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 Maison Torchia - Un don lucratif ? [PV : Aristide]

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MessageSujet: Maison Torchia - Un don lucratif ? [PV : Aristide]   Jeu 17 Mai - 16:32

    « C’est ici, votre Altesse la Sénatrice. » - Annonça le cocher.

    La jeune femme, confortablement assise sur la banquette arrière, se repoudrait le nez comme à son habitude. Elle jeta un coup d’œil par dehors la vitre, pour y voir une modeste demeure ne lui inspirant que dégoût et insalubrité. Elle ne put s’empêcher d’hausser un sourcil, comme pour manifester son mépris. L’un de ses gardes personnels, issu de la milice de la Casa Di Scotto, sortit de la calèche, entièrement recouverte d’une peinture noire chromée, où le nom de « Di Scotto » y était gravé et recouvert de fils d’or, donnant au véhicule, un aspect des plus nobles. Il reflétait complètement les goûts de son heureuse propriétaire. Tout ce qui était un tant soit peu ostentatoire, rimait avec beauté dans l’esprit de Renata au grand damne des artistes avant-gardistes. Le milicien ouvrit la porte arrière, et tendit sa main à la Belle, afin que celle-ci puisse y sortir de la façon des plus dignes qu’il soit. Même si la rue était déserte, et que la prestance de la Belle ne pouvait éblouir qu’un chat errant, il convenait de respecter le protocole. Elle n’était pas n’importe qui, et tenait à le faire savoir même aux chats les plus insignifiants, peuplant les bas quartiers de la capitale, comme elle se plaisait à les nommer.

    Une fois sortie du véhicule, les chats de gouttières purent admirer la grande beauté de la Divine, ainsi vêtue d’une robe au buste étriqué et au décolleté plongeant maintenant ses formes en valeur. Une ceinture de grand couturier sertie de diamants et d’or venait serrer la taille de la Belle au maximum, comme pour exalter sa grande minceur, tandis qu’une crinoline cage venait recouvrir ses fines jambes. Collier orné de pierres précieuses, diamants aux oreilles, bagues des plus scintillantes, rubans en soie, s’ajoutaient au tout, renforçant ce côté très « m’as-tu vu » qui semblait ô combien caractériser Renata. Encore une fois, elle avait opté pour la démesure, l’extravagance et l’ostentatoire. Véritable incarnation de la luxure, elle avait choisi une robe au ton rouge carmin. Une couleur qu’elle appréciait tout particulièrement, en raison de son association facile avec les teintes dorées et sa peau matte. Véritable lumière en plein désert urbain, elle fit un geste de la main pour demander au cocher d’attendre de l’autre côté du trottoir, son entretien avec le jeune Torchia pouvant prendre du temps.

    Le milicien, inquiet pour la sécurité de la sénatrice, l’accompagna de près, et se maintenait aux aguets. D’après les renseignements obtenus par la Divine, le jeune homme si prometteur résidait donc dans cet espèce de « ferme miteuse ». De toute façon, pour Renata, qui avait baigné dans le luxe le plus débridé depuis sa tendre naissance, tout ce qui ne lui était pas, un tant soit peu en commun, était systématiquement méprisé, au mieux. Elle ne put s’empêcher de laisser échapper un petit rire moqueur à l’approche du pas de la porte.


    « C’est ainsi donc que vivent les chevaliers. C’est à se tordre de rire. »

    La jeune femme, par mesure de sécurité fît le choix d’attendre à quelques mètres de la porte d’entrée, sur le trottoir. Le milicien, était quant à lui, chargé d’aller toquer chez Torchia.

    « Aristide Torchia ! La Sénatrice de Fintasy, Renata Di Scotto, marquise de Mycène (ensemble de terres à Fintasy, sur lesquelles elle est seigneur – puisqu’elle est marquise), ambassadrice de la Casa Di Scotto, vous ordonne d’ouvrir cette porte. » - S’exclama le milicien, sur un ton des plus conventionnels.

    Une ou deux minutes passèrent, sans que l’homme ne semble manifester le moindre signe de vie. Cette présentation des plus formelle, l’avait peut être effrayé ? En tout cas, ce court laps de temps d’attente, avait finit par lasser la Belle. Elle s’adressa à son homme de main :

    « Je sais qu’il est là. Défoncez la porte, s’il n’ouvre pas. Comprenez-vous bien que Renata Di Scotto n’attend pas. »


Dernière édition par Renata Di Scotto le Ven 18 Mai - 17:01, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Un don lucratif ? [PV : Aristide]   Jeu 17 Mai - 20:32

[note de l'Admin : le concept du divin n'existe pas, de même que le terme lui-même et tous les adjectif qui vont avec => "La Divine" n'existe pas non plus.]

- Peste soit.

Aristide Torchia, chevalier de son état, comme il a été dit plus haut, n'était peut-être pas particulièrement fortuné mais, pour une fois, cela ne constituait pas son souci principal. Bien qu'il aurait certainement pu être plus riche, et allait l'être, il se tracassait plutôt pour autre chose. Ses oeuvres. Il devait réaliser deux sculptures pour Mézièle Hellwig. L'une en marbre, l'autre en verre.

Une sublime réplique du Siège du Sénat trônait en plein milieu du rez-de-chaussée du bâtiment qu'il occupait avec son apprenti : faite de marbre blanc le plus magnifique qu'il n'ai pu trouver, elle était ce qu'il pouvait y avoir de plus détaillé. Chaque fenêtre, chaque courbe, bas-relief, chaque colonne, tout y était. Ayant usé de son savoir-faire et de ses pouvoirs magiques, il l'avait fini bien assez tôt pour avoir encore une dizaine de jours à consacrer à un vieux rêve, a priori inaccessible : transformer le sable en verre et former celui-ci selon sa volonté, comme il l'aurait fait avec n'importe quoi qui sortait du sol. S'il parvenait vaguement à réchauffer le sable et en faire des cristaux, le verre semblait hors de sa portée.

Face au "Sénat", se dressait un tas de sable, ce dernier ayant été livré par Nathaniel, sur les ordres de son maître. Du sable fin, sans impuretés. Mais si beau et agréable au toucher qu'il ne soit, le sable restait du sable et ne voulait absolument pas se transformer. Aristide en revient aux formes les plus stupides, d'après lui, de la magie de la Terre. Il méditait, tentait de sentir le sable. Mais il n'y arrivait guère. Il le commandait, sans comprendre le fond du problème. Quelque chose d'essentiel lui échappait et il n'avait personne à qui demander conseil : son apprenti était de loin un incapable et il n'eut le temps de faire la connaissance d'aucun autre philosophe. De plus, sa peur de l'Inquisition lui coupait toute envie de ce genre de rencontres.

Alors il restait assis, portant toujours son tablier de travail, sur son tas de sable et en prenait des poignées pour laisser les graines filer au travers de ses mains douces. Il fixait le sable en cherchant une grande vérité qui lui permettrait de sortir de son problème. Jusqu'à ce que l'on frappe à la porte. On y frappait d'ailleurs, comme si la Garde venait l'arrêter. Mais il était plongé dans ses réflexions et attendit d'entendre la fin des dires de l'homme qui cognait. Le sculpteur soupira. Puis... Il soupira encore une fois. Voilà une chose qui lui manquait : une autre femme. Bien entendu, il savait qui elle était. D'autre part, il n'avait nulle envie de la voir. Elle pouvait avoir tout l'or du monde, elle n'allait pas l'aider dans l'accomplissement de son rêve et son travail actuel. Cela dit, il se leva quand même pour lui ouvrir la porte. Ses yeux bruns se posèrent d'abord sur son valet qu'il regarda comme le dernier des imbéciles. Après il reporta son attention sur la femme.

- Sous le ciel et sous le soleil, madame la marquise. Soyez la bienvenue dans mon atelier. Si vous le désirez, donnez-vous la peine d'entrer.

Puis, il se retourna et alla vers une table, où il déposa son tablier. En-dessous, il était correctement vêtu, comme un noble se le devait. De la soie, une coupe simple, mais efficace et agréable pour la saison chaude. L’Équinoxe d'été approchait et cela se sentait dans l'air. Les formes voluptueuses de la Sénatrices lui étaient pour le moins indifférentes. La façon dont elle les exhibaient était purement écoeurante. Mais elle était la marquise et lui le chevalier. Alors il ajusta ses lunettes sur son nez et reprit, usant du ton le plus poli.

- En quoi puis-je vous servir, madame la marquise ?

Et pourquoi seules les femmes étaient susceptibles de s'intéresser à l'Art, par l'Ombre ?
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Un don lucratif ? [PV : Aristide]   Ven 18 Mai - 16:51

    Elle acquiesça, puis esquissa un léger sourire à son interlocuteur, de façon à lui renvoyer la politesse sans trop s’étaler. Telle était la convenance. Le regard hautain, les yeux légèrement plissés, la Belle s’avançait, comme si une véritable reine s’apprêtait à parader devant son peuple. Toutes ses manières, ses extravagances, la rendait difficilement supportable. La sénatrice n’eut le temps de poser qu’un seul pied dans l’humble demeure, avant d’être immédiatement incommodée par les odeurs émanant du rez-de-chaussée. Ca sentait tout un tas de chose, que le doux nez de la marquise ne semblait reconnaître. Un mélange de gouaches, d’huiles, de poussières très certainement… On était bien chez un artiste, il n’y avait pas de doute là-dessus.

    Pour protéger son très sensible odorat, la Belle prit l’initiative de sortir de son sac à main, un magnifique éventail taillé selon les traditions du Wu Zuang. Elle l’agitait frénétiquement devant son nez, espérant chasser ces mauvaises odeurs qui l’obsédaient. Non, décidément, elle n’était pas faîte pour la « vie des humbles ». Son regard se balada de droite à gauche, y espérant trouver n’importe quoi d’intéressant, qui puisse lui faire oublier ce miasme pestilentiel, tournant presque à l’obsession. Elle s’attarda, d’ailleurs, quelque instant sur une magnifique réplique du sénat en marbre. La ressemblance avec la grandeur nature, était frappante, et la Belle, qui avait l’habitude de fréquenter l’illustre lieu, en fut presque « touchée ».

    La marquise, brisa cette espèce de silence de glace de quelques minutes, par un : « Charmant. » - Des plus brefs, concis, qui respirait bon l’ironie. Cela pouvait valoir pour les odeurs incommodantes, mais cela pouvait aussi être interprété comme une simple marque de politesse. A bon entendeur.

    Le garde refermât la porte sans plus tarder, une fois la marquise bien entrée. Face à ces terres sauvages, respirant bon la modestie qui lui manquait tant, et qui semblait presque incompatible avec son essence même, elle prit donc le temps d’observer avant même de faire quoique ce soit. En véritable prédatrice capitaliste, Renata avait l’art et la manière pour « amener » un contrat. Inutile donc de se précipiter sur sa proie, il fallait savoir tourner autour du pot sans lasser son interlocuteur. Tout était donc question de finesse.

    La main dans les cheveux, exhibant au passage ses poignés enguirlandés par moult bracelets tous plus reluisant les uns que les autres, au point de rendre l’harmonie du tout inexistante, elle répondit, calmement, à son hôte :


    « Ô et bien, il était de mon devoir, en tant que sénatrice de Fintasy, de m’assurer que tous mes compatriotes, vivent correctement dans la capitale » - Un maigre sourire vint éclairer de nouveau son visage, esquissant tout le vice que pouvait renfermer l’âme de la marquise. La Belle, de par son statut, se permit de s’installer confortablement sur un fauteuil, traînant dans un coin de la pièce, tout en continuant d’agiter frénétiquement son éventail. De l’air frais, de l’air, bon sang !

    « Mais, à vrai dire, je ne m’intéresse qu’à l’élite de Fintasy. Vous l’aurez deviné, une femme de mon rang, n’a de temps à perdre, avec la populace. » - Elle s’interrompit, laissa échapper un petit rire, en disant assez long sur sa mégalomanie. « Prenez donc cela pour un compliment. » - Un peu, comme si ces derniers, à ses yeux, égalaient tout l’or du monde …

    « Quoiqu’il en soit, on parle de vos talents d’artiste jusque dans les hauts cercles du sénat. Fintasy regorge vraiment de grands hommes, et il est donc de mon devoir, de vous aider, en tant que représentante des intérêts de Fintasy, au sénat. » - Ces paroles s’apparentaient néanmoins plus au chant des sirènes qu’à autre chose… L’homme devait bien s’en douter. Après tout, qui ne connaissait pas la réputation de Renata ? Elle, la croqueuse de diamants… Elle sortit une de ses cigarettes, de son étui d’or, lui-même tout droit sortie du sac de la Belle, qu’elle avait posée à ses pieds. Enfoncée dans le fauteuil, elle demanda, en même temps qu’elle alluma son addiction :

    « Je peux ? » - D’une voix presque innocente…
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Un don lucratif ? [PV : Aristide]   Dim 20 Mai - 19:16

Elle se mouvait comme un gros félin qui venait de se repaître d'une quelconque charogne. Aristide se dit qu'il était sans doute trop petit pour constituer un repas pour une telle dame. D'autre part, tout ce qu'elle pouvait faire pour paraître ne l'impressionnait guère de part le regard qui portait sur les femmes. Leurs courbes pouvaient constituer des modèles intéressants, mais elles n'avaient rien d'attirant. Rien qui puisse le séduire. L'argent mis à part, bien entendu. Néanmoins, elle n'avait probablement pas le poids nécessaire pour compenser son éventuel échec dans la réalisation de la commande pour la soeur de son puissant collègue.

Et tout cela à condition qu'elle vienne bien pour s'assurer qu'il ait plus d'argent. Jusqu'à présent, elle se montra d'un ennui effroyable. Certes, le sculpteur aurait adoré être à sa place, le simple fait de penser à la fortune de la Sénatrice lui procurait une érection. Mais il avait une préoccupation plus... spirituelle. Pour une fois. Il l'écouta, appuyé contre l'une de ses tables à outils. Son expression fatiguée se détendit, lui donnant un aspect quelque peu dépité. En ouvrant la fenêtre, il répondit :

- Bien entendu.

S'il aimait tous les plaisirs de la vie, Aristide n'était pas un fan des cigarettes classiques. L'odeur du tabac ne lui plaisait en rien et certainement pas sur une personne. Mais, après tout, si c'était là l'odeur que devait avoir une femme... Qu'elle vienne fumer et puer comme bon lui semble. La suite des paroles de l'artiste sortirent du fond du coeur, bien qu'ils furent enveloppés du même ton aimable et serviable qu'il utilisait en présence de gens plus puissants que lui :

- Fintasy s'est montrée particulièrement ingrate avec moi et mes... talents comme vous dites. Même si parler de génie serait plus exact. Vous ne trouverez nulle part de sculpteur plus talentueux que moi. Désormais, je préfère travailler pour ceux et celles qui sont capables d'apprécier, à défaut de saisir, mon Art. Il semblerait que la Capitale soit plus généreuse avec ses habitants.

Il regarda sa réplique du bâtiment du Sénat. Elle était sublime, en effet. Elle allait sans doute plaire à la soeur du comte de Hellwig. La jeune Mézièle, bien que limitée dans sa compréhension de l'Art, payait bien et était sans doute moins dégoûtante à voir. Aristide n'avait rien d'un patriote provincial. La Province, c'était bon pour les gueux et les attardés. L'argent et la gloire étaient ici, auprès de l'Empereur et de sa Cour. Et maintenant, il était temps de se répéter.

- J'ai bien saisi la portée de vos paroles, madame la marquise et elles m'honorent, tout autant que je les mérites de part ma maîtrise unique de l'Art. Mais, dans la mesure où votre venue ne me fut pas annoncée, vous comprendrez que je suis en ce moment dans un processus créatif assez complexe. Faites preuve de miséricorde et procédons à la façon de faire de Fintasy : passons aux affaires. En quoi puis-je vous servir ?

Il sourit, malgré le fait qu'il ait vraiment envie qu'elle lui dise ce qu'elle voulait. Ou qu'elle emmène son or, son odeur et ses rondeurs écoeurantes plus loin. Juste derrière la porte serait suffisant.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Un don lucratif ? [PV : Aristide]   Mar 22 Mai - 12:45

    La clope au bec, enfoncée dans le fauteuil, la main gauche tranquillement reposée sur l’accoudoir, la Belle prenait un malin plaisir à s’imposer auprès de son hôte. Même si elle était habituée à être traitée en reine, cela lui procurait toujours ce même petit frisson de jouissance. Tandis que son orgueil démesuré, l’empêchait de remarquer le dédain qu’elle semblait lui inspirer en secret. Elle fut, par ailleurs, quelque peu contrarié de voir, que l’homme ne lui proposait rien pour se désaltérer. Après avoir fumé, quoi de mieux qu’un peu bon thé glacé, pour rafraîchir sa gorge irritée ? A priori, l’homme semblait en avoir oublié les bonnes manières. Ravie de voir qu’il se décidait enfin à ouvrir enfin la fenêtre, afin de laisser s’échapper cet odieux miasme pestilentiel, dont elle ne semblait définitivement pas s’accommoder, la marquise se plut à l’écouter miauler. Mais certaines de ses paroles irritèrent son égo. Tout compte fait, ce jeune sculpteur se montrait assez imbu de sa personne. Devait-elle comprendre qu’elle dérangeait ?!

    « J’y viens. » - Rétorqua t-elle sèchement, de façon à marquer son autorité, face à ce vulgaire sculpteur de marbre, qui semblait oublier sa misérable condition. Elle l’avait écouté attentivement, le fixant, de ses yeux prunelles au regard envoûteur. Tout en se rehaussant, elle esquissa un petit sourire narquois, en disant long.

    « Votre naïveté est très touchante, mais Ishtar n’est en rien plus complaisante à votre égard que Fintasy ne l’était, M. Torchia. Après tout, l’inquisition est partout, n’est-ce pas ? ♥ » - Ajouta t-elle, avec une pointe d’ironie. Son visage s’illumina, laissant entrevoir tout le vice qui l’animait. Elle était prête à tout pour avoir ce qu’elle désirait, et le jeune sculpteur devait bien en prendre conscience, avant de commencer à négocier avec celle-ci. En effet, Renata Di Scotto, avait à sa tête, suffisamment d’or pour se procurer des informations utiles sur ses « proies », ou plutôt sur ce qu’elle aimait à appeler ses « butineuses ». De bonnes petites abeilles, qu’elle saurait utiliser pour accroître la puissance et la richesse de sa ruche. Mais malgré tout, l’homme ne lui apparaissait pas comme facilement manipulable. Elle avait ouï dire, que des nobles l’avaient déjà plus ou moins pris sous leurs ailes. Il allait falloir se montrer convaincant, et l’allusion à l’inquisition, ne constituait qu’un premier argument. - bien que s'apparentant davantage à une menace -

    « Hahaha, ma réputation semble donc déjà faîte. Après tout, plus que moi, c’est la Casa Di Scotto qui s’intéresse à votre talent, qu’elle juge … hypothétiquement lucratif, à condition de faire les bons choix. Certes, vous semblez … comment dire … doué, très minutieux, … » - La Belle, se leva doucement, et tourna près de la maquette de ce petit sénat reconstitué. Elle l’admira, et se permit de toucher du bout du doigt, quelques unes des colonnes composant le tout, au risque de faire sortir le sculpteur de ses gonds.

    « Mais, la minutie ne paye pas : le monde a changé. Je ne sais pas quel vulgaire mécène vous finance, mais les œuvres d’arts de ce genre, certes d’une très grande qualité, sont désormais dépassées. Elles demandent bien trop de temps pour s’avérer rentables. Le futur est dans la création de masse. Regardez, tout ce moyen peuple qui s’élève, tentant désespérément d’imiter les plus nobles d’entre nous. Bientôt, la populace voudra elle aussi décorer son intérieur, avoir ses propres statuettes… Des milliers de futurs clients, à rassasier... » - Sa tirade s’enflammait, petit à petit, laissant entrevoir tout son appétit pour les affaires, son goût démesuré pour l’or. Les hommes n’étaient que de simples consommateurs à combler dans son optique, et ils ne pouvaient lui être utiles que de cette façon.

    « Votre technique vous permettrez de créer en grand nombre, et vous le savez. Pourquoi perdre son temps alors ? La Casa Di Scotto pourrait facilement exporter vos œuvres, aux quatre coins d’Ishtar, vous assurant bien plus qu’un nom au sénat, ...oui vous promettant une véritable fortune. » - Elle continua de rôder autour de la maquette du sénat en marbre, en attendant une réaction de sa part.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Un don lucratif ? [PV : Aristide]   Ven 25 Mai - 9:24

Combien même la conversation prenait un tournant déplaisant, Aristide se concentrait pour s'empêcher d'exploser et de faire atterrir une pierre du plafond sur le crâne de son interlocutrice. Une partie de son cerveau cherchait toujours une façon de transformer le sable en verre, sans passer par la case fourneau du verrier. La mention de l'Inquisition lui arracha bien entendu un frisson. Le frère de sa mécène couchait bien avec le Haut Prêtre, seigneur suprême de la police religieuse... Mais cela pouvait s'avérer être trop peu. Articulant lentement, et imitant très bien la serviabilité, l'artiste apporta le renseignement manquant à la dame :

- Vous voulez sans doute parler de la demoiselle la marquise Mézièle de Hellwig ?

Une noble bien plus haut placée que la Casa Di Scotto toute entière. La fille chérie et soeur adorée des hommes les plus puissants de la Capitale et de l'Empire tout entier. Une famille gouvernant une Province, l'une des plus puissantes, la plus haute noblesse qui soit, les Walhgren mis à part. Certes, ses travaux ne lui ont pas encore valu la fortune, mais il était toujours en phase d'essaie. Si son génie parvenait à résoudre le problème du verre... Il serait riche et protégé à vie par les Hellwig. Là, l'Inquisition ne pourrait jamais s'aventurer. Les Princes-Gouverneurs n'étaient soumis qu'à l'autorité de l'Empereur. Une autorité exercée dans les limites du diplomatiquement correct.

Les idées présentées par la Sénatrice provoquaient des sentiments mixtes, chez Aristide. C'était quelque chose entre l'érection et la nausée. D'une part une montagne d'or, d'autre part la dégradation de l'Art. Il garda le silence, confronté pour la première fois à une question d'ordre philosophique qui le concernait. Combien même il s'était promis la fortune en venant à la Capitale, il ne voulait pas graver son nom dans l'histoire comme celui qui enfoncerait le premier clou dans le cercueil de l'Art. Du seul Art qui comptait.

- Des... objets identiques ? Bien sûr que je pourrais les faire. J'ai vu le jour il y a plus de trente-six ans maintenant et je dispose de talents uniques. J'ai assez d'expérience pour battre à plats de couture n'importe quelle machine moderne. Mais je refuse d'abandonner entièrement ce que je suis le seul capable de faire. Ainsi, je continuerai de travailler pour l'Art. Parce que le Sénat... reste le Sénat. - La tautologie fut prononcée avec un certain dédain, propre aux arrogants. - Je ne serait comblé que le jour où l'Empereur lui-même posera pour moi. Et, combien même votre idée soit délicieusement lucrative, elle est un vil abaissement au niveau des bourgeois marchands. Sur un plan culturel, ce que vous me proposez est de la prostitution pure et simple. Néanmoins, nous partageons le même amour de l'argent...

Il se détourna d'elle et alla vers un bloc de pierre, posé dans un coin de la pièce, à la base destiné à l'entraînement de Nathaniel. En quelques gestes rapides, il en tira deux petits vases, lisses, simples, dotés d'un petit zigzag décoratif, identiques à la perfection. Il les ramena auprès de la dame et lui en montra les dessous. L'emblème de la Casa Di Scotto y figurait en grand. Presque indéchiffrables, mais bien présentes, d'autre armoiries étaient gravées en dessous : ceux des sires Torchia. Une façon comme une autre de conclure un accord.

- Est-ce assez vulgaire pour le bas peuple, d'après vous, madame la marquise ? Dans tous les cas... Donnez-moi une semaine pour finir mes travaux en cours et faites préparer des entrepôts de matières premières. Vous aurez tout ce que vous désirez en matière de marchandises, puisque c'est cela que vous me commandez...

L'argent, la promesse de fortune, adoucit le ton du chevalier, le rendant sincère dans sa soumission à la commande, si peu noble soit-elle. Après tout... L'argent n'a pas d'odeur.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Un don lucratif ? [PV : Aristide]   Dim 27 Mai - 14:33

    * Mézièle de Hellwig … *

    La Belle ne put s’empêcher, à nouveau, d’esquisser un léger sourire jaune. Une femme, qui avait bien plus de pouvoir qu’elle, mais plus pour très longtemps. Renata crampait sur ses idéaux, certaine que l’aube d’un jour nouveau se dessinait, et que l’or ferait la gloire. Les aristocrates, incapables d’accepter la modernité, seraient alors contraints à la déchéance, tandis qu’elle, gravirait tous les échelons du pouvoir. Néanmoins, en attendant ces jours meilleurs, il était certain que Hellwig restait pour Torchia, une protectrice de renom. Mais la sénatrice de Fintasy n’avait pas encore dit son dernier mot. Il lui restait encore de nombreuses cartes en main, pour acquérir le jeune sculpteur à sa cause.

    Une guerre qui ne disait pas son nom, semblait commencer entre Mézièle et elle-même pour s’accaparer les services de Torchia. Perdre cette abeille, au profit d’une aristocrate dépassée, relèverait du gâchis. Allait-il choisir la sécurité avec Hellwig ou l’aventure avec Renata ? Le jeune arrogant reprit la parole. La sénatrice l’écouta attentivement, tout en posant ses yeux sur cette délicieuse sculpture autour de laquelle, elle continuait de rôder, telle une véritable prédatrice. Elle fut heureuse d’apprendre que l’homme acceptait sa proposition, après que celui-ci lui dévoile tous ses talents. Frappée par la rapidité de l’exécution, et la qualité donnée, elle envoya un sourire des plus délicieux à son interlocuteur, avant de se tourner vers lui et de lui rétorquer :


    « Vous me décevez Aristide Torchia. On vous présentait comme un libre penseur, mais vous n’êtes en rien différent des autres artistes peuplant la capitale. » - La Belle allait s’expliquer. Elle prit un air dépité, presque affligé – « Emprisonné dans le carcan de pensée aristocratique, seule la gloire semble vous intéresser. Dessinez donc pour l’empereur, sculptez pour Hellwig, et vous ne resterez à jamais qu'un vulgaire pantin dans leur jeu, dépendant de leur volonté et de leur protection. Ce que je vous offre, c’est la possibilité de s’émanciper de votre condition : de devenir libre. Or, seul l’or donne ce pouvoir. »

    Elle s’empara du vase créé par Torchia, admirant l’emblème de la Casa Di Scotto : la marque de sa famille, et de son labeur pendant plusieurs siècles. Un jour, cette famille régnerait en maître sur Ishtar, tel était son destin. Même si son mercantilisme servait avant tout les intérêts de la Casa, Renata croyait véritablement qu’un jour l’or dominerait le monde et renverserait le système de valeurs actuelles. Elle fut réellement déçue, en voyant que Torchia ne le comprenait pas. Pire, qu’il voyait en cela une forme de décadence ?! N’était-ce pas ce que laissait signifier ses mots ?

    « Vous n’y êtes pas mon cher. Le gratin de nobles se pavanant à la cour, n’ont pas encore saisi le basculement prochain qui va s’opérer. Je vous propose de faire partie de l’avant-garde, non pas de prostituer votre don. Et puis … »- Elle se mit à sourire, illuminant son visage de la façon la plus malsaine qu’il soit, toujours le vase entre ses doigts. « Je vous l’ordonne, ne vous comparez pas, vous misérable chevalier à MOI Renata Di Scotto, sénatrice de Fintasy. » - Rétorqua t-elle sur un ton des plus doux, à contre-courant avec la dureté des mots employés.

    « Pour en revenir, à ce que vous disiez, sachez que je ne partage point vos idées. Oui, celles-ci sont désuètes. Dites moi donc qu’est-ce que l’art ? Votre œuvre n’existerait pas, …», la marquise pointant du doigt la reconstitution du sénat, « … si l’appât du gain n’était pas à la hauteur. Est-ce de la prostitution, un rabaissement au niveau des bourgeois marchands ? L’art sans l’or n’existe pas. L’art n’est qu’un moyen de distinction social pour les plus nobles, rien de plus. Votre prétention d’artiste n’a pas lieu d’être. Vous travaillez contre un salaire, vous ne valez rien de plus qu’un mineur ou un boulanger. Vous avez un talent donné, certes. Mais celui-ci n’existerait pas, ou ne servirait à rien, si il n’était pas reconnu socialement et donc rémunéré. »

    Les mots étaient durs, et concomitaient cette fois-ci avec le ton employé. Renata avait parlé franchement, sans se soucier des conséquences qu’allaient revêtir cette offense à l’art. Elle s’était d’ailleurs, elle-même mise en danger, en révélant ses propres prises de position contre l’aristocratie. Mais qu’importe, elle était sûre de pouvoir rallier Aristide à sa cause.

    « C’est bizarre, mais … conclure un contrat avec vous de cette façon, me déplaît. J’en attends plus … » - Elle reprit, de façon à ne pas trop faire languir le suspense. « Je ne désire pas, vous assouvir aux intérêts de la Casa, en vous demandant de faire un choix entre Hellwig et moi, je souhaite simplement vous rallier à nos idéaux. Car je suis certaine, qu’ils vous sont profitables voire qu’ils vous inspirent. »
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Un don lucratif ? [PV : Aristide]   Dim 27 Mai - 15:29

La conversation n'empruntait pas une bonne direction. Aristide fronçait les sourcils, encaissant les paroles de la Sénatrice. Son ego se tortillait de douleur, mais il n'était pas en position de force, dans cet échange. Devant l'impossibilité d'humilier la marquise de part son talent d'artiste, il n'avait pas de fortune à étaler, ni même de titre à opposer au sien. Et, après tout, il n'allait pas lui faire avaler du sable, même si ça le soulagerait sans aucun doute.

Contrairement à ce que sa réputation pouvait induire, le dernier Torchia avait une philosophie : s'incliner devant plus fort que lui pour accumuler assez d'or pour qu'on s'incline devant lui. Et qu'importe les moyens. Et, encore pour la première fois, il fut poussé jusqu'aux limites de son raisonnement : qui était vraiment le plus fort ? La Casa Di Scotto avec ses projets saugrenus ? Ou l'Empereur et l'Ordre que celui-ci représentait ?

- Étrange... Je pourrais parier que si vous n'aviez pas ce titre qui est le vôtre, la Garde vous emmènerait en prison pour de pareils propos... Vous n'êtes pas moins prise dans ce carcan que moi. Ou alors abandonnez votre titre et ne vivez que par votre or. Allez donc à la Cour et crachez au visage du Saint Empereur d'Ishtar. J'ai lu de nombreux livres concernant l'histoire de notre pays uni, madame la marquise. Ils nous apprennent que les Walhgren règnent de part les actes de leurs ancêtres. Vous, vous êtes riche grâce à vos prédécesseurs. Parce que les plus forts vous prendront ce que vous possédez, si cela leur semble bon.

Il recula d'un pas, alors qu'elle prononçait ses ordres, étalant une fois de plus son titre. Ses yeux fatigués s'élargirent dans une surprise méfiante. Soit elle perdait complètement la raison, soit elle détenait vraiment un pouvoir si grand que personne ne s'en est pas encore rendu compte. Elle était vraiment étrange. Était-ce l'excès d'or ? Non... Aristide ne croyait pas que quelque chose de tel puisse exister. Il mit la réaction de la marquise sur le dos des relations consanguines qui existaient au sein de certaines grandes familles pour "la pureté du sang". Belle mais à l'esprit assez sali pour proférer des paroles pour lesquelles l'Inquisition pend des terroristes.

- Je ne suis plus le vassal d'un quelconque seigneur de Fintasy, madame la marquise. Donnez donc vos ordres à quelqu'un d'autre et laissez-moi dans ma misère et mon ignorance, mais avec mes talents que je suis probablement le seul à vouloir vendre. Si mes conditions vous déplaisent, ne perdez donc pas votre précieux temps avec moi qui suis si petit. Trouvez donc quelqu'un d'autre, capable d'accomplir ce que vous désirez, mes meilleurs voeux accompagnent votre affaire.

Entre les philosophes qui combattaient les prêtres et ceux qui se cachaient par peur des représailles, tous avaient des idéaux bien trop nobles et purs pour user de la magie au service d'un commerce aussi peu glorieux. Mais Aristide, dans son amour de l'or pouvait bien supporter cela, fut-il un artiste de génie. Cela dit, on venait, une fois de plus au cours des dix dernières minutes, de battre son ego et le jeter dans la fosse à purin. Et là, cela en faisait trop. Les deux vases se transformèrent en poussière et petits cailloux difformes qui filèrent entre ses doigts et ceux de son interlocutrice.

- Je ne crois pas à la liberté. Nous sommes tous limités. Cela échappe sans doute à votre compréhension, mais je préfère être l'esclave des mécènes qui ne m'insultent pas à chaque fois qu'ils daignent s'adresser à moi. Sans parler de leur goût pour l'Art. - Mézièle était peut-être une gamine à qui beaucoup de choses échappaient, mais Aristide l'appréciait de plus en plus, à chaque seconde qui passait. - Par souci de bienséance, je ne vous dirais pas ce que cela m'inspire, madame la marquise. Mais, sans aucun doute, me voilà trop limité pour saisir ce que vous dites.

Il sourit encore une fois, avant d'ajouter.

- Vraiment, vous ne devriez pas me permettre de vous faire perdre plus de temps, je n'en suis pas digne.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Un don lucratif ? [PV : Aristide]   Lun 28 Mai - 14:08

    Le vase qu’elle tenait fermement entre ses doigts s’évapora brutalement dans les airs. Un amas de poussières et d’autres petits cailloux se dissipa soudainement, illustrant à merveille l’état d’ébriété de la Belle. Ses yeux s’écarquillaient au fur et à mesure, que l’homme remballait une à une de ses propositions. Elle laissa échapper un maigre soupir, discret, qui résumait parfaitement la situation. La sénatrice se retrouvait tirailler entre son arrogance nobiliaire et son instinct de commerçante chevronnée. D’une part, le refus du jeune homme de coopérer, l’irrita profondément. Comment un chevalier de la sorte, pouvait-il refuser son offre d’émancipation, de gloire éternelle ? Elle serra fermement dans sa main quelques uns des petits cailloux qui lui restait, comme pour calmer ses nerfs en rute. Mais d’un autre côté, elle ne pouvait point passer à côté du don lucratif que Torchia tenait entre ses mains. Devait-elle donc se rabaisser et accepter ses misérables conditions ? Après tout, si cela faisait le jeu de la Casa… Pourquoi pas ?

    Encore une fois, son mercantilisme prit le pas sur ses sentiments. Finalement, en ce qui la concernait, l’or gouvernait déjà ses rapports au monde. Ses théories sur le monde de demain, n’étaient que calquées sur sa propre personne. Devant les « mises à la porte » du jeune Torchia, couvertes par un semblant de politesse forcée, la Belle retourna sur ses pas, pour retrouver le fauteuil qui l’avait déjà accueilli. C’était sa façon de répondre aux appels du jeune sculpteur. Pour la peine, elle se ralluma même une cigarette, qu’elle tenait habilement entre ses doigts.


    « Je vous en prie, cessez de minauder, cela devient insupportable. J’ai compris le message, parlons en marchand. » - Elle rompit le silence, brutalement, avec dédain, cachant finalement sa fierté mal placée de petite aristocrate capricieuse. Elle s’avouait vaincue face à un chevalier, quelle honte… Mais elle le devait, par amour de la Casa Di Scotto.

    « Vous êtes futé pour quelqu’un de votre rang et surtout, vous ne me laissez plus le choix. J’attends donc de savoir vos conditions, avant de signer quoi que ce soit. Bien entendu, vous toucherez votre part du gâteau, à hauteur de 26% environ par unité vendue. Vous comprenez bien, qu’étant donné que nous fournissons le matériel et que nous nous chargeons ensuite de l’export et de la vente, votre pourcentage sur la commission, ne peut excéder ces 26%. »

    Intérieurement, elle maudissait cette peste de Hellwig, qui lui avait volé son abeille tant prometteuse. Mais tout n’était pas perdue, même si elle ne pouvait le rallier à ses idéaux, elle comptait bien profiter de son don ô combien juteux. La marquise, qui s’amusait à faire des ronds de fumée, avec sa bouche, continua, en enchaînant toujours sur les modalités de l’hypothétique contrat.

    « Mes calculs m’ont conduit au chiffre astronomique de 10 000 pièces d’or par mois, pour une quantité approximative de 1000 petits vases, comme vous venez de les créer. Donc environ, une rente mensuelle de 2600 pièces d’or pour vous, sans charges. Bien entendu, plus vous produisez, plus vous y gagnez, d’autant plus que toutes les charges, sont à nos frais. » - Renata avait délibérément changé de stratégie avec le jeune Torchia, il n’était plus le petit chevalier minable, qu’elle avait rabaissé durant les dix premières minutes. Désormais, la sénatrice le traitait en véritable artisan, lui parlant presque d’égal à égal. La marquise se demandait même, si le jeune homme n’allait pas profiter de ce revirement de situation, pour tenter d’accroître sa part de gâteau… Après tout, Torchia se retrouvait en position de force, et cela, Renata l’avait très bien compris. Néanmoins, elle disposait encore de nombreuses cartes à jouer. Celle de l’inquisition saurait faire son effet, en cas d’aléas indésirables.

    « D’autres questions ? Conditions de votre part ? » - Demanda t-elle sur un ton, empreint de son mépris habituel, qui finalement, semblait lui être intrinsèque. « Oh, et d’ailleurs, pour vous répondre : vous vous trompez sur tout. Mais j’abandonne l’idée de vous exposer mes thèses. Après tout, cela ne nous a conduit nulle part. Contentons donc nous, de traiter en marchands : J’y gagne, et vous y gagnez. Que demandez de plus ? »
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Un don lucratif ? [PV : Aristide]   Mar 29 Mai - 20:16

Et le tour était joué. La Dame était victime de sa propre arrogance. Aristide, dans son égocentrisme et sa mégalomanie sans grand fondement, avait un talent rare que peu de gens vendraient. Non content de le monnayer correctement, il était en train de s'assurer du soutien, ou au moins de l'indifférence, d'une force majeure sur la scène politique. Et ça, ce n'était pas rien. Renata Di Scotto allait le protéger de la misère et de la générosité discutable de la jeune marquise de Hellwig. Mézièle, pour sa part, constituait un rempart agréable contre les élans impérialistes de la sénatrice.

Cette dernière lui proposait une part équitable dans l'affaire. Un peu plus d'un quart des bénéfices pour un effort... Certes conséquent sur le plan magique, mais au final peu exigeant au niveau de la concentration. Une tâche peu élaborée, à refaire mille fois... Deux milles six-cent pièces d'or ce n'était pas une fortune immense... Mais des familles entières mourraient sans jamais avoir vu le quart de ce prix. Le sculpteur jugea d'ailleurs le prix de dix pièces d'or par vase assez... excessif. Mais ce n'était pas son problème. Qu'elle s'en sorte toute seule comme une grande. Il se permit, par contre, d'être un rien sarcastique dans sa réponse :

- Vous voyez, madame la marquise ? Cela n'a pas déchiré votre gorge de vous montrer plus conciliante. Mes conditions n'ont pas changé. Ce que vous me demandez n'occupera pas entièrement mes journées, je suis bien trop efficace pour cela. Vous aurez vos... Copies d'art en nombre suffisant. D'ici une semaine, nous allons pouvoir signer cet accord et je serais en mesure de me consacrer à la production de ce que vous me demandez.

Il fixa longuement le tas de sable se dressant devant le Sénat en marbre. Si effectivement, il parvenait à court-circuiter la production traditionnelle du verre, la Casa Di Scotto pourrait, elle aussi, en tirer des bénéfices impressionnants. Le verre prenant n'importe quelle forme ou épaisseur. Des objets décoratifs aux utilitaires. Raffinés ou non, ils pourraient être produits en masse.

- Hum... Je crains d'avoir été un bien mauvais hôte aujourd'hui. Néanmoins, je suis un artiste occupé et sur le point de faire un pas majeur sur mon chemin de la perfection... Je promet de me rattraper à la prochaine occasion. Il serait préférable que nous repartions à zéro en termes de relations courtoises, ne trouvez-vous pas ? Enfin... Le sable est une bien curieuse matière... Hum... - Il laissa une nouvelle poignée filer entre ses doigts, pensif. - Désirez-vous que je mette au point des modèles pour vos... produits ? Ou avez-vous déjà des idées précises de statuettes ou de vases que vous voulez exporter ?

Après tout, tant qu'à faire, Aristide pouvait inventer quelque chose de bien (même si de simple) lui-même. Il était d'avis que même un art minable, destiné à être vendu au bas peuple, pouvait être d'une certaine qualité. Après tout, n'était-il pas le plus grand génie de la sculpture ? N'était-il pas à même de mettre au point des oeuvres qui allaient le survivre et faire rêver ? Si. Et tant qu'à faire, autant que la populace retienne son nom pour un travail de qualité. De grande qualité.

[Je pense que nous allons pouvoir bientôt clore...]
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