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 On ne joue pas du sitar si tard ! [PV Tsiva]

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MessageSujet: On ne joue pas du sitar si tard ! [PV Tsiva]   Lun 9 Jan - 17:57

    Ann était officiellement l’intendante du palais impériale. Le problème, c’est que derrière cette appellation pourtant si simple, il n’y a rien de vraiment défini et on cumule aisément les rôles. Comptable et terreur fiscale, grand chef du personnel, conseillère de l’empereur, pour ne pas dire sa nounou par moment, sélectionneuse officielle des sucreries du jour pour faire plaisir à son petit Empereur exigeant. Bref, elle faisait plein de choses et des plus invraisemblables, et ce, à tout heure du jour et la nuit. Fort heureusement, il y avait toujours une femme de chambre pour faire une bourde et recevoir une remontrance très personnelle et privée… Et bien quoi ? On peut être une excellente gestionnaire ET savoir s’amuser un petit peu à l’occasion. La différence entre elle et les nobles, c’était qu’elle, elle faisait passer le travail avant et les petits plaisirs après pour la détente. Les nobles, eux, se contentaient des plaisirs de la vie et n’en fichaient pas une rame pour la plupart. Elle, elle pouvait voir et trouver le plaisir dans son travail, ca lui suffisait à être heureuse, surtout depuis qu’elle avait obtenu ce poste si important. Elle était respectée et crainte aussi. Juste ce qu’il fallait, assez pour que les nobles n’aient pas envie de se frotter à elle facilement mais pas trop pour éviter une conspiration qui la ferait partir voir pire. Mais bon, pour le moment, elle se contentait de frapper les importuns avec la pire arme qui soit contre un noble, le contrôle fiscale, ca pleure rapidement quant on touche à leurs richesses ses gens-là…

    Donc, tout ca pour quoi ? Pour dire que ce soir, elle se retrouvait collé avec un entretien des plus étranges… enfin, étrange dans le sens où elle se devait de recevoir une musicienne qui souhaitait officier au palais. Ca, depuis qu’Ann avait fait comprendre qu’elle aimait avoir un œil sur tout ce qui était embauché au palais, elle obtenu des entretiens à tout va pour quasiment tout et presque n’importe quoi…

    En fait, on cherchait tout le temps des nouveautés pour l’Empereur et sa cour, des choses sortant de l’ordinaire pour varier les soirées et les amusements, dont l’ambiance musicale, très importante. Il y avait de tout au palais, des instruments les plus classiques aux styles les plus provinciaux et particuliers, plus il y avait de variété à disposition, mieux c’était. Un noble avec qui Ann avait de bonnes relations, car il ne fallait pas croire qu’elle s’en était tous fait des ennemis, certains pouvait se révéler des partenaires utiles tant qu’on gardait un œil sur eux. Bref, notre homme avait eu l’occasion d’entendre jouer une femme venue d’Al-Haïr et qui jouait d’un instrument appelé Sitar. Ann avait donc convenu d’un rendez-vous avec la jeune femme, seulement, le souci majeure, c’était que l’intendante était une personne très occupée, du coup, elle ne pouvait la recevoir ce jour-là qu’en soirée. Elle avait tout de même fait en sorte de la recevoir dans de bonnes conditions. A côté de son bureau, il y avait un petit salon agréable où elle pouvait recevoir les gens de manière plus moins informelle et plus détendue. Malgré l’heure, elle avait tout de même fait préparer le thé, son petit plaisir à elle.

    On vint lui annoncer l’arrivée de son rendez-vous et elle se rendit donc dans son petit salon privé en donnant l’ordre qu’on lui introduise la fameuse musicienne qu’elle attendait…
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MessageSujet: Re: On ne joue pas du sitar si tard ! [PV Tsiva]   Lun 9 Jan - 19:50

Une longue robe orange, un collier riche en pierres précieuses et des bracelets d'or, mais humblement maquillée et les yeux ne quittant pas le sol tandis que son regard scrute furtivement chaque recoin qu'elle parcourt. Elle a joué dans d'autres provinces mais c'est la première fois qu'elle rencontre du grand-monde d'Ishtar. Qu'importe ? La séduction est universelle, elle a peu d'appréhensions quant aux us et coutumes des lieux. Tsiva sait brancher les couilles d'un homme directement à son cerveau, qu'il soit d'Ishtar ou d'une autre galaxie, et avoir décroché cet entretien constitue en soi une victoire. Le reste n'est que formel, une éducation de courtisane à mettre mécaniquement en pratique.

Elle porte son sitar dans un étui raffiné lié dans son dos. Le sang du Docteur 'Jarzaad avait souillé le précédent, celui-ci a été volé sur la route à un marchand itinérant d'Al-Haïr dont elle a caché le corps sous les racines d'un vieux poirier. On ne laisse rien traîner à Ishtar, ce n'est plus la province. Quand on quitte le sable, la boue et la neige pour les routes pavées et les péages, les lois deviennent omniprésentes et redoutables. Les lois rendent les morts encore plus dangereux que les vivants, il faut les empêcher de parler. Non pas que Tsiva tienne à vivre une longue et paisible existence... juste une existence encore un peu plus longue... encore un peu.

Elle voit peu du palais durant cette marche qui l'emmène directement à un bureau. Mais elle voit ce qu'elle s'attendait à voir. Des tapis brodés par des artistes et des femmes élégantes n'en font pas moins une véritable forteresse. Mille épées n'auraient pu forcer ses portes en pleine nuit quand un sitar et un sourire auront suffi à les franchir sans un bruit dans la journée. Journée qui fut riche en attente et en vide. Des conversations stupides, de couloir en antichambre.

Ce n'est que le soir qu'elle est amenée à qui de droit. Elle apprend au dernier moment qu'elle s'apprête à rencontrer l'intendant de l'empereur, et l'anxiété manque alors de lui jouer un tour. Alors qu'elle marche, accompagnée, elle ne peut s'empêcher d'imaginer la suite. Un clerc capable de lire ses pensées ? Un homme puissant qui déciderait de la faire surveiller ? L'État est lié à l'Église dans les rues, mais qu'en est-il de son administration ? Jusqu'où remontent les tentacules de l'Ombre ? Après toutes ces années, alors que tout commence enfin, ce jour serait son dernier ? Elle se voit torturée par des hommes portant des robes noires, elle se voit pendue devant une foule décérébrée. Ses idées s'envolant avec son souffle, oblitérées à jamais et laissant le monde tel qu'il est pour l'éternité, comme si le soleil s'éteignait au-dessus d'un ciel nuageux depuis si longtemps que personne ne remarquerait sa disparition.

Elle passe la porte d'un salon et cherche du regard son potentiel exécuteur. Mais ce n'est pas à un homme qu'elle est introduite. Une femme ? Le jeu de séduction n'en est que plus délicat, mais est-elle dangereuse ? C'est pour une fois avec franchise que Tsiva n'ose pas regarder son interlocutrice dans les yeux. Le regard sur ses pieds mais non moins révérencieuse, l'étrangère incline un genou en se présentant.


- Je me nomme Tsiva Asra, votre humble servante, Madame.

Son cœur s'accélère. Elle devrait lever les épaules, regarder la Dame dans les yeux. Une musicienne est humble mais fière, elle est une source de charme et de grandeur. Mais elle est pétrifiée à l'idée d'avoir en face d'elle une quelconque télépathe. Elle ne s'attendait pas à rencontrer quelqu'un de si hautement placé. Se contrôler. Reprendre son souffle.

Lever les yeux maintenant et sourire. Ça y est. Si elle doit mourir maintenant, elle mourra. Elle ne le craint pas, la peur est le pire ennemi de la liberté. Ça y est. Elle donne ce qu'elle a. Elle donne sa beauté, elle est paisible, ses lèvres sont humides et ses yeux sont noirs comme la nuit, elle n'est qu'une musicienne recommandée par un puissant noble d'Al-Haïr. Tout ira bien ou tout ira mal au cours des prochaines secondes, les dés sont jetés.
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MessageSujet: Re: On ne joue pas du sitar si tard ! [PV Tsiva]   Sam 14 Jan - 13:33

    Ann était donc passé dans le petit salon à côté de son bureau, il était simple et riche en même temps, comme elle. Rien d’ostensible ou de tape à l’œil mais des détails de finesse qui ne trompaient pas. On dit que la façon de décorer son intérieur reflète la personnalité des gens, dans le cas d’Ann, c’était ainsi, simple et épuré mais avec beaucoup de finesse et de richesse peu visibles, comme la finesse dans les fils d’or qui dessinaient quelques motifs sur sa tunique orange ou encore les bijoux très fins qu’elle portait, son collier d’or et ses petits bracelets. On lui annonça donc la jeune femme et Ann la regarda entrer.

    Voir des gens qui n’osaient pas la regarder dans les yeux, qui s’agenouillaient devant elle, ca lui faisait toujours bizarre. D’un côté, ca lui faisait plaisir, ca flattait l’égo, on lui présentait la déférence digne d’une proche de l’Empereur, digne de sa haute-fonction dans l’administration de l’Empire. D’un autre, ca la gênait un petit peu, elle n’était pas comme ses nobles qui se complaisent dans leur supériorité, elle gardait les pieds sur terre et ne se sentait pas le besoin de voir les gens ramper devant elle. Ce fut donc d’une voix douce et agréable qu’elle prit la parole.

    Ravie de vous rencontrer mademoiselle Asra, je vous en prie, relevez-vous, il n’y a que sa majesté impériale qui mérite qu’on s’agenouille devant elle…

    Sauf si on s’appelait Ann, qu’on pouvait deviner les gouts en matière de sucrerie et que le petit empereur vous adorait suffisamment pour vous dispenser de le faire. Ann apprécia un instant la demoiselle, elle était très belle, comme elle, elle semblait aimer les choses fines. Pour une simple musicienne, elle était richement habillée, sans doute son succès lui assurait-il un bon confort de vie, ca expliquerait alors son entrée au palais. Techniquement et physiquement, elle la trouvait tout à fait à son goût et l’intendante la mettrait volontiers dans son lit. Mais Ann, tout adepte des plaisirs saphiques qu’elle était, demeurait tout de même une femme qui n’avait rien de facile, ce n’était pas la séduction ordinaire ou les techniques de courtisanes qui assureraient à cette femme d’obtenir des faveurs de la conseillère de l’Empereur. Ann lui fit un signe en lui présentant la table basse et les deux confortables canapés qui étaient face à face.

    Je vous en prie, prenez place et parlons un peu… et pardonnez-moi de vous recevoir si tard, ma position me demande beaucoup de travail et ne m’offre que peu de temps.

    Si elle avait passé la journée à attendre dans une quelconque pièce du palais, elle méritait bien des excuses pour le temps perdu. Ann laissa son invité prendre place et s’installa face à elle, elle fit tinter une petite clochette. Une servante entra dans la pièce. Silencieusement et avec grâce, elle posa son plateau de thé et leur fit le service avant de s’éclipser. Cependant, avant d’entrer dans le vif du sujet, il y avait un détail concernant cette femme qui avait sauté aux yeux d’Ann et cette dernière, toujours curieuse de tout, ne put s’empêcher de lui demander.

    On m’a dit que vous veniez d’Al-Haïr, pourtant votre tenue et votre visage me dise que vous seriez plutôt originaire de Shin Ji Koo, m’aurait-on donné de mauvais renseignements.

    En général, l’ishtarien moyen a tendance à croire que tous les provinciaux se ressemblent et certains ne seraient même pas fichus de faire la différence entre un habitant du Wu Zang et de Frickwitch. Elle était curieuse de tirer ce petit détail au clair…
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MessageSujet: Re: On ne joue pas du sitar si tard ! [PV Tsiva]   Sam 14 Jan - 19:55

Tsiva se redresse avec autant de dignité que d’humilité quand son interlocutrice le lui demande. Apaisée de ne pas être transpercée par un carreau d’arbalète, elle commence à se détendre, à se dire que les choses vont bien se dérouler. Son regard est chaud et profond, son sourire maîtrisé et paisible.

Cette intendante est une belle dame. Elle ne semble pas appartenir à l’Église et fait difficilement penser à la noblesse ishtarienne. Une simple fonctionnaire sans titre, femme qui plus est ? Un homme recommandé et talentueux peut gravir les échelons de la société sans que ce ne soit choquant outre mesure, mais s’il est bien vrai qu’elle n’est pas de sang noble, une femme aussi simple dans sa manière d’être a dû laisser autant de sueur dans les lits du palais que d’encre dans les livres de comptes pour arriver si haut si jeune. Tsiva pourrait-elle l’en blâmer ? Les hommes règnent sur les peuples, les femmes règnent sur les hommes.

Invitée à s’asseoir, la musicienne pose son sitar à côté du fauteil avant de s’y installer en souriant aux excuses de l’intendante. Tant de respect pour une roturière est inhabituel, surtout ici dans le palais ishtarien. La sitariste ne perd pas sa méfiance, commençant à penser à une quelconque stratégie de mise en confiance utilisée contre elle.

Alor qu’elle apporte la tasse de thé à ses lèvres, elle entend parler de Shin Ji Koo. Elle se fige quelques instants, peut-être deux secondes. Peut-être trois. Espérant ses yeux imperturbables, elle achève le chemin de cette tasse et boit une gorgée du thé encore fumant. Pourquoi ce sujet si rapidement ? Elle ne peut s’empêcher de s’imaginer toutes les situations possibles, elle ne peut s’empêcher de boire de la main gauche pour garder la main prête à ouvrir le mécanisme de son sitar. Elle garde son calme, elle répond simplement.


- Vous êtes fine observatrice, Madame, et devez particulièrement parler du bindi, dit-elle en désignant le marque rouge sur son front sans perdre son sourire. Je suis née et ai grandi en Al-Haïr, mais j’ai beaucoup voyagé. Il est vrai que j’ai passé une grande partie de ma vie en Shin Ji Koo, ce n’est qu’un symbole mystique auquel je suis attachée. Une tradition provinciale qui ne présente que peu d’intérêt pour une dame de votre statut.

Il serait risqué et stupide de dire la vérité. Tsiva espère que le sujet de Shin Ji Koo n’est qu’une coïncidence. Dans l’autre cas, il serait de toute façon peu probable qu’elle quitte le palais vivante. Elle se met à penser que le meurtre du Docteur ‘Jarzaad était peut-être maladroit. Il était étroitement lié aux Nocturnae, on aura pu enquêter sur sa mort et fouiller son passé. Son assassinat suivi de l’arrivée au palais d’une étrangère portant une robe typique de Shin Ji Koo pourrait paraître suspicieux. Mais qui raisonnerait aussi loin ? Qui enquêterait aussi profondément sur la mort d’une telle ordure, et surtout qui irait jusqu’à surveiller les entrées au palais pour le meurtre d’un simple enfoiré travaillant pour une famille de Semini ? Elle boit une autre gorgée de thé, elle essaie d’appeler sa méfiance de la simple paranoïa. Elle ne laisse rien paraître, c’est ce qu’elle fait le mieux.
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MessageSujet: Re: On ne joue pas du sitar si tard ! [PV Tsiva]   Dim 22 Jan - 10:58

    Ann ignorait parfaitement ce qu’il y avait dans la tête de la jeune musicienne qui était plus que ca, sinon sa pensée sur la façon dont elle était arrivée à ce statut si jeune l’aurait fait bien rire. Mais elle était naturelle, tout le monde avait tendance à croire qu’Ann avait couché pour obtenir son poste. Puis on découvrait ses vraies tendances, qu’elle gardait pour elle, notamment son aversion pour les hommes sur le plan intime et ensuite, on avait démonstration de ses capacités, et là, on comprenait et dans le cas de certains nobles, on se mettait à blêmir en ayant peu pour ses comptes. Rappelons tout de même que le petite intendante issu du peuple avait mis sur la paille et détruit dans plusieurs sens du terme une puissante famille noble d’Hellwig, sa province natale et elle avait les moyens de recommencer en plus fort maintenant.

    Mais tout ceci ne resterait que pour les pensées de chacune, pour le moment, elle avait une charmante jeune femme exotique face à elle et elle l’invitait à se relever et prendre le thé. Ann était tout de même capable de sentir sa nervosité, il fallait avoir des armes pour survivre aux joutes verbales avec la noblesse mais elle mettait cette nervosité sur le fait qu’elle se trouvait dans le palais impériale, face à une conseillère de l’Empereur pour un poste qui pouvait lui rapportait, ca mettrait n’importe qu’elle personne du peuple sur les nerfs. C’était pourquoi elle avait demandé un thé apaisant.

    Les deux femmes se posent sur les fauteuils et Ann commence par une question qui lui brule les lèvres. Observatrice, elle voit la jeune femme qui se bloque un court instant avant de boire son thé, elle l’avait sans doute prise au dépourvu avec une telle question, sans doute s’attendait-elle à autre chose. Elle lui offrit néanmoins une explication parfaitement convaincante qui n’éveilla aucun soupçon chez l’intendante.

    Je vois, c’est très intéressant. Les voyages ont beaucoup à nous apprendre, vous avez eu de la chance de pouvoir baigner dans une autre culture et de vous en imprimer. Je vois en tout cas que celle de Shin-ji Koo vous a marqué. Par contre, permettez que je vous donne un conseil, dans la capitale, évitez de dire que cette marque à une signification mystique, ici, l’Eglise à voir des hérétiques partout, il serait dommage de vous attirer des ennuis juste parce que vous aimez la culture de cette belle province. Mais en général, ce genre de détails, il faut connaitre, ne dites rien là-dessus et personne n’y fera attention.

    L’Eglise avait la mauvaise habitude de croire qu’elle avait formaté tout l’Empire au culte de l’Ombre mais c’était faux, dans chaque province, on trouvait encore des traces des anciennes croyances et des vieux rites locaux. Enfin, Ann l’avait assez cuisiné sur ce point pour le moment, il était tard, ce serait sans doute mieux de passer tout de suite au sujet de sa venue dans le palais.

    Bien. Mademoiselle Asra, vous venez donc me voir aujourd’hui pour obtenir une place de musicienne au palais, j’avoue que je serais curieuse d’avoir droit à une petite démonstration si cela ne vous gêne pas.

    Car oui, Ann n’allait pas l’engager pour ses beaux yeux ni pour faire plaisir à celui qui la recommandait. Le travail restait le travail, si elle voulait avoir la chance de jouer devant sa majesté impériale, elle allait devoir prouver que son talent lui accordait ce privilège.
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MessageSujet: Re: On ne joue pas du sitar si tard ! [PV Tsiva]   Mar 22 Mai - 16:24

Je soutiens quelques secondes le regard de mon interlocutrice avant de laisser mes yeux délicatement glisser vers le sol, sans lui répondre. Je simule l'ouverture de l'étui de mon sitar, que j'avais déjà ouvert au préalable dans un quelconque élan de paranoïa ou simplement de prudence. Les choses auraient pu être différentes, je pourrais à l'heure qu'il est baigner dans une mare de sang. Dont le mien.

Mes doigts se déploient sur l'instrument comme des tentacules de coton, je le saisis et l'amène à moi sans me lever. Je ne fais que passer ma jambe droite par-dessus mon genou gauche pour le maintenir et je laisse alors mes ongles skier doucement sur les cordes comme dans un rêve où le funambule se laisserait porter par son câble. J'en ressens les vibrations imperceptibles et insonores, je ressens leurs tensions respectives.

Il est parfaitement accordé, j'ai eu mille occasions de tout ajuster pour cet instant pendant cette journée d'attente. Je sais que je n'ai rien à envier aux divinités de la musique si elles existent, mes harmonies sont des chants célestes qui hypnotisent les vivants et les morts.

C'est parti. Les paupières éteintes, mes ongles et la pulpe de mes phalanges envahissent la pièce d'une mélodie paisible.

Un vent se déversant sur les dunes de sable, le calme sifflement de ces millions de grains flottant dans l'air et se faufilant sous les portes. La douce chaleur de l'hiver.

Vient la lune qui élève les innombrables fils du soleil dans un froid glacial. Le désert devient blanc au cours de cette nuit onirique. Il n'y a plus de chaleur, ressentez les vibrations d'un calme plat et surprenant.

Ça grouille de vie ! La foule s'épaissit dans les rues comme une mauvaise crème, le rythme des ondes s'accélère. La chaleur revient. Une froide chaleur. Sentez quelques notes différentes des autres qui prennent le dessus. Elles dominent la foule, elles influencent petit à petit le sens de la musique.

Le blanc devient rouge d'un sang encore chaud et des fumées s'élevant des maisons en feu. Les cris stridents se mélangent au crépitement des flammes.

Le silence.

Des soubresauts. Des sanglots étouffés. Un calme froid. La mélodie est à nouveau paisible, plus ferme et gelée qu'au début.

Le silence.

Ma main droite s'éloigne des cordes alors que les dernières vibrations s'évanouissent, invisibles, dans le néant. Avant de rouvrir les yeux, j'essuie discrètement la larme qui s'est échappée de l'un de mes yeux. Sans doute pas assez discrètement. Je n'ose pas croiser le regard de l'intendante.

Je reprends une position correcte dans mon fauteuil en décroisant mes jambes et en posant verticalement mon instrument contre l'accoudoir droit.


- Si vous le désirez, Madame, je peux continuer. Je n'ai nulle autre passion en ce jour que celle de vous satisfaire.

J'ai du mal à me concentrer sur mes propos. Ma musique s'est tue mais j'entends encore parfois quelques cris et mes yeux sont fatigués par l'éclat des incendies. Quant à mon sourire, il est blessé, il ne danse plus comme quelques minutes plus tôt. Cela reviendra rapidement, il n'y a pas de raison que cette dame s'arrête sur ce genre de détail. La sensibilité d'une artiste, ni plus ni moins ?
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MessageSujet: Re: On ne joue pas du sitar si tard ! [PV Tsiva]   Mar 29 Mai - 14:52

    Ainsi donc, il était temps de voir ce que cette femme avait réellement à offrir en matière de talents musicaux. Elle était venue postuler pour une place de musicienne à la cour impériale, il était donc naturel qu’Ann veuille savoir de quoi elle était capable avec son instrument si exotique.

    Elle la regarda donc, silencieuse, faisant glisser l’objet de son étui. Cet instrument était vraiment particulier, elle n’en avait jamais vu de semblables. La jeune femme connaissait son sujet, elle rabattit une jambe pour prendre une position de support et commença à faire glisser ses doigts sur les cordes.

    C’était… très beau, la mélodie était des plus douces à l’oreille, un ravissement dont l’intendante profitait avec délice. Mais il n’y avait que le son qui était mélodieux, les gestes de la musiciennes l’étaient tout autant, sa façon de jouer sur les cordes, ses mains s’en allaient et s’en venaient dans un ballet minutieux et gracile, sans temps mort, sa maîtrise de son instrument était magnifique, elle pouvait constater qu’on ne lui avait pas mentie. Elle n’était pas seulement agréable à écouter, elle l’était aussi à regarder. Pour comprendre toute la beauté de son art, il ne fallait pas seulement écouter les sons qu’elle produisait, il fallait aussi la regarder les produire, observer les mouvements de ses mains, les expressions qui se dégageaient de son visage. D’ailleurs, il y avait comme une sorte de tristesse profonde qui s’en dégageait.

    Alors que l’instrument se taisait, que les dernières notes s’éteignaient dans l’air après avoir vibré, que sa main droite se posait délicatement, Ann fit une larme qui perla au coin de l’œil de l’étrange musicienne, larme qu’elle contenue et essuya rapidement. Ann tapa dans ses mains, applaudissant la jolie performance à laquelle elle avait eu droit. La femme lui proposa ensuite de continuer, lui faisant une remarque qui lui tira un sourire amusée.

    Faites attention, je pourrais prendre cette remarque dans un sens que vous ne soupçonnez peut-être pas.

    Car oui, faire ce genre de commentaires à une lesbienne pure et dure, on y trouvait forcément un double-sens des plus explicites. Ann était souriante, satisfaites de cette performance musicale.

    C’était magnifique, vous êtes vraiment douée, je suis sûre que sa majesté impériale saura apprécier aussi.

    Ou comment lui dire qu’elle était prise à l’essai selon les critères d’Ann. Seulement, la jeune femme n’avait pas l’air de se réjouir, bien au contraire. Elle tirait une tête bien triste, son sourire sonnait faux, forcé, celui d’une femme inquiétée par quelque chose, peut-être la sensibilité de l’artiste justement. Ann, inquiète, se leva de son canapé et vint s’assoir à côté de la musicienne. Délicatement, elle posa une main douce et apaisante sur la joue de la belle dame, lui parlant d’une voix agréable.

    Il y a un souci mademoiselle Asra ? Vous avez l’air si… triste. Est-ce dû à la fatigue ? Vous désirez quelque chose ?

    La gentillesse d’Ann n’avait rien de feint. Elle faisait venir cette femme assez tard, du coup avec la fatigue… ou alors, c’était les nerfs qui lâchaient après la tension accumulée à l’idée de jouer pour une place si importante, elle ne savait pas trop…
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