preuve, sa seule faute. Et quelle faute ! Jusqu'à ou son prêt à aller les gens pour le pouvoir ? Pour la première fois de sa vie, cette question effleura l'esprit de Suzume. Elle, elle était prête à aller loin pour ses rêves, mais jamais à se retourner contre ceux à qui elle doit tout.

C'est uniquement pour votre titre tant aimé et votre fortune que vous avez fait tout cela, n'est-ce pas ?

Un sourire. Suzume souriait, d'un sourire presque amusé. C'était tellement inhabituel sur elle que ça faisait presque peur. Une idée venait de lui venir, si elle se dépêchait, elle pouvait encore recontacter le scientifique à qui elle avait vendu le corps mort, pour cette fois lui en vendre un... Vivant. Par contre, elle ne promettait rien quant à l'état, elle avait la mort d'une mère et d'une tante à venger avant tout...

---
Baissant les yeux vers la masse gémissante et tremblotante à terre, l'homme sembla réfléchir au prix de vente. Il était vraiment dans un sale état, comme si tous les os de son corps avaient été brisés un à un, avec beaucoup de minutions manifestement puisque l'idée semblait de le garder en vie. Il allait devoir commencer ce soir ou l'homme ne passerait pas la nuit.

Je vous en donne trois cents pièces d'or, mais il est vraiment en mauvais état et tout cassé, ça ne va pas être simple...

Je suis désolée, je me suis un peu emportée... trois cents c'est parfait, je vous demande juste de réussir... L'échec n'est évidemment pas une option.

s'excusa la petite silhouette à sa droite d'une voix où un soupçon de menace planait. Elle regardait le corps avec un sourire amusé et presque désolé, vu le spectacle, cela avait quelque chose de malsain, mais le scientifique n'était pas là pour juger, juste pour transformer cette chose. D'un mouvement de bras la gamine souleva le corps grâce à l'ombre et l'enfourna dans la calèche, amenée juste pour le transport du mourant. Il avait beau ne pas y connaitre grand-chose en famille et tout ça, il semblait y avoir un lien de parenté entre les deux, les cheveux de la même couleur, un visage si semblable, quoi qu'avec le sang on n'y voyait plus grand-chose. Il était presque certain que cette chose blessée était le père de cette gamine, ou quelque chose du genre.

Et ça ne vous fait rien de vendre votre propre famille... ?

Merde. Les mots étaient sortis tout seuls, avec un sourire amusé, mais tout de même. Mais bon les prêtes parfois, il suffisait d'un seul mot de travers pour qu'ils décident de vous tuer. Par chance sa remarque ne fit que rire très légèrement la prêtresse qui alors joua de nouveau avec l'anneau de sa main gauche. Un tic surement.

Mais voyons, je n'ai aucun autre père que l'Empire, et aucune autre mère que l'Eglise...

Typique. Elle avait dit cela avec tant de conviction dans la voix qu'il était impossible d'en douter. Cette gamine croyait réellement à ses propres paroles. Aussi l'homme ne trouva pas bon d'insister, les fanatiques sont bien les dernières personnes avec qui on peut avoir une conversation quelconque. Brusquement la prêtresse se tourna vers lui, le regardant un instant avec une lueur de dégout mal dissimulé avant de lui tendre la bourse remplie de pièce d'or qu'un instant plutôt il lui avait donné.

Gardez ça, j'ai un petit service à vous demander en échange. Faites de lui un Objet, et surtout, trouvez-lui la pire pourriture qui soit pour être son maitre, mais qu'il vive surtout. Qu'il souffre, que tout le reste de son existence ne soit que souffrance et servitude, mais ne lui offrez jamais le plaisir de mourir jeune, ou votre vie aussi sera diminuée...

Légèrement amusé mais n'y voyant pas de réel problème à cela, il hocha de la tête en prenant le sac de pièce en main. Il ne savait pas comment, mais il avait l'idiote impression que cette gamine était prêtre à vérifier réellement le futur maître du cobaye, étrange petite, mais trop dangereuse pour qu'on la contrarie. Par chance les caprices ne semblaient pas dans sa nature...
Avec un sourire satisfait, elle regarda une dernière fois la masse à l'intérieur de la calèche. Puis, après un petit signe de tête, elle quitta le scientifique, disparaissant dans la nuit comme elle était venue, silencieuse et légère. Maintenant elle pouvait rentrer au Monastère.

Suzume était plutôt contente de son idée. Quoi de pire pour un noble imbu de sa personne et s'accrochant désespérément à son titre, que de tout perdre, et pire, de se retrouver obligé de servir la première personne lui ordonnant de la faire. Parfait. Son père allait la maudire tout le reste de sa vie, mais il méritait bien ça pour avoir tué les deux seules femmes que Suzume avait aimé...
Oh, évidemment l'Eglise n'avait pas besoin d'être au courant de tout ça, aussi n'en parlerait-elle pas, tout ça n'était que des petites histoires de familles sans importance, et puis, qui ferait le rapprochement entre un nouvel Objet aux cheveux bleus sur le marché et la petite protégée de son Excellence ? Personne, évidemment...




Dernière édition par Suzume Zhang-Jian le Sam 21 Jan - 18:32, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Suzume Zhang-Jian   Ven 4 Mar - 13:19

Je comprends mieux le temps que t'a pris la rédaction de cette fiche. Et elle est bien, elle est très bien. On va laisser à Lucy jusqu'à ce soir pour faire la sienne...

En attendant, je vais déjà te signaler deux ou trois trucs :

- Tu as saisi le personnage, Tu écris bien, c'est long, complet et intéressant (j'aime surtout ce qu'elle a fait à son père :-))
- Attention aux fautes ! Il y en a beaucoup (c'est un long texte aussi...), mais une relecture s'impose pour rectifier ceci ou cela. Surtout que ce sont de bêtes fautes (Uriel est le Haut Prêtre actuel et non actuelle. Et ainsi de suite.), faciles à repérer. Des é/er aussi... Enfin, relis à tête reposée, une nuit blanche à écrire, ça n'aide pas XD
- Attention aussi aux fautes (je suis chiant là) du genre l'Église et non église (avec minuscule, ça désigne un bâtiment et non une organisation/ensemble de fidèles) et l'Ombre/les ombres. L'Ombre est l'énergie créatrice et impersonnelle et les ombres (minuscule !) son ses manifestations terrestres et manipulables.
- Si on devait énumérer toutes mes qualités (j'ai pas de défauts), "chieur" serait dans le top 5. Et là, c'est bien ma faute, je n'ai pas pensé à t'en parler avant. Mais Archess vient de Yijng. Son nom et prénom ne font pas très... Asiatique, n'est-ce pas ? Cela dit, c'est ma faute, je le redis, j'aurais dû insister avant.
Alors, si jamais, en relisant et corrigeant les fautes, Tu trouves un autre nom/prénom à la petite, ce sera un bon point. Sinon, tant pis pour moi, je n'aurais qu'à mieux lire les tests de RP :-) Au choix donc pour cette option.

Une fois les fautes corrigées (en partie au moins), ta fiche sera susceptible d'être validée. A voir avec Lucy (qui a mis un nom d'asiatique, remarque XD) si elle poste aujourd'hui ou non...

Je repasserai au soir pour voir ça :-)

Bon courage ! \o/

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MessageSujet: Re: Suzume Zhang-Jian   Lun 7 Mar - 0:43

Bonsoir!

Alors:

- Pseudo changé! j'avoue qu'Archess n'était pas très asiatique~

- le problème d'Ombre/ombre et Église/église corrigé je crois

- Je pense, mais je ne suis pas certaine, avoir corrigée les fautes... S'il en reste trop je recommencerais une relecture demain ^^'
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MessageSujet: Re: Suzume Zhang-Jian   Lun 7 Mar - 9:33

Moi, ça me va :-)

Bienvenue à bord... Tu peux déjà commencer notre RP =)) Je propose à la Cathédrale. Pourquoi pas à la suite de ton test de niveau (Suzume aurait été convoquée par Uriel...)

N'hésites pas non plus à faire un tour du côté du flood, de la CB ou je ne sais quoi d'autre.

Bon amusement et bon jeu ! \o/

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MessageSujet: Re: Suzume Zhang-Jian   Sam 21 Jan - 18:33

A jour \o/ Mais vous aurez pas la fin, parce que ma fiche elle est un peu trop grande...
*tend la main pour avoir ses PIs*
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Suzume Zhang-Jian

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