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 Une branche de glycine II PV Kin Light.

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MessageSujet: Une branche de glycine II PV Kin Light.   Jeu 13 Jan - 19:06

Instant lasse et pénible, le philosophe avait fini par s'assoupir. La tête appuyée contre le dossier de son fauteuil, légèrement penchante, celui-ci avait abandonné les invités depuis un moment. Il s'était laissé emporter par le "palpitant" récit d'un des hommes composant la table. Tellement inintéressant, que celui-ci aurait été totalement incapable de vous énumérez ne serait-ce que les trois premiers mots qu'il prononça. Saisit d'un sommeil peu profond, Eduard avait conscience de son état, mais son rêve était bien plus agréable que cette conversation sans intérêt. Il préféra donc les laisser seuls encore un peu, histoire de voir le bout.

Dans ce rêve, il était question d'un miroir. Encore et encore, un miroir. Qu'avaient-ils contre lui pour le hanter autant ? Sa surface semblait légèrement gondolée et des taches brunes souillaient l'image qu'elle reflétait. Il s'approcha de plus près, souhaitant admirer son reflet. Mais rien. Il avait beau passé devant. Eduard ne se voyait pas. Soucieux, il s'éloigna et tenta de trouver une réponse à cette énigme, tout en laissant son regard s'imprégnait de cette dimension. Mais son esprit était embrumé. Ces rires et ces voix rocs dérangeait sa personne. Alors qu'il s'apprêtait à demander le silence, une main agrippa son épaule et le secoua doucement... Il ouvrit les yeux, perplexe.

"Monsieur Rosen ?"

Le philosophe ne répondit pas tout de suite. Il saisit ses lunettes et commença à frotter doucement les verres avec un coin de la nappe. Son esprit était ailleurs, submergé par des interrogations. Il n'adressa pas un seul regard pendant ce temps-là, se préoccupant du soin qu'il apportait à ses montures. Puis, lorsqu'il termina, ses yeux rouges glissèrent vers la personne à sa droite.

"Aurais-je manqué quelque chose de cruciale ?"
demanda t-il d'une voix faussement soucieuse.

"Monsieur nous faisait récit de sa vie"
répondit hâtivement un des invités.

"Vraiment ? Alors j'en déduis que ce n'était pas le moment le plus attendu que vous racontez." déclara t-il avec un soupire.

L'homme protesta et grogna à son issu. Les autres ne purent s'empêcher de pouffer de rire face à la réaction de leur confrère. Eduard lui répliqua avec un sourire innocent et réajusta ses lunettes. Son attention se détourna alors sur les autres invités. Ils étaient cinq autour de la table, tous bavardaient de tout et de rien. Il y avait trois hommes, deux d'entre-eux étaient accompagnés de leur compagne, qui gloussaient nerveusement à chaque approche d'un jeune homme. Le dernier était le Comte à qui appartenait la demeure, il ne cessait de tousser et de tortiller sa barbe. Eduard était chargé de les distraire, mais prenait cette fonction à la légère. Affreusement ennuyant...

C'était Mademoiselle Hannah qui avait organisé cette fête. Elle était comtesse et aimait qu'on l'appelle mademoiselle malgré son âge. Elle approché de la cinquantaine et était déjà à son troisième mari. Depuis peu, elle s'était mariée, mais voulait déjà le divorce avec celui-ci. Bien que des tentions étaient palpables dans son couple, elle ne renonçait pas à ses soirées et ignorait superbement son mari qui brisait par cette histoire ne prononçait plus un mot. C'était une chose bien malheureuse. Mais Eduard n'avait aucun talent pour réconforter le pauvre homme, assis déjà depuis trois heures à la table. Il tenta quelques mots avec celui-ci mais chaque fois, il se heurta à un mur...

Ce n'était pas son monde. Et puis ces gens avaient beau être bien éduquer, il n'avait pas assez d'esprit pour parler d'un sujet un peu plus complexe que d'habitude. Alors Eduard avait renoncé et s'occupé seulement de son assiette, balayant parfois la salle. Lorsqu'on lui adressait la parole celui-ci se contenter de répondre très brièvement et d'ajouter un sourire pour ne pas paraître trop ingrat.
Les invités voulurent danser et quittèrent la table ronde après avoir adresser quelques mots à son attention. Il répondit d'un mouvement de tête. Il ne restait plus que le mari de la Comtesse Hannah. Eduard avait oublié son nom. Mais cela ne semblait pas trop être important. Et puis celui-ci était occupé à couper délicatement son gâteau. Contre toutes attentes, sa voix fluette et triste avait fini par rompre le silence.

"Qu'est-ce que l'Amour ? Vous qui êtes philosophe devrait avoir la réponse..." demanda le Comte, torturé.

Eduard fut surpris, mais ne sût répondre. Il trouvait que l'Amour, c'était une chose bien compliquée. Il faut savoir que Eduard n'était pas un grand sentimental et la réponse qu'il aurait sûrement donné n'avait pas de quoi se réjouir. Il s'excusa, il n'avait pas de réponse à lui donner. Il baissa son regard. Son thé était maintenant froid. Agacé, il demanda une nouvelle tasse à un des domestiques. Mais celui-ci tarda et il renonça une fois de plus à attendre. Il fit une courte révérence et quitta définitivement la table, laissant le Comte à son chagrin, noyant ses larmes dans la gourmandise. Pauvre homme.

Le jeune homme avait envie de prendre l'air, de quitter ces musiques et ces voix insalubres. Alors qu'il tenta de trouver son bonheur, il croisa le domestique qui lui devait une tasse de thé. Il profita ainsi pour saisir son bien mais aussi pour demander un coin tranquille. Le domestique conseilla le jardin. Mais Eduard était sceptique à l'idée de mettre les pieds dans cet immense parc. Il jeta un regard à travers les vitres et finit par le remercier. Le domestique passa son chemin. Finalement, son instinct le conduisit sur une terrasse. Vide et loin de tout ce raffut, quoi demander de plus ? Des branches de glycine aux fleurs blanches s'agrippaient aux colonnes et encadré ce petit morceau de terre lointaine. Il s'appuya contre la rembarre et ferma les yeux, laissant sa tasse de thé en équilibre dessus... Ne se préoccupant point de sa position bancale... Mais il voulait rien qu'un instant, pour se remémorer ce rêve aux allures de cauchemar...
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MessageSujet: Re: Une branche de glycine II PV Kin Light.   Jeu 13 Jan - 21:02

Qu’allait-il devenir maintenant ? Il se posait bien la question. C’était quelque chose qui le préoccupait beaucoup. Il y pensait presque tout le temps. Sauf lorsqu’il travaillait. Ce n’était pas une bonne chose de réfléchir à de tels sujets pendant les répétitions. Non, non. Pas bon du tout. Cela déconcentrait. Et de cette façon, un acteur perdait tous ses talents, toutes ses qualités. Dans ce métier, rien ne pouvait vous déstabiliser. Sinon vous étiez bons pour la décharge. Vous deveniez alors un acteur respecté mais dont peu de nobles souhaitent en être les mécènes. Vous perdez votre valeur à leurs yeux. C’était bien horrible. A chaque fois que le jeune acteur en arrivait à cette pensée, il tentait de reprendre ses esprits en secouant sa tête. Il ne voulait surtout pas parvenir à ce moment où il ne serait plus qu’un rejet. Un acteur de second plan. Pour laisser la place à d’autres petits jeunes. D’autres petits nouveaux talentueux acteurs. Bien sûr, il s’en doutait qu’un jour de toute façon ce moment arriverait. Mais pas maintenant. Pas encore. Pas à cet âge. Il était encore jeune. Sa carrière ne faisait que commencer. Elle ne pouvait pas s’arrêter maintenant. Non, il refusait. Kin avait besoin des nobles. Il les nécessitait pour l’entretenir. Certes, il avait déjà connu la pauvreté et si jamais il redevenait pauvre, il le supporterait. Mais il n’en avait tout de même pas envie. Celui-ci qui goûtait une fois au confort, désire ne plus jamais le perdre. Il en était ainsi pour l’acteur. Alors il jouait toutes les cartes possibles dans ses mains pour tout simplement survivre.

Ce n’était pas toujours facile. Comme aujourd’hui. Parce que même si cela faisait déjà quelques semaines que l’attentat s’était produit, tout le monde n’était pas encore aussi confiant que certains. Quelques nobles avaient décidé de reprendre un cours de vie comme celui qu’ils avaient avant l’attentat. La peur était une mauvaise chose. Et c’était de cette peur dont se nourrissaient les terroristes pour augmenter leurs pouvoirs. Plus les civils avaient peur, plus les terroristes gagnaient en pouvoir. Car cela leur donnait la possibilité de faire tout ce qu’ils souhaitaient. Si la population avait peur, alors ils pouvaient les voler, les tuer, les violer … Tout. Parce que de toute façon les habitants seraient trop effrayés pour réagir. Certains nobles avaient donc bien compris que de toute manière, il ne fallait pas rester chez soi, peureux. La vie continuait pour eux, autant en profiter. Et si jamais quelque chose arrivait, et bien c’était parce que l’Ombre l’avait décidé. Comme je le disais, nombreux furent ceux qui commençaient peu à peu à reprendre le cours normal de leurs vies. Kin ignorait s’ils avaient compris ou non ce principe de la peur. En tout cas, les choses s’arrangeaient pour lui. Elles n’étaient pas aussi mauvaises qu’il ne se l’était imaginé le jour de l’attentat. Il repensa alors à sa rencontre avec le Sénateur de Jadewood. Il sourit. Il se demanda bien ce que cet homme faisait à ce moment-là. Que pouvait-il bien penser. Après tout, il s’était fait duper. Comme nombreux hommes avant lui, quand Kin décidait de changer d’apparence pour ne pas se faire remarquer. Enfin, peu importait pour l’instant vraiment. Seulement sa situation.

Il se trouvait sur la terrasse d’une merveilleuse résidence qui appartenait à un Comte dont il avait connaissance. Kin l’avait croisé plusieurs fois à l’Opérâtre avec sa femme qui se nommait Hannah. Cette dernière avait plus de cinquante ans presque mais faisait beaucoup plus jeune. Elle gardait sa jeunesse. Elle ne paraissait pas si vieille que cela. Mais cela ne fut pas une raison pour qu’elle se permît de venir voir Kin en coulisses un soir après une représentation pour que celui-ci satisfît ses plaisirs. Généralement, il ne refusait pas tant qu’il avait un lien – c’était à dire que le noble le soutenait et l’entretenait – avec la personne. Cette fois-ci, non seulement elle était mariée et bien plus âgée que lui, mais elle n’était pas l’une de ses mécènes. Il se doutait bien que si elle l’avait invité à cette fête ce n’était pas une coïncidence. Pourtant, ce n’était pas du tout pour elle qu’il était venu. Non, pas pour elle. Pour les autres nobles. Il avait tout simplement ressenti le besoin d’être à nouveau proche de ceux-ci. De regagner cette confiance. Parce que plus certains restaient chez eux, plus c’était mauvais pour le petit Kin. En effet, s’ils étaient cloîtrés chez eux, méfiants et peureux, les nobles ne se préoccupaient pas forcément de le recevoir et de l’entretenir. Seuls leurs propres intérêts les importaient. Pas Kin. Triste vérité. Mais cela pouvait être compréhensible d’un côté. C’était pour cela que le jeune acteur luttait chaque jour. Il priait l’Ombre pour que celle-ci fît en sorte que d’autres nobles revenaient dans le monde des vivants. Des nobles qui s’occuperaient de lui. Bien sûr, il n’était pas vraiment croyant, mais dans les moments de désespoir et de grande préoccupation, il arrivait qu’on se mît à prier.

Pendant toute la soirée le jeune acteur avait parlé avec tous les nobles qu’il connaissait. Certains étaient de bonnes connaissances, d’autres un peu moins. Mais au moins, il gardait des liens avec eux. Un contact. Ce qui était très important. Surtout en cette période. Hannah était aussi venue le voir avec ses yeux qui disaient tout sur ses intentions et son sourire charmeur. Kin ne répondait à aucune de ces provocations. Il n’était certes pas impoli et ne lui manquait pas de respect. Il parlait, il répondait. Mais sa voix était plutôt froide et sèche. Tout simplement pour lui signaler qu’encore aujourd’hui c’était hors de question. Encore plus si c’était dans cette demeure. Il connaissait un minimum le passé de cette femme. Elle en était à son troisième mari. Une collectionneuse, hein ? Mais bon, il n’avait en tout cas pas envie de faire l’amour pour être repéré par le mari, même si elle demandait le divorce. Cela ne l’enchantait pas du tout. Alors après les longues conversations, qu’il trouvait pour la plupart du temps inutiles, sans intérêts et même ennuyeuses à mourir, il avait décidé de se trouver un petit coin pour penser. Tout seul. C’était plaisant de temps en temps. Surtout que tout cela commençait vraiment à le fatiguer. Il se sentait de plus en plus exténué depuis que l’attentat s’était déroulé. Mais il vivait avec. Et même s’il se couchait plus tôt, cela ne changeait rien. Le lendemain, c’était comme s’il n’avait même pas dormi. Une atrocité. Il détestait cet état.

Il sortit alors de la demeure sur une petite terrasse. Non seulement il estimait que prendre l’air et se rafraîchir un peu lui ferait un grand bien, mais aussi il serait seul. Oui, parce qu’il inspecta toute la terrasse pour s’assurer qu’il n’y avait personne. Il trouva alors une petite table ronde et des chaises autour de celle-ci. Il s’assit sur l’une des chaises et croisa ses jambes, en en mettant une sur l’autre. Enfin, il pencha sa tête en arrière pendant quelques instants, tout en fermant les yeux. Il respira et expira fortement. L’air frais qu’il sentit dans ses poumons sembla le revigorer. C’était une sensation très agréable. Et qui le fit sourire tout de suite. Il était heureux. Grâce à ses yeux, il s’était totalement perdu. Il n’avait plus aucun repère. Il aimait cela de temps en temps également. Ne rien voir ce qui permettait de perdre les repères spatio-temporelles. Il ne savait plus où il se trouvait. Il ne savait plus s’il faisait nuit ou non. Il ne ressentait que l’air frais de la soirée et surtout, il n’entendait que peu de bruits venant de l’intérieur de la demeure. Comme cela était plaisant. Pourtant, il ouvrit les yeux. Il aperçut alors quelques étoiles dans le ciel. C’était rare à Ishtar. Non seulement parce que c’était la ville mais aussi parce que les hautes maisons et tous les étages que possédait cette capitale, cachaient le ciel et sa beauté. Ici, il y avait ce privilège de pouvoir le voir, de pouvoir l’observer, grâce au grand jardin. Kin profitait beaucoup de cet instant de solitude.

Tout d’un coup, un autre homme sortit également. Oui, un homme. Kin en était sûr car les femmes portaient toutes des robes. Ce qui n’était pas le cas des hommes, heureusement. L’acteur ne bougea pas. Il ne fit qu’observer cet homme et tous les gestes qu’il faisait. Il se demandait si l’homme le remarquerait ou s’il serait tellement pris par ses propres intérêts qu’il ne le verrait même pas. En tout cas, Kin sut que ce n’était pas un noble. Un noble ne se tenait pas comme cela contre une rambarde. Un noble ne quittait jamais une pièce, même s’il s’ennuyait. C’était l’un des privilèges que Kin pouvait se permettre de temps en temps. Un noble ne se retrouvait jamais seul. Il avait bien trop besoin de montrer aux autres sa puissance. Kin sourit. L’homme ne semblait pas vouloir le remarquer. Ce qui l’amusa beaucoup en fait. Il se demandait alors s’il devait aller le voir ou pas. Parce que quelque chose l’intriguait dans cet homme. De là où il était assis, il n’apercevait que la silhouette de celui-ci. Et quelques détails également. Mais aucune couleur. Il faisait trop sombre pour cela. Le jeune acteur se décida finalement à se lever, sans faire de bruit. Il se rapprocha doucement du jeune homme et s’appuya lui aussi contre la rambarde. Il avait remarqué la tasse avec, probablement du thé à l’intérieur, alors il fit ses gestes lentement pour que celle-ci ne tombât pas. L’homme avait les yeux fermés. Faisait-il comme Kin ? Aucune idée. En tout cas, l’acteur avait bien trop peur de dire quoique ce fût pour l’instant pour ne pas déranger cet homme dans ses pensées. Il attendrait alors que celui-ci ouvrit les yeux.

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MessageSujet: Re: Une branche de glycine II PV Kin Light.   Lun 17 Jan - 19:04

Rêve et cauchemar, fruits de désirs et de craintes. Éléments essentiels à l'existence d'un homme. Que serait un homme qui n'est pas doté d'un mécanisme permettant l'évasion de son esprit ? Que serait-il ? Il ne serait rien. L'imagination est une qualité unique, que l'homme se doit de préserver, que ce soit dans son sommeil le plus profond, ou dans la journée à table, au travaille, dans la rue. Pourtant, quelque fois, Eduard aurait souhaité perdre ce fameux mécanisme. Histoire d'oublier ces visions étranges et flous qui le hantaient déjà depuis plusieurs mois. Il soupira. L'incompréhension le submergeait. Ne pas connaître une chose ou une réponse commençait à le rendre de plus en plus mal à l'aise. Il n'aimait pas être un ignorant. Eduard était un jeune homme qui vivait pour cumuler le savoir, la vérité, l'art, pour réfléchir sur les différents mécanismes de l'existence. C'était un penseur. Un philosophe. Sans doute n'avait-il pas choisi le meilleur chemin pour atteindre la richesse, la gloire, la reconnaissance. Mais c'était celui qui convenait le mieux à sa personne individualiste et analyseur.

Finalement, il avait fini par chasser ses pensées. Cela ne servait à rien de se torturer autant. La réponse qu'il cherchait était sans doute hors d'atteinte pour l'heure. Ses yeux finirent pour s'ouvrir et la première chose qu'il aperçu n'était pas l'homme à coté, mais la lumière traversant les vitres, illuminant le seuil de la terrasse. Seulement, cela lui était apparu comme des carrés de flammes, éblouissants, ses yeux se heurtèrent à cette vision si soudaine et cela les brulaient. C'était comme si une éternité qu'il avait fermé ses paupières et que brusquement il les ouvrit à la lumière. Il frotta ses yeux pour tenter de soulager sa douleur et lorsque cela passa, il réajusta ses lunettes d'un léger mouvement de main. Il ne sentait décidément pas très bien à cette instant, un peu fiévreux même. Que de telles choses la frappèrent à cet instant, il s'en voulut. Il s'en voulait d'être venu ici, parmi tout ces inconnus, piaillant des dernières choses à la mode, de leur prestige, de leur fortune. Et puis, à force de s'appuyer contre le rem-bard, il avait l'impression que la forme commençait à s'incruster dans son corps. Il décida de se débarrasser de sa veste. Il ne faisait pas forcement chaud ces temps-ci, surtout durant la nuit, mais il avait la conviction que se libérer d'un de ces poids le soulagerait et qu'importe le temps ! C'était une nécessité. Il fit glisser la veste de velours noire et la posa, manquant de faire tomber sa tasse de thé. Ainsi, celui-ci se retrouva en chemise d'un blanc immaculé et d'un veston bleu roi, sans manche et boutonné.

C'est alors que pour la première, il s'intéressa à son environnement. Son regard sanglant fit le tour de la terrasse. La première fois, il ne voyait rien. Pourtant, il était persuadé d'avoir entendu quelque chose, où était-ce encore une illusion que son esprit avait crée ? La deuxième fois, il essaya de faire preuve d'attention, malgré sa vue un peu fatiguée et c'est alors qu'il s'aperçut de son erreur. A sa grande surprise, il n'était pas seul. Cet homme était-il là depuis longtemps ou venait-il d'arriver ? Il n'eut aucun souvenir de l'avoir croiser en venant ici et se sentit un peu stupide de n'être pas seul, comme il s'attendait. Eduard portait seulement des lunettes à cause de sa vue qui se fatiguait vite. Mais aujourd'hui, cela semblait inutile car avec ou sans, le résultat était le même. Outre ce petit détail, il n'était pas myope. Il attrapa sa tasse de thé qui l'attendait depuis un moment, d'un mouvement lent. Étrangement, ce soir-là, Eduard n'était pas très gourmand, c'était sans doute l'atmosphère qui avait coupé son appétit. Il trempa ses lèvres dans le liquide ambré. Le thé était froid. Une fois de plus, mais celui-ci se résigna à avaler trois gorgés pour essayer d'enlever la sensation pâteuse qu'il avait. Pendant tout ce temps, le philosophe était resté silencieux ne sachant pas si il devait interagir avec celui-ci ou quitter la terrasse...

"Quel agréable soirée, n'est-ce pas ?" dit-il avec un ton ironique.

C'était des mots lâchés comme ça. Il n'y avait pas beaucoup d'intérêt et cela se rabaisser à une conversation stérile et ennuyante. Juste après, il regretta d'avoir dit cela. Ce n'était peut-être une bonne idée. Peut-être que cet homme le prendrait mal, peut-être qu'il devra subir une fois encore un échange de paroles mornes. Et puis le philosophe ne se sentait pas bien. Peut être aller t-il flancher en plein milieu ?



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MessageSujet: Re: Une branche de glycine II PV Kin Light.   Mar 25 Jan - 15:41

Kin resta silencieux encore quelques instants. Il n’avait pas du tout envie de réveiller l’homme de ses pensées. Surtout qu’il ne le connaissait même pas. C’était un total inconnu. Alors il attendait tout simplement. Il observait l’intérieur de la demeure où il vit tous les nobles qui parlaient et riaient encore. Il expira longuement. Toute cette ambiance avait paru le fatiguer un peu. Il se demanda à ce moment si les personnes qui se trouvaient à l’intérieur pouvaient les voir. Les deux hommes, l’un à côté de l’autre. Ils pouvaient penser qu’ils discutaient et qu’à ce moment-précis, Kin était en train d’écouter son voisin. Cela le fit sourire. Les apparences étaient parfois – et même souvent – trompeuses. Lorsqu’il y pensa, cela lui rappela son don. Encore une fois, cette phrase était totalement vraie. Il sourit encore plus. Son regard se focalisa alors sur les dalles de pierres de la terrasse parfaitement lissées et emboîtées. Combien de temps cela avait-il pris pour ce résultat aussi merveilleux ? Kin l’ignorait, il n’était pas maçon et ne construisait pas les maisons. Bon, il fallait avouer que c’était une question idiote et seulement pour tuer le temps passé à attendre. Mais tout d’un coup, il sentit que l’homme à côté de lui bougeait. Il leva la tête et s’apprêta à voir enfin le visage de cet homme. Après tout, dans l’ombre, il n’avait pas vu tous les détails. Il était prêt à lui parler. Mais celui-ci ne se préoccupa pas de lui. L’avait-il même aperçu ? Comme le jeune acteur n’était vraiment sûr, il préféra ne rien dire et attendre encore un tout petit peu. De toute façon, il le remarquerait bien à un moment ou à un autre. Pour l’instant, ce dernier se préoccupa de la lumière qui venait de la demeure puis enleva sa veste. Avait-il aussi chaud ? La nuit était pourtant assez fraîche. Cela fit même frissonner Kin. Mais peu importait en fin de compte.

Puis, il semblait qu’enfin l’homme avait noté sa présence. Kin se demanda alors s’il n’avait pas fait une erreur. Dans le sens où il avait du tout de même surprendre cet homme. Il s’était approché sans bruit, était resté près de lui sans parler. Cela pouvait passer un peu étrange aux yeux de certains. M’enfin bon, Kin était un peu excentrique. Après tout, ce n’était pas si grave, non ? Enfin si cela était pour cet homme et que cela le dérangeait, tant pis. Kin ne s’excuserait pas parce qu’il n’y avait rien à dire sur ce comportement. Il partirait seulement. Mais, à sa grande surprise, l’homme fit comme si de rien n’était pendant quelques temps. Il but quelques gorgées dans sa tasse. Kin se demanda si le thé était encore chaud. Certes pas avec la fraîcheur de la nuit. Enfin, il se lança et une conversation put commencer. Bien sûr, ce n’était pas du tout évident. Kin attendait que l’homme prît la parole en premier car il pensa que s’il le faisait en premier alors ce serait incongru. Déplacé. Alors il ne disait rien. Il se doutait bien que ce n’était pas facile de débuter une conversation dans de telles conditions. Puis surtout, les deux hommes ne se connaissaient pas du tout. Les paroles de celui-ci ne le surprirent pas. Elles étaient générales et seulement pour ouvrir la conversation. En tout cas, le jeune acteur sourit tout en laissant un soupir s’échapper et baissa la tête un instant. Ses yeux frôlèrent encore une fois les dalles de pierres pour ensuite fixer le ciel étoilé quand il remonta la tête. Pendant ce temps, il prit encore une grande inspiration d’air pour sentir cette douceur agréable. Ensuite, il baissa la tête et regarda le visage de cet homme.

- Il dépend de ce que vous souhaitez parler, commença-t-il. La douceur et la fraîcheur de cette nuit sont bien agréables. Toutefois, je n’en dirai pas de même de la soirée en elle-même.

Pourquoi cet homme était à cette soirée ? Etait-il noble ou d’une autre classe sociale ? Kin n’en avait aucune idée mais tellement de questions s’entrechoquaient dans sa tête. Pourtant, il se connaissait, le jeune acteur. Il savait parfaitement qu’il ne poserait aucune de ses questions. Soit il laisserait le cours de la conversation le lui révélait ou sinon, tant pis. Cela ne le gênerait pas vraiment de ne pas savoir au final. Néanmoins, quelque chose lui disait qu’il n’était pas noble. Une autre personne. Que les nobles apprécient. Soit un homme connu comme lui grâce à l’un de ses talents. Soit peut-être un philosophe. Kin en avait croisé beaucoup dans l’Opérâtre. Mais ce n’étaient pas les personnes visées car celles-ci étaient aussi sous la protection des nobles. Il ne tirerait rien des philosophes. Un médecin. Non, certainement pas. Enfin peu importait. Ce que le jeune acteur désirait dire par ses paroles, c’était tout simplement que cette soirée l’ennuyait à mourir. Mais il était tout de même venu. Un petit sous-entendu que cet homme découvrirait peut-être. C’était le but recherché, même s’il comportait un petit risque. Mais Kin ne s’en préoccupa pas du tout. Ce n’était vraiment pas important. De plus, il lui avait bien semblé que l’homme ne l’avait pas dit dans un ton affirmatif mais davantage ironique. Comme si quelque chose le dérangeait. Alors il n’y avait aucun souci à ce qu’il dît ce qu’il avait en tête.

- Je me nomme Kin Lightheaven, enchaîna-t-il, en tendant la main.

Il fallait tout de même se présenter ! Peut-être l’homme avait-il entendu parler de lui ? Peut-être l’avait-il déjà vu sur scène ? Cette dernière option, il en doutait. Dans le cas contraire, il aurait déjà percuté sur l’identité de l’acteur.
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MessageSujet: Re: Une branche de glycine II PV Kin Light.   Mer 2 Fév - 15:53

Tout cela était bien ennuyeux. Cette musique, ces paroles, ces gens, ces décors, tout ces éléments qui semblaient être d'une telle frivolité. Un ramassis d'ordures entreposait pour le plaisir des gens riches et égoïstes. Il regarda les rideaux de velours rouge avec leur drapé lourd où des sillons sombres s'inscrivaient. Cette banale mise en scène lui rappelait Il regarda ces hommes et ces femmes attachaient à leur or et leur tenue extrêmement couteuse. Malgré tous les gens présents, le jeune homme n'avait rien trouver d'intéressant avec qui tenir une conversation convenable. Il faut dire que celui-ci possède des critères plutôt stricts. Car monsieur s'ennuie bien vite et préfère fuir la conversation, ou piquer un somme l'air le plus tranquille du monde. Il avait besoin de s'occuper, c'est alors qu'il sortit machinalement une cigarette et un briquet de sa poche. Rien que le petit cylindre entre ses doigts semblait apaiser sa nervosité. Il le coinça être ses lèvres un moment pensif avant de l'allumer, pensant à son rêve, pensant à cette soirée et puis finalement à l'inconnu à ses cotés. Quant celui-ci prit enfin la résolution de l'allumer, à sa plus grande déception et embarras, il n'y avait plus de combustible. Il se sentait une nouvelle fois idiot tant il était distrait. Il posa le tout sur la rembarre.

La plupart du temps, il était distant, épiant les gens dans l'ombre, analysant leur manière d'agir et de parler. Il aimait les observer pour voir si cela valait la peine de s'intéresser à eux. Il s'engageait rarement avant d'avoir effectuer une analyse. Eduard avait été obligé d'interagir avec plusieurs personnes malgré sa volonté. Il se sentait un peu forcer, à cause d'Hannah. Pour une fois, il avait répondu à sa demande, chose rare, pour lui rendre un service. Sûrement le premier et le dernier. Ce soir-là était diffèrent. Il était sur une terrasse avec un homme qui lui était totalement inconnu et il avait engagé un semblant de conversation. Ce qui n'était pas dans ses habitudes. Eduard ne cherchait pas à cerner celui-ci. Son regard s'était perdu dans l'immensité de la nuit, épris par la beauté nocturne, silencieuse et fraîche. Il écoutait son cœur dont les battements étaient plus rapide qu'en temps normal. Il était bien trop ailleurs. Eduard ne s'attendait pas vraiment à une réponse de la part de son voisin. D'ailleurs, il aurait dût quitter la terrasse depuis cinq minutes, mais quelque chose le retenait ici. Il ne savait pas forcément quoi. Et puis, il avait commencé à s'exprimer, il devra donc mettre un terme pour ne pas se montrer trop irrespectueux. L'homme se présenta en tendant la main, le philosophe fit de même. C'était une poignée plutôt froide, pourtant Eduard détourna la tête vers celui-ci, dévoilant un sourire sur ses lèvres.

- Enchanté de vous connaître, dit-il d'un ton mesquin.

Et ce fut tout. Il n'alla pas plus loin. Il ne se présenta pas. Cela aurait pu paraître frustrant, mais Eduard l'avait fait pour une bonne raison et attendait d'une certaine manière une réaction de son interlocuteur. Juste un petit test. Rien de trop méchant avait-il pensé. Il avait la fâcheuse manie de détourner souvent les situation des plus banales, pour s'amuser et connaître son "adversaire". Et puis Eduard avait coutume de donner son nom si cela en valait la peine. C'était une chose qui se payait au final, bien que quelques invités connaissaient son nom. Le nom qu'il entendit ne lui disait rien dans l'immédiat. Kin Lightheaven, est-ce cela ? Il répéta plusieurs fois le nom dans sa tête pour le retenir. Mais quelques instants plus tard, il semblait l'avoir oublié dans sa conscience. Et puis, il n'avait pas la force de remonter dans ses souvenirs. Son esprit était envahi par la brume. Une brume envahissante qui l'empêchait de trop réfléchir pour l'heure.
Le philosophe ne s'était pas aperçu que la tasse était maintenant vide. Sans s'en rendre compte, il avait bu jusqu'à la dernière goutte. Il le posa par terre et fixa l'acteur.

- Si je vous dis que le Soleil est vert et que le jour n'est pas bleu, mais rouge, que me diriez-vous ?

Question impertinente diriez-vous ? Mais tout ce que Eduard dit, possède un but...



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MessageSujet: Re: Une branche de glycine II PV Kin Light.   Mer 2 Fév - 16:26

Quelque chose ne tournait pas rond. Cet homme devenait de plus en plus étrange. M’enfin bon, pourquoi se préoccuper ? Kin entendit le ton mesquin de celui-ci. Il comprit qu’il ne donnera pas son nom aussi facilement. Il ne posa donc aucune question. Après tout, il ne forcerait pas cet homme à parler s’il n’en avait pas envie. De plus, il était bien vrai que Kin avait débarqué à l’improviste dans la vie de cet homme. Peut-être celui-ci n’avait aucun désir de connaître l’acteur ou tout simplement parler avec lui. Encore une fois une réaction qui pouvait lui attirer des conséquences négatives. En ce moment, il n’arrêtait pas de suivre son instinct et cela ne lui apportait rien de bon à chaque fois. Peut-être qu’il aurait valut ne pas s’approcher de cet homme. Le laisser vivre sa vie tranquillement et vivre la sienne également. Kin détestait les relations sociales. Il préférait le calme et la solitude. Être seul dans son petit appartement était un vrai plaisir pour lui. Mais cela ne voulait pas dire qu’il était contre toute sorte de relation. Si cet homme l’avait attiré, c’était probablement parce qu’il sortait de l’ordinaire. Il possédait une sorte d’aura qui le démarquait de tous les autres. Surtout de toutes les autres personnes ici présentes. Pour cette raison il avait eu envie d’un brin de contact pendant cette soirée. Un contact non imposé. Un contact pendant lequel il n’aurait pas besoin de jouer. De faire semblant. De paraître. Mais cela s’était avéré visiblement être une mauvaise idée. Du moins pour l’instant. Parce que le jeune acteur n’allait tout de même pas se dérober à la première petite contrariété. Non, pas du tout. Au contraire, il resterait là et continuerait à épier les réactions de son interlocuteur. Tout comme ce dernier devait le faire avec lui, d’ailleurs.

Kin ne dit rien après avoir noté que l’homme ne s’était pas présenté. Qu’avait-il de toute façon à lui dire ? Lui rappeler qu’il ne connaissait toujours pas son prénom et ainsi lui révéler qu’il pensait qu’il oubliait des choses. Non, cela faisait toujours une mauvaise impression. Et il ne fallait jamais insister. Toujours laisser la personne parler d’elle-même. En aucun cas, la forcer. Comme beaucoup de personnes avaient l’habitude de faire, tout simplement parce qu’elles ne s’y connaissaient que très peu dans les relations. Même si elles prétendaient en connaître un rayon. Non à la place, Kin ne fit que garder le sourire aux lèvres. Un petit sourire cette fois-ci, pas celui qui paraissait faux, surtout si l’on gardait pendant des minutes durant. Il laissa à nouveau le silence s’installer et attendit que l’homme reprît. Il savait que de toute façon, à un moment ou à un autre, ce serait cet homme qui parlerait. Alors il s’appuya contre la rambarde avec son coude et le regardait tout simplement. Celui-ci posa sa tasse de thé désormais vide, sur la terrasse et posa enfin une question. Le jeune acteur fut un brin surpris. Il ne s’attendait pas du tout à ce genre de conversation. Il en déduisit alors que cet homme devait être un philosophe. Seuls les philosophes réfléchissaient à de telles choses. Seuls les philosophes posaient des questions que peu de personnes ne comprenaient. Oui, parce que la plupart des personnes ne comprenaient jamais ce que racontaient les philosophes, même si elles faisaient semblant que si. Kin réfléchit un court instant.

- C’est une bonne question que vous me posez là, sourit-il en même temps.

Il n’avait aucune intention de lui dire que ce n’était pas vrai. De nombreuses personnes auraient pu tomber dans le piège. Non, cet homme cherchait quelque chose. Il attendait une certaine réponse de la part de Kin. Pas une réponse simple. Bien sûr, Kin n’avait pas la moindre idée de ce que l’homme désirait entendre. Il décida, malgré tout de se laisser encore une fois guider par son instinct. Pour cette raison, il laissa sa phrase en suspens mais il n’avait pas non plus envie de prendre trop de temps à réfléchir. Il pensait que son interlocuteur espérait une réponse claire et rapide. Qui venait du fin fond de l’esprit de Kin. Une réponse non prémédité mais au contraire, vive et instantanée. Kin la lui donna, en espérant que cela lui suffît :

- Je vous dirai que vous avez alors une vision différente des choses que la majorité des personnes. Une vision à prendre en compte au lieu de la rejeter sur le champ en affirmant qu’elle est fausse. Toutes les visions se valent et méritent une reconnaissance.

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MessageSujet: Re: Une branche de glycine II PV Kin Light.   Dim 13 Fév - 11:43

Le soleil est vert, le ciel est rouge. Et la mer n'est-elle pas dorée ? Des affirmations qui à de quoi faire grincer les dents. Eduard en avait conscience. On l'aurait traité de pauvre fou avec de telles visions. Oui, tout ces gens là, derrière cette mince cloison de verre n'auraient pas hésiter. Mais qu'importe leurs critiques, leurs réflexions étroite, le philosophe avait un regard particulier vers l'horizon. Le soleil est vert, car pour lui cette grosse boule incandescente semblait bruler de fureur et de rage. Elle était si loin, si loin de lui, de cette cité damnée, de cette région escarpée, tellement loin que la chaleur ne touchait pas son cœur et qu'un sentiment glacial s'était développé au sein de son âme. Malgré la rage dont l'astre du jour faisait preuve, la douceur et la chaleur étaient insaisissable à son égard. Dans l'ombre, il cherchait la lumière. Il traquait ces minuscules paillettes d'espoir qui tentaient de fuir cette noirceur. Emprisonnées au creux de sa paume, il avait peur de les perdre.

La réponse que son voisin lui donna le satisfait à cinquante pour cent, pas plus. Pourquoi ? Il ne savait pas vraiment. Le croyait-il ? Peut-être. Le philosophe resta silencieux, épris dans ses pensées. Il n'avait pas fait de commentaire. La réponse était claire. Euard cherchait quelque chose. Que cherchait-il ? Je l'ignore. Son esprit est submergé par des vagues floues dont les rugissements sont à peine audibles. Le doux bruit de la réflexion, voilà ce que c'était. Pour l'instant, Eduard n'avait pas grand chose à lui reprochait. Il n'avait pas répondu bêtement, ne s'était pas offusqué à son absence de présentation. Tout cela était du moins positif. Mais il ne fallait pas conclure aussi vite. Prudent, les conclusions tardent souvent avec lui. Il avait besoin de le connaître, de le cerner avant tout. N'est-ce pas la chose la plus normale ? Il délogea ses lunettes pour essuyer délicatement les verres. Pensif, il cherchait des mots, des phrases, quelque chose pour pousser la connaissance plus loin. Il choisissait avec attention ce qu'il pourrait exprimer au final. Peut-être que cela pouvait paraître un peu long.

- Si le monde qui nous entourent pouvait être comparer à quelque chose, que choisiriez-vous ?
demanda t-il.

Il marqua une pause. Il aurait pu s'arrêter là. Mais le jeune homme voulait donner son avis afin de ne pas faire trop interrogatoire.

-
Pour ma part, je vois un gâteau qui fut séparé en dix morceaux. La première part fut délicieuse, pleine d'innocences et de nouveautés. La seconde était une peu sèche, mais la douceur du sucre semblait équilibrer le tout. La troisième était plutôt fade, la saveur n'était plus là; plus aussi forte qu'auparavant. La quatrième n'avait ni goût, aucun plaisir de savourer. La cinquième était indigeste. Sur dix parts, j'ai goûté seulement cinq d'entre-elles et me voilà bien écœurais à la moitié du chemin.

Ceux qui grignotent trop s'en se rendre compte de la saveur, son ceux qui sont voués à la servitude, à l'ignorance, à la perversion. Voilà ce que pensait le philosophe. Lui qui est révolté contre la société, il avait donnée une vision progressif d'un monde qui se brise peu à peu. Cette érosion dont il aperçoit chaque étape, il la craignait. Si son existence était une lutte contre le pouvoir injuste, il se devait de faire bouger les choses. Il jeta un regard oblique à l'acteur, attendant une réponse pertinente de sa part.


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MessageSujet: Re: Une branche de glycine II PV Kin Light.   Dim 20 Fév - 15:35

Sa réponse avait-elle plu ? C’était la question la plus importante que Kin se posait à l’instant même. Il ne cherchait pas forcément non plus à plaire à cet homme, pourtant il se doutait bien que la conversation ne pourrait pas devenir intéressante si son interlocuteur n’appréciait pas ce que disait le jeune comédien. Car dans ce cas-là, il s’ennuierait et, comme toutes les conversations avec les nobles, à un moment ou à un autre, il aurait envie de partir. Il le comprenait très bien cette sensation. Or pour l’instant, il avait tout simplement envie de faire durer cette conversation. Kin avait tenté de répondre du mieux qu’il pouvait. Ce n’était pas qu’il ne pensait pas ses paroles, mais d’un côté, il n’était pas vraiment philosophe dans l’âme. D’ailleurs, c’était le premier philosophe qu’il rencontrait dans toute sa vie. Il savait qu’ils ne pensaient pas toujours comme les autres. Que leurs visions du monde pouvaient parfois être totalement différentes. Chacun d’eux avait même sa propre vision. Il était souvent assez difficile de parler avec ce genre de personnes. Surtout pour les nobles qui ne s’intéressaient qu’à l’argent et leurs petites vies confortables. S’ils demandaient de leurs avis et opinions sur une question donnée, c’était tout simplement pour faire comme s’ils s’intéressaient et montrer aux autres nobles qu’ils étaient cultivés et cherchaient à connaître davantage les secrets de la vie. Cela en devenait même pathétique. Kin prit le temps de réfléchir quelques instants pendant qu’un nouveau silence s’installe entre les deux hommes. Après tout, les pièces d’aujourd’hui n’étaient que des satires de la société des nobles. Il pouvait proposer une pièce dans laquelle interviendrait des philosophes. Cela pouvait être une très bonne idée. Il ne se souvenait pas que cela existât encore. Pas avec des philosophes. Il devrait se renseigner puis tenter.

Enfin, l’homme ouvrit à nouveau sa bouche et prononça des paroles. Encore une fois, Kin eut droit à une question. L’homme marqua une pause. Le jeune acteur pensa que ce dernier lui laissait tout simplement le temps de lui répondre alors il commença à réfléchir sur la question. La réponse lui vînt assez rapidement en réalité et donc il avait tout de suite l’intention de parler à son tour. Mais l’homme ne lui en donna pas l’occasion. Il continua tout en précisant sa vision des choses. Le jeune comédien l’écouta avec attention. Pendant ce temps, il tenta de réfléchir et comprendre cette vision plutôt étrange. Mais il convint finalement qu’il n’avait pas tout à fait tort. Le monde se brisait peu à peu et surtout, devenait de moins en moins gouteux. Quant à la réponse que le jeune acteur avait désiré lui donner, elle était tout simplement totalement différente. En effet, Kin pensa davantage à quelque chose qui se rapprochait de son métier. Pour la simple et bonne raison qu’il était plongé dedans depuis de nombreuses années et que cela lui venait tout de suite à l’esprit. De plus, il n’était pas philosophe. Il ne développait pas non plus ses idées, ses visions et ses arguments aussi bien que son interlocuteur. Il chercha donc un bon argument pour expliquer sa thèse à lui. Qui n’était en réalité qu’une thèse rapidement trouvée. Sans aucune longue réflexion. Or l’homme avait du réfléchir de nombreuses heures, de nombreux jours, de nombreuses semaines sur la question avant de trouver la réponse. Du moins, c’était ce que Kin pensait.

- En ce qui me concerne, je le comparerai à une pièce de théâtre, dit-il soudainement lorsque l’homme eut fini de parler. Cela pourrait vous paraître peut-être un peu primaire, après tout je suis assez influencé par mon métier. Mais si vous regardez bien, tout ce que les personnes vivantes font peut-être rapporté dans une histoire. Une histoire que l’on pourrait jouer à n’importe qui, sur scène. D’ailleurs, c’est ce que nous faisons déjà.

Il ignorait s’il avait convaincu le philosophe. Quelque part, il avait toujours et encore l’impression que tout ne tenait pas debout. Qu’il ne répondait que des bribes et que l’interlocuteur pouvait rapidement tout démonter par une petite phrase, une remarque quelconque. Il n’avait pas peur. Mais quelque part, il ne se sentait pas très à l’aise. Ce n’était pas dans son habitude de parler de choses aussi sérieuses. Généralement, il ne parlait qu’avec les nobles et toujours des mêmes sujets. Les représentations, leurs maisons, leur argent, leurs pouvoirs et puissance en Ishtar … et bien d’autres encore. On pouvait en citer de bien nombreux autres sujets. Et toujours et encore tout aussi ennuyant les uns que les autres. Alors c’était encore une belle nouveauté pour lui. Donc il ne savait pas du tout s’il s’en sortait bien ou pas. En tout cas, il ne pouvait pas continuer de la sorte.

- Veuillez m’excuser si vous ne comprenez pas très ce que je dis mais je ne suis pas un habitué de ce genre de conversation en réalité.

Autant dire la vérité. Autant que les choses fussent claires. Au moins, c’était mieux ainsi. Du moins, c’était ce que pensait Kin.
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MessageSujet: Re: Une branche de glycine II PV Kin Light.   Jeu 3 Mar - 22:51

Il ne s'attendait pas à ce que celui-ci donna une réponse aussi rapidement. Il en fut surpris, mais ne montra pas cet étonnement. Il préférait se voiler la face, laisser un masque livide d'expression sur son visage, enfin que personne ne perçe un jour sa véritable personne. La réponse lui plaisait. En si peu de temps, il avait donné sa vision. Et celle-ci était intéressante. Une pièce de théâtre, pourquoi pas ! Ainsi celui-ci était une personne travaillant dans le théâtre et animant des visages pour le plaisir de tous et notamment des nobles. Il chercha dans ses souvenirs enfouis ne serait-ce qu'un fragment d'une pièce qu'il aurait vu récemment. Mais rien. Une plaine désertée lui faisait face, il n'avait aucun souvenir d'une chose de ce genre. Il se sentit un peu confus. Lui, qui cherchait à aspirer une quantité de savoir, il était un ignorant sur ce sujet. Il ne s'était jamais intéressé au théâtre sous prétexte qu'il voyait assez dehors. Il aimait l'art, la peinture en particulier. Il aimait la musique, mais avait renoncé à son piano quand le portefeuille fut vide, il y a trois-quatre ans. Depuis ce jour, il n'a pas approché d'une seul piano, craignait avoir perdu son habilité autrefois appréciée. Il aimait les écrits et passait beaucoup de temps à faire des essais, à écrire pour des clients. Les poèmes, parfois il en rédigeait, un peu sombres certes mais pas désagréable avec cette petite note de désarroi. Il aimait les discours et s'installait souvent dehors pour partager ses visions et comprendre celles des autres. Il s'intéressait à beaucoup de choses mais pas à cela. Pas au théâtre.

Il avait laissé une fois de plus le silence s'emparait de la terrasse. Un moment qui fut comme un souffle pour lui. Inconsciemment, le philosophe s'attardait sur les verres de sa monture, comme ci celles-ci étaient un des éléments essentiels qui lui permettaient de réfléchir. Il les frottaient avec délicatesse, après tout un objet fragile de ce genre doit être manipuler avec douceur au risque de les briser lamentablement. Ces yeux s'habituaient peu à peu de cette amas noir et insaisissable qu'on nommait la Nuit. Une belle créature aux pourpoints luisant de perles, dont la chevelure luxuriante recouvrait la ville d'un sentiment de lassitude et de sommeil. Et le Calme qui s'installait de suite, comblant l'harmonie de ce moment sombre. Il repoussa quelques mèches argentées en arrière. Le vent semblait prendre un malin plaisir a délogé ses cheveux. Enfin, il tourna son regard vers l'acteur, car le philosophe avait accordé que bien peu d'attention, jugeant les mots comme le plus important élément pour déterminer quelqu'un. Les apparences sont trompeuses, il le savait. C'est aussi pourquoi, il ne prêtait gare attention en avant.

- Je comprends ce que vous souhaitez dire. Du moins, je pense saisir. Il émit un sourire amusé avant d'enchainer. Pardon, si je vous "harcèle" de questions... Étranges... Comme beaucoup de gens disent. J'ai l'habitude d'aborder n'importe qui pour connaitre ne serait-ce qu'une partie infirme de leur vision du monde. Il est bon de savoir ce que les gens pensent pour "apprivoiser" la société. Cependant, je comprend le malaise que j'ai provoqué en vous. Il n'est pas forcement facile de parler de quelques choses inhabituelles. C'est à moi de vous présentez des excuses et non à vous d'en faire part.

I
l reposa ses lunettes sur son nez et scruta derrière les verres l'homme.

- Peut être devrais-je vous laisser ? finit-il par annoncer d'une voix neutre.

Oui, il valait peut être quitter la terrasse, filait vers le sortie, négligeait son hôte pour s'évanouir dans la rue et ne faire qu'un avec la nuit. Peut être qu'avant de franchir le seuil, il reprendrait une énième tasse de thé pour se délecter de cette soif irascible et indomptable qu'il le saisissait souvent.
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MessageSujet: Re: Une branche de glycine II PV Kin Light.   Sam 5 Mar - 17:34

Les silences se faisaient de plus en plus répétitifs entre les deux hommes. A chaque fois que le comédien disait quelque chose, le philosophe ne semblait pas vouloir parler par la suite, préférant lui poser une nouvelle question. Une nouvelle épreuve pour connaître les pensées de Kin et ses visions sur les diverses choses qui entouraient la vie quotidienne. Ce qui dérangeait le plus l’acteur, c’était tout simplement qu’il ignorait totalement à quoi s’attendre. A savoir si le philosophe appréciait ou non ses idées et tout ce qu’il disait. Les silences qui s’installaient alors devenaient de plus en plus pesants. L’acteur ne savait pas non plus comment réagir, ce qu’il pouvait faire ou non et surtout, s’il devait dire quelque chose ou non. Cet homme était encore plus mystérieux qu’avant. Ce n’était pas qu’il s’ennuyait, mais presque. Finalement, il avait besoin d’une conversation un tout petit plus animée ou sinon plus vive. Plus rapide aussi. Bon, il fallait avouer que l’acteur n’était pas très social mais quand il commençait à parler avec quelqu’un, il n’aimait pas spécialement perdre son temps. Il aurait donc très bien pu dire à l’homme qu’il ne désirait plus parler avec lui et qu’il avait besoin de partir. Mais il ne le faisait pas. Certainement parce qu’il n’avait rien d’autre à faire. Il aurait pu rentrer chez lui, mais après tout, pourquoi ne pas faire une nouvelle connaissance. Cela lui éviterait de rester sans cesse dans son propre coin. C’était bien rare que l’acteur pensât de la sorte. En bref, c’était probablement l’une des raisons pour lesquelles, même s’il trouvait qu’il perdait son temps, qu’il n’avait pas envie de partir tout de suite. Il n’osait même pas terminer lui-même cet échange, certes étrange et très court, entre les deux hommes.

Tout d’un coup, il fut surpris. Il ne sursauta pas mais les paroles de cet homme furent si soudaines et inattendues. Kin s’était attendu tout simplement à une nouvelle question sur laquelle il devrait réfléchir. Bien au contraire. Pour la première fois de la soirée, le philosophe lui répondait. Il lui disait enfin ce qu’il pensait de la vision de l’acteur. Qu’elle ne lui plût pas ou au contraire si, ce n’était pas le plus important. Tout le monde pensait comme il le souhaitait. Il devait être le premier à le savoir. C’était juste de savoir si ce qu’il avait dit plaisait à cet homme qui importait le plus à Kin. En plus, ce qui le surprit encore plus ce fut tout simplement les paroles qui suivirent. Le philosophe s’excusait lui-même. Encore une fois, Kin en resta abasourdi. Il se dit que vraiment cet homme était plus que mystérieux et qu’il ne le comprenait pas du tout. Du moins, ce n’était pas bien grave. Il lui arrivait souvent de ne pas comprendre les autres. C’était à dire, leurs façons de penser, d’agir et tout cela. Pas forcément de parler. En plus, c’était un philosophe et cela n’aidait pas toujours, ces personnes-là ayant des visions tout à fait différentes et diverses sur un même sujet. Et pour finir, ce dernier lui demander s’il valait mieux qu’il le laissât. Etait-ce simplement pour dire qu’il avait envie de partir d’une façon subtile pour ne pas offenser l’acteur ? Probablement, mais Kin n’en avait aucune idée. Il aurait finalement pu prendre sa chance et tout simplement avouer qu’il désirait rentrer chez lui. Comme il le faisait assez souvent en général. Mais il ne le faisait pas. Il aurait menti sinon et il n’en avait pas non plus envie. Pourquoi était-il toujours attiré par cet homme ? Il l’ignorait. Mais en tout cas, il n’avait aucun désir de le quitter et il avait même envie que la conversation continuât. Mais si ce n’était pas le souhait du philosophe, alors il ne pouvait pas non plus le lui imposer.

- C’est comme vous le souhaitez, Monsieur … euh …, balbutia-t-il à la fin car il se rendit une nouvelle fois compte que l’homme ne lui avait même pas dit son prénom ni son nom. En ce qui me concerne, je vais encore rester un peu alors si vous désirez continuer la discussion, je suis votre homme.

L’acteur le regarda avec une expression neutre sur le visage parce qu’il n’avait pas l’habitude de montrer ses pensées ni ses sentiments. Toutefois, il espérait que l’homme restât encore un tout petit peu.

- Mais si vous souhaitez partir, je ne suis pas en droit de vous retenir non plus.

Il pria pour que cette petite phrase, si anodine pourtant, fût comprise dans son ensemble par le philosophe. Parce que si elle paraissait simple, elle avait tout simplement un message implicite caché en elle qu’il fallait déchiffrer et comprendre. Un message plutôt facile tout de même.
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MessageSujet: Re: Une branche de glycine II PV Kin Light.   Lun 21 Mar - 20:44

Le philosophe s'imaginait déjà quitter la terrasse, la cadence lente, détendu de toutes peines. Il semblait déjà entendre ses pas se détachaient des dalles et du parquet, silencieusement tel un voleur cherchant à se mouvoir dans l'obscurité. La fatigue commençait à saisir sa pauvre âme abattue par les questions existentielles souvent bourreaux de ces souffrances, de son esprit. Il cherchait parmi les ombres présentes, celles qui se présentaient au loin, à travers l'épaisse vitre, celle dont il devra se présenter afin de clore à jamais ce moment, cette soirée mondaine où la déception fut le plat principal. Mais la Comtesse n'était point là. Sous doute avait-elle trouver l'heureux élu pour quelques heures de plaisirs ? Il devait se rendre à l'évidence. Personne ne remarquera qu'il a quitté la soirée. Et ce sera tant mieux, car celui-ci n'aimait pas dire au revoir. Ces moments ont le don de sembler bien trop long à son goût et souvent il faisait preuve d'une impatience soudaine.

Malgré tout, le dessert, plat final à toutes cette machinerie passait plutôt agréablement. Bien que glacé sur la langue, les quelques notes sucrées compensées l'ignoble début dont il était témoin. Il fut d'une certaine façon réjouit, mais le temps semblait s'acharner contre lui, le pressant de fuir dans la beauté nocturne où s'étalaient encore des rires animées par l'ivresse de la fête, des voix rauques sonnant comme des cloches, des mots doux guidés par l'instinct de séduction, tous ces bruits dont qu'il comparait à une symphonie pesante, qu'il jugerait être un hymne infernal à la folie. Trêve d'hyperboles, il est tant de se tourner vers son voisin pour lui lâcher quelques mots afin de terminer ce chapitre sans négliger les dernières paroles de celui-ci.

"Je n'ai pas vraiment de nom, ni de prénom. J'ai pour coutume de laisser une vague appellation ou même rien. Le temps ronge l'esprit, faisant place à un visage sans identité. << Comment s'appelait cet homme déjà ? >>. << Rappelez moi votre nom ? >>, questions frustrantes dont souvent je fais l'objet. Finalement, il vaut ne rien dire et laisser le temps s'occuper du reste. Bientôt vous m'oublierez, je ne serais plus qu'un ombre difforme à travers votre esprit, jusqu'à que je ne sois plus qu'un grain de poussière dans la foule de vos souvenirs. Quel est donc l'intérêt au final ?"

Mais il n'attendait pas vraiment de réponse, pourtant il fit une pause. La dernière qu'il fera. Il laissait ces quelques mots comme cadeau d'adieu, pensant sans doute qu'ils ne se recroiseraient pas de si tôt. Le monde a beau semblait immense, les coïncidences sont possibles, il ne faut pas oublier cela. Il se détacha dans la rem-bard, enfila sa veste avec dans un léger bruissement. Il prit le temps de le fixer un instant, pour se mémoriser son visage, un moment qui aurait pu semblait long. Pourtant, cela seulement quelques instants avant que son regard se détache et fuit dans la direction opposée. Enfin, son corps décida de bouger, tout l'ingénieux mécanisme se mit en route pour l'amener jusqu'à la porte vitrée. Là, il tourna la poignet lentement, mais une onde d'hésitation se fit sentir dans son mouvement.

" Vous êtes sans doute la seule personne que j'ai apprécié de cette soirée. Alors je vais me montrer bien plus généreux que d'habitude. Mon nom est Eduard... Eduard Rosen. Un philosophe ambulant à la quête d'un but vague, où l'écume, lit blanc mousseux recèle la réalité de ce monde... "

Il s'engouffra dans la pièce lumineuse suite à ces mots. Étranges paroles pour terminer définitivement la conversation, sans doute insaisissables. La chaleur des lieux caressait son visage glacé par la douce nuit. Il ne regarda ni à droite, ni à gauche, pas un visage troubla sa vue. Seul l'envie de sortir l'avait saisi. Seul l'envie de fuir hanter sa personne. Il ne se retourna pas, compta le nombre de pas jusqu'à la sortie, mais au bout du centaine chiffre, il abandonna. Tout cela était futile. Sur son chemin, il ne croisa pas la maîtresse des lieux et il ressentit une joie. Mais au fond, quelque chose pesait sur son cœur avant de disparaître peu à peu dans la pénombre, sous la lumière faible d'un astre livide...


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MessageSujet: Re: Une branche de glycine II PV Kin Light.   Lun 28 Mar - 18:50

Le jeune acteur finalement se rendit compte que de toute façon, son compagnon choisirait probablement de partir. Après tout, s’il demandait s’il devait le laisser, c’était justement pour lui dire tout simplement, d’une manière plutôt implicite, qu’il ne désirait plus rester. Il aurait du le comprendre beaucoup plus tôt. Mais de temps en temps, Kin semblait penser qu’à ses propres intérêts. Enfin, c’était toujours ainsi en réalité, mais il y avait certaines limites tout de même. En tout cas, il attendit une simple réponse pour enfin savoir si l’homme restait ou au contraire, décidait de rentrer chez lui. Pourtant, il ne reçut pas forcément tout de suite la réponse souhaitée, ce qui le fit croire que le philosophe acceptait de parler encore un peu avec lui, pour le plus grand bonheur de Kin. Parfois, comme à cet instant, il avait besoin de relations sociales, mais pas avec tous ces nobles hypocrites et vantards. Il avait trouvé quelqu’un, qui semblait partager certaines de ses visions, notamment concernant les nobles. De plus, il trouvait que la conversation devenait de plus en plus intéressante, du moins de son point de vue. Il n’avait encore jamais rencontré ni parlé avec un philosophe et les réflexions qu’il avait faites après les questions de ce dernier, l’avaient en réalité bien amusé. Mais cela ne changeait pas grand-chose. Si l’homme ne voulait pas rester, Kin ne pouvait pas le retenir. Alors que l’acteur écoutait les paroles plutôt étranges – encore une fois – du philosophe, il se convaincu qu’il n’oublierait certainement pas de si tôt cet homme. Justement pour ces raisons. Par ailleurs, ils ne se connaissaient pas et Kin, ne savait pas pourquoi mais, fut un brin déçu que ce dernier le prit pour une personne oubliant rapidement les choses. Après tout, c’était un acteur et son travail nécessitait une parfaite mémoire. Alors ce ne serait pas pour demain que celle-ci deviendrait défaillante. M’enfin bon, ce n’était pourtant pas si grave.

Toutefois, Kin fut encore plus déçu quand son compagnon finit par se détacher de la rambarde et mettre sa veste. A cet instant, il n’osait rien lui dire. Il comprenait que la conversation se terminait à ce moment et que finalement, l’homme décidait de quitter la soirée. D’un côté, il le comprenait aussi. C’était un peu nul et ennuyeux. Vraiment pas excitant. Le mieux était donc d’être dans sa propre maison, tranquillement. D’ailleurs, Kin ne tarderait pas non plus dans ce cas là. En tout cas, il ne disait rien et le philosophe le fixait, pour une raison qui lui était inconnue. Peut-être voulait-il tout simplement se souvenir du visage de l’acteur. Possible. Peu importait de toute façon. Puis, il se dirigea vers la maison pendant que le comédien le suivait du regard. Un vide se créa à cet instant. A nouveau, Kin serait tout seul. Pour profiter de la fraîcheur de la nuit et des belles étoiles du ciel. Enfin, le philosophe se retourna pour lui parler encore un tout petit peu. Et finit tout de même par se décider à lui dire son nom et son prénom. L’acteur lui sourit et comprit tout de suite qu’il était l’un des privilégiés qui connaissait maintenant le prénom d’Eduard. Il ne le remercia pas, cela ne servait pas à grand-chose. Il n’était pas aussi sentimental que cela tout de même. Mais il était tout de même un peu fier de lui, tout comme satisfait. La dernière phrase lui parvint aux oreilles mais il la trouva bien étrange et ne la saisit pas du tout. Après tout, ce n’était pas lui le philosophe. Il essaya d’y réfléchir un tout petit peu mais il n’en trouvait aucune explication.

Quand le philosophe disparut dans la maison, l’acteur se dit que ce serait sympathique de le revoir un autre jour et prendre le temps de se connaître davantage. Bien sûr si ce dernier le souhaitait bien. Ils pourraient aller prendre un thé quelque part et parler autant qu’ils ne le souhaitaient. Oui, c’était vrai que Kin n’était pas très social et plutôt excentrique comme homme. Mais tout de même, Eduard avait attiré son œil puis son attention et cela n’arrivait pas souvent. De plus, ce dernier sortait de l’ordinaire et ses pensées et ses questions intéressaient beaucoup l’acteur. En effet, il n’était pas comme les acteurs qu’il côtoyait, ni comme les nobles. Lui aussi lui semblait un peu à l’écart de la société avec une vision du monde originale et qu’il souhaiterait connaître davantage. Un peu comme Kin lui-même. Pour cette raison, il essaierait de le contacter par la suite pour le revoir si possible. Le comédien se rendit alors compte qu’il avait fermé les yeux et levé la tête vers le sombre ciel. Dès qu’il les ouvrit, il soupira longuement avant d’enfin se décider de partir. Il n’avait plus rien à faire dans cette soirée lui non plus. Il tenta de passer inaperçu sinon il savait parfaitement qu’à nouveau un ou plusieurs nobles finiraient par lui tomber dessus pour lui parler, ce qu’il ne désirait en aucun cas. Il sortit de la maison en douce, comme un voleur et rentra tranquillement chez lui, marchant avec lenteur et réfléchissant à de nombreuses choses. Entre autre, à cette rencontre étrange mais agréable, et longtemps inoubliable.
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Une branche de glycine II PV Kin Light.

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