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 It's too dirty we'll be banned. I'm vulgar. I'm a pig ! [PV Marquis.]

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Zélig Faoiltiarna

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MessageSujet: It's too dirty we'll be banned. I'm vulgar. I'm a pig ! [PV Marquis.]   It's too dirty we'll be banned. I'm vulgar. I'm a pig ! [PV Marquis.] EmptySam 7 Juil - 22:23

J'ai pas résisté : je me suis retransformé. Promis, cette fois ci, je tombe pas dans les limbes pendant des mois. Oui je sais, un homme raisonnable aurait craché sur cette magie impie et se serait tourné vers des passe-temps sains comme le crochet ou le suicide. J'suis pas un homme raisonnable, j'ai pas les moyens de l'être quand les trois quarts de mon esprit tombent en rideaux. Et sous forme humaine, j'ai l'impression d'être paraplégique parce que je peux pas faire des bonds de trois mètres. J'ai pas encore retrouvé le charme d'avoir un pouce opposable en fait – le crochet, ça a jamais été mon truc. Par contre, sauter sur des êtres vivants et manger leur tête, ça me fait toujours autant plaisir. Mais j'essaye de garder la tête froide et de pas repartir dans une transformation de plusieurs mois, parce que j'ai des choses à faire sous forme humaine aussi. M'occuper de mon bébé, déjà – je me souviens enfin de ça. Oui, huit ans, c'est vieux pour un bébé, mais c'est pas une raison c'est le mien à moi quand même. Qu'elle suive son instruction au monastère pour être inquisiteur et qu'elle ait autant besoin de moi que d'une vieille pantoufle ne rentre pas en ligne de compte. C'est mon bébé à moi. L'enfance ne dure pas très longtemps sur Ishtar, et celle d'Inanna a été plutôt favorisée puisqu'elle a pu avoir le temps de jouer bien plus longtemps que d'autres marmots. Ça n'empêche pas qu'elle grandit, et que d'ici pas longtemps – ouais, ces choses là arrivent toujours trop vite – elle deviendra adulte dans son corps et dans sa tête. Et je n'aime pas qu'elle rentre dans les ordres, mais à moins d'arriver en défonçant la porte et en l'embarquant sur mon épaule, j'ai pas trop moyen d'empêcher ça. J'pourrais faire un autre enfant pour combler le vide, mais... je ne crois pas que je pourrais assurer les soins quotidiens en l'état. Je suis un peu dissipé pour l'instant. Et je crois pas que je pourrais vivre en ayant tué un bébé de négligence parce que je serais parti chasser selon mes lubies.

Enfin là je me tiens assis en haut d'une sculpture, dans un jardin super grand et super beau dans les résidences. Je vois pas grand monde passer, mais il fait nuit. De toute façon, je n'ai pas faim là, je savoure juste le fait d'être dans un corps puissant et en bonne santé. J'arrive à réfléchir à peu près normalement, à deux trois variations près. C'est comme avoir un filtre rouge devant ses pensées. La façon la plus naturelle que j'aurais pour exprimer un émoi sexuel par exemple serait de foutre une grosse tannée à une femelle et de la violer en suivant. Ce que je ne fais pas sous forme humaine évidemment. Sous forme humaine je rougis et j'essaye de dissimuler mon érection avec des tactiques ridicules. Quand je te disais que la magie c'est mieux !
Enfin là c'est pas le sujet, je vois un humain passer. C'est plus intéressant que mes digressions intérieures hein. Je le fixe. C'est un noble, je peux décemment pas le manger. Ça vaut trop cher ces bêtes là, faut mieux s'en tenir éloigné et manger les pauvres. Puis j'ai pas tellement faim pour l'instant. Par contre, je passerais bien du temps en compagnie d'un contemporain, j'ai envie de... je sais pas, un câlin ? Une gratouille sous le menton ? Une compagnie, tout bêtement. La position de sorcier avec pas assez de santé mentale pour remplir une coupette ne s'accompagne pas de centaines d'amis – on se demande pourquoi. Et j'ai toujours rêvé d'avoir un ami.

Je descends de la sculpture. Je ne fais pas beaucoup de bruit pour une bestiole de un mètre cinquante au garrot, mais j'ai tendance à bouger involontairement les ombres quand je suis sous cette forme. J'suis trop en fusion. Mais bref, comment on se fait un ami ? Je crois que donner une proie est une bonne preuve. J'ai plus qu'à aller chasser. Pas un humain évidemment ! J'crois pas que le gars là, il est cannibale, mais de la viande toute bête devrait suffire.

Ça va, pas trop loin, j'ai trouvé un champ avec des chevaux.* Ils ont eu beau courir, y en a un qui a eu une fin brève et douloureuse parce que je lui ai écrasé l'encolure entre des crocs qui font à peu près la longueur d'une main humaine. Je suis revenu ensuite en traînant le cheval derrière moi, et accessoirement en défonçant plus d'une clôture. Je suis revenu dans le jardin, mais évidemment l'humain n'y était plus ! Je n'aime pas beaucoup rentrer dans les habitations humaines, c'est source d'emmerde et ça me rend claustro. Mais comment je retrouve mon humain hein ? Ah ! Il est ressorti ! Je vais vers lui avec le cheval - qui après s'être fait traîné sur deux bornes n'a plus l'air très frais – et je le lâche devant lui en ronronnant. Puis ensuite j'ai frotté ma joue contre son bras en m'efforçant de pas le faire tomber pour signaler à tous les félins du secteur que je me suis approprié cet humain. Oui, c'est un con, je comprends pas bien pourquoi je dois suivre des instincts aussi con, mais j'les suis en tous cas.

* Les oiseaux, c'est trop p'tit et si je tue un chien Marquis va me haïr. Mais les chevaux c'est des sales petits connards alors ça va.
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Marquis de Hartwick

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MessageSujet: Re: It's too dirty we'll be banned. I'm vulgar. I'm a pig ! [PV Marquis.]   It's too dirty we'll be banned. I'm vulgar. I'm a pig ! [PV Marquis.] EmptyLun 16 Juil - 1:01

Les porcs connaissaient et appliquaient généralement plusieurs manières de se mettre à table ; ainsi, conformément à leur ascendance mi-aristocratique, mi-porcine, le Marquis avait donné un dîner qui s’était prolongé jusqu’à une heure assez avancée de la nuit.

Pourtant, quoique tout le manoir dormît à présent, quoiqu’il fût lui-même repu et épuisé de stupre, Cecil n’avait pas réussi à trouver le sommeil. Sa nature de fêtard insomniaque le rattrapait sans doute pour lui apporter le souvenir de ses jeunes années, consumées en vains plaisirs que n’avait jamais ternis le souci des charges et du lendemain. Ou bien s’agissait-il d’autre chose ? Quand l’heure n’était plus à la fête, le calme et la solitude pouvaient ruiner un homme que l’ennui et la méditation répugnaient.

Ce fut pour y échapper que Cecil, après s’être longuement promené dans le jardin, partit chercher une lecture légère à apprécier sous la lumière vacillante des braseros. La fraicheur vespérale l’enchantait ; aussi, vêtu en conséquence, il voulut en profiter encore plutôt que de rester à l’intérieur, où le silence l’épiait et l’étouffait. Tout au contraire, le bruissement odorant des fleurs le distrayait des remembrances intempestives qui menaçaient d’assiéger son âme chaque année, dès que l’anniversaire de la mort d’Alistair approchait. Car c’était bien de cela qu’il s’agissait, encore que lui ne fût nullement disposé à l’avouer.

Le jardin était plongé dans l’obscurité, à l’exception de l’endroit où les roses bleues qu’il affectionnait tant s’épanouissaient : Cecil avait peu avant demandé à ce que l’on y allumât quelques feux. Livre à la main, il s’était dirigé en sifflant vers la balancelle ; au moment de s’y étendre néanmoins, un bruit étrange – comme quelque chose que l’on traîne, songea-t-il – le surprit et lui fit manquer le siège qui se déroba traîtreusement sous lui. Il parvint à ne pas se casser ridiculement la figure au moyen d’une impulsion du bras et se redressa en abandonnant aussitôt le livre sur la balancelle ; mais tout curieux et alarmé qu’il fût, il ne put ensuite faire que trois pas.

Le Marquis de Hartwick avait été éduqué pour être en mesure d’affronter un large éventail de situations délicates. Il pouvait se comporter avec une élégance et une distinction suprêmes, se montrer diplomate et apaiser un conflit par un mot bien choisi, savait rire de lui plus que des autres, décider intelligemment de l’issue d’une affaire – comprenez autrement que par la force de son pénis – et écrire lisiblement dans la neige en pissant. Entre autres. Mais si sa polyvalence lui permettait en principe de surmonter avec une aisance insolente toutes sortes de difficultés, il songeait inconsciemment qu’il aurait fait assassiner quiconque se serait attendu à ce qu’il fondît sur la bête pour lui papouiller les babines et lui murmurer un tendre « Coucou chaton. » à l’oreille.

Non, Cecil ne bomba pas le torse et n’eut pas l’attitude d’un conquérant sur le point d’apprivoiser un félin géant. L’air effaré, presque épouvanté, il avait cessé de respirer et tenté viscéralement de nier l’existence de la chose en arrêtant son regard sur le cheval crevé – gros malin. Mais enfin, il n’était pas un surhomme et n’avait pas du tout été conditionné pour la fuite, ni eu la moindre occasion auparavant d’éveiller décisivement son instinct de survie : ainsi la peur ne lui donnait pas d’ailes, elle le figeait. Or jamais il ne l’avait éprouvée si intensément, lui qui s’était toujours ri de tout : une bête sauvage, cela ne se contrôlait pas, et l’on aurait sans doute pu embrocher des têtes humaines comme autant de poulets sur les crocs de celle-ci. Que sa frayeur pût en grossir les traits ne lui effleurait pas l’esprit. L’absence des gardes ? Pet de bouche.

Ce qui lui restitua son souffle et l’empêcha de tomber en défaillance fut un constat qui perturba douloureusement sa logique, rendue primitive par les circonstances : la mort n’arrivait pas. Pire, la chaleur et la douceur du fauve contre son bras achevèrent de le bouleverser. Il cilla fébrilement, la tête lui tourna, et après un long silence, soudain conscient de n’être plus capable de tenir debout, le coton de ses jambes s’affaissa.

Le Marquis atterrit durement sur le postérieur et sortit aussitôt de sa léthargie : prenant appui sur ses mains, il recula précipitamment jusqu’à ce que son dos rencontrât la balancelle. Là, il considéra la bête sans plus mettre en doute sa réalité, sentit sa propre jugulaire palpiter puissamment et sa déglutition rouler avec peine le long de sa gorge nouée. Fort bien. Le temps s’égrenait, et il était toujours envie ; à hurler de rire, à pleurer d’ironie. Lentement, le fêtard reprenait ses droits. Bien que son visage n’affichât plus que de l’étonnement, il avait peur, si peur qu’il ne pouvait plus se porter ; son cœur forçait à chaque battement le rempart de sa poitrine ; mais la situation lui paraissait tellement irréaliste qu’elle le rendait de nouveau apte à relativiser. Cependant, il n’en était pas encore à bander d’avoir à ce point le cul bordé de nouilles. Il ne savait ce qui retenait le fauve mais supposait que tout pouvait dégénérer d’un moment à l’autre.
… Où étaient ses gens ?

Bon sang. Cecil n’appréciait pas spécialement les chats et de ce fait, n’en connaissait guère le comportement. Celui-ci, dont la taille le forçait à lever le menton, ronronnait très fort et venait vraisemblablement d’abattre un cheval pour le lui glisser aux pieds comme l’on offrirait un présent. Que devait-il faire, au juste ? Considérer qu’il était un homme mort ? Exprimer sa reconnaissance ? Il ne pouvait s’empêcher de sourire. Un chat, un gros chat, cela se vexait-il ? Ses lèvres tremblèrent, et il s’éclaircit doucement la gorge :

C’est très aimable d’avoir apporté le dîner, dit-il sans trop hausser la voix. Ou le petit-déjeuner, rectifia-t-il en arquant un sourcil. Qu’importe. Peut-être n’était-il pas très judicieux de parler repas avec une bête sauvage, toutefois ? Il… Il ne faut pas hésiter à manger le cheval en cas de… En cas de petite faim.

Exaspérant. Cecil n’osait se passer une main sur le visage de peur de brusquer son exécution. Il ne voulait pas non plus penser à l’entourage qui risquait de le perdre. Il contemplait le fauve, le joli fauve, remarqua-t-il, et ses moustaches. Et ses babines. Et ses oreilles. Et son museau. Et sa truffe. Il plissa les yeux.

Non, Cecil, non, murmura-t-il pour lui-même, tu ne peux pas fourrer le nez entre ces deux oreilles ni déposer un baiser sur ce joli museau, autrement Monsieur le Chat en aura plein le cul et te mangera. Il en devenait grossier. Le désespoir, probablement ? J’ignorais que la Capitale recelait de telles créatures. Il eut un soupir, puis une petite moue. Ou bien suis-je tout à fait devenu fou ?
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MessageSujet: Re: It's too dirty we'll be banned. I'm vulgar. I'm a pig ! [PV Marquis.]   It's too dirty we'll be banned. I'm vulgar. I'm a pig ! [PV Marquis.] EmptyLun 16 Juil - 12:13

Le noble est terrifié, ce qui me semble pas incohérent. J'ai rien d'un gros chat tout mignon, je suis une créature de l'Ombre après tout, et ce n'est pas une magie pacifique. Ce corps est surtout optimisé pour tuer, avec les instincts et le manque de conscience qui va avec. Je n'ai donc pas la latitude d'être mignon avec cet humain, tout ce que je peux lui faire pourrait le tuer ou le blesser gravement. Même patouiller dessus. Quelle idée aussi de vouloir garder une forme d'esprit humain dans ce corps là. Je le renifle, il sent la peur, ce qui n'a rien d'étonnant. Il parle, pourtant. Il me dit que je peux manger le cheval si j'ai faim. C'est gentil ! Je lui offre un cadeau, il m'en rend un. Évidemment, je calcule pas qu'il s'agit du même cheval, j'ai pas assez de neurones pour ça, et c'est pas important de toute façon. L'important, c'est qu'il me donne lui aussi un cadeau. Ça y est c'est mon copain ! En signe d'acceptation j'en gobe un petit morceau. Je n'ai pas réellement faim, c'est pour lui montrer que j'ai compris ce que j'ai dit.

Je ramasse mes pattes sous moi et me couche devant lui. Je n'ai pas l'ossature fine d'un chat, je tiens plutôt du cheval de trait anorexique et bodybuildé pour la structure. Le noble continue à parler, il a pas l'air très frais. J'arrive quand même à me dire qu'à sa place, je serait terrifié tout pareil si j'avais pas été prévenu. Je le fixe à la façon des chats, c'est à dire en faisant comme si je voyais à travers lui. J'ai pas vraiment l'air agressif pour l'instant mais mon physique parle pour moi. Et évidemment, le pauvre homme se demande si il est devenu fou pour voir débarquer un engin pareil dans son jardin. C'est légitime comme question, et je ne peux pas y répondre parce que je n'ai pas de bouche, seulement un museau. Je ne peux pas partager mon désespoir d'être séparé de l'humanité par la magie. Même avant, c'était le cas. Con comme balais et en même temps nécromancien puissant, c'est pas un état qui favorise les rencontres. Peut être que la magie du Sang a pris cette forme pour moi à cause de ça, comme une espèce de moquerie cosmique. Je pose ma tête sur mes pattes avant.

Hum... comment expliquer au marquis ? Un vague souvenir concernant le secret qui doit entourer la magie du Sang me revient, mais trop flou pour que j'y accorde de l'importance. Je ne me souviens pas très bien d'Uriel d'Arken, mais je sais qu'il faudrait que je le vois. J'ai entendu en rentrant au monastère... qu'il était pas très bien. Un monde sans lui me paraît terrifiant. Pas par amour dévoué, hein, mais parce qu'il s'assurait depuis tout le temps que je puisse faire mes petites magies crado sans être inquiété. Son successeur sera peut être moins accro aux sacrifices humains et ne me sortira pas de la merde. Ce qui est sûr, c'est que je ne peux pas me débrouiller tout seul, je sais pas faire. Ça m'obligerait à plonger dans les embrouilles des ecclésiastiques, alors que j'en sais autant de la politique que de la physique quantique. Et de plus... un nom de sorcier plus puissant que moi, j'en connais pas, et le successeur du Haut-Prêtre tiens peut être pas qu'un mec plus puissant que lui vagabonde à son gré. Et qu'est ce que je ferais si l'Eglise voulait ma mort ? Je suis pas immortel non plus. Par contre, ce que je suis là, c'est le félin le plus angoissé du monde. Et foutre une branlée à tout le monde pour devenir Haut-Prêtre ? … mais t'es fou ou quoi ? Jamais ! C'est trop horrible, rien que d'y penser je me sens pas bien.

Mais pour en revenir au noble, pour lui faire comprendre qu'il est pas fou, je fais apparaître des volutes d'ombre dans l'air. Voilà, il est pas fou, c'est la magie. Un prêtre a encore fait quelque chose de très bizarre, il faut pas qu'il s'inquiète. D'ailleurs, les nobles ont pas leurs petites magies chelou eux aussi ? Il pourrait peut être sentir qu'il y a des émotions très humains là dessous, je sais pas. Enfin je suis pas expert là dedans, peut être que son truc à lui c'est de faire voler la vaisselle.
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MessageSujet: Re: It's too dirty we'll be banned. I'm vulgar. I'm a pig ! [PV Marquis.]   It's too dirty we'll be banned. I'm vulgar. I'm a pig ! [PV Marquis.] EmptyMar 31 Juil - 23:00

La situation fut de nouveau proprement insoutenable. Le comportement du fauve s’était étrangement mis à correspondre à ses paroles mais lui, que le bon sens n’avait pas encore réinvesti, ne put soupçonner d’avoir tout simplement été obéi ; ainsi ne vit-il qu’une créature prodigieuse se repaître du cadavre d’un animal imposant. La rupture des chairs et le saignement ne l’émouvaient guère – pour des raisons qui ne regardaient que lui, n’est-ce pas ; cependant, et bien que la bête n’eût fait que goûter – il s’agissait peut-être d’un avertissement ! – Cecil redoutait d’éprouver à son tour l’épaisseur de ses crocs. Dans un mouvement inutile de recul, il appuya fortement sa nuque sur le bord de la balancelle, qui se déroba en grinçant et fit bondir son cœur. Alors il sentit une moue plus prononcée chiffonner ses lèvres et comprit qu’en dépit de son naturel très joueur, il boudait définitivement contre le sort. Bien sûr, que son gros chat eût maintenant pris la posture d’une poule ne lui fut d’aucun réconfort : il n’en était pas moins à la merci d’un regard outrageusement incisif, et hypnotique, qu’il soutint plus par magnétisme que par défi.

Sous lui, la fraîcheur de l’herbe l’incitait à se redresser tout en durcissant le plomb qu’il avait dans le corps. La perspective de reprendre contenance et de proférer une connerie hilarante avant qu’une énorme patte ne lui délogeât la tête semblait encore la plus amusante et la plus digne de son personnage. Pourtant il se tut. Le fauve s’était tout à fait couché. Cecil n’eut pas la folie de se croire hors de danger mais entreprit de se détendre avant que sa peur persistante ne lui délabrât la santé à force de tambours ; du reste son angoisse l’occupa tant qu’il ne distingua pas celle de la créature. Enfin, si l’appréhension continua de serpenter entre ses entrailles, il parvint à reprendre son souffle, à ne plus entendre les battements de son cœur, et s’en trouva immédiatement plus lucide : il put en conséquence identifier sans trop de peine les taches noires qui obscurcirent son œil, et blêmit aussitôt de saisissement en comprenant quelle en était l’origine.

Cecil contempla un instant les ombres suspendues. Qu’elles fussent menaçantes n’avait rien d’une évidence ; elles lui suggérèrent plutôt une démonstration et en cela, balayèrent provisoirement ses inquiétudes. Lentement, il inclina le buste pour mieux observer le fauve et finit par hausser exagérément les sourcils, songeant qu’il s’était en réalité sans doute fait comprendre de lui ; car comment expliquer autrement ce manque invraisemblable d’hostilité à son égard ? Ce fut à cet instant que, sans pourtant vouloir sonder plus avant les dispositions de la créature, Cecil perçut distinctement l’angoisse qui l’animait et qu’il avait jusqu’alors cru être la sienne. Il blêmit davantage.

Puterelle ! jura-t-il alors dans un sursaut. Une bête dotée d’une conscience trop humaine, d’une faculté de compréhension non moins humaine et de pouvoirs qu’il ne connaissait qu’aux prêtres… Il n’allait pas faire l’aveugle : se trouvait en face de lui une créature hors du commun qui, selon toute apparence, était ou avait été rattachée à l’Eglise ; en d’autres termes, il savait à présent ce qu’il aurait pour des raisons évidentes préféré ignorer. Cecil, à l’inverse de sa famille qui comptait de nombreux croyants, ne s’était jamais lié intimement aux ecclésiastiques ; par prudence – entre autres motifs plus ou moins discutables, il avait souhaité les tenir éloignés de lui, et à raison, constatait-il maintenant. Il lui semblait dramatique et profondément triste qu’une panthère pût en réalité cacher un être humain, aussi espérait-il sincèrement se tromper. Qu’êtes-vous ? demanda-t-il à mi-voix. Quelque chose vous tourmente… Ah ! ce qu’il se sentit con. Il doutait qu’une telle créature fût venue chez lui pour s’épancher ou chercher de l’aide, aussi eut-il un pincement de lèvres avant d’ajouter jovialement en hochant la tête à plusieurs reprises, comme pour se moquer de lui-même. Que cela reste entre nous, mais si je puis faire quoi que ce soit… Il se permit un sourire niais et faussement serviable, ce dont il ne fallait pas le blâmer : au fond, Cecil était complètement dépassé – désespéré ? – au point de se jouer du danger, outre qu’il ignorait encore avoir devant lui un homme absolument digne de son estime – et point d’ironie là-dedans.
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MessageSujet: Re: It's too dirty we'll be banned. I'm vulgar. I'm a pig ! [PV Marquis.]   It's too dirty we'll be banned. I'm vulgar. I'm a pig ! [PV Marquis.] EmptyLun 3 Sep - 11:12

Le mec me parla, mais pour moi en cet instant c'est surtout des sons amicaux dénués de signification. Je l'écoute poliment, en songeant à lui dormir dessus en essayant de pas l'écrabouiller. L'intérêt, c'est de dormir sur quelque chose de mou et chaud, et un être humain perd ces propriétés essentielles rapidement après son trépas. Mais c'est compliqué de réfléchir aux conséquences des choses avec la magie du Sang, et le contrôle que je maintiens sur moi même est fragile, ce qui explique l'incident qui a suivi.
Comme tu l'as lu avant, j'ai buté un cheval et j'ai traîné son cadavre. Un mec qui peut se payer à coté de sa baraque dans les résidences les plus riches d'Ishtar un champ avec un cheval ne tient certainement pas à ce que celui ci finisse en steack, et a sans doute les moyens de payer des types pour garder un œil là dessus. Donc des types m'ont suivi, et ils viennent d'arriver, là. En voyant une grosse bête comme ça, ils ont eu l'esprit de pas arriver en hurlant en plus. Putain. Donc y en a deux trois qui ont eu tout le loisir de se servir de leurs putain d'arc.

Même si j'ai tout un tas de pouvoirs, Ishtar n'est plus en conflit ouvert depuis un bout et j'ai pas pour habitude de surveiller mes arrières tout le temps quand je me balade, j'ai pas trop vu de gros affrontement dans ma vie. Je suis pas entraîné au combat de cette façon là, plutôt aux duels entre prêtres – même si y a plus grand monde qui veut m'affronter en ce moment, bizarrement. Bon, les mecs, c'était pas des Ninja des ténèbres non plus, donc deux flèches m'ont loupé. Ça en fait quand même une troisième qui est arrivé en biais sous mes côtes flottantes et qui a pu allègrement s'enfoncer jusque dans le lobe le plus bas de mon poumon gauche, celui où y a le cœur tout près. J'ai hurlé de douleur et du sang en a profité pour jaillir de ma bouche. Je calcule plus rien, je donne des coups de patte devant moi pour toucher un ennemi invisible parce que la souffrance obscurcit tout, même la réflexion. Je me mets à étouffer.

Mais hosanna, la magie du sang est faite pour le combat et il y a une issue de secours à tout ce merdier, je peux me guérir. Le problème, c'est que j'ai pas de main pour enlever la flèche, va falloir que je le fasse à la magie et ça plus la guérison ça va me coûter énormément d'effort. Je sais même pas si je peux y arriver sans mourir, en fait, mais j'ai pas d'autres options disponible. Je m'applique donc, en essayant d'oublier que là, pas loin, je sais pas où, des gens veulent me tuer. La magie, ça demande de la concentration et j'ai pas masse de ressource disponible. Je me démerde comme je peux, et je hurle – de douleur, évidemment, difficile de mettre ce détail de coté de mon point de vue.

Je me réveille par terre, hébété, à poil, avec de la barbe et tout, et... je vois rien. Voilà, merci la magie, je suis un putain d'aveugle. C'est bien le moment, des types veulent me tuer et je peux même pas savoir où ils sont ! Comment je les bute ? J'ai p'tète la puissance de combat d'un char d'assaut, mais si je tire à coté ça me sert pas à grand chose. Je me lève brusquement, en proie à la panique et je titube un peu avant de m'écrouler misérablement par terre parce que mon oreille interne sait plus où j'habite et que j'essaye de marcher avec deux et quatre membres en même temps. Je m'écroule dans du sang qui ne m'appartient pas. Bizarre. Enfin pas tant que ça. Tu te souviens du moment où j'explique que quand j'ai pris la flèche dans le flanc j'ai donné des coups de patte dans ce que je pensais être le vide ? Tu peux relire plus haut si tu veux vérifier. Bah y avait pas du vide, y avait ce pauvre con de noble qui s'est pas enfui très loin vu qu'il a eu le bide ouvert. Encore en vie, évidemment, mais en posant bêtement mes doigts sur lui à l'aveugle j'ai senti ses tripes. Et j'ai plus de magie. Et des mecs veulent me tuer. Et j'ai pas d'yeux en état de marche sous la main. Donc, même si j'ai pas encore toute les ressources d'un esprit humain disponible, j'ai quand même réussi à hurler quelques mots. Ça vient du fond du cœur, ça doit être ce que crierais un bébé la première fois qu'il voit la gueule de ses parents quand il vient au monde, son premier constat sur l'univers, l'humanité, le reste :

- PUTAIN D'BÂTARDS DE MERDE.

Hourra pour moi, voir ce qu'ils pensaient être un ours trisomique se transformer en mec à poil les a un peu refroidi. Enfin mec ou ours, j'ai buté un cheval. Pas moyen de faire appel. Je les entends finalement se diriger vers moi, ragaillardi à l'idée de buter juste un mec plutôt qu'un ours parce que ça meurt mieux, et je me lève. Pas très vaillant sur mes pieds. Je sais qu'ils sont devant moi, j'avance comme un con. Je suis peiné pour le mec, il a le bide ouvert sans être mort, et si je récupère pas de la magie sur le sang de ces cons là il va mourir, pour rien. J'aime pas. Oui c'est bizarre, mais pour buter des gens j'ai besoin dans les mettre dans des catégories bien définies, pour mon confort mental. On fait comme on peu. Donc j'ai la catégorie « ennemi », « nourriture que je connais pas » et « sacrifice humain que je connais pas ». J'ai buté un nombre important de gens dans ma vie, pour pas devenir fou – enfin c'est vite dit – j'ai besoin de ne pas voir les choses telles qu'elles sont. Et buter un mec qui s'est contenté d'avoir peur de moi et de me donner à manger... pas possible. Je me souviens de sa tête, de sa voix, je peux pas le voir juste comme de la viande. Ça va me rendre malade si il meurt. Je m'en veux déjà assez comme ça. Puis j'ai pas le choix, ces types veulent me buter, faut que je les bute avant du coup. C'est con mais c'est comme ça. Je me dirige droit vers eux, en espérant qu'ils soient bien là où je pense qu'ils sont. Je manipule la magie en aveugle, en me fiant a des sixième sens un peu obscur à expliquer aux non-initiés pour sentir les ombres. J'entends un hurlement, quelqu'un vient visiblement de de se prendre un coup d'ombre de plein fouet dans le tibia, et vu le bruit de craquement et de déchirement typique, il a pas résisté au choc. Là, ces cons là ont enfin tiqué que un mec qui utilise la magie pour se transformer, c'est pas très bon pour leurs fesses et ils ont cessé de se marrer de me voir tituber à poil les mains tendues devant moi parce que mes yeux sont morts et voilés. Et ils se sont enfuis en laissant leur copain à la jambe qui part en couille. Merveilleux, comme quoi tout s'arrange. J'ai souri. La perspective d'un bon repas fait toujours plaisir ! Je sens l'odeur du sang depuis tout à l'heure et ça m'excite violemment d'un coup, maintenant qu'il n'y a plus d'urgence à gérer. Enfin si... il y avait un truc important... ah oui le ventre du mec. Ça attendra la fin de mon repas.

Le mec a dû me voir sourire façon chat de Cheshire, avec trop de dents et trop largement pour un bonheur terrestre, car le ton de ses hurlements a changé, il indiquait que le pire restait à venir. Maintenant que je suis plus à l'écoute de mes sensations, je perçois son cœur qui bat trop vite sous le coup de la panique, avec tout ce sang dans ce corps et surtout une part d'ombre délicieuse. Main tendu devant moi pour le maintenir au sol avec les ombres, je me suis dirigé vers lui, le corps frémissant déjà d'impatience pour communier avec l'énergie créatrice. Je me suis penché pour manger.

Ça a pris quelques minutes, et après j'ai eu un mal fou à guérir le mec sans me transformer et me casser ailleurs pour chercher un truc rigolo à faire que traîner près d'un mec plein de sang sans le manger. Et maintenant que j'ai dépensé toute ma belle énergie là dessus j'ai froid, je suis fatigué, aveugle, et des tas de problèmes typiquement humain me reviennent en tête. Je pense à Inanna aussi. Et puis au Haut-Prêtre qui meurt. Il faut que je me casse, le noble va sans doute vouloir me tuer aussi et si j'veux pas être obligé de le buter il faut mieux que je m'en aille. Aveugle, donc, mais les seuls yeux disponibles sont sur une tête que je viens de soigner. Ça serait un peu con. Je marche maladroitement vers ce que je suppose être le champ d'où je viens façon mec qui a les yeux bandés, les bras tendu devant pour pas se manger un truc tout ça. Le temps que le mec se souvienne d'où il habite – il a dû vivre un grand choc quand même – j'ai p'tète le temps de me tirer.
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Marquis de Hartwick

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MessageSujet: Re: It's too dirty we'll be banned. I'm vulgar. I'm a pig ! [PV Marquis.]   It's too dirty we'll be banned. I'm vulgar. I'm a pig ! [PV Marquis.] EmptyVen 9 Nov - 19:11

Il lui sembla que la lumière des braseros avait faibli. Ou bien fut-ce le sifflement des flèches qui densifia soudain l’obscurité du jardin ? Ignorer leur provenance ranima ses infirmités ; à nouveau son cœur se gorgea d’anxiété, ses bras et ses épaules frémirent sous son poids que la peur avait multiplié. Le fol espoir que l’on eût pu venir à lui ne l’effleura pas – ses gardes ne procédaient jamais ainsi – et l’idée de se manifester en interpellant les archers lui parut mauvaise à l’instant même où l’animal, transpercé, se mit à hurler. Il lui coupa la voix, et bien davantage dans son agitation aveugle ; comme si elle eût bondi, la douleur le surprit d'abord plus qu'il ne la sentît ; puis sa progression, son éclair ascendant le long de sa peau, et son retour, son explosion dans la chair tendre de son ventre déchiré figèrent ses traits en une expression d'épouvante et d'incompréhension. Était-il possible que cela lui arrivât, ici, chez lui, quand il n'avait de toute sa vie jamais vraiment éprouvé la douleur physique ni la précarité de la condition humaine, impuissante, débile face à la mort ? Quelle farce. Le trépas qui le menaçait ne le rendait que plus sensible à l'ironie de la situation.

Sans y toucher, il fit de sa main un rempart tremblant à la béance d'où coulaient sa chaleur et son sang. La fraîcheur vespérale, dont la caresse l'avait toujours enchanté, lui paraissait maintenant insupportable ; elle lui mordait les tripes et le rendait chaque seconde plus conscient de la pauvreté de son souffle. Bientôt pourtant, l'épuisement le fit s'allonger tout à fait. Il eut une plainte rauque. Une soif terrible le prenait.

Sa vie ne se mit pas à défiler devant ses yeux. Il songea au contraire à tout ce qu'il n'avait pu accomplir, aux vies alternatives qu'il aurait pu s'offrir, comme pour découper son linceul dans la fantaisie et dans l'excentricité qu'il avait depuis toujours cultivées ; chez un tel homme, le regret – qui était nécessairement superficiel, sans gravité – avait plus d'évidence que le remords. Sa véritable tragédie, au fond, était de n'avoir plus la force de rire face au désastre que représenterait sa mort pour cette famille illustre dont il était le seul héritier ; à qui reviendrait ce rôle, à la fois si grand et si dérisoire, qu'il avait endossé avec tant d'éclat ? Les cousins ne manquaient pas. Et nul n'était irremplaçable. L'avoir admis durant toutes ces années avait constitué sa force : pour l'homme, il n'existait pas d'arme plus précieuse, plus efficace, plus salutaire que la relativisation ; trop peu l'avaient compris... Cependant il continuait de rêver. Vaguement. N'aurait-il pas fait un formidable père ? Une fillette aux longues boucles noires et aux grands yeux gris. Une adorable petite tête, souriante et dodelinante... Un visage en cœur. Mais, tout de même, devoir abandonner ce superbe petit être aurait rendu sa mort moins reposante, n'est-ce pas ? A la vérité, il se réjouissait que les choses fussent ainsi. Qu'il n'abandonnât rien en ce monde, sinon la merde ; or la merde n'avait guère besoin de lui pour fleurir ; pour pourrir.

La douleur seule contrariait la sagesse ou plutôt, la sage indifférence dont il aurait voulu se draper dans la mort. Peu à peu, elle altérait tout ce qu'il y avait de sûr en lui. Le tiraillement de ses entrailles et de son visage, dans un éclair de conscience, rappelèrent à lui les images d'Alistair mourant. Sa souffrance. Ses condamnations. Tu aurais tant pu faire, Cecil. Cesse de te moquer du monde. Cesse de voir en la stupidité sociale la quintessence du divertissement. Ne ris pas. Agis. Cesse de prétendre qu'il n'est pas encore temps. Mais le désespoir d'Alistair, étrangement, ne le touchait plus – l'avait-il jamais touché ? Le Marquis de Hartwick ne parvenait pas à avoir de véritables regrets ; le Marquis de Hartwick ne défendrait sous aucun prétexte les causes désespérées. L'heure n'est pas encore au changement ; en attendant qu'elle le soit, mieux vaut rire que mourir. Et maintenant qu'il mourait ?

Il réussit à s'arracher un ricanement, et eut aussitôt après un cri de douleur ; ou fut-ce de surprise, comme l'on réagit à un chatouillement ? Un papillon devait s'être posé sur ses tripes. Un frisson glacé et électrique l'avait parcouru. Il ferma les yeux sans s'émouvoir de la présence humaine au-dessus de son corps engourdi. Il n'aspirait plus qu'à la tranquillité, et il sentait venir ce moment de flottement où l'on se pense perdu, et où l'on sent ses épaules recouvrer leur légèreté, libérées de toute responsabilité. S'il avait fait le mal, il l'avait fait bien. Les choses à accomplir lui semblaient bien peu de chose, désormais. Que nul ne vienne, espéra-t-il ; au-delà des cris, au-delà de la souffrance, au-delà du physique, il goûtait à une sensation de plénitude trop exquise pour permettre, pour pardonner qu'un importun l'en tirât. Que nul ne vienne. Il consommait enfin sa nuit.

Alors pourquoi fallait-il que la douleur, cette garce, ne lui répondît plus ? Pourquoi fallait-il qu'il ne sentît plus la déchirure de son ventre ? Mort, l'était-il enfin ? Non, ce n'était pas la mort. Une voix intérieure lui hurlait déjà d'arrêter ses conneries, de se lever et de caracoler à nouveau. Mais il était trop faible. Il eut un soupir épuisé lorsqu'une force – un bras puissant, un corps massif, reconnut-il ensuite – le souleva pour le forcer à se remettre sur pieds. Dans son oreille glissa un murmure qu'il mit un moment à déchiffrer.

Maître, rentrons, vous avez perdu énormément de sang. Les intrus ont été neutralisés. Nous nous chargeons en ce moment même de sécuriser l'intégralité du manoir. Cecil regardait le monde à travers la pluie obscure de ses cils. Les flammes des braseros avaient été ravivées. Son cœur battait rapidement, il respirait avec peine, et ses jambes étaient faites de coton ; sans doute, oui, avait-il perdu beaucoup de sang. Petit à petit, il en revenait. Et il comprit que l'on s'obstinait à lui répéter plusieurs choses.

Maître, que devons-nous faire de lui ? Il vous a soigné.

Alors le Marquis ouvrit entièrement les yeux. L'un de ses gardes guidait l'individu, aveugle, semblait-il, en lui enjoignant de rester tranquille, de ne pas s'inquiéter. Son propre rôle lui revint à l'esprit. Un homme courtois et généreux, étranger au mépris ; l'une des clés de voûte de la société. Les mécanismes de son personnage se remettaient en marche. Plus vite, bien plus vite qu'il ne l'aurait cru. Il s'efforça de ne pas trop prendre appui sur le garde qui le soutenait.

Il m'a soigné, répéta-t-il d'une voix qu'il tentait de rendre assurée. Il m'a blessé, puis soigné. Il déglutit péniblement – j'ai soif, terriblement soif, chuchota-t-il pour lui-même ; pourtant il vit une forme s'éloigner en vitesse. Il s'éclaircit la gorge. Gardez-le ici jusqu'à demain. Traitez-le avec égard. Il a paniqué, tout simplement, et m'a de ce fait pris de court... Le Marquis fit couler un long regard descendant sur la nudité de son nouvel hôte, et ne put s'empêcher d'ajouter à ce sujet. Encore qu'il me prenne à présent de long... et de gros.

Chassez le naturel, il revient au galop. Bien que ce fût à la consternation générale, il y eut parmi les gardes un sentiment très perceptible de soulagement : le Maître se portait à merveille. Très étrangement, ce fut ce moment que choisit son hôte pour disparaître ; non, rectifia-t-il intérieurement après avoir entendu un son très spécifique et regardé à terre avec stupéfaction : ce fut ce moment que choisit son hôte pour se transformer en... chaton ?

Je ne savais pas à mon humour douteux un tel pouvoir, remarqua Cecil en ordonnant à sa suite de porter délicatement la petite créature à l'intérieur. Il avait intimé le silence. C'était assez de questions, assez de surprises pour cette nuit.


Le Marquis dormit longtemps. Le lendemain, en fin de matinée, il ouvrit les yeux avec un sentiment d'urgence, foudroyé par le bouillonnement autonome et jusque-là inconscient de ses pensées. Une domestique lui apprit qu'il avait eu le sommeil agité, et qu'elle avait veillé à l'hydrater régulièrement. Cecil se souvint de son image dans le miroir, de sa peau apparente à travers le vêtement déchiré, tâché de sang, de son regard fuyant et de ses doigts qui n'avaient effleuré qu'avec timidité l'endroit vierge de toute cicatrice ; il se souvint du bain qu'il avait pris avec peine, de la douceur de la soie sur son corps fatigué, et de ces deux heures passées avec le chaton, à jouer avec lui, le cajoler, à écouter ses ronronnements apaisants. Peut-être lui avait-il doucement soufflé sur les oreilles, grattouillé le menton et posé son nez contre la froideur satinée de sa truffe. Adorable petite chose, dont il ne s'expliquait toujours pas l'existence.

Qu'en est-il de notre hôte ? demanda-t-il avec une indifférence feinte pour cacher l'espoir enfantin qu'il avait de retrouver un tout petit chaton noir à câliner.
Il ne s'est pas montré agressif de la nuit, dit-elle. Mais il est homme, désormais, et décent. Monsieur le Marquis, je...
Que rien de tout cela ne s'ébruite, l'interrompit-il d'une voix ferme, mais sans agressivité. Les malheureux accidents survenus hier doivent impérativement rester dans l'enceinte du manoir. Pour l'instant.
Bien sûr, Monsieur le Marquis, répondit-elle en s'inclinant respectueusement. Quant à vous, il est préférable que vous restiez alité encore un peu. Désirez-vous que je le fasse appeler ? Elle l'aida à se redresser sous la lourdeur de ses couvertures et glissa dans son dos un oreiller bien galbé.
Faites, dit-il avec lassitude comme les résurgences d'une mort à laquelle il avait échappé le menaçaient, et dites aux éventuels visiteurs que je n'y suis pas. Sans exception.
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† Prêtre †

Zélig Faoiltiarna

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MessageSujet: Re: It's too dirty we'll be banned. I'm vulgar. I'm a pig ! [PV Marquis.]   It's too dirty we'll be banned. I'm vulgar. I'm a pig ! [PV Marquis.] EmptyDim 11 Nov - 18:10

Donc, lorsque je pratique la magie au delà de mes forces, celle ci me « punie » en me transformant en chaton. Je mets « punir » entre parenthèse parce que c'est trop cool d'être un chaton (sauf que t'es hyper vulnérable, mais les nobles ne font pas de mal aux chatons). T'as pas assez de neurones pour faire une dépression, déjà. T'as même pas assez de neurones pour avoir un « je » et tout les problèmes qui vont avec. Le monde est doux et soyeux, composé d'un million de cible de chasse trop bien allant du pied gauche du Marquis de Hartwick au ruban qu'il a agité sous mon nez durant une bonne demi-heure. Et il y avait eu les doigts et le nez ! Bon, faut recadrer dans le contexte, le Marquis était beaucoup trop gros par rapport à moi pour que je puisse le voir en entier, mes souvenirs à propos des deux heures que j'ai passé avec lui en tant que chaton sont assez confuses, en plus. Donc dans mon souvenir j'ai joué avec une armée de doigts – chacun formant une entité distincte – et un nez. Et j'ai marqué mon territoire sur chaque parce qu'ils étaient à moi, ils existaient juste pour mon bon plaisir. Quand le nez, les doigts et le pied gauche sont partis se coucher tous ensemble, un serviteur m'a fait voler à haute altitude jusqu'à un panier pour chat dans une chambre. Et c'est là que je me suis réveillé.

Je me suis réveillé avec mon corps à moi dans toute son intégrité physique, même si j'ai l'impression que ma tête a pris feu tellement elle me fait mal. Et les paniers à chat ne sont pas fait pour qu'on dorme dedans avec un corps humain, je déborde un peu je dois dire. Je roule sur le flan pour me dégager les fesses de ma couche. Ça m'est souvent arrivé de me réveiller dans les endroits les plus improbables.
Mais je me souviens.
J'ai gardé le contrôle presque tout du long. Presque. J'ai envie de hurler d'horreur. J'ai failli tuer un noble, foutre l'Eglise dans la merde, provoquer un désastre et accessoirement me faire tuer. Un noble un poil moins indulgent – presque tous en fait – m'aurait tué. Et ça aurait été bien mérité. Moi j'aurais tué le sale connard qui se serait amusé à m'éventrer en tous cas. Pourquoi je suis toujours en vie ? Mais pourquoi bordel ? Ce noble a loupé la chance de me tuer ! Qu'est ce qui m'a sauvé ? Il ne pourra plus le faire maintenant que j'ai retrouvé tous mes moyens. Il a sans doute cru que je resterais en chaton pour toujours. Mais j'ai failli ruiner la réputation de l'Eglise ! Et si il était mort ? Ça aurait vraiment bardé pour mon cul. Faut... faut plus que je me transforme. Plus jamais. Qu'est ce qui arriverait à Inanna si je bouffais un mec important ? Son espérance de vie se compterais en minutes. Putain putain putain. J'ai pas beaucoup de cervelle, mais je devrais m'en servir un peu plus quand même. Con de moi ! Plus jamais plus jamais plus jamais.

Pendant que je me disputais intérieurement, un serviteur est arrivé dans la pièce – qui ressemble méchamment à une chambre d'ami, bien que je sois pas un ami – et m'a apporté des fringues et de quoi me laver. Ordre du propriétaire des lieux paraît il. J'ai demandé qui c'était. Le nom ne me disait rien. Comme c'est toujours bon à prendre, je me suis lavé et j'ai enfilé des vêtements. Me promener nu ne m'avancerait pas à grand chose, et bien que la moitié d'Ishtar ait vu mes parties génitales à cause de mes conneries je ne tiens pas à les montrer au monde plus que nécessaire. Les voies que peut emprunter la fierté parfois...
Un serviteur m'a accompagné jusqu'à la chambre du propriétaire des lieux et je me suis présenté devant le fameux Marquis en étant très mal à l'aise, parce que pour la première fois de ma vie je suis habillé comme un vrai noble et pas un prêtre ou un clodo. Les vêtements sont plus ajustés, avec des froufrous et un jabot en dentelle. Tellement ajustés en fait que je me demande si j'ai encore capacité à faire des enfants. Si c'est une technique pour que je me sente mal à l'aise ça marche du feu de dieu en tous cas. Je me présente devant le Marquis dans une posture typiquement Zéliguienne, c'est-à-dire en me triturant les doigts et en dansant d'un pied sur l'autre en souhaitant mourir sur place tellement j'ai pas envie d'être là. Le mec est au lit, visiblement pas encore remis de ses aventures. J'essaye de parler, mais j'arrive seulement à produire un bruit coincé entre le vieux ballon dégonflé et le couinement d'un petit animal. Faut que je parle pourtant ! N'importe quoi ! Quelque chose.

- 'suis désolé, mais si vous voulez me tuer j'me laisserais pas faire. J'ai une petite fille de huit ans, j'peux pas mourir. Mais 'suis désolé, j'ai perdu le contrôle je suis pas resté au monastère. 'suis désolé.

J'aimerais bien arrêter de répéter « 'suis désolé » comme un crétin mais j'y arrive pas.
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