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 Maison Torchia - Intermède : Vous prendrez bien une tasse de thé ma chère ? [Mézièle & Aristide]

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MessageSujet: Maison Torchia - Intermède : Vous prendrez bien une tasse de thé ma chère ? [Mézièle & Aristide]   Sam 25 Fév - 16:27

La nuit avait été courte et horriblement longue à la fois. Nathaniel Lazarey avait peu dormi, à demi pétrifié aux côtés de son nouveau maître. Les leçons avaient largement dépassé le cadre de la sculpture et la maîtrise de la terre... Habitué à l'insatisfaction permanente, le blondinet était subitement désarçonné. Il avait perdu toute sa retenue et ses sarcasmes dès qu'Aristide Torchia avait posé ses mains salaces sur sa nuque. Une soirée de pure jouissance s'ensuivit. Puis les choses s'étaient naturellement calmées, l'adrénaline du désir s'était consumée... Que convenait-il de faire à présent ? Le sculpteur avait implicitement exigé la présence de son apprenti au lit à ses côtés. Nate le voulait bien aussi, mais il craignait... Certaines choses. Dès que le jour s'était levé, le novice s'était précipité dans le salon de toilette de leur nouvel atelier. Les précédents propriétaires avaient fait installer ce fabuleux système d'arrivée d'eau. Il fallait normalement attendre pour profiter d'une eau bien chaude mais Nathaniel n'eut pas cette patience. Il prit un bain d'eau glacée, retenant un cri en posant les fesses au fond de la baignoire. Il y resta longtemps, jusqu'à ce qu'il grelotte et que ses lèvres se teintent de bleu. C'était l'aube, l'eau était glacée et les cheminées éteintes. Le novice en profita pour revenir sur les évènements de la veille, en évitant soigneusement de penser au corps nu de l'artiste. On ne souille pas l'eau du bain.

Il avait laissé un mot avant de partir au marché. Il n'avait pas osé déballer les affaires d'Aristide, il avait donc payé ses achats avec ses dernières pièces d'or. Sa petite vieille n'était plus là pour l'entretenir, même si elle semblait n'avoir eu aucune rancune vis à vis de son départ, il était inconcevable de lui rendre visite pour lui quémander quelques pièces.

Tout au long de la journée Nathaniel s'était montré étrangement silencieux. Il avait cependant exécuté toutes les tâches demandées avec un soin tout particulier, lançant parfois un petit sourire en coin à l'artiste. Les évènements de la nuit dernière étaient trop frais, le blondinet ne savait plus tellement comment se comporter, il ne savait pas où il en était. Au soir, il avait fait en sorte de se coucher bien après Aristide. Il avait un peu hésité en arrivant sur le palier du premier étage, partagé entre l'envie de rejoindre le lit de son maître et le besoin de s'enfermer dans l'autre pièce. Il s'isola finalement dans la chambre qui lui était attribuée. Lorsqu'il en ressortit le lendemain matin, il était fin prêt pour recevoir la demoiselle Hellwig. Il avait eu toute la nuit pour se reposer, laisser de côté ses petites hésitations. C'était un jour important pour Aristide, Nate l'avait bien compris. Il ressortit son petit air désabusé et sa démarche désinvolte, rassurant son maître sur son comportement pour la journée. Il fallait toutefois être aveugle pour ne pas noter certains petits changements: l'éclat d'un regard, l'inflexion d'une voix se faisant parfois plus complice, quelques gestes un peu trop mesurés. Oh oui, l'apprenti avait aimé la toute dernière leçon de son maître.

L'heure de la Marquise était enfin venue, cette petite inconnue allait bientôt entrer en scène. Nathaniel était à la fois ravi et déçu de cette intrusion. Il aimait savoir l'atelier occupé uniquement par Aristide et lui. Ils avaient agréablement rangé l'endroit et fait de multiples aller retour pour récupérer tout le nécessaire dans l'ancienne maison du sculpteur. L'arrivée de leur jeune et puissante cliente attisait la curiosité du fils Lazarey. Comment allait-elle se comporter, à quoi allait-elle ressembler ?

Vêtu d'un ensemble propre, entièrement noir comme à son habitude, Nate passa les doigts dans sa tignasse blonde tout en jetant un dernier coup d'œil à Aristide pour s'assurer de son approbation. Le novice ouvrit la porte et s'inclina devant la demoiselle, son petit sourire ironique au coin des lèvres, la chemise négligemment ouverte sur les premiers boutons. La représentation continuait de plus belle.

« Soyez la bienvenue Marquise. Nous espérons avoir convenablement préparé votre venue, n'hésitez pas à me demander quoique ce soit. Nathaniel pour vous servir... Si l'émerveillement causé par l'une des statues sculptées par le génie ici présent peut consumer toutes vos journées, l'attente face à l'artiste en plein travail n'est pas supportable pour tout le monde... Je tâcherais donc de vous rendre le temps moins long si vous me le permettez Marquise. »

De son côté, Nate ne pouvait se lasser de voir son maitre à l'œuvre. Il y songea furtivement et rougit, conduisant d'un pas souple la demoiselle près d'un fauteuil, une expression polie mais pétillante au coin des lèvres. La réplique allait maintenant au philosophe et à sa jolie cliente.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Intermède : Vous prendrez bien une tasse de thé ma chère ? [Mézièle & Aristide]   Sam 25 Fév - 17:34

Aristide a dormi comme un bienheureux. Appliquant sa propre philosophie, il ne se souciait de rien et ne laissait pas des considérations absurdes lui voler son sommeil. Réaliste, il savait que le sexe était quelque chose de merveilleux (surtout dans les conditions énoncées dans les scènes précédentes) mais qu'il avait également beaucoup de travail. Au petit matin, il fut encore surpris par les services que Nathaniel jugeait bon de lui rendre. A la limite, l'esclave n'était pas nécessaire... Enfin... Si, mais uniquement parce que le jeune Lazarey allait devoir passer plus de temps à apprendre à maîtriser la terre qu'à servir les caprices de son maître. Même si toutes les attentions étaient délicieuses pour le sculpteur qui y voyait, ô surprise, une sorte de culte à sa géniale personne.

A deux, partageant bien sûr les ressources financières d'Aristide, ils durent acheter et faire livrer des meubles pour l'atelier et le salon qui allait s'y coller, le service à thé, de quoi accompagner ce dernier, ils installèrent l'atelier lui-même... Sans parler du fait qu'il leur fallait préparer également des vêtements pour le grand jour. Après, avec un peu de chance, ils n'allaient manquer de rien. Plus de rien ! Le soutien de la jeune Hellwig aurait suffit à n'importe quel artiste avide d'argent.

Sans s'en rendre vraiment compte, le chevalier avait saisi que Nathaniel n'allait pas passer la nuit avec lui. D'ailleurs, il n'en demanda pas tant. Dans ce lieu nouveau, il avait envie de pratiquer son art. La soirée passa à cela. Il montra tous ses outils à son disciple, ainsi que quelques techniques de dessin et, surtout, de sculpture. Il le laissa pratiquer sur un petit bloc d'argile. Lui-même avait attaqué une pierre plus importante, la lissant et lui donnant la forme d'un oeuf géant. De la taille d'un petit enfant, la pierre d'un teint cuivré était remarquable. Le marchand avait prétendu qu'elle venait de Talaar, ce qui était parfaitement concevable d'ailleurs. Lorsque le jeune homme alla dormir, Aristide nota à peine son absence. Il passa la moitié de la nuit à enlever le haut de la coquille pour faire éclore un oisillon de pierre. si l'animal n'était pas encore fini, on pouvait déjà voir ce qu'il y avait. Mais le philosophe donna cher en matière d'énergie et décida de dormir un peu, malgré l'excitation du jour suivant. La fatigue lui fit rapidement oublier sa solitude au lit. Ce n'était pas pour un soir.

Levé aux premières lueurs, il se lava, se rasa, s'habilla et se parfuma. Élégant, mais muni d'un tablier, le protégeant des poussières et autres incommodités de l'atelier, il travailla jusqu'à l'arrivée de la marquise. L'oiseau n'avait plus besoin que de quelques touches finales. De derrière ses lunettes, l'homme regardait le monde d'un air passionné par son art. Il devint lui-même dès que son apprenti fit entrer sa cliente. Et, cela va de soi, il se mit à parler. Comme toujours. Avant, il s'inclina tout de même.

- Mademoiselle la marquise... C'est un honneur de vous accueillir dans ce lieu qui vient d'être fraîchement destiné à l'art. Cela grâce à votre bonté et à votre excellente idée de cadeau pour votre célèbre frère. - Le sculpteur s'essuya les mains avec un chiffon mouillé et le déposa sur l'une de ses tables. Il enleva aussi le tablier. - Vous voici donc en présence de l'original de ma dernière oeuvre. Elle est d'ailleurs ici également, je l'ai faite porter ici, afin que vous puissiez comparer...

En effet, l'exposition au Palais des Arts cessa, dès qu'Aristide se lança dans ses préparatifs. Le Nathaniel surpris trônait sur un piédestal en bois. Sa ressemblance avec le vrai garçon avait de quoi rendre fière l'artiste. Il devait beaucoup à ce garçon... Il lui fit un signe.

- Puis-je vous proposer du thé, mademoiselle ? Nathaniel s'en chargera. Je vous en prie, prenez place, où bon vous semble... Avez-vous eu le temps de concrétiser vos désirs quant à la représentation de monsieur le Sénateur, votre frère ? A moins que vous ne désiriez une démonstration de mes talents immédiatement ?

Il ne s'installa pas encore, debout, à quelques pas du fauteuil choisi par la marquise. Il était prêt à servir. A Fintasy, le concept était crucial. Pour bien négocier, il fallait voir dans le client le seigneur et maître local. Là, c'était encore plus vrai, d'autant plus que sire Torchia était prêt à danser comme une marionnette pour la jeune fille, si celle-ci le payait assez...
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Intermède : Vous prendrez bien une tasse de thé ma chère ? [Mézièle & Aristide]   Dim 26 Fév - 17:35

L'invitation avait bel et bien été déposée au Palais des Arts, comme elle l'avait demandé à l'artiste. Et aussitôt la petite missive récupérée, la jeune Marquise était remontée dans la calèche, tendant l'adresse au cocher.

Tôt le matin elle s'était activée, heureusement Ulrich partait et n'aurait pas à lui poser les sempiternelle question de grand frère sur-protecteur. Devant le grand miroir de la commode, sous la lumière dorée du matin, Mézièle s'assurait d'être présentable. En fait, fixant son reflet dans la glace, elle songeait à ce qui l'avait poussée à demander cette rencontre, ce qui avait fait qu'elle n'avait pas même pensé jeter un œil à ce que faisaient les autres artistes. Pourquoi ? Parce que l'air innocent, surpris, de Nathaniel avait capté toute son attention ? Était-ce Nathaniel qui lui avait plus le plus ou l'oeuvre d'Aristide Torchia ?

Rapidement elle avait chassé ces pensées, le pourquoi du comment importait peu de toute manière, l'artiste avait ses preuves à faire et elle, elle voulait le voir à l'oeuvre tout autant que de pouvoir voir de ses yeux vus le jeune apprenti. Deux gouttes de parfum, son éternel mais envoûtant parfum de fruits et de miel, un coup de brosse dans ses longs cheveux platine et elle dévala l'escalier, lançant simplement aux serviteurs qu'elle partait en balade, essuyant l'éternel «Oui mais Mademoiselle, laissez au moins l'un de nous vous accompagner, pour votre protection!». Non. Une fois de plus elle sortirait seule, mais cette fois elle ne traînerait pas dans les rues, elle savait très bien où aller pour la suite des choses.

C'est donc une petite jeune femme, une très jolie jeune femme, qui se tenait là, sur le pas de la porte, le visage assombri par la large capuche de sa cape.

- Bonjour. Enchantée... Nathaniel.

Elle avait sourit, un sourire radieux, abaissant sa capuche d'un geste presque solennel. Et tandis que Nathaniel faisait les présentation, les courbettes d'usage, elle, elle l'observait. Si elle voyait dans ses paroles tout l'aspect commercial de la chose, elle n'en fît pas remarque, trop absorbée qu'elle était à décrypter son regard, ses traits, ce qu'il dégageait au delà de son air avenant imposé par «l'affaire». Puis il la conduisit dans la vaste pièce où l'artiste avait cessé son travail pour l'accueillir lui aussi en bonne et due forme, échange commercial sous couvert de convenance, cela allait de soi et ce n'est pas la petite Dame d'Hellwig qui en serait dupe.

Un salut poli de la tête, elle retira sa cape qu'elle laissa tomber sur le bras du fauteuil. Un sourire d'enchantement et elle partait déjà vers cet œuf et l'oisillon en émergeant, curieuse et observatrice, tournant ainsi le dos à ses «employés» dirait-on.

Hissée sur la pointe des pieds, tendue vers cet oisillon de pierre, elle semblait bien songeuse, contemplative peut-être. La traîne de sa robe aux tons champagnes, coupée court au devant et dévoilant des cuisses blanches et très probablement douces au toucher, avantageait sa croupe et honorait la découpe de son petit corps aux airs fragile. La jeune femme n'était pas de l'archétype aristocratique malgré tout ce qu'elle pouvait dégager dans ses riches apparats, elle détonnait à vrai dire et par chance, ça lui conférait un petit air de fraîcheur et tout cela au delà de la beauté qui en émannait.

- On peut presque l'entendre piailler...

Elle sourit en se retournant, ravie. Puis marchant quelque peu dans l'atelier, observant l'endroit sans cet air suffisant que pouvaient avoir ses semblables de la haute, elle fini par sourire à Nathaniel, ses prunelles ambrées braquées sur lui.

- Je prendrai un peu de thé... et de la fleur d'oranger, si vous avez.

Puis elle tourna son attention sur Aristide pour continuer d'un ton plus «commercial».

- En ce qui a trait à ma commande, j'aimerais vous voir à l'oeuvre d'abord. Mais disons que les choses ont été mises en branle, vous pourrez bientôt croquer le portrait de mon frère et, enfin, l'immortaliser dans la pierre.

La jeune Marquise s'approcha du philosophe, le regard insistant, pour finalement prendre place dans le fauteuil prévu à son effet, patiente elle attendrait qu'il débite encore son flot de rhétorique marchande ou se mette au travail, préférant de loin la seconde option ; pour elle, les gens qui parlent trop ont des choses à cacher.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Intermède : Vous prendrez bien une tasse de thé ma chère ? [Mézièle & Aristide]   Lun 27 Fév - 21:30

Un petit air tourmenté perçait de temps à autre derrière le sourire finement ironique du jeune Lazarey. Son maitre pouvait bien se vanter de lui avoir fait de l'effet.

Nathaniel assistait à un spectacle qui n'avait pas de prix: Aristide Torchia s'aplatissant devant une frêle et jolie demoiselle. Le blondinet se tenait à quelques pas de la Marquise, il lui jetait de petits regards confiants et amusés puis détournait les yeux vers le sculpteur pour mieux profiter de la scène. Mézièle Hellwig s'était montrée tout à fait charmante, son parfum à la fois sucré et acidulé se répandait dans son sillage, une odeur bien singulière parmi cet amas de pierre et d'argile, mais pas désagréable. Nate s'était attendu à une demoiselle plus hautaine et moins enthousiaste. Il trouvait cependant qu'elle le dévisageait avec un peu trop d'insistance... Mais c'était prévisible et il fallait s'y soumettre. Ce n'était pas si terrible après tout, c'était bon pour le commerce.

La toute dernière œuvre de l'artiste faisait déjà fureur. Nathaniel rejoignit leur invitée et commanditaire, il admira pendant quelques instants l'œuf. En observant de près les courbes saillantes de la pierre, il pensait surtout aux gestes que le sculpteur avait du faire pour extirper ces lignes délicates de la matière brute.

« On peut presque l'entendre piailler... »

Le blondinet parvint à chasser ses pensées parasites, il trouva même une petite boutade à ajouter d'un ton faussement sérieux :

« Il va peut-être surgir de sa coquille et se percher sur vos cheveux, qui sait ? »

Nathaniel soutint aimablement le regard de Mézièle pendant quelques secondes avant de s'éclipser poliment pour préparer le thé. Tout en cherchant dans leurs acquisitions de la veille de la fleur d'oranger, il entendait Aristide et la Marquise marchander. Il revint peu après dans l'atelier, portant sur un plateau flambant neuf un service à thé qui n'avait encore jamais servi. Le liseré d'or des tasses était flamboyant. Il s'accordait à merveille avec la robe de la Marquise.

Sur une musique que lui seul entendait, le fils Lazarey apporta le plateau auprès de leur invitée et lui tendit sa coupe en une petite révérence ironique. Il n'y avait rien de trop insolent dans son attitude, rien qui puisse réellement offenser la demoiselle. Pour qui était assez observateur, il n'était pas difficile de comprendre qu'il détournait convenances, y ajoutait une petite pointe de malice juste pour le plaisir de transformer l'ennuyeuse banalité règlementée en un petit spectacle improvisé.

« Du thé blanc, j'ai déposé la fleur d'oranger dans cette petite coupelle à côté, vous pourrez doser à votre convenance. A moins que vous n'osiez m'accorder entière confiance pour votre breuvage ? Si cela ne tenait qu'à moi, je l'aurais bien corsé avec quelque chose de plus fort. Mais je doute que cela soit permis... D'autant plus que c'est de vous dont nous avons besoin, de vous toute entière, avec toutes vos facultés, pour nous donner votre verdict... »

Nate ponctua ses paroles d'un petit clin d'œil ravi, s'empressa de poser une tasse près d'Aristide et revint près de Mézièle. La statue qui le représentait en pleine surprise trônait à quelques pas. Lorsque le sculpteur et la Marquise se furent accordés, le blondinet accapara de nouveau l'attention de la demoiselle. Aristide lui revaudrait ça, le jeune Lazarey se promettait de le lui rappeler à un moment opportun. Nathaniel n'était pas dupe, la puissante Hellwig s'intéressait à lui. Jusqu'à quel point ? Pour quel motif ? Le noble déchu n'en savait rien. Il ne perdait rien à encourager Mézièle à se dérider. Au contraire. Tout le monde y trouverait son compte, le sculpteur en particulier. La demoiselle serait divertie et le novice aussi. Pourquoi ne pas en profiter ? Sous ses airs inoffensifs elle avait l'air plus avisée qu'elle ne le laissait croire, c'était un bon auditoire. Nate n'avait pas besoin de se faire prier pour engager la conversation avec elle. Les besoins d'Aristide passaient avant tout, néanmoins la mission en elle-même n'avait rien de désagréable.

« Alors mademoiselle la Marquise, quelle est votre sentence ? Que préférez-vous, la statue ou le modèle ? Je dois avouer que cette expression figée à jamais dans l'argile me chagrine un peu, je ne suis vraiment pas à mon avantage... »

Nathaniel s'était posté juste à côté de son avatar immobile. Tout en s'adressant à Mézièle il prenait quelques poses, son visage passant délibérément par tout un panel d'expressions complétement contradictoires. S'il réussissait à dompter ses traits à volonté, il ne parvenait pas à éteindre l'éclat amusé de ses yeux. Et quelques fois, il y avait toujours cette ombre furtive qui l'enveloppait. Il la chassait d'un demi sourire, elle revenait de longues minutes après et puis la valse endiablée recommençait.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Intermède : Vous prendrez bien une tasse de thé ma chère ? [Mézièle & Aristide]   Lun 27 Fév - 23:09

Tout se déroulait correctement : Nathaniel jouait son rôle de domestique et la demoiselle semblait sur la bonne voie vers la conclusion qui arrangerait tout le monde, à savoir une commande. Et pas n'importe laquelle. Une statue de marbre, grandeur nature, d'un homme aussi puissant et riche que son frère pouvait valoir largement mille pièces d'or, rien que pour les matériaux et le travail. Ajoutez à cela un petit bénéfice et les deux hommes pourraient s'acheter leur esclave et vivre plusieurs mois, sans se soucier de leur survie. C'était largement le temps nécessaire pour convaincre la marquise qu'elle, et toutes ses connaissances, avaient besoin de leurs services.

Si Ulrich Hellwig lui-même était satisfait par une oeuvre du chevalier Torchia, la nouvelle ferait tour du milieu artistique de la Capitale en un rien de temps. On allait s'intéresser à lui et lui commander moult choses, des statuettes aux ornements des demeures de la plus haute noblesse. Aristide s'imaginait déjà tout cela, alors que son apprenti préparait du thé. La marquise admirait son oiseau. Il n'était pas encore fini, même si on ne pouvait plus se tromper sur ce qu'il allait représenter. Souriant, ajustant ses lunettes sur son nez, le chevalier reprit la parole :

- C'est de cela même que je vous parlais, mademoiselle ! Capturer l'instant présent, immortaliser ce qu'il y a de beau et plaisant dans le monde. Les garder à tout jamais devant nos yeux, léguer les meilleurs souvenirs de notre vie à la postérité. Si... - Aristide sourit. Il n'y avait pas de petits profits. - Si vous le désirez, mademoiselle la marquise, je peux le faire livrer à votre demeure, dès qu'il sera terminé. Et ce sera pour bientôt... Je dirais demain. Mon art nécessite du temps et de la contemplation. Ce qui semble achevé pour un oeil inexpérimenté est souvent grandement incomplet pour un expert. Je me dois de regarder mes oeuvres sous tous les angles, avant d'affirmer que j'ai fini quelque chose. On reconnaît un vrai maître à son implication dans ce qu'il fait. Et c'est d'autant plus important lorsqu'on exerce le plus beau des arts...

Puis Nathaniel arriva avec leur service à thé, digne de la vraie noblesse. Aristide était chevalier, ses ancêtres avaient le sang bleu et il comptait bien le faire savoir au monde entier. Détenteur de la lettre de noblesse familiale, il n'hésitait pas à se baisser au possible, pour obtenir de la reconnaissance. Et, surtout, de l'argent, indispensable pour faire partie des "importants". Il se fichait du pouvoir politique, mais voulait qu'on le reconnaisse et qu'on l'admire. Pourtant... sa mère lui accorda beaucoup de câlins, lorsqu'il était petit... Allez savoir, d'où ça vient, ce besoin de gloire.

Bref, le maître lança un regard inquiet à son apprenti. Était-il en train de parler de saouler ou droguer leur cliente ? Certes, il était petit, mignon et, espérons, il plaisantait. Mais quand même... C'était la première fois, où elle le voyait. Et ils n'avaient pas couché ensemble a priori. Enfin bon, peu importe. La marquise avait exprimé son désir et Aristide n'allait pas la contrarier. C'était d'ailleurs prévu : il devait lui montrer sa façon de travailler. Ayant bu encore du thé avec la demoiselle, alors que son élève jouait son rôle à merveille. Tout allait dans le bon sens. Il se leva, s'inclina et alla chercher son tablier. Le nouant, il demanda :

- L'argile vous convient-il pour la démonstration ? Cette matière souple me permettra d'obtenir un résultat visible dans un délais raisonnable. Avez-vous un souhait quant à la forme que ce bloc devrait prendre ?

L'artiste prit un cube d'argile et le plaça sur une petite table, en périphérie de l'atelier, proche de la partie "salon". Avant de se mettre au travail, il claqua des doigts et fit un signe à Nathaniel pour que celui-ci mette le paravent entre Mézièle et lui. Hors de question que la demoiselle regarde Aristide travailler. Il y avait des secrets qui ne se partageaient pas. Puis... l'excentricité n'était-elle pas le propre des artistes ?

- Vous m'excuserez, mademoiselle, mais je me dois de cacher mon travail aux yeux extérieurs. Une superstition artistique... Je vous demande d'être indulgente avec moi... Bien... Me donnez-vous l'autorisation de commencer ? Nathaniel est tout à votre disposition pour vous servir au besoin.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Intermède : Vous prendrez bien une tasse de thé ma chère ? [Mézièle & Aristide]   Ven 2 Mar - 19:50

Dans sa contemplation de l'oeuf et son poussin, la jeune Marquise entendit tout juste la boutade de Nathaniel. Aussi eût-elle malgré tout un sourire amusé en le regardant s'éclipser. Les considérations marchandes furent entamées avec Aristide, il avait bien capté toute l'attention que la jeune Hellwig portait à son oisillon et ne se fît pas prié pour lui trouver déjà une place où trôner cher elle. Hochant la tête aux détails techniques qu'exposait l'artiste, Mézièle fini par dire :

- Vous le ferez livrer chez moi, dans ma propre villa, dès que j'aurai réglé tous les détails. Je ne veux pas que cette statue ne vende la mèche à mon bien aimé Frère.

Allait-il essayé de lui refourguer toutes ses œuvres jusqu'à ce qu'elle croule sous elles ?!

Déjà les effluves du thé lui chatouillaient les narines tandis que Nathaniel revenait avec le service. De ses doigts délicats, elle prit l'anse de la tasse et en huma le contenu fumant, souriant en quoi aux moqueries théâtrale du jeune apprenti. Oh ! Suggérait-il vraiment de la décoincer ? Pourtant il ne lui semblait pas être si ancrée que cela dans les convenances somnifères de l'aristocratie. Il verrait bien tôt ou tard qu'elle aussi savait «jouer».

Et puis ils en venaient à l'ultime sujet, celui qui les avait mené tous trois ici : la statue du Nathaniel figé dans cette expression de «pris sur le fait».

- Hé bien...

La jeune dame c'était approchée pour palper le visage, la gorge, le torse (par dessus le tissu, ça va de soi) du Nathaniel de chair, lui inculquant ce qu'elle croyait être, et à raison, l'expression qu'Aristide avait reproduit dans l'argile.

- Le jeune homme d'argile est bien moins bavard que celui de chair...

Elle passe devant Nate, son visage tout près du sien, le regard joueur et le sourire au coin des lèvres.

- Mais le modèle vivant est bien plus...

Un pincement de lèvres et elle glisse maintenant ses doigts sur celles de Nathaniel avant de le relâcher et se tourner vers Aristide.

- … Plus vivant...

Elle avait osé un premier contact, donnant peut-être un peu mieux le ton de ce qu'elle était «capable», ramenant Nathaniel sur le plancher des vaches : c'est elle qui avait le pouvoir.

- L'argile ce sera parfais. L'argile c'est primaire, brute mais ce peut être tellement soigné. Et je ne doute pas de vos capacité en la matière... seulement j'aime voir de mes yeux vus.

Un sourire de plus. Elle aussi savait flatter. Une gorgée puis elle se penchait pour ajouter un peu de fleur d'oranger.

Oh ! Mais il trichait le bougre ! Nathaniel étendait déjà le paravent. Soit.

- Placez-vous près de la fenêtre, juste devant. La lumière fera jeux d'ombre et ainsi à contre-jour je pourrai vous voir travailler sans violer vos petits secrets...

Ça n'avait pas la sonorité d'une suggestion, ce n'en était d'ailleurs pas une. Croyaient-ils vraiment qu'elle n'avait d'autre exigences que d'être là, simplement là, au prix où elle les payait, les payerait ?! Lentement, la Marquise s'installa dans le fauteuil, repliant soigneusement sous elle a traîne de sa robe, glissant ses cuisses jointes et dénudée légèrement contre le fin tissus, assise en amazone, tasse en main. Elle voulait une démonstration, elle l'aurait.

- Venez près de moi, Nathaniel. Expliquez-moi les mouvements...

Elle tapota le bras du fauteuil, l'invitant sans gêne.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Intermède : Vous prendrez bien une tasse de thé ma chère ? [Mézièle & Aristide]   Lun 5 Mar - 10:18

Aucune femme vivante ne s'était permis de toucher Nathaniel Lazarey ainsi, à moins d'y être invitée en échange de quelques pièces d'or. En l'espace de deux jours, le blondinet s'était déjà fait indécemment palper par deux fois. Il y avait peu de chances que les explorations de la Marquise se terminent de la même façon que celles d'Aristide. Était-ce vraiment une bonne chose ? Nate ne parvenait pas à se décider. Il était en recherche constante de nouveauté et de sensations, bien que comblé de longues heures plus tôt, ce n'était pas dans ses habitudes de cracher sur la première Marquise venue. Au delà de son propre divertissement, une Hellwig satisfaite serait une Hellwig prompte à ouvrir les cordons de sa bourse. Néanmoins... Ne venait-elle pas d'insinuer que le blondinet était un peu trop bavard ? Nathaniel prit un air contrit et une moue triste. La marquise n'en avait pas encore terminé avec lui. Le novice tourna machinalement le regard vers son maitre, une, deux, trois petites secondes. Des doigts fins glissaient sur ses lèvres.

« Mais le modèle vivant est bien plus... Plus vivant... »

Elle se répétait. Nate esquissa un large sourire, un peu angoissant. Il sauta sur l'occasion. Il s'était fait dominer les minutes précédentes, il s'était laissé caresser sans broncher... A présent il tenait à montrer qu'en dépit de la douceur agréable des mains de la Marquise, il ne serait jamais un joli petit pantin blond obéissant à tous ses caprices.

« On est à court de mots mademoiselle ? »

Le sourire de Nathaniel se fit moins large, plus complice. Le novice espérait qu'elle ne se formaliserait pas face à ses manières. Il n'avait pas caché le genre d'homme qu'il était depuis le début de l'entrevue, la Marquise commençait sûrement à s'y habituer... A apprécier peut-être ? Il fanfaronnait depuis qu'elle était entrée, il ne pouvait pas lui en vouloir d'avoir essayé de lui rendre la monnaie de sa pièce en posant autoritairement ses petites mains sur lui. Mézièle Hellwig les payait. Aristide et lui étaient à son service. Nate fit une petite révérence pour excuser son attitude, puis il commença à placer le paravent selon les souhaits de son maître et de la Marquise.

Tant pis pour le sculpteur et sa "superstition artistique". Nate observait le chevalier, avide de voir ce qu'il allait inventer pour s'en sortir sans encombre. C'était maintenant à Aristide de se plier aux désirs de la demoiselle. Terminant de placer le paravent, Nathaniel s'assura en quelques coups d'œil de la sécurité du philosophe. Le voir en victime soumise était particulièrement délectable... Mais il était élève et complice. Le blondinet ne souhaitait pas se divertir aux dépends d'Aristide Torchia. Il avait ses raisons.

« Les mouvements ? »

Le novice obéit docilement à la Marquise, se plaçant négligemment à l'endroit précis qu'elle avait indiqué. Il en avait des mouvements à lui expliquer... Tout d'abord, les caresses au creux de la nuque puis les baisers et puis après...

« Hum. Mon maître ne vous a-t-il point prévenue ? Je suis à son service depuis peu. Pour tout vous dire, il a sculpté le buste que vous aimez tant le jour de notre rencontre. J'ai eu l'occasion d'apprendre quelques petites choses depuis, je ne sais pas si mes mots peuvent lui rendre hommage... » Nathaniel se trémoussa sur le rebord du fauteuil, avant de commencer les explications. « Il y a des artistes incapables de faire tenir la matière par elle-même. Certains utilisent des armatures de bois ou de métal pour façonner leurs sculptures. Bien sûr, cela ne se voit pas lorsque l'œuvre est achevée, mais quand même... Croyez-moi, j'ai déjà vu mon maître à l'ouvrage. Avec lui vous pouvez être certaine que votre statue n'utilise pas ce genre d'artifices. Aristide connait son métier. Il sait comment s'y prendre. Précisément. Je crois qu'une sculpture en ronde-bosse sera plus appropriée pour votre frère – c'est bien cela ? Pouvoir admirer la statue sous toutes les coutures est un effet des plus impressionnants, c'est majestueux, beaucoup plus détonnant qu'un simple bas-relief... »
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Intermède : Vous prendrez bien une tasse de thé ma chère ? [Mézièle & Aristide]   Lun 5 Mar - 17:55

Aristide obéit en souriant malicieusement. Noble, riche, puissante, aucune importance : elle ne saisissait pas ce qu'il voulait cacher. Elle pouvait voir les contours de son travail. Tout était dans le détail, son secret y était en tout cas. Tout ce qu'elle allait percevoir, c'était lui, touchant l'argile. Quoi de plus normal, sachant que l'argile était assez souple ? La marquise n'allait jamais se rendre compte par contre qu'il manipulait la matière de sa volonté, créant des creux et des bosses, comme il le désirait... Parce que l'argent, c'est bien. Être en vie et ne pas fini occis par un inquisiteur, c'était mieux. L'amitié du frère de la demoiselle avec le Haut Prêtre fanatique et surpuissant en terme de magie n'était pas un secret : les informations pourraient voyager trop vite pour qu'Aristide puisse fuir en Province.

Bref, il laissa la marquise avec Nathaniel, bien qu'il avait des remarques à faire au jeune homme, et s'isola derrière le paravent. Immobile pendant un moment, il chercha quelque chose qui l'inspirerait... Les demoiselles aiment les animaux, n'est-ce pas ? Celle-ci appréciait l'oisillon... Alors autant s'inspirer du règne animal. A mains nues, il caressa le bloc, le massa, tournant autour, jusqu'à le transformer en une demi-goutte d'eau, couchée sur son côté plat. Vaguement, il écoutait la conversation qui se déroulait à côté. Il était absorbé par son travail, mais beaucoup de choses se jouaient sur autre chose que son oeuvre. Ainsi, il ne pouvait se permettre une concentration absolue, il se devait d'écouter Nathaniel débiter ses belles paroles, jouer avec le feu. A un moment, Mézièle n'allait pas apprécier l'une de ses plaisanteries et sortirait en claquant la porte. Aristide ignorait si le jeune homme se rendait vraiment compte à quel point ce genre de personnes pouvaient démolir des vies.

Pour créer l'illusion qu'il sculpte vraiment son animal, il sortit de derrière le paravent pour prendre quelques outils en bois. Piques, scalpels, crochets... Tout ce dont il pourrait avoir besoin pour façonner les détails de sa petite bête immobile. Il en profita d'ailleurs pour parler. Pour changer, bien sûr.

- Nathaniel dit vrai, mademoiselle la marquise. Je ne peux hélas vous proposer de compagnie plus compétente en la matière, car ce garçon ignore encore ce qu'est vraiment l'Art. Je prétends pouvoir l'éduquer ce qui, je ne vous le cacherait pas, n'est pas encore une affaire certaine. Mais il est certain qu'il a du talent. Un jour, il sera capable de vous servir au même titre que moi, s'il travaille avec beaucoup d'application. - Aristide fit un geste en direction du bloc de granit auquel il attacha Nathaniel la nuit précédente, afin de lui faire la fellation de sa vie. - Il est comme ce bloc. Beau, certes, mais sans forme, sans utilité aucune. Cependant, son potentiel est grand et, entre les mains d'un maître, il deviendra lui-même un artiste des plus capables.

Ayant dispensé sa sagesse, le sculpteur disparut à nouveau derrière cette fine barrière qui protégeait ses secrets et continua son travail. Il se mouvait autour du piédestal sur lequel il travaillait, imitant les gestes d'une grande précision. En réalité, le seul geste qui comptait était le va-et-viens de ses mains en l'air qu'il exécutait au-dessus de la statue. Sur la majeure partie de la forme de base, des piques poussaient, denses comme des cheveux. Le hérisson prenait* forme. Une fois les piques finies, Aristide le tordit légèrement, redressant sa tête, le mettant presque en mouvement, lui donnant une impression de vie. Dernier détail : la tête. Là, il devait sculpter pour de vrai, ce qui prit plus de temps. Le petit museau mignon semblait remuer, ses yeux fixaient leur créateur. Par-dessus ses lunettes ce dernier regarder la clef de son succès d'un air avide. S'il plaisait à la demoiselle, le hérisson allait servir d'emblème de richesse à Aristide, chevalier Torchia.

Merveilleux. Au bout d'une grosse demi-heure de travail, appuyé par la magie et des artifices divers, Aristide avait fini son oeuvre. Rien d'exceptionnel en matière de contenu, mais une réalisation qui rendait le petit animal vivant. Se montrant à nouveau, l'artiste s'essuya les mains et fit signe à Nathaniel de retirer le paravent. Au bon moment, le sculpteur s'inclina invitant la demoiselle à venir contempler son travail.

- J'espère que ce sujet vous plaira, mademoiselle. Bien entendu, un travail plus compliqué ou dans une autre matière prendrait beaucoup plus de temps. Je me suis contenté de quelque chose de réalisable. Cela vous plait-il ?


*En hommage à Ezhekiel qui comprendra.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Intermède : Vous prendrez bien une tasse de thé ma chère ? [Mézièle & Aristide]   Sam 21 Avr - 22:30

- Si vous connaissez un mot plus juste que «vivant», n'hésitez pas à me l'enseigner, Nathaniel.

Sourire au coin des lèvres, la petite Marquise ne releva pas la moquerie plus que ça. Elle préférait d'ailleurs ces petites entorses au «protocole» aristocratique au sérieux et la fierté imbue d'Aristide même si elle reconnaissait son talent. Affinité d'âge aussi, peut-être.

Quand Nathaniel l'eût rejoint, assis sur le bras du fauteuil, Mézièle fit aller son regard des ombres projetées derrière le paravent au jeune homme, l'observant surtout du coin de l'oeil, écoutant ce qu'il lui enseignait de l'art comme lui l'entendait, comme son Maître le lui avait appris même en peu de temps. Elle hocha la tête, captant ce dont il parlait, cette façon de faire propre à Aristide, un art maîtrisé finement en somme.

Oh ! Elle n'est pas dupe, c'est plus complexe que ce qu'elle voit mais elle se garde bien de tout commentaire à propos de ce «secret» qu'il tient à garder. C'est le résultat qui compte après tout, non ?

- Et vous ? Où en êtes vous dans votre pratique, Nathaniel ? J'aimerais aussi vous voir à l'oeuvre.

Elle incline un peu la tête, un mine curieuse et suppliante affichée sur le visage. Évidemment qu'elle est curieuse et en même temps elle ne se cache pas de vouloir connaître un peu mieux l'apprenti ; évidemment le tout est convenable, elle n'oserait pas outre-passer les limites de la décence. Et puis, sait-elle seulement ce qu'est l'indécence ? Sait-elle seulement quelque chose de la vie au delà le voile doré tissé pour elle par l'Ombre ?

La Marquise c'était levée et marchait un peu vers les instruments posés le plus loin d'Aristide, le plus près d'eux. Elle fit courir ses doigts délicats, ses petits doigts ivoirins, sur les pages d'un cahier de croquis.

- Permettez ?

Et déjà elle prenait les fusains posés tout près. C'est elle la patronne après tout !

- Asseyez-vous, Nathaniel. Dans le fauteuil, je vous prie.

Et du plat de la main, qu'elle posa contre son torse, elle le poussa gentiment pour le faire tomber du bras du fauteuil sur l'épais coussin de siège. Le parfum de miel fruité de la jeune femme s'éleva comme pour ajouter candeur et attraction au geste. Un sourire taquin aux lèvres, elle allait à reculons pour prendre une certaine distance de son «sujet».

Alors à bonne distance, Mézièle lèva son fusain devant ses yeux à la verticale, ferma un œil et pince un peu sa langue sortie entre ses lèvres ; le portrait type de l'artiste comme le «peuple» l'entend... le gros cliché qui fait sourire. C'est qu'elle est mignonne la petite Marquise en fausse artiste.

Mais contre toute attente, la jeune femme tire vraiment le cahier à elle et s'applique à griffonner, relevant les yeux sur le jeune homme à plusieurs reprises, et tant pis s'il bouge trop, il aura un croquis en mouvement ! Ça l'amuse, on peut le lire sur ses traits ; elle est plus que facile à vivre cette jeune femme, elle est bien plus simple et proche des réalités de la vie qu'elle n'en laisse paraître, c'est tranchant et amusant tout à la fois. C'est peut-être ce qui fait sa force... ou alors est-ce une faiblesse encore inutilisée ?

Alors qu'elle était concentrée à sa tâche, Aristide appela silencieusement son apprenti pour qu'il retire le paravent et dévoile le hérisson finement sculpté. Voyant son modèle se levé, la Marquise cessa son croquis, posant fusain et cahier à plat sur le meuble, s'approchant ensuite pour voir l'oeuvre de plus près et avec grand intérêt. Le croquis incomplet, exposé à la vue de qui s'en approchait assez, n'était pas trop mal pour le résultat d'une main profane, certes sans grande technique mais appliquée, désireuse.

- Oh !

Elle se mit à tourner autour de l'oeuvre, scrutant détails sur détails.

- C'est délicat. Mignon.

Elle sourit. C'était bien léger comme commentaire ça, non ?
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Intermède : Vous prendrez bien une tasse de thé ma chère ? [Mézièle & Aristide]   Dim 22 Avr - 1:22

« Je connais beaucoup de choses mademoiselle, mais je n'ai pas beaucoup pratiqué. Je ne tiens pas à vous faire l'offense de me voir travailler ici et maintenant. Plus tard j'espère, si cela vous intéressera toujours. »

Le blondinet s'était exprimé avec une humilité sincère. Mézièle Hellwig le questionnait sur l'art de la sculpture, Nathaniel s'était épanché sur sa maîtrise de la terre, le seul art qu'il connaissait... Poussée au delà de ses faibles limites, la technique du fils Lazarey pouvait mettre fin à l'existence de la Marquise en un rien de temps. Il ne parvenait pas à contrôler les volumes imposants, la matière avait tendance à se retourner contre lui lorsqu'il voyait trop grand. Un problème qu'il comptait bien régler avec l'aide de son Maître.

Calculateur invétéré ou rodé pour ce genre de mascarade ? Aristide pensait à tout, se chargeant de quelques ustensiles inutiles pour entretenir l'illusion face à la Marquise. Il allait en utiliser un ou deux peut-être... Mais pas tout de suite. D'abord la critique... Puis une cascade d'éloges. Nathaniel haussa les sourcils, échangeant un petit regard interloqué avec leur jolie mécène. Difficile de déterminer le degré de sincérité du Chevalier Torchia lorsque l'argent et la renommée étaient en jeu. Les paroles du sculpteur étaient telle l'huile nécessaire au bon roulement des engrenages. Tout devait fonctionner comme il le souhaitait. Le Maître n'était pas stupide, il s'adaptait selon les besoins en oscillant entre spontanéité et manipulation. Il s'isola de nouveau derrière le paravent et continua son œuvre. La Marquise prenait ses aises, décontenancé par le petit discours d'Aristide Nathaniel ne put qu'approuver les ordres de la demoiselle. Docile, il la laissa poser une main sur lui – c'était la seconde fois déjà – et n'opposa aucune résistance à la pression de ses petits doigts gracieux. Il glissa au creux du fauteuil dans une position inconfortable et tenta de garder la pose le plus longtemps possible. D'abord gêné, le rouge de ses joues s'estompa doucement pour laisser place à son éternelle fossette malicieuse. Intrigué par les dernières paroles du sculpteur, Nate n'avait pas anticipé l'audace de la Marquise. Elle l'avait surpris. Il se laissait faire et se prenait peu à peu au jeu. Le blondinet se releva presque à contrecœur pour retirer le précieux paravent, Mézièle observa la sculpture sous toutes les coutures et fut avare d'éloges. Le fils Lazarey voulait questionner Aristide sur la technique magique utilisée pour les piquants de l'animal, il devait impérativement attendre leur prochain tête-à-tête pour en parler. Le jeune philosophe conserva ses questions dans un coin de son esprit et se promit de les poser plus tard.

« C'est très ressemblant n'est-ce pas ? De ce que j'en sais, le travail accompli est d'une grande qualité vis-à-vis du temps écoulé. Imaginez ce qu'Aristide pourrait faire en l'espace de plusieurs heures, des jours peut-être ?! »

Nathaniel fit quelques pas vers le meuble après s'être exprimé d'une voix douce et enthousiaste. Il fit glisser ses doigts sur le papier tout en observant son propre croquis exécuté par la Marquise. Ce n'était pas trop mal, on sentait un certain plaisir dans l'effort.

« Dois-je le garder pour moi, rien que pour moi ? Comptez-vous le finir ? Faire une aquarelle peut-être ? Ce serait une agréable possibilité d'activité si vous acceptez que mon Maître s'occupe de la commande pour votre frère. Je me dois d'observer un travail d'une telle envergure mais pour une fois je pourrais peut-être faire une entorse à la règle. Au lieu d'observer Aristide, poser pour vous puisque vous semblez y prendre plaisir. »

Ses mains s'étaient jalousement refermées sur le parchemin, la face vierge tournée vers ses interlocuteurs, le croquis à l'ombre de son torse. Il n'était pas certain de ses véritables motivations, il savait juste que sa proposition arrangerait tout le monde – à priori. Cette commande était importante pour Aristide.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Intermède : Vous prendrez bien une tasse de thé ma chère ? [Mézièle & Aristide]   Lun 23 Avr - 14:31

Malgré quelques reproches que le maître gardait pour lui, il fallait reconnaître que le petit con s'en sortait pas trop mal. La marquise semblait nettement plus séduite par lui que par Aristide, ce qui était d'ailleurs parfait. Non seulement le sculpteur ne saurait pas trop s'en sortir avec la demoiselle, mais en plus cela lui permettait de travailler correctement. Qu'elle le touche, le dessine, le fasse danser comme une marionnette, cela n'avait pas d'importance. De toute façon, Nathaniel était la propriété et l'amant du philosophe. Il n'était pas question que les choses aillent trop loin entre la jeune fille et l'apprenti : la réputation du comte Hellwig suffisait largement pour dissuader Aristide de pousser son élève à séduire véritablement leur mécène.

- Oui, bien sûr, mademoiselle.

Pourquoi ne permettrait-il pas ? Qu'elle se prenne pour une artiste, cela n'avait pas d'importance. Elle pouvait jouer avec les outils d'Aristide, la moitié d'entre eux ne servait qu'en de très rares occasions. Certains détails ne pouvaient être formés grâce à ses pouvoirs, alors il utilisait des outils de simples mortels. Mais globalement, elle ne pouvait rien casser. Autant qu'elle s'amuse.

Alors que Nathaniel continuait de parler (des paroles sans intérêt mais divertissant la petite marquise), Aristide put finir son oeuvre de démonstration. La jeune profane a regardé le hérisson et ne formula qu'un avis bref et creux, digne de quelqu'un qui n'a jamais rien compris à l'Art. Aristide se passa la main (préalablement nettoyée des traces d'argile) sur son visage et prit un air confiant, tentant de limiter au mieux la condescendance. Il ne fallait pas lui dire ouvertement qu'elle n'était qu'une gamine ignare et digne d'être pendue pour son maque de connaissances. D'autant plus qu'elle cherchait peut-être exprès à le provoquer.

- J'en conclus que cette petite démonstration vous plait, mademoiselle la marquise ? Bien sûr, j'ai fait de mon mieux pour un travail si rapide et un matériaux qui ne permet pas vraiment d'immortaliser le sujet pour des siècles... Mais notez la qualité des détails... - Et c'était joyeusement parti pour un discours sur sa propre magnificence. - Beaucoup de mes soit-disons confrères ne prendraient pas la peine de faire autant d'aiguilles, pas plus qu'ils ne sont pas capables de sculpter des détails aussi fins que des cheveux ou des cils convenables. Ils se contenteraient, pour le dos de notre petit ami, d'une surface rugueuse et tenteraient de vous en expliquer la symbolique. Je vous l'affirme, mademoiselle, que si vous désirez représenter votre frère comme il le mérite, il ne faut point de symboles, mais la vérité pure, noble et puissante.

Il se frotta les mains l'une contre l'autre, toujours poliment souriant. Inspirant, avant de reprendre la parole, il ajusta encore ses lunettes sur son nez. Le sculpteur repensa à tout ce qu'il savait sur le frère de son interlocutrice... Peu de choses, outre le fait que s'était un digne représentant de sa Province. Par conséquent, il devait être bien musclé, fort, noble, limite austère pour les gens qu'il n'appréciait pas... Ah et il était un albinos... Ouais, tant qu'à faire...

- Si je puis me permettre, une matière aussi noble que le marbre conviendrait à merveille. Dur, résistant, très apprécié et relativement rapide à travailler, si jamais vous êtes impatiente d'obtenir le travail final. Une statue grandeur nature devrait m'occuper pendant... quatre semaines, voire cinq. A cela, il faudrait bien entendu ajouter le temps de livraison d'un bloc suffisamment grand et cela ne dépend pas vraiment de votre serviteur...

Un délais qui, pour quelqu'un qui s'y connaît, peut signifier plusieurs choses. Soit Aristide ne compte pas dormir et manger pendant ce temps, soit il ne sera pas le seul à sculpter. Soit, il dispose de techniques proprement révolutionnaires en matière de sculpture.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Intermède : Vous prendrez bien une tasse de thé ma chère ? [Mézièle & Aristide]   Mer 2 Mai - 18:57

Délicat. Mignon.
Oui voilà ce qu'elle avait donné comme critique première. Pour tester Aristide évidemment et elle avait bien senti une pointe d'agacement même s'il gardait sa langue en poche histoire de ne pas ruiner ses efforts en quête de mécénat. Et Nathaniel tout soucieux qu'il était du bonheur de son maître semblait s'être empressé de fleurir les paroles étiolées de la Marquise. Qu'il était docile l'élève et ambitieux le Maître, quel duo ! Qui aurait-elle été pour briser un si touchant tandem ?

Et voilà qu'Aristide s'élançait encore dans un discours nombriliste, Mézièle ne l'écouta qu'à moitié, feignant l'intérêt certain, les yeux braqué sur le petit animal figé.

- Il est très réussi ce petit animal, j'en conviens... Mais surtout plaisant pour l'oeil d'un enfant. Or je n'en suis plus si vous avez bien remarqué, cher ami.

Oh ? La voilà plus agressive dans ses répliques ? Aurait-elle compris toute la subtilité du marchandage tout à coup ? Vraisemblablement, oui. Elle a un petit sourire aux lèvres en relevant les yeux sur lui.

- Montrez-moi quelque chose qui me fasse dire «Oui, ce sculpteur est l'Artiste de demain!», donnez moi une raison de vous couvrir d'or Aristide. Vendez-moi du rêve et ne me prenez pas pour une autre idiote d'Aristocrate.

Cette fois elle le considérait avec grand sérieux, tournant le dos à Nathaniel qui se faisait spectateur.

- Savez-vous sculpter le verre, Aristide ? Parce qu'entre le marbre et le verre mon cœur balance...

Elle laisse sa phrase en suspend et vient lentement se poser devant Nathaniel, murmurant, ses prunelles ambrées plantées dans les siennes :

- Je ferai aquarelle sur aquarelle mais vous devrez me promettre de me montrer sous peu ce dont vous êtes vous aussi capable, Nathaniel. Je paie pour deux artistes et non un seul.

Double logique. Le petit agneau c'était fait loup l'espace d'un regard, d'une parole... seulement pour qu'on ne la croit pas idiote, parce qu'elle ne l'était pas. Et puis bon, Aristide avait lancé les choses sur un principe d'argent, il en serait ainsi puisqu'il consentait à être ça avant tout, une marchandise.

Elle fit volte face, son parfum chatouillant les sens de l'apprenti au passage, puis fixa Aristide à nouveau de son regard commerçant.

- Vous ferez livrer l'oisillon et le hérisson chez moi dès que vous en aurez l'adresse, ils garniront le jardin.

Une pause puis elle poursuit, entêtée - mais elle en a bien le droit, c'est elle qui tient la bourse - :

- Trouvez un bloc de verre et un de marbre, Aristide. Épatez-moi. Dans deux semaines je veux quelque chose qui me coupera le souffle. Après quoi vous pourrez vous charger de l`oeuvre finale. Je vous suggère déjà de commencer à étudier le sujet au sénat, dans la rue autre part où vous pourrez déjà noter ce qui devra être représenté de mon frère.

L'oiseau rare, fragile avait vite pris goût à jouer serré, Aristide devrait se creuser un peu plus qu'il ne le croyait, sans doute, pour combler sa nouvelle mécène quant à Nathaniel il aurait son lot d'effort à fournir également.

D'un pas lent, elle s'éloigna vers la porte, une révérence et ainsi elle mit fin à ce premier entretien «sur le terrain». Elle avait de l'attitude la petite, Aristide et Nathaniel iraient forcément loin avec elle.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Intermède : Vous prendrez bien une tasse de thé ma chère ? [Mézièle & Aristide]   Dim 6 Mai - 17:29

La poupée de porcelaine drapée dans sa robe champagne se rebellait. Nathaniel tentait de dissimuler sa surprise, son petit sourire avait tout à coup perdu assurance et éclat. L'étincelle du doute s'était installée dans ses yeux bleus pétillants. La Marquise leur donnait du fil à retordre, elle n'était pas aussi naïve qu'elle ne le laissait croire. Intéressant...

Comment allait réagir Aristide en cas d'échec ? Nate ne le connaissait pas assez pour le deviner mais s'il tenait compte du caractère du maître philosophe ; sa réaction serait explosive. Dans l'intimité de l'atelier il ne se priverait sans doute pas de faire de longs discours à propos du manque de discernement de Mézièle, à quel point il était le meilleur sculpteur de tous les temps et qu'elle était assez stupide et insignifiante pour ne pas s'en rendre compte. Le fils Lazarey avait bien compris qu'Aristide consentait à se courber avec empressement face aux plus riches et plus puissants... En public. Un comportement que Nathaniel ne condamnait pas. Après tout, le sculpteur faisait tout pour atteindre son objectif peu importe le moyen. Ce n'était pas son apprenti qui allait lui jeter la pierre.

La Marquise les mettait au défi tous les deux. Qu'il le veuille ou non Nate était dans le même bateau que son maître, charmer et divertir n'allait pas suffire. La demoiselle voulait le voir à l'œuvre. Ce qui signifiait redoubler d'efforts dans son apprentissage... Supervisé par Aristide lui-même. Le novice était partagé entre l'horreur et l'enthousiasme.

Il se fit discret tout au long de la discussion, adressant quelques petits sourires confiants à la ronde. Lorsque Mézièle prit la direction de la sortie, Nathaniel la suivit et lui rendit son manteau en parfait gentleman. « J'espère être à la hauteur de vos espérances la prochaine fois. Bonne soirée Marquise... » dit-il avant de refermer lentement la porte derrière elle.

Il resta immobile dans le couloir pendant quelques minutes, profitant de cette solitude momentanée pour se recomposer une expression détendue. Il ne voulait pas retourner dans l'atelier à moitié mort de trouille, tendu comme un soldat de la Garde Impériale. Lorsqu'il se sentit prêt il revint près d'Aristide avec un petit commentaire plat.

« Une représentante digne de son illustre nom. Cela aurait pu être pire, non ? »

Ils avaient durement travaillé pour cette entrevue, il faudrait en faire beaucoup plus la prochaine fois... Un prix dérisoire comparé au prestige qui attendait le sculpteur et son apprenti s'ils parvenaient à convaincre Mézièle. Nathaniel écoutait Aristide tout en rangeant distraitement quelques outils. Il avait délaissé le croquis de la Marquise sur le fauteuil, préoccupé par la pression qu'elle leur avait mis.

« Je crois qu'elle m'aime bien. Est-ce à notre avantage ? Je suis d'avis qu'elle m'appréciera beaucoup moins en découvrant que je ne suis qu'un baron déchu. »

Nate s'était glissé à côté d'Aristide pour ordonner quelques parchemins en piles bien nettes. Lorsqu'il eut terminé de trier la petite poignée de plumes par ordre de taille, il releva le nez vers son maître, l'air à demi sérieux derrière ses mèches blondes. Son sourire s'élargissait au fil de ses paroles.

« Si elle tient parole et exige un tête-à-tête pour ses aquarelles, quelle attitude préconisez-vous ? Devrais-je aller... plus loin ? Je ne suis pas un habitué des arcanes tortueuses de la noblesse. En général je me délecte du spectacle, je n'en fais pas partie. Vous connaissez bien mieux que moi ce genre de choses. Alors..? Rien ne m'est impossible je crois. »
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Intermède : Vous prendrez bien une tasse de thé ma chère ? [Mézièle & Aristide]   Dim 13 Mai - 21:40

Aristide en resta bouche bée. La petite garce était vraiment une grande enfant. Trop arrogante pour s'en rendre compte, elle semblait chercher désespérément à s'affirmer : et voilà le résultat que cela produisait. Elle en était ridicule. Le Maître sculpteur l'était aussi, bien sûr, mais sa propre vanité ne le dérangeait pas... Celle de quelqu'un qui n'avait nul don par contre... Il grinça des dents, mais sut fermer sa grande bouche. Il resta parfaitement silencieux. D'ailleurs, après avoir parlé à lui, la jeune marquise reporta son attention sur Nathaniel ce qui permit à Aristide de retourner vers ses outils. Il serra une pierre dans sa main, jusqu'à en faire du sable.

- Bien, mademoiselle. Je vous souhaite une excellente fin de journée...

Elle s'en alla, comme si elle sortait des écurie, laissant son cheval à des domestiques, et non d'un temple dédié à l'Art. Elle remonta dans son véhicule et s'éloigna. A peine était-elle, à coup sûr, hors de portée de voix, le chevalier laissa libre-cours à sa frustration et à la colère que celle-ci engendrait.

- Minable gamine gâtée au possible ! Elle n'a rien compris à quoique ce soit dans ce monde, elle sort à peine de ses appartements chez son Père et elle a le culot de faire la morale à des gens bien plus sages qu'elle ?! - Le binoclard en tablier taché d'argile rougit sur le visage pour s'approcher de la teinte de la brique bien neuve. - Une enfant ! Elle n'est rien de plus qu'une enfant à qui on a donné trop d'argent pour son âge ! Elle n'a rien accompli de toute sa vie ! Qu'elle fasse mieux que moi ! Ou qu'elle trouve quelqu'un qui le fasse ! Mieux que moi ! MOI ! Moi, Aristide Torchia ! Je SUIS l'artiste de demain, qu'elle le veuille ou non !

Aristide faisait les cent pas, gesticulant de temps à autre en direction de la porte, comme si la cible de sa colère était encore là. Il cessa de crier le temps de respirer quelques fois, bien profondément et avoir assez d'air pour continuer. Dans un geste de colère, il renversa le paravent et regarda son apprenti en pointant le doigt en direction de la sortie.

- Et idiote avec ça ! Le verre ne se sculpte pas*, il se souffle et se modèle à chaud ! On ne fabrique pas de blocs de verre à sculpteur ! Cela n'a aucun rapport avec notre art, si jolis une coupe ou un vitrail puissent être ! Non seulement, elle a la prétention d'être plus sage que moi, mais en plus, elle est complètement abrutie ! Elle ne sera pas une experte en Art, combien même vivrait-elle mille ans et dévorerait-elle tous les livres possibles et imaginables. Qui pourrait-il donc croire qu'une famille aussi illustre donnerait une si mauvais éducation à sa fille... Alors que son frère est déjà quelqu'un de célèbre... Elle ne fait que gaspiller de l'air que quelqu'un d'autre pourrait respirer !

Le sculpteur alla se verser du vin et s'assit dans l'un des fauteuils, le regard dans le vague. Puis, il reporta son attention à Nathaniel qui lui parlait. Il le foudroya du regard. Mais sa voix recelait désormais moins de colère, même si son

- N'y penses même pas. Si Tu la touches, sans l'accord de sa famille, son frère va te découper en morceaux. Et peut-être moi aussi, en plus. On ne touche pas à la soeur de l'homme qui, à ce qu'on raconte, couche avec le Haut Prêtre. On le dit... protecteur. Compris ? - Il lui fit signe d'approcher. Lorsque ce fut fait, Aristide embrassa son apprenti à pleine bouche, avant de lui caresser les cheveux. Sa présence mignonne finit de l'apaiser. - Bon... Nous allons lui montrer qu'elle ne trouvera nulle part de plus grand talent que moi... Je vais me charger de ce marbre. Toi, Tu vas aller m'acheter du sable. Autant qu'un homme puisse en porter. Enfin... Fais-le porter par quelqu'un d'autre que Toi.


[On continue ou on ferme, comme Tu voudras :)]

* Ok, dans le monde moderne, ça arrive avec des outils assez perfectionnés. Mais ce n'est sûrement pas à la portée d'Ishtar :)
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Maison Torchia - Intermède : Vous prendrez bien une tasse de thé ma chère ? [Mézièle & Aristide]

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