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 Rencontre au tournant -Défi3

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♦ Fiche : La biographie est une prison. Prison des dates, des faits, des fiches. Le roman, c'est la liberté.
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MessageSujet: Rencontre au tournant -Défi3   Sam 5 Juin - 12:02

Spoiler:
 

Ishtar, la capitale resplendissante de l'Empire. Ishtar la Magnifique, à la pointe du progrès et des arts. Ishtar la Puissante, siège des sénateurs et du palais de l'Empereur. Ishtar était tout cela et cela était bien peu. Ishtar, royaume des vols et des larcins. Ishtar capitale de la dangerosité. Ishtar l'Insalubre, Ishtar la Mystérieuse, Ishtar la Dangereuse.

Les beaux quartiers offraient une profusion de beauté et de confort. Ici, les pavés des rues disparaissaient peu à peu. Au début, volés pour réparer un coin de mur, empêcher une fuite d'une maison délabrée. Ensuite, ils étaient utilisés pour construire des cabanes de pierre qui s'écroulaient, emmurant leurs habitants, les écrasant au moindre tremblement provenant des usines. Le ciel était à la pluie mais les fumées noires et âcres que rejetaient les cheminées des hauts fourneaux faisaient croire que le temps était à l'orage.

Heinrich avançait parmi une horde de gamins en haillons ayant préféré la dangereuse vie des rues à la dure tâche de l'usine. De toute façon, tous avaient le même impératif : survivre, certains mourraient à plus petit feu que les autres, terrassés par la maladie, en crachant leur poumons rongés lentement par les hauts-fourneaux. Ils mourraient dans la douleur des revers du progrès. Les autres mourraient en prison, d'un coup de couteau dans une rixe ou plus simplement de faim.

A sa droite, une foule de moineaux humains le dépassèrent en courant, suivait un boulanger qui essayerait de récupérer ses biens sans succès. Déjà, les gamins s'étaient dispersés, qui dans une ruelle sombre, qui par un soupirail menant à une maison abandonnées, qui derrière un tas d'ordures poisseuses et puantes. Ces gamins pourraient alors survivre un jour de plus, faire taire leur ventre qui grognait et repousser pour quelques heures la misère qui leur rongeait les os.

Le vent changea de direction amenant au passage des odeurs nauséabondes et des hurlements de douleur. Heinrich s'arrêta net, plantant ses bottes dans la boue qui le dévorerait jusqu'aux chevilles. Inquiet, il serra la main sur un petit poignard qu'il avait à la ceinture. Ces bidonvilles construits à la va-vite, suivant le progrès dans toute sa misère, effrayaient la police honnête. Les quelques uniformes que l'on pouvait apercevoir de temps à autres étaient corrompus jusqu'à la moelle ajoutant au danger des lieux.

"Ces cris, ils font peur, non ?"

Heinrich sursauta, manquant de glisser dans la boue. Puis se tourna vers l'origine de ce bruit. Un vieillard aux cheveux et à la barbe qu'on devinait blanche sous une couche de suie grisâtre. Son ricanement laissait entrapercevoir un sourire édenté par le scorbut. Il était assis au sol sur quelques planches d'un bois qui le protégeaient à peine de l'humidité du sol. Ses vêtements étaient rapiécés de toute part et disposaient pourtant plus de trous que de tissu. Non loin était assis un chien miteux couvert de puces et de poux et dont le regard vous fixait d'un œil crevé.

"Ils viennent de l'usine, non ?
demanda le peintre
-Oooooh, ne vous trompez pas, mon seigneur. Les accidents là-bas sont fréquents. Comme pour moi." Il montra du menton, le moignon de son bras droit puis, après avoir craché non loin un jet de salive rougeâtre, il reprit : "Non ! Ces cris là, ce ne sont pas des accidents. Ici, il y a des enfants qui disparaissent. Des femmes qui ne reviennent pas. Des blessés qui ne sont pas soignés dans les hôpitaux.
-Qu'est-ce qu'ils deviennent ces disparus ?
-Qui sait, mon bon seigneur, qui sait ? Mais depuis ce temps là, le zéphyr nous apportent leurs cris..."

Le vieillard termina sur un ricanement affreux. Heinrich lui jeta rapidement une pièce avant de s'éloigner d'un pas nettement plus rapide. Aussi rapide que la boue le lui permettait. De chacun de ses pas émanait un bruit de succion horrible qui couvrait le couinement des rats. "Gare dessous" Il s'arrêta net, un flot d'ordures s'abattit à l'endroit où il aurait dû être. Au dessus de lui, la femme qui avait jeté ses déchets referma tranquillement la fenêtre. Il reprit sa marche, faisant soigneusement le tour de restes de repas, de la merde de la grand-mère ou du petit dernier et des arrêtes de poissons qui émergeait du lot.


L'odeur lui avait tant soulevé le cœur qu'il avait vidé son estomac dans un ruelle peu après. Là, loin de l'agitation de cette grande artère pour ce taudis anarchique, la menace était plus palpable. ll se redressa et continua pourtant son chemin. Au milieu des relents de bière et de pisse, il refusa les offres des putes rongées par la vérole. Il déboucha sur une petite cour presque déserte entourant un puits avec une margelle vacillante. Il se trouvait là où il voulait venir mais il n'avait plus vraiment l'impression qu'il retrouvait la maison dans laquelle il voulait entrer. Il détailla du regard les volets aux persiennes cassées, la peinture écaillée, la statue rouillée, les signes qui trahissaient le fait qu'il se trouvait dans un ancien hameau propret rattrapé par la misère des faubourgs de la capitale.

Soudain, une cavalcade derrière lui. Il se retourna promptement, le poignard déjà sorti, prêt à frapper. Un homme venait en faisant d'étrange bonds. Il fuyait des cris. On lui sommait d'arrêter. Alors qu'il s'approchait, le peintre intrigué baissait son arme. A peine à trois pas de lui, l'homme glissa en retombant. Il se rattrapa de justesse à la cape d'Heinrich. Il releva la tête, des grandes oreilles de lapin retombèrent en arrière. Un hybride ? Heinrich regarda autour de lui, un peu affolé, il voyait les ombres venir sur le mur. Un mot parvint à son oreille. Il baissa les yeux.

"Quoi ? Qu'est-ce que tu as dit ?"


Les lèvres bougeaient, les mots se distinguaient à peine l'un de l'autre. Beaucoup disparaissaient dans la pluie qui tombait. A peine avait-il fini qu'il sauta en un bond et vint se cacher derrière le peintre.

"Redonnez-le nous !" sommèrent deux hommes aussi encapuchonnés. Des reflets malveillants provenaient de sous leurs capes
"Okay, okay, pas de problème, je n'y suis pour rien, je ne le connais pas, ce ne sont pas mes affaires." répondit-il en tendant les mains devant lui
"Rattrape le !"

Heinrich tourna la tête devant ce hurlement. L'hybride avait sauté de côté et fuit un peu plus. Sans réfléchir, le peintre détala à sa suite.
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MessageSujet: Re: Rencontre au tournant -Défi3   Ven 15 Oct - 15:54

Je détestais venir dans ce trou. Quartier des avancées, mon cul ouais. Quartier de la merde ambulante et des tarés. Tu venais ici, tu pouvais tout voir. Des fous qui parlaient tout seul en marchant dans la rue. Des manchots, des cul de jattes qui e déplacent grâce à leur bras. Et même dans les bas fond, mes putes valent mieux qu’ici. Dans ce trou elle sont pourries par les maladies. Je lèvent les yeux au ciel, la fumée des usines l’embrume comme le poumon moisi d’un fumeur. A propos de ça, la clope que j’ai au bec est entrain de se dissoudre littéralement dans ma bouche. Je tire dessus comme un furieux. Je suis stressé aujourd’hui putain. Ici je suis pas dans les bas fond. Je suis pas dans MON putain de quartier, et ici. Mon nom a des chances d’être moins connu. Donc c’est un sacré coupe gorge pour un gars dans mon genre. Comme d’hab’, sapé classe. Tellement classe que je ferais frémir la chatte d’une bourgeoise. Mes cheveux plaqués en arrières, mes clopes de marque. Et pire que tout, je transporte une sacré bourse bien pleine dans ma poche. Et je peux vous dire que si je suis venu ici c’est pas pour le plaisir de voir des sales usines de merde cracher leur saloperies au dessus de ma gueule. Ou encore pour entendre le crie des malades mentaux comme physiques qui vivent dans ces putain d’hôpitaux. Non… Je dois voir quelqu’un, une vieille connaissance.
Je me suis arrêté en plein milieu d’une rue sale, les ordures se battent l’espace en duel aux rats et aux chats. Des baraques délabrées m’entoure. Elles sont à profusion ici, presque toute abandonnées, ou utilisés par les squatteur pour se droguer
tranquillement.

J’avance de quelque pas, mes chaussures à talonnettes résonnant sur le sol du quartier en apparence abandonné. Puis je m’arrête à nouveau, le regard posé sur une énorme cheminée qui s’élève dans l’horizon. Sur le coup je pense à une bite, je me dit qu’en rentrant faudra que je tire mon coup, je hais cet endroit gangrené par la merde. Les bas fond, mon domaine, c’est pas du jolie. Mais au moins sa transpire pas le désespoir comme ici. J’ai finis ma clope, je la jette d’un mouvement de doigt plus loin. Les mains nonchalamment misent dans les poches j’allait avancer quand un mouvement sur ma droite attire mon attention. Je tourne le visage à l’endroit ou j’ai jeté le mégot de clope. C’est un mur détruit, le mégot a atterrit derrière, mais, un type, à ce que je vois, se tortille derrière le mur. Je l’observe, il se relève, me présentant sa gueule décharné. Des cheveux sales, gras et long descendant jusqu’aux côtes. Un visage tellement émacié que je pourrais m’en servir comme limande. Des yeux sombre, enfoncés dans les orbites dont l’impression de creux est accentué par des cernes énormes. Son nez a du être pété plusieurs fois, car il est étrangement tordu. Il me sourit, un sourire édenté. Entre ses lèvres fines et blanches, il a calé le mégot de ma cigarette. Il est d’une maigreur épouvantable, ses habits en lambeaux laissent entrevoir un corps décharné, rongé par la folie et le manque de nourriture. Ses manches relevées laissent apparaître des bras couvert de bleus. Ce mec est un camé, il se pique ou il peut maintenant, mais certainement plus dans les bras. Il me sourit, me montrant le mégot de clope de ses doigts squelettiques. D’une voix éraillé et semblable à celle d’un fantôme, il me sort:

 « Merci pour la clope vieux. »
 « Pas de quoi fils de pute. »

Ma phrase à l’air de le paralyser. Puis son regard prend un aspect sévère. Il s’assoit et s’adosse contre son bout de mur, en marmonnant que les enculés comme moi sa devrait aller crever chez les riches etc etc… J’ai envie d’achever les milles souffrances de son existence humaine puérile car, je suis pas un putain d‘aristocrate, d’une. Puis les mecs comme lui, ça me fait pas pitié, ou de la peine ou quoi que se soit de ce genre de conneries humaniste à deux balles. Mais je me demande comment cette terre est en droit d’accueillir de tels déchets. Mais je ne dit plus rien, et je continue mon chemin pour arriver à destination. Une espèce de petite cabane sur le borde de cette misérable rue partiellement pavé. Une cabane construite en bout de tôles, de bois, de pavés brisés. Ici vit Pete. Et Pete m’avait vendu sa fille il y a longtemps. Sa fille c’était Sarah, et Sarah c’était une de mes fiertés. Une de mes putes de luxe qui rapporte le plus de pognon à la boîte. Je l’avais repéré alors qu’elle avait 14ans, déjà magnifique à l’époque. Mais, les gonzesses je ne m’autorise à les faires travailler qu’à partir de 18ans, quand elles ont l’âge. Les types qui veulent se taper des gamines ils peuvent aller dans des lieux encore plus sordide que ma maison close, pas mon problème. Mais, Sarah voulait qu’une part de ses revenus reviennent à ses parents. Et j’étais chargé de les amener en personne, elle faisait confiance à personne Sarah. Je l’avais sortie de son trou à merde, et bon dieu de bon dieu. Les pipes de Sarah c’était la jouissance incarné dans une langue et une bouche pulpeuse. Puis bon, Pete je l’aimais bien ce vieux bougre, avec sa femme Betie. C’était un bon gars, qui avait atterrit dans ses rues sans vraiment le vouloir, comme la plupart d’ailleurs. En tout cas, il avait une réserve de whisky extraordinaire que j’adorais, je lui achetais quelques bouteilles de temps à autre d’ailleurs.
Je m’avance vers sa cabane. Pete est dehors, entrain de réparer un bout de tôle percé apparemment. Il me voit arriver et lève sa carcasse de soixante ans. Gros, barbu, un chapeau en paille toujours vissé sur le crâne. Pete est un espèce de paysan perdu dans la ville avec sa salopette bleu et ses bottes de fermier. Je lui tend une bourse pleine à craquer de pièces sonnantes et trébuchantes. La part des revenus de Sarah qui revient à ses parents. Elle a bien travaillé ce mois-ci, je peut vous le dire.

 « Comment qu‘y va le vieux Pete?! »
 « Quand je te vois arriver avec un tel paquet de bifton mon vieux, sa va tellement bien que ça me fout la trique! Whisky? »
 « Comme d‘hab Pete, comme d‘hab… »

Il part de sa démarche chaloupée vers sa cabane et ressort avec deux verres sales et une bouteille pleine. Il fait le con, me tend la bouteille me présentant l’étiquette comme chez les riches, puis nous sert de bon verre bien plein de whisky sec! Comme ça que ça se boit!

 « Santé mon vieux! »
 « Santé mon salop! »

Je me met à son niveau. Parle comme lui, comme un gars des bas fond. Toujours s’adapter aux gens, leurs plairent, la règle de mon père. On se boit le whisky en silence, puis j’entame à nouveau la discussion.

 « Comment qu’elle va la vie par ici Pete? »
 « Arf, comme d’hab’… Mais c’est bizarre. En ce moment, j’entend de plus en plus de cris venant d’ses bon dieux d’hôpitaux. Putain mon gars, sa fout une pétoche monstre ça! » 

Comme pour faire disparaître la peur, il boit une nouvelle bonne gorgée qu’il fait passer en serrant les dents. Moi je bois et je l’écoute. Mais, il tend la main vers la gauche de sa cabane, ou une autre cabane comme la sienne trône aussi délabré et mal foutu que la sienne.

 « Pas plus tard que la semaine dernière non d‘une pipe! Tu te souviens de nos voisins, les Marjauts, t‘avais même bus le whisky avec le père, il voulait te vendre sa fille. »
 « Ah ouais, sa fille. Putain ouais j’me souviens. L’espèce de thon sur pattes. » 
 « Ouais! AH AH! C‘est ça. Ben figure toi. J‘étais dans la cabane, pépère avec ma Betie chérie. Puis, putain on entend du bruit du côté de leur baraque. On regard par notre petite fenêtre, et on voit des types les amener dans le noir. Des types, oulah, à l‘allure pas charmante, du genre qui aime pas discuter. Des grandes capuches, des allures de fantômes. Bordel on a eu les ch‘tons. Alors on a pas ramené notre fraise dans l‘histoire. Mais ça fait une semaine qu‘on les a pas vus putain! »
 « Ouais… » 

Je finis mon verre de whisky, son histoire carrément étrange. Je me demande si c’est pas un délire de vieillard. Mais bon…

 « Et Betie au fait? Comme qu‘elle va ta bourgeoise? »
 « Ben écoute elle fait aller. Bah la pauvre elle a mal aux jambes. Tu veux la voir, elle est dans la cabane. »

J’acquiesce. Je le suis jusqu’à la cabane. Mais putain, avant d’entrer, une odeur pestilentielle m’attaque le nez. Une envie de vomir soudaine me prend, mais je la contiens. Pas envie de vexer ce pauvre Pete qui vit dans ce trou. Mais en rentrant, je comprend mieux d’où viens l’odeur. Sur un rock’ in chair, le cadavre en décomposition purulent de Betie, se tient bien allonger. La bouche ouverte et figé à jamais dans une expression horrifique, c’est la chose qui me frappe le plus. Je regarde la scène, dégoûté. Pete embrasse le visage en décomposition.

 « Regarde ma poulette. Monsieur Nier et passé nous voir. Viens faire la bise à ma femme Demirel! » 
 « Non Pete, je dois y aller. »
 « Boarf, si tu le dit. Ooooh, ma petite poulette, tu sais que j‘ai toujours aimé cette robe. Tu m‘excite sacrément comme ça… Ooouh putain je… »

Je me barre de la cabane et le laisse dans ces élucubrations perverses. En sortant j’entend le bruit de sa braguette qu’il ouvre. Anéanti par la mort de sa femme, il n’en accepte même pas la mort. Je prend à plein poumon l’air pollué et vicié des lieux. De ma main tremblante je choppe et une clope et je l’allume. Je tire plusieurs fois dessus, relâchant la fumée blanche qui ira rejoindre la fumée noir.

 « Putain de quartier de fous… »

Maintenant je ferais semblant d’aller donner l’argent à ces parents, je le garderais pour moi, ça me fera plus de fric. Mais, des bruits de pas me font retourner. Sa gueule, sa hurle même. Un type avec des oreilles de lapin court comme un dératé. Suivit d’un autre gars et encore après de deux types encapuchonnées. Putain! Ce vieux était pas complètement fou. Je recule, mais le gars aux oreilles de lapins me saute dessus en déblatérant un tas de conneries.

 « Vite! VITE! Expériences, HORRIBLE!! SOUFFRANCES!! »
 « ENCULEEEE!!! »

Je le repousse, le choppe par le col et sort un couteau que je pose sous sa gorge.

 « Tu sais qui je suis moi. TU SAIS QUI JE SUIS ENCULE D‘HYBRIDE DE MES DEUX!!?? »

L’un des gars encapuchonné me saute dessus. Je lui met un énorme coup de coude dans le nez, une gerbe de sang éclate sur mon habit. Mais le deuxième type m’arrive déjà dessus. L’hybride lui, recule lentement sur le sol, pour s’échapper.
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MessageSujet: Re: Rencontre au tournant -Défi3   Sam 16 Oct - 11:26

[HJ / J'ai considéré ce topic comme commencé après l'event - c'est quelque part le cas - pour justifier la présence de Zélig. Vous pardonnez le ton "emo kitty est trop triste dans la neige", c'est en raccord avec l'event aussi.]

C'est finit.

Je me sens comme un petit animal à qui on aurait appris à faire des tours rigolos, et qui d'un coup se retrouve à la rue sans son dresseur. Où est passée la magie ? On ne m'a pas dit, ou je suis trop con pour comprendre, je sais pas. Je suis pas le seule petit animal en tous cas, la plupart des prêtres ne savent plus rien faire. Il m'en reste, moi, j'arrive encore à briser des trucs à distance, formidable.
Mon sort ? Quel sort ? Il s'est fait avalé dans les limbes ! J'ai égorgé un homme, pris son sang mais... il ne s'est rien passé. L'instant où tout s'emballe ne s'est pas produit et je me suis bêtement retrouvé avec du sang sur les mains sans même savoir quoi en foutre. Mon cerveau est compressé par du plombs qui pèse bien lourd, depuis plusieurs jours.

Ça s'est passé tellement vite, un beau jour, plus rien ne marchait. La seule chose que je savais faire bon sang ! Tu imagines ? Non tu imagines pas, tu n'es pas rentré en noviciat à cinq ans, t'as pas découvert une technique unique, personnelle, de l'ombre à vingt cinq ans, ça fait pas six ans que tu bosses dessus, non, toi t'es un connard avec encore de l'ambition, des occupations, des loisirs. Moi j'ai pas tout ça, j'ai pas madame qui m'attend à la maison, j'ai même pas de maison. J'ai pas de parents non plus chez qui aller pleurer (j'suis pas rentré en noviciat à cinq ans pour rien), et j'ai peur qu'on me foute à la porte, vu que je sais plus faire mes petits tours rigolos.

Bon, évidemment, comme j'étais totalement désœuvré au boulot, je suis allé voir ma fille. Et je vous dois la vérité, malgré l'immense amour que je lui porte et tout ça. Je sais – quelque part dans un coin de ma tête – que je suis le roi des cons, complètement gaga sur ce sujet là et que je manque profondément d'objectivité, mais qu'elle est trop bien quand même, et je l'aime très fort fort et tout ça, mais au bout d'un moment il faut avoir les yeux en face des trous et dire les choses telles qu'elles sont :
Elle m'a surcassé les couilles.
C'était à la fois subtil et efficace, déprimée ou j'sais pas quoi, elle m'a lancé des trucs à la gueule et m'a même frappé (enfin si ça peut te rassurer, une fillette de cinq ans, ça laisse pas trop de bleu, merci) et à la fin j'étais tellement lessivé et stressé que j'me suis couché avec un mal de ventre post-apocalyptique. J'étais fatigué et j'en avais marre.

Heureusement que l'Eglise est là pour nous sauver ! Outre le fait de ne pas nous fournir d'explication (même Uriel se serait cralé comme un con, et on sait pas pourquoi), elle nous fournit bien aimablement de l'occupation, à nous pauvres prêtres qui ne savons plus faire ce pour quoi nous sommes payés – enfin payés j'le suis pas tellement, une histoire de dette par rapport à « l'éducation » qui m'a été fournit, j'ai pas très bien compris. J'te le donne en mille : chasser de l'hérétique. Enfin pour ceux encore en forme (genre moi quoi, admire cette musculature), pas trop décatit, voir même qui ont encore une maitrise raisonnable de leurs pouvoirs. 'tain, j'ai jamais fait ça moi. En plus on m'a foutu un capuchon sur la tête pour faire mystérieux ou j'sais pas quoi, j'me suis pris un lampadaire en pleine gueule parce que ça tombe sur les yeux, cette merde.

On (oui, y a un connard avec moi) devait apparemment réduire au silence un clodo hybride qui gueulait au complot dans le quartier des avancés. Bon, j't'épargne la description du quartier, t'arrive bien à te visualiser tout seul (surtout qu'avec le capuchon, j'en ai eu qu'un compte-rendu sonore). Faut aussi avouer à la décharge de mes supérieur qu'un prêtre avec un capuchon sur la gueule, on le fait pas trop chier. Y a juste une pute qui m'a collé à un moment, mais moi les putes ça me bloque (je peux pas m'empêcher de penser « bonjour maman ») alors je l'ai envoyé péter, en plus j'ai pas envie de choper la chaude-pisse alors bon.

On a trouvé le clodo, on s'est mis à lui courir après et... oh ! La Tarlouze était avec ! Dans mon cerveau atrophié, une brève théorie sur la possibilité que ce soit lui aussi un hérétique a émergé, avant de disparaître dans les limbes (ouais les idées hein, tu sais ce que c'est, ça se casse vite la gueule). On s'est mis à courir après l'hybride, qui s'est mangé un autre gars, mais j'l'ai pas très bien vu parce que j'étais trop occupé à regarder où je mettais les pieds en courant et...

Marron dans la gueule.

Et ouais.

J'lui ai foncé dedans, et il m'a explosé la bouche en faisant ricochet sur le nez. On peut pas dire, y a une certaine maitrise là dedans, il m'a bien démonté la gueule. J'suis parti en arrière (selon des principes de physique chelou qui font qu'un connard lancé à courir à pleine vitesse et qui se prend un coude dans la gueule va forcément s'écrouler sur le sol comme un paquet de merde) et j'ai porté mes mains à mon visage en hurlant. D'un bref coup d'œil, j'ai vu mon cher collègue faire du rétro-pédalage et j'ai juste eu le temps de voir son cul et ses coudes s'agiter avant qu'il tourne dans un coin de rue. Bon, à sa décharge, normalement, aucun pékin oserait frapper un représentant de l'Eglise, normal que ça déstabilise. J'suis moi même très surpris, voir même indigné. Depuis que j'ai des poils aux couilles, personne a jamais porté la main sur moi (bon... si... mais pas dans le contexte tu vois). Je roule sur le coté pour me relever en vitesse, histoire qu'un coup de pied dans l'estomac viennent pas parfaire l'œuvre, et je fais un rapide geste de la main, les ombres se rassemblent. L'hybride clodo tombe, la tête séparée du corps. J'ai mal maitrisé mon coup (je pensais juste l'égorger tu vois), mais le principe reste le même, j'ai rempli ma mission. Je remets mes deux mains sur mon visage, qui pisse le sang, parce que j'ai l'impression qu'un cheval m'a piétiné la gueule et que la zone comprise entre mes yeux et mon cou, c'est de la purée de figue. Je crache une dent (ça ferait plaisir à un pauvre), puis je baisse mon capuchon, histoire de voir. Mes dreadlocks me tombent allègrement dans le dos.

- PUTAIN ! Je parle du nez, ça casse un peu le ressort dramatique. Et le fait que ça part dans les aigus à la fin à cause de la douleur aussi, faut bien le dire. QU'EST CE QUE VOUS FOUTEZ LA, TAS DE TROUS DU CUL ? VOUS REPONDEZ, ET LE PREBIER QUI BE FAIT UNE COUILLE, IL FINIT COBE L'AUTRE BERDE D'HYBRIDE !

J'ose même pas envisager qu'ils fassent pas tout comme je dis, j'suis un mec de l'église bordel, même si mon collègue s'est chié dessus de trouille.
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MessageSujet: Re: Rencontre au tournant -Défi3   Sam 16 Oct - 14:45

Courir. Souffle. Court, le souffle. L'air vicié brûle dans les poumons. Mais il faut courir encore. Et continuer à courir. Pourquoi ? Les paysages passent sur le côté de ses yeux. Les murs branlants, les murs lézardés disparaissent. Un clochard par terre, sauter. Se réceptionner. Ne pas glisser. Ne pas tomber et continuer à courir. Le danger est derrière. Derrière, deux hommes mystérieux. Leur cape sombre leur sert d'aura dangereuse. Mieux vaut ne pas tomber entre leurs mains.

Le peintre n'en avait entendu que peu. Mais ce peu là était dangereux. Il avait compris qu'il ne fallait pas se faire prendre. Et dans ce quartier sordide, tout frère de gouverneur ou peintre renommé qu'il soit, il ne vaudrait pas grand choses face à ces deux brutes épaisses. Courir donc. Courir dans cette boue. Il n'avait rien demandé et il avait horreur de courir. Courir. Encore. Une activité pour les gueux et les paysans. Se faire éclater les poumons à essayer de rattraper l'hybride. D'une part pour semer ses poursuivants, d'autre part pour lui casser la figure et enfin pour apprendre le reste de ce qu'il avait à dire. Puisque maintenant, il était dans ce pétrin, il aurait bien voulu en savoir plus. Mais il n'avait pas l'habitude. Il perdait le lapin de distance et de vue. Ce dernier tourna à la fin d'une ruelle. Les lieux devenaient plus sombres et étouffants. A moins que ce ne fut que parce que le souffle lui manquait. Ou que cela ne changeait rien par rapport à ce qu'il se passait depuis ces derniers jours.

Le peintre dérapa une dernière fois, se rattrapa de justesse en s'accrochant au mur. Une plaque de plâtre lui resta dans la main. Les pas se rapprochaient. Il n'avait aucune envie de savoir où ils étaient, il reprit sa course. Ou presque. Désormais, devant lui, le lapin humanoïde ne touchait plus le sol. Il ne voyait que le sombre éclat d'un couteau contre sa gorge. Un guet-apens ! Il était tombé comme un bleu dans un fichu guet-apens ! Deux derrière, un devant. Le lapin ne pouvait pas vraiment lever la main sur un libre. Il était seul contre trois. Autant les avoir tous du même côté. Heinrich avança plus avant dans ce carrefour regorgeant de coins sombres.

Miracle, il avait toujours sa dague à la main. Miracle, elle ne lui servirait probablement pas à se sortir de lui en entier. Déjà les autres arrivaient. Il était temps de se souvenir de son éducation. Il se promit de s'y remettre un peu s'il s'en sortait convenablement. Il recula encore un peu. Les deux capuches se dirigèrent vers l'hybride et le troisième type. Heinrich les voyaient de dos. Il y eut quelques mouvements qu'il ne comprit pas, qu'il ne vit pas -forcément son champ de vision était caché par les capes. Mais il haussa un sourcil déconcerté lorsqu'il vit un des deux types mystérieux tomber à terre, le deuxième s'enfuir la queue entre les pattes.

Ce qu'il vit ensuite était confus. Les ombres se solidifièrent, grossirent un instant avant de se lancer sur l'hybride. La décollation fut maîtrisé de main de maître. Et la tête roula par terre, évidemment, jusqu'aux pieds du peintre. Ce dernier avait suivi la trajectoire des yeux. La tête s'arrêta contre ses pieds. Strike ! Il avait le droit de s'évanouir ? Il recula de quelques pas chancelant, tomba à moitié, se releva maladroitement, se retrouva acculé contre un mur quelconque et s'y appuya pour ne pas tomber. Le monde flottait étrangement entre ses yeux. Il se sentait un peu pâle. Pour le sentir soi-même, il devait être livide. Ses jambes tremblaient un peu. Il essayait de se calmer, de ralentir sa respiration. Était-ce la trouille ou la course ? Il n'y réussissait pas.

Une voix éclata. Il lui en fut gré. Son regard se reporta du regard vide de l'hybride à l'auteur de cet éclat.

"Lui ?"

Il le voyait de côté maintenant et il le reconnaissait très bien. Le violeur-homme de cro magnon-prêtre ! Mais qu'est-ce qu'il foutait là ? Pourquoi avait-il tué l'hybride ? En tout cas, pensa-t-il dans un rire, il comprenait mieux se qu'il s'était passé avec les ombres. Il avait failli lui arriver presque la même chose dans sa salle de bain.

*Attends... Presque la même chose dans ma salle de bain ?*

Il était en train de se rendre compte qu'il avait failli mourir. Il l'avait senti sur le moment mais là, la vue du tronc rendait la menace plus palpable. Heinrich se retrouva assis sur une espèce de caisse ou un tonneau ou il ne savait quoi. Ça aurait pu être un tas de merde que ses jambes coupées l'auraient quand même déposées là. Le sang pulsait à ses oreilles.

Étrangement, il ne se sentait plus dans un danger immédiat. Il était plutôt effrayé du passé, pas du présent, ce qui, il aurait pu être d'accord, était complètement idiot, mais on ne se contrôle pas toujours. Il avait plus l'habitude des luttes dans des draps de soie que des rixes dans la boue puante de la rue. Et alors qu'il pensait à tout ça, son cerveau lui rappela finalement les mots de cro-magnon. Rectification : les 'bots' de l'homme de cro magnon. Réflexion conne qui entraîna une réaction plus conne encore. Heinrich se mit à rire. C'était un rire mi-joyeux mi-nerveux. Pas celui d'une donzelle hystérique. Mais pas loin en fait.
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MessageSujet: Re: Rencontre au tournant -Défi3   Sam 16 Oct - 17:52

Le coup de coude que j’avais donné avait fait mouche. Le type pousse un crie et part en arrière. Pendant ce temps, le deuxième encapuchonné se barre en courant et me bouscule sacrément au passage. Il tape mon épaule et me renverse en arrière, je tombe littéralement sur le cul. D’ailleurs, mon cul prend chère sur le pavé brut. Mais, au moment ou j’ouvre les yeux, je vois comme un truc sombre passer devant moi. Ses mes yeux, à deux centimètres de mon nez. Une seconde après, le corps sans vie, et sans tête, du clodo tombe à côté de moi. Le sang s’échappe de sa nuque, maintenant légère, par gerbe soudaine. Mon costume sombre et immaculé, se retrouve tâché d’un sang sombre et chaud. Mon visage se ramasse quelques gouttes perdus. Je me relève soudainement, prêt à partir en courant, mais… Quelque chose me retiens. J’ai le cadavre à mes pieds, et c’est une barrière invisible, que seul moi peut ressentir, qui vient de tomber sur le terrain. Je me retourne vers l’encapuchonné restant. Il a d’ailleurs enlevé sa capuche et ont peut voir ses dreadlocks et sa peau sombre. C’est lui? C’est-ce tas de merde ambulante de prêtre de mes couilles en ski qui vient de décapité ce mec à distance? Putain de prêtre! Et le machin que j’ai vu passer sous mon nez? C’était… Putain c’était la mort. Leur pouvoirs à la con ou je sais pas trop quoi d’ombre! En fait, je sors de ma poche le couteau à cran que j’ai toujours. Je fais sortir la lame d’un petit mouvement, prêt à planter cet enculé. Mais, y a quelque chose. Un truc dans mon bide. Un truc dans ma gorge. Un truc dans ma tête. Un truc dans mes mains, un truc qui les trembler d’ailleurs! C’est moi qui dicte les ordres d’habitude. C’est moi qui tue ou qui ne tue pas les gens! Et lui, ce putain de prêtre il… Il fait la loi. Pour le moment il a rien dit, mais c’est lui qui fait la loi. Je vois l’autre mec qui coursé le clodo s’asseoir sur un tonneau. Ce mec a pas l’air d’être un prêtre, et lui aussi a l’air plus ou moins choqué. Moi, je suis à nouveau sur le cul, mais au sens figuré. Mes cheveux décoiffé me donnent un air de fou. J’ai un regard assassin fixé sur le prêtre, mais je ne peux rien faire! Absolument rien! Il me tuerait! Il se tient le nez, que j’ai bien amoché apparemment. Et la, soudainement, je regrette de lui avoir fait ça? Et si il était rancunier? Et s’il décidait de me buter d’un coup. Ma tête décapité soudainement, roulant à ses pieds. Puis pour se venger, péter mon nez d’un coup de chaussure rageur.

- PUTAIN ! QU'EST CE QUE VOUS FOUTEZ LA, TAS DE TROUS DU CUL ? VOUS REPONDEZ, ET LE PREBIER QUI BE FAIT UNE COUILLE, IL FINIT COBE L'AUTRE BERDE D'HYBRIDE !
 « BORDEL DE MERDE!! »

Voilà ma réplique. Tout ce que je trouve à dire. Mes mains tremblent, affreusement même. Je met mes mains au visage et je m’accroupi devant le cadavre dans tête. Le sang s’écoule lentement et tombe dans le caniveau. Un peu plus et c’était mon sang. Aussi loin que je me souvienne, j’ai jamais vraiment eu peur. Enfin comme tout le monde quoi. Quand t’est lardon, ta peur de l’orage de la bestiole sous ton lit etc… Mais la mort de ma mère, son cadavre au bide explosé, tout ça m’avait tellement choqué. Que mon esprit était devenu hermétique à toute chose. Quand j’avais 10ans, que je devais dormir dans les rues des bas fond. Devoir survivre des jours sans bouffer dans ses putains de rues!! Devoir fuir à chaque fois qu’un taré voulait défoncer mon petit cul de gosse! J’avais pas eu peur! Quand j’ai ramassé des putes dans la rue. Quand j’ai buté mon premier mec! J’avais pas eu peur! Quand j’avais glissé une pièce dans la chatte d’une pute pour qu’elle mette un peu de mercure dans le verre de whisky de mon père pour qu’il crève et que j’ai le pouvoir! Je n’avais pas eu peur!! Quand j’ai le pouvoir! Quand je dirige ce putain de bordel. Quand je dois régler le compte d’un mec car il a touché de la mauvaise façon un de mes putes! Je n’ais pas peur! Et la, ce mec. Il peut me buter d’un claquement de doigt. Je n’ai aucun pouvoir.

Aucun hommes de main pour percer le bide de cet enculé. RIEN! Je suis nu comme un ver sans pouvoir. Moi, dont je contrôle tant mon apparence, mon esprit. Ma façons de parler, de me présenter devant les gens. Gentil pour un. Pervers pour un autre? Mon esprit est à nu, car la peur ça vous fout autant à poil que devant une gonzesse que tu t’apprête à baiser. Et je m’en rend compte maintenant. Moi, Demirel Nier. Tu dis mon nom à un mec des bas fond, il se met à courir car il sait que si je viens le voir c’est pas bon. Mais ce type aux dreadlocks, la, devant moi. Il sait pas qui je suis, et en plus il en a certainement rien à foutre! Je me remet debout, car si je reste accroupi je vais me chier dessus. Je pose un pied devant l’autre. Passe par-dessus le corps sans tête et tourne sur moi-même. Mes mains tremblent! Je déteste cette sensation nouvelle. Cette peur, la vrai! Si je fais un faux pas, je crève! Je… ne… suis… rien! Pour moi c’est un grand changement, un truc que j’ai du mal à supporter. Je tourne à nouveau le visage vers le prêtre, mes yeux sont fous. Mes cheveux ne sont plus plaqués en arrières, mais ils retombent sur mon visage. Mon costume n’est plus classe ni propre. Je transpirais la classe et le pouvoir. Maintenant, toute ma présence, tout mon corps dégage un air de stupidité. D’impuissance et de peur. De rage! Une rage contenu par la peur, je balance mon couteau au sol si fort qu’il à l’air de rebondir. Et j’hurle un:

 « PUTAIN DE MERDE!!! »

Je me passe la main dans les cheveux, comme pour me réconforter. Je sais pas en fait. Je sais pas ce que je fais, ce qu’il faut que je fasse. Il nous a demandé pourquoi on était la? Je suis la pour donner un paquet de pognon qu’une pute garde pour ses parents, et le père garde le cadavre de sa femme dans sa baraque. Voila pourquoi je suis la, je repartais, un enculé m’est tombé dessus et je me retrouve ici. Cette situation, la façon dont sa tourne. Je ne contrôle rien et ça me gave. La rage bouillonne en moi, j’ai envie de tuer! DE TUER! Je regarde Zalig, et malgré tout, en moi, j’ai toujours cet orgueil! Cette force qui ma toujours fait avancer. C’est à cause de ça peut-être que la peur de la mort me fait chier. Car cet orgueil est bouleversé. Mais je l’ai toujours. Et j’ai la rage. Alors les dents serrés, la colère perçant dans chaque brin de voix, je répond au prêtre.

 « Je sais pas ce que je fous la PUTAIN!! Je rentrais aux bas fond, et voilà que quatre enculés me tombent sur la gueule! VOILA CE QUE JE FOUS LA CONNARD!! » 

Prêtre ou pas je devais l’insulter! Et que je crève! Au moins je serais comme j’ai vécu, orgueilleux, et peut-être un peu con!
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MessageSujet: Re: Rencontre au tournant -Défi3   Dim 17 Oct - 10:36

HJ / Ouais bon c'est un peu de la merde, enfin j'le sens pas mais tant pis.

La Tarlouze s'affaissa sur sa base (le teint blanc, les tremblements et tout) pour finir le cul vissé sur une caisse en bois (poser ses fesses sur une surface du quartier des avancés, il a pas peur lui) avant de se mettre à rire comme une pucelle qui voit sa première bite. L'autre Machin s'accroupit près du cadavre, et il est passé en mode noir et blanc tellement il est choqué. Pour tout te dire, d'habitude, je tue pas tellement des gonzes en public, ou alors un public averti, du coup toutes ces réactions j'me rends pas bien compte. En fait, j'me rends compte de rien, faut bien le dire. Là je me suis perdu dans le film à un moment, sans doute quand j'ai égorgé un type et qu'il s'est rien passé ensuite, ou alors bien avant ça, sans doute au début de mon noviciat, quand le prêtre a commencé à m'apprendre « des trucs », ou p'tète que j'suis né con, va savoir.

Ben j'fais quoi maintenant ? Et si mes pouvoirs ne revenaient pas ? Ben je... je sais pas. Comme j'te l'ai déjà radoté, je sais rien faire d'autre, j'sais même pas lire (enfin si, vite fait, mais j'ai oublié depuis). 'tète porter des trucs, ça c'est bien dans mes cordes, et encore. Je sais pas si ça existe comme boulot, « porteur de trucs ». Et en plus j'ai méga mal au nez, c'est pas comme si j'avais pas l'habitude, mais ma gueule est devenue un putain de juke box clignotant, une douleur sourde qui s'illumine quand j'avale ou quand je parle (lèvres explosées), j'ai l'impression qu'on m'a aplanie la gueule façon tarte. Enfin je préfère pas trop penser à mon cas lamentable en fait, revenons en à nos deux oiseaux là.

Le pas-tarlouze est en train de se décomposer, les cheveux dans la gueule, le costard sale (oui bah j'ai mal mesuré, c'pas ma faute), il se relève pour lâcher un énième « putain de merde » (bon ça fait que deux fois, certes), et marcher d'un pas tendu. Je suis pas en mesure de savoir ce qui se passe dans sa tête, mais ça a pas l'air d'être la fête au village. Ouais, une décapitation pour les non-avertis, ça doit faire bizarre. J'aimerais bien qu'il me réponde à un moment où à un autre, quand même, j'suis pas là pour regarder des gonzes se chier dessus.
Ah, une réponse. Elle me plaît pas trop, mais c'en est une, et elle pue la sincérité : ce gars déboule de nul part et s'est retrouvé pris dans un truc qui le dépasse un peu, pour preuve sa panique. J'imagine qu'il venait rendre visite à mamie dans les bas-fonds et qu'il est tombé au milieu de ça, les gros mots et le marron dans ma gueule en plus. J'peux comprendre qu'on me pète le nez sur un coup de panique, en fait, et secrètement j'aime bien quand il m'arrive ce genre de trucs, parce que sinon j'le fais tout seul et c'est plus glauque.

- Ouais, bon, passons. Et toi la tarlouze, t'étais là aussi « comme par hasard » ? Ça fait beaucoup de hasard pour un putain d'hérétique – je désigne le tronc du clodo – , j'étais chargé de le tuer, et j'tombe sur le défilé des glandus au grand complet. Toutes tes histoires puent du fion, déjà l'autre coup là... t'es un genre de beintre nan ? Bah ouais, j'ai vu le tableau d'Uriel chez lui, j'te rappelle, avec d'autres trous du cul du genre (enfin Uriel je l'aime bien). Les peintres, ça pue un peu du derche niveau hétéri... hététira... enfin berde quoi.

Bon, il me reste encore une joie dans l'existence : faire chier des cons exprès pour faire chier. On m'a pas envoyé les tuer, ils ont sans doute rien fait (les tarlouzes, ça fait jamais rien), mais j'ai des dettes envers la tarlouze et l'autre connau sa tête me revient pas trop, et un gars qui tombe sur un meurtre (pardon, une exécution en bonne et due forme) en rendant visite à sa mamie, ça a besoin qu'on le fasse un peu chier.
J'me dirige vers le peintre – sans lui laisser le temps de reprendre ses esprits et de répondre, sinon c'est pas drôle – et j'le chope par les cheveux pour le relever. Si j'pouvais faire ça pour les trous du cul qui m'ont humilié parce qu'ils sont « plus intelligents que moi », ou « plus puissants » je crois que le monde serait un havre de paix et de bonheur.

- T'as pas compris ? Le bacaque arriéré, il veut une réponse, mais genre baintenant !

T'as vu comme j'me souviens bien des insultes ? Bah ouais, il m'avait traité de singe, j'aime pas qu'on me traite de singe (normal tu m'diras). Du coup j'lui quiche la tête et j'le renvois vers sa putain de caisse (oui, j'lui ai toujours pas laissé l'occasion de répondre). J'suis sûr qu'il est écrit quelque part qu'on a pas le droit de taper gratuitement les gens mais... ah non, c'est écrit nul part en fait, cool.
J'me sens toujours quand même vachement bizarre, ça doit avoir un rapport avec la disparition de mes pouvoirs, j'ai vachement mal au ventre. J'y porte une main, j'ai peur de dégueuler si ça continue mais... j'ai pas que ça à foutre. Faut que je balance le cadavre, j'peux pas le laisser là ça fait désordre (oui bon, cette ville c'est une putain de décharge, mais c'est pas une raison). J'vais le foutre dans le fleuve, ça fera plus propre.

- Bon, j'sais pas quoi faire de vos tronches de con, alors vous allez be suivre jusqu'au fleuve pour be laisser le temps de réfléchir. J'vous préviens, là j'ai perdu presque tous bes putain de pouvoirs et j'reste largement capable de défoncer vos culs – là j'souris, mais le genre de sourire que tu fais juste avant de te suicider - , alors à vot' place j'ferais pas trop chier le bonde.

J'vais ramasser la tête, puis j'traine le corps du clodo vers le fleuve, en suivant les bruits de pas à l'oreille. J'en entends un courir en avant ou en arrière, il dit au revoir à ses jambes mais genre presto.
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MessageSujet: Re: Rencontre au tournant -Défi3   Dim 17 Oct - 21:05

Son rire nerveux s'éteignit de lui-même, par manque de souffle ou parce qu'un semblant de calme revenait. Quelques tremblements convulsifs lui parcouraient encore l'échine de temps à autres. La tête se trouvait encore à terre, il avait l'impression qu'elle le regardait encore, qu'elle le suivait des yeux. Un cri vint interrompre ses pensées. Heinrich releva la tête. Le type au costard semblait à peine se contrôler, on aurait dit qu'il était prêt à frapper le prêtre. Enfin, une deuxième fois. Son regard puait la rage et la haine.

Sa réponse sembla convenir à l'homme de cro-magnon. Ce dernier se retourna vers lui. Cette fois-ci, ses paroles amochées par le coup lui parvinrent droit au cœur. L'âme du peintre manqua un battement, ses sourcils s'arquèrent d'horreur et de détresse. On l'avait chargé de tuer cet hybride ? Mais ? De quel droit ? Juste parce qu'IL le disait hérétique ? Mais avec quelles preuves pouvait-il avancer cela ? Et lui ? Maintenant il le disait aussi hérétique ? Juste parce qu'il était peintre ? Juste à cause de son métier ? On allait aussi le tuer pour une simple suspicion ? Juste parce qu'on l'avait décidé ?

Sa respiration se fit plus saccadée, sa bouche s'entrouvrit un peu plus sous le poids de l'injustice. Avant qu'il ne put rassembler ses esprits, il vit le prêtre marcher vers lui. Il levait la tête au fur et à mesure qu'il approchait, incapable de détacher son regard du sien. Un faible cri de frayeur et de douleur franchit ses lèvres lorsqu'il se sentit soulevé par le sommet du crâne. L'homme d'église lui cracha sa rancune au visage avant de la lui faire sentir à coup de baffe dans la figure.

Il se sentit projeté violemment sur la caisse, le choc résonnant dans sa colonne vertébrale et le mur contre sa tête. Durant un instant, ce choc rend sa lucidité à l'homme de l'art. Durant un instant, ses sourcils se froncent, sa bouche se tord de colère sous les insultes, son cerveau se met en branle pour expliquer toute sa petitesse au prêtre. Puis l'instant d'après, l'ecclésiastique porte la main à l'estomac, Heinrich se sent déchiré jusqu'aux entrailles, un grondement de tonnerre secoue la ville comme une quinte de toux divine, à moins que ce ne soit juste une explosion aux usines. Le peintre n'en sait rien, le peintre ne s'en rend pas compte, il porte juste sa petite main à sa bouche, le visage défiguré par un malaise envahissant, une peur manifeste. Il se mord le doigt pendant que son menton tremble et que les larmes commencent à rouler sur sa joue.

Comme depuis plusieurs jours, il se sent malade, écœuré par l'air du temps, effrayé par la décadence de ses pouvoirs mais là, depuis cet instant, il n'est plus qu'un être perdu. Un sanglot un peu plus fort s'échappe de ses lèvres. Le prêtre s'éloigne, ou alors seulement sa voix. Un ordre est donné : le suivre. C'est dangereux, il est dangereux. Il ne faut pas le suivre, il en aurait le droit. Il le pourrait mais Heinrich se sent trop las pour arguer quoi que ce soit. Il ne se reconnait pas. D'habitude, il aurait bondi maintes fois à ces paroles, il serait déjà parti depuis longtemps, il aurait regardé la mort de cet esclave d'un œil presque indifférent, il aurait menacé ce prêtre idiot de la puissance de ses connaissances.

Le peintre relève la tête, croise le regard de l'homme au costard. Et là, face à ce feu qui y fait rage, il se sent encore plus minable, honteux, plus faible et étrangement encore plus docile. Il détourne le regard, baisse la tête, laisse échapper encore un sanglot avant de s'essuyer la joue du bout de la paume puis se lève, suivant le prêtre et sa victime, tremblant de peur et incapable de réfléchir correctement, incapable de combattre de quelque manière que ce soit.
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MessageSujet: Re: Rencontre au tournant -Défi3   Lun 18 Oct - 17:24

Bon, comment expliquer ça. J’ai déjà lu des pièces de théâtre écrites par les rares comiques existant dans ce putain d’empire. Sérieux, je m’étais marré quelque fois. Mais, ce que j’avais devant moi, ça dépassait l’entendement. Alors, comment dit auparavant, tout le blabla, j’ai franchement peur c’est la première fois de ma vie que ça m’arrive, fait que j’assimile. Puis y a mon caractère de con, mon orgueil de con qui me pousse à pas baisser les yeux même si je me chie littéralement dessus. Et y a… La situation en elle-même. Alors, passé l’état de conscience, ou je me dit: « Putain, ce mec est puissant, il pourrait me buter! ». J’ai l’état de conscience qui me dit: « Putain ce mec est puissant… mais, qu’est-ce qu’il a l’air con! » Ouais, tout à fait. Franchement, quand je lui est dit sincèrement la raison de ma présence ici, j’ai pensé qu’il allait me buter. Mais que dalle, il s’est tourné vers l’autre. D’après ce que j’ai pu comprendre, il se connaissent. Et pour un prêtre, parler en lançant tant d’injures ça me paraît bizarre. Puis, y a des mots qu’il arrive pas à finir. On se croirait dans une pièce de théâtre. En face de lui il a un gars muet de terreur. Et l’autre gland qui lui parle et le violente même. Ensuite, ce qui me pousse à croire que c’est un con, c’est qu’apparemment il a pas prévu que des témoins pourraient arriver. Puis à mon avis il pas prévu tout court d’endroit ou se débarrasser du cadavre. Je l’observe, simplement médusé. Comment un mec qui fait aussi peur, peut-il avoir l’air d’être aussi con. En plus, il nous dit carrément qu’il a un peu perdu ses pouvoirs ou je sais pas quoi. Nous prévenir d’une tel chose! Il est fou. Heureusement que moi ou l’autre tantouze on est trop choqué pour avoir le courage de l’attaquer, parce-que si j’étais dans mon état normal. J’essaierais illico presto de l’égorger comme un porc. Mais bon, il nous demande de le suivre jusqu’au fleuve, et je suis pas dans le bon état d’esprit pour broncher. Bon, j’attend qu’il se retourne et je vais récupérer le couteau à cran que j’avais balancé. Je le fous dans ma poche et je pars à la suite de la tantouze. Je le rattrape vite fait et je me cale à leur vitesse de marche. Mes chaussures à talonnettes claques sur le pavé. Personnellement, j’ai pas fière allure. Ma classe habituel à disparu, effacé par la peur. Je commence à croire que les gens moches sont ceux qui sont le moins courageux. Cheveux sur les yeux, les habits tâchés de sang, plein de sueur. Je marche tête baissé, les mains dans les poches. Les ombres de notre petit groupe se reflètent sur les murs sombres et fissurés du quartier des avancés. Je pense au prêtre fou et je me dit encore une fois:

*Enculé d’ecclésiastique de mes deux. Si ça tenait qu’à moi j’éradiquerais toute cette église de merde. Trop dangereux ses gens la!*

Moi qui dit que tel ou tel personne est dangereuse. Putain, j’ai tué mon père et tout ceux qui menaçaient ma prise de pouvoir d’une partie des bas fond. Je crache par terre et sort mon paquet de cigarettes. J’en prend une d’une main tremblante. J’observe ma main, j’avais jamais tremblé comme ça. Je serre le poing, desserre le poing. Ainsi de suite un moment. Puis j’en est marre ça se barre pas. Je sors les allumettes, allume ma clope. D’un mouvement de main j’éteins la flamme de l’allumette et je la balance devant moi. L’allumette touche la tête que le prêtre porte sous le bras. La tête est à l’envers, les oreilles de lapin pendent mollement. Je tire furieusement sur la cigarette en observant la tête aux yeux grand ouverts. Même sa bouche est ouverte dans une expression d’horreur. Moi qui aime tant la violence, j’ai pas su apprécier le moment ou ce type s’est fait trancher net la tête. Mais, je l’observe pour une autre raison, il me donne cette impression de déjà vu. Quelque chose d’obsédant. J’ai rencontré ce type. Mais où? Et qui est-il? Putain, j’avais pas en plus besoin de ça. Je quitte le visage des yeux et me tourne vers la tantouze que le prêtre a engueulé. Ce type aussi est bizarre. Il a des mèches carrément jaunes qui encadrent son visage. D’après la discussion de tout-à l’heure c’était une espèce de peintre. Bof, moi la peinture ça ma jamais botté et puis à mes yeux c’est des tapettes en puissance. Bah, si le prêtre tue ce mec aussi, Ishtar aura pas perdu grand-chose je pense.
On passe un croisement de rues, et la une femme passe en portant un panier plein de bouffe. Elle nous voit, je la fixe. Elle croise mon regard puis baisse les yeux en accélérant le pas. Putain, d’autres témoins, pas bon pour moi. C’est vrai quoi, si on trouve un putain de cadavre et qu’on dit que Démirel Nier était dans les parages, se serait mauvais de penser que je commence à me lancer dans d’autres quartiers que le mien. Puis ouais, on le trouvera ce con de cadavre. Balancer ça dans un fleuve c’est trop con. Son corps quelqu’un va le repêcher, ou il va débarquer quelque part. Y a des barrages partout ici en plus. Je m’avance prés du prêtre. Pas vraiment mon but de l’aider ou de lui lécher le cul mais c’est surtout pour moi que je veux me débarrasser de ce cadavre du mieux possible.

« Ecoute moi mon gars. Pas mon but de vouloir t’aider et c’est surtout pour moi d’ailleurs. OUAIS PARCE-QUE DIT TOI QUI A PAS MAL DE MONDE QUI VOUDRAIENT ME VOIR TOMBER ENCULER!! »

Putain de merde!! Je m’étais mis à gueuler! La colère, mon caractère de con ou de fou je sais pas. Je souffle et regarde aux alentours. Je me recoiffe un peu et je recommence à parler.

« Bon, tout ça pour dire qu’au lieu de balancer ce cadavre dans le fleuve vaut mieux le cramer. Prés du fleuve, y a moins de monde. Mais faut mieux le cramer bordel! »

Pour le cramer vite fait j’ai ma petite idée, mais attendons d’être prés du fleuve pour que ça marche mieux. J’ai finis ma clope, je la jette, l’écrase, et j’en sort une autre du paquet. Putain, je suis stressé, et le fleuve est pas encore tout prés!
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MessageSujet: Re: Rencontre au tournant -Défi3   Mer 20 Oct - 19:25

Ils me suivent sans broncher et ne me sautent pas dessus, c'est bien. La tarlouze chiale, j'aime pas trop. Y a un truc dans l'air qui pousse les gens à chialer, déjà, alors vu le spectacle que je lui ai offert il a bien le droit de chialer. C'est humain mais ça me déplaît quand même. Une histoire de compassion, quelque chose comme ça. Oui c'est bizarre vu ma situation mais pourtant c'est le cas.
Je suis le méchant de l'histoire, et la tarlouze elle pleure, normal, il fait tout peur le monsieur. Je préfère me détourner de ce spectacle et m'allumer une cigarette (en posant le corps et la tête au préalable), avant de reprendre ma marche mes joyeux paquets sous le bras. Mais qu'est ce que je vais foutre de ces connards ?
Évidemment, y en a un qui ouvre son clape-merde alors que je lui ai rien demandé. De manière fleurie, il m'explique qu'il serait malséant qu'on le voit en ma triste compagnie, et que je suis de toute évidence adepte de certaines pratiques sexuelles qu'il juge sans doute dégradante. Puis il tripote ses cheveux. Je le regarde, l'air interrogatif, la clope au bec (mains prises tu vois).
Bah hein.

- Ecoute connard, qu'est ce j'en ai à foutre de ton éventuelle réputation berdique ? Bon job c'est d'buter des gonzes, tu vois, alors t'inquiète pas, j'peux bien balancer tout ce que je veux dans ce putain de fleuve, personne ira se plaindre, et surtout pas d'un putain d'hérétique hybride. Ferbe ta putain de gueule.

Puis je rebaisse la tête, j'me retourne et j'continue de marcher. C'est vrai quoi, il a oublié que j'étais prêtre ce gros connau ? J'ai la hiérarchie derrière moi, on m'a ordonné de buter un hérétique, même si j'sais pas de quoi il est hérétique (c'est un hybride quoi, en plus). Il a cru quoi ? J'balance dans le fleuve par hygiène, c'est tout, parce que ces connards du quartier des avancés vont pas y penser tout seul et un mec cané qui se décompose au milieu de la rue, c'est pas top prestige.
Je grogne un peu parce qu'un mec, à porter sur une longue distance, même si il crevait d'inanition, c'est dur. Il pue en plus, et il devient tout raide à cause de sa mort récente. C'est fou comme un cadavre change vite, c'est si peu... humain finalement. C'est pour ça que j'aime pas trop toucher aux canés, ça a l'air d'un mec, ça sent comme un mec, ça a le goût d'un mec, mais c'est pas un mec, c'est un gros tas de viande qui se disloque. Mais bon, le boulot c'est le boulot, on me dirait de me mettre un godemichet dans le cul que j'le ferais sans poser de question, même si j'aime pas ça non plus. C'est pour ça que c'est chouette un régime totalitaire, ça permet de se dépasser.

Je jette mon mégot au loin et prend une nouvelle pause pour m'en rallumer une. Le fleuve se rapproche, il faut que je statue sur le sort de ces deux cons. Tuer, pas tuer... ? J'crois que j'vais pas les tuer, en fin de compte, j'ai pas vraiment de raison de le faire pour l'instant, et puis ils risquent pas de se venger. C'est fragile des nerfs, on commence à buter n'importe qui et on finit par « disparaitre », et les miens, tu noteras, sont drôlement sollicités. Je pense à ma fille, et hop ! Mon rythme cardiaque double en l'espace d'un instant, et j'ai des sueurs froides dans le dos. Bon, c'était déjà comme ça avant, mais là en ce moment, c'est dur... les images d'elle en train de mourir dans le fossé se multiplient et envahissent le peu d'espace à penser qu'il reste dans mon cerveau et...
Mais la tarlouze continue de chialer, ou de couiner, ou peu importe...

- MAIS TU VAS FERBER TA GUEULE MERDE ?

Oui, c'est les pleurs, je peux plus supporter. Sa mine déconfite, son air apeuré, je sais pas, je suis pas un grand attentif à l'humeur des autres, et j'sais encore moins le formuler, mais ça me tape sur le système, j'aime pas lui faire peur comme ça, alors j'lui en colle une à l'envoyer par terre pour qu'il la boucle.
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MessageSujet: Re: Rencontre au tournant -Défi3   Jeu 21 Oct - 21:29

Heinrich suivait la triste procession les bras ballants, la tête baissée. On eut dit un enterrement. En quelque sorte, c'en était un, ils suivaient tous un mort. Il y avait même le prêtre ! Les pleurs aussi y étaient même si le peintre essayait de se calmer. A côté de lui ou derrière ou devant - il ne savait plus trop, vous avez essayé de repérer quelqu'un alors que vous aviez les yeux au sol et l'ouïe bouchée par vos propres larmes ? Heinrich savait juste qu'il restait dans le coin - et dans ce coin se trouvait donc ce personnage anciennement bien mis mais qui maintenant ressemblait plus à une mite dans un smoking qu'à autre chose. Bref, trois hommes et un cadavre déambulaient dans les rues de la capitale de l'empire sous le regard ahuri de quelques rares passants.

L'homme de cro-magon avait dit qu'ils se dirigeait vers le fleuve. Heinrich se rendait maintenant compte combien c'était loin. L'avantage était que la marche lui permettait de contrôler ses émotions. Plus ou moins bien. Disons que maintenant il pouvait commencer à relever la tête. Et ce fut justement en relevant la tête qu'il remarqua une enseigne qu'il connaissait. De vieilles lettres peintes d'un vert délavé trônaient honteusement sur une planche pourrissante. "Antiquaire Saine" Heinrich butta. Miiince ! C'était donc ici que se trouvait cette boutique ? Il s'était carrément trompé. Ses souvenirs l'avaient trahi. Il avait sincèrement cru qu'il se trouvait plutôt du côté de la place de la rencontre, en fait. Mais cela expliquait pourquoi il ne retrouvait pas l'échoppe.

Par contre, en se remémorant de la rencontre, il se mit à se maudire. Si au moins, il ne s'était pas trompé ! Il ne serait pas dans cette fichue situation ! A suivre ce fichu prêtre ! A être en compagnie de ce type avec sa clope malodorante ! Bon, les deux fumaient en fait mais il fallait bien lui trouver un défaut puisqu'il était maintenant en colère contre les deux. A bien y réfléchir en fait, les trois fumaient désormais. Heinrich était le troisième qui bouillait intérieurement contre lui-même, contre les deux, contre le cadavre qui l'avait mis dans cette situation, contre tout le reste du monde, contre cette atmosphère pesante qui lui arrachait poil à poil toute la rare vigueur qu'il avait retrouvé en s'énervant. Sa colère s'effondra comme un soufflé au fromage sorti trop tôt du four : aussi vite qu'elle était venue. Ce fut donc une voix timide et osant à peine s'élever qui rompit un peu le silence de la marche. Il fallait dire qu'ils n'allaient pas tarder à passer devant l'enseigne et qu'il fallait qu'il se dépêche. Sans cela, il n'aurait pas oser braver le calme pesant de la troupe :

"Excusez moi là... Mais... En fait, j'ai un petit problème, vous voyez. J'en ai rien à faire de votre hybride là et moi, enfin quand vous me demandiez tout à l'heure, et bien, j'étais venu pour ça, enfin pour la boutique là à gauche. J'ai besoin d'acheter un truc dedans et je vois pas pourquoi vous voulez qu'on vous suive en fait. Donc, si je peux aller dedans, ce serait fantastique, là, vous voyez... D'accord ?"

Son dernier mot qui avait été encore plus un murmure que les autres se fit en plus un peu tremblant. Il fallait dire que le prêtre avait commencé à se retourné et qu'il n'avait pas l'air content -bel euphémisme. Du coup, face à ce regard furibond qui rappelait davantage une lointaine furie bestiale qu'un homme de robe, les larmes du peintre ne purent s'empêcher de couler à nouveau sur ses joues. Il rentra sa tête dans les épaules, fermant les yeux le plus possible, pressentant ce qui allait se passer et sans avoir le courage de se défendre ou de résister face au prêtre. De 'se battre ou fuir', la trouille du prêtre l'avait contraint à la troisième solution 'subir'.

Étrangement, il ne ressentit pas vraiment le choc. Il sentit plutôt son cerveau bouger, lui faire mal, l'entraîner dans sa rotation, l'envoyer vers le sol. Ah non, en fait. Heinrich cogna dans autre chose d'un peu plus mou -ça devait être le type au costard. Il sentit son équilibre disparaître comme le malade dans les mains d'un médecin. Il essaya de se rattraper à ce qu'il trouvait sous la main. C'était pas du solide: cela tomba en même temps que lui. C'était mou, c'était un peu sale, c'était du tissu, c'était un pantalon.

Et pendant ce temps là, la tête roulait, roulait... N'oubliez pas : pour le gifler, le prêtre avait dû lâcher ce qu'il avait dans la main.
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Rencontre au tournant -Défi3

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