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 Niais-land. [PV Eleanor]

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MessageSujet: Niais-land. [PV Eleanor]   Lun 26 Juil - 9:54

Et donc j'me suis réveillé dans ma cellule (de prêtre hein, pas en prison), avec un mal de crâne digne des pires gueule de bois et l'impression de m'être fait marcher dessus par quelque chose avec de grands pieds.

Là, je sens que t'as besoin d'un résumé des épisodes précédents :
« Zélig Faoiltiarna, prêtre vachement doué dans sa profession et tout ça, s'est évanoui comme une grosse quiche en manipulant les ombres alors que son supérieur hiérarchique était là. »
Ouais bon voilà.
Mais la bonne nouvelle, c'est que j'ai une semaine de vacances ! J'vais même pas me biturer la gueule je pense, enfin pas tout le temps, j'vais plutôt en profiter pour passer du temps avec ma fille, qui ne manquera pas d'user ma patience et mon essence. C'est ça qui est bien avec la paternité, tu vas à l'échafaud, c'est très certain, mais t'y vas en chantonnant avec ton petit cœur tout rempli de bonheur. C'est un peu con un humain parfois.
Donc on a fait ce quelle voulait faire, des poneys principalement. Je sais pas, ça doit être inscrit dans le sang des petites filles, mais dès qu'il y a un poney, on les retient plus. Ça fait deux ans que pour son anniversaire, elle me demande un poney, merde quoi. Et puis j'ai beau l'aimer très fort tout ça oh comme c'est touchant, j'ai envie de massacrer des trucs au bout de la dixième minute de conversation. Parler à une petite fille de cinq ans, c'est comme parler à un mec bourré, j't'en fais une démonstration :

- Carotte il a mangé du foin.

- Oh bon sang (oui, je dis pas de gros mots à voix haute, t'as vu comme je fais des efforts hein ?).

- Et plus tard j'me marierai avec toi.

- Cool. Qu'est ce que tu veux répondre à ça ? Il paraît que c'est normal (sa préceptrice est toujours affolé de mon ignorance concernant les enfants, si elle savait la pauvre...). Ça m'inquiète un peu quand même, cette histoire. Paraît que ça passe, et qu'un jour elle va me dire « j'ai un chéri ! ». J'peux te dire, le gars, quand je vais le croiser, il va bien manger sa race. Heureusement c'est moi qu'elle a en ligne de mire pour l'instant.

- Et si j'avais une tête de veau, tu m'aimerais quand même ?-

- Oui.

- Et pourquoi y a des gens sales qui dorment dans la rue ?

- Ils ont pas de maison.

- Pourquoi ?

- Parce qu'ils sont trop pauvre.

- Pourquoi ?

- Parce qu'ils ont pas de travail.

- Pourquoi ?

- Parce qu'ils en ont pas trouvé.

- Pourquoi ?

- Parce que... y en a pas. C'est comme ça, voilà.

Et ça continue comme ça pendant... ben tant qu'elle a de la salive et qu'il y a pas de poney dans le coin quoi. Remarque, des questions comme ça, ça te fait remettre en cause un tas de trucs, et je suis rapidement trop con pour répondre à ses interrogations pointues sur le système politique et social de l'Empire. Elle est tellement intelligente ! J'suis sûr, les autres gens qui ont des enfants, ils ont pas une fille intelligente comme moi j'ai. Elle tient pas de moi pour ça, j'suis soulagé. Il paraît qu'elle me ressemble physiquement, mais en fille et mignon. C'est une maman d'élève qui me l'a dit, c'est un peu zarb comme remarque nan ? J'veux dire, j'suis pas vraiment petit et mignon (quoique petit... enfin parlons pas des sujets qui fâchent), et elle a pas mes yeux ! J'le sais, parce que mes yeux, ils sont dans mes orbites et j'y vois encore... j'ai pas compris cette remarque non plus, je crois, parce que la maman d'élève, elle est sans doute pas assez con pour pas voir que j'ai encore mes yeux. P'tète que c'est elle que son fils a ses yeux, et qu'elle est aveugle, c'est pour ça qu'elle a pas vu que j'avais encore les miens... hm, à méditer.

- Papa, est ce que t'as une peau de poney sur le dos ?

- Non c'est une autre bête, je sais pas laquelle. Je ferais jamais de mal à un poney.

Ouaiiii, mais carrément mec. Je massacre des gens à tour de bras, mais je touche pas aux poneys, chacun de son éthique ouais. En fait, je ne touche effectivement pas aux poneys parce que je peux pas faire de pantin d'ombres avec, et je touche pas aux enfants non plus mais c'est plus une histoire de sensibilité personnelle. Ouais, la paternité tout ça, ça te change un homme. Tu verras si t'en as un jour, te réveiller au milieu de la nuit et paniquer tout le temps, tu verras comme ça va te changer. Dès qu'elle est plus dans mon champ de vision, y a un tas de scénarios improbable qui me viennent en tête. Un jour j'ai vu un nid de guêpes dans la rue où était son pensionnat, y a un tas de trucs à base de piqure dans l'œil ou la gorge qui m'est venu, et j'ai couru jusqu'à sa chambre pour vérifier qu'elle allait bien. Y a une parti de mon cerveau (le coin qui gère l'intelligence et la lucidité, un peu atrophié chez moi) qui me dit que les pièces que je me fais dans sa tête à base de petits cadavres brisés sont improbable, mais ça empêche pas que j'ai l'impression qu'un éléphant s'assoie sur ma poitrine à chaque fois que j'y pense. Des fois j'arrive à passer deux heures sans flipper comme un chien à son propos, mais c'est exceptionnel. Même quand je la tiens dans mes bras, elle et pas totalement en sécurité, à cause des guêpes, d'un complot international ou de prêtres libidineux. Elle a des cours de religion à son pensionnat, ça m'effraie. Elle le sait que ça m'effraie parce qu'un jour elle a expliqué à son prof que les prêtres « c'était tous des fils de pute de gros porcs violeurs et sadiques ». J'ai dû en répondre.
C'est d'ailleurs pour ça que je l'emmène à la cathédrale. Parce que c'est pas le tout de s'inquiéter des guêpes et des complots, mais un jour son jeune âge ne la protègera plus des inquisiteurs et je pourrais pas me sacrifier héroïquement pour la protéger plusieurs fois. En plus, un jour, il paraît qu'elle sera plus un bébé et que je serais plus là pour faire des pantins d'ombre et des machins. Cette perspective me terrifie.
Bref, éveillons des sentiments bienveillants envers la religion chez ma fille (ça me fend le cœur tu peux pas savoir).



Et je la paume.

En fait, j'ai été appelé à des besoins naturels dans ce si grand édifice, et comme c'est un peu mon lieu de travail, j'avais les clés pour aller aux lieu d'aisance dans le monastère juste à coté, où je pouvais pas l'emmener parce que les monastères c'est plein de gros porcs sadiques. J'ai dit à ma fille de m'attendre, de pas bouger, DE SURTOUT PAS BOUGER.
Elle a bougé.
Je la trouve plus.
J'ose pas hurler dans la cathédrale, parce que c'est malpoli, mais je me mets à courir partout et à inspecter les lieux qui – je pense – intéressent les jeunes enfant (les machins plein de couleurs et facile à comprendre). Je regarde dans les chapelle, près de l'autel, je cours partout. Est elle sortie à ma recherche ? Je regarde juste devant. Y a rien. Je me remets à courir partout, je suis une plaie ouverte d'angoisse. Un connard de collègue que je connais pas m'interpelle :

- Courrez pas monsieur, c'est un lieu de culte dédié à l'Ombre, l'équilibre doit régner.

- Mais j'ai paumé ma fille ! Grande comme ça, la peau brune, les yeux marrons, avec une robe bleue !

J'ai l'air d'un putain d'animal sur le point d'être abattu.

- Bah vous la cherchez en marchant.

Lui, dès que je me remets à bosser, ça va être sa fête. Mais avant ça, faut que ma fille soit dans mon champ de vision. Je veux m'allonger et mourir, et j'le fais pas uniquement parce que ma fille est pas là et qu'elle va se retrouver toute seule après. J'ai envie de me chier dessus tellement j'ai la trouille, c'est insupportable.
Pitié.


Dernière édition par Zélig Faoiltiarna le Lun 26 Juil - 16:59, édité 1 fois (Raison : Orthooograaaaphe !)
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MessageSujet: Re: Niais-land. [PV Eleanor]   Lun 26 Juil - 13:15

La journée s’annonçait bien. La pluie des derniers jours avait enfin laissé la place au soleil. Le ciel était encore parsemé de nuages qui voilaient souvent la lumière provenant de celui-ci. Mais ils étaient blancs. Signe que la pluie était bien loin désormais. Eleanor en profita pour sortir de son auberge où elle n’avait rien à faire. Elle s’était bien ennuyée ses derniers jours alors une promenade dans les rues d’Ishtar lui ferait un énorme bien. Elle mangea son déjeuner et partit donc se balader. Elle n’avait aucun but précis donc elle marchait là où ses pas la menaient. Toujours avec ses deux gardes du corps derrière elle, bien sûr. Les rues d’Ishtar étaient encore un peu mouillées et l’air était humide. Quelques flaques d’eau restaient encore par ci par là. De plus, les rues semblaient, du moins à la jeune duchesse, être un labyrinthe. Elle savait qu’elle s’était perdue. Mais elle avait une bonne orientation, il suffisait de revenir sur ses pas. Au pire, elle demandera à une charrette de la ramener. Dans chaque ville il y avait des hommes qui poussaient les charrettes pour transporter les autres d’un bout à l’autre de la ville. Bien sûr, c’étaient surtout des esclaves qui étaient utilisés pour ce genre de tâches. Tout cela pour dire que cela ne dérangeait en rien Eleanor de ne pas savoir où elle se trouvait dans Ishtar à ce moment-là.

Au bout d’un moment, un des rues la mena vers une grande place. Il y avait là une cathédrale. Eleanor la trouva très belle. C’était la première fois qu’elle en voyait une. Cela changeait de la petite église construite dans son village à Überhal ! Celle-ci était énorme, érigée en pierre et très imposante. Eleanor garda les yeux levés vers le ciel pendant quelques instants, la bouche ouverte. Elle était non seulement surprise mais aussi impressionnée. Bien sûr les hommes bâtissaient de telles œuvres, elle le savait depuis toujours. Mais elle n’en avait pas vu. Et vous savez bien qu’est ce que cela donne comme sensation en voyant une. Alors vous pouvez comprendre ce que ressentait Eleanor à cet instant présent. Elle fut tellement intriguée qu’elle désira rentrer dans la cathédrale sur le champ. Cela lui permettrait de voir comment elle était à l’intérieur. Puis, elle se souvint que cela faisait quelques temps déjà qu’elle ne s’était rendue à l’église pour prier. Elle en profiterait pour le faire. Comme cela, elle sera en paix avec elle-même avant le jour fatidique de sa rencontre avec l’Empereur qui arrivait assez rapidement. Le jour qu’elle attendait tant. Mais dont elle ne se préoccupait que très peu, ou du moins pas en cet instant. Après tout, elle avait encore du temps avant ce jour-ci.

Elle entra donc dans la cathédrale et l’intérieur la laissa pantoise encore une fois. C’était tellement impressionnant. Elle se demanda combien d’hommes et d’années avaient servit pour construire une telle merveille. Tout était gris sauf les vitraux, certes. Mais pour Eleanor c’était une merveille. Elle voyait cela pour la première fois dans sa vie. Les cathédrales font parties du quotidien de presque tous les citoyens alors pour eux, cela n’avait plus de charme. La beauté qu’elle découvrait ici ne lui échappait pas. Elle murmura un petit « Waouh ! » que personne n’entendît. Pas même les gardes qui étaient désormais à côté d’elle. Eleanor regarda au fond, l’autel. Elle s’aperçut par la même occasion qu’il n’y avait pas beaucoup de personnes dans la cathédrale. Ce n’était bien sûr pas l’heure de la messe. Et de toute façon, tout le monde devait être en train de manger à l’heure qui était. Cela expliquait donc beaucoup. De cette façon, le calme et l’équilibre régnaient en maîtres et elle savait qu’elle prierait sans être dérangée. Mais avant de prier, elle fit le tour de la cathédrale en s’arrêtant partout pour apprécier la grandeur de celle-ci. Elle examinait avec un œil très analyste, tous les vitraux qui représentaient des scènes religieuses. Elle en reconnut certaines mais pas toutes. Elle contempla tous les recoins de la cathédrale. Enfin, elle partit en direction des bancs. Elle choisit de s’asseoir vers le milieu. Les gardes du corps se mirent sur le banc juste derrière le sien. Eleanor ferma les yeux et commença à prier dans sa tête. Elle prononça plusieurs prières avant de parler d’autres choses à l’Ombre.

Quand elle eut fini, elle ouvrit les yeux et resta un instant, assise. Elle sentait maintenant le vrai calme. Comme si elle avait été libérée d’un poids qui lui était jusqu’alors inconnu. Enfin, elle entendit un des prêtres qui marchait pas loin, parler. Il semblait sermonner un autre homme qu’Eleanor ne vit pas tout de suite, caché par une des colonnes. Mais elle entendit bien la réponse de celui-ci. Il avait perdu son enfant. Une fille. Elle se trouvait quelque part dans la cathédrale. Ou peut être dans les alentours. Du moins, c’était ce qu’elle croyait. Elle ne pouvait en être vraiment sûre. Mais elle n’avait pas pu aller bien loin tout de même. L’homme bougea et elle le remarqua enfin. C’était également un prêtre. Il semblait apeuré. Certainement parce qu’il désirait retrouver sa fille le plus vite possible. Elle pouvait le comprendre. Elle se souvint dès lors du jour où elle s’était perdue dans son propre château fort. Elle avait basculé sur un mur qui bougeait et elle s’était retrouvée dans une petite pièce que son père gardait secrète. Elle avait été encore trop petite pour le comprendre. Pour elle cela avait été seulement une pièce de la maison. Elle sut tout de suite qu’elle ne pouvait pas retourner dans l’autre salle. Elle s’était mise à pleurer. Elle entendit au bout d’un moment qu’on la cherchait. C’étaient les voix de sa mère et des servantes. Elle n’avait pu rien faire. Elle n’en était ressortie que lorsque son père avait ouvert la pièce pour y rentrer. Elle lui avait sauté dans les bras sur le champ, en pleurant.

Eleanor se leva donc tout de suite. Les gardes du corps la suivirent. Elle se dirigea vers cet homme, ce prêtre. Elle se mit en travers de sa route pour qu’il la vît et surtout pour qu’il s’arrêtât. Elle avait à lui parler. Or, dans l’état dans lequel il se trouvait, il était bien capable de la repousser et de ne pas lui parler du tout. La recherche de sa fille était bien plus importante. Certes, Eleanor pouvait comprendre cela. Mais elle avait envie de l’aider. A deux, il était possible de la retrouver beaucoup plus rapidement. Lorsqu’elle barra le chemin au prêtre, elle vit son expression surprise. Mais aussi lorsqu’il fit la moue. Rien n’échappait à la jeune duchesse. Celui-ci lui répondit quelque chose avant de la pousser et de partir. Comme elle s’en doutait. Elle ne s’était pas trompée. Mais elle se tourna rapidement et dit :

- Mon Père, je souhaitais seulement vous proposer mon aide. Je peux, et voudrais même, vous aider à retrouver votre fille. Acceptez ma proposition, je vous prie.

Eleanor espérait que cela suffisait mais elle n’en fut pas aussi sûre. Le prêtre ne l’avait peut être pas écoutée ? En tout cas, il ne s’arrêta pas et continua sa route. Elle allait dire quelque chose lorsqu’elle sentit une main sur son épaule. Elle sursauta sur le champ. Quand elle tourna la tête, elle vit le deuxième prêtre avec un sourire de compassion.

- Laissez-le mon Enfant, dit-il. C’est un de nos prêtres les plus étranges.

Mais Eleanor ne voulait pas abandonner. Tant pis, elle chercherait de son côté. Au moins, de cette façon elle apporterait son aide. Et peu lui importait si le prêtre en question ne la souhaitait pas. Elle le ferait et puis c’était tout. Personne ne refusait de l’aide. Surtout venant de la duchesse. Elle n’allait tout de même pas le laisser tout seul. Non, elle n’en avait pas l’intention. Alors elle partit dans une direction opposée à celle du prêtre. Non seulement il ne verrait pas qu’elle l’aidait, mais peut être avait-il mal cherché là d’où il venait ?
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MessageSujet: Re: Niais-land. [PV Eleanor]   Mar 27 Juil - 21:53

Ma santé mentale est une petite bête toute mignonne dont on aurait anonymement badigeonné l'anus de paprika, et qui donc en aurait ensuite ressentit une haine profonde pour tout ce qui vit. C'est sans doute pour ça que quand une jeune femme m'a proposé son aide, je n'ai eu qu'une seule envie : lui faire avaler toutes les bougies de la cathédrale (fort bien dotée de ce coté là) par tous les orifices possibles et piétiner son cadavre jusqu'à ce qu'elle atteigne l'état liquide. Heureusement que j'étais trop occupé à chercher ma fille pour mettre mon projet à exécution, mes yeux (et pas mon cerveau) ont juste vaguement enregistré sa présence avant que je disparaisse en marchant comme un char d'assaut qui va écraser absolument tout ce qui aurait la connerie profonde de se mettre devant.
Ma santé mentale est en train de gratter le paprika avec une scie sauteuse.

En fait, disons que si l'angoisse en train de monter crescendo en moi était une manifestation physique, mes tripes fumantes et chaudes éclabousseraient les murs parce que je me serait enfoncé un couteau dans le ventre de stress. J'ai la très nette impression qu'une meute de loup est en train de fouiller en moi à grand coup de dents, je vais finir par exploser, forcément, à un moment. On peut pas vivre comme ça.
Je ne retrouve pas ma fille.
J'arpente les allée un peu n'importe comment, les yeux fous, et j'ai recours à mes petits tics pour ne pas me mettre à me rouler par terre en pleurant à cause de la tension. Je me mords le poing pour ne pas hurler (et fort avec ça).
J'entends des voix d'enfant !
La porte explose plus qu'elle ne s'ouvre, car son ombre a un peu débordé à cause de moi. La cathédrale (grande, si grande) et le monastère communiquent (normal, c'est un peu le but) et je déboule sur un cloître où un de ces fils de pute de prêtre fait du putain de cours sur l'Ombre à une flopée de morveux. Sans doute va-t-il en violer un ou deux après, et les gamins n'ont même pas l'air terrifié ou nerveux, il doit leur faire croire que c'est normal et dans l'ordre des choses. On peut faire croire n'importe quoi à un gamin. Je reste un peu interdit face à la scène, ma main partiellement enfoncée dans ma bouche et une peau de bête sur le dos (on s'évanouirait face à moins que ça), des gamins me fixent avec de grands yeux de veau mort, et je ne voit pas ma fille, qui est relativement facile à reconnaître du fait que les nobles d'Ishtar qui envoient leurs enfants prendre des cours de religion à la Cathédrale sont en très grand parti blonds aux yeux bleus (y en a un ou deux qui font un peu moins merde de crémier que d'autres, mais c'est rare).
Mais ma fille n'est pas là.
Je laisse le prêtre (sans nul doute pédophile) et ses futures victimes sans un regard en arrière, mais avec une pensée : Ma fille ? Au milieu de ces violeurs d'enfants là ? Et si ils l'avaient prise pour une élève et l'avaient... emmené ? J'peux te garantir qu'ils chieront du sang dans pas longtemps si c'est le cas, en regrettant jusqu'à la première pensée libidineuse qui aurait traversé leur cerveau malade... mais je vais pas chercher de ce coté là tout de suite, parce qu'il faut que je finisse de fouiller d'abord la cathédrale, mais si un prêtre en manque avait déjà mis la main dessus...
Ma santé mentale est un petit hamster qu'on a torturé à mort et qui creuse ses viscères pour s'en sortir.

Je bouscule un peu des meubles, des bancs. J'ouvre la porte grillagé de chapelle qu'une enfant de cinq ans ne saurait pas ouvrir, et je garde ma main blessée contre ma poitrine, en la grattant d'un ongle pour la faire saigner, bref : je perds tout sens commun. Tu n'as pas idée de l'état de peur panique dans lequel je me trouve, et je n'ai pas le droit de hurler de peur, parce que je crains autant la perte de ma fille que la punition qui pourrait venir d'un autre prêtre pour avoir craché mes boyaux dans la cathédrale en étant pris de folie. Y a toujours un grand noble qui traine dans le coin, ça ferait désordre. Moi aussi j'ai du sang bleu ! C'est juste que ma mère est une pute, c'est tout.
Et ma fille de cinq ans n'est pas là.
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MessageSujet: Re: Niais-land. [PV Eleanor]   Mer 28 Juil - 13:07

La cathédrale était grande. Immense même. Sauf qu’Eleanor ne le savait pas. Et le problème, qu’elle rencontra assez rapidement d’ailleurs, ce fut qu’elle n’avait pas accès à tous les endroits possibles. Certains étaient réservés aux prêtres donc interdits au public. Elle n’y avait visiblement pas pensé auparavant. Dans la petite église du petit village où elle habitait, le prêtre la connaissait. Elle entretenait une relation bien amicale avec celui-ci parce qu’elle était une duchesse et la seule noble du village mais aussi parce que tout le monde se connaissait là-bas. Il l’autorisait donc à se promener dans n’importe quel endroit de l’église. Bien sûr, ce privilège n’était pas réservé qu’à la duchesse puisque presque tout le monde circulait librement, comme il l’entendait. N’importe où. Tout cela pour dire que la duchesse n’était donc pas habituée à ne pas avoir accès à certains lieux. Mais peut être que si elle demandait la permission avec une belle voix charmante, les prêtres la laisseraient-ils ? Elle ignorait si sa tactique pouvait bien marcher. Mais elle ne perdait rien à essayer au moins. Qui ne tente rien n’a rien, disait-on. Au mieux, elle se verrait l’accès aux différents endroits. Au pire, elle aurait une interdiction. Elle espérait ne pas en avoir une, sinon elle ne pouvait pas aider pleinement le prêtre.

Elle se dirigea vers une porte derrière l’autel. Généralement, elle était fermée au public parce que dedans se trouvait des objets qu’utilisaient les prêtres et autres religieux qui y avaient accès. Encore une fois, elle connaissait cette petite pièce par cœur dans son église. Elle frappa à la petite porte en bois. Elle dut attendre un bon bout de temps avant de frapper à nouveau. Enfin, un prêtre ouvrit la porte. Il la dévisagea avec des yeux qui révélaient toutes les questions qu’il se posait à ce moment même. Que faisait-elle ici ? Que souhaitait-elle ? Mais il n’eut pas le temps de les poser. Eleanor le devança.

- Mon Père, je vous prie de m’excuser, je dois certainement vous déranger. Pourtant, un prêtre de cette cathédrale a perdu son enfant et il la cherche. Je suis en train de l’aider. Pour cela, j’aurais besoin d’une permission pour entrer dans des endroits auxquels je n’ai pas accès. Veuillez me comprendre, mon Père. Je fais cela dans le but de retrouver l’enfant de …

Elle ne put terminer sa phrase. Le prêtre en face d’elle lui sourit aimablement et l’autorisa d’entrer dans la pièce. Eleanor, notant son sourire, ne voulut pas savoir toutes les pensées qui lui passaient par la tête. En tout cas, elle sut tout de suite qu’elle devait s’en méfier. On ne savait jamais ce qui pouvait arriver. Heureusement qu’elle avait ses gardes du corps qui la suivaient. D’ailleurs le prêtre allait fermer la porte pour les empêcher d’entrer mais Eleanor s’interposa en expliquant qu’ils lui étaient nécessaires. Le prêtre grogna quelques mots mais Eleanor n’y fit pas attention. Elle vit également que le sourire de celui-ci venait de disparaître. Elle en frissonna. Mais les gardes réussirent tout de même à entrer. Elle remercia l’homme avec un énorme sourire.

En effet, comme elle l’avait imaginé, la pièce ici était bien plus grande que celle de l’église qu’elle connaissait. Elle devait y receler bien plus d’objets également. Peut-être même quelques reliques si cela se trouvait. Eleanor reprit ses esprits. Elle n’était pas là pour visiter tous les endroits de la cathédrale. Elle devait retrouver la petite fille aussi rapidement que possible. Elle ignorait où chercher mais elle entra dans plusieurs pièces où elle chercha dans tous les recoins. A un moment, elle vit que tout ce que faisaient les gardes, était de l’observer. Certainement pour savoir si elle ne faisait rien de mal ou qu’il ne lui arrivait malheur. Mais c’en fut trop pour la duchesse, dont le dos commençait à se faire sentir. Se baisser, se redresser, surtout avec la robe qu’elle avait, n’était pas plaisant du tout. Non seulement elle avait mal au dos, mais parfois il lui était impossible de respirer même. Le corset lui coupant parfois violemment la respiration lorsqu’elle se baissait. Elle devait alors tout de suite se relever pour reprendre son souffle.

- Vous ! désigna-t-elle les deux gardes du corps. Vous pouvez m’aider tout aussi bien à la chercher. Pas besoin de rester comme des statues à me regarder faire ! Non mais.

Sa voix était sèche et dure. Tout cela pour leur montrer son mécontentement. Les gardes du corps ne purent rien répondre. Tel était leur devoir. Au lieu de cela, ils s’exécutèrent. Comme elle avait de toute façon passé au peigne fin toute la pièce, elle savait que la petite fille ne se trouvait pas ici. Elle en sortit. Heureusement d’ailleurs parce qu’elle n’avait pas aimé cette salle pleine de statues étranges avec des hommes et des femmes qui se tordaient dans tous les sens. Parfois elle se demandait bien pourquoi l’Eglise gardait de telles atrocités. Parfois elle se disait qu’elle ne comprenait pas l’Eglise. Qu’il y avait quelque chose de louche dans cette institution. Mais elle ne la remettait jamais en cause. Et elle continuait à croire en l’Ombre, à prier, à venir à l’église. Ses questionnements n’avaient de toute façon aucune influence sur ses croyances. Cela arrivait à tout le monde à un moment ou à un autre de sa vie. Il ne fallait pas s’en préoccuper ni s’inquiéter.

Au fond du couloir, il y avait une porte. Mais elle était cadenassée. La petite fille ne pouvait donc pas se trouver à cet endroit. Sauf si quelqu’un l’y avait enfermée. Ceci était une explication plus que possible si elle était introuvable dans toute la cathédrale. Mais Eleanor repoussa cette hypothèse pour l’instant. Pourtant, un frisson la parcourut. Bien que le prêtre qui était dans son petit village fût très gentil et souriant, elle avait bien sûr entendu des rumeurs comme quoi certains prêtres abusaient des enfants voire parfois même d’adultes. Il devait y avoir une part de vérité là dedans. Mais Eleanor ne s’en était jamais vraiment préoccupée puisque ce n’étaient pas ses affaires. C’étaient les problèmes de l’Eglise, pas les siens. Pourquoi donc s’en mêler ? Cela ne servait à rien. Donc elle ne commentait jamais, n’en parlait jamais et n’y pensait jamais.

Tout d’un coup, alors que tout fut calme – bien trop calme pour elle – elle entendit des bruits. Elle se demandait d’ailleurs pourquoi personne ne se trouvait dans les couloirs de la cathédrale. Personne n’y traînait-il donc pas ? La cathédrale n’était donc pas un endroit grouillant de prêtres qui passaient ou occupés à diverses tâches ? Visiblement pas. Elle se souvint le temps qu’elle avait attendu pour que le prêtre lui ouvrît. En tout cas à ce moment, les bruits qui lui parvenaient, étaient clairs. C’étaient des pleurs. Des pleurs d’une enfant. Eleanor fut tout d’un coup soulagée et rassurée. Mais elle ne savait pas d’où provenaient ces pleurs. Elle essaya de se concentrer au mieux pour déterminer l’endroit où la petite fille pouvait bien se trouvait. Rien ne lui disait que c’était elle. Mais elle en était persuadée.

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MessageSujet: Re: Niais-land. [PV Eleanor]   Jeu 5 Aoû - 19:01

[HJ/ Je relance pas aussi bien que toi j'en ai peur.]

Les Haut Prêtres d'autrefois et tous les martyrs me regardent avec leurs vilains petits yeux en pierre. Est ce que je suis un martyr moi aussi ? Je sais pas, mais je dois me rapprocher de la définition. J'espère quand même ne pas avoir une vilaine sculpture comme ça après ma mort, où on me verrait hurler de douleur avec un regard extatique pour l'éternité.
Remarque, je dois avoir une expression un peu comme ça à force de pas retrouver ma fille.

A un moment - entre celui ou je fouille sous les banc et celui où je regarde dans un placard à balais - je note que la bourgeoise entre-aperçue rentre dans une porte près de l'autel. Je la suis, parce que j'ai pas encore fouillé par là (je prend comme même le temps d'ouvrir le fameux placard à balais avant).Je constate une fois à l'intérieur que c'est en fait la Maison Secrète de toutes les statues du monde, puisqu'ici elles sont légions. J'ai jamais vu autant de mec souffrir atrocement tous les tourments de l'enfer en même temps, et pourtant je bosse à l'Eglise. T'a déjà vu une nana se couper les seins ? Ben moi ouais, et maintenant ! C'pas propre. Bizarrement, je tue un tas de gonze, je les torture avant même des fois (pour voir si ça influe sur le pantin), mais ça m'a jamais fait bander. J'ai dû te le dire ça. J'ai dû te dire aussi que je ne touche pas aux enfants, parce que les enfants c'est mignooooon ! … ou alors juste parce que c'est encore plus dégoûtant que le reste. Je supporte pas les petits cadavres d'enfants, c'est presque physique. J'en ai déjà vu, pendant mes études de prêtre. Même quand il y avait pas eu l'Accident ça me touchait déjà. J'crois que quelque part, j'étais destiné à m'accrocher au résultat de mon sperme et à en dépendre. Sans elle j'me lève, j'fais caca, je mange, je picole, je me reproduis... c'est d'un triste. Ma fille, c'est l'truc qui fait tout pétiller ! Mais elle est tellement fragile... j'veux dire, une fillette de cinq ans, tu marches dessus, ça meurt... Puis ça sait pas se défendre dans la vie, ça croit que les gens sont tous gentils avec elle. A son âge on m'avait déjà enlevé mes dernières illusions à ce sujet, puisque le premier soir où je suis arrivé ici, déposé par mon père qui en avait marre de se trainer un bâtard, un vieux prêtre m'a accueilli très... chaleureusement. Mon père est mort, ce prêtre aussi, ça a été un immense soulagement, je n'avais plus son ombre derrière mon dos prête à ressortir et à me tomber dessus. Je mordais mon poing, les larmes aux yeux, pour ça, pour le reste, et surtout parce que j'avais peur, mais pas pour moi. Je suis un mauvais père.

Finalement je tombe encore sur la noble, devant une porte. J'essuie mon poing sur mon pantalon et je passe le dos de ma main sur mes yeux : me voilà présentable.
Pour en revenir à la noble – je suppose qu'elle est noble pour être habillé cher et classe – elle attend devant une porte... cadenassé. Quand j'arrive à son niveau, la raison devient limpide : on entend des pleurs d'enfants. Sans trop réfléchir, je tend le bras, la paume face à la porte, dans un geste déterminé. L'ombre du cadenas se solidifie et celui ci explose. Ensuite, un coup d'épaule dans la-dite porte ouvre le tout et je tombe dans une pièce avec un petit lit une place, sans fenêtre, et surtout, surtout, ma fille en pleurs au milieu.
Je me jette dessus, et là, ENFIN, je me remets à respirer normalement, sans qu'un poids énorme pèse sur mon diaphragme. Elle n'a rien, elle n'a pas de sang sur elle, elle porte toujours sa robe bleue, et elle a juste eu très peur sans comprendre à quoi elle a échappé. Je la serre contre ma poitrine, obligé de la porter avec les deux bras parce que c'est plus un petit bébé et qu'elle commence à peser son poids.
Et grâce à la noble.

- Oh madame...

Je suis rarement poli, mais là, si elle veut, je lui lèche les pieds ou un truc comme ça. Le connard qu'a mis ma fille là, je vais le buter, sincèrement, je vais lui arracher chacun de membres et les lui enfoncer dans la gorge, et j'vais surtout m'occuper de le débarrasser de son si encombrant appareil génital.
Mais pas maintenant.
Là, j'ai ma fille dans les bras.

- Sortons.

Je fais signe à la Dame et je m'éloigne de cet endroit qui, du coup, me paraît vraiment puant. Les statues renforcent l'effet. Comment un connard a pu ramasser ma fille ? Parce que, soyons logique, elle a pas pu ouvrir des portes cadenassées toute seule. Je sais pas, c'est peut être sa couleur de peau, ses cheveux crépus, ça fait pas noble, mais comme elle était au milieu de la cathédrale, un connard l'a ramassé... j'ai pas été assez prudent. Elle continue de pleurer à grands sanglots contre ma poitrine.
Tout en marchant, je prêtre attention à la Dame.

- Hum... merci. Je l'aurais pas cherché là tout seul et... enfin voilà quoi.

Disons que je viens de me prendre un gros coup d'émotion dans la gueule, alors j'ai un peu de mal à ordonner l'intérieur de ma tête, surtout que j'ai pas l'habitude de remercier les gens pour des trucs.
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MessageSujet: Re: Niais-land. [PV Eleanor]   Ven 6 Aoû - 10:16

Eleanor n’entendit pas les bruits de pas du prêtre. Ce qui fut assez étrange. Il était le seul dans les parages. Mais elle était très concentrée sur la porte cadenassée, qu’elle ne prêtait pas attention aux alentours. Heureusement que les gardes étaient là au cas où. Elle sursauta alors au moment où elle sentit la main du prêtre. Elle poussa un petit cri avant de remarquer que c’était celui qui cherchait sa fille. Ensuite, elle se tourna vers ses gardes qui haussèrent les épaules. Ils n’avaient pas pu arrêter cet homme. C’était un prêtre tout de même. Il fallait le respecter. Alors ils avaient du le laisser passer sans rien dire ni faire. Puis, elle vit le cadenas exploser à côté d’elle. Elle sursauta à nouveau, tout en poussant un nouveau cri. Surprise. Mystérieux. Oui, le prêtre avait eu raison. Cet homme était mystérieux. En plus, il n’avait toujours rien dit. Pas un mot. Eleanor le regarda faire tout en restant bouche bée. Elle ne savait pas du tout quoi dire. Mais en tout cas, il ouvrit la porte et une petite fille se trouvait à l’intérieur de la pièce. A voir la réaction du prêtre, cela devait être sa fille. La fille qu’il cherchait. Une petite fille de cinq ans à peu près, en robe bleue. En larmes. Elle avait du avoir très peur. Eleanor fut non seulement émue de ses retrouvailles, mais elle ne put retenir quelques larmes. Elle les essuya peu après afin que l’homme ne la vît pas pleurer.

Le prêtre prit sa fille et demanda à tout le monde de sortir. Eleanor s’exécuta en suivant le prêtre pour rejoindre la cathédrale. Elle pouvait apercevoir le visage de la fillette qui pleurait. Celle-ci leva la tête soudainement pour regarder la duchesse et cessa de pleurer. Eleanor lui sourit chaleureusement. La fillette en fit de même. Eleanor sentit alors un petit lient qui venait de se créer entre elles deux. Elle n’était pas sûre si elle la reverrait un jour. Mais elle était sûre que la fillette penserait à elle pendant quelques temps. Elle l’oublierait certainement bientôt. Mais cette journée resterait probablement dans sa mémoire pendant plusieurs jours voire semaines. Eleanor ne savait pas du tout qui avait bien pu enfermer la fillette à l’intérieur. Mais elle sut tout de suite que cette personne passerait un sale quart d’heure. Le mystérieux de ce prêtre lui donnait l’impression qu’il était en train de réfléchir au meilleur moyen de sévir. Elle préféra ne pas penser ce à quoi il pouvait penser, lui. Soudain, il s’arrêta juste devant l’entrée vers la cathédrale côté autel et il la remercia. Il ne trouvait pas ses mots. Elle le comprenait alors ce n’était pas un problème. Il était sous le coup de l’émotion encore et cela était bien visible et compréhensible. Alors, elle lui sourit immédiatement.

- Ne vous inquiétez pas, je comprends parfaitement, dit-elle aimablement. Il n’y a aucun soucis.

Elle ne sut pas si le prêtre était sur le point de dire quelque chose. Mais elle vit sa bouche bouger ou peut être trembler. Puis, elle entendit des pas plus loin dans le couloir. Elle tourna sa tête et vit deux prêtres qui venaient dans leur direction tout en parlant. Ils s’arrêtèrent et les regardèrent sans rien dire. L’un d’eux changea tout d’un coup. Son visage n’eut pas la même expression que la seconde précédente. Eleanor se demanda pourquoi. Peut être parce qu’il était étonné de voir une duchesse et ses gardes dans les couloirs dédiés aux religieux ? Non, ce n’était pas cela. Du moins, elle le pensait. Mais n’en était pas sûre. Il s’avança vers eux. L’autre prêtre resta en retrait sans bouger quelques instants avant de le suivre. Mais il ne vint pas aussi près que son compagnon.

- Vous devriez surveiller vos enfants ! s’écria-t-il. Cette fillette m’a donné du fil à retordre, je n’ai pas pu faire autre chose que de la calmer dans cette pièce. Savez-vous ce qu’elle a fait ?

Eleanor n’eut pas le temps d’écouter la suite du discours de ce prêtre. Elle reçut tout d’un coup la fillette dans ses bras. Elle comprit la seconde suivante ce qui allait peut être se dérouler devant leurs yeux. Elle mit une main devant les yeux de la petite et dut la tenir à une seule main, bien qu’elle pesât déjà quelques bons kilos. Elle commençait à devenir trop lourde pour être portée. Alors Eleanor décida sur le champ de sortir de la pièce. Elle arriva devant l’autel pour ne pas voir ce qui se passerait mais aussi pour protéger la petite fille. Elle la déposa ensuite par terre. Elle ne pouvait plus la tenir plus longtemps. Elle soupira ensuite.

- Bonjour, je m’appelle Eleanor van Lahrë.

La petite la regarda avec un visage timide et sans rien dire. Elle soutint son regard avant d’incliner la tête. Eleanor lui sourit. Qu’est ce qu’elle était mignonne ! Cinq ans. Son frère aurait eu quatre ans s’il avait vécu. Elle aurait pu le rencontrer. Ils auraient pu jouer ensemble. Mais Eleanor cessa d’y penser. Cela ne servait à rien de toute façon. Son petit frère était mort. Et il avait été la cause, sans le vouloir, de la mort de sa mère. Alors en y pensant, cela lui rappelait des mauvais souvenirs. Elle chassa donc son petit frère de sa tête. Elle caressa la joue de la fille avec son index. Toujours en souriant. Désormais elle savait qu’elle voulait des enfants. Elle aurait des enfants. Plus tard. Pour l’instant, elle était encore trop jeune. Mais elle en aurait. Comme elle savait que la fille ne dirait pas un mot, elle attendait que son père revînt. Et celui-ci ne se fit pas prier.
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MessageSujet: Re: Niais-land. [PV Eleanor]   Sam 7 Aoû - 12:13

HJ / Zélig il est bien, mais pas pour parler, puis j'manque de temps pour trouver une bonne idée de relance. x_x

Je sais pas si t'as remarqué, mais je suis pas très doué pour les répliques percutantes et tout ça, tu vois, une insulte finement ciselée ou quelque chose comme ça. Et puis ma fille est là aussi, elle répète tout ce qu'elle entend (comme tous les gamins il paraît), j'peux pas dire des mots de gros porc devant elle ! Enfin... j'sais pas si vous avez déjà écouté des enfants parler entre eux, mais c'est un coup à détruire tout ce qu'on croit sur l'innocence, ils t'en sortent des velus en général. Mais bon, c'est pas une raison, donc je dis rien.
Et don aussi je pose la gamine dans les bras de la noble, et comme elle est pas que conne, elle sort avec en lui bouchant les yeux avec les mains (c'est bien). Moi pendant ce temps je donne un coup de poing dans l'estomac (sans parler, parce que parle je le fais mal, comme dit plus haut). Tu peux pas savoir comme ça fait du bien ! J'ai passé un des pires moments de ma vie à chercher désespérément ma fille, j'ai ressenti toute l'angoisse du monde pendant bien trop longtemps pour que ça soit supportable, alors tu penses bien que mon fameux coup de poing, ce connard de pédophile (t'as vu comme je connais des mots compliqués hein ?) va le sentir passer ! Ensuite j'lui ai pété le nez, sans oublier de dissoudre ses pitoyables petites attaques de manipulation des ombres, avant de péter le nez à son petit camarade aussi.
Puis j'suis sorti.

Ouais, je les ai pas tuer, mais les prêtres j'ai pas le droit, après j'saurais pas quoi faire du corps, c'est la merde. Je me masse les phalanges (oui parce que j'ai mal, du coup). J'ai retrouvé mon bébé ! Il faut vite aller le rejoindre et le serrer dans mes bras (et tout ces trucs de parents transi d'amour) !
Je rejoins donc la dame qui tenait ma fille, plus loin, hors de portée de ces connards de mes couilles. Elle est intelligente, elle a éloigné ma fi-fille (il paraît qu'avoir des enfants baisse le QI, ça se vérifie là). Je lui reprend des bras, en la portant comme si elle était en sucre glace (trop fragile ces petites bêtes là, sérieux, tu marches dessus ça meurt). Elle est calme, tranquille, elle a eu peur mais c'est fini maintenant. Qu'est ce que c'est bien d'être gamin ! J'aimerais bien me rassurer comme ça aussi ! Comme je suis vieux con et moche, j'suis encore bloqué sur le truc d'avant, style « OH MON DIEU ET SI ! ». Donc j'suis content de la sentir près de moi et tout, au moins, j'suis sûr qu'il peut rien lui arrive (logique parentale : il peut rien arriver si t'es là, au pire, si un dragon géant déboule, tu pourras sacrifier ton petit corps en t'intercalant entre ta descendance et le gros monstre. C'est con un parent).

- Hum... sortons encore plus.

Trois mots et demi, record battu. Tentera-t-on une vraie phrase sujet verbe complément un jour ? Chais pas, en attendant je me dirige vers la sortie.

- Euh... Z'êtes qui, en fait ? Noble non ?

Politesse ? Non. C'est pour les neuneu qu'on pas besoin d'interrompre toutes leurs fonctions cérébrales en cours pour marcher et respirer en même temps ça. Tu noteras le « euh » en début de chaque phrase, signalant que le gars, même pour dire bonjour, il est obligé de bien rassembler ses idées au préalable. C'est vraiment un complexe chez moi, d'être con.

- Enfin hum... merci beaucoup c'est euh... soulagement, tout ça.

Je jette un regard nerveux vers le sol. Faire une phrase ? Fail. Surtout que je l'ai déjà remercié. Bon, allez, maintenant j'peux pas dire « bon ben j'me casse, salut ! ». Ou si ? Merde, qu'est ce qu'on fait dans ces cas là ? Surtout si c'est une noble vraiment noble et tout. Je sais pas ! Ma fille suce son pouce, j'aimerais bien faire ça aussi !
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MessageSujet: Re: Niais-land. [PV Eleanor]   Dim 8 Aoû - 19:39

Spoiler:
 

Il la reprend sur le champ. Avec une rapidité si soudaine, qu’Eleanor fut vraiment surprise. Elle ne s’attendait pas du tout à ce qu’il la prît dans les bras. Non, elle pensait qu’il la laisserait tranquille. Elle avait tout de même cinq ans. Elle pouvait bien marcher toute seule, non ? Elle ne sut pas pourquoi, mais le prêtre l’irritait vraiment. Déjà, elle n’imaginait pas qu’un prêtre pouvait être aussi mystérieux et surtout, violent. D’accord, sa fille avait été enfermée dans une pièce. Mais de là à vouloir le frapper juste après, c’était bien étrange. Elle avait toujours connu le prêtre tout gentil et sympa de son village. Bien sûr, elle avait entendu des rumeurs disant que certains étaient pédophiles. Mais jamais elle ne s’était trouvée dans une telle situation. Elle se demanda vraiment quel type de prêtre pouvait-il être. Pas celui pédophile en tout cas, puisqu’il avait une petite fille et frappait un autre prêtre après l’avoir trouvée. Gentil ? Certainement pas. Quoique … Sa mère lui avait toujours dit qu’il ne fallait pas juger selon les apparences. Mais là, c’était tellement flagrant que cela en devenait trop bizarre. Elle ne se fit donc pas d’idée précise pour l’instant, après tout c’était peut être un masque qu’il mettait lorsqu’il se trouvait entouré d’autres personnes. Ou peut être pas. Elle n’en savait rien. En tout cas, il était vraiment étrange.

Tellement étrange, qu’Eleanor se sentit soudainement mal à l’aise. Elle eut comme une impression de mauvais. Ou alors que quelque chose ne tournait pas rond. Elle ignorait ce que cela pouvait bien être. Mais elle ne sut pas quoi faire. Ni quoi dire. Elle resta la bouche ouverte, cherchant quelques mots à dire. Avant même que le prêtre lui demandât de bouger. Ils se situaient derrière l’autel pour l’instant. Ce n’était pas vraiment pas l’endroit approprié. Alors Eleanor suivit le prêtre sans mot dire encore. Les gardes toujours derrière elle. Tout d’un coup, il lui posa une question. Il n’était pas vraiment poli. Ces deux phrases qu’il venait de prononcer le prouvaient. Il avait bien remarqué qu’elle noble. Au moins, il savait les reconnaître. Enfin, ce n’était pas si difficile que cela. Elle était vêtue d’une belle robe, avait coiffé ses cheveux et parlait un langage très soutenu. Contrairement à celui du prêtre. A cet instant, Eleanor se demanda comment ils avaient pu laisser cet homme devenir religieux. Avec un tel caractère et comportement. Elle trouvait cela quelque peu inadmissible. Mais elle n’allait bien sûr pas le dire. Elle ne le pointerait pas du doigt, après tout. Elle ne s’en préoccupa pas davantage.

- C’est la duchesse van Lahrë, papa, dit la fillette avec une petite voix timide.

Eleanor fut très surprise que la petite répondît à sa place. Celle-ci la devança en effet. Puis elle sourit à Eleanor. Elle lui rendit le sourire avant d’acquiescer de la tête, quand elle vit le regard interrogateur du prêtre. Ils étaient maintenant vers le milieu de la cathédrale et le prêtre la regardait. Avant à nouveau, de la remercier. Au moins quelques bribes de politesse. Eleanor sut parfaitement désormais qu’il n’était pas le prêtre le plus gentil sur terre. D’ailleurs, son côté mystérieux et étrange ressortit encore plus. Il ne lui semblait pas gentil du tout mais alors il s’inquiétait énormément pour sa fille. Quelque chose ne collait pas. Cela paraissait être un gros paradoxe. Tout le monde faisait preuve de politesse un jour ou l’autre. Mais lui, on aurait dit qu’il y était vraiment contraint. Normal, elle l’avait aidé à retrouver sa fille. Dans un endroit où, comme il le lui avait dit précédemment, il n’aurait pas eu idée de chercher. Enfin, elle crut que cela avait été ses paroles. Peut être avait-il dit qu’il n’avait pas encore cherché à cet endroit … Bref, peu importait. De toute façon, cela revenait au même. Eleanor fit une petite révérence comme elle en faisait à chaque fois pour dire que le plaisir avait été le sien. En effet, elle avait vraiment été heureuse de retrouver la petite fille. C’était le plus important.

Ils avancèrent jusqu’au bout de la cathédrale. Ils étaient maintenant devant la porte. Etait-il en train de lui demander de partir ? Peut être pas. Ou peut être, mais dans ce cas, inconsciemment. Ou alors il voulait seulement lui signaler qu’il devait lui partir. Emmener sa fille autre part que dans cette cathédrale. Eleanor comprit de toute façon le message : leur rencontre était terminée. Elle ne fut pas déçue. Enfin d’un côté, si. Elle s’était éprise de la petite. En si peu temps, certes. Mais elle aurait bien voulu la revoir encore une fois. Mais elle ne savait pas si elle pouvait. Elle n’osait pas poser la question, en tout cas. Elle était de plus en plus mal à l’aise au fur et à mesure que les secondes passaient.

- Mon Père, je pense qu’il serait judicieux de nous séparer, affirma-t-elle, avant de s’adresser à la fillette : nous reverrons-nous un jour ?

Tout en prononçant ses paroles, Eleanor souriait et caressait la joue de la petite avec son index. Pour être douce. Ensuite, elle ne fixait que les yeux de la fillette pour voir sa réaction. La petite fille ne dit rien. Mais elle sourit aussi avant de recroqueviller sa tête et l’approcher le plus possible de l’épaule de son père. Elle était timide, en effet. Eleanor voulut rire mais elle ne le fit pas. Enfin, elle se recula. Un instant plus tard, elle ordonnait à ses gardes d’ouvrir la porte de la cathédrale pour qu’elle pût sortir. Elle partit en saluant le prêtre. Une fois dehors, elle souffla. Elle ne s’était pas attendue du tout à une telle journée. Elle continua son chemin parmi les rues d’Ishtar. Elle n’avait pas encore terminé sa visite. La cathédrale avait été seulement un point où elle s’était arrêtée.
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