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 Over my shoulders. Running away. [Suzume]

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MessageSujet: Over my shoulders. Running away. [Suzume]   Sam 13 Avr - 22:39

Malick était morose, ce jour-là, alors qu'il traversait le marché. Autour de lui, toute Ishtar se refaisait, les commerçants vendaient leurs produits et les mendiants, un moment calmés par l'explosion dans bas-fonds se renouvelaient. Malick l'avait remarqué mais loin d'être radicalement efficaces, les explosions – auxquelles il aurait pu participer mais ne l'avait fait – des bas-fonds avait fait augmenter le nombre de blessés, d'enfants orphelins. En un sens, les scientifiques devaient être rudement contents de voir ce afflux de chair fraîche par ici. Le jeune prêtre rabaissa sa capuche sur son visage, dans le désir de se faire le plus discret possible. Il allongea ses pas, évitant habilement tous les obstacles qui pouvaient venir devant et autour de lui.

Il avait finalement été embauché à l'orphelinat, et s'occupait toujours de ces joyeux bambins. Il leur dispensait des cours sur l'Ombre, sur la vie, leur lisait des histoires. Malick avait choisi de loger là-bas, et avait déménagé ses quelques affaires – le tout tenait dans un baluchon, le plus gros qu'il possédait étant ses livres – puis était entré dans son tout nouveau chez lui. C'était une chambre qui avait trois fois la taille de sa cellule, au monastère. Au début, il avait même dit que ce n'était pas la peine de lui donner quelque chose d'aussi grand, qu'il se contenterait de plus petit, mais il n'avait pas vraiment eu le choix. Il avait donc pris le rythme et commencé sa vie à l'orphelinat aussi simplement que possible, montrant aux gamins que même s'ils étaient pauvres, ils pouvaient tout de même s'en tirer grâce à l'Ombre.

Malick se hâtait. On aurait dit que sa cape flottait autour de lui, mais le vent renforçait cette impression bizarre. Il tenait le capuchon avec sa main droite, comme s'il ne voulait absolument pas qu'un de ses collègues le rencontre et l'accuse de traîtrise pour la énième fois. Personne ne connaissait plus fidèle que le jeune homme et c'était un comble qu'il soit soudainement devenu le bouc-émissaire de tous. Tout cela à cause d'une bête histoire de magie du sang...qui avait gâché tout ce qu'il avait pu faire jusque là. Qui aurait pensé que l'être qu'il avait tant aimé, qu'il avait adulé – et tentait de toujours aduler dans ses pensées, même s'il avait plus de mal – était comme cela ? Qui aurait pensé qu'il se montrerait sous son mauvais jour, orgueilleux, paranoïaque, détestable...bref, humain envers Malick ?

Ses pas finirent par le mener à la cathédrale où il garda le capuchon et se dirigea vers l'extrémité, la mine sérieuse et désirant le plus possible éviter de croiser le regard de ses confrères prêtres. Il y parvint facilement, le capuchon remplissant son rôle aisément. Il pouvait passer pour qui ne connaissait sa démarche, sa taille et son physique, pour un prêtre lambda. Sa bague argentée était visible, il croisait les doigts et puis il s'agenouilla là, sur le sol, commençait à prier. Il marmonna quelques versets puis commença à prier. Pour tout, pour son salut, celui des enfants, leur avenir. Malick pensa plus souvent qu'on ne l'imaginait à ces pauvres hères qui s'étaient retrouvé dans l'orphelinat des ombres égarées un peu par hasard. Il voulait les aider et ne voulait pas faillir à sa tâche...pour une fois que quelque chose d'important lui était assigné. Il recommença alors à prier, cette fois-ci à haute-voix.

« Ombres...pardonnez-moi mes moments d'égarements, le regard que je lui ai lancé cette fois-là. Maintenant qu'il fait partie de vous, je n'ai plus peur. Je suis en paix avec moi mais c'est dur. Ombres...que faire ? »

Le jeune homme se mordit les lèvres, pensant à ce que Franziscka lui avait dit la première fois qu'elle l'avait vu. Comme s'il avait une très mauvaise réputation et qu'elle risquait beaucoup en l'engageant...où était-il passé, le temps où il était bien vu de confier une mission à Malick N'Doye ? Où il avait combattu un inquisiteur affirmé dans l'arène – même s'il avait perdu ?

« Triste...à pleurer...et où est Sacha ? »
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MessageSujet: Re: Over my shoulders. Running away. [Suzume]   Mar 16 Avr - 1:51

Et dire qu'autrefois Suzume n'aurait pas raté une occasion de s'asseoir au premier rang, avant de méditer pendant de longues heures dans un silence parfaitement religieux. Mais elle en avait cure, il ne lui servait plus à rien de jouer les élèves modèles. Elle n'avait plus personne à satisfaire par de telles exigences si ce n'est elle-même, et là, assise contre l'un des lourds piliers de la cathédrale, restant ainsi caché du reste du monde, elle se sentait parfaitement à sa place, l'édifice lui offrant le calme qu'il manquait tant à son esprit agité, ces derniers mois. C'est au plein cœur des ombres qu'elle avait toujours excellé, et pourtant, plus l'année s'écoulait, et plus ses heures dans l'ombre de son mentor lui semblaient loin, alors qu'elle avançait aux yeux de tous. Elle prenait à peine conscience de ce que jouer son rôle entendait.
Suzume soupira. Encore. C'était inévitable, quand elle ne se laissait pas aller à la colère et l'impatience,elle se sentait... Lasse. Terriblement. Elle n'aurait su dire si cette démotivation venait de la situation actuelle de l'Église ou de la sienne, mais cela s'en ressentait grandement dans son attitude. L'enfant prodige, l'élève parfaite s'effaçait, laissant place à... Autre chose. Elle se sentait toujours déterminée à tout faire pour arranger les choses et... Et en même temps, elle avait envie d'engloutir toute la ville dans l'Ombre même, de tout faire disparaître pour se repaître d'une éternité de calme et de néant.
Au vu de son niveau, peut-être que d'ici une trentaine d'année, elle en sera capable...

Des pas résonnèrent. Quelqu'un venait d'entrer dans la cathédrale, désertée en cette heure-ci. Cela n'avait rien d'étonnant, l'appel de la faim avait toujours été manifestement plus fort que celui de la prière, surtout sous ce soleil de plomb. Même prier ne lui apportait plus aucun réconfort Pour la première fois de sa vie, Suzume se sentait seule, et ne voyait pas cela comme une bonne chose. Quelle ironie, elle qui avait passé sa vie à fuir les autres, désormais, elle les regrettait. Son seul réconfort dans tout cela était de savoir que ce sentiment était uniquement dû à son impuissance actuelle par manque d'influence et non pas à une quelconque faiblesse sentimentale ou manque relationnel. A ses yeux, s'attacher à quelqu'un c’était donner aux autres le moyen de se détruire. La mort d'Uriel lui avait servi de leçon, et en élève zélée, la prêtresse ne faisait jamais deux fois la même erreur.

Une voix s'éleva, raisonnant dans l'immense édifice qui jusqu'à lors, semblait presque endormis, alourdit dans ce silence froid qui l'accompagnait souvent à l'heure du repas. Suzume ne prit pas longtemps à reconnaître le timbre de l'inconnu, pour l'avoir entendu plus souvent que d'autres, à une certaine époque. Malick N'Doye. Et dire qu'il fut son élève. Son premier. Tout cela lui semblait tellement loin et anodin, aujourd'hui. A vrai dire, la jeune femme n'éprouvait qu'une profonde déception et honte à son égare. Si Uriel n'avait jamais rien voulu dire à son apprentie sur cette histoire (bien que le fait qu'il ne fasse pas partie du Culte en dise beaucoup à ses yeux), les autres prêtes s'étaient fait une joie de lui en apprendre tout plein sur cette histoire. Rien ne restait jamais secret bien longtemps à Ishtar, surtout au monastère (à croire que tous les prêtes et prêtresses étaient des commères refoulés). Néanmoins, fidèle à elle-même, Suzume avait vite cessé d'écouter ce genre de racontars, cependant, une information tout cela ne pouvait pas quitter son esprit. Un mot. Un seul.
Traître.

A cette simple pensée, c'est comme si tout ce surplus de sentiment néfaste que Suzume emmagasinait depuis quelques mois devinrent une boule vibrante dans son estomac. Elle avait envie de lui crier dessus, de déverser son venin, sa haine, sa colère, sa frustration, et tant pis si le défouloir qu'elle choisissait n'était qu'une brindille parmi tout cela. Si Malick était un traître à l'Ombre, un traître à l'exHaut-prêtre, alors elle s'en débarrasserait, comme elle l'avait fait pour khâli. Comme elle l'avait fait pour tous les autres. Elle n'avait plus du temps à accorder à ceux incapable de rentrer dans les rangs qui un jour serait les siens.

La prêtresse se leva, s'éloignant de l'ombre de son pilier, non loin de l'entrée, pour avancer dans l'allée principale sans un bruit, ses pas toujours aussi léger et silencieux, son entraînement d'assassin parlant pour elle. Comme s'il s'agissait de sa cible, Suzume approcha du jeune prêtre lui tournant le dos d'un pas félin. Pendant un bref instant, elle hésita. Il aurait été simple de s'en débarrasser, là, maintenant. Que cette idée lui parut douce, sa soif de meurtre et d'action parlant pour elle, et son envie de couper court à toutes les rumeurs sur le garçon l'y poussant. Il avait trahi Uriel après tout, méritait-il de vivre? Elle amorça un geste, bref, assuré, puis se retient au dernier instant, serrant le poings pour se raisonner. Agir avec précipitation était indigne d'elle. Elle ne l'attaquerait pas. Pas encore.
Relevant la tête, quittant sa position offensive, elle prit la parole de sa voix glaciale et basse, qui pourtant trouva écho dans la cathédrale déserte.

Est-ce là tout ce qu'il reste du Malick que j'ai connu, n'est-il plus qu'une ombre se cachant derrière le nom de ses ancêtres?

Des paroles dures. Suzume l'était toujours, c’était là le reproche qui lui revenait le plus souvent. Il ne fallait jamais attendre d'elle ni compassion, ni gentillesse. On l'avait voulu forte, elle l'était, abhorrant toutes manifestations de faiblesse. En cet instant, Malick transpirait la faiblesse, affaiblissant par la même occasion l'Église de l'Ombre. Elle ne pouvait le supporter.

Je n'ai que faire de tes explications, Malick, et je ne te cacherais pas ma déception, mais les faits sont là. Tu es un traître, et qu'importe le fin mot de tout cela, tu pourras crier à corps et à cris le contraire, l'avis général primera sur le tien. L'Ombre ne peut plus rien pour toi.

Son regard de cyan ne quitta pas son ancien élève, quand bien même il la dépassait d'une bonne tête, elle le toisait sans aucune retenue. Si elle ne l'avait eu sous son commandement que peu de temps, il n'en restait pas moins sa brebis égarée. Si elle ne pouvait rien faire pour l'Église tant que les épreuves pour choisir le prochain Haut-Prêtre ne seront pas ouvertes, elle pouvait au moins s'occuper de cette épine dans son pied. Et quelle épine!
Suzume se fichait parfaitement de sa version des faits, et à vrai dire, elle n'avait même pas envie de les entendre, car en aucun cas ils changeraient quelque chose à cette situation pour le moins catastrophique. Suzume séjournait désormais depuis assez longtemps à la cour impériale pour comprendre que la vérité n'avait en réalité aucun intérêt. N'importe qui pouvait devenir le pire des menteurs, pour peu que tout le monde en soit convaincu. L'influence donnait le pouvoir de transformer tous les mensonges en vérité, et cela avec une facilité déconcertante. Cela effrayait autant Suzume que l'impressionnait, mais elle l'avait vu faire tant de fois qu'elle n'en doutait plus. Si feu Uriel avait d'une façon ou d'une autre retourné l'Église contre Malick, alors il était trop tard. Les racines étaient maintenant bien trop profondes. Mais d'une façon ou d'une autre, il avait du être en tort. La prêtresse en était certaine, idolâtrant trop son mentor disparu pour croire le contraire.
Après un bref soupir, elle reprit, non sans mécontentement.

Ne te bas pas pour faire entendre tes mensonges, bats toi uniquement pour te racheter, ou quitte Ishtar avant l'arrivé d'un nouveau Haut-Prêtre..
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MessageSujet: Re: Over my shoulders. Running away. [Suzume]   Ven 19 Avr - 21:37

Pas de tremblement, rien. Malick ne devait pas se révéler plus faible qu'il l'était. Pendant un instant, il se dit enfin qu'il devait rester digne de ce qu'il était, digne de sa fonction de prêtre. C'est pour cela qu'il ne libéra pas les ombres, qu'il ne s'enfuit pas, qu'il ne commit aucun acte lâche. Il aurait été même capable de se tenir devant Suzume sans trembler tandis que celle-ci aurait eu une hache à la main, l'intention de l'exécuter. Les paroles que put prononcer celle qui avait été sa maîtresse eurent l'avantage de le secouer. Il ne savait pas s'il devait lui expliquer ce qu'il avait vécu, ce qu'elle pourrait croire et ce qu'elle considérerait comme un mensonge. Pour l'instant, il devait jurer de nouveau sa fidélité envers l'Eglise – car il était fidèle, le jeune Malick, il ne savait quasiment que faire ça – et c'était tout.

« Sous le ciel et le soleil, je vous salue. »

Mais tout de même, dire que l'Ombre ne pouvait plus rien faire pour lui, c'était un peu exagéré. Le jeune homme prit une grande respiration, ferma le point, essayant de se concentrer sur des chapitres un peu obscurs de ses ouvrages qu'il avait retenus par cœur pour se calmer. Il n'en avait pas l'air à l'extérieur, mais le simple fait qu'on lui dise qu'il n'était plus bon pour la seule chose pour laquelle il était bon faisait battre son cœur à la chamade.

« Je vais me battre. Si l'Ombre ne peut plus rien pour moi, alors je pourrais quelque chose pour l'Ombre. »

Il ne voulait pas blasphémer, juste se montrer fort. Était-il possible que le cauchemar dans lequel il était quotidiennement immergé s'évanouisse ? Pouvait-il du jour au lendemain tout reprendre à zéro, quel les racontars à son sujet – certains devenaient tellement absurdes qu'ils lui donnaient envie de vomir – se calment et qu'il reprenne ses missions, sa petite vie de prêtre. Il pensa soudainement aux enfants qui avait besoin de lui, d'eux et retrouva un peu de son calme perdu il y avait longtemps. Les rumeurs disaient que l'Eglise était en déclin : la cause ? L'avis des hérétiques ayant gagné les mœurs populaires. On susurrait des choses tellement hideuses sur l'Eglise qu'il aurait fallu faire un génocide pour exterminer tous ces hérétiques. Malheureusement, si l'Eglise n'avait de problèmes qu'avec ses fidèles, ce serait déjà bien beau : depuis qu'il n'y avait plus de Haut-Prêtre, les problèmes avaient pris une autre dimension, les différents partis se déchiraient.

« Si vous ne voulez pas croire ce que je veux dire, tant pis. Je m'exprimerai en combattant pour l'Ombre. Je montrerai ma vérité et tuerai les traîtres qui ont osé répandre des rumeurs à mon sujet. De tels hérétiques ne méritent que la mort. »

Puisqu'il était encore à genoux, il se leva de façon à être face à elle. Il préférait se confronter à ses adversaires en face à face. Tourner le dos à Suzume, ç'aurait été comme tourner le dos à l'Ombre et à ses convictions. Faire preuve de lâcheté, une fois de trop. Là, il fixa de ses yeux pleins de conviction ceux de la fille plus petite que lui, mais qu'il respectait comme si elle avait vingt ans de plus que lui. Il baissa légèrement la tête en signe de soumission et ouvrit la bouche presque malgré lui pour dire à nouveau deux mots sur ce qu'il s'était passé. Suzume, toute Suzume qu'elle était, méritait d'avoir quelques explications de sa part. Il trouverait presque injuste qu'elle n'ait pas d'explication de sa part.

« Je ne veux pas que vous restiez sur des a priori. Que les dires de quelques hérétiques aient pu entacher votre vision des choses et préfère m'expliquer en personne. Croyez ce que vous voulez, mais je vous jure que je n'oserai mentir à vous, et en plus dans cette cathédrale. »

Il prit une grande respiration. Il avait déjà essayé d'expliquer cela à Franziscka, mais c'était toujours très difficile.

« Je suis fautif, je le reconnais. J'ai été couard, faible alors que Uriel d'Arken avait besoin de moi. C'était le soir de mon ordination. Je...je venais de me donner à lui, nous sommes allés dans ses appartements prendre un bain lorsque...il a voulu me guérir. Je l'avais déjà vu faire. Ses mains ont commencé à me faire mal, il a voulu boire mon sang, il m'a blessé. Je...j'ai utilisé l'Ombre pour le faire reculé, il est redevenu normal. Et puis, hagard, il a guéri mes blessures, m'a invité dans son lit...et moi, alors qu'il était choqué, je l'étais aussi, je ne savais plus. J'avais peur, j'ai eu peur de lui, j'ai eu peur pour ma vie, qu'il meure. J'ai eu peur que s'il utilisait cette magie, il mourrait. Pardon. Pardonnez-moi. Je suis faible. Je suis parti. Je suis parti alors qu'il m'avait dit que si je le faisais, il n'y aurait pas moyen de revenir en arrière... »

Il était retombé à genoux devant Suzume, ses mains touchaient le sol. Malick se voulait fort, mais se remémorer ces circonstances était délicat.

« Que disent les prêtres ? »
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MessageSujet: Re: Over my shoulders. Running away. [Suzume]   Ven 26 Avr - 13:02

Après ce long discours, que Suzume écouta en silence, Malick s'expliqua, prenant alors la cathédrale pour témoin de sa bonne parole. Comme elle l'avait dit, Suzume n'en avait que faire, et le voir essayer envers et contre tout lui faire entendre des paroles qui n'avaient aucune valeur à ses yeux l'agaça. Que croyait-il? Que cela allait changer quelque chose? Il était trop tard pour en parler, il avait toujours été trop tard. Il fallait agir, depuis le début, pour se racheter. Mais Malick ne l'avait jamais fait, laissant les racines du mal s'encrer profondément et pour cette raison, Suzume le méprisait. Peut-être plus encore que Zélig.
S'il avait fui la confrontation, elle l'aurait tué.

Tiquant devant la question du prêtre, Suzume croisa les bras, se renfrognant un peu plus, si c'était possible. Il ne posait pas les bonnes questions. Il ne cherchait pas au bon endroit. Il ne comprenait pas. Il s'entêtait.

Qu'est-ce que cela t'apporterais de savoir ce qu'ils disent? Je n'ai pas préparé tout ce sermon juste pour assouvir ta curiosité. Comprends tu seulement dans quelle situation nous somme, Malick? Pour la première fois, je crains pour la pérennité de l'Église. Nous sommes sans guide. L'empereur, aussi sacré soit-il, ne peut s'occuper aussi bien de l'Église qu'un Haut-Prêtre permanent et présent. Les prêtres se déchirent entre eux, s'éparpillant, les Inquisiteurs s'éloignent de nous, et la science ne cesse de prendre du terrain. Sans parler des hérétiques, au service de l'empereur, qui érigent des maisons avec leur magie païenne, amassant des fidèles reconnaissant sans que nous ne puissions rien y faire! Et tout ce que tu trouves à faire, c'est essayer de redorer ton blason? Quel égoïsme...

Il était inutile d'alourdir son fardeau en lui faisant part de tout ce qu'elle avait entendue. Si Suzume était vu comme beaucoup comme la reine des glaces, elle n'en restait pas moins pragmatique : enfoncer encore plus sa brebis ne l'aiderait pas à revenir vers le bon chemin (a défaut d'être le droit).
D'ailleurs, les paroles de Malick sur l'idée d'exterminer tous les prêtres parlant sur son dos lui fit lever les yeux au ciel. Quelle merveilleuse idée! Ainsi l'Église perdrait alors cinquante pour-cent de son effectif et deviendrait réellement un vestige du passé. Parfois Suzume se demandait si elle était réellement entourée d'ignorance, et si c'était le cas, comment avait fait Uriel, pendant tant d'année, pour ne pas tuer tout le monde. Décidément, elle l'admirait encore plus aujourd'hui qu'autrefois. Si Suzume était probablement la plus jeune prêtresse confirmée, elle possédait néanmoins une maturité dont elle n'avait aucunement besoin de rougir, et qui, dans une telle situation, n'était nullement négligeable.

Et puis, que pourrais-tu faire pour l'Ombre? Ce ne sont que des mots. Ne parle pas sans prendre réellement conscience de ce que cela implique. N'agit pas non plus sans réfléchir aux conséquences. En tuant d'autres prêtres, tu ne ferais que confirmer les dires des autres et nous affaiblir encore plus. Tu n'y gagnerais que la mort et le déshonneur pour toi et ta famille. Est-ce là ton souhait? Elle soupira, puis repris avec, si ce n'est plus de douceur, au moins plus de calme. Tu n'as pas l'air de comprendre à quel point ta situation est délicate.

C'était une course contre la montre. Quand viendrait le temps pour un nouveau Haut-prêtre de se lever à la tête de l'Église, les chances pour que Malick soit disgracié étaient fortement majoritaires, les rumeurs ayant rapidement aggravé ses fautes, au final, assez limitées. Il devait se racheter en un temps record, aussi n'avait-il plus le temps à se laisser aller à de telle ineptie comme la "vérité". Tout ce que Suzume voyait dans sa démarche, c'était un trop plein de fierté.

Ne te bats pas pour ta ''vérité', ne laisse pas l'orgueil guider tes actions, tu vaux mieux que cela. Ils ne sont pas hérétiques, ils servent l'Ombre, tout comme ils servaient feu son Excellence. Oublie-les, ils ne doivent pas entacher ta dévotion. Quant à la magie du sang...

Suzume se fit pensive. Malick était faible, peut-être pas par le corps, mais par l'esprit. Trop faible pour une telle magie, trop remplis de doutes et de craintes, comme une grande partie de l'Église. Pourtant, c'était là leur avenir. Leur Salut à tous. Avec une telle magie, l'aura de crainte que devait inspirer les serviteurs de l'Ombre à tous ces infidèle n'en serait que redorée. L'Église n'aurait alors plus besoin de craindre la perte des inquisiteurs, et tuer les hérétiques deviendrait d'une facilité déconcertante... Au détriment de la santé, certes... Mais l'Eglise méritait bien que l'on s'aliène pour elle...

Elle offrira la force nécessaire à l'Église pour se relever. Mais je comprends... Je comprends que tu ne puisses l'approuver, aussi n'évoquerais-je plus ce sujet devant toi... Elle laissa un silence. Plus personne ne le fera.

Elle l'excluait. Elle l'excluait de son cercle de confiance. Uriel avait eu raison en lui disant qu'il n'y aurait aucun moyen de faire marche arrière. Comment aurait-il pu en être différemment? Viendrait un moment ou à un autre le besoin pour elle d'apprendre la magie du sang, et tant qu'elle ne trouverait pas un moyen de canaliser la folie qui allait avec, peut-être deviendrait-elle folle à son tour, prête à tout pour du sang. La jeunesse est si pleine de hardiesse...
Suzume ne savait pas ce qui l'attendait, cependant, elle était plus que décidé à devenir la prochaine Haut-Prêtresse, quitte à se battre contre le monde entier pour cela. Quitte à apprendre une magie auto-destructrice. Son ambition ne connaissait aucune limite, et maintenant qu'Uriel n'était plus, elle n'avait plus aucune raison de la refréner...
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MessageSujet: Re: Over my shoulders. Running away. [Suzume]   Dim 5 Mai - 16:49

N'était-ce finalement pas si important que cela, de ne pas savoir ce que tous pensaient ? Malick savait bien qu'il ne pourrait les tuer un par un, mais...mais il pouvait bien faire quelque chose ! En tout cas, même si Suzume disait se foutre de ses explications, il était tout de même très content de lui en avoir donné. Comme si, quelque part en fond de lui, cela l'avait soulagé. Après, elle y croirait ou non...et elle le jugerait en conséquence. Maintenant, il ne restait plus à Malick que prouver qu'il était fidèle. Il savait que l'église était dans une situation peu enviable et était près à tout faire pour aider...mais...mais un souvenir remonta à la surface. Ce fameux petit discours de son Excellence sur l'Empereur et son importance pour l'église. S'ils n'avaient pas de représentants, pourquoi l'Empereur ne pouvait-il être le représentant de l'Ombre ? Il n'osa pas dire cela à Suzume, évidemment, de peur d'être encore plus mal vu, mais n'en pensa pas moins.

Malick se releva, décidant qu'il avait été trop longtemps vu en position de faiblesse. Suzume était loin d'être comme Uriel d'Arken : il savait qu'à l'idée d'exterminer toute la racaille qui sévissait, celui-ci lui aurait souri comme on sourit à un jeune enfant qui propose une idée démente. Et puis ils seraient passés à autre chose. Mine de rien, le Haut Prêtre lui manquait, malgré toute la peur qu'il avait pu éprouver ce jour-là. Il baissa alors complètement la tête, montrant à Suzume qu'il était prêt à faire n'importe quoi pour l'église...et il était en effet prêt à faire n'importe quoi.

Quant à l'exclure de son cercle de confiance, Malick réunit sitôt qu'elle dit qu'elle ne parlerait plus de ce sujet avec elle : il était hors de question qu'il ne fut plus une aide ! Il voulait participer à l'effort commun, se rendre utile, il ne savait pas trop comment, mais se rendre utile ! Son visage était carrément expressif tandis que Suzume le matraquait de ses mots, et le jeune homme avait l'impression que le ciel lui tombait sur la tête : d'ailleurs, il était en train de lui tomber sur la tête, non ?

« NON !!! Je ne veux pas ne pas participer ! Je veux faire des missions, je veux aider ! Je prendrais même les missions dont personne ne veut, je veux montrer que je suis fidèle à l'Église ! S'il le faut, je...je peux apprendre la magie du sang ! »

Il avait eu du mal à faire sortir ces paroles-là. La magie du sang, il l'avait en horreur depuis très longtemps, et il était persuadé qu'il aurait été mieux pour eux tous de ne point connaître cette magie. Ils étaient déjà assez forts avec les ombres, alors, pourquoi vouloir cette chose qui ne leur apprenait qu'à devenir plus fous, plus jamais eux ? Cette chose à cause de laquelle Uriel d'Arken lui avait jadis sauté dessus, à cause de laquelle, probablement, Zélig Faoiltiarna lui avait...lui avait. Malgré tout, il serait sans doute prêt à faire n'importe quoi pour prouver au monde qu'il était digne de confiance : malheureusement et heureusement.

« Je suis prêt, maintenant. Désirez-vous que nous sortions pour nous entraîner ? Voulez-vous que je vous épaule dans l'Ombre ? En ce moment, je suis professeur à l'orphelinat des Ombres égarées sous le commandement de la prêtresse Halbrum. J'habite là-bas. »

...Pour signaler qu'il était libre n'importe quand et qu'en plus, il avait purement et simplement une couverture. Maintenant, il n'allait pas rester ici pour toujours, c'est pourquoi Malick mit un pied devant l'autre et commença à marcher dans l'allée, faisant signe à Suzume de le suivre. Son but était très clairement de sortir de la Cathédrale par l'arrière, afin qu'il puisse trouver un coin tranquille pour continuer leur conversation, et, qui sait, s'entraîner. Il parla encore un peu avec la prêtresse qui était son maître, conversation le plus souvent à sens unique, puisqu'il voulait lui montrer qu'il était plus que jamais fidèle en l'église et ses principes. Enfin, ils parvinrent à l'air libre et Malick s'étira.

« Testez-moi ! »

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