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 Gulliver chez les géants.

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Numa
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Numa

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Gulliver chez les géants.  Vide
MessageSujet: Gulliver chez les géants.    Gulliver chez les géants.  EmptyMar 23 Juil - 17:51

On vient de là.

« Petit-toi » ? C'était quoi ce surnom ? Numa serra les dents, car il se sentait avant tout insulté par le géant. Mais sa priorité n'était plus loin ; Raseriknulla avait eu ce qu'il désirait, et le garçon ne tarderait pas à obtenir la mort d'Oliver, pourquoi rester plus longtemps ici ? Le garçon s'apprêta à contourner le monstre, repérant déjà les ruelles où il pourrait s'enfuir, mais l'énorme main de l'Objet l'attrapa. De nouveau soulever dans les airs comme une vulgaire poupée de chiffon, Numa poussa un grognement animal, il était maintenant de méchante humeur. Soudain, le monstre ne lui inspira plus aucune peur, alors le gamin n'hésita pas une seconde. Il le griffa là où il pouvait l'atteindre, il le frappa là où il pouvait le toucher, et surtout dès que l'occasion se présenta, il mordit le monstre.

Sa mâchoire se serra sur le bout de chair, mais finalement, Numa se fatigua plus qu'il ne blessa Raseriknulla. Sa poupée était écrasée entre le monstre et sa propre poitrine, tandis que le paysage évoluait autour de lui. Numa s'avoua alors vaincu, qu'était-il capable de faire ? Il n'était qu'un gosse de dix-neuf ans, dont le poids devait être égal à une cuisse du géant ! Comme le lui demanda Raseriknulla, Numa ne cria pas ; c'était par habitude du mutisme que par servilité. L'adolescent sentait la frustration pointer le bout de son nez, car déjà ils s'éloignaient tous les deux du village des réfugiés. Il n'aurait pas ce quelque chose de chaud, de rouge, et de doux, comme Nami. Il jeta un regard triste vers sa poupée, le moment n'était pas encore pour elle de respirer. Souvent, il relevait le menton pour observer ce qu'il y avait autour d'eux, il découvrait pour la première ce que ça faisait de voir le monde depuis les hauteurs. Sans être minuscule, Numa n'était pas très grand pour son âge ; la misère que sa soeur et lui avaient vécue enfants se lisait dans leurs frêles carrures.


« Et s'il mentait ? Et s'il mentait ? Et s'il mentait ? Et s'il mentait ?
Peut-être qu'il va me tuer.
Nami, aide-moi. Nami, aide-moi. Nami, aide-moi. Nami, aide-moi. »


Quand cette pensée traversa le cerveau malade du garçon, la peur revint, tout aussi violente. Numa se débattit de nouveau, refusant de laisser son potentiel meurtrier l'étrangler aussi facilement ! Il gigota comme une mouche, essayant encore et encore de se défaire de l'emprise du monstre. Il donna un coup de genou, il ne savait trop où, mais il recommença, agissant aveuglément. Comme tantôt, il s'arrêta soudain, lassé de cette nuit interminable. Il voulait rentrer, il voulait rentrer, et se coucher contre sa soeur jumelle. Numa l'imagina endormie, sa jolie chevelure blonde glissant sur son visage blanc, ses longs cils frémissant selon ses rêves. Quel bonheur ce serait de se blottir contre elle, une main posée sur sa taille, et inspirer son parfum ! Et il était en train de se faire trimballer par un géant. Il y avait de quoi être en colère. Mais paradoxalement, Numa aimait bien le monstre, il lui ressemblait.

Mais l'idée que celui-ci allait peut-être le tuer ne le quittait pas.

Numa se mit alors à fouiller ses poches, à la recherche de quelque chose qui pourrait éventuellement l'aider, et égorger son nouvel ami. Mais avant qu'il puisse mettre le doigt sur quoi que ce soit, ils arrivèrent dans la rue commerçante. Numa bredouilla quelques paroles, essayant de dire qu'il « aimerait bien » être reposé par terre. Par contre... il n'avait aucune idée sur l'identité de l'Homme-Arbre ; il imaginait un grand type de bois se tenant les bras en croix, sans jamais bouger d'un cil. Pourtant, peut-être tenait-il sa chance pour fuir ? Il connaissait bien cet endroit, après tout, le salon de sa soeur s'y trouvait. Quand il prit conscience de cela, le garçon fut gagné par un élan d'assurance. Il devait trouver un moyen de rentrer, sans que le géant le pourchasse. Il montra alors du doigt une veille enseigne sur laquelle on avait peint un bonhomme en train de clouer une planche de bois, enfin... c'était ce qu'on pouvait croire. La pluie, la crasse, le temps avaient souillé l'enseigne, au point où elle donnait la sensation d'appartenir au passé. Numa mordilla ses lèvres, il ne savait pas si c'était l'endroit que Raseriknulla cherchait — et ça n'avait aucune importance —, mais il allait le berner. Il pointa du doigt le vieil atelier, et il marmonna :


— C... ce... ce... c'est... i... iss... ici ! 'Ve... ve... v-ve... veux êt... êt... aitre.... par t-t-terre. J-j-je... v-v-vais... fra-fra-frapper... à la... p-p-porte.

Finalement, Numa se retrouva les deux pieds sur le sol, une sensation qui lui avait été enlevée pour une éternité, lui semblait-il. Le garçon se tendit, tremblant toujours, maladivement, et il frappa à la porte. Il recommença jusqu'à ce qu'une lumière à l'étage s'allume, il leva alors la tête, et il aperçut une gigantesque silhouette dévorée par l'ombre. Lentement, cette silhouette disparut. Numa patienta, mordant ses lèvres, fermant et rouvrant les mains. Au bout de quelques minutes, la porte grinça et s'ouvrit devant un homme plus immense encore que Raseriknulla. Décidément, le gamin ne rencontrait sur sa route que des géants. L'homme ne parla pas, il se contenta d'examiner ses deux visiteurs. Doucement, sans faire de bruit, Numa commença à reculer, et il se retourna brusquement en espérant que cette fois-ci, le monstre n'allait pas le rattraper.

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« Car le mot, qu'on le sache, est un être vivant. La main du songeur vibre et tremble en l'écrivant »
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