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 Le Soleil Noir de ma Mélancolie [Furane]

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MessageSujet: Le Soleil Noir de ma Mélancolie [Furane]   Ven 21 Oct - 19:02

Le vitrail solaire s'était écrasé contre le flanc des montagnes et agonisait dans son sang doré-vermeil. Son souffle létal se matérialisait en une douce brume qui flottait dans la vallée mais que la grande capitale semblait repousser.
Il faisait froid, ce soir là.

Malgré tout, Anastacia prônait l'aération des pièces, c'est pourquoi son bureau demeurait plongé dans un froid glacial alimenté par la brise crépusculaire. Les battants des fenêtres restaient immobiles, ouverts sur ce monde hostile. Ses mains rosies par le froid s'affairaient sur le bureau autour d'un brouillon de lettre qu'elle avait confectionné pour son père ; elle doutait qu'il n'y avait pas pensé plus tôt mais souhaitait montrer qu'elle était prête et qu'elle prenait des initiatives.

L'instrument courait sur le papier avec une vivacité qui lui était propre, opérant une calligraphie droite et sans accrocs, forgée de pointes gothiques et effrayantes. La femme finit de noircir la feuille avant d'y apposer un paraphe inventé sur le coup puisqu'elle ne signait jamais, puisque un tel travail revenait depuis des années à Monsieur le Comte.

La Flamme repoussa son fauteuil de bois et considéra la lettre de loin, comme on considère un tableau afin de vérifier l'exactitude et la perfection d'un rendu global. La tension soudaine parcourant ses jambes signifia sa satisfaction ; elle se leva et entreprit d'allumer quelques chandelles avant de rabattre les deux battants de la fenêtre l'un contre l'autre.

Elle saisit une longue veste cramoisie qu'elle jeta sur ses épaules avant de quitter la pièce aux allures de monastère, en direction du bureau de son père, si toutefois elle pouvait l'y trouver.
Ses talons claquaient sur le sol dur et froid, se répercutant dans un écho aussi hostile que le vent qui s'était engouffré toute la soirée dans le bureau. Quelques fenêtres demeuraient d'ailleurs ouvertes dans les couloirs, encore, et la brise y hurlait comme un fantôme vengeur.

Soudain, les claquements s'interrompirent.
Outre le hurlement strident du vent, quelque chose n'était pas normal dans ces couloirs. L'instinct de la jeune femme s'éveilla tout à coup et son estomac se serra bien qu'elle gardât une expression d'une totale indifférence. Elle se tourna et se retourna, les sourcils froncés, tentant de percevoir dans le noir une ombre mouvante qu'elle pourrait agresser. Quelqu'un souhaitait-il lui faire une farce ? Elle héla le silence.

Quelques secondes plus tard, une silhouette rabougrie émergea des rideaux comme un acteur de théâtre. Il traîna ses pattes sur le sol, faisant claquer une canne en bois sculpté sur la pierre grise. Il portait un visage si émacié qu'on l'aurait cru muni d'un masque et son costume avait quelque chose d'inquiétant, presque irréel. De grosses lunettes reposaient sur son nez crochu et sa voix était extrêmement grave lorsqu'il tendit la main en esquissant une parodie de révérence.

Les yeux de l'intéressée jaugèrent de haut en bas ce qui ressemblait plus à une créature qu'à un être humain, d'autant plus qu'elle ne l'avait jamais aperçu dans le manoir. Si son père s'était chargé d'engager un tel personnage, il entretenait de bien étranges relations.

-Madame la Comtesse, permettez-moi de porter cette missive à Monsieur le Comte...

Il laissa traîner les dernières syllabes avec une telle maîtrise amère qu'elle en frissonna malgré son caractère enflammé. Comment savait-il que c'était une lettre ? Comment savait-il qu'elle était adressée à son père ? La suivait-il ? Elle n'avait vu personne dans son bureau, ni dans les précédents couloirs...Comment...?

-Non, merci. Je m'en charge.

Elle fut malgré tout retenue par sa veste. Le serviteur avait enfoncé ses griffes dans le tissu qui émit un craquement sonore.
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MessageSujet: Re: Le Soleil Noir de ma Mélancolie [Furane]   Sam 22 Oct - 7:57

Voyant qu'il venait de déchirer les couteux vêtements d'Anastacia, le serviteur douteux hésita une seconde entre lui planter un carreau d'arbalète entre les deux yeux tout de suite ou s'excuser platement.
Il choisit la seconde option et recula précipitamment, la tête baissée. Il n'avait pas envie de la tuer de face, pas envie de voir la détresse dans les yeux de sa future victime. Oh non, il souhaitait la voir mourir seule, sans personne autour d'elle. Elle allait payer pour tout les frères massacré au nom de l'église. Cette noble allait subir le même sort que sa catin de soeur !


-Oh ! Milles excuses Dame Dragomirow. Souhaitez-vous que je fasse réparer votre veste immédiatement ?

C'est ça... A D'autres ! Il voulait juste la déconcentrer un peu, qu'elle enlève donc sa veste, ça lui occuperai les mains. Pendant qu'elle s'exécuterait, il aurait tout son temps pour dégainer son arbalète, un petit modèle trapu mais assez puissant pour percer un crâne à dix pas.
Oui, elle allait mourir lamentablement et alors, les nobles prendraient enfin conscience de la faiblesse de cette pathétique église de l'ombre. Enfin,viendrait l'avènement de ceux que l'on nomme si grossièrement les Terroristes ! Tout ce temps passé à voler des informations, infiltrer la maisonnée, peaufiner les détails de l'exécution. L'assassinat d'Anastacia, suivant de peu celui de sa soeur, n'était qu'un début. Les premiers soubresaut de la machine, le démarrage d''une nouvelle ère. Une ère débarrassée de ce stupide empereur et de cette église déplorable. Et pour cela, il suffisait qu'elle meure, là maintenant, sous peu.
Gardant ses manière affable de serviteur, le terroriste afficha un sourire crispé. Il se devait de jouer le jeu, de ne rien faire capoter... Il pouvait sentir la crosse de son arbalète contre ses côtes. En quelques secondes, il pouvait la dégainer, tendre la corde, engager un carreau dans l'axe de tir, viser et tuer. Les seuls bruits qu'on entendrait seraient un cri étouffé, une canne tombant au sol et une cavalcade dans les escaliers. Et cette chienne serait morte, un carreau planté soit entre ses seins soit entre ses yeux.
Le plan était parfait !


-Alors, que décidez-vous, Dame Dragomirow ?

*
* *

Trois jours plus tôt :
Furane avait été convié d'urgence par l'un de ses supérieur. Il marchait d'un pas vif, pressé. Il ne fallait pas faire attendre le vieux crouton...
Plusieurs rapports jonchaient le bureau du grand-prêtre qui avait fait partie des professeurs à avoir formé le jeune inquisiteur. Le vieil homme fulminait en distribuant des ordres secs à quelques autres inquisiteurs. Furane les salua d'un bref signe de tête alors qu'ils quittaient précipitamment la pièce.
Soupirant, le gradé tendit une feuille de parchemin jaunie, tâchée de gouttelettes brunâtres qui s'avérèrent être du sang sèche. Il y était fait mention de diverses infiltrations terroriste dans les maisonnées nobles, notamment dans la famille des sénateurs et futurs sénateurs. Habitué à utiliser sa tête plutôt que ses muscles, l'Inquisiteur Hölle questionna d'entrée de jeu le grand-prêtre.


-Dois-je en déduire que je dois infiltrer une enclave terroriste ?

La voix du vieillard était rocailleuse, rauque, comme usée par tant d'année au service de l'Ombre.

-Non. Votre mission est d'infiltrer la maisonnée du comte Dragomirow et de surveiller sa dernière fille, Anastacia.

Avant que Furane n'aie eu le temps de hausser un sourcil, le grand-prêtre avait enchainé :

-la jeune Anastacia est proche de l'église et nous craignons qu'un de ces Hérétiques n'aie joué à ce petit jeu que vous affectionnez tant, l'infiltration. Nos espions sont certains qu'il fait partie du corps domestique des Dragomirow, mais aucun d'entre ces idiots n’a pu l'identifier. Votre priorité est la protection d'Anastacia. Beaucoup de rumeurs courent à son sujet, notamment le fait qu'elle pourrait devenir le prochain sénateur de la province du Dargon. Quant à l'Hérétique, je suppose qu'il ne s'agit que d'un énième pion, aussi tuez le dès qu'il tentera quoique ce soit. Est-ce bien clair ?

-Limpide monsieur.

-Bien. L'un des domestique a récemment eut un accident et se trouve dans l'incapacité de remplir son office. Les détails administratif sont d'ores et déjà réglés, alors faite vos affaire, trouvez-vous un déguisement convainquant et filez là bas avant que ces chiens d'Hérétiques n'aient le temps de dire « merde » !

Congédié d'un geste, Furane s'empressa de rejoindre ses appartements. Une fois sur place, il prépara un sac dans lequel il mit tout son équipement habituel, armes, carnet de notes, outils de crochetage et sa tunique de cuir. Il enfila ensuite un tenue appropriée, choisit une perruque de cheveux mi longs bruns et appliqua une fine couche de maquillage pour diminuer un maximum le contraste entre sa peau et sa cicatrice. A condition de ne pas y regarder de trop près, elle était indécelable.
Quelques heures plus tard, en fin d'après midi, il entrait dans le manoir en tant que Daniel Côron, domestique temporaire...


*
* *

Temps présent :
Trois jours... Trois putains de jours à faire des ronds de jambes et à céder aux moindres caprices de la famille. Disons le clairement, Furane commençait à en avoir ras-le-bol et à sérieusement douter des informations données par l'espion. Il avait passé la moitié des deux dernières nuits à visiter le manoir, crochetant portes après porte, soupçonnant successivement plusieurs domestiques. Sauf qu'aucun d'entre eux ne s'étaient révélé être sa cible. Jusqu'à cet après midi, quand un messager était arrivé. L'homme était jeune, mais dans ses yeux transparaissait une certaine maturité. Il avait aussi des yeux calculateurs, regardant partout. Il était reparti sans rien faire, mais quelques heures plus tard plusieurs serviteurs s'étaient plaints. Un petit malin leurs avait volé des vêtements.
Alors, une hypothèse s'était construite. Remontant mentalement le temps, Furane avait analysé les moindres détails de la scène. Une vague ombre entraperçue sous la carriole... Et d'ailleurs, pourquoi utiliser une carriole quand un simple cheval aurait suffit à ce messager ?
Évidemment... C'était à la fois grossier et subtil, curieusement paradoxal. Il y avait bel et bien quelqu'un en planque chez les Dragomirow, mais il n'était qu'un leurre, ou alors un espion. L'assassin, le vrai cette fois, venait d'entrer. Le loup était rentré dans la bergerie... Mais c'était sans compter sur le chien de garde de l'église !

Il fallait bien le remarquer, cet enfoiré c'était sacrément bien planqué. De plus, le va et vient incessant de messagers, nobles dignitaires et parfois un ou deux ecclésiastiques avait empêché Furane de manœuvrer à son aise. Outre le fait qu'il ne devait pas faire sauter sa couverture sous peine de lamentablement foirer sa mission, ce dont il se passerait bien volontiers, il lui était difficile de repérer un parfait inconnu dans ce ballet de nouvelle têtes. Ce n'est que lorsque le soleil commença à se coucher que l'Inquisiteur changea brusquement de tactique. Il fila dans son logement, un ancien placard sans doute, enfiler son armure et prendre ses armes. Profitant du fait que l'activité du manoir faiblissait lors du coucher de soleil et que les ombres s'allongeaient, il allait appliquer un plain peu élégant, mais redoutablement efficace : Utiliser Anastacia comme appât.

Oh bien sûr elle ignorait tout de sa présence. Furane, ayant connaissance de certaines aptitudes mentales dont étaient dotés les Nobles, il avait minimisé un maximum ses interactions avec la jolie demoiselle. Si elle s'intéressait à ses domestiques, plus particulièrement aux nouvelles têtes, elle aurait certainement eut des soupçon... L’Inquisiteur priait l'ombre que ce ne soit pas encore le cas, elle serait capable de le prendre pour un assassin. Il était, de toute façon, impossible pour lui de maintenir une couverture plus de quelques jours. Trois, c'était déjà pas mal...

Caché derrière l'une des lourdes tentures qui bordaient le couloir, il avait pu observer la scène. Enfin, observer était un bien grand mot, il avait beaucoup de mal à voir le visage de l'homme qui venait de déchirer la veste d'Anastacia. Mais peu importait. Il avait vue sur les mains de l'homme et – l'Ombre soit louée – se trouvait à moins de deux mètres de là. Concentré au point d'en retenir a respiration, Furane attendait que le terroriste dégaine son arme. A ce moment là, précisément, cette raclure se concentrerait uniquement sur sa propre cible, sans faire attention à son entourage. Un Angle d'attaque idéal pour l'inquisiteur... Comment savait-il qu'il était le terroriste ? Simple comme bonjour : Aucun domestique n'aurait touché un noble comme cela. Et aucun n'aurait proposé de recoudre un vêtement qui coutait plus de dix fois son salaire...

Néanmoins, il était hors de question pour l'inquisiteur de tuer un crétin vaguement innocent. Ainsi, il se retrouvait obligé d'attendre que l'assassin menace Anastacia...

Une situation tendue, pour sûr... Les doigts crispés sur la poignée d'une de ces épées, il attendait.

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MessageSujet: Re: Le Soleil Noir de ma Mélancolie [Furane]   Sam 22 Oct - 15:24

La jeune Flamme grossit soudainement sous sa cape, alors que l'air gonflait tout à coup ses poumons et qu'elle s'apprêtait à hurler de rage en voyant l'état de son vêtement ; non seulement il lui serait purement impossible de paraître ainsi devant son père, elle devait donc faire demi tour pour se changer mais elle devrait également racheter un nouveau vêtement histoire de paraître présentable si elle devait se rendre au sénat dans les prochaines semaines.

Elle saisit le pan de sa cape alors que le serviteur reculait doucement et se dégagea complètement de son étreinte empoisonnée. Une lueur diabolique brilla dans ses yeux turquoise alors qu'elle montra légèrement ses dents, comme si elle allait dévorer celui qui avait osé la toucher. Ce furent quelques secondes d'une intense tension difficilement soutenable.

Puis elle se détendit. Soudainement.

Sa main lâcha la cape qui retomba sur le sol. Ce n'était pas ce qui l'importait le plus pour l'instant, mais bel et bien ce qui avait causé un tel geste.


-Comment as-tu simplement pu oser lever la main sur moi ?

La rage était parfaitement perceptible dans sa voix qui tremblait légèrement ; elle semblait réfléchir au meilleur moyen de punir ce vieux crouton mal poli. Décidément l'éducation d'antan n'était pas concluante. Bien sûr, elle allait le renvoyer mais elle le déconseillerait à toutes ses relations, s'il n'était même pas capable de respecter les vêtements de ses supérieurs !
Il fallait vraiment qu'elle s'informe sur les critères d'embauche de son père...


-Le réparer...? Avec ce que tu as fait, il faudrait carrément la refaire ! As-tu une idée du prix que ça coûte et des difficultés que j'ai eues à l'obtenir ! Goujat !

-Allons, allons calmez-vous, Madame la Comtesse, nous allons bien trouver une solution !

-Elle est toute trouvée : vous n'irez pas plus loin puisque vous êtes renvoyé. Mon père devait être complètement saoul pour vous avoir embauché ! Vous n'imaginez même pas la notoriété de la personne à qui vous êtes entrain de vous adresser !

-Voyons, Comtesse...

-Oh, fermez-la et disparaissez donc de ma vue ! Je vous ferai porter un avis de licenciement si vous n'avez pas quitté le Manoir ce soir même !

Elle soupira et arrangea ses vêtements, contemplant avec dépit les larges déchirures causées dans le tissu onéreux. C'était Arisha qui lui avait offert cette cape et elle y tenait plus que beaucoup de choses en sa possession.

-C'est à cause de vos conneries que l'Empire n'atteint pas la perfection et que de la vie d'innocents est inutilement détruite...

S'en était trop. Le message était parfaitement passé, teinté de la haine ressentie par la Comtesse alors qu'elle évoquait indirectement sa propre sœur dont elle n'avait plus que très peu de souvenirs matériels, son père ayant voulu se débarrasser de ses affaires à sa mort. Le serviteur fronça les sourcils avant de tirer son arme de sa veste, laissant tomber sa canne. Elle ne s'en sortirait pas comme ça ; son rang ne lui permettait pas l'irrespect envers un être humain.
Il engagea. Et tira.
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MessageSujet: Re: Le Soleil Noir de ma Mélancolie [Furane]   Sam 22 Oct - 23:16

L'Inquisiteur retînt un soupir derrière la tenture. La Comtesse n'avait pas vu le danger et ne pensait qu'à son vêtement abîmé. N'avait-elle donc aucun instinct de survie ? Pendant qu'elle se plaignait,
la situation allait passer du ridicule au dramatique. Curieusement, le terroriste tenta de la calmer, sans grands succès. Et là, la Comtesse fit une erreur magistrale. Une erreur de Noble, habituée à ne pas faire attention à son entourage direct : Elle quitta son interlocuteur des yeux pour regarder les dégâts de ses vêtements. Le genre de connerie que ni les soldats débutant, ni les Inquisiteurs ni même les terroristes en herbe n'auraient fait !

Pendant qu'elle grommelait des injures à l'encontre, elle ne le vit pas lâcher sa canne pour dégainer une arbalète, l'armer et décocher. Dans ce genre de situation, il n'y avait pas grand chose à faire...
Furane avait déjà manié une arme de ce type, bien que brièvement, et étudié son fonctionnement, il savait pertinemment que ses possibilités d'action étaient plus que limitées.
Pousser le tireur pour lui faire manquer sa cible ? Ouais, ça marchait parfois. Mais ici, compte tenu de la distance qui séparait le terroriste de sa cible, le carreau allait percer un poumon au lieu du coeur, autant choisir entre la Peste et le Choléra.
Pousser la cible ? C'était le même problème, auquel il fallait rajouter le risque que l'Inquisiteur soit blessé, ce qui limiterait encore plus ses actions.
Attaquer directement le tireur ? Normalement c'était la meilleure option, mais même mortellement touchées, la plupart des personnes avaient encore le réflexe de décocher.
En réalité, un détail auquel assez peu de combattants pensaient, pour garantir la survie de la personne menacée la meilleure option restait encore de s'attaquer au point faible du mécanisme de l'arme : sa corde.
En effet, comme ladite corde était tendue, elle offrait son maximum de résistance aux pressions physiques, ce qui facilitait l'action de la couper avec une lame bien affutée. Comme tout Inquisiteur qui se respecte, Furane entretenait ses armes chaque jour. Il dégaina une épée et s'élança.

Traverser une distance d'environ deux mètres en moins d'une seconde, et frapper avec précision sur une corde pour la trancher net ce n'était pas à la portée de tout le monde, sauf des inquisiteurs. Même le plus mauvais d'entre eux pouvait faire ça avec une main attachée dans le dos.


Cling !

Le terroriste était plus doué que ce qu'avait prévu Furane. Au lieu de regarder son carreau chuter, il avait pivoté sur lui même et cueilli l'Inquisiteur au menton, le projetant à côté d'Anastacia et le désorientant juste assez pour ramasser sa canne, tirer sur le pommeau et révéler une dague. Bien décidé à en finir, il s'élança arme en avant, visant la gorge de la comtesse... Et s'empala presque tout seul sur l'épée courte tendue vers lui. Furane en avait vu d'autres et s'était redressé épée pointée devant lui, gardant un genou au sol pour encaisser le choc.
La lame avait ripé sur une côte avant de transpercer un poumon de part en part, promettant une douloureuse agonie au terroriste. Toutefois ce dernier, en s’affalant sur Furane, se retrouvait suffisamment proche d'Anastacia pour tenter une dernière fois de la tuer. Il plia le bras, amorçant son ultime coup. Il y eut un bref raclement suivit d'un craquement sourd et mouillé. La pointe d'une dague, rouge de sang, dépassait du haut de son crâne tandis que la poignée ornait à présent son menton, dégoulinante de liquide carmin. Ses yeux s'éteignirent rapidement et Furane le poussa négligemment sur le sol en se redressant.

Il se tourna vers Anastacia et riva ses yeux dans les siens.
Le masque de tissu qui masquait la moitié inférieure de son visage s'agite faiblement tandis qu'il parlait.


-Vous allez bien ?

Question stupide, s'il en était, mais il fallait bien la faire réagir...
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MessageSujet: Re: Le Soleil Noir de ma Mélancolie [Furane]   Dim 23 Oct - 10:02

Tout s'était passé avec une telle rapidité que le seul geste qu'elle avait pu faire, à la fin de l'action, fut de s'écarter pour voir le crâne du pseudo serviteur orner, telle une perle macabre, la lame d'un nouvel arrivant. Une grenadine métallique s'échappa du crâne sans vie dont le propriétaire s'écrasa sur le sol, poussé par son tueur et le sauveur de la jeune femme.
Doucement, la Comtesse prit conscience qu'elle venait d'échapper de très près à la mort. Le cœur battant, elle prit le temps de détailler son sauveur.

De grande taille, le visage masqué, une carrure imposante. Il demeurait bien nourri ; aucune chance que ce fut un serviteur. Il possédait d'excellentes aptitudes au combat – domaine dans lequel elle avait lamentablement échoué – et avait demeuré tout à fait discret avant de fondre sur le bourreau presque insoupçonné de la jeune femme.
Puis, comme si rien ne s'était passé, il s'était redressé, lui demandant si tout allait bien.


-Mais le Comte engage vraiment n'importe qui, je rêve ?!


Crachant sa peur, elle s'était exclamée ainsi avant de reculer une nouvelle fois, se demandant, plus méfiante que jamais, si cet homme masqué ne s'en était pas pris au serviteur pour l'atteindre par la suite. Elle replaça les mèches de cheveux de son visage et se départit de sa guenille qu'elle replia sur son bras avant de hurler comme une bestiole infernale dans le couloir.

-N'ya-t-il pas un foutu serviteur qui peut ramener son cul ?!


Quelques secondes seulement s'écoulèrent avant qu'un esclave n'apparût dans son champ de vision noyé de peur et de colère. La petite silhouette s'avança, tout à fait exemplaire, en direction de la Comtesse, sans vraiment remarquer l'homme qui se tenait à ses côtés. Il saisit la tunique tendue par la jeune femme avant de lui demander ce qu'il devait en faire.
Ce fut à ce moment là que son attention, recelant encore de réflexes humains, fut attirée par l'odeur du sang et la vision horrible du cadavre.

Il exécuta un bon en arrière accompagné d'un cri semblable à celui d'une gonzesse auquel la Comtesse soupira en guise de réponse.


-Confectionnez un ouvrage avec le tissu encore intact : hors de question de la jeter. Et nettoyez-moi tout ça ; je dois avoir une sérieuse discussion avec mon père. Non mais vraiment !


Tandis que d'autres serviteurs faisaient leur apparition, la Comtesse ainsi déshabillée fut prise de frissons. Quelques éclaboussures de sang parsemaient son accoutrement, tels d'authentiques coquelicots, lui empêchant définitivement de se rendre chez son père. Un serviteur lui indiqua l'heure lorsqu'elle le lui demanda et il apparut qu'elle ne pourrait pas contacter le Comte ce soir. Cependant, elle ne pouvait pas renvoyer son preux chevalier sans lui offrir quelque compensation. Elle exécuta un geste nonchalant de la main qu'elle accompagna de simples paroles sans appel.

-Suivez-moi donc.

Sans l'attendre, elle tourna les talons, reprenant le couloir en sens inverse, afin de se diriger vers ses appartements personnels. Passant par son bureau, elle entreprit d'y éteindre les bougies qu'elle avait allumées, ne pouvant certainement pas travailler ce soir. Puis elle se saisit d'une clef afin de verrouiller précautionneusement son antre.
Quelques secondes plus tard, ils se trouvaient devant la porte de sa chambre qu'elle ouvrit, intimant une fois de plus à l'homme de la suivre, en fermant bien sûr la porte derrière lui.

La Comtesse disparut, tel un fantôme écarlate, derrière un paravent afin de se changer.


-C'est pas tout ça, mais vous êtes qui ?
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MessageSujet: Re: Le Soleil Noir de ma Mélancolie [Furane]   Dim 23 Oct - 21:03

Il s'était attendu à une autre réaction de la part de la comtesse. Elle venait d'échapper à la mort et ne se souciait que des personnes engagées par son père. Pendant qu'elle reculait, soudainement méfiante, Furane fit un geste d'apaisement avec ses mains. Elle ne sembla pas le remarquer et appela un esclave d'une voix qui transpirait la peur.
Le temps que le serviteur -à moins que ce ne soit un esclave- arrive, l'Inquisiteur s'était à nouveau agenouillé et avait ôté son épée du torse du cadavre. Il l'essuya sur les vêtements du moribond et la rangea dans son fourreau, du côté droit de sa ceinture. Pendant qu'Anastacia donnait ses ordres, il effectua la même manoeuvre avec sa dague, qui émit un crissement humide et peu ragoutant en glissant le long de la plaie. Furane se redressa, ses armes sagement rangée dans leurs fourreaux et ses mains rapidement essuyée sur les mêmes vêtements qui avaient servi à nettoyer ses lames. Il portait ses épées au niveau des hanches, car il était plus facile de les rengainer que si elles étaient dans son dos. Quant à sa dague, son fourreau se trouvait au niveau de son tibia, fixée à sa botte droite. Le serviteur/esclave arriva moins d'une seconde plus tard. Furane ne lui prêta attention que lorsqu'il cria d'une voix aigüe en se rendant compte de la présence du cadavre.

Anastacia distribua ses ordres d'une voix sèche et autoritaire. L'inquisiteur lui jeta un regard étonné, haussant un sourcil quand elle demanda à ce que son vêtement soit recyclé. Elle était vraiment très attachée à ce vulgaire bout d'étoffe. Il ne put retenir un vague sourire amusé lorsque la jeune comtesse, après s'être informée de l'heure, lui intima l'ordre de la suivre comme s'il n'était qu'un vulgaire domestique. Enfin, elle ne l'avait pas traité comme un esclave, c'était déjà ça de gagné. Elle le mena dans ce qui semblait être son bureau, rangeant quelques affaires et ressortant aussi vite qu'elle y était rentrée. L'autre pièce dans laquelle elle emmena l'inquisiteur était sa chambre. Il s'attendait à devoir rester à l'extérieur mais non, elle le fit rentrer aussi, un acte hautement imprudent !
Heureusement pour Anastacia que Furane n'était pas un de ces crétins d'hérétiques voué au meurtre. Sans quoi, elle serait probablement déjà en train de faire connaissance avec l'Ombre.
Comble de l'imprudence, ou alors de la stupidité, elle parti se changer derrière un paravent opaque. Non mais elle venait d'échapper de peu à un meurtre ou elle rentrait d'une soirée mondaine ?

L'Inquisiteur se calma en expirant lentement par le nez. Anastacia n'avait reçu aucune formation militaire et avait probablement été surprotégée durant son enfance. Ou alors la perte de sa soeur lui avait insufflé des tendances suicidaires. Tandis qu'elle se changeait elle lui posa la question fatidique. Qui était-il ?
Deux possibilités : Soit Furane mentait et donnait une fausse identité (ce qui était vraisemblablement la réaction la plus logique à effectuer) soit il lui disait la vérité.
S'il mentait, le problème était qu'elle pouvait le prendre pour un assassin, ce à quoi il devait assez fortement ressembler.
S'il disait la vérité, hey bien Anastacia Dragomirow connaitrait son visage.
Depuis qu'il était Inquisiteur, il avait mit un point d'honneur à ne jamais montrer son véritable visage, cela évitait à l’Église de subir d'éventuelle représailles ou d'avoir une bande de crétins face à ses portes en train de hurler qu'un ecclésiastique avait tué un homme.
Ouais, bon, à bien y réfléchir beaucoup d'Inquisiteurs ne se masquaient pas et l’Église ne s'en plaignait pas... Soupirant, il leva la main à hauteur de son visage, hésita une seconde ou deux, puis abaissa la pièce de tissu qu'il portait. Avant de se rendre compte qu'Anastacia était toujours derrière son paravent, et que donc elle ne le voyait pas. Furane soupira et manqua de se frapper le front du plat de la main.


-Je me nomme Furane. Furane Hölle. Je fais partie du bras armé de l'Église et j'étais infiltré ici pour tuer l'hérétique qui à attenté à votre vie. L'Église protège ses fidèles...

Il s'adossa contre la porte d'entrée, croisa ses bras et regarda le paravent.

-Et maintenant, que fait-on ?
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MessageSujet: Re: Le Soleil Noir de ma Mélancolie [Furane]   Lun 24 Oct - 14:35

Anastacia faisait confiance ; elle était obligée. Elle n'avait jamais su se battre et si jamais elle venait à mourir, ce ne serait que pour rejoindre la seule personne qu'elle n'avait jamais aimée, sa défunte sœur Arisha. Depuis sa mort, cependant, elle n'avait été tiré du fond que par sa seule envie de vivre et elle demeurait convaincue que sa volonté d'exister, ainsi que son amour pour sa sœur, lui feraient éviter le trépas banal réservé aux faibles...
Mais elle n'avait jamais été aussi forte que depuis le départ de son âme sœur.

Alors qu'elle s'habillait différemment, derrière son paravent, son sauveur déclina son identité. Elle ne savait même pas si elle était réelle et de toute façon, elle n'en avait que faire ; une fois qu'il aurait quitté sa demeure pour se fondre dans la nuit noire, elle aurait déjà oublié le patronyme qu'il aurait choisi de lui donner.
Au moins, elle ne l'appellerait pas « Toi » durant toute la soirée, si toutefois il daignait dîner avec elle...

La Comtesse laissa simplement tomber ses vêtements qu'elle ne pourrait pas libérer d'un sang qui n'était même pas le sien et en choisi d'autres qui pendaient sur le paravent.
Ils ressemblaient sensiblement aux précédents, sauf qu'ils n'étaient pas couverts de sang et qu'elle ne serait certainement pas allée voir son père les seins à moitié découverts. Elle détacha ses longs cheveux qui claquèrent dans son dos avant de s'échouer leur pointe châtaigne au niveau de ses fesses. Elle ne souhaitait pas être au goût de son sauveur, aussi ne prit-elle pas la peine d'enfiler une robe et se vêtit simplement d'un pantalon extrêmement serré d'une matière proche du cuir.

Lorsqu'elle reparut, elle fut très surprise de voir que l'homme découvrait son visage sans aucune gêne, peut-être pour qu'elle voie la face de celui qui allait la tuer ? Il était plus jeune qu'elle de facilement cinq ans mais les traits de son visage étaient déjà creusés par l'expérience, les nombreuses nuits blanches qu'il avait du subir et les meurtres qu'il avait du causer...
Elle ne montra aucune compassion vis à vis du jeune homme dont elle aurait pu être une grande sœur. Lorsqu'il lui demanda ce qu'ils devaient désormais faire, elle haussa les sourcils comme s'il s'agissait d'une évidence ; les épaules suivirent bientôt.


-Maintenant, on baise.

Silence.
Grand silence.

Un sourire hypocrite et moqueur se dessina sur les fines lèvres de la jeune femme avant qu'elle n'éclate d'un rire sincère ; il fallait bien qu'elle relâche l'anxiété accumulée dans le couloir, alors qu'elle avait bien cru rencontrer la mort. Elle secoua la tête, avant de balayer l'air d'un geste nonchalant de la main. Elle se rapprocha ensuite de Furane et lorsqu'elle fut arrivée à sa hauteur, elle tenta de tempérer sa mauvaise plaisanterie.


-Je rigole. Pas tout de suite. Sachez que même si j'ai des dizaines d'êtres vivants à mon service, je sais tout de même respecter ceux qui m'en rendent. Aussi je trouve normal de vous inviter à dîner avec moi en guise de remerciement. A bien vous regarder vous n'êtes pas un serviteur, nous ne permettrions pas qu'une personne d'un tel rang possède un tel attirail...J'imagine que vous étiez au courant des évènements et que vous avez été envoyé par quelqu'un ?


La jeune femme passa devant lui en lui accordant un regard appuyé. Arrivée dans l'entrebâillement de la porte, elle se tourna vers le jeune homme.

-Vous avez le droit de refuser. C'est juste que parfois, on se sent seul au sommet.


[Note : S'il la suit, je te laisse le loisir de décrire le chemin et la salle dans laquelle ils dînent.]
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MessageSujet: Re: Le Soleil Noir de ma Mélancolie [Furane]   Lun 24 Oct - 18:54

La tenue d'Anastacia était... curieuse. Bien que l'Inquisiteur eut été bien en peine de dire à quoi il s'était attendu. Il n'avait jamais vu de femme noble se vêtir ainsi. Cela dit, la vue sur le décolleté était agréable... Une fois passé la surprise, il la laissa détailler son visage, affichant une mine neutre. Neutralité qui s'effaça en une fraction de seconde, laissant à nouveau place à un air incrédule et un silence de quelques secondes. Autant dire qu'elles avaient parut être une éternité à Furane avant que le sourire, enfin surtout le rire, de la Comtesse ne l'éclairent sur la situation. Une blague. Les nobles savaient blaguer maintenant ? Il n'étaient peut-être pas tous si ennuyeux finalement. Elle s'approcha, et lui expliqua sa proposition. Un dîner ? Étonnant, mais intéressant. Devait-il accepter ou décliner poliment ? Techniquement parlant, son travail était terminé, il était bien en droit d'avoir un moment de répit. D'autant plus que la comtesse était jolie et qu'il valait mieux ne pas la vexer en refusant. son invitation, même si elle lui laissait la possibilité de décliner. D'un autre côté, peut-être restait-il un éventuel tueur dans les parages, alors autant continuer la mission de protection jusqu'au bout, non ? Il n'y avait pas qu'au sommet, comme elle le disait si bien, qu'on se sentait seul par moments.
La comtesse continua de marcher jusqu'au chambranle de la porte, se retournant vers lui et attendant sa réponse.
Il sourit doucement et répondit.


-Vous vous trompez, je suis bien un serviteur. A ceci près que je sert l'Ombre et non un Noble. Et je serais heureux de dîner en votre compagnie, si vous voulez bien me laisser le temps de changer de tenue.

Oui, il lui parlait comme à une égale et pourtant, il n'était pas noble. Il ne se considérait pas comme au dessus des nobles, mais son statut dans l’Église le mettait à part, comme les autres inquisiteurs. Promit à une mort jeune et à une vie dangereuse, l'Inquisiteur Hölle ne s'embarrassait des manières que lorsque c'était nécessaire. Ici, maintenant, c'était inutile...

-Je vous rejoins dans la salle à manger, je ne vais pas rester dans cette tenue de guerre.

Au vu de la situation, un assassin mort dans le manoir, il y avait peu à parier qu'une autre tentative de meurtre serait perpétrée sur la personne de la comtesse. C'est néanmoins d'un pas pressé que Furane se rendit dans la mansarde qui lui servait de chambre. Il rangea ses épées et son armure dans le sac qu'il portait en arrivant, trois jours plus tôt, et enfila sa tenue habituelle : Un pantalon noir, une bure de la même couleur, typique de l’Église et une paire de bottines en cuir, noires elles aussi. Il en profita également pour effacer toute trace de maquillage sur son visage, révélant sa cicatrice au grand jour.
Une livrée nettement plus acceptable pour dîner avec la comtesse que son armure et ses armes. Cela dit, prudence obligeait, il fixa tout de même sa dague à sa ceinture, sous la bure. Certes, il ne saurait la dégainer rapidement, mais il préférait l'avoir sur lui. Comme disait le proverbe : mieux valait l'avoir et ne pas s'en servir que de ne pas l'avoir et d'en avoir besoin.
Toujours d'un pas pressé, il parcouru les couloirs richement décorés, ne prenant pas le temps d'observer les couteuses étoffes, les peintures ou autres objets d'art. L'art ne l'avait jamais vraiment intéressé, de plus il n'avait pas le temps pour ça.

La salle à manger était spacieuse, lumineuse, tout aussi décorée que les couloirs (si pas plus) et surtout... Vide. Trois personnes s'y trouvaient : Furane lui-même, Anastacia et un serviteur en retrait, attendant sagement de recevoir un ordre de la part de sa maîtresse. L'Inquisiteur s'installa, face à la Comtesse. Il écarquilla légèrement les yeux en voyant ce qu'on lui avait servit. Du gibier. Il pouvait compter sur les doigts toutes les fois où il en avait dégusté. Et cette viande là... Succulente ! Parfaitement assaisonnée, fondante. Un vrai régal.
Il savoura les premières bouchées puis riva son regard dans celui de son hôtesse. Il était temps de répondre aux questions qu'elle lui avait posée peu de temps auparavant.


-Comme vous l'avez deviné, j'ai effectivement été envoyé ici dans le but d'assurer votre protection. Suite à la disparition de votre soeur, l’Église c'est mise à surveiller ses proches attentivement. Vous, particulièrement, que des rumeurs présentent comme possible sénatrice du Dargon. Récemment, mes supérieurs ont pensé qu'un hérétique se cachait parmi votre personnel et m'ont envoyé vérifier cela. Ils ont eu raisons, apparemment. Malheureusement, les rapports que nous avions reçu étaient incomplets. Il m'était impossible de savoir lequel de vos domestiques était l'assassin, alors je me suis infiltré dans votre maisonnée. Il y à trois jours, je me suis présenté sous le nom de Daniel Côron et j'ai observé, attendu jusqu'à ce que je puisse frapper. Je regrette que vous aillez été exposée ainsi, mais au moins cet hérétique là, en tout cas, ne vous causeras plus de tort.
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MessageSujet: Re: Le Soleil Noir de ma Mélancolie [Furane]   Mar 25 Oct - 8:44

-Les rumeurs disent juste.

La jeune femme laissa planer quelques secondes le suspense sur le sujet, avant d'engloutir – et c'était vraiment le mot – l'aile de poulet qu'elle tenait fermement dans sa main. Ses crocs acérés déchiquetèrent avec classe le morceau de viande blanche, agréable métaphore de ce qu'elle pouvait faire d'un être humain s'il osait lui chercher des noises.
Un verre de vin d'une couleur de sang descendit dans son estomac. Le tintement discret de l'étain contre la table drapée de blanc marqua le début des paroles suivantes.

-Le Comte n'ayant pas d'autres enfants et préférant conserver son simple titre – elle accentua ironiquement l'adjectif – il va de soi qu'après la disparition de ma sœur, je reprenne les affaires. Cependant une telle ascension n'est pas automatique, c'est pourquoi une lettre doit être écrite par mon propre géniteur au gouverneur de la province de Dargon. Puis cette notification sera envoyée à l'Empereur qui donnera son jugement.

L'Empereur ne connaissant pas personnellement mon père je ne puis être pistonnée de cette manière, c'est pourquoi la lettre adressée au Gouverneur, puis à l'Empereur, doit être la plus argumentée et la plus convaincante possible.


Elle se pencha en direction de l'homme, comme si elle lui faisait une confidence discrète, autour d'une table de trois mètres de long – on n'en avait pas dressé de plus grande.

-Le Comte est très mauvais orateur comparé à moi. Ceci dit il n'a jamais réussi à m'inculquer l'art du combat ; chacun ses capacités.


La Comtesse avait reprit sa fourchette dans la main et était prête à porter à ses lèvres une certaine quantité de légumes mais lorsque l'homme déclina l'identité de son défunt agresseur, à savoir une condition d'hérétique, elle reposa aussitôt sa fourchette alors qu'un goût amère remontait dans sa gorge. La jeune femme déglutit avant de jeter un regard si noir à sa servante que celle-ci recula de quelques pas, craignant avoir commis une erreur.


-Ce n'est pas bon, Comtesse ?

-La bourse, chérie.

-Bien, Comtesse.

La servante s'inclina docilement et sortit de la salle à manger à reculons, car on ne tourne pas le dos à ses supérieurs, surtout pas à la Comtesse. Cette dernière regarda sa subordonnée prendre congé avant de reporter son attention à Furane avec un sourire.

-Les hérétiques et moi-même ne faisons pas bon ménage.


Elle allait reprendre tranquillement le cours de son repas car, comme vous avez pu le constater, elle avait faim mais son regard fasciné fut attirer par la cicatrice qui barrait le visage de son sauveur de la pommette jusqu'au menton.
Elle n'avait pas d'âge. Evidémment, la question était prévisible.

-D'où cela vous vient-il ?

La jeune femme pouvait alors observer à loisir le visage de Furane étant donné que celui-ci n'était plus recouvert du foulard noir. Ils avaient le même âge et pourtant il paraissait bien plus vieux qu'elle. Il ne perdait pas de temps à entretenir quelque beauté et la jeune Flamme soupçonnait une carapace de pierre entourer un cœur particulièrement humain qui devait avoir subi bien des choses. Quelqu'un qui vit sa vie sans se poser de questions, qui ne craint pas la mort. Comme elle.

La servante l'interrompit dans ses pensées en lui apportant une bourse grasse qu'on devinait remplie d'argent. La jeune femme la saisit d'une seule main et la lança lestement l'objet en direction de Furane. La lourde bourse décrivit un arc de cercle au dessus de la table.


-Quand vous prendrez congé, je vous prierais d'apporter cela à l'Eglise. Dites que c'est de la part d'Anastacia Dragomirow ; ils comprendront.
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MessageSujet: Re: Le Soleil Noir de ma Mélancolie [Furane]   Mar 25 Oct - 23:49

Furane délaissa le vin à sa portée et se servit dans une carafe d'eau. Mieux valait rester complètement sobre, juste au cas où. Ainsi, Anastacia allait devenir la nouvelle sénatrice du Dargon. Intéressant. Il faudra qu'il mentionne que la rumeur était confirmée dans son rapport, que l’Église puisse débloquer une ou deux personne pour la surveiller. Hors de question qu'il lui arrive la même chose qu'à sa soeur.

Gardant le silence, il écouta la comtesse parler sans la quitter des yeux. Un petit sourire, qui n'était absolument pas moqueur, apparu sur son visage à la mention des talents d'orateur du comte et des capacité de combats d'Anastacia. Pourtant, compte tenu de sa position politique actuelle et à venir, il valait mieux pour elle d'être capable de se défendre. Ou alors d'avoir un bon garde du corps. Il fallait être très compétent pour lutter contre les hérétiques. Plusieurs des cicatrices de Furane, les plus récentes cela va de soi, pouvaient en témoigner silencieusement. Dans un camps comme dans l'autre, que l'on soit Inquisiteur ou terroriste, la moindre erreur se révélait fatale... Ou alors il fallait être très chanceux.

L'Inquisiteur fronça légèrement les sourcils, plus par interrogation que par crainte, lorsque la comtesse jeta un regard hargneux à sa domestique. Elle l'envoya chercher une bourse. Allons bon ? Allait-elle vouloir payer Furane comme un vulgaire mercenaire ? Il allait refuser, l’Église pourvoyait à ses besoins. De plus, il vivait simplement. Le sourire de la comtesse fit remuer quelque chose dans ses entrailles. Il n'en montra rien, mais si elle était dotée de pouvoir mentaux, elle devait certainement sentir l'effet qu'elle venait d'avoir sur lui.
Lorsqu'elle mentionna les hérétiques, Furane se détendit imperceptiblement et sourit à son tour.


-Les Hérétiques ne font bon ménage avec personne, si ce n'est eux même. La vermine ne se sent bien qu'avec la vermine...

Elle ne répondit pas, les yeux suivant quelque chose sur son visage. Il avait l'habitude des réactions et savait qu'elle regardait sa cicatrice. L'inévitable question survint juste après.
Furane se retint de sourire. Avant qu'il ne puisse répondre, la servante revînt, donnant une bourse pleine de pièces à sa maitresse. Cette dernière lui jeta l'objet, que Furane n'eut aucun mal à rattraper au vol. Il déposa le sac de cuir sur la table, écoutant les instruction d'Anastacia.
Bonne nouvelle, elle ne le traitait pas comme un mercenaire finalement. Un don à l’Église, comme tant d'autre venant de sa part apparemment. Il ne s'agissait clairement pas d'un don visant à se faire bien voir, mais d'une donation en âme et conscience pour aider l’Église (bien qu'elle ne soit nullement en déficit d'argent). Anastacia gagnait des points.


-J'ai écopé de cette marque lors d'un combat face à mon grand frère. On se battait à la dague, c'est courant dans Gells, ma province d'origine. Il à fait preuve d'un peu trop d'enthousiasme et n’a pas su s'arrêter avant de bien m'entamer le visage. Ce sont des accidents courant, ça forge le caractère. Hélas pour lui, mon frère trouva la mort face à des Hérétiques il y à bien longtemps. C'était avant que je n'entre au service de l’Église.

Allait-elle détecter son mensonge ? Probablement. Il mentait ouvertement sur l'origine de sa cicatrice, par simple jeu. Un jeu puéril, certes, mais cette espièglerie (qu'Anastacia allait surement percevoir en même temps que le mensonge) le caractérisait. Il disait la véritable histoire à ceux ou celles qui se rendaient compte de la supercherie par eux mêmes et au moment même. Les autres n'avaient droit qu'à un sourire narquois. C'était le jeu, au moins Furane avait l'assurance d'emmerder quelques personnes à sa mort et même après.
Il détailla à son tour le visage de son interlocutrice. Elle était belle et devait faire chavirer pas mal de coeurs. Mais son physique affriolant devait cacher un mental d'acier. Elle n'avait qu epeu flanché en frôlant la mort, après tout...
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MessageSujet: Re: Le Soleil Noir de ma Mélancolie [Furane]   Jeu 27 Oct - 16:59

Anastacia pouffa et termina tranquillement de grignoter la chair qui s'attachait à l'os qu'elle tenait entre ses mains acérées. Puis elle jeta l'élément dans un petit bol avant d'essuyer ses doigts sur une serviette.

-Votre cicatrice est-elle le résultat d'un fait si honteux pour que vous vous sentiez obligé de l'embellir ?

Sans attendre de réponse, elle baissa les yeux sur un plat de gibier dont elle s'empara avant de se servir de son contenant en grasse quantité. Le clapotis de la sauce s'écrasant dans son assiette fut une ambiance sonore qui s'harmonisait parfaitement avec les paroles de la Comtesse, quelque peu déçue par l'attitude de ce qu'elle avait cru être un soldat loyal.

-Vous mentez, très cher. Vous me souriez comme si vous étiez en train de me faire une bonne plaisanterie entre deux chansons paillardes. Vous vous répétez dans votre histoire, comme pour être certain de me convaincre.


La jeune femme reposa le plat, saisit ses couverts et entreprit de sectionner quelques morceaux bien juteux qu'elle porta à sa bouche afin de s'informer de leur goût.

-Quand on sait qu'on est sincère, on dit tout naturellement et une seule fois.

Clin d'œil malicieux. Tri sélectif des meilleurs morceaux. Gestes nonchalants. Terrible habitude.


-J'imagine cependant que, vraie ou fausse, vous avez du raconter cette histoire des dizaines de fois et avez eu le temps de parfaire le discours employé. Après tout, ce n'est pas une cicatrice ordinaire même si malheureusement, on peut en voir assez souvent au combat et certains en possèdent plus qu'on ne le croit, qu'elles soient physiques ou morales.


La cicatrice qui lui barrait le dos, due à une dispute avec sa sœur aînée, lui faisait mal rien que d'y penser. Elle chassa ce songe de son esprit avant qu'il ne lui coupe l'appétit. Tout repas était un rituel sacré où la mort et le deuil n'avaient pas leur place. Elle préféra ne pas reprendre la parole sur le sujet afin de savourer comme il se devait la viande qu'on lui avait apporté. Elle pouvait avoir ce genre de victuailles quand elle le désirait, où elle le désirait ; il lui suffisait juste d'appeler quelque serviteur et cela même si elle désirait s'octroyer le caprice de dîner dans sa chambre ou son bureau.

Malgré tout, elle avait appris à se délecter de chaque bouchée. Sentir l'odeur évoquer des souvenirs plus ou moins lointains, explorer la forme de l'aliment dans sa bouche et faire entrer sa saveur en contact avec ses muscles et ses parois sensibles. C'était cela, manger. Ce n'était pas simplement remplir son estomac, mais bien savourer, se rappeler, explorer.
Un rituel aussi important qu'une prière pour Anastacia. Et même si elle devait un jour partir en guerre et se nourrir de pain rassis et de soupe froide, elle se rappellerait.


-Et depuis combien de temps êtes-vous au service de l'Eglise ? J'imagine que vos entraînements ne datent pas d'hier, n'est-ce pas ?


Elle avait cessé de le regarder, se sentant trahie par ce mensonge aussi odieux et idiot que celui d'un enfant.
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MessageSujet: Re: Le Soleil Noir de ma Mélancolie [Furane]   Jeu 27 Oct - 20:22

Furane sourit doucement et avala un peu de cet excellent gibier avant de s’apprêter répondre.
Il s'était attendu à vexer la comtesse à cause de son petit jeu puéril, mais pour tout dire il n'en avait cure. Ce petit jeu, c'était une manière à lui de tester les gens et de les emmerder. Il pouvait se le permettre... Finalement, il garda le silence, laissant Anastacia manger et terminer sa diatribe.
Enfin, rivant ses yeux droit dans les siens, il parla.


-Ne vous vexez pas pour un distraction si puérile. J'aime mentir sur l'histoire de cette marque parce que ça m'amuse et que je sais que les personnes, comme vous, qui détectent le mensonge si vite son des gens de valeurs. À eux, je dit la vérité. Je tiens cette cicatrice d'un hérétique. Il m’a marqué le visage après avoir tué mon frère, Nathaniel Hölle. Cela remonte à onze ou douze ans maintenant. Je dois reconnaitre qu'à force de raconter des âneries sur cette cicatrice je ne sais plus s'il me l'à infligée avec une dague ou une épée. Je me souviens surtout qu'il m’a cassé le bras gauche, à démoli le genou de mon père au point que l'on du l'amputer et à éborgné le prêtre qui nous accompagnait. Ce même prêtre m’a fait entrer à l’Église environ un an plus tard, non sans m'avoir entrainé à sa manière auparavant . Comme vous le dites, mes entrainement ne datent certes pas d'hier. Je m'entrainait effectivement avec mon frère durant mon enfance. D'ailleurs, il m'a réellement infligé une cicatrice lors d'un duel à la dague, mais je serais bien en peine de vous dire de laquelle il s'agit à présent. La vie n'est pas facile dans Gells. Il s’arrêta pour boire quelque gorgée d'eau, puis reprit. Mon entrée dans l’Église de l'Ombre date plus ou moins de cette époque aussi. J'ai voyagé un an, je crois, avec ce même prêtre qui avait combattu à nos côtés durant des mois avant de perdre un oeil. Il m’a formé aux arts de l'ombre, à la discrétion, l'infiltration et la précision. Comme il aimait à le dire, il m'entrainait à ramper plus bas que les hérétiques pour mieux les frapper. Je lui dois beaucoup à ce vieux crouton. Il coule des jours paisibles dans la cathédrale à présent.

Furane reprit son souffle. Il n'était pas habitué à parler autant. C'était probablement pour se faire pardonner d'avoir menti ainsi à la comtesse. Ou juste parce qu'il se sentait à l'aise. Il n'en savait trop rien et, encore une fois, n'en avait cure. Mais maintenant qu'il avait raconté sa petite histoire à Anastacia, il attendait qu'elle se livre à son tour, si elle le désirait. Il garda le silence quelques minutes, mangeant à son aise avant de lui adresser la parole à nouveau. Il devinait sans peines qu'elle était vexée, car elle était tout aussi silencieuse et évitait de croiser son regard.

-Et vous Comtesse ? De quelle province venez vous ?

Il s'y connaissait juste assez pour ne pas directement lui demander de lui raconter son enfance. C'eut probablement été inconvenant et il n'avait pas envie de s'en faire une ennemie. Mieux valait à présent éviter de la contrarier.
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MessageSujet: Re: Le Soleil Noir de ma Mélancolie [Furane]   Mer 6 Juin - 3:46

Le silence s’abattit sur la salle à manger alors que l’inconnu reprenait son souffle, interrompu parfois par le son que produisait l’entrechoquement des ustensiles. L’appétit d’Anastacia diminuant, elle repoussa son assiette et, d’un geste lent et souple, ordonna au domestique de venir lui remplir sa coupe de vin. La femme en livrée, la tête baisse, s’empressa d’exécuter les ordres et se retira à l’écart, les mains jointes sur son tablier, les yeux rivés au sol. Le liquide écarlate, chaud et épicé, colora les joues tendres et diaphanes de la Comtesse, faisant pétiller ses froides prunelles. Puis, elle redressa doucement l’échine, gratifiant son invité d’un regard perçant, alors que les commissures de ses lèvres amorçaient un léger sourire.

-Votre vie fut mouvementée, commenta-t-elle de sa voix onctueuse en omettant de répondre à sa question. Et dangereuse.

Elle le dévisagea longuement, soutenant sans difficulté, et sans ciller, ces yeux gris et durs, qui témoignaient d’un passé sombre et trouble. Bien qu’Anastacia l’ait d’abord jugé inquiétant, voire redoutable, et ce dès les premières secondes de leur rencontre, Furane Hölle apparaissait, grâce aux informations qu’il lui avait lui-même transmises, d’autant plus menaçant. Tout natif de Gells méritait une certaine méfiance, ou du moins devait être considéré et traité avec prudence. Cela s’appliquait également aux agents de l’Ombre. La combinaison de ces deux éléments ne pouvait que générer un résultat explosif.

-Et nous avons quelques points en commun, susurra-t-elle, balayant la salle d’un regard amer, frôlant d’un doigt long et fin sa joue comme si elle effleurait l’horrible balafre de son interlocuteur. À commencer avec ces Hérétiques, ces ordures. Je ne pensais pas qu’ils chercheraient déjà à m’éliminer, alors que je ne suis pas encore sénatrice.

D’abord sa sœur, puis elle. Ses dents grincèrent et ses traits se figèrent, puis se détendirent brusquement. Elle aurait dû s’en douter. Jusqu’à la nomination du futur sénateur, l’attention de plusieurs serait braquée dans sa direction. Car qui, vraiment, parmi les familles de Dargon, était le plus compétent pour occuper les fonctions sénatoriales? Qui en aurait les capacités et la force? Anastacia, assurément. Et les tentatives d’assassinat s’accumuleront si, effectivement, elle suivait les traces de son aînée. Mais elle ne pouvait pas mourir bêtement par la main souillée d’une infâme et misérable créature.

-Vous avez assuré ma protection ce soir, et je vous en suis reconnaissante, et je suppose que l’Église ne voit pas d’intérêt à ce que je meure. Sinon vous ne serez pas ici. D’aucuns viseront à faire tomber ma si jolie tête, ce qui est bien dommage, ne trouvez-vous pas? Il va falloir que je rattache à ma personne des protecteurs fiables et puissants.

Les lèvres d’Anastacia s’étirèrent en un sourire malicieux, découvrant ses dents blanches et parfaites, pendant qu’elle offrit à Hölle un clin d’œil complice.

-Aimeriez-vous un peu de vin, mon cher ? Essayez-le, il est particulièrement savoureux. Je parie que vous en avez rarement goûté de pareil.

La domestique, sous l’invitation impérative d’Anastacia, déposa devant l’invité une coupe d’argent, finement ciselée, sur laquelle était gravée des arabesques complexes et sinueuses, et à l’intérieur de laquelle baignait une boisson aromatisée et sombre. De son côté, la fille héritière trempait ses lèvres rosées dans la coupe, dégustant à petites gorgées ce nectar divin, tout en poursuivant l’examen minutieux de l’homme.

-Oh, pardonnez mes mauvaises manières. J’en oubliais votre question. Comme vous devez vous en doutez, je suis originaire de Dargon, Anastacia Dragomirow, fille du Comte-Gouverneur, seule et unique héritière de ma lignée, annonça-t-elle en inclinant à peine la tête, comme tout noble qui se respecte. Mon enfance n’étant pas aussi tortueuse que la vôtre, je vois mal ce que je pourrais vous avouer que vous ne pouvez deviner vous-même. Ainsi, ajouta-t-elle en appuyant un coude sur la table, et le menton dans la paume de sa main, dévoilant par conséquent sa généreuse et appétissante poitrine, vous vous occupez des hérétiques. Vous en avez probablement tué plusieurs depuis toutes ces années. Comme c’est fascinant… Et celui de cette nuit, avez-vous une idée de qui le commandait ?

Dans le regard d’Anastacia brillait une lueur vive et malsaine, ponctuée d’excitation et d’irritation. Elle se doutait bien de la réponse qui émergerait de la bouche de Hölle, mais c’était sorti sans qu’elle puisse se réprimer.

Spoiler:
 

Edit(Uriel) : Salut ! Comme Tu as décidé d'assumer ce RP, je te donne les 35PI que Tu mérites pour les autres posts du sujet. Bonne journée.
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MessageSujet: Re: Le Soleil Noir de ma Mélancolie [Furane]   Mar 30 Oct - 20:42

Furane mangea silencieusement, appréciant cette nourriture qu'il ne risquait pas de pouvoir goûter de sitôt. Après tout, c'était fort rare qu'un noble invite un inquisiteur à sa table. C'était généralement les prêtres qui avaient cette chance. Il ignora le clin d'oeil de la noble, se contentant de répondre :

-Ne me remerciez pas. Entourez-vous de soldats compétents et prenez garde aux nouveaux domestiques surtout. N'hésitez pas à les faire fouiller ou à enquêter sur eux, je ne peux vous donner que ces conseils.

Allait-elle connaître le même sort tragique que celui de sa sœur ? Cela personne ne pouvait le dire. Mais il était clair que l’Église allait garder un œil sur elle de toute manière.

Furane goûta le vin qui lui était présenté. C'était un vrai délice, mais l'Inquisiteur ne s'en resservit pas, préférant continuer le repas à l'eau afin de garder les idées claires.
En soit la menaces n'était pas écartée. Le terroriste n'était peut-être pas seul, un autre tueur attendait encore Anastacia au détour d'un autre couloir. Il y avait une petite chance pour que la mort du premier assassin décourage ses hypothétiques complices, mais comment le savoir ?

Comme elle le disait elle-même, l'enfance de la future sénatrice n'avait rien d’excitant. En même temps c'était une noble, elle avait été choyée et protégée durant toute son enfance. De plus, sans position politique importante elle ne devait pas être une cible régulière pour les terroristes.

Le silence comblait les vides de la conversations. C'était rare pour Furane d'assister, voire même de participer à des dîners en tête à tête. Il était plus du genre à manger seul ou avec d'autres ecclésiastiques. Ce n'était pas foncièrement désagréable, de plus son hôte était un joli brin de fille, une agréable compagnie.


-Oui j'en ai tué quelques uns. C'est pas toujours ma priorité, parfois j'essaie de les capturer mais ils se suicident ou s'échappent quand même.

Son regard dévia malgré lui sur les courbes généreuses de son interlocutrice. L’Inquisiteur se reprit rapidement en la regardant dans les yeux.
Qui était le commanditaire de la tentative d'assassinat de ce soir ? Excellente question.


-Quant à celui qui à attenté à votre vie... C'est difficile à dire. Je ne connais malheureusement pas toutes les têtes pensantes des organisations terroristes. S'ils tendent apparemment vers un but commun, ils ne sont pas des plus organisés. Heureusement pour nous d'ailleurs. Celui qui à essayé de vous tuer pouvait tout aussi bien appartenir à une petite organisation qu'être un solitaire accompli ne supportant pas ses pairs. Il sera difficile de lui poser la question maintenant.

Trop absorbé par ce qu'il disait et les questions que cela soulevait dans son esprit, Furane interpréta les lueurs inhabituelle dans les yeux d’Anastasie comme de la curiosité. Il développa :

-Pour bien faire j'aurais du le capturer vivant, même si ce n'était pas mes ordres initiaux. Comme ça nous aurions nos réponses en ce moment même. Cela dit il ne s'agissait sans doute que d'un pion sacrifiable et corvéable à souhaits par ses supérieurs, si du moins il faisait partie d'une organisation...

Son assiette vide, l'Inquisiteur déposa ses couverts et s'essuya la bouche. Il vida son verre d'un trait avant de rediriger son attention vers la future sénatrice du Dargon.

-Souhaitez-vous que je reste encore un peu afin de m'assurer de votre sécurité ou dois-je repartir ?

Il s'attendait à devoir partir. Non que cela ne le dérange, mais il se pouvait que la soirée prenne une toute autre direction.
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Le Soleil Noir de ma Mélancolie [Furane]

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