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 Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]

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MessageSujet: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Lun 23 Aoû - 13:50

La situation devenait de plus en plus tragique pour la pauvre Eleanor. L’attentat raté de Marius ainsi que son implication dans l’histoire avait rapidement circulé dans toute la ville d’Ishtar. Eleanor avait attendu plusieurs heures avant que les gardes du corps ne la retrouvent. Puis ils remarquèrent sa blessure. Ils rentrèrent à l’auberge en payant une charrette. Elle avait vu le médecin. Elle avait une entorse et devait marcher le moins possible pour que la douleur disparût peu à peu. Enfin, l’histoire était bien entendu, comme elle l’avait imaginé, arrivée aux oreilles du Régent. Les Inquisiteurs l’avait prévenu de tout ce qui s’était déroulé. Eleanor s’y était bien sûr attendue. Cela ne pouvait pas rater. Mais elle se rendait bien compte que cela mettait en danger son futur en tant que possible Impératrice. Le Régent, qui s’appelait Uriel, mènerait forcément sa petite enquête pour savoir si elle était innocente ou pas. Les gardes avaient plaidé en sa cause quand les Inquisiteurs leur avaient posé des questions. Mais le vicomte s’acharnait à dire qu’Eleanor mentait et avait été la complice de Marius. Les Inquisiteurs pensaient, après ce qui s’était passé, qu’elle avait été prisonnière du terroriste et qu’elle avait été forcée à tout cela. Mais s’ils y croyaient, rien n’était sûr. Parce que les gardes disaient le contraire. Ils prétendaient qu’Eleanor n’avait aucun lien avec Marius. Ils avaient tous les deux raconté les événements de la journée de la même façon qu’Eleanor. Alors il y avait beaucoup plus de chances que les Inquisiteurs ne croient pas le vicomte. Même si pour l’instant, ils ne savaient pas qui croire.

Deux jours plus tard, elle avait reçu une lettre de la part du Régent qui lui demandait de venir immédiatement au palais royal. Il avait besoin de parler avec elle d’un sujet important. Dès lors, elle savait de quoi il s’agissait. Elle prit peur. Elle fut tellement effrayée qu’elle voulut tout d’abord ne pas se rendre au palais. Mais elle n’avait pas le choix. Si elle ne venait pas, il pouvait très bien douter de sa culpabilité. Puis, elle tenta de se calmer tout en se répétant intérieurement qu’elle n’avait de toute façon pas besoin de se faire du souci. Elle était innocente. Un point c’était tout. Comme elle ne mentait jamais, il la croirait. Il n’y avait pas de raison pour qu’il ne la crût pas. Enfin, elle repensa aux paroles de Marius. Si elle voulait s’assurer devenir Impératrice, elle devait mentir. Elle se mordit alors la lèvre inférieure. Elle n’y avait plus pensé depuis. Mais le moment arriva. Elle hésitait vraiment entre dire toute la vérité ou la cacher un tout petit peu, comme le lui avait conseillé le jeune terroriste. Elle était sur le point de pleurer quand quelqu’un frappa à sa porte. Elle demanda d’entrer. L’aubergiste lui dit qu’une calèche l’attendait dehors. Celle du palais royal. Déjà ? Elle s’étonna. Mais elle devait suivre l’homme et s’en aller. Elle pria l’homme de l’aider à marcher, ce qu’il fit sur le champ. Une fois en bas, les deux gardes du corps qui étaient assis autour d’une table, se levèrent et prirent le relais de l’homme. Ils la portèrent jusqu’à la calèche, l’aidèrent à monter et la suivirent. La calèche prit le chemin vers le palais.

Tout au long du voyage, elle était tellement angoissée, qu’elle sentait qu’elle transpirait. Elle tentait toujours de se calmer, en vain. Les gardes le voyaient certainement. Mais ils ne disaient rien. Eleanor ne pouvait pas connaître leurs pensées. Leurs visages et yeux étaient inexpressifs. Quand la calèche s’arrêta, que la porte fût ouverte, elle descendit toujours grâce à un peu d’aide. Elle était dans l’allée qui menait à la porte du palais. Elle regarda dans cette direction et elle les vit. Le Régent et l’Empereur l’attendaient tous les deux devant la grande porte. Eleanor dut inspirer et expirer pour prendre son courage à deux mains avant d’avancer. Elle boitait. Elle avait refusé cette fois-ci qu’un des gardes fût son épaule. Elle voulait marcher seule. Cela lui prenait plus de temps qu’à l’ordinaire. La douleur avait diminué et était un peu plus supportable aujourd’hui. Elle arriva devant eux quelques minutes plus tard. Elle dit toutes les expressions de politesse dues aux deux hommes. Puis, elle fit la révérence. Mais elle ne s’attendait pas du tout à ressentir une douleur comme celle-ci. Pendant une seconde, elle fut saisie d’une douleur tellement atroce, qu’elle cria sur le champ, sans pouvoir se contrôler. Elle ne tint pas en place et les gardes n’eurent pas le temps de la rattraper. Son autre pied se tordit un peu – mais rien de grave, heureusement - et elle perdit l’équilibre. Elle tomba sur le côté. Puis, elle rougit. Quelle honte ! Non seulement elle avait crié devant les deux hommes les plus importants de l’Empire, mais elle était tombée. Tout commençait si mal qu’elle eut envie de pleurer. Mais elle se retint. Elle ne désirait pas se ridiculiser encore plus. Elle essaya de reprendre au mieux ses esprits. Les gardes l’aidèrent à se relever et ils décidèrent que dès lors, ils la porteraient. Elle ne protesta pas et se laissa porter.

Elle – ou plutôt les deux gardes – suivit l’Empereur et le Régent. Pour l’instant, personne ne disait rien. Eleanor se demanda dans quel but l’Empereur se trouvait également là. Elle avait imaginé seulement un tête à tête avec le Régent. Elle se sentit encore plus mal à l’aise désormais. C’était certainement pour que l’Empereur pût lui aussi entendre les réponses d’Eleanor et voir ses réactions. Quelque part, elle se dit que c’était une bonne idée. Il jugerait par lui-même de ce qu’elle disait. Et cela pourrait peut-être jouer en sa faveur. Au moins, le Régent n’allait pas raconter n’importe quoi, sans qu’elle le sût, à l’Empereur puis l’influencer sans qu’il ne pût savoir si c’était ou non la vérité. En gros, il se ferait une idée tout seul, même si plus tard, il serait influencé, il saurait. Enfin, ils entrèrent dans une grande salle qui était probablement le bureau du Régent. En fait, Eleanor l’ignorait. Mais en tout cas, elle était énorme. Elle n’était encore jamais venue dans cette pièce. En réalité, elle ne connaissait que très peu de pièces de ce palais. Les deux gardes assirent Eleanor sur une des chaises de la pièce. Celle sur laquelle le Régent désirait qu’elle fût assise. L’angoisse d’Eleanor devenait de plus en plus importante. Elle ne cessait de croitre chaque seconde qui passait. La jeune duchesse aurait tellement aimé disparaître. Devenir invisible. Mais elle ne le pouvait pas. Ses yeux devaient trahir cette peur, malheureusement.

Pour la première fois depuis qu’elle avait rencontré l’Empereur et le Régent, elle montrait une nouvelle facette d’elle. Généralement, elle était froide. Ses yeux très peu expressifs. Elle était comme lorsqu’elle était avec les personnes en dehors de son village. Ou les étrangers. Mais aujourd’hui, ce côté ne pouvait prendre possession d’elle, même si elle le désirait de tout son cœur. Elle ne parvenait pas à cacher ses émotions. Ce qui l’énervait encore plus. Elle espérait qu’ils ne tireraient pas trop de décisions ou de conclusions trop hâtives, juste parce qu’elle avait peur. Qu’elle fût innocente ou coupable, elle aurait de toute façon peur. Non ? Pour son avenir. Elle souhaitait devenir Impératrice alors elle craignait que, malgré son innocence, ils puissent croire qu’elle était coupable. Alors son avenir était incertain. Elle ne deviendrait en tout cas pas Impératrice. Elle serait peut-être jugée ? Condamnée ? Elle ne l’espérait pas.

Un silence pesant s’était installé dans la pièce. Personne ne savait que dire. Personne ne savait comment commencer. Personne ne savait comment aborder le sujet. En tout cas, ce n’était pas à Eleanor de débuter. Elle manquerait ainsi de respect. Elle attendait donc en silence et dans angoisse que l’un des deux hommes dît quelque chose en premier. Ses yeux allaient de l’Empereur au Régent. Du Régent à l’Empereur. Tout devenait effroyable et insupportable. Elle devait tenir bon. Même si cela était de plus en plus difficile. Elle sentit ses lèvres trembler et essaya de se contrôler, mais elle n’y arrivait pas. Enfin, l’un des deux hommes décida de rompre le silence et parla. La délivrance. Eleanor soupira intérieurement. Du moins, pour l’instant. Qu’allait-il advenir par la suite ?
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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Lun 23 Aoû - 15:55

"Ne faites pas cette tête-là, votre Majesté... Et allez donc vous habiller, par pitié. Ce ne sera pas adéquat que d'être en retard. Surtout si vous êtes chez vous."

Uriel D'Arken était marquis, Haut Prêtre et Régent impérial. Mais aucune de ces activités n'était aussi délicate que celle qu'il prit sur ses épaules pour le bien de l'Empire. Il était le précepteur et le conseiller le plus fidèle du Prince héritier. En voilà un travail titanesque à fournir. Ezhekiel pouvait être mignon et faire preuve d'une vivacité (tant intellectuelle que physique) exceptionnelle. Cependant, lorsque tous les domestiques constatèrent qu'il avait décidé d'être paresseux ce matin (bah ! cet avant-midi...)-là, on alla quérir le faible aristocrate au teint maladif et aux yeux bleus de glace. La seule personne pouvant se permettre d'insister, voire de gronder sa Majesté.

Cette journée était spéciale. Comme beaucoup de journées en compagnie d'Ezhekiel. En effet, il y a deux jours, Uriel fit porter une lettre à la jeune duchesse van Lähre, afin de l'inviter au Palais impérial. Elle était une candidate idéale pour le titre impérial. Du moins d'un point de vue politique. Belle et d'une des familles de la plus haute noblesse, Eleanor n'avait rien à envier à personne. Mais ce cher et délicieux petit garçon aux cheveux bleus n'était pas si facile à contenter. Tant la beauté de la demoiselle que sa positions le laissent las et ennuyé, de marbre. Ce qu'il voulait, maintenant c'était quelqu'un comme lui, quelqu'un de joyeux et espiègle qui ne s'inquiète que moyennement de ce que diront les autres ou de ce qu'ils vont penser. Un excellent monarque, certes. Mais la fille du Duc d'Überhal séjournait en ville, et ce n'était pas pour rien. Il ne fallait en aucun cas la vexer, ni vexer son père. Des invitations régulières devaient avoir lieu et le blond ecclésiastique était là pour y veiller.

Non sans profiter de cette occasion pour le caresser un peu et gouter aux baisers du jeune Prince, Uriel aida ce dernier à s'habiller et ne voulu rien entendre. Eleanor devait venir, un point c'est tout. Ils allaient la recevoir à deux que cela plaise à sa Majesté ou non. A peine furent-ils prêtes, on vint leur annoncer l'arrivée de leur invitée. Donnant les dernières instructions au Prince, il l'entraina à travers les couloirs pour aller accueillir la duchesse.


"Allons, je sais que vous pouvez le faire. Faites semblant de vous intéresser à la conversation, votre Majesté, comme vous le faites si bien. Je suis certain qu'elle voudra jouer à quelque chose avec vous. Aux échecs, par exemple..."

Une fois sur le grand escalier, menant à la porte principale de la demeure familiale des Walhgren, Uriel se dit que cette fille pouvait être dangereuse. Son idée de départ était de laisser les deux jeunes ensemble, histoire qu'Ezhekiel soit forcé de faire un effort. Mais depuis un certain temps, il savait qu'elle eut des démêlés avec un terroriste. Connu, d'autant plus que son frère était inquisiteur, un fidèle et fervent partisan de l'Église. Marius de l'Ombrage... Il put s'échapper grâce à elle. Comme otage ? Certes, c'était fort possible. Mais qu'a-t-il pu lui dire ? Que pouvait-elle bien penser maintenant ? Dans une révérence des plus distinguées, le marquis D'Arken la salua le premier :

"Mademoiselle van Lähre, c'est un honneur de vous accueillir ici. Soyez la bienvenue."

Mais son regard bleu la scrutait, ne la quittait pas, comme s'il voulait lire le fond de son âme et lui arracher ses secrets les plus chers. Il la regarda tomber, sans perdre le moindre détail de ce qui se passait. Et ce n'était pas le fait qu'elle avait l'air pitoyable sur le moment qui l'intriguait. Ainsi, elle était vraiment blessée. Ou une actrice remarquable, mais il en doutait. La première option était aussi preuve de son innocence. Sur son invitation, ils passèrent à l'intérieur, dans un bureau. Il s'agissait d'un cabinet privé, réservé aux membres de la famille impériale. Pas celui de l'Empereur non... C'était l'une des pièces que l'on gardait pour les générations plus nombreuses. Il fallait que les Princes et Princesses qui n'héritaient pas, puissent grandir ici, avant de s'éparpiller dans les diverses possessions familiales. Ou rester ici pour toujours, sous l'aile de l'ainé(e). Bref, Ezhekiel venait parfois ici pour écrire quelque chose dans un endroit approprié. Il y recevait aussi une partie de ses leçons.

Une fois installés dans les sièges confortables de la pièce, Uriel fit signe aux gardes de partir. Ils allaient avoir une conversation privée et assez... détendue, bien que l'atmosphère ne s'y prêtait pas encore. Ainsi donc, il fallait qu'ils soient seuls. Histoire de commencer correctement.


"J'espère, mademoiselle, que l'invitation de sa Majesté ne vous contrariait pas trop. Il est vrai que vous avez besoin de repos, mais sa Majesté supposait que vous auriez envie d'un peu de... distraction. A ce propos, d'ici une demi-heure, nous aurons droit au thé et au gâteau, préparé avec soin pour notre Prince et son invitée..."

Et maintenant, il comptait sur Ezhekiel pour prendre le relais et dire quelque chose de pertinent.

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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Lun 30 Aoû - 11:09

La journée avait relativement bien commencée. Tout d'abord, personne n'avait osé l'obliger à se lever aujourd'hui. Ce qui faisait qu'il avait pu dormir une bonne heure de plus que ce que son programme prévoyait. Enfin, Monsieur d'Arken n'était pas « Personne ». C'était Monsieur d'Arken et il était surement la seule personne pour laquelle il voulait bien faire un effort. C'était d'ailleurs la seule personne qu'il écoutait un tant soit peu. Celle qui était toujours proche de lui, qui le conseillait et qui lui apprenait de multiples choses. Ainsi, lorsqu'il entendit sa voix de bon matin, il fut légèrement plus réceptif. Il daigna ouvrir un œil et finalement, se releva, s'étirant avec tout l'art de la paresse.

« Moui... Monsieur d'Arken... Mais... Il y a quelque chose de prévu aujourd'hui ? »

Phrase a moitié baillée, il ne se souvenait pas d'un quelconque rendez-vous, encore moins chez lui. Peut-être aurait-il dû jeter un œil à son horaire de la journée. Peut-être. Peut-être pas. Quelle importance ? Monsieur d'Arken était là. Il le lui rappellerait. Il le lui rappelait toujours. C'est sur cette bonne pensée, rassurante de surcroit, qu'il se leva, trainant des pieds vers son cher Régent. Ce dernier ne manqua pas de le prendre dans ses bras et de le serrer contre lui comme il savait si bien le faire. Ezhekiel n'aurait su dire pourquoi mais... Les câlins de Monsieur d'Arken étaient Toujours agréables. On ne parlera même pas de ses baisers. Ça avait de quoi le mettre de bonne humeur pour la journée. Pas qu'il était de mauvaise humeur en général mais... La présence du régent le réjouissait . Il aimait le savoir à ses cotés. Et puis, c'était quelqu'un de vraiment amusant... Lorsqu'on savait comment lui faire perdre son masque de bonne éducation. L'entendre juré était un véritable bonheur.

Suite à sa question tout à fait légitime, il lui avait répondu, légèrement agacé ? Il n'en était pas sûr. Mais ce n'était pas important. La réponse l'était plus, en revanche... Il avait complètement oublié qu'Eleanor devait venir. Et maintenant que Monsieur d'Arken en parlait... Effectivement, ils en avaient discuté il y a quelques temps. Ça lui revenait maintenant... C'était ennuyeux. Il avait prévu de s'entrainer dans les allées aujourd'hui.

Monsieur d'Arken semblait avoir lu dans ses pensées puisqu'il lui prodigua encore quelques conseils avant d'arriver. Bien sûr qu'il pouvait faire semblant. C'était un art dont il était le maitre. Et puis, il pouvait bien faire ça pour cette chère Eleanor. Elle qui était toujours si sympathique... Oui, il allait faire un effort.

En parlant d'Eleanor, elle semblait vraiment... Préoccupée. Tandis qu'elle avançait dans le couloir, il l'apercevait de plus en plus nettement et elle semblait crouler sous les soucis. Elle tomba même et poussa un cri de douleur ce qui le surpris quelque peu. Eleanor n'était pas le genre de fille qui montrait ses faiblesses. Elle savait d'ailleurs porter à merveille le masque de l'indifférence froide, lorsqu'elle le souhaitait. La voir ainsi était donc une nouveauté. C'était... Une Eleanor inconnue, nouvelle, étrange... Une curiosité pour l'Empereur. Un bon point, en quelques sortes. Il lui adresse d'ailleurs un sourire qu'elle ne sembla pas remarquer pour cause de ses soucis et ils entrèrent finalement dans le bureau. Curieux endroit pour se rencontrer et manger une part de gâteau mais... Pourquoi pas ? Ezhekiel aimait ce qui sortait de l'ordinaire et il s'installa donc dans l'un des fauteuils, priant pour qu'il y ait des framboises sur leur encas. Oui, les préoccupations de l'Empereur étaient toujours très prenantes et particulièrement stressantes...

«  Bonjour Damoiselle Eleanor. J'espère que vous allez bien... Malgré votre chute. Je suis sûr que vous vous sentirez mieux après avoir mangé quelque chose » Tout le monde se sentait mieux après avoir mangé quelque chose, non ? « Cela faisait longtemps que nous ne nous étions pas vu, il parait que vous avez été victime de quelques aventures, c'est vrai ? »

Oh oui, raconte! J'adore les aventures. Que serait la vie s'il ne nous arrivait rien de palpitant par moment ? Elle serait fade, un point c'est tout. Ezhekiel avait une fois de plus décoché un sourire particulièrement chaleureux à la jeune Eleanor, espérant qu'elle sourirait en retour et se décrisperait un peu. Qu'elle semblait tendue la pauvre...

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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Lun 30 Aoû - 20:46

Ce fut Uriel qui commença à parler en premier. Fallait s’y attendre. Cela était tout à fait normal donc cela ne la surprit pas. Ezhekiel avait certainement beaucoup moins d’informations que le Régent concernant tout ce qui s’était passé entre elle et Marius. Peut être qu’il n’en savait rien ? Elle en doutait quelque peu. Uriel avait certainement du se charger de lui en parler ne serait qu’un petit peu. Après tout, elle était une prétendante possible au titre d’Impératrice. Il était tout à fait normal qu’il sût ce qu’avait fait sa future (possible) femme. Cependant, les paroles du Régent la surprirent. Elle ne s’attendait pas du tout à ce qu’il lui parlât de la sorte. Elle l’avait toujours jugé un peu distant et froid. Elle avait donc cru qu’il entrerait dans le vif du sujet. Qu’il désirerait parler de cette journée qu’Eleanor aurait voulu qu’elle n’eut jamais lieu. Parce que sinon, pourquoi l’avoir invitée ? Seulement pour parler, se détendre et se distraire comme il le prétendait ? Non, certainement pas. Il en arriverait forcément à un moment ou à un autre au sujet fâcheux. Pour l’instant, il avait probablement l’intention de détendre l’atmosphère. Eleanor n’était pas contre. Elle préférait être détendue plutôt qu’angoissée comme elle l’était à ce moment-même. Elle se détendrait désormais puisque tout n’avait pas commencé comme elle l’avait imaginé. Mais elle le savait bien, elle ne pouvait pas relâcher d’un coup toute cette méfiance et angoisse. Le moment qui s’approchait, dès qu’il serait abordé, elle ne sera plus aussi détendue que maintenant. Elle en était sûre.

Eleanor sourit tout de suite au Régent. Elle sentit aussi ses muscles qui se relâchaient tranquillement. Quelle sensation étrange, n’empêche. Nous n’avons pas l’impression que nous sommes tendus mais lorsque nous nous en rendons compte, tout semble plus léger. Plus accessible. Plus calme. Elle désirait lui répondre déjà mais c’était au tour de l’Empereur de parler. Eleanor le scrutait du regard pendant qu’il prononçait tous ses mots. Longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus. En effet. Alors comme cela il s’en préoccupait ? Ou il disait cela tout simplement ? Aucune idée. Eleanor partit dans un autre monde à part pendant une fraction de seconde. Elle entendait tout ce que disait Ezhekiel mais elle pensait également à la dernière fois où ils s’étaient vus. Ils n’avaient fait que parler. Mais au moins, il lui parlait. Certaines autres prétendantes n’avaient pas encore eu ce privilège. Il les ignorait. Pas elle. C’était une chance. Une grande chance. En tout cas, elle accepterait volontiers un bout de gâteau. C’était très aimable d’avoir pensé à l’Empereur et en même temps à son invitée, comme l’avait souligné Uriel.

Puis, tout d’un coup, elle sursauta sur son fauteuil. Le sujet venait d’être abordé. D’une façon certes dérivée, mais l’Empereur désirait savoir la mésaventure, comme il l’appelait. Or elle ne voulait pas raconter. Non, elle ne souhaitait pas mentir. Il lui était impossible. Mais Ezhekiel sourit sur le champ. Cela ne détendit finalement pas l’atmosphère comme l’avait certainement souhaité Uriel. Tant pis. De toute façon, elle était obligée de parler. A un moment ou à un autre. Mais une idée soudaine lui vint en tête. Elle pouvait encore se dérober pour l’instant. Grâce aux paroles prononcées de l’Empereur. D’ailleurs, ce furent de très bonnes paroles. Et elle le remercia mille fois dans son for intérieur pour avoir tenu un tel discours. Si elle passait pour une victime, comme l’avait dit Ezhekiel, elle pouvait parler plus tranquillement, qui plus est. Elle souffla et prit son courage à deux mains.

- Oui, Majesté. J’ai été victime, comme vous le dîtes, de certaines mésaventures, malheureusement. Mais je pensais garder ce sujet pour un peu plus tard. Ne vous inquiétez pas, mon Empereur, mais soyez un brin patient je vous prie. Cela ne rendra que l’histoire plus alléchante lorsqu’elle sera racontée.

Pour une raison qui lui avait été inconnue à cet instant, elle avait prononcé ces mots avec une voix quelque peu séductrice. Cherchait-elle à convaincre de ne pas parler de ce sujet tout de suite ? Probablement. En tout cas, elle souriait. Elle attendait aussi leurs réactions. Elle ignorait si une autre personne avait eu le courage de parler de la sorte à l’Empereur ou au Régent, mais elle ne s’en préoccupait guère en réalité. Tout ce qui importait à cet instant, ce fut qu’Ezhekiel ne relançât pas le thème à cet instant précis mais plus tard. Ou même que le Régent ne commençât pas à poser les questions qui devaient lui mordre la langue à ce moment même.

- Sachez cependant, Messieurs, que je suis ravie d’avoir été invitée et de vous revoir après autant de temps. Je me souviens que nous n’avions pas eu beaucoup de temps à nous consacrer la dernière fois, Majesté, et que nous n’avions fait que parler. N’est ce pas ? Aujourd’hui, nous partagerons le thé et le gâteau. Quel honneur.

Elle n’était que très peu enchantée en réalité d’avoir été invitée aujourd’hui ou à un tel moment. Demain non plus elle n’aurait pas aimé. Le lendemain encore non plus. Enfin, peu importait. Elle n’était pas aussi ravie qu’elle ne le paraissait. Mais elle devait jouer un peu, tout de même. Elle leur léchait les bottes. C’était ce que faisaient tous les nobles, n’était-ce pas vrai ?
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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Lun 30 Aoû - 21:36

Ezhekiel était vraiment délicieux. Ses sourires étaient d'une douceur telle qu'Uriel avait envie de poser ses mains blanches dessus et le caresser un peu. Sans doute que cela pourrait être amusant de voir le visage de la duchesse dans un instant pareil, mais le marquis renonça à ce genre de jeux. Les rumeurs qui couraient au sujet de sa relation avec le Prince héritier étaient largement suffisantes. Il se contenta de dessiner un fin sourire pervers sur ses lèvres.

Tel un fantôme, le Régent était assis confortablement dans son fauteuil, légèrement à l'écart des deux jeunes personnes. Il les observait, écoutant leurs paroles. Si le garçon aux cheveux bleus n'hésita pas à parler, et le fit très convenablement, avec les politesses et les sourires dont lui seul était capable. Ces sourires l'avaient empêché déjà tant de fois de se faire gronder... Quel enfant délicieux ! Uriel l'aimait plus que quiconque au monde. Ce qui n'empêcha pas le Haut Prêtre de rouler des yeux, au moment d'entendre la question qu'il posa à leur invitée. Peut-être que les choses interdites attirent les enfants, mais celui-là semblait penser à manger, à jouer et aux mauvais coups, y compris les attentats. Il se passa rapidement la main sur le visage, avant de reprendre cette expression souriante et agréable. On ne pouvait pas exiger d'Ezhekiel qu'il cesse d'être lui-même, après tout.

Il fut tout aussi intéressant d'écouter Eleanor. La demoiselle avait un charme particulier et raffiné. Uriel, en homme plus mûr et expérimenté que le jeune et futur monarque, avait immédiatement relevé le ton séducteur de la dernière phrase. C'était la manière de parler des Dames qui effleurent de leurs paroles une sorte de promesse d'un "après" intéressant. Entre aristocrates pleinement adultes, cela signifiait fort souvent qu'elles comptent faire visiter leur chambre à l'homme (ou à la femme) auquel elles s'adressent. Si la duchesse van Lähre avait prononcé sa réplique à la perfection, Uriel doutait du fait que l'Empereur comprendra ce qu'est effectivement la séduction dans sa version féminine.

Ceci dit, il trouva plus amusant de reprendre sa demande au sujet de la patience. Un moyen excellent de jouer avec l'Empereur à un petit jeu qui échapperait à la duchesse et resterait entre les deux hommes. Posant sa main sur l'épaule du petit, il confirma les paroles de la demoiselle, un sourire de satisfaction aux lèvres.


"Oui... Patientez donc votre Majesté. Savourez... Je suis certain que mademoiselle la duchesse est encore éprouvée de cette terrible journée. Cela n'était certainement pas agréable."

Se replaçant confortablement dans son fauteuil, toujours avec cet pose de digne aristocrate imperturbable et souriant, Uriel écouta la suite des politesses de la jeune demoiselle. Si elle mentait ? Uriel s'en foutait. Elle disait ce qu'il fallait dire et comme il le fallait dire. Le bon vieux duc n'avait pas manqué à sa réputation et éduqua sa fille comme il se devait. Sans oublier le fait qu'elle désirait plus que tout s'asseoir sur le trône à la droite de l'Empereur. Du futur Empereur, souverain absolu de tout Ishtar et du Continent par la même occasion. Qui ne voudrait pas occuper cette place prestigieuse ? Uriel lui-même sentait qu'il sera quelque peu jaloux, le jours du mariage, quelle que soit l'heureuse élue. Mais il savait aussi qu'il aura la place privilégiée aux côtés d'Ezhekiel, et ce pour toujours. Peu importe s'il lui fallait rester dans l'ombre de temps à autre.

Histoire de jouer le jeu, sans passer son tour, Uriel inclina légèrement la tête et baissa les paupières quelques instants, avant d'ajouter :


"C'est un honneur d'être en votre présence, Mademoiselle... Mais je crains être de trop... votre Majesté ? Vous désirez peut-être que je vous laisse en tête à tête... ?"

Ezhekiel n'allait probablement pas accepter. Malgré tout, recevoir quelqu'un et penser à toutes les politesses, ce n'était pas sa tasse de thé. Il avait besoin de la présence du Régent qui jouait avec ce besoin. Le Haut Prêtre se levait déjà, comme s'il ignorait tout cela.

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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Mer 20 Oct - 20:23

Attendre... Voilà une chose qu'Ezhekiel détestait faire. C'était une activité particulièrement insoutenable pour lui. Une torture sans nom qui étirait le temps à l'infini. Le mot patience, qui y était souvent lié, lui hérissait le poil et Monsieur d'Arken semblait prendre un plaisir certain à l'utiliser en sa présence, parfois. Par exemple, lorsqu'il disait : « Voyons, votre majesté devrait être un peu plus patiente... Ce gâteau ne va pas s'envoler. » ou bien encore « Je sais que vous tenez à apprendre, Votre Majesté, mais cela viendra avec le temps... ». Et voilà qu'encore une fois, on venait d'abattre la carte de la patience devant lui. Il prit donc un air renfrogné. Il n'avait Absolument pas envie d'attendre. Pour une fois qu'une histoire alléchante se profilait et que la conversation s'annonçait intéressante, voilà qu'on y coupait court. C'était... Frustrant. Terriblement frustrant.

Le changement d'humeur de l'Empereur était assez évident. Il n'avait pas envie de le dissimuler et son attention en pâtit presque autant. Son esprit éluda donc complètement la manœuvre de charme de la Duchesse Van Lähre au profit de ses propres lamentations mentales. Il ne l'aurait sans doute pas remarquer, même s'il avait été d'une grande attention car la séduction féminine était quelque chose de complètement inconnu pour lui. C'était trop subtile et éloigné de ce qu'il connaissait. Elle aurait d'ailleurs même pu lui faire du pied qu'il aurait cru qu'elle avait de très longue jambe et que donc elle avait du mal à trouver de la place. Les Femmes... Et en fait tout les êtres existants avaient un caractère asexué aux yeux de l'Empereur. Il était capable de comprendre beaucoup de chose mais... L'attirance sexuelle n'en faisait pas partie. Bref, Ezhekiel resta froid face à ce subtil changement de ton, se contentant d'afficher son air profondément ennuyé.

Monsieur d'Arken vint d'ailleurs ajouter sa petite remarque sur la patience, en profitant pour poser ses mains sur ses épaules. Quelque chose de déjà bien plus parlant pour lui, bien que son humeur ne s'arrangea pas vraiment. En fait, il avait espéré que le Régent approuverait sa demande et qu'il serait lui aussi curieux de savoir ce qu'il s'était passé. C'était décevant. Il espérait cependant que cette attente aurait une fin car il ne connaissait que trop bien les « plus tard » qui n'arrivait finalement pas.

« Pff... C'est ennuyeux. Mais soit.. Si vous y tenez, nous remettrons ça à plus tard. »

Puisque la bienséance m'oblige à ne pas insister... Mais alors, de quoi allait-il parler ? Vivement que le gâteau arrive. Au moins, il pourrait faire semblant d'avoir la bouche pleine lorsqu'il ne voudrait pas répondre tout de suite. Son esprit s'appretait d'ailleurs à vagabonder une fois de plus vers la rèveries et les gâteaux cremeux lorsque Monsieur d'Arken, le si gentil, affectueux et doux Monsieur d'Arken fit une proposition d'une fourberie sans nom. Le divin poil bleu de l'Empereur s'hérissa sur le coup. Il faillit crier un « Non! » catégorique mais se retint avec force. Non... Il n'avait vraiment pas envie de se retrouver seul avec la Duchesse, aussi charmante soit-elle. Il ne serait pas quoi dire, quoi faire (et ne pas faire, surtout). De plus, elle était plutôt intimidante, avec son visage froid, sa voix quelque peu posée, maitrisée et calculée. Non et non. Il fallait qu'il reste... Ou du moins qu'il ne s'en aille pas trop vite. Extérieurement, on pouvait sans doute remarquer un malaise grandissant chez le jeune Prince mais il pouvait être aisément mis sur le compte du refus de continuer l'histoire. Malgré tout, il trouva la force et l'inspiration de répondre avec désinvolture.

« Voyons Monsieur d'Arken, ne partez pas, vous allez rater le gâteau qu'on nous a fait préparer et je suis sûr et certain qu'il sera bien trop imposant pour deux personnes... Vous êtes d'accord avec moi, n'est-ce pas Mademoiselle ? »

Le gâteau arriva d'ailleurs à point nommé. Une magnifique pièce montée qui aurait put nourrir une vingtaine de convives gourmands... Ou Ezhekiel. Une débauche de crème chantilly surmontée de fruits rouges alliée à des choses sucrées et délicieuses. La simple vue de ce gâteau réchauffa le petit cœur de l'Empereur et il afficha un sourire radieux. Difficile de croire qu'il y a encore quelques instants, il râlait comme pas deux.
« Que dites-vous de ça ? Il a l'air délicieux... »

Qui a dit que l'Empereur ne savait pas être subtile, lorsqu'il le voulait ? Le mot délicieux faisait légèrement frémir le régent, lorsqu'il le prononçait. Il avait eu l'occasion de le remarquer à de nombreuses reprise et ne ratait jamais une occasion de placer le mot depuis, appuyant toujours légèrement dessus. Ça l'amusait.

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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Sam 6 Nov - 19:02

Eleanor commençait à comprendre de moins en moins les réactions des deux hommes. Certes, Ezhekiel n’avait pas du tout calculé la façon dont elle parlait ou faisait du charme. Quelque part, cela ne la dérangeait pas vraiment. Du moins, pas encore. Même si elle n’avait pas l’intention de changer par la suite, elle savait que de toute façon, tout passerait inaperçu. Enfin, peut-être pas totalement. Le Régent, d’une grande intelligence avait certainement déjà compris tout le manège. M’enfin bon, cela n’importait pas beaucoup. La duchesse faisait comme si de rien n’était. Pourtant, elle dut avouer qu’elle ne sut pas pour quelle raison le Régent souhaitait partir. Si, il l’avait dit : il se sentait de trop. Mais l’était-il vraiment ? Eleanor ne pouvait le dire. Pensait-il vraiment être de trop ? Non, certainement pas. La jeune femme n’était ni naïve, ni dupe. Elle avait remarqué ce sourire, qu’elle qualifierait d’étrange selon elle. Elle avait aussi noté les paroles bien choisies de ce dernier. Elles avaient forcément une certaine connotation que la duchesse ne pourrait en aucun cas comprendre. Mais elle ne dit rien, elle ne fit aucune remarque. De toute façon, cela n’aurait servi à pas grand-chose.

Ce fut l’Empereur qui l’étonna davantage. Ce dernier lui posa la question si vraiment le Régent était de trop ou non. Bien sûr, Eleanor ne s’était pas posée la question puisque cela ne la préoccupait pas vraiment. En plus, la manière dont il le dit ne lui laissa pas le choix. Elle était contrainte d’acquiescer, peu importait ce qu’elle pouvait penser. Pour sa part, elle ne se sentait pas totalement à l’aise en la présence du Régent, mais elle savait parfaitement que s’il n’était pas là, ce serait l’Empereur qui serait mal à l’aise. Et si tel était le cas, alors Eleanor ne pourrait pas faire ni dire vraiment ce qu’elle pouvait. Enfin, c’était une situation un peu ambiguë du point de vue de la duchesse. Mais l’Empereur ne lui donnait pas le choix. Alors, sans rien dire, elle acquiesça de la tête. Elle posa ensuite ses yeux sur le Régent et sourit. Elle ne savait pas du tout comment réagir par la suite.

Le gâteau arriva enfin. Elle fut impressionnée par la taille de celui-ci bien plus que par les ingrédients qui le composaient. En effet, il était bien trop grand pour seulement trois personnes. Elle tourna ensuite la tête vers l’Empereur et le regardait avec des yeux pleins de questionnement. Avait-il invité d’autres personnes ou ce gâteau était-il vraiment que pour eux ? Mais elle sut tout de suite que celui ne se préoccupait que du gâteau alors il ne la voyait pas du tout. Ensuite, elle écouta avec attention les paroles de celui-ci et elle nota, encore une fois, l’intonation donnée au mot « délicieux ». Encore une fois, elle n’en connaissait ni la raison, ni l’origine. Elle tenta de voir si l’un deux réagissait d’une façon ou d’une autre. Elle n’eut pas le temps de percevoir quoique ce fût car la femme qui apportait le gâteau passa en face d’elle et s’arrêta. Elle jura intérieurement. Elle remarqua aussi que le fait de s’intéresser plus aux deux hommes et leurs réactions, elle en avait presque oublié toute la gêne qui l’habitait. Enfin, peu importait. La femme découpa le gâteau avec délicatesse, prit une assiette et mit une part dessus avant de la tendre à la duchesse. Les invités d’abord, comme on le disait. Ou alors, les femmes d’abord. Enfin bref. Eleanor attendit toutefois que le Régent et l’Empereur soient tous les deux servis également.

Avec une petite fourchette, elle prit une bouchée dans sa bouche et goûta toutes les saveurs de la belle pâtisserie. Elle attendit que toutes ces saveurs lui parvinssent afin de déduire vraiment si ce que disait l’Empereur était vrai.

- Vous avez raison, Majesté, ce gâteau est délicieux.

Elle ne dit rien d’autre. Cette fois-ci, elle ne faisait que dire tout haut ses pensées. Ce n’était pas de la lèche botte. Néanmoins, elle fit exprès de reprendre le terme utilisé par Ezhekiel tout simplement pour voir s’il se passait quelque chose. Si un des deux hommes réagirait d’une autre façon. Mais bien sûr, elle n’était pas non plus idiote. Peut-être que prononcée par elle, cela n’avait aucune valeur. Pourtant, qui ne tente rien, n’a rien.
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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Mar 9 Nov - 10:33

Le garçon avait un don. Le Haut Prêtre n'y était pas pour rien, il lui avait appris deux ou trois choses sur l'art de parler. Mais l'intelligence et l'espièglerie naturelles d'Ezhekiel le rendaient terriblement habile dans une conversation de ce genre. Le fait qu'Eleanor ne comprenait pas n'y changeais rien. Uriel avait comprit, senti l'adjectif, qu'il utilisait lui-même avec ce ton pour parler du Prince héritier, se glisser dans l'air et remonter le long de son dos, le faisant frissonner d'un plaisir, plus ou moins interdit. Ou difficile à aborder en présence de la demoiselle.

"En effet..."

Délicieux, oui. Pas autant que le futur Empereur, mais certainement très bon. Aux côtés du garçon aux cheveux bleus, Uriel eut déjà l'occasion de savourer les pâtisseries les plus raffinées et recherchées de l'Empire. Une fois de plus, le pâtissiers et ses apprentis, s'attirèrent les faveurs du Prince. Dernier servi, dernier à commencer à manger aussi, Uriel devait reconnaitre la qualité du gâteau. Cela n'avait qu'une importance secondaire, en ce moment. Comme la grande majorité de ses prédécesseurs, il ne se privait d'aucun bien terrestre qui pourrait rendre sa vie meilleure. Mais là, il lança un regard pouvant être interprété comme moqueur à Eleanor. En effet, il l'était et pas qu'un peu. La relation ambiguë, sinon interdite, qui unissait les deux hommes présents, échappait sans doute à la duchesse. Cette dernière avait ses chances pour devenir impératrice, mais pour ce qui était de nouer une vraie complicité ou de la passion avec le monarque, il y avait des doutes à avoir.

Le jeune garçon, bientôt adulte, certes, mais toujours gamin, était élevé par un des pires pervers de la société ishtarienne. Sans doute que les nobles d'Überhal n'étaient pas des saints, mais la jeune duchesse n'avait pas vraiment l'air d'être au courant de tous ce qu'il faut savoir pour satisfaire un homme. Sans parler d'un grand enfant qui pouvait avoir peur des ombres dans sa grande chambre à coucher. Un enfant qui réclamait toujours la même personne pour venir le border et lui donner un baiser au soir. Le blond appréhendait le moment, dans un avenir plus ou moins proche, où il devra expliquer à Ezhekiel que les héritiers n'apparaissent pas par miracle. Ce fut peut-être le cas du tout premier Walhgren, mais fallait pas compter sur autre chose qu'un (au moins !) rapport sexuel entre le Prince et sa promise. Il est probable qu'il faudra aussi exposer les raisons pour lesquelles le Régent ne pourrait pas faire et porter l'enfant et qu'il faut donc bien une épouse...

Laissons cela à plus tard. On n'en est pas là. Dans l'immédiat, il faut pallier au quasi-mutisme de la jeune fille. Pour quelqu'un qui voulait le trône, elle n'avait pas l'air de vouloir se rendre intéressante. Surtout qu'il fallait faire des efforts pour intéresser sa Majesté. Ou alors avoir des plumes ou des oreilles de chat. Ca, ça intriguait l'Empereur, mais il risquait toujours de se lasser, à la seconde où on lui présenterai un nouveau jouet. Seul Uriel pouvait, jusqu'à présent, capter l'attention du Prince et la garder. Et il n'avait pas envie d'aider cette fille. Qu'elle montre par elle-même ce qu'elle a dans le ventre. Si toute fois elle a quelque chose. Mais bon. Le politiquement correct restait de mise et il fallait donc qu'ils ne s'ennuient pas trop non plus. Ou Ezhekiel allait devenir plus difficile à canaliser. Déposant temporairement son assiette sur la table, Uriel s'essuya du coin de la bouche une trace de chocolat invisible, à l'aide d'une serviette qu'il prit soin de plier ensuite. Ensuite, il reprit la parole.


"Pour ce qui est de vos mésaventures, mademoiselle la duchesse, ne vous en faites pas. Je suis certain que la garde finira par capturer cet individu et remonter jusqu'à ses complices, n'ayez crainte."

Le mot "inquisition" n'apparaitra jamais dans les répliques d'Uriel D'Arken. D'après lui, une telle organisation n'existe pas. Tout le monde sait le contraire, mais personne ne le dit. Et tout le monde en a peur. Si la promesse du Régent pouvait avoir l'apparence d'une promesse de sécurité, elle pouvait aussi faire peur à Eleanor. Rien ne disait qu'elle serait hors de cause. Faire un procès quelconque à la fille du duc van Lähre était inimaginable... Mais une simple rumeur compromettrait ses chances d'accéder au trône impérial. Seul l'Empereur pourrait prendre des mesures contre sa famille, bien que, par le passé, certains Haut Prêtres savaient profiter de leur position pour monter le peuple et d'autres aristocrates contre leurs semblables hérétiques. Mais Uriel ne pouvait se permettre cela. Puis... Tout ceci n'était qu'un jeu. Il voulait lui faire peur, voilà tout.

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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Lun 22 Nov - 16:05

Le gâteau, sublime, permit de capter l'attention du futur souverain pendant environs dix minutes. Dix minutes pendant lesquels on ne l'entendit plus et où seul le bruit de sa petite fourchette venant s'entrechoquer à l'assiette ponctuait son pauvre petit dessert innocent. Il savoura chaque bouchée avec une volupté qu'on aurait plutôt prêtée à une demoiselle en manque de sucreries et termina par la framboise qui couronnait son bout de pâtisserie. Malgré tout, et contrairement à ce qu'on aurait pu croire, il ne se presse pas outre mesure et ne sembla pas avoir engouffré le contenu de son assiette comme un ogre. La nourriture était une chose assez sacrée chez l'Empereur que pour qu'il la respecte. Ainsi donc, une fois fini, il reposa la porcelaine sur un coin du bureau, plus précisément en équilibre sur une pile de papier.

Toutes ses contrariétés semblaient s'être envolées. Et c'était le cas. Il arborait à présent son sourire si communicatif, symbole de bonne humeur et de satisfaction réunie. Un sourire de chat venant d'engloutir une petite souris dodue et qui s'apprêtait à rejoindre un coussin très moelleux près d'un feu. Extérieurement, tout semblait aller pour le mieux. Hélas, un point centrale manquait au bonheur de l'enfant souverain. Du divertissement. La conversation était d'un ennui mortel. La Duchesse semblait pas encline à discuter et Monsieur d'Arken avait enfiler le masque du parfait gentil régent attentionné ennuyeux à mourir. Il fallait faire quelque chose... D'urgence. Faire appeler des Hybrasoieaux ou obliger un serviteur à danser sur le bureau, qu'importe mais il fallait que quelque chose se passe! Qu'on raconte quelque chose, qu'on fasse quelque chose, qu'on bouge! Et là, un signe apparu! Monsieur d'Arken, Son Monsieur d'Arken ouvrit la bouche et parla. Il venait de remettre sur le tapis le sujet hautement intéressant des déboires de la Duchesse et Ezhekiel n'allait surement pas hésité sur cet occasion pour en parler à nouveau. Certes, il n'avait pas attendu longtemps. Il n'avait pas été patient... Et le Régent n'hésiterait pas à lui faire remarquer et c'était bien quelque chose qui déplaisait à cette chère petite tête bleue.

Il fallait donc... En parler... Sans en parler. Sourire espiègle dessiné sur les lèvres, il prit la parole.

" Oui, il n'y a vraiment aucune inquiétude à avoir. J'ai moi-même été agressé il y a quelques temps par un terroriste, très amusant d'ailleurs, il portait un masque d'éléphant. Vous savez, ces drôles de créatures des contrées chaudes avec un long nez. He bien, il n'a même pas eu le temps de s'enfuir. J'ai même pu aller lui rendre visite. "

Il tut cependant l'épisode sur sa blessure au ventre, qui n'était pas encore guérie, et sur ses petites frayeurs au sein de la Prison. Cela avait vraiment été une expérience étrange. Effrayante et fascinante à la fois. Ça avait été une journée riche en expérience et sensations nouvelles. La peur, l'excitation, la douleur, l'appréhension. Il ne regrettait pas, malgré la colère du Régent, malgré la blessure. Il se demandait si la Duchesse avait ressenti autant de chose lors de sa "mésaventures". Il craignait que non. Elle n'avait pas envie d'en parler et le peu qu'elle en avait dit semblait signifier que cela avait été un moment très éprouvant pour elle. Dommage.

" Est-ce que le vôtre avait un masque aussi ? "

Question innocente, Ezhekiel imaginait bien son agresseur avec une tête de zèbre, girafe, grenouille ou autre bestiole. Tout les terroristes avaient-ils un masque bizarre sur la tête, pour cacher leur identité ? L'imagination fertile de l'Empereur fit apparaître dans sa petite tête une nuée de personnages avec des têtes bizarres, de toutes les couleurs, des cornes, des longs nez, des plumes et des écailles. Mhm... Ça semblait... Peu probable, hélas. Mais qu'est ce que cela aurait pu être marrant!

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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Mar 14 Déc - 17:41

Et le sujet, que la duchesse considérait comme tabou, fut à nouveau remis sur le tapis. Pour le grand bonheur de l’Empereur. Du moins, c’était ce que pensait Eleanor. Ce dernier se mit tout d’un coup à parler et à lui poser des questions. La duchesse apprit alors qu’il avait aussi rencontré un terroriste. Elle se demanda alors quelles étaient les « mésaventures » de l’Empereur face à ce terroriste. Probablement pas les mêmes que les siennes. Il avait peut-être été la victime lui. Alors qu’Eleanor avait été mêlée contre son gré à la situation mais elle n’avait jamais été visée. Même si cela intriguait beaucoup la duchesse, elle ne pouvait pas se permettre de ne pas répondre à l’Empereur. Et poser des questions seraient pour le moins impoli et incorrect. Par ailleurs, même si elle lui répondait, elle n’oserait certainement pas questionner le jeune héritier du trône. Non, elle le ferait d’une manière beaucoup plus subtile. Tout comme le faisait ce dernier. Eleanor savait qu’il était impatient de connaître ses aventures. Mais il ne posait des questions sur le sujet que d’une façon détournée. A savoir, il changeait de sujet mais un sujet qui était en rapport. Enfin, peu importait. Tout cela pour dire qu’Eleanor comprenait la tactique qu’utilisait Ezhekiel, car elle serait contrainte d’en faire usage également par la suite si elle voulait satisfaire ses curiosités. Parce qu’elle avait tout de même le droit de savoir, non ? Ceci n’était pas un sujet tabou, tout de même. Enfin, elle l’espérait.

Elle regardait le jeune Empereur en souriant depuis le moment même qu’il avait fini et posé son assiette sur le bureau, plein de paperasses. Ensuite, pendant tout le temps qu’il parlait, elle ne perdit pas ce sourire. Lorsqu’il finit, elle reposa son assiette sur le plateau sur lequel elle avait été amenée. Elle murmura un petit remerciement avant de relever la tête et de regarder d’abord le Régent puis l’Empereur. Qu’elle regarda ensuite bien dans les yeux avant de se lancer pour lui répondre.

- Non, je ne connais pas de terroriste avec un masque d’éléphant. Je n’en ai jamais vu. Le mien ne portait donc aucun masque, Votre Altesse.

Voilà, elle avait répondu. Elle n’avait rien d’autre à dire finalement. Elle réfléchit un instant. Les éléphants. Elle n’en avait jamais vu sauf sur quelques dessins. Elle était intriguée maintenant. Sa curiosité la piquait de vif. Elle avait envie non seulement de voir des éléphants, mais pourquoi pas aussi ce terroriste. Maintenant, elle pouvait tranquillement amener ses questions dissimulées par des affirmations puisqu’elle avait terminé de répondre au jeune garçon. Elle chercha donc ses mots pour ne pas paraître trop familière non plus.

- J’imagine, Majesté, que votre rencontre avec ce terroriste ne s’est pas déroulée de la même façon que la mienne, finit-elle par un énorme sourire.

« Répondez-moi, maintenant, assouvissez ma curiosité. » pensait-elle en même temps, mais elle n’en dévoilait rien. Il lui était enfin possible de connaître la façon dont s’était passée la rencontre de l’Empereur avec ce terroriste pour le moins étrange. Même si Eleanor ne le connaissait pas du tout, ce n’était pas commun de se promener avec un masque d’éléphant. Ce détail le différenciait des autres et prouvait tout de suite le côté bizarre de cet homme. La duchesse voulait en savoir plus sur cet homme maintenant. Par ailleurs, elle ne comprenait pas vraiment ce que le garçon entendait par « lui rendre visite ». Probablement en prison, mais elle n’en était pas sûre tout de même. Mais pour l’instant, elle ne continuait pas et décida d’en savoir plus par la suite. Elle n’attendait que le récit de l’Empereur car elle lui avait tendu une énorme perche pour lui répondre. Bien sûr, elle savait qu’ensuite ce serait à son tour de conter ses « mésaventures ». Mais cela ne la dérangeait pas du tout. Elle n’était ni impatiente, ni anxieuse de ce moment. Pour l’instant, elle espérait ne pas être déçue par les prochaines paroles de l’Empereur. Si toutefois c’était bien lui qui parlerait. Le Régent qui semblait être mit un brin à l’écart avait bien sûr la possibilité de réagir à n’importe quel moment. Quelque soit la raison. Certes Eleanor n’y pensait pas du tout et n’observait que l’Empereur et ses réactions pendant ces quelques secondes, qui lui parurent interminables. Mais cela n’enlevait pas le fait que le Régent pouvait répondre à la place de l’Empereur ou lui rappeler qu’elle était allée bien trop loin dans ses propos. Ceci n’étant probablement pas le cas, tout de même.
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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Jeu 16 Déc - 23:09

Un masque d'éléphant... Uriel sourit et secoua la tête. Lui, qui était destiné à ne jamais avoir de descendance légitime et qui n'élèverait jamais de fils, s'émerveillait devant les pitreries de son divin Prince Héritier. Le beau petit garçon aux cheveux bleus avait une vision toute particulière de la vie réelle et ce, grâce à son Régent qui s'occupait de ne le mettre en contact qu'avec des faits utiles à son éducation. Ezhekiel connaissait par cœur l'histoire de l'Empire Ishtar et n'ignorait rien de ses ancêtres, des grands suzerains, seigneurs tout-puissants. Le Haut Prêtre désirait voir un tel Empereur sur le trône. Dotée d'un pouvoir magique colossal, la famille impériale donnait parfois naissance à un enfant surdoué, même en comparaison avec d'autres Walhgren. Et cet enfant-là en était un. Puissant magicien, Uriel sentait que son protégé allait le dépasser d'un instant à l'autre. Aujourd'hui, il pouvait parer ses petites foudres et profiter de sa manipulation des ombres pour le faire tomber dans ses bras... Demain, il allait se voir dépassé par l'évolution fulgurante du pouvoir de l'adolescent qui allait monter sur le trône d'ici peu de temps.

Enfin un être à qui il pourrait dédier sa vie. L'Empire n'était pas complet sans l'Empereur. L'Empereur était l'Empire, inutile de nier l'évidence. Et Uriel désirait pouvoir s'occuper de son Église et porter, au travers de toutes les Provinces, la parole du Saint Empereur. De Celui qui naquit de l'Ombre, comme le nommait les Versets. Ezhekiel Walhgren allait devenir un jeune monarque que personne ne voudrait défier. Uriel faisait de son mieux pour le rendre insouciant et égoïste. Sans omettre les usages, il lui apprenait qu'il viendra le jour, où c'est lui, Ezhekiel Ier, qui modifiera les traditions et réécrira l'étiquette s'il le voudra. Il lui donnait une image omnipotente de lui-même. Et pour ce surhomme, une duchesse comme Eleanor van Lähre n'était pas la femme idéale. Elle était fade et gentille. Parfaite pour améliorer l'image de son papa, lors d'un thé dans sa demeure familiale. Mais ici, elle était à Ishtar, dans la Province Centrale, au Palais de l'Empereur. Et personne ne lui voulait que du bien ici.

Uriel écoutait encore. Non, certainement pas. Leur rencontre ne s'était probablement pas passée de la même façon. Ezhekiel eut droit à sa première confrontation avec une personne qui voulait sa mort plus que tout autre chose (à part la mort d'Uriel peut-être, mais ce n'était pas certain). Il était curieux, mais il avait envie d'affronter un ennemi pour avoir un aperçu de ce que ces prédécesseurs faisaient tous les jours. Eleanor fit sa rencontre malgré elle et, comme le voulait la rumeur et les débuts d'enquête de l'Inquisition, fut séduite par les propos de Marius de l'Ombrage. Un faible idéaliste qui aurait sans doute dû être philosophe. Un déchet d'une si bonne famille... Déplorable pour Uriel, mais bénéfique pour ses plans de conquête du trône par Azhran Nocturnae. La seule personne de tout l'Empire ayant l'étoffe nécessaire pour siéger aux côtés de l'Empereur Ezhekiel Ier.

Poliment, le Régent laissa la conversation se poursuivre sans lui. Comme pour accorder une certaine intimité aux deux jeunes personnes, il se leva discrètement et regarda un peu les papiers sur le bureau. Puis, il lança un coup d'œil par la fenêtre. Le soleil s'approchait de son zénith. Ezhekiel allait bientôt devoir poursuivre ses cours. Mais le voulait-il ? Allait-il s'excuser auprès d'Eleanor ? Ou avait-il envie de parler encore avec elle ? Uriel ne comptait pas intervenir. Il s'installa à nouveau auprès d'eux, restant aussi discret que possible. Si le Prince avait besoin d'une excuse, il l'avait. Sinon... Pas de soucis, le Haut Prêtre était prêt à intervenir dans la discussion dont il ne ratait rien, malgré les apparences...

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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Mer 29 Déc - 10:33

Ezhekiel ne pouvait remarquer qu'avec une pointe d'agacement le silence du Régent. On aurait presque put croire qu'il n'était plus là ce qui renforçait l'impression qu'il était seule avec la Duchesse. Cette dernière d'ailleurs avait décidé de tourner autour du pot, lui renvoyant sa question sans dire quelque chose de vraiment intéressant ce qui commençait à l'ennuyer quelque peu. Il avait envie de savoir, un point c'est tout. Dans une telle situation, Uriel lui dirait surement que l'impatience est une mauvaise chose ou qu'il est impoli de presser ses invités. Malgré son statut, l’étiquette voulait qu'il n'ordonne pas ce qu'il désirait. Ainsi donc, il allait falloir continuer la conversation, un peu comme lorsqu'il jouait aux échecs avec le Haut Prêtre... Le Prince se cala un peu mieux dans le fauteuil avant de répondre à la Demoiselle non sans un sourire.

" Je serais ravi de comparé nos expériences en matière de Terroristes lorsque je serais ce qui vous est arrivé. Pour ma part, vous en savez déjà le principal, comme tout les autres habitants d'Ishtar. Quelqu'un a tenté de m'assassiner et aurait bien réussi si je n'avais pas proposé à Monsieur d'Arken de me remplacer sur la scène par un autre. Peu de gens connaisse vraiment mon visage, se tromper était donc facile. "

C'est drôle comme l'Empereur pouvait passer de l'enfant insouciant à un être presque sérieux. Comme quoi, il y avait encore la possibilité de faire quelque chose avec lui.

Malgré tout, il préféra ne rien dire sur sa visite à la Prison. L'endroit lui avait fait froid dans le dos... Au moins autant que l'Homme Blanc et son corbeau. Et puis ébruiter le fait qu'il était encore blessé pouvait donner des idées à certaines personnes (C'est du moins ce que lui avait dit son cher Régent). De toute façon, la Duchesse ne semblait pas encline à tout lui dévoiler non plus. Elle ne cessait de remettre à plus tard son Histoire ce qui était presque... Suspect. Il pouvait encore concevoir qu'elle peine à se remémorer un évènement désagréable mais l'envie de raconter n'était elle pas sensée être encore plus insoutenable... ? Logique impériale. Elle cachait donc quelque chose qu'elle ne voulait qu'Il sache ou que Monsieur d'Arken sache.

" J'ai l'impression que vous n'avez vraiment pas envie d'en parler, Mademoiselle Van Lähre. De quoi avez-vous peur ? La personne qui vous a attaquée ne vous nuira plus et puis, je suis sûr que Monsieur d'Arken fera gardé les environs de vos appartements, si vous êtes vraiment inquiète."
"N'est-ce pas, Monsieur d'Arken ?"
Dit-il en se retournant vivement vers lui, avec un air très préoccupé peint sur le visage.

En fait, Monsieur d'Arken avait sans doute déjà soupçonné quelque chose. Ce qui signifiait que ses appartements étaient peut-être déjà surveillés. Il avait tendance à toujours en faire un peu trop que pas assez. Ça, il l'avait appris au fil des années, à chaque nouvelle équinoxe qui le rapprochait du trône, la sécurité s'était intensifié autour de lui au point de devenir étouffante. Il arriverait pourtant bien un moment où il lui faudrait se défendre lui même... Ça lui faisait d'ailleurs pensé qu'il devrait reprendre ses entraînements. Viser les pauvres créatures du jardin n'était pas vraiment constructif et ce n'était certainement pas comme ça qu'il arriverait un jour à la cheville de ses ancêtres. Il fallait vraiment qu'il fasse quelque chose... Qu'il trouve quelqu'un avec qui s’entraîner... Même si la nature du pouvoir de ce quelqu'un n'était pas la même que la sienne.

[Hum... Désolé pour ce petit post et cette attente é_è]

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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Mer 29 Déc - 16:49

La jeune duchesse ne put montrer le brin de déception qui la traversa au moment où l’Empereur se décida à ne rien lui dire vraiment. Oui certes elle en savait un peu en ce qui concernait la rencontre entre le terroriste qui avait attenté à sa vie et l’Empereur. Mais comme elle n’avait, malheureusement pas pu participer à l’équinoxe, elle n’en connaissait pas non plus tous les détails. Seulement des bribes. Parfois même des rumeurs. Elle ignorait totalement le déroulement des choses et c’était bien cela qu’elle attendait de l’homme assis en face d’elle. Malheureusement, ce dernier n’avait pas voulu lui en dire davantage ni satisfaire sa curiosité. Bien sûr, elle se doutait bien que ce n’était probablement pas volontaire de sa part de n’avoir pas arrangé les intérêts de la duchesse. Il ne se préoccupait que des siens ainsi que de ses propres désirs. Ceux de la jeune femme ne devaient certainement pas l’intéresser. Maintenant, il affirma d’emblée qu’il pensait qu’elle avait peur. Peur. Mais de quoi aurait-elle peur ? Raconter son histoire ne lui faisait pas peur. D’ailleurs, elle pourrait la raconter des millions de fois si cela aiderait la procédure qui la rendrait innocente. Elle n’attendait que ce moment-là. Elle s’était trouvée au mauvais moment au mauvais endroit. C’était tout. Elle n’avait aucun lien avec ce Marius. Elle se battrait pour que la vérité éclatât.

- Non, Votre Altesse, je n’ai point peur de vous dire la vérité, commença-t-elle avec un grand sourire détendu. Je vous conterai ma mésaventure avec joie et plaisir, Majesté.

Elle le déclara avec une certaine détermination dans la voix afin qu’elle ne passât pas pour la femme qui avait vraiment peur de dire quoique ce fût. Le fait que l’Empereur se fut tourné vers le Régent ne lui avait pas plu. Elle sentait à nouveau son cœur battre plus fort. En fait, ce n’était pas de la vérité dont elle était effrayée. Non, c’était tout simplement de Monsieur d’Arken. Ce dernier tramait quelque chose derrière son dos. Elle le sentait. Elle le soupçonnait. Or c’était bien lui qui déciderait si elle était innocente ou coupable. Il pouvait très bien influencer certaines personnes, fausser les indices et déclarer la pauvre duchesse coupable. De complots. De trahison. Avec un terroriste. Elle frissonna à cet instant même tout en espérant qu’aucun des deux hommes n’eut remarqué la chose. Que pouvaient-ils bien penser d’une telle réaction, certes involontaire et incontrôlable ? Elle passerait cela comme un frisson suite à un mauvais souvenir. C’était la seule façon dont elle pouvait s’en sortir et surtout pour que cela ne parût pas étrange.

- Je me trouvai à l’arène et le spectacle allait commencer. Mais à côté de moi, il y avait un homme. Un comte dont je ne me souviens plus vraiment le nom. Le terroriste en question tenta de l’attaquer mais il rata alors un duel entre les deux hommes débuta. Tout d’un coup, je fus bousculée par la foule et la barrière en bois devant moi se rompit sous mon poids. Avant que je ne sentisse le vide m’envelopper, je sentis un corps humain tomber en même temps que moi. Avec moi. Et qui me tenait. Quand j’ouvris les yeux alors que je crus que j’étais morte, j’aperçus le terroriste. Il m’avait sauvée la vie.

Eleanor raconta sa mésaventure avec le plus de détails possible. Elle n’avait aucunement envie de faire un bref résumé. Elle savait qu’elle ferait une bonne impression sur l’Empereur. Elle l’intéresserait davantage. Elle lui montrerait qu’elle n’avait pas peur. Elle continuerait la discussion et passerait plus de temps dans le palais. Elle fit une petite pause, comme si elle avait besoin de reprendre son souffle avant de pouvoir continuer. Non, c’était juste que les événements allaient s’intensifier. C’était pour marquer en quelque sorte ce changement.

- Ensuite, comme il était blessé, je voulais l’amener à l’infirmerie avant de partir et rentrer à l’auberge. Mais je n’en eus pas le loisir. D’abord il me darda avec son arbalète avant de tuer un des gardes du comte, qui était descendu pour se battre. Après quelques duels, je réussis à l’attirer vers l’infirmerie mais à ce moment-là, le comte apparut avec un autre garde. Le terroriste, déterminé, se lança à nouveau dans la bataille. D’ailleurs, je me rappelle avoir été menacée par le comte également mais mes gardes réussirent à le maîtriser. Le terroriste décocha alors une flèche de son arbalète et celle-ci se planta dans l’un oeil du comte. Un de mes gardes assomma les deux hommes et nous les amenâmes enfin à l’infirmerie où un médecin les soigna.

A nouveau, elle fit une petite pause pour marquer le changement qui allait suivre. Il fallait dire qu’elle ne se souvenait plus vraiment de tous les détails qui s’étaient déroulés avec toutes ces petites batailles et duels incessants. Durant lesquels elle n’avait rien pu faire. Bien qu’elle eut essayé d’arrêter tous ces massacres.

- L’Inquisition arriva alors et les deux hommes s’étaient éveillés. Le comte se mit sur le champ à dénoncer le terroriste et moi en même temps. En fait, je connaissais un peu le comte et je savais de part mon père qu’il n’était pas honnête et qu’il avait des affaires louches et étranges. Je suppose que je le dérangeai et ce fut la raison pour laquelle il me mit dans le coup. Puis, je sentis la main du terroriste me prendre et il m’obligea à courir avec lui. J’ignore encore aujourd’hui pourquoi voulait-il s’enfuir avec moi. En tout cas, je dus affronter les égouts à ses côtés et surtout le labyrinthe qui s’offrait à nous. Le terroriste désirait que nous échappions à l’Inquisition. Alors qu’il ouvrit une bouche d’égout par laquelle nous pouvions sortir à l’air frais, je glissai sur une marche et me foulai la cheville. Il me porta pour m’aider et ensuite, il me laissa toute seule en filant. Je dus marcher jusqu’aux marches de la cathédrale pour m’asseoir et attendre que quelqu’un vienne m’aider à rentrer à l’auberge.

Le récit était terminé. Elle avait bien sûr omis tout ce qu’ils s’étaient dit. Cela ne servait pas à grand-chose. En tout cas, elle espérait ne pas avoir ennuyé personne. Et surtout que le Régent prendrait en compte sa version des faits qui était la vérité. Et que l’Empereur la croirait également. Parce que même si le Régent avait beaucoup d’influence, Eleanor supposait que si l’Empereur décidait de se mettre en travers de sa route, il avait l’avantage et le Régent devait se résoudre aux choix de ce dernier. Enfin, elle l’espérait …
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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Sam 1 Jan - 21:17

Ezhekiel amena la conversation sur ce qui l'intéressait avec un sérieux rare pour cette petite personne aux cheveux bleus. Uriel aimait voir ces éclats de petit dirigeant. Une fois de plus, sa théorie se confirmait : le Prince Héritier, comme son titre nous l'indique, était né pour régner. Comme toute sa famille, il devait s'imposer au monde et son destin était de soumettre l'ensemble de la Création. Il écouta chacune de ses paroles, pour finalement répondre :

"Bien entendu, votre Majesté. Ce sera fait."

Pour une fois, l'ordre impérial n'était pas d'abolir les cours ou l'heure du coucher. Cette fois, Uriel pouvait se cacher derrière la volonté du Prince pour mener à bien ses plans. Certes, les appartements van Lähre étaient déjà sous surveillance, mais maintenant cela allait se faire avec la bénédiction d'Ezhekiel. Eleanor pouvait-elle lui refuser quoi que ce soit ? Même si elle le voulait, elle n'oserait pas s'opposer à ce délicieux garçon... Qui le pourrait après tout, à part l'Ombre elle-même ? Nul être sur cette Terre. Ezhekiel n'allait pas être un Empereur en solde, c'est certain.

Ensuite, il entendit le récit, déjà rapporté par ses inquisiteurs. Quelle idée de nommer d'ailleurs sa police religieuse, ses saints guerriers de l'Ombre ? Personne ne nommait l'Inquisition tout haut d'habitude. Mais que pouvait-on vouloir de cette fille... Ezhekiel lui-même allait-il savoir de quoi on parle ? Uriel n'utilisait pas ce mot en sa présence, uniquement quand il n'avait d'autre choix en d'autres circonstances.

Si on revenait à son histoire ? Oui... Rien de renversant. Marius de l'Ombrage avait la réputation d'un gentil idéaliste, mais il s'agissait tout de même d'un terroriste, d'un ennemi de l'Empire et de l'Église. Si Eleanor croyait que quelqu'un va la croire, elle se fourrait le doigt dans l'œil jusqu'à l'omoplate. Elle oubliait qu'Uriel était un fanatique, un fou furieux qui croyait que tous les terroristes étaient incapables de la moindre politesse envers le système et donc envers les nobles. Ainsi donc, si elle était toujours en vie (sans rançon ou mutilations) c'est qu'elle était de mèche avec Marius. Il n'y avait pas d'autres explications possibles. Point final.

Bien entendu, la fille d'un duc-gouverneur était intouchable... Mais ses chances de devenir impératrice diminuaient très dangereusement, dans la mesure, où Uriel n'allait certainement pas la soutenir. Ezhekiel pourrait la croire, il n'avait pas de raisons de se méfier. Mais une petite conversation avec lui suffirait après pour le remettre dans le droit chemin. Une toute petite conversation... Les inquisiteurs s'occuperaient de Marius et le Haut Prêtre veillerait à ce que cette fille ne fasse pas du mal à son délicieux petit protégé. L'heure tournait néanmoins. On vint débarrasser. Après tout, deux repas attendaient encore le jeune Prince et il n'était pas question de manger trop de gâteau. Sans oublier qu'il y avait encore des cours qu'il devrait suivre ou rattraper. Même si, aujourd'hui, il allait s'en tirer sans doute par la conversation avec la duchesse et un beau sourire après. Aucune importance. Histoire de pallier à l'ennui qui risquait de s'installer, Uriel sourit et proposa, d'une voix douce comme le miel des fleurs empoisonnées :


"Voilà une histoire inhabituelle, mais... Cette journée est magnifique. Vous pourriez montrer à la demoiselle van Lähre les Jardins, votre Majesté. Au moins de la terrasse arrière, par exemple. Je pourrais y faire installer une petite table et des sièges pour vous permettre de jouer aux échecs..."

Le jeu... quelque chose qui plaisait à Ezhekiel, à tous les coups. Même si parfois il en inventait certains qui étaient dangereux ou inhabituels, il s'amusait toujours avec plaisir. Voilà qui devait le soulager de cette conversation...

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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Dim 2 Jan - 23:14

Ezhekiel resta attentif pendant la longue explication de la Duchesse. Chose rare, d'ailleurs car le Prince n'était pas réputé pour sa concentration. En vérité, ce n'était pas tellement qu'il trouvait l'histoire intéressante. Eleanor avait vivement réagit lorsqu'il avait émit la possibilité d'une quelconque peur et sa voix pleine de détermination lui avait fait espéré une aventure pleine de suspense et de rebondissement. Celle-ci, bien que pleine de rebondissement, manquait du piquant que le Prince aimait tant. En fait, ce n'était pas vraiment une histoire... Plutôt un compte rendu, une description agrémentée de quelques avis subjectifs, comme l'aurait dit l'un de ces ennuyeux professeur.

En résumé, elle avait été prise entre deux feus pendant une tentative d'assassinat... Le Terroriste l'avait secouru, fait étrange et, voulant être reconnaissante de son sauveur, elle avait voulu lui venir en aide à son tour. Drôle de tueur et drôle de réaction. C'était presque digne d'un vieux conte. De ceux qui parlent de Princesse et de sauveur sur destrier blanc. Cependant, l'histoire ne s'arrêtait pas à "il finir heureux et eurent beaucoup d'enfants"(Phrase qui restait encore des plus énigmatiques pour le Prince). La Duchesse avait été jugée complice, bien que le cheminement de pensée des gardes restaient incertains aux yeux d'Ezhekiel. Pour finir, elle avait fui avec ce Terroriste (enfin, emmenée, d'après ces dires mais alors... Pourquoi l'avait-il abandonné par après ?). L'histoire était vraiment étrange et il restait des zones d'ombres que la Duchesse ne souhaitait pas divulguer, apparemment. Pour ce qu'il en savait, lorsqu'on enlevait quelqu'un, on demandait une rançon. Comme il s'agissait d'un terroriste, il aurait pu la tuer, pour montrer sa détermination de dissident. Cela méritait vraiment quelques explications supplémentaires...

La petite tête de l'Empereur bouillonnait tandis que le Régent proposait-Oh joie!-du divertissement. Ça, c'était une bonne idée, et puis, ça lui permettrait de continuer leur conversation avec innocence tout en mettant à l'épreuve les dons pour le jeu d'Eleanor. C'est avec un sourire adorable au lèvre qu'il sauta tel un chat hors de sa boite de son fauteuil.

" Oh oui! Excellente idée, nous pourrons continuer notre conversation là-bas. C'est un endroit très agréable et puis, on m'a offert un tout nouveau jeu d'échec, il y a peu. Vous allez voir, il n'y en a pas un de pareil dans tout l'Empire. C'est un cadeau des Ingénieurs de la Ville, avec la participation de quelques Philosophes. "

Voilà une chose qui était bien vraie. Il n'était pas rare que les Ingénieurs de la Capitale lui envoie ce genre de cadeau, histoire de rester dans les bonnes grâces de l'enfant qui avait hérité de son grand-père sa curiosité pour les machines pleines de petits rouages bizarres qui s’emboîtaient avec une telle perfection qu'on ne pouvait que s'émerveiller devant. Bref, le nouveau jeu d'échec était une petite merveille de technologie alliée à l"esthétisme des plus grands philosophes. Le plateau était un subtile alliage de métal et de pierre bleutée. Chaque pions, quelque soit son importance, avait été personnalisé et subtilement sculpté pour rappeler les traits de personnes connues dans la Capitale. Ainsi donc, on pouvait admirer deux petites armées se faisant face avec d'un coté, les noirs finement veinés de bleus et de l'autre, les blancs, dont on pouvait apprécier les reflets violacés par endroit. Ombre et Lumière allait encore une fois pouvoir se livrer bataille.
Tout naturellement, l'Empereur vint se placer devant les noirs et à juste titre puisque son Roi n'était autre que sa petite personne, un enfant assit sur un coussin qui surplombait l'ensemble des autres pions. Si on s'approchait, on pouvait d'ailleurs distinguer un petit sourire, caractéristique de sa Majesté. La reine quant à elle n'étant pas encore définie, elle avait été représentée par le Régent qui avec ses longs cheveux laissait à penser qu'il pouvait tout aussi bien s'agir d'une femme (Effet désiré ou non, nul ne le savait mais cela amusait beaucoup l'Empereur). Bien entendu, les pions blancs représentaient encore d'autres personnes mais leur signification restait beaucoup plus énigmatique, en particulier le Roi. Ainsi, d'un geste souple de la main, Ezhekiel invita la Duchesse à venir s'asseoir en face de lui et à commencer, observant du coin de l'oeil Monsieur d'Arken, juste au cas où il essayerait de s’éclipser.

" A vous de commencer, Mademoiselle Van Lhäre... Et je serais ravi d'en savoir encore un peu plus sur vos aventures car je dois avouer qu'elles me laissent sur ma faim. J'ai du mal à comprendre pourquoi ce Terroriste vous a enlevées si c'était pour vous abandonner un peu plus loin en cours de route. Vous avez surement dû lui dire quelque chose qui l'a empêché de vous tuer car c'était pourtant une très belle occasion pour lui de se débarrasser d'une personne de haut rang, vous ne trouvez pas ? Enfin, le mien n'était pas vraiment du genre causant. En fait, j'ai appris qu'il était muet... Ce qui explique qu'il n'est pas répondu à mes questions..."

... Lorsqu'il s'était approché de lui. Tiens, ça avait failli lui échapper. L'homme au masque n'avait surtout pas répondu à LA question et encore aujourd'hui, Ezhekiel y pensait sans parvenir à trouver de réponse satisfaisante. A leur deuxième rencontre, il avait répondu... D'une certaine manière. D'une manière qui ne lui plaisait pas en fait, parce qu'elle ne semblait rien vouloir dire. Dommage. Il était surement mort, maintenant.

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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Dim 9 Jan - 12:03

A la fin de son récit, ce fut le Régent qui réagit le premier suite à ce qu’elle avait dit. Et s’il pensait qu’Eleanor serait naïve, il se trompait. Elle avait compris encore une fois. Ce dédain qui existait en le Régent vis-à-vis d’elle. Il ne croyait pas du tout aux paroles qu’il prononçait et il changea de sujet si subitement. Comme s’il ne voulait plus du tout en parler. En fait Eleanor sentit qu’elle n’aurait jamais du craindre de venir ici pour raconter tout ce qui lui était arrivé. Cela ne servait à rien. Sauf peut-être à intéresser l’Empereur. Et encore, cela n’était pas sûr. Peut-être avait-il demandé qu’elle lui contât seulement par pure politesse. En tout cas, elle se doutait peu à peu que de toute façon, Uriel ne prendrait jamais sa position si cela était nécessaire un jour. Pour lui, elle était coupable. Associée à Marius. Il ne désirait pas voir la vérité. L’admettre. Non, pour lui, Eleanor mentait et puis c’était tout. Ce genre de pensée révoltait Eleanor. Pourquoi ne pas croire une femme qui ne mentait jamais ? Il n’y avait qu’une seule raison possible : elle nuisait aux plans du Régent. Elle s’en rendait de plus en plus compte. Mais pour l’instant, elle ne pouvait rien faire. Elle devait refouler tous ses sentiments au fin fond d’elle-même. Elle n’avait pas d’autres choix. S’attirer les foudres du Régent alors qu’en plus celui-ci ne vous appréciait déjà pas, c’était une énorme erreur. Surtout pour atteindre l’objectif que la duchesse s’était fixé. Elle dut donc faire semblant de ne pas ressentir cette partielle colère qui montait en elle.

Quand il proposa d’aller jouer aux échecs sur la terrasse et regarder en même temps les jardins, Eleanor fut assez surprise. Elle connaissait un peu les jeux d’échecs car elle jouait de temps en temps avec son père lorsqu’elle s’ennuyait. Mais pas beaucoup. Alors si l’Empereur s’entraînait plus qu’elle, il pouvait facilement la battre. Enfin, peu importait. D’ailleurs ce dernier fut très ravi de la proposition d’Uriel. La jeune duchesse quant à elle, elle était tout simplement contente de se déplacer et de voir les jardins royaux, qu’elle n’avait pas encore eu le loisir de contempler. Même si elle serait assise et n’en verrait qu’une partie, cela la détendrait déjà un peu plus que cette pièce fermée. Elle préférait se trouver à l’air libre. Dès que l’Empereur se fut levé, Eleanor en fit de même. Toutefois, elle fit attention à sa cheville. Il lui arrivait de plus en plus d’oublier qu’elle avait mal. Si elle restait assise pendant quelques minutes voire heures, elle pouvait se relever d’un coup. Puis, elle ressentait une vive douleur et se blâmait d’avoir complètement oublié. Mais aujourd’hui, elle se leva avec une grande lenteur. Ensuite, elle suivit l’Empereur et le Régent vers la terrasse où se trouvait déjà le jeu d’échec sur la table. Quand elle passa la porte, toujours en boitant, elle posa son pied un peu plus violemment que d’habitude. La douleur fut brève mais tranchante. Elle fit la moue pendant un instant et sentit des larmes lui arriver dans les yeux. Elle s’arrêta un instant afin d’attendre de ne plus avoir mal. Une fois cela fait, elle sortit son mouchoir pour enlever les larmes de ses yeux puis elle vint vers la table. Elle prit encore tout son temps pour s’asseoir.

- Veuillez m’excuser, Votre Altesse.

Eleanor n’avait pas encore contemplé ni les jardins, ni les échecs avec des cases inhabituelles et des pions très personnalisés. Une fois qu’elle fut assise à son tour et que l’Empereur lui avait laissé les blancs, à savoir qu’elle commençait, elle nota alors toute cette beauté. Elle en fut tellement émerveillée, qu’elle resta quelques instants bouche bée. Elle observait toutes les pièces. Que ce fussent les blanches ou les noires. En même temps, elle tentait déjà de penser à une stratégie. Puis elle releva la tête vers l’Empereur, avec un sourire et en le remerciant de la laisser débuter la partie. Cela pouvait être un avantage comme un inconvénient. Il suffisait tout simplement de savoir profiter de sa chance et de ne pas se rater. Elle avança alors le pion qui se trouvait devant la Reine de deux cases. Ensuite, elle entendit les paroles du jeune Empereur qui lui demandait des détails sur ces mésaventures. Elle avait tout raconté. Elle avait donné autant de détails que possible. Non, ce qu’il voulait, c’était de savoir la raison pour laquelle elle avait été « enlevée » par Marius, comme elle le disait si bien. Pourquoi l’avait-il laissée toute seule à la fin. Pourquoi l’avait-il laissée pour vivante alors qu’il aurait pu la tuer. Eleanor alors fixait les jardins. Non pas pour les contempler mais tout simplement pour réfléchir. Pour se souvenir des paroles de Marius avant de disparaître. Puis tout d’un coup, elle se rappela ce qu’il lui avait dit. Si elle voulait s’en sortir, elle devait mentir. Ce dilemme qui lui serrait le cœur depuis des jours. Qui la rendait parfois triste. Parce qu’elle n’avait aucune envie de salir sa réputation. Elle ne désirait en aucune façon de mentir. Pas maintenant. Pas à l’Empereur. Trahir les paroles promises à sa mère. Elle secoua la tête. Elle ne savait plus du tout quoi faire ni quoi dire. Mais avait-elle vraiment le choix ? Pas vraiment. Elle décida alors tout simplement de raconter les dires de Marius comme une vérité. Cela ne passait pas pour un mensonge. Car il les avait vraiment prononcés, ces mots.

- Il m’a enlevée pour la simple et bonne raison que le comte qui se trouvait avec nous était une menace pour moi. Il me dénonçait comme coupable, comme l’associée de ce terroriste. Ce qui n’était pas juste. Alors pour faire comprendre aux autres la vérité, il m’enleva, avec un couteau sous la gorge. Ensuite, il m’a laissée car je suppose qu’il estimait que j’étais en sécurité et qu’il valait mieux pour moi que je ne sois plus vue avec lui à mes côtés. Et si vous vous demandez pourquoi ne m’a-t-il pas tuée, et bien je ne saurais point vous répondre, Majesté. Peut-être parce que je n’étais pas sa cible et que certaines personnes, même terroriste, ne tuent pas juste par plaisir.

Eleanor avait dépassé les limites entre ce que lui avait dit Marius vraiment et ce qu’elle pensait. Non, elle se refusait de mentir. La vérité, même si elle causait par la suite des ennuis, était meilleure que les mensonges. Les mensonges étaient toujours, un jour ou l’autre découvert. Alors que la vérité dévoilée pouvait innocenter une personne accusée à tort. Elle avait donc fait son choix. Dire la vérité. Ce qu’elle pensait. Même si c’était un indice pour le Régent comme quoi elle était son associée. Mais elle savait que si un jour elle serait accusée, la vérité apparaîtrait et l’innocenterait. Il n’y avait pas d’autres moyens. Même si elle devait se transformer elle-même en ennemie de l’Empire pour prouver cette vérité. Elle était capable de le faire. En tout cas, c’était ce qu’elle espérait. Alors que le Régent pensât ce qu’il désirait. Elle priait alors l’Ombre pour que l’Empereur n’eut pas les mêmes pensées qu’Uriel et que jamais il ne fût influencé en ce qui la concernait …
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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Mar 11 Jan - 14:27

Il avait promis à son petit protégé qu'ils allaient jouer et les voilà devant une partie d'échecs. Bien que le jeu en lui-même fut fabriqué par des hérétiques potentiels, Uriel fermait l'œil sur cet affront. Tout d'abord, il ne pouvait pas retirer un jouet des mains du Prince Héritier sans que celui-ci n'en soit lassé au préalable. D'autre part, son égo était tout de même flatté : c'était lui, on ne pouvait s'y tromper, qui commandant les armées aux côtés du petit garçon aux cheveux bleus. Il vendrait son repos éternel auprès de l'Ombre pour ne jamais avoir à quitter Ezhekiel. Cela dit, c'était assez bien parti pour qu'il ait ce qu'il désire, sans avoir à conclure ce genre de marchés (et avec qui le ferait-il d'abord ?). Contrairement à Eleanor, Uriel avait l'amitié, voire l'amour, du Prince pour lui. C'était un acquis qui d'ailleurs, d'après la théorie personnelle du Haut Prêtre, maintenait ce dernier en vie. La faible santé du Régent ne devrait pas lui permettre de travailler et de s'exercer comme il le faisait. Et pourtant... Il était fort probable, qu'à l'instar des premiers prêtres, il bénéficie directement du soutien énergétique de l'Empereur. Ou du futur Empereur ce qui revenait au même.

Et ce Prince-là n'était pas du genre à perdre par courtoisie. Uriel s'efforçait de lui enseigner certains usages mais la défaite était forcément due à une faiblesse ou une négligence quelconque dans l'esprit du garçon. Et le Haut Prêtre adorait ça. Ezhekiel ne perdait que face à quelqu'un de plus fort. Et les gens assez forts pour l'affronter étaient de moins en moins nombreux. Certes, il ne détenait pas de stratégies particulières aux échecs. Ni dans aucun autre jeu, il n'y avait pas de magie à l'œuvre non plus. C'était la nature des choses : Ezhekiel gagnait. Certes... Ses différents précepteurs ne cédaient pas une seule case, un seul pion, sans un combat de positions acharné. Et, comme on construit un barrage pour arrêter un fleuve, certains l'emportaient parfois. Uriel lui-même ne gagnait qu'une fois sur deux. Il en allait de même dans tous les domaines. Les chevaux lui obéissaient lorsqu'il faisait de l'équitation, l'épée dansait toute seule dans sa main. Un vrai petit prodige, béni par l'Ombre. Un vrai Walhgren. Et son talent allait écraser un nouvel adversaire dans une nouvelle partie. Uriel espérait seulement que son protégé soit aussi impitoyable dans la gestion de son Empire. Il l'espérait de tout son faible cœur.

L'histoire d'Eleanor et ses explications ne l'intéressaient effectivement pas. Le Régent avait sa vision des choses et il allai creuser, espionner, chercher, torturer et tuer jusqu'à ce que la réalité se conforme à ce qu'il voyait. Ezhekiel continuait d'ailleurs à poser des questions. Lui aussi trouvait manifestement que l'histoire de la duchesse n'était pas cohérente. Éduqué par le Haut Prêtre, il classait sous le terme 'terroriste' (comme son professeur) les gens répugnants, voulant du mal à l'Empire et à tout ce qui existe en général. Encore une fois, il était impossible que le marquis D'Arken reconnaisse qu'ils étaient des humains avec des sentiments. Pour lui ce n'étaient que des ennemis à exterminer. C'était cette éducation qui empêchait Ezhekiel de comprendre, comme Uriel ne pouvait le saisir lui-même. C'étaient juste des morceaux de viande, sensibles à la douleur infligée par la torture. A ce propos, la demoiselle avait de la chance d'être née du bon père. Une prolétaire serait déjà dans un cachot, seule avec un homme comme Émile Paole, à cracher ses organes internes par tous les orifices de son corps. De ses cris, crachats et chuintements, on distillerait la vérité. Là, il faudra que la fille à papa se trahisse autrement. Il faudra surtout qu'elle conduise les bonnes personnes auprès de son complice... Ce n'était qu'une question de temps.

Les laissant commencer à jouer, le Haut Prêtre alla s'appuyer sur la balustrade qui séparait la gigantesque terrasse du Palais des premiers jardins. Le Domaine impérial était énorme, un vrai poumon pour cette ville pourrie. Le vent fit voleter les mèches blondes du Régent, alors qu'il écoutait la conversation des deux jeunes gens. Il observa les couronnes des arbres onduler. La Nature, voilà quelque chose de sincère. La Science voulait corrompre tout ce qui restait de la beauté de la Création... Mais, un jour, elle devra plier l'échine devant l'Ombre et la Nature qui en émergea. Lentement, le petit blond revint à sa place auprès de son Prince. Une place qu'il appréciait, légèrement en retrait, derrière le garçon. Un parfait ministre, fidèle et prévoyant. Il posa sa main blanche sur l'épaule du garçon et sourit.


"Laissez donc ce sujet pénible pour mademoiselle la duchesse, Votre Majesté. Vous avez déjà assez d'expériences avec les ennemis de l'Empire. Si vous vous concentriez plutôt sur le jeu ?"

Sa voix fut douce, comme toujours lorsqu'il s'adressait à son délicieux protégé. Il ne leva jamais la voix sur lui et n'avait pas besoin de s'énerver. Il en était également (et surtout) incapable. Puis, il fallait mettre un terme au sujet des terroristes. Ils en avaient assez dit. Après Ezhekiel allait encore avoir une idée du genre "je vais sortir au milieu de la nuit pour aller m'acheter un masque d'éléphant et jouer au terroriste". Et ce n'était pas souhaitable pour la faible santé du Régent. Ni pour la vision que celui-ci avait de l'éducation princière.

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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Mar 1 Fév - 21:53

Les explications d'Eleanor n'avait surement pas suffit à mettre fin à la curiosité d'Ezhekiel mais puisque Monsieur d'Arken le demandait, il ne poserait plus de question à ce propos. Insister sur un sujet était généralement mal vu. Il lui poserait d'autres questions « anodines » une autre fois. Un terroriste qui aidait les demoiselles à se sortir de mauvais pas ? Étrange. Encore plus que l'homme au masque. On lui avait toujours décrit les terroristes comme des gens dangereux qui ne reculait devant rien pour faire tomber l'Empire, tuer des aristocrates et d'autres personnes qui nuisaient à leurs projets. Ils rejetaient même les préceptes de l'Ombre avec hargne. Bref, des personnes sans foi, ni loi qui tuerait père et mère pour arriver à leur fin. Le rencontrer pourrait être amusant... Cependant, il avait eu la même pensée pour Mist et s'était retrouvé avec un crayon dans le bide, ce qui n'était franchement pas plaisant.

Bref, l'histoire de la Duchesse était presque... Romanesque. Trop belle, presque impossible aux yeux de l'enfant-roi. Il fallait qu'il en sache plus pour comprendre... Ou découvrir la vérité. Cependant, tout cela viendrait une autre fois car à présent, une chose bien plus importante nécessitait son attention. Le jeu.

L'une des seules choses pour laquelle Ezhekiel était concentré, à l'affut, réfléchi et... Sérieux. Du moins, presque. S'il pouvait accepter encore la défaite face à certains de ses professeurs ou de Monsieur d'Arken, ce n'était pas le cas pour les demoiselles, aussi jolie soit elle et aussi bleue soit leur chevelure. C'était impensable, inimaginable... Impossible. Et ça manquait cruellement de gâteau à la framboise. Délicieuse petite douceur qu'il se serait empressé d'engloutir s'il avait pris la peine d'emmener une assiette de plus. Terriblement dommage. Leur petit goût acidulé lui manquait déjà. C'est donc sur cette pensée qu'il fit avancer ce qui semblait être l'un de ses cavaliers afin de bloquer insidieusement le petit pion qui venait de s'avancer. Une très jolie pièce d'ailleurs qui semblait représenter un prêtre chevauchant un oiseau sombre comme la nuit aux allures menaçantes.

Le choix n'était pas tellement stratégique. Il aimait cette pièce et avait ressenti un besoin terrible de la prendre en main, la texture de la pierre étant très agréable au toucher. Une fois cela fait, un sursaut de bonne manière le toucha.

«Monsieur d'Arken a raison, je ne devrais pas vous questionner autant et à force, j'en oublie de vous demander comment vous allez. Cela ne vous fait pas trop mal ? Vous avez eu de la chance, dans votre malchance, en tombant de cette loge.  »

Oh oui! Il avait réussi à paraitre presque inquiet et concerné. Sentiments très difficiles à faire transparaitre en dose adéquate... Surtout pour lui. Son visage semblait effectivement affecté, chose rare. A coup sûr qu'Uriel comprendrais... Mais pas quelqu'un qui le connaissait si peu. Et du coup, il se rattrapait pour son entêtement lors de leur échange et avait l'occasion de mettre en pratique ces cours de maintien (d'un terrible ennui) et de l'art de la parole (subtile titre pour un cours qui se résumait à apprendre au futur petit dirigeant de l'Empire à savoir jouer avec les mots). Sa bonne humeur était d'ailleurs palpable, malgré sa prestation. Détail qu'il avait encore beaucoup de mal à régler. L'aura des Walhgren était décidément une chose aussi changeante et volatile que son possesseur.

[Hum... Court >.> Vraiment désolé pour cette piètre prestation... Mais faut faire avancer le schmilblick ._.]

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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Mer 2 Fév - 10:42

La duchesse suivit avec attention toutes les paroles du Régent mais aussi celles de l’Empereur. Les deux hommes, en tout cas surtout Uriel, n’avaient plus envie de parler sur ce sujet. Il était vrai qu’Eleanor savait qu’elle était invitée au palais pour en parler. Elle s’était imaginée cette journée d’une manière totalement différente. Elle avait plus pensé à un interrogatoire plutôt qu’une après-midi avec un gâteau, du thé et surtout, un jeu d’échec. Finalement tout s’était déroulé d’une façon très détendue, même si au début la duchesse ne se sentait pas bien. Elle angoissait. Elle était nerveuse. Quoi de plus normal. Après tout ce qui s’était passé à l’arène puis dans les égouts avec ce terroriste. Surtout que quelque chose lui disait bien que personne ne la croyait. Son instinct féminin peut-être. Uriel, soit parce qu’il n’en avait pas envie, soit parce qu’il n’y croyait vraiment pas. L’Empereur probablement serait donc influencé par les pensées du Régent. Dès qu’elle partirait, ce dernier ferait tout son possible pour que tout ce qu’Eleanor avait dit n’eût servi à rien. Que pouvait-elle faire si la vérité était considérée comme mensonge ? C’était désespérant. Une nouvelle victime vue comme coupable aux yeux des autres. Une innocente. Mais de cela, personne ne s’en préoccupait. Tout ce qu’Eleanor espérait maintenant ce fut que dans quelques mois, cette situation serait oubliée. Pas totalement certes. Personne ne pourrait oublier. Du moins pas ceux qui travaillaient dessus. Mais cet accident pouvait très bien s’estomper. Dans quelques mois, il n’occuperait pas les pensées autant qu’il le faisait à ce jour. C’était le seul espoir d’Eleanor de pouvoir continuer à croire qu’elle avait encore une chance.

- Je vous remercie, Votre Altesse. Ce sujet est certes un peu pénible et ambiguë.

Fallait bien l’avouer. Ce n’était pas son sujet de prédilection non plus. Elle n’était pas venue au palais, heureuse qu’elle parlerait de Marius et de cet accident. Non, au contraire. Elle avait souhaité évité ce sujet. Mais elle avait su depuis le début qu’à un moment ou à un autre, elle devrait en parler. Raconter tout ce qui s’était passé. Et même si tout cela paraissait peut-être romanesque et que de nombreuses personnes se disaient que ce genre de choses ne se déroulait que dans les livres, cela était vraiment arrivé. Eleanor avait tout fait pour sauver sa peau. Elle avait tout raconté tel quel. Si personne ne la croyait, ce n’était plus de sa faute. Elle ne pouvait rien faire d’autre. Que pouvait-on faire d’autre dans ce cas ? Rien ne lui venait à l’esprit. Elle chassa donc ces pensées de son cerveau. Ensuite, elle se concentra à nouveau sur ce que disait l’Empereur. De la chance, dans la malchance. Tout portait à croire que son récit ne l’avait pas convaincu. Elle ne se préoccupa donc même pas du ton que ce dernier avait pris. Un ton presque de compassion. Mais était-il réel ? Eleanor fixa un instant l’échiquier et comme perdue dans ses pensées, elle ne fit pas attention pendant une seconde. Mais quand l’Empereur termina sa phrase et lui demanda comment elle allait, elle releva la tête et lui sourit généreusement.

- Pour l’instant, tout va bien, répondit-elle. La douleur vient et repart quand elle le souhaite. C’est imprévisible.

Oh oui ! Toutes les nuits passées à se réveiller à cause d’une douleur lancinante. Elle n’en pouvait plus. Toutes les journées où elle ne pouvait pas marcher. Elle restait dans son lit à lire et écrire de temps en temps. Elle n’avait rien d’autre à faire. Personne ne venait la voir à l’auberge. Elle n’avait aucune compagnie. Mais elle se débrouillait. Le temps passait. Et tout d’un coup, alors que tout était calme, la jambe la lançait. Cela en devenait de plus en plus douloureux. Mais de moins en moins espacé également. Comme si la cheville guérissait de jour en jour. Eleanor n’avait pas vu le médecin depuis le diagnostic de sa blessure. Mais il lui semblait que tout allait bien. Elle était sur le point de bouger un nouveau pion quand elle la ressentit. La douleur. Encore plus forte que d’habitude. Rien que d’y avoir pensé, cela l’avait déclenchée. Elle ne pouvait pas blâmer l’Empereur, il n’y était pour rien. Il ne savait pas. Elle non plus avant cet instant. En tout cas, elle ne put s’empêcher de faire reculer brutalement la chaise. Celle-ci grinça contre le sol et fit un grand bruit sourd et assourdissant. En même temps, elle cria à gorge déployée. Ses mains touchèrent tout de suite sa cheville, l’endroit de la douleur. La table bougea légèrement et quelques pièces de l’échec furent renversées. Le visage crispé, Eleanor ne se préoccupait que de la douleur. Elle entendait des voix, mais pas ce qu’elles disaient. Elle se doutait bien qu’elle avait du surprendre les deux hommes et surtout, les effrayer un peu. Cela avait été si soudain. Mais c’était très douloureux. Elle serra les dents, comme d’habitude. Elle ferma les yeux et souffrit cette fois-ci en silence. Elle ne sut combien de temps passa avant que la douleur ne se calmât, mais lorsqu’elle s’atténua, elle se redressa sur sa chaise et des larmes baignaient dans ses yeux. Elle n’avait pas envie de pleurer, mais la douleur avait été telle, qu’elle n’avait pas pu empêcher les larmes de monter. Elle soupira un instant, elle reprit ses esprits. Elle ne se préoccupa pas encore de son entourage. Enfin, elle leva la tête et déclara :

- Veuillez m’excuser, mais je pense qu’il est grand temps pour moi de rentrer.

Les deux hommes semblèrent approuver. La duchesse fut aidée par l’un des gardes royaux afin de se lever mais aussi de marcher. Parce qu’après une telle douleur, elle était incapable de poser son pied par terre. Elle s’accrocha donc à l’épaule de celui-ci et tous la raccompagnèrent en silence jusqu’à l’entrée du palais. Là, ils s’arrêtèrent un instant. Eleanor vit sa calèche qui n’avait pas bougé depuis tout à l’heure. Le cocher l’attendait calmement. Elle se tourna vers les deux hommes pendant que ses gardes à elle – qui ne les avaient pas suivis à l’intérieur – venaient la prendre.

- Je vous remercie pour cette agréable après-midi, Majesté. J’espère vous revoir rapidement.

Elle inclina la tête car elle n’avait pas la possibilité de le faire avec tout son corps. Elle espérait qu’il comprendrait et que cela ne le dérangerait pas plus que cela. Enfin, les gardes la prirent et l’amenèrent jusqu’à la calèche. Elle monta dedans avec des pensées plein la tête. Elle ne put expliquer pourquoi, mais elle se sentit tout d’un coup très triste et elle ne put s’empêcher d’éclater en larmes. Heureusement que l’Empereur et le Régent ne la voyaient plus …
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MessageSujet: Re: Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]   Mar 8 Fév - 14:12

Uriel espérait bien que cela était vraiment pénible pour cette jeune femme. Il gardait l'espoir qu'elle se sente au moins un peu coupable dans sa trahison. Quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, Eleanor van Lähre, fille du Duc-gouverneur d'Überhal, avait des problèmes. Une future impératrice ne se devait pas de côtoyer des terroristes. Et si jamais cela arrivait, la noblesse que représentait très bien le Régent devrait s'attendre à ce qu'elle blâme les révolutionnaires du début jusqu'à la fin. Elle devrait au moins éviter de raconter une histoire de terroriste chevaleresque. Cet idéal était bon pour des petites filles. Et ni Uriel, ni Ezhekiel, malgré leurs petites tailles, n'étaient des fillettes avides de ce genre de contes.

Au contraire, le Haut Prêtre était très content de son protégé. Le Prince Héritier faisait preuve d'une galanterie exemplaire et d'un comportement noble. S'il se plaignait souvent que "monsieur D'Arken" ne lui apprenait pas grand chose sur la gestion de l'Empire, Uriel savait que c'était inutile. Les Walhgren naissaient tous avec la science du commandement infuse. Pratiquement, ils pourraient régner sans apprendre rien d'autre que la parole. Ezhekiel pratiquait l'escrime, connaissait l'histoire (version Glorieux Empire - Glorieux Ancêtres) et la géographie du monde sur lequel il allait régner. Il jouait du piano, écrivait et parlait avec une aisance déconcertante. Outre cela, il apprenait (avec une certaine résistance) l'étiquette et certains usages. La dernière étape serait la maîtrise de ses pouvoirs. Certes, Uriel pouvait être le plus grand sorcier en ce bas monde, mais il n'était pas en mesure de tout apprendre à Ezhekiel. Le jeune Prince aurait dû avoir un mentor de sa famille pour cela... A défaut, le Haut Prêtre lancerait les bases de cet Art et laisserait son protégé découvrir le reste par lui-même. Il n'y avait pas beaucoup plus de solutions de toute manière.


"Bien entendu. Vous avez besoin de repos, mademoiselle la duchesse... Vous avez encore besoin de repos. Et surtout... soyez prudente."

Ce n'était pas un "prenez soin de vous". La dernière phrase relevait du "un pas de travers et vous risquez de ne plus jamais pouvoir marcher de toute votre vie". Bien entendu il était inadmissible qu'un accident mortel arrive à la fille du duc van Lähre, mais son ami le terroriste pouvait encore mourir dans d'atroces souffrances sous ses yeux. Une exécution publique, voilà ce qui serait bien divertissant. Tant pour Uriel que pour la population. Peut-être même encore plus pour cette dernière, vu que lui il y avait droit quand il voulait, aux exécutions.

Une fois la duchesse partie, Uriel s'installa à sa place, face à Ezhekiel, remettant le siège en place, silencieusement, le faisant glisser sur son ombre. La situation des armées blanches était mauvaise. Le petit garçon faisait toujours tout pour gagner et ne connaissait aucune pitié à ce niveau-là. Il avait la victoire dans le sang. Ce même sang causa la mort des milliers et millions de gens durant les guerres et autres répressions perpétrées par les ancêtres d'Ezhekiel. De plus, leur soif de suprématie coûta la vie à certains de ces héros. Saints, Tout-puissants, célestes,... Peu importe le titre dont ils s'affublaient ou que les prêtres proposaient : les Empereurs étaient bel et bien mortels. Voilà la source de toutes les angoisses d'Uriel.


"Ne vous inquiétez pas pour elle, votre Majesté. Sa sécurité sera assurée..."

Confortablement installé, le Haut Prêtre analysa la situation sur l'échiquier, relevant les figurines. Eleanor n'eut pas le temps de s'engouffrer dans tous les pièges, habilement posés par le petit Prince. Comme la demoiselle eut mal avant d'exécuter son mouvement, Uriel le fit à sa place, signalant à son vis-à-vis que la partie continuait. Le Haut Prêtre était un joueur tout aussi implacable qu'Ezhekiel. Ce que le premier gagnait en expérience, le second compensait par ses talents innés. Enfin, la partie fut intéressante. Aux échecs, il est une bonne chose de gagner en éliminant le moins de pions et figures possible. Une frappe précise témoigne d'une excellente stratégie. Un massacre général est une technique qu'on ne pratique qu'en cas d'avantage, jamais lors d'un équilibre de forces. Leur jeu fut encore long... Une heure plus tard et malgré toutes les stratégies du monde et pratiquement tous les effectifs des deux armées sur le côté de la planche, les deux hommes étaient en équilibre, attaquant et esquivant, chacun à son tour.

Au final, Uriel sacrifia son fou pour mettre un terme à aux assauts du cavalier noir restant. Une fois cela fait, aucune victoire n'était plus possible. L'équilibre parfait, entre la défaite et la victoire. Le Haut Prêtre sourit, faisant tomber son roi, devant celui de l'Empereur.


"Voilà tout ce dont je suis capable dans cette situation, votre Majesté. Mes félicitations, vous êtes plus fort à chaque fois que nous jouons ensemble... Je pense que cela vous servira de cours, je n'ai pas le cœur à vous obliger à suivre ceux de l'après-midi. Retenez juste que ceux qui rejoignent leur propre ennemi ne peuvent gagner..."

Il ponctua sa morale d'un geste éloquent vers l'échiquier, comme pour souligner qu'Eleanor était condamnée à la défaite. Mais il refusa de le dire ouvertement ou d'expliquer son propos. Uriel se leva et déposa un baiser sur le front du garçon, avant de s'en aller vers d'autres occupations, moins amusante mais aussi nécessaires : celle du Régent, responsable de la gestion de l'Empire.

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Une journée dont l'issue est indécise ... [PVs Uriel et l'Empereur]

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