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 Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]

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MessageSujet: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Ven 3 Fév - 21:33

Après avoir fait, certes rapidement mais bien, connaissance avec la soeur du Sénateur du Hellwig, Aristide fit faire au cocher un grand tour des quartiers présentables de la ville. Là, où il habitait, il savait déjà qu'il n'y aurait rien de convenable pour lui servir d'atelier. Il allait en louer un nouveau, un plus grand, pour lui et son apprenti qui lui avait valu l'attention de la marquise, issue d'une des premières familles de l'Empire. Joyeux, il fi son fintasien cependant, mais obtint un loyer des plus intéressants : 10 pièces d'or par mois de location d'un bâtiment retiré au fond d'une petite ruelle, entouré d'un petit jardin avec de grandes fenêtres. Le rez-de-chaussée était parfait pour servir de vaste atelier. Ils allaient peut-être pouvoir emménager à l'étage. Aucun des deux hommes n'avait beaucoup de bagages.

Ensuite, il envoya des notes. Une à l'Opérâthre, avec la nouvelle adresse à laquelle il fallait retourner ses oeuvres en exposition. Une autre pour commander deux grands blocs d'argile pour sa démonstration et pour ses travaux privés, ainsi que ceux de Nathaniel. Le petit devait s'entraîner avec quelque chose de moins dur que du granit ou du marbre. Une fois arrivé à son petit chez lui, bâtiment dont il était propriétaire, le sculpteur déboula dans l'entrée, traversa le salon avec agilité, évitant tous les obstacles insolites, y compris une généreuse poitrine en pierre bleue et chercha son élève dans toutes les pièces. Il s'avéra qu'il était encore (ou déjà ?!) au lit.

- Debout, petit fainéant ! Réveille-Toi, Nate, j'ai du travail pour Toi. Tu vas encore te rendre utile. Nous avons une commande de taille et beaucoup d'or à la clef. Bon, Tu m'écoutes ?

S'il était assez excité par l'idée de devoir sculpter pour la famille régnante du Hellwig et qu'il aimait qu'on l'écoute, il voulait aussi être entendu. Pas envie de devoir répéter ses ordres et il en avait une liste. Et il ne comptait pas perdre l'estime de la marquise pour rien au monde. Une mine d'or entrouvrait ses portes, un bouclier d'acier s'élevait pour le protéger du monde, il n'allait pas cracher sur tout ça. Et, pour parvenir à ses fins, il avait besoin de la belle tête du garçon qui accepta de le servir et d'apprendre auprès de lui. L'insupportable artiste se dit d'ailleurs que le "Nathaniel qu'on réveille" donnerait très bien en sculpture aussi. Mais bon... Il allait exploiter cette bouille toute mignonne une autre fois. Maintenant, il donna un coup de sa botte dans le lit, histoire de secouer l'affaire et se remit à parler. Pas trop vite, bien qu'il accélérait par moments, par pure hâte d'avoir déjà tout cet or en sa possession.

- Ta tête a servi à quelque chose ! Ha ! Vois donc ce que donnent l'instinct et le talent, petit. Notre première oeuvre à laquelle Tu as posé a attiré l'attention d'une demoiselle souhaitant une statue de son frère. Allez lève-Toi, Tu vas ramasser tous mes outils et les ranger dans leur caisse. Avec ça, Tu trouves un paravent des draps pour couvrir le sol, ce genre de choses. Nous allons déménager mon atelier. J'ai déjà loué un bâtiment pour cela. Nous allons peut-être y habiter aussi.

Il s'arrêta de parler et alla chercher un verre d'eau claire. Il avait vraiment soif, après tous ces évènements, il n'avait pas encore bu et sa gorge se desséchait comme une poterie au four. Il laissa à son apprenti le temps de se lever, de s'habiller. Pendant ce temps, il préparait lui-même son coffre dans sa chambre. Là-bas aussi, le foutoir était total, mais il s'y retrouvait. Quelques livres (rien de philosophique, plutôt de l'anatomie), l'une ou l'autre babiole, ce qui restait des vêtements propres... Il allait d'ailleurs devoir faire nettoyer les autres... Mais plus tard, plus tard. Maintenant, il ajusta ses lunettes et passa la tête par la porte, pour voir Nate.

- Allez, plus vite. Nous allons avoir de la place pour travailler à deux, sans se gêner. Tu vas pouvoir apprendre à faire autre chose que d'avoir un beau visage, ça te changera. Enfin bon, la marquise Mézièle Hellwig a beaucoup apprécié ta tête d'imbécile, donc Tu n'auras qu'à bien te présenter. Nous allons la recevoir après demain. D'ici-là, il faudra travailler un peu la mise en scène de la démonstration de mon art.

Ouais... Pas question de faire de la magie de la Terre, sans que ça ressemble à de la sculpture pure et simple. L'argile était parfait pour ça. Travailler le marbre à mains nues était toujours plus suspect...
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Sam 4 Fév - 0:12

Un murmure perçait les profondeurs paisibles de la cave. Nathaniel était accroupi dans un coin, reniflant l'odeur cramoisie du sang qui coagulait. Du fer. Il n'y avait pas un son, la gorge de la délicate demoiselle s'était arrêtée de glouglouter depuis longtemps. Il y avait ce murmure, une voix d'homme impérieuse et vaniteuse, Nathaniel ne savait pas s'il devait rester à son poste ou répondre à l'appel en se précipitant dans l'escalier. Il hésitait, se mordillait les lèvres jusqu'au sang sans ressentir la douleur.

Et puis finalement il détala vers les marches à en perdre haleine, tombant brutalement lorsqu'il atteignit la sortie. La voix continuait toujours, pourvu qu'elle attende encore un peu, pourvu que...

« 'tends moi... » marmonna le fils Lazarey en se trémoussant sur son lit, les paupières closes.

Une secousse brutale le réveilla tout à fait. Le blondinet se redressa nerveusement sans vraiment comprendre ce qu'il faisait, où il était et qui était ce type qui avait osé faire irruption dans sa chambre.

Lorsque les connexions de ses neurones s'enclenchèrent, Nate rougit et étala ses draps contre son corps à demi nu. Il n'aimait pas dormir habillé, il portait un simple sous-vêtement noir en coton. L'apprenti cilla plusieurs fois, incrédule. Déménager? Encore une fois? Déjà?

Il n'avait même pas le temps de réfléchir. Aristide s'était éclipsé sans donner plus d'explications, Nathaniel en profita pour s'habiller avec des gestes d'automate. Il prévoyait le retour du sculpteur, et il préférait continuer la discussion vêtu d'autre chose que ses draps de lit.

« La... Marquise? » Le blondinet arbora une expression d'étonnement admirative pendant quelques instants avant de se reprendre avec une grimace. « J'espère que vous ne lui avez rien promis à mon sujet, c'est vraiment trop facile de les tenir par le bout du nez, quelque soit leur âge. » Ses lèvres esquissèrent une moue dédaigneuse qui n'était pas adressée à son interlocuteur. Puis son expression changea. Il n'était pas encore tout à fait réveillé, les cheveux en bataille, l'air rêveur. Nate ricana un coup avant de faire une parodie de courbette, planté devant Aristide. Sourire malicieux.

« Je vais immédiatement m'occuper de tout ceci monseigneur, ahahah. De quoi avez-vous besoin? »

Il ne se souvenait plus des ordres que l'artiste lui avait dictés à son réveil. La mémoire rafraichie, le jeune philosophe tourna les talons et emprunta l'escalier. Il rigolait tout seul, faillit rater une marche mais continua sa descente comme si de rien était. Puis il se mit au travail, il fallait rassembler la caisse à outils, un paravent, des draps et quelques autres objets de première nécessité pour un génie tel que Sire Torchia.

« Dites, le paravent c'est pour quoi..? » questionna Nathaniel d'une voix forte tout en repliant soigneusement l'objet en question. Il avait les idées de plus en plus claires, l'eau qu'il avait trouvé dans un pichet abandonné sur la table avait beaucoup aidé. Il l'avait bue avec lenteur, goûtant avec plaisir le liquide clair que la nuit avait fortement rafraichi. Le fils Lazarey avait fermé les yeux pour mieux apprécier la caresse violente de l'eau glacée qui lui coulait dans la gorge. Cette sensation l'avait fait frémir de la tête aux pieds.

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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Sam 4 Fév - 18:06

- Oui, la marquise. - Aristide leva les yeux au ciel, toujours préservé dans la frénésie du rangement et des préparations. - Mézièle Hellwig, fille du Prince-Gouverneur de la Province la plus militarisée de l'Empire et soeur adorée du Sénateur et comte Ulrich, l'homme qui a la moitié du Sénat dans sa poche. Dois-je faire un dessin supplémentaire pour t'expliquer qui est la demoiselle qui désire que je lui fasse une démonstration de mon talent ?

Gesticulant, l'artiste quitta encore la pièce pour aller ramasser ses multiples crayons et chercher du papier dans un meuble. Ca, c'était toujours nécessaire à un sculpteur. Pouvoir faire des croquis, faire des plans, tester différentes poses... Aristide ne dessinait pas très bien. Juste ce qu'il fallait pour qu'il se souvienne des traits généraux de son modèle et de la position qu'il a adopté. Sinon, il devait compter sur sa mémoire pour le reste. Celle-ci le servait heureusement bien mieux. Lorsqu'il revint vers le garçon, mieux réveillé déjà, le chevalier Torchia le toisa avec désapprobation, mais sans véritable colère.

- Et cesse donc d'être aussi insolent. J'espère que Tu feras de ton mieux pour te rendre utile, faute de quoi, je ferais tout mon possible pour te pourrir la vie. -Il donna une tape sur l'épaule de son apprenti. - Tu dois être impatient d'apprendre... l'Art. La bonne occasion approche. Tu auras aussi l'occasion de voir en application la seule philosophie conduisant au bonheur. N'oublies pas : nous vivons pour le plaisir, avant le repos éternel. Alors nous allons tout faire pour avoir un maximum de ce que ce monde peut nous offrir, avant de retourner à l'Ombre.

Pour un philosophe, Aristide mentionnait très souvent la religion. Mais, comme beaucoup de gens, il en était imprégné et, comme pas mal de monde aussi, s'inclinait toujours devant plus fort que lui. Et aucun doute que les mages de l'Ombre étaient capables de faire bien plus mal que lui. Alors autant être dans leurs bonnes grâces et ne jamais les contrarier. Après tout, ils finissaient tous dans le même sac... Le malheureux qui contrariait le Haut Prêtre mis à part. On racontait que le Marquis D'Arken lui avait arraché et détruit l'âme elle-même... Un procédé monstrueux, s'il était vrai. Cesser d'exister, voilà quelque chose à éviter.

- Et saches que je n'ai rien promis, sinon nos services à ses désirs, concernant l'Art qui est le mien. Une chance inespérée s'offre à nous, bien plus tôt que je ne l'aurais cru. Je suis certain que Tu feras tout pour m'aider. - Un regard appuyé par-dessus les lunettes, puis un sourire malicieux. - C'est connu, mon jeune ami. Un vrai artiste ne montre jamais son travail, tant que celui-ci n'est pas fini... Nous ne voulons pas que les secrets de la maison puissent être observés, n'est-ce pas ?

Mézièle allait pouvoir regarder le paravent, avant qu'Aristide n'ait fini de travailler pour elle. La magie utilisée ne pouvait être tout à fait dissimulée, même si la façon dont il massait l'argile pouvait être vue comme une technique. Mais il ne fallait prendre aucun risque. Mentons à nos clients, trichons et soyons obéissons juste ce qu'il faut pour s'attirer leurs bonnes grâces.


Dernière édition par Aristide Torchia le Lun 6 Fév - 19:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Sam 4 Fév - 21:55

Tout le monde a des secrets. Nathaniel était de l'avis du sculpteur, le paravent allait avoir son utilité. Mais le blondinet pensait à tous les risques qu'Aristide allait encourir. La Marquise était vraisemblablement jeune – il connaissait assez le nom d'Ulrich Hellwig pour deviner que sa sœur n'était pas une vieille noble décatie – elle devait être capricieuse comme la plupart des filles de bonne famille... Que se passerait-il si elle exigeait de voir le travail de l'artiste en temps réel? Si elle franchissait l'espace secret du paravent? Le blondinet se mordillait les lèvres et ne répondait pas. Il avait confiance en Aristide – il ne savait pas pourquoi d'ailleurs, cela ne faisait qu'une semaine qu'ils se côtoyaient – mais la Marquise était une inconnue incontrôlable.

A moins de tirer parti de ses préférences... Le philosophe n'avait-il pas mentionné son vif intérêt pour la statue de Nathaniel? Ce dernier espérait rendre hommage à la sculpture qui le représentait. Il ne fallait pas que cette dame soit déçue. Le fils Lazarey acceptait le défi, il continuait de rassembler quelques outils d'un air plus confiant. Il s'arrêta cependant pour répondre à son maître.

« En effet je suis impatient. Mais je ne voudrais pas ralentir votre travail pour la Marquise... A moins que cette dame n'ait pour loisir d'assister aux balbutiements d'un novice, ce qui m'étonnerait fort. Quand à cette fameuse philosophie... J'ai hâte de voir ça de mes propres yeux. »

Le blondinet avait répondu un peu distraitement. Les références à l'Ombre le perturbaient, il n'aimait pas parler ouvertement ou même penser à la religion de l'Empire. Aristide ne s'en privait pas, il semblait très à l'aise avec le concept. S'il haïssait l'Église, il le cachait à la perfection. Nate ne lui en voulait pas, issu lui même d'une famille noble il savait que l'Ombre les suivait partout et ce, depuis le berceau. Ce n'est pas ce petit défaut qui allait gâcher le plaisir de l'apprenti, il était capable de chasser son malaise d'un revers de main.

« J'ai rassemblé tout ce qu'il faut pour travailler. Part-on dès maintenant ou..? »

Le jeune Lazarey laissa sa question en suspens. Aristide était fébrile, le blondinet ne savait pas à quoi s'attendre. Ils n'allaient vraisemblablement pas tout déménager dans l'immédiat, il fallait d'abord l'essayer ce nouveau local... Et la priorité était à l'Art, à l'entrainement. Nathaniel s'était rapidement remis sa surprise à propos de la Marquise. La chance avait souri au sculpteur, il s'agissait d'une occasion en or qu'il ne fallait absolument pas gâcher. L'apprenti philosophe se frotta l'arrête du nez pendant quelques instants, l'air songeur. Il était évident qu'il était prêt à faire de son mieux pour faire honneur à son maître, Nate s'apercevait néanmoins qu'il ne le lui avait pas dit. Perdant ses airs de comédien, il posa un regard humble sur Aristide.

« Vous n'aurez pas besoin de faire votre possible pour me pourrir la vie... » commença-t-il doucement, l'air calme et sérieux. Juste après, un demi sourire goguenard vint lui creuser la joue et ses yeux pétillèrent: « Je pensais que vous le saviez déjà. »



"Vous savez que le portrait est à vous Dorian. Je vous l'ai donné avant même de commencer."


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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Lun 6 Fév - 19:16

La survie était quelque chose que Aristide maîtrisait très bien. Même pour quelqu'un de Fintasy, il s'en sortait plutôt bien dans la vie. Non content d'être un négociateur dur en affaires, il était aussi un connard qui n'hésitait pas à tout faire pour se sortir avec des profits de la plupart des situations. Au final, son départ précipité vers la Capitale a été des plus profitables. Mais il avait du travail devant lui, entre un apprenti à former et civiliser et une cliente à satisfaire et transformer en protectrice. Il leva les yeux au ciel, avant de secouer la tête. Enlevant ses lunettes, il en frotta les verres tout en parlant.

- Je doute qu'elle veuille te voire à l'oeuvre, Nathaniel. J'ose espérer qu'elle a conscience de ta jeunesse et du manque d’expérience inhérent à cela. Mais il n'est pas exclu qu'elle veuille te comparer à mon oeuvre qui te représente. Sans parler du fait que... c'est une femme. - Il le dit avec un certain dédain dans la voix. - Et qu'elle est plutôt issue de ta génération que de la mienne. Tu seras là pour la distraire et non pour lui montrer ce que Tu ne sais pas faire.

L'homosexualité, qu'on pouvait prendre pour du sexisme, de Torchia était en train de se manifester. L'évidence qu'il énonça, à propos de la féminité de la marquise sonnait très étrangement. Mais il avait perçu une certaine attirance de Mézièle vers Nathaniel. Le garçon était une sculpture pour elle, un beau prince intouchable. Cela la faisait rêver sur le moment, il n'en serait probablement rien plus tard. En tout cas, le sculpteur l'espérait. Le comte Ulrich n'allait probablement pas accueillir un artiste dans la famille à bras ouverts, après que celui-ci ait fait des avances à sa soeur adorée.

- Hum... mhmhm...

Voilà la réponse, fébrile certes, à la question de Nathaniel. Aristide voulait s'assurer qu'il avait tout... Non, bien sûr que non. Il y avait encore moult sculptures, même inachevées, des vêtements, quelques bouteilles... A ce propos, le maître en prit deux et les donna à son apprenti pour que celui-ci les range avec le reste. Ensuite, il alla encore une fois dans sa chambre et ramena une boîte rouge, fermée avec un cadenas, carrée, plutôt plate, d'environ un demi-mètre sur un autre demi. Il l'ajouta aux bagages sans faire de commentaire, puis formula une phrase plus élaborée que les bruitages d'avant.

- Oui. Nous avons déjà deux lits sur place, donc nous pouvons commencer à nous installer. Cette maison-ci est de toute façon à moi, les affaires qui y restent ne sont pas perdues. Nous reviendrons tout chercher dans les prochains jours. Va donc chercher un véhicule capable de nous emmener sur place avec tout ceci. Euh... si jamais il s'agit d'une charrette de paysan, loue aussi un fiacre pour nous.

Pas question de voyager comme un bagage... Dans un carrosse avec de l'espace de stockage sur le toit, d'accord. Mais pas avec un gueux comme cocher sur un tas de foin. Puis, Nathaniel lui fit une sorte de déclaration de fidélité... Aristide sourit en retour, posa une main sur l'épaule de Nathaniel et se pencha vers lui, le fixant dans les yeux.

- Je le saurais, lorsque je le verrais. Mais je suis ravi que Tu présentes déjà les choses sous cet angle. Ca s'annonce très bien, tout cela. - Il lui plaça deux pièces d'or dans la main. - Allez... File.

"Ne jamais contrarier plus fort que soi". Ca aussi, ça faisait parti de la philosophie d'Aristide. Son apprenti semblait l'appliquer plutôt bien, même s'il avait du mal avec l'insolence. Enfin... D'ici quelques heures, ils allaient ouvrir ces deux bouteilles et les vider ensemble, au nom de leur nouvelle maison, plus spacieuse, plus propre et plus propice au travail.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Lun 6 Fév - 23:50

S'il était simple et sans conséquences de juger avec brio le comportement et le caractère des nobles au Palais des Arts (ou dans tous les autres lieux chics de la capitale), le danger de tirer des conclusions sur Aristide Torchia était bien réel. Nathaniel, en bon spectateur assidu doté d'un sens aiguisé de la critique, préférait ne pas s'aventurer sur ce terrain trop glissant. Les petites humeurs de cul béni arrogant boursoufflé de suffisance du sculpteur constituaient un atout de premier choix. Le fils Lazarey n'y voyait aucun inconvénient si ce mélange corrosif servait à pimenter des questions d'Art et de Génie. Et il adorait ça, sans trop savoir pourquoi. L'artiste n'avait pas son pareil pour être à la fois mielleux et irrévérencieux. Le meilleur bien sûr, se passait en coulisses. Dans la clarté poussiéreuse de l'atelier, il n'avait plus besoin de jouer au bonimenteur. Et justement... Sa petite réflexion à propos des femmes plongea le blondinet dans la perplexité. Il y avait matière à réfléchir... Mais c'était Torchia! S'acharner à connaître la chute d'une pièce de théâtre alors que le premier acte n'est pas encore terminé, c'est gâcher tout le plaisir. Nathaniel ne tenait pas à faire une telle chose avec son nouveau divertissement. Il préférait attendre, observer. Se priver d'une agréable compagnie par la faute de quelques réflexions mal placées, quelle stupidité..!

Les attentes de la Marquise étaient bien plus inquiétantes pour le fils Lazarey. Aristide, quoiqu'il fasse, n'allait pas perdre crédit auprès de l'apprenti. Pour les dix prochains jours en tout cas, la suite était loin d'être assurée... De son côté, Nathaniel dissipait à merveille les petites questions futiles qui pouvaient gâcher le goût de son sculpteur préféré. Restait cette demoiselle, noble riche et puissante... Qu'espérait-elle en exigeant de voir Aristide et son apprenti travailler? Nate priait pour que son intérêt soit tourné vers le talent de son maître et non ailleurs. Mais si ce n'était pas le cas, si c'était le petit baron déchu qu'elle voulait... Il se sentait prêt à improviser. Il y avait peu de chances qu'il tombe sur une deuxième personne tout aussi fascinante qu'Aristide Torchia en l'espace d'une semaine.

Les préparatifs continuaient, le jeune philosophe ajouta aux paquets les deux bouteilles que son maître lui avait tendu. Ce dernier disparut encore une fois pour revenir avec une étrange boite plate qui rejoignit le reste des affaires à emporter. En réalité, l'artiste ne voulait pas perdre de temps. Son discours était clairement en faveur de l'installation rapide et définitive dans le nouvel atelier. Nathaniel hocha la tête et sortit de son habituel pas souple en quête d'un quelconque fiacre.

Il n'aimait pas la perspective de laisser leurs bagages dans une charrette pendant qu'ils seraient dans un autre véhicule. Mais il s'avéra qu'il n'allait pas avoir le choix. On trouvait des paysans à tous les coins de rue. Des fiacres aussi, mais bien peu étaient équipés d'espace de rangement assez large pour accueillir tous leurs bagages.

Après avoir fait venir une charrette et un second véhicule plus noble devant la maison du philosophe, Nate pria messieurs les cochers d'attendre. Fort heureusement le chargement des paquets ne s'était pas éternisé.

« Où se situe ce nouvel atelier? Je vais demander au paysan de suivre le fiacre, mais s'il se perd... Je vais rester avec lui, c'est plus prudent. Vous aurez la banquette rien que pour vous » déclara le blondinet d'un ton calme qui s'étiola en un timbre mal assuré sur sa dernière réplique. Quelques pensées avaient brutalement surgi, il se hâta de les chasser en s'éloignant du fiacre d'Aristide. Il espérait mettre à profit son trajet en charrette pour réorganiser ses idées.


Dernière édition par Nathaniel Lazarey le Jeu 9 Fév - 13:52, édité 1 fois (Raison : Changement des couleurs des dialogueuuuh)
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Mar 7 Fév - 20:02

Pendant la brève absence du jeune homme, Aristide passa en revue tout ce dont ils avaient besoin, tout ce qu'il prépara pour leur nouvelle demeure. Bon, il pouvait toujours revenir chercher ses affaires, mais autant en emporter un maximum. Tout compte fait, il glissa une troisième bouteille dans les bagages et attendit Nathaniel. Son apprenti revint d'ailleurs assez rapidement avec deux véhicules. Lazarey préférait poursuivre la route avec les bagages, laissant le confort du transport civilisé à son maître ce que ce dernier accueillit avec un sourire plein d'approbation. Voilà une initiative bien plaisante. Certes, il aurait préféré l'avoir près de lui... Mais autant le laisser surveiller leurs affaires. Sans, ils seraient dans de beaux draps devant la marquise.

Ainsi, il lui tendit un bout de papier avec l'adresse et sortit ordonner aux deux hommes d'emporter les affaires et de les charger. Il n'allait pas le faire lui-même non plus. Ensuite, il se tourna vers son élève.

- Ce ne sera pas long, nous poursuivons sur place... Et nous fêterons notre déménagement dignement.

Ensuite, il ferma la maison à clef et monta dans le fiacre, où il s'installa comme s'il était l'Empereur en personne (très important, en somme) et ordonna qu'on se mette en route. Une demi-heure de route plus tard, au travers des rues sinueuses de la Capitale, ils se retrouvèrent devant la maison. Petit muret, un grillage forgé, ensuite la maison, commençant directement par l'atelier et un unique escalier menant aux appartements que les deux hommes allaient partager. Descendant, le sculpteur lança seulement :

- Surveille le déchargement.

Et il alla directement à l'intérieur, profitant de l'espace qui allait être le leur et celui de leur protectrice et cliente, la marquise Mézièle Hellwig. Le sol de l'atelier était recouvert de lourdes dalles en damier, l'escalier était massif et large. Une petite pièce d'eau au rez-de-chaussée qui leur permettra de se laver les mains avant de rejoindre leur quartiers... Tout confort garanti. Un grenier, deux chambres à coucher bien spacieuses... Parfait.

- Il n'y a que les appartements qui sont meublés, hélas. L'ancien locataire a emporté avec lui tout ce qui lui servait à travailler ici... De toute façon, ce n'était qu'un peintre. Nous, nous allons faire de cet endroit un vrai sanctuaire de l'Art, mon jeune ami ! Et, demain, il nous faudra acheter des meubles... Au moins deux tables... Et un fauteuil pour notre bonne marquise... Au moins cela. Toi, Tu iras quérir quelque chose comme des verres et un service à thé. Oui... Enfin, tout ce qu'il nous faudra pour la recevoir. Bon...

Le maître poussa le coffre avec ses outils dans un coin de la pièce. L'argile et les pierres qu'il commanda plus tôt dans la journée étaient là aussi, prêts à être travaillés, donnant un peu d'âme à l'endroit. Il leur fallait encore des objets de la vie courante, du mobilier, sans doute moult autres choses auxquelles deux hommes pour le moins excentriques et nobles ne penseront pas tout de suite, mais cela importait peu. Tant que demain au crépuscule ils aient tout pour accueillir la marquise le surlendemain... Ils était sauvés. La journée qui allait suivre ce déménagement allait être mouvementée, chacun allait devoir se lancer à la recherche des objets indispensables, mais à deux, ils allaient sans doute s'en sortir. En attendant cela, il sortit une bouteille et la posa sur le coffre. Souriant, il reprit la parole.

- Es-Tu prêt à apprendre quelque chose ? La Terre est là pour nous servir. Les pierres, le sable, la boue,... Tout ça, nous pouvons en faire ce que nous désirons. Ainsi, nous manquons rarement de ressources, comme dans ce cas-ci... Regarde plutôt.

Un tour relativement difficile, ou pénible plus que compliqué, mais Aristide l'aimait bien. Il n'avait aucun respect pour les énergies qu'il manipulait. Il ne s'aimait que lui-même et son art. Ainsi, il approcha du bloc de granit et, lentement enfonça son index dedans. Ensuite, opposant sa volonté à la résistance de la matière, il dessina un cercle profond dans le bloc avant d'en extraire un cylindre. Il en creusa une partie à l'intérieur, laissant un fond et lissa les bords. Au final, il se retrouva avec un agréable gobelet en main. Un tour coûteux en énergie, prenant plusieurs longues minutes, mais donnant naissance au premier contenant de la maison. Aristide le remplit avec la liqueur et haussa un sourcil.

- Peux-Tu refaire cela ? Ou alors boiras-Tu à la bouteille ?

"Petit barbare", semblait-il sous-entendre avec amusement, mais sans méchanceté. Il aimait bien ce garçon après tout et avait d'autres surprises encore pour lui. Mais avant, il l'attendrait pour boire.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Mar 7 Fév - 22:13

Le papier que lui avait confié Aristide était tout froissé. Et ils s'étaient mis en route depuis dix minutes à peine... Nathaniel ne cessait de plier et déplier le petit morceau de parchemin où se trouvait l'adresse de leur nouvel atelier. Il s'était assis sans honte à côté du paysan qui dirigeait la charrette, en prenant tout de même soin de laisser un espace suffisamment large entre eux. Le pauvre bougre évitait de croiser le regard du jeune novice. Lors du chargement des bagages, Nate s'était montré assez exigeant, il avait surveillé d'un œil inquisiteur les allées et venues des deux cochers. Ils devraient la mériter, leur pièce d'or! Le fils Lazarey ne s'était pas gêné pour les invectiver dès qu'un paquet était trop secoué ou placé dans la charrette avec trop de violence.

Le morceau de parchemin était bon à jeter. Nathaniel avait lu et relu l'adresse, ils ne pouvaient pas se tromper. Les cinq premières minutes du trajet, il les avait passées le nez sur le papier, regardant sans vraiment les voir ces quelques lignes écrites par Aristide. Il malmena la petite feuille aux creux de ses doigts tout au long du chemin. Une demie heure s'était écoulée, il n'avait pas avancé d'un pouce dans la réorganisation de ses pensées. Il se sentait vaseux et espérait que le sculpteur n'allait pas trainer pour ouvrir les deux bouteilles qu'ils avaient emportées.

Le sifflement admiratif du paysan coupa court à ses réflexions, Nate ne prêta aucune attention à l'allure de ce nouvel atelier, il surveilla le chargement comme il lui avait été demandé. Le blondinet avait tout de même esquissé l'ombre d'une moue en recevant l'ordre d'Aristide. C'était évident pour le jeune philosophe qu'il fallait surveiller leur grand débarquement, hors de question de compter sur l'honnêteté et le soin des cochers.

Nathaniel sentit tout le matériel entreposé dans l'atelier avant même d'en franchir le seuil. Aristide avait déjà fait l'acquisition de plusieurs blocs de pierre et d'argile. Le jeune homme souffla un peu et écouta de bonne grâce le sculpteur qui ne perdait pas de temps pour mettre sa technique à profit. Le philosophe avait une vision de la magie de la terre vraiment particulière, il ne prônait aucun idéal noble. Juste l'utilité. L'apprenti observa l'exercice et même si Aristide était entièrement penché sur son ouvrage, Nate tourna fréquemment le regard à l'opposé. Il essayait d'observer son maître à l’œuvre le plus longtemps possible, mais c'était plus fort que lui. Il y avait, il y avait... Lazarey ne savait pas ce qu'il y avait. Et c'était maintenant à son tour. Pour se détendre il fit quelques applaudissements silencieux en direction du sculpteur pour le féliciter. Il savait évaluer la difficulté de ce travail, les bords du gobelet d'Aristide étaient bien nets, lisses. C'était une réussite, simple mais efficace.

« En toute honnêteté, je ne préfère pas plonger les mains dans un bloc aussi imposant. Je ne sais pas d'où vient mon problème mais dès que je tente de travailler un matériau lourd et grand... C'est le meilleur moyen pour mettre fin à nos deux vies. »

Le fils Lazarey laissa échapper quelques petits éclats de rire consternés, accompagnés d'une moue désespérée. Il n'avait jusque là trouvé aucune solution à ce problème... Et ce n'était pas à l'ordre du jour. Nate ne tenait pas à creuser ce sujet sensible, il préférait s'y pencher lorsqu'une certaine marquise aurait eu son content de sculptures.

Le blondinet fit donc glisser ses doigts autour de la bouteille pour se l'approprier. Rien d'élégant mais c'était le dernier de ses soucis. Il s'adossa à un immense bloc de marbre – il avait dû coûter une fortune mais allait en faire gagner le double ou même le triple – et apaisa sa soif de son habituel air nonchalant.

« Dites moi... Racontez-moi votre découverte de la magie de la terre. En combien de temps et comment avez vous appris le petit tour de tout à l'heure? Dites m'en un peu plus je vous prie. Vous vous êtes montré peu loquace sur les évènements qui ont fait l'homme que vous êtes aujourd'hui... » Buvant une seconde fois, Nathaniel portait un regard intéressé sur Aristide. Il le fixait pour ne rien rater de sa réaction. « J'espère que vous n'avez pas honte ou quelques scrupules, après tout ne suis-je pas un barbare de Dargon? Nous pouvons écouter toutes les musiques. Toutes. »

Avalant encore une fois quelques gorgées de sa bouteille, le blondinet se laissa glisser contre le bloc pour finalement poser ses fesses sur le sol. Il releva les yeux, soucieux d'avoir Aristide dans son champ de vision. Nate était négligemment assis par terre, le dos contre l'imposante pierre. Être au ras du sol donnait une nouvelle perspective à toutes choses...


Dernière édition par Nathaniel Lazarey le Jeu 9 Fév - 13:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Mer 8 Fév - 22:00

Aristide secoua la tête, voyant que son disciple n'était pas apte à faire ce qu'il lui demandait. Bon, c'est vrai, il se chargea bien de tout ce qui concernait le transport. Mais la maîtrise de la Terre ne semblait pas son fort. Après tout, façonner une simple pierre... Comme quoi, sa théorie de l'incapacité des idéalistes à se servir correctement de leur don se vérifiait une fois de plus. Il soupira et haussa les épaules, donnant la bouteille à son barbare d'apprenti.

- Je vois. Nous allons nous contenter d'un seul gobelet... - Levant ce dernier, il ajouta. - A notre nouvelle maison et à la santé de la marquise Hellwig, mon jeune ami. Ne t'en fais pas, je travaillerai tes piètres pouvoirs jusqu'à ce que Tu m'arrives à la cheville. Après, nous verrons si Tu pourras aller plus loin. Malgré tout, je suis fort aise de t'avoir ici, à mes côtés...

Voilà pour ce qui était de la gentillesse. Et c'était sincère. D'une part, Aristide disposait maintenant d'un serviteur qui travaillait pour lui quasi gratuitement, en plus la belle tête du jeune homme l'inspirait et lui attira l'intérêt d'une cliente puissante... Mais en plus, il était mignon. Assis sur le coffre à outils, Aristide Torchia contemplait son interlocuteur et ses traits agréables à voir. Il serait sans doute aussi agréable au toucher. Bien qu'il avait l'air d'un jeune homme voulant essayer de tout, on ne pouvait être sûr : peut-être n'allait-il pas accepter ce que son maître voulait lui faire (faire). Alors, il valait mieux boire encore, discuter. La boîte rouge avait attendu de nombreuses semaines sans être ouverte et son contenu utilisé. Elle n'allait pas s'enfuir. On pouvait prendre le temps de parler du passé du sculpteur.

- Pourquoi aurais-je honte ? Je ne suis nullement responsable du fait que mes nobles géniteurs étaient des hérétiques... - Sa voix respirait l'ironie et la moquerie ouvertes. - Ce sont bien sûr eux qui m'ont enseigné depuis toujours leur art et ont tenté de me faire voir l'injustice de ce monde. Je t'avoue que je n'ai jamais rien vu de tel, ni en Province, ni ici, à la Capitale. Vois-Tu, je crois fermement qu'il est inutile de sacrifier le peu de temps que nous avons en ce bas monde à autre chose que ce qui nous plait. Si je ne peux changer le monde en un instant et que donc je ne serai pas là pour en profiter, à condition qu'il soit possible de rendre le monde meilleur encore, à quoi bon me tuer ? Je n'aurais pas d'enfants et je n'emporterai rien avec moi.

Si les pouvoirs d'Aristide étaient illégaux, sa mentalité était celle d'un noble cynique, voyant le monde sous l'angle de l'hédonisme et de tous les possibles. Il était là pour satisfaire ses pulsions, vivre confortablement et en flattant son ego immense. Il vida son gobelet improvisé et le remplit à nouveau, prenant la bouteille des mains de Nathaniel. Ensuite, il buvait plus lentement, parlant plus que son apprenti. C'est ce dernier qui devait boire... Pas trop, mais suffisamment. Il tenait probablement bien l'alcool et devait être... détendu, mais non complètement mou.

- Bref. J'ai oeuvré à développer mon talent naturel, à faire découvrir mon art au monde entier. J'ai longuement profité de la liberté que me conféra la disparition de mes parents, avant de constater que Fintasy commençait à se faire trop petite pour moi. Ainsi, je suis venu à la Capitale pour que le monde puisse contempler la beauté de mon travail. Comme je te l'ai dit, cela fait peu de temps que je suis là. - Il sourit. - Et pourtant me voilà déjà reconnu par une personne si importante... N'hésites donc pas à boire pour ce succès imminent, mon garçon. Ce n'est qu'une question de temps pour que nos deux noms ne soient sur toutes les lèvres cultivées de cette ville !

La bonne humeur de l'artiste ne faisait aucun doute. Mais elle n'était pas uniquement due à la montagne d'or qui se profilait à l'horizon. Il y avait aussi ce qui allait de paire avec la vue de Nathaniel : le désir sexuel. Au travers de ses petites lunettes rondes, Aristide voyait à merveille la beauté de son apprenti et imaginait déjà mille et un plaisir qu'ils allaient connaître ensemble. Il avait, encore une fois, un bon pressentiment...

- Autre chose ?
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Jeu 9 Fév - 13:56

C'était simple d'observer le sculpteur lorsqu'il n'était pas penché sur son art. Tant qu'il n'utilisait pas la magie de la Terre, tant qu'il ne se préoccupait pas des pierres et de l'argile, tout allait bien pour le jeune Lazarey. Nate avait laissé de côté ses inquiétudes sur la maîtrise de ses pouvoirs. Le discours d'Aristide était encourageant, il y avait même quelques mots gentils..! Le blondinet avait levé la bouteille en même temps que le sculpteur. L'atelier qu'ils venaient tout juste d'investir semblait plus clair que le précédent. En réalité, l'ancienne maison d'Aristide n'avait pas été conçue pour accueillir un artiste. Celle là semblait un peu plus appropriée, elle serait parfaite une fois meublée et les affaires déballées.

Agréablement surpris, Nathaniel écouta avec attention l'histoire du sculpteur. Le novice s'attendait à une pirouette verbale ou à quelque discours vague mais il n'en était rien. Aristide ne répondait pas vraiment à la question de Nate, il n'entrait pas dans le détail de sa biographie mais il étalait ses opinions avec clarté. Une vision égoïste pour les bons samaritains révolutionnaires, un idéal tout à fait normal pour tous les puissants de ce monde. Tout en l'écoutant, Nathaniel buvait, sa bouteille se vidait à une vitesse respectable. Aristide vint la récupérer au bout d'un moment, le jeune homme eut le temps d'apprécier la sensation de l'alcool qui se répandait dans son organisme. Le sculpteur continuait sur sa lancée, assis sur son coffre, la bouteille à ses côtés.

Il en disait assez sans pour autant se dévoiler totalement. Le fils Lazarey était piqué de curiosité. Comment étaient morts ses parents? Comment pouvait-il être sur de ne jamais avoir d'enfants? Nate se releva souplement, fit quelques pas vers Aristide et sentit l'alcool lui monter brusquement à la tête. Rien d'alarmant, il lui en fallait beaucoup plus pour l'achever.

« Autre chose ? »

« Non, je vais simplement... récupérer cette bouteille » répondit l'apprenti avant de glisser sa main autour du récipient convoité. L'alcool n'avait pas le mérite d'ordonner les idées chaotiques qu'il avait eues lors du trajet en charrette, mais plus le breuvage faisait effet, plus ses pensées se faisaient floues, imprécises et silencieuses. C'était reposant.

Maintenant qu'il était près d'Aristide, Nathaniel n'avait pas envie de se trainer jusqu'au bloc de marbre sur lequel il s'était appuyé tout à l'heure. Être loin de son interlocuteur n'est pas propice à la bonne conversation. Le jeune philosophe se laissa de nouveau glisser au sol – avec un certain style, à croire qu'il s'était assis par terre toute sa vie – mais contre le coffre cette fois-ci. Aristide n'était qu'à quelques centimètres de lui, installé sur le meuble. Nate secoua la tête pour dégager ses mèches blondes sur son front et leva les yeux.

« Je ne me serais pas risqué à rester en votre compagnie si j'étais en proie à un idéal quelconque. Ma sœur en avait un, elle était parfaite. Mais la voir chuter définitivement, comment dire... Ça calme. Ça fait réfléchir sur les mécanismes de la vie et de la mort. Je regarde, je touche et je sens et puis je me dis "zut, c'est ça le prix à payer?" Je n'ai pas la force de me sacrifier pour un hypothétique résultat. Personne ne... personne ne m'en donne envie. Ils se débrouillent très bien sans moi. »

Un peu amer, Nathaniel avala une énième fois une longue gorgée d'alcool. Il se laissa aller contre le coffre, relâchant la tension de ses épaules et de sa nuque. Le sol était froid, mais il avait l'habitude. Il y avait pire. Le fils Lazarey ferma les yeux pendant quelques secondes, il sentait la présence du sculpteur juste à côté, un peu plus haut. Après quelques secondes il releva les paupières et sourit, les traits détendus.

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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Jeu 9 Fév - 18:44

Le sculpteur n'a pas mentionné le fait que ses parents, petit nobles, ont fini leurs existences entre les griffes de l'Inquisition grâce à lui et à sa volonté de progresser, de faire sa carrière et sculpter les statues des Hauts Prêtres précédents, si cela rapportait de l'argent. Il ne recherchait aucun idéal moral, ni aucun mystère. Il voulait fournir à ses clients ce à quoi ils s'attendaient en échange de grandes sommes d'argent. En plus, la fin tragique de ses géniteurs ne faisait qu'étayer sa théorie d'une vie trop courte pour voir un quelconque résultat de son sacrifice. Eux, ils n'ont rien vu, même pas leur fils devenir célèbre sous la protection d'une famille pour le moins proche du pouvoir en place. Le Hellwig allait soutenir tout système totalitaire et élitiste qui se présenterait. L'Empire d'Ishtar était un allié parfait, à défaut d'être un ennemi.

Le fait qu'Aristide ne s'était jamais reproduit, se justifiait très simplement, pour vous, lecteurs omniscients : les femmes, de part leur anatomie, étaient d'aussi parfaits modèles que de piètres maîtresses pour le lit du sculpteur. Le sexe, voire la luxure propre à la noblesse d'Ishtar, Aristide n'en voulait qu'avec ses corps qu'il connaissait, qui étaient comme le sien. Les hommes, plus jeunes que lui, de son âge ou un peu plus âgés, étaient ses seuls partenaires possibles. A ce propos, il regardait Nathaniel boire et se détendre, se glisser sur le sol, pratiquement à ses pieds, même si d'autres coffres étaient là pour lui servir de siège, s'il le voulait. Mais s'il préférait être si proche de son maître... Tant mieux.

- Tu as bien raison, petit. Le prix à payer... Ha ! - Aristide but un peu dans son gobelet en pierre. - Non seulement Tu payes un prix élevé, mais en plus Tu ne reçois jamais la marchandise. Autant se faire payer et livrer son travail aux autres. C'est plus sûr et généralement ça laisse du temps pour dépenser ton salaire. Ce n'est pas moi qui vais te pousser à faire des sottises, sois-en sûr...

Un silence plana, alors que les deux hommes buvaient en pensant à leurs proches, philosophes eux aussi. Trop idéalistes pour survivre, trop faibles pour changer quoique ce soit dans ce monde qui leur déplaisait tant. Leur foi était plus profonde que celle de nombreux fidèles de l'Ombre. Pourtant, ils n'ont rien obtenu et ont tout perdu. La soeur de Nathaniel a également, semble-t-il, attiré la disgrâce sur sa famille. Un très joli coup et un parfait exemple de bêtise propre aux gens qui croient que les mages de l'Ombre s'entraînent depuis trois millénaires à tuer pour rien. Si on ne peut les vaincre, il faut collaborer avec eux. Et tout le monde sera heureux et aura sa part d'or et de célébrité. En tout cas, Aristide comptait avoir la sienne.

Alors que le garçon avait les yeux fermés, son maître déposa son verre au sol, de l'autre côté. Une fois qu'il ouvrit ses yeux, Nathaniel avait déjà les deux mains de l'artiste sur ses épaules. Il souriait aussi, massant doucement les épaules et la nuque du jeune Lazarey, l'aidant à se détendre. Une fois cela fait, il inclina sa tête et se baissa pour l'embrasser. D'abord leurs lèvres se rencontrèrent, ensuite la langue d'Aristide se glissa dans la bouche de l'élève alors que sa main le tenait par le menton. Ensuite, vint la remarque digne du grand Aristide Torchia.

- Hum... Une bouche à la hauteur du visage dans lequel elle est incluse. Ah... J'ai quelque chose pour Toi... Je te le donnerai, si Tu promets de faire ce que je te demanderai...

Un murmure glissé à l'oreille, suivi d'un autre baiser. Ils n'étaient pas pressés... Mais Aristide se sentait glisser vers le sol. Certes, loin de sentir les effets de l'alcool avec le peu qu'il avait bu, il se sentait surtout attiré par le jeune homme qui allait fort probablement passer la nuit dans le même lit que lui. A moins qu'il ne l'attache ailleurs... Non, mais ce n'était pas la question, vraiment pas. Faisant rapidement un tour du coffre et de son apprenti, le sculpteur se retrouva à genoux, au-dessus de Nathaniel, immobilisant ainsi celui-ci et pouvant l'embrasser et le caresser à souhait. Les boutons des chemises se détachaient petit à petit... Sourire.

- Alors ?
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Jeu 9 Fév - 20:12

Nathaniel crut être le jouet de ses propres illusions. Ce poids léger sur ses épaules, ces mains à la poigne ferme et caressante, ce ne pouvait être celles d'Aristide Torchia. Le fils Lazarey accordait beaucoup plus de crédit à la situation inversée: ses longues mains fines sur les épaules du noble sculpteur. Il apprécia néanmoins cette impression, ne faisant rien de particulier pour que l'illusion s'arrête. Lorsque les mains s'attaquèrent délicieusement à sa nuque, il commença à se poser des questions. C'était trop... pour être faux. Sentir un frémissement monter le long de sa colonne vertébrale depuis ses reins juste à cause de son imagination? Impossible. Car il en avait imaginé des choses depuis qu'il était entré en contact avec Aristide...

Mais il ne se serait jamais permis de songer à ce qui suivit. Les lèvres de Nathaniel frémissaient d'étonnement, oh pas trop longtemps... Le jeune philosophe ne se laissait jamais abattre, un nouveau divertissement s'offrait à lui, une nouvelle expérience. Hors de question de laisser passer cette occasion. De plus, le blondinet n'en était pas à son premier baiser, habitué aux bordels en tout genre il avait à peu près tout essayé. En vain. Les choses commençaient toujours en grande pompe pour finalement engendrer un résultat médiocre. D'habitude, la déception arrivait bien vite.

Nate s'était prêté bien volontiers à l'exercice que son maître lui avait proposé. C'était presque avec regrets qu'il se mordilla les lèvres, libéré pour quelques instants de l'emprise du sculpteur. Cela venait à peine de commencer et, oh, il y avait comme un goût de frustration sur la pointe de sa langue...

Loin de faire retomber l'envie qui le prenait, le petit discours d'Aristide attisa la curiosité de Nathaniel. Il avait quelque chose pour lui, qu'est-ce que cela pouvait bien être? Le philosophe le menait par le bout du nez. Il n'était vraiment plus question d'illusions à présent, la situation était bel et bien réelle. L'alcool avait légèrement endormi la fierté du jeune Lazarey. Et les mystères d'Aristide l'auraient déjà attiré en tant normal... Il n'en fallait pas plus pour le motiver à questionner le sculpteur sur ses envies. Néanmoins il n'en eut pas l'occasion, l'enfoiré arrogant revenait le dominer et le tenter du bout des doigts, à la pointe de la langue. Nate s'abandonna au jeu pendant quelques minutes, il oublia sa question et les convenances, répondant avec plus d'insistance aux baisers et aux caresses du philosophe, allant même jusqu'à lui déboutonner la chemise. Il fit lentement glisser ses paumes sous le tissu, contre les épaules de l'artiste jusqu'à ses hanches, faisant tomber la chemise au passage. Il avait terriblement envie de lui... Et au moment où il s'en aperçut, il interrompit ses caresses et rougit.

Tournant la tête pour dérober son regard du corps si désirable penché juste au dessus de lui, il tenta de s'exprimer d'un ton neutre mais les sons qui jaillissaient de ses lèvres ne ressemblaient qu'à une fausse plainte capricieuse, atrocement consentante.

« Vous êtes impossible, comment vous dire non? C'est à croire que vous êtes le seul parmi tant d'autres à avoir trouvé le moyen de... » Il ne termina pas sa phrase, pris d'un frémissement soudain, le sang refluant de nouveau sous ses pommettes. « Qu'attendez-vous de moi? »

Dans un dernier sursaut de courage, il avait de nouveau incliné la tête vers son interlocuteur, mais bien vite il ferma les yeux, se mordillant les lèvres pour ne rien commettre de stupide.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Jeu 9 Fév - 20:40

Le noble déchu, jeune mage de la terre, était plus manipulable qu'un bloc d'argile. Les mains, les doigts et la bouche d'Aristide en faisaient manifestement ce que ce dernier désirait. Sans être doté d'une beauté particulière, Torchia avait l'avantage de l'expérience, de l'alcool et du fait qu'il était un bon noble : il prenait soin de lui. Vivant dans la poussière de pierre et ayant de l'argile collé aux semelles de ses chaussures, il demeurait néanmoins un petit aristocrate propre, bien vêtu, aux ongles limés et à la peau parfumée. D'ailleurs, pensa-t-il, il faudra faire un feu dans cette maison et faire chauffer de l'eau pour un bain... Les deux hommes devaient investir encore dans un esclave... Misère... La bourse de la demoiselle Hellwig allait se vider dans la journée de demain.

Ils s'embrassaient, ils se caressaient... Nathaniel ne pouvait pas résister de toute évidence. Ainsi, le sculpteur se félicita d'avoir su juger son apprenti : malgré la décadence générale de la haute société, tous les hommes n'étaient pas disposés à coucher avec d'autres personnes du même sexe. Mais Lazarey l'était et c'était une bonne chose. Ils allaient vraiment former un beau duo, prêt à conquérir tous les salons de la Capitale et se faire un nom qui restera gravé dans la pierre.

- De quoi ? De t'embrasser ? - Aristide ricana, amusé. - Cela ne me semble guère difficile pourtant. Vois : nous prenons tous deux du plaisir à ce qui se passe. Il ne faut pas s'en priver... Sinon à quoi bon vivre ?

Un nouveau patin bien roulé pour appuyer ce cours de philosophie et de morale de l'école Torchia. Le sculpteur appliquait soigneusement les préceptes qu'il clamait dans l'intimité de leur nouvel atelier. Appuyés contre le coffre, ils s'embrassaient encore et encore. A croire qu'ils allaient s'arracher les lèvres avec les dents et échanger leurs langues, tant chacune allait dans la bouche de l'autre. Les petites lunettes rondes du maître finirent sur la modeste pièce de mobilier. Sa chemise tomba au sol. Ils ne faisait pas chaud et aller trouver les couvertures provisoires des appartements était une perspective des plus agréables. Mais avant, la question de Nathaniel méritait une réponse, une vraie... Sourire au lèvres, Aristide sortit une clef de sa poche et se leva. Après, il ouvrit la boîte rouge et la porta jusqu'à son élève, affalé au sol, les joues rougeoyantes et le regard dans le vague. Qu'il était mignon et malléable... Le sexe du chevalier était dur rien qu'à l'idée de ce qu'il allait lui proposer.

Accroupi, il ouvrit la boîte, en soulevant le couvercle de façon à ce que le garçon soit le premier à en découvrir le contenu. Le sculpteur le savait que trop bien. C'était une belle robe bleue, à dentelles, délicate, d'excellente qualité. Le genre de vêtements chers, même pour le budget d'un petit noble. Les vêtements qu'Aristide portait n'étaient pas de cette facture-là. Toujours souriant de derrière le couvercle levé, il affirma plus qu'il ne le demanda :

- Je veux que ce soir, Tu sois une belle demoiselle... pour moi...

Malgré le fait qu'il avait l'air espiègle et décontracté, Torchia éprouvait tout de même une certaine gêne à le présenter aussi ouvertement à quelqu'un qui était là pour plus longtemps qu'une nuit. Ce fantasme, comme beaucoup de fantasmes, était aussi excitant que honteux. Ce n'est pas le genre de choses qu'on déclare haut et fort en société : "moi ? Oh, j'aime déguiser mes partenaires en demoiselles, mais je les suce quand même après, parce qu'en vrai, je n'aime pas les femmes, juste des hommes travestis". Tordu, certes. Mais les rues de la Capitale regorgeaient de gens bien moins droits dans leurs bottes. Et Nathaniel allait être consentant, il n'allait même pas être payé pour. Il allait le faire pour son maître, pour le plaisir et pour l'expérience qui, fort probablement, allait être une première pour lui.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Ven 10 Fév - 1:19

Le sculpteur se fourvoyait complétement. Embrasser Nathaniel était à la portée du premier gugusse venu. Lui donner envie de continuer... C'était un tout autre challenge. Le fils Lazarey avait tenté de nombreuses fois de trouver son plaisir dans les bordels, cependant les choses n'allaient jamais plus loin que les préliminaires en compagnie des hommes. Avec les femmes c'était différent, il en avait pénétré plus d'une. Mais c'était rapide et sans saveur. L'excitation retombait très vite, Nate... s'ennuyait.

Les paroles d'Aristide faisaient mouche. Le blondinet se retenait difficilement de prendre le dessus sur l'artiste, de le plaquer contre le grand bloc de marbre pour avoir l'intégralité de son corps de noble bien entretenu à explorer du bout des lèvres. Réprimant son désir, il se défoulait largement sur ses baisers en espérant que le sculpteur n'allait pas interrompre leur petit jeu en plein milieu de la partie. S'il n'exploitait pas les pulsions de son apprenti jusqu'à épuisement de ce dernier, Nathaniel ne répondrait plus de rien. Il se tempérait pour le moment, laissant l'excitation monter doucement tandis que leurs lèvres s'écorchaient de nouveau. Le blondinet désinvolte ne pouvait plus cacher son avidité, ses mains crispées tremblotèrent lorsqu'il retira les petites lunettes de son maître pour les poser dans un coin un peu moins agité. Il avait envie d'Aristide là, maintenant, tout de suite. Mais patience. Nate savait que précipiter les choses allait tout gâcher. Si l'attrait du chevalier avait tant d'intérêt aux yeux du jeune Lazarey, c'était surtout parce qu'il ne pouvait ni prévoir ni contrôler ce que le noble allait faire.

Lorsque ce dernier s'éloigna, coupant court à leur étreinte effrénée, Nathaniel put se calmer et faire légèrement retomber ce désir insensé. Il avait soif, avala une bonne dose d'alcool à longues gorgées puis tenta de se reprendre, les joues rouges, le regard un peu vague. A quoi fallait-il penser pour calmer l'ardeur qui s'emparait de son bas ventre? Le joli petit corps de sa sœur ensanglanté ne fit aucun effet. De plus en plus honteux, Nate baissa la tête, ses mèches blondes retombant devant ses yeux égarés. Il s'apprêtait à lancer un avertissement à son maître, l'envie de le prendre contre un bloc de marbre n'avait toujours pas disparu, au contraire. Mais Aristide était déjà devant lui, présentant un nouveau mystère. Une boite, celle qu'il avait aperçue durant le rassemblement des affaires... Une boite qui contenait une magnifique robe bleue. Perplexité. Un sentiment accentué par la requête que le Philosophe fit quelques secondes plus tard, l'air parfaitement détendu.

Nathaniel releva les yeux vers Aristide, poussant du bout des doigts les cheveux qui lui masquaient la vue. La mine du jeune novice était hésitante, pendant les premières secondes il avait presque cru à une blague... Mais le ton du sculpteur était sans appel. Nulle trace de sarcasme dans sa voix. Nate se leva par pur automatisme, le regard toujours plongé dans celui de l'artiste. Finalement, il céda.

« D'accord » dit-il d'un ton incrédule, reportant les yeux sur la robe. Il caressa l'étoffe du creux de la main. Ses gestes étaient un peu moins précis, cotonneux à cause de l'alcool mais délicats. Il lança un dernier regard amusé à Aristide, lui offrant également son habituel demi-sourire sarcastique et complice puis lui tourna le dos. Il fit rapidement tomber les derniers vêtements qu'il portait et tendit la main sur le côté pour récupérer la robe. Toujours dos au sculpteur, Nathaniel se glissa dans l'étoffe luxueuse avec un sourire un peu halluciné. A quel jeu il se prêtait pour satisfaire ce connard boursouflé d'arrogance! Il avait quelque chose pour lui. Il avait quelque chose pour lui... C'était quoi? Désinhibé par l'alcool, Nate trouvait cette situation relativement amusante. Elle lui rappelait un vieux rêve qu'il avait fait quelques années plus tôt... Un rêve où il rencontrait une drôle de petite reine dans un bar glauque, seulement vêtu d'un attirail de catin en cuir, corset, bas résille et jupe très très courte. Il se souvenait que dans ce rêve, il avait été obligé de danser avec la reine pour survivre... C'était un cauchemar récurrent à l'époque. Il ne l'avait plus fait depuis longtemps...

Le fils Lazarey prit délibérément son temps pour enfiler la robe. C'était un peu encombrant mais pas désagréable à porter. Il y avait un petit corsage à serrer... Se retournant d'un seul coup vers Aristide, Nathaniel ne se fit pas prier pour le narguer:

« Pouvez-vous m'aider à resserrer ces rubans, monsieur? »

Il ne s'apercevait pas encore de l'incongruité de sa position, il profitait de son avantage. Mais quand il fut fin prêt, il recula de quelques pas pour se laisser admirer. Et là, toute l'ampleur de la situation lui sauta au visage. Goguenard quelques secondes plus tôt, il rougissait de nouveau et évitait soigneusement le regard d'Aristide. Nate essayait de se faire tout petit, habillé ainsi il n'était plus question de plaquer l'artiste contre un mur pour laisser libre court à ses pulsions. Il se mit la paume devant les yeux, les joues écarlates. Honteux et intrigué à la fois, s'étant lui même temporairement aveuglé, il se concentrait sur tous ses autres sens pour sentir si Aristide s'approchait de lui ou l'abandonnait en plein milieu de la pièce avec un rire mauvais.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Ven 10 Fév - 10:19

Tout se déroulait nettement mieux qu'on ne puisse l'imaginer. Certes, Nathaniel avait hésité, mais cela ne fut pas long. En plus, Aristide semblait percevoir, en plus de l'abondant à l'expérience nouvelle, un certain enthousiasme chez le garçon. En général, à en croire ses diverses expériences, les jeunes hommes avaient du mal à se travestir comme ça, sans opposer la moindre résistance. Et Lazarey n'avait pas vraiment la dégaine d'un soumis, obéissant aveuglément au premier amant venu qui formule clairement ses envies en matière de sexe et de préliminaires... Bien que le chevalier n'ait nul besoin de plus qu'un pantin, un jouet pour satisfaire ses pulsions égoïstes, savoir que Nathaniel consentait assez librement à se prêter au jeu l'excitait encore plus. C'était sans doute le fait de l'alcool et de la chasse aux sensations nouvelles qui animaient le garçon, mais qu'importe.

Enfin, après pas mal d'années de sexe avec des travestis de bordel, des esclaves sans volonté propre et des gens qui refusèrent de participer à son fantasme, Aristide Torchia allait avoir sa demoiselle, pour laquelle, il gardait cette robe depuis... Cinq ans, maintenant ? Quelque chose comme cela. Bref.

- Parfait ! Je suis certain que cela t'ira à merveille en plus...

Oui, la robe a été prévu pour quelqu'un qui n'avait pas une carrure d'Objet travaillant dans une usine, mais plutôt pour une jeune fille avec peu de poitrine, ce qui revenait à dire qu'un jeune homme mince et pas trop grand devrait y trouver son compte également. Et en effet... Gardant une certaine pudeur, à moins qu'il ne veuille juste faire patienter son maître, Nathaniel se déshabilla. Son corps, même vu de dos, était parfait. Finement sculpté, il paraissait doux au toucher. Il l'était aussi, d'après ce que Aristide n'ait pu tirer de la chemise à moitié défaite du garçon, quelques minutes plus tôt. Mais même, rien qu'au regard, il voyait que ce gamin était vraiment l'amant qu'il lui fallait. A la demande de celui-ci, le sculpteur bondit. Même torse nu, il fit une belle révérence, puis fit le tour de son nouveau partenaire, tant sexuel qu'en affaires, et murmura à son oreille :

- A votre service, mademoiselle. Je me ferai une joie de vous apporter tout mon aide, quelque soit le moment...

Au moins, tant que Nathaniel avait cette robe sur le dos, Aristide allait bander suffisamment fort pour jouer en gentilhomme (qu'il pouvait être en vrai aussi, parfois) et faire tout ce que la "demoiselle" désirait. Bien entendu, il fallait avant tout qu'elle veuille être courtisée, séduite et, finalement, possédée sans trop de pudeur. Un bon programme pour la nuit. Même s'ils avaient du pain sur la planche et qu'ils n'allaient pas beaucoup dormir, cela valait la peine. Pour Aristide en tout cas, son sexe prenant le contrôle sur le reste du corps et privilégiant la satisfaction de ses pulsions à l'argent (!).

L'artiste regarda longuement son apprenti déguisé, clairement émerveillé par la vision qui s'imposait à lui. Il finit par prendre la main de Nathaniel, la baiser avec délicatesse et fit tourner le garçon sur lui-même, comme s'ils dansaient. Mais, une fois les trois tours sur lui-même finis, le fils Lazarey se retrouva dans les bras de son maître qui le serra contre lui dans un baiser nouveau. Ses mains, sentaient le jeune corps sous les tissus soyeux, il caressait tout ce qui était à sa portée, pris dans une fièvre sensuelle. Il finit par s'emparer à son tour de la bouteille et à boire une bonne gorgée à même le goulot. Ensuite, il présenta son gobelet à Nathaniel.

- Mademoiselle ? Puis-je vous en proposer encore ? - Un silence. - A moins qu'une autre de mes actions puisse vous être agréable...
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Ven 10 Fév - 11:48

On dit que le bleu s'accorde parfaitement avec le blond. Nate n'en savait rien, il s'habillait quotidiennement de noir, par simple habitude. Il possédait cependant quelques chemises d'un rouge et d'un violet très sombre mais ne les portait qu'en de rares occasions. Le jeune Lazarey n'avait aucune idée de l'image qu'il renvoyait ainsi vêtu, paré de cette soyeuse étoffe bleu clair. Et il n'avait pas envie de le découvrir. Pour sûr, le reflet d'un miroir n'allait pas l'aider à assumer ce nouveau rôle. Il n'avait pas de préjugés, ses errances et ses illusions brisées, il ne se refusait rien. Porter une robe et jouer à l'élégante pour le bon plaisir d'Aristide n'allait pas le tuer. Loin de là. Alors il s'exécutait sans remords, timide tout de même. La première représentation est toujours teintée d'appréhension, c'est le suspense du quoi et du comment. Les autres spectacles servaient à déguster le jeu dans ses moindres subtilités, toujours identique et pourtant si différent, de nouveaux détails apparaîtraient, encore et encore et puis...

Le sourire de Nathaniel s'était élargi. Avant que le jeune homme ne prenne peur et se voile le regard, Aristide s'était élégamment incliné devant lui et changea du tout au tout. Habitué à recevoir les ordres, c'était au tour du blondinet d'en donner, masqués par quelque verbiage plein de fausse humilité. Le jeune novice était agréablement surpris, son habituelle envie de relever tous les défis refaisait surface. Et bien sûr, il n'allait pas se faire prier pour profiter du pouvoir qu'il détenait sur l'artiste.

« Plus serré, s'il vous plait » avait murmuré Nate en se délectant de la présence du philosophe penché à son côté, occupé à nouer le corsage de la robe.

Puis il s'était reculé, un peu confus. Il garda les paupières à demi baissées et se laissa docilement guider par Aristide. Un petit soupir lui échappa tandis que le sculpteur le serrait contre lui, l'embrassait et le caressait. Honteux et un peu furieux de se prendre trop facilement au jeu, Nathaniel se mordillait les lèvres. La douce barrière de tissu entre sa peau et les doigts d'Aristide le rendait fou, tiraillé entre l'envie d'en finir tout de suite et celle de profiter de cette sensation sensuelle. La pression des mains de l'artiste était suggestive, Nate sentait la chaleur de ses doigts sous le tissu, cette sensation à demi consumée laissait place à son imagination trop débordante.

Une pause. Pourquoi? Le novice fit une moue boudeuse, impatient. Il fit glisser ses doigts autour du gobelet en esquissant finalement un sourire. Après tout, Aristide était l'instigateur de toute cette affolante mascarade. Il fallait lui faire confiance pour la suite du scénario.

« Encore un peu, mais pas trop. Vous n'aimerez sans doute pas que je m'écroule sans conscience entre vos bras, l'intérêt est de participer n'est-ce pas? »

En parlant et en choisissant bien ses mots, Nathaniel reprenait de l'aplomb. Il adressa une œillade charmeuse à son interlocuteur, trempa légèrement ses lèvres dans le gobelet en pierre puis laissa errer son regard sur le torse nu d'Aristide.

« Je suis bien intrigué de découvrir ce que vous avez à proposer. J'en ai vu des choses, vous savez... » Nate ferma brièvement les yeux et se pinça l'arrête du nez. Il commençait déjà à perdre sa concentration. Il releva les paupières et sourit. « Pensez vous faire l'affaire? J'ai hâte de voir vos arguments. »

Le fils Lazarey masqua son sourire joueur dans le gobelet d'alcool qu'il buvait à petites gorgées.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Ven 10 Fév - 12:46

Soit il était saoul, soit Nathaniel y trouvait un réel plaisir. Les deux options étant des plus convenables, Aristide n'allait pas se pencher sur la question tout de suite. Après tout, l'alcool n'allait pas leur manquer, de même que les occasions pour partager leur lit et de se prêter à des jeux, liés au sexe. Le bleu allait effectivement bien au blond, alors que le brun prenait son pied rien qu'à regarder cette demoiselle, pourtant, sous la soie, dotée d'un sexe bel et bien virile et d'une prostate qui allait lui permettre de savourer ce qu'il comptait lui faire.

A chaque fois que Nathaniel lui demanda de serrer le corsage de la robe, Aristide obéit, hochant juste la tête. La silhouette délicieuse de son apprenti déguisé ressortait de mieux en mieux et rendait le maître fou de désir. Sans avoir bu assez pour cela, il était ivre du parfum du corps du garçon, de la douceur de la robe, de leurs baisers et de leurs caresses. Le petit travesti le faisait baver. Au figuré, mais presque littéralement aussi... Il avalait sa salive bruyamment de temps à autre et ne faisait même pas d'efforts pour cacher que là, devant lui, se tenait le sommet de ses fantasmes, l'accomplissement des années de recherche d'un jeune homme prêt à jouer avec lui.

- Euh... Non, bien sûr...

Mais si jamais cela venait d'arriver, si Nathaniel s'écroulait là, dans l'immédiat, Aristide abuserait de lui, avant d'essayer de le secourir. Cela n'arriva pas, alors nous ne serons jamais sûrs, mais en bon mâle, le philosophe à lunettes ne résistait pas très efficacement à ses propres désirs. Et le jeune homme le narguait de toute évidence. Il reprenait de l'assurance et cessait d'être une poupée habillée pour le bon plaisir du marionnettiste. Il était la demoiselle, se prêtant au jeu avec une grâce délicieuse. Aristide était prêt à se jouir dessus... Même si cela allait faire durer les choses, la plaisanterie de Nathaniel refroidit quelque peu le sculpteur. C'était le personnage, la petite princesse qui le demandait mais... L'ego de l'artiste poussa un genre de râle apocalyptique. Comment pouvait-il ne pas faire l'affaire ?! Alors, il adressa à son tour un sourire à son partenaire et s'empara des poignets de celui-ci.

D'abord, on pouvait croire qu'il voulait lui tenir les deux mains à la fois, comme pour sentir leur douceur et leur chaleur. Mais il souleva les bras du garçon, croisa ses poignets et les appuya contre l'un des blocs de pierre, destiné à faire une statue. Lentement, Aristide exerça une pression sur les mains prisonnières et les enfonça dans la pierre, emprisonnant la demoiselle... On aurait dit une offrande à un dragon, immobilisée et attendant la fin, attendant d'être dévorée.

- Je suis certain que vous n'avez encore jamais vu de si belle jeune fille... Sans parler du fait que maintenant, vous êtes mienne... Vous allez me supplier de m'occuper de vous...

Alors, le sculpteur se mit à genoux devant Nathaniel immobile et posa ses mains sur ses chevilles. Lentement, ses paumes montèrent, caressant les jambes fines du garçon. Il s'attarda sur les hanches, massa les fesses avec force, son visage collé contre la robe. Alors que ses mains montaient encore, à la découverte de ce qui était accessible du torse, il ressentit un urgent besoin de faire plaisir à la demoiselle, à la forcer à gémir pour lui. Et pour cela, il y avait un moyen infaillible. Surtout si la demoiselle en question était en vérité un damoiseau. Il faut être vraiment le dernier des blasés, ou avoir affaire au dernier des incapables, pour ne pas gémir de plaisir lors d'une fellation... Soulevant la robe, Aristide se glissa au plus près du corps immobilisé du garçon. Nathaniel ne pouvait rien faire d'autre sinon subir le plaisir qui s'offrait à lui. Le plus délicatement possible, dans la mesure du possible (et tenant compte de son excitation fébrile) le sculpteur se mit à caresser le membre de son apprenti avec sa langue, ses lèvres, à réchauffer son bassin de son souffle. Après quelques minutes de ces petits plaisirs, et le serrant contre lui, Aristide se mit à le sucer, lentement. Très lentement. Il accélérait petit à petit, mais pas assez pour apporter la jouissance... Par contre, largement assez pour que l'autre en veuille plus. Lorsque la vitesse devint suffisante pour qu'un orgasme se profile à l'horizon, l'aîné cessa son travail pour émerger des plis de la robe et jeter un regard à la belle. Son sourire frôlait la cruauté et pourtant le plaisir se lisait dans son regard...

- Alors ? Suis à la hauteur ? Ou dois-je m'en aller et vous laisser attendre quelqu'un de plus compétent que moi ?
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Ven 10 Fév - 15:34

Fort de son succès, le jeune novice croyait détenir le pouvoir absolu sur son maître. Monumentale erreur. En un tour de main, l'aimable demoiselle se retrouvait prisonnière contre un bloc de pierre. Nathaniel pensa furtivement à son propre désir, il aurait voulu entraver Aristide pour pouvoir jouir des délices de son corps impuissant. L'artiste ne pouvait pas lire dans ses pensées, c'était impossible... Les rôles que Nate avait imaginé s'étaient inversés. Quand ses poignets s'enfoncèrent dans la pierre, le blondinet lâcha un petit cri de surprise. L'espace d'une seconde, il eut peur, vraiment peur. Qu'allait-il faire de lui maintenant? Le fils Lazarey était incapable de bouger, des douleurs multiples aux bras et épaules seraient le prix d'une tentative d'esquive. La voix d'Aristide apaisa légèrement ses craintes, il était à genoux devant lui, l'apprenti rougit et détourna le visage. Des caresses sur ses chevilles, ses mollets puis ses cuisses... Nathaniel commençait à entrevoir la suite du programme, son érection se faisait un peu plus dure rien que d'y penser. Il se mordillait les lèvres, n'osant pas y croire. Il avait déjà participé à des fantasmes plus honteux. Du sang, de la violence, des situations incongrues, des déguisements, des lieux insolites, des positions farfelues, des dialogues et des personnages à camper le temps d'une nuit... Le jeune homme n'avait pas encore découvert toute la subtilité du sexe et de ses jeux mais il en connaissait déjà beaucoup. Et toutes ces choses l'avaient laissé de marbre, ou presque. Il n'y avait aucun enjeu, tout était codifié, planifié, les catins n'avaient aucune honte à céder à leurs plus bas instincts ou à satisfaire ceux de leurs clients. Bien que follement excitantes du point de vue de la chair, les petites expériences de Nathaniel étaient vides de toute passion morale.

Assister au spectacle d'un Aristide Torchia à ses pieds, pantelant de désir, c'était absolument exquis. Le jeune Lazarey s'en délectait et se prenait peu à peu au jeu, les lèvres tremblantes. Il sentait la chaleur du visage de l'artiste lové contre l'étoffe soyeuse de la robe, il voulait confusément glisser ses doigts dans ses cheveux bruns, contre sa nuque, pour qu'il continue à rester ... Mais il ne pouvait pas. La raideur de son membre se fit subitement plus nette, il ne pouvait s'empêcher de frémir et de gonfler au contact des lèvres d'Aristide. Puis le sculpteur le prit lentement en bouche, se faisant amplement désirer. Le blondinet était plongé dans un mélange de confusion et d'excitation. Jamais il n'aurait songé à une telle situation, il n'aurait pas osé... Aristide ne s'en privait pas pourtant. Le rythme allait croissant, Nathaniel avait perdu son habituel air détaché et sarcastique, il soupirait et gémissait sans s'en rendre compte, l'esprit et le corps trop occupés à profiter du noble qui le serrait contre lui, entre ses lèvres... Il baissa la tête vers Aristide et lui jeta un regard éperdu, c'était le seul mouvement qu'il était autorisé à faire. Si les toutes les fibres de son corps pouvaient hurler, elles auraient supplié l'artiste de continuer. Nate était tendu, le point culminant de cette tension fébrile s'affichait majestueusement entre ses jambes, une atroce sensation d'inachevé pulsait dans ses veines.

« Je… Je… Ne me laissez pas ainsi… S'il vous plait » balbutia-t-il entre deux petits halètements. Aristide était bien capable de le planter là, pour lui donner une bonne leçon. Nathaniel le pensait. Alors il capitula, à présent habitué à céder aux caprices de son maître, mais aussi pour trouver une issue à cette situation bien trop fébrile. Il aimait sentir cette envie le parcourir de part en part, ce désir pour l'artiste, dévastateur. Mais c'était aussi délicieux qu'insoutenable. Le jeune novice céda. « … Vous êtes… absolument parfait » acheva-t-il dans un souffle.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Lun 13 Fév - 20:11

Nathaniel avait craqué. En soi, il n'avait pas tort, à la base. Aristide, mené assez fermement, pouvait être soumis et danser selon la volonté de son amant, si jeune soit-il. Mais cela nécessitait le contact et une assurance que le jeune Lazarey n'avait pas encore. Pas assez, en tout cas. Il était conscient de l'effet qu'il avait sur la libido de son maître, mais la sienne l'empêchait de prendre le dessus sur son aîné qui avait surtout envie de faire l'amour à un jeune homme en robe. Les jours de jeux et de caresses mutuelles allaient venir plus tard, une fois qu'Aristide allait s'habituer à ce luxe nouveau. Celui d'avoir un tel garçon sous la main à chaque heure du jour et de la nuit. Un changement prodigieux dans sa vie. Désormais, il disposait d'un apprenti, un serviteur et d'un amant semblant accepter et même apprécier ses lubies...

La vie était belle.

Le corps de Nathaniel se tortillait. Le garçon avait dit lui-même qu'il n'était pas à même de manipuler les matières telles que la pierre... Eh bien tant pis pour lui, il allait rester là et servir son maître aussi longtemps que ce dernier en aurait envie. Au fond, cela n'allait pas être bien long : la position, occupée par l'apprenti, rendait le sexe assez compliqué et le sculpteur n'était guère partant pour perdre du temps et se briser les reins à tenter quelque chose de nouveau. Il ne se sentait pas assez fort pour faire basculer le bloc en douceur et un trou dans le plancher de l'atelier fraîchement acquis n'arrangerait personne.

Ainsi, il opta pour une solution simple : il embrassa son élève, serrant sa tête dans ses mains, glissant ses doigts dans les cheveux blonds. Leurs langues se repoussaient mutuellement, se bousculant, luttant pour la domination des deux bouches à la fois. Après ce duel épuisant et privant les deux amants de souffle, l'artiste recula un peu, respira avec une difficulté qui ne le dérangeait point et lança un regard vorace à Nathaniel dans son ensemble. Il se mordilla les lèvres.

- Je sais que je le suis... Et Toi, Tu es à moi, magnifique petit Nathaniel... Venez, belle demoiselle, finissons-en. La journée de demain sera longue...

Lentement, fermant les yeux, le philosophe parvint à libérer son apprenti, emprisonné dans la pierre. Le tenant délicatement par la main, il l'emmena avec lui à l'étage, dans la plus vaste des deux chambres, celle qui allait être sienne. A moins qu'ils ne dorment toujours ensemble, à partir de maintenant. Cela aurait l'avantage pratique de libérer une pièce supplémentaire pour l'Art ou une autre utilisation plus intéressante que le sommeil. Aristide chassa ces pensées et attira Nathaniel sur le lit, double bien entendu. Nu, la robe mise à part, le jeune homme était magnifique. Torchia en-dessous, Lazarey au-dessus, c'était le premier qui menait la danse, glissant ses mains sous les étoffes et découvrant chaque parcelle du corps de son élève, avant même de les voir correctement.

Bien sûr, quand il disait qu'ils allaient en finir, le sculpteur passait à côté de la vérité. Les vraies réjouissances ne faisaient que commencer. La robe se transformait de plus en plus en écharpe, les mains de l'artiste remontant le vêtement, préférant le corps nu au déguisement. Fébrilement, il défit les rubans du corsage, les mêmes qu'il avait serré une demi-heure plus tôt... Il finit par enlever la robe au garçon, le serrant tout nu dans ses bras, contre son torse. Aristide n'était pas particulièrement beau... Son torse était dépourvu tant de gras que de muscles visibles. Techniquement, il en avait bien sûr, comme tout le monde. Mais dans un combat, personne n'irait parier sur lui, à moins qu'il ne fasse face à un enfant de dix ans. Néanmoins, il avait de l'expérience et une assurance qui attirait un minimum d'amants. Surtout celui-là. Il était temps que Nathaniel serve à quelque chose aussi...

- Aide-moi avec ça...

Clairement, il désignait ses chaussures et, surtout, la ceinture de son pantalon.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Mar 14 Fév - 23:31

Des lèvres bouillantes, provocatrices, possessives. Nathaniel n'avait d'autre choix que de subir les assauts d'Aristide...

En réalité il se laissait attaquer de bonne grâce. Pour celui qui était consentant et comblé c'était un jeu d'enfant de garder la constance furieuse de ce baiser. Le blondinet s'emparait des lèvres de son maître avec avidité, oh si seulement ses mains n'étaient pas entravées... Recueillir le souffle d'Aristide, jouer avec lui bouche contre bouche exaltait Nate d'une bien curieuse façon. En plus de son désir pour le sculpteur, il sentait autre chose, ce n'était pas aussi visible que son érection mais peut-être que cela se ressentait dans ses baisers. Le jeune Lazarey se laissait dévorer par tous les sentiments et sensations qui l'assaillaient.

Il avait toujours pensé trouver son véritable bonheur après d'une femme, puisque la nature était ainsi faite. Il s'était tourné vers les hommes par déception et curiosité. La perspective du divertissement et de la nouveauté pouvaient le mener sur n'importe quel chemin, il s'y avançait de son plein gré à condition que sa vie ne soit pas mise en danger. Le moyen était sans importance si le résultat était là. Impossible de nier l'efficacité d'Aristide Torchia. Ils ne se connaissaient que depuis peu pourtant... Sans l'alcool qui lui montait encore à la tête, Nathaniel aurait sans doute opposé une prude résistance. Le maître qu'il côtoyait quotidiennement n'avait rien en commun avec les catins anonymes payées pour une seule nuit. Le novice avait cependant cédé aux lubies perverses de l'artiste... Pourrait-il encore se comporter normalement le lendemain ?

Le jeune Lazarey se remit dans son rôle avec difficulté, Aristide avait enflammé le corps, l'esprit ne suivait plus. Le blondinet suivit le sculpteur dans l'une des deux chambres, se glissant sur le lit de bonne grâce tout en profitant de cette nouvelle proximité physique. Laquelle s'accentua lorsque Nate fut débarrassé de la douce étoffe bleue. Euphorique à cause de l'alcool, rapidement mis en confiance par Aristide, le novice ne songea pas une seule seconde à sa nudité qui l'aurait fait rougir en temps normal. Blotti contre le torse de l'artiste, il en dévorait les moindres recoins du bout des doigts, une lueur affamée au fond des yeux. Il ne caressait pourtant rien d'extraordinaire, ses paumes avaient déjà effleuré les courbes de jeunes apollons musclés. Cependant... Cependant rien ne pouvait remplacer l'aura du sculpteur, ses petits gestes, ses caresses et son souffle désordonné.

Nathaniel répondit aux ordres par un sourire malicieux, ses mèches blondes masquant en partie son regard. Il se glissa hors du lit en passant délibérément au dessus d'Aristide, retira la première chaussure avec précipitation puis devint tout à coup très calme pour la deuxième, dénouant les lacets avec application. Ses gestes étaient lents, souples et leurs tremblements de plus en plus maîtrisés. Penché sur son ouvrage, Nate ne regardait plus l'artiste, il caressait ses cuisses encore vêtues, glissait une main entre le lit et les fesses du sculpteur, l'obligeant d'une petite pression à relever le bassin. Il s'occupa de la ceinture sans daigner accorder une seule caresse à l'entrejambe d'Aristide. Ce fut néanmoins avec douceur qu'il tira l'étoffe vers ses pieds, effleurant au passage le creux de ses hanches et cette petite zone douce et sensible au bas ventre. Le sculpteur était à présent tout aussi nu que lui, allongé sur ce lit, Nate debout à son chevet.

« Vous n'allez pas vous laisser caresser par des mains inexpérimentées sans protester je présume... » souffla le blondinet d'un ton à la fois déçu et amusé. Il savait bien que c'était Aristide qui menait la danse et il ne s'en plaignait pas. La vision de ce corps nu et allongé juste devant lui donnait envie à Nathaniel de faire courir ses doigts et sa bouche contre la peau de l'artiste jusqu'à n'en plus finir. Mais il n'osait pas, subitement timide. Il se pencha vers le sculpteur et tripota les draps déjà froissés. Ils s'étaient allongés sur un lit tout fait, paré d'étoffe propre mais banale. « En fait, vous vouliez que je vous borde, c'est bien cela ? » Les rougeurs du novice revenaient au galop, le tremblement fébrile qu'il était parvenu à canaliser refaisait lentement surface. Nate ne se donnait pas plus de quinze secondes. Une fois ce délai écoulé, la maîtrise dont il essayait de faire preuve allait s'écrouler comme un château de cartes. Il ne savait pas ce qu'il allait faire, la seule chose assez claire dans son esprit était ce besoin impérieux d'avoir Aristide Torchia rien que pour lui, par n'importe quel moyen.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Sam 18 Fév - 0:31

Posséder.

Tout n'était qu'une question de possession, n'est-ce pas ? Aristide voulait posséder de l'argent, de la gloire et, dans une moindre mesure, du pouvoir. De son côté, Nathaniel ne désirait pas grand-chose, sinon les aventures et des nouveautés, quitte à être un nomade à l'avenir incertain. La rencontre des deux hommes fut... Intéressante. La liste des choses que le sculpteur voulait pour siennes s'allongea : il éprouvait un désir de possession à l'égard de Nathaniel. Un sentiment réciproque, à en croire le comportement du jeune homme. Ce dernier n'était pas un novice en ce qui concernait le sexe, cela se voyait. Il n'en était pas moins fébrile devant son maître nu. Se sentir désiré, n'était-ce pas une forme de gloire ? Le chevalier appréciait énormément, en tout cas.

Alors que les deux hommes échangeaient les caresses et les baisers, le maître repensait à son idée d'acquérir un esclave. Bon... Son apprenti allait être son larbin, mais il n'était pas, ô désespoir, un objet qu'il pouvait détenir à titre de propriété privée. Séduire, soumettre, emprisonner, violenter,... Oui. Mais pas avoir pour soi. Et un pantin de la science, aveuglément obéissant et doté d'une force surhumaine leur serait grandement utile. Pour porter les pierres, leurs oeuvres, pour leur servir de garde du corps... Et de jouet sexuel, pourquoi pas. Aristide était d'avis qu'il ne fallait se priver de rien, vous l'aurez vite compris. Mais il fallait en revenir à ce charmant jeune homme qui s'offrait manifestement à lui. D'un ton sec, mais non moins enflammé, le philosophe à lunettes répliqua.

- Caresse-moi donc. Sans quoi, Tu n'apprendras jamais rien...

Au final, le petit fut plus rusé qu'il n'y paraissait... Il a fait languir son partenaire, en le déshabillant plus lentement que cela ne pouvait être permis. Un manchot aurait accomplis cela plus vite dans le noir. Et, pour couronner le tout, il prit un air idiot et posa une question qui n'avait rien à faire dans ce contexte. Aristide, brûlant de désir, écarquilla les yeux et souffla plusieurs fois comme une bête se préparant à la charge. Il ne frappa pas, cependant, mais fit preuve d'un manque de répartie, en allant chercher deux mots du vocabulaire populaire...

- Petit con !

Pourtant... Rien ne collait mieux à Nathaniel à cet instant. Aucune insulte ou menace, si élaborées soient-elles, ne pouvait mieux exprimer le ressenti de l'artiste et le comportement de son élève. Sans disposer d'une grande force, il avait l'avantage de part le fait que le garçon se laissait aller et son désir était manifeste. Ce qui, soit dit en passant, le rendait malléable et manipulable. Comme Aristide les aimait. Il attira le petit à lui, le plaça en-dessous et l'embrassa. Tous deux nus, ils n'allaient pas jouer bien longtemps, pas aujourd'hui. Leurs membres étaient tendus, gonflés par le sang, sous la pression du désir charnel. Du plaisir à l'état pur, l'essence de la philosophie de l'aîné. Ce dernier fit lécher la paume de sa main à Nathaniel, avant de s'en servir pour lubrifier son sexe. Le gamin avait intérêt à avoir de l'expérience et une intimité assez large pour accueillir un membre d'homme dedans. Sinon, il allait souffrir. Cela dit, ça fait partie de l'apprentissage et il est bon de sentir la douleur qui fait la course au cerveau avec le plaisir. La sodomie, c'est bon, mangez-en !

Et cela arriva, leur relation commença à se faire consommer. En d'autres termes, et appuyant les jambes du garçon sur ses épaules, Aristide Torchia le pénétra. L'entrée ne fut pas facile. Une expression de possédé sur le visage, il commença le grand va-et-vient, ne s'arrêtant qu'à peine pour donner une caresse ou un baiser à son amant. Principalement, Aristide fixait Nathaniel d'un regard fou. On y lisait la possessivité, mêlée à un désir purement immédiat, alimenté par la volonté, propre aux mâles de l'espèce humaine, de copuler dès que cela est possible, peu importe si cela permet, ou non, d'assurer la pérennité de l'espèce.

- C'est... un... bon... début... pour... ton... appr-... -entissage.

Entre chaque mot, il y avait un souffle. La respiration du sculpteur s'accélérait avec l'effort. La cadence de ce dernier devenait folle aussi... Le plaisir était si proche. Aristide s'empara d'une main (l'autre étant appuyée sur le lit, question d'équilibre) du sexe de son amant. Il l'aurait bien pris en bouche... Mais il n'était pas assez contorsionniste pour cela. La jouissance des deux hommes était bien proche...

[Je te laisse conclure, je vais dormir, pour ma part... ^^ <3]
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Sam 18 Fév - 18:00

« Caresse-moi donc. Sans quoi, Tu n'apprendras jamais rien... »


Apprendre.

Apprendre à jouer.

Apprendre à savourer.

Le blondinet ne demandait que ça...

Apprendre.

Le petit con se laissait faire, parce qu'il aimait ça. Aristide avait ce désir étrange auquel il était impossible de résister. Comment songer une seule seconde à esquiver ses caresses, à fuir son souffle désordonné duquel s'exhalait quelques vapeurs tentatrices..? C'était l'évidence même, l'occasion était trop belle il ne fallait pas abandonner la partie.

Et pourtant le jeu se faisait plus impitoyable, il n'y avait plus qu'une seule issue. Nate la connaissait mais préférait feindre de l'ignorer, découvrant pas à pas où sa petite faiblesse le menait. Glapir un bon vieux "non!" à la face de l'artiste n'était pas au programme. C'était toutefois ce que le jeune novice avait marmonné bien des fois face à ses amants d'une nuit. Et ils obtempéraient, ravis de pouvoir empocher l'argent sans vraiment accomplir leur office. Si Nathaniel s'était débattu, Aristide lui aurait-il laissé le choix ? En y pensant, le blondinet sentit un énième frisson le parcourir.

Il s'abandonna encore une fois aux baisers et aux caresses, obéissant avec ferveur aux injonctions silencieuses de son maître. Les cheveux en bataille, les joues rouges et la peau frémissante, le jeune Lazarey se laissa emporter par les évènements sans se laisser démonter par leur signification. L'avertissement donné par Aristide qui lubrifiait son sexe d'une main experte ne sembla pas atteindre Nate. Ce dernier aurait repoussé son partenaire de toutes ses forces en d'autres circonstances, trop conscient de la tournure que prenait la situation. Le petit avait encore quelques scrupules et une minuscule poignée d'illusions...

Mais Aristide Torchia savait comment le prendre.

La douleur ne fut d'abord qu'une simple information, les gens de Dargon étaient réputés pour leur grande résistance au mal physique. Le plaisir s'annonça bien vite, malheureusement talonné par la douleur... L'un ne pouvait exister sans l'autre, il fallait payer le prix de cette volupté. Sentir l'artiste pénétrer en lui n'était pas un luxe sans conséquences. Nathaniel s'était brutalement tu, les lèvres closes. Seul un souffle haché s'échappait de son nez, son regard était suffisamment explicite pour rassurer son partenaire sur ses sensations.

En vérité, le jeune Lazarey se retenait. Mais Aristide accélérait la cadence et tout le plaisir prenait le pas sur la douleur. Si ces deux sensations avaient concouru côte à côte, l'une des deux se faisait maintenant souveraine, régnant avec fureur sur Nathaniel. Ce dernier atteignait sa limite, le corps désirable d'Aristide frémissant sous ses doigts, son membre cognant et glissant en lui, c'était trop. Le blondinet se déroba aux regards du sculpteur, écrasant une joue contre le drap il fixa pendant quelques secondes le mur sans vraiment le voir, puis ferma les yeux en lâchant un long gémissement significatif. Le noble artiste le possédait tout entier, Nate savait qu'il n'en avait plus pour longtemps. Tout le désir qui s'accumulait depuis les premières minutes de leur étreinte, toute la frustration qu'il avait ressentie lors de ses soirées étaient à leur apogée. Le novice étreignait furieusement Aristide, l'air en demander encore plus. En cet instant c'est à toi que j'appartiens, alors prends, empare-toi de tout, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien... Nathaniel se répandit sur les doigts du sculpteur, l'une de ces mains qui le fascinaient tant lorsqu'il était à l'ouvrage face à la pierre ou l'argile... Ce dernier avait lui aussi cédé, le jeune Lazarey l'avait retenu jusqu'au bout désireux de ne rien perdre de leur extase mutuelle. Étalé juste à côté de lui, Aristide était à sa merci, pantelant, profitant des derniers instants de satisfaction que procurait la jouissance. Timide, le novice avait frotté sa joue contre la chevelure désordonnée de son maitre pendant quelques brèves secondes avant de sauter hors du lit.

« Je vais... Je vais chercher... »

Nate ne termina même pas sa phrase, il se détourna vers l'escalier à petits pas pressés, les pommettes écarlates. Il revint avec une bouteille et le fameux gobelet en pierre, s'agenouillant au chevet d'Aristide en lui tendant de quoi se désaltérer.

Ce n'était qu'une excuse, il s'était brusquement éclipsé de peur de se laisser aller. Nathaniel se connaissait bien, il savait déceler les petits signes annonçant une catastrophe.

Il avait également remonté la boite longue et plate. Tandis que l'artiste s'occupait de son verre, Nate s'employa à replier sommairement la robe qui trainait. Il la posa délicatement sur le rebord d'une commode après avoir frotté son avant bras sur le meuble pour en ôter la poussière.

Il n'y avait plus rien à faire, le jeune Lazarey n'avait pas d'autre choix que de rejoindre Aristide. Ce qu'il fit de bonne grâce, quoiqu'un peu hésitant.
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MessageSujet: Re: Maison Torchia - Acte II : Debout, ma Princesse... [PV Nate]   Mar 21 Fév - 20:26

Un désir étrange ? Ou alors les deux hommes étaient en manque de sexe avec un homme du même sexe et, simplement, l'autre était le seul disponible ? Il faut se poser ces questions. Surtout, après une semaine seulement de connaissance... Nathaniel portait la robe, Aristide était excentrique et "nouveau" pour le jeune garçon. Était-ce tout ? Ou alors, le hasard a bien fait les choses et les deux hommes étaient le duo idéal ? Destinés à faire des affaires ensemble et à partager le même lit, regardaient-ils dans la même direction ? Ou allaient-ils se lasser l'un de l'autre d'ici une autre semaine ? Parce que, comme le disait parfois un grand penseur ici présent, il n'est pas difficile de se faire aimer à la folie par quelqu'un qu'on est en train de sucer.

Bien entendu, le sculpteur était plongé dans cette fièvre, liée au sexe et au plaisir, il ne se faisait pas ce genre de réflexions métaphysiques et s'en foutait complètement. D'ailleurs, il était persuadé qu'il savait juger les gens de son oeil d'expert et croyait fermement que Nathaniel Lazarey allait être son dévoué élève pour toujours. Quelqu'un qui accepte de porter une robe pour lui n'était-il pas un serviteur aimant ? Le plaisir les submergea tous les deux. Le visage de l'apprenti était devenu flou pour l'homme qui mettait toute son énergie dans ses coups de bassin. Cependant, chaque détail, séparé par l'effort et le plaisir, excitait Aristide. Il sentait, plus qu'il ne voyait vraiment, les sentiments de son partenaire et les trouvait bien délicieuses. Deux partenaires portés par le désir, plutôt que par l'argent, cela était bon. Coup d'un soir ou amant pour la vie, il n'y avait que comme ça qu'ils allaient ressentir les joies les plus difficiles à atteindre de la luxure.

Alors qu'il reprenait son souffle, à peine après avaient-ils joui, Nathaniel s'en alla, balbutiant quelque chose. Surpris, son maître ne bougea pas le petit doigt. Il respirait avec peine et sentait l'épuisement reprendre ses droits sur son corps, alors que le désir sexuel était en train de se rendormir. Il parcourait le pièce du regard, s'attardant sur des choses insignifiantes, sans les voir. Du bout des doigts, il sortit un mouchoir de le poche de son pantalon qui traînait, par miracle, à portée de sa main. Ce qu'il en fit est assez facile à deviner. Par contre, Aristide ne s'attendait absolument pas à ce que son disciple revienne en lui portant à boire. Et était-il donc maniaque pour ranger la robe immédiatement après leurs ébats ? Quelqu'un d'autre pourrait penser que le garçon n'avait pas apprécié cette relation... Mais le chevalier était trop confiant pour y croire. Il se savait exceptionnel... Et il était persuadé que Nathaniel avait aimé tout ça. D'une main encore tremblante, il prit le gobelet, but une belle gorgée et le redonna au garçon, quelques instants plus tard.

- Bois aussi. Tu l'as bien mérité. Tu es bien plus talentueux que cela n'est visible au premier regard...

Un compliment, mes dames et messieurs. Ensuite, l'artiste attira son élève à lui, l'embrassa encore une fois et le serra contre son torse. C'était un câlin possessif et une façon de dire qu'il avait également apprécié cette nuit. Il allait bientôt faire complètement nuit... Et les chandelles semblaient manquer à l'appel dans tout ce qu'ils avaient emportés avec eux. Aristide haussa les épaules, pour lui-même et tourna la tête pour poser sa bouche près de l'oreille de son apprenti et amant. Sa langue précéda ses paroles.

- Tu es autorisé à dormir ici.

Puis, il sourit et déposa un baiser sur son front, avant tirer la couverture afin qu'elle les recouvre un minimum. Il risquait de faire plus froid durant la nuit que pendant les vingt dernières minutes. Quant à ce qu'Aristide venait de dire... Eh bien, c'était une façon d'exprimer sa volonté d'avoir son apprenti à ses côtés en permanence. Mine de rien, c'était agréable. Légèrement souriant, Torchia ajouta encore :

- A présent... Il serait bon de dormir... La liste des choses à faire demain est longue... Heureusement que nous sommes deux.

Le maître ferma les yeux.
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