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 Kyrie Eleison. [PV Uriel.]

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MessageSujet: Kyrie Eleison. [PV Uriel.]   Dim 31 Juil - 10:06

Je me réveillais dans le noir complet dans quelque chose de froid et gluant, qui sentais très mauvais. Y avait une touche d'excrément humain dans l'arôme, mais ça sentais surtout le sang. J'avais froid aussi, parce que j'étais nu. Une exploration tactile plus tard et je su que j'étais allongé en travers d'un corps mort de sexe masculin – et nu aussi - sur un lit. Et je ne me rappelais de rien. Le cadavre était pourtant bien éventré, limite coupé en deux, et j'avais visiblement dormi dans ses entrailles, ce qui expliquait l'odeur de merde. Je tripotais le reste du corps pour savoir ce que j'avais fait de ma nuit, mais mis à part qu'on pouvait toucher sa colonne vertébrale en passant par devant, il était intact. Et j'avais la gueule de bois du sexe. Boooon. J'devrais avoir l'habitude maintenant. Saloperie de magie.

A tâtons, je cherchais mes fringues, il faisait froid dans la piaule et j'allais pas sortir nu. Je me demandais quand même comment ça se faisait qu'il y ait pas un pet de lumière là dedans, parce que même la nuit dans Ishtar, t'avais toujours une lampe à une fenêtre ou quelque chose du genre, une Capitale d'Empire, ça dort jamais vraiment. Après m'être mangé quelques meubles dans la gueule, j'ai fini par trouver mon pantalon et mon haut au toucher, respectivement sur un candélabre et pendu à la tête du lit. Mes bottes étaient elles en dessous, ce qui me permet de me manger le sommier en pleine tête plusieurs fois pour les récupérer. J'avais également un bandage autour du biceps, mais je me souvenais pas tellement m'être blessé... assez confus, ma priorité était de sortir de là, et de retourner « chez moi », ou dans n'importe quel endroit familier. Même couvert de sang.

J'ai ouvert la porte – que j'ai mis du temps à trouver – et je suis tombé dans un couloir. Une direction au pif, peu importe, trouver la sortie, trouver quelqu'un qui m'expliquerait où était passé le soleil, n'importe quoi. C'est très lentement que j'ai fini par trouver un escalier, mais je l'ai descendu. J'entendais des bruits de voix, du piano et des gens qui gloussaient. Puis des murmures paniqués tandis que j'avançais les mains en avant dans la pièce. Je devais avoir une allure folle avec les cheveux en bordel et du sang partout sur moi, certes. Et vu le bruit et les commentaires que j'entendais, je devais être dans un bordel. Soit. J'ai senti une main me guider vers la sortie, me pousser un peu brutalement dehors pendant que quelqu'un courrait à l'étage puis... des hurlements. Mais moi j'étais déjà dehors à marcher à tâtons en espérant pas me manger des trucs dans la gueule. L'inconvénient des mains en avant, c'est que tu sens pas les trucs en dessous, du coup après avoir renversé une poubelle et être tombé dans le contenu, j'ai opté pour faire glisser un pied en avant devant moi avant d'avancer. J'ai pu éviter d'autres poubelles et puis j'ai marché... longtemps ? J'étais complètement perdu, j'entendais les gens autour de moi, mais ils s'éloignaient quand j'approchais, sans doute parce que j'étais un prêtre couvert de sang qui puait l'ordure. Mais comment ils me voyaient alors que moi je les voyais pas ? J'ai appelé un peu à l'aide, mais personne n'est venu, et j'ai fini par me rouler en boule par terre dans une ruelle dont j'arrivais à toucher les deux bords avec mes mains, épuisé et complètement perdu.

J'ai été réveillé par un coup de pied dans les côtes, et un mec m'invectivais de donner mon blé si je voulais éviter de mourir dans d'atroce souffrance, moi le bourgeois visiblement trop bourré. J'ai attrapé sa jambe et manipulé des ombres que je ne voyais pas – c'était très bizarre d'ailleurs, parce que normalement dans le noir complet c'est pas possible pour moi de le faire – en lui disant que si il me ramenait pas à la cathédrale, il allait finir en petits dés. Je me suis mis debout, et j'ai senti le gamin balbutier de terreur – moi j'étais plutôt soulagé par contre. Je lui ai pris le bras, on a marché deux heures et lui pleurait de terreur à l'occasion. Rien à foutre, il fallait que je retourne chez moi !

Il m'a largué sur le parvis de la cathédrale avant de partir en courant, et moi j'ai tâtonné pour trouver l'entrée que j'avais pourtant franchis mille fois sans y penser, puis j'ai exploré pour trouver... je sais pas, quelqu'un, mais là c'était plus facile parce que j'étais vraiment dans un lieu familier, dans lequel j'avais grandi. J'avais moins l'impression d'être perdu dans le néant, déjà. J'avançais avec un peu plus d'assurance, en sachant à l'avance où était les candélabres en traitre, les portes, les piliers.
Mais je me suis perdu.

Il y a un moment où ma carte mentale m'a fait défaut, je sais pas. Pris de désespoir, je suis rentré dans une pièce au pif. Je crois que c'est un bureau, il y en a pour les hauts dignitaires de l'Église. Et celui là, c'était un cossu, vu la taille du candélabre – c'était devenu mes pires ennemis là – que j'ai renversé en me le prenant dans la tronche. Il a fait bien le bruit de quelque chose en or massif qui s'écrase sur un sol de pierre, en tous cas. Je me suis ensuite mangé une bibliothèque dans le tarin puis je suis tombé sur un bureau. Il y avait des papiers dessus, et j'en ai foutu quelques uns par terre en posant mes mains dessus. Je sais pas ce que je cherchais, peut être l'identité de celui qui était dedans normalement. J'ai interrompu mon exploration en entendant un bruit de respiration, qui se localisait apparemment derrière le bureau. Donc quelqu'un m'avait peut être vu me manger le candélabre, la bibliothèque et foutre le bordel sur son bureau avec mes mains.

- Y a quelqu'un ? Youhou ?

De toute façon y a pas grand monde en position de m'engueuler, puis j'en fais pas exprès.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison. [PV Uriel.]   Dim 31 Juil - 10:45

De son côté, Uriel faisait face à un autre genre de problèmes, ayant pourtant la même cause. Il n'y a pas deux personnes identiques et donc, il n'y a pas une façon unique de pervertir deux personnes différentes. Ainsi, le marquis D'Arken avait des soucis, d'une part de dépendance à la magie du sang et, d'autre part, pour s'arrêter. Souvent, il se retrouvait au bord de l'évanouissement, lorsqu'il s'exerçait (toujours plus ou moins en secret). Parfois, il avait du mal à retenir l'envie de manipuler du sang, au point qu'il tremblait et suait, tel un alcoolique ayant besoin de son verre.

En cette belle matinée, touchant d'ailleurs à sa fin, le plus haut et noble responsable de l'Eglise de l'Ombre s'enferma dans son bureau et s'ouvrit les veines du poignet pour faire flotter du sang au-dessus de sa main. Les ombres environnantes se concentraient dans les gouttes écarlates les chargeant d'énergie sombre, obscurcissant le rouge et la vision des yeux bleus. Pas qu'Uriel perde la vue à son tour. Mais un voile rouge-noir brouillait sa vision du monde, l'éloignant de la réalité. Sa langue approchait lentement, tremblante (comme le reste de son corps d'ailleurs) de cette force qu'il avait envie de goûter. Il fut interrompu.

Normalement la porte du bureau secondaire du Haut Prêtre était inviolable par le simple fait qu'elle était sienne. Aucun de ses prédécesseurs n'eut la bonne idée d'y installer une serrure. L'essentiel des documents importants se trouvait au Palais épiscopal, sous bonne garde. Là, les armoiries de la famille D'Arken devraient suffire. En plus, un message attaché à la porte informait les passants et visiteurs que le plus grand de tous les sorciers (jusqu'à la preuve du contraire) était occupé et qu'il était déconseillé de le déranger. Cela n'empêcha en rien une masse noire et nauséabonde de débouler de faire tomber le lustre deux fois centenaire et de s'appuyer sur le bureau du Haut Prêtre en le salissant au possible.

Le sang d'Uriel éclaboussa le sol, sans qu'il puisse y goûter. Respirant avec force, il attrapa son poignet de sa main libre et se concentra, avec difficulté, pour arrêter le saignement et guérir la plaie. Ce fut horriblement frustrant, mais il finit par se calmer, découvrant que l'affreuse créature n'était pas une monstruosité échappée des laboratoires du Quartier des Avancées. Elle était... Eh bien, un produit de l'Eglise elle-même, un fruit (pourri ?) du règne d'Uriel D'Arken sur la communauté officielle magique d'Ishtar : Zélig Faoiltiarna, comte, prêtre d’exception. Un gros imbécile également. Mais là, à le voir puant et sale, le petit blond décida de faire un effort et de ne pas l'abattre. Peut-être que ce qui lui était arrivé pourrait être pertinent.

Même s'il lui gueula à la figure.

Uriel grimaça, fit claquer la porte d'un geste qui déplaça l'ombre du bois massif. Ensuite, se couvrant le bas du visage avec son foulard bleu, il adressa quelques mots à son protégé maladroit :


"Bonjour Zélig. Je suis certain que Tu as un grand nombre d'excellentes explications. Il se trouve que j'ai, pour ma part, du temps pour t'écouter. Alors recule de deux pas et Tu auras toute mon attention..."

Oui, en noble pur et dur, Uriel n'est pas tellement à l'aise avec la saleté et la puanteur dans son bureau.

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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison. [PV Uriel.]   Dim 31 Juil - 16:43

J'écoutais la voix.
Ah merde, c'est Uriel.

J'étais dans le bureau d'Uriel ! Au moins maintenant, je n'étais plus paumé comme un con, mais je découvrais que j'étais pas du tout dans le coin où je pensais être. Mais quel putain de chemin j'ai pris pour arriver là ? Je voulais pas du tout tomber sur Uriel ! Il va m'engueuler ! Remarque, c'était bien le type capable de me sortir de n'importe quelle merde, quelque part c'était rassurant. Puis il m'engueulais pas là en fait, il me disait juste de reculer un peu. Parce que je puais sans doute, même moi ça me dérangeait alors que ça faisait plusieurs heures que je marinais là dedans. J'avais plein de défaut, certes, mais je me lavais tous les jours d'habitude et je me roulais pas dans des cadavres. Enfin pas trop, et pas quand je suis en possession de tous mes moyens.

J'obéissais à mon supérieur en reculant de deux pas, même si j'étais à peine en mesure de dire mon nom. Si y a bien un truc dont je peux être sûr dans la vie, c'est que c'est Uriel qui commande. L'Empereur ? Ouais aussi, mais un peu comme la gravité, j'sais qu'elle existe et que ça compte, mais après j'lui ai jamais dit bonjour. Uriel il serait plus là, le monde dévierait de son axe, je sais pas. Le prochain Haut-Prêtre sera sans doute moins coulant avec moi en tous cas.

- Ah c'est Uriel qu'est là ? Aaah meeeerde désolé sincèrement mais euh... j'étais perdu. 'pas fait exprès.

Puis là il m'a traversé l'esprit que le bureau d'Uriel était plongé dans le noir et que j'étais rentré dedans sans frapper. Donc, j'avais interrompu peut être quelque chose ? Même moi qui était le dernier des cons je savais qu'il tapait largement dans les novices. Enfin il m'aurai p'tète crié plus dessus si j'étais arrivé en pleine bourre, ou p'tète qu'il avait caché le gamin pour faire style, quoi que c'est pas bien son genre, j'ai jamais vu Uriel désavouer qu'il est un chaud de la braguette.

- Ah merde j'arrive au milieu de que'que chose là ? Silence où j'essaye de déterminer à l'oreille si y a quelqu'un d'autre dans la pièce, j'entends rien. Nan mais on y voit comme à travers une pelle quoi.

Là ce que Uriel peut voir maintenant que j'ai reculé et redressé la tête et dont je n'ai absolument aucune idée, c'est que mes yeux sont voilés comme si j'avais une très grosse cataracte. Par habitude je scrutais les ténèbres à la recherche du visage de mon supérieur hiérarchique. Mais pourquoi il fait noir comme dans un cul là partout ? J'ai beaucoup de mal à me concentrer donc aucune solution évidente ne m'apparait, jusque là j'étais plutôt dans une angoisse diffuse et une très grande confusion, un peu comme un petit animal, mais je retrouvais un peu mes esprits.

- Nan mais y s'passe quoi ? J'me suis réveillé dans un cadavre et ça fait trente plombes que j'cherche la cathédrale comme un con en fait. Là une idée me traverse. Y a un genre de fête religieuse que j'ai oublié ?

Ouais, faudrait se foutre dans le noir ou j'sais pas quoi. Avoue que c'est con comme idée, mais c'est pas la première fois que j'oublie un truc. J'me tripote les doigts nerveusement en tournant la tête à droite à gauche à la rechercher d'une quelconque source de lumière à fixer. Tout ce noir commence à être stressant.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison. [PV Uriel.]   Lun 1 Aoû - 18:59

Si les rigoles des couloirs des sous-sols de la Prison, occupés par l'Inquisition, regorgeaient d'excréments, sang et tripes, Uriel ne pouvait vraiment pas supporter cette affreuse odeur. Zélig avait le don. Pas (seulement) celui de manipuler les ombres comme personne d'autre, celui de créer de nouvelles techniques de magie. Mais surtout celui de s'attirer les ennuis. Et celui aussi de tomber sur Uriel D'Arken, avant un autre supérieur hiérarchique. Le petit blond couvrit les premiers meurtres, encore peu maîtrisés, du grand homme noir. Il effaçait toutes les traces et il interdisait qu'on le prenne de haut ou qu'on se mette en travers de ses recherches.

Mais là, ce n'était pas la première bourde du prêtre (officiellement, toujours novice, mais simplement dispensé des devoirs de ceux-ci). Il avait déjà eu l'excellente idée de forniquer avec le Docteur Ulsperger, au sein même du Palais épiscopal. Et les bruits couraient dans la haute société, quant à toutes ses maladresses et faux-pas carabinés. Il avait la chance de disposer de pouvoirs vraiment fantastiques et intéressants. Sans parler d'un autre don, primordial pour sa propre survie : celui de découvrir, dans le plus profond de l'âme d'Uriel, des gisements, inépuisés à ce jour, de patience. Une patience à déplacer les montagnes, capable de supporter les viscères d'un cadavre moisi, du sang et un lustre cassé, le tout sur les quelques mètres carrés d'un bureau qui perdit tout son charme, presque ancestral, en quelques instants.


"Oui, je vois. L'idée de te soupçonner d'avoir manigancé cela ne m'a pas effleuré..."

Sarcasme. Et vérité. Zélig devait se concentrer pour beurrer une tartine. Planifier quelque chose de non-magique dépassait ses facultés mentales. Et il n'était certainement pas suicidaire, au point de chercher des noises à son seul supérieur. Parlant toujours au travers de son foulard, Uriel se leva avec difficulté, encore affaibli et alla ouvrir la fenêtre qui lui permit de prendre une bouffée d'air pur. Un air qui se souilla à la seconde, où il quitta ses faibles poumons, bien sûr.

Il écouta, attentivement, ce que l'autre avait à dire. Il eut du mal à saisir le sens profond de son expression, mais finit par conclure que Zélig ne voyait simplement rien. Et non seulement il faisait jour, mais en plus aucune festivité religieuse n'était ni en cours, ni en préparation en ce moment. A l'exception de l'ordination de quelques novices, prévue pour la semaine suivante. Mais rien qui nécessiterait du noir total. Se plonger dans l'obscurité n'était pas bon, tout comme de se promener au soleil de midi. Quelque peu blasé (et dégoûté aussi), s'attendant à tout, Uriel résuma la situation :


"Tu t'es donc réveillé aveugle, aujourd'hui ? Voilà qui risque de poser problème..." Il soupira. "Essaye de te souvenir. Qu'as-Tu fait hier soir ?"

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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison. [PV Uriel.]   Lun 1 Aoû - 21:55

J'attendais qu'Uriel m'explique tout, je lui avais toujours dévolu ce rôle : savoir à ma place. Donc je restais comme un con devant lui sans le voir avec l'esprit aussi occupé que celui d'une poule, si un mec était venu dedans, il entendrait certainement une petite musique d'ascenseur et ferait face au vide intersidérale. C'est pour ça que même si en terme de magie pure, j'étais celui le plus prêt à défier Uriel pour devenir Haut-Prêtre, il avait aucun soucis à avoir de ce coté là, sa fonction provoquait plus chez moi de la terreur que de l'envie, parce que ça nécessitait visiblement un cerveau en état de marche et une agilité mentale assez importante, et que bizarrement j'étais assez sage pour avoir conscience que j'étais trop con pour trouver mon cul avec mes mains dans le noir. Une qualité assez rare qui m'évitait d'avoir des discours du type « nan mais y a des cons qui », parce que je savais que j'étais minor de promo en matière d'intelligence, et être face à Uriel m'en faisait particulièrement prendre conscience, d'une parce que c'était le Chef, de deux parce que je pigeais un mot sur deux quand il parlait, y a rien de mieux pour complexer. C'est vrai qu'il cause bien, ce con, y a un début un milieu et une fin, les rythmes sonnent bien et tout, alors que moi en général je m'emmêle les pinceaux dès qu'il s'agit de donner l'heure.
Et donc, on reconnaît aussi les cons à leur capacité indiscutable de ne pas comprendre le second degré. Au sarcasme d'Uriel – dont je ne doutais pas qu'il ait fait le deuil d'avoir un subordonné intelligent – j'ai donc répondu au premier degré.

- Ben ça serait un peu suicidaire, pis « manigancer » j'sais pas ce que ça veut dire, alors j'risque pas d'le faire.

J'me doute que ça doit être vaguement en rapport avec le fait de détruire le mobilier d'Uriel en rentrant par contre. J'entendis le Haut-Prêtre se lever, et instinctivement mes yeux devenus d'un blanc laiteux suivaient la source du bruit sans la voir. Il allait ouvrir une fenêtre apparemment, j'ai entendu ça et le bruit provenant de dehors s'est amplifié, sans parler de l'air frais que je sentais. C'était loin d'être une idée conne, parce que je reflouais vraiment. J'étais assez impatient de faire la rencontre avec une baignoire d'ailleurs, j'avais encore des morceaux entre les dents, mais je ne savais pas que j'avais en fait passé du temps à manger des entrailles et à me rouler dedans. C'était un bon point ça, c'est pas le genre de souvenir qu'on aime avoir.
J'écoutais Uriel. Aveugle ? Ah oui, ceci expliquait cela, pour le coup je n'ai trouvé qu'une réplique débile, je crois que face aux plus grands drames, on se sent obligé de sortir des trucs cons.

- Aveugle et con, c'est quand même pas de chance.

Ce que j'avais fait hier soir ? Impossible de m'en rappeler, je saurais même pas expliquer présentement ce que je foutais là, pourquoi j'avais demandé à aller à la cathédrale et qu'est ce que j'espérais y trouver. Pas Uriel, parce que même si je me serais jeté d'une falaise pourvu qu'il me le demande en face – les trucs subtils comme « n'aidez pas les terroristes même si ils kidnappent votre fille » me passaient au dessus de la tête – je comptais pas trop sur lui pour être sympa, compatissant et prendre du temps pour moi. C'est pas ma mère non plus, plutôt un gars qui a le pouvoir de me faire tuer sur un coup de tête.
Je sortis mon couteau à tâtons pour l'appuyer sur la partie tendre de mon avant-bras et m'y faire une belle estafilade, je connais pas de plaie capable de résister à une bonne vieille séance de magie du sang. Je m'en barbouillais les yeux du bout des doigts et me concentra. Rien ne se passa. Pris de panique, j'appliquais le plan B, qui consistait à renouveler le plan A mais en plus fort. Je collais mon avant-bras à mes yeux, le sang coulait sur mon visage et me piquait désagréablement la rétine comme si je m'étais foutu du shampoing, mais rien ne se passa plus. J'étais surpris, je m'étais habitué à cette pharmacie magique disponible tout le temps et qui marchait très bien, mais là ça voulait pas. La réalité me heurta de plein fouet brutalement, et je me suis senti trembler sur mes jambes : je m'étais réveillé aveugle dans un cadavre, ça faisait des jours que je n'étais pas rentré chez moi et je n'avais aucun souvenir de ce qui s'était passé.

- Je... je ne me souviens pas. Sur plusieurs jours. C'est la Magie du Sang ça... prend des trucs, je crois, beaucoup.

Comme niquer avec un médecin dans le palais épiscopal, ce dont je n'avais strictement aucun souvenir, même si il m'était vaguement revenu que j'avais couché avec l'autre taré là. J'aurais jamais plus osé parler à Uriel sinon. Enfin là mon principal soucis c'était ma cécité, excuse moi de penser un peu qu'à ma gueule hein. Ce que je savais pas c'était que même si j'étais un peu plus loin qu'Uriel sur le chemin de l'auto-destruction, lui aussi commençait à verser sa dîme à la Magie du Sang. Ça ne m'aurait jamais traversé l'esprit parce que je le voyais plutôt invincible à vrai dire, j'aurais plutôt attribué les effets secondaires de la magie à une tare de ma part.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison. [PV Uriel.]   Mer 3 Aoû - 7:36

Ce qui était rassurant, dans cette situation pour le moins particulière, c'était la constance. Celle de la bêtise sans fond de Zélig. Il n'avait pas changé d'un poil, malgré le fait qu'il soit aveugle. Ainsi, Uriel se rappela de ne pas utiliser des termes trop longs et de faire des phrases simples. Uriel était effectivement conscient de la puissance impressionnante de son protégé, mais savait également qu'il n'avait rien à craindre. Dirigée par Zélig, l'Eglise ne se maintiendrait pas deux jours. D'ailleurs, l'homme noir n'avait aucune ambition politique. Il voulait manipuler les ombres et voir sa fille grandir.

Le Haut Prêtre actuel, quant à lui, n'avait rien contre la concurrence. Les combats à mort lui manquaient. Et il était hors de question de laisser son poste à un second choix. Si quelqu'un devait lui succéder, c'était après l'avoir vaincu en duel. Ainsi, on pouvait être certain que l'Eglise serait dirigée par quelqu'un de fort qui saura remonter, encore et encore, le niveau des dirigeants... Hélas, pour le moment, personne ne semblait s'approcher de ce niveau. La plupart des hauts dignitaires était là parce qu'ils savaient écrire et avaient des relations. Zélig était plus fort que les trois quarts du clergé dirigeant réunis. C'en était dégoûtant, tellement ils étaient faibles. Certains jeunes clercs étaient certainement prometteurs... Mais là, aucun ne faisait le poids.


"Oui, Tu as raison."

Alors que l'air frais venait rendre à Uriel l'envie de vivre et de laisser vivre son entourage, le petit blond méditait le problème de cécité chez son confrère. Si effectivement la magie du Sang était à l'oeuvre, il semblerait que le prix à payer pour ce pouvoir puisse être plus élevé que la fatigue... Bien entendu, il se pourrait aussi que Zélig se soit roulé dans une substance chimique quelconque, traînant, inconscient, dans le Quartier des Avancées. Cette possibilité était... préférable pour le marquis. Le comte en face de lui tenta de se guérir. S'il parvenait à se guérir, il prouverait sa supériorité, face à Uriel... Ce dernier refermait des blessures avec beaucoup d'adresse. Mais, malgré quelques efforts de sa part, ni handicaps, ni maladies ou poisons, ne cédaient sous sa volonté. Si pour les poisons, il était persuadé qu'il lui serait un jour possible d'agir (ne sont-ils pas dans le sang ?), la cécité lui semblait au-dessus de ses propres moyens.

Elle était également hors de la portée de Zélig, manifestement. Il attribuait son état à cette force qui était désormais la leur. Personne d'autre, à la connaissance du Haut Prêtre, n'était capable de manipuler le Sang. Le blond resta silencieux, analysant la situation. Il arriva à la conclusion qu'il n'y avait rien à faire et qu'il ne pouvait que redoubler de vigilance lors de ses entraînements. Avec un peu de chance ses yeux seraient épargnés. Sans oublier le fait que sans yeux, un prêtre se retrouvait dans les ténèbres les plus absolues... Une horreur inimaginable pour ceux qui ne supportaient ni la lumière ni son manque... Une torture qu'il ne voulait absolument pas subir.


"Hum... Peut-être que cela s'estomp... ça passera, de même que la fatigue."

Oui, pas de mots compliqués. Après tout... Le repos restaurait les forces des prêtres... Qui sait ? La vue allait peut-être revenir à Zélig également.

"En attendant, Tu vas rester au Monastère, où on va te laver et soigner tes blessures. Hors de question que Tu te promènes en ville dans cet état. Compris ?"

Ah oui... Un prêtre qui ne voit pas, mais sent toujours, les ombres peut être dangereux. Et la puissance de Zélig était grande. Il valait mieux le garder à l'abri. Sans oublier qu'Emile Paole avait un sens de l'humour tout à fait particulier.

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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison. [PV Uriel.]   Mer 3 Aoû - 10:08

Non seulement j'étais con comme un balais, mais je venais de m'apercevoir que j'avais perdu la vue, ce qui augmente pas particulièrement la concentration. De plus, j'étais avec Uriel, ce qui a tendance à pousser légèrement à la paranoïa. Il est pas tellement du genre rassurant, enfin tu peux pas te projeter toi. Imagine qu'un mec ait pouvoir de vie et de mort sur toi, et qu'en plus il est un peu caractériel. Pas intérêt de l'énerver donc, mais moi je sais que mentalement j'tiens pas la route, et je sais aussi que ça énerve Uriel que j'sois con comme un meuble, j'veux dire, ça doit être frustrant, si j'savais lire et compter plus que mes doigts, bah j'pourrais faire plein de trucs en plus de la magie, au lieu de ça c'est les trous du cul qui savent à peine pousser une chaise avec les ombres qui dirigent et moi j'fais majoritairement de la merde, mais j'la fais avec classe. Donc avec la cécité par dessus, je me sens très vulnérable. J'aimerais bien être ailleurs et pas être tombé sur ce corniaud là. Enfin j'me plains, mais si j'avais croisé Émile, comment j'en aurais chié... enfin note bien que c'est pas fini, il n'est pas impossible qu'avant la fin de la journée, Uriel me pousse dans un escalier. On dirait pas comme ça, mais j'ai bien conscience d'user les patiences, le problème c'est que je sais pas comment l'éviter. Alors je tremble.

- Ben j'comprends pas j'arrive à guérir les conneries du genre d'habitude. L'autre jour j'me suis occupé d'un bras cassé dis.

J'cause de ça à propos de mes yeux. Nan mais c'est comme le reste hein, y a des trucs Uriel il y arrive comme un chef et moi pas, et vice versa. Et j'saurais pas t'expliquer pourquoi. Genre lui il fait bouillir le sang dans les veines, j'y arrive pas moi, ou le faire léviter, ou des conneries du genre. Te faire vitrioler la gueule avec ton propre sang, ça doit pas être la fête en tous cas, je fais pas des trucs aussi vicieux. Enfin j'aime bien pouvoir guérir, c'est... gentil. J'ai pas l'habitude de pouvoir faire des machins moraux comme ça, c'est frais, inédit quoi ! … mais c'est quand que j'me suis occupé d'un bras cassé d'ailleurs ? J'me souviens l'avoir fait, avoir posé ma paume sanglante sur une fracture ouverte, mais le contexte et tout, c'est le trou noir.
Enfin là c'est le cadet de mes soucis, la cécité m'emmerde plus, tu comprendras hein. D'ailleurs ça m'emmerde tellement que je dis ce que je pense sincèrement depuis quelques temps.

- Enfin les conséquences de l'utilisation de la magie du sang bah ça fait quand même un putain de cre-machin... de... bordel de merde, enfin ça empire quoi. On devrait peut être... arrêter je crois, avant de claquer quoi.

Oh mon dieu ça y est je vais mourir. Je fais pas un très bon fanatique, j'en ai peur, je réfléchis pas assez pour ça, j'arrive pas à justifier mes actes correctement, je ne vois que le fait que je suis aveugle, que c'est peut être temporaire mais que c'est loin d'être certain et que ça le faisait pas avant. Je perds la mémoire, je tue des gens sans m'en souvenir et je dors dans leurs tripes putain ! Je me transforme en monstre ! Je perds la boule !
Je sais pas si Uriel s'en soucie de mourir, mais moi ça me travaille, surtout que ça a l'air d'arriver sans aucune dignité, claquer après avoir bouffé et baisé une pute vivante, voilà, paye ta classe quoi. Puis j'ai pas envie de mourir, de toute façon, avec classe ou pas. Mais Uriel sera sans doute pas capable d'entendre ça. C'est bizarre, ça m'arrive pas souvent, mais là j'ai une certitude qui s'ancre bien : je ne veux pas mourir, pas comme ça, je ne veux pas finir dans un hôpital de bourge avec une chemise qui s'attache dans le dos non plus en me bavant dessus. J'ai sans doute tort.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison. [PV Uriel.]   Mer 3 Aoû - 21:05

Un bras cassé ? Impressionnant. Zélig était bien trop bête (et avait une trop mauvaise mémoire) pour mentir. De plus, il n'avait aucune raison de le faire. Ainsi, Uriel croyait ses paroles, sans les remettre en doute. Il sourit. Il était donc possible de pousser la guérison plus loin. Parfait. Alors, il allait s’entraîner, encore et encore. La Prison de la Capitale ne manquait pas de sujets d'expérience. Des fractures, il y en avait une bonne dizaine par personne en moyenne, les plaies infectées étaient également plus nombreuses que les occupants des cellules. Il suffisait d'entrer et de se concentrer. Le plus facile était de cicatriser une blessure. Cela, il le réussissait à tous les coups... Le reste, il fallait bien le découvrir. A terme... Pourrait-il rallonger sa propre vie ? Guérir ? Renforcer son corps se faible ? Une idée merveilleuse qui était loin de se réaliser. Mais le fait que Zélig arrive plus loin que lui était prometteur. L'espoir naissait, qu'un jour, Uriel dépassera son protégé pour guérir des maux plus complexes que des entailles...

Soudainement, la température dans la pièce baissa. Les paroles de l'aveugle eurent un effet foudroyant sur son supérieur. Uriel D'Arken n'en croyait pas ses oreilles. Il avait pris Zélig sous sa protection, à cause de son amour pour la magie, pour son dévouement à l'Eglise et à l'Ombre... aux ombres aussi... Et là, il l'entendait dire qu'une recherche sur les pouvoirs occultes devrait être stoppée. Il n'arrivait vraiment pas à le croire. Écarquillant les yeux, le blond retomba sur sa chaise. Petit et léger, il ne fit aucun bruit ou presque. Mêlant les doigts de ses deux mains, le petit homme serra les deux aussi fort qu'il pouvait pour contenir sa colère grandissante. Les ombres autour tremblèrent à deux reprises. Puis, sur un ton glacial, il répondit :


"Arrête alors."

Oui... Après tout, si quelqu'un désirait devenir faible et minable, reculer devant un danger, refuser une connaissance, il pouvait le faire. Nulle loi de l'Eglise n'imposait à un prêtre d'en forcer un autre à se perfectionner. Chacun devait le faire pour lui-même et pour l'Eglise. Pour que l'Organisation regorge de sorciers puissants et meurtriers. Pour que chacun tente de devenir le Haut Prêtre. Idéalement. Si tous ne devraient pas toucher au Sang, Uriel était horriblement déçu que son plus fidèle compagnon de recherche veuille reculer. Pas qu'il se sente abandonné. Il n'a jamais eu besoin d'avoir une seule personne de confiance pour monter en puissance. Zélig était vaguement remplaçable, comme allié. Surtout maintenant qu'ils avaient découvert le concept de la magie du Sang. Chacun pouvait s'améliorer de son côté. Mais lui, le tout-puissant Haut Prêtre, voyait quelque chose ne pas se passer comme il l'avait prévu. Sans parler du fait que ce comportement, de la part de son interlocuteur, était parfaitement imprévisible. Ça échappait à son contrôle et c'était donc plus que déplaisant.

Dans un élan de fureur, Uriel frappa des deux mains sur le bureau et, dans la foulée, se leva, avant de hurler (dans la mesure de ses faibles capacités vocales et pulmonaires) :


"Je n'abandonnerai jamais ! JAMAIS, Tu m'entends ?! Nous avons retrouvé une force inutilisée depuis des siècles et Toi, Tu veux abandonner ?! Fais-le ! Fais-le donc, si Tu as peur, si Tu es trop faible ! Moi, je ne le ferai jamais ! Je veux comprendre, je veux m'améliorer ! Ce pouvoir a une valeur inestimable, pauvre imbécile ! Pauvre imbéci..."

Sa voix faiblit et il s'assit à nouveau, pour tousser cette fois et pour reprendre son souffle. Les discours étaient une chose, les cris mal préparés en étaient une autre. Ses yeux ne quittaient pas l'objet de sa colère pour autant. Il avait mal dans la poitrine, mais il continuait à lancer ce regard mauvais... Sa colère était toujours là, il était furieux. Son corps n'arrivait juste pas à suivre.

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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison. [PV Uriel.]   Jeu 4 Aoû - 3:01

Pour une fois dans ma vie, j'avais une idée qui me tombait dessus et j'essayais d'aller au bout. Ce qui m'aidait beaucoup, c'était de ne pas voir la mine furieuse d'Uriel. En fait comme je ne le voyais pas, j'avais les yeux vaguement tournés vers un point au dessus de sa tête. Comme un bon petit connard de prêtre très puissant, je sentais qu'il faisait frémir les ombres, mais de toute façon il le faisait toujours quand il était en colère, même pas besoin de ça pour le savoir. J'ai entendu qu'il voulait bien que j'arrête, même si il le disait d'une voix glaciale, ça m'a surpris, j'aurais plutôt pensé qu'il m'aurait gueulé dessus, mais c'est vrai que la situation était totalement inédite, j'avais jamais dit non à quelque chose.

Mais j'aurais dû me douter que c'était un genre de feinte, parce que j'entendis ses mains claquer sur le bois de son bureau et lui qui se levait pour se mettre à gueuler à plein poumons. Ce qui faisait un peu peur aussi, c'est d'entendre combien ça lui coûtait, niveau poumons et tout, je l'entendais qui reprenait difficilement sa respiration à chaque fois, comme si il puisait trop, et la voix grelottait un peu. Uriel avait l'endurance physique d'une petite vieille, c'était pas nouveau ça, mais ça me surprenait à chaque fois parce qu'en général il se débrouillait pour être classe même sans ça. A la fin de son engueulade, j'ai entendu sa voix faiblir et une quinte de toux déchirante le prendre. On sentait bien que ça lui raclait les poumons en profondeur, limite j'avais peur de recevoir des morceaux sur la tronche.

Mais le sujet de sa diatribe, c'était qu'il m'affirmait sa foi en sa magie et que j'étais qu'un con d'y renoncer. Un con faible, en plus. Y avait que Uriel qui pouvait arriver à me faire croire ça venant d'un petit bonhomme qui pouvait dire coucou à mon nombril sans se baisser. Je supportais le sermon assez stoïquement, sans savoir si afficher de la crainte ou de la soumission diminuerait sa colère. Sans doute pas. Puis comme je n'étais pas d'accord, j'avais envie d'expliquer des trucs plus que de m'écraser, c'était assez inédit ça. Et j'étais même pas sûr d'avoir raison ! Je crois qu'on appelle ça « une opinion », et j'avais envie de défendre la mienne. Surtout que plus j'y réfléchissais, plus je trouvais de bonnes raisons de ne pas continuer à pratiquer la magie du Sang. Donc j'essayais de parler sans avoir l'air trop inquiet, exercice pas évident face à un Uriel furieux, mais j'espère encore m'en sortir intact là.

- Bah justement, si c'était plus utilisé du tout, ça doit pas être trop pour rien.

Bon, j'm'y connais pas trop en histoire impériale, mais on m'a toujours dit que « c'était mieux avant », je suppose que les sorciers sont inclus dans le lot. Alors pourquoi dans ce cas ils ont pas continués à pratiquer la Magie du Sang. Ça me perturbe quoi, qu'est ce que Uriel a lu dans ses bouquins, même pas un petit avertissement ? C'est là que j'aimerais bien savoir lire, un peu, j'pourrais regarder moi même. Enfin j'vais pas m'y mettre maintenant, c'est trop dur.

- Mais regarde toi ! On dirait une petite vieille ! Et ça fait que quelques mois qu'on pratique là ! D'ici le prochain Equinoxe, on va être en fauteuil roulant à bouffer des cadavres sans plus savoir notre nom ! Elle aura une belle gueule la force de l'Église tiens.

Oui mais pourquoi je m'énerve là hein ? Tu te souviens que un post plus haut, j'ai utilisé la magie du Sang ? Bah voilà, j'commence à sucrer les fraises, mes dents ont poussés, un petit peu. J'l'aurais utilisé un peu plus, là j'essayerais d'égorger quelqu'un pour me détendre. Enfin j'aurais jamais comparé Uriel à une petite vieille sans ça.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison. [PV Uriel.]   Ven 5 Aoû - 19:01

Une chose surprenante arrivait. Quelque chose qui n'était pas encore arrivé, depuis que les deux hommes se connaissaient. Zélig, comte Faoiltiarna tenait tête à Uriel, marquis D'Arken pour sa part. Le petit blond cessa de tousser. Son interlocuteur ne s'écrasait pas. La surprise était si grande que lui, qui parlait toujours avec une telle habilité, ne dit rien. Ses yeux bleus fixaient Zélig, si perplexes qu'il n'était même pas sûr s'il devrait se mettre en colère plus encore ou non.

Uriel rencontra plusieurs personnes dans sa vie, capables de le contredire, de le convaincre de leur avis ou de simplement lui répondre "non" et l'envoyer se promener. La plupart d'entre eux étaient sénateurs. L'Empereur, bien sûr, était en mesure de le contrer à chaque instant. Mais ces gens n'étaient pas nombreux et ne passaient pas tous leur temps à lui mettre des bâtons dans les roues. Tout ça pour dire qu'il n'avait pas vraiment l'habitude qu'on se dresse aussi ouvertement contre lui et qu'il ne puisse tuer ou torturer son opposant d'un claquement des doigts. Bon... il pouvait faire subir à Zélig ce qu'il voulait. Mais cela ne serait pas convenable. Alors, il le fixait, sans trancher pour l'une ou l'autre possibilité.

Finalement, il reprit la parole, plus calme, mais uniquement pour ne pas perdre conscience, là tout de suite. Sa respiration était encore saccadée et la sueur perlait sur son front, alors qu'il gesticulait.


"Elle n'a pas été utilisée parce que notre Sainte Eglise était dirigée par des faibles ! Des guerriers, des combattants au service de l'Ombre l'ont fondée ! L'Eglise devait faire la guerre aux ennemis de l'Empire, produire des orphelins, pas s'en occuper ! Maintenant, nous avons les moyens de le faire, mais il ne faut pas oublier que nous sommes là pour être aussi puissants que cela est possible ! Tu vas comprendre ça, oui ou non ?"

Quant à sa santé... Oui, elle était faible. Oui, on pourrait l'assassiner avec un cure-dents. Mais s'il pouvait vraiment contrôler les âmes des faibles autour de lui ? Il était déjà capable de tuer de diverses façons d'un seul geste. Et ses pouvoirs ne cessaient d'augmenter. Si quelques années de sa courte vie devaient en être le prix, cela n'avait pas d'importance. Nul ne pourrait s'opposer à un plus grand nombre de mages du sang. Il suffirait de les entraîner et d'en devenir l'icône. Chose facile, sachant qu'il n'y avait personne pour manipuler le sang mieux que lui et Zélig. Personne de vivant, en tout cas. Et il maudissait tous ces fous qui ont osé proscrire ce domaine obscur de l'Art des ecclésiastiques. Depuis tous ces siècles, leurs pouvoirs de guérison devraient être indescriptibles. Or, il pouvait juste ressouder des plaies. Zélig, des os. Pas très impressionnant.

"Quelle importance, si c'est pour vivre en faible et frustré de ne pas posséder cette puissance ? N'est-il pas écrit que nous devons nous perfectionner sans cesse ? Tout le temps..."

Il le fixait encore, plus calme, mais toujours prêt à bondir pour tenter d'assassiner son interlocuteur aveugle.

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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison. [PV Uriel.]   Ven 5 Aoû - 21:41

Il y a un silence qui s'installe, pendant lequel je me fais violence pour ne pas danser d'un pied sur l'autre avec l'air gêné comme un con. Et c'est marrant, je m'écroule pas non plus en hurlant « noooon je suis aveuuugle », trop crevé pour ça sans doute. Puis Uriel a dit que ce serait peut être temporaire, j'espère, j'y crois même. J'peux pas être atteint de cécité définitivement, c'est pas possible. C'est trop euh... méchant ?
En tous cas le ton monte et je suis toujours aveugle, épuisé et couvert de merde. Un combat qui se profilerait aurait une fin assez prévisible : mon corps brisé dans une flaque de sang. Mais je suis trop fatigué pour avoir peur correctement, j'ai juste envie que tout s'arrête, que je retrouve la vue et que je ne me réveille plus dans des cadavres. Ça devient même un sacré impératif, je suis dos au mur, ou en train de marcher droit vers un précipice, prends l'image que tu veux. Il faut que tout s'arrête.

Uriel m'explique que l'Église a été fondé par des guerriers sanguinaires blah blah blah... oui je le sais ça, comme je connais les Ecritures par cœur. J'ai suivi des cours moi aussi pendant mon noviciat, et si j'sais pas lire j'sais à peu près écouter, surtout si on te menace de te faire enfermer dans une cave dans le noir avec des types louches si tu sais pas le bazar à la fin. Mais bref. Moi je crois que c'est par sagesse que ces « grosses fiottes d'anciens dirigeants » ont lâché l'affaire. Je crois même pas qu'il est possible qu'ai existé un jour un Haut-Prêtre du genre prudent, et pourtant, la Magie du Sang a été abandonnée, jusqu'à ce que Uriel tombe dessus. Je me souviens de l'époque où on zigouillait des gens avec enthousiasme en cherchant cette magie, si j'avais su... j'aurais p'tète brûlé les livres, je sais pas, mais par fidélité hein ! Ça aurait préservé un tas de prêtre. Bon, tu vas me dire, là on est deux à pratiquer la magie du Sang, mais dans le futur, même si j'abandonne l'Église pour aller élever des poules, il restera des crétins pour se suicider à petit feu.

Je passe ma langue sur mes dents, elles me dérangent un peu, mais ça explique maintenant les cicatrices que j'ai sur les lèvres. Avec un four comme ça, j'ai pu me mordre sans faire exprès. Sinon il a parlé d'orphelin Uriel, mais j'arrive pas à capter de quoi il cause. Dans le doute, j'vais le prendre pour moi, parce que j'ai été abandonné à l'Église. Je savais pas qu'il était au courant, voire même qu'il s'en souciait. Bof, peu importe.

- J'suis pas faible, et j'ai pas glandé pour l'Église non plus. Insinue pas ça, ça irait plus vite faire de me cracher à la gueule sérieux.

Ouais là il me parle de ses dirigeant tout mous, je m'en fous moi. Sérieux, en vingt cinq ans, j'ai pas prouvé genre un millions de fois que je pouvais faire beaucoup ? Je rajuste machinalement les bracelets de force volumineux que j'ai aux poignets, qui cachent de grosses cicatrices, des mutilations volontaires. J'ai beaucoup donné, je dois être le mec qui a le plus reconstitué de sang dans l'univers. On peut pas dire que je suis un faible pas dévoué, c'est ma seule utilité dans ce monde, le seul truc qui me fait avoir un peu d'estime de moi.

- Mais j'crois pas que l'Église sortira plus puissante avec un tas de prêtres morts ou fous. La magie du sang, ça a l'air joli et puissant de loin, mais comme un putain d'incendie. Genre ça coûte plus cher que ça rapporte quoi.

Puis je me mets à lécher avec application le sang qui coule de la plaie précédemment faite, sans réfléchir, sans avoir conscience que c'est en totale contradiction avec mes propos précédents. Ma langue se rallonge pour aller cueillir une goutte qui coule un peu trop loin. J'y mets une volupté évidente. Puis je relève les yeux dans une direction vague où je pense que se trouve Uriel et je gronde, parce qu'il me fait chier et que c'est la façon la plus évidente de le signaler.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison. [PV Uriel.]   Mer 17 Aoû - 16:16

La colère bouillonnait encore dans l'esprit du petit homme. La seule personne connue, l'Empereur mis à part, capable de lui tenir tête dans un duel, était en train de refuser son autorité, de remettre en question tout ce qu'il disait... N'était-ce pas au Haut Prêtre de montrer la voie à ses fidèles ? A ses subalternes ? Si quelqu'un n'est pas d'accord, il n'a qu'à demander Uriel en duel et prendre sa place s'il y arrive... Sinon, la loi est claire : on la ferme et on obéit.

Seules les Écritures sont inviolables. Mais personne n'a eu l'idée de mentionner la Magie du Sang comme quelque chose à éviter. Certains mettaient en garde et parlaient des Haut Prêtres capables d'accomplir des prodiges plus grands encore qu'une guérison à un prix souvent si élevé que personne ne pouvait le payer deux fois... D'autres vantaient justement lesdits prodiges et invitaient les lecteurs à perfectionner cette science. Dans sa folie et sa soif de pouvoir magique, le blond négligeait des avertissements, même s'il était parvenu à se préserver de la cécité ou d'autres handicaps aussi désagréables. Certes, sa santé déclinait... Mais cela pourrait être pire. Lui qui ne devait pas fêter ses cinq ans, en avait bientôt trente de plus. Un bon score, sachant que seule sa soeur était encore en vie en ce moment. Enfin, il le supposait.


"J'ai envie de te tuer."

Uriel fit cette déclaration, sans bouger de la fenêtre. Soudainement détaché, à croire qu'il ne maîtrisait pas du tout le flot d'émotions qui le submergeaient. En toute franchise, sans détours ni mots compliqués, il le dit comme s'il informait Zélig qu'il s'en va chercher un pain à la boulangerie du coin. Il n'était pas question de suprématie sur l'Eglise ou d'insulte grave à l'honneur du marquis. Aucun rapport avec une haine particulière, ni même avec la folie liée à la Magie du sang. D'Arken avait juste une profonde conviction que son malaise psychologique cesserait d'un coup, si jamais le coeur de Zélig cesserait de battre. Et il avait une furieuse envie de l'arrêter, ça le démangeait. Quelque part, il savait qu'il le regretterai et que son interlocuteur, malgré ses paroles, était un homme fidèle, bien que stupide. Sans parler du fait qu'un cadavre déchiqueté et couvert d'excréments dans son bureau serait une nouvelle source de rumeurs. Alors qu'un Zélig vivant, si sale soit-il, resterait une chose normale, si naturelle que personne ne s'y intéresserait.

Le Haut Prêtre passa sa main sur son visage. Les temps étaient durs, plus encore qu'on ne pouvait se l'imaginer. Un soupire franchit ses lèvres pâles, avant ces quelques nouvelles paroles :


"Je suis fatigué, Zélig. Vraiment fatigué. Sors. Sors et demande à ce qu'on t'aide à te laver et à te reposer. Fais donc ce que Tu veux de tes pouvoirs. Abandonne-les et passe tes journées à jouer avec ta fille. N'oublies juste pas de préserver le secret. Ou c'est moi qui vais jouer avec elle... Est-ce compris ?"

Il s'affala sur son siège, vraiment las. L'odeur, l'émotion, son petit jeu avec son propre sang interrompu, une tache rouge-noir sur le sol,... Le corps du Haut Prêtre perdait en résistance. Sans parler de sa colère qui hurlait au meurtre, dans une enveloppe charnelle trop faible pour que ça se voit vraiment. D'ici quelques instants, il allait se sentir assez bien pour marcher jusqu'à son Palais... Ce n'était pas loin, après tout. Et là, il dormirait un peu et se ferait masser par Otto. Peut-être qu'il discuterait un peu avec lui ou avec Sacha... Hum... Oui. Mais le sommeil avant tout. Il murmura encore, d'une voix presque inaudible :

"Dehors."

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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison. [PV Uriel.]   Mer 17 Aoû - 18:20

Je n'avais pas peur. C'est curieux, d'habitude en face d'Uriel je me sentais pas très bien, jamais l'esprit tranquille, à fortiori si il disait « j'ai envie de te tuer ». Je ne me croyais pas plus fort que lui, oh non, et encore moins aveugle, mais là je venais de finir de lécher le sang qui dégouttait de la plaie, la laissant béante, rose, irritée et brûlante de douleur, mais vierge de sang. Juste un peu de viande à l'air. Disons que la magie du sang dans ma façon de la pratiquer, c'était un peu incestueux. Mon sang à moi, ma part d'ombre, ça faisait un putain de... un putain de merdier, voilà. Difficile de faire dans la description précise quand on utilisait une magie presque inconnue et potentiellement illimitée dans ses effets.
En fait, si tu veux une belle image pour résumer le truc, je m'étais mis un gros tas de TNT dans le cul et j'étais en train d'attendre le feu d'artifice pour faire un vœu.

Et la magie, je sentais qu'elle était là, j'étais « blindé de mana » si tu préfères. Ça faisait battre mon cœur brutalement plus fort, comme si j'avais sauté dans l'eau froide, je me sentais saisi, et plus vif. Ça déglinguait aussi soigneusement ma raison, j'avais plus faim, plus envie de dormir... et plus envie de tuer Uriel. Aussi simplement que ça. Je n'avais pas envie qu'il meurt, j'avais envie de lui sauter dessus et de casser son petit cou blanc entre mes mains. Une brutale décharge de force physique, sentir ses os craquer et résister sous mes doigts, et l'entendre gémir d'appréhension. Un gros voile rouge tombant sur mon cerveau, serrer les dents en serrant les mains, et ensuite une vague d'émotion énorme tandis que le cou se plie sous un angle totalement inédit.
Et après sans ce serait l'affolement sur ma gueule, sans doute, mais je ne réfléchis pas si loin, là je suis dans un mode de réflexion sur l'immédiat. Uriel. Cou. Serrer. Mort. Il en faut de la force pour briser des vertèbres !

Mais il me dit de me casser. Je me sens... déçu. Je plie et déplie mes mains, l'idée de sortir sans avoir tué quelque chose me déplaisait. La Magie du Sang, quand je te disais que ça me rendait vraiment con, c'est pas une image, mais c'est qu'à jouer avec le feu on se brûle, et je faisais n'importe quoi de la magie, je suis sûr qu'un Ancien aurait dit « oh là là attention, jamais boire du sang quand on pratique la magie, ça rend fou », mais j'le savais pas, ou peut être que ça venait de moi et pas de la magie, va savoir.

- Quelle fille ?

Enfin peu importe, peut être que j'en avais une, pour ce que j'en savais. En fait j'avais jeté Inanna dans le fleuve auparavant, et des terroristes l'avaient repêchée, mais je ne m'en souvenais pas. J'avais vu le grand idiot plonger à la poursuite de Mist et de ma fille, mais je m'étais barré en courant ensuite et m'étais perdu dans la capitale de longs jours. Plein de jours. Enfin peu importe. J'ai retroussé mes lèvres sur mes dents qui prenaient soudain trop de place pour que je maintienne la bouche fermée, puis j'ai grondé. Je saignais des gencives. Comment c'est possible de changer son corps avec la magie du Sang ? Ce que je sais, c'est qu'avec des dents de paisible omnivore vivant de fruits en haut d'un arbre et d'oiseau les jours de fête, on allait pas bien loin. Autre problème : je m'étais mis à adorer le cannibalisme. La viande pleine de sang, la mort sur ma langue, avec l'Ombre et la force qui va avec. Je me réjouissait déjà de la mort des gens avec mon sort personnalisé, maintenant ça avait pris une dimension plus intense, avec des crocs.

Je sautais sur Uriel, pour le tuer. Pas par vengeance, pas par avidité de pouvoir, pas par crainte de lui ni par fanatisme, juste l'envie de faire craquer son petit cou blanc. Avec les dents. Je l'entendais respirer péniblement, je savais où il était dans la pièce et mon cerveau n'était plus qu'un gros tas de réflexe et de faims. J'allais l'égorger.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison. [PV Uriel.]   Jeu 18 Aoû - 18:44

Affalé, Uriel n'entendit pas la question de Zélig. La question qui fut aussi sa seule réponse aux propos du Haut Prêtre. Une main sur le visage, le petit blond ne regardait même pas son subalterne. Il constata donc avec un peu de retard que le grand noir n'était toujours pas sorti. Il allait déjà réitérer son ordre, quand il constata, au travers de ses doigts, que Zélig tremblotait légèrement. Au moment, où il percutait, l'autre se jetait déjà sur lui, les dents en avant, comme une bête sauvage. Sa main, si proche de son visage et donc prête à agir, lui sauva la vie.

Imitant une claque, Uriel bougea juste assez d'ombres que pour gifler Zélig et tourner sa tête. Les crocs sur le côté, restait le problème de la masse. Une masse qui s'abattit sur le frêle petit corps du marquis, le clouant à son siège et renversant ce dernier. Le dossier se cala contre le mur, dans une position précaire. Un bras coincé entre les deux poitrines, Uriel n'en avait qu'un pour manœuvrer, alors que l'immense sorcier, sale et puant, l'écrasait en bavant sur lui. La magie du Sang serait d'une grande utilité, mais les deux hommes y étaient invulnérables. Si le comte semblait avoir abandonné l'utilisation de la magie, il fallait reconnaître que ses muscles suffisaient pour tuer trois Uriels d'un seul geste.

Le temps qu'il se redresse (oui, sans espace pour écarter les bras ou tourner la tête, aucune possibilité de mordre ou frapper), Uriel fit un geste rapide, attirant à lui tout ce qu'il y avait en matière d'ombres à portée de sa volonté. Il avait vraiment envie de s'en sortir. En même temps, sa faible poitrine se regonfla redonnant de l'espoir à son organisme meurtri. L'énergie circula et forma un bouclier entre les deux. Le prochain coup fut paré. Les lèvres d'Uriel bougeaient toutes seules, récitant les Ecritures, l'aidant à se concentrer sur autre chose que la douleur qu'il éprouvait à la poitrine et la surprise que cette attaque, pour le moins sauvage, avait provoquée.

Il écarta les bras et les rapprocha d'un coup sec. Son bouclier se transforma en voile qui alla à la rencontre de Zélig et le cloua au mur, l'immobilisant complètement. Il fallait au moins ça... S'il se souvenait qu'il peut également lancer des sorts contre Uriel, ce dernier ne tiendrait pas le coup dans son étant. Mais les muscles... Cela il pouvait encore en venir à bout. Facilement. Enfin... tout est relatif. Les bras tendus, maintenant ses ombres, Uriel approcha de son subalterne et l'examina. Il semblait... grand. Plus que d'habitude, même pour Uriel qui ne faisait pas la moitié de son poids et difficilement les deux tiers de sa taille... Il était plus gros... Se rapprochait encore plus de l'animal. Ses dents étaient les plus surprenantes... Elles avaient grandi ! Ombre ! La Magie avait vraiment transformé cet homme en quelque chose de... plus fort ! Il n'y vit que cela... Zélig était plus fort. Nul doute que cette dentition pourrait arracher une tête humaine ou laisser des empreintes dans de l'acier.

C'était... prodigieux.

Une nouvelle découverte ! Si on affirmait à Ezhekiel qu'il y a un autre contient dans une telle direction, l'Empereur se lancerait à sa conquête, sans regarder les frais ou les risques. Uriel venait de découvrir son contient à lui : un aspect de la magie de plus. Un domaine à maîtriser, à comprendre, à saisir... Et l'existence d'un nouveau domaine impliquait qu'il puisse y en avoir d'autres encore ! Le petit blond recula, s'appuya contre une étagère et se laissa glisser au sol, épuisé. Repliant ses genoux, il relâcha Zélig. Puis, le plus naturellement du monde, il se mit à rire... A rire de bon coeur, d'un rire franc et dément, joyeux et sinistre, vu la situation...


"ha... Ha... Haha... HAhahahahahahahahahahahahhaha... !!"

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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison. [PV Uriel.]   Jeu 18 Aoû - 20:28

J'agitais mes mâchoires dans le vide, je m'étais mangé une grosse beigne dans la gueule en ombre, et ça avait déporté ma tête sur le coté, et surtout mes dents. Le problème de leur taille, c'est que ça les rendait pas facilement manipulable, ça me faisait prendre du poids par la tête et j'en avais peu l'habitude. Écrasé contre Uriel, je devais reculer un peu avant de réessayer de le manger. Je frappais à nouveau, après m'être appuyé sur mes bras pour m'éloigner de la chaise – j'aime bien faire des pompes de façon générale. Mes dents claquèrent dans le vide à cause des ombres d'Uriel et cela me fit mal. C'est fragile, des dents, et c'est sensible aussi, en les claquant ainsi je me faisais bien mal. Quand elles étaient pointues et longue comme ça, c'était d'autant plus facile de les casser comme des brindilles, alors qu'une bonne vieille molaire, vachement moins. Le coup résonna dans mon crâne, et Uriel m'envoya des ombres qui me projetèrent contre un mur.

Je voulus me dégager, mais tout en instinct je ne pensais pas à la magie, qui demandait un minimum de concentration. J'oubliais même qu'elle existait, puis qu'en l'état je me sentais parfaitement capable de me trouver des proies, sauf cette masse contre ma poitrine, agaçante qui m'empêchait de bouger. Je sortis des griffes, mais ce fut insuffisant pour me libérer.

- 'â'e 'oi 'or'el'.

Il ne le fit pas, enfin pas tout de suite, il vint d'abord m'examiner de plus près tandis que je faisais claquer mes mâchoires vers lui. Mes griffes labouraient le mur en y laissant des sillons. C'était une vision assez terrifiante parce que plus la transformation durait, plus j'avais un four comparable à celui d'une baudroie et ça, ça pouvait foutre les boules aussi. Enfin pas à Uriel, jamais, parce qu'il m'a relâché et s'est mis à rire, je l'ai entendu. Mais pourquoi ? En plus grâce au bruit je savais où il était, alors qu'il m'aurait fallu une éternité si seulement il avait fermé sa gueule.
J'allais le tuer, voilà, j'allais le bouffer, fini, rideau. Accroupi au sol, je feulais dans sa direction pour indiquer mes envies belliqueuses. Puis non en fait.

Un bruit dans le couloir, qui approchais, j'arrêtais de feuler et je tournai ma tête aveugle dans la direction de la porte. La porte s'ouvrit, quelqu'un entra. Vu le pas, il était plus gros qu'Uriel, et sans doute moins compliqué à manger. Je sautai dessus, et plantai vigoureusement mes crocs dedans. C'était une femme, et elle avait eu le mauvais goût de se décaler un peu, de sorte que je ratais totalement sa jugulaire et me retrouvais arrimé à son épaule. Elle hurla. Je lui avait peut être détruit l'épaule, mais rien de vital avec été touché, à peu de chose près, trop haut pour les poumons et le cœur. Je tirais, mais ça ne venait pas aussi vite que je voulais, alors j'l'ai éventré avec mes pieds en plantant mes griffes de pied – ouais entre deux j'ai défoncé mes bottes, mais c'est dur de faire dans de la bonne description quand on a un physique à géométrie variable. J'ai pédalé comme un chat, mais en plus gros, du coup au lieu d'avoir quelques griffures sur la main à cause d'un jeu avec un chaton, la femme se retrouva avec les entrailles à un mètre devant elle, et bien bien morte pour le coup – quoiqu'après de longs hurlements d'agonie, c'est fou . J'ai sentis une bibliothèque devant moins, pas très loin. Sans la lâcher avec mes dents, j'ai grimpé en haut pour la déguster en haut comme un léopard. J'ai commencé à casser des trucs pour avoir accès à la viande mais... la magie m'a lâché, voilà. Je lui en ait beaucoup demandé cette fois ci il faut dire. Donc j'ai pris un air de drogué en pleine défonce tandis que je reprenais forme humaine, puis je me suis roulé en boule sur le sommet de la bibliothèque pour dormir avec ma nourriture. C'était un gros bureau, et une grosse bibliothèque, tant que je ferais pas le mariole, je pourrais dormir tranquille.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison. [PV Uriel.]   Ven 19 Aoû - 12:26

L'esprit d'Uriel était ailleurs. Il regarda le délire de Zélig, ainsi que sa nouvelle façon de se nourrir, au travers d'un brouillard rouge et noir. Aucune des drogues qu'il eut l'occasion de prendre, par pur plaisir, pour se divertir en soirée, ne lui avait fait la moitié de cet effet. Encore une fois, son subalterne faisait preuve de génie et l'inspirait dans ses propres recherches. Le rire du Haut Prêtre cessa et laissa place à des spasmes d'amusement, une expression malsaine d'un plaisir indéterminé, connu uniquement d'un sombre recoin de son cerveau malade. Petite boule blanche au sol, les genoux serrés contre la poitrine, dos contre l'étagère, il vivait son délire de son côté, sans se préoccuper de la bête sauvage qui a failli le tuer.

Étrangement, aucune de ses méditation ne lui a jamais permis de se sentir aussi en harmonie avec l'Ombre. Il lui arrivait d'atteindre un tel degré de calme et de concentration pour que les ombres environnantes se meuvent au rythme de sa respiration... Mais là, il ne sentait pas vraiment les ombres... Mais l'Ombre. Quelque part, face à ses yeux, il y avait de l'énergie primaire à l'état pur. Une vision magnifique, grandiose et édifiante. Et pas faite pour être contemplée par un mortel, fut-il Haut Prêtre... Devant cette vague vue d'une puissance sans aucune limite dans le temps ou l'espace, Uriel était secoué par sa toux, mêlée à un rire dément, réservé aux fous qui hallucinent et croient qu'ils flottent dans le vide, au-dessus de tout l'Univers. Des peintres mourraient pour une telle vision... Mais n'importe qui deviendrait fou, rien qu'en tentant d'imaginer cela...

Soudain, se sentant flotter dans le vide, le petit blond prit peur. D'un coup, il se retrouva face à son propre corps... A la seconde suivante, il était bel et bien à l'intérieur, à quatre pattes, en train de tousser et de cracher du sang. Finalement, il réprima le haut-le-coeur qui l'avait assailli au même moment et tomba sur le côté. Sur le dos, sur le sol froid de la pièce, il resta allongé, les bras tendus, comme une grande croix blanche... Le monde tourbillonnait autour de lui et son sang se déplaçait dans ses veines à une telle vitesse qu'il ignorait comment pouvait-il donc y rester et non sortir en giclant dans tous les sens. Impossible de dire combien de temps il resta là et par quel miracle personne ne remarqua la porte entrouverte et le sang qui en tâchait le seuil.

Sale, affaibli, fatigué, Uriel se leva finalement pour constater que le soleil n'est plus loin du crépuscule. Frappé d'une migraine violente, il sortit néanmoins dans le couloir, voyant que Zélig dort, avec un cadavre en guise de coussin... Donc tout ceci ne fut pas un rêve... Ha ! Uriel sourit, las, mais content. De nouveaux horizons s'ouvraient devant eux. Et Zélig allait l'aider dans ses recherches... Ne fut-ce que par sa nouvelle nature. Pas besoin qu'il fasse quelque chose exprès. Il suffisait qu'il... eh bien... Qu'il soit. Voilà tout ce qui était nécessaire. Il suffisait de le faire surveiller. Le couloir était désert... Uriel attendit, appuyé contre le mur. Finalement, un inquisiteur passa par là et s'arrêta devant ce qu'il vit : un Haut Prêtre sale et à moitié mort. Et qui souriait comme s'il venait de faire l'amour pendant toute une journée, sans s'arrêter.


"Ha... Mon fils... Fais nettoyer mon bureau et escorter Zélig chez lui qu'il se lave et se repose. Ensuite tue les serviteurs qui se seront occupés de cela, veux-Tu ? Je... Je vais rentrer... J'ai grand besoin de dormir."

Et il s'en alla titubant, mais toujours aussi fier de lui, entouré de son aura malveillante. Il avait beaucoup de travail. Et sa santé ne lui laissait pas des décennies pour le mener à bien. Il fallait faire relativement vite. Mais une fois qu'il serait redevenu propre et impeccable seulement...

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Kyrie Eleison. [PV Uriel.]

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