Partagez | 
 

 Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

avatar

♦ Sexe : Masculin
♦ Influence : 140
♦ Messages : 1058
♦ Âge du perso' : 22
♦ Fiche : Into the Infinity of Thoughts
♦ Protecteur : Une apparente naïveté.
♦ Date d'inscription : 25/05/2010
♦ Age : 25

MessageSujet: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Lun 17 Oct - 12:24

Désespoir.

Un seul mot suffisait à décrire ce que touchait le jeune homme, le désespoir, pas celui qui parfois donnait la victoire, non. Le désespoir, ou plutôt, une autre couche de ce sentiment terrible qui tue, petit à petit son hôte, et Marius trempait son âme dans celui-là. Ce désespoir fort, plus fort que lui, et qui était en train de le transformer en légume. C'était sans penser, c'était vide et choqué qu'on l'eût retrouvé au milieu de la foule, incapable de parler, incapable de se débattre dans cette horreur. Magdra et Alvaro étaient parvenus à le saisir, laissant le grand homme qui lui avait promis un cercueil à ses occupations, et ce n'était plus réellement Marius qu'ils avaient ramené dans la petite masure. C'était juste un corps, avec des cheveux gris, et un regard bleu, perdu, maigre et qui sentait la mort. Magdra comprenait avec compassion ce qu'il se passait chez Marius, cette grande rousse au caractère d'ours pouvait comprendre ça, alors que le mentor du jeune homme se taisait sur la situation. Il n'avait plus la force de marcher, à quoi bon ? Il avait perdu Mist, il ne voulait plus de la vie, et il semblait mort de l'intérieur, pas même une flamme de vie vacillait dans son cœur.

Cette flamme qui avait brûlé avec ardeur pour une seule personne s'était éteinte en même temps que le condamné, Mist était mort ? Marius aussi. Incapable d'extraire de son esprit la vision maudite de ce corps abîmé, souillé, charcuté pour le bon plaisir de la foule, Mythe comme autrefois il croyait le nommer avait disparu. Et ce n'était pas que l'Homme au Masque à Gaz qu'Uriel d'Arken avait détruit, c'était aussi le Renard, Marius De l'Ombrage, un enfant, un adulte, un gentil idéaliste. Ce corps qu'on exposait en place publique, trophée d'une guerre injuste, symbole d'une victoire pourrie, c'était un peu de lui qu'on jetait à la figure des passants. C'était lui qu'on touchait avec un plaisir malsain, c'était lui qu'on avait tué, et Marius ne pourrait jamais revenir. Mist partit ? Il resterait mort, loin de tout, et sa main deviendrait paralysée, incapable de se saisir d'une arme. Alors lorsque la grande rousse le posa sur une chaise, elle regarda un moment ce garçon qu'elle considérait comme un membre de sa famille, Alvaro lui gardait son habituel silence, il se contenta juste de poser une main sur cette épaule maigre avant de disparaître dans la cuisine. Magdra se rapprocha, sa chevelure rousse et épaisse cachait son visage grave, elle se baissa à la hauteur du jeune homme, comme s'il s'agissait d'un enfant, et effleurant ses cheveux, elle poussa un soupir.


— Léonard, murmura-t-elle de sa voix de violoncelle.

Le regard vide, la tête baissée sur le sol crasseux de la masure, Marius ne bougeait pas. La grande rousse se leva finalement, et quittant Marius quelques secondes pour aller chercher une bouteille de vodka, elle offrit un regard sombre à Alvaro. Marius resta donc seul, oh pas bien longtemps, mais assez pour réfléchir avec lui-même. Il se retrouvait seul face au deuil, il se retrouvait seul et dépossédé face à... rien, rien sauf lui-même, lui et la mort de Mist. Un couinement lui fit soudain relever la tête, et il posa ses yeux morts sur un chien qui près du feu ne comprenait pas ce qu'il se passait.

Ce n'était pas Mais Dors, mais un de ses chiots qui fit quelques pas vers lui. Le chien voulut poser sa tête sur ses genoux, réclamant une simple caresse, et Marius bondit de sa chaise. Il en tomba à la renverse, et sa tête cogna brutalement le sol, il frémit. Le jeune homme reprit tout à coup vie, et la douleur explosa dans ses entrailles, elle lui broya le coeur, et l'arracha de sa poitrine avec un sourire narquois. Tremblant de tout son corps, en sueur, Marius fixa le chien, et reculant sur ses coudes, il balbutia quelques paroles, il respirait fort. Pris de convulsions, il chercha à se relever pour mieux tomber, il se cogna à la table, et la souffrance lui hurla avec plaisir : « Lokhund Krishna est mort, c'est de ta faute ! ».


— Ah... a...a-a-a-a-ah... ah... ah.. AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARGH !

Se prenant la tête entre les mains, Marius se replia sur lui-même et poussa un autre hurlement, plus fort, plus pénible. Ce n'était pas la voix d'un homme, c'était le cri écœuré d'un animal blessé qui réveilla toute la masure. Pris par l'angoisse, se rappelant soudain que Mist était mort, le jeune homme se roula en boule pour pousser une suite de cris de plus en plus dépouillé d'âme, complètement fou de chagrin. Il ne pleurait pas, on ne lui avait pas appris à le faire, mais ses yeux brûlaient de peine, tandis que sa voix écrasée dans sa gorge, sortait pour hurler à la mort. Magdra revint en courant, et elle le retrouva dans cette position lamentable, le chien s'était caché dans un coin, et Marius tremblait, comme un enfant.

Il crispa ses doigts dans sa chevelure grise, il tenta soudain de s'arracher quelques mèches, et alors que la femme fonçait sur lui, il s'entailla la joue toujours en criant. Magdra le prit par le col de sa chemise, mais il lui envoya un coup de poing, et tenta de fuir plus loin. Lui qui n'avait jamais frappé de femme de sa vie, pas même celle-là, il venait de briser sa propre morale. Il se colla contre le mur, et il reçut une claque de sa part, Magdra le prit par les épaules et le secoua pour tenter de le calmer. Marius se crispa, les dents serrées, il tomba à genoux, presque dans ses bras en murmurant d'une voix presque mourante :


— Il... il... il... non... non... il... il...

Marius cracha presque ses mots, car le dire à haute voix lui donnait envie de vomir, il s'accrocha aux bras de Magdra qui le retenait contre elle. Il enfonça ses ongles dans ses bras, sentant à peine sa main dans son dos, il cracha encore, près à vomir toute cette souffrance. Puis soudain, il s'écarta et pris de colère, il voulut de nouveau l'attaquer. Pourtant, cette fois-ci, il se prit un premier coup dans le ventre, avant qu'elle ne le prenne par les cheveux. Marius poussa un nouveau cri, et tenta de se dégager de toutes ses forces, tandis qu'elle le traînait en haut. Il donna autant de coups de pied qu'il le pouvait, mordant ses lèvres, criant comme un autiste, crisant et fou de peine. Et comme un sac à patate, Magdra le jeta dans une pièce et referma la porte sur sa silhouette repliée et tremblante, elle l'enferma à clef. Poussant un soupir, elle colla son dos contre le mur, elle ferma les yeux. Marius, lui, continuait de hurler son désespoir, sans volonté de le montrer à tous, plutôt, car ça lui devenait insupportable. Vivre sans Lokhund lui devenait insupportable.

Marius se releva péniblement, toujours tremblant, il donna plusieurs coups de pieds dans le lit, dans ce lit qu'il avait partagé avec son ami. Il le frappa jusqu'à ne plus sentir ses orteils, et quand ce fut le cas, il fondit sur le mur pour donner un premier coup de poing. Et un second, puis un troisième, il colla ensuite sa joue contre le mur, murmurant des plaintes, affirmant surtout que ça faisait mal, incapable de dire à voix haute qu'il l'avait perdu. Mordant sa langue, il frappa alors sa tête contre le mur, et déboussolée, il chancela pour tomber sur le sol. Là, il sembla se calmer, et le silence revint sur la masure. Magdra rouvrit les yeux, le regard sombre et fixa Alvaro venir à elle, elle prit la bouteille prévue à la base pour le gamin, et elle en but une gorgée. Marius était redevenu aussi impassible et silencieux que d'habitude, elle crut donc que sa crise était passée. Alvaro prit alors la parole :


— Tu l'as enfermé là-dedans ?
— Oui.
— Magdra... Léonard garde toujours son poignard avec lui.

La grande rousse ouvrit la bouche et se jetant presque sur la porte pour l'ouvrir, elle se figea devant la scène en train de se jouer. Marius avait effectivement enlevé sa botte, les mains tremblantes, il avait prit le poignard non pas pour s'ouvrir le ventre, mais pour se planter la lame dans le bras. Il l'enfonça encore, toujours plus profondément, et prit de rage, il arracha sa chemise pour retrouver une blessure qu'il connaissait que trop bien : sur son ventre, une cicatrice trop de fois ouverte le narguait. Sans perdre de temps, Marius resserra son emprise sur la lame et dans un grand mouvement, il s'apprêta à se l'enfoncer dans le flanc. La lame dérapa pourtant et lui entailla la jambe, car Alvaro avait bondi sur le jeune homme pour lui arracher le poignard des mains, Marius le frappa de toutes ses forces, mais voyant qu'il ne voulait pas lui rendre son poignard, il griffa ses bras avant de fixer la fenêtre.

Il voulait mourir ! On lui avait enlevé son poignard ? Ce n'était pas un problème, il allait trouver un autre moyen d'écourter sa vie ! Et ce moyen, ce fut la fenêtre. Il arracha presque les planches pourries, puis sans que les deux adultes puissent réagir, il enfonça son poing dans la vitre. Les éclats se plantèrent dans sa peau, mais ce n'était pas assez, pas assez pour lui faire oublier la souffrance qui hurlait dans sa poitrine.

Il arracha un éclat pour s'ouvrir les veines, le sang gicla sur sa chemise blanche, mais trouvant ça trop long, il recula. Figés, Magdra et Alvaro l'observèrent se frapper le crâne dans la vitre brisée, ils l'observèrent se déchaîner et perdre du sang. Et enfin, Magdra l'attrapa par les cheveux et le plaqua contre le mur, un éclat avait dérapé sur sa joue, du sang coulait sur son front, et Marius lui donna un regard emplit de chagrin. Puis sans rien dire, alors qu'Alvaro frottait son visage, Magdra prit le jeune homme dans ses bras. Elle tenta de lui offrir un peu de sa chaleur, et une épaule sur laquelle pleurer, mais Marius ne réagit pas plus. Il se contenta de rester là, dans les bras de cette femme, les yeux secs, les larmes absentes, il resta mort dans ses bras.

Au bout d'un moment, Magdra se détacha de lui et l'obligea à s'asseoir sur le lit. Saignant à la joue, Marius ne réagit pas lorsqu'elle arracha un morceau de tissus pour panser sa plaie, il sentit à peine la pression du nœud sur son poignet droite, il fixait ses genoux. L'autre main posée sur les couvertures, il croyait sentir sous ses doigts la chaleur qu'autrefois Mist sur ce même lit avait pu dégager. Il mouilla ses lèvres, et vide, il ferma les yeux quand Alvaro et Magdra le quittèrent.

Combien de temps Marius resta-t-il là ? Immobile ? Une couverture sur ses maigres épaules à se répéter toujours les mêmes paroles ? « Tu avais promis de le protéger, et qu'as-tu fais ? Rien ! Lokhund Krishna est mort par ta faute ! »

Pourquoi n'avait-il pas pu le protéger ? Lui qui avait toujours eu une peur monstre de le perdre ! La volonté seule ne suffit pas, et Marius était en train de le comprendre. Mist était mort, Mist avait été tué par Uriel d'Arken, et même pour ce salopard, Marius ne pouvait pas ressentir de haine. Elle avait disparu en même temps que Lokhund Krishna, sa haine, son ardeur, sa passion, ses rêves s'étaient tués à cette mort. Il poussa un long soupir, la voix perdue, il tourna la tête sur la table de chevet, où il trouva un peu de craie et une ardoise. Il n'eut pas le courage de lire les excuses de Mist, comme il n'eut pas le courage de lire la réalité : Mist avait disparu durant plusieurs jours, pourquoi ne l'avait-il pas plus cherché ? Il ferma les yeux, mordant sa langue, et poussant un râle plaintif, il leva la tête sur le plafond. Pour une fois, il se rendait compte qu'il avait besoin d'un contact, physique : Mist mort, Marius comprenait ses erreurs, et ressentait un manque viscéral qui le tuait. Adieu cette chaleur, adieu cette affection, adieu la vie. Bonjour douleur, salutation chagrin.

Le temps défila sans qu'il ne s'en rende compte, et ce qui le ramena à la vie, ce fut une conversation dans le couloir. Marcoh et sa bonne humeur habituelle, trop habituelle pour que ça soit sain murmurait à Alvaro :


— Un grand type... là... l'Homme-Arbre est venu à l'Oeil tu Tigre, avec un cercueil.

Marius releva la tête, un cercueil ? Il parlait de ce grand type qui l'avait empêché de... de faire quoi exactement ? Lui-même ne savait pas, mais le cercueil, cette petite boîte qui contiendrait le corps de son ami lui donna un peu de joie. C'était une jolie chose un cercueil, quatre planches, et un cadavre en décomposition dedans, c'était beau. Surtout lorsqu'il s'agissait de Mist, ça allait être beau. Marius releva la tête, et lentement, il marcha avec fébrilité jusqu'au pas de la porte. Et comme il s'y attendait, il la trouva fermée. Il regarda alors la fenêtre, et comme un zombie, il s'y rendit pour considérer la distance qui le séparait du sol. Las, blasé, il jeta la couverture dans un coin, son corps lui faisait mal, mais ce n'était rien à ce qu'il ressentait à l'intérieur. Marius passa alors une jambe dans le vide, et lentement, il commença une longue ascension jusqu'au bord. Il tomba maladroitement sur le sol, les jambes tremblantes, il marcha dans le froid de la nuit jusqu'à l'Oeil du Tigre.

Et rien n'avait changé dans cet endroit, les conversations se ressemblaient toujours, les éclats de voix lui frappaient encore les tympans, plus brutalement d'ailleurs. Il promena son regard sur la horde de malfrats qui discutaient de tout et de rien, enfin ce fut ce que crut le jeune homme, jusqu'au moment où le surnom de Lokhund Krishna l'attaqua brutalement. Il se raidit, laissant cette douleur le prendre sans rien dire. Il n'avait pas nettoyé le sang sur ses vêtements, ni sur sa joue ou son front, il avait oublié ces détails, et devant la mine déconfite du tavernier, Marius haussa les épaules.

Parler ? Il peinait à cet exercice-là, il ne pouvait que crier souffrance, encore et encore, cette nouvelle mère pour cette nouvelle existence morne et pénible. Il trouva le grand type dans un coin de la taverne, il ne semblait pas mal à l'aise, comme il ne semblait pas faire partie de cet endroit. Il était assis au comptoir, face au serveur qui pour une raison en particulier lui avait demandé un bras de fer. Deux géants luttant pour un peu d'alcool, voilà ce que Marius voyait, et il ne tarda pas à s'approcher du grand brun. Ce fut cependant le serveur qui le remarqua en premier, et fronçant les sourcils, celui-ci s'écarta pour lui demander d'une voix rauque :


— Léonard... ça va ?

Aucune réponse, et le grand type se tourna vers Marius. Leurs regards se croisèrent, un même regard, celui d'un éclat sépulcral qui jamais ne partirait, une même douleur. L'homme se leva avec lenteur, semblant être sur le point de chanceler à cause de l'alcool, et quand il fit quelque pas, Marius remarqua qu'il boîtait. Traînant avec lui une jambe raide, il alla jusque dans un coin de la taverne pour prendre entre ses énormes mains de travailleurs une chose rectangulaire. Marius ne tarda pas à le rejoindre, sourd aux paroles compatissantes du tavernier, et regardant le cercueil avec un intérêt morbide, il murmura d'une drôle de voix :

— Je n'ai pas le corps.
— Ah...

Paraissant embêté, ce qui lui semblait être un croque-mort passa une main dans sa chevelure grasse et brune, tandis que le jeune homme se rapprochait de ces quatre planches. Il les examina, toujours aussi morne, semblable au grand type qui s'écarta pour le laisser voir ce qu'il avait fait. Les mesures étaient-elles bonnes ? Sans doute, et puis ça n'avait pas trop d'importance pour ce qu'il restait du cadavre ; les gens avaient dû en voler quelques parties pour l'exposer dans leur salon, comme un trophée, ça le tuait. Il toucha du bout des doigts le couvercle, finement travaillé, avant de replier sa main et de la laisser tomber le long de sa jambe. Poussant un soupir, la bouche ouverte, il se demanda ce qu'il ferait, une fois que Mist aurait une sépulture descente, loin des regards. Le futur lui était trop lointain et insupportable, le présent lui crevait déjà assez le cœur. Vivre avec la mort d'un être qu'il s'était promis de protéger, ça le tuait, il voulait mourir, au moins pour ne plus connaître cette douleur. Il poussa encore un soupir, les yeux toujours brûlants, et ajouta de cette voix bizarre, loin de lui être coutumière :

— On... je vais chercher le corps, et... restez, là, je...
— Je viens avec toi.

Marius approuva sans protester, voyant là plus le côté pratique, sans pour autant comprendre les raisons qui motivaient cet homme à faire ça. Il se tourna alors vers le serveur et marchant jusqu'à lui, ayant l'impression que chacun de ses pas serait le dernier, il lui demanda :

— On peut avoir un cheval et une charette ?

Un torchon sur son épaule, un verre sur la main, il hocha la tête en silence et leur fit signe d'attendre dehors.

La nuit était tombée sur la Capitale, les rues serpentaient toujours vers les lieux les plus sales des bas-fonds. Marius pouvait sentir l'urine, et l'odeur de la mort, lui qui croyait s'y être habitué ; alors qu'il déambulait comme un fantôme, il pouvait sentir cet arôme morbide pénétrer ses poumons. Il ne savait pas quelle heure il était, et il s'en foutait assez, il avançait sans se poser de question, incapable de se dire que son acte allait envenimer la situation, et que des Gardes impériales risqueraient de surveiller l'estrade. Ou bien, les gens seraient encore là, crachant sur un corps qui n'avait rien demandé, il espérait juste à ne pas voir ça, il ne le supporterait pas, et une fureur désespérée viendrait exploser.

Marius se mettait rarement en colère, et c'était pour ça que c'était dangereux : quelqu'un qui passe son temps à se contenir, ça fait mal quand tout lâche. Cette fois-ci, le chagrin était bien trop grand pour lui, il dépassait des bords, et il ne pouvait pas envisager de garder une figure impassible. Mist était mort, ils allaient reprendre son corps pour l'enterrer, voilà tout, il irait mourir plus tard. Dans une nuit noire, sonnant l'approche de l'hiver, ils parvinrent sur la place publique, où la mort d'un gamin avait été le plaisir d'une populace ingrate et sans cervelle, le calme froid était revenu.

Silencieux, le corps attendait qu'on lui crachât dessus, là uniquement dans le but de servir les pulsions de la masse, sorte de bourreau devenu victime. Marius jeta un regard en arrière, tenant la bride du cheval, il s'arrêta alors et fit signe à l'inconnu de s'arrêter. Le grand homme obéit et gardant un visage morne, il attendait de voir la suite : Marius, tremblant se dirigea vers l'estrade pour monter. Sa jambe le tirait, se rappelant soudain qu'il était tout juste guéri, il écarta pourtant cette douleur pour tomber face au cadavre de son ami. L'envie de vomir lui arracha les tripes, et il lutta pour ne pas tomber devant Lokhund Krishna mort, dépouillé de son âme pour toujours. Il claqua une allumette et voyant le visage déformé de Mist, il ferma les yeux en respirant toujours aussi douloureusement, puis à genoux, il remarqua les jambes... enfin ce qu'il en restait. Écrasées, elles ressemblaient à un amas de chair et d'os qu'on aurait malaxé pour rire, et qu'on aurait laissé là, il releva les yeux sur la prothèse absente.

Mist ne pourrait pas finalement payer sa dette, Ixart allait lui en vouloir. Jusqu'à ses derniers instants, Mist avait souffert pour pousser enfin un cri, mais un cri animal, aussi violent que celui que Marius avait poussé dans la masure. Il sortit son poignard de sa botte, cherchant des ombres là où il n'y en avait pas, écoutant les pas de l'homme venir à lui. Il crut l'entendre poser la petite boîte en bois sur l'estrade, tandis qu'il coupait les liens qui comprimaient le cadavre. Le voir en vrai mort, puant, c'était aussi difficile de se dire qu'il allait vivre sans lui, il toucha les cheveux teints en bleus et finalement, il reçut le cadavre dans les bras quand il termina de couper les cordes.

Son coeur bondit dans sa poitrine, à ce contact de mort contre lui, Marius en frémit d'effroi, et espéra naïvement alors que tout ceci n'était rien d'autre qu'un rêve. Là, à cet instant, le jeune homme pria l'Ombre de sentir cette chaleur contre lui, et on lui donna en cadeau que quelques mouches volant ici et là, autour de lui. Asgeir lui toucha l'épaule, et l'aida finalement à poser le corps dans le cercueil, sans rien dire, il referma le couvercle, ils allèrent alors le poser dans la charette. Cependant avant de partir, Marius fit signe au grand homme de l'attendre, et remontant sur l'estrade, il entailla son index pour marquer sur le bois pourri avec son sang :

« Tout le monde ne mérite pas le pardon, Uriel d'Arken encore moins. »

Ultime provocation d'un être désespéré, il griffa le nom d'Uriel d'Arken avec hargne, et poussant un énième soupir, il se rétablit. Il sauta de l'estrade et souffla sur l'allumette, ce fut dans le noir que Marius remarqua la présence d'une silhouette blessée et fatiguée. Il fronça les sourcils, et vit la chose galoper jusqu'à eux, il resserra ses doigts sur son poignard, avant de frémir quand une langue chaude et humide passa sur ses doigts. Marius fronça les sourcils, et toucha la touffe de poil, écoutant les plaintes malheureuses d'une chienne qui avait perdu son maître, il tiqua et flattant la chienne, il croisa le regard de l'Homme-Arbre qui attendait prés de la charette.

Il ne put parler directement à Mais Dors, ça lui était trop pénible, mais il continua de la caresser, elle était aussi le souvenir de Mist. Il ne savait pas ce que ce dernier aurait voulu, mais si la chienne voulait le suivre, il la laisserait le suivre, elle aurait le loisir de le voir mourir. Marius passa une main sur son visage, et rejoignant Asgeir, il reprit la bride de son cheval pour quitter cette place qu'il honnissait à présent, tout comme cette masse ignare qui avait ri d'une mort brutale. La chienne prés de sa jambe, il passa sa main pleine de sang sur la tête de la bête. Celle-ci émettait quelques couinements plaintifs, tandis que Marius réfléchissait comment il allait mettre fin à ses jours. Pas d'attentat, il avait perdu l'envie de se battre, il avait perdu l'envie de cracher sur la face immonde de l'Église. Tout était fini.


Le vent passa dans ses cheveux, caressant sa nuque d'une main froide, le jeune homme pouvait apercevoir les tombes se découper dans la nuit. Asgeir se contentait de rester silencieux, malgré le douloureux spectacle qui s'affichait sur leurs rétines, Marius en avait envie de vomir. Quand il foula la terre humide du cimetière, un vieux souvenir revint à la surface ; il était déjà venu ici, un an était passé, et cette année l'avait mûri comme elle venait de le tuer. Qu'aurait dit Mist, s'il l'avait connu apeuré et gentil ? Trop gentil pour oser se servir d'une gamine de riche comme butin de combat ? Le cheval colla son museau contre lui, tandis qu'on pouvait entendre le cercueil bouger, comme si quelque chose de vivant allait y sortir. Espérait-il encore que Mist se réveille soudainement en poussant ses cris de mouette, affirmant qu'il s'était juste assoupi ? Oui, c'était pathétique, il était pathétique, comme le reste de son histoire. Ils errèrent entre les tombes, certaines affichaient un luxe ridicule, pendant que d'autres exprimaient le simple fait qu'un mort reposait ici. Cependant, l'âme de Mist avait été détruite, Uriel d'Arken avait détruit jusqu'à son âme, et ce qui allait reposer, ce n'était rien d'autre qu'un cadavre bousillé par la barbarie humaine.

Quand ils l'éloignèrent de ces tombes, et pendant que les rayons de soleil perçaient la nuit, Marius songea qu'il allait condamner ce corps aux vers, ces derniers dévoreraient tout ce qui avait fait de Mist... son ami. Pourtant, l'idée même de le laisser sur l'estrade, exposé comme un tableau, lui donnait envie de vomir sur la masse. Le corps de Mist cesserait d'être la proie de la connerie humaine, et eux seuls connaîtraient sa tombe. Asgeir s'arrêta, il attendit sans rien dire que le jeune homme choisisse lui-même l'endroit où il allait l'enterrer. Marius désirait que ce soit loin de toute cette pourriture, celle des riches, il ne voulait pas non plus que ce soit parmi les minables et les infirmes.

Lokhund Krishna n'en avait jamais fait partie à ses yeux, il avait été simplement unique, lui-même, quelqu'un de vrai, et de complexe. Il choisit finalement un lieu isolé qui se trouvait près de grands chênes qui avec puissance, se dressaient jusqu'au ciel. Il grimaça en songeant que sous ses pieds, Mist dormirait pour toujours, bouffé par les vers et la terre. L'Homme-Arbre prit une pelle pour la lui donner, puis il sembla hésiter, et sortit de son manteau un bouquet de violette fraîchement cueillie, ainsi qu'une statue de bois représentant un chien. Marius tiqua et mordant sa lèvre, il baissa les yeux sur la terre humide, l'aube se levait et il pouvait déjà sentir sa chaleur l'envahir. Une chaleur qui ne parviendrait jamais à réchauffer son coeur, et se tournant vers le grand homme, il le fixa sans comprendre la présence des fleurs et de la statue. Ce dernier passa une main ennuyée derrière sa tête, et il s'expliqua :


— C'est pour lui... il aimait bien les statues de chiens.

Le jeune homme hocha la tête, puis il l'aida à poser le cercueil sur le sol. Mordant encore et encore sa lèvre, luttant pour ne plus se mettre à hurler, il grogna et prit la pelle. Asgeir posa le bouquet de fleurs et la statue prés du jeune homme, tandis que ce dernier ouvrait le cercueil. Un frisson d'effroi et de dégoût coura sur son échine, il trembla, et passa une main apeurée dans les cheveux teints en bleus de Lokhund, maintenant qu'il voyait sa mâchoire complètement brisée, il se dit qu'il avait raté tant de choses avec lui, Mist n'aurait plus à écrire, comme il ne parlerait jamais. Plus il voyait le cadavre pourrir devant lui, plus il trouvait fascinant toutes ces blessures, figées, et ce corps raide... contre lequel il posa sa tête quelques secondes. Une étreinte morte, froide, dure comme de la pierre, durant laquelle il espéra entendre battre un coeur sur cette poitrine abîmée. Il n'obtient que le silence, puis il se releva frottant son visage, tendu, il remercia dans un murmure l'Homme-Arbre.

Ce dernier posa la statue de chien prés de la tête, tandis que Marius se saisit de son poignard, non pas pour se tuer cette fois-ci, mais pour couper une mèche de cheveux qu'il laissa tomber sur la main du corps, enfin ce qu'il en restait. Il referma le couvercle, et se tournant vers Asgeir, il poussa un soupir sans oser se lever. Les poings serrés, le jeune homme luttait pour ne pas se jeter sur ce corps, et ne pas hurler à la mort combien il la haïssait de lui avoir prit Lokhund, s'il avait pu échanger sa vie contre celle du sourd-muet, Marius l'aurait fait. Un tel troque était pourtant impossible, alors il avait choisi de mourir.

Et toujours silencieux, lisse comme une planche de bois, le menuisier lui fit un simple signe de la main pour disparaître plus loin. Marius ne sut pas si c'était pour le laisser se recueillir, ou bien parce que cet homme n'avait pas le courage ou la force de supporter ça, le jeune homme était tellement lamentable que ça en devenait drôle. Il caressa Mais Dors avec une certaine peur, la peur de dire adieu définitivement à Mist. Avec lassitude, il prit toutefois la pelle pour la plonger dans la terre, il en tremblait, et se reprocha de ne pas avoir assez de force pour ce qu'il allait faire. Il enleva un peu de terre, ce fut tout, puis il recommença en forçant un peu plus, serrant les dents. Il leva la pelle au-dessus de sa tête et l'enfonça pour creuser, il suait sous l'effort que ça lui demandait. Il suait et il continua pourtant, l'idée qu'on puisse de nouveau souiller le corps de son ami le hantait, elle le terrorisait trop, au point où plusieurs haut-le-cœur venaient l'attaquer.

Les tripes retournées, il posa un premier pied dans la fosse, il recommença ainsi l'exercice jusqu'à ce qu'un trou de taille respectable soit creusé. Il s'arrêta quelques secondes, essoufflé, et comme un automate, il sauta sur ses pieds pour se diriger vers le cercueil. Il regarda encore une fois le visage défiguré de douleur de Lokhund Krishna, l'envie de se jeter sur ce corps et de la garder près de lui était forte, elle hurlait même qu'il pouvait se servir de ce cadavre pour dormir la nuit, comme avant. Finalement, il referma le couvercle et poussa à bout de force le cercueil dans la force. Son genou claqua contre une planche, il tomba lamentablement dans le trou, recevant de la terre dans le dos, il resta quelques secondes couché sur le cercueil, replié sur lui-même. Pourquoi ne pas garder le corps finalement ? Surtout pour dormir ? Ça serait un peu pareil, n'est-ce pas ? Un peu pareil, mais décomposé, abîmé, froid.

Ce fut avec cette même langueur que Marius sortit de la fausse, il toucha la chienne par affection, comme si elle avait été son maître, puis il commença l'inverse, il reboucha le trou. Sa silhouette morbide se découpait dans l'aube, pâle, tâchée de terre et pitoyable, au point où ça faisait peur. La terre retomba sur le cercueil, créant un petit bruit qu'il n'entendait plus. Quand il termina son labeur, le terroriste aplatit la terre avec le dos de la pelle avant de la jeter plus loin. Il promena alors son regard tout autour, songeant qu'il n'y aurait pas de tombe pour Lokhund Krishna, il ne pouvait pas accepter en mettre une, ce serait hurler sa mort à tous. Il ne voulait pas, il ne voulait plus entendre que Mist était mort.

Finalement, il se retourna, trempé de sueur pour saisir le bouquet de violettes. Il fit quelques pas, serrant les dents, grimaçant en pensant qu'il était en train de marcher sur son ami, puis il se mit à genoux pour creuser avec les ongles un petit trou. Il y planta le bouquet de violettes, espérant au moins qu'elles allaient fleurir chaque année, en souvenir de son ami. Il tassa la terre tout autour, et passant une main moite dans ses cheveux, toujours plein de sang et de terre, Marius se laissa tomber sur le sol. Sans doute prés de l'endroit où Lokhund Krishna reposait, il étouffa un autre cri, la joue collée contre la terre, il se roula en boule. Ce corps sous cette terre, ce n'était pas Lokhund Krishna, c'était lui qui mourrait dévoré par les vers, c'était lui qui aurait dû se trouver là. Ici, couché comme ça, le jeune homme songea que c'était comme avant, c'était comme lorsqu'ils dormaient ensemble dans la masure. Alors, Marius ferma les yeux, las, espérant que ce sommeil serait le dernier. Ce qu'il voulait ? Se laisser mourir, rien de plus.

Il posa sa main sur la terre, imaginant toucher un corps chaud, il crut même sentir de la chaleur sous sa paume, et il finit par s'endormir. Lokhund Krishna mort, Marius De l'Ombrage n'avait plus de raison d'exister. La pièce était finie, il attendait juste que le rideau tombe sur eux.




_________________

Merci à Dietrich/Ambroise ♥️


Spoiler:
 


Dernière édition par Marius De l'Ombrage le Jeu 20 Oct - 19:32, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
₳ Philosophe ₳

avatar

♦ Influence : 232
♦ Messages : 276
♦ Âge du perso' : 25
♦ Fiche : Un être réel ou fictif?
♦ Date d'inscription : 14/03/2011
♦ Age : 24

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Jeu 20 Oct - 19:26

Les mentors étaient plus que des parents ou des éducateurs. Ils avaient un rôle spécial et unique, un rôle auquel je ne peux pas donner réellement un nom ou une dénomination.

Je me souviendrais toujours de notre rencontre et à chaque fois que j’y pensais, un sourire triste se dessinait sur le coin de mes lèvres et un soupir bien long s’échappa de ma bouche, me vidant de tout que ce soit sur un plan physique ou émotionnel.

Comment me décrire à cette époque ? J’apprenais plus vite que les autres mais il n’y avait aucune activité réellement éducative, rien pour nous apprendre à lire, écrire ou compter. On nous disait juste de travailler et amener un peu de sous… « Mériter notre repas » si je reprenais les termes de cette horripilante directrice. Le repas en question n’en était pas un… Juste une pure blague où on trompait de pauvres enfants naïfs.

Quand il fallait travailler, la tâche était ardue également. On nous traitait comme des moins que rien et on nous surnommait constamment par « le Garçon », « l’Idiot », « l’Oprhelin », « le Bâtard » et pire, le « Sans-nom ». A cette époque je ne comprenais pas l’étendue de ces insultes mais maintenant que je saisis le sens, j’en rougissais ou alors une colère inexpliquée grondée en moi. Inconsciemment, je me disais haïr ma famille qui m’a délaissé ainsi sans un nom ni rien et la seconde après, je me sentais pitoyable.

Je n’étais rien à cette époque et j’aurais fini comme voleur ou brigand de génie si mon mentor ne m’avait pas pris en charge, si je n’avais pas joué mon curieux dans l’atelier du forgeron. J’en gardais encore une cicatrice du coup que ce bougre m’a infligé mais ce prix ne représentait rien comparé à ce qu’il m’avait offert. Le Langage, ce beau langage, les manières – du grand monde comme du bas peuple- et la connaissance de la musique. Et plusieurs autres choses mais énumérer me prendrait la journée, voire plus.

Je l’aimais. Je l’aimais comme un enfant aime son père, un frère aime ses frères et sœurs, un ami qui aime son ami. Un apprenti à son mentor.

« Ne rêve pas trop Lao… Etre rêveur n’est jamais bon. N’oublie pas d’apprendre ce précepte à ton propre apprenti. »

Je répétais cette phrase qu’il disait souvent –mentalement car si je disais Lao haut et faire, ce n’était pas futé - , en me donnant une taloche au crâne si je n’écoutais pas, étant ailleurs. Je me frottais un coin bien précis de la tête, là où il avait l’habitude de donner une petite claque pour me sortir de mes songes.

- Pourquoi avoir disparu ainsi Maître ? Enfin … Je suppose que vous devez être bien près de l’Ombre actuellement, loin des erreurs et de la bêtise humaine. Il y a eu une autre mise à mort, avec la particularité que c’est Uriel d’Arken qui a présidé et tué le pauvre garçon. Je me sentais lâche de ne rien faire alors que j’étais là. Je ne tremblais, je n’avais aucune réelle compassion pour ce garçon. Mais j’étais lâche, lâche de pas abréger plus vite ses soupçons et surtout lâche de craindre cette nouvelle puissance d’Uriel. Je ne peux pas agir sans réfléchir un minimum, trouver un moyen de dévier cette magie malsaine qui fera de mon propre sang mon ennemi. Que faire ? Ombre ! Dites le moi donc ! Apportez-moi une réponse d’une manière ou d’une autre !

J’eus pour réponse le bourdonnement d’une abeille sur une des fleurs qui fleurissait sur la tombe de mon mentor. Je baissais la tête, m’agenouilla et arracha les mauvaises herbes pour ensuite aller chercher de l’eau pour les fleurs. J’arrosais sa tombe ? Oui et ? Etait-ce un mal de ne pas embellir le lieu où repose l’homme qui m’a donné un nom, une identité et un but dans la vie ?

Bien évidemment non !

Je finis ce travail, les mains pleins de boues et les traits un peu tirés. J’étais venu en soirée, quand je ne risquais pas de rencontrer le fossoyeur ou encore un autre visiteur. J’aimais être prudent et mes visites étaient de même : Que la nuit, quand il n’y avait personne.

Maintenant que j’y réfléchissais… CE n’était plus trop la nuit. L’aube se levait timidement, étendant quelques filets de lumière dans le ciel, incertaine encore si elle devait déranger ou pas ce peuple encore en train de dormir.

J’allais quitter mon poste par le coin où il y a d’immenses chênes. Là, peu de personne oserait s’aventurer en pleine nuit. Je rabattis la capuche de ma cape noire sur le tête et obligeait la perruque noire à me cacher la moitié du visage. Ma peau ? Encore plus pâle grâce à quelques artifices bien ingénieuses – poudres et autres – en accentuant mes cernes à coup de charbon.

Je venais ici souvent en Fossoyeur, au moins si on m’attrapait, j’avais une petite excuse et l’apparence qui allait avec. J’avais même une horrible bosse fait grâce à quelques coussins et bout de bois. Bref… Un véritable bossu étrange ! c’était cool non ?

Une chanson me vint à l’esprit et une fois près des chênes, je commençais à la chanter.

« Une ombre file dans la nuit
C'est un assassin qui s'enfuit
Et comme un démon il sourit
Son crime restera impuni

[ Fredonnement ]

Dans la chaleur
De la nuit
Le mal est toujours puni

[ Fredonnement ]

Comme un chasseur il suit sa proie
Pour que la justice et le droit
Triomphent, il est prêt à donner
Toute sa vie sans hésiter

Quand sa silhouette apparaît
Les méchants se mettent à trembler
Ils savent qu'ils ne pourront jamais
Echapper à ce justicier …Hein ? »



J’aurais dû dire la suite mais je vis une chose étrange ou plutôt une scène étrange. Un jeune homme bien sale dormant dans l’herbe. Son visage me disait vaguement quelque chose ?

Je viens de me le rappeler ! N’était-ce pas le jeune homme de cette taverne avec le médecin aux cheveux roses ? ET aussi celui qui était dans l’exécution du pauvre garçon ? Il y avait d’ailleurs une tombe à côté, fraîchement creusé.

Je me tenais à ses côtés, me penchant sur lui, tournant autour de lui comme un vautour. Je me demandais s’il était réveillé ou non ? Sur le point de m’attaquer ou non comme une bête traquée ? C’était toujours une phase délicate la perte d’une personne chère à notre cœur. Je pouvais comprendre une éventuelle agressivité, mais qu’il n’attende pas que je tende mes joues pour recevoir des coups. Je me défendrais… en évitant d’utiliser la maitrise de la terre.

Devais-je le réveiller ou non finalement ?


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
₳ Philosophe ₳

avatar

♦ Sexe : Masculin
♦ Influence : 285
♦ Messages : 310
♦ Âge du perso' : 28
♦ Fiche : Laissez libre court à d'autres idées...
♦ Protecteur : La terre que vous avez sous les pieds ...
♦ Date d'inscription : 16/02/2011
♦ Age : 25

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Sam 22 Oct - 21:38

Iraïd avait été là lui aussi, pendant l’exécution de Mist. Presque toute la capitale s’était regroupé devant la prison pour pouvoir observer cette exécution, et il y avait tellement monde qui acclamait le Haut-prêtre qu’il s’était retrouver toute derrière cet masse essoufflé de sang. En même temps, il n’allait se battre pour une meilleure vue.. Cette vision de l’église le dégoutait énormément. Mais il était quand même venue, pour voir si quelqu’un serai assez fou pour réagir à ce moment là . Personne, peut être que lui aurai pu aussi, mais quoi donc? Mist était mort.
Maintenant, ce qui l’inquiétait c’était Léonard, le jeune terroriste qui semblait très proche de sourd-muet. Il avait déjà tenter de le retrouver a la vieille Masure ou à l’œil du Tigre, mais personne ne savait très bien ou il était et ce qu’il faisait. Le roux avait un mauvais pressentiment là-dessus et craignait le pire, le grisâtre avait toujours sembler pointilleux sur le sujet de son compagnon. Maintenant que ce dernier défunt, tout portait à croire que son ami en serait infecter. C’est sur même, mais a quel point ? C’est pour cela que depuis quelques jours, le musicien se balada plus dans les bas-fond qu’a son habitude.

Cependant, c’est dans le froid matinal, alors qu’il ne faisait pas encore jour qu’il eut des nouvelles. Un contrebandier, Marco il lui semblait, est venu frapper à la porte du manoir Agasthel effrayant la domestique qui lui avait ouvert la porte au passage. La pauvre jeune femme n’avait pas compris grand-chose, sauf qu’il fallait appeler un roux et que c’était urgent. Elle alla donc chercher Iraïd , qui dormait encore pour le mener au contrebandier qui était rester dehors… Le philosophe apprit que le jeune était parti au cimetière voler un cadavre… Voler un cadavre ? Sur le coup, Ira ne compris pas grand-chose mais remercia le contrebandier avant d’aller chercher Marius dans ce cimetière. Il n’y en avait pas Trente-six à Ishtar donc c’était assez simple à retrouver. Cependant, cela ne lui disait rien qui vaille…. Et c’était fort possible que cet histoire de cadavre soit lié avec Mist. Iraïd ne savait pas ce qu’était devenu son corps étant donner qu’il n’était pas rester jusqu’aux bouts du massacre.
Le roux se dépêcha donc comme il peut pour se rendre à destination…
D’ailleurs, il fut bien surpris de croiser une connaissance sur le chemin. Le menuisier qui avait réparer sa belle. Il était là aussi. Qu’est-ce qu’il faisait là? Aucune idée, Iraïd ne savait pas qu’il connaissait Mist lui aussi, et qu’il venait d’aider Léonard . Surtout que le musicien était trop presser pour faire la conversation à cet immense armoire. Il le salua donc… bien qu’ Iraïd n’était pas sur que l’artisan du bois l’ai remarqué… Ce denier donnait toujours l’impression d’être dans un autre monde. Il continua donc son chemin, zigzagant entre les tombes pour essayer de retrouver quelqu’un d’a peu près vivant ici.

Au bout d’un moment, il vu une silhouette noire, inconnu pencher sur ce qui avait l’air d’être un corps inerte. Ce n’était une chose qui manquait ici, les corps inertes, mais le roux y allant un peu par instinct, s’approcha. Il ne connaissait pas cette personne vêtu de noir qui ressemblait à un fossoyeur. Cependant, reconnu des cheveux gris, malgré la terre et la crasse. Léonard! Il était là. Le roux s’approcha méfiant de l’autre personne, ne sachant pas ce qu’allait faire cet homme. Ce dernier n’avait pas l’air particulièrement menaçant, mais pas non plus bienveillant. Cela ne venait même pas à l’idée d’Ira que ce dernier puisse être une connaissance à lui d’ailleurs. Son esprit était bien trop occupé à chercher des signes de vie chez le terroriste que le fossoyeur n’était d’une ombre à coté. Raison de plus de s’en méfier. C’est quand il e rapprocha que le musicien regarda plus longuement l’inconnu. Lui aussi ressemblait à un cadavre… Sa peau était tellement blanche qu’on pourrait penser que cet homme n’avait jamais vu le soleil. Tout l’opposé du vagabond roux qui était toujours dehors. Enfin, il le fixa encore quelques secondes, cherchant à voir si son interlocuteur allait réagir négativement à sa venue, surtout contre Léonard à ce pied.. On ne sait jamais sur quel malade on pourrait tomber sur Ishtar, surtout dans un cimetière.

- Écartez-vous de lui, s’il vous plait.

Iraïd était poli, mais sa voix était froide, presque autoritaire. Il ne voulait pas laisser beaucoup de choix pour le contredire. Son sourire était toujours là cependant pour faire comprendre à son vis-à-vis qu’il n’était pas menaçant. Celui-ci n’est peut être pas un fossoyeur en face de lui, peut être un médecin? Paraitraient qu’ils aiment bien le coin.. Et puis de toute façon, il avait le poignard qu’il avait dérober à un prêtre, contre sa jambe si ce dernier tentait quelques choses. Ce n’était un très bon combattant en arme blanche, mais il ne pouvait pas utiliser la magie de la Terre ici. Trop de Cadavre. Ça serai bête que si on déplace quelque pierre ici, on se retrouve avec un corps en putréfaction au bout… Iraïd ignorait complètement que la personne encore consciente puisse être son camarade philosophe. Ce dernier était trop singulier dans ce qu’il faisait pour que le rouquin puisse le reconnaitre dans tout ce qu’il faisait.
Enfin, il s’approcha de Léonard. Ce denier ne bougeait pas, il semblait comme mort. Iraïd hésita quelques secondes puis s’accroupis à coté de lui, et envoyant sa chevelure derrière lui pour éviter qu’elle ne tombe sur le terroriste, il lui pris l’épaule et commença à le secouer promptement.

- Léonard, Réveille-toi, Léonard!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♦ Sexe : Masculin
♦ Influence : 140
♦ Messages : 1058
♦ Âge du perso' : 22
♦ Fiche : Into the Infinity of Thoughts
♦ Protecteur : Une apparente naïveté.
♦ Date d'inscription : 25/05/2010
♦ Age : 25

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Dim 23 Oct - 21:09

Loin de tout, loin des rêves, loin des angoisses, Marius dormait sur une terre froide et humide. Il dormait sur quelque chose de mort, et qui reposait sous lui, gêné par la présence de quelque chose de vivant. Le jeune homme était-il pourtant vivant ? On pouvait se poser la question, si on regardait sa silhouette maigre, sale, pleine de sang, la figure transformée par le chagrin. Ses cheveux gris étaient recouverts de terre, son poing tendu comme celui d'un nouveau-né, sa cape était souillée, sa chemise ressemblait à un chiffon, et repliait sur lui-même, Marius ne voulait pas se réveiller. Il entendait bien le fredonnement, cette voix douce et ces paroles pénétraient ses oreilles, mais une partie de lui désirait rester pour toujours avec Lokhund Krishna, et ce dans un monde plus joyeux que cet Empire Maudit. Pourtant, une voix froide et polie, différente de sa source, mais qui lui était familière le sortit péniblement de son sommeil. Marius marmonna dans sa barbe absente, et en réponse, il se replia davantage sur lui-même, il enfonça ses ongles dans la terre. Non, le jeune homme refusait de revenir ici, il était bien, là dans ce monde, avec Mist. Il ne pouvait pas supporter l'idée d'être séparé de lui, vivre sans Lokhund ? C'était vivre sans son âme : Marius serait démuni, un pantin, une chose avec un corps.

Lokhund Krishna avait été son combat, et il avait encore dans son esprit l'image de cet ami qui contre lui, le corps tendu lui avait narré son histoire. Cette image était encore trop présente, encrée dans son esprit, au point où elle le hantait, ça avait été aussi la première fois qu'ils avaient dormi ensemble. Marius comprenait juste à quel point ça allait lui manger, alors là sur cette tombe, c'était un peu comme avant, non ? Finalement, Akhdar le tira de ses pensées, la joue sale, il remua encore, il grogna, et luttant pour se laisser mourir, il ne tarda pourtant pas à rouvrir les yeux. Il cilla et fronçant les sourcils, il se remit sur ses coudes, il était dans un sale état. Marius posa alors un regard mort sur le rouquin, rien de méchant, rien de bon, un regard mort et qui était terrible. Il frotta ses yeux avec ses doigts pleins de terre, il fixa ensuite le bouquet de violettes que le grand type avait laissé ici. Il trembla en songeant qu'en mourant ici, il aurait pu les abîmer, alors qu'elles étaient pour Mist. Il n'eut pas non plus la force de regarder son compagnon, il n'avait pas encore remarqué l'autre homme, et ça lui faisait mal au coeur de reconnaître qu'il se montrait dans un état bien pitoyable, alors qu'il était censé être le chef. Marius voulut se relever et s'écarter, mais ses jambes manquèrent de force pour le soutenir, il tomba brutalement contre le sol, et se repliant encore sur lui, roulé en boule, il murmura :


— D'Arken... il... il... il me l'a enlevé !

Marius crispa ses doigts dans sa chevelure grise, au point où quelques cheveux se brisèrent sous sa fermeté, il tira un peu, comme pour se les arracher. Cependant, il s'arrêta bien vite, il voyait cet inconnu, comme il pouvait l'entendre vivre, mais il ne voulait pas accepter que sans Lokhund Krishna, le monde continuerait de tourner. Marius secoua la tête, sans pour autant changer de position, il était bien là, comme ça, roulé en boule. Dans sa tête, sa phrase résonnait toujours, frappant contre son crâne de son insolente cruauté. D'Arken avait tué Lokhund Krishna en place publique, Marius avait vu et vécut les derniers instants de son ami avec une terreur affreuse, et il aurait aimé être à la place de l'infirme. S'il pouvait le ramener ici, parmi les vivants, Marius donnerait tout, y compris sa virginité à l'être le plus pervers au monde.

Sa voix n'était plus une voix, c'était un râle, un amas de mots broyé dans une gorge séchée, et pourtant, elle hurlait dans sa tête que le Haut-Prêtre lui avait enlevé Lokhund Krishna. Marius ne pouvait plus bouger, il tremblait trop pour ça, de même qu'il avait encore assez de conscience qu'il se montrait faible devant son compagnon, alors que montrer un sentiment lui avait été interdit depuis l'enfance. Mist mort, Marius voulait mourir, il ne voulait pas lui survivre. Il ne savait pas non plus ce qu'Iraïd faisait là, mais il désirait simplement qu'on le laisse ici, en paix, et qu'il meure pour le rejoindre. Et encore ! La Mort ne serait pas une compensation : d'Arken avait détruit Lokhund Krishna, et ce jusqu'à son âme. Marius se consumait de ça, même en mourant, il savait qu'il ne pourrait pas le retrouver. Il implora du regard Iraïd et d'un signe de la main, il leur fit signe de le laisser avant de retomber sur cette terre qui recouvrait le cadavre tant chéri.


_________________

Merci à Dietrich/Ambroise ♥️


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
₳ Philosophe ₳

avatar

♦ Influence : 232
♦ Messages : 276
♦ Âge du perso' : 25
♦ Fiche : Un être réel ou fictif?
♦ Date d'inscription : 14/03/2011
♦ Age : 24

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Jeu 3 Nov - 12:42

Cet homme était réellement pitoyable. A le voir, il semblait être le seul être ayant un proche mort… tout le monde voyait un parent mourir et généralement cette tristesse ne se manifestait pas en dormant des heures, dans le froid, dans la nuit, sur la tombe du défunt !

Si ?

Je ne sais pas trop j’avoue. Je suis attaché à quelques personnes et à priori, ils sont tous encore vivants. Le seul à mourir était mon mentor… Je préfère ne pas me rappeler de ce jour. Il n’est pas utile de remuer le couteau dans la plaie, de faire ressurgir de tristes sentiments qui nous oppressent.

Quelqu’un s’approchait. Je lève ma tête et vis effectivement une silhouette se diriger vers nous… A force de côtoyer Iraïd ces derniers jours, je reconnaissais sa manière de marcher, la force qu’il mettait dans sa démarche, le balancement du corps et son instrument qui tire d’un côté d’où une légère démarche chaloupée.

J’étais quand même étonné. Que faisait-il donc ici ? Pourquoi me parlait-il d’une voix si autoritaire et d’une voix si tendre au petit couché au sol ? J’étais dans ma tenue de fossoyeur c’est vrai… J’étais loin de ressembler à Léandre ou à Lao à cet instant. J’étais un fossoyeur bossu et moche.


- Je ne comptais pas lui faire du mal mon bon monsieur…


Curieux je me poste derrière Iraïd, la tête au niveau des épaules d’un Iraïd accroupi… Quelle horreur de se tenir si courber si longtemps. Je serais réellement bossu si j’avais à porter plusieurs jours de suite ce déguisement. La, je serais tout bonnement bossu… Moche, à voir. Je me trouvais plutôt agréable à regarder pour le moment. Peut-être une fois sur la trentaine, quelques rides gâcheraient cette fraîcheur. Peut-être que ces mêmes rides ajouteraient un tout autre charme… qui sait !

L’autre dit une chose étrange : D’Arken l’avait enlevé. Ainsi il tenait le deuil de ce terroriste tué en place publique et effet de boule de neige, il y avait de gros risques qu’il soit un terroriste lui-même. Et Iraïd dans cette histoire ? Ah oui… il m’avait dit qu’il avait quelques connaissances parmi cette bande d’énergumène violent. J’avais préféré ne pas me prononcer dans l’immédiat, restant courtois et prudent mes propos.


- Il ne veut pas se réveiller. Il préfère mourir auprès de son mort apparemment. Quelle fin tragique…


Dis-je avec une voix tremblante et sinistre. Risquais-je un regard noir de mon ami ? Voire un geste déplacé ou violent de sa part ? J’avoue ne pas avoir encore testé le côté agressif d’Iraïd… peut-être quand nous étions enfants, mais c’était il y a longtemps. Entre temps nous avons fait pas mal de chemin de notre côté et avons évolué.


- Comment allez-vous donc consoler votre ami mon bon monsieur ? En lui creusant une autre tombe auprès de cette tombe ?


Jouons jusqu’au bout mon rôle de fossoyeur inquiétant et indiscret.

- Ou en lui remettant les idées en place en expliquant qu’il n’est pas le seul à voir un être proche mourir ?


Etais-je cruel dans mes paroles ? Je pars du principe que non…
Inquiétant ? Peut-être bien…
Quelque chose me dit que si la situation s’envenime, je me devais de décliner mon identité ou encore disparaître… Je devais éviter de pousser le bouchon trop loin. Je devais éviter… M’excuser s’il le faut.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
₳ Philosophe ₳

avatar

♦ Sexe : Masculin
♦ Influence : 285
♦ Messages : 310
♦ Âge du perso' : 28
♦ Fiche : Laissez libre court à d'autres idées...
♦ Protecteur : La terre que vous avez sous les pieds ...
♦ Date d'inscription : 16/02/2011
♦ Age : 25

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Dim 6 Nov - 11:58

Léonard se réveilla se qui rassura au moins un peu Iraïd. Le jeune homme est vivant, c’est déjà un bon point. Mais dans quel état … le philosophe avait l’impression d’être en face d’un mort vivant? D’une larve? Il ne savait pas que la mort de Mist avait autant secouer le terroriste. Le musicien avait remarquer un lien fort entre les deux hommes, c’est sur. Mais pour que la mort d’un entraine la mort de l’autre, non. Comment allait il faire ? Pas sur que lui donner deux baffes fonctionnerai. Enfin ça serai déjà un bon début. Mais quelques chose d’autre le dérangeait. C’était cet homme en fripe longue et noir qui s’approchait de lui. Déjà le roux était plutôt mal a l’aise et dans quelques sorte atteint par le comportement de Leonard, ce qui ne l’enchantait pas des masses, mais au lien de provoquer de la pitié, un énervement pour l’instant contrôler . Iraïd pouvait comprendre la peine que connaissait le terroriste en ce moment, Luzy lui était très cher. Si quelqu’un, prenons Uriel, la détruisait. Sa peine serai immense, mais sa haine aussi. On oublie trop souvent que le calme d’Iraïd n’est qu’une façade et qu’il cache un esprit pas très saint. Enfin de toute façon, aucun esprit est saint, ici à Ishtar. Quoiqu’il en soit, s’il venait à perdre son instrument, un jour, des mains d’un prêtre. Il irait lui-même à la cathédrale et ferai tomber les murs porteur, détruisant le bâtiment et toute personne qu‘il y aurai en dessous. Juste parce que sa haine serai immense, et que ces monuments religieux ne sont que des amas de pierre au fond, tout à fait à la merci d‘un philosophe mal intentionné.
Mais on en était pas là. L’homme m’était mal à l’aise Iraïd et sa main était légèrement crisper sur la poignet de l’étui de son luth. Ce homme ne voulait pas voir ailleurs s’il n’y avait pas un cadavre moins fraie à enterrer ? Il avait besoin de celui-ci déjà. Surtout avec la présence de cet homme Iraïd ne pourrait pas se permettre de parler librement. Toutes les paroles du rouquin pourrait être de l’hérésie pour un fervent croyant et même si l’homme bossu en avait pas l’apparence, cela ne démontrait pas qu’on pouvait se fier à lui. Surtout que ce dernier semblait trouver un malin plaisir à se rapprocher d’Iraïd, et se pencher au dessus de lui, lui qui était accroupi. Le roux jeta un coup d’œil au dessus de son épaule. Presque indifférent. Presque, on pouvait y voir une certaine obscurité qui lui avait enlever son sourire? Il aimait pas qu’un inconnu s’approcha et pire le touchait. Cependant Ira ne bougea pas, même si son regard traduisait une forte demande pour que le fossoyeur s’écarte.

Enfin ce n’était pas gagner.. Iraïd retenta un soupire, Léonard se ralongea face contre terre et l’homme continua sur son amalgame glauque. Bref, le musicien était entre une larve dramaco-suicidaire et un fou à lier( et a enfermer)… S’il en prend un pour taper l’autre, vous pensez qu’il pourrait avoir la paix ?
Pas sur, enfin, pour l’instant silencieux, écoutant les paroles de l’homme bossu, Iraïd posa la main sur l’épaule de Marius et le força à se relever. Ce n’était pas qu’il voulait l’écarter de Mist, mais son comportement commençait à l’agacer, celui de l’autre aussi qui ne cessa de parler. Cela ne fit rien à Léonard de l’entendre? Ce dernier se laissera insulter comme cela ? Enfin vu l’était du grisâtre, cela ne l’étonnait pas, c’était déjà un espoir qu’il avait réussi a le tirer de ses rêveries.

- Et vous, vous n’avez pas de travail autre part? Les morts ne sont pas rares à Ishtar, je suis presque sur qu’un ou deux mort attend le repos …

Ou comment dire poliment d’aller voir ailleurs…. Pour l’instant Iraïd restait poli, et puis ce n’était ni quelqu’un d’insultant, ni de violent par nature. Juste radical Le mieux c‘est que ces hommes partent. Mais cela serai trop beau. Alors Iraïd se redressait pour ne pas être en position de faiblesse face au bossu, on ne sait jamais s‘il a envie d‘avoir deux cadavres de plus à enterrer et puis il ne pouvait pas vraiment compter sur Léonard qui semblait vouloir se reconvertir en verre de terre.. . Comment il allait pouvoir faire …?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♦ Sexe : Masculin
♦ Influence : 140
♦ Messages : 1058
♦ Âge du perso' : 22
♦ Fiche : Into the Infinity of Thoughts
♦ Protecteur : Une apparente naïveté.
♦ Date d'inscription : 25/05/2010
♦ Age : 25

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Ven 18 Nov - 21:21

Ce que désirait Marius désormais ? C'était l'étreinte de la Mort. Il n'avait plus rien pour lui sur ce monde, il avait perdu sa raison de se battre. Il avait même perdu ce cliché du héros tragique qui la haine au coeur viendrait tuer son grand adversaire de toujours, et ce par pure vengeance. Non, Mist mort, on lui avait arraché avec une brutalité presque sadique sa raison de se battre ; ses idées, eh bien ! À quoi bon les servir si la seule personne qui avait réellement compté dans son inutile existence venait de disparaître ? Lokhund Krishna n'était même pas que mort, il avait disparu, Marius avait vu comme les autres le pouvoir ridiculement cruel et écoeurant de d'Arken opéré sur son ami. Alors, pourquoi se battre ? Il s'en foutait, à présent, il voulait tout simplement mourir. Les sarcasmes de l'autre fossoyeur, la colère d'Iraïd, la décadence de son groupe, il s'en foutait. Pourquoi Akhdar était-il venu ici pour le tirer de ses souffrances ? Pourquoi ne voulait-il pas le laisser mourir sur cette tombe ? Pourquoi lui enlevait-on ce désir-là ? Mist mort, c'était lui qu'on avait arraché à cette terre, Mist mort, Marius n'avait plus qu'à le suivre.

Le jeune homme pouvait sentir une souffrance atroce lui creuser la poitrine, un énorme trou qui s'étendait dans tout son corps, hurlant encore et encore la perte de ce proche, saignant, rugissant. Un trou dans lequel autrefois un coeur rêvant de vivre, rêvant de la Justice avait battu, et dont maintenant il n'avait qu'à jouir de l'absence. Ses pulsions suicidaires seules lui restaient, il se laissa de nouveau tomber, Marius De l'Ombrage loin de sa vertu, loin de sa force, il se laissa tomber contre la terre. Son compagnon de combat prés de lui, l'homme trapu et hideux qui prêt d'eux crachait son cynisme, Marius ne les voyait plus. Il ne percevait même plus le son de leur voix, alors il s'était laissé tomber. Marius ne jouait pas les héros tragiques, il n'avait plus de grandeur, il n'avait plus de noblesse d'âme pour cela, il voulait simplement crever, qu'importe la manière. Même s'il était conscient qu'il ne pourrait pas rejoindre son ami, puisque ce dernier n'avait plus d'âme. Il ne pourrait même pas avoir ce plaisir-là, mais qu'importe !

Au moins, la mort résoudrait tout, elle mettrait une fin à cette immense souffrance. Des idées macabres germaient dans son esprit, et l'une d'elles fut assez atroce pour lui plaire : on empêchait le jeune homme de se suicider ? Ce n'était pas grave, il venait de trouver un autre moyen de le faire. Serait-il exécuté s'il se présentait à la Cathédrale, hurlant d'une voix neutre : « Je suis le Terroriste Marius De l'Ombrage, ami de Mist, et chef du Réseau de l'ABC, je me rends » ? Il l'espérait en tout cas, et puis de toute façon, ils pouvaient bien le torturer, rien ne serait aussi grand que la souffrance présente dans tout son être. Il se rendait compte que l'idée de vivre avec cette absence lui était insupportable, et que la Mort serait une perspective bien plus douce, alors il irait provoquer une dernière fois Uriel d'Arken, il viendrait se présenter à son ennemi pour lui demander de le tuer, ainsi tout ira mieux.

Adieu, vertu, adieu moral, adieu détermination à rendre le monde meilleur, bonjour tristesse et amertume, la Mort n'avait qu'à venir le chercher, Marius ne voulait que ça. Il se releva finalement, le regard mort, le visage sans la moindre expression, il regarda Akhdar, puis l'homme laid qui était avec son compagnon. Un regard qui ne voulait rien dire, et qui restait morne, c'était comme si son âme venait de le quitter, définitivement. Son corps n'avait qu'à le faire chuter, et tout irait mieux après. Marius mordilla ses lèvres, il observa un instant ses mains tremblantes, abîmées par ses crises, et qui à elles seules exprimaient l'immense douleur qui le submergeait. Ses doigts étaient raides, de la terre poussait sous ses ongles, les cicatrices faîtes par son poignard couraient sur ses poignets, et leurs tremblements faisaient peur.

C'était les tremblements d'une vénuste souffrance, mais celles aussi d'un possédé qui ne voulait que la mort, et Marius l'obtiendrait, qu'importe le moyen. Oubliant ses promesses, oubliant ses rêves, ne songeant qu'à se faire exécuter, Marius ignora soudain la présence de son compagnon ; Iraïd qui incarnait ses yeux dans ces lieux, où il n'avait plus sa place. Il planta son regard bleu et sans éclat dans celui de Lao déguisé, un regard qui toutefois était allumé d'une détermination sinistre, et il lâcha d'une voix neutre, froide, comme si c'était la Mort elle-même qui parlait à sa place :


— Oui, je connaissais ce mort-là, et si vous voulez gagner un peu d'argent, vous pouvez me vendre à ce salopard. Ça n'a pas d'importance. Allez ! Faites-le, vendez-moi, dites que je suis aussi terroriste, avouez-leur que vous avez rencontré un ami de Mist, et que ce dernier ne veut que mourir. Ceci fera ainsi plaisir à tout le monde. Les rats doivent crever, n'est-ce pas ?

Marius avait dit ça avec une sincérité, une sincérité masochiste, mais au moins... il avait été clair.

_________________

Merci à Dietrich/Ambroise ♥️


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
₳ Philosophe ₳

avatar

♦ Influence : 232
♦ Messages : 276
♦ Âge du perso' : 25
♦ Fiche : Un être réel ou fictif?
♦ Date d'inscription : 14/03/2011
♦ Age : 24

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Sam 3 Déc - 23:28

Iraïd n'était pas un être extrêmement violent et il savait se contenir en gardant une certaine politesse tout en asseyant une autorité de sa part. Par exemple il venait de me dire - poliment - que je n'avais pas ma place ici. Certes ... Que ferais-je avec un philosophe qui s'entend avec des terroristes et que ferais-je avec un terroriste tout bonnement ?

Que ferais-je sérieusement ? Mais vraiment? Pour tout vous dire... Je n'en sais rien. Je suis un être curieux et je suis venu pour combler cette même curiosité, voir ce qui se passait, comprendre cette relation et savoir l'origine de ce chagrin ultime. Dans un cimetière, le chagrin rimait souvent à la mort d'un proche et donc cette personne ne faisait pas exception à la règle.

Autrement le ton emprunté par le roux ou encore ses paroles ne me firent ni chaud ni froid. Il fallait s'y attendre vu qu'il ne me reconnaissait pas. D'ailleurs peut-être sa réaction aurait-elle été encore plus agressive si j'étais venu en "Lao" et pas en Fossoyeur. Il semblerait que j'ai un don naturel à l'énerver par quelques phrases et remarques anodines, sans arrières pensées... Mon naturel semble le mettre à rude épreuve dans beaucoup de nos rencontres. Triste n'est-ce-pas?

Finalement Iraïd se décide à la relever et à l'écarter de cette tombe, sûrement pour "réveiller" définitivement son ami et lui rappeler qu'il était encore dans le monde des vivants et que son âme n'était pas prêt de rejoindre son âme sœur dans l'au-delà, auprès de l'Ombre.

Soudainement cet homme aux cheveux argentés planta son regard azur dans mes petits yeux marrons pour prononcer un discours fort étonnant. Ainsi donc nous avons le terrible terroriste Mist sous terre, le corps sûrement en décomposition et livré à quelques vers et autres insectes du sous-sol, et l'être grisâtre se déclare être son ami. En effet, je pouvais le vendre à un bon prix et gagner des faveurs surtout d'Uriel. Mais qu'ai-je à faire d'une faveur ayant pour origine la vente d'un terroriste.

Je n'aime pas ces êtres-là et je n'aime pas obtenir quelque chose en passant sur la vie d'une personne. Deux idées qui s'entrechoquent j'avoue mais je préfère résoudre rapidement, en concluant que je ne chercherais pas des ennuis. Déjà que je mets à bout de nerfs par moment le rouquin, il ne manquerait plus qu'il me haïsse à vie pour avoir vendu un de ses terroristes au Haut Prêtre.

Quant aux faveurs d'Uriel, j'en ai besoin que pour approcher l'Empereur. Une fois cet objectif atteint, je préfèrerais plus entretenir une relation amicale et garder un œil sur ses agissements sur la politique, le peuple et contre ma personne. Rester diplomatique et avancer pas à pas, prudemment, voilà ce qu'il faut pour le moment. Me lancer tête baissée ne m'aiderait pas et je n'aurais aucune issue de secours, aucun échappatoire pour me cacher, ce qui serait dramatique. Je voulais vivre moi. Pas mourir si vite, si jeune et sans aucun héritier à qui j'aurais transmis toutes mes connaissances!

- En effet ... Mon Maître, notre Excellence me donnerait une bonne récompense en vous vendant à lui. Mais dites-moi, qu'allez-vous faire? Attendre gentiment qu'il vienne avec sa puissante magie ? Vous avez eu droit à une démonstration non et donc vous avez peut-être une idée de le battre, vu votre liberté à parler ?

Et je ricanais, de manière désagréable, en étant le plus sinistre possible. J'étais le stéréotype parfait du Fossoyeur inquiétant... quoique ici, ce n'est pas un stéréotype, c'est une norme d'être fou et malade.

- ET vous Monsieur ... Le monsieur aux cheveux Oranges, qu'allez-vous dire ou faire pour le défendre? C'est votre ami non ? Il vient de se dénoncer et je peux à tout moment le vendre...

Quelle sera la solution d'Iraïd et la réponse de ce terroriste.

J'avais hâte de voir ça.

Par contre je dois apprendre à tenir ma langue pour le surnom "Monsieur Carotte" à Iraïd. Je le charriais avec quand on était gamin et qu'on s'énervait pour quelques broutilles. C'est assez puéril mais qui n'est pas puéril à huit ans ?

Par contre il y aura juste un léger problème : S'ils m'attaquaient réellement, je ne vais pas me défendre avec la Terre ? Si ? Je verrais bien selon les circonstances.


Dernière édition par Lao le Ven 9 Déc - 22:27, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
₳ Philosophe ₳

avatar

♦ Sexe : Masculin
♦ Influence : 285
♦ Messages : 310
♦ Âge du perso' : 28
♦ Fiche : Laissez libre court à d'autres idées...
♦ Protecteur : La terre que vous avez sous les pieds ...
♦ Date d'inscription : 16/02/2011
♦ Age : 25

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Dim 4 Déc - 0:54

Iraïd observait, il ne savait pas vraiment comment allait se dérouler cette histoire, comment cela allait finir. Son regard passa de Léonard au fossoyeur, espérant que le premier réagisse et que le deuxième parte. Comment ça a commencé cela déjà ? A oui la mort de Mist. Pauvre gosse, et s’il voyait comment devenir Marius après cela, qu’aurai t’il pensé?

…Pardon…? Iraïd écarquilla les yeux, croyant mal entendre. Léonard venait d’annoncer de but en blanc qu’il était terroriste et un ami de Mist, que cela l’autre homme pouvait le vendre à Uriel. Mais ce gamin ne se rendra jamais compte de ses connerie! Iraïd était pétrifié, et dut pendant quelques secondes arrêter de respirer. Les pensées allèrent un peu trop vite dans sa tête et eut du mal à retrouver ses esprits. Si Marius plongeai, qui dit qu’il ne dénoncerai pas tout ses amis avec ? Donc aussi Iraïd dans le même lot.. Il ne voulait pas y retourner, plutôt mourir, plutôt tuer… Le roux semblait se désarticuler dans un sursaut en même temps qu’un tremblement de terre minime s’étendit sur tout le périmètre. Son esprit perdit peu à peu pied avec le présent, en même temps que les images du traitement qu’il a subit pendant son enfance resurgissaient. Pourquoi s’était il allié à lui ? Pourquoi il lui avait fait confiance, merde! Le roux aurait dut rester solitaire comme il avait toujours été, et ne pas montrer d’intérêt aux rêves de ce gosse. Pourquoi.. Pourquoi ?! Le philosophe mordit sa lèvre, se voulant de son erreur. Mais voila que le fossoyeur rajoutait son grain de sel, après tout la tirade de Marius lui était adressé, il avait le droit de répondre. Mais cela qui n’arrangea pas les choses au niveau du mental d’Iraïd. On oublie trop souvent que ce dernier n’est pas si paisible qu’il en a l’air et qu’il lutte sans cesse avec ses démons. Ses monstres qui le hantent et qui menacent de le faire jouer avec la folie et la paranoïa.

Iraïd regarda Lao camouflé d’un regard a réveiller un mort, ce n’était même pas de la menace ou du mépris, juste un début de démence cacher derrière ces mèches rousses. Et s’il les enterraient tous les deux ? Au moins comme cela, rien ne s’ébruiterai pas, il n’aurai aucun risque de retourner dans les cachots de la prison. Non, Ira, ce n’était pas ce que qu’avait appris ton tuteur..

- Allez vous faire voir …

Qu’il destina au fossoyeur … Clair, net et précis. Quoi d’autre ? Il avait autre chose a régler que de discuter avec ce freluquet morbide et mortuaire. Le roux avait fait envoyer la politesse bien loin, et c’était pour le moment le cadet de ses soucis. Marius venait de se vendre, ce connard inconscient s’était vendu! Face un inconnu qui pourrait tout à fait allait le dénoncer au premier ecclésiastique qu’il croisait. Mais à quoi il jouait ? La mort de Mist ne lui suffisait pas ? Et voulait que tout le monde crever avec lui? Il se trahissait, lui le chef de l’ABC et si par connerie il balançait tous les noms de ses compatriotes ? Les points d’Iraïd se serraient, jusqu’à faire blanchir ses jointures. Ce dernier ignorait complètement le fossoyeur. Son regard vert était devenu obscur, plisser et fixant Marius. Le défiant de répéter ce qu’il venait de dire. Même si avec l’état de larve de Marius, on ne savait pas comment il pourrait réagir.

- Léonard, n’oublie pas de mesurer la portée de tes propos, je pourrais presque croire que tu sois aussi misérable pour être indigne de confiance…

Sa voix n’avait rien de doux et paisible. Elle était de roc, froide et lourde. Iraïd avait changé, c’était certain. Ses mains tremblaient légèrement et il se contrôlait le plus possible pour ne pas exploser complément, fendre la terre et faire graviter tout cailloux autour de lui. Il laissa passer un sifflement énervé..; Franchement pourquoi il s’attardait ici ? Être entre en dépressif et un cinglé ne lui plaisait pas, le devenir ici encore moins.. Surtout qu’il commençait à se sentir glisser dans les eaux troubles de sa névrose. Uriel pourrait très bien venir ici, comme le jactait le fossoyeur, il en avait cure. C’était le comportement de Léonard qui le m’était hors de lui… Il faisait l’amoureux transi en pleine crise d’adolescence et c’était vraiment désagréable. Assez pour lui arracher la tête s’il continu …
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♦ Sexe : Masculin
♦ Influence : 140
♦ Messages : 1058
♦ Âge du perso' : 22
♦ Fiche : Into the Infinity of Thoughts
♦ Protecteur : Une apparente naïveté.
♦ Date d'inscription : 25/05/2010
♦ Age : 25

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Dim 4 Déc - 1:37

Marius avait-il dépassé les limites ? Évidemment. Se rendait-il compte de ce qu'il venait de cracher à l'homme ? Oui. Avait-il oublié Iraïd ? Un peu. Bien évidemment que si jamais il tombait, personne de l'ABC serait dénoncé, il emporterait leurs noms et leurs visages dans sa tombe. Malgré le chagrin, le jeune homme restait loyal, il voulait simplement que ses compagnons l'abandonnent et continuent l'aventure sans lui. Mourir... tout simplement mourir, et rejoindre Lokhund Krishna, plus rien ne le retenait ici. C'était égoïste de sa part de penser une telle chose, en omettant par exemple Iraïd, qui après Mist avait rejoint leur groupe de révolutionnaires, et qui lui avait accordé sa confiance. Toutefois dans l'état dans lequel Marius se trouvait, il ne parvenait plus à réfléchir froidement. Il se contentait de fixer leur homme, de l'oeil de celui qui a tout perdu. Il ne tremblait pas ou plus, son poing resté fermer, et il haussa les sourcils à la réponse de l'homme.

Curieusement, il s'était attendu à ce genre de paroles, mais pas à l'adresse faîte à Akhdar ; le fossoyeur ne lui avait pas semblé être ce genre de personne, et c'était bien pour le provoquer, lui et ses pensées morbides, lui et son goût du macabre qu'il eût sorti une telle connerie. Même si au fond, le jeune homme espérait mourir, qu'importe la manière. Un léger tremblement le fit sursauter, mais loin de connaître l'Art de la Terre, Marius ne se rendit pas compte que ceci émanait d'Akhdar, il continuait de fixer le fossoyeur, quand brusquement... une vulgarité sortit de la gorge de son compagnon. Surpris, mais pas autant qu'il ne l'aurait été en temps normal, Marius tourna lentement la tête vers Iraïd. C'était la première fois qu'il percevait dans la voix placide du rouquin de la colère, et c'était bien une colère tournée vers lui qui anima le reste de ses paroles. Cependant, Marius ne réagit pas, toujours vide, toujours plein de chagrin. Il fixa froidement pourtant son compagnon, comment ce dernier osait-il remettre son honneur en question ? Voilà simplement ce qui pouvait le blesser à cet instant, il répondit :


— On pourrait me mettre une hache sur la nuque pour me décapiter, jamais je ne trahirais personne. Ça... tu peux en être certain.

Évidemment que le jeune homme était sincère, malgré son air mort. De même qu'il était certain que contrairement à Zacharias Flash, Mist n'avait rien dit sur eux, Lokhund Krishna n'avait jamais rien dévoilé sur lui, et son organisation. Il n'avait pas besoin de preuve pour ça, Marius le savait, il le sentait. Le fait qu'il soit encore en vie en était une preuve, en quelque sorte, mais ça n'allait pas durer. Le soleil tapait fort, ses rayons étaient une lame qui s'enfonçait dans sa peau, pourtant Marius tremblait de froid. La boue et le sang tachaient son habituelle chemise blanche, ses cheveux étaient aussi souillés de terre, pendant que sa figure paraissait avoir perdu toute couleur. C'était comme si la vie l'avait déjà quitté, et même, Marius avait la sensation d'être une enveloppe vide, malgré son coeur serré de souffrance. Lokund Krishna avait tout connu de lui, et de son existence, il n'avait rien dévoilé, et le secret de la vie de Marius De l'Ombrage était mort. Comme ce dernier, Marius De l'Ombrage et sa gentillesse venait de périr. Il ne voyait rien, il ne voyait plus l'avenir, il ne sentait plus de haine. Et Akhdar était en colère, sans que Marius n'arrive à comprendre pourquoi. Il ne voyait qu'un homme qui voulait s'assurer qu'il pouvait sauver sa peau, et ne connaissant pas les horreurs que le Manipulateur de Terre avait connues, Marius sentit une pointe de déception. Sans doute la même que son compagnon pouvait ressentir en le voyant dans ce comportement minable. Et la fureur d'Iraïd à son égard pouvait être une bonne chose... oui, Marius en était au point où il faisait tout son possible pour mourir.

— Tout ce que j'avais de bon est mort, et se trouve sous cette terre. Ceux que j'ai aidés m'ont poignardé dans le dos, et ceux qui me restent sont en danger à cause de moi.

Ses yeux ne pleuraient pas, mais le brûlaient comme s'ils étaient d'acide. Marius peinait à respirer, il étouffait, comme si parler lui arracher les poumons, il regarda le fossoyeur, et gronda :

— Je n'ai pas la prétention de vouloir vaincre cet homme, je n'en ai plus envie. Et de toute façon, Lao... cette légende urbaine s'en chargera à ma place. Ah... évidemment s'il a le courage un jour de ses actes et de ses idées ! J'affirme être contre le pouvoir en place, mais je ne me cache pas comme un rat, même si... au fond... tout ça ne sert à rien, qu'est-ce qu'on gagne dans ce combat ? La mort de ceux qu'on aime, et la colère de ceux qui restent. Vous parlez beaucoup, monsieur, mais vos paroles ne veulent rien dire et sont simplement du vent !


_________________

Merci à Dietrich/Ambroise ♥️


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
₳ Philosophe ₳

avatar

♦ Influence : 232
♦ Messages : 276
♦ Âge du perso' : 25
♦ Fiche : Un être réel ou fictif?
♦ Date d'inscription : 14/03/2011
♦ Age : 24

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Ven 9 Déc - 23:25

La communication au sein d'un groupe est essentielle pour la cohésion sociale ainsi que pour l'instauration de règles et de normes pour son bon fonctionnement. Le groupe, voilà un phénomène intéressant à étudier car à chaque groupe, une spécificité. L'ambiance et les règles devaient d'avantage particulier avec des terroristes, soit un groupe qui doit constamment se cacher et apparaître au grand jour que pour quelques actes suicidaires qui se veulent "héroïques".

Ainsi donc je m'attendais à une certaine coopération mais ce ne fut pas le cas. Il y avait là plusieurs éléments qui ne concordaient pas.

Commençons par le début:

Première chose que je prends soin de noter est la maîtrise de la terre d'Iraïd fortement influencée par ses émotions négatives. Je ne le pensais pas si novice au point de manifester ses sentiments à travers ce léger tremblement de terre. Pour l'instant, c'était un acte léger mais je craignais pour la suite, lorsqu'il sera bien plus fort... A ce moment, créera-t-il des cratères en plein milieu de la Capitale parce qu'il était en "colère" ? A surveiller de très près.

Deuxième chose qui me percute est la cohésion même au sein de ce groupe. Il n'y en avait pas on dirait, comme si des discordes éclataient rapidement et à tout moment sans qu'une grande figure ne soit là pour les contrôler. Je pensais qu'il y avait une certaine hiérarchie ... Apparemment non. Ou alors est-ce là une faiblesse passagère causée par la perte d'un ami chère et qui occupait une place importante dans les cœurs de cette organisation ?

Je n'en savais rien car pour le moment c'était juste un corps offert aux vers et autres insectes de notre belle et vieille terre. Tout était si bien équilibrée dans la vie : On naît, on vit et on meurt. Une vie courte où on doit marquer notre présence quelque part. Par exemple faire figurer son nom à travers l'Histoire ou alors le graver sur un morceau de pierre, sur une paroi. Tant de choses possibles... Malheureusement, certains risquaient leur vie dans une action démente. Certains gâchaient leur vie dans cette même action démente.

Quant à la suite -surtout la première phrase de Léonard - attira mon attention. Tiens, voilà la première personne qui parlait de moi en négatif. C'était vraiment inattendu et j'aimais bien l'inattendue. Me cacher comme un rat? En voilà une métaphore qui colle parfaitement à ma situation ! Par contre sous-entend-il que je n'assumais pas mes idées ? Je l'arrête immédiatement! Ou plutôt, je voudrais bien l'arrêter! Je ne suis pas assez fou pour me jeter sur Uriel si bêtement ! Suffit de voir Bella, il en a bien souffert.

- En effet, vous avez raison. Tout ceci n'est que vent... Des paroles légères, sans futures, sans conséquences. Vous n'êtes pas une tête brûlée vous on dirait...

Déjà qu'il ne s'attaque pas de front à Uriel était un bon point en sa faveur.

- Mais deux points me chiffonnent dans votre discours. Tout d'abord, pourquoi ainsi déplorer vos morts... pourquoi faire vain cette mort ? Vous devriez faire de cette mort une force nouvelle non ?


Je levais une rébellion ? Absolument pas. Je donnais mon humble avis!

- Pour le second point, laissez moi juste vous conter une histoire: On raconte qu'un morceau de terre, fatigué d'une ombre, décida de la chasser. Malheureusement le morceau de terre fut d'avantage engloutit par cette ombre folle ... Comment vous la représenter? Une forme de chou fleure je crois. Je ne me rappelle plus des termes exactes... Enfin, passons. Le chou fleure n'est pas intéressant, on en a rien à faire.

Et c'était partie pour mon monologue.

- D'ailleurs...différence entre chou fleure, chou blanc et chou vert .... ? Je m'embrouille toujours avec ces trois variétés. Au fait savez-vous qu'en mangeant beaucoup de bonbon, je souffre de quelques problèmes digestifs d'ordre rétentionnel, heureusement, le chou fleure vient à mon secours.*"


Je me ressaisis d'un coup et fixe mes deux compagnons.

- Je parlais de quoi déjà ?


C'était fait exprès, pour voir s'ils me suivaient, s'ils voulaient continuer, s'ils voulaient aborder un sujet bien précis. Et puis j'étais le fossoyeur fou, donc jouons ce rôle étrange et morbide jusqu'au bout. Non pas morbide, juste extravagant et fou...


* Merci à Raph pour cette magnifique idée de phrase x).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
₳ Philosophe ₳

avatar

♦ Sexe : Masculin
♦ Influence : 285
♦ Messages : 310
♦ Âge du perso' : 28
♦ Fiche : Laissez libre court à d'autres idées...
♦ Protecteur : La terre que vous avez sous les pieds ...
♦ Date d'inscription : 16/02/2011
♦ Age : 25

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Dim 18 Déc - 3:20

Oh un papillon! Enfaite Ira avait arrêter de suivre ce que déblatérait le fossoyeur quand il a entendu le mot chou-fleur voir même avant.. Pas que cela ne l’intéressait pas mais, il avait du mal à suivre son résonnement et comprendre le sens à ce qu’il disait. C’était le genre de conversation que tu essaye de suivre du mieux que l’on peut, mais que le facteur X ou Y qui est souvent un détail stupide comme un fils qui dépasse d’une couture, ou le reste qu’un repas d’a midi sur la joue empêche la concentration totale sur les dires ce son vis-à-vis. Le facteur étant ici, le mot chou-fleur et le nouveau comportement flemmard d’Iraïd à essayer de faire fonctionner son cerveau pour comprendre 6 ou 7 mots cote à cote. Mais au moins, cela eut le don de le calmer. Ses mains tremblaient encore un peu, mais vu la température dehors l’excuse du froid était possible, cependant il n’avait presque plus aucune trace de colère dans son esprit. Il en restait un fond, juste là, mais il était presque impossible pour que le philosophe reparte au quart de tour comme tout à l‘heure. D’ailleurs ou est Luzy ? Iraïd la chercha du regard avant de se souvenir qu’il l’avait laisser au manoir Agasthel, par sécurité, tant pis, il jouerai un peu en rentrant. Peu importe l’heure, de toute façon il n’y avait personne là bas à part quelques domestiques qui avait autre chose à faire que s’occuper de lui, même si l’absence du maitre des lieux leur simplifiait beaucoup le travail.

Donc totalement déconnecter de la conversation, Iraïd ne put répondre à l’homme à l’air mortuaire. Peut être que Léonard le fera pour lui? S’il la suivit lui. Enfin, s’il a compris quelques choses. A tiens d’ailleurs le roux se souvenu ce que qu’avait dit le jeune homme. Ce dernier avait l’air d’être vexer par ce que Ira avait dit. Ce dernier se mordit légèrement la lèvre, il faut qu’il soit délicat avec ce genre de personne, délicat.. Même si il en avait pas l’envie et le sang-froid. Et puis comment le croire ? Il disait que même s’il avait une hache sous la gorge il ne dénoncerai personne, mais les inquisiteurs et les prêtres n’allaient pas se limiter à cette simple action et le roux le savait très bien. Il connaissait la torture alors qu’il n’avait rien a avouer. Alors pour Marius, un terroriste, le chef, qui n’en était pas a son premier méfait. Juste pour cela la prison pourrait lui interdire de mourir, et le garder en vie pour mieux le faire souffrir ensuite et lui reprocher tout ce que peut être capable d’être reprocher.

- Si tu te fais dénoncé, ce n’est pas que une hache que l’on va te mettre sous la gorge, mais bien pire … ce n’est certainement pas ainsi que tu pourra mourir.

Iraïd en savait quelque et peut être que Marius le devinera à sa voix. Mais ce n’ était pas sur vu son état. En tout cas, le roux avait bien remarquer que ce dernier voulait mourir, son état, tout la fatigue qu’il avait ses épaules et son visage, sa proximité avec la terre qui couvrait le corps du sourd muet.
Ce dernier n’avait apparemment aucune idée de ce qu’il se passait en prison car aucun être un minimum sujet à la douleur. Personne n’aurai voulu retrouver en prison. Comme Mist, non ? Ce dernier n’avait fait que trop de tour dans les cachots et son corps lui-même démontrait la cruauté de ce qu’il se passait là bas. Et le grisâtre, voulait s’y rendre pour quelle raison déjà ? Iraïd avait oublié, ou alors ne l’avait pas saisi.
Quand au fossoyeur, le roux s’en fichait complètement de lui et ses choux-fleurs… Attend. Quelque qu’il avait dit déjà… qu’il mangeait tellement de bonbon qu‘il avait des problèmes digestifs…et la seule personne que le roux connaissait à changer trop des sucreries était un certain philosophe énoncer plus haut dans la conversation. Naaoon. Voyons, Lao ne pouvait pas être lui, il l’engueulerai sinon, d’avoir ainsi laisser échapper quelques sentiments. Et puis, il ne lui ressemble pas du tout, il est plus petit mais en même temps il est courbé, sa peau est trop blanche mais le génie est friand de ce genre de chose pour se déguiser et il a un air trop mortuaire. Mais Lao est doué, c’est pas pour rien que c’est un génie. Le philosophe regarda un moment le brun d’un regard suspicieux puis jugeant que cette réflexion n’avait pas lieu d’être, il passa à autre chose.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♦ Sexe : Masculin
♦ Influence : 140
♦ Messages : 1058
♦ Âge du perso' : 22
♦ Fiche : Into the Infinity of Thoughts
♦ Protecteur : Une apparente naïveté.
♦ Date d'inscription : 25/05/2010
♦ Age : 25

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Dim 18 Déc - 11:26

— Vous ne savez pas ce que c'est de perdre quelqu'un et de cette façon, vous manquez de sensibilité et êtes trop naïf pour le comprendre. Répondit avec nonchalance Marius, qui ressentait de plus en plus d'animosité pour cet homme.

Une animosité qu'il ne tentait même pas de cacher, et qui trembla devant l'affirmation d'Iraïd. Marius ne devina pas le sens plus ou moins caché de ses paroles, il serra les dents parce qu'il avait vu assez de fois le corps de Mist pour savoir ce qu'était capable de faire l'Inquisition. Il ne l'avait pas vécu, mais il avait vu, il en connaissait toute la cruauté. Il tremblait lui, pas de froid, mais bien de douleur et d'angoisse, le vide qu'il ressentait le terrifiait, il ne s'imaginait pas vivre pour toujours avec cette souffrance dans la poitrine. Il avait la sensation terrible qu'on creusait sans cesse dans sa chair pour lui exposer sa perte, il écoutait donc les paroles de Lao déguisé. L'air amorphe, il ressemblait plus à un légume qu'au Léonard qu'Iraïd connaissait. Que ce dernier ne s'inquiète pas, le jeune homme n'allait pas foncer dans les bras des Inquisiteurs, il ne voulait pas se retrouver face à son frère, comme lors du Bal, il ne voulait pas. Mordillant ses lèvres, il écouta sans réellement écouter, l'histoire du chou-fleur pénétra certes ses oreilles, mais Marius était bien trop las pour tenter d'y voir la métaphore, surtout que l'autre se perdait dans son discours. Il fourra ses mains dans les poches de son pantalon, attitude totalement flegmatique, malgré l'état dans lequel le jeune homme se trouvait. Le sang tachait sa chemise, ainsi que la boue, et poussant un soupir, il répondit d'une voix fatiguée :

— Vous êtes sénile, vieil homme. Vous donner des leçons, alors que vous vous perdez dans vos explications.

Marius se tourna ensuite vers Iraïd, lointainement, il se souvenait de Zacharias qui était venu le voir, l'avertir pour Mist. Sur l'instant, le jeune homme avait été trop chamboulé pour comprendre le reste de ses paroles, son esprit uniquement concentré sur le devenir de son ami. Cependant, là qu'il fût plus calme, malgré le choc, il se souvint des aveux de l'informateur. Le danger qui les englobait à présent était bien trop brutal pour qu'il ne dise rien, Iraïd devait au moins savoir qu'on payait souvent sa générosité, ici à Ishtar. Le jeune homme déglutit, et secouant la tête, ignorant à présent Lao déguisé et ses discours de fou, il gronda :

— Justement... j'ai été dénoncé. Zacharias Flash que j'ai aidé il y a quelques mois, amoureux de la Duchesse, a rompit la promesse qu'il m'a faites : il est allé voir Uriel d'Arken pour lui dire où je me trouvais.

Malgré ses mots, Marius n'avait pas tout dévoilé de l'affaire, simplement parce que Lao se trouvait ici, et qu'une oreille externe pouvait toujours se dépêcher de rapporter le tout à l'Inquisition. Même si le fossoyeur paraissait peu intéressé par ça, il restait méfiant. La « Duchesse » désignait évidemment Eléanor, et Marius venait de dire à Iraïd qu'Uriel savait où était la masure, et que cet endroit censé les protéger était désormais celui le plus dangereux. L'Inquistion devait être en ce moment même en train de les chercher, mais heureusement, Marius ignorait que Zacharias s'était trompé dans sa précipitation. Uriel d'Arken ne pouvait pas savoir qu'il avait fait une erreur, et que ses hommes étaient en train de fouiller des maisons loin de la masure. Et quand bien même, s'ils trouvaient les contrebandiers, Magdra serait là avec son franc-parler et sa force pour les faire fuir, s'il y avait une femme au monde capable de renverser l'Empire à elle seule, c'était la grande rousse. Du reste, Iraïd était au courant désormais que Marius courait un danger, mais ce dernier ne voulait pas que son compagnon croie qu'il lâcherait son nom, ignorant avec arrogance Lao, il ajouta :

— J'ai vu ce que fait l'Inquisition, je suis bien placé pour savoir ce qu'ils font... il poussa un soupir : je ne dirais rien, je préférerais me tuer que dire quoi que ce soit, et ce n'est pas d'un mort qu'on peut obtenir les secrets. J'emporterais tout avec moi, ça te parait sans doute fou, ou même naïf de ma part, mais ne t'en fais pas pour ça. Tu pourras toujours trouver refuge chez « mes amis », si c'est ça qui t'inquiète.

Marius retourna ensuite son attention sur l'homme, le toisant, il ajouta :

— Lao se cache parce qu'il a peur de ses opinions, s'il avait un semblant de dignité, il n'userait pas de déguisement pour se cacher de l'Inquisition. Je connais des gens qui sont morts pour son secret à lui, mais lui ne sauvera jamais personne, il préfère certainement garder sa couverture que de tendre la main à quelqu'un qui a besoin de lui. De toute façon, sa puissance n'est qu'une légende, ce n’est peut-être au fond rien d'autre qu'un philosophe raté qui ne cherche qu'un peu de renommé. Vous semblez critiquer les terroristes, et nos actes, mais croire que le monde changera de lui-même est un jugement niais, si on ne bouscule pas les choses, rien ne bouge. Croire qu'il suffit de la douceur est tout aussi con, j'ai appris ça, un homme qui est un vrai homme est prêt à tout pour ses idées. Lao doit être une femme, alors, pour se cacher comme un rat dans la Capitale.

Il y avait de la colère, un peu, dans la voix neutre du jeune homme. Critiquer Lao lui permettait aussi de lui occuper l'esprit, aussi, au moins la douleur se faisait plus calme dans son coeur.

_________________

Merci à Dietrich/Ambroise ♥️


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
₳ Philosophe ₳

avatar

♦ Influence : 232
♦ Messages : 276
♦ Âge du perso' : 25
♦ Fiche : Un être réel ou fictif?
♦ Date d'inscription : 14/03/2011
♦ Age : 24

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Lun 19 Déc - 17:49

J'étais naïf... tiens on me l'avait déjà dit ceci quelque part, un certain albinos aux yeux rouges et jouons du violon dans une rue. Qu'avais-je dit ou fait encore qui me classe dans la catégorie des personnes niais, naïves et innocentes ?

Il m'agaçait et paradoxalement, il m'intéressait. Ce n'était pas son âme torturé et totalement morte en même temps que son ami qui m'attirait. Non c'était son culot, cette manière de voir objectivement - plus ou moins - ma situation, critiquant en oubliant les "on-dit". Sincèrement quand beaucoup désire vous rencontrer soit pour vous tuer soit pour comploter contre tout l'Empire, qu'il était bon d'avoir un qui vous critique et qui ne pense pas à préparer un plan machiavélique et bancal avec vous.

Maintenant, j'étais un sénile vieillard qui se perd dans ses explications. Qu'il continue donc ... Qu'il me montre toutes ses capacités intellectuelles, sa manière de formuler ses pensées, sa façon de se maintenir en haut de toute cette masse ... Il m'ignorait.

Il passa à Iraïd et parlait d'une des Duchesses de la Capitale. Je me demande bien laquelle ? Qui peut donc être capable d'entretenir une relation avec un roturier. En effet ce Zacharias Flash ne me dit rien donc il n'était pas forcément un noble. Ainsi, posons-nous la question existentielle : Quelle noble s'abaisserait aux pieds d'un membre du peuple ?
On aurait pu dire un Flash Magistrat mais jamais un Magistrat n'apporterait son aide à Uriel. Il irait directement au duc Commandant.

Il se retourne et me parle à nouveau de Lao. J'avoue que j'aimais les critiques mais là ... il dépassait les limites. Je n'abandonnais pas mes amis comme ça - ou mes connaissances - et faisait tout en mon pouvoir pour les aider. Je n'étais pas si lâche non plus !

...

C'est reparti pour cette histoire de femme.

...

PARFAIT ! Que la comédie continue !

- Lao ... une femme. Vous ne pouvez qu'avoir raison ! Pour fuir ainsi, se dissimuler ainsi, piéger ses ennemis... Ca ne peut être que le fruit de la perfidie d'une femme. Mais mon bon seigneur ... vous dédaignez les femmes ? Vous les trouvez lâche et passifs ? Vous avez bien tord mon ami ... j'en connais une du genre à vous conquérir, à parler sans cesse, à envahir votre espace vital comme si c'était la chose la plus normale du monde. Regardez en même temps cette Lao ... elle fuit avec ces tours de sorcière.

Je me tais. Je pensais à Sara. Cette femme ne me manquait pas du tout. Et dire qu'elle était à la Capitale. J'avais à lui rendre visite sinon j'aurais droit à ces accusations et à son long, très long monologue sans avoir droit au sucre. Un martyr.

- Evitez juste de tenir ce genre de discours auprès d'une femme. A elle seule, elle anéantira toute virilité en vous.


Je restais pensif et je réattaquais.

- Et vous Monsieur ... que pensez-vous de l'inutile, du lâche, du désespérant, du bon à rien Lao ?

J'ai hâte d'entendre les véritables pensées de Lao. Je précise qu' à la fin, en bon ami, j'indiquerais que je suis Lao sous ma belle et enfantine formule "Monsieur Carotte". Ou peut-être maintenant ... ?

Nan ... nan, attendons qu'il parle.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
₳ Philosophe ₳

avatar

♦ Sexe : Masculin
♦ Influence : 285
♦ Messages : 310
♦ Âge du perso' : 28
♦ Fiche : Laissez libre court à d'autres idées...
♦ Protecteur : La terre que vous avez sous les pieds ...
♦ Date d'inscription : 16/02/2011
♦ Age : 25

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Mar 20 Déc - 11:29


Iraïd écoutait ce que venait de lui annoncer Léonard, il ne connaissait pas ce nom que venait d’énoncer le terroriste. Zacharias Flash… il ne savait pas qui il était, a par un traitre apparemment. Et amoureux de la Duchesse qui plus est. Le roux compris tout de suite qu’il s’agissait de la femme de son mécène, Eleanor Van Fähre. Ce qui rendait la chose encore plus compliqué.. Enfin la pensée ce de triangle amoureux lui donnait déjà la migraine. Déjà la présence de Léonard avait secoué un peu trop d’histoire à l’appartement près de la place des manèges, alors un autre homme dans tout ceci… Rien de mieux pour faire fuir un roux.
Mais ce n’était pas le plus alarmant. Une personne connaissant la Masure avait dit son emplacement à Uriel d’Arken… là bas, personne n’était plus en sécurité. Le roux pensa a la grande dame rousse, au chauve, à Uergo et tous les autres qu’il n’avait rencontrer que de vue. Est-ce qu’ils vont réussir a s’en tirer ? Enfin, c’était des contrebandiers, il avait surement plus d’un tour dans leur sac pour échapper a la garde ou aux inquisiteurs. Le temps que ce n’était pas des prêtres qui se pointaient chez eux;..
Enfin ce qui l’inquiétait le plus dans tout ceci c’était bien Marius. Le philosophe encore, il pouvait toujours se planquer autre part. Au manoir d’Agasthel par exemple, il est seul en ce moment. Ou sous la sécurité d’un noble haut placé. Mais le jeune homme n’avait que sa Masure, du moins c’est-ce que pensait le roux. Ignorant toujours le fossoyeur et le laissant à ses folies passagères le philosophe demanda à Léonard.

- moi, je peux me débrouiller autrement, mais tu es a un autre endroit ou te planquer toi ? Et la jeune femme de la dernière fois ?

Iraïd parlait bien d’Alysse. Elle aussi domiciliait à la masure, ou c’Est-ce qu’il semblait aux roux. En parlant d’elle, ce dernier voulait aussi réveiller Léonard, d’eux trois, c’était celle qui avait le plus besoin d’aide, non ? Avec sa mémoire perdue … Le musicien n’avait pas bien compris à cette histoire mais le grissatre avait l’air d’être important pour la petiote.

Lao, une femme ? Le roux eut une vague penser vers le brun.. C’est quel que ce dernier ne fait pas l’homme le plus viril, mais il n’avait pas grand-chose de féminin en soit. Enfin c’était une rumeur parmi tant qu’autre sur le philosophe, il y en avait tellement que le roux ne les suivait même plus. Il avait qu’une seule chose a faire attention, c’est que le faite qu’il soit un ami d’enfance de Lao ne s’ébruite pas, car là il aurai des problèmes…enfin, si le moment n’aurai pas une atmosphère ainsi, il aurai rit; Lao s’en prenait plein là tête, pour une fois que quelqu’un ose clamer des idées sur lui, en pensant qu’il existait vraiment. Si Iraïd ne connaitrait pas le génie personnellement, il n’aurai certainement pas cru à son existence mais ça c’est autre chose. C’est peut être pour cela que le roux n’a jamais à la possibilité que Lao soit une femme…leur discute partait un peu loin pour Ira, et connaissant le sujet du moment, il ne pouvait pas se permettre d’exposer sa pensée. Il connaissait Lao et ne l’avait dit à personne, même pas à Léonard. Si une oreille inconnu pouvait entendre ceci, pas sur que cela soit bon pour les philosophes.

D’ailleurs, le fossoyeur posa une question au roux. Ce qu’il pensa de Lao ? Le roux fronca les sourcils, c’est l’exacte question qu’il voulait éviter. Il devait répondre comme s’il ne connaissait pas ce dernier, et ne rien montrer qu’il ne connaissait. Juste tenir compte des rumeurs qu’il n’avait pas l’habitude d’écouter. Fallait ‘il qu’il argumente du vent pour lui répondre ?
Ouais non, on va faire quelques choses de typiquement Iraïd, répondre sans répondre vraiment. Laisser un flou totale dans sa réponse. Alors qu’un’ voix calme mais peut être un peu froide, il répondit.

- entre toutes les rumeurs que l’on entend à son sujet, il est difficile de savoir ce que l’on peut en tirer de bon. Veuillez m’excuser mais ce personnage n’est pas au centre de mon intérêt..

Bref , il se fichait de cet homme pour être court. Que dire de plus ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♦ Sexe : Masculin
♦ Influence : 140
♦ Messages : 1058
♦ Âge du perso' : 22
♦ Fiche : Into the Infinity of Thoughts
♦ Protecteur : Une apparente naïveté.
♦ Date d'inscription : 25/05/2010
♦ Age : 25

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Mar 20 Déc - 19:03

Et voilà que l'homme remettait en cause les paroles du jeune homme, prétextant que Marius prenait les femmes de haut, et tout le reste. Ce qui était à la base un petit sarcasme pour casser l'image du saint homme qu'on se faisait de Lao, était en train de partir sur un discours contre la misogynie. Enfin... « Contre », ce fut ce qu'il cessa de penser quand le clochard lui parla d'une femme en particulier, et qu'il la descendit plus ou moins. Marius leva les yeux au ciel, sans voir où était le rapport au final, il n'aimait pas cet homme de toute façon. Il lui donna un conseil, affirmant qu'il ne devait pas tenir ce genre de propos devant une femme, au risque de perdre toute virilité, ça tombait bien... Marius n'était pas ce qu'on pouvait appeler quelqu'un de « viril ». C'était pour lui juste une question de fierté, et il n'avait rien à prouver pour que tout le monde voie combien il transpirait le mâle. En tout cas, bientôt il trouva que l'homme en demandant bien des informations sur Lao en faisait trop, il répétait ces paroles, comme si dans le fond, il cherchait à défendre le mystère. Marius décrocha de nouveau, le regard fixé sur le sol, l'âme de nouveau tourmentée. Iraïd paraissait s'inquiéter pour lui, ce à quoi Marius répondit par un simple haussement d'épaules, mourir ne lui faisait pas peur. Il finit par se rasseoir, les jambes lourdes, il sentit l'odeur du sang lui piquer le nez, la poussière le fit d'ailleurs éternuer. Il poussa un profond soupir, fixant la tombe, les fleurs posées dessus, et la terre fraîchement retournée, Lokhund Krishna reposait là, à présent.

Le cadavre aux jambes broyées finirait par se faire bouffer par les vers, ces derniers iraient dans son corps, grouillant dans sa poitrine pour aller dans son estomac. Gesticulant, les vers danseraient sur le foie, glissant sur les organes qui avaient eu plus ou moins de chance pour les dévorer, et quand la chair pourrira, il ne restera qu'un squelette brisé par la dureté de la vie. Les images morbides entraient dans son esprit, même quand il fermait les yeux, Marius voyait le cadavre pourrir lentement devant lui, sans qu'il ne puisse faire quelque chose. Il les imaginait que trop bien, ces vers qui pénétreraient la dépouille minable de Lokhund Krishna pour laisser derrière eux quelque chose qu'aucun mot ne pourrait qualifier. Un frisson secoua le jeune homme, il écoutait à présent à peine les autres. Pensivement, il posa sa paume sur la terre, la grattant avec ses ongles, il songea qu'il aurait dû s'enterrer avec. Il serait ainsi mort, qu'importe si les autres avaient besoin de lui, qu'importe tout ça, lui, on lui avait tout arraché. Le jeune homme poussa un soupir, secouant la tête, il prit un peu de terre pour la faire glisser doucement. Sa paume en était noircie, ses ongles aussi d'ailleurs, l'aura de la Mort planait sur son visage, elle l'habitait.

— Tout le monde ne mérite pas le pardon...

Marius glissa de nouveau ses doigts sur la terre, il la fit glisser et observa les grains tomber devant lui, imaginant que sa vie se finirait, lorsqu'enfin la pluie de sable se serait finie. Un soupir s'échappa de ses lèvres, au final, les deux personnes qui discutaient derrière lui n'étaient que des fantômes, il s'enfermait dans un monde dénué de gens, un univers peuplé d'un seul habitant, une pauvre âme non pas égarée, mais tellement minable que la solitude était encore de mieux ce qui avait pour elle. Perosnne ne pouvait le comprendre, personne ne pourrait soigner cette douleur qui lui donnait envie de vomir, ça faisait mal. Ça faisait toujours mal, la douleur serpentait dans son être, insidieuse, pénible, sadique et méchante. Elle frappait son crâne pour lui hurler que Lokhund Krishna était mort, et que c'était de sa faute, elle enfonçait ses griffes dans ses yeux pour lui masquer tout espoir de reprendre goût à quelque chose. Son estomac le brûlait, c'était des flammes qui léchaient ses organes pour les consumer, son ventre le faisait souffrir, comme si ça ne suffisait pas au poids qu'il ressentait en permanence sur les épaules ! Nouveau soupir. Le regard vide, il ajouta d'une voix écrasée :

— Bah... Lao aussi, personne ne mérite le pardon.

« Car ceux qui le méritaient sont morts », voilà ce qu'il songea, ce qu'il songeait toujours d'ailleurs. Marius avait pardonné à Lokhund ses travers, sa violence, sa colère, sa faiblesse, et tout le reste, il lui avait pardonné. Mais lui... jamais il ne pourrait pardonner sa propre faiblesse, il ne pourrait pas se pardonner la mort de son ami. C'était au-dessus de ses forces. Les remords étaient tout ce qui lui restait.

_________________

Merci à Dietrich/Ambroise ♥️


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
₳ Philosophe ₳

avatar

♦ Influence : 232
♦ Messages : 276
♦ Âge du perso' : 25
♦ Fiche : Un être réel ou fictif?
♦ Date d'inscription : 14/03/2011
♦ Age : 24

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Dim 25 Déc - 14:32

J'étais déçu au plus profond de mon âme de mon rouquin ! Non, sérieusement ... Il ne me place pas aux centres de ses intérêts ? Encore, ceci est peu important et je ne l'en tiens pas de rigueur mais qu'il ne pense rien de moi, qu'il ne me critique pas ou ne me compliment pas m'exaspère. Ne connaît-il pas le mot s'amuser ou s'adapter ?

C'est vrai ! Je n'avais pas signalé ma présence et maintenant j'en étais désespéré et bien ennuyé. J'aurais bien ri qu'il dise quelque chose que se soit en bien ou en mal. J'étais habitué aux bonnes paroles, je m'habituerais aussi aux langues de vipère tel que ce jeune homme aux yeux bleus et à la chevelure de vieillard. Intéressant comme personnage ...

Le jeune homme s'accroupit sur la tombe et y planta ses doigts. Je ne dis rien, l'observe tout en l'écoutant ... Je ne mérite donc pas le pardon. Naturellement étant donné que je n'ai rien fait de préjudiciable quoique... si. Beaucoup sont morts par ma faute dans le passé et encore aujourd'hui, certains en paient le prix alors que je m'évertue à me cacher, à disparaître de la surface de ce monde. J'espérais qu'on me classerait dans la catégorie d'entité inexistante mais c'était peine perdue. Uriel avait soif de puissance, de reconnaissance. Il avait besoin me battre pour se sentir tranquille et reposer.

Selon moi, dorénavant avec sa magie du sang, il pouvait se reposer sans avoir à se réveiller en sursaut à l'idée que je puisse le ridiculiser devant son protégé adoré. Il y avait de fortes chances qu'il me mette à genoux d'un simple mouvement, sans grand effort.

- Le pardon ... voilà un mot bien étranger dans la Capitale.


J'aurais voulu lui donner un conseil mais je me retins. J'avais soudain une idée très, très amusante. Certes après, il risquait de me haïr à vie mais que faire ? Il faut bien qu'il apprenne à accepter que les femmes sont dangereuses et que Lao, donc moi, est en fait un homme inoffensif et bien faible face à ce beau sexe par exemple. Il me tournait au ridicule à mon grand bonheur. A son grand malheur, je lui préparais un jeu tout aussi ridicule où il s'agenouillera pour me supplier d'arrêter ma comédie.

- Bon ... Il est temps pour moi de me retirer. Passez une bonne soirée l'homme aux cheveux blancs et bien évidemment, sans vous oublier, monsieur Carotte.


Je fis une petite révérence - chose compliquée vu que je m'étais déjà bien courbé pour jouer le bossu - et me relève à moitié pour quitter cette scène-là. Ce fut une rencontre et je pensais la prolonger d'une manière bien épique.

Pour ceci, j'avais à contacter Iraïd en lui envoyant une lettre je suppose. Je ne peux pas tout le temps me déplacer à lui. Non pas que je n'avais pas envie mais un philosophe était volatile et il n'allait pas rester toutes ses journées dans une pièce. Si ?


Une fois éloignée, je m'enfonce dans mes galeries souterraines. Un jour, je devrais les montrer à Iraïd.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
₳ Philosophe ₳

avatar

♦ Sexe : Masculin
♦ Influence : 285
♦ Messages : 310
♦ Âge du perso' : 28
♦ Fiche : Laissez libre court à d'autres idées...
♦ Protecteur : La terre que vous avez sous les pieds ...
♦ Date d'inscription : 16/02/2011
♦ Age : 25

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Dim 1 Jan - 13:29

Monsieur carotte ? Ce nom lui disait quelques choses.. Iraïd plissa des yeux en entendant parler le bossu. Cette désignation .. Il l’avait déjà plusieurs fois entendu. C’était Lao qui l’appelait ainsi alors qu’ils étaient plus jeune. Le rouquin, dont le caractère différenciait à cette époque n’aimait pas tellement cela. Ce n’était tellement de sa faute s’il avait les cheveux roux … Bon, il ne faisait rien pour les cacher et maintenant, c’était bien son signe le plus distinctif. Il n’y avait rien de mieux pour le reconnaitre.
Enfin, le fait que cet homme mange tellement sucrée que cela lui fait des crames au ventre - bien qu’il n’a pas tellement le profil pour quelqu’un qui aime le sucré - plus le fait qu’il est surnommé Ira, monsieur Carotte. Cela ressemblait à Lao. Apres oui, cet homme ne ressemblait pas au génie.. C’est sur. Mais ce dernier était devenu imbattable dans ce qui était le déguisement et le musicien ne pourrait pas toujours le reconnaitre quand il en portait un..
Le doute lui vint que cette personne pouvait être Lao. Mais Est-ce qu’ il ferai là ? Pourquoi il était ici ? Et à quoi il jouait ? Iraïd ne réussi pas à répondre ses questions. Surtout qu’il était rempli de gros doute. Cela pourrait tout à fait être deux coïncidence. On a pas besoin d’être Lao pour l’appeler Monsieur Carotte, il faillait juste des yeux assez bon pour distingué les couleurs.

Mais là prochaine fois qu’il fera Lao, il lui demandera. Enfin l’insinuera plutôt. Iraïd ne dit pas les choses de but en blanc. Le bossu était donc parti. Tant mieux, le roux se sentait encore crispé de sa présence. Les fous n’étaient pas rare à Ishtar, mais lui…il avait vraiment quelques choses de déplaisait. Peut-être était-il médecin dans une autre vie.
Le rouquin se tourna vers Marius qui s’était assit par terre, prés de la tombe et enfonça ces doigts dans le sol. Iraïd le regarda silencieux, ne sachant pas s’il devait s’approcher, ou au contraire reculer et s’en aller, laissant seul le terroriste. Mais en même temps, s’il le laissait seul et avec son envie un peu trop grande de mourir, par sur qu’il puisse revoir le petit chef par la suite. Et puis non. Il l’agaçait presque à jouer au mélodrame . Il avait perdu ce qui lui avait de plus cher, d’accord, il sombrait de plus en plus dans ses ténèbres d’accord. Mais qu’il arrête de ratisser la terre de ses doigt, de se rouler dans cette même terre ou le corps était enterrer, et de faire en en sorte que tous les malheurs du monde lui est tombé sur les épaules. Le rouquin serait presque à pensé que s’il meurt comme cela au moins il serait soulager et il arrêterai d’ennuyer par son entourage.

Car c’est bien de l’ennuie que l’on pouvait voir dans ses yeux lorsque qu’il regardait Léonard. Il ne voulait pas jouer les baby-sitting et secouer ce jeune homme pour qu’il se remue de lui-même. Le roux en avait vraiment marre des méandres de l’âme humaine, avec tous les bons sentiments et les conneries qu’il avaient en tête. C’est pas pour rien qu’il était devenu nomade. C’était bien pour ne pas vivre des moments comme cela, en restant dans un même lieu et côtoyant les même personnes que Iraïd était devenu gens du voyage… être spectateur de ce genre de comportement faisait remonter à la surface le caractère misanthrope d’Ira; que l’on lui soupçonne pas en réalité. Dans un soupire, il repris la direction par ou il était venu..

- Au revoir, Léonard. Porte toi bien …

Le philosophe était venu pour voir l’état du terrotiste, il l’avait vu.. Ça lui suffisait. Sa politesse était encore là. Comme toujours, mais son sourire était moins visible sur ces lèvres. Iraïd allait un petit peu se détacher des terroristes, en attendant un tournant intéressant..
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♦ Sexe : Masculin
♦ Influence : 140
♦ Messages : 1058
♦ Âge du perso' : 22
♦ Fiche : Into the Infinity of Thoughts
♦ Protecteur : Une apparente naïveté.
♦ Date d'inscription : 25/05/2010
♦ Age : 25

MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   Dim 1 Jan - 17:34

Et Marius se retrouva seul.

Il s'était contenté de faire un geste de la main en signe d'au revoir, les yeux rivés sur la terre qui recouvrait le cadavre, il poussa un profond soupir. Mordant sa lèvre, les continua d'enfoncer ses ongles dans le sol, les noircissant, pensif, et chagriné. Que faire maintenant ? Il avait encore toute la vie devant lui, et il ne voulait que la mort. Cependant, Marius était surtout fatigué, il avait envie de s'écrouler là, et de se rendormir comme si de rien n'était. Un autre soupir s'échappa de ses lèvres, il arrêta de gratter la terre, puis il se laissa tomber sur le côté. Ce n'était pas pour jouer les petites choses malheureuses et tragiques, mais par lassitude, son corps entier était lourd, et il voyait le monde changer de forme. Les vertiges le prenaient, et à présent, il était face à ce qu'il avait cherché et redouté le plus : sa solitude. Douce compagnie, amère amie, elle lui rappelait que Mist n'était plus là. Mouillant sa lèvre, il aurait tout donné pour mourir, fatigué de vivre comme il l'était, il devait faire face à la mort, lui qui s'était toujours amusé à la narguer.

Pourquoi les gens mourraient-ils ? Pourquoi n'était-il pas mort, lui ? Marius prenait conscience que si Lokhund avait toujours été trop dépendant de lui, il l'avait été aussi de Mist, et désormais, il ressentait la souffrance du vide que la mort de son ami avait occasionné. Roulant sur le dos, les cheveux pleins de terre, il observa le ciel azuré au-dessus de lui, poussant un autre soupir, il le contempla dans toute sa grandeur. Le ciel ne lui inspirait plus d'idées et d'utopie, il n'y avait que son immensité qui l'écrasait de douleur, l'Ombre ne l'aimait pas, et le soleil qui brillait avec intensité dans les cieux le lui disait, et riait de sa mine déconfite. Au bout d'un moment, les yeux fatigués par le spectacle, il se rassit pour ne regarder derrière lui, personne. Que faire ? Rien ? Attendre ? Marius ne savait plus, son cerveau ne fonctionnait pas, il n'y avait que sa peine qui gardait sa force, le reste tombait en ruine. Sa volonté ? Ce n'était que le vague souvenir de sa haine contre l'Église, motivé par son but, il n'avait pas pensé aux conséquences. Bien sûr, il avait été prêt dès l'instant où il avait changé d'assumer la responsabilité de ses actes, mais la pensée de perdre réellement quelqu'un dans la bataille... Marius n'avait jamais pu s'y faire. Lokhund Krisha n'avait plus d'âme, et c'était toute sa bonté qui était morte à cet instant. Fermant les yeux, il finit par percevoir des pas arrivés en sa direction, sans tourner la tête, il laissa la présence se rapprocher. Le soleil s'était déployé dans le ciel, baignant d'une lumière dorée le cimetière, il paraissait vouloir réchauffer les corps abandonnés là.

— T'as fini de pleurer et de faire le con ?

Marius se troubla, reconnaissant là la voix de la grande rousse, il ne se retourna pas vers elle. Sa réponse fut un unique haussement d'épaules, il était trop fatigué pour répondre quoi que ce soit. Brutalement, Magdra le saisit par le col de sa chemise pour le forcer à se relever, elle puait l'alcool et le tabac, comme à son habitude, et le tirant vers la ville, elle grogna :

— La mort... c'est le principe même de la vie. Ne fais pas une dépression pour quelque chose de naturel.

Essuyant son pantalon de ses mains, Marius ne répondit rien, il se contenta d'observer le chemin. Magdra le lâcha enfin, et machinalement, ils se remirent en route vers la masure. Elle fourra une main dans sa poche, elle but une gorgée de son alcool préféré, et donnant une tape dans le dos de Marius avec, elle la lui tendit. Toujours muet comme une tombe, le jeune homme l'a pris pour se mettre à boire, lui aussi. Le liquide se déversa dans sa gorge, chaud, et l'esprit moins clair, il but une autre gorgée du breuvage. Un frisson courra dans son dos, et il grogna :

— Je ne voulais plus boire...
— Parfois... ça fait du bien, crois-moi. Tu mangeras un morceau en rentrant.

Marius toucha son ventre, son estomac se retournait à la pensée même de manger. Il rendit la bouteille à Magdra, et pensif, il la suivit jusqu'à la masure. Il était certain que la grande rousse était venue le chercher dans le but de l'empêcher de faire une bêtise, et elle avait eu raison. Bah ! Ce n'était pas grave, si on l'empêchait de se tuer, il trouverait bien le moyen de mourir quand même. Son ventre grogna, et en rentrant, il décida de ne plus rien avaler. La mort par la faim, voilà ce qui était devenu son nouvel objectif.

_________________

Merci à Dietrich/Ambroise ♥️


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Acta Est Fabula. (Pv : Lao/Iraïd]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Empire Ishtar ::  :: Ѧ Alentours de la capitale Ѧ :: Cimetière-