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 Pour un tableau de prince

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MessageSujet: Pour un tableau de prince   Lun 3 Jan - 5:27

Heinrich étouffa un bâillement. La nuit avait été courte. Heureusement, Jésus avait bien fait son travail et l'avait réveillé à l'heure due. Heinrich tourna la tête et regarda son esclave vêtu pour l'occasion de vêtement plus que corrects. Il le regarda essayant de voir s'il était aussi stressé que lui. Le peintre était tout sauf confiant. Enfin, il allait pouvoir avoir le portrait de l'empereur ! Enfin, il allait pouvoir augmenter la renommée pourtant bien reluisante de leur cabinet. Heinrich s'imaginait déjà : 'Buanaroti & von Markus, peintres officiels de l'empereur' Ah, qu'est-ce que cela ferait bien. Mais en attendant, pour que cela soit possible, il ne fallait pas qu'il se rate. Si jamais le prince n'était pas satisfait, adieu la gloire ! Bonjour la moquerie et ce seraient les concurrents qui en profiteraient.

Cette inquiétude avait grandit chaque minute depuis que Lodovico son maître lui avait fait comprendre les tenants et aboutissants de cette nouvelle commande. Il se souvenait d'avoir vu sa tête impressionnée devant la commande qu'il avait fait. Puis sérieuse lorsqu'il s'était assis à la table, lui avait servi un verre de vin et avait commencé à discuter en pleine nuit alors que tous les autres apprentis dormaient à poings fermés dans l'autre bâtiment. Heinrich avait écouté attentivement. Puis, il avait à son tour servi un verre de vin à son maître, lui avait demandé de s'accrocher et lui avait raconté la rencontre avec le Régent.

A l'annonce du duel, Lodovico avait pâli et Heinrich, un peu honteux, avait détourné le regard vers le sol. Il savait ce que cela voulait dire : il était grillé, il avait failli à la discrétion qui caractérisait les philosophes. Heinrich se souvenait qu'il n'avait jamais osé raconter l'incident du réfectoire. Il continua en expliquant ce qu'il avait fait après que le prêtre soit parti. Lodovico commença à tempêter, accusant Heinrich d'une inconscience coupable. Sa voix volait dans les murs jusqu'à les fracasser. Heinrich essaya de se défendre mais pour le calmer, il n'avait eu d'autre choix que de se rendre dans la salle principale. Il avait ouvert sa boîte à pigment sous l'orage de son maître puis, avait réussi à finalement faire apparaître sa nouvelle maîtrise.

A côté de lui, les pigments restaient statiques, la couleur se distribuait dans un ordonnancement particulier. La colère de Lodovico avait stoppé lorsqu'il avait compris ce que représentait ce sort. Sa bouche était grande ouverte et Heinrich, après une seconde, avait renvoyé les pigments à leurs place respectives dans leur boîte.

Toute cette soirée avait été éprouvante et le peintre n'avait pas vraiment eu le temps de se reposer suffisamment. Mais cela n'était pas sa seule source d'angoisse. L'autre était celle dû à l'attentat. Le sénat parti en fumée. Il avait entendu que le sénateur du Nördlichesländer était sauf. Mais les procédures de sécurité du palais le rendait nerveux. Cent mille fois des soldats avaient inspectés son matériel, cent mille fois ils avaient menacés de tout faire tomber, de tout mélanger, de tout saccager.

Le peintre jeta un nouveau coup d'œil nerveux vers son esclave. Il n'avait pas l'air d'être trop dérangé. Il enviait cette sérénité. Lui commençait à avoir envie de se ronger les ongles. Pour le coup, il aurait vraiment eu envie de passer un bon moment de luxure avec qui que ce soit. Peut-être le Régent ? Il allait peut-être le voir. Il se souvenait avec plaisir du moment qu'ils avaient passé ensemble à son palais. Cela compensait le fait qu'il s'en méfiait habituellement comme de la peste. Mais il doutait que le régent aurait ce temps. Il devrait sûrement être occupé par l'affaire de l'attentat. Bah, il y avait une masse incroyable de personnes qui pouvaient tout aussi bien faire l'affaire. Le moment était plutôt au travail pas au réconfort. Heinrich se reconcentra alors qu'ils venaient juste de franchir un nouveau poste de garde sous bonne escorte.
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MessageSujet: Re: Pour un tableau de prince   Jeu 6 Jan - 9:52

Une nouvelle journée qui commence. Hier soir, son "Maître" était venu le voir. Jésus était alors en train de se prélasser dans un bain d'eau chaude, comme la plupart du temps : il faut l'avouer.
Il tenait entre ses doigts de musicien un livre d'Art Ménager. Bah quoi ? Il en avait marre d'être inculte dans ce domaine. Il est le meilleur qui soit, dans TOUT les domaines. C'est un être raffiné, et doté d'immenses qualités. Bon, d'accord, c'est surtout qu'il est de mauvaise foi, et n'aime pas quant un Maître sait plus de chose que lui.

Dans tout les cas, le dénommé Heinrich lui avait part d’une sortie, pour le lendemain matin. Autant le dire, Jésus s’en foutait royalement. Il avait trouvé du bien à ce petit Maître, et même à ce Lodovico. Ici, on lui fichait la paix. Il pouvait mener sa vie comme il le désirait.
Il voulait écrire ? Soit, il pouvait avoir du papier et l’encre. Il voulait lire ? Soit, mais il cherchait lui-même ses livres. Il voulait se détendre ? Soit, mais il devait se préparer son eau.

Ah bien y réfléchir, Jésus considérait cette vie comme…intéressante.
Pour l’heure, l’artiste n’avait jamais éveillé son intérêt. Non…Il était juste un moyen d’avoir un toit, d’obtenir plus de culture. Il devait se contenter de trouver des réponses à ses questions, de lui-même. Son passé disparu, il est certain qu’il le retrouvera…C’est là son objectif. Peut-être cette « balade » aux laboratoires avaient-elles commencé à lui donner plus de questions…mais les réponses suivraient, Jess’ en était plus que certain.

Dans tout les cas, après la demande de la part du petit homme, comme quoi il était du devoir de Jésus de réveiller ce dernier le lendemain, Jésus s’était étiré pour ensuite quitter son bain. L’attitude de ce petit être, encore assez énigmatique aux yeux de notre hybride, avait attisé la curiosité de notre taré national.
Sans un mot, sans un bruit, l’esclave s’était glissé prés de la porte fermé. Il avait posé son oreille contre cette-dernière, et cherchait à entendre des bouts de conversation. Bon, quand le Lodovico hurla à s’en briser les tympans, Jess’ comprit que son humain de Maître avait…fait une connerie. Mais…c’est quoi ce délire de « Terre ». Ils ne sont pas pour « l’Ombre » ces-deux là ?

La conversation se poursuivit, et à nouveau, Jess’ ne put entendre et comprendre que quelques mots. « Régent », « duel », « maîtrise », « Terre »…attendez ! Le mioche connaît le Régent ?!
Il est vrai que pour le coup, Jésus ne comprenait pas tout. Mais, enfin, il avait trouvé une utilité à son peintre. Un sourire victorieux naquit sur les lèvres de l’hybride, qui laissa là les deux hommes.

Le lendemain matin, Jésus avait réfléchit à comment faire pour obtenir des infos via son Maître. Le Régent…un moyen de savoir si l’Eglise n’était pas lié à son passé si…flou. Bon, il est certain que jamais notre drôle de reptile ne se pointera devant ce-dernier, et ne lui lâchera de but en blanc : « C’est vos inquisiteur qui m’ont kidnappé il y a 12 ans pour me filer à Exodus ? ». Mais bon, on avisera le moment venu.

La sortie de la journée allait commencer, et Heinrich semblait…et bien, sur les nerfs. Oh oh ! Le petit aurait-il le tract ? Mais, au fait, où devaient-ils se rendre aujourd’hui ?
L’humain donna à notre basilic une tenue loin des frusques miteuses que notre ami devait porter : on n’a pas toujours ce qu’on veut.
Il est vrai que les vêtements n’étaient pas de meilleures qualités…mais ce pantalon droit noir, ces chaussures, et cette chemise blanche ne dérangeait pas notre esclave. S’emparant d’un petit ruban de cuir, Jésus préféra s’attacher les cheveux en catogan. Les mèches rebelles de sa chevelure encadré dorénavant son visage.

C’est alors qu’on lui annonça leur destination. Sur le coup, Jésus se retint de lâcher un cri de surprise. L’EMPEREUR ?! Ils allaient au Palais ?! Pour faire un tableau de l’empereur ?!
Non mais…ce pingre, ce sans l’sou…depuis quand il a autant d’influence ?! Jésus n’en croyait que moyennement ses oreilles. Ou alors…oui…L’Habit ne fait pas le Prêtre, c’est aussi le cas chez ce mioche.

Le voyage se fit en silence. Notre « animal » avait retrouvé son calme, et analysait la signification de tous cela. Il portait toujours le collier en cuir autour du cou, qu’Heinrich avait acheté peu après sa sortie du marché.
Portant une partie du matériel du peintre, Jésus cherchait à comment il pourrait se servir de cette situation pour obtenir ce qu’il désire. Finalement, ce Maître est probablement le plus utile l’ayant acquis. Car, à n’en pas douter, ce n’est pas l’Enfant de Bleu drapé qui lui aurait offert tant d’opportunité.

Et voilà, la sécurité fouille. Il est vrai que les derniers évènements n’aident que moyennement à la tranquillité. Cependant, notre ami hybride n’en avait cure. Il se maintenait droit, fier, noble. Devant ce palais, il se sentait de nouveau dans son élément : la richesse.
Ce que cet univers lui manquait, par moment. Il est vrai que, au contact de l’artiste, Jésus était devenu plus indépendant. Mais voilà, le luxe lui manquait, à notre reptile amateur d’eau et de température assez élevé.

Zieutant une nouvelle fois son voisin, et le voyant aussi crispé, Jésus se glissa derrière lui. Sa main vint alors se poser sur l’épaule de cette petite chose, et les lèvres de notre esclave se portèrent prés de l’oreille de l’Humain. Là, Jésus lui murmura :


« Détendez-vous…Vous êtes si tendu que vous allez échouer si vous ne vous calmez guère. Respirez un grand coup…Sire Lodovico compte sur vous, vous avez le potentiel pour, non ? Ou mon « Maître » n’est-il qu’un incapable ? »

Jésus se disait que jouer la carte de la provocation, allez détendre quelque peu l’humain. Bah, il semble démarrer aux quarts de tours la majorité du temps : pourquoi pas cette fois ? Espérons que ça fonctionne.
A peine avait-il finit sa tirade, que Jésus s’écarta légèrement. Sur ses lèvres, un sourire légèrement moqueur était apparu. Le port de nouveau altier, ses yeux pétillaient de malice. Oui…Aujourd’hui, il allait observer, analyser…et, qui sait, s’amuser ?

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MessageSujet: Re: Pour un tableau de prince   Jeu 6 Jan - 15:50

Au Palais Impérial, les préparatifs avaient commencé déjà dans l'après-midi de la veille. Uriel D'Arken était le seul à savoir à quel point il est une chose difficile de capter l'attention du Prince Héritier et de la garder plus de cinq minutes focalisée sur un seul sujet sérieux. Un tableau du Haut Prêtre, réalisé en grande partie grâce au pouvoir philosophique de la maîtrise de la Terre, n'était qu'une minable blague de coussin péteur, face à la plaisanterie qu'il préparait à Heinrich von Markus.

Il s'agissait d'un gouter banal pour le Palais, un pâtissier, engagé à temps plein et payé grassement pour son art, réalisa une dizaine de petit gâteaux. Ezhekiel en mangea quatre, Uriel un seul. Le reste se représenta au dessert du repas du soir du jeune Prince, mais il ne fut autorisé à en choisir qu'un à ce moment là. Sirotant son thé, le Régent se lança dans les explications, prenant soin de ne donner aucun détail qui mettrait Ezhekiel sur la voie. Il ne pouvait pas savoir, jusqu'au dernier moment. Il était facile de convaincre le garçon d'accepter d'enfiler des habits plus officiels que ce qu'il avait l'habitude de porter (même si la plus simple de ses chemises pouvait atteindre la valeur d'une petite maison et de ses habitants...). Uriel avait tous les arguments en main : les gâteaux, un baiser sur le front, les cours du matin annulés. Et le Prince ne désirait-il pas apprendre à régner ? Eh bien, il allait avoir droit à une audience en bonne et due Forme. Le Régent allait bien entendu être présent...


"Une demande d'audience m'est parvenue, mon Prince. Un jeune homme voudrait se mettre à votre service et devenir votre peintre. Il a du talent, cela ne fait aucun doute. Cela dit, il vous faudra le recevoir et en juger par vous-même. Il arrivera demain matin... Que direz-vous de le recevoir dans la salle du trône ?"

La pièce sur mesure de la puissance et la grandeur des Walhgren était un terrain de jeux préféré d'Ezhekiel. Vaste, vide et majestueuse, elle abritait le majestueux trône, sculpté il y a près d'un millier d'années. A ses côtés, un siège de taille moindre, mais non moins beau, était recouvert d'une toile. Il s'agissait bien entendu du trône réservé à l'époux ou l'épouse du monarque. Situé sur une plateforme, à laquelle on accédait par un escalier de dix marches, il dominait toute la salle, munie de multiples portes, donc la plus grande, à double battant, juste en face. Seuls les membres de la famille impériale avaient le droit de grimper toutes les marches. Par sa double fonction, Uriel avait droit à la plus haute, la neuvième. Il en allait de même pour les gouverneurs, les autres restaient en bas. Les nombreuses colonnes, vitraux et chandelles, donnaient pas mal d'espace pour les cachettes. Traditionnellement, en plus de la suite et la famille impériales, un certain nombre d'inquisiteurs se cachait dans la salle du trône. Il en était de même maintenant.

* * * * *

Frais et disponible, Uriel se présenta au Palais très tôt, avant l'aube, comme à son habitude. Il régla les quelques affaires mineures qui préoccupaient les serviteurs de l'Empire, s'assura que tout va bien du côté de la sécurité et alla réveiller le petit Prince Héritier. Il le regarda, délicieusement endormi dans son énorme lit, les cheveux bleus en bataille sur les draps immaculés et l'air paisible finement dessiné sur son visage magnifique. La petite main blanche d'Uriel glissa sur la joue de son protégé. Si beau...

"Bonjour, votre Majesté, il est temps de vous réveiller. Votre déjeuner vous attend ainsi que vos devoirs de Prince Héritier..."

D'un geste, le Haut Prêtre ouvrit les rideaux, laissant la lumière entrer, puis alla déposer un baiser sur le front du garçon. Adolescent, bientôt majeur, il conservait ses airs d'enfant et était vraiment d'une beauté irrésistible. Surtout, en simple chemise de nuit. Une simple couche de tissu les séparait et Uriel en était conscient... Très conscient. Mais autre chose les attendait, de bien plaisant également. Les serviteurs entrèrent. Toilette, habillage, plateau d'agent avec tout ce qu'il fallait pour nourrir deux adultes travaillant dans les mines (le Prince devait avoir le choix au matin, voyons !),... Il était prêt à l'heure. Lui conseillant de prendre un air bien digne de son statut, le Haut Prêtre quitta la salle du trône et, fermant les portes derrière lui, alla à la rencontre de l'artiste et de son esclave.

La présence de ce dernier amusa le Haut Prêtre à un tel point qu'il rit, le voyant arriva au loin, dans le couloir. A peu près à la moitié de celui-ci, ils se rencontrèrent et le Régent les salua, s'efforçant de rester noble et digne de son statut à lui. Il avait beau être un marquis et avoir en face de lui un fils de Prince gouverneur, il ne pouvait s'empêcher de le regarder de haut. Exploit difficile, vu sa petite taille...


"Sous le ciel et sous le soleil, maître von Markus... Votre ponctualité vous honore... Veuillez me suivre, sa majesté le Prince Héritier vous attend. Je me suis permis de lui présenter brièvement votre requête, mais je suis certain qu'il appréciera s'il l'entend de votre bouche..."

Se mouvant avec souplesse, Uriel se tourna et reprit le chemin de la salle du trône. Tout en marchant, il fit le devoir du maître des cérémonies, ou de toute autre personne de l'entourage de l'Empereur à introduire des visiteurs près de Lui, pour la première fois. A savoir, il énuméra les règles à respecter en présence de sa Majesté...

"Il est interdit de s'approcher du Prince ou de son trône à plus de dix pas, sauf s'il le demande ou s'approche de vous lui-même. Évitez les gestes brusques et suspects, vous risqueriez de ne pas y survivre. En entrant, gardez votre regard fixé au sol et ne regardez le Prince que s'il vous invite à le faire... Nous y voilà... Et hum... évitez de l'ennuyer."

Certes, le dernier conseil ne faisait pas partie de l'étiquette, mais très certainement des choses à savoir impérativement au sujet d'Ezhekiel. Les souples mouvements de poignets du Régent ouvrirent les deux battants de la porte. Aussitôt, le petit blond lança un regard à son délicieux protégé. Presque une centaine de mètres les séparait. S'approchant du trône, il se baissa, posant une main sur sa poitrine et prit la parole :

"Votre Majesté, permettez-moi de vous présenter le maître Heinrich von Markus..."

Ensuite, il se plaça, très rapidement, sur le côté, face aux invités et admira le spectacle. Maintenant, il suffisait de laisser faire, et le divertissement allait se mettre en place lui-même.

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MessageSujet: Re: Pour un tableau de prince   Mer 12 Jan - 23:17

Les journées d'Ezhekiel avait le don de se ressembler. Elles étaient généralement ponctuées par ses cours de maintien, de musique, de science dans une certaine mesure et d'autres choses qu'un Prince se devait de connaitre. D'un ennui fatidique, il y assistait généralement mais louait l'Ombre de lui accorder des moments de répits comme lorsqu'il arrivait à échapper à ses devoirs en se glissant hors du palais ou lorsque Monsieur d'Arken venait lui rendre visite.
Ainsi donc, il avait eu droit à une après-midi avec lui durant laquelle il avait englouti plusieurs gâteaux à s'en éclater la panse (ce qui n'arriva pas, malgré toutes les lois de nature et de la physique réunie). Le Régent lui avait semblé de très bonne humeur... Pas qu'il ne le soit pas en général mais il émanait de lui un sentiment très positif et joyeux et Ezhekiel n'avait pas vraiment réussit à en trouver la raison. Il s'était contenté de profiter du moment.

Ce n'était finalement qu'en fin de soirée qu'Uriel s'était lancé et lui avait appris la nouvelle. Une audience! Voilà qui était intéressant et peu habituel. Le Palais ne possédait pas beaucoup de peinture du jeune Prince. Les dernières remontaient à sa petite enfance (et ne le représentait pas vraiment de manière conquérante...), lorsque son Père vivait encore. L'idée était donc séduisante. Cela faisait déjà un moment qu'il rêvait de voir son portrait à coté de ceux de ses illustres ancêtres, juste à coté de celui de son Père et un tas d'idées farfelues commençaient déjà à germer dans son esprit peuplé de créatures mythiques et de combat épiques. C'est donc avec un large sourire qu'il répondit au Régent.

« Ce sera un réel plaisir de le recevoir... Et de rater le cours de musique. J'ai hâte d'y être! J'espère qu'il est vraiment bon... Si c'est le cas, il pourra assister à notre prochain entrainement. J'ai très envie d'un tableau représentant un combat... Ou une bataille. Il y en a un très beau dans la salle des fêtes qui représente Fheust conquérant les terres du nord. »

Inutile de rappeler que le dénommer Fheust était un lointain ancêtre, presque légendaire, du temps où l'Empire commençait à peine à se former. De nombreuses personnes souhaitaient le déplacer vers un lieu plus... Approprié à cause de son contenu mais Ezhekiel ne se lassait pas de l'admirer et avait souhaité qu'il reste dans cette salle. Ça lui permettait de passer le temps pendant les longues, trop longues réceptions. Bref, pour un premier tableau, la salle du trône suffirait. Ce sera une manière de tester l'artiste et de savoir s'il était à même de peindre des choses plus intéressantes. Il ne ferma quasiment pas l'œil de la nuit.

***

Une fois n'est pas coutume, il fut vite debout. A peine avait-il entendu la voix du Régent qu'il s'était relevé de son lit, se souvenant de leur conversation de la veille. Comme à son habitude Monsieur d'Arken avait ce regard étrange qu'il lui arrivait souvent d'avoir lorsqu'il l'observait. Bien que ce n'était pas désagréable, il avait encore du mal à saisir toute la profondeur de celui-ci. Il faudrait qu'il lui pose la question, un jour, mais pour le moment, il avait des choses plus importantes à faire... Comme choisir ce qu'il allait manger pour bien commencer la journée.

Une fois repus et habillé, il était prêt, installé sur son trône, l'illustre siège qui avait accueilli l'arrière train de plusieurs générations d'Empereur et Impératrice. Il attendait, se demandant à quoi pouvait bien ressemblé l'artiste. D'Arken ne lui avait rien dit à son propos, si ce n'est qu'il était talentueux, et Ezhekiel s'impatientait déjà de le voir arriver. De là où il était, il n'avait pu entendre que des brides de conversation. Finalement, le Régent annonça l'arrivée de son invité et... Le visage de Maitre Von Markus apparu.

Il le reconnut immédiatement. Difficile d'oublier le visage d'un être aussi méprisable et énervant. Von Markus n'était autre que le vieux pingre aux poches trouées qui s'étaient finalement saigné pour avoir le dernier mot. Cette défaite avait laissé un gout amer dans la bouche d'Ezhekiel et, vous l'aurez vite compris, le Prince était plutôt mauvais perdant. Du moins lorsqu'il perdait face à quelqu'un qu'il jugeait faible ou inférieur qui n'aurait de toute évidence pas dû gagner. C'était terriblement humiliant. A la vue de cet importun, le visage du dernier Walhgren s'était assombrit pour laisser place à un visage de mécontentement. Pas celui qui disait « zut, il n'y a pas de framboise sur ce gâteau », un beaucoup plus rare qui disait « Qu'on lui coupe la tête! » ou quelque chose du genre, en tout cas. Hélas, ce genre d'ordre ne pourrait prendre effet que lorsqu'il serait véritablement Empereur.

L'arrivée, légèrement en retrait, de la cause de leur litige finit de conforter Ezhekiel dans l'idée qu'il s'agissait bel et bien du pingre en question. Pour le moment, Heinrich avait les yeux baissés et ne pouvait pas encore le voir mais il ne doutait pas qu'il le reconnaitrait lui aussi. Il fallait donc réfléchir très vite au comportement à adopter à son égard car, il y avait fort à parier que Von Markus n'avait jamais su qu'il l'avait rencontré lors du fameux jour de la vente de l'Hybride. Il avait donc un coup d'avance sur lui. Il ne pouvait pas l'empêcher éternellement de le regarder. S'il venait à faire un tableau de lui, il le regarderait forcément. Cependant, Ezhekiel n'était plus vraiment sûr de vouloir de ce peintre là.

Alors qu'il réfléchissait, un long silence s'installait dans la salle du trône. Il prit donc la parole, faisant mine de rien.

« Bienvenue en ces lieux, Maitre Von Markus. Il semblerait que vous ayez une requête à me formuler, qu'elle est-elle ? Monsieur le Marquis d'Arken m' a fait part de vos talents d'artistes, cependant, je n'ai pas eu l'occasion d'en avoir la preuve... J'espère que vous pourrez m'en donner une. J'aime beaucoup les tableaux. »

Le ton était nonchalant mais il allait droit au but. C'était vraiment irritant de ne pas avoir été prévenu... Il était certain que Monsieur D'Arken savait. Il savait toujours tout et son air joyeux allait dans le sens de ces pensées. Il avait tout manigancé. Il avait décidé délibérément de le mettre dans cette situation inconfortable. Une sorte... de test ou de jeu. Et s'il s'agissait effectivement de ça, il ne pouvait pas perdre une seconde fois. Ainsi, avant même qu'il réponde, il plaça un dernier commentaire.

«  Vous avez un bien joli Hybride, Maitre Von Markus... J'ai eu l'occasion d'en voir beaucoup mais de ce genre, jamais. Il a du couté une fortune, non ? »

*Il parait que les gens comme vous ont ce genre de problème, c'est vrai?* Il l'avait pensé très fort mais n'avait rien dit de plus. La Question pouvait presque paraitre anodine, innocente. En particulier lorsqu'on voyait un tel visage d'enfant la poser.

« Oh! Vous pouvez vous relever... Je n'ai pas vraiment l'habitude de converser avec des gens pliés en deux. »

L'aura du Prince commençait déjà à se faire sentir, preuve qu'il bataillait pour contenir ses sentiments négatifs. Cependant, pour le moment, l'énergie qui s'en dégageait se contentait d'être.. Revigorante. N'importe quel être un tant soit peu lié à la magie pouvait le sentir. C'était un pouvoir qui restait mal contrôlé d'Ezhekiel.

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MessageSujet: Re: Pour un tableau de prince   Dim 16 Jan - 19:26

Une main se posa sur son épaule. Il n'y avait qu'une seule personne ici, à cet instant, qui aurait pu faire cela : Jésus. Il avait dû transférer tout le matériel qu'il portait dans une seule main pour pouvoir faire ça. Heinrich espéra un court instant un début de massage. Celui lui aurait fait un bien énorme. En lieu et place de quoi seuls quelques murmures vinrent se glisser à son oreille.

-Détendez-vous…Vous êtes si tendu que vous allez échouer si vous ne vous calmez guère.
-Je sais bien. Mais c'est nettement plus facile à dire qu'à faire. Je joue ma carrière là dessus. Toi aussi, ton futur confort si tu veux avoir une maison chauffée plus efficacement.
-Respirez un grand coup…
-Je ne suis pas sur que ça suffira -répondit le peintre inspirat tout de même profondément.
-Sire Lodovico compte sur vous, vous avez le potentiel pour, non ? Ou mon « Maître » n’est-il qu’un incapable ?
-Dis donc tu crois que tu me rassures, là ?

Seule cette dernière parole avait été répondue sur un ton sec et agressif. Le peintre s'était retourné vers son esclave, les yeux froncés, un air de réprobation sur le visage. Il n'empêchait que sans qu'il ne s'en rende compte, le basilic avait réussi son objectif : la colère avait chassé son angoisse à grand coups de botte dans le derrière. Et le voir s'écarter comme cela, son sourire éternellement moqueur sur le visage continuait dans cette voie. Il avait la sensation très nette que quelque chose lui échappait mais il ignorait quoi.

Lorsque, après quelques pas, il vit la silhouette du régent se profiler au fond du couloir, ce sentiment de bizarrerie disparu dans les limbes de son esprit. Les codes de l'étiquette, les interminables conseils de son frère, les idées qu'il avait pour le tableau revinrent à son esprit, s'entrechoquant jusqu'à ce qu'il approche du régent. Ce dernier se tenait droit et altier. Ils étaient à peu près de la même taille mais l'autre réussi quand même à le faire se sentir misérable. Heinrich n'essaya pas de relever la tête, de faire revenir les manières qu'il avait eu dans sa famille de gouverneur. Face à quelqu'un qui se voulait supérieur, il valait mieux montrer un peu d'humilité.

-Sous le ciel et sous le soleil, maître von Markus...
-Sous le ciel et sous le soleil, votre excellence.
-Votre ponctualité vous honore...
*Bin tiens ! Comme si j'allais être en retard à un moment pareil !*
-Veuillez me suivre, sa majesté le Prince Héritier vous attend. Je me suis permis de lui présenter brièvement votre requête, mais je suis certain qu'il appréciera s'il l'entend de votre bouche...
-Je vous suis gré de l'honneur que vous me faites... Et vous remercie d'avoir concédé en ma faveur.

Bon, ce n'était qu'un contrat qu'ils avaient passé la veille. Il avait encore quelques petites douleurs dans le bras à cause de ça, d'ailleurs. C'était pour ça qu'il n'avait pas amené de tableau : il ne se sentait pas de lever le bras à la verticale pendant des heures. Ce qui de toute façon aurait été parfaitement inutile, s'il devait travailler aujourd'hui, il ne voulait prendre que des croquis et faire le tableau chez lui.

Ils se dirigèrent vers le lieu de rencontre avec le Prince. Uriel en profita pour lui donner quelques petits conseils qui ne lui parurent absolument pas étrangers : il les avait entendu maintes et maintes fois entre le moment où Gerwulf était mort et celui où il avait définitivement passé les rennes de la province à Irenäus. Peut-être le prêtre oubliait-il qui il avait face à lui ? Où plutôt voulait-il l'humilier ? Heinrich haussa cependant les sourcils face au dernier conseil.

"Durant les séances de pose, mes clients s'ennuient souvent. C'est en partie pour ça qu'il est là." expliqua-t-il en pointant son esclave du menton.

Ce dernier était là pour porter son matériel aussi mais pour faire la discussion dans les moments critiques. Souvent, Heinrich pouvait discuter avec son sujet mais tout aussi souvent il était trop concentré pour le faire. De nombreuses personnes s'étaient plaintes de s'être ennuyée dans ces cas là. Heinrich avait vu que le lézard cherchait à se cultiver. De plus, il avait souvent navigué dans les milieux nobiliaires, il n'avait aucun crainte de discuter face à un noble quelconque et son caractère ne lui ferait sûrement pas craindre un Prince. Si Jésus n'avait pas encore compris tout à fait pourquoi il était là aujourd'hui, il devait l'avoir saisi à l'instant : Heinrich avait souvent mentionné les faits. Mais trop stressé ce matin là, il avait oublié de le lui préciser.

Le régent toujours dans sa grâce fantomatique ouvrit la porte menant vers ce que Heinrich estima la salle du trône au vu des décorations. Il baissa bien vite le regard, se pliant à l'étiquette et suivi les vêtements blancs du prêtre qui lui guidaient le chemin. Ils s'arrêtèrent, il y eut une brève présentation de sa personne, les bottes s'en allèrent, Heinrich présenta ses respects à son tour. Suite à ça s'installa un long silence qui inquiéta le peintre immobile. Mais à quoi pouvait bien penser ce fichu prince ? S'il décidait de tout à cette vitesse là, l'empire pourrait sombrer dans le chaos. Mais finalement des paroles qu'il trouva tout de même réfléchies vinrent rompre le mutisme de la salle.

Heinrich reprit sa respiration pour répondre au paroles mais celles-ci ne s'arrêtèrent pas. Il écouta, ayant un petit sursaut involontaire face à ce qu'il entendit, se demandant que diantre venait faire sa bestiole dans cette conversation. Et il lui parla du prix d'une étrange façon. Ce qui était étrange n'était pas tant les paroles en elles-mêmes, elles ressortaient souvent dans les conversations entre nobles, non, ce qui était étrange était l'instant où il les avait dites : presque immédiatement après le début de la conversation. Il devait donc être particulièrement intéressé par le basilic. Cela le gênait un peu. Faudrait-il le lui offrir pour lui plaire au final ? Il n'en avait pas vraiment envie mais s'il le fallait, il le ferait. Puis finalement, il eut la permission de se relever ce qui l'enchanta au plus haut point. Il n'avait pas non plus l'habitude d'être cassé en deux.

Il se releva alors, commençant à parler tout en l'observant.

-Monsieur d'Arken a été généreux avec les louanges. J'espère juste que mon art vous satisfera, votre altesse.

Ses yeux tombèrent directement sur les prunelles du Prince. Il y avait une expression indéfinissable qui le firent plisser les yeux pour mieux la comprendre. Puis son regard descendit vers sa bouche qui portait une moue mécontente.

-J'ai en effet appris votre goût pour les tableaux. Pour autant, le palais ne regorge pas de tableaux de votre altesse. Le temps viendra prochainement où les charges du pouvoir vous obligeront à en avoir.

Il détailla ensuite la forme du menton, remontant par les joues pour atteindre les cheveux. Bleus. A cet instant, ce qui n'avaient été que des éléments du visage isolés l'un de l'autre se remirent dans une vue d'ensemble et le peintre reconnu le mioche du marché. Le gamin aux cheveux bleus.

-Ce seront pourtant ces mêmes charges qui feront que vous n'aurez pas tout le temps voulu pour choisir votre peintre officiel.

Le gamin auquel il avait dit que l'empereur serait d'accord avec lui. Le gamin dont il s'était allègrement moqué en lui fourrant du cuivre dans la main. Ce gamin là. Il déglutit.

-Avant que ce choix ne soit fait, j'aimerai avoir l'insigne honneur de pouvoir vous offrir un tableau.

Ses paroles s'étaient arrêtée un instant. Il continua tout de même mais il sentait son visage pâlir, une sueur froide dans son dos. Sa voix vacilla sur les premiers mots :

-Et comme vous connaissez la Peinture, j'imagine qu'il vous plairait de pouvoir en choisir le sujet.

Il eut une pensée furieuse pour d'Arken. Il savait. Il avait su. Voilà ce qu'il voulait dire la veille lorsqu'il lui avait rendu un grand service. Il l'avait piégé. Du coup, un étrange sourire lui vint aux lèvres alors qu'il changea de sujet :

-Quant à cet hybride... Vous semblez bien l'aimer. Il va de toute façon rester avec nous pendant les séances. S'il vous plait encore à la fin, je vous l'offrirai avec le tableau.

Et paf ! Si jamais Jésus se retrouve avec le prince, ça ennuierait ce vieux décati de prêtre qui ne pourrait de toute façon pas protester. S'il le faisait, il garderait Jésus et il aurait fait montre de bonne foi. Dans les deux cas, il serait gagnant, au moins au niveau de sa bonne foi envers le prince.
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MessageSujet: Re: Pour un tableau de prince   Sam 26 Fév - 14:27

L'humain répliqua à chacunes des provocations de son esclave, amusant ce-dernier. D'ailleurs, le reptile se contenta de rester droit, fier, avec un sourire amusé sur le coin des lèvres...mais voilà, Jésus ne se sentait pas très bien. Un étrange pressentiment le tenait aux tripes. En fait, lorsque le Régent arriva, son regard poussa notre cher Hybride a être sur ses gardes. Son instinct lui hurlait que cet homme était dangereux. Ses paroles sur l'étiquette ? Notre basilic n'y fit guère attention...quel était ce fichu sentiment bon sang de bonsoir ?
Dans tous les cas, Heinrich semblait s'être détendu. Tant mieux. Il n'en ai que plus intéressant ainsi. Une session avec le futur empereur lui-même...une aubaine ? Probablement, oui...Bon notons que la remarque sur la raison de la présence de Jess' en ce lieu fit toussoter ce-dernier. Non mais oh, il n'est pas là pour servir d'objet de foire non plus...Enfin, tenir compagnie et détendre le prince héritier...ce n'est pas mortellement tragique, quant on y pense.
Et puis, discuter avec des nobliards est bien plus amusant que de devoir être leur animal de compagnie. Ils ne sont pas ses maîtres, aussi, évitent-ils de prendre des libertés en à son égard. Une certaine forme de tranquillité...

Lorsque la porte s'ouvrit, l'hybride ne prit aucunement la peine de suivre les règles de l'étiquette. Soyons franc, c'est un simple hybride, un animal. Pourquoi devrait-il suivre les règles des humains, alors qu'il n'en est aucunement un ? Mais voilà, sur le coup, sa respiration se bloqua, et ses yeux s'écarquillèrent légèrement. La surprise était tôtale.
Qui eut crut que l'enfant bleu était le futur empereur ?! Qui aurait put penser que cet être semblant si innocent, si fragile, si pur...cette créature, soit à la tête d'un des lus grands et puissants empire ? Jésus posa sa main fine de violoniste sur ses lèvres, alors que la scène de son achat repassait dans son esprit. Heinrich risque de déchanter lorsqu'il redressera la tête. Enfin, à la vu de l'expression faciale de celui ayant eut à coeur son achat...Jess' baissa la tête et la fit bouger de gauche à droite. Une façon de dire « alala, on est mal là. » : probablement.

Les paroles fusèrent. Oui, maintenant, le doute n'est plus permis. Cette voix fluide et délicate. Cette façon de s'exprimer. La même que ce fameux jour. Dans tous les cas, disons-le, notre ami reptile se demandait comment aller se poursuivre cette situation. La remarque sur l'hybride laissa filer un léger rire de la part du concerné. Un rire discret, étouffé, mais un rire quand même. Un rire qui marquait l'ironie de cette situation.
Dans tout les cas, Jésus s'avança jusqu'à son « Maître » avec le matériel. Il le laissa d'ailleurs à ses pieds, et attendit de voir les réactions qui se peindront sur le visage du Von'Markus, à la vue de son empereur. Car, avouons-le, pour l'heure, Jésus est amusé de voir dans quel « pétrin » Heinrich s'est fourré en l'achetant.
Lorsque le peintre commença à s'exprimer, Jésus eut tôt fait de comprendre : Heinrich n'a pas encore reconnu l'adolescent bleu. Oh...aux premières loges, notre ami admira Heiny en train de déglutir, semblant recoller les morceaux du puzzle. Ironie, quant tu nous tiens...
Mais voilà, le reste des paroles vinrent, et les yeux de Jésus s'agrandirent légèrement. A-t-il bien entendu ? Ses oreilles de musicien ne lui joue pas de tour, n'est-ce pas ?

Ce sourire qui avait prit place sur les lèvres du fils Von'Markus n'était pas pour rassurer Jésus...Autant le dire, ce sourire, Jess avait la sensation qu'il était plus profond, plus tordu, qu'il n'en avait l'air. Après qui ce fichu avare de peintre pouvait-il bien en avoir ? Et, en quoi cela allait-il l'arranger de mettre notre basilic en mode « essayé, on vous l'offre si il plaît » ? Non mais oh !
Dans tout les cas, l'animal laissa échapper un murmure en direction de son maître, les yeux brillant d'amusement, même s'ils étaient un peu froncé...les règles de ce jeu n'étant, à première vu, pas très bien définies.


« Toi...Il faudra qu'on cause je pense... »
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MessageSujet: Re: Pour un tableau de prince   Sam 26 Fév - 15:05

La vraie première loge était à l'endroit, où se trouvait le Régent, sur le côté du trône et du Prince. Ne pouvant être vu que par les visiteurs, le blond était aux anges. Le futur souverain de l'Empire ne pourrait le voir qu'en tournant la tête vers lui. Voilà la bonne position à adopter, pour un ministre : être disponible à chaque instant, mais uniquement sur demande. Uriel en profitait pour rire silencieusement du visage de Heinrich von Markus, en pleine décomposition.

Aucun doute n'était permis : le peintre devait saisir l'ampleur de son erreur au marché et la grandeur de l'aura du petit Walhgren. Certes piètre adepte de la Terre, il demeurait néanmoins un magicien et devait comprendre qu'il avait en face de lui un véritable Prince Héritier, doté de tous les pouvoirs de sa famille.

Malgré tout, il s'en sortait plutôt bien, même si son stress était palpable. Comment allait-il pouvoir surenchérir à cette plaisanterie du Régent ? Car, dans leur petit jeu de farces et humiliations, il avait des points de retard. Surtout qu'Uriel ne s'était toujours pas rendu compte du fait que son propre tableau fut réalisé avec les pouvoirs magiques, et hérétiques, du peintre. Quant à lui, il avait déjà à son actif une nuit blanche dans le lit des Hauts Prêtres morts, un combat humiliant dans l'Arène et, ceri... pardon, framboise sur le gâteau : cette audience, où il lui donnait l'honneur de se faire pardonner auprès du Prince.

La réponse à la question d'Uriel arriva à la fin du monologue coincé d'Heinrich. Ainsi, il voulait offrir Jésus à Ezhekiel ? Plutôt bien joué, mais il se fourrait le doigt dans l'œil jusqu'à l'omoplate s'il croyait amadouer le Prince de la sorte. Certes, parfois un gâteau au chocolat bien placé pouvait faire la différence entre la pluie et le beau temps, mais ce genre de coups ne fonctionnait que si la personne intéressée n'était pas la cible de la mauvaise humeur. Là, le petit von Markus allait pouvoir se rendre compte que mêmes les familles de Gouverneurs sont vassales d'un seigneur. Et que l'actuel est du genre rancunier. Même si on peut le distraire avec un papillon, surtout pendant ses cours.

Mais là, Ezhekiel jouait son rôle à merveille. Un vrai seigneur tout-puissant, regardant le monde du Haut de son trône. A un peu plus de deux mois près, il aurait pu faire enfermer, torturer ou exécuter (pourquoi pas les trois) l'artiste. Cependant, en attendant sa majorité, il devait laisser faire son Régent, toujours profondément amusé, mais redevenant neutre et impassible, au moindre regard de l'adolescent aux cheveux bleus. Il se permit d'ailleurs une remarque, le coin des lèvres tremblant, seul signe extérieur de son hilarité contenue.


"Si je puis me permettre, votre Majesté, je propose que vous voyiez le maître von Markus à l'œuvre..."

Et il fit un petit clin d'œil à Heinrich. Oh oui, il était bien mignon à l'œuvre. Voilà un sous-entendu, réservé à l'artiste. Sauf si ce dernier avait déjà eu le temps de gémir dans les bras de son acquisition. Dans ce cas, celle-ci pourrait sans doute comprendre. Mais le pervers détenant temporairement le pouvoir voulait surtout mettre le peintre mal à l'aise. C'était là quelque chose qui serait intéressant à voir.

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Pour un tableau de prince

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