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 Auditions : Et il refusera obstinément de se placer sur la croix tracée à la craie ~ PV Cecil ♥

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MessageSujet: Auditions : Et il refusera obstinément de se placer sur la croix tracée à la craie ~ PV Cecil ♥   Mer 16 Mai - 23:16

Valse. Voilà ce que Nathaniel avait en tête depuis quelque temps. Depuis que sa petite vieille – son ancienne logeuse – lui avait fait parvenir son courrier. Un simple parchemin : un bien maigre butin. Mais lorsque le cachet de cire fut brisé, la lettre vraisemblablement insignifiante s'était instantanément muée en une curiosité de grande valeur. Pour le fils Lazarey rien n'était plus précieux que le divertissement. Et là en effet... On lui offrait une occasion en or. Le maître était absorbé par sa revanche artistique, il devait prouver corps et âme son talent à la demande expresse de la Marquise Hellwig. La présence de Nathaniel n'était pas toujours nécessaire. Il arrivait au sculpteur d'être tellement plongé dans son travail qu'il en oubliait son apprenti. Dans les premiers temps le blondinet restait sagement assis sur une caisse à observer la technique d'Aristide. Il pouvait l'étudier en silence pendant une, deux, trois, quatre heures... Mais pas au delà. Les quatre heures écoulées horloge à la main, Nate fuyait l'atelier et se réfugiait tout droit à l'opérâthre. Les pièces n'étaient pas si mauvaises que ça en ce moment. L'alcool aidait à les supporter.

Mais cette valse... Nathaniel avait de drôles d'idées. Il imaginait une scène concernant... Ah et puis non, il repoussait cette pensée, il l'enfouissait sous un bloc d'argile. Il s'entrainait à la sculpture lui aussi. Combien d'années lui faudrait-il pour arriver à la cheville de son maître ? Torchia clamait sans méchanceté qu'il n'y parviendrait jamais. L'artiste était ainsi : imbu de sa personne de la racine des cheveux jusqu'aux orteils. Il dégoulinait de suffisance.

Le faire valser avec un blondinet paré d'une jolie robe lui ferait sans doute fermer son clapet pendant quelques temps.

Lorsque Nate laissait s'échapper ce genre de pensées durant sa pratique de la magie de la terre, ses blocs d'argile se réduisaient brutalement en poussière. Le philosophe préférait ne pas trop s'approcher des amas de pierre imposants de peur de provoquer une catastrophe. La théorie qu'il maîtrisait sur le bout des doigts ne l'aidait pas à calmer ses idées absurdes.

Mais cette valse...

C'était à cause de cette foutue lettre ! Une invitation ! Le charme désabusé de Nathaniel avait encore frappé, une noble ménopausée s'était entichée de lui. Ce n'était pas nouveau. Nate Lazarey, l'aimant à petites vieilles ! L'insolence du blond leur rappelait leur jeunesse passée. A moins que ce ne soit la courbe insolente de son fessier qui joue le rôle d'appât.

Le novice était patient. Il n'avait jamais touché à ces femmes fanées, il n'en voyait pas l'intérêt. La plupart d'entre elles étaient égoïstes et refusaient de voir la vérité en face : elles étaient vieilles, dépassées. Mais Nathaniel s'en fichait. Certaines servaient de cavalières acceptables, de laisser-passer aux fêtes les plus débridés de la capitale. Celle de ce soir ne se déroulait malheureusement pas au Manoir Hartwick, le temple du divertissement et du plaisir. Nate y avait fait quelques apparitions profitant de ses fameuses cavalières obsolètes. Il y songeait tout en serrant négligemment ses doigts autour d'une flute à champagne. L'alcool des mondains, l'alcool des mauviettes.

Il y avait foule ce soir, les musiciens allaient bon train. L'ambiance était faussement bonne enfant. On sait tous ce qu'il se passe dans les chambres à l'étage.

Le philosophe songeait à s'éclipser. Il s'ennuyait. A ce rythme là autant retourner près d'un Aristide couvert de sable, sensations à la clef ! Nathaniel appuya son dos contre une colonne et but son verre de champagne cul-sec.

« Une petite liqueur c'est franchement plus festif » marmonna-t-il malgré lui, incapable de retenir sa pensée.
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MessageSujet: Re: Auditions : Et il refusera obstinément de se placer sur la croix tracée à la craie ~ PV Cecil ♥   Sam 19 Mai - 18:19

Quelle heureuse coïncidence ! Une jeune femme passait au même instant, qui vit tout de ce profond ennui et sourit moqueusement ; sans dédain toutefois. Une sage espièglerie dans le regard qu’elle avait gris, les cheveux noirs serrés dans un impeccable chignon bas tressé, vêtue enfin d’une très audacieuse robe jaune vif, elle salua le jeune homme d’une inclinaison de la tête et poursuivit son chemin. Victoire Hartwick reconnaissait immanquablement ceux qui lui avaient plu ; néanmoins elle n’apparaissait à présent que pour se rafraîchir et échanger quelques politesses avant de regagner le petit salon où se jouaient… d’amusantes parties de cartes. Danser ne lui disait encore rien. Autrement dit, l’ennui la talonnait de très près.

Depuis la table des amuse-bouches, l’on pouvait suivre les allées et venues qui encombraient continuellement l’escalier. Victoire chercha son cousin des yeux, mais n’eut pas le loisir de s’interroger davantage à son sujet : tout fut très clair lorsqu’elle le vit descendre lestement les degrés en finissant de rajuster son jabot. Il portait en boutonnière l’une de ses roses fétiches, sur un habit de velours bleu acier richement décoré que les caresses avaient imperceptiblement froissé.

A-t-on jamais fait plus discret que toi ? lui demanda-t-elle en arquant un sourcil goguenard dès qu’il l’eut rejointe avec un large sourire.
Pourquoi donc ? répondit Cecil en s’emparant d’une coupelle d’olives vertes dénoyautées. Suis-je mal mis ? Voyant cependant qu’elle trempait ses lèvres dans un verre de champagne, il ajouta un peu plus bas, plein de malice : Ou bien c’est une façon très délicate de me dire que j’ai un poil pubien entre les dents ?
Victoire tressaillit et se détacha brusquement de son verre pour porter une main à sa bouche. Afin que personne ne la vît perdre contenance, elle s’était aussitôt tournée vers son cousin ; lui, très content de sa bêtise monumentale, riait doucement en piquant ses olives.
Tu es d’une distinction suprême, Cecil, soupira-t-elle enfin après s’être éclairci la gorge.
Cela ne fait plus aucun doute, n’est-ce pas ?
Tu t’es retiré trop tôt. J’aurais voulu ne pas observer les bienséances toute seule. Mais le Marquis souriait jusqu’aux oreilles et regardait ailleurs, à la recherche, semblait-il, d’une autre source d’amusement. Victoire parut le comprendre. Si tu cherches à faire le bonheur d’une personne prête à mourir d’ennui, il y a bien ce garçon, ce joli blond à qui l’on n’a pas encore coupé la langue. Lui, regarde.
Je le vois.
Je t’en avais dit deux mots. Il est venu chez nous et a eu un certain succès… Cecil croqua une dernière olive, abandonna la coupelle et en revint au convive dont il n’avait lui-même jamais éprouvé la qualité ; certains s’éclipsaient décidément trop vite. Si tu décides d’aller le voir, continua Victoire, dispense-toi de lui offrir un autre verre de champagne : tu serais méchant.

Elle lui rapporta les propos du « joli blond » et s’éloigna en souriant, prétextant qu’elle était attendue aux cartes. Le Marquis lui dit un mot doux, puis joignit les mains dans le dos. L’air riant, il se mit immédiatement à la poursuite de ce garçon désabusé, se dérobant habilement aux mondanités ennuyeuses qui avaient jusqu’alors empêché leur rencontre. Sa constante gaieté lui permettait de se montrer un peu cavalier par moments ; on lui pardonnait.
Lorsqu’il fut enfin à la hauteur de son invité fantôme, Cecil se donna l’apparence de réagir aux paroles qu’il n’avait pas entendues :

Eh bien, Monsieur ! L’enivrement est-il donc indispensable à votre distraction ?

Ce « Monsieur » lui sembla dissonant ; impression due à sa jeunesse, sans doute, qui lui suggérait quelque chose d’assez particulier… Elle n’invitait étrangement pas aux convenances. Le Marquis cependant ne put y songer plus longtemps : du coin de l’œil, il venait d’apercevoir, qui pendait aux volants d’une robe tristement connue, le masque avec lequel il s’était présenté en début de soirée. Il n’avait avant cela pas pris garde à la nudité de son visage. Oh ! Son moment d’inattention fut bref, mais tandis qu’il regardait tranquillement son jeune inconnu, accroché à ses lèvres, l’hilarité lui plissait légèrement les yeux. N’était-ce pas follement décadent ?
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MessageSujet: Re: Auditions : Et il refusera obstinément de se placer sur la croix tracée à la craie ~ PV Cecil ♥   Dim 20 Mai - 14:58

Cette fête était ennuyeuse à mourir. Était-ce parce que les invités prenaient grand soin de ne pas ternir leur image ? Était-ce parce que Nathaniel plaçait de plus en plus haut la barre du divertissement ? Les deux à la fois sans doute. Il observait d'air un désabusé les couples qui dansaient, grotesques. Et une flamme trop éblouissante passa juste devant lui, un sourire furtif, cette femme lui rappelait vaguement quelqu'un. Une habituée des grandes soirées sans doute. Le blondinet ne se tortura pas bien longtemps sur l'identité de la jolie femme en robe jaune, elle s'éloignait déjà. Le philosophe la laissa s'échapper. Il avait peu d'espoir, rien ne relèverait le goût ampoulé de cette soirée, personne ne se donnait en spectacle. Le fils Lazarey n'avait pas le cœur à jouer aux cartes, il avait entendu une discussion à propos des activités du premier étage mais cela ne lui disait rien.

Il observait le fond de son verre vide, pensif. Il était en train de peser le pour et le contre, fallait-il rester où s'éclipser avant que la soirée ne soit réellement gâchée ? L'hôte de ce soir préparait peut-être une surprise, la fête était loin d'être terminée.

Le blond se détacha finalement de sa colonne de pierre. Il avait décidé d'être raisonnable, de rentrer et de travailler la magie de la terre. Il fit quelques pas, se glissant vers la sortie. Il profita de la présence d'un serveur pour se débarrasser de son verre vide sans un compliment, sans un seul mot de remerciement.

Nathaniel n'était qu'à quelques mètres de la sortie quand une réflexion l'atteignit, l'homme qui était apparu à son côté ne pouvait s'adresser qu'à lui... Le philosophe s'arrêta brusquement et jaugea l'inconnu du regard. Encore quelqu'un qu'il avait l'impression de connaître.

« Vous lisez dans les pensées ? Vous savez alors que je ne suis pas votre ennemi et qu'en conséquence vous pouvez me faire démonstration de votre petit talent..? Nous serions-nous déjà rencontrés quelque part ? Il me semble vous avoir déjà vu. Et ce n'est pas une basse technique pour sympathiser monsieur, vous m'avez adressé la parole en premier... » déclara Nate d'un ton amusé. Son interlocuteur était un peu plus âgé que lui mais non dénué de charme. Et même si le prétexte de la rencontre antérieure était une méthode de drague vieille comme le monde, les intentions du blondinet étaient très sincères : il ne charmait pas, il voulait savoir. D'abord cette femme en jaune, puis cet homme... C'était frustrant de ne pas pouvoir remettre des noms sur des visages.

Quand au pseudo don de cet inconnu, c'était pure plaisanterie bien sûr. L'homme l'avait probablement observé peut-être même entendu. Nathaniel n'était pas le genre d'esprit que l'on pouvait manipuler ou pénétrer à loisir. Excepté dans le cas d'un certain Aristide, mais après tout, n'était-il pas philosophe lui aussi ? Ceci expliquait donc cela. Mais oui, bien sûr.

Le brouhaha monta d'un cran et si son interlocuteur s'était présenté, le fils Lazarey n'avait rien entendu : une grosse dame venait de lui rire aux oreilles, emportée par l'étrange valse qui venait tout juste de débuter.

Une valse. Un agréable inconnu en face de lui.

Le sang de Nathaniel ne fit qu'un tour.

Il entraina brutalement son interlocuteur dans la danse, il avait capturé sa main et glissé son bras libre autour de la taille de sa pauvre victime.

« C'est l'enivrement de bonne qualité qui maintient ma raison en place. Un régime strict composé uniquement de ce petit vin à bulles, et voilà à quoi j'en suis réduit. Ne vous en faites pas, ils oublieront tout demain. Si quelqu'un vous fait une réflexion, je vous autorise à affirmer que tout est de ma faute, que je vous ai forcé. Vous pourrez également dire que je ne suis qu'un simplet qui avait un peu trop bu. »

L'orchestre s'en donnait à cœur joie, son éducation de baron très lointaine, Nathaniel ne se souvenait pas de tous les pas réglementaires. Entre deux pas de valse, il improvisait, attentif à la réaction de son partenaire infortuné.
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MessageSujet: Re: Auditions : Et il refusera obstinément de se placer sur la croix tracée à la craie ~ PV Cecil ♥   Mer 23 Mai - 15:19

De toute évidence, la soirée lui souriait. Cecil n’avait nullement l’intention de corriger trop vite un défaut de mémoire dont il se réjouissait déjà. La circonstance répondait peut-être au plaisant paradoxe qui voulait que seul son masque, ce risible signe distinctif, pût efficacement réactiver son souvenir dans les esprits. C’est qu’avant d’être un visage, il était un loup – sans mauvais jeu de mots, n’est-ce pas.

« Ou bien c’est simplement qu’on s’en fout. » aurait flegmatiquement rectifié Francis. Comme son inconnu feignait avec humour de se justifier, le Marquis, en plus d’un sourire faussement niais, eut un haussement de sourcils pour à son tour affecter l’innocence de sa pensée : jamais, il ne s’était laissé effleurer par de si faciles et gratuits soupçons quant aux motivations de Monsieur, jamais, parut-il dire. Il voulut exprimer son peu d’intérêt pour ce qui bouillonnait derrière les fronts, sa disposition généreuse à laisser aux hommes leurs secrets, en ayant le bon goût de taire la préférence notoire qu’il donnait à la mise à nu des corps sur celle des cœurs ; malheureusement un tumulte couvrit sa voix.

Cecil n’insista pas. Il leva les yeux au plafond, la mine patiente et enjouée, mais dut céder au plus vif étonnement lorsqu’il fut jeté sans invitation ni douceur dans la fleur éclose des valseurs. Mues par l’instinct, ses jambes soutinrent précipitamment l’impulsion donnée à son corps et sa main vint agripper l’épaule de son cavalier, qu’il regarda un court instant l’air de dire : « Mais enfin que faites-vous ? » Puis le fou qu’il abritait au fond de ses entrailles rejaillit, et bientôt, la surprise sur son visage ne fut plus que le spectre d’une sensation agréable.

Tandis qu’il écoutait son jeune inconnu, un faible rire coulait de ses lèvres, excité par le doux vertige de la danse et l’incongruité de la situation. Cecil s’était laissé surprendre et n’avait pas eu besoin, pour cette fois, d’être le plus audacieux ; tant mieux. Il jouait cependant le rôle d’une cavalière entre les mains d’un garçon qu’il dépassait d’une tête et qui le conduisait parfois d’une façon assez suspecte ; tant pis ? Assurément, non. Le Marquis, tout danseur expérimenté qu’il fût, n’aurait pour rien au monde occupé la place de meneur à cet instant ; il la cédait volontiers.

Ce tableau fort cocasse – « Vous avez l’air rudement con. » dirait plutôt Francis – deviendrait sans doute la principale distraction de la soirée – c’était dire combien l’on s’y ennuyait. Cecil glisserait un mot gentil à leur hôte, et tout irait bien. Il lui semblait entendre rire de plus ou moins bon cœur mais devinait aisément le mépris voilé des quelques pète-sec cramponnés aux convenances ; or dans ces moments-là, son sourire on-ne-peut-plus aimable avait l’éloquence d’un doigt d’honneur bien tendu. Pourtant il n’en voulait à personne, et s’il aimait quelquefois blesser les bienséances, c’était précisément parce qu’il savait ordinairement les respecter à la perfection. Rien n’était trop fou pour le plaisir du Marquis. Par ailleurs, il ne s’en cacha pas :

Réduit, Monsieur ? Vous me chagrinez, car je suis, moi, très heureux de mon sort. Taquins, son index et son majeur se promenèrent comme une paire de jambes sur l’épaule de son cavalier. Il lui sourit et feignit d’entrer dans la confidence en lui parlant à l’oreille, sans s’affoler de leur proximité. Permettez donc que je marque mon entier consentement. Il est sans doute vrai que l’on jasera, et je m’en réjouis par avance, mais plus qu’un simplet, l’on risque de voir en vous… oh, quelque chose comme mon nouveau mignon, peut-être... Toutes ces conclusions auxquelles il est si facile d’arriver. Dès lors il s’agirait de savoir si vous êtes comme moi homme à ne rougir de rien… Parce qu’enfin vous semblez fort en peine de mon hypothétique réputation, remarqua-t-il ironiquement, et si peu de la vôtre. Pourtant je vous trouve ici comme je vous ai trouvé chez moi, prêt à partir sans avoir honoré l’entièreté des festivités, et au mépris, toujours, du qu’en-dira-t-on… Cecil se redressa, prit garde de ne faire aucun faux pas. Ses yeux rieurs montraient qu’il n’exprimait aucun reproche à son cavalier. Tout en disséminant quelques indices sur sa propre identité, il lui manifestait au contraire un vif intérêt. La Capitale manque un peu de ce genre-là, et quoiqu’ils ne soient guère amusants, les « Qui êtes-vous ? » et « N’êtes-vous pas accompagné ? » me brûlent les lèvres, Monsieur…

Les pas rapides se succédaient. Une période de valse à gauche commencerait bientôt pour que les danseurs n’eussent pas à souffrir un vertige trop incommodant. Cecil était disposé à suivre son cavalier jusqu’au bout, dans l’habileté comme dans la maladresse, dans l’échappée belle comme dans la catastrophe.
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MessageSujet: Re: Auditions : Et il refusera obstinément de se placer sur la croix tracée à la craie ~ PV Cecil ♥   Lun 28 Mai - 12:54

Ничья ♪

Les valses ne sont pas éternelles, la musique s'arrête un jour, les jambes se fatiguent toujours. Nathaniel ne tenait pas à interrompre leur danse. Il le fallait pourtant. L'orchestre terminait progressivement l'air de valse et le remplaçait par un autre, une musique sur laquelle il n'était pas permis de danser entre hommes. Le jeune philosophe se fichait éperdument des convenances et même si son charmant interlocuteur semblait ravi de son audace, le blondinet se fit raisonnable. Il avait déjà outrepassé bien des limites, inutile d'en rajouter. Ce ne serait que mauvaise publicité.

Nate était de plus en plus intrigué par sa victime, vraisemblablement noble et mécène, il s'était montré enthousiaste et joueur. Le philosophe était habitué aux mines offensées ou effarouchées voire même à la violence. Mais lui ? Il était très heureux de son sort. Il prenait un malin plaisir à corser la situation, une tentation délicieuse pour Nathaniel.

Le blondinet attira d'autorité son cavalier hors de la piste, près du buffet. La longue table drapée de blanc était chargée de mets en tout genre, les bouteilles de champagne fleurissaient de partout.

« Mais voilà du vin, du vrai ! »

Le fils Lazarey semblait ravi. Cette boisson ressemblait à du sang, il était fasciné et terrifié à la fois. La saveur du vin n'était pas comparable à une bonne liqueur de sa région mais qu'importe. C'était toujours mieux que cette piquette ambrée à bulles.

« Vous êtes bien singulier monsieur, pour vous réjouir des médisances portées à votre encontre. Rares sont ceux qui ne tiennent pas à leur image immaculée. Pour d'obscures raisons il semblerait que ce soit important de mentir et de simuler... Alors que quiconque détient la vérité. Quel est l'intérêt ? »

Nathaniel glissa ses doigts autour de la bouteille de vin, tendit l'autre bras près d'un verre propre et s'en servit comme appui pour servir tel le parfait domestique. La coupe remplie au trois quarts, il fit légèrement tourner la bouteille sur son avant bras pour qu'aucune goutte ne glisse du goulot.

Le philosophe tendit le verre d'une façon exagérément courtoise. « Il est à parfaite température. Tenez. » Tandis que son interlocuteur trempait ses lèvres dans le vin, Nate consentit enfin à répondre à ses questions.

« Je ne savais pas que la fine fleur de la capitale cautionnait ces petits jeux de mignons comme vous dites. Y-a-t-il un code pour ce genre de choses ? Peut-être en suis-je déjà un, embarqué dans la partie à mon insu... J'ai du rater ce chapitre de mon éducation. Je suis sculpteur, ou plutôt, apprenti sculpteur. Et me voilà seul ce soir car mon humble précepteur* se consume tout entier à l'Art. Après un sommeil régénérateur, il sera de nouveau sur pied, pour son apprenti comme pour ses sculptures je présume. J'ai étudié toute la journée, j'avais besoin de divertissement. J'ai participé à tant de fêtes et je pars souvent avant la fin. Pardonnez-moi de ne pas faire de distinction, je ne pense jamais vous avoir croisé... Je m'en serais souvenu, c'est certain. »

Le blondinet croqua dans une pâtisserie, le regard pétillant.

* La blague !
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MessageSujet: Re: Auditions : Et il refusera obstinément de se placer sur la croix tracée à la craie ~ PV Cecil ♥   Jeu 31 Mai - 13:49

Point de catastrophe pour cette fois… Le sourire du Marquis, jusqu’alors éclatant d’espièglerie, s’adoucit en une expression discrète de sagesse et d’indulgence qu’amenait toujours sur son visage le secours de la raison. Complaisant et inattentif aux regards, il se laissa conduire à nouveau, et là où se retrouvaient les gourmands, lui-même ne put dire non à ce petit chocolat noir qui lui souriait tendrement – si. Comme il le laissait fondre sur sa langue, la respiration encore un peu folle, l’inertie de son corps lui fit mieux sentir le battement de ses tempes, le poids de l’excitation contre sa poitrine, la légèreté emprisonnée de ses jambes…

Ce fut ainsi bercé par ses tambours intérieurs qu’il observa d’un œil amusé l’engouement de son jeune inconnu pour le vin et le service impeccable qu’il eut pour lui. Toujours dans la plaisanterie, il l’en remercia avec beaucoup d’égard et goûta le rouge après en avoir brièvement apprécié la robe. Assez doux, un peu fruité sans être trop sucré… L’alliance avec le chocolat noir lui parut tout à fait réussie mais n’alla pas jusqu’à le distraire de la conversation, qui le surprit. Un artiste, fort bien ! Cependant, son éducation l’avait-elle destiné à servir d’une quelconque façon l’aristocratie ou à la représenter ? Le Marquis se tut à ce sujet, mais n’écarta aucune éventualité. Par son refus apparent de l’hypocrisie, le jeune homme lui montrait déjà son anticonformisme.

Pour en revenir d’abord à votre toute première question, une vérité que l’on n’a pas le courage ou l’envie d’assumer ouvertement vaut bien tous les tours et détours du faux-semblant, je suppose… Il se donnait l’air badin. Défendre l’aristocratie décadente restait l’un de ses divertissements favoris, et le meilleur lorsque les plus avisés soupçonnaient – à raison ? – qu’il s’y livrait moins par réelle conviction que par jeu. Du reste, l’illusion est consentie, poursuivit-il après avoir reposé son verre. En cela elle peut aussi figurer un véritable amusement. Et puis… Vous n’êtes pas sans savoir que les nobles n’ont plus à soutenir l’idéal guerrier qu’ils défendaient auparavant… Les seules guerres qu’ils mènent à présent sont celles d’alcôve et de fait, le jeu des apparences et le respect des bienséances, même s’ils sont souvent mensongers, constituent peut-être simplement un nouvel idéal à substituer au premier.

Il omit de revenir sur sa propre « singularité » et ne précisa pas non plus que s’il autorisait chez lui les bouffonneries et la dissolution avec grand plaisir, parce qu’un écart de conduite n’était pas nécessairement déplaisant, il n’en imposait pas moins une attitude policée aux convives, visant à exclure de ses fêtes les conflits d’intérêts et d’opinions. Pendant que son jeune inconnu s’offrait une petite collation, Cecil préférait s’adonner avec enjouement à l’explication de l’élite sociale.

Ensuite, pour vous parler plus franchement, j’en déduis surtout à vous entendre que votre éducation n’a pas été faite ici. Au sein de la Haute Société d’Ishtar, tout ce qui touche à la sexualité ne compromet plus vraiment, et bien que nous comptions encore parmi nous quelques « chastes » individus, ceux-ci sont pour la plupart passés de mode, socialement s’entend. En d’autres termes, l’on pourrait me reprocher d’être allé à l’encontre des règles traditionnelles de la danse, mais pas de m’afficher avec un mignon. Il s’agit-là d’un moindre crime, si c’en est un... A la vérité, cela représente même pour certains un signe de distinction… Toutefois arrêtons avec ce mot-là. Encore un sourire, qui tenait cette fois de l’énigme. Il est vrai que nous ne nous sommes jamais croisés. Peut-être m’avez-vous aperçu de loin, mais alors, c’est sans doute un accessoire manquant qui vous empêche ce soir de me reconnaître. J’aimerais cependant être l’organisateur de la fête qui vous a le moins ennuyé depuis votre arrivée à la Capitale, et…

Et tu parles beaucoup trop, Cecil, songea-t-il en souriant, aussi proposa-t-il gaiement pour terminer :

Ah, mais quelle importance ! Revenons-en à vous. Seriez-vous en passe de devenir l’un de nos grands sculpteurs de demain ? Peut-être connait-on déjà votre précepteur à la Capitale… ?

La venue de sculpteurs renommés dans son jardin remontait à plusieurs années, et d’autres figures s’étaient sans doute démarquées depuis.
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MessageSujet: Re: Auditions : Et il refusera obstinément de se placer sur la croix tracée à la craie ~ PV Cecil ♥   Sam 2 Juin - 20:16

L'homme parlait sagement, illuminé d'un petit sourire badin. Souligner l'absence de bataille et l'ennui conséquent de la noblesse était un argument valable, l'avocat des grands de ce monde travaillait bien. Il semblait prendre un malin plaisir à défendre ses pairs. Et pourtant il n'était ni virulent ni indigné. Il avait l'air de bien s'amuser. Nathaniel grignotait sa pâtisserie, les traits ravis. Le hasard l'avait poussé aux pieds de la bonne personne, c'était fantastique. L'apprenti philosophe se retenait de sourire comme un dément.

Les autres convives les avaient déjà oubliés. Ils dansaient ou vaquaient à leurs occupations, leur pas trop pressé qui résonnait dans l'escalier en disait long. Ils montaient au premier étage et ne redescendaient qu'après un long moment, la coiffure étrangement changée, les joues un peu rouges, la sueur perlant encore au coin des tempes. Quelques uns reparaissaient la mine défaite ou l'air mécontent. Les rares personnes qui lançaient des regards insistants sur le nouveau compagnon de jeu de Nate étaient les invités désœuvrés qui passaient vers le buffet. Le fils Lazarey vit que l'un d'entre eux brûlait de parler à son interlocuteur, on le remarquait à sa gestuelle maladroite et gênée. L'inconnu était reparti bredouille, il n'avait pas osé interrompre la conversation.

« Je ne suis pas votre mignon, me voilà donc forcé de me priver d'un signe de distinction. Quel dommage..! J'ignorais que ces peureux avaient la morale légère, les convenances sont beaucoup plus strictes dans ma province. Du moins... Elles l'étaient encore lorsque je suis parti. Cela a peut-être changé, l'Empire évolue à toute vitesse, les découvertes scientifiques et les nouvelles mœurs dessinent chaque jour les nouveaux contours de la Capitale. Ishtar est métamorphe. »

Le blondinet s'arrêta quelques secondes, portant son verre de vin à ses lèvres, observant son interlocuteur par dessus sa coupe. Non, il ne devinait toujours pas l'identité de l'homme planté juste en face de lui.

« Les visages agréables sont monnaie courante ici. C'est à croire que toutes les beautés se réfugient près du Palais de l'Empereur... Mais point de réponse valable tant que je nagerais dans l'ignorance. Vous parlez d'accessoire, il y en a tant. Du plus noble et gracieux au plus infâme. Voulez vous ma liste ? Nous pourrions jouer longtemps. Mais avant le plaisir, laissez moi honorer mon devoir, revenons-en à votre dernière question... »

D'abord amusée et légère, l'intonation de Nathaniel prit soudain des inflexions plus sérieuses. Il sourit cependant, songeant à la réaction de son maître face à un noble qui ignorait son Art et son nom.

« Quelle hérésie de ne point connaître le Chevalier et Artiste Aristide Torchia » déclara doucement le novice, lâchant une dernière boutade. « Je suis trop inexpérimenté dans ce domaine pour devenir un grand artiste. Ce n'est pas mon but, je ne suis pas là pour ça. Aristide, cependant... » Torchia était vraiment trop imbu de lui-même, mais doué. Il ne lui manquait que cette petite étincelle de génie, un peu de folie pour révolutionner son art. Un Nathaniel, beaucoup d'or, et le tour était joué. Indéniablement, Aristide Torchia était...

Une large vasque en céramique qui faisait office de rince doigt explosa. La demoiselle qui y trempait ses doigts tomba en arrière dans un gémissement aigu. La modeste salle de bal fut envahie par la panique. On pensait à une attaque terroriste, le souvenir du Sénat encore tapi dans les mémoires. C'était stupide, il n'y avait ni Empereur ni Haut-Prêtre à cette fête.

Les terroristes n'y étaient pour rien.

La véritable cause de l'explosion de la grande vasque en céramique ? La magie de la terre de Nathaniel Lazarey guidée par ses pensées tordues concernant un certain sculpteur.

Personne ne pouvait savoir. D'autant plus qu'on n'entrait pas si facilement dans la tête du philosophe. Néanmoins, son calme impérial teinté d'une légère gêne pouvait mettre la puce à l'oreille de son interlocuteur.
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MessageSujet: Re: Auditions : Et il refusera obstinément de se placer sur la croix tracée à la craie ~ PV Cecil ♥   Sam 9 Juin - 14:59

Cecil se taisait à présent, mais souriait invariablement. Il lui semblait découvrir chez son inconnu l’indice d’une amusante causticité, qu’il s’imaginait déjà porter à son point culminant par des sourires et des paroles trop clémentes en faveur de la radieuse déchéance aristocratique. Le plaisir immense et raffiné que lui procurait la diatribe d’un cynique justifiait largement la complaisance qu’il affectait à l’endroit de ses pairs. Toutefois il rêvait et n’en pouvait espérer tant de ce jeune homme-là, n’est-ce pas ? Son visage mutin couvait peut-être un certain désabusement, mais sûrement pas la rage sourde et froide qui rendait la plupart des âmes révoltées si faciles à cueillir. La curiosité qu’il manifestait paraissait l’en préserver et suffisait du reste à divertir le Marquis, dont l’air gai et attentif empêchait de dire s’il avait sciemment ignoré la présence de ses pareils ou s’il ne s’en était sincèrement pas rendu compte.

Il se taisait toujours, amusé, comprenait que son jeu identitaire ne menait à rien, résigné, admettait que le supposé prestige de ses fêtes n’eût pas motivé l’évocation de son nom, point vexé. L’ironie de la situation cependant le fit rire comme l’on persistait à lui chercher un visage tout en exigeant de lui, par plaisanterie, qu’il connût un tiers de réputation. Avant d’interroger sa mémoire, Cecil voulut approuver l’enthousiasme de son jeune inconnu et lui dire avec sincérité qu’il était dans l’ordre des choses, à la Capitale, qu’un artiste talentueux parvînt au faîte de la gloire ; néanmoins, le fracas d’une vasque qui volait en éclats le secoua d’un léger sursaut et lui commanda le silence. Son cœur eut un fort battement qui fit courir sur sa nuque le frisson du danger. Il demeura pourtant étranger à la confusion générale. L’appréhension l’empêchait maintenant de sourire mais ne brisait pas l’aménité naturelle de ses traits, et à vrai dire, la tranquillité apparente qu’il conservait n’avait rien d’étonnant eu égard à sa qualité d’organisateur éprouvé ; pendant que la plupart des convives fuyaient aveuglément de présumés terroristes, il examinait l’ensemble de la salle pour en écarter aussitôt l’hypothèse : l’attaque, parce qu’elle avait été mal placée, parce qu'elle semblait sans ampleur et sans suite ne pouvait en être une – ou bien l’on avait affaire à de véritables bras cassés.

Ce doit être une autre farce, murmura le Marquis en arquant un sourcil, mais celle-ci est de très mauvais goût.

De fait, il venait d’assister à ce qu’il appelait un « écart de conduite déplaisant » : tant de malaise le contrariait un peu, aussi fit-il il signe à leur hôte désemparé qui, tout juste apparu dans la salle, s’employait avec peine au même exercice d’analyse que lui. Avant de le rejoindre cependant, Cecil, naïf et obligeant, commença de rassurer son inconnu sans lui avoir jusqu’alors jeté un regard :

Ne vous inquiétez p… Et s’interrompit en remarquant son attitude singulière. Il le dévisagea, se rappela qu’il avait suspendu son discours peu avant l’accident, mais lui sourit, l’air de ne faire aucune supposition. Eh bien, Monsieur, j’admire réellement votre flegme, reprit-il. Cela dit, je suppose que vous n’avez pas l’intention de rester davantage, or... Or je répugne à vous quitter si tôt. Puis-je vous offrir de vous raccompagner ? Là où vous voudrez, je serai dehors dans un instant.

Cecil eut un dernier sourire et s’éloigna pour lui laisser le loisir de la réflexion. Tout autour, l’on comprenait qu’il n’y avait plus aucun danger, l’on se calmait et l’on réalisait combien la fête était gâchée par le malaise et la honte d’avoir ainsi été pris de panique. La jeune femme victime de l’explosion se reposait à présent dans l’une des chambres, superficiellement blessée.

Enfin le Marquis rejoignit son hôte et s’entretint respectueusement avec lui, au sujet de la soirée principalement, soucieux de répandre un baume consolateur sur le déplaisir qu’il endurait, en assumant en partie la responsabilité. Il ne se retira qu’après avoir accompli son devoir et présenté ses hommages à Madame son épouse. Bientôt, l’on en rirait. Et il n’avait pas récupéré son masque.

Dehors, plusieurs nobles se pressaient aux portes de la résidence, tandis que les domestiques hélaient les cochers. Veste simplement jetée sur les épaules, Cecil reconnut son fiacre aux armes des Hartwick qu’il portait sur le flanc et aperçut, qui se tenait tout près, celui de sa cousine. Victoire se trouvait à l’intérieur et l’attendait sans doute. Il se dépêcha tout en cherchant du regard son jeune inconnu, qu’il fut heureux de retrouver un peu plus loin. Il ne s’en cacha pas et l’invita cordialement à monter dans la voiture. L’intérieur était luxueux, tendu de soie bleue et orné de passementeries.

Alors, s’enquit-il avec espièglerie, à quel chaperon dois-je vous ramener ? Toutefois une voix claire leur parvint, et qui l’appelait : « Cecil ! Sait-on ce qui est arrivé ? » Victoire, dans son fiacre, se trouvait désormais à leur hauteur. Les chevaux hennissaient et frappaient du pied. Le Marquis répondit à travers la portière. Non, nous ne le savons pas ! Puis à l’attention de son jeune inconnu, et apparemment sans malice. A moins que vous n’ayez pu collecter quelques informations à ce sujet ?
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MessageSujet: Re: Auditions : Et il refusera obstinément de se placer sur la croix tracée à la craie ~ PV Cecil ♥   

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Auditions : Et il refusera obstinément de se placer sur la croix tracée à la craie ~ PV Cecil ♥

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