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 A propos de Rugby et de Place Marchande. [Aristide]

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MessageSujet: A propos de Rugby et de Place Marchande. [Aristide]   Mer 13 Mar - 21:18

« Reviens ici, sale rat ! »

Ferwin avait rarement envie de jurer. « Vous êtes les représentants du pouvoir de l’Empereur et tant que tel, vous devez être irréprochables en toutes circonstances. » Un sermon tellement rabâché que finalement, même dans ses pensées on retrouvait très peu de mots grossiers. Pourtant, il avait une bonne dizaine de termes bien plus péjoratifs que « rat » sur le bout de la langue et s’il n’avait pas eu suffisamment de peine à garder son souffle, peut-être se serait-il laisser aller à sa rage verbale, à défaut pour l’instant d’être physique.

« Place ! Ecartez-vous ! » fit-il en bousculant les passants sur son chemin.

Le bougre courrait vite. Et Ferwin avait beau ne pas être en reste question forme physique, une côte de maille et une épée sont des poids morts redoutables. Et le voleur avait pour lui une agilité peu commune au milieu de la foule, surement acquise après de longues années d’expérience. Ferwin faillit presque ne pas le voir tourner à gauche brusquement pour s’enfoncer dans une ruelle. Sans doute essayait-il de perdre ses poursuivants. Peine perdue cependant, puisque depuis le début des chantiers de la Nouvelle Ville, toutes les garnisons de la Garde avaient eu pour ordre formelle d’en mémoriser chaque recoin. Au bout de la ruelle : la place du marché, meilleur endroit pour se perdre dans la foule. C’était maintenant ou jamais. Ferwin commençait vraiment à fatiguer et il s’écarta pour laisser passer Miyagi Sato devant lui, qu’il savait meilleur sprinteur.

L’interception fut violente. Juste à la sortie de la ruelle, un placage au sol dans les règles de l’art qui finit brutalement dans l’étale d’un commerçant, la renversant totalement ainsi que certains de ses clients. Il ne fallut pas moins qu’une clé de bras de Ferwin et la poigne de Miyagi pour empêcher le voleur de resauter sur ses pieds.

Une paire de menotte et une épée sous la gorge plus tard, le criminel se retrouvait bien plus coopératif, contrairement au commerçant et aux badauds, semble-t-il bien peu satisfaits des manières brutes de décoffrage du Soldat Sato.

« Tu l’as bien en main ? Ramène-le à la caserne, je m’occupe de retrouver le propriétaire de son butin, de régler les dégâts ici, et je te rejoins. Pas trop envie de se faire taper sur les doigts par Nils, hein ?
- Ne m’emmenez pas, messires ! Je rendrai ce que j’ai volé ! C’était pour nourrir ma famille, vous comprenez ? S’il vous plait je…
- Oui, oui, on sait. Pour ma famille, blablabla…Je le referais pas, blablabla…Tu expliqueras ça à un Magistrat, eux ils sont payés pour t’écouter.
» Miyagi, sa verve, sa compassion.

Si Ferwin n’avait pas déjà assisté à cette scène des dizaines de fois et qu’il n’avait pas été en sueur après la course de tantôt, il aurait surement ressenti plus d’empathie face aux yeux humides du voleur à la sauvette. Il n’avait pas l’air bien vieux en plus, avec son petit duvet à peine visible sur les joues. Mais Ferwin n’était plus à ça près, et les rondes dans la Nouvelle Ville avaient été tellement calmes et ennuyantes dernièrement qu’il en venait presque à être heureux du malheur de ce garçon. Une course poursuite, voilà qui allait rendre jaloux ses compagnons de dortoirs !

Ferwin regarda Miyagi et son maintenant prisonnier s’éloigner pour rejoindre la caserne la plus proche, comme bon nombre d’autres passants que la scène insolite avait attirée.

« Circulez, il y a plus rien à voir ! »

Alors qu’il se penchait pour ramasser la planche de bois servant de socle à l’étale, une tape ferme sur son épaule le fit sursauter. Avec une main sur la garde de son épée par réflexe et l’autre se saisissant du moignon fautif :

« C’est pourquoi ? »


Dernière édition par Ferwin Frosberg le Ven 15 Mar - 7:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A propos de Rugby et de Place Marchande. [Aristide]   Mer 13 Mar - 22:30

Une journée de congé.

Du repos, gracieusement accordé par le Maître Architecte tous les dix jours de travail. Aux philosophes du moins. Les ouvriers ordinaires étaient encore plus dans la misère. Ceci dit, cela ne consolait pas vraiment Aristide. Certes, il était heureux que ses talents soient quelque peu plus reconnus qu'auparavant et que l'Inquisition ne puisse plus faire la chasse à sa personne. Son ego meurtri appréciait le fait qu'il ait droit à plus que la populace. Mais il demeurait contraint de s'abaisser à des tâches indignes de son génie artistique et de son rang.

Par le Trône ! Il était un aristocrate, malgré tout ! Son don le réduisait à travailler comme un esclave... Même s'il était au-dessus des autres esclaves, dépourvus de ses pouvoirs, il ne faisait que s'éloigner de ses rêves, plutôt que de s'en approcher. Ah... Si seulement il lui était donné d'enterrer vivant un terroriste...

Bref. Hier, jour de congé. Aujourd'hui... Eh bien, la grâce de l'Empereur (si quelque chose de tel pouvait exister) était avec lui : aucun travail difficile, ni pénible. Aujourd'hui, Aristide allait s'occuper des finitions de cette partie de la Nouvelle ville. Accompagné d'un scribe de l'Office impérial, le sculpteur à lunettes gravait les numéros des maisons, noms des rues, inspectait une partie du travail. En fait, il n'avait donc pas à abuser de sa magie et la subtilité était de mise. Quelques fioritures sur les bâtiments les plus importants... Au moins ceux déjà finis. Cette partie de la Nouvelle Ville vivait déjà, remplie d'habitants et d'activité. Des bienheureux auxquels on a restitué leur chez-eux.

Pour les numéros, c'était facile. Aristide creusait la forme des chiffres avec son doigt, à même la pierre et lissait et accentuait le contour obtenu, à l'aide de ses outils plus conventionnels. Un jeu d'enfant pour la plupart des artistes dans son genre. Au moins jusqu'à ce qu'on le pousse. Qu'on le bouscule. Non seulement, cela provoqua une ligne d'un demi mètre dans le mur, mais aussi un vrai trou, à l'endroit où le sculpteur s'accrocha au mur pour éviter de tomber. Pour une fois qu'il n'était pas tout sale au travail et qu'il avait vaguement l'air du petit noble qu'il était, il voulait le préserver. Le bureaucrate l'accompagnant s'indigna devant le petit désastre, alors que le chevalier Torchia se remettait droit pour aller rattraper le malandrin qui osa...

Il n'a pas fallu chercher loin. Deux uniformes... L'homme qui le bouscula était clairement un garde. Le temps qu'Aristide arrive, le coupable pleurait ses larmes de crocodile, bien attaché et déjà en route vers le bureau d'un Magistrat. Le philosophe sourit, manifestement heureux que quelqu'un se portait moins bien que lui-même. C'est sans ménagement qu'il tapota sur l'épaule du soldat qui avait manifestement causé plus de dégâts et tentait de les réparer. Son visage n'exprimait que le mépris qui était dû à un imbécile pareil. C'est d'un regard passablement surpris et en colère qu'Aristide fixa la main sur son poignet...

- Quel malpoli... Bon sang, avez-vous décidé d'enchaîner des gaffes aujourd'hui ? Non seulement avez-vous démoli mon travail, mais en plus vous vous permettez de me parler comme au premier mendiant venu ! Sans parler de ce qui est arrivé à... l'échoppe de ce brave homme...

Qu'Aristide se sente supérieur au marchand dont les deux gardes avaient démoli l'étale était clair et net. Et quand le sculpteur se mettait à parler, il était difficile de l'arrêter. Au moins, ne parlait-il pas d'Art ou de son propre génie en la matière.

- J'espère que vos supérieurs couvrirons les frais liés à la réparation du mur. D'ailleurs j'exige que vous veniez immédiatement avec moi pour voir l'étendue des dégâts que vous avez causé, espèce de singe ! Votre maladresse et votre manque de sensibilité font de vous une honte pour cette ville ! L'Office devrait noter le nom de cet homme.

Aristide, encore inconscient du fait qu'il poussait le bouchon un peu loin, et ce avec un représentant de la Loi, se tourna vers le scribe, manifestement dépassé par une situation qui sortait de l'ordinaire. Le sculpteur, quant à lui, se dirigea déjà vers la ruelle, où a eu lieu la minuscule bousculade de laquelle il faisait toute une affaire... De toute façon, il fallait bien que sa frustration ressorte l'un de ces quatre.
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MessageSujet: Re: A propos de Rugby et de Place Marchande. [Aristide]   Jeu 14 Mar - 11:56

Le propriétaire de la main semblait se tenir en bonne estime. La première réaction de Ferwin fut de rechercher l’identité de l’homme. Il n’aurait pas bousculé un baron, tout de même ? Mais ce visage ne lui disait vraiment rien et la simple mention du mot « travail » lui fit rayer cette hypothèse. Noblesse allait toujours avec oisiveté. L’identité de l’homme restait donc un mystère mais, à en juger de par ses vêtements et sa corpulence, il ne faisait surement pas partie des classes les plus défavorisées d’Ishtar.

Un caliméro imbu de lui-même. C’était bien son jour de veine. Il se prit à jeter un coup d’œil vers la rue où avaient disparu précédemment Miyagi et le gosse, il aurait bien aimé échanger de place…Quoi que connaissant les méthodes très diplomatiques de son collègue, il était peut-être le mieux placé pour cette tâche. Aussi ingrate soit elle.

« Ecoutez, Monsieur. Il s’agit d’un…
-J'espère que vos supérieurs couvrirons les frais liés à la réparation du mur.
-De quoi parl…
-D'ailleurs j'exige que vous veniez immédiatement avec moi pour voir l'étendue des dégâts que vous avez causé, espèce de singe !
-Je vous…
-Votre maladresse et votre manque de sensibilité font de vous une honte pour cette ville ! L'Office devrait noter le nom de cet homme.
»

Il y avait une limite à sa patience, et au nombre d’insultes qu’il pouvait supporter en moins de trente secondes. Il sentit le doux contrôle de ses émotions se fissurer et c’est avec un peu plus de force dans la poigne qu’il ne fallait qu’il retint son interlocuteur.

« Je ne vous permets pas, Monsieur. Je ne sais pas qui vous êtes et pour le moment rien ne me retient de vous inculper pour outrage à la Garde Impériale. Il s’agit d’un malencontreux accident auquel j’étais entrain de remédier avant que vous ne veniez m’interrompre pour m’insulter. »

Conscient tout d’un coup du ton un peu trop autoritaire de sa voix et des doigts toujours enfoncés dans l’avant-bras de son vis-à-vis, il le relâcha et prit une grande bouffée d’air, détendant ses sourcils froncés. Pour le moment, il savait être encore dans son bon droit, s’il violentait l’homme, il ne lui donnerait que du grain à moudre pour un probable rapport sur sa conduite. Il n’avait aucune envie qu’un tel papier vienne ternir son dossier pour le moment irréprochable, tel qu’il devait le rester pour ne pas voir ses chances d’entrer dans la Garde du Palais réduites à néant. Il reprit donc avec une voix plus douce.

« Je m’excuse si je vous ai offensé précédemment, je suis sûr qu’il y a moyen de régler ce soucis à l’amiable. J’ai cru comprendre que nous avions endommagé un mur, c’est celui-ci ? » fit-il en s’approchant du dit-mur devant lequel le scribe trifouillait dans ses papiers nerveusement, faisant un bond de dix centimètres en le voyant s’approcher puis s’éloignant pour lui dégager la vue.

Ferwin jeta un coup d’œil septique face à la fissure et au trou, se grattant la tête nerveusement. En effet, ce n’était pas très joli. Mais il fallait absolument qu’il empêche cela de remonter jusqu’à l’administration.

« C’est surement réparable, n’est-ce pas ? Un bon mage de la Terre réglera le problème en un clin d’œil non ? Je vais aller en chercher un à l’Office, ne bougez pas. »

Il fallait maintenant qu’il trouve un mage la Terre acceptant de faire le travail discrètement, sans en alerter l’Office. Ferwin ne roulait pas sur l’or avec son salaire de soldat : on leur fournissait déjà le gite et le couvert, le paiement qu’il percevait avait plus l’allure d’argent de poche qu’autre chose. Pas moyen d’investir dans les pots de vin donc. Enfin, il avait toujours certains atouts hérités à la naissance…Il aurait pu essayer d’en user sur le fauteur de trouble, mais il préférait aller tester sa chance à l’Office. Autant ne pas rajouter harcèlement sexuel sur son rapport.

Il s’apprêtait à partir quand, en se retournant, la garde de son épée heurta le mur, finissant de déséquilibrer les gravats en-dessous du trou, qui semblaient ne pas être encore tombés par pur miracle.

« Attention ! »

Il eut à peine le temps de tirer vers l’arrière le scribe et son compère que les contours du trou s’écroulèrent. Les gros blocs s’écrasèrent au sol dans un nuage de poussière qui lui picota les yeux.

« Vous allez bien ? »
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MessageSujet: Re: A propos de Rugby et de Place Marchande. [Aristide]   Jeu 14 Mar - 12:52

- Pffff...

Voilà la réponse au premier rappel à l'ordre du Garde. Certes, l'influence d'Aristide n'allait pas très loin et son titre de noblesse flirtait avec la condition d'homme du peuple. Mais il était convaincu de son rôle dans la reconstruction de la ville. Sans parler de son génie artistique inestimable bien qu'en fait encore peu reconnu dans le monde. L'assainissement lui a coûté le peu de prestige qu'il possédait et ses talents ne pouvaient plus s'exercer au service du Marquis de Hartwick, faute de temps et d'énergie. L'immense tas de sable allait devoir attendre encore longtemps avant de devenir le Labyrinthe de verre tant convoité par son excentrique mécène.

- Cela ne m'étonne guère, de la part d'un rustre pareil. Je suis sir Aristide Torchia, sculpteur au service du Marquis de Hartwick. - Il hésita, laissant la résignation se mêler à l'agacement sur son visage. Il ne fallait pas tout dire de suite, peut-être.

De toute façon, ils arrivaient au mur étant la cause de leur problème. Aristide y fit l'étalage de tous les soucis structurels du mur en y mettant autant de conviction que s'il plaidait devant le corps massacré d'un proche. en réalité, le trou était assez profond, sans parler du fait qu'il passait au travers d'une section importante de la maison. Le miracle, empêchant le coin de s'effondrer ne dura pas très longtemps. La maladresse du soldat ne tarda pas à achever son oeuvre.

Égoïste, le sculpteur fit la seule chose qui lui parut raisonnable : il se protégea alors même qu'il était tiré en arrière. Ses bras s'écartèrent légèrement, les coudes pliés, paumes vers l'intérieur. Son espace vital fut ainsi préservé des gravats et, surtout, de la poussière. Cette dernière étant l'une des pires plaies du chantier, le brun voulait à tout prix l'éviter. Au moins aujourd'hui, il se fixa pour objectif de rentrer propre. Il fut donc le seul des trois à respirer un air sans impuretés, toute chose appartenant à la Terre, se tenant loin de lui. Il lança un regard mi-blasé, mi-amusé à Ferwin.


- Je suis mage de la terre... au service temporaire de l'Empereur.

Bon sang ce que ça pouvait être étrange (et plaisant) d'avouer ses connaissances magiques au monde, comme ça. Evidemment, personne n'allait se laisser duper. Dans l'absolu, tout était au service de l'Empereur. Et le garde n'allait sans doute pas croire qu'Aristide détenait une sorte de mandat spécial, signé par la main du Saint Monarque lui-même. Non, il a été, comme tant d'autres, recruté de force pour la reconstruction des Bas-Fonds. Point.

Maintenant, quelqu'un avait des ennuis. De toute évidence, le bâtiment n'était pas encore occupé, vu qu'il semblait vide de l'intérieur. Heureusement. Ça faisait des gens mécontents en moins. La malchance du garde atténua la colère d'Aristide. Forcément, ses ennuis allaient aller au-delà d'un vague rapport ou d'une plainte d'un artiste froissé. L'homme à lunettes s'adressa au scribe.

- Vous voyez ? Nous allons prendre du retard. En plus, il nous faudra sans doute un nouveau bloc de pierre, je ne suis pas sûr de pouvoir retrouver tous les morceaux... Ça reste à voir en tout cas.

Il toisa encore le garde du regard, s'intéressant un peu plus à lui. Un nordique. A tous les coups. Il avait ce même petit quelque chose qu'on retrouvait chez Nathaniel. Sale petit con celui-là. Mais mignon. Les deux d'ailleurs étaient... Plutôt agréables. L'esprit d'Aristide ne put s'empêcher d'imaginer le garde vêtu de la fameuse robe bleue que l'artiste utilisait pour certains de ses... jeux intimes. L'effet pourrait être amusant. Un petit sourire aux lèvres, le philosophe secoua la tête et ajouta à l'intention du garde.

- En tout cas, toutes mes félicitations. Si l'Empire avait encore des ennemis à combattre, vous seriez sans doute le meilleur élément de l'Armée de Sa Majesté. Je vous vois bien dévaster des villes entières... - Un soupir. - Bon... Je tente de réparer ça ou vous surveiller l'endroit le temps de régler ça vous même et je continue mon travail, tel qu'il fut planifié ?

Bonne question. Retard et réparation des dégâts ? Ou le tout dans les temps mais non-assistance à un garde désemparé ? Aristide se disait que les deux options avaient des avantages concernant son parcours administratif pour l'obtention d'une nouvelle maison. D'un atelier... Oh oui, un atelier rien qu'à lui. De nouveau... Être libéré de ce service. Mais valait-il mieux suivre le scribe et continuer à graver ces maudits numéros ? Ou recevoir des remerciements d'un garde en service ? Ha ! Que quelqu'un d'autre décide. Après tout, on pourra toujours dire que c'est sa faute.
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MessageSujet: Re: A propos de Rugby et de Place Marchande. [Aristide]   Jeu 14 Mar - 21:33

Il semblait qu’aujourd’hui soit un bon jour pour démontrer l’efficacité de la Loi de Murphy. Juste quand Ferwin pensait que ça ne pouvait pas être pire… Quand la responsabilité des événements précédents lui était encore difficilement imputable, il aurait bien du mal à trouver un autre coupable que lui-même pour la destruction du pan de mur. Pourquoi n’était-il pas parti avec Miyagi, déjà ?

Dès que le nuage se fut dissipé, il jeta un coup d’œil affolé à l’intérieur du trou, cherchant une possible victime de sa maladresse. Heureusement, personne ne semblait être blessé, le destin lui accordait enfin un peu de clémence. Il s’épousseta rapidement, se retenant de frotter ses yeux irrités. Ils devaient déjà être suffisamment rouges et humides comme ça.

Et en plus il était noble. Bien que son nom ne lui dise toujours rien (on causait pas trop art sur les bancs de l’armée), celui de son mécène lui parlait déjà plus. Et mage de la Terre. La seule excuse qu’il avait encore pour espérer détaler d’ici s’envolait sous ses yeux. La cerise sur le gâteau, les carottes presque cuites, et Ferwin qui se demande à quelle sauce il va être mangé.

« Vous voyez ? Nous allons prendre du retard. En plus, il nous faudra sans doute un nouveau bloc de pierre, je ne suis pas sûr de pouvoir retrouver tous les morceaux... Ça reste à voir en tout cas. »

Un bloc de pierre ? Autant il était plutôt facile de déloger un mage de la terre sans alerter l’Office, c’était tout une autre histoire avec un bloc de pierre. Il n’était pas question de le voler ou encore moins de le transporter seul. Même sur un chariot roulant, cela resterait une tâche plus qu’ardue et encore fallait-il se procurer le dit-chariot et arriver à hisser la pierre dessus. Il allait devoir se faire une raison, l’histoire allait forcément se faire savoir. Il serra fort les dents quand, pour la deuxième fois de la journée, des mots fort peu châtiés menacèrent de s’échapper d’entre ses lèvres. C’était vraiment trop bête.

A la colère due à son impuissance vint s’ajouter ensuite la honte face aux paroles d’Aristide. Il sentait le rose lui monter aux joues mais ne put étrangler un léger rire face au joli tour d’esprit.

La question qui suivit le prit quelque peu de court. Sir Torchia venait-il de lui proposer son aide ? Il n’était cependant pas assez naïf pour croire qu’elle fut gratuite ou sans profit pour l’aristocrate, mais il se plaisait à y voir tout de même une offre généreuse. Quelque chose en lui avait-il plu à Aristide, ou alors faisait-il parti des rares nobles à se soucier encore du malheur de son prochain ? Il penchait plutôt pour la première solution, en connaissance de cause. Dans les deux cas, cela signifiait que tout n’était pas perdu, s’il arrivait à jouer finement. Et puis, peut-être le retard accumulé allait-il être rattrapable. Sa chance allait bien finir par tourner !

« C’est très aimable à vous de proposer votre aide, Sir, je vous suis redevable. Je l’accepte avec joie. Excusez-moi de ne pas vous avoir reconnu plus tôt. Je suis le Soldat Ferwin Frosberg, si vous avez besoin d’une quelconque aide pour les réparations, je suis à votre service. »

Ferwin n’était pas assez fou pour mentir sur son nom. Le faible nombre de Nordiques dans la Garde le rendait plus que facilement identifiable.

« Je suis désolé d’avoir interrompu votre travail. Cela ne va-t-il pas trop causer problème ? Et avez-vous besoin de pierres finalement, devons-nous aller nous en procurer ? Je ne connais pas trop les procédures pour ces choses-là.»

Et il était vrai que Ferwin savait très peu de chose de la construction des bâtiments. Il n’avait d’ailleurs jamais vu de mage de la Terre à l’œuvre et avait presque hâte de voir Aristide s’affairer. Il essayait cependant de maintenir son impatience, il n’était plus un enfant et l’aristocrate était très loin des artistes de foires populaires. S’il voulait entrer dans ses bonnes grâces, il devait veiller à ne pas l’offusquer d’avantage.
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MessageSujet: Re: A propos de Rugby et de Place Marchande. [Aristide]   Jeu 14 Mar - 22:35

Se faire, enfin, appeler par son titre finit de dissiper les dernières traces de sa colère. Aristide était capricieux, certes, mais orgueilleux avant tout. Sa vanité n'avait aucun égal parmi ses traits de caractère... Sinon peut-être le sens du profit. Ce Ferwin saisissait manifestement l'opportunité qu'on lui présentait et ce avec un enthousiasme adorable.

Et adorable était un mot bien choisi. Le sourire d'Aristide, devenu plus chaleureux, accompagna un petit hochement de la tête du brun. Il dut s'entretenir avec le scribe qui consignait ses travaux et, par conséquent, détenait un certain pouvoir quant à ce qui lui était permis d'espérer en termes de rétribution que Sa Majesté allait peut-être lui octroyer... Un jour. Le sculpteur gesticula, alors qu'ils parlaient à voix basse des priorités à établir. Ils s'accordaient tous les deux à dire qu'aider le Garde était leur devoir.

- Ouais... - Aristide toussa, comme pour effacer ce mot prononcé à la façon d'un gueux. - Nous dirons qu'il ne s'est rien passé pour le moment. L'essentiel est de ramener de l'ordre ici. Alors faisons cela...

Le philosophe s'accroupit, plongeant ses deux mains dans les gravats, sans faire attention aux deux autres hommes. Beaucoup de morceaux étaient de taille encore considérable et, par conséquent, plus faciles à retrouver et à manipuler. De toute évidence, une partie de la matière était perdue dans la poussière de la rue. Il faudrait un temps et un effort disproportionnés pour retrouver jusqu'au dernier grain de sable perdu. Inutile. La question était de savoir si la solidité du mur aller se voir compromise par cela ou non. Les chances étaient du côté du non. Et cela éviterait des problèmes à tous. Le garde pourrait taire l'histoire et serait sans doute plus enclin à mentionner le fait qu'Aristide collabora avec le pouvoir, en bon citoyen qu'il était. En voilà une bonne raison de faire un effort.

Mignon dans sa naïveté, Ferwin demandait d'ailleurs s'il pouvait aider. Ou s'il fallait des pierres. C'était une aimable confiance en ces capacités et en son génie, mais quand même.

- Les procédures sont simples. Mais ni vous, ni mon bienfaiteur, ni encore moi ne voulons avoir à en couvrir les frais. Alors taisez-vous, le temps que je travaille. J'ai besoin de concentration. Mon Art n'est pas quelque chose qui se fait d'une main et à la légère...

Même s'il avait développé son endurance et la capacité à travailler la pierre d'une façon plus brute et à plus grande échelle, Aristide demeurait un artiste. Il n'avait ni l'habitude, ni le talent spécifique, ni l'entraînement nécessaires pour assembler ou faire surgir de terre de grandes masses de pierre... Son domaine était la subtilité des formes, l'immortalité accordée aux choses par la puissance de la sculpture, le seul Art à mériter une majuscule, d'après lui.

Tout ça pour dire que ça allait demander un effort considérable.

D'autant plus qui lui fallait entrer en contact avec chaque morceau du mur effondré, le sentir et forcer le tout à s'assembler à nouveau en une unité monolithique. Un genou au sol, les mains ouvertes à quelques centimètres au-dessus des gravats, Aristide ferma les yeux et se concentra. Les pierres commencèrent à se lever et a retrouver des places dans l'ouverture du bâtiment déchiré. Le puzzle ne pouvait s'assembler de lui-même, les pièces ne correspondaient pas. Alors la volonté du magicien les faisait fondre, dispersant leurs particules pour mouler les morceaux au reste de la bâtisse. Petit à petit, grâce aux gestes du magicien, le coin se reconstitua.

Cela prit bien une dizaine de minutes, mais fut fait dans les règles de l'art. Le mur était redevenu une unité compacte et solide. Bien sûr, l'inscription qui devait y être faite n'apparaissait pas. Las de cette petite épreuve d'endurance, le mage de la Terre se laissa tomber sur l'autre genou et respira plus bruyamment. Son souffle saccadé se calma et il se releva péniblement, les jambes engourdies. Il soupira.

- C'est en ordre à mon sens, il faudrait juste noter cet endroit pour la prochaine tournée de vérifications. - Cela fut dit bien sûr à l'attention du scribe. Il se tourna vers le garde. - Je sens que ce soir, il me faudra un verre. Et à vous ?
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MessageSujet: Re: A propos de Rugby et de Place Marchande. [Aristide]   Ven 15 Mar - 8:54

Ferwin se tût donc et essaya de rassembler le peu de contrôle sur lui qui lui restait. Tout allait peut-être se régler sans encombre. Il observa le travail du mage aussi tendu que s’il l’exerçait lui-même. Il fallait dire que l’œuvre ne semblait pas facile, ce qui rendait l’exploit d’Aristide encore plus impressionnant. Il retint son souffle en voyant les blocs de pierre se soulever d’eux-mêmes pour retrouver leur place dans le mur et s’y fondre comme s’ils n’avaient jamais été délogés. S’en était difficilement croyable, et Ferwin regrettait presque de n’être pas né avec de telles capacités.

Une fois la tâche accomplie, Ferwin se retrouvait bien incapable de deviner qu’il y avait eu un trou de diamètre aussi large que son avant-bras dans le coin de cette maison. Il ne sut s’il devait applaudir et préféra s’abstenir.

Il observa Sir Torchia se relever, prêt à le rattraper si ses jambes venaient à se dérober sous son poids. Il était loin de se douter que la magie de la Terre était aussi éreintante et se sentait encore plus redevable pour les soucis qu’il avait créés au pauvre homme. Avant même qu’il n’ait pu s’enquérir de la santé de son bienfaiteur, celui-ci reparlait déjà affaires. C’est qu’il devait aller bien.

« Un verre ? » ne put-il que répéter un peu sottement, surpris, retenant de justesse un « Avec vous ? » qui aurait pu paraitre grossier.

Tout son emploi du temps vint alors défiler sous ses yeux. Il était de service encore jusqu’à dix-neuf heures trente et ne pouvait pas quitter la Nouvelle Ville avant la relève de la Garde. Il fallait ensuite qu’il rentre à la Caserne se changer, on ne sortait pas dans les bars en uniforme. Il ne serait surement pas libre avant vingt heures, en sautant le repas. C’était surtout ses horaires du lendemain qui le dérangeaient : le réveil cinq heures du matin, tambour battant, pour l’entrainement quotidien des soldats. Pas question de rentrer avec une gueule-de-bois, et il imaginait déjà ses performances plus que médiocres sur le parcours du combattant avec moins de deux heures de sommeil.
Il avait donc bon nombre d’arguments en faveur d’une réponse négative, mais il n’avait finalement pas vraiment le choix. C’état la moindre des choses qu’il pouvait faire pour remercier l’aristocrate.

« J’en serais ravie. Mais j’ai des obligations. Je ne serais libre qu’à partir de vingt heures, cela vous convient-il ? »

Ferwin se prenait maintenant seulement à réfléchir sur le pourquoi de l’invitation. L’aristocrate manquait-il de compagnie ? Il n’avait jamais vraiment fréquenté la noblesse, et leurs us et coutumes restaient bien mystérieux pour lui. Mais il savait qu’il pouvait faire office de compagnie fort sympathique dans ses bons jours, et il n’allait pas cracher sur une occasion de s’accorder les bonnes grâces de la noblesse. Il doutait qu’Aristide y ait une grande influence mais s’était toujours une bonne relation à avoir.

Quels bars fréquentait la noblesse, d’ailleurs ? Il doutait que ça soit les mêmes bordels modestes que lui-même connaissait bien. Aurait-il seulement de quoi s’offrir plus qu’un verre d’eau dans un tel endroit ?

« Avez-vous un endroit particulier en tête ? Je doute que les échoppes auxquelles je suis habitué vous conviennent. Peut-être devrions-nous fixer un lieu de rendez-vous ? »

Rendez-vous. Ce mot avait bien trop de connotations à son goût. Il ne savait pas vraiment quoi attendre de cette future rencontre. Ca ne pouvait pas être pire que leur première interaction, essayait-il de se rassurer.

En jetant un coup d’œil vers le marché, il aperçut le commerçant finir de remettre en place son étale. Cela lui rappela qu’il n’avait pas encore fini de payer les pots cassés de l’accident. Il ferait mieux de reprendre son travail et de laisser Aristide faire de même.

« Je suis désolé de vous avoir retenu si longtemps. Si tout ça est réglé, peut-être devrions-nous reprendre chacun nos occupations avant d’avoir plus de problèmes ? »

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MessageSujet: Re: A propos de Rugby et de Place Marchande. [Aristide]   Ven 15 Mar - 12:41

Le garde se retrouvait visiblement perturbé... Ou au moins surpris. Était-ce la première fois qu'on lui proposait d'aller boire un coup ? Aristide secoua encore la tête, cette fois levant les yeux au ciel. Maintenant qu'il avait manifestement affirmé sa supériorité, parvenant à intimider son interlocuteur dans une certaine mesure, il pouvait étaler son agacement et ne devait pas se retenir dans ses paroles ni dans sa gestuelle. Alors il se laissait aller, goûtant, comme il en avait rarement eu l'occasion, au plaisirs propres à la noblesse.

- Cela me convient. Je ne compte pas rentrer en ce moment pour ne plus rien faire de ma journée.

En effet, il allait au contraire devoir aller finir les numéros et autres inscriptions et vérifications en compagnie du bureaucrate de l'Office impérial de la Nouvelle Ville. Aristide se fit d'ailleurs la réflexion que l'Office était un nouveau moyen de contrôle. Il y voyait la volonté de l'Empereur de contrôler ce qui se passait ici, en plein milieu des remous sociaux. Judicieux. Le philosophe était bien sûr un partisan du pouvoir impérial et trouvait qu'il préférait avoir quelqu'un qui lui collait tout le temps et qui notait tout ce qu'il accomplissait comme travail que de devoir se cacher de l'Inquisition. Celle-ci n'était sans doute pas tout à fait stable et certains de ses éléments lui trancheraient volontiers la gorge... Mais en attendant, l'option de surveillance était moins violente. Et peut-être même meilleure pour ses affaires.

- Je propose que nous nous retrouvions au marché, nous aviserons par la suite.

Ferwin avait sans aucun doute une trop grande estime d'Aristide. En tant qu'artiste, et surtout en tant que noble dépossédé de beaucoup de ses biens par l'assainissement, il avait appris à faire feu de tout bois, en termes de boisson. Même s'il se sentait nettement mieux dans les salons d'aristocrates, à siroter des alcools les plus raffinés, rouler sous la table d'une taverne, une bouteille de tord-boyaux serrée contre lui-même ne le dérangeait pas tant que cela. La drogue, parfois, le sexe, souvent, l'alcool, pratiquement tous les jours, tout cela lui rendait sa vie moins difficile. Avant cette année de malheurs également. Le sculpteur profitait de la vie car il n'y avait que cela à faire, d'après sa philosophie. Sa pensée était sommaire, par rapport à celle d'autres mages de la Terre, mais elle se présentait comme facile et attrayante : profiter, profiter, profiter. Boire, manger, se hisser sur le piédestal et assembler de l'or qui permet tout cela, même s'il ne se mange pas lui-même.

Ce n'était pas pour rien qu'il servait un homme tel que le Marquis de Hartwick. Cecil n'avait peut-être rien à prouver en termes de fortune, qui était déjà considérable depuis des générations, mais il était un doux fêtard, l'organisateur des réceptions les plus prestigieuses qui soient et, par la même occasion, l'un des aristocrates les plus influents, bien qu'il se tenait à l'écart de la politique. Evidemment, la reconstruction des Bas-fonds occupant beaucoup de monde et l'insécurité poussant ses amis à quitter la ville, il était ces derniers temps de mauvaise humeur. D'autant plus qu'Aristde n'était plus en mesure de le servir correctement. Ah... Si seulement ce labyrinthe pouvait être fini... La gloire du sculpteur serait assurée.

En guise d'au-revoir, le brun n'hésita pas à se montrer peu agréable pour une dernière bonne impression.

- Oui, allez donc ailleurs et tâchez de ne rien détruire en chemin.


* * * * *

Une journée de travail plus tard, Aristide Torchia était parvenu à tenir son pari de s'en sortir propre des tâches qui lui furent assignées pour la journée. C'est donc las, mais présentable qu'il put regagner la résidence Hartwick pour s'y rafraîchir un peu, avant de sortir. Nathaniel n'était pas là, sans doute occupé à vivre (ou à risquer) sa vie ailleurs. Avec la confiance en lui et ses pouvoirs, il a gagné en autonomie. Surtout que ce n'était pas comme si l'un d'eux était artiste en ce moment. Les deux travaillaient pour l'Empire... Rien à faire de ce côté. La différence entre eux allait revenir se manifester, au moment de leur libération du service obligatoire aux divers chantiers de la ville.

Une fois sur la place du marché de la Nouvelle Ville, au clair des nouvelles lanternes, Aristide n'eut pas à attendre l'autre homme bien longtemps. Vêtu de vêtements plus passe-partout et mettant peut-être mieux en valeur sa silhouette de charmant nordique, Ferwin présentait plutôt bien. Un léger hochement de la tête en guise de salut.

- Je vois que le quartier est encore debout, ce qui me porte à croire que vous m'avez écouté. Hum... Je vous laisse le choix de l'endroit. Après une journée de travail, je deviens moins difficile qu'on ne puisse le croire...

Et il soupira. Franchement, il lui fallait vite cette maison, cet atelier et cette libération des travaux d'intérêt général qu'il effectuait déjà depuis près d'un an au service de Sa Majesté. Il faisait de son mieux pour être un bon citoyen, mais quand même...
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MessageSujet: Re: A propos de Rugby et de Place Marchande. [Aristide]   Ven 15 Mar - 16:06

Incroyable cette capacité qu’Aristide avait de souffler le chaud et le froid. Ferwin ne savait vraiment pas quoi penser de l’homme.
Réussir à contenter le commerçant lui parut un jeu d’enfant après toutes ces mésaventures et ne prit pas plus de quelques minutes. Miyagi le retrouva peu après et ils finirent leur ronde ensemble. Ferwin ne lui fit qu’un vague résumé des événements précédents. Sans trop savoir pourquoi, il redoutait d’aborder sa rencontre avec Aristide. Il s’était finalement passé assez peu de choses entre eux, et il ne voulait pas laisser croire le contraire à son collègue. Il ne fit pas mention non plus de leur projet de ce soir.

Il fut cependant obligé d’aborder le sujet quand ses camarades de dortoires le virent prêt à ressortir, dans ses habits de ville. Il n’avait pas prêté un effort particulier à sa tenue, juste quelque chose de sobre, passe-partout. Il espérait que sa tenue décourage Aristide de l’emmener dans les bars les plus uppés d’Ishatar.

« Bah, tu ne restes pas pour le diner ? Pour une fois qu’on a du steak.
-Non, je sors. J’essayerai de ne pas vous réveiller en rentrant.
-Toi, sortir en dehors des permissions ? Qu’on appelle le Sergent, le petit est pas bien !
-Ou alors il a un rendez-vous galant ! Tu as croisé une créature de charme aujourd’hui ? Tu aurais pu partager, radin !
»

Si seulement. Il ne démentit pas l’accusation : ça donnerait du vent à leur moulin et il aurait eu de toute façon bien des peines à les faire changer d’avis. Et puis l’idée d’Aristide en « créature de charme » lui donnait des envies de fous rires.

Il quitta la caserne avec le cœur léger mais ses angoisses ne tardèrent pas à ressurgir. Ferwin se força au calme, il allait juste être aimable et agréable, faire la conversation, et avec un peu de chance (ce dont il avait cruellement manqué aujourd’hui) tout se passerait bien.

Il arriva sur la Place du Marché, bien moins animée une fois la nuit tombée, et n’eut aucun mal à repérer Aristide. Il le salua poliment, essayant de s’habituer à son sens de la rhétorique. Il prit la petite pique avec le sourir, Ferwin n’était pas du genre à se vexer facilement.

Il lui fallait maintenant choisir l’endroit. Il aurait finalement préférer être trainé dans un café mondain. Pouvait-il vraiment se permettre d’amener un aristocrate dans un boui-boui du Tchï ? En quatre ans, on aurait pu croire que Ferwin avait eu le temps de tester foison de restaurants et de bars de la Capitale. Il n’en était rien cependant, puisque comme fait mention ci-dessus, le soldat sortait plutôt peu, et toujours aux mêmes endroits où il avait ses habitudes.

A y réfléchir, il y avait bien un bar. Il y allait peu souvent, mais l’ambiance était tamisée, on savait boir sans finir noyé, et les spiritueux avaient du goût avant de vous bruler la gorge. Il y avait aussi moins de chance qu’on le reconnaisse et qu’on vienne l’aborder, ses camarades de beuverie avaient la fâcheuse tendance à être un peu collants.

« C’est à vos risques et périls, messire. Le Lotus Bleu, vous connaissez ? C’est dans le quartier du Tchï. Je peux vous guider si vous voulez. »
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MessageSujet: Re: A propos de Rugby et de Place Marchande. [Aristide]   Dim 17 Mar - 0:09

Aristide avait ses raisons pour préférer laisser le choix au soldat. Mis à part l'inspiration que ce genre d'endroit pouvait apporter, il y avait l'envie de ne pas dépayser l'autre. Mais surtout, et beaucoup plus prosaïque, le philosophe n'était pas particulièrement riche en ce moment. Son travail n'était pas rémunéré. Certes, il mangeait gratuitement et n'avait point de loyer... Mais pas vraiment de source de revenu non plus. Et le but était de finir assez ivre pour ne pas avoir à y penser, rien de plus. S'il voulait aller dans un endroit mondain, il ne prendrait pas un garde comme compagnon.

Même Nathaniel présentait mieux en termes de classe sociale.

Ce qui n'empêchait pas Ferwin d'être séduisant. Et utile. Un garde était toujours une connaissance à avoir. Même un garde manifestement de petite importance, courant après des voyous. Un jour, peut-être, allait-il être un gradé ? Et, surtout, la force de l'Ordre principale n'a jamais été en de bons termes avec les fanatiques de l'Eglise ce qui faisait d'elle un allié naturel pour le mage de la Terre. Certes, l'Empereur lui-même a interdit la chasse à l'hérétique... Mais dans les faits, personne ne saurait qui a égorgé celui-ci ou celui là. Le fanatisme était quelque chose d'ancré pour la vie, généralement. Il ne fallait pas s'attendre à un miracle de tolérance du jour au lendemain.

- Je ne connais pas. Mais je vous suis, Ferwin. Notre but est de boire à notre rencontre et à oublier cette journée qui n'a pas vraiment été meilleure qu'une autre. Alors je vous suivrai partout où il y aura de quoi boire pour deux.

Un discours certes moins spirituel et sans doute pas du tout adéquat pour une bouche de noble. Mais la noblesse d'Aristide n'a toujours été qu'une facette de sa personnalité et elle s'effaçait aisément lorsqu'il était préférable d'être un homme du peuple ou lorsque l'Artiste prenait le pas sur l'aristocrate. Par exemple lorsqu'il fallait traîner dans les bordels des anciens Bas-fonds. Ou lorsqu'il travaillait au chantier. Le chevalier avait préféré taire son titre à quiconque travaillait avec lui. Le but était simple : ne pas être objet de moqueries. Si vous venez du peuple et travaillez en conséquence... Tout est normal. Mais un noble envoyé dans la même poussière que celle des gueux... Il n'a que peu de chances de se faire accepter. Grâce soit rendue à l'Ombre, à la Terre ou à n'importe quoi d'autre que le Marquis de Hartwick voulait son labyrinthe et continuait de loger et de nourrir le sculpteur et son apprenti.

Les deux hommes marchèrent donc côte à côte, au travers des ruelles d'Ishtar. D'abord les rues encore neuves, droites et bien éclairées de la Nouvelle Ville. Aristide les connaissait assez bien pour avoir construit une petite partie des bâtiments. Enfin... Il ne faisait que du gros travail, à son grand désespoir. Les philosophes remplaçaient les grues avec leurs bras et leur volonté. C'étaient les maçons et les tailleurs de pierre (professionnels ou de fortune) qui s'occupaient des détails. Les détails manquaient cruellement au sculpteur. Ce dernier n'eut pas trop du mal à voir le paysage changer lorsqu'ils quittèrent le quartier pour entrer dans les rues plus anciennes et nettement moins propres.

Le Quartier du Tchï était facilement reconnaissable tant à son architecture qu'à l'ambiance qu'y régnait. Les peuples de l'occident de l'Empire savaient ce qu'il fallait faire pour se détendre et vivre heureux. Bien qu'il ne s'agisse que de Provinces, fatalement méprisables aux yeux d'Aristide, il fallait reconnaître qu'il y avait du charme par ici. Et la cuisine délicieuse se mariait très bien avec les bains, les drogues et autres plaisirs pour lesquels cela valait la peine d'amasser de la richesse. D'ailleurs, le philosophe se promit de passer la prochaine journée de congé aux bains, justement. Même si tout était à sa disposition dans le manoir Hartwick, les bassins chauds du Tchï avaient un pouvoir de relaxation tout à fait particulier.

- Les bains... en voilà un endroit agréable à visiter. Surtout à deux. - Oh oui, rien de tel que de se retrouver nu en compagnie d'un autre homme, n'est-ce pas ? - Mais allons donc boire à notre rencontre. J'espère que vous n'avez pas eu d'ennuis avec l'Office ? Non... Les bureaucrates ne sont pas aussi rapides dans leurs plaintes. Ne vous en faites pas.

Aristide tapota l'épaule de son interlocuteur, se laissant guider. Une fois qu'ils furent arrivés, l'artiste ne se préoccupa pas de grand-chose d'autre que d'être assis au bar et commanda une bouteille de gin ainsi que deux verres. Son sourire s'élargit, lorsqu'il entendit le prix. Moins d'une pièce d'argent. L'alcool n'allait certainement pas être de grande qualité. Mais l'oubli viendrait rapidement et ça, ça valait le coup de payer le moins cher possible. Il remplit les verres.

- Santé ! A la Nouvelle Ville puisse-t-elle être achevée le plus rapidement possible.
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MessageSujet: Re: A propos de Rugby et de Place Marchande. [Aristide]   Mer 20 Mar - 21:06

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