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 Levons un verre à l'ivresse ! [Pv : Sachou <3]

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MessageSujet: Levons un verre à l'ivresse ! [Pv : Sachou <3]   Dim 25 Déc - 18:41

Combien de fois Marius avait bu au point de se retrouver ivre ? Il aurait dû se poser la question, au moins pour se rappeler la raison pour laquelle il s'était juré de ne plus boire un verre d'alcool jusqu'à sa mort. Dans son chagrin, il en oubliait ses promesses, et c'était pour cette raison qu'il marchait dans les ruelles, enfin « marcher »... il aurait fallu pour ça qu'il arrivât à avancer plus d'un pas sans basculer sur le côté. C'était que le monde tournait drôlement autour de lui, bon sang ! Pourquoi les maisons et les bâtiments ne voulaient pas rester parfaitement droit ? Le mur sur lequel le jeune homme s'appuyait par exemple n'était pas... droit, en fait, le mur semblait carrément être doué de volonté, car de temps en temps, il lui frappait brutalement le crâne, comme s'il lui en voulait de le caresser. Pourtant, ce n'était qu'une surface dure et rugueuse, sans chaleur, froide, et qui avait une dent contre lui. Marius secoua la tête, levant les yeux sur le ciel noir de la nuit, il cilla avant de baragouiner quelques paroles sans le moindre sens, son épaule heurta le mur, pendant qu'il essayait de se remettre debout parfaitement.

Cependant, le jeune homme fit un tour complet, et se retrouva la joue coller contre la crasse et la poussière. Griffant le mur, il se frappa le front dessus, et au bout d'un moment, Marius essaya de se remettre en marche. Ses jambes étaient lourdes comme du plomb, son estomac le brûlait, mais sinon son esprit allait mieux, la vie lui semblait être soudain devenu un énorme livre comique et grotesque. Le monde était flou, et maladroitement, il se dirigeait vers la Cathédrale, la haine dans son regard alcoolisé. La silhouette de la bâtisse était un mélange d'ombre et de lumière, une forme obscure qui se détachait des autres, et qui fièrement se dressait dans les ténèbres, Marius était déterminé à la pénétrer. Cliché de l'ivrogne désespéré en cet instant, le terroriste n'avait plus rien à perdre, il était décidé à en finir une fois pour toutes. Quittant le mur, il avança malaisément jusqu'aux marches, quand soudain, son genou cogna la pierre et qu'il s'écroula comme une merde sur le pavé. Son menton claqua les marches, son cerveau totalement désarticulé par l'alcool, il rampa autant qu'il le put. En fait, jusqu'à ce que sa tête heurte une autre marche de l'escalier. Grognon, il jura :

— Maiiiis ça fait mal.

Le jeune homme tenta de se relever une énième fois, se soutenant avec la bouteille qui lui échappa des mains évidemment. Il se retourna avec lenteur pour essayer de la saisir, mais il garda son geste en suspens, l'observant rouler et cogner les marches pour finir sa course dans la nuit. Blasé, il poussa un soupir et grogna quelque chose comme :

— Lâcheuse, manant, traîtresse ! Je... j'ai... d'accord... j'aime paaaaaaaaaaas les gueuses ! Moi ! Ouais ! J'vais... de... c'est méchant.

Faisant un geste grossier de la main à la bouteille, il pivota à demi, en manquant une énième fois d'atterrir brutalement sur le sol. Fixant la Cathédrale avec un air patibulaire qui ne lui allait pas, Marius entreprit une longue ascension jusqu'à elle, ses pieds s'emmêlaient presque à chaque avancée. De loin, on aurait pu croire qu'il tentait de gravir une montagne, mais de prés, on voyait un gamin de vingt-et-un ans totalement bourré, incapable de comprendre qu'il se jetait dans la gueule du loup. Au bout de longues minutes qui semblèrent durer une éternité, il s'écroula devant la porte. Se roulant en boule comme un gamin, il posa sa main sur le bois, il le gratta un moment avant de se tirer en avant. Le corps collé contre la bâtisse, il donna plusieurs coups d'épaule avant de rejoindre son amant de la soirée : le sol. La lèvre en sang, le regard fou, il atterrit dans l'entrée, seul, malheureusement. Un frisson lui parcourra l'échine, car ça faisait bien une éternité qu'il ne s'était pas rendu dans cet endroit. L'émotion lui saisit la gorge, et il se retint plusieurs fois de vomir sur le sol trop propre de la cathédrale. Sans plus faire de tentatives pour se remettre sur ses deux jambes tremblantes, il resta à genoux dans la cathédrale, observant les énormes fenêtres et les bougies qui éclairaient le tout. Cette atmosphère... lui disait quelque chose, un souvenir qu'il avait toujours mis de côté, et qui refaisait surface lentement, Marius roula sur le dos. Un bras sous la tête, une jambe de relevé, il arracha les premiers boutons de sa chemise, il étouffait dans ce froid hivernal. Ses manches relevées montraient plusieurs blessures aux bras, tandis que débraillé, il contemplait avec une admiration ironique tout ce qui l'entourait. Et d'une voix forte, il cracha un nouveau flot de paroles complètement délurées :

— Il... il l'est né l'Divin d'Arken. On nous a dit : « Engagez-vous », j'me suis engagé, et j'ai été bousillé par la guerre... Hahahahaha. Hey ! M'sieur les Inquisiteurs, la Colère doit punir les Hérétiques ! Qu'est-ce que vous attendez bandes de belettes pour... pour venir m'chercher ? J'suis Maaaa... Maaarrrr... Marcus... Marius ? Naaan... Marcus... d'le... d'l'Ambroisie ! J'vous attends ! J'veux crever moi, pourquoi personne m'laisse crever d'froid et de faim ? La vie est une putain qui m'dégoûte au point que j'veux pas... la... lui faire l'amour. Bâââââh !

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MessageSujet: Re: Levons un verre à l'ivresse ! [Pv : Sachou <3]   Jeu 29 Mar - 21:57

- Hum ?

J’lève la tête, réagissant au moindre bruit. Il m’semble avoir entendu un bruit sourd, rien de très avenant. Faut dire, le moindre son se répercute avec une amplitude déconcertante, dans cette cathédrale. Il vaut mieux que j’fasse attention. Oui, soit prudente Sacha. Instinctivement, alors que je suis assise en tailleur sur le sol froid d’la bâtisse, je rapproche d’un coup de main tous les biens volés qui sont maintenant en ma possession. Bien sûr, c’est l’genre de biens qui n’laissent pas de traces : la nourriture. Aucune preuve de mon passage. Personne n’ira vérifier à l’intérieur de mon estomac si j’suis la coupable de ces méfaits. Mais si les gars d’la cuisine venaient à me tomber dessus, je risque d’avoir de sérieux problèmes. Enfin, je crois. J’ai un doute quant au fait que d’Arken me sanctionne sévèrement, mais j’apprécierai moyennement d’me retrouver avec une fourchette plantée entre les deux yeux. Le personnel ne m’porte pas trop dans son cœur, j’ferai bien d’être doublement prudente. J’admire tout d’même avec fierté mon butin, tout en resongeant à mon expédition discrète dans les locaux prévus au stockage de ces délicieuses choses. Le résultat en vaut la chandelle, j’imagine. Une part de moelleux au chocolat, une pomme, quelques noisettes, un morceau de tarte à la poire, et un pain au raisin. C’est bien assez pour mon estomac.

Au moment où j’m’apprête enfin à entamer la première bouchée d’chocolat, un gémissement me stoppe dans mon élan. J’décide précipitamment d’me cacher sous un des bancs qui servent à la prière des prêtres, mes délices aux bras. Est-ce que les types d’la cuisine se sont rendu compte de quelque chose ? Ils n’seraient quand même pas venu jusque-là pour m’chercher, si ? Non, personne n’est aussi tordu… En fait, si. Plus rien n’pourrait m’étonner de la part des résidents qui logent ici. Du coup, j’me fais muette comme une tombe, en attendant que le bruit s’estompe. Bah, quelques prêtres n’devraient pas m’faire peur. Mais les gars de la cuisine, franchement. Je fronce les sourcils. Oui, c’est vraiment ridicule, d’avoir peur de quelques cuisiniers… Mais quand même ! Je secoue la tête. Quelle enfant j’fais, sérieusement ! De toute façon, c’est pas la ques…

Je sursaute. D’une façon surprenante, une voix se répercute avec écho sur les grands murs gris. J’ai la sinistre impression d’avoir déjà entendu ce timbre quelque part. Mon imagination, peut-être ? J’tends l’oreille, et laisse échapper un petit rire, suffisamment discret. J’crois bien que c’est la première fois que j’ai la « chance » d’entendre un prêtre chanter. Il est saoul ? Ou alors, c’est un membre du personnel ?! J’passe la tête par-dessus le dossier du banc, mes yeux se posent sur la grande entrée de la cathédrale. Qu’est-ce que c’est qu’ça ? Une silhouette svelte déambule à genoux, tel un asticot, devant les portes. Tsss, même l’Eglise possède son lot d’abrutis et d’indisciplinés. Aucun risque. J’sors de ma cachette, et tandis que j’m’installe correctement sur le banc en bois, je croque enfin dans ma part de chocolat. Aaaah, quel bonheur ! Si seulement l’autre ivrogne pouvait cesser ses jérémiades. Impossible de profiter du silence religieux qui règne ici en temps normal. Une chose est sûre, au moins lui, il n’sera jamais barde. Tout en entamant une deuxième bouchée, un frisson galope sur ma nuque, j’ me fige. Ma tête, indépendamment de ma volonté, exécute une rotation d’environ cent-quatre-vingt degrés. Mon regard se verrouille sur celui qu’ je croyais n’être qu’un disciple de l’Ombre, parmi tant d’autres. Erreur monumentale. J’me lève, avec hésitation -toujours les friandises en main, bien sûr-, et m’rapproche peu à peu de lui, jusqu’à être assez proche pour discerner son visage qui jusqu’à présent était brouillé par l’obscurité du clair de lune. Mes yeux l’dévisagent avec stupeur.

Merde alors. Marius… De l’Ombrage ? Attendez, c’pas une erreur scénaristique ça ? Ce type ! Lui-là ! Ici ?! Dans la cathédrale d’Uriel ? En un éclair, j’engouffre la part de moelleux dans ma bouche, entièrement. Puis je saisi Marius d’une main, par les cheveux, observant son visage avec intensité, histoire de vérifier une fois d’plus si mes yeux ne m’jouent pas des tours.

- Mah qu’esche-que tu fais là tchoi ? T'esch v'nu mourir ?
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MessageSujet: Re: Levons un verre à l'ivresse ! [Pv : Sachou <3]   Ven 30 Mar - 10:33

Les yeux explosés par la fatigue, le cerveau bousillé par l'alcool, et la nausée envahissante, Marius poussa un gémissement rauque. Une main, puissante, était venue lui saisir sa chevelure. Chose fortement désagréable en sois, car il avait la sensation que chacun de ses cheveux allait s'arracher de son crâne pour rester dans ces doigts. Sa figure se déforma sous la douleur, tandis que son regard cherchait le bras raccordé à cette main. Il ne rencontra que les murs hauts de la Cathédrale, les bancs, les immenses fenêtres, sans oublier ses bougies qui donnaient du sinistre à ce lieu censé être de paix. Puis, il y a un visage, dévoré par l'obscurité ambiante, il ne voit qu'une chevelure rousse.

Enfin, il y eut une voix, des paroles qu'il ne comprenait pas, mais cette voix... le jeune homme la connaissait. Il ne savait plus dans son délire d'ivrogne où il l'avait entendu, mais elle lui était familière, cette voix. Il bougea les bras, et tenta maladroitement de se dégager pour finalement s'écraser encore contre les dalles de pierres. Nouvelle grimace, il était tombé sur les fesses, et dévisagea sans politesse la jeune fille. Des cheveux roux, semblables des flammes, des cheveux roux sur cette tête qu'il ne voyait pas. Une chevelure rousse. Ce n'était pas Magdra, la jeune fille manquait de poitrine, et ne faisait pas un mètre quatre-vingt, et puis si ça avait été Magdra, Marius ne serait pas encore vivant. La femme supportait rarement de le voir ivre, et la dernière fois que c'était arrivé, Marius se souvenait s'être pris un énorme coup de tête, il toucha ses tempes et grogna :


— T'es une Inquistrice ? Hein ? Pas vrai ? De... de toute façon, il est mort, ça ne sert à rien tout ça ! Et arrête d'manger, ça me donne en... en vie... envie... de vomir.

Et se retournant sur le côté, les coudes sur les dalles, Marius plaqua une main sur son coeur. Bon sang ! Son estomac le brûlait plus que d'habitude, il avait la sensation que des flammes léchaient ses intestins, s'enfonçant dans ses organes pour les dévorer de l'intérieur. Il se plia en deux, les larmes aux yeux à cause de la douleur, il n'aimait pas ce feu dans son ventre qui le faisait toujours souffrir. Sacha venait de raviver par seule voix un souvenir qu'il ne voulait pas. Bien sûr qu'il connaissait cette jeune fille, c'était elle qui l'avait jeté dans les bras d'Uriel, et qui l'avait aussi sauvé. Et elle était liée à Lokhund Krishna.

Mist.

Marius poussa un grondement animal, venu de ses entrailles, il était semblable au cri d'une bête blessée, qui agonisante, poussait son dernier râle. Il ne voulait pas ! Il ne voulait pas ! Machinalement, il frappa sa tête de son poing, avant de retomber sur le sol. Sacha et Mist. Sacha qu'il avait désiré sauvé, il y a un moment de ça, il ne savait plus. C'était quand, la dernière fois qu'il l'avait vu ? Un an sans doute ? Plus ? Moins ? Le temps était devenu une spirale infinie qui l'avait avalé, il en oubliait sa signification, l'alcool lui faisait perdre la tête. Ou c'était le chagrin. Marius ne savait plus. Il ne savait plus. Il poussa un soupir, le bras sur le ventre, et la joue de nouveau contre le sol glacé, raidi par le froid, Marius regarda Sacha. Il la dévisagea, maintenant qu'il croyait mieux voir ses traits, il la trouva terriblement triste et seule. Et un frisson de dégoût traversa son corps.

— « C'est véritablement une... délicieuse demoiselle »... c'est ce qu'il avait dit.

Son regard se fit rude, quand il lâcha ces paroles qu'Uriel avait proférées au sujet de Sacha. Marius se releva et titubant, ses pas résonnant sur les dalles, il se laissa tomber sur un des bancs. Il fourra sa tête dans ses bras, et il lança :

— Alors... il a fait de toi une Inquisitrice ? Hein ? Va lui dire que je suis ici, d'Arken doit bien aimer ça. Tuer, arracher, et violer. Qu'importe... je... j'ai froid, j'ai envie de dormir, et de boire. Dit... tu n'aurais pas encore de l'alcool ? Je vais foutre le feu à la Cathédrale : c'est qu'il y en a des bougies, ça sera facile.

Marius était à moitié sérieux, l'ivresse le poussait à des actes sans raison. De plus, il n'avait pas dit à Sacha qu'il comptait périr dans l'incendie. Un acte de fou, poussé par le chagrin. Il voulait faire disparaître cet édifice, il voulait le voir brûler, il voulait y mourir. Fouillant dans sa botte, Marius reprit son poignard, et posant sa main sur le banc, il l'observa un moment. Puis, il leva la lame dans l'intention de la planter dans cette chair fatiguée et meurtrie.

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MessageSujet: Re: Levons un verre à l'ivresse ! [Pv : Sachou <3]   Ven 30 Mar - 15:05

Il se débat, alors j’le lâche. Forcément, il se rétame par terre. Etre saoul, ici, à cette heure-ci, quand on s’appelle Marius De l’Ombrage, ça s’rait pas un acte de suicide par hasard ? Probablement. J’ai du mal à interpréter ça différemment. J’hausse un sourcil. J’ai pas l’souvenir d’avoir déjà vu ce type dans un tel état. On dirait un gamin. En même temps, c’est pas comme si j’le fréquentais quotidiennement. J’le dévisage aussi malproprement qu’il vient d’le faire. Non, vraiment, qu’est-ce qu’il vient faire là ? J’hausse de nouveau un sourcil, deuxième édition. Puis, tout en engloutissant la tarte à la poire, c’te fois-ci, je m’accroupis près d’lui en le regardant curieusement.

- Hum… exchcuse-moi, mais, qui esche qui est mort ?

Oui, c’est vrai ça, est-ce que cette phrase a un quelconque rapport avec ses intentions, et sa venue ici ? J’me met à pouffer, j’crois bien que j’ai failli m’étouffer d’ailleurs, quand j’ai véritablement pris conscience de la première partie d’sa phrase, que j’n’avais pas vraiment écouté, à l’origine. Je tousse durant plusieurs secondes, en me tapant énergiquement le haut d’ma poitrine. Une fois la mort par étouffement passée son chemin, mes yeux se posent avec sérieux et incrédulité sur le jeune homme.

- T’es… T’ES FOU ?

Ma main se plaque instantanément sur ma bouche, pendant qu’mes yeux sont occupés à scruter nerveusement les alentours. De nous deux, c’est moi qui passe pour la plus timbrée en criant aussi fort dans moment où s’taire est bien plus approprié. J’me redresse et lui lance mon regard outré, celui que j’fais assez souvent, faut croire. Me traiter d’inquisitrice, moi ? Et puis quoi après, Impératrice ? Comme pour répondre à cette accusation, j’lui envoie une noisette sur la tête, pas très fort. Il est déjà pas dans l’meilleur des états, pas la peine d’en rajouter en lui trouant l’crâne. Il s’allonge –ou s’étale, difficile de faire la distinction- sur le sol froid de la cathédrale. Mon visage reprend ses traits habituels. Maintenant que j’le regarde à nouveau, Marius, j’me demande à quoi doit bien ressembler sa vie. Et j’me dis qu’au final, je n’sais rien de lui. Si c’n’est que c’est un terroriste, et qu’il déteste Uriel. Est-ce qu’il a une famille, des parents, des frères, ou des sœurs ? Est-ce qu’il se sent seul, parfois ? J’imagine que oui, et que c’est souvent l’cas. J’en viens même à m’interroger sur la raison pour laquelle il méprise autant l’Eglise. J’ai bien ma p’tite idée sur certains éléments, mais il existe sans doute une raison bien poussée. Bien que sa haine soit probablement très, très, très grande, de là à venir fanfaronner quelques injures sous l’toit des ecclésiastiques, c’est quand même… Il m’regarde fixement, sa tête posée sur le sol. Je fronce les sourcils, un peu malgré moi. Puis là il articule un truc. A propos de « délicieuse… demoiselle » ? J’ai un mouvement d’recul lorsqu’il se redresse péniblement pour venir s’échouer comme une baleine sur un des bancs.

- D’Arken a juste une grande gueule. Il disait ça pour t'embêter.

J’écoute d’une oreille la suite de ses paroles d’ivrogne, tout en croquant dans la pomme que j’essuie au préalable sur mes vêtements. J’fronce encore les sourcils, plus agacée cette fois-ci. Décidemment. J’avais oublié à quel point les gens pouvaient s’montrer chiants sous l’effet du breuvage. J’pousse un soupir de mécontentement, en mordant une énième fois dans ma pomme, avant de saisir entre mes doigts l’oreille du jeune homme.

- Écoute, toi, là. La prochaine fois qu’tu m’traite d’Inquisitrice, bourré ou pas, j’t’arrache le lobe, d’accord ? J’ferai jamais partie de l’Eglise. D’Arken lui-même n’est certainement pas intéressé par cette idée. Alors lâche-moi avec ça ! Et pour information, cette cathédrale, tu pourras y mettre le feu une centaine de fois, elle n’brûlera pas. Et tu sais pourquoi ?! J’attrape sa main et la plaque contre le sol froid. Parce qu’elle est en pieeeeeerre, tu captes ?! En pierre !

J’soupire. Et viens m’asseoir avec dépit sur le même banc.

- Alors, c’est qui qu’est mort ? Tu parlais d’ça, avant.

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MessageSujet: Re: Levons un verre à l'ivresse ! [Pv : Sachou <3]   Ven 30 Mar - 22:49

— Hêêêêê, arrête ça, ça fait maaaaaaaaaaaaaaaaaaâle !

Marius bougea encore, essayant de se débattre, enfin c'était surtout pour la forme. La force avec laquelle Sacha s'était saisi de son oreille, lui laissait présager qu'elle serait bien capable de lui exploser le cerveau d'une simple pichenette, et curieusement... le jeune homme n'avait pas envie d'avoir mal. Pas ce soir. Dans l'obscurité de la ville, dans le ventre de l'Église, l'Esclave et le Terroriste échangeaient, perdue et errant dans les entrailles de pierre de l'édifice, leurs voix se mêlaient et formaient une suite de son cassé et plus doux. Les yeux de Marius étaient rouges de fatigue et d'alcool, il ne voyait de Sacha que sa chevelure de flamme, qui lui donnait le brusque désir de mettre le feu à la bâtisse.

Ces cheveux roux qui caressaient ce visage juvénile, cette couleur orangée lui rappelait trop la fois, où enflammé de colère, il avait brûlé le laboratoire de Karl. Il se souvenait de l'odeur, cette chair brûlée, mélangée au parfum du sang, son nez en respirait encore les arômes. Les cheveux de Sacha étaient des flammes qui glissaient sur sa jolie nuque, et encadraient de temps à autre sa figure d'adolescente, l'Église devait disparaître dans le feu de sa vengeance. Alors une fois qu'elle lui lâcha l'oreille, Marius frotta cette dernière, ravi dans son délire de constater qu'il l'avait encore, déçu de voir qu'elle ne partageait pas son désir de destruction. Pour une fois qu'il ressentait autre chose que de la peine, on lui brisait l'espoir de se relever.


Marius De l'Ombrage était bouffé par le chagrin, et celui-ci avait explosé les jambes de sa volonté, celle-ci ne pourrait plus jamais marcher, et lui n'avancerait qu'en rampant dans son amertume. Pourtant, il ne l'écoutait pas, et qu'importe sur la Cathédrale était effectivement en pierre, le feu se propagerait bien sur autre chose. Se relevant, chancelant, Marius examina les bancs de bois, puis d'un mouvement brusque, il arracha de ses doigts les boutons de sa chemise. Brutalement, violement, comme s'il étouffait, et qu'il avait le besoin vital de respirer. Il arracha presque sa chemise de son dos, et la jeta au loin. Il ne se déshabilla pas plus, conscience dans son ivresse que l'adolescente était là, et surtout ne voulant pas lui imposer d'avantage la vision de son corps maigre, cassé par les épreuves, et qui en un an avait pris bien des cicatrices.

Celle à son flanc était toujours exhibée, accompagnée par les stigmates sur ses bras et ses mains, sa chevelure grise se contentait de cacher les marques légères que son père lui avait faites. On ne les voyait pas, ou trés peu, pourtant Marius était persuadé qu'elles hurlaient la souffrance de ce jour, où son père l'avait battu. Il les toucha, instinctivement, frissonnant à cause du froid de l'hiver, mais aussi face à ce souvenir. Ce n'était pas bon, l'alcool faisait remonter tout un tas de souvenirs, et Marius refusait de se rappeler. Ça faisait trop mal.


— T'es pas au courant ? D'Arken m'avait dit que tu étais son amie, pourtant.

La question de Sacha lui était revenue en tête, cependant, il gardait à l'esprit son idée de destruction. Marius avança vers l'une des bougies, et la saisit, un soupir d'une incroyable douleur s'échappa de ses lèvres. Ça ressemblait à un râle, celui que rend le soldat avant de crever comme un clébard. Il reprit sa chemise, le bougeoir dans la main, il revint prés de la jeune fille. Il contempla la danse de la flamme, puis il jeta un coup d'oeil à la chevelure rousse de l'adolescente, ces flammes, toujours ces flammes. Il croyait parfois que la tête de Sacha disparaissait, simple figurante, alors que les flammes dansaient autour de son corps, remplaçant aussi sa tête. Il secoua la sienne, de tête, et frotta ses yeux. Il avait vraiment envie de vomir.

— Il l'a tué, Mist, d'Arken l'a tué. Devant tout le monde. C'était horrible. Son corps ne ressemblait plus à rien, et j'crois en avoir perdu des morceaux, quand l'espèce de géant est venue m'aider à l'enterrer. J'ai eu mal, très mal, j'ai encore son odeur de mort dans les cheveux, et sur la peau. J'suis con... j'aurais dû garder son bras en métal, ou un os, en souvenir : je l'aurais exposé dans ma chambre, ça aurait comme s'il avait été toujours là. Mist. J'ai ses chiens, encore, je pourrais les manger, aussi, hein ? Un peu de lui en moi, un peu de son souvenir dans mon corps, ça serait comme retrouver sa chaleur, tu crois ? Tout le monde a voulu sa mort, sauf moi, une gamine a volé sa mâchoire. Et moi, je veux crever. Le rejoindre. Je peux pas vivre avec ça sur la conscience. Il est mort ? Ça fait marrer tout l'monde. D'Arken me l'a volé. Il me reste rien : je veux mourir.

La chemise sur ses genoux, Marius rapprocha la bougie d'elle, déterminer à s'immoler.

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MessageSujet: Re: Levons un verre à l'ivresse ! [Pv : Sachou <3]   Sam 31 Mar - 20:41

Mes yeux n’en reviennent pas, et j’sens mon visage s’élargir, tellement ils s’écarquillent. Quelle scène invraisemblable. Pourtant, j’en ai vu des choses peu communes, mais peut-on vraiment s’y habituer, un jour ? J’en doute. Et étrangement, un malaise s’installe rapidement tandis qu’Marius arrache avec peu d’délicatesse sa chemise, avant d’débiter une tirade digne d’un ouvrage. Il articule ses paroles avec maladresse, crachant un venin aigre-doux… Serait-ce du désespoir ? J’écoute attentivement ses plaintes, tout en prenant un air je-m’en-foutiste. Pourtant, au fur et à mesure, le malaise grandit davantage. L’air est froid, et les mots du terroriste viennent s’écraser avec douleur sur les murs rêches de la bâtisse. J’pose mon regard sur lui. Tout va un peu trop vite, mon cerveau peine à mettre les choses en ordre. Enfin, ya-t-il vraiment un ordre dans une telle confidence ? J’pense que lui-même ne sait plus vraiment comment ranger ses idées. Il divague. Qu’suis-je censée répondre à ça ? Mes yeux ne l’quittent pas, tandis qu’son regard inanimé étudie la chandelle ramassée un instant plus tôt.

Je soupire. Effectivement. J’connaissais Mist. Brièvement. Je n’l’ai en réalité rencontré qu’une fois. Mais D’Arken se trompe. Nous n’étions pas amis. A dire vrai, ce mot ne m’concerne pas. J’préfère même ne pas en avoir vent. Quel genre d’ami pourrait bien avoir un Objet ? C’est ridicule. Mais le problème actuel, c’est Marius. Qu’est-ce que j’vais bien pouvoir faire de lui ? Est-ce qu’il était proche de Mist ? Sans doute, sinon il n’aurait jamais été assez abattu pour v’nir s’engouffrer dans la gueule de l’ennemi, de son plein grès, et bourré, qui plus est. Ses intentions suicidaires s’confirment alors, lorsque pris par je n’sais quelle autre folie, il approche dangereusement la p’tite flamme dansante du tissu fragile posé sur ses genoux. Mon cœur fait un bond. Instinctivement, ma main vient s’poser d’elle-même sur la mèche, paume à plat. C’est brûlant, durant quelques secondes, mais le feu fini par céder rapidement. J’attrape alors la bougie, et j’la jette nonchalamment plus loin, tout en toisant le jeune homme avec dureté.

- Tu n’devrais pas jouer avec le feu, crois-moi.


Cela fait, le reste d’mes friandises toujours en main, j’agrippe de ma main libre sa chevelure grise, pour l’entrainer de force –sans blague- sous une voute peu éclairée, dans un coin d’la cathédrale. N’prenons pas plus de risques. Le pire n’a pas encore été dégagé. Arrivés là, j’le lâche sans délicatesse par terre, tout en examinant minutieusement alentours. J’n’aimerai pas qu’un prêtre embusqué nous fasse une visite surprise. Rien à l’horizon. J’reporte alors mon attention sur celui qui est, curieusement, l’objet d’mon inquiétude ce soir. J’me sens rarement concernée, en temps normal. Moi-même suis-je sans doute en train d’changer, faut croire. J’décide alors de m’accroupir, tout en l’dévisageant de nouveau sans politesse. Un peu à contrecœur, j’saisi une de ses mains, et y pose mon pain au raisin, dernier survivant d’ma réserve volée.

- Tiens, tu d’vrais manger un peu. T’es tout maigre.

Parle pour toi, j’devrais dire. J’ai beau m’empiffrer, on m’voit toujours pas un bourrelet. Mais au moins, j’mange plus qu’à ma faim. Mes yeux s’attardent un peu malgré moi sur l’jeune homme. Il était plus beau, lors de notre première rencontre. Plus sûr de lui. Plus vif. J’savais déjà que le Haut prêtre était dangereux, et bien qu’il n’soit pas totalement désagréable avec moi, il n’en reste pas moins qu’il est sans aucun doute bien plus acerbe avec la majorité des gens, et plus particulièrement avec ceux qui osent lui mettre des bâtons dans les roues. Cela dit, j’n’ai pas de camp bien défini. Tout c’qui m’importe, c’est moi. Ou du moins, ce fut longtemps l’cas. Ces derniers temps, l’goût du changement me picote bien souvent la langue. Oui, et si les choses venaient à prendre un tournant différent… ? J’secoue la tête. Non, non, non. Rester neutre est l’choix l’plus judicieux, tout compte fait. Mais voir Marius ainsi… c’est pas drôle. C’est amer, et triste. Il n’y’aurai donc plus personne pour se dresser contre la Toute Puissance ? J’aimerai pourtant encore savourer, en tant qu’observatrice, quelque chose de plus excitant. Finalement, pourquoi pas, un peu d’changement ? J’viens m’assoir à côté du jeune homme à la chevelure grise, un tant soit peu fatiguée.

- Tu sais… J’ignore franchement la ou les raisons qui t’ont poussées à t’dresser contre Uriel, et p’t’être que ça m’regarde pas, sans doute, mais… Enfin, comment dire ? Mist est mort. C’est un fait. Je regrette de n’avoir rien pu faire. Je regrette. Mais, tu déteste le Haut prêtre, n’est-ce pas ? Tu veux l’voir tomber.

Je le regarde franchement.

- N’oublie pas, la mort de Mist ne doit pas être vaine. Si tu abandonnes maintenant Marius, alors il sera mort pour rien. Si tu abandonnes maintenant… Qui prendra le relais ?

Sur mes dernières paroles, je lui tapote l’épaule, en signe d’encouragement. Mais tout d’même, de quel droit je profère de telles paroles ?
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MessageSujet: Re: Levons un verre à l'ivresse ! [Pv : Sachou <3]   Lun 2 Avr - 13:57

Du feu. Du feu autour de ce visage pâle, des flammes caressant cette mâchoire ronde, ces couleurs chaudes apportant un peu de vie à ce regard triste. Du feu. La bougie se rapprochait, dangereusement, silencieuse, prête à lécher la chemise blanche poser sur ses genoux. Du feu, et de la douleur. Du feu en lui, tout le temps. Tout le temps depuis la mort de Mist, du feu en lui. Pas de la colère, non. Un feu de chagrin et d'amertume, embrasant toujours sa volonté, carbonisant ses espoirs, et calcinant ses rêves. Du feu en lui, incapable de s'éteindre, incapable de s'apaiser, même sous la légère brise du vent. Du feu prés de sa jambe, qu'il imaginait se faire ronger par cette caresse brûlante. Douleur lancinante, douleur ardente, le bouffant depuis l'intérieur. Le feu.

Une main, encore, dans sa chevelure grise, une main qui le tira hors de la portée de cette bougie. Ça faisait mal, Marius avait la sensation que Sacha allait tout lui arracher de cette simple pression, mais il ne protesta pas. Son esprit était perdu dans l'ivresse, ses pensées filaient sans avoir de but, et frappait son crâne de leur âpre tristesse. Sacha avait le visage entourait de flammes, c'était tout ce qu'il voyait, et sa main paraissait aussi chaude que... que quoi ? Qu'un corps humain ? Il se laissa traîner, type sans volonté, sans âme, perdue dans sa peine, perdue dans son désespoir. Elle tenta de l'emmener plus loin, l'esclave d'Uriel d'Arken qui une année auparavant, l'avait fait rencontrer son plus grand ennemi. Le froid rencontra ses paumes quand il tomba, Marius ne voulait pas que ces souvenirs-là reviennent. Ils étaient souillés, ils étaient sales, ils étaient trop différents de lui, il n'en voulait pas. Pourtant Sacha, quand elle lui tendit son morceau de pain aux raisins, elle les fit revivre en un instant.

« Marius... bon sang ! Lève un peu ton nez de ce livre, viens... tu rates le meilleur !

— La Foi... je... : “Le sang des fidèles peut être versé. S'offrir en sacrifice à cette énergie est un acte de foi très respectable”, je... c'est fade.

— Fade ? »


Le jeune homme planta un regard confus dans celui de Sacha, il ouvrit la bouche comme pour parler, et effacer rapidement la vision qu'il venait d'avoir. Il ne toucha pas à son pain aux raisins, mais tourna la tête derrière lui, inconscient face au danger qu'il encourait. Il croyait l'avoir entendue, il croyait avoir perçu sa voix douce et son pas léger, mais il n'y avait que le silence. Elle n'était pas là. Elle n'était plus, elle n'était plus. Aniya, celle qui avait bouleversé sa vie, celle qui avait fait de lui un enfant de la Révolution. Marius entendait son rire, sans qu'elle soit ici dans cette cathédrale. Il avait eu peur l'espace d'un instant qu'elle ait pris le corps de Sacha, ou qu'elle l'ait effacé pour la remplacer. Il leva la main vers l'Esclave, mais avant de toucher ses cheveux, avant même de l'effleurer, il la laisser tomber.

— Tout le temps, on me le dit, ça. Lâcha le jeune homme en regardant le sol, les yeux sombres, et vides. On me le dit tout le temps : « Lutte encore, il n'est pas mort pour que tu pleurs ! » Hahahahaha... c'est si facile, hein ? Si facile d'oublier les gens ? Si facile de se dire : « Oh il est mort, ce n'est pas grave, il faut avancer désormais, et en plus comme il était handicapé, il ne servait à rien ! » ? Je pense pas. Je peux pas. Je ne voulais pas le perdre. D'Arken me l'a volé, il me l'a pris, et me l'a tué. Plus de haine, plus rien. Plus de haine, plus de rêves. L'Église n'a qu'à avoir les tripes pour me retrouver, et me tuer. Je veux que ça. Crever. Faire taire cette douleur. Éteindre ce feu. Mourir. Il semblait t'apprécier, toi. Comme tu sembles mépriser Uriel, hein ? Je voulais t'aider ce jour, Sacha. J'ai vraiment cru que je pouvais t'aider, comme j'ai cru pouvoir protéger Mist de tout. Mais je suis con, faible, et inutile. Je ne protège personne, malgré ce rêve. Je voulais changer les choses, on m'a changé, et je veux mourir. Plus personne pour compter sur moi. Personne. Juste de la douleur, plus de Mist, même pas sa mâchoire. On m'a dit que Raseriknulla pouvait le remplacer, un monstre pour faire oublier le sourd-muet, utile, hein ? Je ne veux pas. Je veux planter mes ongles dans mes yeux, je veux m'ouvrir le crâne avec un clou, et m'étrangler avec mes intestins. Oublier la douleur, oublier tout ça. J'ai froid, je veux crever. J'ai envie de vomir, la vie me fait vomir.

Marius baissa les yeux sur ses bras scarifiés, il se souvenait encore de la violence de son chagrin. Quand il était rentré dans la masure, son monde s'était écroulé en tonnant, et il s'était précipité contre la fenêtre pour s'ouvrir le crâne. Ses mains tremblaient, le froid pénétrait son corps, et il espérait de toute son âme qu'un Inquisiteur vienne brusquement, peut-être Job. Il ne lutterait pas cette fois-ci, il se laisserait tuer.

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MessageSujet: Re: Levons un verre à l'ivresse ! [Pv : Sachou <3]   Lun 16 Avr - 21:31

Je n’pensais pas que Marius excellait autant en matière de tirades. Sans doute l’effet de l’alcool y est-il pour quelque chose. A chaque mot qui s’échappe de sa bouche, c’comme si il installait un trou béant entre lui et moi. J’le regarde, sans vraiment savoir quoi faire, quoi dire. Le « grand » terroriste s’est semble-t-il évaporé comme de l’eau infusée, et n’a laissé derrière lui que c’gamin faible et pleurnichard. Je soupire. Comment devrais-je m’y prendre pour aider un enfant ayant perdu d’vue le bon chemin ? Aaaah, j’suis vraiment impuissante, malgré ma force démesurée ! Ni nom, ni rang, ni argent, pas même un toit à moi pour partager. De quelle manière j’suis censée lui prêter main forte alors ? Une petite esclave inutile, un Objet sans valeur, voilà probablement l’étendu de tout c’qui me caractérise. Mais lui. Ce geignard ! Combien de temps compte-t-il rester là à s’lamenter comme une jouvencelle en deuil ? J’assimile l’étendue d’ses paroles, ce désespoir qui le consume comme une chenille dévorant une feuille, et peine à retenir l’irritation qui vient stimuler mes membres un à un, m’obligeant à me mordre la lèvre pour contenir le feu qui menace de sortir. Comment quelqu’un peut-il tomber aussi bas ?

Sans crier gare, j’attrape avec fureur sa frêle gorge, avant de l’plaquer au sol sur le dos et d’grimper sur lui à califourchon. Décidemment, mes violentes impulsions deviennent bien plus ingérables au fil du temps. A force d’être traitée comme un vulgaire toutou, les années usant, j’ai fini par mordre. Un peu à contre cœur, j’élève la voix.

- Pauv’ type ! Tu parles de mort, d’abandon, comme si t’étais l’gamin l’plus malheureux du monde ! T’as pas un nom, une cause à défendre ? Rien qu’ça, c’est pas déjà suffisant ? Mais qu’est-ce qu’tu croyais au juste ? Que ça s’rait d’la tarte ? Que tu crèverais D’Arken d’un coup d’manche à balais, et qu’tout le peuple chanterait la mort du méchant Haut-prêtre en t’jetant des fleurs ?! T’penses pas avoir déjà beaucoup reçu en ayant simplement eu l’choix d’être où tu es aujourd’hui, et d’avoir pu te battre pour tes idéaux ?! Evidemment qu’des gens sont morts ! Evidemment qu’Uriel vit encore ! On n’abat pas un ours à mains nues ! Et toi, tu dis vouloir mourir ?
Mon regard se fait plus dur, ma main relâche lentement sa prise. T’as raison, vas donc crever comme un lâche ! Et tout l’monde rira bien du nom du tout p’tit terroriste qui est v’nu chatouiller les pieds du Haut-prêtre, jusqu’au jour où on n’saura même plus qui est Marius De L’Ombrage. C’jour-là, compte pas sur moi pour défendre ton honneur : je hais les lâches.

Sur mes dernières paroles, j’me relève pour libérer enfin le corps du jeune homme. Tout en lui tournant l’dos, j’passe une main dans mes cheveux, pousse un énième soupir de lassitude, avant de mordre nerveusement dans l’pain que j’lui avais proposé un peu plus tôt. Je viens probablement d’plonger le pathétique et saoul Marius De L’Ombrage dans les tréfonds de son désarroi. Quelle idiote je fais… J’ose quand même un discret coup d’œil dans sa direction. Et s’il décide de s’donner la mort, comme il l’a énoncé à maintes reprises ? Je grimace. Eh bien, après tout, j’imagine que mettre fin à son existence est son droit le plus légitime… Et au moins, ce choix lui appartient. Aussi étrange qu’cela puisse paraitre, c’est une situation que j’trouve plutôt enviable.
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MessageSujet: Re: Levons un verre à l'ivresse ! [Pv : Sachou <3]   Mar 17 Avr - 14:01

Des mots. Et rien que des mots. Dans sa tête.

La voix de Sacha frappa son esprit, la dureté de ses paroles ne le blessa pourtant pas, elle lui faisait mal, mais pas plus mal que la douleur qu'il ressentait depuis des jours et des jours. Il s'était laissé faire, il n'avait pas protesté, et allongé sur les dalles de pierres froides, Marius la regarda. La colère animait sa jolie bouge, son visage était si expressif qu'il aurait trouvé adorable, s'il ne voyait pas le monde sous un voile si noir. Il respirait lentement, sans doute trop lentement ; parfois il fermait les yeux, savourant la cruauté de Sacha, comme il avait savouré l'alcool avant de venir ici. Son coude sur ses yeux, il murmurait de temps en temps, répétant ce qu'elle lui disait avec ardeur pour se faire lui-même plus de mal. Malheureusement, ça ne le touchait pas, malheureusement, la douleur qu'il avait était plus puissante que les mots de Sacha dans sa tête. Il décala son bras, voyant là le visage entouré de flamme de l'Esclave, il aurait aimé sentir ses mots comme une lame chauffée à blanc s'enfoncer dans son coeur, un à un, pour souffrir encore plus que maintenant. Et oublier. Oublier que Mist était mort. Oublier. Oublier qu'il n'était qu'un con. Quand Sacha se releva, et qu'elle se retourna pour mordre férocement dans le morceau de pain qu'elle lui avait tendu plus tôt, un rire de dément explosa dans toute la cathédrale.

Le rire frappa les pierres pour ricocher jusqu'à ses propres oreilles, un rire sans joie, rauque, et qui ressemblait à celui de la Mort venue ramper à la recherche de son propre humour. On pouvait percevoir à quel point c'était pénible pour lui de rire, car à chaque fois que sa poitrine se soulevait, Marius avait la sensation qu'on lui arrachait le coeur, et qu'on le serrait très fort pour le faire pleurer. Et au lieu de verser des larmes, il riait. C'était rare, quand il riait. Et quand ça arrivait, ce n'était jamais quand il avait envie de joie. Il peinait à respirer correctement, il cracha un peu, de la bave coula sur le coin de sa bouche, et il bougea pas trop. Le rire était mauvais, désagréable, musique sans forme qui se tordait dans le crâne de ceux qui écoutaient. Et comme le reste, le rire peu à peu, se transforma en douce mélodie, et s'estompa, un rideau tomba sur Marius. Un rideau que personne ne pouvait voir, mais qu'il sentit glisser sur son corps et sa figure, le rideau de peine l'engloba, et il gronda :

— Si j'étais lâche, je n'aurais pas provoqué une dernière fois ton Maître.

Marius prit une grande inspiration, et il soupira, sa poitrine était toujours douloureuse.

— Mon nom ? Je préférais qu'on l'oublie, comme le reste. Ce n'est pas de la lâcheté. J'ai tout perdu. Tout. Même mon envie de me battre. J'ai perdu ma volonté, il m'a volé ça aussi. Ce qui me reste ? Le chagrin. Mist me poussait à lutter pour notre cause, mort, elle est aussi partie.

Marius, mélancolique naturel en dépression, qu'il était incroyable ! Sacha ne devait pas se douter qu'elle avait en face de lui, le Renard, chef de l'ABC qui geignait comme un gosse devant la mort d'un ami. Marius De l'Ombrage n'était rien d'autre qu'un incroyable minable, incapable de se relever lui-même de ses conneries. Alysse parviendra à le bouger, par sa dévotion, et il va remonter la pente, sans doute. Cependant, Sacha avait raison, Marius le savait, mais il n'avait plus la force de bouger. Ce qu'il voulait ? C'était dormir sans se réveiller. Oublier. Oublier jusqu'à son nom, et sa lutte. L'oubli lui apporterait un calme intérieur, comme Alysse, il voulait ne plus être quelqu'un. Il désirait devenir personne. On effacerait « Marius », et à la place, on écrirait « Anonyme » sur sa tombe, on ne mettra pas de fleurs, et seuls les morbides viendront contempler son cadavre bouffé par des vers. Un sourire plana sur son triste visage, il eut un autre rire de fou, sans plaisir. Sa lèvre tressaillit, et il balança, comme ça :

— J'aurais dû suivre le conseil d'Étienne Heartsick, et me vendre sur le marcher de la prostitution... hahaha... j'ai vu qu'une seule fois une femme nue, à quoi bon ? Non... je sais, je vais vendre mes organes.

Pauvre fou sans rêve.

— Tu veux quoi de moi ? Mon foie ? Je bois pas tout l'temps, tu sais. Ouais, je vais te donner mon foie. Pas mon cerveau, il y a que de la merde dedans.

Sale con désespéré.

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MessageSujet: Re: Levons un verre à l'ivresse ! [Pv : Sachou <3]   Dim 6 Mai - 19:14

Tandis que j’avale d’une traite la dernière bouchée d’ma pitance, le dénommé Marius De L’Ombrage, alias, le Pitoyable Imbécile, explose d’un rire sonore qui s’répercute sur la pierre froide de l’immense salle. Je grimace. Ça n’a rien d’un rire de joie, du genre chaleureux qui éclot dans l’ivresse du bonheur, mais plutôt comme quelque chose de désagréable dont on souhaite qu’ça cesse rapidement. Et m’connaissant, j’envisage déjà plusieurs moyens d’y mettre un terme rapidement. Mais plutôt que d’me laisser en proie à cette soudaine nervosité intérieure, j’préfère m’asseoir en tailleur sur le dallage glacial, fermant les yeux, dos à l’ivrogne qui m’tient compagnie. Ou plus exactement, auquel J’tiens compagnie, trop préoccupée par les bêtises qu’il pourrait commettre. Bien qu’à c’niveau-là, il semble avoir déjà atteint un niveau considérable de connerie. Le désespoir, c’est un truc inventé par les dépressifs pour s’donner une raison d’plus de tomber dans l’gouffre de l’abandon, et moi, ça m’fout de l’urticaire. Surtout sortant d’la bouche d’un gamin à moitié saoul, ça devient chiant et ça donne envie d’le pousser dans des orties pour lui faire sentir un peu plus en profondeur toute l’envergure du « désespoir ». J’me gratte la tête, puis baille nonchalamment, tandis qu’il reprend son Ôôôôôh-combien intéressante tirade. « Mist est mort », patati patata, « je vais mourir », tralala, « à quoi bon vivre, pourquoi ? », ect. Ça devient lassant, qu’on m’pardonne, j’suis cruelle et tout et tout, et puis j’suis sans cœur, oh la la, et pourtant, ça m’saoule. J’ai envie d’me poignarder devant de tels discours répétitifs. C’pas bon pour mon moral, ce genre de comportement maniaco-dépressif, et ça m’sape toute mon énergie que j’déploie en temps normal pour voler la bouffe de la cuisine.

Et voilà, j’ai même plus faim. D’un côté les trucs que j’m’empiffre depuis tout à l’heure y sont p’t’être pas pour rien, mais dans l’principe, c’est pareil. J’commence à penser qu’il est sans doute plus instructif de compter mes orteils que d’écouter les geignements d’un homme au bord du suicide. Et Ombre quelles paroles pleines de sens ! Voilà qu’il se lance sur l’sujet de la prostitution. Bien sûr Marius, de mieux en mieux, tu vas y arriver, à paraitre encore plus pitoyable que tu n’l’es déjà ! Tu es sur la bonne voie, continues donc ! Mon corps pousse un soupir imperceptible, mes yeux roulent dans leur orbite, tandis qu’mon « interlocuteur » tombe mot par mot un peu plus loin dans l’grotesque. J’me retiens presque de rire quand il me propose un généreux don d’organe. J’décroche un rictus de dégoût, m’abstenant de répondre quoi qu’ce soit. Un silence religieux s’installe entre nous, belle illustration du lieu où nous nous trouvons, on peut même entendre la brise nocturne s’engouffrer dans la gigantesque bâtisse de pierre, et j’attends. J’réfléchis au meilleur moyen de réagir devant des propos aussi frustrants. Le tuer d’un coup sec dans la nuque ? Mauvaise idée. J’laisse échapper un long, long et profond soupir, qui vient ébranler le silence de mort qui plane. J’me relève, époussète un peu mes vêtements, passe mes doigts dans ma chevelure pour la remettre en ordre, et m’retourne distraitement vers le jeune homme. Quand j’vois sa tête, j’ai une réaction tout à fait banale : j’fronce les sourcils, à m’en décrocher la peau du crâne, et le toise, comme si j’m’apprêtais à shooter sur son corps maigrichon –parle pour toi- avec toute la forme contenue dans mes jambes.

- Ton foie, hein… ? crachais-je entre mes dents.

Au lieu d’ça, j’attrape sa chevelure en bataille, et commence à l’tirer derrière moi sans une once de compassion, vers la grande porte d’entrée. La lune est encore haute, et personne n’semble se fondre parmi les ombres.

- Ouais, t’as raison. J’tape la discussion tout en marchant. Passe-moi ton foie, j’pourrai p’t’être le manger en gratin. Ou alors, le faire revenir avec des p’tits oignons. Puis on mangera tout ça autour d’un grand repas avec Uriel… t’en penses quoi ?
Arrivée sur le pas d’la porte, j’le pousse dans les petits escaliers, à l’extérieur de la cathédrale. Maintenant, dégage. Adieu, Monsieur l’Minable, à force de t’parler j’ai peur d’attraper la Pitoyablose. Bon vent !

Sur ces derniers mots, je disparais dans l’ombre de la grande bâtisse. J’préfère vérifier qu’il s’en aille vraiment, avant de regagner ma chambre. Au final, j’espère bien lui sauver la vie de cette manière. Par chance, personne ne nous est tombé dessus. Adieu, Marius.
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MessageSujet: Re: Levons un verre à l'ivresse ! [Pv : Sachou <3]   Mer 9 Mai - 9:14

Sacha n'y allait pas de main morte, on pouvait même dire qu'elle y allait d'une main féroce ; Marius émit un gémissement plaintif, quand elle le prit une nouvelle fois par les cheveux. À chaque fois, il s'étonnait qu'une jeune fille aussi frêle puisse posséder autant de force, et lui faire autant de mal que Raseriknulla pourrait lui faire, s'il le lui demandait. Il posa ses doigts sur son crâne brûlant de douleur, et tenta à peine de se débattre. À quoi bon après tout ?

L'Objet pourrait lui briser les os, si jamais l'idée de faire un bras de fer avec elle lui traversait l'esprit. Elle lui faisait mal, vraiment, mais Marius était dans un tel état que l'indifférence revenait souvent, comme si la douleur n'était rien, comparé à celle qui lui dévorait les tripes. Le chagrin avait pris ses rêves, il pourrissait son âme, et répandait autour de lui la douce odeur âcre du désespoir. Il l'avait transformé en squelette, lui qui n'était déjà pas bien gros, la peine l'avait décharné. Lui avait rongé les os pour n'en faire que des morceaux de tiges blanches qui sous sa peau, paraissaient bouger par volonté. La tristesse l'avait putréfié, n’empoisonner avec une rare violence qu'il ne restait plus rien de lui. Hormis un fantôme, âme errante, âme sans espoir, qui ne voulait que mourir. Faire cesser la douleur.

Sacha le tira à l'extérieur de la bâtisse, leurs ombres se mouvaient sur les dalles de pierres, créant des formes qui ne leur ressemblaient pas, et se mélangeaient au rythme du pas de la rousse. Leur pas était une musique qui n'avait rien de morbide en ce lieu sinistre, car celui de Sacha était encore trop animé pour se faire passer pour celui d'un mort, Marius était trop silencieux de nature pour qu'on puisse être alerté par sa présence. Après tout, son destin avait été d'être inquisiteur, et jamais il n'aurait dû posséder ses propres opinions, et avoir assez de valeur pour désirer que le peuple connaisse une vie meilleure. Sacha le jeta dehors, avec ses bras délicats, mais avec la brutalité d'un monstre.

Marius s'écroula la tête la première dans les escaliers, son épaule heurta les marches, et une pointe de douleur le fit sourire, c'était drôle. Il ne se releva pas tout de suite, les yeux fixés sur l'étendue noire qui au-dessus de leur tête, régnait quoiqu'il puisse arriver. Ce n'était pas les sombres ténèbres inquiétantes, ces femmes obscures qui drapé dans de longues robes venaient et allaient pour saisir les peurs des hommes, non. C'était la nuit, la grâce nuit d'hiver qui pénétrait la peau du jeune homme de sa froideur, et qui d'une certaine manière, le rassurait. La voix de la jeune fille frappa ses oreilles, ses mots, il les perçut, et son sourire de fou s'agrandit. Il lança, enjoué par ce qu'elle lui proposait :


— Alors, attends-moi ! Je reviendrai, après avoir trouvé le moyen de m'arracher le foie, et je te le donnerai, t'as de bonnes idées... tu sais ?

Marius avait le sérieux de l'ivrogne, et il se releva non sans quelques difficultés. Il tanguait comme un radeau qui soumit aux caprices de la mer, ne savait pas où il allait. Il croisa les bras, mais Sacha avait déjà disparu dans le ventre de la cathédrale. Il fit une mine boudeuse, grogna, et poussa un soupir pour finalement reprendre son chemin. Il salua alors l'édifice, ironiquement, et tendit les bras pour avancer en équilibre sur un fil imaginaire. Toutefois, bientôt, ses pieds se mélangèrent, et il chuta encore et encore sur le pavés rigide de la capitale. Il tourna sur le dos, lassé par ses propres excès d'originalité, et il toucha son ventre.

Ses doigts cherchèrent de suite la blessure qu'il n'avait eue de cesse de se rouvrir, celle qu'il s'était faîte lors d'un combat contre un Inquisiteur. Il l'avait rouvert au Parc des Lumières, il y avait combien de temps, déjà ? Il ne se souvenait plus. Il y avait eu aussi cette fois-ci, où il avait tenté de tuer Uriel, et enfin quand Mist mort, il avait voulu trouver divers moyens de mettre fin à ses jours. Peut-être que cette fois-ci serait la bonne ? Surtout qu'il venait de promettre à Sacha de lui offrir son foie. Néanmoins, en attendant, il était crevé. Il avait froid, il tremblait, mais ce n'était pas grave, il voulait dormir. Il se recroquevilla sur lui-même, les genoux contre sa poitrine, et le bras sous sa tête, Marius ferma les yeux. Il s'endormit là, comme si de rien n'était, en pleine rue, un soir de pleine lune
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Levons un verre à l'ivresse ! [Pv : Sachou <3]

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