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 Le chat miaule fort. (Pv : Zélig)

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MessageSujet: Le chat miaule fort. (Pv : Zélig)   Sam 29 Oct - 11:40

Et je me retrouvai de nouveau dans cette même salle d'entraînement, attendant cette fois-ci un adversaire plus particulier que les autres. Je devais dire que lorsque j'avais affronté Uriel d'Arken, je m'étais étonné moi-même ; j'étais avant tout un Inquisiteur, et j'attaquais de manière assez naturelle au corps à corps, mais quand je m'étais battu contre le petit despote blond, j'avais essayé ma nouvelle technique. Essai concluant puisque nous avions été impossibles à battre l'un comme l'autre, chose que je n'avais tout bonnement pas pensé possible. Et il y avait un homme parmi l'Église que je ne supportais pas, certes je ne supportais guère peu de monde, mais l'existence de Zélig Faoiltiarna m'était insupportable. Cet homme avait l'insolence d'être fort, mais d'être aussi stupide que les singes du Cirque dans lequel j'avais été l'esclave enfant, il y avait tellement de connerie dans son petit cerveau que c'était un miracle qu'il sache comment fourrer une femme, et avoir un enfant d'elle.

En réalité sa gamine, je pensais encore et encore que la mère n'avait pas été consentante, lorsqu'il lui avait fait l'amour. Je voyais ça comme une chose bien impossible, quelle femme trouverait du plaisir à être touché par un homme aussi con et laid ? Ma haine pour Faoiltiarna était bien grande, et cette haine était partagée. Il ne m'aimait pas, je le haïssais, voilà ce qu'il nous faisait un passionnant point commun. Cet homme allait simplement connaître une belle défaite, je voulais écraser ce têtard arrogant et sans saveur de ma main, je voulais asseoir ma puissance sur lui, je voulais lui faire peur, et lui rappeler que je pouvais arracher la jolie petite tête noire de sa fille, et jouer au ballon avec. C'était bien une question d'orgueil, car je n'avais pas supporté qu'un imbécile puisse me supporter dans ce domaine, certes Zélig était un Prêtre, mais j'étais Émile Paole. Moi-même donc, et rien ne pouvait se mettre en travers de mon chemin. Mouillant mes lèvres, j'avais ordonné d'une voix tremblante qu'on vienne le chercher, insistant bien que c'était ce taré d'Émile qui voulait le voir. J'étais certain qu'il viendrait, au moins pour savoir ce que je lui voulais.

Durant ce laps de temps où je me retrouvai seul, j'en profitais comme à mon habitude pour jeter ma cape dans un coin, bientôt rejointe par la chemise noire que je portais, et évidemment mon corbeau qui se posa naturellement à côté. Il émit un croassement agacé devant l'ardeur que je mettais à grandir mon orgueil, et Zélig n'aurait pas forcément tort en songeant que c'était encore une histoire de pénis. Les hommes se battaient toujours pour ça, et à preuve du contraire, je n'étais pas pourvue d'un vagin. Je bougeai ma main droite, décorée des deux bagues armures pour détendre mes muscles, je reculai un peu, et posant mon regard rouge dessus, je m'imaginais planter ces deux griffes en argent dans les yeux de ce Prêtre. Je me voyais les planter, griffer la peau tout autour de ses yeux pour faire exploser un liquide blanc et visqueux, et évidemment le tout accompagné de sang. Toujours.

Mouillant mes lèvres, haussant un sourcil quand je perçus des pas venir perturber le silence, je jetai un regard à l'Onyx avant de reporter mon attention sur cet homme. Un léger rictus passa sur mon visage impassible, un rictus amusé, mauvais et qui n'avait rien de sain, bien entendu. Je n'étais pas l'homme le plus équilibré de l'Église, et Faoiltiarna le savait très bien. Je passai une main dans mes cheveux, et prenant mon épée que je tirai de mon fourreau dans un mouvement sec, je penchai la tête sur le côté pour le toiser avec mépris : quelque chose que je n'avais jamais travaillé, ce regard méprisant. J'ouvris la bouche, et de ma voix grave comme le son d'une contrebasse, je demandai :


— Bien le bonjour Zélig, comment vas-tu ? Ton adorable fille se porte bien ? Et deviendra bientôt une femme de plus que je pourrais foutre enceinte ?

De la provocation, toujours, un moyen comme un autre de déstabiliser mon adversaire. Faoiltiarna tenait assez à son enfant pour se sentir aussitôt en danger, surtout lorsque je sous-entendais que je risquais un jour de coucher avec elle. Pour lui, j'imaginais bien l'horreur que ça pourrait être de devoir élevé un enfant me ressemblant, et ressemblant à sa fille. Intérieurement, j'étais écoeuré, même si je plaignais la gamine d'avoir pour père un tel primate. Un petit rire sans joie sortit de ma gorge, et j'ajoutai :

— Je suis certain que tu brûles de voir ça... mais si je t'ai convoqué ici, c'est pour une chose bien plus intéressante, ton cerveau de primate peut-il savoir pourquoi ? Ou bien devrais-je perdre mon temps à t'expliquer ? Ah... je crois avoir utilisé trop de mots déjà pour que tu puisses comprendre.

Sale con.

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Dernière édition par Émile Paole le Sam 29 Oct - 23:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le chat miaule fort. (Pv : Zélig)   Sam 29 Oct - 18:38

J'étais en train de boire du sa... de travailler ma magie pour la plus grande gloire de l'Église. Je ne fais que ça en fait en ce moment. Là je tenais le dos d'une dame contre ma poitrine, et le visage enfouit dans ses cheveux j'avais la bouche plaquée contre son cou et j'aspirais le sang. C'était quand même plus facile avec une personne jeune, avec un vieux je me contentais de l'artère dans le bras et c'était très bien. Le seul problème, c'est que les gens ne saignent jamais proprement, il n'y a jamais un petit filet de sang sexy qui coule le long de la clavicule. Le jet qui t'arrive en pleine poire à cause des battements du cœur, ce n'est pas une légende. Ça fait du gaspillage. Enfin la personne meurt plus vite comme ça, c'est plus pratique, et je suis chargé d'énergie à bloc avec les yeux brillants et l'Ombre qui danse dans mes veines. Et le sang dans mon estomac. Après avoir fini, j'étouffe avec peine un renvoie.

Et alors que j'allais pratiquer mon art, un jeune con vint me voir en me disant que l'inquisiteur Émile Paole voulait me voir. Devais je accourir en bon chien ? J'entrepris de me lécher une patte de devant pour la nettoyer en réfléchissant à la question. C'était la gau... la dr... je sais plus. Celle avec laquelle j'écris. Ah non, j'écris pas. Bon ben merde hein.
Bon j'irais voir, avec un peu de chance je pourrais le manger. Et le violer. Dans cet ordre. J'ai pas envie qu'il me parle pendant, ça m'ferait débander. J'entrepris ensuite de me nettoyer derrière l'oreille avec une technique typiquement féline, sous l'œil atterré du jeune machin. Pourquoi faire ça ? Je ne sais pas ! Ça n'a aucun intérêt les trucs de chat dans le domaine martial. La magie de l'Ombre est pourtant plutôt offensive pourtant... les autres sont obligés de pousser pour manipuler une malheureuse ombre, moi c'est plutôt ne pas exploser et laisser des morceaux partout à cause de la puissance qui me pose problème. Normal que je sois à coté de mes pompes et que je me laisse emballer par la magie. Quand je ne bois pas de sang, tout va bien, mis à par que ma vue baisse dangereusement. Mais quand j'en ai dans l'estomac, une fois que la personne est morte... j'ai obscurément envie de courir après les choses qui bougent juste parce qu'elles bougent et j'ai envie de faire mes ongles sur le papier-peint. Et de violer n'importe quoi aussi. Ça m'horrifie quand je suis à jeun, mais c'est juste un besoin à satisfaire sous de plus favorables auspices.

Donc je suis allé voir ce que me voulait l'autre couillon. Il était torse nu. Je haussais un seul sourcil face à ce spectacle – crois bien que ce type d'expression requiert un long entrainement pour être maitrisé, mais une fois cela fait ça donne une classe incomparable à l'heureux possesseur des-dits sourcils. Bizarrement, les remarques sur ma fille ne m'ont pas mis en pétard. Je savais que c'était que du vent, et que ça n'allait pas m'empêcher de le manger.

- J'ai pas entendu dire que les eunuques pouvaient foutre les filles en cloque, mais bon. Enfin elle a sept ans, un peu jeune. Je lui dirais que tu lui passes le bonjour. Elle a appelé son ours favori comme toi tu sais.

Il s'en foutra complètement. Il comprendra pas, je ne sais pas pourquoi je lui dis ça. Enfin je suis un peu à coté de mes pompes. Il me dit ensuite un tas de truc, et il a parfaitement raison : les structures de phrase sont trop compliquées pour moi, et elles sont trop longues. Je fais style je comprends en prenant l'air intéressé alors que je bite que dalle.

- Ouais donc, tu veux quoi là, à moitié à poil au milieu de la pièce ? J'te préviens, la magie me permet pas de te rendre tes couilles disparues.

Je croise les bras sur ma poitrine. Je suis couvert de sang de la ceinture à la racine des cheveux. Qu'est ce qu'on peut bien me vouloir dans cet état là ?
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MessageSujet: Re: Le chat miaule fort. (Pv : Zélig)   Dim 30 Oct - 0:41

L'enfant de Faoiltiarna avait donc donné mon nom à son ours en peluche, une information dés plus insultante et irritante. En même temps, lorsqu'on voyait le père qui se battait comme un forcené pour faire fonctionner ses deux seuls neurones, on ne pouvait pas espérer un meilleur avenir pour la fille. On pouvait au moins espérer pour elle qu'en grandissant, elle hériterait d'un physique plus avantageux que celui de son père, et qu'ainsi, elle évoluerait dans la prostitution et autre joie de ce genre. Au moins, elle aurait un avenir, et je fronçais les sourcils devant ces grands projets, si la discussion venait un moment ou un autre à manquer avec ce primate, je pourrais l'aider à choisir l'orientation de sa fille. Bien évidemment que je n'allais pas la toucher, une enfant ! Je préférais leur couper la langue, briser leurs mains, et menacer leurs pères de les violer sous leurs yeux. Donc après un petit discours bien sympathique entre lui et moi, j'avançai et m'étirant, je lâchai un soupir agacé par tant de... c'était quoi exactement le mot, déjà ? Tant de malice qui ferait peur à un grand manipulateur ? On pouvait être certain que si ce primate-là était fort dans la Manipulation des Ombres, il peinait toujours à sortir quelques phrases, à croire que les heures passées à s'entraîner lui aspiraient toute forme d'intelligence. Levant les yeux au ciel, enfin au plafond, j'appelais à tout mon sang-froid pour éviter de lui sauter tout de suite à la gorge pour le saigner avec amour et tendresse. Je finis par ouvrir la bouche, après un petit moment où tentant de conserver un peu mon calme, je fis signe aux autres de partir :

— Tu ne peux pas comprendre à quel point ta belle figure pleine de mélanine me manquait !

Simple ironie, mais curieusement, j'étais plus ou moins persuadé que Zélig Faoiltiarna, simplet et bouffon de son Excellence, allait croire mot pour mot ce que je venais de lui dire. Ce type était tellement con que c'était presque criminel pour lui d'être né, c'était bien simple : si pour le bien de l'humanité, on devait m'enfermer dans une cellule, lui... on aurait dû le tuer dés la naissance, pour le bien de tout le monde, et pour mon bien aussi. Passons, si j'avais demandé à ce que Zélig vienne ici, ce n'était évidemment pas pour lui faire la conversation. C'était déjà un miracle lorsque ce taré parvenait à sortir trois mots d'affilés sans pleurer, ou se frapper le visage, non. Je passai une main dans ma chevelure blanche, je secouai la tête en frottant mon visage, déjà fatigué par sa présence. Je fis quelques pas, et sifflant entre mes dents, je laissai mon oiseau revenir vers moi. L'Onyx planta aussitôt ses serres dans mon épaule, et non sans orgueil, je repris la parole avec une certaine lenteur, essayant de trouver des mots simples pour que ce dernier soit en mesure de comprendre leur sens, et ce que j'attendais de lui :

— Je ne sais pas... si... tu as... écouté les rumeurs, mais j'ai... je fis une pause pour tenter de prendre un mot qu'il comprendrait avec facilité, exercice difficile, je repris : je me... suis bagarré avec Uriel d'Arken, et... nous... avons presque failli nous tuer.

Je poussai un autre soupir, levant les yeux au ciel, je mordillai ma langue pour calmer les envies de meurtre que la présence de ce simple idiot pouvait provoquer chez moi. Croisant les bras, je jetai un autre regard derrière le primate, le con par excellence, et content de voir que nous étions seuls, j'ajoutai :

— J'ai... créé mon propre sort, mon don comme toi, et je voulais simplement voir ce que ça donnait... son Excellence est de faible constitution, et...

Passant cette fois-ci mes deux mains dans ma chevelure immaculée (note d'Indi : bon sang ce perso est un connard de poseur), je secouai la tête et fis d'autres pas. Mon épée en main, mon corbeau sur mon épaule, je penchai la tête sur le côté pour le toiser avec mon mépris... non pas habituel, mais bien « spécial » : je haïssais certes tout le monde, et méprisait un peu de tout. Mais avec Zélig Faoiltiarna, c'était légèrement différent : il faisait partie de ces personnes qui de par leur simple existence, me donnait l'envie brutale de leur enfoncer la tête dans le mur pour observer l'éclatement du crâne, et voir le sang, cette belle couleur exploser tout autour de lui. C'était une haine qui avait sa nuance, tournée de manière bien différente des autres. J'avais été autrefois jaloux de Zélig, et désormais, j'avais atteint l'endroit même, où il avait excellé. Il était temps pour moi d'asseoir ma puissance sur lui, même s'il était fort probable que le Haut-Prêtre vienne chercher nos morceaux de cadavres un peu partout dans l'Église, ça ferait une jolie décoration, pourtant.

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MessageSujet: Re: Le chat miaule fort. (Pv : Zélig)   Dim 30 Oct - 9:38

Il était en forme le bougre. Après avoir insulté ma fille, il m'insulta moi. Il m'avait déjà traité de primate pour se mettre en jambe – un petit rituel qui me fait toujours plaisir – et maintenant il s'amusait à parler tout doucement pour que je comprenne bien. Bon, je pêchais un peu au niveau du vocabulaire, mais j'arrivais quand même à comprendre une phrase prononcée normalement. Donc – ai je compris après toutes ces phrases laborieusement prononcées – il s'était battu contre Uriel. Soit. Et ils y étaient pas allé de main morte puisqu'ils avaient failli en crever. Bon, je suis pas monté fin comme garçon, mais je pressens ce qu'il va me demander : un autre combat. Uriel il est gentil, mais si tu souffles un peu fort le pauvre homme s'écroule dans des gargouillis plein de sang. Moi c'est pas la même tambouille, tu peux bien me reprocher ce que tu veux, j'ai une santé excellente, le pelage brillant et l'œil vif. Sauf les yeux évidemment, mais je suis pas con au point de lui dire à ce corniaud là. Une phrase comme « attention j'y vois presque plus » serait suivi d'un grand rire machiavélique et d'un pilonnage massif. Il veut donc qu'on s'entretue ?

Épée en main et corbeau sur le coté, il veut ça. Tester son sort de merde sur moi. Ouh, comme ça doit lui mettre le kiki tout dur d'en avoir un ! Enfin il peut espérer peut être dans une pièce noire et si j'suis drogué m'infliger une petite égratignure. Mais niveau magie je ne crains personne – sauf Uriel évidemment, mais c'est pas pareil il ne veut pas me tuer.

- Attends deux secondes que j'me mette en condition, mon petit tas de saindoux.

J'ai porté les doigts à ma ceinture en cuir épais pour en défaire les sangles, puis une fois ça par terre j'ai enlevé ma tunique. J'ai plié le tout machinalement, par la force de l'habitude de quelqu'un ayant un enfant de sept ans, puis j'me suis attaqué aux bottes et au pantalon – j'me suis mis dos à lui pour le pantalon quand même. J'ai soigneusement posé mes fringues pliées impeccables dans un coin et j'me suis étiré – un peu pour que Émile voit combien j'ai le dos musclé, mais on peut être deux à être poseurs hein. C'est marrant, il m'a pas sauté dessus pendant que je me dessapais, soi il a intégré quelques notions de fair play, soi il a estimé que c'était moins marrant. Devine quelle option a ma préférence. De toute façon j'étais resté aux aguets quand même, parce que faire confiance à Émile pour pas qu'il vous bute dans le dos, c'est comme faire confiance à un feu pour pas brûler.

J'ai commencé à me transformer. J'ai vu mes mains devenir beaucoup plus griffues, et mon corps changer jusqu'à ce que la position quadrupède soit la seule option envisageable. Mon corps s'est couvert d'une fourrure noire et brillante, et surtout les ombres m'ont couvertes. C'est un bouclier, je dis pas qu'il tiendrait contre des assauts massifs mais... Émile ne manipule pas les ombres non ?

J'aurais pu sauter sur lui mais je me suis contenté de me lécher le museau et de me mettre à ronronner. J'allais lui bouffer la tête après tout, il y avait de quoi. Ça lui apprendra à parler mal de ma fille, de mon petit bébé à moi. Je l'aimais quand elle dépendait entièrement de moi pour vivre, et je l'aime encore plus quand je la vois grandir et mûrir. Mais ça reste le bébé à son papa, évidemment.
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MessageSujet: Re: Le chat miaule fort. (Pv : Zélig)   Dim 30 Oct - 12:05

Non sans étonnement, je crus comprendre que Zélig Faoiltiarna connaissait la signification du mot « saindoux », ou bien dans une tentative désespérée de se mettre à mon niveau, il trouver par miracle un mot dans son cerveau dont il ne savait rien. Approuvat en levant les yeux au ciel, les bras croisés, j'attendis que Zélig se prépare au combat ; il était vrai que j'aurais pu profiter de ce temps pour lui sauter à la gorge, mais le combat n'aurait pas eu la même saveur. Je voulais une victoire totale sur lui, lui prouver qu'il n'était rien face à moi, et que rien n'était capable de me vaincre. J'étais l'Inquisiteur le plus puissant, et j'étais capable des choses les plus atroces, lorsque poussée par la haine, j'agissais. Je haïssais et je méprisais cet homme, toutefois, je ne pus caché mon étonnement, lorsque je le vis se transformer peu à peu en une chose curieuse. Son corps se recouvrit d'une seconde peau, toujours noire, mais poilu alors que lentement, Zélig retournait à son état naturel : un animal. Le plus surprenant n'était pas ce pouvoir, mais sa transformation : en effet, j'avais cru sur l'instant qu'il allait devenir un singe, sa véritable nature, mais en réalité il ressembla à une sorte de félin. Je dus fouiller dans ma mémoire d'enfant pour retrouver le nom, une panthère, un frisson de fureur courut sur mon échine.

Voilà que ce connard me rappelait ces sombres souvenirs, qui malgré les années restaient enfoncés en moi, criant sous ma chair dans mes quelques moments d'inattention. Je lâchai un petit « hum » sans plus de commentaire, luttant contre mon côté provocateur qui m'aurait poussé à frapper dans mes mains pour applaudir cette performance, je ne voyais par contre pas le bouclier. Zélig ne savait pas que j'étais un des rares Inquisiteurs parvenant à manipuler l'Ombre ? Bien, il comprendrait bientôt sa douleur. Je le sous-estimais peut-être un peu, mais aveugle à ma propre force, je fis quelques pas en sa direction. Ma main sur mon épée, mon corbeau sur mon épaule, je baissai légèrement la tête pour fixer la masse hirsute noire. Je l'enviais sur l'instant de pouvoir se transformer, comment voyait-il le monde sous cette forme ? Comment verrais-je le monde si moi aussi, un jour ou l'autre, je pouvais me transformer en loup ? Ce que j'étais au fond de moi ? Je ne voyais plus deux hommes, bien parce que Zélig était devenu une panthère, mais pas seulement : je voyais un félin contre un loup. J'avais quelque chose d'animal moi aussi, une force brute et indomptable. Il était temps que le loup se réveille, et laisse éclater sur cette face noire et hideuse sa rancune. Je lâchai mon épée qui roula sur le sol, et tendant les bras en forme de croix, tendus comme la corde d'un arc, je laissai apparaître un léger rictus au coin de mes lèvres.

Mon ventre brûlait, mes tripes se resserraient péniblement, et pourtant ! Cette excitation ! Cette adrénaline me rendait fou d'amour pour le combat, le sang, et la violence. Le carnage débutait, le hurlement du silence se fit, et brutalement, je sortis — probablement — du champ de vision de Zélig. Je me retrouvai bien derrière lui, prés du mur, les yeux fermés, je posai ma main sur le mur. Le corbeau s'était levé, et au-dessus de la tête de notre proie, il émettait des croassements amusés, se délectant de ces deux imbéciles d'être humain qui se battaient pour une raison complètement ridicule. Mordant ma lèvre, j'émis un grondement rauque, et tout à coup, le monde disparu autour de moi, et je me retrouvai dans le néant. Cette vision folle de mon avenir se peignit dans mon esprit, tandis que les sons ne venaient plus, tout comme les images de la réalité, pour cause, j'avais fermé les yeux pour les ouvrir sur une nouvelle terre. J'étais seul, debout au milieu d'une terre désolée, emplie d'arbre mort. Le vent passait froidement dans mon dos, et les poings fermés, j'observais la mort déployer ses grandes ailes noires sur cet horizon déjà pourrissant.

Je m'y plaisais dans cette dantesque solitude, où seul, je pouvais contempler mon âme. Il y avait quelqu'un d'autre ici, là, je ne le voyais pas encore, mais je pouvais deviner sa présence, une ombre frêle et tremblante au loin. Évidemment, ma main sur le mur n'était pas là par hasard, mais une raison bien dangereuse pour Zélig : mon ombre se reflétait sur la surface rigide, et lentement, des sortes de plumes apparurent à mes pieds et au niveau de cette main tendue. Des plumes qui bougèrent lentement pour tomber sur le sol, grimpant vers Zélig, et brusquement, elles se levèrent vers le plafond pour le frôler. Le corbeau se reposa sur ma cape, la tête penchée sur le côté, il contempla le spectacle : les plumes devenaient alors des tentacules, qui sans la moindre once d'hésitation encerclèrent Zélig pour l'attaquer avec violence. Le loup avait faim, la panthère serait-elle son nouveau plat ?


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MessageSujet: Re: Le chat miaule fort. (Pv : Zélig)   Dim 30 Oct - 17:10

Je me léchais la pattes en le regardant. Il ne disait rien. Je marchait un peu en le regardant avec la fixité typique de la panthère qui sent la moutarde monter, il ne se passait rien. Il semblait juste furieux, mais ça c'est habituel. Je l'ai rarement vu heureux ou serein, enfin je t'en ai déjà parlé. Émile il veut mettre des coups de poing dans le ventre du monde entier, tout le temps. Je sais même pas si il me calcule moi, parce que bon, j'suis p'tète con comme un buffet, mais pas spécialement haïssable. J'veux dire, j'suis pas un gars méchant. Enfin nécromancie mise à part, évidemment, mais c'est pour le boulot ça, ça compte pas.

Émile s'est mis à marcher dans ma direction et j'ai feulé. C'était un bien beau feulement, tout en longueur avec léchage de babines à la fin et grondement aigu qui continue même la gueule fermée. J'ai gonflé mes poils aussi, et j'ai donné des coups de pattes dans le vide en sortant les griffes. Et Émile avait même pas peur ! Alors que je suis drôlement gros et féroce. Donc je l'ai regardé avec la fixité typique des félins qui peuvent pas bouger leurs yeux dans leurs globes oculaires. De toute façon, mes yeux, je pouvais bien les tourner dans tous les sens que je n'y verrais pas plus.

Puis il a lâché son épée, mis les bras en croix et disparu. J'ai miaulé, mais comme une bête de cent cinquante kilos qui miaule, ça n'avait rien de mignon. Émile apparut derrière moi, comme je l'ai entendu plus que vu. Je me suis retourné laborieusement et pendant ce temps la magie a commencé. J'ai feulé à nouveau. Il manipula les ombres. Ah oui ! Son sort tout pourri ! Des plumes apparurent, qui se transformèrent en tentacules pour m'attaquer. Il maitrise bien ses effets ! Enfin rien à foutre, j'vais démonter sa petite attaque de merde puis j'vais faire la même chose à son cul. Ça lui apprendra à chercher la merde. J'ai rien demandé hein, il veut se faire taper, t'as bien vu ! Dans mon état normal j'aurais dit non, là c'est une trop bonne occasion de manger à l'œil.

J'ai donné des coups de patte dans les tentacules. Que je suis con. Tout ce que j'ai réussi à faire, c'est de me pourrir une jambe de devant. Un peu de sang a giclé tandis que moi je sautais en arrière en donnant des coups de patte avec vivacité en feulant comme un dingue. Mes ombres à moi m'ont protégé de la majorité des attaques, mais j'ai flippé quand j'ai senti une tentacule se refermer sur une jambe de derrière. Et j'ai hurlé quand elle l'a brisé. Une belle forme si longuement travaillée pour se faire briser la jambe ! Y a de quoi se les bouffer, avoue.

J'ai envoyé un bon massif d'ombres à la gueule d'Emile tout en me débattant avec les attaques que je subissais et en oubliant pas de hurler de douleur à m'en faire péter les poumons à chaque mouvement. Ça allait être bref, ou disons qu'il fallait me laisser trente secondes que je me soigne, ce que les tentacules ne me laissaient pas, évidemment, puisque je trainais mon débris de jambe derrière moi. C'est là que j'ai capté que ça avait une tête de combat à moi, et que j'avais bien fait de lui envoyer plein de piquet d'ombres à la gueule, à l'autre corniaud. Avec un peu de chance il s'empalerait dessus et je pourrais le manger.
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MessageSujet: Re: Le chat miaule fort. (Pv : Zélig)   Dim 30 Oct - 20:52

Le silence avait éclaté dans ma tête, ne laissant pas la moindre trace d'un son, même pas d'une pensée. Le vide m'envahissait, gigantesque, et dévorant tout sur son passage. Je ne comprenais plus le monde, je ne le voyais plus, et je me laissais envahir par ce calme. J'étais dans ma transe, et c'était la première fois qu'une image bien différente de celle que j'avais d'habitude s'imprima sur ma rétine, une image ressemblant au passé, mais sans Ishtar. Je restais debout sur cette terre ruinée, souillée par la misère humaine, les arbres morts grimpaient un peu partout, tandis que le vent caressait ma joue, je pouvais sentir une autre présence ici. Ce n'était pas quelque chose d'humain, ce n'était pas quelque chose d'animal, c'était unique, sans doute entre les deux, sans doute entre la réalité et le fantasme. Maladroitement, tendant une main devant moi, je fis quelques pas pour retrouver cette chose. Je pus apercevoir une silhouette pâle cachée sous la terre, une touffe de cheveux blancs, et un regard si empreint de haine qu'on ne pouvait pas imaginer que c'était celui d'un enfant. Je fis un pas en sa direction, mais la créature fonça dans la terre, déformant celle-ci, alors que des plumes noires tombaient sur nous, venant d'un ciel gris et sombre, sans soleil.

La chose ne voulait pas bouger de son trou, et pourtant, je finis par poser un genou à terre, agacé. Je poussai un soupir, et posant ma main sur les racines d'un arbre mort que j'arrachai, je cherchai à rencontrer le visage blanc du gamin. C'était bien ça ? N'est-ce pas ? Mais aussitôt que je le touchai, je sentis de petites dents pointues se planter dans mon doigt, j'enlevai ma main pour lui donner une gifle remarque. Toutefois, ça ne l'arrêta pas, puisqu'il grogna et sortit brusquement de la terre pour me sauter à la gorge. Je l'esquivai pour finalement me saisir de la peau de son cou, et de le jeter sur la terre, furieux contre cette immonde petite chose qui... qui n'était rien d'autre que moi, enfant. En habillant, l'enfant sans nom qu'autrefois j'avais été m'envoya un regard craintif et farouche, il creusa la terre de ses petites et jolies mains blanches. Cependant, lorsqu'une plume de corbeau tomba sur celle de droite, l'enfant hurla de douleur et bondissant en arrière, il se replia sur lui-même en tenant sa main pleine de sang contre sa poitrine. Je le fixai, froid, distant, ce n'était pas parce qu'il s'agissait de moi que j'allais venir jusqu'à lui pour le prendre dans mes bras. Bien au contraire, puisque marchant d'un pas raide, je le pris par les cheveux pour lui envoyer un regard noir. L'enfant poussa plusieurs cris étouffés, et la main pleine de sang, il l'envoya sur mon visage. Je le relâchai aussitôt, et... et quoi ?

L'odeur soudaine du sang pénétra mes narines, et aveugle, je rouvris pourtant les yeux sur le monde. Je ne perçus pas tout de suite le coup que me porta mon adversaire, en fait, je n'avais même pas deviné que je l'avais blessé, et qu'il me lançait une riposte. L'ennui avec ce sort, c'était que malgré sa puissance, il restait difficile à manipuler pour moi. Des choses me touchèrent, mon sang coula sur le sol, et la seule chose que mon oreille put entendre, ce fut le cri étouffé et apeuré de l'Onyx. Je me repliai aussitôt sur moi-même, sachant que je devais vite changer de position, et me retrouvant à quelques mètres seulement de la Panthère, je posai un genou sur le sol. Mon bras était gonflé, je ne savais pas ce qu'il s'était passé, et sifflant entre mes dents, je grondai intérieurement de me retrouver incapable de parler.

Et pourtant ! Je me relevai, sortant à peine de ma transe, je décidai d'y entre à nouveau. Je considérai la silhouette sombre et floue de ce sale con, et me concentrant, je frappai le sol de mon poing. Les tentacules changèrent de stratégie, bientôt rejointes par d'autre, elles se levèrent vers le plafond pour s'éparpiller dans toute la salle. Le corbeau fondit alors sur Zélig, et plantant ses serres dans sa jambe déjà blessée, il y enfonça son bec pour le picorer, et s'envoler de nouveau. Les Ombres s'étaient toutes éloignées de Zélig, calme, soudain, le silence était revenu. Je respirai péniblement, et poussant un grondement, je ne voyais toujours pas, ou trés peu. Je ne percevais pas plus de son, mais je ne bougeais pas. Si Zélig faisait mine de bouger pour m'attaquer, tous les tentacules éparpillés dans la salle viendraient l'encercler pour lui rompre les os. Du sang sur mon bras ? Je léchais celui-ci d'un coup de langue, un sourire vint orner mon visage, et penchant la tête, je demandai :


— Alors... c'est tout ?

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MessageSujet: Re: Le chat miaule fort. (Pv : Zélig)   Dim 30 Oct - 21:21

J'avais mal à la jambe. Je m'étais rarement fait blessé comme ça, et jamais aussi rapidement. Si on fait monter les enchères... ben y a quelqu'un qui va finir avec ses boyaux comme guirlande de Noël accrochés aux lambris. Pas moi, j'espère. Enfin revenons en à ma jambe. Excuse moi je fais une fixette, je sais, mais ça fait quand même gueuler à plein poumons de douleur, et c'est assez effrayant une panthère qui hurle à la mort. Disons que ça ressemble à un très très gros miaou. J'ai essayé de me lécher un peu la patte, par réflexe, mais j'ai cru crever de souffrance, comme si au lieu d'un innocent coup de langue j'y avais envoyé une bombe H. Donc oui il y avait l'inconscient d'Emile tout ça, c'était très bien, mais j'avais autre chose à branler que me soucier de ce que foutait ce con dans sa tête. J'étais bien assez occupé à avoir mal.

Donc, outre le problème de la douleur, se posait le problème autrement plus emmerdant de la mobilité. Je pourrais me guérir avec la magie du sang, makis ça exigeait qu'on me laisse respirer deux secondes pour me concentrer, pas qu'on m'attaque de partout avec des tentacules. J'avais peur de m'évanouir, tout ce qui me faisait tenir c'était la peur de mourir et de laisser ma fille toute seule. Il me fallait bien ça pour tenir éveillé alors que ma jambe de derrière était reliée à mon corps uniquement grâce à quelques ligaments et deux trois fragments d'os. J'ai peur de mourir. Mon dieu.

Les coups ont cessé, le corbeau est venu me torturer – là encore j'ai craint pour mon état de conscience tellement j'ai douillé – et Émile est venu se vanter. Il allait pas le faire longtemps. J'ai feulé, j'avais les yeux fous à cause de la souffrance, j'étais couvert de sueur du museau à la queue et je bavais de l'écume blanche mêlée de rouge. Un spectacle de toute beauté. J'ai fait l'indécis, celui qui se prépare à bondir – alors que j'étais autant capable de bondir que de poser une division – puis j'ai lâché les vannes de ma magie pour assommer Émile, ou l'occuper un peu le temps que je me casse. J'ai galopé sur trois pattes en hurlant à chaque seconde de douleur, et jamais on a vu une porte voler comme ça hors de son cadre parce que je l'avais fait sauter à la magie faute de doigts pour utiliser la clenche. Il fallait que je sorte de la pièce, dans un petit espace clos ma puissance brutale et mes grandes dents ne me servaient à rien, la pièce était trop petite pour moi.

J'ai sautillé jusqu'au cloitre – tu vois ce que c'est, y a de la verdure au milieu – et j'ai foncé dans un buisson d'épineux. Parce que ça pique le malheureux qui n'aurait pas de fourrure et qui voudrait me suivre quand même. Un réflexe de survie con. Il me fallait trois putain de secondes. Trois. Ressouder ma jambe, c'était la priorité. Je m'y suis appliqué et me suis retrouvé... sous forme humaine. Trop pompé. Merde ! C'est pas le moment. J'ai rampé hors du buisson pour aller buter quelqu'un avant que Émile me rattrape, me griffant le dos et le cul au passage grâce aux épines. Je pourrais le tuer sous forme humaine, évidemment, mais sur le coup ça m'a paru... pas judicieux. Je pourrais pas lui déchiqueter la gorge correctement avec mes dents de paisible omnivore qui mange des petites bêtes et des fruits. Il fallait que je bute quelqu'un, et dans genre trente secondes. Les panthères courent vite, mais Émile aussi que je sache, c'est un inquisiteur, pas mémé qui fait sa promenade. Peut être qu'il est déjà là et que ça le fait marrer de me voir me cacher dans un buisson. Merde. Merde merde merde.

J'ai buté quelqu'un dans le cloître, un novice. J'ai pas trop regardé qui. Un prêtre m'a croisé, stupéfait. Un grand black nu aux yeux fous et couvert de sang qui égorge quelqu'un avec les dents, ça se voit pas tous les jours. J'me suis retransformé et je suis parti à la rencontre d'Emile pour le pulvériser, et je sentais mon corps qui me préparait une note salée pour les excès du jour. Mais pas tout de suite. Alors je suis allé à la rencontre d'Emile et je lui ai balancé une bonne décharge d'ombres à la gueule, pour qu'il comprenne c'est qui le patron.
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MessageSujet: Re: Le chat miaule fort. (Pv : Zélig)   Ven 11 Nov - 22:35

Un grondement animal et douloureux, c'était bien ça que j'avais perçu ? Ou bien était-ce une autre hallucination ? J'avais les yeux ouverts, et je ne pouvais pas voir, le monde était perdu dans une noirceur que j'avais trop connue enfant, cette fois-ci je ne pouvais pas en deviner les contours. Je grinçais des dents, toujours incapable d'émettre le moindre son, la gorge en feu, le corps raide de souffrance, je ne savais pas ce qu'il s'était passé, et c'était incroyablement frustrant ! Je pouvais toujours me battre, mais je ne pouvais pas déterminer la position de ce connard de macaque ! Je fermai le poing, lentement, furieux de ce Don qui ne me servait à rien ! À quoi bon imiter les Prêtres si je ne pouvais ni voir et entendre ? Une sensation de brûlure me traversa l'épaule, et un bec rude toucha ma joue, je hochai la tête et lentement, je cherchai l'aile de mon oiseau pour le flatter. La brûlure s'en alla et le corbeau émit un croassement rauque, je fronçai les sourcils, étonnés d'avoir écouté ce cri, l'ouï me revenait. Incertain, je fis un pas en avant pour tenter de retrouver la présence de mon adversaire, je sentais l'excitation revenir, et je fulminais toujours.

Cependant, comme si mon sang brûlait dans mes veines, comme si mon corps s'était soudain transformé en torche, l'envie de coudre la bouche de ce sale con avec sa propre peau me donna des frissons. J'étais Émile Paole, j'étais l'Inquisiteur le plus puissant, et ce n'était pas un singe de bas étage, incapable de s'exprimer autrement que par des grognements, con au point de donner le sein à sa fille qui allait me faire peur, je serais le seul vainqueur. Un cri de terreur perça mes tympans, et serrant les dents, je secouai la tête pour me remettre à marcher, je ne voyais rien, toujours, mais j'avais l'impression d'entendre le moindre bruit avec une exactitude effrayante. L'espace d'une seconde, j'avais cru percevoir les derniers battements d'un coeur affolé de mourir, et j'avais senti l'horreur de ce gamin se répartir dans tout mon corps. Ensuite, c'était des bruits de pas, ou de pattes, je ne savais pas exactement qui me vint, j'étais certain que c'était lui. Je n'avais pas sus que j'avais blessé ce sale con, et je ne savais pas non plus s'il était revenu à sa forme humaine.

Un croassement m'avertit de quelque chose, et aussitôt, je me repliai sur moi-même pour accuser le choc. Ma tête cogna quelque chose, quelque chose de dur, et du sang ne tarda pas à couler contre ma tempe, mais pas de quoi avoir peur, ce n'était rien. Je n'étais pas un homme, si Faoiltiarna était une panthère, moi j'étais un loup, et rien ne m'arrêterais, rien. Nous étions dans nos caractères une opposition parfaite : Zélig agissait pour protéger sa fille, et moi-même si j'allais être père, je me battais simplement pour le plaisir de tuer. Il était capable de se transformer en panthère ? Si je devenais prendre une forme animale, ce serait le loup, rien d'autre qu'un chat et un chien. Contre le mur, le corps tendu comme la corde d'un arc, je posai une main tremblante contre la surface dure, je n'avais pas encore recouvré toutes mes capacités, mais j'allais user une seconde fois de ce don. Je me concentrai, mes ongles se plantèrent dans la roche, et émettant un grondement rauque, je posai ma tempe contre la pierre, et me concentrai. L'Onyx se posa dans un coin, devinant toujours ce qu'il se passait dans ma tête, il s'était assez éloigné pour éviter de se prendre un coup perdu.

Un autre hurlement, semblable à celui d'un loup hurlant à la lune, et mon ombre se mit soudain à grandir. Elle grimpa sur les dalles, elle grimpa jusqu'à se lever sur ses jambes et se déforma pour exploser en une multitude de plumes-tentacule. Certaines foncèrent jusqu'au plafond pour se plier et fondre sur ma proie, alors que d'autres se contentaient de se coucher sur le sol pour saisir ses pieds. Je ne savais pas si ça marchait, mais je reculai moi-même pour éviter de me prendre la réplique de Zélig. La main toujours tremblante, j'essayais une chose que je n'avais jamais tentée auparavant : j'étais toujours axé sur l'offensive, mais cette fois-ci, d'autres tentacules apparurent, non pas pour attaquer Zélig, mais bien pour se dresser autour de moi et faire comme les barreaux d'une prison. Une cage d'ombre capable de me protéger, et fronçant les sourcils, je poussai un soupir ; le monde me restait imprécis, mais je n'étais plus aveugle, même si je voyais trouble. Un sourire malsain se colla à ma figure, et je fixai la silhouette noire de Faoiltiarna, allez viens, sale con, viens goûter à la défaite, ta fille, je la ferais pleurer de ta mort !

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MessageSujet: Re: Le chat miaule fort. (Pv : Zélig)   Dim 13 Nov - 13:54

D'autres tentacules en plume ! … oui moi aussi je trouve que cette phrase sonne bizarre, mais j'ai pas trouvé comment mieux formuler mon exclamation de surprise mêlée d'angoisse. Ces trucs m'ont démonté la patte y a pas cinq minutes, y a de quoi bouleverser n'importe qui. Je feule en direction de l'ennemi en cherchant désespérément comment esquiver ces attaques si déterminées à me démonter façon lego.

Émile quant à lui s'est entouré d'ombres pour se protéger. C'est exceptionnel qu'un inquisiteur manipule aussi bien, ça te donne un type capable d'attaquer au corps à corps, ayant eu toute l'éducation du parfait petit fanatique à la recherche de l'hérésie, mais avec de la magie en plus. Un type dangereux, y a de quoi se chier dessus donc.
Mais ne suis je pas moi même un des prêtres les plus puissants ?

J'essaye de reprendre le contrôle de ses ombres à lui pour les briser, volonté contre volonté. J'arrive à les dévier en majorité, même si bientôt mon pelage est moite de sang à cause des écorchures dessus. En je saute un peu partout en même temps pour esquiver. Du coin de l'œil, j'arrive à distinguer un public de prêtres, d'inquisiteurs et de novices qui nous regardent d'un étage au dessus – nous sommes dans le cloitre, il y a des fenêtres au dessus. Ils n'ont pas l'air d'apprécier, je viens de tuer un novice après tout. Zélig : un point contre son camp. Mais c'est Émile ! Il m'aurait sans doute tué sans l'ombre d'un remord si j'étais resté au sol, blessé. Mais ça reste la mort d'un des notres, une des pires conneries qui soit. Et tous ces glands me regardent me débattre pour ma vie, sans réagir. Je ne sais pas si Émile me tuerait vraiment, mais je ne préfère pas m'arrêter pour le demander.

Finalement je vois une ouverture, et je saute. Je puise profondément en moi pour faire un trou dans la barrière d'Emile, je me mets à saigner du nez. Ça a l'air anodin comme ça, mais ça veut dire que j'ai tellement pompé que mes veines du museau ont explosé à l'intérieur. J'espère que rien de plus grave n'a pété en moi, enfin je m'en apercevrai assez vite si une grosse artère se met à se vider en moi. Mon cœur bat vite, et me fait mal aussi.

Mais tout ça vaut le coup, puisque j'arrive à enfoncer mes crocs dans l'épaule d'Emile en le faisant tomber en arrivant sur lui de tout mon poids. J'ai raté la gorge. Je serre la mâchoire et je me tiens. Pour esquiver ses ombres, je suis obligé de le trainer derrière moi. Mais elles me harcèlent, et je sens une pression énorme sur ma cage thoracique. Les ombres veulent de nouveau entourer Émile, et mon poitrail est un obstacle ! Je peux presque entendre les gémissements de mes cotes en train de se faire écrasées, j'ai du mal à respirer. L'œil injectée de sang d'une panthère géante aux abois et folle de douleur se focalise sur celui de l'inquisiteur. Puis je desserre les dents après l'avoir trainé cinq mètres en zig zag – on voit bien que je l'ai trainé parce qu'il y a une grosse marque de sang.
Je lâche avant de me faire écraser.

Je bondis plus loin et reprends mes manipulations désespérées pour endiguer le flot de tentacules. Quelque chose me claque en plein museau, ouvrant une plaie magnifique dévoilant jusqu'à mes gencives, quelque chose de bien net. Je miaule de douleur, activant les muscles mutilés de ma mâchoire, ce qui me fait encore plus mal.

Sous le choc de la douleur, j'envoie une nouvelle pique d'ombre droit vers Émile, malgré moi, ça m'échappe.
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MessageSujet: Re: Le chat miaule fort. (Pv : Zélig)   Lun 14 Nov - 11:02

Douleur.

Le loup émit un grondement de souffrance, lorsque la panthère planta ses crocs dans son épaule. Sur l'instant, je sentis comme plusieurs aiguilles s'enfoncer dans ma chair, et puis finalement, ce fut une brûlure qui s'étendit dans mon corps, comme un poison mortel. Un spasme me secoua, alors que je subissais le supplice sans pouvoir réagir, mon sang gicla autour de moi, et tentant de me concentrer malgré la souffrance, les ombres s'écrasèrent contre la chose qui m'attaquait. Je n'étais pas certain de ce que c'était, le monde restait noir pour moi, et effleurant le monstre, je finis par trouver une touffe de poil que je tentai d'arracher. J'avais cherché là juste une prise pour arrêter la chose, mais finalement, je me retrouvai un genou contre le sol. Zélig avait bondi plus loin, enfin c'était ce que je pouvais supposer, je me relevai en tremblant de tout mon corps.

Douleur, ô violente douleur, celle-ci me donnait le tournis et l'envie de vomir, ça faisait longtemps que je n'avais pas été blessé de la sorte. Je ne pouvais pas décrire exactement ce qu'il se passait, je pouvais juste affirmer qu'être aveugle était une chose terrible, et user encore de mon Don de la sorte, c'était juste de l'inconscience folle. Toutefois, même si mon épaule grinçait, martyrisé par les crocs de la bête, j'étais satisfait de voir que Faoiltiarna ne se retenait pas. Moi non plus, je ne me retenais pas, tentant de maîtriser les Ombres comme un Prêtre, il était temps que je retrouve mes facultés. Si je voyais une ouverture, j'allais de nouveau utiliser la Danse, mais je devais montrer que de nous deux, c'était moi le plus fort. J'effleurai d'une main tremblante ma blessure, songeant que si Zélig avait pu, il aurait été capable de m'arracher l'épaule, bien, très bien.

Malgré la souffrance, malgré l'esprit embrumé et mes yeux aveugles, l'excitation continuait de brûler dans mon ventre. Cette excitation-là n'avait rien de comparable, car elle était totalement pure et simple : pourquoi me battais-je déjà contre cet homme ? Pour rien. Juste pour le plaisir de me foutre sur la gueule avec quelqu'un d'assez fort pour ne pas crever en deux minutes. Je passai ma langue sur ma lèvre, savourant le goût de fer qui l'en avait empli ; au moins pour utiliser une seconde fois le Don, je n'étais pas rentré en transe, une bonne chose à laquelle je pourrais réfléchir plus tard. Je frottai mes yeux, quand soudain, un autre croassement m'avertit d'une attaque, mais je ne pus l'éviter ou la parer totalement. Si j'avais reculé dans un premier temps, je pus sentir l'ombre frôler sournoisement ma jambe, et celle-ci fléchit en avant. Je grinçais des dents, la mâchoire crispée, et refusant de me mettre à genoux, je me redressais. Maudissant Zélig, maudissant ces blessures qui n'allaient pas me permettre de me battre à fond, je rouvris les yeux. Le monde et sa noirceur m'étaient revenus, mais derrière un voile ombrageux, je pouvais voir à présent mon adversaire. Un petit sourire sur les lèvres, les yeux un peu fou, je les posai sur l'homme que j'avais monstrueusement envie de tuer.

Ce n'était plus une envie, c'était un besoin, et bougeant mon épaule endolorie, j'émis un petit rire en réponse à la douleur. Je fis un pas, cherchant à être le plus droit et digne possible, tout en me demandant si Zélig connaissait ses limites ; moi, je ne les connaissais pas, j'étais un loup, mais le genre de loup qui même les organes à l'air continuerait de se battre pour le simple plaisir de se battre pour le simple plaisir de se battre. Je ne pourrais jamais connaître le repos, et continuant de rire, je fondis sur Zélig avec la détermination de lui arracher la tête avec mes dents s'il le fallait ! Je fondis sur lui, la douleur hurlant en moi, la douleur se diffusant dans chacune de mes cellules, et qui éclatait comme un orage dans mon crâne. J'avais mal à la tête, et pourtant, je continuais de courir jusqu'au moment où je pus être assez proche de lui. Toutefois, je fis une feinte et je disparus quelques mètres plus loin. J'avais juste voulu reprendre mon épée, un sourire malsain sur la figure, je penchai la tête sans remarquer le public, c'était surtout que je m'en foutais. Je me mis de nouveau à courir, poussant encore dans mes limites, sentant mon esprit partir comme si j'étais sur le point de mourir, et finalement, je bondis en appelant encore une fois l'Ombre, mais pour autre chose. Levant mon épée au-dessus de ma tête, un hurlement bestial mêlé d'excitation et de douleur sortit de ma gorge, alors que brutalement, mon épée chercha à s'abattre sur ma proie. Les choses sérieuses allaient pouvoir commencer, la mise en bouche était terminée.

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MessageSujet: Re: Le chat miaule fort. (Pv : Zélig)   Ven 18 Nov - 13:50

Émile se dirigeai vers moi, je me mis à feuler dans l'attente du coup et à donner des coups de patte dans le vide. Mais il feinta et le temps que je me tourne vers lui il avait levé son épée pour l'abattre sur moi... j'ai poussé un miaulement strident en voyant vingt bon kilos de métal se diriger vers moi à toute vitesse. L'utilisation des ombres demande du temps et de la concentration, et là actuellement j'en manquais un peu parce que dans un dixième de seconde je me ferait pulvériser le crâne. Émile n'avait vraiment pas de limite, je ne doutais pas que pour m'avoir tué il serait puni, mais il n'en avait visiblement rien à foutre. Quant à moi je ne tenais pas à mourir aujourd'hui, alors j'ai fait quelque chose : je lui ai mordu sa main d'épée. Aussi fatal et vif qu'un piège à loup. Mes mâchoires se sont fermées sur sa main et j'ai senti des trucs craquer. L'épée s'est quand même abattue sur mon flanc, sans toucher d'organes vitaux mais en mordant tout de même ma chair et mes muscles. La douleur me poussa quand même à serrer les dents...

Là encore je tire Émile pour le trainer, parce que sa fait mal et que je ne veux pas lâcher ma prise. Mes mâchoires sont comme un étau. J'ai envie de dire « j'ai gagné, regarde comme tu es bien niqué maintenant » mais je ne peux pas parler, évidemment, alors je me contente de le fixer avec mes gros yeux injectés de sang. Je recule lentement dans le couloir, sur trois pattes valides, pour bien qu'il sente chaque traction de son bras dont les nerfs doivent être en feu maintenant, puis j'entends un bruit.

Un bruit que je reconnaitrais entre mille, celui du pas d'Inanna en train de descendre joyeusement un escalier. Je me retourne, avec toujours la main d'Emile entre les dents, ce qui le fait tomber - on ne résiste pas à une traction venant d'une bête de cent cinquante kilos. Inanna trébuche sur une flaque de sang dans l'escalier ! Je la regarde, totalement estomaqué, se ramasser sur l'épaule une fois en bas. Que fait elle ici ? Ça lui arrive des fois de me désobéir pour aller me voir au monastère, au lieu d'être une gentille fille et de s'enfermer dans une chambre capitonnée avec plein de gardes autour où il lui arrivera jamais rien de mal. Enfin depuis peu, elle a la capacité physique et mentale de sortir dans la rue et de s'orienter dedans. Elle joue avec d'autres gamins, va à la bibliothèque ou vient me voir, des fois, l'après-midi, et rentre sagement avant la tombée de la nuit, j'aime pas. Je préfère quand elle reste à la maison, il y a beaucoup moins de danger dans la maison.

Donc elle trébuche et se gamelle bien comme un faut. Je lâche Émile et bondit vers elle sur deux pattes et demi – je suis bien blessé – pour m'assurer qu'elle n'est pas morte. Des cauchemars viennent dans ma tête. Je la renifle, la sens avec ma magie. Elle est vivante. J'en pleurerait de soulagement, je déteste quand des images noires viennent dans ma tête à son propos. Mais elle s'est fêlé la clavicule ! Oh quelle horreur ! Je prends le dos de sa robe entre mes dents pour l'éloigner d'Emile, c'est la priorité. Elle est encore un peu sonner donc elle se laisse faire. Je galope sur deux pattes et demi et elle vient avec moi en essayant de se tenir à peu près debout, ça fait un équipage bizarre. Derrière moi, je laisse un mur d'ombre au bout du couloir. Le monastère est un putain de labyrinthe bâti à différentes époques en rajoutant un tas de bouts de trucs, le mur d'ombre devrait suffisamment retenir Émile pour qu'on le sème dans ce putain de dédale.

Je pose Inanna dans un lit de chambre de novice qui est pour l'instant vide. Il faut que je la soigne, et que je me soigne aussi parce que je perds du sang par tous les bouts. Et que je retourne foutre une branlée à Émile. J'ai pas assez de magie pour ça, chaque cellule de mon corps hurle qu'elle est au bord de l'explosion, que je vais crever. Je le fais quand même, alors que d'habitude je n'ai aucune contrôle : quand je suis crevé je me transforme en humain, c'est tout. Donc, presque un bruit soyeux, j'ai entendu quelque chose se déchirer, quelque part. Pas humain pas humain pas humain...

- Miiiiii !

Oh putain ! Les meubles sont devenus géants ! J'ai galope avec mon petit corps vers la porte entrouverte, et ça m'a pris plein de bonds pour y arriver tellement les meubles étaient énormes. Et le sol aussi ! Tout est gigantesque ! J'ai pas agrandi l'univers quand même ?
Dans le couloir, je vois deux espèces de géants qui sont pourtant en robe de novice en train de nettoyer le couloir. Bah oui, y a du sang partout, le mien. J'en aurais pleuré de soulagement : Émile ne retrouvera jamais Inanna, les traces disparaissent. Et il faut que je détourne l'attention, même si j'ai rapetiss...

- Ooooh regarde le chaton il est trop mimi.

De la pulpe digitale géante se dirige vers moi et me souleva de terre. Moi, Zélig Faoiltiarna, homme adulte d'une petite centaine de kilos tout en muscle. Je me suis débattu avec mes petites pattes duveteuses et j'ai essayé de lui mordre la main avec mes crocs minuscules mais ah... AH MON DIEU PUTAIN ! Il me gratouille derrière les oreilles ! Malgré moi je me mets à ronronner entre ses mains un peu sales.
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MessageSujet: Re: Le chat miaule fort. (Pv : Zélig)   Ven 18 Nov - 22:21

Ce fut non sans douleur que je tentai plusieurs fois d'extraire ma main de la gorge de la panthère, j'aurais pu le faire, sans doute, si j'avais eu le temps de planter mes ongles dans son museau ou mieux : dans ses yeux. Toutefois, Faoiltiarna me traîna de nouveau avec une force bien trop animale pour deviner qu'il était humain, je poussai un grondement de douleur, et cherchant mon épée des yeux, persuadé qu'elle allait apparaître dans ma main, ainsi je pourrais décapiter la tête de la chose. Il n'en fut rien, et loin d'avoir l'ouïe de Zélig, je ne compris pas ce qui l'avait poussé à cesser de maltraiter ma main droite. Je me retrouvai de nouveau contre le sol, le corps secoué de spasmes douloureux, et lentement, je ramenai ma main à mes yeux pour observer l'ampleur des dégâts : heureusement, Zélig n'avait pas attaqué la bonne main, et il s'était éperdument défoulé sur celle qui avait les deux prothèses. Un bruit métallique couvrit les pas de la gamine, alors que je constatai l'absence de mon index et de majeur, les prothèses étaient pleines de bave et de sang, la douleur me lançait dans le reste de la main, pendant que des morceaux de métal écrasé répandaient une odeur de rouille.

Malgré la souffrance dans mon épaule et ma main, je tentai de faire bouger la prothèse, mais je n'obtins que la vue du majeur s'écrasant sur le sol, je refermai le poing de ma main intact, et l'écrasant contre le mur, je poussai un rugissement de rage. À quoi me servaient ces prothèses si je ne pouvais pas me battre avec ? Bien évidemment, le reste de ma main n'y avait pas échappé, mais voilà que ces prothèses étaient complètement foutues ! Connard de Faoiltiarna, et où était-il passé ? Serrant les dents, je fondis sur un novice qui avait assister à la scène, hurlant d'une voix forte de me dire où mon homme se trouvait, il bafouilla quelques paroles maladroites en rapport avec un gros chat noir qui aurait enlevé une gamine ; si je n'avais pas vu la transformation de Zélig, je lui aurais demandé quel type de drogue il aurait prise pour me sortir une ânerie pareille. Lâchant le novice, le regard brouillé, mais l'intention de buter Faoiltiarna une bonne fois pour toutes, je me précipitai à sa poursuite, rencontrant des traces de sang, et errant plus qu'autre chose, je demandai si on n’avait pas vu une petite fille noire, et on me désigna rapidement des endroits au hasard. La peur qu'engendrait ma colère était une mauvaise conseillère, et les gens se contentaient de trembler devant moi. Mordant ma langue, je retrouvai finalement deux gamins en noirs qui tenaient un chaton dans leur bras, ignorant la bestiole, percevant le cri de mon oiseau qui venait à moi, je plaquai celui qui tenait le chaton contre le mur. Je grondai, le corps tremblant, ces paroles ailées :


— Où est Zélig Faoiltiarna ? Où se cache ce lâche que je lui arrache...
— Mais... monsieur Paole... vo... votre main !
— Ma main va finir dans ta gueule si tu ne me dis pas où il est !

Le novice balbutia d'autres mots et de façon maladroite, son ami vint presque se jeter sur moi pour me supplier de ne pas leur faire de mal, et d'aller m'occuper de mes blessures. Aussitôt, je me retournai pour lui foutre une baffe, enragé de cette foutue main droite inutile, furieux de voir ces prothèses se retrouver réduite en morceaux. Si au moins je pouvais m'attaquer à sa gamine ! J'étais plus ou moins certain qu'il sortirait de son trou, et ainsi, je pourrais lui arracher les yeux, baiser ses tripes et l'obliger à avaler sa propre merde ! Le regard toujours voilé, fiévreux et fébrile, je reculai de quelques pas. J'étais en sueur, et pourtant, j'avais froid, une sensation que je n'avais pas connut depuis longtemps. Je pouvais cracher sur ce type autant que je voulais, il avait été pourtant le seul qui depuis un moment m'avait donné le goût du combat, mais attention, pas n'importe lequel : celui qu'on menait pas que pour le plaisir de se battre, mais bien pour sauver sa vie. J'étais bien trop fort pour les Philosophes ou encore les terroristes, je l'étais trop aussi pour les Prêtres ordinaires, et ça faisait un moment que ma force n'avait pas rencontré d'égal. Ça m'avait fait du bien, malgré ma frustration, Zélig m'avait comme l'autre salope du cirque privé de mes deux doigts, et rien que pour ça, j'allais le tuer. Je pouvais d'ailleurs sentir sur moi le regard dérangé du novice, il se rendait enfin compte de ce handicap, et ce fut pour ça qu'avec colère, je rugis comme une bête :

— Et alors ? Va me jeter ce chat dans les poubelles, sinon je vais le jeter aux chiens !

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MessageSujet: Re: Le chat miaule fort. (Pv : Zélig)   Ven 25 Nov - 13:04

Je ne bougeais plus tandis que Émile parlait de moi. Ce n'était pas vraiment le moment de la ramener, et j'avais de toute façon énormément de mal à concevoir un plan avec un cerveau de la taille d'une noisette. Ce n'était pas mon heure. J'avais de plus l'impression de mon énergie s'enfuyait comme un panier percé. Le petit chaton était animé de tremblements fébriles au bout des pattes, et c'est tout. Ses yeux s'éteignaient tandis que les humains parlaient, parlaient, parlaient... c'était comme sentir son espérance de vie diminuer en direct. Donc, cette forme me prenait de l'énergie aussi, mais moins. Je suis à bout de souffle quand même, je sens mes minuscules articulations hurler de douleur, ma respiration être laborieuse, mon petit cœur qui bat avec l'énergie du désespoir. J'ai franchi un cap, mon corps est en train de me montrer les factures avec intérêt, je suis en train de le saigner à blanc.

Mais j'attends, j'attends le moment propice où Émile sera vulnérable et où il ne saura pas que je suis là. Je sais qu'il va arriver, il va se détourner du gamin à l'air bête qui tient un chaton pouilleux entre ses doigts pour chercher Inanna et moi. Une question de temps, mais je ne vais pas tenir encore longtemps. Il faut qu'il se détourne ! Le chaton se met à saigner du nez et des oreilles, dans son cerveau c'est un hurlement continu de souffrance, chaque muscle supplie qu'on le laisse mourir, garder cette forme c'est une tension insupportable. J'ai tout pompé en moi et au delà.
Et le gamin se met à marcher, à s'éloigner d'Emile en passant derrière lui, probablement pour chercher une poubelle.

J'ai lâché les rênes, toutes les rênes. Dans un bruit soyeux, le chaton est devenu humain. Un humain avec le regard éteint, les lèvres blanches et les ongles dans le même état d'avoir perdu trop de sang. Nu, mais couvert de sang, des fresques magnifiques et écarlates sur le ventre, les flancs, les jambes, un œil encroûté de sang et à moitié fermé, du sang à moitié coagulé et craquelé sur le torse, des plaies à moitié soignées et d'autres non. Je ne me suis pas aussi bien soigné que j'aurais dû.
Mais j'étais derrière Émile.

Il a commencé à se retourné, mais mon poing était déjà armé. Un poing de mec grand qui fait du sport. Il s'est pris une droite magnifique en plein sur la tempe et s'est écroulé mollement sur le sol.
J'ai gagné.
Mais j'avais perdu une bonne dose de sang aussi, j'ai tout dévasté en moi avec la magie. Mon cœur bat tellement fort qu'il me fait mal pour essayer d'envoyer le peu qui me reste dans tout mon corps. Pas assez. Tenir debout est un effort trop colossal, mes muscles hurlent au manque d'oxygène, au meurtre. Je vois plus rien. Je m'évanouis en plein sur Émile, et son corbeau me chie sur le dos tandis que je broie son petit copain en tombant lourdement dessus.

Le pire réveil de ma vie. J'ai l'impression que tout mon corps joue du clairon dans ma tête pour me dire à quel point je vais mal. J'ouvre les yeux, rien ne se passe, je reste dans le noir quand même. Je prends peu à peu conscience qu'on a bandé mes blessures et que je suis dans un lit. L'infirmerie du monastère sans doute, et comme la médecine est une hérésie on a pas cousu mes plaies. La belle affaire. Enfin je ne suis pas mort et j'ai repris conscience, c'est un bon début. Juste un problème : mes yeux. Sans voir, je peux deviner qu'ils sont d'un blanc laiteux. Un problème douloureux sur lequel je ne préfère pas m'attarder outre mesure. J'essaye de me hisser sur un coude, autant grimper en haut de la cathédrale, j'ai la force d'un nouveau-né. Je suppose que c'est mieux d'attendre mais... Inanna ? Je l'ai guérie, j'en suis sûr – et objectivement, on meurt pas d'une fêlure de la clavicule à sept ans quand on la la fabrication de calcium en mode thermonucléaire. Et, malgré moi, elle sait très bien aller du monastère à la maison et vice versa. C'est plus un bébé, mais j'aimerais bien l'avoir dans mes bras.

- Putain.

On sait jamais, que quelqu'un soit dans la pièce aussi, histoire que je le sache. Puis ça résume bien, je trouve.
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MessageSujet: Re: Le chat miaule fort. (Pv : Zélig)   Ven 25 Nov - 16:22

Contrairement à ces novices, je n'aurais pas le moindre scrupule à jeter un chaton dans une poubelle, même un enfant serait capable d'y finir s'il se retrouvait faible et sans défense devant moi. J'étais loin d'avoir de la considération pour les autres, et ce n'était pas parce que j'avais vécu des choses pénibles que je serais comme ces sensibles à faire un peu de sentimentalisme, j'étais la noirceur incarnée, alors ce chaton risquait soit de finir dans une poubelle, ou soit de finir dévoré par des chiens. J'étais furieux, au point où je résistais difficilement à l'envie de sauter à la gorge de ces deux novices pour les tuer, je tremblais, et mon sang chaud coulait sur mon corps. Je tremblais de fatigue, mais je n'étais pas réellement un homme, du moins un homme normal ; mes pulsions avaient plus de force que mes douleurs physiques, et si je tenais encore debout, c'était grâce à elles. Le froid commençait à se mêler à la chaleur de mon corps, pendant que le regard un peu fou, je fixais avec haine les deux novices. Ma main bougea légèrement, alors que je pouvais attendre d'ici mon oiseau s'agiter au-dessus de ma tête, l'un des novices baissa les yeux sur ses pieds en murmurant qu'il ferait peut-être faire autre chose pour mes blessures, et chercher Faoiltiarna. Enragé, je fis un mouvement, et le gamin passa derrière moi.

Quoi mes blessures ? Je me foutais de mes blessures ! Je n'avais qu'une idée en tête : tuer ce sale con, j'allais lui arracher la tête, et foutre mon pied dedans pour l'écraser contre le mur. Partant dans mes fantasmes meurtriers, je grondai et serrant les dents, je perçus soudain un croassement étouffé, nerveux qui me fit tourner vers mon oiseau. Je vis ce dernier plonger, et le regard fixé sur le corbeau, je ne vis guère la masse noire qui me tomba dessus. La seule chose que je pus réellement comprendre, c'était qu'un poing me rentra dans la tempe, et un son aigu explosa dans tout mon crâne. Une douleur brusque se diffusa dans tout mon corps, et je crus soudain qu'on venait de m'écrabouiller la tête contre une enclume, je chancelai et sans recouvrer assez de force, je me retrouvai sur le sol en sentant sur moi un poids. Évidemment, je n'eus guère le temps de comprendre ce qu'il venait de se passer, mais si Faoiltiarna croyait gagner, il ne devait cette victoire qu'à sa seule traîtrise, c'est ce que je penserais plus tard. Les idées confuses, le sang sur la tempe, l'épaule et la main, je réalisais soudain que j'avais bien plus mal que je ne le croyais, la baisse soudaine d'adrénaline me fit sombrer dans l'inconscience. Je passerais sur les détails fort inutiles sur la panique générale créée par le coup du Sale Con, et sur la figure décomposée des deux novices qui avaient encore moins compris ce qu'il se passait.

En tout cas, toujours fût-il que je me retrouvai dans un lit, le corps malmené par la douleur, et le cerveau en mauvais état de marche. Ma main droite pouvait à peine bouger, et au regard que me lança la guérisseuse, mes prothèses étaient tout bonnement foutues. Je parvins à lever la main pour inspecter le désastre, et un soupir agacé sorti de mes lèvres, ils n'avaient pas touché à ce qu'il restait des prothèses, apparemment certains ici n'avaient pas remarqué que si elles étaient là, c'était parce qu'il me manquait deux doigts. De plus, fait qui m'énervait encore : mon corbeau n'était pas avec moi, ils avaient refusé de le laisser entrer, et je ne pouvais pas me sentir apaiser sans sa présence. Je voulus jeter un regard à côté de moi, mais la douleur à mon épaule me fit grincer des dents, je poussai un autre soupir, la sensation étrange de sentir... de la souffrance, ça faisait des années que ce n'était pas arrivé. Souffrir, et se prendre des coups, se rappeler que j'avais des faiblesses, et que toujours je repoussais mes limites. Un « putain » dit d'une voix que je connaissais m'avertit d'une autre présence, grondant entre mes dents, je vis avec agacement que je partageais la chambre avec le Sale Con, Faoiltiarna. Mes cheveux se hérissèrent sur ma nuque, la mâchoire crispée, le regard posé avec haine sur la présence noire, je grondai avec un mépris évident, et une arrogance que même la douleur ne ferait pas taire :


— Tu fous quoi ici ? Laisse-moi deviner : ils n'avaient plus de cage à offrir à un bouffon comme toi ? Ou bien d'Arken attend avec impatience un nouveau tour de pitrerie de ta part ?

Sale con.


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