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  Toutes les voix rencontrent la lumière et l'amènent à l'Ombre, puisque l'histoire se répète [Sed']

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† Prêtresse †

Suzume Zhang-Jian

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MessageSujet: Toutes les voix rencontrent la lumière et l'amènent à l'Ombre, puisque l'histoire se répète [Sed']    Toutes les voix rencontrent la lumière et l'amènent à l'Ombre, puisque l'histoire se répète [Sed'] EmptyVen 3 Aoû - 2:38

Ah l'empereur. Ou qu'il aille, quoi qu'il fasse, tous les yeux étaient tournés vers lui. Aussi n'était-il pas si étonnant que le palais des arts soit entouré de garde alors qu'un opéra se jouait en la présence de sa majesté. Pourtant, malgré cela, Suzume trouvait la sécurité tout bonnement moyenne, le fait qu'elle ne voit dans la garde qu'une bande d'incompétents paresseux et inexpérimentés y était probablement pour quelque chose. Ce genre de vision des choses pouvaient se comprendre, pour peu qu'un prenne en compte le fait que Suzume vivait pour et par l'Église depuis son plus jeune age, ayant commencé sa formation avant même ses dix ans. Avec une telle éducation, il n'était pas étonnant qu'elle n'ai aucune confiance en des êtres qui n'apprenaient à manier les armes qu'une fois l'adolescence bien avancée. Et puis, pendant la régence, l'Église n'avait-elle pas, à elle toute seule, très bien géré la sécurité de la ville? Pourquoi l'Empereur trouvait-il utile de faire revenir la garde? Si Suzume acceptait les choses, à défaut d'avoir le choix, il était certain qu'elle n'avait aucune sympathie pour les soldats, n'y voyant que des gêneurs pour ses parties de chasse à l'hérétique. Cependant, il n'était pas dans les habitudes de la jeune prêtresse de se plaindre. Elle préférait agir pour montrer son désaccord.

C'est donc sans réelle surprise qu'on la retrouva sur le toit du palais des arts.
Oui, comme vous le savez certainement, on n'est jamais mieux servi que par soi-même, aussi, malgré la ribambelle de soldat aux aguets, la jeune fille avait pris congé de ses collègues, à l'intérieur, pour venir ici, n'ayant aucun goût pour l'art ou la musique. Il n'y avait aucun doute que c'était ici, et nulle part ailleurs, que la prêtresse était la plus efficace, surtout à cette heure tardive, ou les ombres étaient omniprésentes. Suzume était une prêtresse de terrain, entraîné au combat, et non à la diplomatie, qui, quelques fois encore, lui faisait défaut.

Ni les regards noirs, ni les quelques remontrances qu'elle put entendre ne la fit vaciller, et c'est la démarche professionnelle, le regard neutre, qu'elle continua à faire son devoir, sous les regards incrédules des montagnes de muscles en armure, obligé de baisser la tête, pour certain, juste pour pouvoir la suivre du regard. C'est sûr que voir une préposée gamine, toute de noires vêtues, au moins trois têtes en dessous d'eux, faire des tours, ça n'avait pas grand-chose d'impressionnant. C'était probablement la plus grande force de Suzume, cette apparence de poupée sage, même si parfois, elle trouvait cela était quelque peu irritant.
Comment fera-t-elle, si un jour Suzume devient Haute prêtresse, et que personne ne la respecte à cause de son apparence? Certes, il faudrait être fou pour manquer ainsi de respect à un si au dignitaire de l'Église. Tout le monde le sait, seul le plus fort commande, car tel est la volonté de l'Ombre. Si l'apparence de son Excellence est des plus douces, et même si sa santé est des plus défaillante, il n'en restait pas un prodigieux manieur de l'Ombre et du sang. Malheureusement, tout prodigieux qu'il soit, il n'est pas insensible à l'appel de l'Ombre.
Mortel, comme tous.

Soudainement Suzume s'arrêta en plein milieu de sa ronde, fixant le sol. Oui. Son Excellence allait bientôt mourir, et même si elle acceptait les faits, il y avait quelque chose, au fin fond d'elle, qui avait envie de protester, de crier, même! Sauf qu'on ne lui avait jamais appris à se révolter, même contre la mort. Obéir, toujours. Aussi ne réussit-elle pas à mettre le doigt sur le sentiment de rage qui lui comprimait les poumons. Servir l'Ombre, c'est accepter. Même l'inacceptable.
Un soupir, puis Suzume releva les yeux, prête à continuer.

C'est alors qu'elle la vit.
Comment avait-elle fait pour la louper depuis tout ce temps? Ouvrant légèrement les yeux de surprise, Suzume regarda cette... Gigantesque femme. En etait-ce vraiment une? Suzume douta un instant. Du haut de ses un mètre cinquante, avec sa silhouette si frêle, la prêtresse se sentait bien petite. Un peu comme avec Zélig... Sauf qu'avec le prêtre, Suzume avait au moins l'impression de briller par l'esprit, ce qui compensait la taille. Que devenait le prêtre, d'ailleurs? Voilà bien longtemps qu'elle n'avait pas pu le voir, trop occupé à espionner le Duc-commandant sous les ordres d'Uriel.
Prise dans ses pensées, Suzume ne prit que très tardivement conscience de la façon insistante dont elle fixait la garde.
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Sedna Equinox

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MessageSujet: Re: Toutes les voix rencontrent la lumière et l'amènent à l'Ombre, puisque l'histoire se répète [Sed']    Toutes les voix rencontrent la lumière et l'amènent à l'Ombre, puisque l'histoire se répète [Sed'] EmptyVen 3 Aoû - 18:34

Ce n'était pas la première fois que Sedna avait pour mission de faire le planton devant un lieu fréquenté par le gratin de la société. Elle commençait même à avoir un peu d'expérience de ce côté-là. Mais c'était la première fois qu'on l'assignait au palais des arts.

En toute sincérité, protéger les politiques, ce n'était pas son fort, d'autant plus que sir Genesio, le duc-commandant, n'était même pas là. Pas qu'elle ne les aimait pas, les nobles, enfin, ils ne lui avaient pas fait de mal, ils ne la remarquaient même pas en fait. Ils méritaient la protection tout autant que n'importe qui. Mais franchement, c'était des aimants à problèmes; entre ceux qui étaient paranoïaques à divers degrés et voyaient le mal partout, et ceux qui au contraire étaient bien trop insouciants des dangers qui les guettaient dans l'ombre, on ne pouvait pas dire qu'ils facilitaient le travail de la garde.

En plus, ils étaient la cible de la plupart des ennuis qui pouvaient troubler l'ordre de la cité. Comme ils étaient riches, les voleurs et les agresseurs de tous poils s'en prenaient à eux en priorité, pour leur voler leur bourse, ou pire, les kidnapper et obtenir une rançon. Mais surtout, de par leur statut, ils étaient la cible favorite de ces enflures de terroristes qui gangrénaient la capitale.

Et pour les terroristes, voir autant de nobles, de politiques et de hauts dignitaires de tous poils réunis en même temps, c'était aussi irrésistible que des gâteaux juste sortis du four pour un affamé gourmand.

Pour ne rien arranger, le palais des arts était un lieu difficile à protéger: il n'avait pas été créé pour être défendu, mais pour en mettre plein la vue à ceux qui le voyaient. L'esthétique était, bien souvent, l'ennemi de la sécurité; l'opérâtre regorgeait d'ombres, de recoins et était paré de nombre d'entrées et de cachettes.

Heureusement, une bonne partie de la caserne centrale avait été mobilisée pour sécuriser tout ça. Elle en connaissait la plupart, qu'elle salua d'un "Bonsoir !" joyeux ou d'une bourrade.
Aucun inquisiteur en vue, mais cela ne voulait rien dire : ils avaient pour vocation d'être discrets. Ce qui ne la dérangeait nullement, d'ailleurs : tant qu'elle ne les voyait pas, Sedna les supportait sans mal.

On avait remarqué qu'elle n'avait pas peur du vide, et c'est ainsi que, malgré sa carrure qui la destinait plus à la terre ferme en armure solide, l'ancienne guérisseuse s'était retrouvée à patrouiller sur les toits, sans son armure de plaques habituelle, remplacée par du cuir riveté, plus adapté quand il fallait crapahuter en hauteur. Comme le temps était plus que clément, elle avait aussi dû retirer son habituelle cape noire et le capuchon qui allait avec, ce qui n'était pas arrivé depuis un moment à l'extérieur de la caserne.

Cet habit la mettait mal à l'aise. Depuis un an, elle portait son armure lourde et sa cape en permanence, ou presque, et maintenant elle se sentait nue sans. En plus, cette armure-ci ne cachait en rien qu'elle était une femme, et, même si officiellement elle n'était pas travestie, Tanazârt trouvait plus pratique qu'on la prenne pour un homme. Elle avait aussi dû abandonner ses armes fétiches, ne gardant que l'arbalète et la dague cachée, dont elle espérait ne pas avoir à se servir. Son usage était réservé au cas où elle tomberait dans un traquenard, où si sa tribu d'origine la rattrapait, des perspectives aussi peu réjouissantes l'une que l'autre.

Elle respira un grand coup et se mit à son poste, sortant un lien d'une poche à sa ceinture pour se nouer les cheveux. Elle avait dénoué ses tresses la veille, ne voulant pas garder trop longtemps la même tête, de peur qu'on la reconnaisse, et maintenant sa tignasse brun rougeâtre partait dans tous les sens. Demain, elle irait se les faire teindre. Elle voulait tester le vert clair, cette fois.

C'est à ce moment-là qu'elle vit une silhouette parmi les ombres, qui n'appartenait certainement pas à la garde royale. Un enfant.... non, pas un enfant, un jeune adulte. Une jeune femme. La taille l'avait induite en erreur, mais ce regard ne pouvait pas appartenir à un môme. Ni cette façon d'effacer totalement sa présence dans les ombres.

Sedna avait des sens plutôt aiguisés, en temps normaux. Elle était comme un animal sauvage toujours aux aguets, guettant le danger. Il le fallait bien, quand on était en fuite et poursuivie par des gens qui voulaient, soit vous mettre sur un trône dont vous ne vouliez pas, soit vous tuer. Mais cette personne, elle ne l'avait pas vue, tapie parmi les ombres. Elle ne l'avait pas entendu approcher du tout. Et, pire que tout, elle n'avait pas ressenti que quelqu'un approchait dans son dos. Ces deux orbes d'un bleu glaçant auraient pu la fixer depuis des heures, elle n'en aurait rien su. Définitivement pas une enfant.

Elle se crispa. Et si c'était une de ses poursuivantes ? Non, pas possible, trop pâle, et puis, elle semblait plus curieuse que menaçante. Quoi que. Ses yeux étaient indéchiffrables. Oppressants, mais pas ouvertement hostiles. Une terroriste ? Sedna porta la main à son dos avant de se rappeler que sa hallebarde ne s'y trouvait pas. Et puis, si c'était une terroriste, pourquoi aller sur les toits bourrés de gardes et rester pendant plusieurs minutes, voir dizaines de minutes à les observer ? Non, elle devait avoir une bonne raison d'être ici. Et ce n'était clairement pas une garde.

"Qui êtes-vous ?"

La nomade aurait voulu continuer par un "et que faites-vous ici ?" , mais les mots ne voulaient pas sortir. Elle planta ses yeux d'un vert olive dans ceux, azures, de son vis-à-vis. Si les siens étaient trop opaques pour paraître naturels, ce qui leur conférait un côté très dérangeant, voir insoutenables, ceux de l'inconnue étaient au contraire trop perçants, et inquisiteurs. Personne, probablement, n'aurait voulu se retrouver fixé par ces deux paires d'yeux inhabituels en même temps.
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† Prêtresse †

Suzume Zhang-Jian

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MessageSujet: Re: Toutes les voix rencontrent la lumière et l'amènent à l'Ombre, puisque l'histoire se répète [Sed']    Toutes les voix rencontrent la lumière et l'amènent à l'Ombre, puisque l'histoire se répète [Sed'] EmptySam 4 Aoû - 3:49

Suzume n'avait toujours pas quitté cette femme du regard. Certes, elle avait effacé sa présence, comme à son habitude, mais n'avait pas pour autant fait l'effort de se cacher, laissant tout le temps nécessaire à son intérêt du moment pour la voir... En fait, elle trouvait la femme en face d'elle... Particulière. Intéressante? Non, pas vraiment, ou peut-être que si? Physiquement, elles étaient à l'extrême opposé l'une de l'autre, et ça, c’était peu commun: Une frêle poupée devant une puissante guerrière, un teint halé contre de la porcelaine, une mer d'azur face à une eau marécageuse, une longue chevelure rougeâtre devant un sobre carré bleu. Une prêtresse vouée à l'Ombre, une garde fidèle à l'Empire.
L'Ombre avait quelques fois un humour quelque peu ironique.

Si ce constat aurait pu en faire rire plus d'un, Suzume se contenta d'un très bref haussement de sourcils en voyant cela, ses yeux ne quittant cependant pas ceux d'un vert opaque de la garde. Qui avait-il de plus inquiétant, un regard trop clair ou trop sombre? Une guerrière impossible à éviter ou un assassin qui vous poignarde dans le dos? A cette question, la prêtresse n'avait aucune réponse, néanmoins, elle ne cilla pas un seul instant, quand bien même la jeune femme lui posa une question.
Qui était-elle? Voyons, il suffisait de regarder sa tenue pour comprendre qu'elle était une prêtresse, alors pourquoi cette question? Rare étaient ceux qui souhaitaient en savoir plus sur Suzume, car son apparence de lolita, doublé avec ce regard bien trop mature, les mettaient bien trop mal à l'aise. Tout comme ils devaient l'être avec cette si charismatique femme. Elle était impressionnante, vraiment. Inspirait-elle la crainte? Pour sa part, Suzume ne connaissait pas la peur, ou du moins, se targuait-elle de le penser. Quand on savait manier les ombres pour se défendre, on apprenait que la taille, ou même la force ne faisait pas tout. Ainsi c'est tranquillement, de sa voix douce mais d'une froideur sans pareil, qu'elle prit enfin la parole.

Pour répondre à votre question, il vous suffit de regarder plus attentivement ma tenue.

Fit-elle d'une voix neutre, s'étant, en quelque sorte et à sa façon, moqué de sa question, sans la moindre politesse. Suzume n'avait cependant rien fait pour donner son identité, préférant de loin se fondre dans la communauté ecclésiastique, que se complaire dans l'individualisme quand il s'agissait de parler d'elle, chose assez contradictoire pour une personne constamment seule. Certes, c'était fortement impoli d'agir ainsi, mais pourquoi faire un effort de politesse? L'inimitié était plus que déclaré entre les deux camps, inimitié que la jeune fille approuvait et même défendait. Chasser les terroristes ensemble, soit, mais leur lien s'arrêtait là. Pourquoi Suzume aurait fait quoi que ce soit pour montrer l'exemple et s'entendre avec une garde, alors que son Excellence lui-même ne pouvait pas supporter le plus haut dignitaire de la garde impériale? Les enfants miment leurs parents, rien de plus.
Et dire qu'au fond, leur but était le même; la prospérité de l'empire. Seulement, leurs méthodes étaient si radicalement différentes que toute entende était impossible entre les deux camps, ils étaient trop parfaitement ancré dans leurs positions, pour changer d'avis l'un comme l'autre. Tant mieux pour les hérétiques, dans un sens, car pendant qu'ils se bouffaient le nez, aucune chasse n'était en cours.

Je ne vous retourne pas la question, votre présence ici ainsi que votre tenue parlent pour vous.

Ajouta-t-elle plus pour mettre de l'huile sur le feu, qu'autre chose. Mais cela était parfaitement volontaire. Si Suzume était d'un calme à toutes épreuves, elle prenait grand plaisir à voir le spectacle affligeant d'une personne se laissant aller à des débordements émotives tel que la colère. Ne pas pouvoir contrôler ses émotions, à ses yeux, était une preuve de faiblesse, bien que beaucoup murmuraient dans son dos qu'il était facile de penser ainsi, quand on se faisait surnommer l'iceberg. Cette gamine était si froide. Savait-elle seulement aimer?
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Sedna Equinox

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MessageSujet: Re: Toutes les voix rencontrent la lumière et l'amènent à l'Ombre, puisque l'histoire se répète [Sed']    Toutes les voix rencontrent la lumière et l'amènent à l'Ombre, puisque l'histoire se répète [Sed'] EmptyLun 6 Aoû - 18:53

Sedna haussa les sourcils, se retenant de lever les yeux au ciel, sombre par ailleurs, devant la réponse de son interlocutrice. Par l'Ombre et l'Empire réunis, elle n'était peut-être pas une flèche, mais tout de même, elle avait compris qu'elle se trouvait devant une prêtresse... Enfin, la cape noire en elle-même aurait pu appartenir à n'importe qui, pour preuve elle-même en portait, mais celle des ecclésiastiques était particulière. Ce qu'elle voulait, bien sûr, c'était un nom et une raison pour elle de se tenir ici, un lieu rempli de gardes impériaux qui lui étaient franchement hostiles.

Allons, Tanazârt, se morigéna-t-elle, tu es en service, ne fais pas de vagues, ça a déjà faillit te coûter ton poste durant ta formation...Reste donc professionnelle deux minutes.

Ainsi, elle ne détourna pas les yeux de la jeune fille, ou plus vraisemblablement jeune femme, qui lui faisait face. Oui, plus elle y regardait, plus elle était certaine que son vis-à-vis était plus âgé qu'il n'en avait l'air, sans pour autant arriver à estimer précisément son âge. Comme si elle s'en souciait, de toutes façons.

"Sedna Equinox" se présentât-elle de sa voix rugueuse comme le sable du désert, malgré le ton pas franchement avenant de la prêtresse aux cheveux bleus. Elle n'était pas du tout douée pour comprendre les sentiments des gens, et encore moins saisir l'ironie. "Pourrais-je avoir votre nom et la raison qui vous pousse à venir ici ?"

En théorie, Sedna avait toute l'autorité de lui ordonner de fournir ces renseignements, mais elle doutait que ça marche. Et puis, fondamentalement, elle n'avait rien contre les prêtres. Elle n'aimait pas que l'Église se mêle trop de politique et essaie de prendre la place de la Garde royale, mais elle respectait beaucoup les prêtres en tant que personnes. Après tout, ils représentaient l'Ombre, et, si elle n'était pas une fervente croyante au sens communément admis du terme, elle respectait énormément l'Ombre. Et puis, son éducation et son alphabétisation, aussi incomplètes furent-elles, elle les devait aux prêtres... comme quoi, contrairement à ce que pensaient nombre de ses collègues, ils n'étaient pas tous des "pourris".

Son envie de ne pas les détester venait surtout du fait qu'elle était un être foncièrement social, taillé pour aider les autres et non pour tuer ou haïr.
Et puis, elle avait été entraînée durant des années pour apprendre à bien s'entendre avec tout le monde. Lorsqu'on déteste les personnes qu'on est censée soigner, et à plus forte raison quand c'est réciproque, le travail s'en ressent. Difficile, quand on nous a toujours apprit à mettre les inimités de côté pour le bien du travail, de se mettre du jour au lendemain à détester toute une classe de gens sous prétexte qu'ils ont des façons de faire différentes des nôtres et que leur haut-prêtre essaie d'empiéter sur les fonctions de notre propre duc-commandant, aussi vénéré soit ce dernier.


De plus, même dans son nouveau travail, cette capacité durement acquise à être jugée sympathique lui servait tous les jours. Pour le travail en équipe avec d'autres gardes, mais surtout lorsqu'il s'agissait du contact avec la population. Après tout juste quelques semaines passées à patrouiller dans les rues autour de la caserne centrale, elle était déjà connue en bien de la plupart des commerçants et de quelques autres citoyens auxquels elle avait un peu parlé. Lorsqu'il y avait un problème, ils se montraient souvent coopératifs avec elle. Ce n'était pas toujours le cas avec d'autres.

Oui, Sedna avait bien des faiblesses, mais elle ne considérait pas sa facilité à entrer en contact avec les gens comme en étant une, bien au contraire.
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† Prêtresse †

Suzume Zhang-Jian

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MessageSujet: Re: Toutes les voix rencontrent la lumière et l'amènent à l'Ombre, puisque l'histoire se répète [Sed']    Toutes les voix rencontrent la lumière et l'amènent à l'Ombre, puisque l'histoire se répète [Sed'] EmptyMar 7 Aoû - 8:13

Sedna? Première fois que Suzume entendait un nom pareil. Et même si elle ne comprenait pas réellement pourquoi la jeune femme prenait le temps de se présenter, alors que elle venait implicitement de se moquer de sa question, elle décida de ronger un peu son frein, l'espace d'un instant, du moins.

Suzume Zhang-Jian...

Fit-elle toujours aussi doucement, contrastant terriblement avec la voix un peu rude de la garde, après avoir laissé bien une minute de silence pendant laquelle, la prêtresse s'était demandé si oui ou non, elle prendrait la peine de se présenter. Cependant, l'idée de se complaire dans le silence lui avait paru trop puérile. Suzume était tout sauf puérile. Aussi avait-elle décidé, de mauvaises grâces, de répondre à la question. Par contre, pour la seconde...

Quant à votre seconde requête, je me vois dans l'impossibilité de la satisfaire.

Elle mentait, bien sûr, et ne s'en cachait même pas. Cette femme était peut-être une garde, et par conséquent avait de l'autorité sur la population, mais Suzume était une prêtresse, elle ne rendait donc de comptes que devant son Excellence, et l'empereur, bien sûr. Or, son mentor avait mieux à faire dans l'immédiat que de venir lui taper sur les doigts parce qu'elle se serait montrée irrespectueuse envers un simple soldat. Comme si cela n'arrivait pas dix fois par jour. C'était un peu bizarre entre les deux groupes, un peu « on se serre la main en public, mais on ne peut pas se supporter ». C'en était presque risible, au final, quand on y réfléchissait et qu'on n'y connaissait pas grand-chose en politique. Une interminable chicanerie, qui s'arrêtait seulement quand un terroriste était assez suicidaire pour poser une bombe dans un endroit des plus insolites. Comme le Sénat. Suzume aurait bien aimé à l'époque enquêter sur le sujet, mais seuls les inquisiteurs avaient eu se privilèges. Bien dommage, elle aussi aurait aimé essayer d'extorquer des informations aux prisonnier... Bien qu'elle se doutait évidemment ne pas atteindre le quart du talent des inquisiteurs pour ça. Et c'était bien dommage.
A chacun sa place.

Après une présentation si brève, on aurait pu attendre de Suzume qu'elle s'en aille, snobant la soldate sans plus de cérémonie mais... Non. Il y avait clairement quelque chose qui l'intéressait chez cette femme. Sur ce point, Suzume gardait peut-être la seule et unique trace d'enfance en elle. Sa curiosité n'avait pas de limite, ou si peu. Une fois intriguée, même si elle ne le montrait pas, il était rare qu'elle lâche l'affaire. Quand quelque chose l'intéressait, elle allait de l'avant pour comprendre, voir, ou même toucher, celons ses envies. Or là, c'était tout le personnage qu'elle trouvait singulier. Aussi, lui fit-elle un bref signe.

Mais si vous tenez tant à le savoir, vous n'avez qu'à me suivre...

Ça sonnait bien plus comme un défi qu'une réelle invitation. Quoi que, Sedna pouvait être, à sa façon, utile. Une femme aussi grande attirait forcement plus l'attention qu'une poupée de porcelaine. Entre le guerrier qui fonce sur vous en hurlant, et l'assassin qui se glisse dans votre dos, qui voyez-vous en premier? Surtout devant une si grande guerrière. Oui, Suzume bloquait complètement sur la taille de Sedna, c'était... Presque un complexe, il fallait l'avouer. Même si la prêtresse brillait pour pleins d'autres raisons, elle n'en restait pas moins ridiculement petite. Comme beaucoup d'habitant d'Yijing. Enfin, paraissait-il que c'était mignon. Sauf qu'au yeux de Suzume, Haute prêtresse et mignon n'allait pas ensemble. Mince à la fin! Elle avait mieux à faire que ressembler à une poupée sur patte. Certes, personne ne se méfait d'elle à cause de ça, et ça n'en faisait qu'une plus merveilleuse prêtresse... Mais elle commençait à en avoir doucement assez d'être vu comme une enfant, et ceux de plus en plus, maintenant qu'elle avançait à grands pas vers l'age adulte. A ses yeux, elle l'était déjà. Aux yeux de beaucoup, elle n'en deviendra jamais une.
Sedna n'avait cependant fait aucune remarque qui aurait pu laisser penser qu'elle la voyait comme un être juvénile. Un bon point pour elle... Qui ne rachetait, cependant pas, la multitude de mauvais points qui entachaient la garde impériale.
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Sedna Equinox

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MessageSujet: Re: Toutes les voix rencontrent la lumière et l'amènent à l'Ombre, puisque l'histoire se répète [Sed']    Toutes les voix rencontrent la lumière et l'amènent à l'Ombre, puisque l'histoire se répète [Sed'] EmptyJeu 9 Aoû - 19:06

Sedna hocha la tête en entendant le nom de la prêtresse qui lui faisait face. Elle supposait avoir déjà entendu ce nom, mais elle en entendait tellement... sans qu'elle ait à se plaindre de sa mémoire, plutôt bonne, il en aurait fallût une parfaitement extra-ordinaire pour réussir à retenir toutes les informations qui lui parvenaient. La sienne se débrouillait déjà pour retenir les plus importantes, et c'était plutôt pas mal.

Elle ne fit aucun cas du silence qui avait suivit sa propre question, encore moins de la mauvaise grâce avec laquelle on lui avait répondu, et ne se formalisa pas plus que ça qu'on ne lui réponde qu'en partie. Elle s'en doutait un peu. Et puis, si leurs situations avaient été inversées, Tanazârt se disait qu'elle n'aurait pas eu une réaction très différente. Ne serait-ce qu'à cause de sa nature rebelle et provocatrice, pas tout à fait domptée par l'entrainement militaire, et qui, s'il s'effaçait lorsqu'elle était en service, ne loupait pas une occasion de se manifester en-dehors. Chassez le naturel, il revient au galop, ou quelque chose comme ça... c'était une expression qui n'était pas utilisée à Ayena, mais qu'elle avait adoptée dès le début de sa fuite.

Elle s'attendait à ce que la petite silhouette en noir tourne les talons et continue son chemin pour vaquer à ses occupations, quelles qu'elles puissent être, mais cette dernière n'en fit rien, et resta au contraire plantée devant elle, à la regarder, avant de lui intimer de la suivre. Cette fois, le doute quand à la réelle signification de sa phrase n'avait pas lieu d'être, même pour quelqu'un aussi peu doué avec les sous-entendus que celle qui se faisait appeler Equinox.

Mais elle était en service. Aussi répondit-elle, sans la moindre animosité mais avec une voix de fer:

Si vous étiez en mission pour le haut-prêtre en personne et qu'un soldat de la garde impériale vous défiait de le suivre, abandonneriez-vous votre devoir au profit de votre curiosité ?

Pourtant, elle mourrait d'envie de la suivre. Foutue curiosité, qui lui servait aussi bien qu'elle la déservait en certains moments. Comme maintenant, par exemple...
Et, contrairement à son vis-à-vis, la soldate n'était pas du tout douée lorsqu'il s'agissait de masquer ses émotions. Bien au contraire, son visage faisait parti des plus expressifs qu'il soit donné de rencontrer dans une vie. à l'exception de ses yeux, toujours inexpressifs, comme s'ils appartenaient à une morte.

C'étaient ces yeux perpétuellement froids et vides qui donnaient cet aspect opaque si dérangeant à son regard. Parfois, en de rares occasions, ils s'animaient, et devenaient même presque trop expressifs, comme animés d'une vie propre. Sauf à posséder une vitesse surhumaine, à ce moment-là, il était trop tard pour se mettre à courrir. On n'échappe pas à une guérisseuse d'Ayena exilée en colère sans y laisser au moins quelques plumes, le plus souvent sa vie. Mais ces cas étaient excessivement rares, et en cet instant, Sedna n'avait aucune raison de vouloir faire retourner qui que ce soit à l'ombre de façon précipitée.

Tout de même, elle se demandait pourquoi les prêtres et les soldats se détestaient. Elle était parfaitement au courant de ce que se reprochaient les gardes aux religieux, mais n'avait aucune idée de ce qui était à l'origine de l'animosité entre les deux factions. Des luttes de pouvoirs ? Elle trouvait ça un peu tiré par les cheveux, comme explication; si on y réfléchissait bien, ils n'étaient pas censés marcher sur les plates-bandes des uns et des autres dans l'exercice de leurs fonctions... les soldats assurent la sécurité des citoyens de l'empire, les magistraux rendent la justice, les prêtres enseignent le savoir et répendent le culte de l'Ombre, quand aux inquisiteurs, ils garantissent l'intégrité spirituelle d'Ishtar... ces quatre rôles n'étaient-ils pas censés se compléter au lieu de s'affronter ?

Sedna balaya la question d'un revers de main mental. C'était trop subtil pour elle. Tout ce qu'elle souhaitait était de remplir son rôle et d'aider la population. Elle n'avait pas besoin, elle, un simple soldat, de comprendre les rouages internes de la machine politique. Les citoyens n'en avaient pas grand chose à faire de la politique, et elle traitait bien plus souvent avec eux qu'avec les nobles et les prêtres. Tant mieux pour elle d'ailleurs, car il lui paraissait tout à fait normal d'arrêter un prêtre qui commetait un crime, ou même un délit, alors qu'elle n'en avait pas le droit. Elle pensait aussi qu'il était parfaitement normal qu'un inquisiteur juge un garde impérial pour des agissements impies, mais personne ne lui demandait son avis. Ce n'était pas comme ça que cela marchait, un point c'est tout, lui avait-on dit.
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