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 Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea]

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Zacharias Flash

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MessageSujet: Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea]   Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea] EmptyMar 1 Mar - 18:11


    Suite de Et quand il croit ouvrir les bras, son ombre est celle d'une croix

    Toujours vous regardant intensément, Zacharias sentait le malaise grimper de plus en plus. Vous n'étiez pas venue à cheval et n'aviez aucun moyen de transport ? Il tourna la tête plusieurs fois à gauche et à droite, comme pour vérifier que personne ne venait, terriblement angoissé, et vous regarda à nouveau, assez effrayé, il fallait le dire. Il fallait vraiment déguerpir le plus vite possible d'ici. Il était maintenant tout seul avec vous et ne pensait plus à rien d'autre. Elle s'en était allée, sa petite peur de Paole, qui le harcelait tous les soirs, tous les matins et tous les midis. La nuit allait bientôt tomber, et Zacharias ne pensait qu'à vous protéger, même si vous ne lui accordiez pas la moindre attention. Vous commençâtes à marcher vers la droite, et il vous suivit. Il aurait été prêt à vous suivre jusqu'à l'autre bout du monde, combien même vous ne lui auriez adressé le moindre regard. Il était juste fidèle, et son coeur, en l'occurrence, avait décidé de n'appartenir qu'à vous, belle Duchesse aux cheveux bleus. Il était bien malheureux que les deux n'aient guère de transports pour rejoindre la capitale, surtout que Zacharias commençait à flancher, sentant la douleur de sa poitrine se réveiller malgré les soins du prêtre.

    « Vous...pourriez...ralentir...s'il vous plaît ? »

    Il était essoufflé, et ne se sentait pas vraiment bien. Par dessus tout, il était vrai qu'il avait atrocement peur de rester ici sur cette route déserte et encore plus, que vous, de votre plein gré, l'abandonniez ici. D'un main tremblante, il désigna les champs qui s'étalaient au-delà de l'horizon.

    « Si...ils..z'arrivent et qu'on coupe par les champs, y nous retrouv'ront pas, hein ? »

    Il essaya de sourire, lequel ressembla plus à une grimace de douleur qu'autre chose. Il s'efforçait de ne plus penser à Marius mais la face moqueuse de celui-ci lui apparaissait chaque seconde. Il lui avait fait bien plus de mal qu'il ne voulait l'accepter et, de plus, les avait tous deux abandonnés en pleine campagne. Zacharias avait du mal à digérer cela, surtout le coup de la pièce balancée une nouvelle fois comme s'il n'était qu'un mendiant. Ils étaient tous les deux encore arrêtés sur le chemin, Zacharias peinait à reprendre son souffle et sentait encore cette douleur abominable sur ses côtes le faire plier en deux. Il grinça des dents, puis, se fraya un passage parmi les épis de ce qui devait être du maïs, espérant que vous le suivriez. Il n'avait osé forcer votre main, de la même manière qu'il ne vous toucherait vraisemblablement jamais, trop effrayé par le fait même de toucher quelqu'un, fusse-t-il le plus aimable du monde avec lui.

    Bingo, vous le suiviez. Zacharias, lui, il tentait d'abaisser avant votre passage les grands végétaux afin que vous puissiez marcher plus facilement. Il était véritablement essoufflé, avait une folle de s'allonger dans un lit et dormir pendant au moins deux journées entières, cependant, jamais il ne s'était senti aussi preux chevalier qu'aujourd'hui. Ils avaient tous les deux fait une petite centaine de mètres, mais le jour déclinait de plus en plus et...Il ne savait plus où il avançait ? Attendez, ce champ avait bien une fin, non ? Si ils marchaient tout droit, normalement, ils devraient arriver à une ferme ou bien...à un autre champ ? Il ne comprenait plus, s'embrouillant les idées avec ses seules pensées. Il s'arrêta, se retournant et faisant en sorte d'être encore un peu éloigné de vous afin de ne pas avoir à vous toucher.

    « J'crois...qu'nous sommes..comme perdus, mam'zelle ! Faut pas...faut pas s'affoler ! »

    Il commençait à flipper, surtout que le froid n'allait pas tarder à tomber et qu'il était un tout petit peu mal en point. De l'Église, il ne s'inquiétait plus vraiment puisqu'ils avaient quitté la route officielle et que normalement, personne ne songerait à venir les chercher ici, sauf un paysan qui les chasserait éventuellement à coups de fourche. Et puis il avait mal, merde, le goût acide du vomi – oui, je suis un être délicat – lui remontait à la bouche.

    « P'tain.. »

    Il ne put garder le juron dans la bouche et s'assit soudainement, ne pouvant rester debout. C'est vrai qu'ils ne pourraient pas faire grand chose assis, mais il ne tenait vraiment plus.
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Mort(e) tragiquement

Eleanor van Lähre

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MessageSujet: Re: Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea]   Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea] EmptyMar 1 Mar - 21:12

Eleanor marchait, sans se préoccuper encore vraiment de l’homme qui marchait à ses côtés. Elle était perdue dans ses pensées. Elle n’arrivait encore pas à réaliser tout simplement que son alliance avec Marius était terminée. Elle paraissait se trouver dans les nuages. Elle ne savait pourtant pas encore si c’était réellement une bonne idée. Pour l’instant, elle ne pensait pas grand-chose. Seulement qu’elle s’était mise en colère et avait tout dit d’une façon aussi violente pour la première fois de sa vie. Elle se sentait beaucoup mieux maintenant. Le fauteur de troubles ne se trouvait pas dans les parages et surtout, le mieux, c’était qu’elle n’aurait plus à se préoccuper de ce dernier. Elle ne serait pas obligée de s’inquiéter, de douter ni de penser à ce qu’était en train de faire le terroriste. Elle n’aurait plus peur pour lui. Elle ne s’intéresserait même plus à lui, à ses actes et surtout, s’il se faisait prendre, elle avait décidé de ne même pas l’aider. Comme elle aurait pu le faire auparavant. La duchesse avançait, tout en mettant un pied devant l’autre, fixant le sol de ses yeux et ne faisant pas du tout attention à tout ce qui l’entourait. Tout comme au ciel qui commençait à virer de plus en plus à la couleur orange. Bientôt ce ne serait qu’un ciel de plus en plus obscur pour enfin laisser la place à la lune et aux étoiles. D’ailleurs, elle sentait la colère qui était de moins en moins présente en elle et cela la ravissait énormément. Toutefois, en même temps elle ressentait une certaine envie de pleurer et de verser les larmes. En fait, elle s’était un jour rendue compte que lorsqu’elle se mettait en colère, elle avait besoin de vider celle-ci par les larmes. Dans cette situation, elle se doutait bien que c’était la meilleure façon pour évacuer toute la colère encore présente en elle. Mais elle n’en avait pas envie. Elle faisait tout pour se contrôler. Elle ne désirait tout de même pas fléchir devant Zacharias. Elle ne souhaitait pas qu’il la vît pleurer et la prît pour une femme faible. De plus, elle se souvint d’une sorte de promesse, qu’elle avait passée à Marius : celle de ne plus jamais pleurer, notamment devant les autres. Elle se retint bien que celui fût dur, d’autant plus dès qu’elle pensait au terroriste.

Elle n’avait donc pas encore remarqué la faiblesse de Zacharias qui se confirmait à chaque seconde de plus en plus. Prise dans la dispute, elle n’avait pas pu voir tous les bandages qu’il portait. Et si elle les avait aperçus, elle n’aurait certainement fait aucune remarque, trop possédée par la colère à l’instant présent des faits. Elle sortit un instant de ses pensées pour écouter ce que disait l’informateur. Mais elle avait tout de même du mal à saisir chaque mot alors elle inclina la tête, comme pour montrer son accord. En réalité, elle ne savait pas vraiment ce qu’il lui avait dit. Elle le suivit donc à travers les champs comme un mouton suit le berger, toujours sans se préoccuper des alentours. Elle ne pensa même pas aux conséquences qu’un tel chemin pouvait avoir. Notamment celle de la perte. Ils marchaient et marchaient pendant de longues minutes. Eleanor ne put empêcher malgré tout une larme de couler sur sa joue mais elle tenta de le faire en silence afin que l’homme ne l’entendît pas. Puis il s’arrêta tout d’un coup et sembla sûr de lui quand il lui annonça la situation. Au mot « perdus », Eleanor releva la tête – car elle marchait la tête baissée et les yeux rivés sur le sol – comme apeurée. C’était exactement ce qu’elle ne souhaitait pas. Elle nota alors la nuit qui tombait doucement. Elle se dit alors également qu’ils étaient dans une mauvaise situation. Ils devaient s’en sortir et trouver une maison avec des habitants qui accepteraient de les héberger pour la nuit. Pas question de rentrer à la capitale maintenant. Pas à cette heure-là. Elle pesta contre elle-même car elle aurait du écouter Zacharias plus attentivement et s’opposer à ce moyen de ne pas marcher sur la route. Maintenant non seulement ils étaient perdus, mais ils perdaient aussi du temps. Du temps précieux. Parce que pendant la nuit, il était tout de même difficile de marcher, surtout dans un champ de blé. La duchesse allait même jusqu’à être prête à le lui reprocher d’un ton froid.

Mais, tout d’un coup, l’homme s’écroula sur le sol. Cela la surprit tellement mais l’inquiéta follement la seconde suivante. Elle ne savait pas ce qui lui arrivait. Enfin elle nota la présence des bandages. Alors comme cela Mist n’avait pas été le seul à être blessé. Zacharias aussi. Mais elle ne l’avait pas vu avant. Et elle s’en sentait presque coupable. Ainsi le pauvre homme faiblissait de plus en plus. Il semblait ne plus être dans l’état de marcher plus. Eleanor ignorait ce qu’elle devait faire et surtout, ce qu’ils allaient devenir. Si l’informateur était incapable d’avancer, ils devraient rester à cet endroit. Elle n’en avait pas spécialement envie. Elle pensa à aller chercher de l’aide mais toute seule, elle ne s’en sentait pas le courage. Pas parmi un champ de blé inconnu et sans savoir quand est-ce qu’elle déboucherait sur une route et arriverait peut-être à une maison. Non, elle ne le laisserait pour rien au monde tout seul. Eleanor s’accroupit alors elle aussi, tout en se doutant qu’elle tâchait sa robe dans la terre. Mais elle ne s’en préoccupa pas pour l’instant. Elle s’approcha doucement de l’homme qui s’était en réalité assis sur le sol. Lentement, elle approchait ses mains en direction des bandages.

- Vous permettez ? demanda-t-elle alors.

Mais sans attendre la réponse de l’homme – probablement car elle se disait qu’il serait incapable de lui répondre ou qu’il refuserait – elle enleva les bandages. Il le fallait bien. Il ne pouvait pas non plus garder les mêmes pendant des heures. Surtout que ceux-ci paraissaient bien improvisés. Tout comme ce qu’elle lui mettrait elle aussi par la suite. Parce qu’en réalité elle n’avait pas de bandage sur elle. Elle mit les déchets à côté. Puis, sans réfléchir trop longtemps, elle prit le bas de sa robe et commença à la déchirer. Et même si Zacharias tenterait de l’en empêcher, elle le ferait. Elle paraissait bien déterminée et il ne pourrait pas l’arrêter dans ce qu’elle entreprenait. Elle aurait bien voulu lui mettre un peu d’eau sur les blessures – qui la dégoûtait certes un peu – mais elle ne le put pas. Ils n’en possédaient pas tout simplement. En tout cas, quand elle finit de faire les bandages encore une fois improvisés, elle les mit sur Zacharias. Tout en les posant, elle leva un instant les yeux vers ceux de l’homme et dit d’une voix calme, posée et douce :

- Pardonnez-moi pour la froideur avec laquelle je vous ai répondu tout à l’heure. Ce n’est pas dans mes habitudes.

En tout cas, pas avec des personnes comme l’informateur qui ne lui avait rien fait. Une nouvelle larme coula sur sa joue sans qu’elle ne pût la contrôler. Elle finit alors la pose des bandages et à ce moment-là, comme il avait vu cette larme, elle se dit qu’elle ne pourrait se retenir plus longtemps. Elle éclata alors en larmes.
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Zacharias Flash

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MessageSujet: Re: Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea]   Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea] EmptyMer 2 Mar - 13:08


    Avant qu'il n'ait le temps de réagir, vous aviez commencé à le toucher. Non pas le toucher comme l'avait fait un certain albinos, cependant, l'image récurrente de sa personne remontait au cerveau de Zacharias. Il ne voulait pas qu'on le touche, même s'il s'agissait de vous, vous dont il rêvait lorsqu'il arrivait à trouver un sommeil un peu près potable. D'ailleurs, ce qu'il était en train de vivre à présent, c'était presque rêve, digne d'être un rêve. Se rendait-il compte ? Il était perdu en plein champ avec...vous. D'accord, ils auraient pu mourir de froid, de ses blessures, de soif ou encore beaucoup de choses qui conduisent à la mort mais les produits toxiques n'avaient pas encore été inventés, aussi ne risquait-il pas de mourir de cela. Petite note positive dans tout ce pessimisme. Il vous regardait, le regard aussi effrayé qu'aurait pu l'être un petit animal si on était venu à le toucher. Il n'osait pas fuir, de peur de se perdre ou d'avoir encore plus mal, ou crier, de peur de vous vexer. Mais il était terrifié, véritablement mort de peur. Vous lui aviez enlevé tout d'abord son haut, pour décoller les bandages désormais poisseux de sang qui lui collaient à la peau. Zélig les lui avait fait il y a quelques heures, mais ils étaient déjà foutu. À ce moment-là, son corps entier lui criait de l'éloigner de là, de se protéger, cependant il restait aussi immobile qu'une statue, à vous regarder la bouche entre-ouverte, béat, déchirer votre si belle robe – même si elle avait été dégueulassée par la boue. Là, Zacharias secoua un peu sa tête comme signe de refus, mais il se laissa de nouveau faire comme un nouveau-né. Encore sous le choc, il hocha la tête à vos paroles, tout tremblant.

    Mais vous pleuriez ? Zacharias, emporté par le désir, bougea son bras jusqu'à vous, afin de vous calmer mais...celui-ci s'arrêta à mi-chemin tandis que celui-ci se mordillait les lèvres. Il baissa finalement le bras, ne voulant pas vous toucher. Oh, il ne faillait pas que vous le preniez pour vous ! C'était juste...qu'il était vraiment sérieusement atteint. Et ces larmes étaient contagieuses. Zacharias baissa la tête et commença à son tour à pleurer, de plus en plus. Et s'ils étaient vraiment pris au piège parmi les blés : les chiens de l'Église les retrouveraient, et puis...à cause de lui, vous seriez pris au piège ! Il ne voulait causer aucun tort, ne voulait surtout pas vous faire de mal, même si la phrase que vous lui aviez dite il y avait une seconde l'avait rendu un petit plus serein. Il avança tout de même, à quatre pattes, vers vous. Pas trop non plus, il n'aurait pas fallu que vous arriviez, ou même à l'inverse, qu'il arrive à vous toucher. Il faisait presque nuit, le froid commença à tomber, l'informateur venait de se rappeler que vous l'aviez mis torse-nu, et aviez sûrement dû voir ces horribles blessures afin de le soigner. Les doigts de Zacharias tapotaient le sol avec insistance, ne savant pas trop quoi faire. Vous serrez dans ses bras ? Non, il ne voulait pas vous forcer, ni vous toucher. Que faire donc ? Parler ? Oui, il s'agissait sans doute du meilleur des remèdes.

    « Ca va ? »

    Espèce de couillon, bien sûr que cela ne va pas ? Tu n'es pas doué au point de ne pas y réfléchir ? Si elle pleure ainsi, c'est qu'elle est dans la merde, bien sûr ! Il eut du mal à avaler, se mordit les lèvres une nouvelle fois, et crut avoir quelque chose à dire. Oui, c'était cela : sa main fouilla sa poche. Il devait la complimenter, lui dire que grâce à elle, il n'était pas devenu un sale ivrogne – même si c'était moins une, tout à l'heure, et que sans la venue de Marius, sans doute aurait-il fini la journée dans un bar. Il sortit la petite bourse qu'elle lui avait donné la dernière fois et la déposa à côté d'elle, n'osant trop lui prendre la main et faire refermer ses doigts tout autour.

    « Merci, c'est grâce à vous que je n'y suis pas retourné...Je vous la rends maintenant, en gage de bonne foi. Vous m'avez été d'une grande aide. »

    Il vous avait parlé sans manger une seule syllabe, preuve que vous comptiez énormément pour lui. Il avait fait des efforts, il fronçait même des sourcils, tandis qu'il prononçait ces phrases : pour lui, un tel langage était presque étranger, vous rendez-vous compte ? Il n'arriverait sûrement pas à parler aussi sainement les prochaines fois. Zacharias tenta alors de se relever mais sa poitrine lui fit un peu plus mal. Il retomba brusquement sur les fesses et décida d'abandonner, afin de ne pas abîmer encore plus les bandages que vous lui aviez fait.

    « Merde, 'z'avez pas un truc chaud, on va s'cailler. »

    Dans le genre élégant, il aurait éventuellement pu faire mieux.
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Eleanor van Lähre

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MessageSujet: Re: Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea]   Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea] EmptyMer 2 Mar - 15:21

Elle aperçut le mouvement de bras de Zacharias. En tout cas, elle le perçut entre deux larmes. Elle avait senti qu’il bougeait. Elle s’attendait à alors peut-être à un contact physique. Peut-être la prendrait-il dans ses bras pour la consoler ? Elle l’ignorait. Mais elle n’avait pas vu ses yeux effrayés pendant qu’elle changeait les bandages. Ou n’avait-elle simplement pas voulu s’en rendre compte. Elle ne savait rien de cette peur du contact. Eleanor se souvint tout d’un coup du moment où elle avait souhaité que Marius la prît dans les bras. Mais il ne l’avait pas fait. Alors son envie n’avait pas été satisfaite. Mais elle prit consciente depuis lors qu’elle appréciait beaucoup le contact physique et surtout, dans les bras d’une autre personne. Comme quand sa mère la serrait fort contre elle. Elle n’avait pas encore expérimenté cela avec un homme, certes, mais dans une telle situation, l’informateur n’aurait pas été repoussé. Elle espéra quelques secondes mais rien ne se produisit. Elle fut certes un peu déçue, mais tenta de ne pas le lui montrer. Peut-être ne voulait pas l’offenser ? Après tout, elle était duchesse et lui un citoyen. Elle l’entendit pleurer lui aussi, ce qui la surprit beaucoup. Aucun homme n’avait encore pleuré devant elle. Elle avait certes vu quelques fois son père verser des larmes à la mort de sa mère, mais c’était encore quand elle ne savait pas que les hommes étaient toujours fiers et ne désirait pas perdre cette fierté ainsi que l’honneur. Deux choses qui comptaient pour eux et que la duchesse avait parfois du mal à comprendre. Elle écarquilla alors les yeux et cessa de pleurer l’instant suivant. Elle tourna la tête vers l’informateur. Cette fois-ci, s’en était bien trop, elle ressentit une grande envie de le prendre dans ses bras pour le consoler. Mais s’il ne l’avait pas fait auparavant, peut-être c’était parce qu’il y avait une raison. De plus, elle ignorait vraiment la raison de ses larmes à lui. En tout cas, elle se rendit tout d’un coup compte qu’elle ne sut pas quoi faire ni dire dans ce cas-là. Le silence entre eux commença à peser. Eleanor sécha les larmes avec sa robe, enlevant son maquillage. Les manches de sa robe furent toutes noires et elle, elle ne devait pas paraître très jolie de cette façon non plus. Le noir avait du couler sur ses joues et était autour de ses yeux également. Zacharias rompit tout de même le silence.

- Ce … ce n’est pas votre faute, répondit-elle en hoquetant suite à ses pleurs.

Bien sûr que non, ce n’était pas lui qui en était la cause. Elle ignorait ce qu’elle devait lui révéler ou pas tout simplement. Il n’avait pas besoin de tout connaître. Comme ce qu’elle commençait à penser sur sa vie et sur les erreurs qu’elle avait commises depuis son arrivée à Ishtar.

- Je me dis seulement que je devrai peut-être revenir dans ma province et y vivre tranquillement dans l’ombre de l’Aristocratie.

Une façon subtile et implicite pour tout simplement dire qu’elle en avait assez de la capitale. Que cette dernière l’avait en quelque sorte pervertie. Elle s’était alliée à un terroriste à la suite des manigances d’Uriel. Pourquoi le Régent ne l’aimait-il pas ? Elle ne le savait pas vraiment en réalité, même si elle s’en doutait. Malheureusement, la société n’était pas comme elle l’avait imaginée. Elle s’en était rendue compte, elle avait ouvert les yeux et au lieu de changer ses idées, elle était guidée par la promesse faite à sa mère. Or, de toute façon, celle-ci ne serait jamais réalisée désormais. Alors elle se demanda bien la raison pour laquelle elle s’était tout de même entêtée. Alors qu’elle était dans ses pensées, l’homme sortit la bourse qu’elle lui avait donnée la dernière fois et la lui rendit. Elle sourit pendant une seconde mais elle ne savait pas ce qu’elle devait faire. Elle n’avait pas vraiment envie de la lui prendre. Elle ne voulait pas d’argent. Et lui, il devait encore une fois être guidé par son honneur et sa fierté qui lui disaient de refuser tout cet argent. Eleanor ne s’était pas attendue à ce qu’il la lui rendît. Elle la laissa sur le sol et ne la toucha pas. Elle décida de ne pas y faire attention et surtout, de ne pas la prendre. Au pire, elle la laisserait ici et celui qui la trouverait pourrait la prendre. Puis, elle le vit tenter de se lever mais cela lui était impossible. La douleur devait être trop importante. Il jura, ce qui la fit sursauter. Mais elle ne lui en voulut pas, encore moins pour avoir prononcé un mot qui n’était pas dans le langage noble très appréciable. Elle enleva alors la cape qu’elle avait sur elle et la lui donna afin qu’il s’enveloppât dedans.

- Elle vous portera un peu plus chaud, dit-elle alors. Je n’ai rien de mieux.

Elle baissa les yeux et ne le regarda pas en train de s’enrouler dedans ou en tout cas, en train de mettre la cape sur lui. Elle leva ensuite la tête vers le ciel et nota la présence de la nuit une bonne fois pour toute. Ils ne pouvaient pas rester dans ce champ. Ils devaient trouver une maison. Ils n’allaient tout de même pas passer la nuit à cet endroit. En tout cas, Eleanor ne s’en sentait pas vraiment prête. Elle se leva alors. Elle savait que Zacharias était blessé et que cela devait lui être difficile de marcher, mais ils n’avaient pas le choix. Ils devaient reprendre la route et continuer à avancer. Le pauvre devait se forcer.

- Veuillez m’excuser mais nous devons nous remettre à marcher, enchaîna-t-elle. Je sais que vous avez mal, mais il faudra vous forcer. Venez, je vais vous aider, vous vous tiendrez à moi. Quand nous arriverons à une maison, nous leur demanderons de vous prodiguer des soins. Ici, tout s’aggravera d’ici le matin.

En effet, les blessures de l’informateur risquaient de s’aggraver et la douleur augmenter si elles n’étaient pas soignées le plus vite possible. Alors il valait mieux avancer et ne pas rester ici jusqu’au matin. Elle lui tendit la main pour l’aider à se relever. Mais allait-il la prendre ?
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Zacharias Flash

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MessageSujet: Re: Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea]   Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea] EmptySam 5 Mar - 13:15


    Pour son petit confort personnel, vous aviez enlevé la cape qui vous tenait chaud et risquiez d'attraper un rhume : cela, Zacharias ne pouvait l'accepter. Il n'aurait jamais pensé qu'en disant cela, vous vous sacrifieriez, en quelque sorte. Son regard passait, hésitant, de vous à la cape, de la cape à vous. Celle-ci avait sûrement dû vous coûter très cher, mais vous n'étiez sans doute pas à un ou deux centimes près, au vu de votre condition sociale. Cependant, il n'y avait rien ici que vous auriez pu acheter, seuls des blés poussaient et...rien d'autres. Ils étaient perdus, et bientôt, si cela se trouvaient, des animaux sauvages allaient les trouver et n'allaient pas tarder à les bouffer. Zacharias voyaient bien la scène finale : une horde d'Inquisiteurs les uns plus affamés que les autres retrouvant leurs deux cadavres complètement ensanglantés. Il ne voulait même pas imaginer leur mine déçue d'avoir du travail, et donc du plaisir, en moins. Mais Zacharias ne voulait pas, par dessus tout, mourir, alors que ce soit par les mains d'Inquisiteur ou d'un loup, il préférait éviter cela. Il vous regarda une nouvelle fois, les yeux encore embués par les larmes qui avaient coulé. Vous aviez pleuré également, votre beau maquillage avait coulé, vous donnant l'air d'avoir du noir sur la figure. Zacharias avait véritablement de la peine pour vous : il savait pertinemment que vous vous étiez fourrée toute seule dans le pétrin, cependant, il ne pouvait s'empêcher de culpabiliser pour vous avoir attiré dans ce champ. À cause de lui, vous alliez peut-être mourir de faim et de soif, et ils n'étaient pas avant dévorés par des bêtes sauvages.

    Comme elle, il releva la tête. La nuit était tombée, désormais, ils allaient devoir faire quelque chose. Il était tout aussi silencieusement votre tirade, se disant que vous aviez bien raison et qu'il allait devoir se forcer un peu s'il ne voulait pas crever ici. Déjà, l'image du moignon de langue de Mist ainsi que de son bras lui revenait et lui flanquait la nausée. Vous lui tendiez votre main, et, rapidement, une fraction de seconde, l'albinos dut décider s'il allait la tenir ou non. Ne vous trompez pas, c'était réellement dur, comme geste. Rien que mettre sa main dans la votre, cela lui demandait un effort – rien que psychologique – non négligeable. Cependant, il n'avait pas le choix, il ne voulait pas crever et vous l'aveugliez. Pour vous, il aurait été capable de faire n'importe quoi, même vous tenir la main, c'était dire. Il tenta de vous adresser un sourire de carnaval, vous savez, un de ces frêles sourires qui font genre que tout va bien alors que c'est l'inverse et s'appuya sur vous afin de reprendre son équilibre, debout. Cette position lui faisait mal, mais il ne fit pas la moindre grimace, restant sur ses appuis, sa main serrant fortement la vôtre. Il fallait commencer à marcher et ceci allait sûrement être le plus difficile du lot.

    « Allons...y. »

    Et la cape ? Elle lui pesait sur ses épaules comme un objet en trop. Vous alliez sûrement attraper froid à votre tour car vous lui aviez prêté la cape. Une idée lui traversa alors l'esprit : et s'il vous redonnait la cape et qu'ils se la partageaient à deux ? Rien que cette pensée créa sur son visage plus blanc que blanc une vague de couleur rouge. Il ne fit rien, finalement, restant rouge à l'idée de partager le vêtement avec vous mais n'osant faire aucun mouvement, de peur de vous toucher un peu plus. Ils continuèrent à marcher plus ou moins lentement dans les blés, le souffle de Zacharias se faisant de plus en plus rauque à chaque pas, et l'impression qu'il allait s'effondrer se confortant. Il avait éventuellement de la fièvre ou autre petite chose amusante dans le genre, vu qu'il ne s'était jamais senti aussi mal. Même ses soirées de beuverie ne l'avaient jamais rendu dans cet état où il peinait – même s'il faisait nuit – à distinguer les blés et où même vous, ne ressembliez presque à rien.

    « Une...pause... »

    Ah, de loin, il voyait une lumière. Était-ce seulement un mirage que lui renvoyait son imagination complètement délurée ou était-ce véridique ? Un premier vrai sourire de soulagement se figea sur son visage, sa main serra un peu plus la vôtre afin de lui faire remarquer, si vous n'aviez encore rien vu, la source de vie qui s'étendait droit devant eux. Avec un peu de chance, les habitants de cet endroit seraient des gens sympathiques et ils accepteraient de vous loger. Pendant ce temps-là, les yeux de l'Informateur se fermaient petit à petit. Il se pinça pour rester éveillé.

    « ...n'y va ? »
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Eleanor van Lähre

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Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea] Vide
MessageSujet: Re: Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea]   Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea] EmptySam 5 Mar - 18:21

Lorsque Zacharias prit sa main, Eleanor ressentit soudain une chaleur qui enveloppa tout son corps et sentit son cœur battre plus fort. Elle écarquilla alors les yeux et oublia un instant tout ce qui l’entourait. Cela permit à l’informateur de se redresser un peu avant que celle-ci ne l’aidât à se relever entièrement. Elle fut d’ailleurs tirée de ce moment d’évasion très rapidement et elle recula un peu pour que l’homme pût se mettre debout. Alors qu’ils étaient sur le point de partir, la duchesse s’excusa auprès de l’homme afin qu’il attendît encore une petite seconde. En fait, elle se baissa, sans lâcher la main de celui-ci qui la serrait très fort, et ramassa la bourse finalement. Elle se dit que celle-ci sera probablement nécessaire pour payer les personnes qui s’occuperaient d’eux. Elle ne se permettrait pas de les laisser sans argent. Si Zacharias ne le désirait pas alors ceux qui panseraient les plaies de ce dernier, qui leur offriraient le dîner voire le petit déjeuner, un lit pour dormir ou du moins l’hospitalité et les aideraient à rentrer le lendemain à la capitale, ces personnes-là mériteraient alors cet argent. Elle se releva alors et se mit de sorte que Zacharias put se reposer sur ses épaules tout en avançant. En même temps, elle ne lâchait toujours et pas encore sa main. D’ailleurs lui non plus ne semblait pas résolu à le faire. Cela l’aidait peut-être à avancer ? Eleanor ne le savait et elle ne posait pas de question. Elle préférait tout simplement se remettre en route et continuer à avancer. C’était le plus important. D’ailleurs, la jeune femme allait très lentement pour ne pas brusquer l’informateur. Il fallait y aller à sa vitesse et gâcher le moins de forces possibles. Elle n’avait pas vraiment envie qu’il s’effondrât à ses côtés. Elle ne saurait pas comment réagir si cela arrivait. En tout cas pour l’instant elle n’y pensait pas, elle se concentrait sur chacun de ses pas pour juger sa capacité à avancer encore et encore.

Pourtant, l’homme demanda une petite pause quelques minutes après. Elle comprit son désarroi et elle s’arrêta. Ils repartiraient très vite. Puis, pour couronner le tout, il vint à serrer sa main encore plus fortement. La duchesse fut surprise, son cœur battit à nouveau très vite. Elle leva la tête vers le visage de l’homme avant de tout simplement se résigner à suivre le regard et ce qu’il souhaitait lui montrer. Quelques mètres plus loin, une lumière brillait. Elle sourit, toute contente. Ils arrivaient non seulement à la lisière du champ de blé, enfin, mais une maison ne se trouvait pas très loin. Espérons. Puisque la distance pouvait parfois être trompeuse. En tout cas, quand Zacharias lui demanda s’ils devaient y aller, elle acquiesça de la tête. Ils se remirent alors encore une fois à marcher. Mais un silence s’installa entre eux. La duchesse ne savait pas du tout quoi dire. Elle n’avait pas vraiment de sujet sur lequel elle pouvait commencer la conversation. Elle était aussi très concentrée sur Zacharias et sa condition. Quand elle le vit faillir un peu, elle ne put s’empêcher de dire avec la voix la plus maternelle possible :

- Tenez bon, nous y sommes presque.

Si elle ne le disait pas – car elle sentait qu’elle rougirait – elle avait envie de lui dire qu’elle était à ses côtés et qu’elle ne le quitterait pas. Les paroles les plus ordinaires qui existaient et qui pouvaient être prononcées dans de tels instants. Souvent seulement pour rassurer et consoler la personne souffrante. Pour l’aider et surtout, de temps en temps, même pour l’inciter à continuer à se battre avec la douleur. En tout cas, s’il trébuchait, elle serait là pour le retenir. S’il abandonnait, elle serait là pour l’encourager à combattre encore et encore. S’il commençait à s’endormir, elle serait là pour le réveiller, certainement en le secouant un tout petit peu, doucement pour ne pas lancer la douleur. Elle n’imaginait pas son état bien critique lorsqu’ils arriveraient à la maison dont les contours se dessinaient dans la nuit. Mais il ne serait pas spécialement dans le meilleur des états. Elle se demandait même s’ils n’allaient pas effrayer la famille qui vivait dans la petite maison. Elle espérait que non, ce serait tout de même un peu bête. Puis, elle ne sut pas pourquoi, elle commença tout simplement à parler et à lui raconter sa pauvre vie.

- Vous savez, j’ai mis en colère l’Empereur, commença-t-elle. Il me déteste forcément maintenant. Bientôt je risque d’être en danger bien plus que je ne l’aurai imaginé un jour, celui où je me suis alliée à Marius. J’étais censée me battre pour devenir Impératrice et il devait m’aider. S’allier à un terroriste pour devenir la femme de quelqu’un, est-ce un crime ? Pour l’Empereur et le Régent, oui. Je n’avais l’intention de blesser personne. Je voulais même empêcher Marius de faire un quelconque attentat.

Une larme coula sur sa joue. Les pensées étaient bien trop dures à assimiler. En plus, c’était la première fois qu’elle en parlait à une personne. Pourquoi Zacharias ? Aucune idée. Certainement parce qu’il se trouvait à ses côtés à cet instant même. Instant où elle avait tout simplement besoin et envie de tout dire. De se vider. De décharger le fardeau qu’elle avait sur les épaules depuis quelques temps.

- Maintenant, je ne serai plus jamais Impératrice, continua-t-elle d’une voix neutre virant même un peu sur le bonheur. Vous savez, des temps sombres vont s’abattre sur Ishtar. Si vous pensiez l’Empereur comme étant une marionnette du Régent et un gamin, vous vous trompiez, tout comme moi. Il sera bien pire, j’en suis convaincue.

Elle baissa les yeux quelques instants avant de soupirer. Quel dommage !

- Et je ne veux en aucun cas être la femme d’un tel homme ! s’écria-t-elle.

Elle se rendit alors compte de son entourage qu’elle semblait avoir oublié pendant quelques instants. Elle rougit alors mais cela ne se vit pas. Elle tourna la tête vers Zacharias qui se battait encore et encore avec la douleur et la souffrance.

- Veuillez m’excuser de vous raconter ma vie, Monsieur Flash, ajouta-t-elle avant de continuer. Je dois vous ennuyer et je le comprendrais très bien. Pardon, je me tairai désormais. C’est juste que …

Elle ne réussit pas à terminer sa phrase et se remit à nouveau à pleurer.
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Zacharias Flash

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MessageSujet: Re: Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea]   Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea] EmptySam 5 Mar - 23:02


    Il vous écoutait, hochant la tête tandis que vous parliez, marchant au rythme de vos pas. Il se rendait bien compte que vous tentiez de marcher moins vite afin de l'aider. Vos paroles, celles qui l'encourageaient restaient dans son cœur et le contraignaient à rester debout, fièrement, sans se plaindre. De votre main, il sentait la générosité ainsi que la chaleur : il aurait donné cher pour rester avec un tel petit bout de femme. Vous étiez son idéal, et même s'il n'y connaissait rien lorsqu'il s'agissait du sexe opposé et que le fantôme de Paole continuait de le hanter lorsqu'il voulait l'oublier, vous restiez là, ne disparaissiez pas de sa vue : plus que tout, vous n'étiez un mirage. Votre main douce, vos doigts fins, il se serait fait un plaisir de détailler cela pendant de longues heures. Cependant, il n'avait pas le temps : il avait déjà mal, et était en train de résister afin de ne pas tomber dans les limbes du sommeil. Morphée l'attirait irrésistiblement, si bien que ses yeux déjà pratiquement refermés se fermaient totalement par intermittence. La cape que vous lui aviez donné le protégeait radicalement du froid, aussi ne claquait-il pas ridiculement des dents, c'était au moins ça d'évité. Les lumières qu'il avait aperçues à l'instant semblait porter un bon espoir, celui qu'ils n'étaient pas perdus et qu'ils n'allaient pas crever dans cette immensité jaune : chouette. Maintenant, il ne restait plus qu'à prier (chose plutôt ironique, n'est-ce pas ?), pour que le refuge en question ne soit pas un guet-apens où les attendrait moult Inquisiteurs et compagnie. Zacharias continua alors de marcher : se concentrer sur votre main, sur ses pas, c'était la seule solution pour ne pas s'écrouler, et elle marchait. Bientôt, vous vous mîtes à parler, il vous écouta comme un élève attentif, soucieux de ce que pourrait lui apprendre sa maîtresse.

    Ainsi, c'était vrai : vous étiez bien censée être Impératrice. Zacharias le savait déjà, mais l'apprendre de votre bouche lui faisait encore plus drôle. Il se demandait comment une femme aussi bonne que vous avait pu vouloir se mêler des choses du pouvoir, avec ces personnes si abominables, là-haut. Il ne connaît pas personnellement l'Empereur, et savait des choses sur le Régent qu'il aurait préféré ne pas connaître ; son poste d'Informateur était déjà suffisamment dangereux, alors, il songeait qu'être la femme de l'Empereur devait apporter encore plus de soucis. Il n'allait sûrement pas vous juger : de toute manière, il était bien mal placé pour cela. Zacharias était juste attristé que ces hommes soient aussi injustes avec vous, il se disait, aveuglé, qu'avec votre intelligence et votre beauté, vous mériteriez tout. Cet Empereur, ou plutôt ce futur Empereur, il n'arrivait pas à le juger, mais le peu que vous vîntes de lui rapporter fit pousser une haine aveugle de l'Informateur à son égard. Tout d'abord, parce que vous nourrissiez le désir d'être sa femme : une poussée de jalousie montait, il ne savait véritablement pourquoi. Ensuite, parce qu'il était sûr que vos prédictions allaient devenir réalité et que prochainement, la chose qu'avait façonnée D'Arken allait leur porter préjudice à tous.

    « Z'avez fait c'que vous d'viez faire, mam'zelle. Mais...ces hommes sont des monstres, même Marius, ils peuvent pas faire aut' chose qu's'battre, peu importe l'nombre d'victimes... »

    Il reprit son souffle : surtout, se concentrer sur ses pas, lui montrer le moins possible qu'il était à bout. Les lumières des maisons semblaient se rapprocher, ils allaient, avec un peu de chance, trouver candide âme pour les accueillir. Il allait de nouveau parler lorsque...trop tard, vous vous remîtes à pleurer. Sa main, celle qui était libre, bougeait une nouvelle fois, mais encore, il n'arriva pas à faire ce que son cerveau souhaitait. Non, il ne vous enlaça pas pour vous consoler. À la place, il continua à marcher, serrant votre main, afin de vous rassurer et vous montrer que lui, il pourrait toujours être présent pour vous. Quelque chose passa soudainement dans les blés : peut-être le vent, mais peut-être également un animal, plus ou moins gros. Flash frissonna, s'imaginant déjà Paole en personne arriver, profitant de la bêtise qu'il avait commise pour satisfaire des désirs inhumains.

    « Ha..ha... »

    Paole. Il le voyait. L'Inquisiteur était derrière eux. Il le sentait, il en était sûr. Brusquement, un peu trop pour son corps, Zacharias se retourna, lâchant pour l'occasion votre main. Dans son délire, il crut apercevoir les cheveux blancs et l'éclat rouge vif des yeux de l'autre albinos. Il voyait son sourire sadique n'annonçant rien de bon, distinguait les prothèses qui lui servaient de doigts. Il se souvint également de ses blessures, de son ventre littéralement ouvert, du feu qui avait pris sur son épaule, sa jambe et son pied. Il a mal. Il en pleure, il ne veut pas que Paole revienne. Le fait d'avoir vu Mist a réveillé un fantôme qui ne s'était caché que trop peu de temps. Zacharias recule alors, complètement affolé, il se saisit, cette fois-ci sans aucune pudeur, de votre main.

    « Pa..pa..Paole ! Là, là, d'vant ! »

    Son doigt montre la silhouette qu'il croit distinguer alors qu'en réalité, ce n'est que brumes et images dans l'esprit fiévreux d'un pauvre fou. Il claque des dents, même si votre cape le réchauffât un peu, puis, vous jeta un regard, celui d'une proie prise au piège et ne pouvant plus s'en échapper. Alors, il agrippa votre main fermement et courut : plus vite qu'il ne le pouvait en réalité, ses muscles et membres ne lui permettant ces mouvements que grâce à l'adrénaline qui parcourait tout son corps. Ils se rapprochèrent plus vite de la lumière, Zacharias, complètement à bout de souffle, s'arrêta, s'appuya contre le mur de la maison, menaçant à tout moment de s'écrouler.
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Eleanor van Lähre

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MessageSujet: Re: Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea]   Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea] EmptyDim 6 Mar - 15:42

Si seulement Zacharias aurait su ! Il n’avait pas du tout idée de quoi il parlait. Du moins, aux yeux d’Eleanor. En effet, il ne connaissait ni l’Empereur ni le Régent en personne, et même s’il avait vu le comportement de Marius, il n’avait aucune idée de comment ce dernier était d’habitude. Il ne l’avait pas connu avant comme elle. Alors c’était bien beau de dire de telles paroles, qui firent d’ailleurs sourire la duchesse, mais il ne connaissait pas le terrain sur lequel il était en train de glisser. Il ne savait pas du tout sur quel chemin il s’aventurait. Sa vision était encore un peu naïve. Mais la jeune femme se tut pour l’instant. Parce qu’au final, ses paroles avaient pour but tout de même de la consoler et la rassurer. Objectif qu’elle trouvait très appréciable. Elle pensa alors à tout l’effort que ces quelques mots lui avaient coûté. Oui, car il commençait à respirer de plus en plus bruyamment, ce qui montrait encore une fois les signes de faiblesses qui augmentaient. Eleanor s’inquiéta quelque peu et avait envie de lui dire de ne pas trop parler, pour son bien. Elle continuerait alors à marcher tranquillement avec l’informateur à ses côtés et bientôt, ils arriveraient à destination. Mais quand elle en eut l’intention, tout d’un coup, elle ressentit les blés qui bougeaient. Probablement le vent, ce fut pourquoi elle ne fut pas vraiment effrayée. Mais la seconde suivante, ce fut au tour de l’homme de délirer. Au début, elle ne comprenait pas du tout. Il parlait de Paole, présent et près d’eux. Il lâcha sa main et elle frissonna, comme si toute la chaleur s’était concentrée à cet endroit de leur contact physique. La duchesse, qui fut bien surprise, tenta de regarder vers le lieu que lui montrait Zacharias mais elle n’aperçut rien. Elle comprit alors que ce dernier devait avoir une hallucination et voir l’Inquisiteur qui l’avait traumatisé. La femme eut pitié de lui et elle voulut le calmer, le rassurer. Elle n’en eut pas le temps.

Zacharias s’empara à nouveau de la main d’Eleanor et commença à courir. La duchesse ne pouvait rien dire, crier n’aurait servi à rien, elle le savait. Il était parti dans son délire et elle ne pouvait pas l’en tirer pour l’instant. Elle devait attendre un moment où celui-ci serait disposé à l’écouter et à se calmer. Pendant ce temps, elle se demandait bien d’où il puisait toute cette force pour courir aussi rapidement. Probablement un trop plein d’adrénaline, mais tout de même. Cela contrastait énormément avec l’informateur qu’elle avait connu quelques instants auparavant. D’ailleurs, elle se posait aussi la question de comment c’était possible qu’il ne ressentît aucune douleur pendant ce petit laps de temps. Tout d’un coup, alors que le champ de blé n’était pas encore terminé, elle sentit comme un picotement au niveau de sa joue. Elle ne put se toucher à cet endroit-là, prise par la course, mais elle se doutait bien qu’une pousse de blé l’avait coupée. Elle sentit même la seconde suivante comme un liquide sur sa peau et elle sut que c’était le sang. Quand enfin ils sortirent du champ de blés, il leur suffit de quelques mètres encore avant d’atteindre la maison. Zacharias s’arrêta et s’appuya contre le mur de cette dernière. Eleanor se préoccupa tout d’abord de son état plutôt que de sa joue ou encore de frapper à la porte pour demander de l’aide. Si jamais l’homme s’évanouissait maintenant, elle préférait être là puis prévenir les personnes qui habitaient dans la petite maison. En tout cas, il n’était pas dans un bon état. La duchesse sut que son délire avait probablement été causé par une fièvre lancinante, car en touchant le front de ce dernier, il était chaud voire bouillant. A ce moment-là, elle savait que le seul moyen n’était pas de lui raconter qu’il délirait mais de le rassurait. Elle ne trouva pas d’autres moyens que de se pencher vers lui pour venir lui murmurer dans l’oreille :

- Ssh, ssh, c’est fini maintenant, tout va bien.

Comme une mère à un enfant qui avait subi une grande peur. Puis ensuite, elle avait envie de le prendre dans ses bras, comme une mère le faisait tout le temps – elle se souvenait de la sienne la prenant et la blottissant contre elle – mais elle se rappela également que ce dernier ne l’avait pas fait tout à l’heure. Alors elle se mordit la lèvre, serra sa main très fort et pensa à ne pas le prendre dans ses bras. Elle tourna la tête pour ne pas le regarder quelques instants également. Ce fut alors le moment où la porte de la maison s’ouvrit avec fracas et brutalité et un homme âgé d’une trentaine d’années environ en sortit, armé d’une arbalète. Eleanor sursauta et cette fois-ci ce fut à elle de lâcher la main de Zacharias. Elle mit les deux mains devant elle, comme pour se défendre.

- Qui êtes-vous ? Et que voulez-vous ? demanda l’homme d’une voix grave et des plus froides.

La peur augmenta en la duchesse. Elle était seule, Zacharias n’était pas du tout en état ni probablement assez conscient pour répondre. Elle devait se débrouiller et espérait que l’homme ne la prendrait pas pour une mauvaise personne.

- Nous cherchons de l’aide, commença-t-elle, alors qu’une femme avec un enfant dans les bras sortit aussi de la maison pour voir ce qui se passait. Mon ami est gravement blessé, nous avons besoin d’aide pour le soigner. S’il vous plaît, accepteriez-vous de nous loger pour cette nuit et nous offrir l’aide demandée ?

La femme s’approcha alors d’Eleanor et de Zacharias mais ce fut à la duchesse qu’elle adressa un sourire. Elle la fit se lever avec une main libre mais ne dit rien. L’homme vint alors et constata l’horrible état dans lequel se trouvait l’informateur. Il poussa un petit et sans hésiter posa l’arbalète contre le mur et se saisit de ce dernier. Eleanor les suivit alors dans la maison et ils rentrèrent tous. La femme ferma la porte pendant que l’homme emmenait Zacharias dans une autre pièce de la petite maison en bois, bien douillette, probablement. Alors que la duchesse voulut aller dans ses pas, la femme l’arrêta et la pria de venir avec elle. Eleanor s’exécuta bien qu’elle préférât être aux côtés de l’informateur. Elle ignorait ce qu’il devenait à cet instant. La femme l’emmena dans une pièce où elle gardait des vêtements, notamment des robes. En effet, celle d’Eleanor était usée, sale et bonne à jeter. La duchesse prit la robe que cette dernière lui tendit et la remercia avant de se changer. Quand elle sortit habillée dans une robe paysanne, la femme lui sauta dessus pour lui soigner la coupure à la joue causée par les blés.

- Si vous me permettez, j’aimerai me rendre aux côtés de mon ami maintenant et le soigner, demanda Eleanor très poliment.

- Mais je vous en prie mademoiselle. Je vous amènerai l’eau chaude et de quoi le panser. Je vous préparerai aussi un dîner chaud.

La duchesse acquiesça de la tête et les remercia pour leur hospitalité. La femme lui répondit par un sourire tandis qu’Eleanor se dirigeait vers la pièce où se trouvait Zacharias. Il était allongé sur un lit, l’homme à côté de lui, tentant de lui enlever la cape qui collait un peu à sa peau ainsi que son pantalon afin de constater tous les dégâts commis par les blessures. Eleanor remarqua alors quelque chose qu’il ne lui avait jamais montré : sa jambe brûlée. Elle en fut à nouveau horrifiée et dégoûtée. Pas par Zacharias en personne. Quand l’homme eut fini d’enlever le tout et même les bandages improvisés avec la robe de la duchesse, déjà pleins de sang, il sortit de la pièce, les laissant tous les deux. L’informateur paraissait dans un état des plus critiques et Eleanor se demandait s’il était encore conscient. Elle attendait pour l’instant les outils pour le soigner.
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Zacharias Flash

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MessageSujet: Re: Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea]   Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea] EmptyLun 7 Mar - 11:09


    Les yeux se fermant automatiquement, Zacharias s'appuya sur le mur de la maison. Vous, il ne savait pas dans quelle situation vous étiez : il avait cru voir un peu de sang couler le long de votre joue et espérait que cela allait bien pour vous, que vous ne subissiez pas le contre-coup d'une douleur lancinante. Il tomba à terre, serrant avec de plus en plus de peur votre main. Et si Paole les poursuivait ? Le bruit dans les blés, la silhouette de celui-ci esquissant un mouvement vers lui, vers eux, il avait l'impression de revoir tout cela. Et s'il vous faisait du mal, comment pourrait-il réagir ? Cette possibilité aurait pu le faire trembler et lui donner des cauchemars bien longtemps : si jamais Paole découvrait qu'il s'était attaché à vous, il s'acharnerait sans nul doute sur votre frêle personne et ne manquerait de vous humilier comme il l'avait fait avec lui. Votre voix, cependant, le calma, comme le doux murmure que peut avoir la mer, lorsqu'on l'écoute au loin. Il a conscience qu'il ne doit pas faire de mouvements en trop, chacun est si précieux et lui permet de rester un minimum conscient. Et puis, votre voix lui permet de rester ici, près de vous. Il vous aime, entendez-vous bien, même si cela, il ne le sait pas encore, chacun de vos gestes, il les dévore comme s'il avait hâte comme vous connaître dans votre intégralité. Vous le fascinez juste, il est émerveillé par ce phénomène. Il sentit également votre main serrer encore plus fort la sienne, comme pour lui donner le courage de surmonter cette épreuve : très bien, pour vous, il ne se plaindrait pas. Il ferait comme si tout allait pour le mieux du monde, se concentrant le plus possible sur la chaleur de la main de la jeune femme.

    Soudain, un bruit. Zacharias sursauta, vous lui lâchâtes le poignet, sans doute pour vérifier de quoi il en retournait. En entrouvrant les yeux autant qu'il le put, l'albinos vit cet homme armé, et un son bizarre s'échappa de ses larmes comme s'il avait l'intention de prononcer un truc bizarre du genre de : « Ne lui faites pas d'mal, elle n'y'est pou' ren. » Bien entendu, il était presque certain que l'homme aurait encore moins compris ce que Zacharias avait l'intention de dire, mais ce n'était pas vraiment grave.


    - Qui êtes-vous ? Et que voulez-vous ?

    C'était une bonne question, qui était-il ? Dans une semi-inconscience, il vit une femme, un enfant dans les bras se rapprocher d'eux. Vous lui aviez lâché la main, cela, il en était sûr et il avait maintenant peur de ne plus pouvoir tenir autant de temps qu'auparavant. D'ailleurs, il tomba vite, totalement, sentant le noir se refermer en même temps que ses paupières. Pourvu qu'ils...ne vous fassent pas de mal...

    Il se réveilla, enfin, si nous pouvions appeler cet acte se réveiller, étant donné que son acte ne s'était pas exactement amélioré, quelques minutes plus tard. D'après la chaleur et le confort qui entourait son corps, il en jugea presque aussitôt que vous deviez être sauve : néanmoins, il faudrait qu'il vérifie si cela était vrai, on ne sait jamais. L'homme, il le voyait bien celui-ci, puisqu'il était à quelques millimètres de lui, s'occupait de lui enlever ses vêtements. À ce moment-là, Zacharias aurait voulu lui crier de ne rien faire, surtout pas cela, que vous ne voyiez pas ce qu'il y avait pas dessus afin de ne pas en être dégoûtée, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Il avait également entendu quelques pas, une porte qui s'ouvrait : sans doute vous, il ne reconnaissait pas le bruit de votre robe, mais il supposât que vous étiez celle qui venait d'entrer. Mais il n'eut pas vraiment le temps d'y réfléchir, l'homme ayant continué d'enlever ses vêtements. D'abord la cape qui lui collait à la peau, laissant voir une chemise ensanglantée. Zacharias grimaça à moitié : ceci n'était certainement pas l'oeuvre d'Amadäus, mais celle de Paole, lorsqu'il lui avait ouvert. Dans la course, dans son affolement, les blessures avaient dû se rouvrir, c'était de sa faute, il les avait mal faites cicatriser, en se soignant tout seul. Il aurait décidément dû aller voir un médecin digne de ce nom. Il grimaça plus qu'à moitié lorsqu'on lui enleva son pantalon, bien qu'il resta en une espèce de caleçon. Vous alliez tout voir, c'était injuste, et lui, il délirait de plus en plus, de culpabilité et de honte.

    La porte s'ouvrit une nouvelle fois, laissant passer quelqu'un d'autre qui s'approcha de l'homme, et mit ce qui devait être une bassine d'eau chaude et des bandelettes au pied du lit. Zacharias bougea, à ce moment-là. Il ne désirait pas vraiment être soigné, surtout pas que vous le soigniez en plus mauvais état, ces traces de doigts-là encrés dans la peau. Il devait également se retenir pour ne pas pleurer, cela aurait été le comble, vraiment.

    « J'vais..tout à fait..bien...laissez...moi... », dit-il de la voix d'un mec qui aurait fumé au moins dix pétards.
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Mort(e) tragiquement

Eleanor van Lähre

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MessageSujet: Re: Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea]   Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea] EmptyMar 8 Mar - 20:41

Eleanor se tient, silencieuse près de la porte, les yeux rivés sur le lit et sur l’informateur allongé dessus. Elle arrive à apercevoir toutes ses expressions, notamment cette grimace. La duchesse ne dit rien et resta même sans expression, comme si elle ne ressentait rien du tout. Mais au fond d’elle, elle avait pitié de cet homme. Elle le plaignait vraiment. Et en même temps, elle le trouvait vraiment courageux. Cela n’avait pas du être une partie de plaisir non plus. Les tortures quelles qu’elles fussent, elle ne connaissait pas. Pourtant, elle se doutait bien que cela ne devait pas non plus être très plaisant. C’était utilisé pour obtenir la vérité de ceux qui se faisaient torturer par cette violence. Elle ignorait la raison pour laquelle Paole lui avait fait de telles choses. Peut-être pour une information ? Peut-être pour son plaisir propre ? De toute façon, Eleanor ne voulait pas le savoir. Elle ne poserait pas la question. Elle n’oserait pas. Elle s’imaginait bien que cela n’était pas le meilleur souvenir de la vie de Zacharias et elle n’avait pas du tout envie de remuer le couteau dans la plaie. Que ce fût aujourd’hui ou demain. Elle ne lui parlerait pas et ne lui demanderait rien sur ses blessures ni comment tout ceci s’était déroulé. Si l’homme désirait lui en parler, certes elle l’écouterait. Elle serait attentive. Mais elle ne l’exigerait pas d’elle-même. La jeune femme se perdit dans ses pensées concernant cet homme. Elle avait l’impression de s’attacher à lui de plus en plus. La dernière fois, elle l’avait quitté sans vraiment croire une seconde qu’un jour elle le reverrait et surtout dans de telles conditions. Alors il fallait dire qu’elle fut bien étonnée de le voir arriver à la ferme. Mais elle ne lui en avait pas parlé. Maintenant, elle se posait toutes les questions qui n’avaient été qu’évasives et instantanées lorsqu’ils se trouvaient tous ensemble pendant la dispute avec Marius. Même si elle avait envie de connaître les réponses, elle ne se résignerait pas à en parler pour l’instant. Elle savait la fatigue de Zacharias et le laisserait se reposer plutôt que de le bombarder de questions.

Elle fut tirée de ses pensées au moment où la femme entra dans la pièce avec la bassine d’eau chaudes et tout ce qui était nécessaire pour le soigner. La duchesse se rendit compte alors qu’elle avait croisé ses bras et que son regard avait pointé vers un endroit de la pièce pendant plusieurs longues secondes. Elle laissa pour l’instant la femme déposer le tout près du lit et n’osa encore s’approcher. Elle vit alors les lèvres de l’informateur bouger mais elle ne sut pas du tout ce qu’il disait. Il parlait tellement bas, sa voix était si faible, qu’elle ne put l’entendre. Encore une fois, elle s’éprit de pitié. L’état dans lequel il se trouvait à cet instant lui tiraillait le cœur. Elle sentait comme si dernier était broyé par quelque chose et qu’il lui semblait se réduire de plus en plus. Aucun d’eux ne répondit aux paroles de Zacharias, probablement considérant qu’il délirait parce qu’il n’avait pas toute sa tête pour l’instant. Ils ne se préoccupèrent plus de lui et d’abord l’homme sortit de la pièce sans rien dire, puis la femme vint voir la duchesse.

- Voilà mademoiselle, tout y est. Je vous apporte un dîner chaud dans quelques minutes.

A ce moment, Eleanor la fixa avec ses yeux d’un bleu intense. Elle se rendit qu’elle n’avait pas mangé depuis quelques heures déjà. Mais elle ne ressentait aucune faim et elle n’avait pas non plus envie de manger. Si la femme préparait un repas, il serait bien gâché et il ne valait mieux pas. Et même si pour Zacharias ce serait bien mieux qu’il mangeât un bout, Eleanor ne le pensait pas capable.

- Je ne pense pas que ce sera nécessaire, répondit la duchesse en désignant de la tête l’homme. Merci de votre hospitalité.

La femme fit comme si elle n’avait rien entendu et Eleanor se doutait bien qu’elle n’en ferait qu’à sa tête. Elle leur apporterait tout de même quelque chose à manger. Cette dernière sourit avant de disparaître dans l’autre salle, les laissant tous les deux. La duchesse ne prit pas trois heures non plus pour se décider à bouger enfin de sa place. Elle se dirigea donc vers le souffrant, qui semblait avoir les yeux fermés. De toute façon, elle avait remarqué qu’il avait toujours de petits yeux dont elle n’apercevait jamais la couleur. Alors il fallait avouer qu’elle ignorait si à ce moment il la voyait ou pas du tout. S’il avait les yeux fermés tout simplement ou pas. Difficile à dire, vraiment. En tout cas, elle s’agenouilla sur le sol en bois et ne tarda pas à mouiller une serviette avec l’eau chaude pour la poser sur le torse de Zacharias à l’endroit de la blessure. Comme il bougea sous le contact, elle posa directement sa main gauche sur le front de l’informateur et murmura un « Sssh », comme pour le rassurer. Ensuite, elle ne retira pas sa main mais, sans s’en rendre compte, la passa sur les cheveux de l’albinos. Quelques secondes plus tard, elle enleva la serviette et tamponna doucement la blessure pour la sécher avant de mettre un bandage beaucoup moins improvisé cette fois-ci. Elle n’était certes pas médecin et tout n’était pas parfait mais elle se souvenait de ce que sa mère lui faisait de temps en temps lorsqu’elle était beaucoup plus jeune. Puis elle se rappela aussi de Magdra qui avait soigné cet homme d’Alvaro, blessé. Dès qu’elle termina le bandage, elle vint à poser ses lèvres sur le front bouillant de l’homme. Sa mère faisait cela pour voir si elle avait de la fièvre ou non. Dans le cas de Zacharias, personne ne contesterait le verdict. Eleanor mit sa main gauche au ras du front côté cheveux afin de pouvoir tranquillement poser une serviette mouillé sur celui-ci sans que les cheveux gênassent. Si tout allait bien, normalement en gardant la serviette sur le front, la fièvre diminuerait et partirait – dans le meilleur des cas – d’ici le lendemain matin avec une bonne nuit de sommeil et de repos.

Ce fut lorsqu’elle termina que la femme entra dans la chambre, aidée par son mari, transportant deux assiettes à soupe sur un plateau. Elle vint les déposer près du lit tout en souriant. Elle sourit encore une fois et reprit la bassine et tout ce qu’Eleanor avait utilisé pendant ses soins. Sans rien dire, elle partit encore une fois. Comme la duchesse n’avait pas faim, elle n’avait pas l’intention de manger la première. Elle aida donc d’abord l’informateur à se relever un tout petit peu afin qu’il pût manger dans une position correcte dans le lit. Elle lui donna la soupe en espérant qu’elle ne serait pas obligée de le nourrir elle-même. Bien qu’au final, si tel fût le cas, elle savait parfaitement que cela ne la dérangeait pas vraiment.

- Tenez, Zacharias, mangez. Cela va vous faire du bien. Demain vous irez mieux.

L’homme revint dans la pièce simplement pour annoncer :

- Veuillez nous excuser mais nous n’avons pas d’autre pièce et d’autre lit de libre. Vous allez devoir dormir ensemble.
- Très bien, merci, acquiesça Eleanor de la tête alors que ce dernier partait et avant de porter à nouveau son attention sur l’informateur.
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Zacharias Flash

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Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea] Vide
MessageSujet: Re: Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea]   Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea] EmptyMer 9 Mar - 18:04


    Il ne dormait pas vraiment, il avait juste tendance à naviguer entre était conscient et inconscient. C'était d'ailleurs très étrange et devait avoir un nom : oh, état semi-conscient ? Cool, voilà que ça existait déjà. Il ne savait pas du tout s'il était en sécurité dans cette maison : l'Inquisiteur, Paole, celui qu'il avait vu et la raison pour laquelle il avait épuisée les dernières de ses forces, il était toujours dernière eux ? Qui sait, il l'attendait même peut-être à la porte, histoire de les cueillir une fois qu'ils auraient repris espoir...? C'est son truc, à lui, à ce malade mental. Lui faire croire qu'il pourrait s'en sortir et puis...plus rien, le rattraper, le frapper de toutes ses forces, l'humilier de la pire des manières possibles. Zacharias serra fortement les poings, du moins, autant qu'il lui en était possible, car il eut, à ce moment-là, l'impression que son corps était en coton, même si la douleur, elle, il la sentait bien, un peu trop, d'ailleurs. Votre odeur revenait et le rassurait. Il savait que vous étiez là, juste à côté de lui, il le sentait, un peu d'instinct, même si ses yeux s'étaient refermés juste après qu'il ait prononcé sa phrase. L'homme n'y avait pas répondu, d'ailleurs. Il supposait qu'il ne l'avait pas bien entendu, sinon il ne se serait pas occupé de lui : plus que tout, Zacharias détestait que l'on s'occupe de lui. Il était grand, son père adoptif avait été médecin, alors, il savait à peu près se débrouiller avec des bandages et le désinfectant. À peu près, du moins, car bien sûr, il y a des blessures que l'on ne peut atteindre lorsque l'on se guérit tout seul. Cependant, les premiers soins avaient tout de même été efficaces : grâce à cela, les blessures sanglantes qu'avaient causés les doigts de Paole ne s'étaient pas infectées, il n'était pas mort à cause de cela. Cool. Vraiment cool.

    Vous commençâtes à soigner ses blessures et sous le coup de l'eau chaude, il frissonna. Il y avait vos mains, bien tendu, et vos mains touchaient son corps. Il ne comprenait alors plus ce qu'il ressentait. Tout d'un coup, il avait envie de saisir brutalement votre poignet et vous ordonner d'arrêter, mais, d'un autre côté, il n'était pas plus mal comme ça. Il se surprit mal à se dire que ce sera encore mieux s'il n'était pas blesser. Comme un rêve. Vous qui le touchiez et lui, sans rien dire, qui souriait. Il en aurait presque eu la bave aux lèvres, ce grand abruti. Mais arrêtons de penser à cela, il savait pertinemment qu'il fantasmait sur vous et que vu leurs différences sociales, rien n'aurait été possible, à part grâce à un miracle conséquent qui aurait pu faire entrer en compte le fait que le Haut Prêtre décide tout d'un coup de se travestir, que la langue de Mist repousse ou encore qu'Émile Paole se mette, du jour au lendemain, à déclamer des vers et cueillir de jolis fleurs pour les offrir aux faibles. Mais passons. S'il avait été un peu plus conscient, il serait devenu aussi rouge qu'une tomate au moment où elle est la plus mûre, surtout lorsque vous lui passâtes la main dans les cheveux et...l'embrassâtes sur le front, sans aucun doute pour vérifier à quel point il avait de la fièvre. Il entre-ouvrit à ce moment-là ses yeux couleur de sang un millionième de seconde, avant de les refermer aussitôt. Il s'était trompé ? Et s'il avait une chance ? Il ne fallait pas dire cela à cause d'un simple baiser sur le front mais...il s'agissait tout de même d'un baiser ! Et quand il était bourré, elle l'avait embrassé, ce n'était pas rien ? Son teint prit alors la plus belle couleur des rouges, s'assortissant bien avec ses yeux. Même lorsque vous l'aviez aidé, il avait vraiment mal à l'aise, se rendant compte qu'il ne pourrait pas vous parler sans bredouiller assez ridiculement, à vrai dire.

    « J'ai...pas...pas faim. C'est g..gentil. »

    Quel imbécile. Son ventre criait famine, alors même que la douleur se calmait. Son esprit était toujours sacrément embrassé, il n'avait pas compris ce que l'homme avait dit, ce devait être quelque chose au sujet des lits, ou de la nourriture, mais il n'en était pas sûr. Bougeant difficilement une main, il repoussa l'assiette, comme pour lui dire qu'il ne mangerait pas, ayant surtout envie de se reposer. Et puis, il n'avait pas confiance. Si ces paysans étaient aux ordres de Paole, qui sait s'ils avaient empoisonnés l'assiette ? Il se remettait à avoir peur de tout et de rien, mais voilà, quoi, un espèce de trou noir l'aspirait, il ouvrit totalement ses yeux devant vous, surpris. Fatigué, surtout, en fait. Ces yeux-là manifestaient une peur et un malaise impossibles tous deux à décrire. Zacharias pencha alors la tête sur le côté, vous contempla plus en détails, ceux qu'il ne pouvait voir les yeux quasiment fermés, et les ferma. S'endormit tout d'un coup, brusquement. Il mangerait demain, ou un autre jour. Ce n'était pas vraiment dans ses soucis du moment. Ses lèvres bougèrent alors, tandis qu'il était emporté par Morphée.

    « Si...vous..v'lez dormir...prenez...ma place...ou à côté d'moi... »
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Mort(e) tragiquement

Eleanor van Lähre

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MessageSujet: Re: Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea]   Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea] EmptyMer 9 Mar - 20:02

Eleanor se doutait bien qu’elle serait la réponse de Zacharias en ce qui concernait la soupe. Mais elle ne perdait rien à essayer. Elle avait pourtant prévenu la jeune femme mais elle n’en avait fait qu’à sa tête. C’était bien dommage. De la nourriture gâchée. Eleanor reprit alors l’assiette pour ne plus encombrer le jeune homme. Alors que ce dernier avait enfin daigné ouvert les yeux, la duchesse ne le regardait même pas. Elle ne put donc pas apercevoir la couleur rouge de ceux-ci. Elle était bien trop concentrée sur les deux assiettes à soupe qu’elle posa sur le plateau, qu’elle prit en se levant enfin et le mit derrière la porte. Elle n’osait pas se rendre la cuisine car elle préférait tout simplement éviter la présence de ces personnes. Ce n’était certes pas très sympathique. Mais en réalité, elle ne savait pas vraiment quoi leur dire. De quoi ils pouvaient bien parler. De plus, même s’ils leur avaient offert l’hospitalité, ils n’étaient pas très bavards. Eleanor doutait s’ils en avaient vraiment envie. Elle décida alors de fermer la porte puis à nouveau se diriger vers Zacharias. Elle l’aida à nouveau à s’allonger pour qu’il pût enfin dormir. Le repos lui était beaucoup plus que nécessaire. Alors que l’informateur ferma les yeux et s’endormit en marmonnant quelques mots qu’elle ne saisit pas tous, elle sourit en l’entendant. Prendre sa place. Il délirait complètement. Elle n’allait tout de même pas le pousser hors du lit parce que c’était un homme et qu’il valait mieux qu’ils ne dormissent pas ensemble. Elle, elle n’en avait rien à faire. Certes, elle n’avait dormi avec des hommes autres que son père, et en plus, quand elle était encore jeune. Pourtant, cela ne devait pas vraiment différer de lorsqu’elle dormait avec sa mère, son père ou même toute seule. Elle le fixa, debout, pendant quelques instants, avec le sourire aux lèvres. La compassion pour cet homme grandissait de plus en plus en elle. Beaucoup plus qu’elle ne l’avait vraiment prévu au début. Il fallait bien préciser et rappeler qu’elle n’avait pas eu l’intention de revoir cet homme.

Perdue une énième fois dans ses pensées, la jeune femme fut tirée de celles-ci seulement parce que le feu de la petite lampe installée sur un chevet, commençait à bouger. Elle se rendit alors compte que la luminosité dans la chambre avait baissé. Elle prit donc la décision de se faufiler dans le lit sous la couverture rapidement. De plus, la nuit était désormais tombée depuis quelques temps déjà et le froid commençait à se faire sentir. Les paysans devaient y être habitués. En ce qui concernait Zacharias, elle ne le savait pas. Elle aussi, un tout petit peu. Dans son palais de glace à Überhal, les couvertures étaient bien plus conséquentes et plus grosses. Elles étaient toujours fabriquées en peau d’un animal très chaud, mais Eleanor ne s’était jamais posée la question de quel animal c’était en réalité. Par ailleurs, la température étant différente à Ishtar que dans sa province natale et que cela faisait quand même quelques bons mois déjà que la duchesse habitait la capitale, elle s’était peu à peu habituée à des nuits beaucoup plus chaudes que celles de son enfance. Alors elle semblait perdre en même temps son habitude à ce froid. Une fois sous la couverture, plutôt fine, elle frissonna et se mit dans la position d’un fœtus pendant quelques instants. Quand le froid passa, elle se détendit et se mit sur le côté. Elle tournait le dos à l’informateur pendant qu’elle observa la lampe sur la table de nuit. Elle hésita à bouger, de peur de ressentir encore une fois la fraîcheur de cette nuit puis se résigna finalement à l’éteindre. Elle se releva un tout petit peu et souffla sur le feu qui ne fut que passé. Elle ne ferma pas les yeux tout de suite. Elle paraissait fixer un point du mur, devant elle, sans savoir vraiment lequel. Toutefois, elle avait conscience qu’elle ne trouverait pas le sommeil, du moins pas encore. Tellement de choses s’étaient déroulées cette journée qu’elle pensait à trop de choses. Et cela l’empêchait de s’endormir, malgré toute la fatigue qu’elle ressentait.

Pendant de longues minutes, elle revit et revécut tous les événements de la journée. Elle pensa alors à sa dispute avec Marius et tout ce qu’ils s’étaient dit. Encore une fois, elle n’arrivait pas encore à réaliser que tout ceci était fini. Maintenant, alors qu’elle avait prit un certain recul déjà sur tout ceci, elle se demanda bien ce qu’elle ferait désormais. Elle était seule. Elle n’avait aucun allié de taille. Personne qui pouvait réellement l’aider. La soutenir. La protéger si besoin était. Certaines personnes auraient accepté volontiers mais elle ne le savait pas ou n’y pensait même pas. Ainsi, sans l’imaginer, elle pouvait en réalité compter sur l’aide du sénateur et comte de Jadewood. Et même de Zacharias. Mais cela ne lui venait pas du tout à l’esprit. Elle ne pensait qu’à elle-même et ne réfléchissait qu’à la solution possible à cette situation. Elle ne voyait pas encore toutes les possibilités. Son esprit se limitait encore à tout ce qu’elle connaissait. Ce qu’elle savait pour acquis. Alors tout d’un coup, elle se sentit vraiment seule contre la puissance d’Uriel d’Arken, la colère de l’Empereur et l’influence d’Azhran Nocturnae. C’en était fini de la duchesse. Elle n’avait plus d’avenir grandiose qui lui était promis. Il lui parut alors beaucoup plus judicieux de retourner chez elle, dans le palais de glace de son père. Epouser un homme, noble bien sûr comme le voulait les coutumes. Avoir des enfants. L’écouter. Passer des jours monotones dans un château à ne pas faire grand-chose. Son futur lui semblait bien tracé déjà. De plus, si l’Empereur lançait un avis de recherche, elle devrait se cacher. Il valait donc mieux pour elle qu’elle retournât chez elle, vivre paisiblement et ne plus s’occuper de rien du tout en ce qui concernait la politique. Laisser faire les autres. C’était même bien plus que préférable et peut-être que l’Empereur accepterait ainsi de la laisser tranquille. D’oublier aussi son alliance avec Marius. De l’oublier elle, tout simplement aussi. Toutes ces pensées ne lui permettaient pas de fermer les yeux et de s’endormir paisiblement. Elle se tournait et retournait dans tous les sens tout en espérant ne pas réveiller l’homme.

Elle finit par plonger dans le sommeil, sans vraiment s’en rendre compte. Ce fut alors à ce moment que, sans en avoir conscience, elle fit ce qu’elle avait prit l’habitude de faire quand elle était jeune et dormait avec ses parents, car elle sentait la présence d’une autre personne avec elle, ainsi que la chaleur du corps de celle-ci. Elle se mit au milieu du lit et se rapprocha le plus possible du corps de l’informateur. Elle était tellement proche de lui que le lendemain qu’il se réveillerait, il serait surpris et pourrait même être effrayé de ce rapprochement. A peine ouvrirait-il les yeux qu’il verrait à quelques petits centimètres, le visage encore endormie d’Eleanor. Elle avait besoin de ressentir cette chaleur tout près d’elle, pensant que cette dernière la rassurait et lui assurait la sécurité. Comme quoi les réflexes enfantins ne se perdaient pas toujours …
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Zacharias Flash

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MessageSujet: Re: Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea]   Mais où t'as foutu tes cailloux blancs, merde ? [Elea] EmptySam 12 Mar - 16:03


    Il était arrivé à trouver le sommeil de suite. Celui-ci ne fut pas trop agité : à vrai dire, il eut surtout l'impression de s'enfoncer tout d'un coup dans un bloc de béton et...plus rien. Parfois, l'on rêve de renard, de rouquines à lunettes, mais cette fois-ci, un néant l'avait emporté. Même pas d'images de vous, alors qu'à côté de lui, vous vous colliez à lui. Il dormit d'un seul trait, sans se réveiller au milieu de la nuit car la fièvre avait été un peu plus forte. Au contraire, même si de temps en temps, son corps sursautait comme s'il était en train de guérir, il resta allongé sur le dos, les yeux fermés et une main posée sur votre ventre. Et puis, le matin venu, le jour entra dans la petite pièce et les rayons du soleil vinrent heurter le visage de Zacharias. Hum ? Où était-il ? Il regarda pendant un petit instant les yeux fermés, le temps de se souvenir de tout : le meurtre de l'Inquisiteur, vous, le champ, le fait qu'ils étaient perdus, et puis ses blessures. Il ouvrit doucement ses yeux : où étiez-vous ? Et puis, il sentit que sa main était posée sur quelque chose. La question quoi ne se posa pas, étant donné qu'il tourna tout de suite la tête vers ce qui était à la fois mou et doux. Vous. Vous étiez allongé dans le lit, presque collé à lui. Alors que Zacharias se sentait tout à fait bien, il rougit d'un seul coup, poussa un cri et tomba du lit.

    Vous... Vous vous étiez collé à lui. Devait-il comprendre que c'était parce que vous vouliez le protéger ou aviez-vous eu froid ? Zacharias ne s'était jamais collé à quelqu'un pendant une nuit, il avait même un caractère tel qu'il n'avait jamais été proche de quelqu'un. Normal : eussiez-vous accepté de dormir aux côté d'un homme qui aurait pu vous vendre dans la minute qui suivit ? Pour vous, c'était tout à fait différent, il le savait car il n'avait jamais ressenti un sentiment aussi grisant. Mais vous étiez un noble, peut-être une noble qui serait demain recherchée par l'Église et compagnie, mais une noble tout de même, élevée telle quelle. C'était un triste constat. Il n'avait pas pu voir la réaction que vous aviez eu après la sienne, étant donné qu'il était tombé par terre. Tout de même, le bilan était assez positif : après cette nuit à récupérer, il se sentait beaucoup mieux, ses blessures lui faisaient moins mal, même si elles ne guériraient sûrement pas de suite. Il était assez agréable pour lui de penser qu'il n'allait pas mourir dans la seconde.

    - Vous êtes réveillé ? Voici le petit déjeuner.

    La brave femme était sans doute rentrée, alertée par le soudain cri et avait pensé à apporter un repas. Zacharias n'était pas du genre à refuser de nourriture : non pas parce qu'il n'était pas poli, mais, dans les bas-fonds, il faut apprendre à ne jamais refuser de nourriture, même si de pauvres gens se sacrifient pour vous. Zacharias se releva, vit cette fois-ci que vous étiez réveillée et le regardait étrangement. Il remercia la femme qui posa le plateau d'un signe de la tête, puis, saisit l'assiette pour manger assez salement, d'ailleurs, le mets que celle-ci contenait. Ce n'était pas très bon mais il s'en contenterait. Il enviait presque ces gens, de vivre un peu reculés de la civilisation et de ne pas être mêlés aux sombres affaires de la Capitale. Il n'avait presque rien mangé la veille, et avait loupé un repas, de ce fait, les histoires qui le concernait pouvaient attendre ; il vous regarda également, l'air complètement charmé. Vous aviez l'air de vous forcer à manger cette infâme nourriture mais mine de rien, cela leur redonnera à tous les deux des forces pour se rendre à la capitale. C'était presque un rêve : non, c'en était un. Il allait mieux, et vous vous trouviez à ses côtés. Il n'osait pas demander si hier soir, vous aviez vous-mêmes soigné ses blessures, de peur que vous lui demandâtes comment il avait eu toutes les blessures qui parsemaient son corps. Une fois que tous deux eurent fini de manger, Zacharias se leva de nouveau, tout doucement, et rapporta dans la pièce principale, plus remplie, quant à elle, le plateau. Ces gens avaient dû dormir là afin de leur laisser un lit. Comme pour la nourriture, Zacharias n'eut absolument pas pitié de ces pauvres gens et, quelque peu méprisant, trouva cela normal.

    « Merci beaucoup ! Nous allons y'aller ! »

    Il ne vit pas que vous aviez donné la bourse ramassée tout à l'heure à l'homme, sinon, il aurait râlé. C'était son argent, tout de même, il aurait préféré l'abandonner dans un champ que de le voir redistribué à des gens qui, si cela se trouvait, était plus riches d'eux. L'homme, par la suite, leur proposa de les ramener sur la capitale en charrette. Zacharias sourit. Enfin un problème de réglé. Et c'est ainsi que de bon matin, une femme aux allures nobles à cheveux bleus, un albinos et un paysan repartirent en direction d'Ishtar. Le voyage se déroula sans encontre, même s'il fut plutôt silencieux, trop aux oreilles de l'Informateur qui aimait écouté les potins du coin. Enfin bon, avec ce qu'il s'était déroulé hier, il avait de quoi bosser pendant des semaines...Leur « calèche » entra dans Ishtar, ils en descendirent après avoir remercié une dernière fois. Zacharias, alors, vous salua aimablement : vous le méritiez. Cette fois-ci, c'était à lui de vous impressionner : il se pencha alors vers vous et fit quelque chose dont il ne se serait jamais cru capable quelques heures auparavant. Un baiser sur la joue comme vous lui en aviez fait leur de leur première rencontre. Et puis, il partit dans une petite ruelle et...disparut comme il était arrivé, se mêlant à la foule d'Ishtar.
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