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 Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir]

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Gilmesh Vittore

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MessageSujet: Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir]   Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir] EmptySam 15 Déc - 21:33

L'arrivée de l'hiver avait quelque chose de monotone. Un ciel qui couvre tôt le monde de son manteau obscur. Le vent qui fouette le visage. Des silhouettes qui passent en silence, les traits du visage fermé, le corps calfeutré dans des habits chauds. Les arbres presque nus, dépouillés de leurs feuilles. Une ambiance polaire qui favorisait les feux de cheminée.

Dans l'âtre les bûches crépitent. La robe enflammée des flammes attire le regard de Gilmesh. Pensif, l'embout de son précieux calumet entre ses lèvres, le philosophe exhale la saveur sucrée. La Cannelle. Un petit goût agréable en bouche. Il ferme ses paupières et ressasse les derniers jours. Des heures à rechercher le commanditaire débridé qui lui offrit une situation peu appréciable. Et pas le moindre indice. Il lui échappe encore et toujours. Il passe entre ses doigts comme une gluante anguille.

Lui qui a le don de toujours se sortir des positions les plus fâcheuses, cette fois, fut difficile. Il dû prendre le risque de réveiller les passions enfouies... Une part de lui espérait ne pas recommencer.. Pour ce geste, son bienfaiteur aux sombres manigances risqueraient d'entendre ses mots empoissonnés. Ennui.. Cette incapacité de le découvrir l'assombrissait légèrement.

Derrière bouchée fruitée et il éteint le précieux objet. Il se relève et prend sur le buffet une boîte fermée à clé. Du bout des doigts, le manipulateur des mots le frôle. Il l'ouvre et contemple l'intérieur. De nombreuses lettres. Les gemmes bleues grises glissent sur les mots. Il les relit et pense que cela fait longtemps qu'il n'a pas vu la jeune femme. Que devient-elle ?

Pris dans ses pensées profondes, il revient à la réalité au bruit de craquement. Par hasard, son regard se pose sur l'instrument de musique cassé en deux. Sourcil qui se hausse. Moue sur le visage. Dépit. Il vient de briser quelque chose dont il tenait vraiment. Une flûte originaire d'Ayena créée par les soins de son mentor. Ce petit bout de bois contient tant de souvenirs. De joie et de peine... Cela n'est vraiment pas sa soirée.

Il se baisse. Il récupère précautionneusement l'instrument à vent. Il l'enveloppe dans un tissu. Il va devoir trouver un talentueux artisan. Il réfléchit. Les rouages de son intellect tournent et tournent encore pour lui faire venir le nom d'un menuisier.. Ce manieur possède une certaine renommée.. Il pourra peut être l'aider ? Il l'espère. Gilmesh se couvre en silence. Prend une bourse d'argent, sort, ferme la porte derrière lui. Les nuages filent tels des moutons fuyant un loup. Une boule de papier passe devant son visage.

Désintéressé de tout, il se dirige jusqu'aux rues de la Capitale. Là, son regard orageux se porte sur l'enseigne. Il peine à déchiffrer le nom de l'atelier ou apercevoir le personnage qui tape sur la planche en bois à l'aide de son marteau. L'enseigne salie par le temps n'offre pas éloge à l'artisan... Mais ce n'est qu'apparence. Le philosophe ne s'arrête pas sur le "premier abord". Il tape contre le battant de la porte et entre.

L'intérieur se présente à lui, obscur... Le Mage de la Terre plisse ses paupières pour tenter de voir d’avantage. Il remarque ci-et-là des copeaux et des outils. Des meubles... Et personne. Des secondes passent. Il se contente d'observer la pièce d'un œil non critique. Il s'arrête lorsqu'il entend des bruits de pas. Sa bouche s'ouvre et ses mots s'envolent.

«Vous devez être, Asgeir ? Silence. Regard. Et Gilmesh découvre la flûte. Avez-vous le talent pour réparer les objets les plus infimes ? »

[Hrp : la flûte, c'est une flûte orientale. Ca s'appelle un Nay. Mais je ne savais pas si ton perso pouvait savoir la réparer. Une petite image.
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Asgeir

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MessageSujet: Re: Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir]   Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir] EmptyDim 16 Déc - 21:32

L'hiver avançait déjà, de ce même pas, comme chaque année ; il revenait. Et toi, les muscles engourdis par sa morsure glaciale, tu poursuivais ta morne existence sans l'once d'un quelconque intérêt pour le monde. Ta gigantesque silhouette se démarquait à peine dans l'obscurité, et le bruit que tu faisais avec ta jambe malade lorsque tu te mouvais, c'était une musique sinistre, et triste. C'était ce seul son qui habitait ton atelier. Et quand quelqu'un avait la curiosité d'entrer dans ta boutique, le grincement produit par la porte attirait à peine ton attention, si bien que les plus patients attendaient un signe de ta présence, alors que les autres repartaient, une poignée de parole grossière dans la bouche à ton égard. Asgeir, tu ne savais plus soigner ta clientèle.

Cependant, les hivers passaient, les années se succédaient, et on t'apportait un nouveau lot de tourments. Auparavant, tu te débrouillais plutôt bien, malgré ta jambe boiteuse. Désormais, il y avait ton dos qui criait au moindre effort, et tes mains harassées qui tremblaient parfois. Tu vieillissais, Asgeir, et bientôt tu aurais l'occasion de bâtir ton propre cercueil. Un beau cercueil en saule pleureur, ou fait à partir de bois morts que t'auraient ramassés les gens. Tu vieillissais, et tu étais en train de perdre la seule qui t'avait aidé à survivre dans ce monde. Alors pour la première fois de ta vie, lorsque tu perçus une voix venant des entrailles de ton atelier, tu manquas de planter le clou dans ton doigt.

Tu haussas lentement les sourcils, tes cheveux bruns et sales tombaient sur ta face tiraillée de fatigue, et tu regardas un instant en direction de la voix. Puis tu baissas les yeux sur ton index pâle, coloré de sang. Tu l'essuyas sur ta cuisse, et comme un géant prenant mille précautions pour bouger dans une cage, tu te retournas. Tu abandonnas ton labeur pour quelques minutes, sans lui accorder de considération, et tu te retrouvas nez à nez avec un inconnu. Ta voix grave et rauque s'éleva alors :


— Oui, que désirez-vous ?

Tu observas avec lassitude l'homme devant toi, habillé de beaux vêtements, et distingué. Toutefois, il ne dégageait pas l'aura arrogante que portait sans cesse la noblesse. Mais il y avait quelque chose de comique dans sa présence ; cet endroit était fait pour les gens comme toi, non pour les gens comme lui. Les êtres comme Mist pouvaient se fondre dans ce paysage dévasté par le temps, tandis que les êtres plus élégants étaient une tache de sang sur une nappe immaculée. C'était à ce genre de chose que tu pensais parfois, depuis que Harouna était venu vivre chez toi. Une gentille fille, cette demoiselle, une personne pour qui tu te faisais du souci.

Machinalement, tu massas ton cou douloureux. Lorsque tu étais tombé dans les hallucinations, des souffrances assaillaient ton cou et ton dos, et de temps en temps tu te demandais si tu ne t'étais pas cassé quelque chose. Mais comme la blessure que tu avais eue au ventre, tu n'y portais qu'une attention périodique. Tu posas ta grande main sur la table au centre de l'atelier, tes doigts y laissèrent une trace. La poussière recouvrait les moindres recoins, comme un épais manteau. Et tu n'accordais aucune importance à ça, puisque plus rien n'avait d'importance.

Hormis... cette pierre qu'on avait posée un jour sur cette table, et cette petite sculpture en bois de chien. Elle semblait être taillée au couteau, et elle l'était. C'était en effet loin d'être un chef-d'oeuvre, elle était même plutôt l'aide. Pourtant, tu l'aimais bien. Dans la maladresse, dans l'effort, Mist y avait laissé une trace de son âme. Pour ce qu'il en restait maintenant, il pouvait s'estimer heureux que cet objet se retrouvât ainsi exposer à la vue de tous. Toutefois, ça restait une œuvre anonyme, et c'était tant mieux. Si l'Église apprenait que tu lui avais offert autrefois un repas, et un toit, Asgeir, tu retomberais dans ce cauchemar. Malheureusement, la petite statue de chien avait pris elle aussi la poussière, bientôt, ça serait sans doute ton tour.
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Gilmesh Vittore

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MessageSujet: Re: Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir]   Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir] EmptyLun 17 Déc - 22:08

Par la chiche lumière filtrant par les vitres, le mouvement du colosse se détache à peine. Il semble presque fusionné avec les meubles en bois tel un vieil Ent dans une forêt de saules pleureurs. Le manteau sale que forme les copeaux s'étend tel des racines sur le sol jusqu'aux pieds du philosophe immaculé. Une tache dans ce royaume dévasté par les facéties du temps. Un être qui ne pourra jamais se fondre dans ce jardin. Et qui en avait cure. Il n'était pas là pour rejoindre cet havre déstructuré. Mais pour un but bien précis. Une valeur sentimentale.

Et au plus profond de lui, l'appréhension l’empoissonne et lui tord les boyaux. Il se sent juste impuissant de ne pas pouvoir résoudre lui-même la réparation de l'instrument à vent. Être sage ne permet pas la connaissance universelle. Sa maîtrise n'avait nulle valeur quand il devait faire face à un tel embêtement... Il espère avoir le oui... Le non aurait un goût trop incisif.

L'impatience douloureuse se dissipe au timbre de l'Artisan. Apaisement... Contentement. Un sourire fleurit sur les lèvres, chaud et rassuré. Petit reliquat d'état d'âme qui vient de disparaître aussi vite qu'il est nait. L'éclairé ne peut offrir longtemps à cet être oublié une parcelle de chaleur.

Près de la porte, les gemmes orageuses de Gilmesh se déportent sur l'artisan, du bout des pieds à ses cheveux sombres. Quelle impressionnant carrure... La silhouette possède le don de le surprendre. Une force naturelle qui peut à peut se fait emporter par les ravages du temps. Un Goliath entre deux âge, jeunesse, vieillesse...

Le Mage de la Terre suit le mouvement de la main, épaisse et charnue et se détache. Ses lèvres s'ouvrent pour permettre à ses mots de prendre vie.

« La réparation d'un objet sentimental. Une flûte à vent venant de ma contrée... Ayena.... »

Les notes de sa voix vibrent, chargée d'une émotion qui ne peut paraître. Ses pas le mènent au plus près du géant enfoncé dans la semi obscurité de l'atelier. Petit chose fragile devant la force de la nature, le philosophe tend les bras. Entre ses mains, reposant sur un linceul vermeil, la Nay sacrifiée, seule, hurlante, malheureuse. Elle languit d'être de nouveau entière, deux morceaux fusionnés en un unique.

Regard sous-entendu, Gilmesh ne prononce aucune syllabe. Seul ses miroirs d'âmes s'ancrent dans les rivières voisines si hautement perchées. Un océan chocolaté sur un visage taillé au burin, encadré d'une chevelure brune. Un demi temps, le Mage de la terre scrute la croix au milieu du front. Une cicatrice qui le parquera au rang de terroriste jusqu'à la fin de sa vie. Une existence brisée..

Pourquoi faut-il toujours que le Peuple souffre en dépit des jeux et de l'avarice des uns ? Ou les élucubration et le fanatisme ? L'équilibre de la balance vacille.... La mort augmente son terrain de jeu... La misère et pauvreté implosent. Face à ce constat, le changement devient plus pressant. Et dans ses plus intimes secrets, Gilmesh y gardait une place pour cet artisan solitaire... Une conviction qui hurle dans les remous de son âme. Une si secrète dévotion pour une vie meilleure..

Fermant ses paupières, le Mage de la Terre reporte son attention sur Asgeir. Sa voix souffle ces quelques mots.

« Je serais votre débiteur si vous parvenez à lui rendre son apparence d'antan. Je vous en serais même reconnaissant. »

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Asgeir

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MessageSujet: Re: Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir]   Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir] EmptyMer 19 Déc - 19:11

Et tu observas de ce regard qui ne voit que les souvenirs cet homme, celui devant toi. À sa tenue, à sa façon de se tenir, et à ses yeux, tu saisis qu'il n'est pas comme les « autres ». Un instant, tu ne dis rien — comme si tu étais déjà un puits sans fond de parole —, et tu te souviens de ce musicien venu te voir il y avait des mois, ou peut-être même une année. Ils se ressemblaient ; ils possédaient tous les deux une longue tignasse, et surtout, ils dégageaient une essence commune. Alors lorsque l'homme se rapprocha, semblant hésiter, tu ne fus pas étonné de le voir te montrer un instrument de musique. Tu hausses lentement tes épais sourcils bruns, et tu posas toute ton attention sur la flûte.

Au cours de tes voyages, tu avais pu voir des artistes en jouer, et tu te rappelais encore leur musique. Et tu remarquas, alors que les rayons du soleil luttaient pour entrer dans ta boutique, la peau hâlée de ton client. C'était un homme du désert, tu compris mieux sa simplicité, malgré ses beaux vêtements. Il ne sentait pas la « noblesse », puisqu'il était rentré ici, sans l'once d'arrogance, ce qui habillait l'aristocratie. Tu pris entre tes doigts l'instrument, et tu le tournas vers un angle, puis vers un autre. Tu regardas un premier fragment, puis le second, et tu fronças — cette fois-ci — les sourcils devant les paroles de ton client.

Tu commenças à réfléchir, tout doucement, et tu songeas que réparer en soi la flûte ne serait pas difficile. Si on partait du principe que ce n'était qu'un simple objet de décoration ; une colle pour recoller le bois, et comme par magie, le seul souvenir que garderait l'instrument, ce serait une légère cicatrice. Cependant, c'était un instrument de musique, et donc, comment faire pour que le son reste celui d'antan ? Tes questions étaient purement professionnelles, et tu ne t'interrogeas pas sur la raison pour laquelle les musiciens venaient toujours vers toi. Ces derniers, on pouvait dire que tu avais eu des demandes « originales ». Et ceux qui en étaient les opérateurs, on pouvait les qualifier d'originales, à leur manière. Tu approuves d'un signe de tête, et tu déclaras :


— Revenez dans deux jours.

Et éternellement semblable à toi-même, tu te retournas sans donner plus d'explication. Ton pas produisit un son lourd sur le plancher, comme si celui-ci allait céder sous ton poids. Une poignée de poussière s'éleva d'ailleurs autour de toi, maculant ton long manteau, et retomba. Tu avais entre tes grandes mains de travailleur l'instrument blessé. Ces grandes mains qui avaient fasciné Mist, elles n'étaient que des amas de chairs durcis, zébrées par des cicatrices aussi vieilles que toi, et tes ongles cassés ressemblaient à ce que tu étais : un artisan, un homme portant sur ses larges épaules un énorme fardeau ; celui de travailler pour manger, et pas toujours à sa faim.

Le froid s'infiltrait à travers les murs de ta boutique, ses doigts rampaient sur le plancher sale, et ils saisissaient tes chevilles dans l'espoir de te dévorer. Mais égal à toi-même, Asgeir, tu n'y prêtais pas la moindre attention. L'air glacial de l'hiver, tu ne le sentais plus souffler contre ta chair, car tes os étaient gelés depuis une vingtaine d'années. Depuis, la cheminée coincée à ta droite ne servait à rien, et donc le feu ne venait plus réchauffer ton être. Tu ne l'avais jamais rallumé, sans doute une fois pour Mist, et c'était tout. Si bien qu'il semblait faire plus chaud dehors qu'à l'intérieur de ton atelier, aussi vivant que toi, aussi mort que toi.

Tu t'arrêtas devant l'entrée de ton arrière-boutique, et tu tournas la tête en direction de l'homme pour attendre si ce dernier souhaitait quelque chose. Tes grandes mains de travailleur serraient doucement l'instrument brisé, pourtant sans force, sans brutalité. Toi, le géant, tu ne l'avais jamais utilisé pour de la violence. Sans doute, tu étais incapable de briser la nuque d'un homme, au fond. Toi, l'Homme-Arbre, vidé de joie, empli de chagrin, toi le néant sans colère.
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Gilmesh Vittore

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MessageSujet: Re: Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir]   Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir] EmptyJeu 20 Déc - 22:18

Les doigts attrapèrent sous ses gemmes ombrageuses les vestiges de l'instrument à vent. Deux petits bouts de bois si fragiles entres les mains du géant. Si gros morceau de chair... Un instant, les prunelles du philosophe en contemplent la surface. Des blessures marquent la peau comme des milliers de témoin de sa propre histoire. Un bref moment, le Mage de la terre tente de l'imaginer avant de chasser la curiosité. Le passé..... Le passé n'appartient qu'à cet être imposant, ce Vieil Homme-Arbre. Il a le droit de la garder secrète, loin des regards fureteurs. Les esquifs de sa souffrance lui suffit.

Pendant qu'Asgeir se concentre sur les petits morceaux de la Nay, victime de l'imprudence de l'être au corps hâlé, Gilmesh égare ses miroirs d'âme sur le sol de l'atelier. Les nombreux copeaux et la poussière forme à eux seul un cauchemar pour les plus aisés. Oui... Ils ne pourront supporter ces dépouilles d'arbres... Qui sont devenus des meubles, des chaises, des instruments pour les hommes. Pensant à ce détail, un sourire éphémère aux commissures de ses lèvres, le philosophe reporte son attention sur l'artisan. Un morceau. Puis l'autre passe devant les mires chocolatées.

Longue attente. Inspection... Et la sentence tombe dans les oreilles alertes du Mage de la Terre. Deux jours. Deux jours à voir la nuit envelopper le ciel d'obscurité. A sentir le froid mordre la peau des passants. Bien... Il se montrera patient. Tant que l'objet porteur de souvenir retrouve son entière intégrité, le maître des mots fera confiance à cet être supportant les aléas de l'hiver sans broncher. En parlant de lui, le fabriquant se retire et lui, et là. A jeter un dernier regard sur cet endroit entre deux univers, les mots clos derrière ses lèvres.

Un long silence, presque éternel, puis, les orbes bleues grises se déportent sur le Goliath. Il semble attendre, contre la porte que son hôte ne répondent. Les sonorités de sa voix dessinent leur partition de musique...

« Bien. Je laisse donc entre vos doigts ce si précieux instrument. »

Les syllabes s'éteignent aussi vite qu'elles n'avaient pris vie. Le philosophe ouvre la porte et part. Il ne fait qu'un avec la fraîcheur du début d'hiver. Il rentre chez lui, bredouille. Sur son lit aux draps soigneusement bordés, ses paupières se ferment. La méditation commence. Sous lui, les palpitations de la terre forment un doux tambourinements comme celui d'un coeur. Sa chair et ses muscles se détendent. Tout en lui fusionne avec ce pouvoir de mère Nature. La Terre... Cette mère aimante. Gilmesh resterait de longues heures entre ses bras. En vain. Il se retire de l'étreinte, un sentiment amer qui tord ses boyaux. Il revient à la réalité, cruellement apaisé. Paradoxalement décimé.

Dévoué à sa cause, durant les deux jours qui se succèdent monocordes, le maître des mots avaient rencontrés des perles de l'aristocratie ou avait simplement philosophé avec ses frères de la pensée. Il s'occupait. Quand fut le loisir de s'éclipser, d'un pas volontaire, il retourne dans son cocon d'intimité. La bourse logée à l'abri, Gilmesh entame le parcours jusqu'à l'atelier. En chemin, la teinte orageuse de ses mires avise un pain chaud. Sans hésitation, il l'achète... La victuailles couverte, le Philosophe se présente enfin devant la porte. Il frappe. Il entre... Il patiente d'avoir dans son champs de vision le Vieil-Arbre.

« Tenez. Poliment, le philosophe lui présente l'offrande au parfum appétissant. J'ai eu dans l'idée que votre corps aurez besoin d'un petit réconfort... Mangez le à satiété. »



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Asgeir

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MessageSujet: Re: Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir]   Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir] EmptyMar 25 Déc - 18:09

Du pain. Pour la première fois de ta vie, quelqu'un te donnait du pain. Alerté par la voix du jeune homme, tu t'étais empressé de chercher l'instrument de musique réparé, et tu te retrouvais à sentir l'odeur chaude du pain. Tu observais ton interlocuteur, avec ton même regard vide, dénué de plaisir ou de passion, puis tu le glissas sur le pain, n'attendant que ta bouche pour se faire dévorer. Tu ne dis rien, mais tu n'en pensais pas moins. Lentement, tu relevas tes yeux sur ce qui t'entourait ; l'atelier paraissait avoir ton âge, les meubles, cadres de miroirs ou de fenêtres posés contre les murs, l'immense table de bois au centre de la pièce, et le vieil escalier menant à l'étage, ils étaient recouverts d'un épais manteau de poussières. Comme si celui-ci s'était déposé sur eux, quand l'Inquisition était venue te jeter dans leurs prisons froides, et crasseuses. Tu jetas un coup d'oeil dehors, ta chevelure brune et sale tombait sur ta face fatiguée, et te donnait l'air d'un ermite sans âge refusant de vivre parmi les humains.

Quelques secondes, tu te demandas si tu faisais si peine à voir. Tu cherchas chez toi ce qui aurait pu inspirer la pitié des autres, et tu te souvins que les seuls objets qu'on t'avait offerts, c'était la pierre d'Iraïd, et la statue informe de Mist. Et voilà que le jeune homme se ramenait avec son pain, croyant t'offrir le meilleur repas de toute ta vie. Au fond de toi, alors que tu aurais pu rester dans ton indifférence, tu sentis une pointe d'agacement l'attaquer. Tu ne répondis pas, gardant toujours ton silence, et tu posas l'instrument sur la table. Si on l'examinait avec attention, on pouvait remarquer au bout d'un certain temps la fine cicatrice que la flûte conserverait de sa mésaventure, toutefois, ce n'était que ça. Tu étais parvenu à la réparer, et à déposer ce qu'il fallait de colle pour éviter d'entraver la beauté du son, tu avais — de plus — rajouter un vernis pour lui rendre son éclat, ainsi que pour prévoir les risques qu'elle se casse, ou s'égratigne. La flûte aurait pu paraître neuve, si tu avais réussi à cacher sa cicatrice, mais au moins celle-ci laissait une trace de son histoire.

Ceci ne t'avait pas pris trop de temps, deux ou trois heures, avec quelques pauses pour que la colle, et le verni tiennent correctement, mais pas plus. Si les musiciens ayant pris l'habitude de venir chez toi pour espérer de repartir avec un instrument de musique vivant, tu leur rendais souvent grâce. Hormis pour ce jour-ci, où l'agacement traversait le sang dans tes veines, et te chatouillait de plus en plus fort tes nerfs. Tu étais certes maigre, mais ce n'était pas une maigreur due à la faim, mais bien à cause des années que tu avais vécu. Tu n'étais pas propre, mais c'était dû au manque d'attention pour ton hygiène, qu'est-ce qui pouvait attiser chez toi la pitié du Philosophe ?

Cette question te traversa plusieurs fois l'esprit, et plus tu te la posais, plus elle t'irritait. Parce que tu ne voyais rien chez toi, susceptible d'attirer de la compassion. Tu fouillas dans ton crâne pour saisir les mots qu'il faillit dire, sans te montrer insultant, ou arrogant. Cependant, tu ne les trouvais pas, tu ne voyais que cet abominable morceau de pain, et son odeur embaumer tes narines. Tu n'étais pas un clochard, tu ne faisais pas les poubelles, ou tu ne mendiais pas pour un morceau de cacahuète. Tu pouvais remercier l'Ombre pour ça ; elle t'avait épargné cette ultime humiliation. Jusqu'à aujourd'hui. Jusqu'à aujourd'hui, aucun gardien de la prison n'était venu te nourrir par pitié.

Et jamais, Asgeir, jamais tu n’avais quémandé de la nourriture. Tu avais toujours lutté pour satisfaire ta faim, et ce n'était pas à cause de ce pain que tout se terminerait aujourd'hui. Alors, de ta voix grave, profonde, et légèrement plus forte qu'à l'accoutumée, tu déclaras :


— Ça vous fera quinze pièces d'or pour la réparation de votre flûte. Et reprenez votre pain, je ne fais pas la manche.

Et tu te retournas, sans un regard.
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MessageSujet: Re: Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir]   Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir] EmptySam 29 Déc - 22:38

Devant lui se présente le vieil arbre, son visage fatigué, qui marche sur le manteau cendré de poussière et copeaux, pour venir à lui. Lentement, l'écart se fissure entre les deux êtres. Les secondes coulent à un rythme langoureux. Et pas une fois la voix en dessine une mélodie. C'est un silence profond qui s'installe dans ce royaume intemporel.

Gilmesh, adossé contre la porte, imagine les jambes fondues au sol, le corps taillé de sève et d'écorce. Un homme sculpté de bois qui se serait animé pour répondre à des attentes secrètes. La crinière brune, feuillage d'automne, tombe sur le corps comme une coulée de glaise. Une impressionnante œuvre sans âge.. Ancienne. Impressionnante. Vestige de la nature.

Le philosophe habillé des couleurs du sable pense à ceci lorsque la chiche lumière de l'extérieur peine à se faire une place dans le gouffre d'obscurité. Puis, le Mage de la Terre chasse ces insipides pensées d'un revers de la main. Asgeir... Le nom résonne.. Une fois. Puis deux. C'est un doux son de cloche. Un léger tintement. Sur les lèvres du penseur se dessine un sourire chaleureux à l'intention de son vis à vis.

Une voix... Des syllabes et soudainement ce geste s'évapore sur son faciès. Contrarié. Lèvres pincées, Gilmesh se couvre du voile de silence. Il pensait faire plaisir avec le pain encore chaud protégé d'un fin tissu. Mais, aux intonations, aux mots, le Mage de la Terre se rend bien compte que c'est non. Regard sur la croûte délicieusement dorée et il revient se porter sur la silhouette de l'artisan. Sa bouche jusqu'ici accolée se détache. Les mots s'envolent en une litanie franche et suave.

« Ce pain vous est destiné, Asgeir. Doucement, l'homme du désert pose sur un coin de la table, la miche, auprès de la pierre et de la sculpture. Ne demandez pas à un homme de reprendre ce qu'il vient de concéder par altruisme. Car il ne le fera point. Vous disposez du choix de consommer ou non ce cadeau offert par un homme humanitaire. »

Dévoué au bien-être du peuple et à la cause d'une vie meilleure, le philosophe ne peut, ni ne pourrait agir par pitié. Pas maintenant. Pas dans le futur. Son coeur, son âme, son être, ne bravent pas ses plus intimes convictions. Celles d'un homme sage et bienveillant. Un soupir s'envole.. Puis le tintement de pièces. Le maître des mots récupère l'instrument à vent. Du bout des doigts, il caresse la surface de cet objet si petit, si cher. Ce reliquat de passé qui ne souffre que d'une légère entaille sur la surface boisée.

La flute semble presque neuve. En silence, l'homme du désert se détourne et commence à partir. La porte à peine fermée derrière lui qu'une mélodie s'entend. Une mélopée aux sonorités étrangères... Oui.. Une musique qui vient de sa contrée : Ayena. Contre le mur, les paupières fermées, les doigts de Gilmesh dansent. Bientôt, attirés malgré la froideur du début d'hiver, des hommes, des femmes, des enfants, entourent la silhouette du Mage de la Terre. Tous glissent sur leurs lèvres, un sourire... Parlent.. Chuchotent son nom pour ceux qui le reconnaissent... Gilmesh... Gilmesh. Gilmesh... Le philosophe au passé secret... Le maître des mots... L'amoureux des épices et du thé.

Ailleurs, dans son monde de bruit, de notes, de mélancolie, il en est aveugle, complétement absent. Il se laisse juste emporter par cette mélopée apprise il y a si longtemps... Une musique que lui jouait son mentor... Une partition en guise de merci à l'artisan.... Un remerciement sincère...



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Asgeir

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MessageSujet: Re: Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir]   Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir] EmptyDim 30 Déc - 21:09

Face aux paroles de l'homme, tu te contentas de hausser les épaules. Malgré toutes les douleurs que tu avais pu connaître au cours de ton incroyable vie, ta générosité et ta gentillesse ne s'étaient jamais taries. Pourtant, tu ne pouvais pas voir le geste de Gilmesh, autrement que comme de la compassion, et tu n'appréciais pas la compassion. Tu en avais parfois pour les autres, toutefois tu avais encore ce soupçon de dignité qui te refusait cette miche de pain. Tu l'abandonnerais ici, sans te retourner, sans goûter à sa chair douce, sans trancher ses courbes appétissantes.

Tu l'oublierais dès l'instant, où tu reprendrais ton travail. Tu poussas un soupir, puis lorsque tu t'apprêtais à prendre la scie pour couper du bois, tu perçus un léger son. Tu pivotas, puis tu observas la silhouette de ton client sur le seuil de ta porte. Tu fronças lentement les sourcils, le menton légèrement relevé pour regarder les gens apparaître derrière les fenêtres poussiéreuses. Tu fis un premier, puis un second pas, et un troisième jusqu'à voir plus ou moins distinctement les visages tournés vers Gilmesh. Ils écoutaient la musique, sans remarquer le vieux bâtiment derrière le musicien. Asgeir, c'était la première fois que tu voyais autant de monde devant chez toi, même s'ils n'avaient aucun intérêt pour l'atelier vieillissant leur faisant face. Tu reconnus la musique venant des pays chauds, elle était différente de ce que tu avais déjà pu entendre, que ce soit chez les musiciens de rue que ceux du théâtre, ou de l'opéra.

Tu allas reprendre ce que tu faisais, sans prêter attention à la foule grandissante, mais deux sombres faces perdues parmi les civiles te clouèrent sur place. Ce qui te permet de les voir, alors qu'ils étaient dissimulés entre les corps ? C'était leurs expressions, dénuées de toute distraction ; la musique ne les intéressait pas, car c'était l'enseigne de ta boutique qui les obsédait. Et peu à peu, tu les examinas bousculer sans politesse les spectateurs ; ils jouèrent des coudes et des épaules pour se frayer un chemin vers la porte. Tes yeux s'ouvrirent doucement, car tu reconnaissais l'aura qu'ils dégageaient ; cette aura que tu haïssais. Le plus grand posa les doigts sur la poignée de la porte, ton coeur cessa de battre, et tu reculas. Tu surveillas cette poignée maudite tourner jusqu'à produire un son ; tu mordis ta lèvre.

La tension courait dans tes veines, une goutte de sueur glissa sur ta tempe, et tu serras les dents. Une première figure apparue, celle d'un homme plus jeune que toi, à la pupille claire et menaçante. L'autre était plus petit, aux traits surprenants, car aussi fins que ceux d'une fille. Toutefois, il portait comme un masque un mince rictus mauvais, si bien que cela déformait la beauté de ses traits.


Tes doigts se refermèrent pour que ta main ne devienne qu'une main aux veines saillantes. Tu tentas d'ignorer leur existence, mais le plus vieux te prit le bras, en te demandant :

— Vous êtes Asgeir, celui que l'on surnomme « l'Homme-Arbre » ?

Tu ouvris la bouche, mais tu ne trouvas aucun mot à articuler. Tu te contentas d'approuver d'un signe de tête, l'homme montra ses dents avec malice. Il murmura :

— Bien... bien... vous savez qui nous sommes, n'est-ce pas ?

Tu n'osas pas dire leur nom, alors tu acquiesças en silence. Le plus jeune se colla presque contre toi, il planta brusquement ses ongles dans la chair de ton bras. Cependant, l'étonnement se peignit rapidement sur ses traits ; il ne te procurait pas la moindre douleur. Pourtant, déterminé, il continua d'enfoncer ses ongles, tu ne sentais rien. Ou plutôt, c'était l'impression que tu donnais. L'Inquisition avait trop de fois jouer avec tes muscles et ta peau, alors il y avait comme de la corne recouvrant entièrement tes membres. Il te lâcha finalement, agacé, et il grogna d'une voix douce :


— On sait bien des choses sur vous, notamment le fait qu'une dame s'est plainte de vous. Elle aurait vu un jeune homme à qui il manquait un bras, qui serait venu te rendre visite. Tu sais, le fameux terroriste, que Sir D'Arken a tué devant tout le monde ?


Et tu ne répondis rien, encore. La méfiance s'embrasa dans ton être, mais tu n'avais pas peur. Ce sentiment, comme les autres, avait disparu.


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Gilmesh Vittore

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MessageSujet: Re: Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir]   Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir] EmptyDim 6 Jan - 15:52

Du petit instrument en bois s'échappe des notes trébuchantes et douces. L'impression de voyage glisse sur les âmes telle une traîne colorée. La mélodie du soleil captive et émeut.. Les gens s'assemblent devant le vieil atelier. Plaisir de l'écoute. Plaisir tout court. La mélopée enserre d'une sensation de plénitude. Pour tour à tour, s'éteindre dans une touche de mélancolie. La fraîcheur de l'instant cueille le retour du philosophe. Les prunelles orageuses se dardent sur la foule compacte. Le visage de Gilmesh s'abaisse en guise de Salutation. Sourire aux commissures des lèvres, le bleu gris de ses yeux contemplent l'intérieur par la fenêtre.

Un sourcil se hausse à la scène. L’indécence des inquisiteurs provoque sur les traits une légère moue. Les fanatiques de l'ombre... Pourquoi ne pas venir offrir de nouveaux acteurs à la scène burlesque ? Bruissement d’étoffe, main qui attrape la poignée et le voilà préparé à couvrir de fiel les exaltés. Suivit de la horde de curieux, l'homme du désert foule de ses pas la bulle intemporelle. Des ah et des oh s'échappent de l'assemblée. Les prunelles s'égarent sur les meubles, les chaises, et les tables. Les cœurs tambourinent. L'envie de posséder les objets pétillent dans l'encre des yeux. Jamais ils n'auraient cru qu'ici, tout près, derrière les carreaux sales, qu'un vieil être sculptait de telles beautés. L'émerveillement. Douce surprise.

Un enfant pointe du doigt un cheval de bois placé vers une armoire de bois d'ébène. Ses joues se gonflent. Il tape du pied. La mère tente de le convaincre du contraire... Mais, sous la précision de l’œuvre, la qualité et la beauté de l'instrument, elle cède au caprice.. Le Mage de la Terre le remarque. Sourire aux coins des lèvres, ses pas le mènent vers le duo d'illuminés. Ils l’accueillent d'un rictus amer. La paume se place sur l'épaule du plus grand. Le regard assassin en réponse favorise l'arrivée de ses syllabes. Un sourire délicieusement cynique aux coins de la bouche et Gilmesh leur offre son poison.

« Pardonnez à l'humble mortel que je suis de vous interrompre durant votre apostolat. Mais, ne voyez-vous pas que toute les mires vous contemplent. Vous faites le jeu de leur amusement et leur offrez la plus belle image de votre dogme... Vous molestez leur marchand faisant perdre à l’État de précieuses piécettes.. Silence. D'un mouvement théâtral de la main sur l'Oratoire, le Maître des mots les mets devant l'évidence. Toujours souriant, le fiel corrode d'avantage. Puis, à l'extérieur de plus dangereux réfractaires rodent. Ils devraient d'avantage vous intéresser... A moins que l’Église favorise le zèle de vos gestes ? Et vous vous complaisiez dans le tort fait au bas Peuple ? »

Et Gilmesh fit mouche. Les illuminés portèrent toute leur attention sur lui. Le masque de leur trait exprime la haine viscérale. Une veine s'affiche sur la tempe.. Le sang semble pulser plus fort dans les artères. La lueur ancrée dans l'encre des yeux caracole avec folie. La démence désire se rejoindre à la fête. Il suffit d'un cheveux pour qu'il lui arrachent la gorge à pleine dent. Cependant, la foule amassée tout autour le rend si intouchable. Douce amertume. L'amusement guette le philosophe.

Tout sourire, l'orage de son regard se porte sur le Vieil Arbre. Une paume sur l'épaule, il lui montre du coin de l'oeil l'assemblée. Elle l'attend. Elle se fait impatiente. Elle souhaite la présence de l'Artisan pour repartir de l'atelier intemporel avec ses précieuses œuvres de bois. Un instant, il en avait presque oublié les inquisiteurs. Une ombre glisse sur sa cheville. Remonte le long de sa jambe pour s'arrêter amoureusement à ses hanches. Muré dans le calme, sa voix entame les syllabes à l'attention d'Asgeir.

« Asgeir, Allez-y. Il n'est jamais souhaitable de faire attendre sa clientèle. Réchauffez leur coeur de votre talent. Votre virtuosité doit vivre et exister pour réchauffer le visage de sourire. Le bleu gris de ses yeux se porte sur les exaltés. Aurez-vous la bienséance de me rendre ma totale autonomie ? Vous ne gagnez rien à molester un partisan de la paix... Vous n'attiserez en retour que la haine de la Foule ici présente. A moins que vous ne vouliez montrer à tous que mes syllabes vous ont égratigné, vous humble guerrier de l'Ombre. »

Ses bras s'ouvrent en signe de reddition. Il n'est pas armé. Seul entre ses doigts demeure la flute, si précieux instrument, reliquat d'un passé, dernier souvenir d'un homme retourné à l'Ombre et la Terre.
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MessageSujet: Re: Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir]   Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir] EmptyDim 20 Jan - 14:12

Tu écoutas l'échange, avec ton manque habituel d'attention, car l'inquiétude avait envenimé ton esprit. Tu aurais préféré que l'homme n'intervienne pas, et se contente de faire comme les autres. Ça aurait été plus simple, comme toi, comme pour lui. Toutefois, il était intervenu, malgré tout. Et toi, tu te retrouvais au centre de l'attention. Ton minable atelier attirait les regards, la façade dévorée par le temps se faisait manger par la curiosité, tandis qu'on se dévissait lentement le cou pour percevoir à travers les fenêtres poussiéreuses, ton art, celui dont Gilmesh parlait.

La plupart n'étaient pas impressionnés par la boutique, après tout, ta gigantesque silhouette leur masquait la vue de tes compositions. Ce qui fascinait sans doute plus, et tu en avais douloureusement conscience Asgeir, c'était toi, ce qu'il se passait autour de toi. Toi, et ton immense taille, dépassant sans peine celle des trois hommes. Toi, au visage marqué de vieillesse, toi à la peau zébrée de cicatrices, boursouflée, et crasseuse. Tes larges épaules se haussèrent, devant les yeux noirs que posa sur toi le plus jeune des deux Inquisiteurs. Puis, celui-ci cracha à Gilmesh :


— Nous ne faisons que la loi, pas l'injustice. Les hommes tels que vous mériteraient la prison pour de telles paroles. Votre beau langage ne sert qu'à masquer la laideur de votre âme. Ainsi, la chose que mon ami et moi comprenons, c'est que vous êtes un ennemi de l'Empire. Comme Mist, mort en place publique.

Un mince sourire narquois s'étira de ses lèvres, tu frémis en te souvenant de ce qu'il s'était passé. L'autre poursuivit :

— Ainsi notre Excellence punis les hors-la-loi, ceux qui déciment familles, ceux qui détruisent ce que l'Empire a construit. En est-il de même de vous ? Il en sera cela pour Lao, lui aussi était un grand orateur. Maintenant, ce n'est qu'une question d'heure avant qu'Émile Paole lui tranche la langue : il ne pourra jamais plus répandre le venin qu'il verse dans l'âme de nos citoyens.

Un murmure parcourra la foule, tu relevas la tête pour les observer. Ce fut là que tu le remarquas, ce jeune homme aux cheveux gris que tu avais aidé. Il avait changé depuis le jour, où tu l'avais aidé à enterrer Mist. Ton estomac se serra, péniblement, et tu te détournas pour ne pas l'examiner davantage. Il avait changé, depuis cet enterrement, tu ne connaissais pas son nom d'ailleurs. Personne ou presque ne remarqua Marius De l'Ombrage, caché entre une grande rousse, et un chauve.

Personne ne vit sa perruque blonde masquant ses cheveux gris, personne n'étudia le regard bleu et tranchant qu'il lança aux deux inquisiteurs. Marius De l'Ombrage, l'adversaire de l'Empire, le jeune homme aux idées de Révolutions souillées par la tragédie. Il se tenait là, déguisé en Léonard, maigre comme un squelette, les traits tirés de fatigue, les os sous sa chair fine bien visibles. Les Inquisiteurs, censés le connaître, censés chercher sa mort, ou du moins son emprisonnement, ils étaient tellement occupés par Gilmesh qu'ils le laissèrent partir. La silhouette de Léonard disparut dans une ruelle, il ne te rendit jamais l'aide que tu lui avais gracieusement offerte. Seule restait la grande rousse, aux formes plantureuses, et aux iris méprisants. Elle porta à ses lèvres rouges une sorte pipe qu'elle alluma, elle soupira en expirant une poignée de fumée.


— Alors ? C'est parce que vous défendez cet homme que vous affirmez être contre l'Empire ? Devons-nous emmener les deux rats que vous êtes ?

Asgeir, tu revins brutalement dans la réalité. Gilmesh risquait sa vie, parce qu'il était intervenu. Le plus jeune avança d'un pas vers Gilmesh, tu avalas ta salive. Ils étaient prêts à l'attaquer, devant tous, sans craindre de soulever la colère des témoins. Car en réalité, les gens étaient trop effrayés et lâchent pour intervenir. De plus, le seul héros susceptible de sauver Gilmesh était parti. Tu ne jugeas en rien Marius De l'Ombrage, tu l'oublias même dès que tu posas ton énorme main sur le jeune Inquisiteur. Celui-ci se retourna vers toi, et il voulut t'envoyer un coup de poing. Tu ne cherchas pas l'esquiver, et donc tu le reçus douloureusement dans la poitrine, il était trop petit pour pouvoir atteindre ta mâchoire. Tu te plias légèrement, puis tu lâchas son épaule pour toucher ta poitrine. D'une voix patiente, tu grondas :

— Il n'y est pour rien, ce n'est qu'un client. Emmenez-moi plutôt, puisque vous êtes venus ici pour ça.

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Gilmesh Vittore

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MessageSujet: Re: Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir]   Un petit instrument en bois peut être le reliquat de nombreux souvenirs [Pv Asgeir] EmptyDim 3 Mar - 13:40

Un manque flagrant de peur enveloppe le Mage de la Terre. Tel un lac tranquille à l'onde translucide, l'orage des prunelles s'attarde sur les exaltés, le corps et l'esprit transpirent la quiétude. Il sait au plus profond de lui que l'acide de sa verve corroderait leur patience. Provoquerait une tempête. Détruirait la bulle de l'atelier si l'Ombre se confrontait à Mère Nature. L'andrinople, source de vie, souillerait la peau pâle, si la folie venait à les gagner. De la peur et des cris s'entendraient au dehors si le verbe devenait acte. Toute ces âmes curieuses fuiront. Le sang maculerait le sol de ce lieu intemporel si vraiment les trois hommes aux convictions opposées s'affrontaient. De nombreux si en fait. Et aucune garantie qu'ils ne prennent réalité ou pas. C'était un jeu de roulette à l'issue bien incertaine que s'adonnait Gilmesh. Tout ceci, pour empêcher ce vieil arbre de finir derrière des barreaux, dans une cellule froide et triste.

Tout ceci par conviction. Sa philosophie l'empêche et l'empêcherait toujours de rester les bras croisés devant l'intolérable injustice. Cette dame de fer si souvent cachée derrière les bassesses humaines le révulsait. Elle avait un goût amer en bouche. Celui de l'impuissance. Celui d'être aussi issu de cette souche barbare aux agissements parfois controversés. Cette après-midi hivernale ne compterait pas une nouvelle victime. Asgeir n'entendrait pas le cliquetis des chaînes au moindre de ses mouvements. Il ne souffrirait pas de la peur de la chair écorchée, du fer. De la cruauté de son bourreau. Il garderait intact ce petit bout de liberté. L’Orateur fera en sorte de préserver sa dignité.

Les bras toujours ouvert en signe de reddition, Gilmesh écoute. Les mots coulent sur lui comme des perles d'eaux sur une vitre fermée. Imperméable. Les syllabes ne défigurent pas les traits du visage de l'homme à la peau hâlée. Même au souvenir de l'enfant tué en place publique. Sinistre jour où un dogme arrache facilement une vie. Réticence et révolte. Douleur et peine. Soupir qui s'envole des lippes jusqu'ici closes. C'est ainsi qu'ils veulent le faire sortir de ses gongs ? Cela manque cruellement d'ingéniosité. Il allait répondre mais la roue du destin se teinta d'une note sinistre.

Le sol aux pieds du Mage de la Terre frémit, secousse concise et brève.. Reflet de la douleur d'un homme qui découvrait qu'un ami avait besoin d'aide. L'amertume versait sur lui des larmes amères. Il n'avait pas su le protéger de sa détresse. Et surtout, ne savait que maintenant que les serviteurs de l'Ombre le tenaient entre leurs serres. Cette vérité, un poignard dans le dos. La scène s’accélérait autour de lui qui doucement baissait son visage. La foule, les adorateurs du fanatismes prendraient cela comme une simple reddition. Le symbole d'une âme pleutre ayant fuit la queue entre les jambes. Hélas, ce fut bien l'inverse.

Lorsque la tête du pacifiste se relève, c'est pour mieux laisser transparaître dans l'éclat des yeux bleus gris, un sentiment puissant. Des convictions. Une flamme hurlant justice. Debout et droit, il scrute l'imposant Goliath. Il lui tend le précieux instrument. Là, là où il ira, on ne lui offrira guère le temps de jouer un air de flute. Sa voix souffle à son intention.

« Asgeir, n'endossez pas sur vos épaules le prix de mes mots... Aucun homme, pacifiste soit-il tolèrerait cet acte. Vivez libre, sans crainte du lendemain. Faites prospérer le talent qui est votre. Ne le gâchez point. L'attention portée sur les deux serviteurs de l'Ombre, Gilmesh poursuit, sourire sournois sur les lèvres. Quelle vaillance dont vous faites preuve, valeureux guerrier de l'Ombre. N'éprouvez-vous pas une meilleure gloire si vous attrapez celui qui vient présentement de jeter la honte sur vos nobles épaules ? »

La paume vers le sol bouge. Les grains de sable obéissent à la volonté de l'Homme du désert. En un battement d'ailes de papillon sur une plantes, le plus vieux hurle, des particules de terre se sont jetées dans ses yeux. Le retour quasi immédiat bloque les prochains gestes du philosophe. Entouré par l'étreinte de l'Ombre, il est traîné à l'extérieur sous le regard de la foule encore surprise. Un sacrifice pour sauver le vieil arbre. Un moyen ingénieux pour rejoindre le sauveur... Et l'épauler. Il reviendra ici pour venir chercher le reliquat d'un passé.


[hrp : Enfin ta réponse o/ Désolée du retard >w<]
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