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 La ritournelle des flammes [ Sofien ]

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La ritournelle des flammes [ Sofien ] Vide
MessageSujet: La ritournelle des flammes [ Sofien ]   La ritournelle des flammes [ Sofien ] EmptyMar 24 Jan - 21:10

    Ses yeux ne voyaient même plus les silhouettes. Juste des mouvements de choses informes qui entraient et quittaient son champ de vision. Les mots rentraient par une oreille mais en ressortaient immédiatement par l'autre. Sa tête bougeait machinalement lorsqu'on s'adressait à lui. Un horrible sentiment l'enveloppait. Celui qui l'interrogeait sur sa présence en ces lieux. Les quelques pliages éparpillés sur son bureau confirmaient... que l'ennui l'avait bien atteint. Son index et son majeur se refermèrent sur une feuille de papier. Sans réfléchir, il la plia soigneusement. Une fleur prit place à côté d'un encrier. Peut-être serait-elle mieux à la poubelle ? C'était ce qu'il pensait jusqu'à ce qu'un mot le saisisse. Ses mains déplièrent avec précipitation le pliage. Son rapport. Quel genre d'idiot jouait avec le document qu'il devait remettre le jour-même à son supérieur ? Entre le donner dans un tel état ou prétendre n'avoir rien, fait quel était le moindre mal ? Luthais jeta un coup d'oeil aux alentours avant de ranger le rapport dans un tiroir. De son pas léger, il quitta les bureaux et s'aventura vers l'entrée. Rien ne semblait anormal. Des soldats, des citoyens. Des cris, des débuts de bagarre. Parmi l'agitation ambiante, une vocifération attira son attention. Un commerçant se plaignait à qui voulait l'entendre d'un danger public errant non loin de son échoppe. Rien d'inhabituelle... A part, que selon lui, l'homme crachait des gerbes de feu.

    D'après ses dires, l'individu vivait de ses prestations. Cela devait être difficile, non ? Le jeune homme se rapprocha, intrigué. Cela pouvait être très bien des paroles d'ivrogne, toutefois le plaignant semblait parfaitement sobre. Il mimait avec ses mains l'importance des flammes, tapait du pied et pointait un index accusateur sur chaque personne vêtue d'un uniforme.

    — Vous voulez attendre qu'il brûle quelqu'un hein ?! Et s'il mettait le feu à nos étales ? Vous savez pas ce qu'il serait capable de faire !

    À ses mots, l'image d'une jeune femme portant une énorme perruque en flamme lui arracha un sourire. Enfin l'histoire paraissait intéressante et surtout très exagérée. Sa dernière phrase lui donnait, cependant, raison. Elle convenait aussi à tout le monde. Parfois des gens agissaient sur un coup de folie passager. Même si rien avait lieu dans ce cas précis, Luthais sauta sur l'occasion. Quoi de mieux pour tuer le temps ? Quant à son absence, il dirait la vérité afin de la justifier. Décidé, le jeune homme interpella le commerçant d'une voix tranquille. Tous deux se dévisagèrent jusqu'à ce que le blond parle.

    — Et comment est votre suspect ?

    L'homme lui répondit immédiatement avec précision. Apparemment il avait bien observé celui déjà considéré comme gêneur. À croire qu'il rêvait de le voir disparaître de la circulation le plus vite possible. Son animosité était probablement sans fondement mais sa perception des individus le mettait dans la case 'danger'. Le blondinet se massa la joue droite avant de poser une dernière question. La réponse le plongea dans une courte réflexion. Ses yeux glissèrent vers le sol. Où chercher ? Les lieux les plus fréquentés se placèrent en tête de liste. Si la rue était son lieu de travail, ne valait-ils pas mieux privilégier les endroits pouvant rassemblés facilement les gens ? Tout en réfléchissant, Luthais quitta la caserne. De temps en temps, il s'arrêtait et interrogeait des passants. Si la description leur parlait, il leur demandait où ils avaient croisé l'homme. Son chemin suivait ce flot de renseignements. Il lui arrivait de revenir sur ses pas ou de rencontrer des mémoires défaillantes. Cet homme leur évoquait quelque chose mais où l'avait-il vu, impossible de s'en souvenir. Peu importe. Ses pas le menaient toujours vers un autre endroit. Parfois des cris l'arrêtaient. Alors son corps s'approchait de l'attroupement avec l'espoir de mettre le doigt sur la bonne piste. Mais cet espoir s'amenuisait au fil des minutes.

    Et ce n'était pas son arrivée dans le Tchï qui le rassurait. Toutefois il lui paraissait comme l'un des meilleurs endroits pour se faire remarquer et gagner de l'argent. Des points non négligeables quand on travaillait dehors. Il n'y avait plus qu'à espérer que cette logique se vérifie. Décidé à tenter sa chance dans ce quartier, il suivit un mouvement de foule. Ses bras se croisèrent alors que son regard cherchait un indice.



Dernière édition par Luthais Kritz le Dim 19 Fév - 14:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La ritournelle des flammes [ Sofien ]   La ritournelle des flammes [ Sofien ] EmptyDim 29 Jan - 20:55

    L’ambiance à la Capitale a un je ne sais quoi d’agréable. Vadrouillant de place en place, je savourais l’ambiance des badauds qui se regroupaient autour de ma personne, et qui lâchaient de petit bruit d’exclamation. De quoi flatter mon égo.
    J’ai pris l’habitude de garder avec moi une paire de pierre aiguisée, celle-là même me servant à allumer mes fanons. Dans un petit sac de toile, en bandoulière, je gardais des torches et un mélange farineux qui me sert à mes spectacles.

    Bon, j’avoue que toutes les journées ne sont pas agréables. Hier encore, un Marchand n’a cessé de me hurler dessus, et d’hurler à mon égard comme si j’étais un hérétique fou à lier, ou un terroriste de la pire espèce.
    Humpf…L’Art est souvent incompris, mais je corrigerais le tir ! Foi de Sofien Idriss…les gens cesseront de ne plus reconnaître mon métier comme tel, mon art comme désuet. J’émerveille leurs yeux, la moindre des choses seraient qu’ils reconnaissent cet état de fait.

    Aujourd’hui, j’ai décidé d’aller me produire dans le quartier de Tchï. Son allure asiatique me rappelle mes spectacles dans ces contrés. On était bien accueillit, surtout au Khini Lao. La troupe ne manquait jamais de spectateur dans ce genre de pays, les gens aiment se qui change de l’ordinaire il faut croire.
    Portant mon sari pour seul vêtement, et mes sandales pour seul chaussures, j’avais tressé mes longs cheveux.
    Mon sourire ne quittait mes lèvres, alors que je prenais place sur un des grands axes. Là, je délimitais une zone de « sécurité ». Pour se faire, une ligne tracée sur le sol suffisait et des mots, de ma voie clair et forte :


    « Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs ! Petits et Grands ! »

    Les gens regardaient en ma direction, je souriais alors que je les invitais d’un geste.
    Je savais que le premier spectacle de ma journée allait débuter. J’étais paré, alors que je poursuivais :


    « Devant vos yeux émerveillés, le Feu prendra vie et de mes mains je le manipulerais. Pour vos yeux, je danserai avec ces flammes d’un rouge écarlate. »

    La foule commence à se rapprocher, à faire un certain attroupement.
    Avec un petit sourire et un clin d’œil, je rajoute voyant ma ligne en danger :


    « Mais derrière cette petite ligne il vous faudra rester, Mes Sires, Mes Dames. »

    La foule murmure, et moi, je stock un peu de farine dans ma bouche, me retenant au maximum de saliver. Je m’empare alors de mes torches. Deux pour commencer, que je coince sous mes bras alors même que je fais clinquer mes pierres, créant l’étincelle qui débutera mon spectacle.
    Le feu prend, et je laisse glisser au sol mes pierres, avant de les pousser du bout des pieds. Pour m’échauffer, je commence juste à les faire tourner. Petit à petit, ma prise en main s’améliore et mes muscles se détendent. Je commence alors à jongler. Avec deux torches, je trouve ça assez aisé. Mais ce n’est que le début du spectacle.

    Au moment où je récupère les deux dans chaque main, je les place devant ma bouche et crache ce qui est le détonateur.
    Une gerbe de flamme vient à s’élancer. Elle semble se propager vers la foule, l’effleurer, mais ma distance est bonne et là n’est qu’une impression. Cris de stupeurs, montée d’action, soupire de soulagement, yeux émerveillés, ovation de joie. Que demander de plus ?
    Je poursuis, sortant une troisième torche que j’allume à même le sol et qu’avec mon pied, je fais s’élever pour continuer de jongler. J’ai le sourire…mais les lèvres closes. J’ai encore de la farine en bouche.

    A chaque passage d’une torche dans ma main, je lâche une gerbe. Enfin, sur la fin de mon jonglage.
    Mais alors que je sens que mon spectacle commence à prendre de l’ampleur, des mouvements dans la foule m’inquiète.
    Oh non…Encore ? Je stop mon jonglage, et crache une dernière fois alors qu’une troupe de deux-trois individus débarquent le regard courroucé. Des marchandes…encore ? Et l’un d’eux est toujours le même :


    « Par d’ici Fou ! Tu veux tout brûler, mettre le feu à nos étals ? T’es dangereux, on veut pas d’toi ici ! »

    J’éteins mes torches, et j’ai le regard blasé, alors que je vois la foule partir déçu de me voir stoppé…quelques uns restant juste pour voir si ça ne va pas finir en bagarre.
    J’aperçois quelques pièces de cuivre et une ou deux d’argent dans ma petite boîte de « mendiant ». Au moins une maigre consolation…
    Les trois autres continuent de me gueuler dessus, de me dire que je suis irresponsable. J’ai les yeux froncés, et avec un ton moqueur je leur répond assez méchamment, j’en conviens :


    « Vous allez la fermer bande de cons ?! Je viens vous gueuler dessus en vous disant que votre poisson il est pourri et pas frais, et que c’est mortel ? Non, alors fermer votre grande gueule, et laissez moi faire mon travail merde ! »

    J’en ai raz le pompon ! Ils me gonflent ces abrutis.
    Je crois que je les ai froissés, un d’eux me choppe au col. Connard ! T’es plus grand et fort que moi aussi. Il veut me donner un coup de poing, je lui mets un coup bien placé dans l’entre-deux ! Nah !


    « Prend-ça, connard ! »

    Il est plié…oh oh…ses potes sont pas ok là. Merde ! Font me faire ma fête…
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MessageSujet: Re: La ritournelle des flammes [ Sofien ]   La ritournelle des flammes [ Sofien ] EmptyMer 1 Fév - 11:59

    Les paroles saisies au vol comme fil conducteur, le jeune homme avança parmi les passants. Deux jeunes femmes s'entretenaient avec enthousiasme d'un spectacle époustouflant. Au mot ''feu'', Luthais marcha dans leur direction. Une main attrapa doucement le bras d'une des demoiselles. Elles lui adressèrent un regard surpris avant qu'une ombre inquiète ne passe dans leurs prunelles. Il mit cela sur le compte de l'uniforme. Cependant l'explication, bien que rapide, au sujet de son comportement les détendit. Il était à la recherche du cracheur de feu. De la main, l'une lui indiqua un chemin. Lui hocha simplement la tête. Il se repérait encore très mal dans ce quartier. Ainsi son silence représentait son effort de mémorisation. Les indications rejouèrent une dernière fois dans son esprit. Satisfait, le jeune homme écouta les derniers bavardages. Elles n'avaient vu les prouesses de l'homme que de loin, n'ayant guère le temps de s'arrêter mais elles lui assuraient qu'en pressant le pas, il devrait arriver avant la fin du spectacle. En dépit de leur enthousiasme, le magistrat novice les remercia avec réserve. Chacun reprit sa route et oublia rapidement ce bref interrogatoire. Suivant les indications, il se sentit proche de l'endroit lorsqu'une excitation palpable emplit l'air. À plusieurs mètres, se dessinait une masse humaine.

    Proche, un mouvement l'interpella. La masse perdait son imposant volume. Les gens se décimaient dans les différentes rues. Il courut jusqu'au maigre attroupement restant. Le prémisse de bagarre délectait certains. Des promesses de cris, de sang, il n'en fallait parfois pas plus pour satisfaire. À la disposition et aux paroles des attaquants, Luthais se fit une rapide idée de la situation. Une personne demandait à une autre si elle estimait que le cracheur avait des chances de s'en sortir. Les 3 contre 1 s'avérait rarement avantageux. Malheureusement pas de soldats aux abords de la scène. Une hésitation figea le jeune homme. Intervenir équivalait à outrepasser les droits inhérents à sa fonction. Mais qui le savait ? Les citoyens ne connaissaient probablement pas les obligations des magistrats. Il pouvait aussi dire qu'il avait agi en tant que civil, sa journée de travail étant finie. Ou qu'il n'allait pas attendre que l'autre se fasse occire. Ses doigts glissèrent sur la poignée de son épée. S'interposant entre les hommes, il pointa sa lame en direction d'un des marchands. Des mots choisis avec soin accompagnèrent son geste.

    — Cessez de troubler l'ordre public ! Si vous désirez réfléchir à vos actes au calme, je connais un endroit à même de vous recevoir.

    Les cellules étaient étroites mais ce n'était pas son problème. Si le cracheur de feu se plaignait de leurs comportements, il serait témoin, l'affaire ne trainerait pas. Il espérait que la menace soit efficace. Il rechignait à utiliser son arme pour de telles futilités. Personne ne se trouvait en danger. Aucun crime n'avait été commis. L'assaut relevait juste de la pure bêtise. En cas d'échec, la taille des adversaires le souciait mais des grognements le rassurèrent. Les hommes s'emportèrent sans montrer de nouvelles velléités.

    — C'est lui qu'faut arrêter ! C'est lui l'danger !

    Leur réponse à l'unisson ne le fit pas flancher. Il se fit la réflexion que c'était typiquement le genre d'individu qui vous apportait de la paperasse inutile ou cherchait le mal partout. Luthais soupira et interpella le cracheur de feu. Sur un ton des plus sérieux, il demanda.

    — En tant que victime, que désirez-vous...

    Toutefois il n'eut pas le temps de finir. Manifestement certaines personnes ne souhaitaient pas passer quelques heures aux frais. Une moue dubitative étira ses lèvres. Les propositions faites de bon cœur étaient rarement prises au sérieux. Qu'on ne vienne pas lui dire, qu'il ne soignait pas ses relations avec les commerçants. Les maigres spectateurs encore présents partirent en comprenant que la représentation était bien finie. Quelques-uns grommelèrent qu'ils n'avaient même pas eu le temps de lancer des paris. Il préféra ignorer ces propos. L'arme ne retrouva son fourreau qu'une fois, le danger bien éloigné. Aucun être sensé offrait son dos à des possibles attaquants, le blond attendit encore un peu avant de se retourner. Sa main droite déboutonna le haut de son uniforme. Ils avaient eu chaud. Ce n'était que partie remise, à ne pas en douter. À moins de l'assassiner, le jeune homme savait qu'il aurait usé de sa charge pour se venger mais cela, seule, sa conscience s'en doutait. Ses yeux dévisagèrent enfin le fameux individu. Il eut aussi un coup d'oeil pour ses affaires. Rien dans son attirail ne présentait un danger. La peur des incendies guidait sans doute les agissements des hommes. Quant aux dommages, le brun ne paraissait pas blesser. L'incident avait généré plus de peur que de mal. Ce fut pour cela que Luthais s'autorisa une remarque.

    — Vous semblez être aimé des marchands...

    Une de leurs nouvelles victimes préférées se garda-t-il d'ajouter. Malgré sa précédente manœuvre, porter plainte ne changeait rien, à part envenimer la situation. La lassitude finirait par l'emporter ou ils se trouveraient un nouveau bouc-émissaire. Le blond choisit de dissimuler le fait qu'il le cherchait, - ce n'était pas nécessaire de l'encombrer avec cela, - pour plutôt pointer du doigt la petite boite.

    — Comment s'est passée votre journée ?


Dernière édition par Luthais Kritz le Dim 19 Fév - 14:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La ritournelle des flammes [ Sofien ]   La ritournelle des flammes [ Sofien ] EmptySam 4 Fév - 14:00

    Je pensais le mauvais quart d’heure arrivé, la fatalité tomber sur ma personne, lorsque ce commerçant avait commencé à me foncer dessus pour me faire payer mon insolence et surtout, el coup dans les partit de son « ami ».
    Mais je ne dus qu’à de la chance de voir un homme prendre ma défense. Un homme armé, qui plus est. Je fus surpris par son apparition, et encore plus par son allocution. La majorité du temps, les forces de l’ordre prennent partit pour les Locaux, et surtout, les commerçants.
    Des soldats de la Garde m’ont déjà mandé d’aller faire office ailleurs, comme quoi je perturberai l’ordre publique. Mais là, c’est un Magistrat qui vient de me sauver la mise, au vu de sa tenue et de son expression.

    Je pense lui être reconnaissant, en cet instant, surtout lorsque mes agresseurs commencent à dire que c’est moi qu’on doit menacer et arrêter. J’ai le regard sombre en les entendant.
    Je pratiquais mon spectacle, et eux ils ont débarqué sans mises en garde ni rien. J’aurai put en blesser un gravement, si je ne les avais pas vu arriver, et n’avait pas fait détruit mon spectacle dans l’œuf.
    Ma journée est foutue, à cause d’eux. Mais je sers le poing, prenant sur moi. Lorsque l’inconnu se retourne pour me questionner, je ne peux m’empêcher d’être surpris. Surtout que ses simples mots ont fait fuir les commerçants.

    Les badauds s’éloignent, mon gagne-pain avec eux. Alors que tous s’éloignaient, une remarque me parvint et me fit soupirer. Avec un regard désolé, je répondit alors à cet inconnu :


    « Si vous saviez ! Ils sont persuadés que je vais mettre feu à leurs étals… »

    Je me déplace vers mon matériel, le rangeant soigneusement. Tout en se faisant, je poursuis alors :

    « Ils ne veulent pas comprendre que si je trace une ligne de sécurité, c’est bien pour éviter les accidents. De même, leurs brutales arrivées sont plus dangereuses…il pourrait bousculer un passant et le mettre à distance de mes flammes. »

    Je termine de boucler ma sacoche, et la passe à mon épaule.
    Avec un air las, et tout en passant ma main au niveau de ma nuque, je termine :


    « Je ne fais que mon travail, et je pense le faire correctement. Mais ils ne veulent rien entendre… »

    C’est à ce moment là qu’il me demanda comme était ma journée, en pointant ma boîte. Avec un sourire, je m’y dirigea et l’a prit.
    Aïe…c’est pas top comme recette là. Je soupire d’ailleurs, mon sourire fané, et mon visage plus déçu qu’autre chose.


    « Moyenne, je dirais. De quoi payer ma nuit et peut-être mon diner…Je n’ai pas eu le temps d’aller jusqu’au final. Généralement, les gens donnent après ce-dernier. Mais là, disons qu’ils sont partit en sentant le danger et n’ont pas vraiment pensé à ma pitance. »

    Je rigole en disant cela, même si on peut clairement voir que je suis déçu. Dans tout les cas, je lui tends soudainement la main, tout en annonçant :

    « Je suis Sofien Idriss, et merci beaucoup pour votre intervention…Sir ? »

    Ben oui, j’ignore son nom aux dernières nouvelles.
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MessageSujet: Re: La ritournelle des flammes [ Sofien ]   La ritournelle des flammes [ Sofien ] EmptyDim 19 Fév - 21:13

    Par délicatesse, il décida de ne pas dire qu'il connaissait effectivement la crainte des marchands. Cela revenait à remuer le couteau dans la plaie et cet homme ne le méritait pas. Son explication sur la sécurité l'intéressa bien davantage. Tout en l'écoutant, ses yeux observèrent les traces de la ligne tout en essayant d'estimer la distance des spectateurs situés au premier rang. Cette information ne servait à rien pour le moment, elle pouvait s'avérer utile plus tard. Autour d'eux, la vie avait repris son cours comme si au fond, rien ne s'était passé. Seul, l's événements à caractère extraordinaire intéressaient après tout. Luthais chercha une armure qui aurait pu être témoin de tout ceci mais rien ne l'interpella. Un soupir rassuré s'échappa malgré lui. Finalement sa tête se tourna en direction de l'homme pour détailler sa sacoche. Si cela était son unique bagage, l'homme devait avoir peu de biens. Cessant son observation, il croisa les bras. Effectivement, ses propos et ses actes montraient qu'il savait ce qu'il faisait mais peut-être y avait-il un moyen de gagner la confiance des commerçants...

    — Ils finiront par s'en rendre compte... (il hocha la tête en ajoutant.) Au bout d'un moment, les efforts paient.

    Autant se montrer optimiste. Le brun paraissait jeune, peut-être de son âge ou un peu plus jeune. Le blond estimait qu'il valait mieux l'encourager... Même s'il avait le sentiment de chercher à se convaincre du bien-fondé de sa dernière phrase. Et puis il songeait que ce n'était pas non plus ses affaires. Son index et son pouce se saisirent de son menton alors que le cracheur estimait sa recette. À sa réaction, il pouvait clairement comprendre le résultat. Vivre au jour le jour forçait à faire des choix et les auberges très bon marché étaient loin d'être les plus fréquentables. Ses yeux se plissèrent avant de s'écarquiller légèrement à la main tendue. Un malaise familier le saisit alors que son cerveau tentait de raisonner son angoisse. Cependant c'était plus fort que lui, l'homme avait passé la journée dehors, probablement touché toute sorte de choses et différentes idées, stupides pour d'autres, s'amoncelaient dans son esprit. Il aurait pu sortir ses gants de sa poche mais cette solution ne le satisfaisait pas davantage. Masquant sa gêne, il répondit d'une voix amicale.

    — Luthais Kritz mais si pouviez la garder secrète, cela m'aiderait. Ce n'est pas dans mes fonctions...

    Les derniers mots avaient été prononcés avec gêne. Bien sur, cela n'engageait en rien Sofien et le jeune homme se préparait à trouver des arguments afin de plaider sa cause. Toutefois ce n'était pas le moment et sachant pertinemment qu'il devait faire avec son impolitesse, il pointa du doigt un restaurant. Signe que l'endroit était calme pour le moment, deux commis discutaient avec une serveuse devant l'entrée. Les abords étaient propres en dépit d'une enseigne défraichie.

    — Venez, je vous invite !

    Son intonation était des plus joyeuses. Il pouvait bien se le permettre avec le peu de dépenses récentes. Son corps s'avança et de sa main droite, il fit signe à l'homme. Dans ses souvenirs, la nourriture servie ici était trop épicée pour son estomac mais en demandant gentiment aux serveurs, cela était possible de s'arranger. Quant à la propreté, il n'y avait rien à redire. Raison pour laquelle l'endroit restait bien ancré dans sa mémoire. Cette invitation relevait aussi de la bonne excuse pour rester en-dehors de la caserne. Son corps se retourna en direction de l'homme. Une hésitation flotta sur son visage. Bien sur, rien l'y forçait mais manger tout seul n'était pas drôle et il avait quelques questions en réserve pour Sofien. Après tout rencontrer un cracheur de feu intriguait forcément mais il devrait s'y prendre de façon à ne pas le mettre mal à l'aise. Qui plus est, il avait l'air nouveau à Ishtar. Avec lui en uniforme, de là à s'imaginer qu'il vérifiait son identité, il n'y avait qu'un pas. Le blond offrit une expression rassurante au jeune homme. Au fond, sa proposition cachait un autre motif. Il espérait une bonne occasion de briser sa routine quotidienne ainsi que d'apprendre, peut-être, des choses.
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MessageSujet: Re: La ritournelle des flammes [ Sofien ]   La ritournelle des flammes [ Sofien ] EmptySam 3 Mar - 0:43

    Je remarque avec un petit sourire en coin, du genre ravi en fait, le geste de cet homme lorsque je parle de mes mesures. Je vois là un homme curieux, et intéressé. Cela me plaît, en toute franchise j’apprécie l’attention qu’il met à écouter, et aussi, comprendre le fonctionnement de mon art.
    Il ne me juge pas dés l’instant où il a apprit la nature de mes conflits avec les commerçants, ou encore, la nature de mon métier.
    Nombre de personnes se font de mauvaises idées sur les artistes, encore plus les « ambulants ». Je crois que c’est en rapport avec ces rumeurs de « Philosophie » je ne sais trop quoi réellement.
    Les mots qu’il me dit, en tout cas, me font lui offrir un sourire franc. J’espère aussi que ces vieux ploucs se rendront compte par eux-mêmes de la maîtrise que j’ai de mon métier.


    « Je le crois aussi…C’est pourquoi je continuerai à venir faire mes prestations ici, mais aussi, dans toutes les places ou rues assez larges de la Capitale que je pourrai me permettre de remplir et d’émerveiller. »

    C’est moi, ou il s’est raidit quand je lui ai tendu la main et demandé son nom ? Je dois me faire des films, oh et…je suis ravi d’avoir un nom à mettre sur son visage.
    Cependant, je suis surpris. Il n’a pas saisit ma main tendu. Il s’est présenté, et m’a demandé de garder secret son intervention. Je veux bien mais : pourquoi ne m’a-t-il pas serré la main ? Je fronce un peu des sourcils, peut-être un peu vexé en toute franchise, alors que je lui réponds :


    « Bien entendu, Sir Kritz. Je vous suis en quelque sorte redevable après tout. »

    Peut-être, qu’en fait, ma présence l’insupporte. Oui, c’est pour ça qu’il n’a pas dû vouloir me serrer la main. Mon regard se fait un peu plus sombre à cette pensée, mais ses mots la font disparaître assez rapidement.
    Je le regarde, clairement surpris, alors que je me répète intérieurement ses mots. Je suis du regard son doigt, et regarde donc le lieu dit.


    « Mais…Vous êtes sûr ? Ce ne sont pas les moins chers vous savez… »

    Je connais cette enseigne. Ils sont gentils, oui, mais pas donner. Ils sont parfaits en termes d’hygiène, et leur cuisine raffinée à pas mal de succès. Mais pour garder à la fois la qualité de leur cuisine et leur local aussi propre et scintillant, ils sont obligés d’augmenter les prix.
    Un petit bouiboui ne suffirait-il pas ? Et puis, je suis quelque peu mal à l’aise alors que je le suis. Incertain, je lui dis :


    « Je devrai être celui qui vous invite. Vous m’avez aidé ! N’est-ce pas étrange que vous soyez celui qui invite ? »

    Je suis perplexe.
    On prend place, l’un en face de l’autre, et je le détail. Il porte bien l’uniforme dit donc. Moi, à côté, je fais un peu idiot. Vêtu de mon sari, de mes sandales et accompagné de ma sacoche assez lourde et épaisse…on ne peut pas dire que j’ai grand-chose.
    Enfin, voulant un peu briser la glace, car il semblerait qu’en fait son refus de me serrer la main cache quelque chose et pas du dédain, je tente une approche bateau pour faire connaissance :


    « Dîtes-moi, Sir Kritz, vous êtes à la capitale depuis longtemps ? »
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MessageSujet: Re: La ritournelle des flammes [ Sofien ]   La ritournelle des flammes [ Sofien ] EmptyJeu 22 Mar - 18:21

    Le cracheur de feu faisait figure d'homme de confiance. L'esprit soulagé, il songeait déjà à la suite. Toutefois sa déclaration parut surprendre l'artiste et la remarque qui suivit l'étonna à son tour. Il avait bêtement pensé que le jeune homme saisirait l'occasion sans embarras. Apparemment, sa nouvelle rencontre n'appartenait pas aux opportunistes. Le prix ne le dérangeait pas, son obsession avait un prix et il faisait avec. Plutôt jeûner que de manger dans une de ces horribles gargotes ! Dans un autre registre, il y avait le réfectoire de la caserne si on aimait la nourriture insipide qui tenait aussi bien aux fourchettes qu'au corps. Pour le bien de leurs palais et de leur estomac, mieux valait se restaurer ailleurs. Peut-être que cet argument aurait eu plus de poids pour Sofien. Les nouvelles paroles lui tirèrent un sourire amusé. En gardant le secret, le brun l'aidait. Ils étaient donc quitte. Pourtant au lieu d'expliquer cela, Luthais protesta doucement.

    — Mais vous aurez besoin d'argent pour une chambre dans une auberge et ne pas commencer une nouvelle journée le ventre vide.

    Le jeune homme n'avait pas l'intention de changer d'avis. Alors que leurs corps se firent face, il observa son vis-à-vis. Son faciès était peu commun dans sa province natale. Tout comme ses vêtements à la fois singuliers et courants dans cette partie de la ville. Cette tenue lui illustrait sans doute un attachement à ses origines. Son observation cessa à la question. Son visage se redressa et des mèches vinrent tomber devant ses yeux. Sa réponse risquait d'être vague, néanmoins l'interrogation ne serait pas évitée.

    — Hm un peu plus d'un an et vous, Sofien ? Si vous permettez que je vous appelle par votre prénom...

    Cette familiarité n'avait rien de méprisant et il espérait que son interlocuteur ne la prenne pas mal. Avec un peu de chance, le brun allait abandonner le 'Sir Kritz'. Une très mauvaise idée, il se sentait encore trop jeune pour avoir droit à un tel traitement. Les règles sociales et leur logique se frayaient avec peine un chemin dans son esprit. Pour le moment, Luthais envisageait une autre difficulté. Sa main droite se leva légèrement. Ses yeux fixèrent un bout de tissu avec convoitise. Ses doigts s'agitèrent hésitant sur la suite de l'action puis d'un coup se refermèrent sur la manche du sari. Il pouvait le faire. L'établissement n'était pas loin, dès qu'ils en auraient franchi la porte, il pourrait se laver les mains. Et puis de toute façon, le jeune homme ne s'était pas roulé par terre. Comme à son habitude, plus il y pensait, plus sa nervosité grandissait. Son visage tentait de garder tant bien que mal une expression calme mais un rien risquait de la faire voler en éclat.

    N'y tenant plus, le jeune magistrat tira son invité à sa suite. Une dernière question s'envola montrant que la conversation l'intéressait toujours.

    — Quel âge avez-vous ?

    D'un pas pressé, il se rapprocha du bâtiment. Lorsque la porte ne fut plus qu'à un petit mètre, ses doigts relâchèrent leur prise. Un subtil tremblement agita sa main. Elle devint un poing, espérant de cette façon, cacher cette réaction. Cependant, le jeune homme ne voulait pas entretenir une méprise. D'une voix embarrassée, il souffla.

    — Ce n'est pas contre vous...

    Cette fois-ci, son regard évita celui du brun. Un serveur de taille moyenne et au teint mat surgit, au même moment, devant eux. Ses lèvres présentèrent un sourire chaleureux. Immédiatement, il les dirigea vers une table libre.


Dernière édition par Luthais Kritz le Ven 23 Mar - 20:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La ritournelle des flammes [ Sofien ]   La ritournelle des flammes [ Sofien ] EmptyJeu 22 Mar - 21:03

    Je suis…gêné. Il a protesté, comme je m’en doutais un peu, mais les termes qu’il a employés me mettent un peu mal à l’aise. Que puis-je répondre contre pareille argumentation ? Les mots ne sont pas forcément mon fort après tout. Je suis plus du genre à agir qu’à parler, je m’emporte même facilement et tire souvent des conclusions hâtives.
    Même en le sachant, je ne peux m’empêcher d’agir ainsi alors bon…trouver la réparti à ça me semble infaisable. Je me contente donc d’un mot, dans un unique souffle :


    « Merci… »

    J’ai regardé ailleurs avant de dire ça.
    Il est vrai que mon ventre gargouille légèrement, et que mon argent me servira pour la nuit. Mais je suis quand même gêné.
    C’est contradictoire, non ? J’use de mon art pour « mendier » de l’argent. Pourtant, je vois plus cela comme un salaire. Et là, alors qu’on m’offre le couvert, je ne peux qu’avoir envi de refuser par gêne. Raaah…J’ai les joues en feu à cause de ça !

    Mais je le regarde de nouveau, lorsqu’il me répond. Plus d’un an ? Quand je pense que moi, cela ne fait que quelques mois.
    Il m’appelle par mon prénom, et je lui souris en réponse. Je ne suis pas très à l’aise avec les statuts, même si le protocole le veut. Alors, je saute sur l’occasion :


    « Je suis arrivé il y a quelques mois, avec une troupe de saltimbanques. Mais on s’est séparé, depuis, je me débrouille. »

    Marquant une pause tout en remettant derrière mon oreille une de mes mèches de cheveux, qui a soudainement décidé de me cacher les yeux, je termine par ceci :

    « Et vous pouvez m’appeler Sofien, si je peux vous appeler Luthais. D’accord ? »

    Je lui fais un petit sourire taquin, le regard pétillant de malice en disant cela.
    Soudain, je le vois lever sa main droite. Je trouve curieux le fait que son geste se stop, et je penche la tête sur le côté, fronçant des sourcils. Il a un problème ? Que lui arrive-t-il ? Il semblait aller parfaitement bien il y a un instant.

    Je remarque que son regard est fixé sur moi. Mon sari ou mon torse ? Voilà la grande question. Mais je me remets plus droit, un petit sourire amusé sur le bout des lèvres. Il est mignon bloqué comme ça celui-là.
    Mais alors que j’allais lui demander ce qu’il avait, alors que je comptais passer ma main devant ses yeux pour le faire réagir, il m’a soudainement agrippé. J’ai laissé filtrer un petit cri de surprise vraiment pas masculin, qui me tira un fard de gêne d’ailleurs. Ma fierté de mâle en a prit un coup avec ce son aigu involontaire.

    Je fus alors tiré dans son cheminement, tellement surpris que je me laissai faire sans autre forme de procès. Là, il me posa une question qui me réveilla quelque peu.
    Ne comprenant pas pourquoi mon âge arrivait dans la continuité de la discussion, j’y répondit tout naturellement :


    « 21 ans. Pourquoi ? »

    Lorsqu’on fut arrivé dans le restaurant, il me lâcha sans rien dire pour…pour se laver les mains. J’ouvris grand les yeux, surpris et peut-être un peu choqué aussi, par son geste. Mais encore heureux, mes oreilles ne faisaient pas les sourdes, et je pus entendre son excuse.
    Pas contre moi ? Je fronçais donc des sourcils, et timidement lui demandé :


    « Vous…vous n’aimez pas les contacts ? »

    Ma voix était douce, mais surtout, ce n’était qu’un murmure. A peine les mots furent-ils dits que je me rendis compte de mon audace. C’est une question privé, vraiment privé, que je venais de poser.
    Je ne pus m’excuser, car on nous guidé déjà vers une table.
    A cette dernière, je ne savais plus où me mettre. Voilà bien ma veine. C’est d’une petite voix que je rajoutai alors :


    « Pardonnez ma question, elle est impertinente. »

    Puis, comme pour fuir ma bourde monumentale, je tentais de changer de sujet :

    « Dîtes-moi, vous venez de quelle province ? Je me demande si je l’ai déjà visité. Avec la troupe, on a pas mal voyagé alors… »
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MessageSujet: Re: La ritournelle des flammes [ Sofien ]   La ritournelle des flammes [ Sofien ] EmptyVen 23 Mar - 20:13

    Etrangement, sa garde se baissait plus qu'à l'accoutumer. Sofien dégageait une certaine nonchalance qui lui faisait du bien. Pas de malice, à première vue, dans son caractère. Les différences de classe ne signifiaient plus rien. Luthais avait hoché la tête montrant que le brun pouvait l'appeler par son prénom, le sourire semblait lui avoir ôté temporairement l'usage de la parole. À part ça, ils se parlaient normalement. Normalement aurait été d'autant plus vrai, sans son geste ou le cri du jeune homme. Le moins qu'on puisse dire, c'est que s'il n'y attendait pas mais la réaction n'avait ni perturbé, ni arrêté le blond. Son comportement singulier ne l'empêchait pas d'écouter avec attention et ses sourcils se haussèrent. 21 ans ? Le souvenir de son arrivée à Ishtar, à un âge identique, perça ses pensées. De l'organisation militaire avait remplacé l'organisation familiale. Avec du recul, force était de constater que les similitudes entre les deux s'avéraient nombreuses.

    — Hm, pour savoir !

    La porte du restaurant passée, l'eau fut sa seule obsession. Se lavant les mains presque à en saigner, le jeune magistrat oublia un instant son invité. Les doigts s'entrecroisaient, les phalanges se frottaient avec vigueur les unes contre les autres et sa mâchoire se contractait à chaque geste. Aucun employé n'y prêta attention. Si la première fois, ils s'étaient sentis à la fois étonnés et déboussolés, ils avaient fini par s'habituer au fil des visites, considérant la scène banale. Durant ces quelques minutes, Luthais se maudissait tout en cherchant un moyen de se calmer. Les mains propres n'y parvenaient pas. Si bien qu'une fois attablé, la peur et la gêne se lisaient dans son regard. Il aurait voulu être une petite souris pour se cacher facilement. Seulement le sujet n'était pas encore tout à fait clos.

    Ses oreilles s'enflammèrent subitement au sujet délicat ramené par le brun. Ses dents mordillèrent sa lèvre inférieure se forçant à ignorer les mots prononcés malgré la douceur de la voix. Pas très glorieux de montrer une telle facette, surtout pour un militaire. Il ne désirait pas se lancer dans un plaidoyer où les justifications et les explications – inintéressantes - s'emmêleraient avec maladresse. Parce qu'il n'arrivait pas à aborder autrement ça. L'émotion engloutissait la logique le noyant dans ses craintes. Comme pour s'en détourner, ses yeux contemplèrent la carafe d'eau à la recherche de la moindre trace de crasse. Il n'allait pas le blâmer. Ce n'était pas de l'impertinence, davantage de l'intérêt ou de l'indiscrétion selon lui. Heureusement, Sofien changea de sujet et la nervosité disparut petit à petit. À sa plus grande surprise, le jeune homme le mettait à l'aise. Au lieu de se moquer ou d'insister, son attitude se montrait bienveillante. Une expression sereine prit place sur son visage, maintenant tourné vers le jeune homme.

    — Hellwig mais je crois que cette région doit être bien ennuyeuse pour des artistes...

    Confia-t-il en soupirant. De toute façon, rien qu'à la vue de l'architecture locale, n'importe qui se doutait de l'absence de fantaisie. Les prouesses des bretteurs et le bruit des lames excitaient davantage les spectateurs. Enfant, on lui avait d'abord appris à s'émerveiller de l'élégance d'une botte, l'Art n'était apparu que des années plus tard. Cependant l'esprit critique se nourrissait de tout et se cantonner aux frontières définies par l'éducation ne rimait à rien.

    — Avez-vous beaucoup voyagé, Sofien ? Après avoir vécu à plusieurs, vivre seul ne vous dérange pas ?

    En terme d'indiscrétion, Luthais ne se situait jamais dans les derniers. La précipitation avait occulté quelques parties de leur discussion mais il souhaitait y revenir. Le serveur réapparut avec deux cartes puis s'en alla sur la pointe des pieds. À l'exception de quatre tables, toutes les autres attendaient leurs occupants. Une famille, des collègues et des personnes aux gestes réservés aux intimes. Peut-être pas un couple, des amants. Certains mangeaient déjà, d'autres patientaient tout en discutant.

    — Hm, cette question me tient depuis un moment mais... Pourquoi cracheur de feu ?

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MessageSujet: Re: La ritournelle des flammes [ Sofien ]   La ritournelle des flammes [ Sofien ] EmptyVen 23 Mar - 21:37

    Je crois avoir été étonné de la rage, de la hargne, qu’il mit pour se laver les mains. J’aurai crut, l’espace d’un instant, qu’il était désespéré de voir ainsi s’enlever le contact. J’avais même pensé à l’arrêter, il allait abimer ses mains après tout, mais j’avais retenu mon geste.
    S’il avait pareille réaction au contact de mon sari, qu’en serait-il de ma peau ?! Je pense que je commence à comprendre pourquoi il ne m’a pas serré la main, et je ne pense pas qu’il soit à blâmer pour cela. Vu comme il me paraît, j’ai plus l’impression que de faire ce qu’il fait est, pour lui, un besoin vital.

    Alors bon, lorsqu’une fois attablé j’ai trouvé le moyen de poser la question conne, je crois avoir tenté de rattraper au plus vite.
    Je l’avais vu se crisper, et son regard me fuir. J’ai vraiment été idiot en le questionnant sur quelque chose d’aussi délicat et intime. Ok, ok, je suis curieux et je me demande quand même la source de cette obsession, de cette peur irrationnelle, mais je suis bien élevé –enfin, je crois– et le questionner était impertinent, indélicat.

    Mais je fus ravi de voir qu’il me regardait de nouveau, après ma question. Mon cœur eut de nouveau des battements normaux, moins alertent. J’avais un peu paniqué suite au fait de le voir me tirer, puis, se laver les mains de façon aussi frénétique et enfin, d’avoir commis un impair. Là, moi-même, j’allais mieux et pouvait retrouver un certain calme.

    Hellwig ? Je ne devrai nullement en être surpris je crois.
    Nombreux sont les soldats et magistraux originaire de cette province. Je crois me souvenir que le Duc-Commandant y est, lui aussi, originaire. Quant j’y pense, cette province est très portée sur l’art de la guerre. Cela en serait presque effrayant selon moi.


    « Je me souviens de cette province. Nous nous étions arrêtés pour rejoindre une autre province voisine, mais nous n’avons même pas songé à monter la scène. Nos prestations de rue n’attiraient pas un regard, ou très peu…nous n’avons pas voulu subir un échec cuisant d’une scène vide, nous sommes repartit dés le lendemain une fois le plein de vivres effectué. »

    J’avais été…choqué. D’ailleurs, mon regard se retrouva voilé par les souvenirs lorsque je vint à parler.
    J’ai toujours connu une certaine excitation, enfant, en regardant les artistes. Quand j’ai sut que Papa en était un, cela m’a rendu encore plus excité et fier…Alors, voir si peu de réaction, ne serait-ce que des enfants même, m’avait choqué.

    Secouant un peu la tête, et passant ma main sur le haut de cette-dernière, j’ajoutais en rigolant légèrement :


    « Je pense qu’on ne peut pas plaire à tous après tout. »

    Je m’emparai alors de la carafe, et vint à me servir un verre d’eau. J’en profitai, d’ailleurs, pour en verser aussi dans le verre de Luthais.
    Je veillai même à ce que je ne touche pas le verre avec ma main, ou même avec la carafe. Je pense qu’il ne pourra pas boire sinon…et puis, si cela se trouve, même là il ne pourra pas.

    Mais une nouvelle question eut alors lieu, me tirant un sourire joyeux là. Je lui répondis, tout en faisant un énorme rond avec mes mains pour accentuer mes dires. Un peu comme le fond les enfants pour dire « plein-plein » je crois.


    « Oh oui ! J’ai vu vraiment pleiiiiiin de villes et villages, et de plusieurs provinces ! C’était vraiment merveilleux vous savez Luthais. Toutes ces cultures différentes…c’est unique ! Après… »

    Si j’avais le ton énergique et le grand sourire en parlant, sur la fin, ma voix s’était un peu coupé et mon regard s’était abaissé. Disons qu’il a mit dans le mile mine de rien…

    « J’avoue que c’est pas toujours facile…Mais j’ai un rêve. Je veux créer ma propre troupe, ici, dans la capitale ! J’aimerai vraiment que l’art des saltimbanques, comme moi, soit reconnu…peut-être même trouver un endroit où m’installer définitivement, avec tout un groupe. Un lieu où tout le monde pourrait venir… »

    Je ferme les yeux un instant. Je suis excité en parlant, et les mots viennent alors que je rouvre mes yeux vers mon aide et presque sauveur du jour.

    « Ce serait comme l’Opérâthre. Mais, pour les artistes de rue, pour qu’ils montrent leur talent. Et puis, ceux qui le veulent et sont doué pourrait y travailler toute l’année. Oui, c’est ce que je veux ! Mais, je dois un peu vous déranger avec mes rêves, désolé… »

    Je me fais plus petit, et un peu plus rouge alors que je me rends compte que je lui raconte ma vie. Par l’Ombre, je ne suis pas possible. Je bois alors mon verre, la tête un peu baissé par la gêne. Je dois le déranger, je suis vraiment pas doué ! Raaah !
    Cependant, une nouvelle question me fait relever la tête. Celle-là, elle me tire un sourire plus nostalgique et tendre à la fois. Et je suis calme lorsque je lui donne la réplique :


    « Mon père l’est, et m’a enseigné. C’est de famille dirons-nous…Et puis, j’aime la chaleur et la force du feu. Le dompter ainsi, c’est offrir du rêve, non ? »
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MessageSujet: Re: La ritournelle des flammes [ Sofien ]   La ritournelle des flammes [ Sofien ] EmptyMer 28 Mar - 19:56

    Son regard se déroba à la mention du souvenir. Impossible de se sentir fier mais cela ne le surprenait pas. En tout cas, cette mauvaise expérience ne semblait pas avoir entamé la passion de son vis-à-vis. Un fin sourire étira ses lèvres puis s'envola, perturbé par le geste de Sofien. La précaution avec laquelle il versait l'eau dans son verre, l'embarrassait. Un remerciement murmuré essaya d'atteindre les autres oreilles. Ce genre d'attention dans sa vie se comptait sur les doigts d'une main. On préférait le laisser se débrouiller ou se dire qu'il n'avait qu'à s'adapter. Pas que cela le gênait, au contraire, c'était logique. Une subtile rougeur colora ses joues. Un autre sentiment chassa le précédent, balayé par l'enthousiasme du jeune homme. En cette fin de journée, les émotions se faisaient capricieuses et changeaient, se cachaient à la moindre occasion. Le visage d'Artaïr, leurs échanges tantôt animés, tantôt calmes, leur complicité, surgirent les uns après les autres dans son esprit. Cela semblait loin. Trop loin. Et dans le présent, tout en suivant le mouvement de ses mains, il réprima un rire. Heureusement que ce dernier fut contenu. À la nouvelle expression du brun, son visage se baissa en sa direction.

    Attentif, Luthais écouta. Au négatif succédait une pensée positive. Comme si le cracheur rebondissait à chaque fois. Son projet lui tenait vraiment à cœur. Une sorte d'Opérâthre populaire  ? C'était ambitieux mais la taille du rêve comptait moins que la détermination possédée. Au lieu de préparer leurs larcins, les enfants iraient admirer les artistes. Des vocations pourraient naître et ils se dirigeraient naturellement vers le droit chemin. La petite voix du magistrat ne pouvait qu'apprécier cette perspective. Cependant une pointe d'envie le titilla. Posséder un rêve donnait une bonne raison d'aller de l'avant et surtout servait de direction, comme le Nord.

    — Pas du tout, Sofien, vous avez un très beau rêve ! ( Ses sourcils se haussèrent, ne comprenant pas la gêne ) Mais vous savez comment vous allez vous y prendre ? Avez-vous rencontré d'autres artistes ?

    S'il était arrivé depuis quelques mois, ses journées avaient du être bien remplies. Il hocha la tête. Maîtriser un élément aussi craint forçait l'admiration. S'était-il déjà brûlé ? Sa tête s'inclina. La troupe sonnait comme un prolongement de la famille. Il devait y avoir des bons moments et des histoires regrettables. À première vue, leurs mondes lui semblaient différent et semblables.

    — Vous devez très bien vous entendre avec votre père...

    Une ombre de regret résonnait dans sa phrase. Sa main s'empara du verre d'eau. Elle se figea non loin de sa bouche, l'objet subissant une observation en règle. Il finit par être porté aux lèvres. Par habitude, Luthais faisait parler Sofien mais ce n'était pas très équitable. Le brun se confiait en parlant de sa vie et de ses aspirations... Sans remonter jusqu'à la racine du problème, le blond décida de répondre à la question la plus personnelle.

    — Je... ( Pas facile de se lancer ) Je n'aime pas les contacts mais c'est une peur liée à une raison plutôt sordide... Celle de la maladie. Deux personnes peuvent me toucher sans que mon angoisse ne prenne trop le dessus sinon, j'évite tout ce qui est direct...

    La raison s'était perdue sur des chemins de traverse oubliant de le forcer à ne pas agir ainsi. C'était dans sa tête. Ces scénarios catastrophiques, ces hypothèses bancales et cette crainte absurde. Il savait que serrer une main ne le clouerait pas au lit. Néanmoins l'esprit ne voulait rien entendre. Ses épaules se haussèrent, marque de résignation. Et comme si tout cela n'avait aucune importance, le jeune magistrat pointa les cartes.

    — Que désirez-vous manger ?



Dernière édition par Luthais Kritz le Mar 10 Avr - 12:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La ritournelle des flammes [ Sofien ]   La ritournelle des flammes [ Sofien ] EmptySam 31 Mar - 22:32

    La réponse qui vint à poursuivre, sur mon rêve, fit naître de la reconnaissance dans mon regard. Je lui étais reconnaissant de ne pas me rire au nez, de croire un temps soit peu à mes idées que nombreux auraient qualifié de folie pure.
    Mais, ce projet me tiens autant à cœur que celui de prouver à la Noblesse que même sans titre, on peut réussir à la force de son travail, et de son acharnement. J’ai d’ailleurs entendu parler de « roturier » dont le travail à permis de s’élever socialement.
    Certains sont nommé « Bourgeois » je crois…Mais ce n’est pas ce genre de stade qui m’intéresse. Non, impressionner à la Cour serai une victoire totale je pense.

    Cependant, Luthais mit le doigt sur mon petit soucis et ralentissement. Quoique j’en dise, les artistes ne cours pas tant les rues que cela…et la noblesse y prétend un regard encore moins.
    La place, les rues, il me faudrait jour de chance pour prouver ma valeur et attirer des gens à moi. Il me faut gagner en réputation après des citoyens d’Ishtar.
    Il me faut me démarquer, et pour le moment, je suis surtout connu et haït des marchands qui ne me comprenne pas.
    D’une petite voix, un peu triste par cette pensée, je réponds néanmoins :


    « Je sais que je dois attirer les regards, faire en sorte d’être sur les lèvres de la population. Gagner en réputation…mais, ce n’est pas facile. La capitale est si grande, et je suis parfois bien seul… »

    J’ai un petit rire nerveux à ces dires, et tout en buvant une gorgée de mon eau, je repris sur une note joyeuse, bien que forcée. Mon sourire moins franc que lorsque je m’exprimais avant :

    « Mais j’y arriverai. Je dois y arriver après tout ! »

    Enfin, la question sur mon art avait rapidement suivit, et je le voyais pencher la tête à ma réponse plus tendre et joyeuse.
    Ses réactions me touchent, il est assez expressif pour quelqu’un du Hellwig…pour un membre de la garde aussi. C’est, agréable. Je dirais même que cela à un quelque chose de rafraichissant.


    « Oui ! C’est même lui qui a convaincu ma Mère et mes Frères de me laisser voyager. Ils avaient peur pour moi…D’ailleurs, je reçois parfois des lettres de ma sœur où elle me dit que papa continue de se produire, à la capitale d’Al-Haïr. Cela me motive encore plus pour tout avouer, je veux lui rendre honneur ! »

    Je suis fier d’être un Idriss. Je suis fier de mon nom, fier de mon art et de ce que je nomme mon métier. Pour beaucoup, il est folie de vivre d’un art. La ruine, plus que la richesse, suit les personnes comme moi.
    Et puis, la moindre blessure peut détruire tout un avenir. Elle peut ruiner les rêves, elle peut détruire et faire de moi un être incapable. Après tout, je ne sais faire que ça.

    C’est alors que je terminais mon verre d’eau et m’apprêtais à me resservir qu’il reprit la parole. J’avoue que je m’attendais à de nouvelles questions…mais, je fus surpris et touché.
    Ses paroles, c’étaient sa réponse à mon indiscrétion. Je ne pus m’empêcher de rougir un peu, et de passer ma main sur ma nuque. Un air gêné sur le visage, je lui réponds alors :


    « Cela ne doit pas être facile au quotidien…mais, au moins, vous n’êtes pas seul. Je veux dire, des gens peuvent vous mettre à l’aise, j’imagine qu’ils doivent vous être cher. Je vous remercie, de m’avoir répondu…surtout sur un sujet si délicat et privé. »

    J’ai hoché la tête en remerciement. J’ai l’impression de connaître un de ses secrets avec ça, je suis honoré, et étonné. Me fait-il donc si confiance ? A moi ? Un inconnu ? Il est vraiment gentil, voilà ma pensée principale.
    C’est donc avec un grand sourire que je me penchais sur la carte. Huummm…Le plat du jour est le moins cher, et c’est un bon vieux tajine ! Miam ! De la cuisine comme on en trouve chez moi ! Il ne vaudra pas celui de maman, mais pourquoi pas !


    « Je vais prendre le plat du jour, le tajine ! Je n’en ai pas mangé depuis mon départ d’Al-Haïr…cela fait longtemps maintenant… »

    J’avais été un peu nostalgique en prononçant ces quelques mots, mais mon sourire ne me quitter pas. J’appréciais la compagnie, Luthais étant vraiment agréable. Je dirais même, qu’il en est adorable. Est-ce pour cela que ma joie et ma manie de bavard n’a de cesse d’être ? Probablement.
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MessageSujet: Re: La ritournelle des flammes [ Sofien ]   La ritournelle des flammes [ Sofien ] EmptyMar 10 Avr - 12:34

    L'attachement de Sofien pour son père suscitait un mélange d'incompréhension et de malaise dans son cœur. Pourtant certaines expressions comme rendre honneur sonnaient familières. Touché par la fierté affichée, ses yeux se baissèrent. Un parfait inconnu formulait les mots qu'il aurait dû prononcer, mettait en forme les sentiments qu'il aurait aimé garder. Si sa conscience utilisait la logique et la politesse pour expliquer son désir de se confier, elles cachaient autre chose. Mais il n'en laissa rien paraître en s'expliquant. Cependant le brun le surprit et un rire presque enfantin lui échappa. Ses oreilles virèrent à nouveau cramoisi en réalisant qu'il n'avait pas agi ainsi depuis... Depuis au moins deux ans. La chaleur qui leur donnait leur teinte rouge se propageait sur son visage qu'il aurait volontiers dissimulé sous un masque. Un sourire suivit un soupir de soulagement. D'un coup, il se sentait bien bête d'avoir eu peur au début de leur rencontre. Les mauvaises intentionnés d'autrui l'obsédait-il ? Il fallait croire.

    — J'espère qu'Ishtar ne vous fera pas perdre votre charme, ni votre gentillesse. Peut-être est-ce aussi cela que votre mère et vos frères craignaient ?

    Les brigands n'étaient pas les uniques dangers. Et charme dans son esprit renvoyait à la douce chaleur dégagée par le jeune homme ainsi qu'à sa simplicité dans sa façon d'être, cette candeur qui jaillissait lorsqu'il mentionnait ses rêves. Jamais il n'avait rencontré quelqu'un comme lui auparavant. Ni à Hellwig, ni à Ishtar. Si bien que l'idée qu'il puisse perdre un de ses traits si distinctifs le peinait. Luthais n'osait l'avouer, même à demi-mot. Profitant de l'attention portée à la carte, le jeune magistrat étudia son invité. Ses traits reflétaient tellement d'émotions différentes qu'il ne s'en lassait pas. Il y avait aussi quelque chose de communicatif qui lui donnait envie d'être heureux. Le bonheur, qu'y avait-il derrière ? Comment l'être ? Se montrer honnête avec soi-même suffisait-il ? La spirale des interrogations l'emportait une nouvelle fois. Son esprit s'en détourna lorsque son vis-à-vis s'exprima.

    Sa tête se pencha sur le côté gauche, une expression rêveuse flottant sur son visage. Sa région natale devait vraiment lui manquer. Une de ses mains fit signe à un serveur et le même revint apparemment ravi que cette fois soit la bonne.

    — Deux tajines et quatre oreillettes au miel, s'il vous plait.

    L'homme acquiesça puis repartit avec une immuable discrétion. Luthais regretta de ne pas s'être changé. L'uniforme était une seconde peau bien agréable à quitter. Mais peut-être qu'il valait mieux que cela ne soit pas le cas. Sa tenue aurait été trop marquée et une lueur incertaine fila dans ses prunelles à cette pensée. Allons bon, jamais son cerveau ne le laisserait profiter. Ses doigts massèrent l'arête de son nez alors qu'il oscillait entre la prudence et l'envie de découvrir les opinions du brun. Ses dents triturèrent sa lèvre inférieure, puis il se lança avec précaution.

    — Que pensez-vous... de notre société Sofien ?

    À peine sa phrase était-elle finie qu'une ombre de regret l'assaillait. Pourquoi, parbleu, avait-il besoin de demander cela ? Après une journée de travail et ses mésaventures, il devait sûrement avoir envie d'aborder des sujets bien plus légers. Mais lesquels aborder ? Qu'est-ce qui passionnait le jeune homme ? Penaud, le blond ajouta brusquement.

    — Pardonnez mon indiscrétion...

    Il ne voyait pas d'autre mot pour qualifier sa précédente question. Doué comme il était, il se savait capable d'alourdir la discussion. Son visage se tourna en direction d'une des fenêtres du restaurant après une moue résignée.
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MessageSujet: Re: La ritournelle des flammes [ Sofien ]   La ritournelle des flammes [ Sofien ] EmptyJeu 12 Avr - 23:13

    Je me demande pourquoi il a autant rougit, mais ne dit mot : ce n’est nullement poli et encore moins une chose à faire. Mais je trouve cet homme charmant : très doux et sympathique. J’avoue prendre plaisir à notre conversation, m’y sentir à mon aise. Mais bon, je crois que je ne monopolise beaucoup la conversation…je devrais peut-être apprendre à parler moins ? Hum….Non. Cela ne serait nullement amusant : en aucun cas.
    Lorsqu’il évoqua mon charme, ma gentillesse, je n’ai put que piquer un fard. Ce…cela se dit ? Je restais un peu surpris, je ne me suis jamais réellement qualifier comme étant une personne gentille. Probablement est-ce pour cela que j’ai répondu :


    « Gentil ? Moi ? J’ai pourtant un paquet de défaut ! Je suis bavard, rancunier, tête de mule, et j’ai la fâcheuse manie de partir au quart de tour en cas de pépin…D’ailleurs, je vous dois encore un remerciement de m’avoir évité de sales ennuis aujourd’hui. »

    J’avais le joue aux rouges, mais je fronçais les sourcils : l’incompréhension dominant le moindre de mes traits. Je ne comprenais nullement ce qu’il pouvait trouver de charmant et gentil en moi…je crois avoir plus d’ennemis que d’amis.
    Même enfant, si je jouais souvent avec les enfants du quartier, j’étais assez exclu. Ils ne m’aimaient pas car je parlais trop, et je ne savais pas rester en place. Et puis, quant on évoquait l’absence de père, je m’énervais et je me battais. Puis, après, quant on me disait que mon père c’était un mendiant avec son « art à deux pièces » je perdais aussi mon sang-froid. Je n’ai pas du être facile à vivre pour Maman moi…

    Puis, la conversation avait enchaîné. Ce fut l’arrivé du serveur qui nous stoppa un bref moment.
    Chouette alors ! Il va essayer le tajine ! Oh et, je ne peux que rajouter :


    « Excellente idée, les oreillettes au Miel ! Cela fond presque sous la bouche, une vraie merveille… »

    Je salive d’avance de notre futur repas ! Voilà des jours, non, des mois que je me contente des repas les moins chers des auberges. Je regrette parfois de ne pouvoir cuisiner. Moi qui détestais apprendre la cuisine avec maman, j’en viens à regretter les gamelles et ingrédients parfois. Je crois que c’est un peu risible, non ?
    Je le vois masser l’arête de son nez, alors que je bois mon verre d’eau et m’en ressert un. Lorsqu’il s’adresse une nouvelle fois à moi, je reste pantois. Les yeux grands ouverts, je le détaille avant de cligner du regard à quelques reprises.

    Lorsqu’il s’excuse, je crois que je me revois. J’aurai bien posé ma main sur la sienne pour le « calmer », mais alors que j’avais approché d’instinct ma main, je l’avais retiré doucement : me souvenant de son soucis. A la place, j’avais eu un sourire doux avant de le rassurer :


    « Je trouve votre question bien moins indiscrète que la mienne, vous savez ? »

    Mon avis sur la société, sur l’Empire…Je crois m’être redressé, réfléchissant les yeux fermés vers le toit du bâtiment. Puis, ouvrant les yeux, j’avais de nouveau mes yeux ancré dans ceux de mon interlocuteur en réponse.

    « Je pense que la Noblesse jouit de biens trop grandes liberté par rapport aux roturiers. C’est pour ça que je leur montrerais que toutes personnes se démenant comme un fou peut finir par atteindre leurs sphères de vie. »

    J’ai marqué une pause, ajoutant alors :

    « Je pense que nous sommes le reflet de la volonté de l’Empire…que le Peuple forme la société, et que les terroristes, autant que les nobles, sont bien trop extrêmes dans leurs façon de vivre. Pour les uns, tout semble mal allé et nécessite le changement. Les autres gardent les yeux clos sur le fait que, en effet, certaines choses sont injustes et sont la cause de folie pure… »

    J’ai le regard un peu lointain en parlant…Mon avis est assez, étrange. J’ai dans l’idée que si nous n’étions pas découper en « classes », les choses seraient bien plus aisée pour notre société. Reste à savoir si, alors, une telle découpe ne porterait pas atteinte à l’Empire. Une question bien difficile.

    « Enfin, c’est assez brouillon même pour moi…alors bon. »

    J’ai rigolé de gêne en réponse…les mots me manquent pour ancrer mon idée…pour la nommer de façon plus concrète, avec plus de réalité.
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