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 Some People Living in Hell [Pv :Bichon]

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MessageSujet: Some People Living in Hell [Pv :Bichon]   Jeu 8 Déc - 18:09

Une question fusa dans son esprit pour y mourir aussitôt : pourquoi avoir libéré cette chose, ou plutôt la Chose ? Il ne trouvait pas de réponse, peut-être parce que finalement, il l'avait fait parce qu'on lui avait demandé, et par sa mauvaise habitude à sauver les gens. Honnêtement, il se moquait un peu où tout ça allait le mener, il n'aimait pas simplement la servitude de son esclave, il y trouvait un aspect malsain et... dépendant de lui. Il ne voulait plus de cette sensation-là, ou peut-être que si, mais en tout cas, une chose était certaine, Raseriknulla avait ravivé la douleur, et Marius n'avait pas la force pour la faire taire. Bientôt, toutes sortes de pensées morbides naîtront dans son cerveau, emprisonné dans sa peine, qui sait ce que Marius pouvait lui demander ? Il était certain que ni Magdra, ni Alvaro, et le reste des contrebandiers ne soient capables d'arrêter l'Objet, si Marius lui demandait de le tuer. Une mort brutale ou lente, ça n'avait pas d'importance, le jeune homme voulait le résultat. Par habitude, oubliant de donner son identité à l'Objet, il filait entre les ruelles, l'oreille attentive au moindre son, le regard suivant les ombres comme si elles cachaient un possible Inquisiteur. Son poignard en main, il s'arrêtait parfois entre deux corps pour observer les alentours, on l'avait attrapé une fois, et malgré ses envies suicidaires, Marius ne paraissait pas avoir envie que ça se reproduise. Pourquoi ? Une autre question qui restait en suspens, et à laquelle il ne trouvait toujours pas de réponse, peut-être qu'une partie de lui-même avait encore envie de se battre. Qu'importe.

La pluie tombait toujours du ciel écrasant et gris, alors que les puanteurs des bas-fonds remontaient, pénétrant les narines de leurs odeurs immondes. Ce n'était pas qu'un parfum d'excrément et de sang qu'on pouvait respirer, mais l'air vicié de la Mort, comme si elle se promenait dans sa cape sale et déchirée entre les ruelles pour venir tuer un ou deux enfants. L'odeur de la mort que Marius avait pu sentir plusieurs fois, une odeur qui le laissait froid et indifférent, et qu'il pouvait trouver sur Raseriknulla. L'idée même que l'Objet de ses mains de meurtriers l'ait touché l'écoeurait. Alors tentant d'oublier la présence de la chose, Marius pensait à l'objectif du jour, l'Oeil du Tigre se rapprochait doucement. La bâtisse paraissait moins minable que les maisons détruites et pleines d'immondices, au contraire, elle s'élevait dans la misère, parée de sa peinture défraichie, et de son enseigne qui se dressait fièrement, défiant Gardes et Inquisiteurs de venir passer le seuil de sa porte. De là où ils se trouvaient, Marius pouvait percevoir le bruit de la vie, toujours animée, la taverne était la maison de bien des bandits. Leurs conversations s'étendaient presque tout autour du bâtiment, alors qu'une mauvaise musique se faisait jouer par un musicien plus réellement jeune. Marius posa une main lasse sur la porte, et se tournant vers l'Objet, il l'informa tout bonnement, comme lorsqu'il avait introduit Iraïd à ce monde-là :

— Ici... c'est l'Oeil du Tigre, une taverne, si jamais tu as un problème, dis-leur que tu me connais et tu seras mis en sécurité.

Ça... lui paraissait tout de même étrange de dire ça à Raseriknulla, il n'était pas certain que ce dernier puisse comprendre, et en même temps, il voudrait à l'avenir éviter de le voir tel qu'il le voyait là. Le jeune homme était bien évidemment au courant que sa vision de l'Objet n'était que du mépris, peu saupoudré de compassion, il l'avait perdue, mais on connait trop le refrain pour le rappeler. Sans un regard, il poussa la porte et rencontra aussitôt le gigantesque serveur qui avait pour habitude de donner des défis aux clients. C'était un mastodonte, pas aussi grotesque que Raseriknulla, mais presque aussi imposant, ses larges épaules, sa mâchoire carrée et son oeil tranquille n'inspirait pas réellement de la crainte. Plutôt de la confiance, mais le jugement de Marius était faussé sur cet homme, car il le connaissait tout bonnement. Aussitôt, le sourire qu'il lui fit disparu lorsqu'il remarqua Raseriknulla, il se tourna vers le tavernier qui non moins imposant que lui, torchon sur l'épaule, haussa les sourcils d'étonnement. Marius poussa un soupir, et avant qu'on ne lui pose de question, il gronda :

— C'est un Objet, je l'ai trouvé dans la rue.

Marius entendit un petit « on trouve n'importe quoi de nos jours dans les poubelles » de la part d'un jeune noble qu'il devina être son client. Pourquoi ? Parce qu'un aristocrate encore en vie dans un repaire de bandits, ça ne passait pas inaperçu. Alvaro avait dû faire passer ses ordres, et l'autre jeune homme qui de bordeaux habillé fixait, foncièrement curieux. Le serveur le lui destina d'ailleurs, et silencieusement, Marius se rapprocha de son client. Il cacha sa dague, et comme s'il était chez lui, il se laissa tomber sur sa chaise. Il fouilla dans sa poche pour lui montrer le saphir, et alla lui rappeler l'offre de son mentor, quand brusquement, le jeune noble s'exclama :

— Laissez tomber cette pierre, je n'en veux plus. Dites... combien voulez-vous pour ce monstre ? Je ne savais pas que vous pouviez nous avoir des Objets. Alors ? Votre offre ?

Marius haussa un sourcil, puis il jeta un regard derrière lui pour fixer Raseriknulla, là, il devait déjà faire face à un choix ? Le vendre ? Pourquoi le vendre ? Il était à peu près certain qu'Alvaro verrait d'un bon oeil cette « bête-là », le contrebandier avait un sens pratique bien à lui. Marius poussa un soupir, et après avoir échangé un regard avec un autre homme tout au fond de la taverne, il répondit, évasivement :

— Qui dit qu'il est pour vous ? Et pour pas quelqu'un d'autre ?


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Dernière édition par Marius De l'Ombrage le Mar 13 Déc - 0:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Some People Living in Hell [Pv :Bichon]   Mar 13 Déc - 0:39

Raseriknulla écoutait la discussion. Son air stupide n’était que façade, car il saisissait bien le sujet de la conversation. Impassible, il écoutait le petit noble qui empestait le parfum. Il avait l’air riche. Mais il avait surtout l’apparence d’un sale pisseur arrogant. Du genre que l’on frappe très fort afin de lui faire fermer son claquet. Raseriknulla sera les poings, sentant sa haine envers les minables monter. Il avait envie de sentir sa petite tête craquer sous sa main. Toutefois, Marius lui avait ordonné de rester tranquille. S’il avait pu, il aurait déjà frappé le riche. Violemment. Blocage biologique, il se devait de subir la conversation.

Le nobliau se montra toujours aussi arrogant, et plus insistant. Il était pour d’obscures raisons très intéressé par Raseriknulla. Malgré la désinvolture naturelle de Marius, et son premier refus, il réitéra sa demande, haussant légèrement sa voix tout en articulant exagérément :


- Ecoutez, je ne sais pas à combien on vous le propose. Je vous en donne le double. Net, comme ça, sans tracas. Ça vous dit ? Il lorgna Raseriknulla de haut en bas, et poursuivit. Regardez-moi ce… ce monstre ! Une brute pareille, on n’en trouve pas tous les jours, je suis persuadé qu’il ferait un excellent garde ! Voire mieux… Il sourit, tout en triturant la bourse pendouillant à sa ceinture. Il se donnait des airs nonchalants. Il était peu crédible, somme toute.

Et il prenait son pied, ce crétin était dans un vrai guêpier, et ça le faisait bander de pouvoir s’y enfourner grâce à son fric. Il devait être quelqu’un de suffisamment important pour ne pas s’être déjà fait dépouillé ou revendre à un bordel. Mais pour ça, Raseriknulla aussi était au courant de ce genre de chose. La politique… Certaines personnes possédaient un pouvoir qui n’était pas purement brutal. La force, c’était la seule arme des esclaves. Lui, quand il ne pouvait taper, ça l’énervait.

Marius était à son aise. Une fois de plus, le constat était que si Raseriknulla pouvait ressentir de la compassion, il l’aurait trouvé terriblement triste et déprimé, encore et toujours. Il avait l’air distrait et toujours aussi torturé par son passé. Fondamentalement, l’Objet s’en moquait, il ne souhaitait qu’une chose : que Marius lui ordonne d’aplatir ce mollusque et de lui faire cracher tout l’or qu’il cachait dans son fondement. En fait, Marius était en ce moment lassé et agacé. L’Objet ressentait cela, ce qui renforça encore sa colère envers le snob.

L’autre possibilité était que Marius le vende. Diantre, cela lui aurait fait beaucoup de mal de servir un merdeux pareil, mais il savait que son nouveau Maître ne lui fera pas faux bond. Les gars de son genre ont toujours besoin de combler quelque chose… Enfin, ce n’était pas le genre de considérations qui intéressaient Raseriknulla. Respectant l’ordre de Marius, il s’approcha toutefois très près du noble, il se mit dans son dos, presque collé à lui, les mains sur le dossier de sa chaise, le plus oppressant possible, et son visage se tordit en un immonde sourire, du genre à filer une fausse couche à un chameau. Il ne pouvait toutefois se retenir d’y glisser son grain de sel. Il s’adressa lui-même au type, lui disant d’une voix inhabituellement claire et compréhensible :


- Moi, je fais que servir le Maître, c’est le Maître qui décide, et s’il dit quequ’chose, on lui obéit. Tout de suite.

Il tâchait d'oppresser un maximum le blanc-bec. Ce dernier prenait un mine dégoutée à la proximité du monstre qui lui faisait sentir son odeur de cadavre et de sueur. Il s'éclaircit la gorge pour émettre un commentaire, qui resta calé dans sa gorge, puis, il tenta de concentrer au mieux son attention sur son fournisseur...
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MessageSujet: Re: Some People Living in Hell [Pv :Bichon]   Mar 13 Déc - 11:41

Eh ! Voici que l'autre commençait à renchérir, lui proposant de l'or — autant que Marius voulait donc — contre le monstre qui semblait comprendre contre toute attente ce qu'il se passait, le jeune homme leva les yeux au ciel. Les gens le lassaient de plus en plus, le nobliau faisait partie de ceux que le terroriste voulait écarter de son chemin, non par conviction, mais bien parce qu'il était emmerdé. Oui, emmerdé qu'on vienne fouiner dans ses affaires, et tente de lui prendre ce qu'il lui appartenait. Bien évidemment, Marius avait hésité avant de répondre avec nonchalance, il ne savait pas encore ce qu'il allait faire de Raseriknulla, avoir de nouveau quelqu'un prés de lui, c'était une sensation douloureuse qu'il voulait éteindre. Toutefois, curieusement, il avait envie de garder cette chose prés de lui, sans doute pour justement combler le vide que la mort de Mist avait occasionné dans tout son être. C'était la première fois que Marius perdait quelqu'un qu'il aimait, c'était sa première expérience du deuil, et il avait perdu la mauvaise personne. Jamais il n'allait s'en remettre, on l'avait amputé de tout ce qu'il y avait de bon en lui, il ne voyait plus rien hormis son chagrin. Néanmoins, Raseriknulla l'écouta, tout en prenant soin d'agir de lui-même, il était certain que la chose pouvait aussi ressentir de l'antipathie pour le noble, et il eut une illustration quand il joua avec la peur qu'il occasionnait chez l'autre. L'homme posa sur l'Objet un regard à la fois écoeuré, mais fasciné. Il se tourna vers Marius, frappant dans ses mains, il déclara avec entrain :

— Un excellent garde, oui ! Ou même : une excellente bête de cirque. C'est un spectacle à lui tout seul, votre monstre, je me demande s'il serait capable de vaincre un ours à mains nues, oh oui ! Ça serait un combat superbe. Allez... combien voulez-vous ?

Marius échangea un nouveau regard blasé avec la même personne tout au fond, il avait reconnu Jean dans la foule de criminels. D'ailleurs, le noble n'avait pas remarqué que depuis quelques minutes, le bruit des conversations s'était fait plus discret, ennuyer un client de l'Oeil du Tigre, c'était signer un aller simple pour le cercueil. Jean serra sa mâchoire carrée, mais une main sur la table, les jambes tendues, il observait la scène de loin. Marius était dans son milieu ici, et chaque bandit était un allier, de la simple diseuse de bonne aventure à l'énorme serveur qui défiait toujours les clients au bras de fer. Oh... en parlant de bras de fer, le jeune homme eut une idée qu'il avait déjà exploitée ici, dans cet endroit. Une idée qui servirait de leçon au noble, qui lui permettrait de garder le saphir, et qui allait lui rapporter de l'argent. Marius fronça les sourcils, reprenant soudain vie, reprenant son rôle de contrebandier, il posa son regard bleu dans celui de son interlocuteur. Ce dernier s'était légèrement décalé d'ailleurs, dérangé apparemment par la puanteur naturelle que dégageait Raseriknulla, Marius l'avait remarqué, et s'en trouvait plutôt amusé, bientôt il lui trouverait une utilité. Il s'approcha lui aussi, il posa une main sur la table, tandis que de l'autre, il joua avec son poignard désormais visible. Il déclara d'une voix neutre :

— Disons que l'Objet m'ait coûté deux mille pièces d'or... vous me donneriez alors quatre milles, c'est bien ça ?

Le noble tiqua, visiblement, il ne s'était pas attendu à ce que le prix soit si cher. On ne trompait pas un contrebandier, c'était lui qui posait les règles, Marius ajouta :

— Dans ce cas, je vais vous proposer un pari : je vais lancer cinq couteaux de lancer de dos sur cette cible. Il désigna une affiche veille comme la taverne qui trônait sur le mur derrière lui. Vous feriez de même, et si vous parvenez à avoir plus de précision que moi, je vous « offre » cet Objet en cadeau, mais si vous perdez, vous m'offrez vos quatre mille pièces d'or.
— Tss... vous êtes ridicules, qu'est-ce...
— Oh... vous avez donc peur de perdre ? Le coupa le jeune homme. Il ne vous intéresse donc pas tant que ça ? Je comprendrais, si...
— C'est bon !

Un petit rire secoua l'énorme serveur qui frappa dans ses mains pour attirer l'attention du reste des criminels. Il désigna Marius d'un signe de la main, alors que Jean se levait déjà pour lui apporter cinq couteaux de lancers. Tout le monde le connaissait assez ici pour savoir qu'il ne perdrait pas face à ce merdeux, Marius était certain aussi de sa victoire, toujours dans ce genre de défis. Il releva ses manches, dévoilant les cicatrices mal fermées de ses crises, sans ressentir de gêne, ce garçon avait toujours trouvé de l'indifférence totale face à l'apparence. Raseriknulla était la première personne à lui évoquer réellement du dégoût d'un point de vue physique. Le jeune homme se saisit d'un premier couteau, et se plaçant face à une fenêtre qui bien entendu par un pur effet du hasard lui envoyait le reflet de l'affiche, il joua avec le couteau. Puis brusquement, il lança le premier couteau qui se planta dans le coeur de l'affiche. Un sifflement parcourut la petite assemblée de malfrat, et Marius tira une seconde fois, nouvelle victoire. Le noble ne s'aperçut de rien, pas même lorsque le troisième couteau se planta trop parfaitement en bas du premier, et quand les deux dernières lames atteignirent leur cible, il sembla perdre toute son arrogance et son assurance. Jean vint enlever les couteaux et les posa sur la table, il jeta un regard curieux à Raseriknulla avant de retourner à sa place. Marius se demanda si l'esclave avait compris sa supercherie ou non, toujours est-il que l'ombre de la désinvolture au visage, il déclara :

— À votre tour, je vous souhaite bonne chance. Je crois que vous en aurez rapidement besoin.


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MessageSujet: Re: Some People Living in Hell [Pv :Bichon]   Mer 14 Déc - 0:39

Le combat des coqs, le truc qui marchait toujours. Raseriknulla aurait préféré voir l’homme égorgé, mais qu’importe, il n’était pas là pour conseiller son Maître. Réagissant à la provocation, le nobliau se leva de sa chaise, la faisant grincer sur le sol sale. L’assemblée le toisait, curieuse de savoir s’il était au moins à moitié aussi doué que Marius. Il ramassa les couteaux sur la table, tourna le dos à l’affiche, et respira un grand coup. Les bavardages s’étaient tus, tout le monde suivait avec attention la scène. Quelques-uns remuaient ou se grattaient, mais tout le monde était attentif. L’homme s’éclaircit la gorge, et s’adressa à la populace haut et fort. Il n’avait pas l’air très courageux et doué, mais le chauvinisme semblait le revigorer.

- Regardez, sombres individus, ce qu’est le talent des gens qui ont la science et la dextérité. Voilà le premier ! dit-il en lançant le couteau d’une main assurée.

Celui-ci se planta en plein dans l’affiche. Visiblement, il était plus doué que d’apparence. L’assemblée hua et tapa du poing sur la table. Le bougre était balèze, mais c’était peut-être un coup de chance. Tout sourire, il se saisit du deuxième couteau, et refit de même. En plein dans le mille. Bingo, le nobliau savait faire des tours de passe-passe. Les loqueteux, gueux et truands braillaient à qui mieux-mieux. Le troisième toucha tout aussi justement la cible, tout comme le quatrième. La foule était en délire, scandant et hurlant à la triche et à l’imposture. Toutefois, le noble ne se laissa point démonter. Ses mains étaient moites, et il tremblotait un peu. C’était tout ce qu’il fallait pour qu’il manque sa cible. Et en effet, le couteau s’enfonça dans la cuisse épaisse d’un brigand assis non loin de l’affiche trouée, dont le rire s’étouffa dans la bière avalée de travers.

Le manant se releva, arrachant la lame du jambon qui lui servait de moyen de locomotion, avec un grincement de dents. Il traversa la moitié de la salle en trois enjambées, et souleva le blanc-bec par le col. Postillonnant sa bière sur son visage, il lui beugla :


- Toi p’tit crétin, t’es vraiment un mariol ! Alors, t’as intérêt à allonger le blé, et j’te pèterai p’têt pas toutes tes dents !

Le noble était blanc comme un cadavre. Ses jambes pendaient dans le vide, lamentablement. Et voilà, ce qui devait arriver arriva, quand on joue avec le feu ça fait de grosses bêtises. Ce qui ne l’empêcha pas de protester :

- Lâchez-moi, gros crétin. Vous ne savez pas qui je suis, alors, reposez-moi tout de suite, ou ça va mal finir pour vous ! Il tordit son cou vers Marius pour l’interpeller. Allez, dites le lui que je ne fais que suivre vos idioties. Bon sang, espèce de con, vous m’entendez oui ? Aidez-moi ! De suite !

Et là, c’était la boulette finale. Raseriknulla fit un pas en avant, prêt à taper sur tout ce qui s’interposerait entre lui et l’andouille pendue. Il serrait ses poings avec une telle force que ses articulations en étaient blanchies. Enfin, il allait pouvoir écraser le pif de quelqu'un. N'importe qui aurait fait l'affaire, du moment qu'il y ait un maximum de sang. Continuant de fixer le noble d’un air stoïque, il s’adressa à son propriétaire.

- Maître ?
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MessageSujet: Re: Some People Living in Hell [Pv :Bichon]   Mer 14 Déc - 9:47

De l'arrogance et de l'orgueil, motivé par le besoin de reconnaissance et par la peur, voilà ce que Marius voyait. Il s'était éloigné pour observer le noble chauffer la salle, curieux de voir si ce dernier avait remarqué son petit manège. Ce n'était pas la première fois que le jeune homme utilisait ce petit artifice, s'aidant du reflet de l'affiche sur la fenêtre, c'était tout con en soi, mais ça marchait à chaque fois. On ne pouvait pas songer en le voyant qu'il commandait un réseau de terroriste, et qu'il était le bras droit du marché de la contrebande qui opérait à Ishtar, s'étendant presque à l'Empire tout entier. Son mentor, Alvaro savait choisir ses hommes, et c'était grâce à cet homme radin et maigre que Marius était devenu Léonard, et avait pu échapper à l'Inquisition. Le silence s'était jeté dans la taverne, et d'ailleurs le patron de l'endroit observait le nobliau de son oeil sombre et broussailleux, il ne paraissait pas inquiet, juste curieux de voir comment cet idiot allait s'en sortir dans la caverne aux ours. Le grand serveur, lui, habitué comme le tavernier à toutes ces bagarres soupirait, le dos collé contre la porte, il lançait parfois des regards méfiants à Marius.

Marius qui haussas un sourcil d'étonnement, lorsque le noble lança ses premiers couteaux, il l'avait peut-être pris trop à la légère, finalement. Là où Marius avait triché, le noble paraissait visé sans artifice, à moins qu'il eût deviné la supercherie, dans quel cas, tout le monde ici serait ravi de lui foutre son insolence là où le soleil ne brillait jamais. Et finalement, la dernière lame rata sa cible pour se planter dans la cuisse épaisse d'un truand que Marius connaissait assez, et il poussa un soupir agacé quand ce dernier se leva brutalement pour menacer le nobliau. Affolé, ce dernier bredouilla quelques paroles maladroites, tentant de sauver les apparences, alors que tout le monde devinait ici qu'il était sur le point de pisser sur lui. Ça dégénéra rapidement, souvent lorsqu'on s'attaquait à quelqu'un d'ici, Marius poussa un soupir, encore, puis il remonta ses manches. Il était prêt à réagir pour sa part, en gros il allait se poser quelque part, et les admirer se battre avec un regard blasé, une mine ennuyée par un spectacle aussi simple. Ce fut là que Raseriknulla bougea, visiblement, l'Objet avait envie de participer à tout ça, il lui envoya un regard qui lui fit froncer les sourcils, Marius leva la main et il lâcha :

— Attend...

Il se dirigea vers le noble, posant sa main sur le bras du bandit, qui s'éloigna en sachant que ce n'était pas Léonard qui allait sauver un rat de l'aristocratie. Le noble sembla regagner de l'espoir quant à sa survie, mais Marius tendit la main en plantant un regard indifférent dans le sien. Il ajouta de sa voix blasée et fatiguée :

— Vous avez oublié de me donner l'argent, mon argent.
— Mais qu'est-ce que...

Le bandit blessé fit un pas, et le noble rectifia en grognant tout un tas d'insultes destinées au jeune homme. Il lui jeta une bourse remplie de pièces d'or que Marius cacha dans ses vêtements, il lui donna une tape faussement amicale dans le dos, et alla s'asseoir pas loin. Le serveur lui apporta une chope de bière, et tournant la tête vers son esclave, Marius alla lui donner un ordre, quand le tavernier intervint pour gronder :

— Eviter de faire un carnage, sinon croyez-moi, c'est vous qui irez nettoyer les dégâts. Le sang part mal.

Marius approuva, pendant que Jean vint le rejoindre pour s'asseoir. Visiblement le contrebandier ne paraissait pas vouloir participer à la bagarre, il se posait comme Marius en simple spectateur. Le jeune homme lui donna sa bière, puis laissa son dos se coller au dossier de sa chaise. Un coude sur la table, l'autre replié sur son ventre, il sembla brusquement se rappeler de son Objet et ses envies de violence. Le noble lança d'ailleurs au jeune homme un regard apeuré, le suppliant muettement de le sauver de cette situation, Marius lui répondit par un simple haussement de sourcils et une gorgée de bière. Il joua avec son poignard finalement, et tournant la tête vers le monstre qui le servait à présent, il l'observa un moment. Les criminels, eux, sortaient déjà leurs armes et leurs rictus malsains, c'était limite s'ils n'allaient pas se battre entre eux pour décider de qui aurait le droit de blesser, ou de tuer avec ses propres mains le noble arrogant qui avait fait la connerie de venir s'aventurer à l'Oeil du Tigre. Marius soupira alors, blasé, avec son calme, le plus naturel du monde :

— Oui... tu peux, et ce... de suite, mon bichon.


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MessageSujet: Re: Some People Living in Hell [Pv :Bichon]   Mer 14 Déc - 21:22

Ouverture. Faille. Déchirure. Enfin, il pouvait se laisser aller à ses bas instincts. Enfin, son corps allait pouvoir se déchainer. Le monstre était relâché, libre. La phrase, l’impulsion, l’ordre nerveux et électrique avait ouvert la clef de son esclavage de chair. Son essence rouge faisait battre toutes les veines de son corps : boum, boum, boum… Battement infernal. Cadence fatale. L’adrénaline montait, cela allait faire un carnage. Du sang, du sang frais et chaud pour étancher sa soif de violence. Raseriknulla poussa un hurlement, déclarant ainsi la castagne. Les brigands et malfrats sortirent les armes, et une baston générale fut lancée. Pourquoi se tapèrent-ils tous dessus ? Probablement sans autre raisons que le défoulement animal et la venue de l’aristo’. Les chopes et les dents volèrent, les mauvais bougres s’en donnaient à cœur joie, se molestant mutuellement, tout en se rapprochant bien vite du perdant au lancer de couteaux.

C’est là que Raseriknulla agit. Il se jeta sur le noble, qui hurlait de terreur. Il l’attrapa par la tignasse, lui arrachant une partie du cuir chevelu, puis le souleva avec un seul bras. Le nobliau se débattait, gémissant et pleurant. Il n’avait visiblement pas envie de mourir. Raseriknulla entrouvrit ses lèvres flétries, soufflant presque tendrement dans l’oreille de l’homme les mots suivants :


- Avec plaisir, petit noble…

Il enserra sa seconde et énorme main sur le visage de l’aristocrate. Puis, il écrasa. En un seul coup, il broya la tête de l’infortuné comme un œuf. Sa cervelle juteuse coulait entre ses doigts, se mêlant aux cheveux souillés et aux fragments d’os. Quelques derniers lambeaux de peau retenaient le restant de la bouillie infâme. Raseriknulla leva le corps au-dessus de sa tête, et mordit à pleine de dents dans le ventre de sa victime, déversant ainsi ses tripes sur lui et sur le sol. Ensuite, il rejeta le corps au sol, et comme si cela ne suffisait pas, il écrasa le cadavre du bougre, pantin disloqué sous son pied tordu.

Il était couvert de sang, de viscères et de sueur. Il haletait comme un animal enragé. Il hurla son nom comme un possédé. Le combat général avait cessé. La terreur avait emplit la salle face à une démonstration de violence aussi monstrueuse. C’était cru, puant et sanglant. L’homme à la cuisse blessée détala comme un lapin apeuré. Ce n’était pas exactement un silence glacé qui parcouru l’assemblée, mais plutôt une crainte tangible qui coula sur et entre les spectateurs. Quelques-uns osèrent pointer du doigt Raseriknulla, mais ce n’étaient que chuchotements. Cet acte de barbarie avait quelque peu cassé l’ambiance.

Raseriknulla se frotta le visage avec le revers de sa camisole déchirée, reniflant. Il se plaça à côté de Marius, docile, et haletant quelque peu, lui annonça, comme si cela n’avait pas été assez clair :


- Voilà qui est fait, Maître. Il ne risque plus de bouger… ehhh ehhhh…
Ses dires s’affaiblirent en un sifflement de gorge souffreteux et essoufflé.

Il avait fait ce pourquoi les Scientifiques l’ont créé. Destruction et obéissance. Son être était complet, satisfait d’avoir assouvi ses besoins fondamentaux. Une sorte de sourire malsain se dessina sur sa face tordue. Ca l’avait fait jouir. Cependant, les propriétaires de l’endroit n’avaient guère l’air aussi enchantés que lui. Le serveur était bouche-bée, toutefois, il fut le premier à dire mot :


- Ah bah… Quel beau bordel m’ssieurs… j’espère que cela en valait la peine…
Il déglutit, et ajouta non sans une petite pointe d’humour : J’me demande comment on va rattraper not’ moquette après ça…
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MessageSujet: Re: Some People Living in Hell [Pv :Bichon]   Jeu 15 Déc - 0:13

Indifférence.

Marius ressentit une grande indifférence devant l'horreur de la chose, le seul point qu'il releva, c'était qu'il allait devoir expliquer la disparition du client à Alvaro, et que ça allait être délicat. Il ne pouvait pas lui dire brusquement que son esclave l'avait explosé, le sourire aux lèvres, le visage déformé de plaisir. Il haussa les sourcils devant le nouveau silence qui s'était fait, loin de partager la terreur commune. C'était d'ailleurs assez étrange de la part d'hommes qui avaient l'habitude de ce genre de comportement, l'un s'était même enfui en courant. Il se redressa pour poser sa joue contre son poing, l'air vaguement ennuyé. En réalité, Marius était trop fatigué pour ressentir quoi que ce soit à l'instant, l'image d'une rare violence s'était imprimée sur sa rétine, et il pouvait encore la voir resurgir dans son esprit.

Ce qui le rendait moins indifférent, ce n'était pas la force d'ours de l'Objet, mais bien le sadisme qu'il avait ressenti en l'examinant agir. Il cilla en étouffant un bâillement, le seul qui restait décalé sur ce qu'il venait de se passer, il y réfléchirait plus tard avec plus de gravité. Ce n'était pas le bon moment, pas ici. Mouillant ses lèvres, agacé par la violence, il prit soudain conscience de la force de Raseriknulla. Une force qui n'avait rien d'humain, et qui aurait pu la terrifier, car il prenait conscience que l'autre pouvait lui exploser la tête d'une simple pichenette. Il remua un peu, sans pour autant se lever, tiquant à la pointe d'humour du serveur, qui pourtant n'avait rien à envier au monstre au niveau de sa masse musculaire. Habitué aux bagarres, c'était pourtant sans doute la première fois que l'Oeil du Tigre devait voir un monstre pareil. La plupart chuchotaient, désignant l'Objet de Marius, comme s'il était une bête de foire, ce dernier d'ailleurs murmura le plus naturellement du monde à Raseriknulla :


— La prochaine fois, évite de salir autant, le sang part mal. D'ailleurs, si tu te trouves ici sans moi, tu devras écouter les ordres de cet homme. Marius lui désigna le tavernier, qui affichait une mine ennuyée devant la tonne de travail qu'il devait faire. Ici... c'est plus ou moins ma seconde maison, alors tâche de te montrer moins grossier et... barbare. Ce n'est pas parce que la Garde Impérial a peur de nous qu'il faut se servir de cette taverne pour se défouler.

On pouvait sentir le reproche dans la voix du jeune homme, même vide, il reprochait un tel comportement. La lassitude le touchait déjà sur cette situation, car Marius était en train de comprendre qu'il avait là toute une éducation à faire pour Raseriknulla. Une tâche de plus à faire avant de mourir, car devant la puissance prodigieuse de l'esclave, Marius avait entrevu la Mort. Et par n'importe quelle mort, la sienne. Si Marius lui demandait de le tuer, Raseriknulla serait bien obligé de lui obéir, il ignorait ce qu'il pouvait ressentir pour lui, et il s'en foutait assez. Mourir, quitter la douleur pour toujours, c'était ce qu'il voulait. Il termina avec son flegme morbide sa bière pour finalement se lever, il poussa un soupir et jouant avec sa bourse, il alla voir le tavernier qui mesurait de l'oeil l'ampleur des dégâts. Il tonna en voyant le gringalet qui lui servait de client :

— Je veux de l'Ypocras, ta bière est trop monstrueuse, et je ne veux pas rentrer au nid, ivre comme un pinçon.

Ce n'était pas un délire de Marius, mais un code qu'il venait d'échanger avec le tavernier. Comme l'Oeil du Tigre était lié de très prés à la contrebande, et communiquait avec la cachette de Marius, ce dernier avait appris leur langage, et échangeait régulièrement avec le tavernier pour lui signaler quelque chose en particulier. Ici, le jeune homme lui avait simplement demandé d'apporter un message à son mentor pour le prévenir qu'il ne viendrait pas seul. Au moins, si Magdra était à la masure, il n'aurait pas droit à une avalanche de gros mots, mais à simple regard attendant des explications. Marius était d'ailleurs certain que même Raseriknulla n'aurait pas la moindre chance face à la grande rousse, personne ne la mettait en colère sans craindre de se retrouver avec quelques os brisés, Marius était bien placé pour le dire. Il se souvenait d'un soir, où elle lui avait donné un coup de tête, pourquoi ? Parce qu'il bourré, et donc irrité. Il haussa les sourcils, puis fouillant dans ses poches, il vida sur le comptoir la moitié de la bourse du noble, lâchant dans un soupir :

— Tiens... c'est un pourboire, ça aidera pour les réparations.

Parce qu'en plus, il fallait cacher le corps, et que Marius n'était pas en état de réfléchir sur ça.

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Merci à Dietrich/Ambroise ♥️


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MessageSujet: Re: Some People Living in Hell [Pv :Bichon]   Sam 17 Déc - 13:03

Aux mots de Marius, Raseriknulla s’apaisa. Son Maître était toujours indifférent, même devant tant de brutalité. Cela avait plu à l’Objet, car il avait pu se défouler avec délectation. Marius était quand même sacrément blasé. Il ne semblait ressentir ni joie ni peine. Il ne profitait jamais de ce genre de choses ? Etonnant pour un homme pareil, Raseriknulla se dit qu’il devait être encore plus cruel que son Maître précédent, pour rester de marbre devant pareil acte. Les moues subtiles de Marius ne pouvaient atteindre la conscience de l’Objet, et de fait, Raseriknulla s’imagina que la suite des événements risquait d’être encore plus intéressante. Somme toute, Raseriknulla se dit qu’il allait devoir être encore plus violent la prochaine fois, s’il voulait capter l’attention de son Maître.

De toute façon, il s’était calmé, son souffle n’était plus haletant, et ses muscles se détendaient, reposés, ses veines dégonflaient, quand soudain, il se rendit compte qu’il était complètement poisseux et puant. L’odeur lui sembla insuportable. « Mais qu’est-ce que j’ai fait ? », pensa-t-il. Cette idée inhabituelle lui traversa l’esprit. Après ce genre d’actes terrible, il lui arrivait parfois d’avoir en tête la voix de quelqu’un d’autre, des pensées qu’il ne lui appartenait pas, et qui lui procurait un odieux sentiment… En réalité, c’était de la culpabilité, mais Raseriknulla ne savait ressentir cela de façon humaine. Dans tous les cas, l’animal reprenait le dessus, et il oubliait ces étranges impressions immédiatement. Cela se traduisait par une absence d’une seconde, mais qui plongeait en cet instant Raseriknulla dans un état pratiquement catatonique. Haletant, brièvement figé et finalement calmé, il écouta avec attention le moindre mot de Marius, comme si chaque syllabe devait rester à jamais gravée dans sa mémoire. Un Objet ne doit pas être très malin, mais il vaut mieux qu’il retienne parfaitement les ordres qu’on lui donne.

Ainsi, l’idée de devoir écouter les ordres d’un autre homme que son Maître lui paraissait saugrenue. Le tavernier ne lui inspirait pas grand-chose, sinon la perspective d’un bon combat. Idem pour le serveur, qui se voulait lui aussi d’une carrure impressionnante. L’Objet n’avait pas entendu l’ordre, toutefois, il comprit qu’il valait mieux pour lui qu’il obéisse, c’était un conseil de Marius. Etrange, cet homme parvenait à lui inspirer intuitivement un don pour le commandement, mais sans la brutalité lâche et apeurée qu’il avait toujours subit. Rasriknulla se demanda finalement qui était vraiment Marius. L’idée de se retrouver un Maître l’avait aveuglé au point qu’il ne s’était pas posé une seule question, mais maintenant, il était sujet à une sorte de curiosité animale, il avait envie de savoir quel était le vrai pouvoir du petit homme. Toutefois, Raseriknulla était peu attentif à ce genre de réflexion, aisément distrait par l’instant et par sa propre nature.

Le tavernier lui fit signe de venir, et lui jeta une serpillère à la figure, tout en lui ordonnant de l’aider à déplacer le corps, et de nettoyer ce bazar. Rattrapant les ustensiles au vol, Raseriknulla retroussa ses babines, tel un chien prêt à mordre. Il n’avait pas d’ordre à recevoir d’un étranger, et s’apprêtant à lui enfoncer le manche du balai dans l’œil, Marius lui fit alors un signe de main discret, lui intimant l’ordre tacite d’obéir à cet homme. Se renfrognant, Raseriknulla s’exécuta, sous l’œil ébahi des spectateurs, qui n’en revenaient pas. Aidé par le serveur et quelques autres, la salle fut remise en état, comme si de rien ne s’était passé, en dehors de quelques éclaboussures de sang sur les diverses tables, mais qui auraient très bien pu passer pour des tâches de vin, ou du sang de cochon. Ce ne fut pas Raseriknulla qui cacha le corps, le tavernier prenant soin de rester discret, et après sa corvée, Raseriknulla revint docilement près de Marius qui sirotait toujours aussi mélancoliquement sa bière.


Marius déclare le départ...
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