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 Mésaventures ennuyeuses. [Pv : Anya et Camélia]

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MessageSujet: Mésaventures ennuyeuses. [Pv : Anya et Camélia]   Mer 9 Mai - 20:13

« Houle... Houle... Houle... Houle...
Dans l'oreille, dans l'oreille, dans l'oreille, dans l'oreille,
Tu lui roucoules, tu lui roucoules, tu lui roucoules, tu lui roucoules,
Des mots que je hais, des mots que je hais, des mots que je hais, des mots que je hais. »

La main tremblante de Numa peinait à tracer une ligne correcte sur le bout de parchemin, alors que ses yeux ocre étaient rouges de fatigue, il continuait de dessiner ses plans. Prés de la bougie qui participait à l'éclairage de son atelier, on pouvait trouver la présence d'une petite figurine. C'était une demoiselle dont il manquait encore un bras, mais dont plusieurs fils dépassaient d'un peu partout, son corps en construction penchait vers un certain esthétisme, tandis que dans son dos de multiples boutons ne demandaient qu'à être touchés.

Au bout d'un moment, son crayon s'échappa de ses doigts minces, et il eu un mouvement de surprise. Sa main continuait de trembler, comme le reste de son corps, et suspendu dans les airs, il fallut quelques secondes pour qu'elle se mette à reprendre le crayon. La mine se brisa aussitôt sur le parchemin, frustré, Numa se releva. Il resta un instant debout, crispé, tendu, nerveux et en colère contre son propre handicap. Il ne s'énerva pas, la lèvre pincée, il se contenta de donner son regard d'enfant enragé à l'automate qu'il s'évertuait à créer, encore et encore. Peu de choses fonctionnaient au final, malgré ses efforts, malgré ses connaissances, malgré le savoir de son mentor, et il voulait Le Créer. Lui, cet être Parfait qui pourrait égaler Nami, et la protéger quand il ne sera plus là. Numa glissa ses doigts dans sa chevelure, s'il n'y avait pas eu les gants, il aurait griffé son crâne de haine. Il se haïssait ! Lui ! Le Bègue tremblant, incapable de tracer une simple ligne droite, incapable de tenir un couvert sans tressaillir ! Pourquoi était-il lui-même ?


« Nami, je suis raté, raté, raté, raté !
Raté... raté ! Raté... raté ! Raté... raté ! Raté... raté ! »


Numa poussa un soupir, et tenta de se calmer. Il chancela pour quitter la pièce, posant ses mains fragiles sur les murs ; quand il avait des accès de colère, ses jambes peinaient toujours à le maintenir debout, et il se sentait fatiguer. Il n'y avait encore personne, sa soeur dormait encore d'ailleurs, et pourtant... et pourtant, il trouva quelqu'un à l'intérieur. Il ne l'avait pas entendu arrivé, ce qui le surprit assez. Il recula d'un pas, la surprise dans le regard. Ses yeux restèrent fixés sur les boutons de la manche gauche de l'homme, puis se levèrent sur son visage impassible, et tombèrent enfin sur la lettre qu'il lui tendait. Numa se tenait prés d'une chaise, incapable de bouger, il se sentait traqué.

L'homme bougea, ce qui alerta l'adolescent, et ce fut au dernier moment qu'il s'empêcha de s'enfuir. Le Garde lui tendit la lettre, Numa avala sa salive, et ce fut fébrile qu'il l'ouvrît pour la lire. Sa bouche s'ouvrit, sa lèvre tremblait, écarquillés, son regard fut envahi d'une lueur intense de terreur. Il ne comprenait pas. Il lisait les mots, saisissait leur sens, mais il ne comprenait pas. On narrait dans la lettre qu'à cause de son mentor, il était accusé d'avoir proféré des propos hérétiques à l'encontre de l'Empereur, chose imbécile, car le jeune homme ne possédait pas de réelles opinions. Il avala sa salive, et observant le Garde qui lui intima de se rendre, il tenta de dire :


— Je... J-j-j-j-je... com... que... co-co-com... p-r-r-end... pe-pe-pas...

Sa voix tremblait, son horrible voix aigre tremblait, et son bégaiement le rendait simple. Le garde marcha en sa direction, devant les explications inexistantes du bègue, il lui prit le bras avec une rare brutalité. Numa eu le réflexe débile de se replier lui-même, il ne poussa pas de cris, de même qu'il ne se dédenfit pas. Il se laissa emmener, la marche raide, le coeur tambourinant contre sa poitrine, et la nervosité grandissante. Dans la rue, les gens se retournèrent, alors que l'homme le forçait à avancer, essayant de garder la tête froide devant ce môme qui avait l'air de la craindre, comme il aurait craint un Inquisiteur.

Numa se murait dans son silence, conscient que parler ne lui servirait à rien. Et le malaise prit un niveau de plus, lorsqu'il posa un pied dans la caserne, il trouva les Gardes, et leurs uniformes, les Gardes qui l'examinèrent comme s'il était un animal traqué depuis des années, et qu'on venait enfin de capturer. L'homme qui le traîna dans une salle au calme peinait à garder son sang-froid face au garçon ; il était partagé entre l'agacement, et la compassion. Il lui ordonna de s'asseoir, et sur la chaise, Numa croisa les bras en baissant la tête. L'homme lui intima l'ordre d'attendre, visiblement, « plusieurs ingénieurs commettaient des fautes graves », et il ne serait pas le seul à être dans la merde.


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MessageSujet: Re: Mésaventures ennuyeuses. [Pv : Anya et Camélia]   Ven 11 Mai - 19:28

Anya s'étira autant que son uniforme lui permit. En effet, les épaulettes rendaient le mouvement plus difficile et si elle ne les appréciait pas trop, elle se devait de porter la tenue réglementaire pour montrer qu'elle était une soldat de la Garde Impériale car sa matinée n'allait pas être facile aujourd'hui. Deux scientifiques avaient été accusés de blasphème envers l'Empereur et l'interrogatoire lui avait été attribué. La jeune femme considérait cela comme un honneur et un signe de confiance car ils pourraient devenir des êtres dangereux pour l'Empereur si leurs propos collaient avec leurs pensées et qu'elle ne s'en rendait pas compte. Cependant, il n'était pas aisé de leur faire dire la vérité non plus, les Hommes avaient une capacité à mentir relativement impressionnante en fonction de la personne et certains ne répondaient même pas aux questions. Sa petite taille lui offrait toujours quelques railleries mais il lui suffisait de dégainer son arme pour qu'ils se calment un peu. Fort heureusement, elle possédait du sang-froid et ne s'énerverait pas à la première opposition. Certes, ce genre de propos la révoltait mais elle obéirait aux ordres et se contenterait d'un interrogatoire qui pourraient devenir quelque peu musclé. Sans perdre le contrôle d'elle-même, elle savait tout de même se montrer menacante.

Tout en nouant ses cheveux à la couleur de feu, elle marchait avec détermination vers la salle désignée pour ce genre d'évènements. Elle sentait que ça allait être subtile comme toujours. Elle devait avoir l'air dure mais pas fermée. Il ne fallait surtout pas montrer une visage qui faisait comprendre aux interrogés que quoiqu'ils disent, rien ne serait cru. Au contraire, sans pour autant sourire et rire à tout va, elle devait simplement avoir l'air professionnelle. Cela n'était pas un exercice trop difficile pour elle qui portait souvent cette expression étant donné qu'elle était naturellement ainsi. Ce fut d'ailleurs avec ce visage qu'elle poussa la porte et pénétra dans la pièce qui, contre toutes attentes, se trouvaient plutôt lumineuse. Il ne s'agissait certes pas d'une des pièces du palais qui seraient peintes en blancs avec des grandes fenêtres mais il y avait tout de même une fenêtre qui permettait au soleil, maintenant bien levé, d'éclairer la salle de ses rayons. En même temps qu'elle, un autre soldat faisait entrer le deuxième scientifique - ou plutôt la deuxième. Le regard de la jeune Litovski se promena sur les deux accusés. L'un d'eux, l'homme, semblait véritablement terrifié par les évènements et Anya sentait que ce n'était pas gagné d'avance et l'autre donnait l'impression d'être parfaitement à l'aise à coté de ce garçon. Aurait-il vraiment osé proférer des propos contre l'Empereur ? Son visage montrait une incompréhension des plus totales mais la petite rousse décida de ne pas se laisser attendrir. Il se pouvait qu'il s'agisse là d'une simple technique pour masquer la vérité. Cela relevait peut-être de la paranoïa mais il lui en fallait dans ce genre de situation pour être capable de poser le plus de questions possibles.

Glissant une mèche échappée de son élastique derrière son oreille, elle s'avança vers eux. Son visage n'affichait que sévérité et sérieux. Il ne faisait aucun doute qu'elle n'était pas ici pour s'amuser ni pour perdre son temps. Elle souhaitait que cet interrogatoire se passe pour le mieux et donc, le plus rapidement possible. Ouvrant une sorte de dossier qu'elle tenait en main depuis le début, elle regarda l'accusation concernant le jeune homme. Il se prénommait Numa mais ne possédait apparemment pas de nom de famille. Etrange... A coté de lui, il s'agissait de Camélia Zaïna. Ce bref coup d'oeil lui suffit pour prendre la parole.

"Vous certifiez être Numa et Camélia Zaïna ?"

Autant commencer par le début et être sure d'avoir en face les bonnes personnes. Ceci était une sorte de mise en bouche avant les véritables interrogations. Un simple hochement de têtes de leurs parts lui suffiraient pour continuer, bien que s'ils répondaient de vives voix, cela serait un bon début. Reprenant la parole, elle continua avec le même ton professionnel.

"Vous êtes accusés d'avoir tenu des propos incorrectes par rapport à l'Empereur d'Ishtar, Ezhekiel Ier."

Ses mots sonnaient comme des annonces qu'elle leur faisait, les mettant à la couleur de la situation. Il était plus que probable qu'ils n'aient pas été informés de la raison de leur venue ici, pas avec ces détails-ci en tout cas. Ainsi, Anya pouvait observer leurs réactions face à l'accusation. Seraient-ils indifférents ? Cela pouvait être un signe qui montrait qu'elle disait vrai mais d'un autre coté, ils pouvaient tout aussi bien réagir fortement pour accentuer leur surprise, ce qui mettrait la puce à l'oreille de la jeune femme. Trop d'agitation prouvait que quelque chose devait être cacher et pas assez d'agitation de même. Après, ils pouvaient être très bons en mensonge ou bien avoir naturellement de fortes réactions. C'était en cela que les interrogatoires étaient difficiles : elle ne savait jamais s'ils disaient la vérité.

Posant ce qu'elle tenait en main sur la table qui trônait dans la pièce comme un des seuls meubles, elle s'approcha des deux.

"Avouez-vous avoir blasphémé ?"

Cette approche directe lui permettait d'éviter de tourner autour du pot pendant des siècles pour obtenir le même résultat. Rares étaient ceux qui avouaient avoir insulté l'Empereur, à part ceux qui se montraient ouvertement contre et encore. Un cliquetis vint briser le court silence qui s'était installé dû à son épée qui se tenait contre sa cuisse. En effet, elle n'était pas venue désarmée. Il s'agissait d'un autre moyen de pression, cela allait de soi... En plus d'éviter de laisser un soldat "sans défense" face à des criminels.
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MessageSujet: Re: Mésaventures ennuyeuses. [Pv : Anya et Camélia]   Mer 6 Juin - 21:16

On racontait souvent que les pauvres ingénieurs étaient très maltraités par l'Eglise parce que la science est une chose impie pour ces vieux. Ceux-là, ils restent encore à l'époque des ancêtres où le feu était trop le bonheur du siècle, or maintenant, il fallait changer ! C'était insuffisant ce stupide feu pour cuir une viande, il fallait du nouveau et plus de facilité et plus de rapidité !

Les saisons changent, les années s'enchainent et on n'a pas bougé d'un poil. Même les escargots vont plus vite que nous sérieusement. Je vous jure.

Encore, si c'était juste l'Eglise le problème, il y avait aussi les fidèles et les arriérés du peuple. Ceux-là, ils vous caftent dès que vous sortez un truc bizarre de la poche. Alors là, deux choix possibles : soit l'Eglise et à ce moment on peut aller chez le croquemort pour prendre nos mesures pour les cercueils, soit c'était la garde qui se chargeait de nous et ca passait on disait.

Personnellement je n'avais pas testé les deux options et, faut avouer, je tente pas mal de me calmer pour ne pas m'attirer les foudres d'un garde ou d'un prêtre. Déjà que le Genesio m'avait eu sur le collimateur dès le premier jour, qu'on évite de s'attirer inutilement des ennuis. De plus, si je veux trouver un membre de la résistance, vaut mieux que je reste un minimum dans l'anonymat !

Malheureusement, malgré touts mes petits efforts pour être exemplaire ou tout simplement ne pas subir les foudres de quiconque, un garde réussit à se planter devant moi et à me débiter une tonne de stupidité. Ainsi donc j'aurais dit des choses pas gentilles sur l'Empereur ... ah ? Quand avait-je parlé de l'Empereur dernièrement ? Bah tout court jamais vu qu'il n'y a personne avec qui parler politique et révolution autour de moi. Je suis seule et isolée actuellement.

C'était donc une fausse accusation ! Je le disais à haute voix et refusais de suivre cet homme baraqué. Bien évidemment, je n'était pas une princesse, juste une pauvre roturière. Par conséquent, on m'empoigna et on me traina de force à la caserne centrale.

J'étais rouge de colère et je gigotais du mieux que je pus pour tenter de m'échapper de ces grosses mains, hurlant que j'étais innocente et qu'il faisait la une très, très grave erreur. Il n'écoutait pas et il allait jusqu'à me brutaliser pour me faire taire et ca à marché ... J'ai trop mal et je préfère m'apitoyer sur mon poignet écrasé volontairement par la force de ce type !

Enfin on arrive et je me retrouve dans une pièce vide. Je profite de cet instant de solitude pour me calmer et retrouver mon petit sourire charmant. Je parie que je m'expliquerais mieux au type qui viendrait m'interroger. Celui qui m'a amené ici n'est qu'une grosse brute de toute façon !

Ah tiens ... un autre garçon s'amène par là. SI moi je bouillonnais d'énergie, lui était totalement apeuré. C'était clair comme de l'eau de roche qu'il serait incapable de faire du mal à une mouche !

Bon nouvelle personne : une rousse avec l'uniforme de la garde.

Par contre elle commençait de manière super agressive. Devrais-je être intimidée ? Pas du tout. J'en avais vu des plus effrayants et de vrais durs à cuir moi ! C'était juste une femme avec un beau vêtement en face de moi là !

J'avoue ... j'ai déjà blasphémer, mais je blasphémais l'Empire dans sa totalité, pas juste un gamin quittant à peine sa puberté - il était adolescent hein l'Empereur ? -.

- Bah nan. Ma vie ne tourne autour que mon expérience. Je compte améliorer la vie de l'Empire avec, je compte apporter mon soutien. Si c'est pas gentil ca ! Ca prouve que je blasphème pas Mamzell ! Ah je veux dire Mademoiselle.


Ah oui, au Palais, on est sacrément accro au protocole. Il faut que je parle super bien et que j'abandonne définitivement mon petit dialecte de sale gosse des rues de Fintasy. C'est si compliqué!

- Et se sont de fausses accusations ! Je suis honnête citoyenne voyez vous !

Évitons de parler de mes différents trafiques en dehors de la capitale par le passé hein. D'ailleurs, je n'ai jamais été aussi sage de ma vie sérieusement et ironiquement, je m'attire les pires scénarios possibles dont se retrouver nez à nez avec la garde !
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MessageSujet: Re: Mésaventures ennuyeuses. [Pv : Anya et Camélia]   Lun 9 Juil - 12:11

« L'Empereur ? L'Empereur ? L'Empereur ? L'Empereur ?
C'est qui ? C'est qui ? C'est qui ? C'est qui ?
Le marionnettiste ? Le marionnettiste ? Le marionnettiste ? Le marionnettiste ?
D'Ishtar ? Nami est la Véritable Impératrice. »

Les yeux du Bègue bougèrent rapidement, devant les questions que la jeune femme rousse venait de poser, il tourna alors la tête vers l'autre. L'autre scientifique qui ne l'attendit pas pour répondre, et se défendre. Numa posa brusquement ses mains sur la table, il se baissa en avant, et commença à respirer fort. Son coeur battait fort dans sa poitrine, son estomac était noué, et il tentait de vaincre sa peur des autres. Il ne comprenait pas ce qu'il faisait ici, il ne voulait pas comprendre, il désirait simplement retrouver les bras de sa Nami, et pouvoir coller ses lèvres dans sa nuque, comme il rêvait parfois de le faire. Il caressa avec son index son sourcil gauche, son corps entier était soumis à son stress grandissant, il avait la sensation désagréable de suffoquer. Il effleura sa gorge serrée dans la cravate qu'il avait faite en hâte, il tira légèrement dessus, et il avala la salive. Il devait répondre, n'est-ce pas ? Camélia l'avait fait, elle s'était défendue de sa voix d'oiseau, et avec énergie. Lui, il n'osait pas prendre la parole, et exhiber son handicap. Il mouilla ses lèvres, il poussa un soupir, et posa ses mains bien à plat pour tenter de calmer ses tressaillements. Mais ils ne faisaient que s'intensifier, de plus en plus fort. Il fronça les sourcils, ce qui fit de son visage un masque hideux en train de grimacer, comme ceux à l'effigie de démons des contrées orientales.

Numa secoua la tête pour murmurer un faible « non », mais sa voix ne fut pas élevée dans les airs. Il caressa sa nuque, puis il jeta un regard désespéré à la scientifique. Nami n'était pas là pour parler à sa place, Numa en était horrifié. Un Bègue essayait de faire son propre plaidoyer, ça devait être monstrueusement ridicule. Puis, peu à peu, les doigts de Numa se mirent à tapoter sur la table. D'abord tout doucement, ce qui donnait un rythme lent, puis ils se hâtèrent, et se transformèrent en un tambourinant sonore, stressant et agaçant. Bientôt, son pied suivit le rythme près de la chaise, se liant avec les tremblements du jeune homme, tout ceci témoignait de l'angoisse grandissante de Numa. S'il avait pu, ce dernier se serait roulé en boule dans son coin pour plaquer ses mains contre ses oreilles, et hurler. Toutefois, son mentor lui avait maintes fois expliqués que ce n'était pas un comportement à avoir en public, et qu'il avait passé l'âge de se comporter comme un enfant. Lui, le génie infirme des automates.

Le Bègue mouilla ses lèvres, puis il fouilla dans la poche de son pantalon pour trouver un crayon ; il se leva alors, les jambes peinant à soutenir son maigre poids. Il avait eu une idée pour répondre à la demoiselle sans avoir à parler, et il posa son oeil sur la mine de son crayon. L'idée de planter ce crayon dans l'oeil de la Garde Impériale lui traversa l'esprit, mais cacher un cadavre au sein même de la caserne serait une opération difficile, surtout avec un témoin. Numa planta donc la mine du crayon dans le bois, il appuya fort, et commença à écrire sur la table :

« Je n'ai jamais rien dit contre l'Empereur. Je n'ai jamais rien dit contre l'Empereur. Je n'ai jamais rien dit contre l'Empereur. Je n'ai jamais rien dit contre l'Empereur. »


Son écriture était petite, en patte de mouche, et les lettres étaient écrasées les unes contre les autres. Pénible à lire, elle traduisait l'angoisse constante qui attaquait les membres de Numa, et son cerveau malade. Il montra la table souillée à La Garde, puis il reprit :

« Ne me faites pas de mal. Ne me faites pas de mal. Ne me faites pas de mal. Ne me faites pas de mal. »

Numa poussa un soupir, il barra les quatre phrases répétées, et il écrivit à la place :

« Le véritable monstre, c'est lui. Le véritable monstre, c'est lui. Le véritable monstre, c'est lui. Le véritable monstre, c'est lui. »


Un oeil maladroit aurait sans doute pensé que Numa accusait l'Empereur de ne pas être un bon dirigeant, et surtout une chose à albâtre. Toutefois, ce n'était pas lui, c'était Houle.

« Il veut le Monde. Il veut le Monde. Il veut le Monde. Il veut le Monde.
Mais moi, je veux le tuer. »

La main de Numa reposa le crayon, mais elle y resta tout de même agglutinée ; une sorte d'intuition poussa le jeune homme à le garder comme une arme : juste au cas où. Il était légèrement baissé en avant, il regarda Anya par en dessous, espérant qu'elle comprenne qu'il n'y était pour rien, et que la cible à tuer, c'était Houle. La peluche qui lui volait sa soeur.


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Mésaventures ennuyeuses. [Pv : Anya et Camélia]

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