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 Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]

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MessageSujet: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Ven 16 Mar - 22:26

Uriel se remit assez rapidement de sa rencontre avec Karl Ulsperger. Après tout, d'un point de vue physique, ce ne fut qu'un viol, par une nuit, où il avait goûté à une drogue trop puissante pour son corps fragile. Il n'a même pas été particulièrement battu. Un bleu par-ci, par-là et voilà, l'incident était clos. Jusqu'à ce que quelqu'un mettrait la main sur le Docteur pour lui faire faire sa fête. Emile Paole serait parfait... Mais en plus d'être occupé, il risquerait de faire apprécier au scientifique son sort. En plus d'être sadique, Karl était passablement maso. Et ça, ça rendait les choses plus délicates. Ainsi, le marquis D'Arken devait se contenter de ternir sa réputation et continuer de cracher son venin de religieux sur la science dans son grand ensemble.

D'ailleurs, il allait en avoir l'occasion dans l'heure : il était temps de se présenter, en toute intimité, devant l'Empereur en compagnie des deux autres personnes les plus puissantes de la Capitale et de l'Empire tout entier. Caste à part, située entre les Walhgren et les Gouverneurs, les conseillers du souverain, ses ministres et exécutants détenaient un pouvoir immense, supérieur à celui du Sénat, dans les faits au moins. L'immense salle du trône disposait également d'une table, qui apparaissait là selon les besoins, ainsi que des sièges, dignes des fesses qui se posaient dessus. Bien entendu, Ann Talfingen était à l'origine de l'organisation. Depuis la fin de la Régence, elle remplissait admirablement bien son rôle d'Intendante impériale. Le Haut Prêtre et elle-même étaient les égaux d'un homme bien plus calme encore et plus éloigné de la politique. Le Duc-Commandant Genesio Demichellis, supérieur de la Garde Impériale et Magistrat suprême. Tous les trois ne s'inclinaient que devant l'Empereur en personne et le secondaient dans la gestion de son Etat et de sa Cité.

Malgré sa santé encore fragilisée par ses épreuves nocturnes et la magie du Sang (et la maladie de naissance), Uriel était venu tôt au Palais. Non seulement il préférait être là à l'arrivée du Duc, mais il aimait réveiller sa Majesté lui-même. L'époque, où il le faisait tous les jours, lui manquait parfois. Ezhekiel Ier n'était plus un enfant, mais... Quand même. Il resterait pour toujours le plus beau des petits garçons que la Terre n'ait jamais porté. Le voir dormir et émerger du monde des rêves était un spectacle rare et d'une beauté unique. Après l'avoir savouré, le blond put profiter de la sainte et revigorante présence du monarque. Jeune ou non, un Walhgren restait un Walhgren : la source de toute énergie et motivation en ce monde. Uriel s'en sentait mieux de minute en minute. Il accompagna d'ailleurs sa Majesté durant le déjeuner, s'intéressant à l'opinion que celle-ci se faisait notamment de la Princesse Nocturnae... La place aux côtés de l'Empereur devait un jour se remplir. Et elle devait l'être par une demoiselle digne de cet honneur...

Vint ensuite le moment de rejoindre la salle du Trône, coeur du Palais Impérial, pour y retrouver les deux autres Ministres. Plusieurs choses devraient sans doute être discutées. Des plus ordinaires, d'ordre financier, en passant par les plaintes incessantes du Duc concernant les droits trop larges de l'Inquisition, jusqu'aux décisions telles que l'avenir de la Province d'Überhal : la mort de la jeune duchesse Eleanor n'était pas anodine sur le plan politique. Il n'y aurait personne pour s'assurer de la succession du gouverneur actuel. Entre l'arrogant comte d'Agasthel et une dizaine de familles nobles qui étaient prêtes à tout pour prendre le relais... Il fallait en discuter avant d'interroger le Sénat sur la chose. D'autre part, certains sujets allaient peut-être encore émerger d'eux-mêmes, comme d'habitude.


"Demoiselle Talfingen... Monsieur le Duc... " - Sourire à la première, regard noir au second. - "Sous le ciel et sous le soleil, je vous salue."

Parole à ceux qui veulent ouvrir les discussions... Peut-être Ann, la seule à ne pas être bardée de titres ici (comme si la confiance totale de l'Empereur ne suffisait pas), particulièrement compétente et toujours préparée. A moins que le petit soldat de plomb n'ait quelque chose à dire de sa voix plaintive ?

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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Mer 21 Mar - 10:29

La perspective d'avoir un nouvel entretien avec l'Empereur m'enchantait au plus haut point. Ma dernière entrevue avec lui avait été expéditive, il m'avait donné sa sentence vis-à-vis de ma nouvelle protégée puis m'avait congédié. Je ne pouvais pas lui en vouloir, il avait fort à faire. Ezhekiel Walhgren était ambitieux et plein d'idées novatrices. Quoiqu'on en dise, ceux qui s'en tiennent à son côté "jeune privilégié capricieux" se trompent lourdement. Il n'a pas encore acquis toute la force de ses ancêtres mais en ce qui me concerne j'ai toute confiance en lui. Ses débuts sont plus que prometteurs, considérant le climat dans lequel il est forcé d'évoluer.

D'Arken.

Le miroir me renvoie mon reflet brusquement crispé. A qui la faute ? A mon grand désarroi l'ancien Régent sera présent au Conseil. C'est pourtant la règle et tout le monde sait que je m'incline bien bas face aux règles... Cependant je commence à perdre patience. Ma morale m'empêche d'avancer aussi vite que le Prêtre Fat, j'en suis conscient. Mais il doit rester quelqu'un de droit dans l'entourage de l'Empereur. Pour le bien de l'Empire et pour le bien d'Ezhekiel Walhgren lui même. Je ne me pardonnerais pas un seul petit écart de conduite, car telles sont les règles.

J'ai encore du temps pour me rendre à ma petite fauconnerie personnelle. Peut-être que la compagnie de ces êtres de plumes va m'apaiser. Je dois me préparer à avoir cette figure orgueilleuse en face de moi. Rien de plus désagréable...

Ann Talfingen sera là. Voilà enfin quelqu'un qui semble efficace et sans vice particulier. Néanmoins je ne peux en être tout à fait sûr. Occupé par mes propres affaires, tourmenté par la présence insidieuse d'un certain serpent au palais, je ne me suis jamais penché sur l'Intendante.

Une erreur que je dois rapidement réparer. Après tout, sa position stratégique pourrait en faire une potentielle alliée. Imaginer le Palais et ses intrigues comme un champ de bataille m'aide souvent à me sortir des situations les plus tordues. Tout n'est qu'échiquier, tout n'est que stratégie. Cela fonctionnerait à la perfection si tous les soldats respectaient les règles. Mon principal adversaire préfère passer au dessus ou en créer de nouvelles. Le combat est faussé. Se plaindre qu'il l'est revient à abandonner la bataille.

En compagnie de mes faucons je ne vois pas le temps passer. J'aurais aimé arriver avant l'ecclésiaste gangréné. Peine perdue. Autant pour moi et mes considérations morales, je n'aurais pas dû trop tergiverser.

Salutations de la Garde Impériale. Je suis pressé mais ce sont les convenances. Personne ne m'a jamais vu y déroger. Je contrôle plus que jamais mon pas, raide et droit. S'il est déjà présent dans la salle du Trône – ce dont je ne doute pas une seconde, trop heureux d'agiter ses doigts arachnéens près du jeune Walhgren – je ne dois rien laisser percer. Aucune faille. Il a déjà l'avantage de n'avoir aucune limite, inutile de lui faciliter les choses.

Si l'intendante aurait été un homme, D'Arken l'aurait-il également salué avant moi, Duc-Commandant de la Garde Impériale ? Il est bien capable d'ouvrir d'emblée les hostilités en se gaussant de ma personne dans de simples salutations délibérément impolies. Mais j'étais au dessus de ça. La présence de l'Empereur me revigorait toujours, un plaisir que je savourais sans me poser de questions. Ainsi tournait l'Empire et cela fonctionnait. Les questions déplacées étaient superflues.

Lente révérence respectueuse face à l'Empereur. « En espérant que nous remplirons toutes vos attentes. » Puis j'adressais un infime sourire poli à l'Intendante, ployant très légèrement le genou pour lui présenter mes respects. « Marquis D'Arken, bien le bonjour. Votre présence aujourd'hui fait taire tous les ragots pernicieux que j'ai pu entendre à votre sujet. J'en suis fort aise, nous sommes réunis comme il se doit. Par quel sujet commencer Votre Majesté ? »

Je me serais appesanti sur ma petite pique avec grand plaisir. Mais j'étais là pour l'Empereur. Alors je me détournais du petit blond pour accorder toute mon attention à notre jeune Walhgren. Même si je haïssais le Haut-Prêtre et que sa chute m'apporterait enfin le repos, le bien de l'Empereur et de l'Empire prévalait. Toujours. On n'échappe ni à son éducation, ni à ses valeurs.
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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Mer 21 Mar - 15:40

    La journée allait être longue, très longue… Et il lui faudrait sans doute se faire préparer quelques tisanes contre la migraine ce soir… C’était jour de conseil… Conseil des trois ministres de l’Empire nous sous-entendions. En gros, la réunion entre sa majesté impériale en personne, Uriel D’Arken, le haut-prêtre de l’Eglise de l’Ombre, Genesio Demichellis, le duc-commandant de la garde impériale, et elle, Ann Talfingen, l’intendante de sa majesté l’Empereur. Chacun avait son rôle et son importance. Uriel gérait le côté religieux et magique, Genesio, le côté militaire et elle, la partie administrative et financière. En gros, le fanatique, le bourrin et la gratte-papier, un joyeux trio donc…

    Elle n’eut pas le plaisir de s’occuper de l’Empereur ce matin-là. On lui apprit qu’Uriel était venu personnellement le réveiller. Si elle préférait saper en douce l’influence de ce dernier sur le jeune Empereur, elle ne pouvait nier le lien quasiment paternel qui existait entre eux. De toute façon, elle savait que derrière sa fausse innocence, le jeune empereur n’était pas si influençable que ça… elle était renseignée, elle savait qu’il avait des projets, on parlait de choses scientifiques mais elle n’en savait pas plus. De toute façon, elle ne comptait pas fourrer son nez là-dedans, elle avait sa confiance, il lui confiait l’administration et les finances de l’Empire. Et qui tenait les cordons d’une telle bourse tenait entre ses mains un pouvoir redoutable. Et puis en privé, ils avaient aussi leur petite relation privilégié. Elle était comme une grande sœur, parfois sœur tendre, parfois grande sœur chiante quand il s’agissait de le faire travailler.

    Ann profita donc du début de la journée pour organiser le conseil, faire préparer la salle du trône et préparer ses dossiers. Il y avait beaucoup de choses à voir. D’abord les basses considérations financières, puis le soucis majeur de la succession du gouverneur d’Überhal. Ensuite, le Duc-commandant gueulerait après le haut-prêtre et ainsi de suite. Et peut-être qu’on évoquerait une éventuelle prétendante pour la place située à côté de celle de l’Empereur.

    Tout le monde arriva presque en même temps, le jeune Walhgren avec le Haut-prêtre et le duc-commandant de son côté. A bien y regarder, le haut-prêtre n’avait pas l’air de tenir la grande forme mais elle ne doutait pas un instant que son esprit était toujours aussi vif. Le duc-commandant était là aussi, militaire comme à son habitude. Des deux hommes, c’était à celui-ci qu’elle pourrait plus facilement se fier, ses gardes la protégeaient après tout. Mais elle préférait qu’il continue de se tirer dans les pattes avec Uriel, pendant ce temps-là, il lui fichait la paix. De son côté, elle se faisait le plus neutre et impartiale possible. Déjà dans les salutations, on sentait la tension entre les deux hommes, la journée allait vraiment être longue.

    Sous le ciel et le soleil je vous salue messieurs.

    Neutre et impartial, elle n’en saluait aucun en premiers. Elle alla ensuite devant l’empereur et posa le genou à terre, en signe de respect pour sa personne.

    Sous le ciel et le soleil, je vous salue, votre majesté impériale.

    Suite à quoi, elle se releva et tendit le bras vers la table circulaire qui était dressée pour le conseil.

    Si vous voulez bien prendre place.

    Les places autour de la grande table circulaire étaient simple, ils étaient en vis-à-vis, formant un carré. L’empereur était sur son trône, Ann, face à lui, comme une sorte de médiateur. Uriel était à la place à droite de l’Empereur et Genesio à gauche, les deux hommes étaient face à face, joli reflet de leur situation personnel, ca n’allait pas être triste tout ça…
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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Mer 21 Mar - 22:54

Aujourd'hui était un jour important. Ezhekiel le savait, ou plutôt... Le pressentait-il, alors qu'il émergeait doucement de son sommeil. Il y avait un truc important à faire aujourd'hui, restait à savoir quoi. Cette impression fut d'ailleurs très vite confirmé lorsque, à son réveil, il remarqua la présence notable de son précepteur, le Marquis d'Arken. Cela faisait bien longtemps qu'il n'était plus venu ici, dans sa chambre. C'était... Appréciable, plus encore que dans ses souvenirs. Cependant, les réjouissances furent de courtes durées et Ezhekiel se contenta d'une accolade affectueuse et d'un baiser furtif qui le fit frémir malgré lui.

Il fut prêt rapidement, après avoir choisi une tenue sobre portant, comme à son habitude, la griffe du tailleur Ethan. Le déjeuner fut paisible et il discuta avec Uriel tout le long, lui faisant part de son avis à propos de la Princesse de Semini qu'il avait trouvé fort divertissante et bien plus intéressante qu'il ne l'aurait cru aux premiers abords. Pour le moment, cela ne signifiait pas encore grand chose. Ezhekiel n'avait pas encore l'intention de se marier et les occasions de faire une nouvelle rencontre étaient encore grandes. Mais bon, indéniablement, Azhran avait fait bonne impression.

Après ça, il ne tardèrent pas à se rendre à la salle du trône. Les autres venaient à peine d'arriver et ils s'installèrent rapidement, après les salutations habituelles auxquelles Ezhekiel ne se déroba pas.

«  Sous le ciel et le soleil, soyez les bienvenus. J'espère que vous avez bien dormi... J'ai cru comprendre que la liste des sujets risquait d'être longue... »

Entre l'animosité sans équivoque d'Uriel et du Duc, le cas d'Uberhäl et d'autres sujets, ils risquaient fort de ne pas s'ennuyer. Cela n'enchantait pas tellement le jeune souverain mais il devait bien se résigner à être sérieux... Parfois. Ses ministres étaient là pour compenser le reste du temps, bien heureusement.

Le Duc proposa de commencer tout de suite, ce qui n'était pas surprenant. Le devoir avant tout. Cela lui rappela d'ailleurs qu'il devait, d'une manière ou d'une autre, connaître son avis à propos de... Possible petites expériences sur les Gardes. Il garda l'information dans un coin de sa tête et repris la parole.

« He bien... Je vous avouerais que je ne suis pas sûr de savoir par où j'ai envie de commencer. Cependant, peut-être qu'un sujet vous tient à cœur, plus qu'un autre ? Nous avons déjà l'embarras du choix mais, je n'exclus pas le rajout d'autres préoccupations qui vous sembleraient importantes. Je pense bien que le plus urgent est celui du Duché de Uberhäl... Mais bon... Nous pouvons toujours garder le ''meilleur'' pour la fin. »

Ce discours s'adressait bien sûr à l'ensemble de ses ministres. Ezhekiel ne tenait pas à choisir, puisqu'aucun sujet à l'ordre du jour ne portait sur un sujet vraiment intéressant (comme équiper le Palais de golems de métal, chose qu'Ann repousserait sûrement, pour cause de coûts trop élevés). L'ironie était également de mise. Reparler de la Duchesse Van Lähre ne l'enchantait pas, bien qu'il lui eut pardonner depuis longtemps son vielle affront envers son bien aimé mentor.

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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Mer 21 Mar - 23:38

Avant de s'asseoir, Uriel laissa son regard déverser tout le mépris qu'il avait pour le commandant de la Garde. Quelle était son utilité à cette table ? Il n'était qu'un exécutant ! Un pion, fidèle certes, mais un pion quand même. Un soldat devant attendre que des gens plus aptes prennent des décisions pour ensuite les appliquer avec le professionnalisme qu'il fallait lui reconnaître. C'est ainsi que cela avait marché pendant la Régence, parce que Genesio n'allait pas désobéir aux Lois d'Ishtar et se dresser contre le Sénat, ce dernier s'étant prononcé en faveur du Haut Prêtre. Le sourire et la voix du petit blond furent mielleux au possible, lorsqu'il répondit au militaire.

"Si vous parlez de ceux qui annoncent mon retour à l'Ombre, sachez que je ne compte pas commettre l'impolitesse de passer devant vous..."

Ou comment dire à un homme de cette importance d'aller crever. Mais il l'avait cherché. Uriel avait un titre plus élevé que celui de marquis et le duc le savait, comme tout le monde. L'appeler "marquis" était presque un affront, une façon de souligner son infériorité... En tout cas, c'est ainsi qu'Uriel le percevait dans la bouche de cet homme-là. Ann n'avait pas besoin de titre pour avoir le respect ici. Ses actes et la volonté d'Ezhekiel suffisaient. Rien que la façon d'arranger les sièges était une preuve de sa finesse en termes de politique interne de la Cour. Enfin... Elle ne serait jamais arrivée là, si elle était dépourvue de jugement.

Revenons à la mission du Conseil : servir l'Empereur. Simple en théorie, tout ce qui était dans cet Empire devait Le servir. Mais dans les faits, la tâche des trois simples mortels réunis était plus ardue. Uriel baignait joyeusement dans l'aura de l'Empereur, ses forces lui revenaient et il se sentait capable de tout exploit magique en ce moment... Mais il fallait se concentrer et ne pas penser à broyer le coeur battant de Genesio Demichellis... Alors il prit la parole. Incapable de se battre 'comme un homme', Uriel savait parler. Et il le faisait très bien. C'était là son affaire, son arme et son don. Il s'adressait à l'assemblée entière, mais son regard était la plupart du temps fixé sur Ezhekiel. Comment ne pas contempler autant de beauté et de puissance, réunies au même endroit ?


"Je propose de résoudre ce problème épineux de suite pour pouvoir alléger l'ordre du jour au plus vite. Des sujets plus agréables viendront par la suite." - Il marqua une pause, avant de reprendre. - "Si je puis me permettre, Votre Majesté, la famille van Lähre traverse des moments difficiles et sa gloire passée... est passée. Le Duc-Gouverneur est un homme compétant. Je pense qu'il aura la sagesse nécessaire pour éduquer ses petits-enfants comme il se doit. Changer de famille gouvernante est toujours une affaire délicate qui suscite des jalousies sur des générations. Et les citoyens d'Überhal auront du mal à accepter une famille issue d'une autre Province..."

En bon ecclésiastique, Uriel voulait éviter le changement, ce dernier comportant, comme l'enseignent les Versets, une part de danger. Un danger bien réel. Celui qui allait des complots visant à évincer la famille nommée jusqu'à une guerre civile. En passant par diverses manifestation du mécontentement des nobles mis de côté. La vaste Province comportait au moins cinq familles ayant les titres et possessions nécessaires pour reprendre l'héritage des van Lähre. Prudent, le marquis D'Arken n'évoqua pas le comte d'Agasthel, même s'il était compris dans sa phrase. L'Empereur devait statuer quant à la condition des petits-enfants du Gouverneur et enfants du comte. Qui avait le droit aux derniers représentants de la famille ? Le grand-père qui avait un pied dans la tombe à cause du chagrin qui le dévorait, mais qui pouvait les éduquer et s'accrocher eux pour survivre ? Ou leur père, le jeune comte arrogant qui n'aurait rien contre le titre de Gouverneur ? Uriel s'opposerait à Siegfried qu'il n'appréciait guère.

Un point encore devait être soulevé.


"Il est impératif dans cette affaire d'avoir un avis bien forgé, avant de le présenter au Sénat, Votre Majesté..."

Consulter les ambassadeurs Provinciaux était une autre affaire délicate. Chacun voyait uniquement l'intérêt de son petit coin de l'Empire et ne se ralliait à un autre que s'il y avait quelque chose à gagner. Et celui d'Überhal manquait à l'appel pour le moment, la marquise Ludmila étant retournée auprès de son maître... On attendait son retour, ou celui d'un nouvel émissaire avec une certaine impatience. Allez, un autre regard noir à Genesio et on pouvait céder la parole à quelqu'un d'autre.

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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Jeu 22 Mar - 10:22

Une simple citoyenne avait plus de tact que les membres puissants de la noblesse ici présents. Ann Talfingen ne s'était pas rabaissée vers de basses considérations, j'avais grandement apprécié sa manière impartiale de nous saluer. En cet instant je m'étais senti bête. Nous étions tout en haut de la pyramide, nous n'avions normalement aucune leçon à recevoir d'une fille du peuple. Et pourtant... Ce n'est que pure théorie. La plupart des nobles n'ont de supérieur que le nom et la fortune. Pour le reste ils ne valent pas mieux qu'un roublard des bas-fonds. Je n'irais pas jusqu'à prôner le renversement du régime, loin de là. Néanmoins il ne serait pas inutile que certains remettent leurs objectifs en question. Ainsi que leurs méthodes. D'abord enthousiastes les magistrats, les prêtres ou les soldats finissent indéniablement par servir leurs propres intérêts en occultant tout le reste. Je ne voulais pas évoluer comme ça. Fort heureusement je n'avais qu'un seul vice. Mais de taille. Que je n'ai jamais dérogé à la morale et aux règles pour évincer le Haut-Prêtre tient du miracle.

Comme on pouvait s'y attendre, le Marquis m'avait répondu par un commentaire bien senti que je ne pris pas la peine de relever. Le Conseil avant tout. L'honneur également, la droiture. D'Arken était mon ennemi mais je n'étais pas le genre d'homme à le mettre dans l'embarras en dévoilant les petits ragots sordides le concernant, et ce en présence de notre Empereur et de l'Intendante. C'était pourtant une arme de premier choix, rien que pour le plaisir et la curiosité de l'entendre répliquer face à chaque accusation.

Soyons sérieux. Il était plus sage de garder ces atouts pour le moment propice.

Assis bien droit dans mon siège, je m'efforçais de croiser le moins possible le regard du Marquis. Il en faisait autant avec moi. Parfait. Nous pouvions nous occuper des grandes affaires dans les règles de l'art.

Le cas Überhal était épineux. La Duchesse m'avait déçue, elle avait indéniablement manqué de finesse. Inutile de s'appesantir sur son sort, elle avait rejoint l'Ombre, paix à elle... Je devais trouver une nouvelle prétendante pour donner du fil à retordre à la petite Nocturnae. Il fallait choisir avec prudence pour ne pas se retrouver avec une seconde Van Lähre sur les bras.

Mon avis rejoignait celui du Haut-Prêtre. Nos motivations n'étaient sans doute pas les mêmes mais il avait raison sur plusieurs points. Je cherchais l'approbation silencieuse de l'Empereur avant de prendre la parole: « Monsieur le Marquis n'a pas tort. Un changement trop brutal n'apporterait que troubles. Néanmoins je suis d'avis qu'il faut surveiller de près le Duc-Gouverneur. S'assurer que le décès de sa fille n'ait pas obscurci son jugement. Quand à la possible transition entre lui et ses petits enfants, nous avons besoin d'une personne de confiance qui sera acceptée sans trop de dommages par sa province... »

Le Duc-Gouverneur pouvait-il tenir jusqu'à la majorité de ses petits enfants ? J'en doutais. Si ces deux petits étaient notre espoir pour Überhal, il y avait toujours la probabilité d'une décennie ou deux sans Duc-Gouverneur solide. Le cas allait être long à traiter mais je ne doutais pas de l'efficacité du conseil. Nous étions tous trois très différents et la présence de l'Empereur nous galvanisait.
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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Jeu 22 Mar - 16:03

    Maintenant, c’était une certitude, elle allait finir la journée avec un bon mal de crâne. Ils allaient la rendre chèvre ces deux là… piques, insinuations douteuses, regards noirs, ils allaient tout lui faire. Elle se retenait vraiment de ne pas leur dire qu’ils avaient franchis la puberté et que leur concours de « qui avait la plus grosse » était franchement déplacé, surtout en présence du jeune empereur. Mais malgré tout, ils faisaient en sorte, ou avaient l’air de faire en sorte, que ça ne se voit pas trop, aussi, elle ne leur ferait pas cet affront, mais à ce rythme, ça n’allait pas tarder. Elle se contenta donc de les saluer de manière neutre, restant impartiale, avant de saluer l’Empereur avec toute la déférence qu’elle lui devait. En bonne intendante, elle convia ensuite les trois hommes à prendre place. L’Empereur prit place en premier, puis les deux autres ministres et enfin, elle.

    Le jeune empereur ne semblait pas enthousiaste, comme d’habitude, dès qu’on lui demandait de travailler, c’était limite s’il ne fallait pas sortir son jouet fétiche, un éventail en papier qu’elle appelait « le baffeur », un petit coup derrière la tête et il retournait au travail. Mais bon, ça, elle le gardait pour elle. Pour le moment, il faisait l’effort d’être un minimum sérieux, un minimum. Le haut-prêtre exposa l’idée de commencer par le cap Überhal.

    Je suis d’accord, c’est un sujet majeur qui nécessite rapidement une décision.

    Elle laissa donc les deux hommes exposer leurs idées et bizarrement, ils arrivaient à être un minimum d’accord ! Au moins l’Ombre était-elle assez bonne pour accorder un répit à sa migraine. Ann n’avait pas connu Eleanor personnellement, elle fut la principale candidate au poste d’impératrice pendant un temps avant de finalement déplaire à l’Empereur, tomber en disgrâce, épouser un type ambitieux et mourir en couche en mettant au monde des jumeaux, d’après la version officiel. Car on trouvait plein de rumeurs folles sur les circonstances de sa mort. Il était clair maintenant que les deux hommes allaient tenter de mettre une remplaçante de leur choix. La favorite du moment était une princesse de Semini, une dénommée Azrhran Nocturnae, soutenue par le haut-prêtre. Sans doute cherchait-il à garder de toutes les façons possibles une influence sur la cour, la régence lui avait donné trop de goût au pouvoir visiblement. Une fois que les deux hommes eurent exposés leur idée, Ann prit à son tour la parole.

    Cette affaire nécessite une certaine prudence et une vision à plusieurs niveaux. A court terme, je tiens à rappeler qu’aux dernières nouvelles, le Duc Van Lhare d’Überhal est toujours bien vivant et en état de gouverner même si la mort de sa fille à sérieusement entamer son moral. De ce point de vue, nous sommes tous d’accord sur le fait qu’il faut surveiller s’il s’en sort toujours. Cela a au moins le loisir de nous accorder un peu de répit pour que sa majesté impériale puisse prendre une décision.

    Voilà, il était bon de rappeler les faits immédiats avant de spéculer sur un éventuel avenir qui était bien incertain.

    Mais il est clair que sa succession va poser problème. Sa seule descendance se résume à ses deux petits-enfants, qui ont toujours un père officiel, le comte d’Agasthel. Un homme dont personne n’ignore qu’il a de l’ambition. Qui plus est, nous n’avons aucune garantie que ces deux enfants, toujours des nourrissons, atteignent l’âge adulte.

    Et oui, dans l’Empire, les morts infantiles n’étaient pas rares, même parmi la noblesse qui avait pourtant accès à plus de choses pour améliorer ses chances de survie. Les deux enfants étaient loin d’être adultes et parier totalement sur eux était un dangereux pari.

    Qui plus, il y a dispute concernant leur garde à l’heure actuelle, même si l’un d’entre eux atteint l’âge de succéder à son grand-père, rien ne garantie qu’il ne soit pas devenue une marionnette entre les mains de son père qui lui, je le rappelle, ne fait pas partie de la noblesse d’Überhal. En ce qui concerne mes recommandations majesté, je serais plutôt pour commencer à chercher un successeur éventuel à la famille Van Lhare. Il est bon de se rappeler une chose essentiel, le gouverneur d’une province est avant tout le représentant de sa majesté impériale en ses terres, Überhal ne manque pas de famille noble dont la fidélité serait bien plus assuré que celle d’un homme extérieur. Et en ce qui concerne les contestataires, il y a peu de chances qu’il y ait des fous prêts à contester ouvertement une décision si elle est prise fermement par l’Empereur en personne, ce serait même de la trahison.

    Ann avait exposé les fait et sa solution avec la froideur d’une comptable, ce qu’elle était, ne prenant pas partie et se faisant le plus objective possible.
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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Jeu 22 Mar - 16:53

Bien. Ce serait donc Uberhäl qui entamerait le début de cette longue journée. Question délicate dont, bien heureusement, il ne devrait pas trouver la réponse tout seul. Uriel et Genesio ne tardèrent pas à donner leur avis sur la question. La stabilité avant tout, voilà ce qu'ils préconisaient tout deux. Au moins, ils étaient d'accord, ce qui était notable car même Ezhekiel n'était pas assez aveugle et distrait que pour ne pas ressentir leur animosité commune. Quoiqu'il en soit, tant que cela ne lui nuisait pas, il ne s'en mêlait pas.

Le rapport de Ann fut beaucoup plus neutre et précis. Elle lui fit un compte rendu concis mais clair de la situation. Une décision rapide mais judicieuse se devait d'être prise. Pour une fois, Ezhekiel était entièrement concentré sur le sujet.

« Le mieux serait que le Duc vive encore assez que pour élever ses petits-enfants correctement, à l'abri du Comte d'Agasthel. Peut-être bien que le fait d'avoir à sa garde la descendance de sa fille lui rendrait un peu de joie de vivre. Cependant, ce serait laisser beaucoup de choses au main du hasard... Et reporter le problème, d'une certaine manière. »

Il fit une courte pause. Comme l'avait si bien dit Ann, il ne fallait pas exclure la possibilité que les enfants meurent avant d'avoir atteint le bon âge. De plus, il fallait impérativement les tenir à l'écart de leur père de sang.

« Quoiqu'il arrive, en tout cas, le Comte d'Agasthel n'aura jamais mon aval pour devenir Duc-Gouverneur d'Uberhäl. Je ne l'ai rencontré que très brièvement mais... Je n'aime pas cet homme. Je n'ai pas confiance en lui et je ne crois pas que la Province d'Uberhäl soit dans une position différente de la mienne à ce sujet. »

Siegfried avait, effectivement, fait très mauvaise impression auprès de lui, lors du Bal qu'il avait organisé. Ezhekiel en était venu à se demander pourquoi la Duchesse l'avait épousé. Ce n'était ni un bon parti, ni un homme d'exception, du moins, il ne lui avait pas semblé comme tel.

« Je pense que... Tant que le Duc-Gouverneur n'est pas mort et que ses petits-enfants vont biens, les choses iront biens. Cependant, il serait bon que, dans l'Ombre, nous commencions déjà à choisir une personne digne de confiance pour lui succéder. Il sera par contre nécessaire de défaire le Comte d'Agasthel des enfants Van Lähre. Ceux-ci reviennent à leur grand-père et ils ne doivent pas subir la déchéance de leur Père. »

Oui, il fallait qu'ils soient séparés au plus tôt. Il s'agissait d'une décision dangereuse, dans le sens où le Comte risquait de faire scandale mais, Ezhekiel ne doutait pas qu'une partie de la Noblesse serait d'accord avec lui. Siegfried n'avait, au final, gagné en notoriété que grâce à sa Femme. En la perdant, il perdait également une part de son influence.... De plus, il n'était certainement pas assez stupide que pour se rebeller contre une décision Impériale. Refuser, ce serait laisser l'occasion de se faire condamner à mort sans que personne n'ose y redire quoique ce soit.

« Qu'en pensez-vous ? »

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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Jeu 22 Mar - 17:53

La discussion avançait, plus vite qu'on aurait pu l'espérer. Le petit comité avait une seule idée en tête, après tout : le bien de l'Empire dans son ensemble et le service de l'Empereur. Le Sénat se lancerait sans doute dans un débat interminable, où on tenterait de satisfaire les intérêts de tout le monde, chose impossible, comme on peut s'en douter. Mais les ministres étaient assez éloignés de la chose et n'avaient aucun intérêt personnel à prendre le parti de quelqu'un. Ezhekiel exprima l'avis d'Uriel : Siegfried d'Agasthel n'allait pas devenir le gouverneur de quoi que ce soit. Et il n'avait pas à assurer l'éducation de ses enfants au sang bien plus noble que le sien.

"Je pense que nous sommes donc d'accord. Les émissaires du Duc sont à la Capitale, prêts à emmener les enfants avec eux. Le voyage sera long et périlleux, mais il semblerait que leur véhicule soit aménagé en conséquence et qu'ils soient bien préparés." - Il suffisait en somme qu'Ann rédige un document et que l'Empereur ait la bonté de le signer. Et la Loi se faisait. C'était beau. - "La remarque de votre Majesté me semble intéressante. Il est nécessaire de juger la plus haute noblesse d'Überhal et de choisir la famille la plus apte à succéder aux van Lähre. D'autre part, je juge qu'une surveillance du comte d'Agasthel s'impose également. La Duchesse Eleanor avait des contacts avec les révolutionnaires les plus dangereux, nous ne pouvons pas oublier son mari. Il pourrait représenter un danger..."

Il suffisait à Ezhekiel d'hocher la tête pour que l'Inquisition ne quitte pas Siegfried du regard. Cela dit, même s'il ne disait rien, quelqu'un allait surveiller ce jeune noble prétentieux. Uriel rageait au possible contre Marius de l'Ombrage dont il désirait embrasser les lèvres avant de l'envoyer à la potence. Le cadet de la famille d'inquisiteurs allait connaître une fin violente... Lui qui, sans aucun doute, avait été un proche d'Eleanor semblait prendre de l'importance. Et il était à l'origine de la mort d'un inquisiteur et de l'évasion de Mist maudit soit-il pour toujours. En fait, il l'était déjà, lui. Marius... Peut-être qu'on allait le laisser rejoindre l'Ombre. Mais pas avant de démolir son corps de diverses façons.

Mais avant cela... Il fallait qu'une décision soit prise ici. Tout s'orientait dans le bon sens, un accord semblait se dégager. La tâche qui restait à l'Empereur était de déterminer les modalités de l'exécution. Consulter les familles d'Überhal pourrait être indélicat à l'égard du gouverneur vivant... L'espionnage discret et subtil semblait s'imposer. Que faire du comte d'Agasthel ? Lui faire comprendre que ses doléances n'allaient pas être entendues ? Le surveiller ? Lui conseiller de prendre des vacances dans une Province ensoleillée et lointaine ? Là, la volonté de l'Empereur allait peser le plus. Et le Haut Prêtre allait probablement se charger de la mise en oeuvre. L'information allait descendre du cerveau jusqu'aux membres qui allaient obéir et collecter les informations et agir pour le Seigneur du Monde.


"Quelqu'un d'extérieur serait sans doute fidèle à l'Empereur... Mais il aurait des difficultés à obtenir la fidélité et le dévouement de ses vassaux... En cela, je rejoins la demoiselle Talfingen. Quelqu'un d'intérieur à Überhal, juste pour prévenir toute situation fâcheuse... Un fin diplomate, qui pourra faire face à toute la jalousie qu'une telle gratification suscitera... Quelqu'un qui n'aura pas une approche trop... militaire."

Et accompagnons cela avec un sourire des plus joyeux. Cela dit... Ce n'était pas faux. Quelqu'un comme Genesio pouvait gérer des débordements dans la rue. Mais lorsque les nobles ont envie de déborder... Il faut un politicien, pas un soldat. L'armée ne peut avoir le pouvoir qu'en Hellwig... Mais là-bas, c'est une affaire de sang. Ils sont tous comme ça. Et que personne ne croit que cela dérange Uriel. Se retrouver dans les bras du Sénateur et comte de la famille Hellwig constitue l'une de ses distractions favorites...

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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Ven 23 Mar - 20:09

Les premières minutes du Conseil avait été pesantes et difficiles. Néanmoins les choses s'arrangeaient, l'Empereur était de plus en plus concentré à la tâche et nous avancions très rapidement. En dépit des murmures sur la folie hérétique du Haut-Prêtre, l'Ombre semblait nous accorder sa clémence. J'espérais que la situation reste aussi simple pour tous les autres sujets que nous allions aborder aujourd'hui. Il ne fallait pas trop en demander et rester réaliste: tôt ou tard il y aurait un désaccord entre le Marquis et moi-même.

La question d’Überhal était délicate. L'Intendante avait soulevé un point positif: nous avions un peu de répit avant d'être forcés de prendre des mesures d'envergure. Le gouverneur n'était pas encore mort, l'Empereur bénéficiait d'une légère avance sur les évènements. C'était un atout non négligeable que l'on ne devait pas gâcher en vaines discussions. Nous nous chargions justement de tirer parti de cette aubaine.

Ann Talfingen avait parfaitement bien complété nos propos. Le Marquis s'était exprimé avec son aisance habituelle sans trop se dévoiler. Une sage mesure pour composer le meilleur argumentaire selon l'avis de ses interlocuteurs ou opposants. Je ne m'étais pas trop avancé non plus, soucieux d'apprendre certains détails qui auraient pu m'être inconnus. Mais ce ne fut pas le cas, l'Intendante s'était exprimée avec la précision d'un manuel d'artillerie, elle ne dit rien qui puisse me surprendre. Toutefois ce fut elle qui mentionna pour la première fois le Comte d'Agasthel. Il était évident que cet homme ne devait avoir droit à sa voix au chapitre, l'Empereur lui même n'était pas en sa faveur. Je n'allais ni protester ni le défendre, cet homme m'était trop peu connu pour que je puisse en faire quelque chose. Sa réputation le précédait, on le disait ambitieux... Très ambitieux. Comme D'Arken. L'animosité du Marquis envers le Comte n'était pas surprenante, d'Agasthel était un danger, tout aussi minime qu'il soit... L'ex-Régent tenait à son précieux petit équilibre. Un soupir consterné tentait désespérément de s'échapper de ma gorge. Je le fis taire par respect envers l'Empereur. Ezhekiel Walhgren ne devait pas subir le ressentiment que j'éprouvais pour son mentor.

Le Marquis n'était pas aussi discipliné que moi. Je sentais quelque chose de vraiment désagréable derrière ses sages paroles, il devait désirer ma disparition autant que je souhaitais la sienne. Peut-être m'accordais-je trop d'importance. Il avait encore l'avantage... Pour le moment. Ma santé de fer et ma rigueur morale pouvaient bien l'intéresser. Je passais une main songeuse sur mes lèvres avant de reprendre la parole après m'être assuré que l'Empereur et l'Intendante n'aient rien à ajouter.

« Concernant le successeur du Gouverneur, il est vrai qu'une décision Impériale ne sera pas si facilement contestée comme l'a souligné Mademoiselle Talfingen. Les principes de la noblesse ne sont pas prêts de s'effacer de sitôt, grâce à l'Ombre. Toutefois s'il est possible de trouver le candidat parfait entièrement dévoué à l'Empereur et pleinement accepté par sa province, ce serait formidable. Connaissons-nous des membres de la noblesse d’Überhal susceptibles de répondre à ces critères ? Un habile diplomate dans l'idéal... » D'abord tourné vers l'Empereur, je vins brutalement planter mon regard sur le Marquis. « … Car tout le monde n'est pas aussi discipliné qu'en Hellwig, cela va de soi. Si besoin est, je peux dépêcher l'un de mes meilleurs Capitaines pour épauler notre futur Gouverneur en tant que Conseiller.

La Garde Impériale est à votre service Votre Majesté, un seul mot et ce sera fait. Concernant le Comte d'Agasthel, je suis d'avis qu'il faut le garder sous les yeux à la Capitale aux bons soins de la Garde et du Haut-Prêtre. Talonné par ces deux forces il ne devrait pas être une grande menace. L'exiler est une option alléchante mais lourde de conséquences. Des détails certes, mais ce sont ce genre de détails qui déterminent une victoire. A propos du transfert des enfants Van Lähre, il est également envisageable d'assigner quelques soldats pour renforcer leur sécurité pendant le voyage. C'est à votre convenance Majesté.
»

Après m'être efforcé de résumer la situation, j'inclinais poliment la tête pour tempérer mes propos. Se débarrasser du Comte d'Agasthel était une bonne idée, d'autant plus qu'il y avait bien des manières de le faire: avec honneur et diplomatie, l'homme ne devrait contester un ordre de son Souverain Impérial... Surtout s'il lui est proposé quelques arrangements financiers pour le dédommager de la perte de la garde de ses enfants. C'était le genre de méthode qui me ressemblait. Pour le reste il y avait aussi la menace, la fourberie et la terreur. D'Arken n'avait-il pas renforcé ses Inquisiteurs dans ce but ? Personne n'allait protester contre le départ brutal du Comte mais cela allait profiter aux détracteurs de l'Empereur. J'avais parlé en toute franchise en suggérant qu'il reste à la capitale. La surveillance en serait facilitée. Et si D'Arken dépassait les limites en s'en prenant déraisonnablement au veuf trop ambitieux, je serais aux premières loges pour en profiter.
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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Sam 24 Mar - 18:33

    Ca tenait du miracle miraculeux mais les trois hommes étaient d’accord, enfin surtout deux en particulier mais c’était déjà un très bon début. Enfin, ce serait bien si la cause de leur soudaine « union » ne consistait pas à cracher leur venin sur un autre type, tout connard soit-il au passage. Ann n’avait jamais rencontré le comte d’Agasthel. Et même si elle ne s’y fiait pas, les rumeurs le concernant étaient peu engageantes. Malheureusement pour lui, son ambition avait fait que les trois hommes les plus puissants de l’Empire, présents à cette table, ne le portaient pas dans leurs cœurs, autant dire que si l’homme avait pour ambition de faire une quelconque carrière politique, il pourrait se gratter.

    Une fois de plus, les trois hommes firent part de leurs idées, au moins, il ne la traitait pas comme une potiche ou une vulgaire secrétaire, c’était déjà ça, elle avait acquis le droit de donner son avis et d’être écoutée. La dame aux chiffres se fit donc une nouvelle fois mère de synthèse pour éclaircir la situation.

    Bien, il semble que nous soyons tous d’accord sur l’idée générale. Concernant la garde des enfants, une décision frappé du sceau impérial ne saurait être remise en cause par quiconque, même par le comte d’Agasthel. S’il tient tant que ça à avoir une excuse, nous invoquerons la raison d’état, c’est des tas de raisons après tout. Si sa majesté impériale le désire, je m’occuperais de la rédaction du document.

    Le but de cette opération, en plus de court-circuiter le comte d’Agasthel, c’était de permettre à l’Empereur d’assoir son autorité en prenant des décisions fermes et en veillant à ce qu’elles soient appliquées, cette histoire pourrait servir d’exemple. Son règne commençait à peine, c’était maintenant qu’il devait s’imposer, prendre un bon départ.

    En ce qui concerne le retour des enfants jusque chez leur grand-père, comme il l’a si bien suggérer, je suis certaine que monsieur le Duc-commandant a à sa disposition bon nombre de soldats compétents qui pourront escorter les émissaires du Duc-gouverneur.

    Dit-elle en tournant le regard vers Genesio, ce serait une sécurité bienvenue pour éviter les accidents fâcheux, comme les bandits ou une quelconque ruse tenté en désespoir de cause par le père des enfants, on n’était à l’abri de rien dans l’Empire.

    Quant à la surveillance du comte d’Agasthel, je pense que son excellence a déjà quelques… idées pour être sûr que nous puissions garder un œil sur lui.

    Dit-elle cette fois en se tournant vers le marquis d’Arken. Bien sûr, il ne s’agissait nullement d’ordre mais de simples suggestions, cependant, elle savait que les deux hommes avaient chacun assez d’intelligence pour comprendre les raisons qui la poussait à suggérer tout cela. De toute façon, l’Empereur prendrait la décision finale. En attendant, elle ne pouvait qu’enjoindre à sa façon les deux hommes à collaborer un petit peu plus pour le bien de l’Empire au lieu de se tirer dans les jambes à tout bout de champ.

    Enfin, pour ce qui est de potentiels remplaçants pour le rôle de gouverneur, il convient d’être prudent. Je pense que nous pourrions commencer par faire vérifier les généalogies, les liens et les antécédents des principales familles nobles du duché. C’est un travail qui nécessitera des semaines ou des mois pour établir un premier point de vue valable mais nous disposons de ce temps, autant le mettre à profit pour faire ça bien et efficacement, s’il vous en sied votre majesté impériale.
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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Dim 15 Avr - 21:10

Dire qu'Ezhekiel était bien entouré était un doux euphémisme. Au final, il ne lui restait qu'à prendre quelques décisions et a approuver ou non ce qu'on lui proposait. Il y a encore quelques mois, il s'y complaisait à merveille, vu l'ennui que lui procurait ces tâches. Aujourd'hui, il désirait apprendre, observer et décider. De nombreuses tâches administratives resteraient sûrement toujours le fardeau d'autres personnes, il ne fallait pas se leurrer mais... Une certaine évolution du caractère futile de l'Empereur s'opérait.Quoiqu'il en soit, il était content que toute cette histoire avance vite. Il ne voulait plus entendre parler de la Duchesse, encore moins de son mari.

« Même si Agasthel ne proteste pas, il sera sans doute mécontent qu'une telle occasion lui passe sous le nez. Il serait donc judicieux qu'il soit surveillé, comme vous l'avez si bien dit. Le garder à la capitale me semble la meilleure chose à faire. Ici, nous pourrons le contrôler, s'il tente quoique ce soit. »

Il réfléchit quelques instants. Puis repris la parole, un léger sourire aux lèvres.

« Peut-être que... Comme la Duchesse semblait avoir des amis peu conseillés... He bien, peut-être faudrait-il, en plus des enfants, protéger le Comte. Vous ne croyez pas ? Qui sait, peut-être qu'ils pourraient avoir envie de s'en prendre à lui, croyant qu'il est la cause de la mort de la Duchesse car, après tout, s'il n'est pas un traître et ne conspire pas avec eux, il devrait se sentir menacé. »
Un léger silence se fit. Les rouages qui composaient l'esprit du dernier Walhgren tournaient l'une sur l'autre avec frénésie.
« Ne croyez-vous pas que... Dans ce cas... Il soit bienvenue que nous proposions un garde personnel au Comte, afin que moi, Sa Majesté, me sente moins inquiet à son égard ? »

Un Garde entièrement dévoué à sa cause, ça allait sans dire. Et tout cela éviterait de devoir réquisitionner un grand nombre de personnes pour l'épier à longueur de temps. Un refus du Comte serait mal vu pour son image, il serait donc obliger d'accepter, pour un temps au moins.

« Je suis certain que vous serrez trouver quelqu'un d'apte à cette mission, Duc-commandant, ainsi que pour la protection des enfants Van Lähre. »

Restait la question d'un possible successeur, dans le cas de la mort prématurée du Duc-Gouverneur. Quelqu'un qui pourrait régenter, le temps que les enfants atteignent le bon âge... Et qui ne tenterait pas de mettre lui même fin à leur courte vie, afin d'accéder au pouvoir. Uriel avait lancer une pique à Genesio sur le caractère non militaire que devrait avoir cette personne mais, en y réfléchissant bien, un homme d'arme serait plus sûr, plus fidèle. L'espace d'un instant, l'idée d'un citoyen méritant lui traversa l'esprit... Mais il serait mal venu à la Cour d'Uberhäl.

« Dame Talfingen, je suis persuadé que vous trouverez quelqu'un qui correspond à nos attentes. Consulter la généalogie d'Uberhäl est une excellente idée. Espérons que nous puissions trouver quelqu'un qui ne sera pas trop ambitieux. Le mieux serait tout de même que ce soit les enfants Van Lähre qui héritent au final de la province ».

La question semblait réglée. De quoi allait-il devoir encore parler à présent ? Ezhekiel espérait qu'elle serait aussi rapide à résoudre...

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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Lun 16 Avr - 10:20

Le flot de paroles se déversa. Bien entendu, c'était le but. Ils étaient là pour parler et pour décider de ce qu'il y avait de mieux pour l'Empire. Heureusement, ils étaient tous les quatre d'accord sur le principe. La marche à suivre était tout ce qu'il y avait de plus raisonnable d'après Uriel. Le petit blond approuvait. Une seule chose restait encore à soulever. Un point qui faisait partie de ses compétences tout autant que de son combat plus privé contre Marius de l'Ombrage.

"Je ne peux que donner raison à ce qui a été dit. Néanmoins, Majesté, je suggérerais une approche plus discrète du comte. Il se saura surveillé et n'agira pas tant que son garde sera là. Je propose de lui envoyer également quelqu'un qui ne portera pas d'insignes de votre Majesté et qui pourra, dans cette situation, faire semblant de se ranger de son côté. Je crois d'ailleurs que j'ai la personnes parfaite sous la main..."

Oui, l'Inquisition était constituée, en grande partie, de personnes parfaites pour ce genre de missions. Et localiser les personnes-clés du réseau de Marius était crucial. Les rapports mesurant son importance dans les Bas-Fonds de la ville se faisaient de plus en plus alarmants. Bien sûr, cela signifiait que se débarrasser de Marius résoudraient beaucoup de problèmes d'un coup. La difficulté était de porter ce coup. Sachant que le soutien d'un noble fortuné serait très profitable pour les terroristes, Uriel se doutait que son adversaire allait contacter Siegfried. Il suffisait d'attendre.

Sa Majesté donna son verdict, la question d'Überhal était réglée... Il n'y avait plus rien à dire, le magnifique seigneur du monde avait parlé. Sa présence était délicieuse à Uriel, ses forces lui revenaient au fur et à mesure que le temps dans l'aura de l'Empereur passait. Même les effets dévastateurs de la Magie du Sang semblaient s'estomper en Sa présence. Néanmoins, Uriel savait que sa vie fuyait son corps au compte-goutte, mais inexorablement plus vite que dans le cas d'un autre homme de son âge. Il allait devoir parler de sa succession avec Ezhekiel et craignait que celui-ci n'ait une réaction démesurée. Rarement, les Empereurs et les Hauts Prêtres étaient aussi intimes. Alors parler de la mort de son mentor, le jeune souverain risquait de ne pas l'apprécier. Cela dit... Suzume allait avoir besoin des faveurs de l'Empereur. Sans cela, des gens comme la Sénatrice Khali et Genesio Demichellis ici présent allaient démonter la puissance qu'il passa sa vie à bâtir autour de lui.

Soudainement, il fut pris d'une quinte de toux. Toute sa volonté s'attela à réprimander son corps et le forcer à obéir mais il n'y avait rien à faire. Il sortit l'un de ses mouchoirs en tissu blanc et délicat. Il se teinta de rouge, chose qui était perceptible, malgré les efforts que le blond faisait pour le cacher. Sa santé n'était plus ce qu'elle a été, et elle n'a jamais été particulièrement bonne. Une fois la petite crise finie, il fit disparaître le tissu taché de son sang et reprit un air attentif, adressant un signe de la main à ses interlocuteurs, s'excusant de cette interruption. Cela dit, les couleurs avaient définitivement quitté son visage, alors que les battements des coeurs de Genesio et d'Ann arrivaient à ses sens aiguisés de façon malsaine par la pratique de sa magie. Il réalisa que le coeur de l'Empereur demeurait hors de la portée de ses oreilles... Mais il lui fallait lancer un nouveau sujet. Vite, histoire de ne pas avoir à parler de sa santé.


"Puisque sa Majesté a formulé ses désirs, je crois que nous savons que ce qu'il reste à faire... Par la même occasion, il serait nécessaire de rappeler au Duc-Gouverneur qu'il lui faut un représentant officiel auprès du Sénat. Dame Ludmila a quitté la ville pour soigner sa santé, il y a des mois de cela... Consulter l'assemblée sur la question sera sans doute une formalité, Majesté. L'affaire ne concerne qu'une Province et ne devrait pas susciter de débat."

Il se tut, sans lancer de nouveau sujet. Il préféra se concentrer sur sa respiration et retrouver le calme intérieur. Et faire taire la douleur qui naissait dans sa poitrine.

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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Jeu 3 Mai - 10:42

L'intendante faisait de son mieux pour répartir le dialogue équitablement entre l'ex-régent et moi-même. J'appréciais cet effort, elle était d'un grand professionnalisme. Ou elle tentait de nous ménager tous deux pour ne pas avoir à nous subir. Il n'était pas exclu qu'elle nous craigne. Et si c'était le cas elle avait toutes les raisons de le faire. Je ne suis pas aussi déloyal et tordu que le Marquis mais je dirige l'un des plus grands mécanismes de cet Empire. D'Arken aurait pu être l'homme le plus heureux du monde en ayant un Duc-Commandant pour allié. Malheureusement pour lui ce n'était pas le cas. Et l'Ombre n'avait rien à voir avec ça, ce n'était pas ce qui me répugnait chez le Haut-Prêtre.

Le regain d'intérêt de l'Empereur pour l'affaire du Comte me secoua positivement. C'était agréable de voir Ezhekiel Walhgren sortir de sa bulle pour lancer des propositions dignes de sa lignée. Son petit stratagème me plaisait, j'en fis part à sa Majesté part le biais d'un sourire appréciateur.

« C'est une brillante idée votre Majesté. Je commencerais ma sélection à la caserne centrale dès que nous en aurons terminé ici. J'étudierais chaque dossier pour envoyer quelques un de mes meilleurs éléments. Je ne peux tous les envoyer, il faut en garder à la Capitale. Sauf si vous souhaitez que je les engage tous dans l'affaire bien entendu. »

Je donnais mon avis en tant que conseiller tout en gardant le discours ouvert à la décision finale de l'Empereur. Le cas Uberhäl semblait réglé... C'était sans compter sur la réaction de D'Arken. Il ne pouvait s'empêcher de s'insinuer dans cette affaire tel un serpent fuyant les flammes. Motivé par un but quelconque, il tentait à tout prix de placer ses pions. Son idée n'était pas mauvaise. Le fait que l'infiltration soit effectuée par l'un de ses hommes me plaisait moins. Je ne pouvais publiquement refuser et forcer la main de l'Empereur, il en allait de ma propre place sur l'échiquier. Je songeais à nouveau à ce qu'aurait pu être mes relations avec un autre Haut-Prêtre, à ce que nous aurions pu accomplir en unissant nos forces. J'espérais que tous les dirigeants de l'Église ne tournaient pas comme D'Arken. Sa mort nous serait d'une grande utilité mais si son remplaçant est tout aussi dérangé que lui... La situation n'allait peut-être jamais se débloquer.

J'attendis la réaction de l'Empereur concernant la proposition du Marquis. Quoique notre Souverain dise je ne pouvais qu'approuver.

L'Ombre avait-elle entendu mes prières ? J'observais d'un œil critique le petit homme en face de moi. Pris d'une quinte de toux, il tentait de minimiser les dégâts à notre vue. Peine perdue car le rouge était vraiment éclatant. Mon regard froid le jaugea encore un instant. C'était le regard auquel les nouvelles recrues étaient habituées lorsque je les examinais par rangs entiers, passant devant chacun d'eux sans dire mot. Il n'était pas question de se réjouir de cette faiblesse soudaine. L'ex-Régent s'était montré imprévisible, qui sait ce qu'il était capable de faire pour recouvrer la santé ? On ne pouvait jamais être sûr de sa fin. Je relançais la conversation comme si de rien n'était. Qu'il souffre ! Le conseil ne devait pas se transformer en conversation éplorée sur la santé de ce monsieur.

« Sur une note plus joyeuse, je me demandais votre Majesté... Êtes vous satisfait de l'ouverture du Hall des Expositions et de la Convention des Sciences ? »

L'Empereur était très au fait des avancées technologiques. Un sujet que D'Arken craignait. Avait-il peur de la science ? Il ne s'agissait pas de cruauté que d'avoir amené ce sujet de conversation juste après sa petite crise ; mais de pure et simple stratégie.
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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Jeu 3 Mai - 16:25

    Le cas des enfants de la duchesse Van Lähre et de Überhal en général était d’importance, cependant, ils avaient pu le traiter bien plus vite qu’Ann l’avait craint. Depuis le début, elle craignait une quasi-guerre verbale ouverte entre le duc-commandant et le haut-prêtre, de quoi lui offrir un bon mal de crâne. De son côté, elle fit tout pour minimiser les dégâts, essayant de pousser les deux hommes à collaborer plus qu’autre chose. Elle s’en sortit plus ou moins bien, son salut lui vint du jeune Walhgren.

    Ce dernier semblait enfin prendre son rôle en main, sans doute motivé par les incitations d’Ann à le prendre au sérieux, sans compter son aide, ainsi que celle de divers autres mentors qui avaient fait au mieux pour l’initier aux subtils arcanes de la politique, de la gestion et de la finance. Beaucoup d’autres individus auraient tenté de le maintenir dans l’ignorance pour s’abroger le pouvoir dans l’ombre de ce dernier. Mais ce n’était pas le cas d’Ann qui faisait tout pour le grandir et l’émanciper. Peut-être était-ce pour ça qu’Uriel avait choisi une personne sans aucune noblesse, pour espérer avoir quelqu’un de plus loyal au jeune homme, si c’était le cas, c’était réussi. Ann savait qu’en l’aidant à être un grand souverain, elle en tirerait plus de gloire et de fierté. Elle avait déjà l’affection du jeune souverain et sa reconnaissance. Certes, il ne savait pas encore tout faire lui-même. Mais ce que l’on attend d’un bon chef, ce que les gens ont parfois tendance à oublier, c’est qu’il n’est pas obligé d’exceller en tout, un bon chef, c’est aussi une personne qui sait s’entourer des gens les plus compétents et leur inspirer loyauté.

    Donc, pour en revenir au cas du duc d’Überhal et du comte d’Agasthel, il avait écouté et tranché. Ces enfants seraient donc envoyés à leur grand-père qui se chargerait de leur éducation pour qu’ils puissent prendre la succession le moment venu. En parallèle, Ann allait devoir mener des recherches sur les principales autres maisons nobles du duché, pour dénicher d’éventuels remplaçants au duc en cas de soucis. Quand au comte, il serait placé sous la « protection » d’un garde impériale et accessoirement mis sous surveillance. Un regard au haut-prêtre et elle comprit qu’il comptait lui aussi abattre ces cartes dans cette partie.

    Ann, comme tous les membres présents, put voir le haut-prêtre saisi d’une quinte de toux avant qu’il ne macule son mouchoir d’une teinte écarlate, il crachait du sang et pas qu’un peu. Les rumeurs étaient donc fondées sur son état de santé fragile. Certains le disaient même mourant. Même si elle était loin d’être d’accord avec lui sur pas mal de point, elle devait reconnaitre qu’il avait maintenue un certain équilibre des forces pendant un bon moment. Sa mort provoquerait un vif chamboulement. Son successeur aurait-il son charisme et sa puissance ? Ann voulait suggérer une légère suspension de séance par égard pour le malade. Cependant, le duc-commandant ne l’entendit pas de cette oreille. Et qu’il n’essayait pas de lui faire croire qu’il n’avait pas remarqué. Il poussa même le vice à parler de la convention des sciences à l’Empereur. Ca, c’était un coup bas. D’Arken détestait tout ce qui avait un rapport avec la science, c’était un fait connu de tous. Il le provoquait par une pique bien bâtarde, d’ailleurs, Ann se permit un regard réprobateur à l’homme, rien de bien méchant, juste lui faire confiance qu’il abusait un petit peu sur ce coup-là. Et il fallait aussi espérer que l’Empereur ne comprenne pas son manège, le cas la fille du duc justement devrait lui rappeler qu’il n’est pas bon d’être trop méchant avec le haut-prêtre en présence du jeune homme.
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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Mer 13 Juin - 20:36

Sa proposition fut acceptée sans mal par le Duc-commandant. Ce n'était pas surprenant. La Garde avait été mise bien trop longtemps de coté et il s'agissait d'une des premières missions dont-ils donnaient l'ordre explicitement. C'était une bonne chose. Ezhekiel tenait à avoir une Garde forte et soudée, dévouée à lui et sûrement pas qu'elle se sente inutile et délaissée. La Garde devait savoir que son Empereur comptait sur elle.

Uriel se permit une légère objection. Ezhekiel lui sourit comme il avait l'habitude de le faire. Il ne tenait pas à être mis de coté. C'était compréhensible et sa remarque était pertinente. Un tandem serait parfait pour cette mission. Le jeune Empereur acquiesça à sa remarque. Monsieur d'Arken n'avait pas besoin de parole pour comprendre. D'ici quelques jours, Agasthel serait flanqué d'un duo épiant ses moindres faits et gestes. La question était réglée.

Il comptait passer à autre chose, et enchaîner sur la remarque du Duc, lorsque le Marquis fut pris d'une toux sévère. Il porta un mouchoir blanc à sa bouche et le jeune Ezhekiel put clairement percevoir quelques perles écarlates s’étaler sur le tissu. Il fut pris d'un frisson d'horreur. Ce n'était pas la première fois qu'il voyait son mentor dans un état de faiblesse mais... Jamais de cette manière. De toute évidence, quelque chose clochait et il n'aimais pas ça. Les émotions de l'Empereur passèrent du contentement à l'inquiétude et c'était clairement palpable pour quelqu'un d'un tant soit peu sensible aux flux d’énergie. Une sensation froide le prit au tripe. A la fin de leur réunion, il lui parlerait, ne serait-ce que pour être rassuré à propos de sa santé.

Suivant le fil de ses pensées, il n'avait pas remarqué qu'un silence pesant s'était abattu sur la petite assemblée. Il le brisa avec empressement, reaffichant un sourire faux qui trompait mal sa sensation de malaise ;

« Ha désolé, j'étais perdu dans mes pensées... Le problème d'Uberhäl semble réglé pour le moment. Pour ce qui est du Sénateur, je pense qu'une fois un régent choisi, il se chargera lui même d'en désigner un. »

Il fallait qu'il enchaîne sur quelque chose de moins... Moins sérieux et plus ludique... Ha ! La question du Duc !

« Ha ! Pour ce qui est du Hall des expositions, il semble avoir bien démarré... Hélas, je n'ai toujours pas eu l'occasion de le visiter comme il se doit. J'espère pouvoir m'y rendre quand le temps me le permettra. De nombreux scientifiques n'attendent qu'un peu de reconnaissance et de moyens pour faire des choses ''fabuleuses''. »

Fabuleux pouvait avoir des sens multiples... Comme celui de créer l'armée la plus puissante de l'Empire ou de confectionner les objets les plus étranges et exotiques. Dans tout les cas, il s'agissait de choses toutes plus divertissantes les unes que les autres.

« Enfin, je suppose qu'il serait bon que nous nous penchions sur un autre cas problématique... A moins que la Science vous semble épineuse ? »

Une petite pique, essentiellement destinée à son mentor qui ne supportait que très mal le penchant d'Ezhekiel pour tout ce qui sortait de leurs laboratoires. Il espérait surtout que cela le ferait sourire et qu'il répondrait avec sa politesse mordante, propre à lui.

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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Jeu 14 Juin - 7:28

Uriel sentit comme une main glaciale l'agripper et le tirer vers le haut. Magicien, issu d'une famille de la Capitale, ayant toujours vécu aux côtés d'Ezhekiel et de ses ancêtres, il ne put s'empêcher de sentir les émotions du garçon. Probablement, la moitié de la ville a été prise d'un frisson au même moment. Le Haut Prêtre pour sa part a sentit un afflux d'énergie qui le soulagea, en même temps qu'une peur horrible de la mort et d'un changement radical qui y était lié. Ce fut bref et voilà que l'Empereur repartait dans les débats, histoire de changer de sujet.

Le blond sourit : Sa Majesté gardait ses réflexes d'enfant. Si quelque chose n'allait pas, il ne fallait pas en parler, si on ne pouvait rien faire. Changer de sujet, plaisanter, oublier. Au moins, il avait donné son accord pour qu'un inquisiteur intervienne dans l'affaire du comte d'Agasthel. Un garde aurait été ridicule, trop droit et trop visible, combien même il ne porterait aucun insigne de sa fonction. La Garde devait peut-être reprendre ses droits sur l'ordre public, si telle était la volonté de l'Empereur. Mais elle n'allait pas commencer à rivaliser avec une organisation qui s'infiltrait, mentait, espionnait et poignardait dans le dos depuis des siècles. Le tout à la gloire de l'Empire, bien entendu.

Puisque le garçon aux cheveux bleus voulait taquiner son ancien tuteur... Ce dernier n'allait pas rester là sans rien faire. D'autant plus, il se sentait mieux. La sainte présence du monarque était bénéfique... Vraiment.


"Mise à part le fait que les explosifs ayant dévasté le Sénat sont maintenant fabriqués par plusieurs laboratoires et qu'il est possible de s'en procurer en quantité suffisante pour oblitérer n'importe quel bâtiment ? Ah..." - Il soupira faussement, comme s'il venait de trouver une solution miraculeuse pour le problème. - "J'oubliais que cet évènement était sous la surveillance des hommes de sa seigneurie le Duc-commandant. Je suppose que dans ces conditions nous n'avons rien à craindre de plus dangereux que de l'engrais pour faire pousser des fleurs..."

Pour une seconde, il étira ses coins de bouche dans un sourire qui était tout sauf joyeux ou aimable. Il le fit en direction de Genesio, bien entendu. Ensuite, il poursuivit, puisqu'un second problème, peut-être plus grave, faisait surface.

"Il se raconte aussi, dans les rues, que les Esclaves ne soient pas des créatures purement artificielles. Ils seraient fabriqués à partir d'êtres humains, des citoyens de l'Empire. Sa Majesté désire-t-elle que j'expose les raisons qui me poussent à m'inquiéter sur ce sujet ?"

Cela n'était probablement pas nécessaire. Le peuple, si content soit-il qu'il y ait des esclaves, allait peut-être mal prendre le fait qu'on lui ai honteusement menti. L'esclavage d'être humains devait être aboli. Or, on ne faisait que purger la mémoire des prisonniers politiques, de gens indésirables, même de nobles, pour en faire des machines et des jouets. Ce n'était pas tout à fait ce que le grand-père de l'Empereur avait proposé à son peuple. Uriel savait qu'une Révolte ferait très plaisir à Ezhekiel. Ce dernier pourrait aller verser du sang sur un champ de bataille quelconque, fut-il au coin de l'avenue menant au Palais... Mais était-ce vraiment le plus sage ? Des explorations par-delà l'étendue d'eau et de brume entourant l'Empire seraient déjà plus adaptées d'après lui...

Gesticulant avec l'une de ses mains, étant appuyé sur l'autre, Uriel conclut sa prise de parole.


"Je n'ai rien d'épineux à signaler, ces deux détails mis à part, Votre Majesté."

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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Sam 16 Juin - 9:01

D'Arken n'avait pas pu s'empêcher de sortir de l'ombre, comme d'habitude. La décision de l'Empereur était irrévocable, surveiller Agasthel ne dépendrait pas que de la Garde, le Haut-Prêtre et ses sbires allaient être de la partie. Soit. Je n'allais pas contester une décision venant d'Ezhekiel Walhgren lui-même. En réalité l'idée n'était pas si mauvaise. Mais lâcher du lest à ce manipulateur sans scrupules aux traits charmeurs était loin de me satisfaire. C'était une question de principes. J'avais essayé de défendre l'intégrité de cette mission et j'avais perdu.

A cette pensée, je me sentis soudain très mal. Quelque chose n'allait pas, c'était comme une terreur glaciale qui s'insinuait lentement en moi, et la peur, la peur de s'enfoncer, perdre pied, perdre quelque chose..? Ce fut l'une des rares fois où je ne restais pas assis bien droit contre le dossier de la chaise. Et je ne comprenais pas. Je n'étais pas du genre à m'apitoyer sur mon sort, à être pris de terreur. J'étais un homme pragmatique, je ne perdais jamais pied. Cet étrange malaise m'en rappelait un autre, plus ancien.

La sensation de terreur s'estompa lentement, j'étais de nouveau attentif aux conversations. Je n'étais pas tout à fait rassuré mais le Conseil continuait. Et je crois que j'aurais préféré rester sourd, perdu dans cette étrange angoisse. Je passais de la terreur à la colère merci Monsieur le Marquis. Il se montrait d'une telle insolence ! Il pouvait se le permettre, Ezhekiel ne ferait que le réprimander et encore. Mais il portait atteinte à la Garde. Je ne pouvais le tolérer.

Au début j'affichais un sourire tel que toute l'assemblée pouvait croire que j'allais sauter sur la table pour dépecer Son Excellence. Mais je pris une grande inspiration et entamais ma riposte :

« Nous avons failli au Sénat, il est vrai. Je ne suis pas assez arrogant ou stupide pour me voiler la face, pour ne pas l'accepter. Depuis cette époque nous avons pris de nouvelles mesures de vigilance et d'entrainement. La sécurité est renforcée surtout dans les bâtiments les plus importants de la Capitale. J'espère que Sa Majesté ne va pas tenir rigueur à Sa Garde dévouée. Nous ne sommes pas toujours parfaits et pour cause : nous sommes humains. Le peuple sait qu'il peut faire confiance à la Garde. Le peuple ne craint pas les soldats. On ne tient pas un Empire par amour mais tout de même : il est à mon avis plus agréable d'avoir un peuple confiant que terrifié. Pour ceux qui n'ont pas de pensées stupides dans la tête bien sûr. Toutefois si mon approche de la Garde déplait à Votre Majesté, il ne tient qu'à un mot de votre part. Je suis sûr qu'il y a encore beaucoup d'hommes ayant l'étoffe d'un Commandant de la Garde. Une personne qui oublierait ses propres intérêts pour ne servir que l'Empire et la lignée Impériale. »

Je m'étais exprimé d'un ton martial, précis, froid. J'avais tour à tour fixé D'Arken puis l'Empereur. Une fois mon discours terminé je croisais mes mains près de mes lèvres et attendis la suite. J'avais exprimé toute l'ampleur de ma pensée sous couvert de paroles soigneusement diplomates. Mais il n'allait pas être dupe, il allait sûrement comprendre que je visais la monstruosité de ses mages lorsque je soulignais l'humanité de ma Garde. Les Inquisiteurs vont toujours trop loin. Et pourtant leurs pouvoirs sont utiles. Mais quand le maître est fanatique nul besoin de s'étonner de la cruauté et de la folie de ses soldats.
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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Sam 16 Juin - 16:11

    Bon, à priori, le cas Überhall était réglé. Le gouverneur était toujours vivant, ses petits-enfants le rejoindraient bientôt pour lui être confiés sous bonne protection. Quand au père des dits enfants, il allait bientôt être gentiment invité à éviter de faire l’idiot s’il ne voulait pas être confronté à de menu soucis, le tout bien sûr, sous surveillance. Quand à Ann, elle irait faire un petit tour à la bibliothèque pour trouver de manière officieuse de potentiels successeurs à la famille Van Lärhe en cas de soucis. Pour ce qui était du sénateur, le gouverneur s’occuperait bientôt lui-même de ce petit détail. Malgré quelques piques, tout le monde arrivait à se mettre d’accord, l’Ombre semblant accepté d’accorder un répit à une potentielle migraine.

    Seulement, les plus belles choses ne durent jamais. Le duc-commandant relança la balle avec une référence à la convention des sciences, sachant très bien que le haut-prêtre était allergique à ce genre de chose. Seulement, ils n’eurent pas le temps de s’en inquiéter que ce dernier fut prit d’une violente et sanglante quinte de toux. Ann ressenti un frisson glaciale qui lui remontait dans la colonne vertébrale, ce qui l’étonnait, elle n’était pas si émotive que ça… Elle aura la réponse plus tard seulement, lors d’un entretien avec Uriel mais pour le moment, elle ne comprit pas.

    Le malaise de l’ancien régent passa rapidement et le jeune empereur relança la conversation, remettant les pieds dans le plat bien comme il faut. Bien sûr, Uriel ne put s’empêcher de placer une nouvelle pique bien sentie, qu’il dirigea habillement sur la garde et la personne du Duc-commandant. Seulement, il n’avait pas entièrement tords dans l’idée générale. Genesio se défendit immédiatement, Uriel le faisait marcher royalement.

    A la décharge de monsieur le duc-commandant, personne n’aurait pu prévoir une attaque de ce type. Au moins, nous savons maintenant à quoi nous en tenir et les dispositions nécessaires ont été prises en matière de sécurité.

    Mais elle n’allait pas s’arrêter en si bon chemin. Elle ne pouvait prendre partie ni pour l’un ni pour l’autre et elle savait aussi qu’elle devait calmer les ardeurs et la passion du jeune Empereur pour les choses nouvelles, exotiques et scientifiques.

    Cependant, son excellence démontre des choses vraies, la science met chaque jour au point beaucoup de nouvelles choses, certaines sont dangereuses et échappent à tout contrôle. Je sais que sa majesté éprouve un grand intérêt pour les sciences mais l’épisode du sénat nous met en garde. Sans faire la chasse à la science, je pense qu’il serait bon de songer à mettre en place des séries de mesures et des lois de contrôle. Cela passerait par des contrôles stricts de l’utilisation de toutes les substances et création jugés dangereuses, l’accréditation de personnes autorisé à y avoir recours et un contrôle plus strict des différents laboratoires et ateliers existants. Et en premier l’Exodum, à titre personnelle, je trouve qu’on leur laisse un petit peu trop de liberté, personne à cette table ne saurait dire exactement ce qu’ils bricolent dans leur coin. En résumé, la science, oui, mais réglementée pour éviter les dérapages.

    Voilà, son idée générale était lancée, de quoi satisfaire tout le monde à partir du moment om les gens acceptaient le consensus et de faire preuve de souplesse. Mais au moins, maintenant, on penserait à faire réellement quelque chose, à part critiquer et parler pour ne rien dire…
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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Sam 16 Juin - 17:00

La conversation prenait une tournure intéressante et terriblement divertissante. Le Duc-commandant se mêlait même à la partie. Dommage qu'il n'ait pas autant d'humour. De toute évidence, la remarque du Marquis d'Arken l'avait touché au vif. Voilà qu'il abandonnait presque son poste... Pour une broutille. Une belle occasion de le rassurer s'offrait à lui. Ezhekiel pris un air désolé, sans pour autant se défaire de son sourire amusé.

« Voyons, Monsieur le Duc-commandant, ne dites pas de telles choses. Je ne vois personne de mieux qualifié que vous pour ce poste. Vous êtes la personne parfaite pour diriger la Garde Impérial. Votre droiture vous honore et lui sied comme il se doit. Ne soyez pas si dupe face aux railleries de Monsieur d'Arken. C'est ce qui fait son charme mais il est tout aussi précieux que vous. Vous gérez tout deux des forces différentes avec des buts et des missions de natures différentes. Il est normal que vous le soyez aussi.

De plus, vous n'avez aucune raison de vous inquiéter. Je n'ai jamais perdu confiance en la Garde. Je sais qu'elle fais son travail correctement et qu'elle m'est plus dévouée que quiconque... »


C'était vrai. L'Église avait beau être d'une grande efficacité et d'un fanatisme sans borne, elle répondait au nom du Haut-Prêtre avant le sien. Cela avait ses avantages et ses inconvénients. En revanche... La Garde... Ezhekiel avait de nombreux projets pour elle. Des projets qui la rendrait plus puissante et plus terrible encore que la plupart des Inquisiteurs de l'Église. Cependant, ce n'était ni le moment, ni l'endroit pour le faire. Il ne tenait pas à mettre au courant Uriel, pas trop vite en tout cas. Il l'apprendrait surement, à un moment ou un autre et peut-être même de sa bouche, mais pas aujourd'hui.

Les points soulevés par Uriel et Ann étaient pertinents, mais peu de choses peuvent ébranler l'intérêt profond de l'Empereur pour ce qui touche à la Science.

« Il est vrai que l'accident survenu au Sénat a eu des répercussions désolantes mais, au final, je ne vois pas où est le problème. Qu'est ce qui nous empêche d'utiliser ces explosifs nous aussi ? Faisons exploser les trous à rat dans lesquels ils se terrent, de leur donner un avant-gout de notre fureur et de notre mépris par les mêmes procédés que les leurs ? Contrairement à eux, nous n'avons pas à nous cacher. Nous pouvons faire ce que nous voulons. »

Les Esclaves ? Voilà un autre sujet épineux. Ezhekiel ne tenait pas à s'en inquiéter outre mesure. Quoi que l'on fasse, la vérité finirait bien, un jour ou l'autre, par éclater au grand jour. C'était inévitable. Le peuple serait mécontent... Mais pourrait-il vraiment se plaindre ? N'était-ce pas eux qui ne pouvaient se défaire de l'esclavage ? Son Père n'avait fait que les bercer d'illusions afin qu'ils ne se sentent pas ronger par le remords. Il les avait protégé, à sa manière, de leur propre hypocrisie. Ezhekiel n'avait pas honte de ce qui se faisait à Exodum. C'était un mal nécessaire pour que l'Empire fonctionne.

« Bref, je ne crois pas qu'il soit nécessaire de ficeler nos scientifiques dévoués par des règles qui ne ferait que les freiner. En revanche, je suis d'accord sur un point... Les traitres dans leur rangs qui veulent mordre la main qui les nourrit ne méritent aucune pitié. »

Les paroles d'Ezhekiel tranchait avec son air jeune et naïf, ce qui pouvait être déroutant, par moment. Hélas, il pensait chacune de ses paroles.

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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Dim 17 Juin - 15:47

Genesio avait beau cracher son fiel, Uriel se contenta de sourire. Ce que le Duc voyait comme un manque d'humanité, le marquis l'appelait "esprit de gestion d'un empire". On ne gère pas un état aussi gigantesque sans se montrer impitoyable. Ou alors on verrait bientôt des paysans venir faire leur marché dans la salle du trône de ce palais... Et si Genesio proposait si gentiment sa démission :

"Je peux proposer à Votre Majesté un homme qui a non seulement la formation nécessaire, mais aussi le rang... Et il n'a aucun autre intérêt que celui de l'Empire en tête..."

Il sourit. Ezhekiel n'était peut-être pas entièrement au courant de la relation qui unissait son ancien tuteur et son ami le Sénateur du Hellwig. Mais Ann et Genesio devaient savoir qu'il n'y avait qu'un homme à la formation militaire la plus raffinée que le marquis D'Arken serait prêt à recommander. Bien sûr, Ulrich était un homme on ne pouvait plus intéressé. Cependant, il voulait la même chose qu'Ezhekiel : un Empire fort, avec une armée puissante et il ne reculerait devant rien.

Le blond baissa ses paupières, en même temps que sa tête s'inclinait en direction d'Ann. Voilà que l'Intendante parlait à nouveau. Certes, elle prenait la défense de la garde, mais son avis allait compter, pour ce qui était de brider l'Exodum. Et Karl Ulsperger avec. Personne à part l'Empereur ne pouvait juger le scientifique aux cheveux roses et Uriel préférerait mourir plutôt que d'aller se plaindre de son propre viol à Ezhekiel. Surtout devant les deux autres ministres. Mais il comptait bien se venger. Il allait cependant devoir méditer cela plus tard.

Ezhekiel Ier avait parlé. Un silence s'installa suite à ses paroles, non seulement ambitieuses, mais aussi d'une cruauté difficile à concevoir. Seuls les Walhgren pouvaient faire vraiment peur avec de tels propos : eux seuls avaient les moyens de les réaliser... Réglementer la Science n'était pas envisageable. On pouvait par contre s'en servir pour exterminer des terroristes. L'idée était répugnante pour un ecclésiastique, mais Uriel entendait dans son esprit des coeurs, des milliers de coeurs, battre et faire silence au même moment. Un massacre qui n'a encore jamais eu lieu. Les dommages collatéraux seraient... Sinistres. Mais tout le monde verrait que la Régence est finie et que les Walhgren sont les Saints Vivants d'Ishtar, les seuls maîtres, dont on ne doit pas contester d'autorité. Sans parler du fait que la métaphore de la main qui nourrit la Science plut énormément à Uriel. Ce n'était pas la Garde qui allait traquer les dissidents. Depuis toujours, ce rôle revenait à ceux qui ne se préoccupaient pas de la Justice, mais bien de l'Ordre : les Inquisiteurs.

Uriel se surprit à vouloir demander l'autorisation de lécher le sang des victimes d'un tel massacre. Il se retint et sourit, plus largement encore, avant que son rire ne vienne briser le silence. Son Petit Prince devenait Grand.


"L'Eglise se tient prête depuis trois millénaires, en ce qui concerne le manque de pitié, Votre Majesté. Un mot suffit." - Il lança un regard à Genesio qui avait utilisé l'expression quelques instants auparavant. - "En tant que guide spirituel de l'Empire, je trouve que ce serait souiller la ville que d'user de ces moyens-là... Néanmoins... N'est-ce pas l'occasion de reconstruire une Capitale plus glorieuse ? Avec la prise de certaines mesures, avant... et surtout après ce... nettoyage, l'image de Votre Majesté pourrait se retrouver largement renforcée..."

La terreur, conjuguée à la grandeur de nouveaux édifices pourrait avoir de très bons effets. Il faudrait s'assurer qu'aucun noble ne se trouve dans le périmètres, ainsi qu'aucun garde ou ecclésiastique. Peut-être évacuer discrètement quelques familles respectables ou dont l'innocence n'est pas à prouver... Et des secteurs entiers des Bas-Fonds pouvaient sauter. Pour Uriel, cela importait peu. Et si telle était la vision de l'Empereur... Que Sa volonté soit faite.

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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Dim 17 Juin - 18:26

Au fur et à mesure que l'Empereur se détendait et retenait son sourire – je l'avais assez côtoyé pour comprendre qu'il se gaussait de ma petite joute verbale avec le Marquis – je me relaxais également. Aussi jeune qu'il fut, Ezhekiel Walhgren était notre référent, celui qui décidait pour nos vies, celui vers lequel nous devions nous tourner pour toute chose. Son calme était étrangement communicatif. Lorsqu'il prit soin de me rassurer, je fus plus enthousiasmé que d'ordinaire. Mon ravissement s'intensifia lorsque l'Intendante opta pour quelques arguments en faveur de la Garde. La suite de son discours dut plaire à l'ancien Régent, quoique les paroles de la sage demoiselle ne soient pas aussi extrêmes que pouvaient être celles du Haut-Prêtre. Elle parlementa dans une direction mettant à mal la science et ses avancées technologiques. Quel était le point du vue du Duc-Commandant sur la question ? Je me fis discret et silencieux. Certains objets de la science étaient inquiétants, d'autres pouvaient s'avérer très utiles en cas de besoin. C'était comme l'Ombre, comme le pouvoir ou comme la capacité à manier l'épée : il fallait doser cette chance pour ne pas la transformer en tyrannie sanglante.

L'idée d'Ann Talfingen était brillante. En théorie. Dans la pratique je voyais mal les scientifiques brider leur curiosité et leurs expériences. L'Empereur avait soif de découvertes. Impossible d'aller au fond des choses en étant règlementé par des décrets en tout genre. La science ne supporterait pas d'être mise à mal de la sorte. Ils jouissaient d'une totale liberté depuis le début, je doutais que les restrictions s'implantent sans esclandre. Nous avions déjà les terroristes et les citoyens mécontents à contrôler, inutile de se faire des ennemis de plus...

Je conservais un silence poli, le front barré par un pli soucieux. La science était un sujet très délicat, D'Arken s'était montré d'une étonnante audace en la dénigrant de la sorte. Il prenait des risques. C'était inquiétant pour moi car cela signifiait qu'il était parfaitement conscient de la marge de tolérance qu'il avait avec l'Empereur, mais jusqu'où cette marge s'étendait..? C'était un mystère et j'avais peur d'en connaître la réponse. Absolument rien ne nous délivrerait de ce fanatique, l'Empire serait inlassablement menacé par l'existence de cet excentrique trop puissant.

Et son petit chien d'albinos pouvait toujours fantasmer sur la place de commandant de la Garde. Qu'il rêve. Personne n'ignore l'ignoble débauche de ces deux êtres dépravés. Je me demandais pourquoi l'Empereur n'y mettait pas un terme.

Les scientifiques étaient définitivement inattaquables. J'étais désolé pour les innocents qui en pâtissaient mais secrètement je jubilais. La décision de Sa Majesté devait rendre malade son ancien précepteur. Parfait.

Il me volait mes répliques. Je lui répondis par un haussement de sourcils blasé. Doit-on remettre le mouchoir taché de sang sur le tapis ? Je me montrais charitable et me détournais de mon ennemi.

« Il y a eu des dommages collatéraux dans tout règne qui se respecte, et bien que l'idée d'un tel bombardement ne me soit pas totalement plaisante, je dois avouer que cette mesure serait bien plus efficace et radicale que tout autre moyen à notre disposition. Voilà qui devrait plaire à notre Haut-Prêtre. Si cela se concrétise, que comptez-vous faire naître sur les cendres des bas-fonds Votre Majesté ? »
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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Lun 18 Juin - 13:52

    Le sujet de la garde arriva on ne sait trop comment sur le tapis. Ann argumenta en faveur du duc-commandant et l’Empereur ne remettait pas en cause le travail de son commandant. Bien sûr, Uriel ne put s’empêcher d’en rajouter une couche en « proposant » de façon détournée quelqu’un. Il n’avait pas besoin de prononcer de nom pour que tout le monde à cette table sache de qui il parlait, le sénateur de l’Hellwig. Un proche à lui, bien sûr, quelle fouine ce type parfois. S’il voulait des candidats pour remplacer Genesio, c’était pas les candidats potables qui manquaient, des nobles compétents dans l’art de la guerre, on pouvait en trouver une bonne poignée, le comte de Jadewood par exemple. Mais pour l’heure, Demichellis semblait aimer son poste et le défendrait bec et ongles.

    Quand on aborda le sujet de la science, Ann fit ce qu’elle pensait être une proposition sensé et raisonnable… et bizarrement, ils n’auraient pas été en plein conseil, Ann aurait attrapé son éventail en papier et aurait gratifié le jeune empereur d’une bonne série de frappe. Allons-y gaiement, faisons tout sauter ! Et voilà que le duc-commandant en rajoutait une couche. Sauf que dans son cas, elle n’aurait su dire si cela provenait d’un excès de testostérone qui transformait le duc-commandant en soldat bien limité ou si c’était uniquement pour le plaisir d’emmerder Uriel. Si elle avait eu moins de retenue, elle se serait taper la tête contre la table, mais ils allaient la rendre ces trois-là. Ann reprit sa contenance et parla d’une voix calme.

    Je ne parle pas de les brider ou de les restreindre, je parle avant tout de contrôle et de surveillance. Qui peut me dire à cette table ce qui se fait exactement dans les laboratoires impériaux, Exodum en tête ?

    Qui ça ? Personne ? Tiens, comme c’est étrange…

    Vous l’avez dit vous-même votre majesté impériale, nous avons des traitres parmi eux, des traitres qui fournissent aux hérétiques des équipements dont nous ignorions l’existence avant qu’elle se retourne contre nous. Voici les mesures simples que je propose. Pour commencer, dresser des listes de tous les travaux effectués au sein des laboratoires et de l’Exodum, faire l’inventaire de toutes les inventions crées et de tous les projets en cours. Le savoir, c’est le pouvoir, si je préfère savoir ce qu’ils fabriquent, c’est parce que s’ils fabriquent des trucs qui explosent, je veux m’assurer que ce ne soit pas à votre visage. L’attentat du séant l’a démontré, malgré tous les efforts de vos gardes impériaux, ils restent humains, demain, quelque chose de dangereux pourrait leur passer sous le nez sans qu’il ne puisse le savoir et on irait aux devants d’une nouvelle catastrophe. Dans une même mesure, je propose de renforcer la sécurité des laboratoires, afin d’éviter que des indésirables et des traitres viennent y voler des choses potentiellement dangereuses.

    En espérant que cette fois, tout ce petit monde oublie ces idées propres et embrasse un petit peu de raison. Maintenant, tout aussi dur, calmer les esprits des deux furieux qui voulaient tout faire péter, contenir le jeune empereur avant qu’il ne provoque des catastrophe, c’était vraiment un boulot à plein temps ici…

    Qui plus est majesté, je ne suis pas sûre que tout faire exploser joyeusement soit la meilleure solution à l’heure actuelle. Personne ici ne minimise les dangers que représentent les hérétiques depuis ces dernières années mais nous avons encore les moyens de les combattre efficacement. Que ce soit la garde ou les agents de son excellence, aucun n’a encore dévoilé tout son potentiel et on peut encore les contenir. Aux dernières nouvelles, nous ne sommes pas encore en état de guerre civile, la dernière erreur à faire, ce serait de la provoquer nous-mêmes…

    Ce qui allait être difficile avec le jeune empereur qui prenait de plus en plus un caractère de va-t-en-guerre. Il voulait des conquêtes, des batailles, des faits pour qu’on parle de lui. Elle allait devoir lui faire dégonfler l’égo à lui aussi. A quoi cela sert de régner si c’est pour être détesté de son peuple. Surtout que s’il aimait le travail des ingénieurs, il y avait des façons pour lui de mettre son nom dans l’histoire autrement.
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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Mar 19 Juin - 13:19

D'Arken était... Incorrigible. Cependant, cela amusait Ezhekiel plus qu'autre chose. Il n'avait pas son pareil pour enflammer une situation. Il ne doutait pas qu'il serait ravi de lui proposer un homme plus... Plus comme lui. Cependant, à l'heure actuelle, ce n'était pas pensable. Il était réellement satisfait de Genesio.

De toute évidence, son idée plaisait... Enfin, presque. Uriel l'encouragait, malgré sa répugnance à l'égard de la Science. Il en fut supris. Par le passé, il lui avait souvent conseillé d'éviter des mesures aussi... Expeditives. Son idée de base ne lui semblait pas aussi violente et pourtant, dans la bouche de Monsieur d'Arken, elle sonnait comme l'une des plus violentes répréssions qu'Ishtar ait connue depuis plusieurs décennies. Certains pourraient cette méthode éxagérée mais c'était un mal nécessaire pour combattre cette nouvelle forme de révolte qu'était le terrorisme. Plus surprenant encore, le Duc-commandant était lui aussi d'accord. Comme quoi, il était loin d'être aveugle face à la menace. Voilà qui lui plaisait. Peut-être ne serait-il pas si réfractaire que ça aux experiences sur ses soldats...

Il restait, hélas, une ombre au tableau. Si l'idée de répertorier les scientifiques et leurs oeuvres étaient une très bonne idée... En revanche, les propos suivant de Ann lui déplaisaient. Habituellement, son caractère très terre à terre lui plaisait mais ici, il l'irritait plus qu'autre chose. Ce fut assez que pour lui arracher son sourire des lèvres tandis qu'il se remettait à parler.

« Je vous accorde que votre idées de repertorier l'univers scientifique est bonne. Je l'aime. Je suis cependant déçu que vous soyez si réflactaire à l'idée qu'on se serve de ce que est à notre disposition. Nous avons, bien entendu, encore de quoi repousser l'ennemi pendant encore longtemps... Mais pourquoi attendre ? Devrions-nous attendre plus de perte encore avant de réagir véritablement ? Je ne tiens pas à faire exploser la ville entière, cependant, certains quartiers sont réputés pour être des repères de terroristes. Plutôt que mettre des semaines à les fouiller et à mettre la vie de soldats en danger, ne serait-il pas plus simple de les faire exploser ? Même en les vidant de leurs familles et en evitant les pertes civiles, se serait une bonne chose car ainsi, nous diminuerions le nombre de leurs cachettes. 

Bien sûr, ça ne plaira pas à tous... Mais il est rare de faire l'unanimité. Detruire pour mieux construire... C'est un concept qui me plait. »

Il réflechit encore quelques instants et repris la parole ;

« Nous ne sommes même pas obligés d'appeler ça de la destruction ou même de le déclarer au nom de la perte de nos ennemis... Nous pouvons simplement parler d'abattre de vieux bâtiments afin d'améliorer la vie de nos chers concitoyens, afin de reconstruire des bâtiments de bonne facture ».

De cette manière, il ferait d'une pierre deux coups. Il couvrait leur plans et pourrait s'attirer la sympathie du peuple en montrant que le pouvoir Impérial se souciait toujours d'eux. La destruction des vieux quartiers permettrait de mettre à nu les terrains et d'effacer les places fortes de leurs ennemis. Le temps qu'ils se regroupent à nouveau, les agents de l'Empire pourraient en débusquer une bonne part. L'idée qu'il avait lancé un peu au hasard commençait doucement à prendre forme dans son esprit.

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MessageSujet: Re: Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]   Mar 19 Juin - 21:57

"Voir les traîtres et les hérétiques périr sous les coups de la justice impériale me plait toujours, monseigneur le duc."

Un sourire malsain aux lèvres, Uriel visualisait les quartiers rasés jusqu'au sol. Du sang, des cendres, des cadavres, des ruines fumantes... L'idée d'Ezhekiel était ambitieuse et intéressante. Ce qu'il disait était on ne pouvait plus vrai. Et, bien entendu, seul un Walhgren sur le trône pouvait envisager ce genre d'opération à la Capitale. Genesio était d'accord avec lui sur ce point alors qu'Ann perdait l'oreille d'Ezhekiel. Le monde à l'envers. Elle se justifia, s'opposa au projet de destruction... Le Haut Prêtre décida de lui apporter un certain soutien. D'autant plus qu'elle n'avait pas entièrement tort...

"Dame Talfingen n'a pas entièrement tort, Majesté. Je dirais que les chercheurs devraient tous avoir besoin de votre approbation, ou celle du Gouverneur compétent, écrite pour exercer leur... métier. En contrepartie, ils enverraient les rapports concernant leurs travaux. Ainsi, nous pourrions les surveiller sans brider leur... créativité. Et, bien sûr, quiconque ne déclare pas sa loyauté à la Couronne serait pourchassé et puni de la façon qu'il mérite."

Bien sûr, des lettres portant le sceau impérial donneraient l'immunité à leurs détenteurs, face à l'Inquisition... Mais il y aurait toujours des gens à étriper sur la place publique qui refuseraient le contrôle de l'Empereur. L'Empereur qui, dans la vision du futur d'Uriel, devait être au centre de toutes les attentions et de toute loyauté. Si ces hérétiques ne pouvaient se plier aux règles de l'Eglise, ils allaient s'agenouiller devant le Trône. De la sorte, on pourrait efficacement traquer les dissidents et les vrais blasphémateurs.

Quant à l'avis d'Ann sur l'explosion de certaines parties de la ville... Elle ne pouvait pas lutter. D'un point de vue stratégique, l'idée du jeune Souverain était brillante. Sans parler du fait qu'elle allait effectivement apporter des bienfaits au peuple entier. Probablement à la Science également... Mais cela, on n'y pouvait plus rien non plus. Chacun devait lâcher quelque chose. Ezhekiel n'était plus le garçon qui devait se serrer contre son tuteur pour s'endormir. Il était un monarque, jeune et ambitieux. Et il prenait des décisions en conséquence.

Le blond s'adressa aux deux autres conseillers, présents à la table, pourtant, il ne regardait qu'Ann, comme si le Duc ne soit pas là. L'ignorer a toujours été un grand plaisir pour le petit blond. Bien sûr, lorsqu'il ne passait pas son temps à miner son autorité ou l'insulter plus ou moins ouvertement.


"Je rejoins Sa Majesté dans sa vision. De nouveaux quartiers auront la propreté qui siéra à tous, le peuple le premier. De plus, nous allons plus aisément pouvoir contrôler la quantité de cachettes disponibles pour nos ennemis." - Quelle plaie de chercher Marius de l'Ombrage dans ce labyrinthe de vieilles maisons, caves et égouts ! - "Cela prendra sans doute des années pour déloger la population, détruire, reconstruire et reloger tout le monde, mais ce sera quelque chose dont la Capitale se souviendra. Si les résultats seront probants, nous pourrions penser à exporter le concept dans les grandes villes des Provinces..."


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Je vais te frapper tellement fort que ta mère aura mal pendant des semaines... [PV Ezhekiel, Ann et Genesio]

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