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 Entre chien et loup

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MessageSujet: Entre chien et loup   Lun 18 Nov - 5:26

L'hiver marchait lentement mais sûrement sur la capitale, glissant tranquillement les bâtisses et les rues dans des robes blanches. Yowski observait la condensation de son expiration disparaître à quelques centimètres de ses lèvres craquelées. Il se tenait seul dans les rues désertes de la matinée, une cigarette entre les doigts. Devant lui se dressait impétueusement le palais royal, signe de la pétulance de ceux qui avaient la charge de gouverner l'empire. Même les temples de l'Ombre n'aspiraient pas à aspirer autant d'insignifiance en ses spectateurs que le palais dérisoirement luxueux. C'était un témoin imposant du vautrement des hautes sphères sociales dans la richesse, alors que le peuple désespérait à se maintenir à flot pour ne pas se noyer dans la pauvreté. Ce n'était pas que le prêtre s'offusquait de la situation. Simplement, l'ironie était délicieuse. Le peuple serait toujours plus puissant que n'importe quelle organisation, pourvu qu'il s'unisse. Mais il préférait endurer silencieusement l'humiliation qu'on lui étalait en plein visage. D'un autre côté, c'était peut-être justement parce qu'on lui étalait au visage la dominance de l’Empereur qu'il n'était pas capable de voir sa propre puissance.

Le prêtre avait revêtu les robes noires caractéristiques de l'Église. C’était la première fois qu'il les enfilait depuis son départ de Gells, ayant préféré des habits plus discrets, malgré leur association tout de même assez aisée à l'Église une fois combinée avec les nombreux tatouages sur sa peau. Pour une fois, la croix ornant sa gorge était fièrement visible plutôt que cachée sous un large col de fourrure. Il gravit les hautes marches jusqu'au palais, où des gardes lui ouvrir les lourdes portes sans questions. Il se retrouva dans un hall gigantesque et tristement vide. Une jolie servante aux longs cheveux noirs l'approcha rapidement, lui demandant poliment la raison de sa venue au palais. Sa réponse obtenue, elle l'invita à attendre quelques instants en quittant par une porte sur la gauche, vraisemblablement partie avertir Nemesio.

Le jeune prêtre anticipait la rencontre. Il savait que ses origines minables et ses habitudes de la rue ne l'avantageaient pas dans une conversation avec un individu habitué aux intrigues et manipulations de la cour. C'était pourquoi il avait décidé de se présenter comme un dévoué de l'Ombre un peu simplet. Son attitude directe pour quelqu'un vivant dans la subtilité devrait l'aider dans ce sens. Il savait que le fait de rencontrer pour la toute première fois un prêtre supérieur aurait dû évoquer en un jeune disciple de l'intimidation et de la nervosité, cependant la nature stoïque de Yowski le détachait de ses types de sentiments.

Lorsque la jeune servante l'ayant précédemment approchée revint pour lui demander de la suivre, Yowski emboîta le pas silencieusement. Il était curieux de découvrir de quel côté le scribe du empereur se situait réellement. Quelles étaient ses intentions? Était-il plus fidèle à l'Empereur qu'à l'Ombre? L'ancien drogué ne s'était pas encore positionné définitivement sur le empereur, mais son opinion actuelle ne le maintenait pas en haute estime. Certes, si on consultait son avis il se garderait bien de l'admettre, mais pour Yowski le empereur n'était qu'une autre pièce sur un jeu d'échec entre la Vérité et la stupidité humaine, où l'Ombre gagnait toujours, peu importe le vainqueur.

Ayant passé les derniers jours parmi le peuple, Yowski était biaisé à prendre pour leurs intérêts. Dans un signe peut-être quelque peu agrémenté de défiance de la part du peuple, Yowski alluma distraitement une cigarette. La servante lui jeta un regard, mais s'abstint de commentaire. On ne critiquait pas l'Église.

Il se préservait cependant de la duperie. La présence de l'Empereur en tant que figure autoritaire de l'Empire était nécessaire, d'autant plus dans ces temps troubles. Elle participait d'une certaine façon à affirmer la puissance de l'Église. Il restait à savoir si l'Empereur actuel était celui nécessaire.

Le prêtre marcha pendant quelques minutes à la suite de la jeune femme au travers des dédales de couloirs. Il doutait pouvoir se retrouver à la sortie; ce palais était ridiculement énorme. Finalement, la jeune servante s'écarta devant une porte de chêne sombre, l'invitant à entrer d'un signe de main. Yowski prit le temps d'éteindre sa cigarette avec des doigts tremblants dans sa petite boîte métallique. De toute évidence, sa présence avait été annoncée, c'est pourquoi il entra doucement après deux légers coups contre le bois. Une odeur riche et acre comme le thé sombre envahit ses narines. C'était une fragrance lourde et portant à la réflexion.

Un homme portant les robes de l'Église se tenait à côté d'un large bureau sur lequel s'entassaient des piles sans fin de documents. Le haut prêtre inspirait la finesse et l'astuce, son attire simple et son allure confondante avec ses habits indiquant à Yowski qu'il ne s'était pas trompé. Cet homme serait soit un allié puissant ou un ennemi terrible. Il était de ceux qui se maintiennent dans la pénombre, ceux sur qui on à tord de n'accorder qu'un regard dédaigneux.

Le jeune prêtre s'inclina légèrement puis abaissa sa capuche à deux mains, découvrant ses cheveux blonds presque blancs, extrêmement courts. Contrairement à ce qu'il avait indiqué dans son courrier, le jeune prêtre n'avait toujours pas mis pied dans un temple de la capitale, préférant poursuivre son investigation avant d'être sous l'emprise des dirigeants de l'Église. Les nuits à dormir à l'extérieur et à manger maigrement n'avaient en rien atténués les éternels cernes rouges qui caractérisaient son regard bleuté.

« Bonjour, Haut-prêtre. Je suis le disciple Yowski Zaïtev. »

Se voulant un bon petit disciple docile autant que curieux d'observer le Haut-prêtre, Yowski attendu silencieusement une réponse. Il cacha ses mains tremblantes dans son dos, retenant autant que possible ses tics.


Dernière édition par Yowki Zaïtsev le Lun 18 Nov - 21:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup   Lun 18 Nov - 20:37

La journée était froide. De nombreux citoyens de la Capitale souffraient déjà depuis trois semaines du froid et des gelées nocturnes. Les plus démunis étaient malades ou mourraient. Bien sûr, l'ambitieux projet de la nouvelle ville avait sauvé bien des vies des réfugiés survivants de l'assainissement. Certains d'entre eux en étaient déjà à leur deuxième hiver à passer dans des conditions pour le moins difficiles. Il en était de même pour les gardes impériaux et le clergé de moindre importance. En fait, pour tous les gens dont le travail était dehors.

Par un concours de circonstances, Nemesio Ponti ne faisait pas parti de ces gens. Il n'en était pas fier ou particulièrement honteux. C'était l'ordre des choses. Ses services étaient requis à l'endroit le plus confortable et le plus sûr de tout l'Empire. Ou, du moins, l'un d'eux. Au sein du Palais impérial, au poste de Scribe personnel de l'Empereur lui-même, il ne souffrait pas du froid. Même s'il cherchait toujours la simplicité au milieu du luxe de la demeure des Walhgren, un feu bien entretenu ne lui faisait pas de tort. Le fort devait survivre et, mieux encore, dominer les autres. Nemesio a assez vite découvert qu'il n'allait jamais être considéré comme étant vraiment fort. Il lui fallait trouver un autre moyen d'assurer sa survie.

Le prêtre supérieur Ponti trouva cela en son don d'être quelconque et parfaitement transparent. On ne le remarquait pas, on ne se méfiait pas de lui comme d'un rival potentiel. On lui confiait des secrets et on ne le visait jamais lors de diverses manigances politiques. Bien entendu, cela avait partiellement changé depuis quelques temps. La noblesse venait souvent solliciter son influence auprès du monarque.

La journée, en plus d'être froide, était calme. Pour une fois, la Cour de l'Empereur était déserte. Exceptionnellement, personne n'était convié à entrer dans le domaine impérial. Ezhekiel Ier était occupé à ses affaires privées et ne désirait pas de visiteur. Ce qui n'était pas le cas de son Ministre le moins charismatique et le plus efficace en termes de travail abattu par jour. Ses assistants, scribes et archivistes n'étaient présents qu'à effectif réduit. L'Empire n'arrêtait jamais ne fonctionner, bien sûr, mais par la volonté de l'Empereur il ralentissait. C'était une chose à laquelle on finissait par s'habituer. Les moindres caprices du monarque avaient le pouvoir d'altérer la réalité.

Son invité finit par arriver, après deux coups discrets contre la porte. L'image même du prêtre de base, un homme sinistre, ayant le feu fanatique dans le regard. Simple dans sa foi, inébranlable dans ses principes. Un chef d'oeuvre d'éducation ecclésiastique. Nemesio ne portait pas sa capuche. Ses yeux gris étaient calmes, sans véritable attrait ni charisme. Il hocha la tête pour saluer le nouveau venu.

- Bienvenue, mon frère. Je crains cependant de ne pas être le Haut-Prêtre, même si j'en assume une partie des responsabilités.

Il lui désigna un siège, face à son bureau, mais resta lui-même debout. Quelques instants de silence. Le jeune Yowski avait le droit de se tromper sur le titre à employer. Et Nemesio n'allait pas lui en tenir rigueur. D'autres seraient moins indulgents. Suzume Zhang Jian, par exemple, l'héritière d'Uriel D'Arken. Ou l'Empereur, détenant en ce moment tous les pouvoirs au sein de l'Eglise.

Le Scribe poursuivit.

- Puis-je vous offrir quelque chose à boire ? Je suppose que vous avez besoin de vous réchauffer un peu. Merci pour vos lettres. J'espère que vous avez trouvé un accueil adéquat au sein de notre monastère. - Nemesio appela un serviteur pour lui transmettre leurs souhaits concernant les boissons. - N'hésitez pas également à me demander ce que vous désirez savoir. Nous sommes entre serviteurs de l'Ombre. D'ailleurs, j'aimerai savoir ce qui vous amène à la Capitale.
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup   Mar 19 Nov - 3:50

HJ : argh j'ai confondu Haut prêtre avec prêtre supérieur. Je vais faire avec :P


Yowski avait beau avoir dédié ces trois dernières années à l'étude attentive de toutes les parcelles de l'Église, la quantité d'information assimilable dans ce temps restreint était limitée, surtout en comparaison avec les prêtres ayant reçu et suivit la formation ecclésiastique depuis leur jeune âge. Il ne put donc retenir un froncement de sourcils en apprenant que Nemesio n'était pas considéré comme un n'avait pas hérité de l'appellation de Haut prêtre. Ses contacts dans la capitale lui avaient fait comprendre que l'Église étant présentement sans Haut prêtre, la fonction avait été subdivisée par l'empereur entre les prêtres supérieurs et les grands prêtres, ayant favorisé le prêtre supérieur Nemesio puis pris sous son aile pour garder une poigne sur l'Église. Yowski ne s'en tint pas rigueur, après tout c'était le genre d'erreurs auxquelles on s'attendait d'un disciple arrivant d'une province éloignée, non?  

De plus, la confirmation qu'aucun prêtre ou groupe de prêtre ne possédait actuellement le titre démontrait que l'empereur n'avait pas encore étouffé la possibilité de l'élection d'un nouveau véritable Haut prêtre. Cela ouvrait une porte optimiste pour le jeune prêtre. Effectivement, il avait entrepris le long chemin de la capitale dans deux buts précis: redonner son autonomie à l'Église et l'aider à affirmer sa puissance dans l'empire. Énoncé ainsi, il semblait véritablement à tout autre illuminé de l'Église plein d'ambition d'irrationnelle grandeur à la recherche de renommée. Cependant, Yowski était un stoïque et un rationnel -dans la mesure où un fanatique de l'Ombre pouvait l'être-. C'était des buts qui le dépassaient et de beaucoup, du moins pour l'instant. Il ne doutait pourtant pas la capacité de l'Ordre à atteindre ces buts. La première pièce pour mettre en marche cette évolution était évidente: il fallait un nouveau Haut prêtre. Yowski n'avait pas la prétention de même pouvoir envisager ce titre, mais personne d'autre n'entreprenait d'action en se sens, c'était donc à Yowski de mettre les choses en motions. La problématique principale était que la proposition directe d'un tournoi pour l'élection d'un nouveau au prêtre risquait de se buter durement à l'opposition de l'Empereur. Si ce dernier voyait la chose comme nuisible à ses ambitions, le projet mourrait dans l'oeuf. Il y avait aussi les révolutionnaires qui ne verraient pas d'un bon oeil la consolidation de la puissance de l'Ordre, trop facilement associée avec celle des aristocrates et de l'empereur.

Nemesio pourrait certainement l'éclairer sur l'opinion de l'empereur de même que la disposition psychologique des membres du clergé. Peut-être même, si leurs opinions trouvaient concordance, les deux prêtres pourraient-ils s'allier pour accomplir cette tâche gigantesque.

Il devait jouer ses cartes prudemment, car Nemesio pouvait avoir son propre agenda. S'il prenait conscience des objectifs du nouveau disciple, les choses pourraient tout aussi mal tourner.

N'ayant aucune envie de s'assoir, il n'osa cependant refuser ne sachant si c'était un manque de respect. Il n'aimait pas les chaises, préférant toujours s'asseoir à même le sol ou contre un mur. Il avait toujours eu l'impression que les chaises mettaient son cou juste à la hauteur d'une main armée d'un couteau...
Il s'assit donc en demandant un thé noir.

Il pouvait tenter une approche discrète, dévier l'attention vers d'autres points par des feintes pour obtenir les informations dont il doutait que l'homme lui donnerait volontairement. Cependant, il risquait ainsi d'éveiller les soupçons et voir sa supercherie exposée, car malgré qu'il était loin d'être un idiot, Yowski n'avait probablement pas l'habileté d'entreprendre des joutes verbales subtiles comme celles qui avaient couramment lieu à la cour et que Némésio avait certainement élevées au rang d'art.

Il fallait un élément déstabilisant pour espérer sortir de la rencontre avec ce pour quoi il était venu. Alors si Némésio était habitué aux manipulations verbales, Yowski allait prendre l'approche opposée. Il allait poser ses questions directement, sans subtilités, comme un simple d'esprit. L'imbécile qui ne peut cacher ses intentions dans une conversation ne terrifie pas; on le sait incapable de cogiter un plan plus complexe. Celui-là, on le catégorise comme insignifiant et ne lui accorde pas la plus petite méfiance que l'on conserve même avec l'individu le plus commun.

Il fallait tout de même éviter de dévoiler que Yowski n'était pas l'ecclésiastique typique ayant grandi avec la foi, mais plutôt un ex-drogué qui avait passé la majorité de sa vie dans une ruelle avec des yeux vides. Ça n'inspirait généralement pas de votes de confiance. Malheureusement pour Yowski, malgré que son maître lui ait inculqué les bases des conversations de haute société, elles étaient plus difficiles à obéir que dans une lettre réfléchie. Il devait mesurer ses mots.

«-Merci mon frère, de votre réception et votre intérêt. L'accueil du Monastère était très... apprécié. Pardonnez mon ignorance, car c'est d'ailleurs elle qui m'amène à vous voir aujourd'hui. »

Il s'interrompit le temps que le serviteur, revenu avec les boissons, les dépose devant eux. Ses mains engourdies qui commençaient à picoter douloureusement avec le dégel se gardèrent d'aller à la rencontre de la tasse.

« - Voyez-vous, je m'interroge sur l'état actuel de l'Église. Je ne comprends pas sa hiérarchie. Elle a toujours été sous la tutelle de son Haut prêtre, et celui-ci a toujours été remplacé rapidement lorsqu'il rejoignait l'Ombre de façon soudaine. Pourquoi donc l'élection prend-elle autant de temps cette fois-ci? À qui dois-je me présenter en attendant sa venue? J'ai tant de questions que je ne sais où commencer! L'Église me semble en si grands périls en ses temps instables suivant l'assainissement. Notre empereur doute-t-il tant de la capacité des confrères à servir aussi fidèlement l'Ombre que lui? Que dois-je faire!»

Cette tirade n'était pas si mal, non? Un peu paniquée et énervée, comme celle d'un jeune ignorant un peu insolant, quelqu'un qui ne savait pas agir avec subtilité et attendre en silence patiemment que les réponses se dévoile d'elles-mêmes. Il restait à espérer que l'apparente stupidité n'énerverait pas suffisamment Nemesio pour qu'il jette Yowski hors de son bureau.

L'erreur dont Yowski n'était pas conscient, et qui pouvait passer comme une simple étrangeté de caractère, était que son expression physique et la tonalité de sa voix restaient toutes aussi stoïques qu'il l'était toujours, empreintes d'autant d'émotions qu'il était capable d'en imiter, c'est-à-dire pratiquement aucune.
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup   Jeu 21 Nov - 18:27

Cet homme, tout compte fait encore moins important que Nemesio, avait-il fait tout ce chemin depuis Gells pour discuter de la structure de l'Eglise ? Le Scribe resta fade et impassible, comme à son habitude, mais il espérait que d'autres n'auraient pas cette idée, sinon, il passerait ses journées à recevoir les petits membres du clergé et leur expliquer pourquoi l'Empereur était là où il était. D'un signe de la main, Ponti lui fit savoir que ce n'était rien. Lui aussi fit silence jusqu'à ce que le domestique soit parti. Ils avaient à présent deux tasses, une théière bien remplie et tout ce qu'il fallait pour accompagner la boisson fumante. Nemesio inspira savourant le parfum.

Seul, il aurait souri. Mais il n'était pas seul, alors il ne laissa rien paraître et poursuivit la conversation.

- Il est sans aucun doute louable de vouloir sortir de son ignorance.

C'était quelque chose qu'Uriel D'Arken dirait sans aucun doute. Personne en ville n'ignorait qu'il aimait les gens ambitieux. Depuis peu, Nemesio savait aussi qu'il avait enfreint tous les interdits pour approfondir sa fabuleuse maîtrise de la magie. Qu'un jeune homme vienne poser des questions, surtout d'une façon aussi directe, lui plairait sans aucun doute. Même s'il dépassait sans doute les limites de ce à quoi un simple prêtre devrait se limiter, Yowski avait le mérite d'être audacieux. Quelque chose que Ponti ne ferait jamais. Son credo avait toujours été d'être discret, fidèle et obéissant. Pas de vagues, surtout ne pas se faire remarquer.

- Cependant, permettez-moi de vous dire que vos questions pourraient vous attirer des ennuis. Ne les posez pas trop souvent, ni trop fort.

Ezhekiel Ier, Saint Empereur d'Ishtar, était devenu relativement irritable sur les questions politique. Toute remise en question de son pouvoir le mettait en colère. L'Inquisition avait reçu des ordres concernant les dissidents politiques et idéologiques. Les philosophes pouvaient exercer leurs arts, mais malheur à quiconque remettait en doute la place de l'Empereur.

- Pour répondre à vos interrogations, nous sommes dans une situation sans précédent. Notre Empereur assume l'autorité du Haut Prêtre. - Nemesio versa du thé dans les deux tasses. - Il ne peut consacrer tout son temps à notre Sainte Mère l'Eglise, mais le titre est sien.

Difficile de défier l'homme le plus puissant du monde en combat singulier. Certains, à la Capitale, ont essayé. Cela n'avait pas duré. Le duel le plus long n'avait pas dépassé une minute. En colère, après la mort de son mentor, et désireux de mener à bien ses plans pour la ville, Ezhekiel ne lésina pas sur sa propre énergie pour écraser les prêtres qui tenteraient de faire quoi que ce soit pour s'opposer à lui. La majeure partie du clergé se rangea derrière Suzume Zhang-Jian. Comme elle, ils attendaient des jours meilleurs. Des jours que le Scribe de l'Empereur tentait de faire arriver au plus vite.

- Contrairement à ce que vous pouvez croire, l'Eglise en tant qu'institution n'est pas en danger. Nous servons l'Empire et l'Ombre, comme nous l'avons toujours fait et nous resterons toujours indispensables. Dans le pire des cas, notre rôle évoluera...

Ishtar sans l'Eglise n'était pas concevable, d'après Nemesio. Même si elle devait devenir une institution privée de la famille Walhgren, emplie de scribes et d'assassins personnels. Le clergé serait toujours présent, jusqu'à la fin des temps.

- Comme je vous l'ai écrit, le Père Auderic, responsable de notre Monastère est la personne idéale pour vous attribuer une tâche en ville. Le travail ne nous manque pas. Quant aux doutes de l'Empereur à notre sujet... - Nemesio hésita. Il n'était pas encore temps de mentionner quoique ce soit de Suzume ou d'autres plans. Ils venaient à peine de se rencontrer. Il opta pour une réponse sincère, mais n'exprimant pas toute son idée. - Uriel D'Arken avait été un père pour Sa Majesté. Elle n'accepte pas que quelqu'un le remplace. Sans oublier que ce titre permet à l'Empereur de mener à bien ses projets pour la ville. La collaboration de l'Inquisition est indispensable pour la sécurité de la ville.
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