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 Nous avions rendez-vous, vous vous souvenez ? (Genesio)

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MessageSujet: Nous avions rendez-vous, vous vous souvenez ? (Genesio)   Jeu 18 Aoû - 16:00

- Hein ? Je viens aussi ?

Les vêtements de la Princesse dans les bras, Hua s'était figée de surprise. Yue, en revanche, restait parfaitement calme et immobile tandis que l'on coiffait ses longs cheveux noirs.

- Bien sûr que tu viens. On ne sait jamais, je pourrais avoir besoin de toi. Et puis, qui sait ? Ce genre d'exercice pourrait s'avérer utile plus tard. Ne t'a-t-on jamais appris qu'il ne fallait négliger aucun savoir ?
- Mais je … je ne risque pas de vous gêner ? Je crois que je ne comprends pas très bien …
- Hé bien, n'essaie pas de comprendre alors, si c'est trop dur pour toi.

Toujours un peu perturbée par la nouvelle, Hua aida sa maîtresse à enfiler ses vêtements. Pour aujourd'hui, ce serait le petit haut en soie blanche et un pantacourt noir en coton, accompagnés par des chaussons noirs. La tenue de la Princesse était vraiment sobre, aujourd'hui, pensa Hua. Le seul détail qui rappelait que la luxe était une seconde nature pour la Princesse, c'étaient les barrettes et les pics qui maintenaient son chignon : chaque accessoire était en or ou en argent massif, avec des perles et des pierres précieuses incrustées, le tout directement en provenance de Lo-Thyn. Un seul de ces bijoux devait sans doute suffire pour acheter une maison à Ishtar … Et encore, connaissant la Princesse, elle les avait certainement choisis parce qu'ils étaient vieux et qu'ils ne lui plaisaient plus autant qu'avant.
Si elle s'habillait de façon moins … élégante que d'habitude, c'est parce qu'elle avait quelque chose de prévu ce jour-là. A vrai dire, Hua n'avait pas exactement suivi toute l'affaire ― elle ne s'immisçait pas dans les affaires de sa maîtresse et comme celle-ci n'en parlait jamais avec les domestiques, elle n'avait aucun moyen d'être mise au courant ― mais elle avait quand même appris quelques petites choses. D'abord, depuis quelques temps et en particulier ces deniers jours, la Princesse avait entretenu une correspondance régulière avec le Duc Commandant. Hua était peu au fait du contenu des lettres, mais il en résultait que la Princesse avait rendez-vous aujourd'hui même pour une rencontre avec Son Excellence, rencontrer au cours de laquelle allait vraisemblablement avoir lieu des exercices ou un entraînement aux ARMES. Aux ARMES !
Hua n'en revenait pas. Enfin, la Princesse avec une arme, c'était impensable ! Autre fait : Hua allait participer à cet entraînement. Ça aussi, c'était difficilement concevable pour la jeune domestique. Mais Yue était fermement décidée, et rien ne pourrait l'en dissuader …

- Bien, il est plus que temps. Allons-y, Hua.

Docile, Hua s'inclina et emboîta le pas à sa maîtresse.

***

Le garde était perplexe. En face de lui, se tenaient une jeune fille noble de toute évidence et qui se présentait comme la Princesse Wu Zang ― bon sang, la Princesse Wu Zang ! ― accompagnée d'une fille qui avait l'air un peu plus jeune qu'elle et qui était selon toute probabilité sa servante, et aussi mais surtout, trois gardes du corps qui n'avaient pas l'air de plaisanter.
Il n'était pas spécialement au courant de la venue d'une personne aussi importante aujourd'hui, mais l'air suffisant de la fille lui semblait prouver qu'elle était une aristocrate et certainement une de haut rang.

- Hé bien, dans ce cas, je vais avertir le Duc que vous êtes là et …
- Ce ne sera pas la peine, coupa Yue. Il sait déjà que nous sommes là, puisque nous avons rendez-vous.
- Tout de même, je crois que ce serait mieux que j'aille …
- Hé bien, je vous accompagne.

Alors là, il ne savait pas vraiment comment réagir. Il était plus ou moins sûr que le « je » incluait les quatre autres personnes, mais dans tous les cas, ils n'étaient pas censés venir avec lui, puisqu'il allait PREVENIR le Duc de leur arrivée. D'ailleurs, il était même pas certain qu'ils aient le droit d'être ici, même la noble.

- Ce serait pas une bonne idée, mieux vaut que …

La Princesse tapa du pied, se dressa et planta son regard dans celui du garde, un peu affolé parce qu'il sentait venir un mauvais truc.

- Essayez de m'en empêcher pour voir.

Derrière elle, l'un des gardes eut un rire qu'il s'efforça de faire le plus discret possible. Un autre fit un pas en avant, avec un air dans les yeux qui voulait clairement dire : « Tu touches à la Princesse et t'auras de gros ennuis. », et le troisième lui faisait gentiment signe de laisser couler, en ayant un regard très éloquent vers l'aristocrate. La servante, par contre, n'avait pas bougé d'un poil, et son expression était restée aussi … inexpressive.

- Bon …

Le garde lâcha l'affaire. De toute façon, il ne pouvait pas faire grand-chose d'autre, et puis, si elle avait rendez-vous … Aussi se contenta-t-il de se diriger vers le bureau du Commandant, en priant intérieurement l'Ombre pour ne pas avoir d'ennuis, tandis que toute la clique derrière lui le suivait de si près qu'il avait l'impression de pouvoir sentir le souffle d'un des gardes du corps dans son dos.
Arrivé devant la porte du Commandant, il s'arrêta et frappa trois coups secs. En fait, il en aurait bien fait un quatrième, mais la porte s'était déjà ouverte … grâce à la jeune fille noble, qui s'était précipitée sur la poignée et qui n'avait attendu personne pour s'inviter à l'intérieur. La servante suivit, mais les gardes du corps restèrent à la porte.

- Cher Duc, je suis heureuse de vous voir. J'attendais cette rencontre avec tant d'impatience !

***

Dehors, la porte se referma sur le garde plutôt déboussolé par ce qui venait de se passer ― et assez irrité aussi. Il sentit que quelqu'un lui tapait l'épaule, et il se retourna, une grimace sur le visage. Derrière lui, les trois gardes du corps le fixaient.

- Hé mec, t'aurais pas des cartes par hasard ?
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MessageSujet: Re: Nous avions rendez-vous, vous vous souvenez ? (Genesio)   Sam 20 Aoû - 13:12

Genesio avait passé une très bonne nuit. La veille, il s'était couché tôt. Aux alentours de deux heures du matin , comme à son habitude. Et il s'était levé avec le soleil vers sept heures. Une nuit complète pour lui. Sans rêve qui vous réveille le coeur battant la chamade et en nage, avec une angoisse qui vous prend aux tripes et qui relâche difficilement son emprise. Non, rien de tout cela. Juste une nuit reposante, et calme.

S'en est suivi un entraînement matinal avec ses officiers et quelques gardes volontaires ou tirés au sort, puis la prise d'un solide petit-déjeuner à onze heures. Ceci fait, il se lava et s'habilla de frais pour faire une petite inspection de la caserne avant de traiter les problèmes qui incombait à sa charge. Bien que absolument barbant par certains côtés, le Duc-Commandant était conscient de l'importance de sa fonction et l'occupait avec une rigueur toute martiale. Aujourd'hui, il rendit la justice pendant une session de deux heures avant de prendre une pause bien méritée.

Des oeufs avaient éclos aujourd'hui, Genesio devrait les approcher pendant une bonne partie de leur "enfance" avant de pouvoir les dresser. De jeunes aiglons bottés, en plus. Aster était une heureuse "maman", si le dénominatif affectueux humain pouvait s'accorder à un être taillé pour le vol, la vitesse et la chasse. Il les observait de la fenêtre de son bureau tandis que son maître fauconnier les entraînait. Leur vol était gracieux et vif. Il enfila des gants et prit une lentille de joaillier, il s'arma alors d'une pipette en verre et de fines pinces. Il se pencha alors sur une étrange fleur qui ne poussait guère dans la région de la capitale. Il en possédait cinq et aujourd'hui, il devait en prendre soin.

Une fine tige vert brillant, comme si elle était cirée, supportait une branche horizontale couverte de cinq fleurs blanches à coeur rose tacheté de violet. Il préleva un peu d'eau dans un verre pour en déposer quelques gouttes au coeur de la plante près des étamines. Alors qu'il allait commencer, il entendit un bruit de pas dans les couloirs. Quoi que rien d'extravagant puisque la garde changeait. Mais les bruits de conversations le fit légèrement plisser les yeux. Genesio appréciait la quiétude pour son quart d'heure de botaniste. Puis quelque chose sembla remonter des méandres de sa mémoire.

Trois coups furent porter lorsque tout se fit lumière dans son esprit. Un quatrième coup aurait dû accompagner les trois premiers mais la porte s'ouvrit avant même qu'il puisse retirer son équipement. A travers sa lunette de joaillier, il vit une jeune fille aux cheveux noirs débouler dans son bureau. Il se releva à peine de son travail lorsqu'elle vint se poster devant lui.

"- Cher Duc, je suis heureuse de vous voir. J'attendais cette rencontre avec tant d'impatience !"

Genesio jeta un coup d'oeil derrière elle et vit une autre jeune fille qui la suivait de près, sa servante Hua, sans aucun doute. Sans se départir de son calme, comme si rien de ce qui venait de se produire n'était anormal, il reposa ses outils, sa lunette et retira ses gants et son tablier. Avant de saluer la princesse d'une inclination du buste. Il la fixait de ses yeux vert au regard perçant.

-Princesse, c'est un plaisir de vous voir en bonne santé et vous voir vous introduire dans mon bureau de manière aussi cavalière. Mais l'étiquette aurait voulu pourtant -aussi impatiente que vous le soyez- que vous attendiez qu'un garde vienne me prévenir. Personne ne voudrait que des bruits infondés circulent sur la nature de nos relations, n'est-ce pas ? Cela pourrait nuire grandement à nos réputations respectives. Par ailleurs, je doute que vous m'auriez permis de débouler dans votre chambre dans votre palais en Wu Zuang en bousculant vos gardes sur le passage. Quelque chose me dit que votre père m'aurait enchaîné avant d'être jeté dans une marmite d'huile bouillante.

Comme à son habitude, Genesio parlait d'un ton calme. Il n'y avait pas d'animosité, ni d'attaque personnelle. Juste un rappel à l'ordre, sur le fait qu'il ne fallait pas bafoué l'autorité d'une personne haut-placée sur son propre territoire. Surtout quand on voulait s'en faire un allié. Nulle animosité donc. Il servit deux coupes d'un vin bleu venant de Hellwig, à consommer dans l'équivalent d'un dé à coudre. Puis il en tendit une à la princesse.

-Serons-nous seuls pour cet entretien ou votre servante doit-elle nous servir de chaperon ?


Dernière édition par Genesio Demichellis le Lun 22 Aoû - 0:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nous avions rendez-vous, vous vous souvenez ? (Genesio)   Dim 21 Aoû - 15:00

Hua tiqua. Le Duc-Commandant avait utilisé un mot qui ne lui était pas inconnu : « chaperon ». En revanche, elle ne savait pas du tout ce que ça voulait dire … Ça n'était pas la première fois qu'on lui parlait de chaperon, mais vu le contexte, elle doutait que ça ait quelque chose à voir avec de la volaille. Ou était-ce chapon ? Enfin, quoi qu'il en soit, ça ne lui disait rien. Ça évoquait sans doute quelque chose de désagréable, mais elle ignorait quoi.
Yue, elle, remarqua tout d'abord que le Duc-Commandant avait une drôle de tenue, avec ses lunettes et ses gants. Elle ne comprenait pas très bien à quoi servaient les outils, même si apparemment, le Duc-Commandant était en train de … tailler des fleurs avant qu'elle n'arrivent. Quel passe-temps stupide, vraiment.

- Au risque de vous décevoir, Duc, je crains que notre relation n'en soit pas à ce stade d'intimité pour avoir besoin d'un chaperon. Toutefois, pour répondre à votre question, oui, Hua va nous accompagner.

A ces mots, comprenant qu'il s'agissait d'une manière de la présenter, Hua s'inclina respectueusement devant le Duc-Commandant. Elle n'était pas très sûre du rôle qu'elle devait jouer ― et elle n'avait toujours pas compris ce que signifiait « chaperon » ou « chapon » ― mais elle se disait qu'être discrète et se montrer respectueuse était la meilleure chose à faire. Ça tombait bien, c'était plus ou moins ce qu'elle faisait de mieux.

- Nous savons tous les deux pour quelles raisons je suis ici, et ce sont très exactement les mêmes raisons qui m'ont amenée à me faire accompagner de ma servante. Après tout, s'il se trouve une situation dans laquelle je viens à nécessiter ce que m'auront appris vos leçons, il ne sera pas trop d'une autre personne, une personne de confiance qui en sache autant que moi et puisse m'aider. Nous vivons dans un monde dangereux, cher Duc.

Là encore, Hua n'avait pas tout compris, surtout parce que la Princesse faisait des phrases trop longues et trop compliquées. Aussi se contentait-elle d'attendre que sa maîtresse ait besoin d'elle, tout en gardant les yeux au sol et la tête basse. L'apparition d'une coupe de vin ― enfin, en tout cas, ça avait l'odeur du vin, et comme y en avait qu'un tout petit peu au fond du verre, et le vin, c'était précieux ou quelque chose comme ça, alors on en mettait toujours qu'un petit peu au fond du verre ― dans son champ de vision la troubla.
D'abord, elle la prit dans ses mains ― parce que même si elle n'était pas très futée, elle se doutait quand même que si la Princesse lui tendait le verre, c'était pas juste pour le plaisir d'étirer le bras ― puis elle eut un de ces instants de confusion et un peu de panique aussi, ceux où on attend visiblement quelque chose de précis de vous, mais où vous savez pas quoi, finalement. Elle finit par décider de garder la coupe dans la main, histoire d'être sûre de ne pas faire de bêtises, quitte à être traitée d'imbécile.

- L'étiquette veut beaucoup de choses, cher Duc, mais la haute société en veut parfois d'autres. Croyez bien que c'est si j'avais sagement attendu que l'on vienne vous quérir que les gens auraient jasé. Et si mon père aurait certainement mal pris que vous vous introduisiez brusquement dans ma chambre, il aurait été bien plus mécontent de vous voir essayer de saouler sa fille. Toutes mes excuses, cher Duc, mais je crains tenir trop mal l'alcool pour m'autoriser ce petit verre … Et puis, ce ne serait pas très recommandé juste avant ce que nous nous apprêtons à faire, n'est-ce pas ?

Hua tenta d'évaluer rapidement la situation. Elle n'était pas vraiment experte en alcool, vu qu'elle était beaucoup trop jeune pour en boire, mais elle avait déjà vu souvent les domestiques se saouler. De ce qu'elle en avait retenu, en règle générale :
- ceux qui buvaient souvent tiennent mieux que ceux qui ne boivent pas souvent, question d'expérience
- les personnes de grande taille tiennent mieux que ceux qui sont plus petits, mais pourquoi ? Mystère …
- les femmes tiennent moins bien que les hommes, sauf pour les femmes qui travaillent aux cuisines apparemment … Ce devait sans doute être à cause de la première règle.
Dans tous les cas, la Princesse ne répondait à aucun des critères. Mieux valait sans doute qu'elle ne boive pas d'alcool alors. Hua avait l'habitude d'aider les filles des cuisines quand elles avaient trop bu, mais elle n'était pas sûre de savoir comment faire avec la Princesse …

- Bien, mon cher Duc, pourquoi ne pas passer aux choses sérieuses maintenant ? Nous allons finir par prendre tous les deux du retard sur notre agenda.
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MessageSujet: Re: Nous avions rendez-vous, vous vous souvenez ? (Genesio)   Lun 22 Aoû - 0:02

Genesio ne cilla point tandis que la princesse Yue répondait consciencieusement à toutes ses "oppositions". Il n'avait pas manqué de remarquer le temps de battement ainsi que la légère réaction corporelle de la jeune fille au mot "chaperon". Se pourrait-il qu'elle soit encore innocente sur bien des sujets ? Il retourna ce détail sous toutes les coutures avant de juger que cela lui était bien égal.

-Vous ne me décevez pas, vous pourriez être ma fille.

Et cela était vrai. Son esprit vagabonda.

Yrian...

Son visage dansa un instant devant ses yeux avant de battre des paupières, se forçant à revenir à la réalité. Il avala son verre. Puis, il récupéra des mains de la servante le verre qu'il avait donné à la Princesse. Avant de l'avaler d'un lever de coude un peu énergique.

-Si vous connaissiez bien les gens du Hellwig, vous sauriez que nous ne nous permettons ce genre d'excès uniquement lorsque nous pouvons nous réellement le permettre. Par ailleurs, vous remarquerez la taille du contenant que je vous ai servi. Tout cela pour dire, Princesse, qu'il vous faudra apprendre à me faire confiance. Oh, je sais bien que dans votre milieu, le mot même n'existe pas mais pour ce que je m'apprête à vous enseigner, vous devrez vous plier à un certain nombre de contraintes.... Excusez-moi un instant, je ne serai pas long.

Il passa la porte d'un petit vestibule où il retira son uniforme et enfila un plaston de cuir vieilli par l'usage ainsi qu'une paire de gants du même matériau. Puis il rejoignit ses... invitées, les invitant justement à les suivre à travers une série de couloirs. En sortant de son bureau, il croisa les trois gardes du corps de la princesse ainsi qu'Izaak, capitaine de la garde. Il lui fit signe que tout allait bien et qu'il pouvait continuer sa partie de cartes. Ils arrivèrent enfin devant une double-porte qu'il ouvrit pour laisser passer les deux jeunes filles.

La salle d'entraînement était vaste pour qu'un régiment tout entier puisse s'entraîner, sans trop se gêner. Des râteliers exposaient des armes d'entraînement en bois, et bien d'autres armes toutes efficientes. De grandes baies vitrées faisaient entrer la lumière du soleil. Des persiennes venaient tamiser cet apport fort agressif en ce début d'après-midi. De jeunes soldats s'entraînaient. Ils saluèrent leur duc-Commandant qui leur demanda d'aller s'entraîner plus loin. Ainsi, ils seraient bien aise de se parler sans crainte.

-Pour commencer, si vous souhaitez devenir mon élève, il faudra accepter tout ce que cela implique. M'obéir en fait partie. Je me plie à l'autorité de notre Empereur. Les inquisiteurs sont les chiens de l'Eglise. Chaque soldat, chaque ecclésiastique, et surtout les aristocrates ont conscience de la hiérarchie du pouvoir, n'ayant cesse de vouloir en atteindre le sommet. Dans notre cas, je ne vous renie pas votre titre mais pour obtenir mon enseignement, il vous faudra laisser tous vos privilèges ainsi que votre orgueil derrière cette double-porte. Vous serez traitées en égales, comme chacun de mes élèves. Si vous refusez, je ne vous retiendrai pas, bien que cela me décevrait venant de vous. Cependant, si vous restez, vous ne pourrez plus remettre en question mon autorité entre ces murs.

Et cela implique, d'attendre qu'on me prévienne de votre arrivée.


Genesio alla chercher trois dagues en bois et en tendit deux aux jeunes filles.

-Votre réponse, Mesdemoiselles ?
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MessageSujet: Re: Nous avions rendez-vous, vous vous souvenez ? (Genesio)   Lun 22 Aoû - 13:01

Le Duc-Commandant eut la délicatesse de débarrasser Hua de son fardeau, et il avala directement le contenu de la coupe. Yue eut un sourire : il avait au moins suffrage universel trouvé le moyen le plus simple et le rapide de régler le problème. Elle jeta un coup d'oeil à sa servante qui avait repris sa position avec les yeux baissés, mais le geste du Duc l'avait visiblement soulagée. Demichellis continuait de parler, mais la Princesse ne l'écoutait que d'une oreille distraite. Les discours trop longs dans lesquels on ne disait que des choses qui ne l'intéressaient pas avaient la fâcheuse tendance à rentrer par une oreille et sortir par l'autre.

Tout cela pour dire, Princesse, qu'il vous faudra apprendre à me faire confiance. Oh, je sais bien que dans votre milieu, le mot même n'existe pas mais pour ce que je m'apprête à vous enseigner, vous devrez vous plier à un certain nombre de contraintes …

Yue haussa les épaules. Lui faire confiance, peut-être pas. Elle ne faisait que très rarement confiance, et certainement pas à des membres de la haute société : c'était ouvrir la porte au grand méchant loup. Elle avait également du mal à comprendre en quoi les enseignements du Duc nécessitaient confiance et obéissance, ce qu'elle n'accordait jamais ne serait-ce que parce qu'elle détestait obéir et surtout parce que nul n'avait à lui donner d'ordre. Elle était Princesse après tout !
Elle profita de l'absence du propriétaire pour faire un petit tour du bureau. En fait, elle s'en désintéressa très vite, l'endroit respirait beaucoup trop le sérieux et l'ennui pour la captiver longtemps, et même si la curiosité l'invitait à examiner plus attentivement les dossiers et papiers qui traînaient, elle ne savait pas quand il allait le revenir … Enfin, elle pouvait peut-être demander à Hua de faire le guet ?

Ah non, il revenait déjà. Il s'était changé, et il les invitait à les suivre. Yue fit également signe à Hua de leur emboîter le pas. Ils déambulèrent un petit moment dans les couloirs, croisant les gardes du corps … en pleine partie de cartes. Voyant que la Princesse se déplaçait, ils se levèrent pour l'accompagner … mais constatant qu'elle ne se rendait qu'à l'autre bout du couloir, ils se rassirent et reprirent la partie avec une certaine satisfaction puisque la partie tournait plus ou moins à leur avantage. A trois contre un, ils étaient plutôt confiants …

La salle d'entraînement était immense mais il n'y avait que quelques soldats qui s'entraînaient. Demichellis les fit s'en aller promptement. Yue les observa s'éloigner, tandis que le Duc reprenait son discours sur une histoire d'autorité, de hiérarchie et de discipline dont elle n'avait cure.

Vous serez traitées en égales, comme chacun de mes élèves. Si vous refusez, je ne vous retiendrai pas, bien que cela me décevrait venant de vous. Cependant, si vous restez, vous ne pourrez plus remettre en question mon autorité entre ces murs. Et cela implique, d'attendre qu'on me prévienne de votre arrivée. Votre réponse, Mesdemoiselles ?

Yue ne put s'empêcher un sourire. Traiter Hua en égale à elle ? Cela n'avait aucun sens, il s'en rendrait bien vite compte. Quant à remettre en question son autorité … Hé bien, tout dépendait de ce qu'il lui demandait. Elle n'allait quand même pas lui obéir au doigt et à l'œil ! Bon, elle était disposée à certains compromis mais … De là à l'admettre publiquement et à haute voix, ça jamais. Elle avait sa fierté tout de même ! Aussi se contenta-t-elle d'un petit soupir suffisant, puis se retourna vers la servante.
Hua, les yeux toujours baissés, n'avait quant à elle absolument rien écouté du discours du Duc. On lui faisait confiance pour sa discrétion, et elle ne se mêlait jamais des affaires des nobles. Alors forcément, quand tout à coup, tous les regards ― enfin, ceux de la Princesse et du Duc-Commandant ― se tournaient vers elle, ça la troublait. Elle se sentait perdue, et cherchait désespérément un indice ou une aide dans le regard de sa maîtresse.

- Hé bien, Hua ? Oui ou non ?

Elle n'était pas spécialement plus avancée, mais au moins, elle avait une idée de ce qu'elle devait faire. Dans le doute, elle s'inclina en signe d'acquiescement. C'était sans doute ce qu'elle avait de mieux à faire.


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MessageSujet: Re: Nous avions rendez-vous, vous vous souvenez ? (Genesio)   Jeu 25 Aoû - 14:01

Genesio eut ce qu'on aurait appelé -s'il en était ressorti quoi que ce soit sur son visage- un sourire las. Il s'était bien douté que la princesse ne renoncerait pas à son piédestal. En même temps, ce n'est pas à dix-sept ans qu'on referait son éducation. La vie s'en chargerait à sa place. Elle lui avait demandé une faveur, il avait pu débloquer du temps pour lui rendre service. Cela s'arrêterait là. Du moins, il l'espérait. Il soupira sans s'en cacher cette fois en voyant la réaction servile de la dénommée Hua. Qui de la tyrannique princesse ou de la servile suivante était la plus blâmable ? La jeune fille à qui on n'avait jamais rien refusé ou celle qui n'avait jamais réfléchi à la conception d'égalité entre êtres humains ?

Le Duc-commandant regarda tristement la jeune servante hocher de la tête à défaut d'une réponse en bonne et due forme. Puis il fixa Yue Wu Zang. Elle n'avait rien compris de ce qu'il lui avait dit. L'avait-elle seulement écouté ? Il avait toutes les raisons d'en douter. Après tout, elle restait une gamine, une petite merdeuse. La vie l'avait épargné de beaucoup de ses malheurs, mais tôt ou tard, elle vient réclamer son dû avec les intérêts. Et la note peut s'avérer salée. Il fit un effort pour se rappeler de la raison pour laquelle il ne l'avait pas confié à son maître d'armes... Cette raison surgit des ténèbres de ses réflexions, la peau entre ses sourcils se plissant sous l'émotion.

Uriel...

La jeune Nocturnae était l'autre condidate en lice pour devenir impératrice. Pouvait-on dire que Yue était un meilleur choix ? Pas vraiment, malgré son étonnante réserve -peu conventionnelle quand on connaît les Nocturnae- la seule chose qu'on pouvait reprocher à cette enfant était le soutien du Haut-prêtre. Mais si leurs rôles avaient été inversés, cela n'aurait rien changé. Si une autre princesse se présentait à la capitale, elle aurait certainement le soutien du Duc-Commandant. Surtout si elle avait bien meilleure caractère que la présente... Hélas, c'était comme jouer à la loterie. Quand on tombait sur un numéro, il fallait s'attendre à tout.

-Bien. Commençons. Vous m'avez demandé de vous enseigner à vous défendre avec une arme et je vais le faire. Pour des raisons évidentes au regard de votre corpulence et de votre taille, ainsi que de l'usage que vous souhaitez faire de mon enseignement, j'ai choisi pour vous la dague. Voire le stylet. C'est une arme blanche entre le couteau et la rapière de longueur variable. Facile à cacher sous des vêtements, légère, à simple ou double tranchant, c'est une arme polyvalente qui se révèle très utile en toutes occasions.

Genesio s'empara de son modèle en bois et mima des attaques ou des défenses, puis l'égorgement d'un homme. Il la fit tournoyer entre ses doigts avant de la prendre à l'envers, faisant comme s'il parait une attaque de front. Puis il la fit changer de main, s'accroupit puis tira de sa botte une deuxième dague.

-Quand on arrive à maîtriser le combat avec une dague, on peut tenter de développer l'ambidextrie. Mais cela demande beaucoup de travail. Cela dit, on n'a pas forcément besoin d'une lame pour faire des dégâts. Un stylet, par exemple, est très discret et peut se faire passer pour un pic à cheveux.

Genesio s'excusa d'un regard et retira un des ornements de la coiffure de la princesse.

-Une pointe effilée qui pénètre la chair comme du beurre. Il suffit de viser les reins, le coeur, les yeux, les oreilles aussi pour tuer quasi-instantanément son adversaire. Cela demande en revanche de l'adresse, de la précision et de la rapidité. En général, on n'a pas plus d'une tentative avant de subir les représailles si l'on s'est manqué.

Il pointait sur son propre corps tous les endroits sus-cités. Puis il rendit son "arme" à la princesse. Avant de la fixer d'un air grave.

-Avez-vous déjà tué quelqu'un, princesse ? Ou tout du moins, vu quelqu'un mourir ?
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MessageSujet: Re: Nous avions rendez-vous, vous vous souvenez ? (Genesio)   Jeu 25 Aoû - 21:00

Yue avait attendu ce moment avec impatience. Ses connaissances dans le domaine militaire étaient aussi réduites que sa garde-robe ne l'était pas, et elle avait donc décidé de laisser le Duc Commandant choisir l'arme dont il souhaitait lui enseigner le maniement … A dire vrai, elle avait appréhendé cet instant : elle voulait une arme qui ait du style, du chien, de la classe, comme elle ! Elle en avait éliminées mentalement quelques-unes, en particulier la hache beaucoup trop barbare et la lance, bien trop dur à manier pour son petit gabarit. Alors quand le Duc Commandant lui annonça qu'il avait choisi la dague et le stylet, un large sourire s'étira sur son visage et elle réprima avec difficulté un petit cri de joie. Elle s'imaginait déjà avec une dague au manche couvert d'ornements mais discrètement dissimulée dans une manche ou autour de sa jambe …
Demichellis se lança dans une série de mouvements de démonstration qui impressionnèrent Yue mine de rien, même si elle le cachait de son mieux. Elle eut du mal à reconnaître certains mouvements, puisqu'apparemment, il montrait également des exemples de situations réelles. Il tirait même une seconde dague ! Une dans chaque main ; Yue haussa un sourcil. Oui, hé bien … elle n'allait peut-être pas tenter aujourd'hui de manier une dague dans chaque main. Même si … elle devait reconnaître que ça avait de la classe.

Le Duc s'approcha d'elle et croisa le regard de Yue. Qu'est-ce qu'il voulait faire ? Il leva le bras au-dessus d'elle et elle sentit qu'on lui enlevait un de ses piquants dans les cheveux. Un début de refus sortit de sa bouche sous forme de « n » et la première pensée qui lui vint fut : « Mauvaise idée. ». La démonstration la contraria un peu : elle sentait ses cheveux glisser lentement, tout doucement …

-Avez-vous déjà tué quelqu'un, princesse ? Ou tout du moins, vu quelqu'un mourir ?

La question surprit Yue, et elle oublia un instant de remettre le pic à son emplacement initial. Mal lui en prit : il était désormais trop tard et la seconde d'après, ce fut une cascade d'ornements capillaires en tout genre. La Princesse poussa un long soupir de dépit et s'enfuit le visage dans les mains, tandis que Hua ramassait les accessoires sur le sol.

- Ça n'était pas très malin de retirer cette baguette …

L'incident avait eu le mérite de détendre un peu l'atmosphère et de lui faire gagner un peu de temps pour réfléchir à sa réponse, pendant que Hua refaisait consciencieusement sa coiffure. Avait-elle déjà vu quelqu'un mourir ? Indéniablement. Dès son plus jeune âge, son père l'avait emmenée pour assister à des exécutions, que ce soit des pendaisons ou la mise à mort rapide de celui qui avait tenté d'attenter à la vie de la famille princière. Avait-elle déjà tué ? Question plus difficile. Certes, elle avait déjà ordonné personnellement l'exécution de plusieurs personnes, la plus récente remontant à … son voyage jusqu'à Ishtar. Elle avait clairement ordonné à ses gardes d'exécuter les quelques bandits qui les avaient attaqués. Est-ce que ça comptait comme avoir tué quelqu'un ?

- Oui, Duc, j'ai déjà vu mourir des gens. J'ai aussi vu des gens être tués. Mais … non, je n'ai jamais égorgé personne. Voilà une expérience que je n'ai pas encore vécue. Dois-je le regretter ?

Elle n'allait tout de même pas s'excuser de ne pas avoir tué, tout de même. Et puis, il y avait du personnel pour ce genre de basses besognes. S'il voulait savoir si sa main hésiterait au dernier moment … elle ne le savait pas. Bon, elle doutait quand même que la perspective de mettre fin aux jours d'une personne la bouleverse énormément …

S'emparant d'une des dagues en bois, elle l'examina attentivement et la soupesa. C'était très léger, plus que ce à quoi elle s'attendait, et elle se surprenait à sentir une certaine affinité avec cette arme. Le Duc avait décidément fait un bon choix.
Derrière elle, Hua avait enfin terminé de refaire la coiffure de la Princesse. Ça n'était pas aussi bien fait que la première fois, mais ça avait encore de l'allure, et ça tiendrait tant qu'on n'enlèverait pas une autre baguette.

- Et donc ? Qui suis-je censée tuer avec cette dague ?
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MessageSujet: Re: Nous avions rendez-vous, vous vous souvenez ? (Genesio)   Ven 26 Aoû - 13:59

Genesio eut une petite once de culpabilité pour sa coiffure lorsque ses ornements glissèrent de leur emplacement initial. Mais il eut également l'ombre d'un sourire tellement l'effet en était comique. Mais cela se dissipa bien vite lorsqu'elle parut réfléchir attentivement à sa question.

- Oui, Duc, j'ai déjà vu mourir des gens. J'ai aussi vu des gens être tués. Mais … non, je n'ai jamais égorgé personne. Voilà une expérience que je n'ai pas encore vécue. Dois-je le regretter ?

Genesio soupira doucement, les bras croisés. Puis il la fixa longuement. Il ne doutait pas qu'elle avait déjà ordonner l'exécution d'autres personnes.

-Non, bien sûr que non. Je ne vous le souhaite certainement pas. Tuer quelqu'un de ses propres mains ou ordonner son exécution puis détourner la tête sont deux choses différentes. Si vous devenez impératrice, vous n'aurez certainement peut-être pas des responsabilités de ce genre. Je souhaite simplement vous faire comprendre que prendre une vie n'est pas anodin. Vous apprendre à vous défendre signifie que je dois vous préparer à l'éventualité de vous rougir les mains.

- Et donc ? Qui suis-je censée tuer avec cette dague ?

Il eut une expression triste puis secoua lentement la tête.

-Personne, dans le meilleur des cas. Celui qui voudra vous tuer dans le pire. Vous briguez la place d'épouse de notre empereur. Je doute qu'Azhran Nocturnae, malgré son étonnante réserve, vous laisse tranquillement vivre dans une compétition à la "loyale". Sa famille s'en chargera même si elle n'en est pas l'instigatrice.

Il la regarda attentivement. Genesio n'aimait pas prendre le rôle de l'oiseau de mauvais augure mais lui enseigner le maniement d'une lame était à double tranchant. Et il fallait qu'elle en ait conscience. Il était si facile pour un adversaire plus expérimenté de retourner l'arme avec laquelle sa victime pensait pouvoir se défendre. Il faudrait aussi qu'elle se fortifie, à la fois le corps et l'esprit. En l'état actuelle des choses, elle ressemblait plus à un jolie poupée de porcelaine. Jolie, mais fragile. Sans ses gardes du corps, elle était vulnérable. En soi, il n'était pas stupide que sa servante apprenne en même temps qu'elle. Et il leur faudrait également cacher la maîtrise qu'elles acquerront. Il serait encore plus dangereux pour elles de montrer qu'elles ont du répondant. Une femme est d'autant plus forte que lorsqu'elle laisse l'image d'une apparente fragilité et faiblesse.

-Mais avant de continuer plus avant notre leçon, si nous en venions à la véritable raison de votre venue à la caserne centrale, princesse. Je ne doute pas de votre intérêt dans le maniement des armes blanches, mais vous auriez pu engager n'importe quel maître d'armes de la ville. J'en connais deux ou trois qui pourraient se révéler d'excellents professeurs... Alors ?
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MessageSujet: Re: Nous avions rendez-vous, vous vous souvenez ? (Genesio)   Ven 26 Aoû - 18:54

Yue eut un petit rire amusé. La mention de la grande perche de Semini arrivait comme un cheveu sur la soupe, mais de toute façon, à chaque fois qu'on parlait de cette traînée.

- Vous n'êtes pourtant pas si naïf que ça … Vous pensez vraiment qu'une femme qui a le soutien du Haut Prêtre est si innocente que ça ? S'il doit m'arriver quelque chose, je suis certaine que ce ne sera pas à cause de la famille Nocturnae …

Hua, fatiguée de rester debout, s'assit dans un coin de la salle en attendant que sa maîtresse ait terminé sa conversation avec le Duc-Commandant. Comme elle n'écoutait pas, elle s'ennuyait un peu à ne rien faire. Alors elle préférait s'asseoir et rêvasser tranquillement … De toute façon, sa maîtresse et le Duc l'avaient sûrement déjà oubliée.

- Et je n'allais certainement pas demander à n'importe quel maître d'arme de m'enseigner le maniement des armes blanches. Il me fallait quelqu'un qui ait un peu plus de … raffinement. Et puis, on vante vos talents d'escrimeur dans tout l'Empire, Duc. On raconte que même le Sénateur guerrier Ulrich Hellwig n'est pas à votre niveau, malgré l'histoire militaire de sa province ! Sans oublier que vous êtes un homme connu pour faire preuve de patience, chose dont peu de militaires peuvent se targuer, et je peux affirmer que c'est une qualité dont on a besoin pour m'enseigner quoi que ce soit.

Tout cela était vrai. Yue n'aurait pas menti dans une telle situation … D'un autre côté, cela n'était pas toute la vérité. Bien sûr qu'elle avait ses raisons pour être venue, et elle était prête à parier son titre de Princesse qu'il savait déjà quelles étaient ces raisons. Il lui posait une question tout à fait inutile … C'est bien qu'il voulait la faire parler. Et elle n'allait certainement pas lui faire cette faveur de tout lui déballer d'un coup, n'est-ce pas ? Cela ne serait vraiment, mais alors vraiment pas drôle.

- Et bien sûr, c'est une merveilleuse occasion de vous rencontrer, vous, le célèbre Duc-Commandant. Nous avons déjà échangé des lettres, mais jusqu'à présent, je n'avais jamais eu l'occasion de discuter de vive voix avec vous. J'ose espérer que notre conversation serait tout aussi à profitable à vous comme à moi.

Certes, Yue manquait de soutiens et de contacts à la Cour. Mais Genesio aussi pouvait avoir besoin de son aide … surtout que d'Arken soutenait ouvertement la peste des Nocturnae. Dans une telle situation, le Duc-Commandant aurait besoin de prendre parti très vite, car s'il sombrait dans l'indécision, il perdrait sa crédibilité et risquerait de se trouver dans la même situation que lorsque le Haut Prêtre avait été nommé Régent.
En outre, il n'y avait pour l'instant que deux candidates en lice pour le trône. Et si Nocturnae devenait impératrice, cela serait incontestablement défavorable au Duc-Commandant. Si en revanche, c'était Yue … hé bien, il avait intérêt à se mettre de son côté tout de suite. Au final, Yue était le seul cheval sur lequel il pouvait miser, étant donné qu'il était peu probable qu'une autre candidate fasse son apparition dans un avenir proche. Surtout une qui ne se fasse pas manger toute crue par les deux candidates en place.

- Mais souhaitez-vous que nous ayons cette discussion maintenant ? Ou peut-être tout à l'heure après notre entrainement …? Moi, cela m'est égal. Je vous en prie, faites à votre convenance !
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MessageSujet: Re: Nous avions rendez-vous, vous vous souvenez ? (Genesio)   Lun 29 Aoû - 23:21

Le Duc-Commandant écouta d'une oreille attentive le discours de la princesse. Bien sûr qu'il se doutait qu'une fille ayant le soutien du Haut-Prêtre ne devait pas être aussi... gourde. Oui, le mot convenait. Mais il ne se donnait pas la peine d'essayer de corriger la réalité. Après tout, cette fille Nocturnae lui importait peu. Il avait une répulsion toute hellwigienne pour ces petits jeux mesquins. Pourquoi mentir, cacher, comploter ? Alors qu'il serait plus simple d'être franc et honnête ? Entre un homme qui lui crachait ouvertement son mépris au visage et celui qui le dissimulait sous des allures de fausse sympathie, Genesio aurait embroché de son épée les deux malotrus. Pour des raisons différentes, mais au moins, le premier aura eu l'honnêteté de reconnaître son antipathie.

Genesio sourit légèrement quand Yue lui expliqua pourquoi elle l'avait choisi lui. Elle le flattait pour le caresser dans le sens du poil, comme on le disait souvent. Mais cela était inutile. Il est vrai qu'on le vantait d'être le meilleur escrimeur de l'empire. Pour être tout à fait honnête, il connaissait son niveau et ses capacités, mais également ses limites. S'il n'y avait que les capacités à prendre en compte dans un combat ou dans une bataille, la stratégie n'aurait jamais eu lieu d'être. Par ailleurs, il n'avait jamais eu le loisir de se mesurer au sénateur Ulrick, issu de sa province natale. Et à vrai dire, il avait d'autres chats à fouetter. Bien des maîtres d'armes lui ont lancé des défis par le passé. On l'avait pratiquement harcelé et traité de couard. Bien que n'y accordant pas d'importance, ses officiers lui conseillèrent d'en accepter au moins un et d'en faire quelque chose de suffisamment marquant pour décourager les autres. Ce fut efficace, l'homme mourut -bêtement, il est vrai- et les défis se firent beaucoup moins pressants. Ce qui permit au Duc-Commandant de remplir ses fonctions sans être importuné.

Quant à la patience, il voulait bien la croire. Mais tout de même, elle comme lui étaient tout à fait conscients de la véritable raison de ce rendez-vous. Il semblait cependant évident que la princesse ne voulait pas être la première à ouvrir le bal. Durant tout ce discours, Genesio avait fixé Hua la servante qui avait profité de l'apparent désintérêt pour sa personne pour s'asseoir.

-Hua, commença-t-il avec une inflexion régalienne. Je ne me rappelle pas vous avoir permis de vous asseoir par terre. Votre maîtresse ne s'est pas assise, pas plus que moi, alors vous resterez debout jusqu'à ce que je vous invite au repos. Et pas avant, et certainement pas selon votre bon vouloir. En d'autres temps, en Hellwig, un tel manquement au respect était sanctionné de coups de plat d'épée sur le fondement pour vous en faire passer l'envie.

Une légère contraction des narines pouvaient indiquer à l'observateur attentif l'agacement manifeste qu'exprimait le Duc-Commandant. Ce dernier commençait à croire que certaines personnes naissaient pour devenir des brebis galeuses et se complaire dans ce rôle auprès du premier berger venu, aussi tyrannique soit-il. Il la fixa de ses yeux verts le temps qu'il estima nécessaire avant de l'ignorer superbement. Mais qu'elle ne s'y trompe pas, elle avait de la chance de ne pas un soldat. Et elle ne devait certainement pas mesurer à quel point.

Il attendit qu'elle se lève puis lui tendit l'arme factice en bois. Il s'adressa alors une dernière fois en particulier à Yue avant de commencer les réjouissances.

-Aujourd'hui, nous nous entraînerons pendant une heure. J'estime que cela sera suffisant pour un commencement. Je rallongerai la durée au fur et à mesure. Tout d'abord, l'échauffement qui durera au moins une demi-heure à chaque fois. Nous commencerons donc par de la course. Veuillez me suivre et réguler votre souffle. J'espère que vous n'avez pas mangé trop lourd, vous pourriez vomir en cours de route.

Genesio se mit aussitôt à sautiller puis sans prendre la peine de regarder en arrière, se mit à courir pour effectuer plusieurs tours de salle sous pendant que des soldats continuaient à s'entraîner à l'escrime. Ils pourraient discuter à loisir plus tard.


Dernière édition par Genesio Demichellis le Mar 30 Aoû - 20:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nous avions rendez-vous, vous vous souvenez ? (Genesio)   Mar 30 Aoû - 16:05

Hua se leva d'un bond quand elle entendit son nom. Après toutes ces années, c'était devenu un réflexe conditionné. Elle ne comprit pas vraiment les remontrances du Duc-Commandant, en particulier cette histoire de fondement ― encore une fois, il s'agissait d'un mot qu'elle connaissait mais qui s'adaptait mal au contexte ; peut-être était-ce de l'argot d'Ishtar ou de la province d'origine du Duc ? ― mais son ton froid lui suffit pour savoir qu'elle avait fait quelque chose de mal. Elle s'inclina le plus bas possible pour s'excuser ― ça aussi, c'était un réflexe conditionné ― et ne se releva qu'après plusieurs longues secondes, toujours en gardant la tête baissée. Pourtant, elle ne savait pas vraiment ce qu'elle avait fait de mal … D'habitude, elle s'asseyait pour ne pas déranger, cela semblait convenir à tout le monde. Et puis, la manière dont on l'avait disputée était étrange aussi, d'habitude, c'était plus … bruyant. Peut-être que les règles qui s'appliquaient dans la demeure de la Princesse étaient différentes de celles qui s'appliquaient ici … Donc ici, on n'avait pas le droit de s'asseoir tant qu'on n'y était pas autorisé. C'était noté. Il lui faudrait sans doute un peu de temps pour apprendre les nouvelles règles …
Yue se contenta de fermer les yeux, secouer la tête et soupirer. Elle trouvait ça stupide de se fâcher contre quelqu'un juste parce qu'il ― ou elle en l'occurrence ― s'était assis. En vérité, elle aurait certainement défendu sa servante si elle avait pu imaginer une seule seconde qu'on puisse le réserver le même traitement, mais … on ne traitait pas une princesse comme une servante, n'est-ce pas ?

En revanche, les explications de Genesio concernant l'entraînement l'irritèrent bien plus. Il la sous-estimait manifestement … Ne savait-il donc pas que Yue était une danseuse accomplie, rompue à l'exercice, et qu'elle s'entraînait quasi-quotidiennement durant près de deux heures ?! Et s'il ne le savait pas ― certes, il avait peu de chance de le savoir s'il ne faisait pas partie de l'entourage de la famille Wu Zang ou n'avait aucun proche en commun avec la Princesse ― il pourrait tout de même se montrer plus poli et prévenant. Et parler de vomir … quelle grossièreté ! Il aurait pu dire « se sentir mal » ou « être malade » ou n'importe quoi de plus élégant. C'était sans doute le côté barbare du Hellwig qui rejaillissait en lui.
Elle se mit à courir à son tour, suivant le Duc, mais gênée par la présence d'autres soldats. Elle trouvait cela plutôt … humiliant, de faire ces exercices en leur présence, mais heureusement, ils ne regardaient pas dans leur direction. Yue n'avait pas vraiment l'habitude de courir pour s'échauffer ; le plus souvent, elle faisait des étirements, des sauts et quelques enchaînements … Courir ne lui était d'aucune utilité pour la danse. Mais elle avait assez d'endurance pour faire quelques tours de pistes … même si ses pieds seraient un peu douloureux après tout ça.
Hua, quant à elle, suivit docilement les deux autres. Grâce à toutes ces années au service de la Princesse, tant à Wu Zang qu'à Ishtar, elle avait acquis une certaine résistance physique. Courir pour se presser d'aller chercher quelque chose pour son Altesse, ou bien transporter des objets lourds, ou encore rester éveillée toute une nuit … Son endurance physique et mentale était des plus respectables, et c'était sans doute ce qui faisait d'elle une bonne servante et ce qui expliquait pourquoi sa maîtresse l'avait choisie pour l'accompagner à Ishtar. Sans doute. En tout cas, ça n'était pas pour sa conversation.

Sitôt la course terminée, Yue se lança par habitude dans quelques étirements qu'elle faisait souvent, en particulier pour les bras et les poignets. Elle aimait bien accomplir ces étirements, ils prenaient souvent la forme de mouvements de danse basiques … Parfois, sans s'en rendre compte, elle réalisait même quelques figures de jonglerie avec un éventail … mais sans l'éventail. Voilà pourquoi ses doigts faisaient quelque mouvements étranges, quelques fois, comme ceux que faisait un musicien qui se souvenait d'une mélodie.
Une fois la course terminée, Hua fit quelques pas en arrière pour ne pas gêner sa maîtresse et fit mine de s'asseoir avant de se rappeler brutalement qu'elle n'avait pas le droit. Oui, c'est vrai, ici on ne faisait pas les mêmes choses que chez la Princesse ! Elle se sentait un peu perdue, elle ne savait pas vraiment ce qu'elle devait faire … Imiter la Princesse ? C'était inconvenant, non ?

- Cher Duc, je suggère que la prochaine fois, nous nous entraînions chez moi. Il y a une vaste salle pour ce genre d'activité, et nous serons sans doute moins dérangés qu'ici. Et nous pourrons prendre le thé après, si vous le souhaitez.

Et puis, ça lui éviterait aussi de faire la tête parce qu'il n'était pas content de la manière dont elle était venue le voir.
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MessageSujet: Re: Nous avions rendez-vous, vous vous souvenez ? (Genesio)   Lun 5 Sep - 22:39

Genesio put rapidement constater que la princesse ainsi que sa servante n'étaient pas faites en sucre. Parfait. Cela lui faciliterait la tâche. Pendant quelques étirements et assouplissements, il déduisit aux mouvements gracieux de la princesse, qu'elle devait être une danseuse émérite. Cela se voyait à son maintien et à sa musculature développée bien que fine et discrète. Lorsqu'elle eut fini, elle s'adressa à lui.

"- Cher Duc, je suggère que la prochaine fois, nous nous entraînions chez moi. Il y a une vaste salle pour ce genre d'activité, et nous serons sans doute moins dérangés qu'ici. Et nous pourrons prendre le thé après, si vous le souhaitez."

Son premier réflexe aurait été de refuser, c'était ses règles et elles n'avaient cours que s'ils se trouvaient sur son terrain. Se rendre sur le sien ne lui disait rien qui vaille. Mais ce serait une bonne occasion de discuter sans craindre d'être entendus. Quoi que, même parmi son personnel, il devait y avoir des espions. On n'en est jamais à l'abri.

-Ce sera un plaisir. J'aimerai également croiser le fer avec quelques uns de vos soldats, si cela vous convient. Les arts martiaux du Wu Zang m'ont toujours intrgué... confia-t-il sur le ton de la conversation. Mais passons aux choses sérieuses...

Il prit la dague en bois dans sa main droite.

-Les avantages d'une dague ou d'un poignard sont multiples mais constituent également ses faiblesses. Tout l'intérêt de maîtriser une arme est de s'accommoder de ses inconvénients, car on en connaît les limites. Ceux d'une dague, comme je vous l'ai dit plus tôt, est d'être facile à dissimuler sous un vêtement, d'en être dégainé et d'être léger. Son principal défaut, par rapport à une autre par l'exemple l'épée, est son allonge. Il faut systématiquement aller au contact de l'adversaire pour le toucher. Bien sûr, avec votre petite taille et votre agilité ainsi que votre rapidité, vous pourrez surprendre un adversaire en le collant, supprimant ainsi l'avantage de son allonge qui devient un handicap. Je vais vous montrer.

Il lança l'arme factice à Hua avant de ramasser une épée en bois et de se mettre en position face à la servante/

-Essayez de m'attaquer, pour voir. Lorsque vous approchez trop, vous êtes à portée de votre attaquant pour être touchée par sa lame. C'est ici que je devrais vous faire mes adieux. Deux choses sont à prendre en compte quand on affronte un épéiste. Son allonge et sa taille. Plus un adversaire vous dépasse en taille, plus il vous sera facile de l'esquiver et donc de l'épuiser. Et lorsqu'il relâche son attention... (il saisit doucement le poignet de la servante et plaça la lame dans son ventre) Vous survivez et il meurt.

Il la relâcha tout aussi doucement avant de désigner des endroits à viser.

-Pour terrasser un adversaire à coup sûr, sans qu'il ne fasse le moindre bruit tant la douleur est insupportable, c'est au niveau des reins. Dans la courbure du dos. Attaquer un adversaire de dos est déloyal mais quand il s'agit de survie, les règles de courtoisie n'en augmentent pas les chances.

Bien, j'ai assez parlé, passons à la pratique. Prenez la dague et essayez de m'attaquer à tour de rôle ou en même temps, comme vous le voulez.


Genesio se mit en position, l'expression toujours aussi impassible. Il était curieux de voir comment se débrouilleraient une poupée de porcelaine et sa poupée de chiffon.
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MessageSujet: Re: Nous avions rendez-vous, vous vous souvenez ? (Genesio)   Jeu 8 Sep - 18:15

Yue examinait la dague en bois sous toutes ses coutures. Elle avait une furieuse envie de l'envoyer en l'air et de la rattraper, envie à laquelle elle ne chercha pas à résister très longtemps … Elle avait l'habitude de faire s'envoler les éventails, mais elle n'avait jamais touché à quoi que ce soit qui ressemblait de près ou de loin à une dague. En fait, en y réfléchissant bien, si on y accrochait un foulard ou des rubans, ça pouvait être très esthétique. A condition de le faire sauter souvent et de le faire accrocher à la lumière, pour profiter des reflets. Utiliser une arme tranchante avait également un petit côté effrayant qui pouvait plaire au public … mais pas question de jongler avec une arme vraiment dangereuse. On limerait les bords pour que la Princesse ne puisse pas risquer de se couper les doigts si elle ratait un lancer !
Le Duc Commandant s'était lancé dans un grand exposé théorique sur les avantages et les inconvénients du poignard sur les autre armes, mais forcément, Yue n'était que très peu intéressée. Elle savait en gros qu'il fallait s'approcher près de son ennemi, et attaquer rapidement, de préférence sans rater son coup. Si elle parvenait à résumer mentalement un long discours en une courte phrase, c'est que l'autre parlait trop. De toute façon, quand les autres disaient des choses inintéressantes, ils parlaient toujours trop.

Hua se montrait poliment intéressée, même si elle ne comprenait pas tout. Grosso modo, il fallait être rapide et précis, et pas se faire toucher par l'ennemi. Dans la théorie, ça paraissait simple, mais même elle savait que la pratique allait être beaucoup plus compliquée. Les yeux fixés sur l'arme de bois, elle ne se rendit compte qu'un peu tard qu'on lui envoyait l'objet, et elle le réceptionna avec difficulté et maladresse. Tenir soudainement cette arme dans les mains, ça lui rappelait de mauvais souvenirs, et ça la rendait nerveuse … Elle ne tarda pas à se mettre trembler sans pouvoir se contrôler, tentant désespérément de cacher ses tremblements sans grande réussite. Le contact de la main du Duc avec la sienne, loin de la rassurer, lui arracha un grand frisson qui lui fit presque lâcher la dague. Cette situation la mettait terriblement mal à l'aise ; elle avait envie de s'enfuir. La seule chose qui la rassurait, c'était que la Princesse ne faisait pas du tout attention à elle : si elle avait dû subir une des colères dont Yue avait le secret en cet instant, ses nerfs n'auraient pas tenu.
Lorsque le noble lâcha son poignet, elle poussa un grand soupir de soulagement et reprit son souffler. Sans s'en rendre compte, elle avait cessé de respirer lors de ces quelques instants, nerveusement épuisants pour elle. Cette arme continuait de la répugner et de la terrifier en même temps, et elle ne savait pas du tout quoi faire avec.

Yue eut un sourire carnassier. Passer à l'action, elle n'attendait que ça ! Alors quand Genesio leur offrit une occasion, elle sauta dessus. Littéralement. Elle fit un bond en avant et attaqua directement au flanc … A vrai dire, elle n'avait pas vraiment visé, mais vu sa taille et celle du Duc, c'était la cible qui venait le plus naturellement. Bon, malgré l'effet de surprise sur lequel elle avait plus ou moins compté, l'attaque n'aboutit pas … En même temps, si elle avait réussi à toucher du premier coup un homme censé être plus qu'expert en matière d'escrime, elle aurait été très déçue. Et elle aurait changé de professeur dans la seconde.
Elle n'en resta pas là pour autant et enchaîna rapidement plusieurs tentatives. Elle ne savait pas trop comment utiliser sa main gauche, et la plupart du temps, elle s'en servait plutôt pour s'équilibrer. Très vite, elle se surprit à penser à qu'une deuxième dague aurait pu être des plus utile : tout aussi habile qu'il soit, un adversaire avec une seule arme aurait du mal à en parer deux !
La Princesse se recula rapidement au premier signe de contre-attaque de Demichellis. Autant elle se montrait agressive dans ses offensives, autant elle craignait plus que tout d'être blessée … Hors de question de laisser qui que ce soit abîmer son joli corps. Mais à côté d'elle, Hua se montrait désespérément molle et effrayée … Elle n'avait même pas esquissé un mouvement depuis que le Duc lui avait donné cette arme. Yue commençait à se dire que c'était peut-être une mauvaise idée de l'avoir emmenée. Tenir une arme, même factice, semblait la mettre dans un état second, ce que Yue ignorait … et ce dont elle se fichait aussi, jusqu'à présent en tout cas. La Princesse, elle, se contentait de jeter ce qu'elle avait dans les mains quand ça ne lui plaisait pas. Tiens ! Ça lui donnait une idée !

- Au fait, Duc … La dague est aussi une arme de lancer, n'est-ce pas ? Vous ne nous en avez pas parlé, mais je pense que ça pourrait être utile aussi.

Yue n'était pas très sûre de ses souvenirs en ce qui concernait les domestiques, mais elle croyait bien se rappeler avoir vu Hua jeter ou lancer des choses plutôt habilement. Si elle était capable d'envoyer une balle dans un pot à l'autre bout d'une pièce ― et l'Ombre sait que les pièces au Palais Wu Zang sont grandes ― elle devait bien être capable d'envoyer une dague ou une fléchette au centre d'une cible, non ?
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MessageSujet: Re: Nous avions rendez-vous, vous vous souvenez ? (Genesio)   Lun 7 Nov - 22:14

Genesio observa très attentivement ses élèves. Car oui, même si la potiche qui observait avec dégoût l’arme factice qu’il lui avait lancé n’avait pas exprimé la moindre envie de participer… Hua n’en restait pas moins son élève. Cependant, si elle ne souhaitait pas apprendre, il ne pouvait pas la forcer. Il en toucherait deux mots à la princesse, mais plus tard.

Quant à Yue, eh bien… disons qu’elle avait un certain potentiel. Genesio se serait pris l’arête du nez entre le pouce et l‘index pour exprimer toute sa surprise et son affliction. Il avait sous les yeux une petite danseuse qui se dandinait tout en essayant de lui porter des coups. Si certains arts martiaux pouvaient être gracieux, la danse combinée à des mouvements qui se voulaient offensifs, qui étaient en fait hachés… c’était, il fallait être honnête, tout simplement ridicule. La grâce et la légèreté des mouvements étaient parasitées par la véhémence des coups qu’elle portait. Ayant reçu une certaine éducation, Genesio eut la politesse de se garder de faire remarquer la situation à la concernée.

A sa décharge, il fallait reconnaître qu’on ne peut se départir de certains réflexes acquis après des années de pratique. Yue, ayant trop l’air d’être une danseuse, ne pouvait donc qu’avoir une gestuelle et un déplacement de danseuse. Et puis, elle, au moins, y mettait de l’ardeur. Qu’importe la base tant que la motivation est là.

Elle lui fit d'ailleurs une remarque pour le moins juste. Plutôt que de s'épandre en long discours... il la regarda en coin sans en dire plus. Puis il attrapa sa propre dague -celle glissée dans sa botte- par la lame et la lança sur un mannequin d’entraînement. Elle se planta au centre mais un peu au-dessus de l'espace séparant les deux yeux peints en noir de l'adversaire factice.

-En effet. Mais cet usage est réservé à ceux qui savent s'en servir.

Il eut un autre regard en coin pour la princesse. Un soldat alla décrocher son arme et la lui rapporter. Genesio salua cet homme d'un signe de tête puis rangea son arme.

-Je vous déconseillerai d'essayer pour le moment, dit-il simplement.

Une horloge sonna pratiquement l'heure du dîner. Après avoir soigneusement compté les coups, il crut bon de mettre un terme à leur... séance. Il alla tout d'abord reprendre à Hua les armes d'entraînement avant de s'adresser à la princesse.

-Nous allons en rester là, je pense. Pour aujourd'hui. Vous avez du potentiel, princesse. Bien que vous basiez sur vos acquis de danseuse, ce qui est somme toute fort normal. Il faudra "réajuster" certains de ces acquis, je pense. La prochaine fois, nous nous verrons donc chez vous, dans votre résidence. En attendant, laissez-moi vous raccompagner.

Le moins que l'on puisse dire, était que le Duc-Commandant avait une certaine hâte d'en finir. La princesse dégageait une aura... d'empressement, d'impatience impulsive toute juvénile et donc forcément agaçante sur le long terme. Surtout pour quelqu'un d'aussi calme, patient et posé que pouvait l'être Genesio.
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MessageSujet: Re: Nous avions rendez-vous, vous vous souvenez ? (Genesio)   Dim 27 Nov - 19:49

La Princesse ressentait une espèce de frustration de cette séance d'exercices physiques. D'abord parce qu'elle avait l'impression d'avoir passé plus de temps à s'échauffer qu'à pratiquer, ensuite parce qu'elle avait l'impression de ne pas avoir bien réussi les exercices que lui avait fait faire le Duc Commandant, même si elle avait pourtant donner son maximum. Elle avait l'impression que les remarques de Demichellis, bien qu'elles ne soient pas désobligeantes ou vexantes, cachaient une désapprobation, voire une exaspération et une certaine forme de mépris … Il fallait dire que Yue était si habituée à s'entendre féliciter ― à tort ou à raison ― que ne pas entendre de compliments lui faisait l'effet d'un soufflet. D'autant plus que sa remarque sur l'usage du couteau de lancer avait été écartée d'un revers de main …

Quand l'exercice s'arrêta, Hua poussa un soupir de soulagement mal dissimulé. Elle avait très bien compris qu'elle n'avait pas du tout réussi à faire ce qu'on attendait d'elle ― elle pouvait sentir la désapprobation de sa maîtresse rien qu'à sa manière de l'ignorer ― mais tant pis : manier cette arme ne lui plaisait pas plus que ça et elle était bien contente de s'en débarrasser. La jeune servante récupéra la dague factice de la Princesse et la remit avec la sienne au Duc Commandant, non sans un petit sourire apaisé de s'en savoir finalement débarrassé.

Yue attrapa la serviette humide que lui tendait Hua ― mais par l'Ombre, où avait-elle bien pu dénicher ça ? Si Yue s'était sentie un peu plus concernée par autre chose qu'elle-même, elle se serait sans doute posée la question, mais elle était suffisamment égoïste pour trouver ça parfaitement normal ― et s'épongea le cou et le visage, tandis que la servante refaisait une énième fois sa coiffure : tous ces exercices physiques et ces mouvements rapides avaient complètement désorganisé les baguettes dans les cheveux de Yue.
Bon, puisque l'exercice était fini, il était temps de s'en aller. Lorsque le Duc-Commandant lui fit signe de le suivre, elle lui emboîta le pas en silence, alors que Hua trottinait derrière elle après avoir ramassé les affaires de la Princesse. Yue sentait une certaine impatience chez son instructeur du jour … Ce qui par effet miroir la mettait de mauvaise humeur.
Cette rencontre n'avait pas été une franche réussite … Ne serait-ce que parce que finalement, l'occasion de parler politique ne s'était jamais présentée. C'était pourtant quasiment la seule raison qui avait poussé la jeune fille à organiser cette rencontre et ces stupides cours d'escrime ! Enfin, à la réflexion … peut-être que c'était mieux comme ça. Peut-être que s'ils avaient abordé le sujet trop vite, la conversation aurait mal tourné : il était sans doute utile de laisser au Duc-Commandant le temps de s'habituer à sa personnalité … et à l'idée qu'elle était la seule candidate au trône valable pour lui.

- Hé bien, Duc, je crois que nous allons nous quitter ici. Cette entrevue s'est avérée enrichissante … même si nous n'avons pas pu discuter autant que je l'aurais souhaité. Je suppose que la prochaine fois, nous nous reverrons chez moi. Vous me direz par courrier vos disponibilités, et j'essaierai de me libérer pour que nous puissions organiser une autre séance. Je vous souhaite une bonne continuation et j'espère que nous nous reverrons bientôt, Duc.

Elle baissa légèrement la tête pour dire au revoir : c'était tout ce qu'elle s'autorisait en tant que princesse pour être polie sans trop l'être. Hua quant à elle s'inclina à 90 degrés sans le regarder dans les yeux, avant de s'en aller rejoindre la Princesse dans la calèche.

***

Toujours en train de jouer aux cartes, les gardes du corps avaient un sourire carnassier aux lèvres. A trois contre un, ils truandaient autant que possible, pour le simple plaisir de gagner d'ailleurs : impossible de miser de l'argent avec des gardes impériaux, surtout à l'intérieur même de la Caserne. Bah, ça faisait passer le temps en attendant la Princesse.
Un garde surgit au bout du couloir et tiqua en voyant les trois hommes.

- Vous êtes encore là ? Ben … Je crois que votre Princesse vous a oubliés, les gars …
- Hein ? Comment ça ?
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Nous avions rendez-vous, vous vous souvenez ? (Genesio)

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