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 Tu veux connaître mes intentions, n'est-ce pas ? [PVs Azhran et Emile]

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Mort(e) tragiquement

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MessageSujet: Tu veux connaître mes intentions, n'est-ce pas ? [PVs Azhran et Emile]   Mer 29 Déc - 17:24

L’attentat avait laissé ses traces. Eleanor même avait été marquée par sa rencontre avec le terroriste dont l’Empereur lui avait parlé. Il fallait avouer que ce dernier lui avait donné la plus grande peur de toute sa vie. Même pire que celle où elle avait cru mourir avant de se rendre qu’elle avait été sauvée par Marius, un autre terroriste. Oui, cette peur durait et grandissait peu à peu qu’elle tentait de trouver un moyen de s’en sortir. Aujourd’hui elle remerciait l’Ombre et sa mère de l’avoir protégée. De lui avoir donné un moyen de ne pas se trouver dans les bras de ce terroriste mais plutôt dans cette petite – voire plutôt grande – résidence d’un noble d’Ishtar qui avait invité de nombreux aristocrates afin de partager ensemble quelques moments en honneur des victimes de l’attentat. Eleanor avait répondue présente. Elle était venue, vêtue de sa plus belle robe noire. Bien sûr, ce ne fut pas du tout une soirée très gaie. Tout le monde se recueillait en silence la plupart du temps quelques minutes, voire même quelques heures pour certains, près d’un autel spécialement réalisé pour les morts durant la catastrophe. L’encens embaumait toute la pièce dans laquelle celui-ci était installé. Les autres nobles pouvaient discuter entre eux dans les pièces alentours. Il y avait aussi un buffet avec de la nourriture et des vins, mais bien évidemment pas de champagne. Ce n’était pas la boisson alcoolisée appropriée pour la situation. Toutefois, même si tout le monde parlait, le bruit dans les salles n’était pas très gênant. D’ailleurs, il semblait même que tout le monde murmurait. Certains rendaient hommage aux familles des défunts qui, pour certaines, se trouvaient également ici, en leur affirmant leurs sincères condoléances. Bien sûr, tout ceci, même dans une situation si tragique, cela restait toujours et encore du lèche-bottes.

Eleanor fut accueillie par le maître de la maison avant d’entrer et de repérer les quelques personnes qui étaient également venues. Elle tentait de voir si elle connaissait certains aristocrates. Et même si c’était le cas, pour l’instant elle n’avait pas trop envie de leur parler. Elle fit le tour de toutes les salles. Elle vit le buffet, les personnes qui parlaient. Enfin, elle se décida de rentrer dans la salle de recueillement dans laquelle elle nota la présence de nombreuses personnes. Elle s’assit sur les chaises qui avaient été mises à leur disposition pour cela. Elle ferma les yeux et apprécia le silence. Elle pria quelques instants avant de prononcer ses regrets pour les victimes. Elle resta encore quelques minutes dans la pièce puis en sortit. Elle se dirigea vers les familles, leur présenta également des condoléances et enfin partit vers le buffet. L’ambiance n’était pas bien sûr au rendez-vous alors il n’y avait pas vraiment de quoi se réjouir. Elle remplit son assiette avec les quelques amuses-bouches qui restaient puis alla s’asseoir. Elle était venue toute seule et l’était toujours. Elle s’ennuyait, certes. Mais elle ne se sentait pas encore le cœur pour partir et rentrer chez elle. Quelque chose la tenait dans la résidence. Un aristocrate qu’elle ne connaissait pas du tout vint s’asseoir près d’elle. Il l’observait et donc elle leva la tête de son assiette pour savoir pourquoi elle l’intriguait autant. Elle comprit tout de suite : l’homme ne voulait que parler avec elle.

- Tragique cet événement, n’est-ce pas, Mademoiselle … ? Comment dois-je vous appeler ?

Eleanor soupira un peu mais elle se résolut tout de même à répondre. C’était bien impoli de se taire et ne rien dire du tout.

- Duchesse van Lärhe en personne, Messire. Oui, tout cela est bien triste. Ce sont malheureusement les aléas de la vie …

Alors que l’homme s’écriait qu’il venait de tomber sur une prétendante au trône d’Ishtar, Eleanor ne l’écoutait plus. Elle avait aperçut Azhran Nocturnae avec son homme de garde, un homme de l’Inquisition. Pour l’homme s’était un événement qui ne répéterait certainement pas. Il lui disait à quel point il était honorée de la connaître et de l’avoir rencontrée. Quant à Eleanor, elle se dit que sa popularité avait monté en flèche ces derniers mois. Elle n’appréciait pas trop tout cela mais elle ne pouvait pas faire autrement. Il fallait passer par la popularité pour devenir Impératrice. Même si cela ne lui plaisait pas trop. Même si elle n’avait pas besoin de la popularité. Elle se leva sur le champ.

- Si vous voulez bien m’excuser.

Elle ne dit rien d’autre et partit de la table, en laissant son assiette mais aussi l’homme en plan, tout seul. Il lui dit son nom mais elle ne l’entendit pas. Elle ne s’en préoccupait guère. Seule Azhran l’intéressait. Elle sortit de la pièce et suivit les pas de la femme. Une fois dans la même pièce qu’elle, elle fit comme si elle y rentrait normalement et apercevait avec surprise Azhran. Elle se rapprocha d’elle. L’homme qui l’accompagnait était forcément sur ses gardes. D’ailleurs son regard n’était pas plaisant. Mais la duchesse tenta de ne pas s’en préoccuper davantage et de continuer dans sa lancée.

- Ma chère demoiselle Nocturnae, que je suis heureuse de vous croiser en ces lieux.

Elle tenta le sourire détendu et radieux. Pas trop non plus. Ce n’était pas dans l’ambiance.

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MessageSujet: Re: Tu veux connaître mes intentions, n'est-ce pas ? [PVs Azhran et Emile]   Ven 31 Déc - 13:13

Une invitation à une soirée organisée en la mémoire des victimes de l'attentat du Sénat ça n'était pas à prendre à la légère. Un refus de sa part aurait été interprété comme de l'indifférence par la plupart des gens, et certains en auraient même conclu (bêtement, cela va sans dire) qu'elle aurait comploté avec les terroristes responsables de cet acte de protestation particulièrement brutal. Azhran avait donc bien entendu répondu affirmativement à l'invitation qui lui avait été apportée par un jeune messager aux cheveux roux qui la lui avait remise en rougissant légèrement, impressionné par le charisme qu'elle dégageait. Elle lui avait sourit doucement, lui avait tapoté la tête avec tendresse et l'avait même fait conduire en cuisine pour qu'il se réchauffe et puisse manger quelque chose de chaud, car le vent glacial qui hurlait dehors aurait percé n'importe quel vêtement chaud.

Elle avait ensuite demandé à l'un de ses serviteur de lui faire parvenir les noms de toutes les victimes du Sénat et leur avait envoyé des présents ainsi que ses condoléances. Elle avait ensuite passé les quelques jours qui avaient précédé la soirée à passer pour une jeune noble un peu trop sensible et éplorée que cet évènement avait touchée au plus profond de son cœur...

Et puis le grand soir était arrivé. Elle avait choisi sa tenue avec soin, comme toujours, et avait fini par jeter son dévolu sur une robe de velours noir qui, si elle semblait sobre au premier abord, était plein de motifs tracés dans le tissus lourd et sombre. Pour aller dans le thème triste de la soirée, elle se para d'un collier et de boucles d'oreilles en argent sertie d'hématites, se fit faire par la coiffeuse que sa mère avait envoyée dans la Capitale quelques jours auparavant une coiffure élaborée et simple à la fois ou ses cheveux étaient relevés dans sa nuque et retombaient délicatement sur l'une de ses épaule en boucles larges et douces, des boucles avaient également été plaquées sur sa tête comme pour former de discrètes fleurs noires uniquement visibles à celles et ceux qui regarderaient réellement sa coiffure. Pour accentuer cet effet, quelques petites perles noires naturelles avaient été piquées ça et là pour devenir le coeur de certaines de ces "fleurs". Elle passa sur ses épaule une cape noire du même velours que sa robe et y attacha une broche d'argent également sertie d'une hématite de taille respectable en guise d'attache. Avant de sortir et après avoir passé un bon moment devant son miroir, elle attrapa ses gants noirs qui remontaient jusqu'au haut de ses bras et demanda à ce que l'on allume des feux dans toutes les cheminées de la maison afin qu'il y fasse bien chaud quand elle rentrerait. Elle envoya quelqu'un pour prévenir le baron Paole qu'elle était prête à partir.

Une fois que leur voiture fût attelée, elle s'y installa confortablement avec son "garde du corps" et ne parla pas durant tout le trajet. Elle avait besoin de silence afin de se remémorer un fois encore les noms et les visages des familles des victimes ainsi que des autres invités. Il était important d'être capable de tous les connaitre et les reconnaitre, même si une fois sur place elle jouerait son rôle de petite princesse timide et rosirait délicatement en s'excusant de ne pas savoir à qui elle s'adresserait.

Elle descendit du véhicule à la suite du baron Paole, prenant son bras, dans une parfaite expression de jeune fille triste, gardant même un mouchoir noir à la main. Elle salua tristement le maitre des lieux, lui adressant un pauvre sourire, et alla directement présenter ses condoléances aux membres des familles des victimes, allant même jusqu'à verser une larme quand la conversation se mettait à porter sur lesdites victimes avant l'attentat. Elle donna à son serviteur sa cape et ses gants pour qu'il aille les pendre dans l'endroit prévu à cet effet, puis il alla attendre avec les autres serviteurs un peu plus loin. Toujours accompagnée du baron Paole, elle se dirigea vers la pièce suivante dans laquelle elle avait aperçu un vieil ami de sa famille qu'elle voulait saluer, quand sa rivale, la duchesse Eleanor Van Lähre, fit mine de la découvrir par hasard, et vint l'aborder.


"- Ma chère demoiselle Nocturnae, que je suis heureuse de vous croiser en ces lieux."

La princesse Azhran leva vers elle de grands yeux ou se lisaient toute la tristesse et l'étonnement du monde, ses joues rosirent légèrement une douce expression de timidité absolue, elle baissa les yeux et murmura d'un air désolé :

- Je... je suis désolée mais, même si je suis également enchantée de vous rencontrer, je dois avouer que je ne me souviens pas vous avoir déjà rencontrée... mais peut-être ma mémoire me joue-t-elle des tours, si c'est le cas, veuillez accepter mes plus plates excuses pour ma maladresse...
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MessageSujet: Re: Tu veux connaître mes intentions, n'est-ce pas ? [PVs Azhran et Emile]   Ven 31 Déc - 16:38

Une réception pour fêter la mort de plusieurs noble, voilà là où je me rendais en compagnie de la future Reine Noire ; mis à part pour les rares sensibles, la noblesse se moquait royalement de toutes ces victimes, ça causait seulement un certain ennui vis-à-vis de ceux qui y avaient laissé des alliers, et une certaine joie pour ceux et celles qui y avaient vu leurs adversaires mourir dans l'explosion. De l'hypocrisie, rien de plus, purement humaine et purement aristocrate ; des larmes allaient être coulées dans le simple but de satisfaire les apparences, tout ça m'échappait. Assis prés de la future Reine Noire, le menton posé contre mon poing, je contemplais de mon regard vide l'Empire défiler, tandis que le fiacre nous emmenait chez ce noble un peu trop vaniteux pour se croire capable d'effacer la fausse peine qui écrasait les épaules des autres. Nullement intéressé par le double jeu que menait Nocturnae, plus intrigué par les formes qu'elle cachait sous les vêtements de deuil qu'elle portait à cet instant, je ne pouvais pas affirmer que je l'appréciais. Nous parlions peu ensemble pour réellement nouer des liens, et j'avais du mal à comprendre pourquoi Uriel d'Arken m'avait choisit moi pour cette mission, oh certes mon orgueil s'en trouvait flatté, mais s'il y avait bien un homme pour jouer avec moi et pour comprendre tout le danger que je représentais, c'était lui. Il était le mieux placé pour savoir que par caprice (le croirait-il certainement) je pourrais tuer la demoiselle que j'avais à protéger, ou simplement me la faire si l'ennui pointait trop son nez. Cette pensée-là pouvait venir comme elle ne pourrait jamais apparaître, Nocturnae était certes une très belle jeune femme, ce genre de femme fatale se cachant sous une enveloppe innocente, mais elle n'était qu'à mes yeux une marionnette de sa famille, dont la vie se résumerait à monter sur le trône pour faire ce que l'on attendait d'elle.

Comprenait-elle qu'elle ne pourrait jamais vivre selon ses désirs ? Ou que justement ses désirs n'étaient que le résultat de son éducation ? C'était peut-être pour ça que je la méprisais, tout en m'entendant plus ou moins avec elle ; elle parlait peu, je n'avais pas à ouvrir la bouche pour débiter un flot de paroles futiles. Le fiacre finit par s'arrêter devant l'énorme résidence qui nous faisait face, je descendis le premier pour ouvrir la porte à la belle, marchant par la suite derrière elle. Un peu en retrait, je me fondais dans la masse de noble pour une fois ; ce qui était bien avec ce genres d'évènements funèbres, c'était que je n'avais pas à faire trop d'effort pour me vêtir selon l'usage, je ne portais que du noir et au fond, quelque chose me disait qu'Uriel d'Arken lui, ne dérogeait pas à sa propre tradition à ne porter que du blanc. Laissant ma cape au serviteur, je suivis Nocturnae comme son ombre, l'observant échanger des banalités, ou feindre la jeune vierge éplorée, attristée et traumatisée par un tel évènement. Elle jouait à merveille ce rôle, j'avais à protéger l'une des meilleures comédiennes de tout l'Empire ; néanmoins, la belle devait faire attention à ne pas en faire trop, si elle ne voulait pas que quelques esprits perspicaces comprennent son jeu d'actrice. Parfois, lorsque les regards se posaient sur moi, certaines questions osaient franchir des lèvres tremblantes ; on connaissait ma réputation — pas celle de l'Inquisiteur fou —, celui d'un fils adoptif un peu trop froid et indifférent pour ressentir de la peine face à un tel évènement, alors certains malgré la crainte naturelle que j'inspirais, me demandaient ce que je faisais avec Nocturnae et ce que je pensais de cet évènement. Je répondais alors une formule toute faîte, débité sur un ton aussi expressif que le reste de mon visage, monocorde et ennuyeux dont les paroles avaient autant d'intérêt que leur fausse compassion.

L'évènement en question était réellement tragique, le nombre de mort était assez important, le Sénat avait été presque réduit en cendre, et pourquoi ? À cause d'un caprice de Révolutionnaires, songeant que le monde les attendrait, avec un regard plein d'admiration et de candeur. Les Eclairés n'étaient qu'une bande de gamin puéril, capricieux et qui pensaient qu'ils pouvaient changer les choses, alors qu'ils n'étaient que des insectes que je pouvais écraser. Et d'Arken avait lâché les Inquisiteurs, comme on lâchait les chiens dans une chasse, dans l'unique volonté d'arracher que neurone empli d'héritier à cette bande de rats. Et qu'est-ce que je devais faire, moi ? Là ? Je devais surveiller une pauvre adolescente, mais au final... peut-être que quelque intuition avait été soufflée au Régent, j'étais le plus apte à protéger Nocturnae si un connard de terroriste désirait s'attaquer à elle. Et si ce groupe désirait l'attaquer par pur caprice ? Eh bien, à moi seul, je les tuerais tous, c'était aussi simple que ça. Légèrement en retrait, c'est là que je remarquai qu'une jeune femme nous observait depuis un moment. Il me fallut quelques secondes pour mettre une identité sur ce visage trop pur et doux pour être celui d'une future Impératrice, Eléanore van Lähre ? La Duchesse et rivale de Nocturnae ? Comment je la connaissais ? C'était comme pour les noms que la princesse avait appris avant de venir, moi aussi je m'efforçais de me tenir au courant de ces charognards de nobles, tout juste bons à se dévorer entre eux. Nocturnae fit semblant de ne pas la reconnaître, ce qui me fit froncer les sourcils, devais-je intervenir et présenter les deux rivales pour renforcer le rôle tenu par la demoiselle à la chevelure d'ébène ? Et ainsi souligner l'insulte qu'elle faisait à la Duchesse ? Mon rôle n'était pas d'être son percepteur, ou une chose dans ce goût-là, je devais la protéger... ne pas la materner. Néanmoins, je posai mon regard ensanglanté dans celui de la Duchesse, ce regard impénétrable et inexpressif, dont la couleur rubis était la seule témoin de mon amour pour le sang. Oui, je cherchais à la mettre la plus mal à l'aise possible pour voir ce qu'elle avait dans le ventre.

_________________
Alchimie de la Douleur...

Le Corbeau Blanc :

Je suis qu'un fou de plus dans un monde completement fou peuple d'autres fous.

Osez m'approcher et ce sera une mort demente que vous connaitrez.

...Et de l'Amour.
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MessageSujet: Re: Tu veux connaître mes intentions, n'est-ce pas ? [PVs Azhran et Emile]   Dim 2 Jan - 15:01

Eleanor devait bien reconnaître que les deux femmes ne se connaissaient pas en réalité. Qu’elles ne s’étaient jamais croisées auparavant. Qu’elles ne s’étaient encore jamais parlé. Certes alors l’arrivée joyeuse de la duchesse pouvait être interprétée comme étrange. Mais jamais elle ne l’aurait cru à ce point. La duchesse s’empêcha alors de frissonner à l’insulte qu’elle avait ressentie dans les paroles de la princesse Nocturnae. Tout de même, elle devrait au moins connaître son nom. Tout le monde connaissait les noms des futures prétendantes au trône, tout de même ! Même Eleanor pouvait reconnaître Azhran. Alors elle ne comprenait pas. Soit Azhran ne le connaissait pas du tout, soit elle le faisait exprès. Et si c’était la deuxième option alors cela ne lui plaisait pas du tout. Elle sentit tout de suite qu’elle ne serait certainement pas une bonne amie avec cette femme. De plus, elle était sa rivale. Mais il pouvait très bien arriver que deux rivales devinssent amies, non ? Enfin peu importait. Parce que de toute façon, un jour ou l’autre, Eleanor devrait tout faire en son possible pour écraser cette femme. Donc elle ne pouvait pas se permettre de se lier d’amitié avec elle. Une amitié était impossible. Voire même incongrue. La duchesse y réfléchit en une seconde. Toutefois, elle ne pouvait pas non plus se permettre d’être impolie et irrespectueuse. En tout cas, pas comme la princesse. Alors elle ne réagit pas du tout. Elle fit comme si de rien n’était. Elle savait maintenant qu’elle allait devoir jouer avec ses sentiments afin de ne surtout pas lui montrer ses réelles pensées. L’hypocrisie, la froideur, la méchanceté et les autres sentiments et comportements qui faisaient partis du plan avec Marius venaient de commencer. Ils venaient de se réveiller en la duchesse.

- Non, très chère vous n’avez pas à vous excuser, dit-elle toujours avec un léger sourire. Nous ne nous sommes point encore rencontrées auparavant, vous n’avez pas tort. Toutefois, il me semblait que vous me reconnaîtriez malgré cela.

Elle marqua une courte pause pour observer la réaction de la princesse. Elle désirait savoir ce qu’elle lui dirait maintenant alors qu’elle avait reconnu ne pas l’avoir rencontrée avant. Est-ce qu’elle prononcerait son prénom ? Est-ce qu’elle montrerait finalement qu’elle savait ? Parce qu’il était tout de même vraiment impossible qu’elle ne sût pas qui était la duchesse. Uriel avait de toute façon du lui en parler. La décrire. Lui dire tout ce qu’il pensait d’elle. Rien qu’à cette pensée, Eleanor ressentie une certaine colère monter en elle. Elle haïssait de plus en plus le Régent et ne supportait plus ses manigances. Tout cela simplement pour garder les privilèges qu’il avait instauré pour lui et l’Eglise pendant qu’Ezhekiel n’était encore un enfant. Et le pire dans tout cela, c’était que le pauvre Empereur n’avait rien pu faire pour arrêter cela. Non seulement il n’y comprenait encore rien à l’époque mais aussi parce qu’il était influençable. Depuis toujours. Les choses avaient pris une telle envergure que désormais, l’Empereur ne réfléchissait probablement pas par lui-même. Le Régent se trouvait toujours à proximité pour lui inculquer les valeurs qu’il souhaitait et changer toutes les idées du garçon lorsque celles-ci allaient à l’encontre des vœux et des intérêts d’Uriel. Eleanor ne pouvait vraiment plus supporter ce genre de comportement malsain. Le réel problème d’Ishtar, où en tout cas là d’où partait le problème, c’était le Régent. Néanmoins, la duchesse ne pouvait pas se permettre de le dire à qui que ce fût.

Malheureusement, elle n’avait pas encore de pouvoir ni d’emprise sur l’Empereur non plus pour réussir à lui faire ouvrir les yeux. Elle n’était même pas sûre qu’un jour elle pût arriver à atteindre ce but. Ezhekiel ne voudrait probablement ne jamais ouvrir les yeux car le Régent était important pour lui. Oui, leur relation était malsaine. Mais si Eleanor croyait qu’elle parviendrait à éloigner facilement le Régent de l’Empereur, elle se mettait le doigt dans l’œil. Tout ceci n’était qu’un rêve. Un rêve colossal. Qui ne prendrait pas quelques jours ou semaines seulement pour être réalisé. Non, il prendrait des mois voire même des années. Pourtant, la duchesse n’avait pas beaucoup de temps. Il fallait donc commencer à agir dès aujourd’hui. Pour cela, il fallait aussi arriver à convaincre l’Empereur de la choisir à la place de la princesse Nocturnae. La tâche n’était pas non plus facile. A cause du Régent et de cette influence. Qu’elle ne pourra certainement pas encore résoudre avant le choix même d’Ezhekiel. Mais elle pouvait bien sûr tenter de déjouer les plans du Régent. Par des manières qu’il fallait trouver. Discuter avec Marius. La première était de trouver la proie idéale. Et cette dernière se tenait juste en face de la duchesse : Azhran Nocturnae. Eleanor la regardait dans les yeux. Non, bien sûr que la femme ne dirait rien. Elle ne ferait pas comme si tout d’un coup le prénom de la duchesse le lui était revenu. C’était évident. Et pitoyable. Cela mettait Eleanor un brin en colère, mais elle n’y pouvait rien. A chacun son caractère. A chacun sa personnalité. Il fallait de tout pour un monde. Malheureusement. Oh ! si seulement elle n’était pas là, en face de cette femme, elle ferait tout son possible pour faire sortir la colère d’elle.

- Je suis la duchesse Eleanor van Lähre, fille du comte-gouverneur d’Überhal, première du nom.

Elle s’inclina légèrement. Dans quoi s’était-elle fourrée ? Malheureusement tout cela était nécessaire. Nécessaire pour son ascension au trône. Alors elle n’avait pas d’autre choix que de continuer. De jouer. D’imiter des sentiments qui n’étaient pas les siens. Elle voulut encore une fois soupirer mais s’en empêcha. Quant à Emile Paole, l’Inquisiteur, elle ne le regardait même pas. Elle ne voulait pas jeter le regard sur cet homme ne serait-ce qu’un instant. Non seulement car elle ne désirait croiser son regard parce qu’il l’effrayait mais aussi parce qu’elle ne s’intéressait pas du tout à lui.
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MessageSujet: Re: Tu veux connaître mes intentions, n'est-ce pas ? [PVs Azhran et Emile]   Dim 2 Jan - 15:32

Les yeux de la jeune femme s'agrandirent tandis qu'un grand sourire illuminait son visage. Elle prit les mains de la duchesse dans les siennes, comme mue par une impulsion soudaine, et les sera doucement tout en se rapprochant de celle qui était officiellement sa rivale dans la course à l'accession au trône au côté du futur Empereur. Sa voix perdit sa timidité et son expression laissa la douceur de côté pour que ses joues puissent rougir d'une excitation parfaitement enfantine et loin d'être digne d'une jeune femme de son rang.

- Duchesse Van Lähre ! Enfin je vous rencontre ! Oh vraiment je suis on ne peut plus navrée de ne pas vous avoir reconnue mais le portrait que l'on m'a fait de votre personne est loin de rendre hommage à votre beauté ! Vos cheveux sont d'une splendeur !

Elle lui adressa un sourire amical.


- Navrée, je m'emporte, dites le moi si je vais trop loin, mais j'étais si impatiente de vous rencontrer ! Je sais que cela n'est pas vraiment approprié étant donné que nous sommes plus ou moins en concurrence, mais au diable le protocole, se sont mes parents qui me veulent sur le trône. J'ai tant de questions à vous poser que je ne sais par ou commencer, et j'ai même peur de vous assommer avec... d'autant que le lieu ou nous nous trouvons n'est pas vraiment le plus indiqué pour parler de choses joyeuses n'est ce pas ?


Lâchant les mains d'Eleanor, la jeune princesse se retourna vers l'inquisiteur au regard inexpressif sans se défaire de son air enchanté.


- Baron Paole, j'ignore si vous vous connaissez alors je vais faire les présentations. Duchesse Van Lähre, je vous présente le Baron Paole. Lors de mes études j'ai rencontré quelques membres de l'Église que j'ai revu dernièrement, et ils m'ont vivement recommandé de me faire accompagner par le Baron ici présent afin de déjouer les plans de ceux qui auraient pu me vouloir du mal... je n'étais pas vraiment ravie à cette idée, mais après ce qui s'est passé...


La dernière née des Nocturnae fut parcourue d'un frisson glacial en repensant à ce tragique évènement.


- C'est d'une tristesse... ces gens étaient innocents, pourquoi a-t-il fallu qu'ils soient ainsi arrachés à leurs familles ? Et d'après les rumeurs, il pourraient en venir à s'en prendre à nous parce que nous représentons le pouvoir en devenir... y croyez vous ? Pensez-vous que, vous comme moi, soyons en danger de mort et que ces terroristes risquent d'essayer de prendre nos vies ? Je sais que c'est égoïste d'être effrayée pour ma propre existence... mais je n'ai pas vraiment envie de quitter ce monde...

Elle eut un petit sourire désolé et regarda autour d'elle. Repérant une pièce presque vide elle la désigna et demanda à la Duchesse et au Baron :

- Ne souhaitez-vous pas que nous puissions nous entretenir là bas ? Se serait presque privé comme conversations et je pourrais vous questionner, j'ai toujours rêvé d'en savoir plus sur la province d'où vous venez ! A ce propos... votre père n'est pas Duc-Gouverneur ? M'aurait-on menti ?
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MessageSujet: Re: Tu veux connaître mes intentions, n'est-ce pas ? [PVs Azhran et Emile]   Dim 2 Jan - 16:19

Arquant un sourcil devant la tentative de garder contenance de la Duchesse, je serrai les mâchoires en la fixant de ce même regard impénétrable, bien... elle osait m'ignorer et me réduire à un vulgaire serviteur ? Bien... je n'avais pas prévu d'être passablement méchant ou cruel avec elle, mais la jeune femme avait touché mon orgueil, on ne touche pas à mon orgueil sans être souillé. Je fis un pas en arrière pour mettre davantage en avant le petit rôle de Nocturnae, celle-ci — évidemment — joua à merveille le rôle de la jeune femme de bonne famille, soudain admirative face à la pauvre Duchesse van Lähre qui soit, tomberait dans le panneau, soit n'avalerais pas le tissu de mensonge déployé par la jeune femme ; dans les deux cas, il était aisé de comprendre que la jeune femme aurait du mal à réagir, était-ce une nouvelle fois un moyen pour Azhran Nocturnae de lui montrer combien elle lui était supérieure ?

Écoutant peu les paroles que la demoiselle prononçait, j'étais plus occupé à observer ces figures faussement éplorées, posant un instant mon regard sur une femme pleurant dans les bras de son mari, je reconnus son fils avec qui j'avais eu une petite aventure un an auparavant ; il avait changé et gardait la même niaiserie charmante et agaçante, protéger Azhran me coûtait en distraction. Je n'avais pas touché Lys Dior lorsque je l'avais revu, alors que j'avais été mort d'envie de lui sauter dessus, et c'était la même chose avec ce jeune noble. Il rougit et détourna bientôt le regard en m'apercevant, c'est là que je retournai mon entière attention aux deux jeunes femmes, mon nom venait d'être prononcé. J'inclinai légèrement la tête et fis un pas en direction de la Duchesse, posant une main sur ma poitrine, je pris la sienne pour la frôler de mes lèvres, ah... il me restait un peu d'éducation de gentilhomme, et je savais l'utiliser à merveille lorsque je me retrouvai en milieu aristocrate, ce milieu que je haïssais autant que le reste. Sans un sourire, je me redressai et plantai sans attendre mes yeux rouges dans les yeux bleus de la Duchesse, captant son regard avec un mépris et une froideur évidente ; je faisais tout mon possible sans agir pour la mettre à l'aise, l'ombre d'un sourire passa sur mon visage et haussant les sourcils, je lâchai sa main et répondis sur un ton neutre :


— Comment ne pas connaître la Duchesse van Lähre ? C'est un honneur pour moi de vous rencontrer, mademoiselle.

Un honneur ? La plaisanterie avait au moins le mérite d'être drôle, je reculai d'un pas pour laisser à nouveau Nocturnae parler, et débiter un long discours plus conventionnel, la laissant jouer l'enfant éplorée tout en l'approuvant d'un simple signe de tête. À la suite des deux jeunes femmes, les mains derrière le dos, nous nous dirigeâmes dans la pièce. Je refermai la porte derrière nous, inutile qu'une oreille indiscrète vienne écouter notre entretien, ou de voir que nous jouions à deux contre un. Posant encore mon regard sur la Duchesse, c'était une jolie jeune femme, possédant un style assez différent de celui d'Azhran, je pus enfin voir à quel point van Lähre était douce et gentille, et à quel point elle essayait d'imiter l'hypocrisie aristocrate. Aussi bien sur le plan moral que physique, les deux prétendantes étaient opposées : bien faîtes, Eléanore possédait une longue chevelure blonde tirant sur le bleu, tandis qu'Azhran laissait ses cheveux noirs attachés. Reprenant ce que ma protégée venait de dire, je déclarai tout en fixant encore et toujours Eléanore :

— Ne vous inquiétez pas, mademoiselle Nocturnae, je vous protégerai quoiqu'il arrive, de tout s'il le faut.

Une menace à peine voilée dirigée vers la Duchesse van Lähre, celle-ci ne savait rien de moi et la peur que je lui infligeai l'empêchait de vouloir me connaître. Cependant, Uriel d'Arken m'avait fait part de toutes ces rumeurs qui couraient sur elle, m'amusant de sa peur comme un père s'amuse des bêtises de son enfant, j'ajoutai :

— Ces terroristes ont beau être dangereux et cruels, au point de sacrifier autant d'innocents, ils ne pourront pas échapper aux autorités. Et je suis moi-même attristé de cet évènement, et de voir surtout que malgré l'attentat dont Mademoiselle van Lähre a été la victime en été dernier, que personne n'ai là pour la protéger.

Une manière comme une autre de lancer une discussion sur un sujet épineux pour Eléanore van Lähre, beaucoup de rumeurs circulaient sur son compte et sur le lien qu'elle avait avec le fils De l'Ombrage. Et c'était aussi une façon plutôt mesquine de lui montrer à quel point l'Église ne voulait pas d'elle ; Uriel d'Arken avait placé Azhran Nocturnae sous ma protection, je savais juste que la demeure de la Duchesse était surveillée, rien de plus, mais je marquais cette différence : on ne voulait pas d'elle, et la belle aux cheveux noirs avait bien plus d'importance qu'elle. Et puis je donnais l'occasion à Azhran de prouver sa supériorité à Eléanore, et je la laissai choisir ou non de poursuivre sur la piste que j'avais lancé. Allait-elle jouer les petites filles tremblotantes de peur ? Et allait-elle bombarder de questions van Lähre ? Ou bien choisirait-elle le masque de la jeune femme trop pure et trop sensible pour oser en parler à la Duchesse ? Je faisais tout en tout cas pour mettre celle-ci dans une position délicate ; après tout, n'était-ce pas ce qu'on attendait d'un noble ? Je jouais le fils de bonne famille se tenant au courant de tout, et j'attendais de voir la Duchesse chanceler, se prendre les pieds dans son propre discours pour finalement s'étaler devant Nocturnae, la jolie blonde allait-elle se montrer convaincante ? Ou bien serait-elle trop tendue pour oser s'aventurer sur un chemin la mettant en périls ?

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MessageSujet: Re: Tu veux connaître mes intentions, n'est-ce pas ? [PVs Azhran et Emile]   Mar 4 Jan - 15:52

Spoiler:
 

Le comportement de la princesse Nocturnae changea du tout au tout. Cela ne fut pas pour ravir la duchesse. Elle était de plus en plus exaspérée. Surtout que la manière dont la jeune femme lui parlait était terrible. Elle choisissait les mots les plus doux, les plus gentils. Toujours avec une expression de sourire amical. Et surtout, avec une voix qui tendait vers le doux. Cette niaiserie était insupportable. A cet âge-là, Eleanor ne comprenait pas du tout comment elle se permettait de parler de la sorte. Restait-elle encore une petite fille frêle dans un corps de femme ? Si c’était le cas, alors elle ne comprenait encore moins le fait que le Régent désirât faire d’elle l’Impératrice. Enfin, il devait bien y avoir quelque chose en dessous. Ce comportement ne pouvait pas ne pas être inconscient. La princesse ne faisait que jouer avec les autres. Elle montrait une personnalité tout en cachant une autre. Et c’était exactement cela que la duchesse se devait de découvrir. La deuxième personnalité de la princesse. Et ses intentions. Bien sûr, il serait difficile de s’entretenir en seule à seule puisque l’Inquisiteur se trouverait toujours à ses côtés. Aucun moyen de l’éloigner de la princesse Nocturnae. Malheureusement. Mais tant pis, c’était comme cela et elle devait agir en conséquence.

Un honneur. C’était exactement le mot prononcé par le Baron Paole lorsque la princesse fit les présentations. Eleanor doutait bien sûr de ses paroles. Il était Baron autrefois, aujourd’hui Baron et Inquisiteur. Dans ce cas, il était fidèle au Régent. Son regard méprisant et froid, qui ne cessait pas, la duchesse le savait, il ne servait qu’à la déstabiliser, lui faire sentir qu’elle n’était pas la bienvenue. Peu importait. Les pensées du Baron ne l’intéressaient pas du tout. Elle continuerait l’entretien avec Azhran, un point c’était tout. Elle n’allait tout de même pas se laisser abattre aussi facilement. Abandonner aussi facilement. Alors elle n’avait pas d’autres choix. Elle sourit lorsqu’il lui prit la main pour la frôler avec ses lèvres et baissa un peu son pied. De cette manière, elle s’inclina légèrement comme les dames le faisaient tout le temps. Ensuite, elle dut écouter et supporter les remarques désobligeantes de cet homme. Si seulement, elle n’avait pas été seule ! Si seulement elle avait pu faire quelque chose pour qu’il disparût. Elle n’en pouvait plus, bien que ce ne fût qu’un début. Elle savait dès le début que ceci allait être dure, mais à ce point. Elle n’avait tout de même pas pensé être traitée de la sorte. C’était un manque de respect total. Bien sûr, le Régent ne serait pas contre un tel comportement, s’il pouvait agir comme cela. Non, lui il ne le pouvait pas. Mais il permettait à ses fidèles – et stupides – hommes de le faire. C’était odieux. Eleanor s’en plaindrait un jour ou l’autre. A quelqu’un de confiance. Et un jour, lorsqu’elle deviendra Impératrice, elle fera payer l’Eglise pour tout cela. Rien qu’à cette idée, un certain malice et sadisme naquirent en elle. Mais elle n’en fit pas part.

- Je n’ai point besoin de protection, Baron, dit-elle d’une voix sèche en regardant l’homme dans les yeux et soutenant ce regard, même si elle n’aimait pas cela.

Elle se rendit compte immédiatement que si elle ne disait rien par la suite, des doutes et des soupçons pouvaient s’installer dans n’importe quelle personne qui connaissait un minimum son lien avec Marius de l’Ombrage. Et il était clair et net qu’Emile Paole en avait été informé. Si cela se trouvait, il avait participé aux investigations, mais elle ne pouvait pas en être sûre. Des investigations probablement soldées par les dires et l’influence du Régent. Eleanor les imaginait déjà : « Quoique cette femme vous dît, elle est coupable. Personne n’échappe à un terroriste sans en mourir. ». Ses fidèles, bien évidemment, devaient donc être convaincus de ces dires. Alors il lui fallut tout de suite ajouter quelque chose. Bien qu’elle sût que cela ne changerait pas grand-chose. Mais du moins, si elle le disait d’une façon plutôt convaincante, sèche et avec assurance, elle pouvait limiter la casse.

- Je suis déjà surveillée par l’Inquisition comme vous devez le savoir. Je considère cela comme une sorte de protection. Si un terroriste m’attaque, l’Inquisition n’hésitera tout de même pas à me sauver.

Elle comprit instantanément l’idiotie de sa dernière phrase aux yeux du Baron. Il devait trouver cela drôle. S’il était convaincu qu’Eleanor pensait une telle chose alors il en rirait. Bien sûr que l’Inquisition était prête à risquer la vie de la duchesse. Elle était même probablement prête à la laisser mourir. Ensuite, tout cela passerait sous silence et personne ne saura que l’Inquisition ne l’avait même pas sauvée. Elle était à peu près sûre que si le Régent trouvait un moyen pour éliminer la duchesse, il le ferait. Mais pour l’instant, il n’avait aucun moyen ni possibilité. Sauf ordonner à l’Inquisition de ne pas agir en cas de danger pour la jeune femme. Mais bon, aux yeux de la princesse Nocturnae, cela pouvait ne pas être la même chose. Peut-être allait-elle la plaindre ? Peut-être allait-elle acquiescer ? Par ailleurs, Eleanor tourna la tête vers Azhran cette fois-ci et elle lui sourit. Elle n’ignorait pas le fait que la princesse voudrait en savoir davantage sur elle, certainement aussi de l’attentat dont elle avait été « victime », comme tout le monde le disait. Elle n’avait pas été victime de quoique ce soit. D’aucun attentat. Mais tout le monde interprétait les choses à leurs manières. Ou alors tout simplement, tout le monde suivait les paroles du Régent. Elle en avait un peu assez de devoir sans cesse le répéter et raconter cette histoire. Pourtant, elle sentait qu’encore une fois elle n’en aurait pas le loisir : elle ne pourra pas s’échapper. Quoiqu’elle savait qu’elle essaierait d’éviter le sujet.

- Veuillez me pardonner, Princesse. Je suis heureuse que mes cheveux vous plaisent et je vous en remercie. Des questions, vous dites. Je suis étonnée à quel point vous me portez intérêt. Je n’avais jamais pensé qu’il serait aussi grand. Je suis flattée et honorée.

Pour ne pas dire qu’elle l’ennuyait et l’irritait. Pendant ce temps, elle se dit qu’il ne valait mieux pas réagir suite à certaines paroles de la princesse. Comme le fait que c’était ses parents qui la voulaient sur le trône. Elle n’y croyait pas trop. Même si ses parents le désiraient, le Régent également. Et si elle ne s’y était pas opposée, c’était qu’elle n’était pas contre. Alors qu’elle ne lui dît pas qu’elle regrettait ou autre chose dans le style. Ou encore, elle n’avait pas envie de parler de la vie et de la mort. Cela enclencherait plus facilement le sujet du terrorisme. Et elle ne le voulait pas.

- Entrons dans cette pièce, vous avez raison, ce sera plus approprié afin de discuter.
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MessageSujet: Re: Tu veux connaître mes intentions, n'est-ce pas ? [PVs Azhran et Emile]   Jeu 17 Fév - 22:36

Tout en se dirigeant tranquillement vers la pièce presque vide qu'elle avait désignée, la jeune femme resta silencieuse. Son expression était toujours la même, douce et délicate, seules ses joues et ses yeux montraient qu'elle était visiblement ravie de rencontrée sa "rivale". En effet, pour parfaire son petit effet, la jeune femme s'était débrouillée pour que ses joues soient roses d'excitation et que ses yeux pétillent d'allégresse. Finalement, les deux ou trois dernières personnes présentes dans la pièce s'étaient retirées, et ils arrivèrent donc seuls. Bien que tentée une seconde de le faire, Azhran ne referma la porte derrière eux... bien que pratiquement certaine qu'Eleanor se serait sentie légèrement oppressée et probablement assez peu en sécurité si elle avait été seule avec elle, et surtout avec le baron Paole, elle ne céda pas à l'idée du plaisir que cette situation lui procurerait. Bien sûr, il serait très agréable d'obliger sa rivale à se sentir comme un petit oiseau en cage cerné par les chats sauvages affamés... mais ça n'était pas le but, si cela arrivait, elle se refermerait comme une huître et cela empêcherait la jeune princesse des Nocturnae à en tirer tous les renseignements qu'elle désirait.

- Oh ! Là ! Se sera absolument parfait pour avoir une conversation agréable loin des oreilles indiscrètes... je suis persuadée que la plupart des gens présents aujourd'hui sont avides de la moindre petite rumeur à faire circuler, autant leur donner du fil à retordre, c'est nettement plus amusant !

Éclatant d'un petit rire cristallin, la jeune femme alla s'installer sur le canapé visiblement confortable et moelleux qu'elle avait désigné tout en s'adressant à la duchesse et au baron. Elle invita la jeune femme à venir s'installer à côté d'elle, destinant visiblement au baron le gros fauteuil de la même gamme qui se trouvait juste en face du canapé. Entre les deux, il y avait une jolie petite table basse en bois dont la plaque principale était faire de rosaces de verres de différentes teintes, ce qui donnait un rendu assez complexe et très joli. Faisant mine de s'y intéresser quelques secondes, Azhran attendit tranquillement que les deux autres personnes l'accompagnant aient prit place, puis servit elle même une tasse de thé à l'aide du service qui était posé sur ladite table basse qu'elle posa devant la duchesse, puis une autre qu'elle plaça devant le baron, elle poussa ensuite légèrement l'assiette de biscuits qui se était posée à côté du service à thé afin que chacun puisse y piocher à sa guise, puis elle recula et s'adossa au canapé, s'enfonçant légèrement dedans.

- J'ai tellement de questions que je ne sais pas ou commencer... d'abord il y a la province qui vous a vue naitre, on m'a dit tellement de choses sur elle... est-ce vrai qu'il y fait un froid hivernal toute l'année ? Et que cet hiver perpétuel est si froid que sortir vêtu comme nous le faisons ici serait presque suicidaire ? On m'a dit aussi que les rivières étaient gelées presque toute l'année et qu'il fallait y creuser de gros trous tous les jours pour y puiser de l'eau... oh ! Est-ce vrai que la plupart des gens se déplacent avec des sortes de paniers plats aux pieds ? Et que vous pouvez danser sur des lacs gelés avec des lames métalliques accrochées sous vos souliers ? J'ai toujours eu envie d'aller me rendre compte de tout cela par moi même... mais je n'en ai finalement toujours pas eu l'occasion...

Elle adressa un sourire adorable à Émile et s'adressa à lui.

- Et vous baron, êtes vous déjà allé visiter la province d'Überhal ?

Reportant son attention sur Eleanor, elle reprit la parole.

- On m'a dit que vous avez été victime d'une agression, ou quelque chose comme ça, probablement l'incident dont parlait le baron il y a un moment, mais je n'ai pas demandé de détails à l'époque... étiez vous en danger ? Comment cela s'est-il passé ? Que s'est-il passé exactement et comment vous en êtes vous sortie ? Vous devez être rudement courageuse... je pense que si des gens s'en étaient pris à moi j'aurais probablement perdu connaissance tellement la peur m'aurait retourné le cerveau...


Elle resta silencieuse une seconde, l'air inquiète, regardant un peu partout comme si elle avait peur que des hommes surgissent subitement pour l'entrainer dans un coin sombre ou dans une cave lugubre dans le but de lui faire du mal ou de soutirer de l'argent à sa famille. Son regard se posa alors sur Émile et elle paru soulagée, comme si le simple fait de savoir qu'il était là pour parer à ce genre d'éventualité suffisait à la rassurer. Elle s'avança, attrapa un petit biscuit et le grignota tout en sirotant son thé, puis se redressa vivement, manquant de renverser le contenu de sa tasse.

- Oh ! Par l'Ombre ! J'allais oublier ! L'Empereur ! On m'a dit que vous l'aviez déjà rencontré... moi non en fait, et j'appréhende ce moment... comment est-il ? Est-il gentil, agréable et poli ou est-ce plutôt l'inverse, c'est à dire autoritaire et imbu de sa personne ? On ne m'a encore rien dit sur lui et je devrais probablement le rencontrer bientôt... pourriez vous également satisfaire ma curiosité sur ce point ?


Elle rougit.

- Je dois vous faire l'effet de n'être qu'une gamine mal éduquée... c'est juste que j'attends depuis si longtemps de faire votre connaissance... et vous êtes si jolie... si mes questions vous dérangent n'y répondez pas, après tout, je ne peux pas vous obliger à le faire...
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MessageSujet: Re: Tu veux connaître mes intentions, n'est-ce pas ? [PVs Azhran et Emile]   Mer 23 Fév - 10:12

Assis sur le fauteuil, observant les deux jeunes femmes en face de moi, je poussai un soupir ennuyé. Je considérais que ce n'était tout simplement pas ma place, certes je ne pouvais guère contester les ordres d'Uriel d'Arken, et j'aurais pu apprécier l'intelligence et la beauté de Nocturnae, mais ça ne serait jamais le cas. Pour moi, cette petite ne resterait qu'une marionnette capable de manipuler les autres, un vrai chef d'oeuvre de noirceur crée de toutes pièces par ses parents. Je levai les yeux au ciel et enlevai mes gants, pourquoi tant de manières ? Ne pouvait-elle pas dire ouvertement à l'autre qu'elle se moquait d'elle ? Rangeant les gants dans une poche, je posai ma main droite sur le bras du fauteuil, tapotant dessus comme pour suivre un rythme imaginaire. Je n'avais pas le souvenir que Nocturnae a vue mon infirmité, de plus je m'en servais pour déstabiliser Eléanore. Quelle femme ne se montrerait-elle pas écoeuré en voyant que l'homme en face d'elle avait perdu deux de ses doigts ? Oh... certes je reconnaissais que les prothèses imitaient à la perfection des bagues armures, mais il suffisait de bien les observer pour se rendre compte qu'il manquait deux doigts à ma main.

Fixant moi-même cet argent finement travaillé, en forme de griffe et aussi dangereuse que la lame de mon épée, je poussai un autre soupir, toujours aussi agacé par cette situation. J'écoutais leur conversation d'une oreille, l'autre étant occupé à surveiller le moindre bruit extérieur, mes doigts en argent continuaient de tapoter sur le bras du fauteuil dans un rythme de plus en plus rapide, montrant mon impatience. J'avais beau être quelqu'un d'inexpressif, mon corps parfois montrait quelques signes de mes émotions, je m'ennuyais, vola tout. Soudai, je relevai la tête vers van Lähre et la fixait longuement, comme cherchant à saisir dans son regard froid et bleu son âme pour la lacérer. C'était une belle femme, sûrement encore vierge et ayant un petit côté inaccessible, même si le Haut-Prêtre ne l'aimait pas, je me surpris qu'il ne voulut pas la séduire pour l'écarter du trône. Les femmes de son âge étaient si simples et complexes, c'était un véritable jeu de les faire choir lamentablement devant la société, passant ma langue sur mes lèvres, je lâchai :

— Jamais... je suis né à Ishtar et je mourrais à Ishtar sans connaître le monde, pour quoi me rendre dans un endroit où jamais rien ne se passe ?

Une manière comme une autre de rabaisser la Duchesse, c'était dans ces situations comme celle-là que je pouvais démontrer le talent propre à chaque aristocrate ; seulement, je n'étais pas assez subtil pour avoir un véritable don dans ce domaine. Et puis j'avais été sincère, jamais je n'avais éprouvé le désir de sortir de la Capitale, cette ville était mon berceau et mon tombeau. Je ne savais pas non plus d'où je venais, et jamais je n'avais éprouvé de la peine à cet égard-là, ma mère, mon père, qui étaient-ils ? Ça n'avait pas la moindre importance. Nicolaï avait été celui qui m'avait initié aux plaisirs de la vie, et même si je n'avais jamais trempé dans la débauche comme l'avait fait cet homme de son vivant, je pouvais reconnaître qu'il m'avait donné le goût à séduire les hommes et les femmes qui me plaisaient. Ils étaient rares, mais c'était un véritable jeu de les faire tomber dans mes bras, ils étaient souvent bien jeunes. J'ajoutai en croisant les doigts :

— La curiosité est toute naturelle, moi-même j'attends avec une certaine impatience les réponses de la Duchesse.

Baissant la tête vers la jeune femme, je lui envoyai un regard sombre et rouge ; une ombre voila mon visage, je lui faisais comprendre que refuser de répondre à toutes ces questions serait une erreur, je commençais à me prendre à ce jeu. Eléanore semblait si entière et vraie que c'était amusant de la déstabiliser, j'effleurai du regard les courbes de son corps, soigneusement caché par sa robe, comme si je m'imaginais la peau sous ses vêtements. Pour renforcer cet effet et lu faire davantage peur, je passai à nouveau ma langue sur mes lèvres, comme un serpent prêt à mordre la gorge de sa proie. Je me régalai du spectacle, dévorant du regard cette scène grotesque ; je haïssais la Noblesse comme je haïssais le reste, Eléanore et Azhran n'étaient que son image et j'étais tout autant agacé par leur jeu que j'en fusse amusé, van Lâjre ne faisait pas le poids face à notre Reine Noire. Elle était bien trop pure et naïve pour gagner le chemin menant au trône, elle venait de tomber entre les griffes d'un loup corrompu et d'un serpent à la robe de velours noir, nous attendions qu'elle fasse un faux pas pour la faire prisonnière de ses propres erreurs. Une âme bonne et charitable n'avait rien à faire sur le trône, pauvre duchesse, pauvre petite fille, elle allait tomber et sa chute en serait mortelle.

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MessageSujet: Re: Tu veux connaître mes intentions, n'est-ce pas ? [PVs Azhran et Emile]   Lun 28 Fév - 21:34

Tant de questions. Elle semblait être assaillie et les questions commençaient à fuser dans tous les sens dans son esprit. Elle saisissait les mots, elle tentait de les rassembler pour en faire des phrases. Mais le plus difficile c’était de tout simplement retenir la question précédente tout en se concentrait sur la prochaine. La princesse enchaînait question sur question et celles-ci étaient toutes différentes. Déjà que la duchesse n’en pouvait vraiment plus, elle se devait de répondre à de multiples toutes diverses les unes plus que les autres. Finalement, elle se demandait vraiment pourquoi elle avait décidé de tenter de connaître les intentions de cette femme. Elle était vraiment sur le point d’abandonner de lui poser quoique ce fût comme question. Elle répondrait puis s’excuserait. Elle partirait. Elle rentrerait chez elle. Et plus jamais elle ne voudrait rencontrer cette femme qui parlait beaucoup trop et dont la voix l’exaspérait au plus haut point. Peu importe si elle ne saisissait aucune information. Il existait forcément d’autres moyens d’obtenir ce qu’elle désirait savoir. Mais elle en était sûre, si elle posait une question, la princesse se mettrait à parler encore plus et c’était exactement ce que fuyait Eleanor. De plus, il fallait bien l’avouer, l’Inquisiteur aussi commençait à la sortir de ses gonds de plus en plus. Ses manières, ses regards mais aussi la façon dont il parlait. Tout était perçu comme une offense et comme une attaque contre la pauvre duchesse. Cet homme était tout simplement horrible et beaucoup trop mystérieux pour elle. Elle ne souhaiterait ne plus jamais le croiser dans toute sa vie. Eleanor ne remarqua pas les deux doigts manquants du baron et c’était probablement tant mieux car elle n’aurait pas vraiment apprécié. Non, elle se concentra d’abord sur la réflexion pour répondre à certaines de ces questions. Elle tourna la tête quand le baron répondit à Azhran, et n’apprécia en aucune façon sa réponse par la même occasion. Elle ne le fit savoir qu’à cet homme de part son regard froid et glacé, voire même meurtrier. Elle en avait vraiment assez.

- Princesse ! pouffa-t-elle gentiment en se tournant vers Azhran. Bien sûr que non, au printemps il fait doux et très agréable et en été le soleil est au rendez-vous. Il est vrai que l’hiver est froid et glacé. Nous pouvons nous amuser dans la neige et dans la glace, certes. Tout ce que vous me racontez ne sont que de vils préjugés. Vous devriez venir vous en rendre compte par vous-mêmes. Vous serez la bienvenue au palais de mon père, Princesse.

Bien sûr, ce n’était pas pour lui plaire mais il fallait bien faire tout de même un brin semblant. Faire comme si elle recherchait son amitié. Elle espérait désormais que la seule chose qui se déroulerait, c’était que la princesse n’eût pas le temps de venir. Ce serait un grand rêve et bonheur. Parce que la duchesse n’avait pas du tout envie de la recevoir. Mais si tel était le cas, elle devrait le faire et s’y résignerait. Mais seulement dans le cas le plus nécessaire. Pendant cette petite pause, pendant laquelle elle réfléchit à la suite de ses réponses, elle vit le baron qui se léchait les lèvres. Elle ne comprit pas vraiment ce que cela signifiait mais il fallait bien avouer que cela ne lui plut pas vraiment. Elle détourna donc la tête, vexée et offensée.

- J’ai raconté cette histoire de nombreuses fois et elle a toujours paru un peu fantaisiste à chacun qui l’a entendue, continua-t-elle. Mais je me battrai bec et ongles pour prouver la véracité de mes dires. En fait, je n’étais pas la victime. Le terroriste avait une tout autre cible mais la barrière en bois de l’arène s’est cassée et je tombais dans le vide. Je crus mourir mais le terroriste en question me sauva la vie. Ensuite, se sont déroulés des combats plutôt barbants et des détails que vous ne souhaiteriez probablement pas entendre. Tout ce que je peux vous dire, c’est que ce terroriste m’a enlevée, pour une raison qui m’est inconnue, lorsque l’Inquisition est arrivée et m’a obligée à courir dans les égouts. Quelle expérience effroyable, je vous le dis moi, effroyable !

Elle fit semblant de frissonner pour souligner la vérité de ces paroles.

- Pour terminer, l’Empereur est une personne fort agréable. Certes nos conversations ont toujours été limitées jusque là. Je n’ai pas eu l’occasion de discuter pleinement avec ce dernier. Mais il me semble un homme très appréciable, en effet.

Elle n’avait pas grand-chose à dire d’autre. De plus, elle en avait vraiment assez et n’attendait plus que la fin de la soirée. Elle désirait plus que tout rentrer chez elle et se faufiler dans son lit pour s’endormir et oublier ce mauvais moment. Ne plus entendre la voix d’Azhran. Ne plus avoir à répondre à des milliers de questions. Ne plus voir le comportement hideux et inadmissible de Paole. Tout ceci n’étaient que des rêves à cet instant précis. Elle ne savait pas si elle devait elle-même s’excuser pour partir ou si elle devait encore attendre un peu. Si Azrhan désirait lui poser une autre question – ce qu’elle n’espérait vraiment pas – cela n’était pas si poli de partir comme cela. Alors elle restait là, assise dans le canapé et attendant que le temps passât le plus rapidement possible …
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MessageSujet: Re: Tu veux connaître mes intentions, n'est-ce pas ? [PVs Azhran et Emile]   Mar 1 Mar - 22:56

Et en plus elle avait même la politesse de répondre à toutes ses questions... merveilleux, cette nobliette de bas-étages avait été éduquée comme il le fallait. Écoutant ses réponses avec un grand sourire naïf, la jeune Nocturnae fit semblant d'être ravie des renseignements à propos de la province d'origine de sa rivale, montrant même un vif désir d'aller la visiter durant cette fameuse période printanière qu'elle semblait tant apprécier, affichant un air horrifié devant l'histoire de son enlèvement et hochant vivement la tête quand elle insista sur la facette "effroyable" de cette expérience, puis pris un air rêveur de jeune fille innocente quand elle donna quelques petites informations sur ce qu'elle savait à propos du futur Empereur... mais il était temps de mettre fin à cette conversation qui n'avait pas la moindre chance de donner quoi que se soit de réellement intéressant. La duchesse était polie, mais elle se méfiait visiblement d'elle et du Baron comme de la peste... peut-être était-elle un peu plus intelligente qu'on ne le lui avait dit... tant pis, elle regretterait très probablement son attitude à la limite de la fraicheur sociale. Azhran regarda par la fenêtre et se redressa vivement.

- Oh, je n'avais pas vu que la nuit avait fini par tomber ! Votre compagnie m'est tellement agréable que je ne fais pas attention au temps qui passe ! Comme c'est dommage... j'ai rendez-vous pour le dîner avec un ami de mon père, un ami de longue date qui vit dans la capitale et à qui mon père souhaite que je fasse parvenir ses hommages...


Elle rougit légèrement et poursuivit sa phrase en baissant timidement les yeux, comme si elle n'était pas censés proférer de telles paroles.

- En quelque sorte, un repas qui sera à la fois ennuyeux et vide de tout intérêt... je préfèrerais tellement passer un peu plus de temps avec vous Duchesse ! Mais il me faut y aller, mon père serait sans doutes très mécontent que je ne tienne pas ma promesse... et puis nous pourrions nous voir un autre jour n'est ce pas ? Vous êtes la bienvenue dans la demeure de ma famille, je vous ferais parvenir une invitation par l'un de mes meilleurs coursiers sous peu.

Elle lui adressa un sourire timide tout en rajustant distraitement sa coiffure.

- J'ai vraiment hâte de vous revoir ma chère... à très bientôt donc ! Vous venez Baron ? Si vous ne me tenez pas compagnie durant ce dîner je risque de mourir d'ennui !

Saluant sa rivale d'un dernier sourire et d'un geste amical de la main, la jeune femme sorti de la pièce, présenta ses excuses à leur hôte et distribua des "au revoir" timides à la ronde... puis finit par se retrouver à nouveau dans sa voiture avec Émile. Une fois que le cocher eut fit partir les cheveux et qu'elle se fut confortablement installée, son air timide et doux disparut en une fraction de seconde. Elle paraissait désormais plus froide que jamais, presque furieuse. Elle leva les yeux vers le baron et le contempla un moment avant de prendre la parole.

- J'imagine que même si je vous le demandais vous ne pourriez pas vous glisser dans la demeure de cette idiote et la tuer pour moi n'est-ce pas ? Elle est trop connue de toute façon... n'importe qui pourrait faire le lien avec ma famille c'est évident... Vous avez remarqué comme elle se fiche presque ouvertement de l'Église et de ses représentants ? C'est une honte !


Repoussant une mèche qui lui tombait devant les yeux, la jeune femme se mit à sourire... mais loin d'être le même sourire timide qu'elle offrait à tous, c'était quelque chose de presque effrayant de froideur et de sadisme.

- Peut-être qu'on devrait tout simplement la faire disparaitre... après tout, elle est de mèche avec un terroriste, et que l'on ne vienne pas me raconter qu'elle n'est qu'une pauvre chose enlevée par un vil méchant hein... elle s'en est sortie indemne et n'a plus eu de problèmes depuis... cet homme aurait pu tirer un bon paquet d'une rançon... c'est une duchesse après tout... enfin bref... passons... j'imagine bien qu'il va falloir que je fasse avec et que je l'écarte de mon chemin proprement... dommage...
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MessageSujet: Re: Tu veux connaître mes intentions, n'est-ce pas ? [PVs Azhran et Emile]   Mer 2 Mar - 19:41

Fixant toujours sans la moindre expression la duchesse, j'étais partagé par la nuit et l'amusement, Eléanore répondait simplement aux questions d'Azhran, un sourire poli sur les lèvres et d'une voix douce. Au fond, je pouvais sentir l'angoisse montée en elle, et même ses regards les plus noirs ne pouvaient avoir d'effet sur moi, elle ne me faisait pas peur, qu'elle soit duchesse et moi baron ne changeait rien. Ce n'était qu'une jeune femme frêle, trop douce et trop naïve pour croire qu'elle pourrait continuer à mentir. Évidemment que son histoire n'était pas crue, ni de Nocturnae ni de moi, je connaissais les terroristes, je connaissais leurs vices et leurs belles paroles, cette jeune femme aurait pu être violée simplement parce qu'elle faisait partie de la noblesse. Ce gamin aurait pu l'utiliser pour faire pression, même si je pouvais aisément deviné que s'il l'avait enlevé, c'était dû à de la panique, ce n'était qu'un amateur. J'approuvai d'un signe de tête plutôt lent, ennuyé, toujours, ce genre de conversation ou subtilité était de mise pour arracher à l'autre ses secrets, ce n'était pas pour moi. Je ne cessais de me répéter que ce petit salon n'était pas ma place, et que cette rencontre ne m'apportait rien, j'étais un homme d'action, pas un noble qui se cachait sous un meuble dés qu'on osait le menacer d'une épée. Mais quelle cruche, vraiment ! Au lieu de jouer les petites filles effarouchées, tremblotantes à l'idée de croiser un homme tard la nuit, ne pouvait-elle simplement pas utiliser cette histoire à son avantage ? Ou même inventer un peu, raconter que cet idiot l'avait violenté ? Je comprenais maintenant pourquoi Uriel d'Arken préférait Nocturnae à van Lähre, toutes les deux étaient de superbes jeunes femmes, mais Nocturnae avait du talent.

Ce n'était qu'une petite marionnette façonnée par sa famille pour apprendre à manipuler elle-même les autres, mais au moins, elle n'était pas aussi pure que van Lähre. Comment pouvait-elle que toute l'aristocratie goberait comme une grenouille gobait des mouches son histoire ? Un terroriste au coeur pur qui sauve une princesse au coeur pur ! Et bientôt, aurions-nous droit à une histoire de grand Inquisiteur amoureux de la justice ? Fronçant les sourcils, suivant à peine les conversations, je reposai mes yeux sur la Reine Noire, cherchant à savoir ce qu'elle aurait pu faire à la place d'Eléanore. Je pouvais aisément deviner que Nocturnae aurait pu manipuler ce terroriste pour le forcer à se rendre, caressant mon menton, pensif, je laissais mes pensées prendre place et peindre ce tableau. Une rencontre entre Nocturnae et un révolutionnaire serait une chose distrayante à voir, comment cette jeune femme pourrait-elle s'en sortir et surtout, s'en servir ? Haussant un sourcil, soupirant, je hochai silencieusement la tête lorsque la Reine Noire désira partir, moi-même je ressentis une certaine libération en savant que j'allais (enfin) quitter cette pièce. Je me relevai et posant brusquement mes deux doigts en argents sur la table, je fixai un instant le reflet de la lumière sur l'argent et me saisit brusquement d'un gâteau, j'avais simplement fait en sorte que van Lähre voit mes deux prothèses, lui faire peur et lui faire comprendre que j'étais dangereux, c'était le seul rôle que je m'étais donné lors de cette soirée. Sans accorder un regard à la jeune femme, derrière Azhran, la suivant presque comme son ombre, je lançai d'une voix froide :


— L'ennui est dangereux, Ma Dame, lorsqu'on cherche à le combler, on peut faire une chute mortelle aussi bien pour l'honneur que pour la vie.

Pas de mots d'adieux, juste une parole qui ne lui était pas directement dirigée, une mise en garde, rien d'autre. Lançant des regards derrière moi, surveillant les alentours, je montai dans le fiacre après Nocturnae. Laissant mon dos tomber contre le dossier, je tirai légèrement le rideau pour observer le paysage, écoutant les sabots des chevaux marteler contre le sol, alors que la voix de la Reine Noire vint briser le tonnerre. Je me tournai vers elle et assistant à son changement de personnalité, je haussai un sourcil devant ce nouveau sourire, alors voilà à quoi elle ressemblait ? Voilà le vrai sourire que son visage pouvait prendre ? Ne répondant pas tout de suite, je restai sur mes gardes, chacune de mes paroles pouvait se retourner contre moi, nous étions du même côté, mais un coup de poignard dans le dos était une chose facile à faire. Repotant mon regard sur le paysage, je répondis :

— Elle n'est pas assez discrète et subtile pour jouer l'hypocrisie, comme vous le faites avec excellence, Ma Dame. Et certes... la tuer vous mettra en danger, mais l'humiliation est une chose bien plus terrible que la mort, croyez-moi.

Oh... comment je le savais ? J'étais un artiste dans le domaine de la torture, dépouiller un être humain de son coeur et de son âme, c'était ce que je savais faire de mieux.

— Ce n'est qu'une question de temps, son Excellence l'écartera d'un revers de la main dès qu'il le jugera nécessaire, mais cette rivale peut vous permettre de gagner les faveurs de l'aristocratie. Et pour cette histoire de terroriste... ce n'est qu'une plaisanterie, une plaisanterie de mauvais goût qui pourtant, nous permettra sans doute de mettre la main sur Sigma. Cette jeune femme nous aide, à sa manière. Et puis peut-être que l'Eglise n'aura pas à se salir les mains, elle est bien capable de tomber toute seule de l'escalier menant au trône, et ce sera un spectacle tout à fait amusant... ne le pensez-vous pas ?

_________________
Alchimie de la Douleur...

Le Corbeau Blanc :

Je suis qu'un fou de plus dans un monde completement fou peuple d'autres fous.

Osez m'approcher et ce sera une mort demente que vous connaitrez.

...Et de l'Amour.
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MessageSujet: Re: Tu veux connaître mes intentions, n'est-ce pas ? [PVs Azhran et Emile]   

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Tu veux connaître mes intentions, n'est-ce pas ? [PVs Azhran et Emile]

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