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 La petite goutte qui fait déborder le vase [PV Job]

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MessageSujet: La petite goutte qui fait déborder le vase [PV Job]   Lun 25 Juil - 20:12

« Depuis le début de la journée, je trainais encore une fois dans l’appartement sans vraiment savoir ce que je pouvais faire. Je ne me préoccupais pas du tout de la vie de mon mari. Il s’occupait de ses propres affaires et je n’avais pas vraiment envie de le déranger. Je tournais donc dans la maison, je faisais les cent pas et je réfléchissais en même temps à une occupation. La lecture ne m’intéressait pas. Il y avait de cela quelques jours j’avais passé toute la journée à lire. Puis, je n’avais plus la même humeur depuis la dernière fois puisque j’avais du subir le chantage de Zarnh Nocturnae. Même si, par je ne savais encore quel moyen, Marius était arrivé afin de m’aider, ensemble nous n’avions pas réussis à trouver une façon de faire taire le sénateur de Semini en échange de quelque chose. Je n’étais donc pas forcément dans mon assiette et cela ne me donnait pas l’envie de lire des livres encore une fois toute la journée. Le déjeuner se déroula et je n’avais toujours pas d’idée. Je n’avais pas spécialement une grande envie de sortir de la maison toute seule tout simplement puisque cela ne m’amusait pas du tout.

Siegfried s’était enfermé dans le bureau et moi, je décidais de me poser tranquillement dans le lit pour me reposer un tout petit peu. Je n’étais pas aussi fatiguée comme d’habitude. Ces derniers jours je me sentais même beaucoup mieux. Cela me permettait tout simplement de ne pas rester tout le temps au lit et dormir presque la majorité de la journée. Ce n’était pas une vie. Je commençai vraiment à me sentir trop enfermée, comme une princesse dans sa tour, gardée par un dragon. C’était tout simplement horrible. Si cela continuait, je me doutais bien que j’allais devenir folle. Après tout, ce n’était pas la première fois que je restais toute seule dans la maison, sans sortir. Mais cette fois-ci, ce n’était vraiment pas du tout la même chose. Je ne m’inquiétais plus autant et je ne souffrais de moins en moins. Mon moral revenait, tout comme mon envie de continuer à me battre. Je n’arrivais plus à tenir en place. Surtout que la tension se sentait dans l’air de toute la maison et cela devenait de plus en plus invivable. Siegfried et moi, nous nous parlions que très peu.

Finalement, je trouvais une idée en milieu d’après-midi. J’avais très soif mais je n’avais pas du tout envie du thé du cuisinier de la maison. Je le connaissais tellement et il commençait sérieusement à me déplaire. Je décidai donc de sortir de la maison et de prendre mes deux gardes avec moi. Cela faisait depuis assez longtemps qu’ils ne m’avaient pas suivie. Mais quand j’étais toute seule dans la rue, je préférais qu’ils fussent avec moi. Je me sentais beaucoup plus en sécurité avec leur présence. Si jamais quelque chose m’arrivait, je savais qu’ils étaient tout près de moi pour me venir en aide. Surtout que ces derniers temps, comme j’étais en disgrâce à la Cour et que Zarnh avait surpris ma lettre pour Marius, je devais vraiment faire très attention. Je ne pouvais pas encore savoir si le sénateur s’était vraiment tu. Si cela se trouvait, il avait tout de même fini par en parler à quelqu’un et les rumeurs auraient tout de suite circulées dans les rues de la capitale. Comme je n’étais sûre de rien, j’étais beaucoup moins angoissée du moment que les gardes me suivaient. Je ne passais pas par le bureau de mon mari, de peur de le déranger. Je laissais tout de même un petit mot sur la table de la salle à manger, comme cela il s’inquiéterait un peu moins. Je me doutais que de toute façon en rentrant il me demanderait si j’étais sortie voir un homme. Il était si jaloux et possessif !

Je sortais donc de la maison avec mes deux gardes qui se trouvaient toujours à une distance correcte de moi, mais pas non plus tout près pour ne pas me déranger trop et me sentir trop étouffée. Peu m’importait l’image que cela donnait de moi. Je me souvenais même de la sénatrice de ma province qui avait réagi étrangement lorsqu’elle avait remarqué des gardes qui me surveillaient, quand nous dinions au restaurant. Du moment qu’ils me rassuraient, c’était le plus important. Les premiers mois passés à Ishtar, je n’avais vraiment pas du tout fait attention à tout cela et je n’avais pas été dérangée par les gardes. Ce n’était pas aujourd’hui que cela commencerait. Je me dirigeai alors vers le quartier Tchï, sans vraiment me préoccuper de tous les regards rivés sur moi. Tout d’un coup, je me rappelais que la dernière fois que j’y étais venue, c’était la fois où l’Empereur m’avait invitée pour un dîner en tête à tête. Sa colère après tout ce que je lui avais révélé restait encore dans mon esprit. Cela me nouait le cœur. C’était cette soirée-là où j’avais enterré toutes mes dernières chances de devenir peut-être Impératrice. Je le regrettais, mais j’avais tout de même tenté. Ce n’avait pas marché, malheureusement.

J’arrivais enfin au salon de thé. J’entrai à l’intérieur et je fus tout de suite bien accueillie par une des servantes. Ils avaient certainement du déjà remarqué que j’avais de l’argent. Tout le monde venait me voir afin de me souhaiter la bienvenue. C’était rare que je me rendisse dans ce quartier et surtout, personne ne m’avait encore vue dans ce salon. Je n’étais pas très connue alors tout le monde souhaitait me connaître davantage tout simplement. Je me présentai tout de suite afin de satisfaire leur curiosité. Alors que j’étais menée vers une table pour m’y asseoir, j’aperçus un homme assis de dos. Ces cheveux étaient gris. Je ne fis pas tout de suite le rapprochement avec Marius puisque je ne pensais pas du tout à cela. Mais j’avais tout de même noté la différence de cet homme. Une des servantes me montra la table et je m’assis. L’image de cet homme était déjà partie de mon esprit, je me concentrai désormais sur la carte des thés pour commander celui que je souhaitais boire. Tout simplement. »

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MessageSujet: Re: La petite goutte qui fait déborder le vase [PV Job]   Lun 25 Juil - 21:07

    Le jour s’était levé sur Ishtar, et une fois de plus j’avais assisté à la montée du soleil dans les cieux limpides de la capitale. Une nuit encore, je n’avais put trouver le sommeil. Le visage de cet adolescent était de nouveau apparu, et Marius s’était –une fois encore– superposait à son image et à ses mots de supplications.
    Pourquoi suis-je comme hanté par ces visions ? J’ai accompli ma mission, j’ai servi l’Ombre. Est-ce mal ? Non ! Je ne peux penser cela ! A peine y ai-je pensé que je me suis levé. Le couteau qui se trouvé sur la table fut entre mes mains, et je lui vouai une curiosité morbide. Lentement, je le déposé sur mon bras alors nu. J’entaillais ma peau, la douleur fit son apparition et je soupirai d’aise. Je ne pensais plus à rien d’autre qu’à la douleur, le sang rouge qui coulait goutte après goutte sur le parquet de la pièce dans laquelle je me trouvais. Je ne fais qu’expier cette pensée, ce doute, qui s’est emparé l’espace d’un instant de ma personne. Cet adolescent devait périr au nom de l’Ombre et de l’Equilibre. Il devait périr, je l’ai donc tué.

    Je rouvre les yeux que j’avais fermé pour savourer le vide ressenti par mon geste d’expiation. Je suis désormais serein, je me sens bien mieux, comme si cette nuit de cauchemars n’avaient jamais eu lieu. Je regarde le jour, peut-être est-il temps que je m’habille ? Je n’ai point travaillé cette nuit, nulles missions ne m’ont été confiées par l’Ombre. De même, je compte faire jour de salut aujourd’hui.
    Laissant tomber à terre le couteau ensanglanté, je quitte la pièce pour une autre plus petite, ou je trouve bassine d’eau et autres affaires de toilette. Le sang coule toujours de la fine plaie faîtes sur mon bras, nouvelle parmi tant d’autre. Je l’observe un instant, avant de m’emparer de bandes de tissus et la recouvrir. Désinfecté ? Pour quoi faire ? La douleur est importante, je ne dois la soulager. Elle est la preuve que je suis lavé, temporairement peut-être, de mon péché envers l’Ombre.

    Désormais, je nettoie mon visage au teint que certain nomme « de porcelaine ». Mes yeux sont toujours si vide, si inintéressant que je peux y lire mon reflet. Voir son reflet dans ses yeux, à l’aide d’un miroir, est déstabilisant.
    Un rire désabusé, mais qui sonne dans un murmure, se fait entendre. Je ne suis rien que le bras armé de mon amante, de mon amie, de ma sœur, de ma maîtresse, de l’Ombre. Il est inutile pour mon regard d’éprouver quoique se soit après tout.

    J’enfile une chemise blanche, et un pantalon noir. Tsss…j’ai mal serré le bandage et ma chemise est désormais légèrement tâcher au niveau de ma blessure. Bah, qu’y puis-je ?
    Je mets ma redingote noire, elle…elle cache ma blessure et le sang sur mon vêtement autrefois immaculé. Ma paire de bottes est désormais enfilés, et je recouvre mes mains d’un tissu. Une paire de gant en feutre blanc. Un foulard vint compléter ma tenue, au niveau de mon cou. Ainsi, nul ne pourra y voir les cicatrices laissées par les punitions de Père, ou encore, par celle que je dois faire. L’Ombre demande toujours quelque chose contre son pardon, en cas d’attitude blasphématoires et/ou hérétiques.

    Je quitte cette chambre maussade que j’ai « emprunté » à l’une de mes « proies » passées. Personne n’a attesté de son retour à l’Ombre, et je ne me sens guère à l’aise dans la demeure familiale. Salomon s’y trouve probablement…de même que Père ou Mère. Je ne me sens pas cœur à les voir.
    Un défaut à cet endroit, il n’y a rien pour que je puisse me sustenter. C’est la raison pour laquelle, canne en main, je quitte les lieux sans fermer la porte à clé. Je n’ai pas la clé de toute façon.
    Le salon de thé pourra me permettre de me détendre autant que ce couteau l’a fait. A n’en pas douter, leur thé est des plus raffiné, et leurs sablés toujours adapter à la commande.
    Des sablés à la fleur de rose, parfois avec un thé Blanc. Sablés à l’orange pour un asaam parfumé. Sablés au chocolat amer pour renforcé le goût d’un Earl Grey. J’apprécie l’endroit…et même si mon faciès reste de marbre, et mes yeux ternes, mes papilles gustatives sont ravies de la sortie à chaque fois.

    Me voilà dans le quartier de Tchï. L’ambiance, comme toujours, y est à l’animation et la candeur. Incroyable comme ce quartier paraît si jovial par rapport aux autres. Il est béni de l’Ombre, à n’en pas douter.
    J’avance lentement, mais sûrement, parmi la foule. Je suis discret, et nuls ne remarque ma présence. Je frôle certains, en évitent d’autre. Les passants semblent toujours si pressé, s’en est attristant. Me voilà arrivé, j’entre. J’ôte mon haut de forme. Aujourd’hui, il est noir avec un ruban blanc et un papillon noir en décoration. Le même qu’hier, mais n’étant pas venu ici : ils l’ignorent. Je les salue, et m’installe à ma table habituelle.
    Je n’ai que peu à attendre, une servante vient prendre ma commande. Je donnerai plaisir à mes papilles avec un Oolong accompagné de sablés au jasmin. Le parfum floral du tout devrait détendre mes nerfs, et mon esprit. Me reposer.

    Je suis là, observant la rue depuis ma fenêtre. Mes cheveux sont maintenus en une demi-queue haute. Je suis plus à l’aise ainsi, et mon visage ne voit aucunes mèches le gêner.
    Mon thé arrive, il est en train d’infuser. Soudain, du bruit. Une nouvelle cliente rentre, elle n’est pas une habituée mais nulle doute qu’ils vont chercher à la garder. Je remarque les hommes qui la suive, une noble, hein ?
    Je reste placide, cherchant dans ma mémoire ce que cette chevelure bleuté peut bien me dire. Je me sers une tasse de liquide fumant…j’en savoure le parfum. Au même instant, la mémoire me revint. La duchesse Van Lähre. Il s’agit de la jeune noble en disgrâce de la cour, si ma mémoire ne me fait guère défaut.

    Je pose ma tasse sur son assiette…et réfléchit, tout en continuant d’observer la foule. Je n’ai entendu que rumeurs, mais il aurait été dit que sa disgrâce était due à un terroriste aux cheveux argentés. A l’époque, j’avais de nombreuses missions, et l’Ombre prime sur tout. Je n’avais pu me soustraire à mon devoir, je ne devais pas me soustraire à ce-dernier.
    Mais aujourd’hui, j’en viens à regretter. Pourquoi ? Car peut-être était-ce Marius ? Peut-être aurais-je pu savoir ce qu’il advenait de celui que je regrettais n’avoir jamais traité comme mon cadet, mais comme un inconnu.
    Je me lève, regarde la serveuse et lui dit :


    « Pouvez-vous déplacer ma commande à la table de cette gente dame, je vous prit. »

    Ma voix est froide, mon port altier alors que je me présente à la table de celle que peu semble avoir reconnu. Sans demander, et sans plus de cérémonie, je m’installe face à elle et la fixe du regard. Mes yeux turquoise sont vides, alors que je m’adresse à sa personne :

    « Job De l’Ombrage…l’Ombre m’est gré de me permettre de vous rencontre, dame Van Lähre. »

    Je me suis introduit, pas besoin de plus de cérémonies selon moi. Je reste froid, et on pose mon thé oolong et son parfum envoûtant devant moi. Les sablés au jasmin reposent désormais au centre de la table.
    La serveuse semble attendre la commande de la dame, et face à cela, j’ajoute :


    « Je vous conseille leur thé Blanc, si vous cherchez douceur au palais…ou sinon, leur Earl Grey est riche en surprise gustative. »

    Mon ton est sobre, ma voix dénuée de toute émotion. On dirait que je parle sans rien éprouvé, un automatisme dû à ma formation je le craint. Je ne suis aucunement doué pour exprimer mes ressentis.
    Je la détaille, attend son verdict quant à son choix de commande, et voit la serveuse s’éloigner une fois son bien noté. Moi, je reprend :


    « Excusez mon intrusion, mais il m’a été impossible jusqu’ici de vous rencontré. Tel devais être la volonté de l’Ombre… »

    Je marque une pause, boit une gorgée d’oolong, et reprend :

    « J’ai ardemment souhaité vous rencontrer, et parler avec vous de ces évènements passés à l’origine de votre disgrâce. L’eau a coulé sous les ponts mais, vous souvenez-vous de quoique se soit concernant le terroriste vous ayant dupé, et menacé ? »

    Pourquoi je chercherai à tourner autour du pot ? Il est arrivé mes oreilles qu’il avait les cheveux argentés….pour une fois, je tiens une piste. Je ne la lâcherai pas avec autant d’aisance qu’on peut le croire. Je sais que je donne l’impression d’agir par formalité, sans volonté propre….mais cette rencontre inopinée est digne d’une offrande de l’Ombre pour remercier mon dur labeur. Je ne peux rester silencieux et ne pas saisir cette chance d’en apprendre plus.
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MessageSujet: Re: La petite goutte qui fait déborder le vase [PV Job]   Dim 31 Juil - 14:45

« Je n’avais même pas eu le temps de terminer de me mettre à l’aise à ma table ni de consulter la carte, qu’un homme s’installa à ma table. Je fus surprise. Je ne m’attendais pas à ce qu’une personne vînt m’aborder aussi facilement et aussi rapidement. Cet homme avait quand même beaucoup de culot ! Ma tête était baissée mais j’avais tout de même aperçu les mouvements de ce dernier. Quand enfin je posai mes yeux sur lui, je remarquai alors, à mon plus grand étonnement, l’homme aux cheveux gris qui m’avait tapé dans l’œil tout à l’heure en passant à côté. Ceci était d’autant plus surprenant. Je restai donc un instant bouche bée et ne savais pas vraiment comment réagir. Si cela avait été un autre homme, je lui aurais certainement déjà demandé de me laisser tranquille. Même si je souhaitais le faire avec celui-ci, quelque chose m’empêcha de formuler la phrase, de trouver les bons mots. Par ailleurs, il fallait bien avouer que son physique n’échappa pas à mes yeux. Ces longs cheveux gris, si raides, tout comme ses yeux d’un bleu intense. Mon cœur bondit. Je le reconnaissais, c’était un homme qui avait tout pour plaire. Il devait en attirer des femmes, voire même des hommes. Dans notre société, ce n’était pas si tabou que cela. Pourtant, moi il ne me faisait pas d’autres effets. J’avais déjà un mari et un amant que j’aimais le plus au monde.

Néanmoins, cela ne changeait pas le fait que je me sentais tout d’un coup comme oppressée. Je ne le connaissais pas du tout et il venait s’installer à ma table sans aucune gêne. J’étais donc cette fois-ci prête à le lui dire, poliment. Cela ne servait pas à grand-chose de se mettre en colère pour une telle chose. Je savais bien que ma beauté attirait les autres et j’en étais flattée. S’il en était de même avec cet homme, je l’en remercierai mais le prierait tout de même de me laisser tranquille. Pourtant, je n’eus pas le temps d’ouvrir la bouche afin de prononcer cette phrase qui me pendait à la langue. Visiblement j’avais été beaucoup trop longue, prenant mon temps pour voir tous les détails de ce visage plutôt magnifique. Il parla le premier et se présenta. Job de l’Ombrage. Mon cœur bondit à nouveau. J’eus presque l’impression qu’il s’arrêterait à cet instant même. Le frère de Marius. J’avais entendu qu’il en avait deux, l’autre se nommant Salomon et étant pire que Job, d’après les dires. J’étais donc déjà plus rassurée de rencontrer Job plutôt que Salomon. Mais bien sûr, cela ne changeait en rien que je commençai légèrement à paniquer. Je tentai du mieux que je pouvais de ne pas le montrer. Pourtant, j’avais en face de moi un frère de Marius. Je ne savais pas si je devais me sentir en danger ou pas du tout. J’ignorai totalement s’il savait que son frère était en vie. Et si oui, se doutait-il que j’étais encore en contact avec ce dernier ? Tellement de questions s’entremêlaient dans mon esprit. J’étais quelque peu angoissée par la suite des événements, craignant de dire une bêtise qui me coûterait chère.

J’essayai néanmoins de paraître la plus détendue possible. Je regardai la serveuse qui était venue non seulement apporter le thé de Job mais aussi prendre ma commande. Il me conseilla deux thés différents mais comme je n’avais aucune idée de ce que je souhaitais prendre, et finalement, je décidai de jouer le tout pour le tout. Encore une fois je ne serai qu’une actrice. Je devais me ressaisir et lui montrer que je n’avais aucune peur de lui. A la limite, je me permettais certaines choses que je n’aurais jamais faites auparavant. Il ne pouvait pas découvrir la vérité et de mon côté, j’en avais assez d’être toujours en position de faiblesse, d’être comme une victime. Je réagirai donc comme il ne s’attendrait pas à ce que je le fis.


- Très cher, puis-je permettre ? demandai-je avec une énorme sourire, tout niais mais charmant.

Je pris alors sa tasse de thé un instant, sans même attendre sa réponse, et je trempai mes lèvres pour goûter. Ce n’était pas très poli de ma part, mais peu m’importait. Je devais agir pour qu’il ne s’y attendît pas du tout. Je me fichai de tout ce qu’il pouvait penser de moi. Je lui redonnai ensuite la tasse et finis par commander le même thé que lui. Je lui souriais toujours et encore. Si certaines personnes nous avaient aperçus, cela ne me préoccupait que guère. Après tout, nous aurions pu passer pour un couple d’amis qui s’était croisé par hasard dans le salon. Je le regardais alors et le laissais parler. Je notai alors la façon dont il parlait. Tout se relatait à l’Ombre. J’avais été prévenue que cette famille était très proche du Marquis D’Arken et de très fervents serviteurs de l’Ombre. Mais je n’avais jamais pu penser à un tel point. Je remerciai alors l’Ombre d’avoir fait ouvrir les yeux de Marius afin qu’il ne fût pas comme son frère. Parfois, je me retenais de lui dire simplement que c’était plus que ridicule. J’étais certes croyante en l’Ombre, mais pas non plus à un point aussi poussé. Je ne disais rien, après tout il était Inquisiteur. Je ne le connaissais pas et je ne pouvais donc pas savoir la manière dont il réagirait. Je me contentai donc de tout simplement l’écouter.

Si je me doutais la raison pour laquelle il m’avait abordée, j’eus exactement la raison pour laquelle il se trouvait devant moi. Ainsi il avait eu vent de toute cette histoire qui s’était déroulée il y avait de cela un an déjà. Notamment le fait que le terroriste en question avait les cheveux gris. Je lui souriais. Je savais exactement où il voulait en venir. Il désirait en savoir plus et surtout avoir des informations concernant Marius. Je devais donc me méfier et faire très attention à ce que je disais. Dans le cas contraire, je pourrais révéler certaines données secrètes et confidentielles. En tout cas, cette conversation s’annonçait intéressante entre le frère qui voulait se renseigner sur Marius, et moi qui ferait tout mon possible pour dévoiler le moins de choses possibles. Après tout, je ne paniquai pas puisque même si je racontai que j’avais rencontré son frère, cela ne voulait rien dire du tout ! Aucune référence à notre union suivante. Ou du fait que nous étions encore en contact. Que je savais où il se trouvait. Rien de tout cela ne serait dit. Par ailleurs, je me réjouissais alors de ce que je pourrais inventer et lui raconter. La façon dont je jouerais tout cela m’enchantait : faire la femme innocente et niaise. Comme j’étais ravie de pouvoir enfin berner quelqu’un après tout ce temps.


- Ma foi, je me souviens simplement que c’était terrible. En plus de m’avoir menacée, ce terroriste m’avait enlevée dans les égouts. Un moment totalement horrible. A cause de lui je m’étais blessée à la cheville et en sortant des égouts, il m’avait laissée toute seule, sans aide, me débrouiller toute seule pour rentrer avec la blessure. Vous vous rendez compte ?!

Pour l’instant je ne disais que très peu. J’attendais sa réaction et surtout, je le laissai me poser les questions pour agir à ma guise. »
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MessageSujet: Re: La petite goutte qui fait déborder le vase [PV Job]   Dim 31 Juil - 18:03

    Elle met bien du temps à me répondre…mais je ne puis lui tenir rigueur. Il n’est pas coutume de voir homme à sa table sans l’avoir préalablement invité. Mon intrusion doit l’avoir surprise…Mais, je me demande pourquoi, l’espace d’un instant, elle semble troublée. Croit-elle que je suis venue ici pour la juger, au nom de l’Ombre ? Non…Le monde entier n’est pas hérésie, Job…Attendons, et nous saurons.
    Je ne m’attendais pas à ce qui vint à suivre. La voir s’emparer, fugacement, de ma tasse ne m’enchanta guère. Je ne pus empêcher mon visage de glace de laisser entrevoir ma gêne, par un simple « tic » de mon sourcil gauche. Pathétique, je suis. Réagir à une chose si futile…Je suis un esprit perdu, qui pense de façon bien trop primitive il semblerait.

    La voir commander du Oolong avait quelque chose de tout aussi intriguant. Pour une femme de sa prestance, je me serais attendu aux saveurs parfumées d’un Earl Grey, ou à la douceur d’un thé Blanc. Le Oolong est appelé « Thé Bleu »…et, en terme de goût, il est moins fort qu’un thé Noir, mais plus fermenté qu’un Blanc.
    Il est « l’entre deux »…Une « normalité », une « moyenne ». On le dit savoureux, mais au contraire des autres Thé, il est consommé sans l’idée d’être dégusté. Pour quelqu’un tel que moi, qui consomme et ne déguste pas réellement le thé : le choix est compréhensible. Mais elle, n’est-elle pas venue ici dans le but de découvrir un thé raffiné, et de la déguster ? Je me pose des questions bien futile, trop futile…et durant ce laps de temps, mes yeux se voilent encore d’avantage, et je ne perçois que moyennement le bruit extérieur.

    Je dois me ressaisir, aussi, j’approche ma tasse de mes lèvres. Mais je la stop sur le devant de mes lèvres. C’est ici que cette Dame a posé ses lèvres. C’est une Duchesse, femme mariée de surcroit…Je ne puis accepter un « baiser indirecte ».
    Je repose ma tasse, sans avoir bu ne serait-ce qu’une gorgée. Durant ce temps, je l’écoute. Enlevée dans les égouts ? Marius n’a jamais craint de se salir pour ce qu’il pense devoir être fait…je crois. Je regrette de n’avoir jamais pu être proche de mon jeune frère, peut-être aurai-je pu l’empêcher de disparaître ? Non ! S’il a disparu, c’est que tel était la volonté de l’Ombre…non ?

    Quelque chose me déplaît chez cette femme. Je sais trop quoi…Mais un étrange malaise me prend alors qu’elle me compte son « aventure ».
    Je ne lui ai jamais demandé les conditions de sa rencontre, ni même s’il lui ai arrivé quoique se soit. Je n’en ai cure. Cependant, je peux dire à l’intonation de sa voix que, quoique j’en dise, elle me contentera son histoire, sa version des faits.
    Je prends un sablé de ma main ganté, le coupe en deux et apporte à mes lèvres un des morceaux effrités. Je ne prononce mot, attendant qu’elle poursuive, qu’elle réponde à mes questions. Alors que j’ai fini de manger ce faible morceau, savourant au palais le goût de Jasmin, je la regarde d’un air indifférent et m’exprime :


    « Et donc ? A quoi ressemblait le coupable je vous prie…Vous a-t-il, comment dire, parlez ? De lui, de ses croyances hérétiques ? »

    De ses inepties, oui. Ce qui se trame dans l’esprit de ces fous est un déshonneur pour l’Ombre. Nul n’est plus grand, plus noble, que l’Ombre et l’Empire. Nous nous devons de vivre pour eux, à travers eux…et de les préserver de la folie de monstres pareils.
    Ce que je désire savoir…C’est si ce terroriste est bien mon jeune frère. Si un être partageant le sang des de l’Ombrage a failli dans la folie. Si oui, c’est à notre famille d’expier ses erreurs…Ou, peut-être a-t-il raison ? NON ! Je grince les dents à ma pensée…et mes doigts se sert. Je dois donner l’impression d’être impatient qu’elle me dise ce que je veux entendre, mais il n’en est rien. Je redoute sa réponse, et je me dégoute d’ainsi douter de mon amante la plus chère : l’Ombre.

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MessageSujet: Re: La petite goutte qui fait déborder le vase [PV Job]   Lun 8 Aoû - 10:15

« Tout ce déroulait selon mon bon vouloir. J’étais vraiment très satisfaite de moi-même. Cela faisait tellement de temps que je ne m’étais sentie aussi bien. Depuis bien trop longtemps je me faisais marcher sans cesse sur les pieds. Je montrai toutes mes faiblesses et les autres pouvaient facilement s’en servir contre moi. C’était quelque chose que j’avais, me semble-t-il, accepté avec le temps. L’inquiétude et les souffrances me rendaient beaucoup moins motivée que je ne l’avais été en arrivant à la capitale. De plus, comme je ne m’étais pas du tout attendue à une telle atmosphère ici, je pense que j’avais été alors déstabilisée. Me sentir en danger par rapport à mes plans m’avait affaiblie et désormais je comprenais parfaitement la raison pour laquelle j’étais devenue en quelque sorte une victime. Je subissais tout ce qui m’arrivait et m’enfermer dans la douleur. Quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant, sauf une seule fois à la mort de la mère. Mais personne ne m’avait alors côtoyée et je n’avais pas été utilisée. A Ishtar, tout était plus noir. J’avais donc compris depuis quelques temps, que je devais tout simplement retrouver ma motivation d’antan et arrêter de tout le temps être gentille avec tout le monde. La gentillesse n’était pas une bonne qualité dans la capitale. Je ne pouvais plus me laisser faire. C’était désormais à moi de marcher sur les pieds des autres.

Je fus donc très ravie que la façon dont le frère de Marius réagît fut celle que j’espérais. Je souhaitais le déstabiliser à son tour, comme cela je prenais la position forte. Je n’avais pas non plus d’être méchante et vicieuse. Je souhaitais simplement contrôler à peu près la conversation et non la subir. C’était à moi de choisir ce que je disais ou pas et surtout, la direction dans laquelle je souhaitais mener Job. Je ne pus néanmoins pas sourire quand je le vis faire la moue, notamment quand il tourna sa tasse pour ne pas boire au même endroit où j’avais posé mes lèvres. C’était vraiment pathétique et drôle en même temps. Il était donc tout simplement si chaste. Pire que moi ! Et bien évidemment, je pensais tout de suite à Marius. Ce dernier se comportait de la même façon. Je me souvenais alors du moment où je l’avais revu et lui avais sauté dans les bras. Il m’avait rapidement repoussée, comme si les contacts physiques, surtout avec le sexe opposé, n’étaient pas sa préférence. Je me dis alors que cela devait être du à leur éducation et que donc c’était tout à fait normal. Tous les deux se ressemblaient vraiment. Je retrouvai en Job un Marius beaucoup plus calme et maniéré. Probablement le Marius que je n’avais pas connu, avant même qu’il ne se fut décidé à devenir terroriste. En tout cas, c’était plutôt une drôle de situation.

Il se remit à me questionner sur Marius. Lorsqu’il termina, je remarquai avant de lui répondre, que ses doigts se serraient comme si quelques pensées terribles se bousculaient dans son esprit. Je l’imaginai donc bien se dire que si le terroriste m’ayant attaquée était bien Marius, cela était une tâche pour leur famille. Forcément, je le comprenais. J’avais moi-même sali le nom de ma famille mais mon père semblait m’avoir pardonnée. J’avais de la chance. Pas comme certains qui se font reniés de leur famille. Cela devait être le cas de Marius, pourtant d’après ce que j’entendais, il me paraissait que personne de sa famille ne le savait vivant. Ils croyaient donc qu’il était mort. Je lui fis un sourire chaleureux avant de répondre, toujours et encore simplement ce qu’il désirait savoir.


- Il était grand, du moins plus grand que moi, et avec une carrure plutôt maigre, de cela j’en suis sûre et certaine, commençai-je. Toutefois, tout le temps que j’ai passé à ses côtés, nous étions dans l’obscurité alors je ne pus pas voir la couleur de ses cheveux ni celle de ses yeux, malheureusement. Une fois sortis des égouts, la nuit était déjà tombée. Je ne peux donc pas vraiment vous apporter d’autres informations ni vous aider de ce point-là.

D’abord la réponse à la première question. Je mentais, ou du moins cachait un peu, la vérité. Il était vrai que dans les couloirs de l’arène il n’y avait pas beaucoup de lumière et donc il faisait très noir. C’était exactement une bonne excuse pour ne pas révéler la couleur des cheveux ni des yeux de Marius. Parce que je me doutais que si je le faisais, Job allait tout de suite comprendre que c’était son frère que je décrivais. Mais dans la salle de l’infirmerie j’avais bien évidemment eus le temps de le voir. Nous avions passé deux heures avec le médecin à tenter de les soigner au mieux. Dans les égouts, il ne pouvait tout de même pas me contredire, la lumière n’est pas présente. De toute façon, dans le feu de l’action, je ne préoccupais pas du tout de l’homme en personne, simplement de le suivre et de sauver ma peau. C’était tout. Je ne lui dirai rien de plus concernant le physique du terroriste, de cela il pouvait en être certain. Sinon, je fis une pause afin de réfléchir un petit peu. Je ne me souvenais pas du tout d’un moment où … Ah ! Oui, Marius et moi avions un peu parlé lors de notre passage dans les égouts. J’étais très fatiguée de courir et nous nous étions arrêtés. Nous avions donc profité pour parler un peu. Néanmoins, ce n’était pas pour cela que je me souvenais exactement des paroles du terroriste. Mais j’avais une bonne excuse pour éviter la question.

- Veuillez m’excuser mais dans le feu de l’action, que ce soit dans les couloirs de l’arène ou dans les égouts, nous n’avions pas du tout eut le temps de parler. Le terroriste était trop préoccupé à me prendre en otage. Je ne peux donc rien vous dire de ses croyances.

Je n’avais pas ajouté l’article comme l’avait fait Job, mais cela ne m’importait peu. Je ne pouvais pas me résigner de dire que c’était vraiment des croyances hérétiques. Aujourd’hui, après tant de temps passé aux côtés de Marius, et tout ce qui s’était déroulé avec le Haut-Prêtre, j’admettais simplement que chacun avait ses propres croyances. Les terroristes n’étaient pas des hérétiques. Ils souhaitaient simplement changer le monde et le rendre meilleur. Certes par des moyens brutaux, mais cela ne faisait pas d’eux des êtres pires que les autres. Surtout pires que les nobles. En effet, certains terroristes avaient un cœur meilleur que les nobles. Mais cela, personne ne pouvait le savoir puisque le bourrage de cerveau était présent partout. Je fixai l’Inquisiteur en face de moi. Mon sourire était amical et chaleureux, presque charmeur. Tout ce que je souhaitais c’était le déstabiliser encore plus. A ce moment, une serveuse apporta mon thé et je la remerciai. Alors que je me lançai dans les derniers préparatifs personnels avant de le boire, j’attendais la nouvelle question de Job … »
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MessageSujet: Re: La petite goutte qui fait déborder le vase [PV Job]   Dim 25 Sep - 13:31

    Un sourire soudain vint à fleurir sur le visage de mon interlocutrice. Vu le ton de la discussion, cela me prit de cours et mes doigts crispés se relâchèrent. La tasse eut un léger tintement, n’étant plus serrée aussi fermement, elle avait cogné contre sa fine assiette. Il faut que je me reprenne, je ne dois être déstabilisé par choses aussi futiles que le sourire d’une Dame. Dame que j’aurai pensée aigrie, ravagée, par ce souvenir. Cette rencontre a, paraît-il, fait chuter sa côte auprès de son excellence l’empereur…Ne devrait-elle pas être en colère contre ce terroriste pour avoir partiellement ruinée sa vie, et détruit un destin que l’Ombre semblait lui avoir tendrement tracée ?
    Les mots vinrent…je ne peux m’empêcher d’être déçu à leur entente. Elle ne l’a pas clairement vu ? Mes yeux s’assombrissent à la pensée que je n’aurai pas plus d’infos sur la finalité. Ce constat me pèse…

    Je peux la voir qui reprend. Lueur d’espoir, les idées de ce terroriste me mettront peut-être sur sa piste, sa voie, et me permettront de le traquer. Oh nom de l’Ombre, il doit quand même payer pour ce qu’il a fait à cette gente Dame de la Noblesse…Mais s’il s’avère que c’est Marius, pourrais-je le juger ? Mon bras pourra-t-il appliquer la sentence alors que je sais que ce sont les actes de Salomon qui ont fait de lui ce qu’il est ?
    Je doute…Mais il est interdit de douter de l’Ombre ! J’écoute, mais elle est juste désolée de ne pas pouvoir éclairer les noirceurs de mon esprit maudit, mon esprit hérétique. Pour avoir osé douter, je devrais là, maintenant, me couper et laisser glisser mon fluide vital pour réparer mes fautes.
    J’inspire profondément…Étrange, pourquoi ne parle-t-elle pas de lui sous le titre d’ « hérétique » ?
    Un homme qui défie l’Eglise, qui défit la notion même de l’existence de l’Ombre est un être hérétique qui remet en cause, et met en danger, l’équilibre de l’Ombre. L’équilibre ne dois jamais se briser, et ces scientifiques, ces philosophes, ces révolutionnaires sont des dangers dans le simple fait qu’ils existent !

    Enfin, je ne m’en suis pas rendu compte mais mon regard est flou, ancré dans le liquide de ma tasse. Mon expression est neutre, mais mes doigts serrent de façon compulsive l’anse de ma tasse. Je suis enragé…Je n’ai aucune informations valables, je doute de l’Ombre, je suis en train de devenir un hérétique et je refuse !
    Il faut que je me calme…Pour cela, je commence à murmurer en douce litanie. Seul moi, et peut-être elle, peut entendre les versets que je récite pour me calmer.


    « En aucun cas, ne vous laissez distraire de vos méditations… »

    Je marque une pause, je continue à la pensée que oui, l’Ombre est tout. La femme en face de moi ne peut comprendre le trouble qu’elle a déclenché chez moi…Mais je suis encore trop troublé pour me dire calmé alors je poursuis dans un fin souffle, tout juste audible :

    « L'Ombre a la primeur sur toute chose terrestre. Lorsque vous communiquez avec elle, au travers de votre âme qui en est issue, ne gardez aucun contact avec le monde d'ici-bas. Rien ne nécessite l'interruption prématurée de votre réflexion, dussiez-vous en mourir. Une offense à l'Ombre est une offense à tous ceux qui la serve. »

    Le 19ème verset a souvent eut raison de mes doutes. Il m’apaisse et me calme. Je laisse aller ma tête en arrière, en inspirant profondément. J’expire en la regardant de nouveau. Mon regard est de nouveau vide, mais plus voilé. Je suis calme, je suis apaisé. Mes mains ne tremblent plus, je ne doute plus.
    On lui apporte son thé, je me concentre de nouveau sur sa personne et m’exprime réellement, de façon audible cette fois-ci. Je ne parle pas que pour ma personne ou seulement à l’Ombre là, je m’adresse à un être de chair et de sang que ma foi protège, et guide, en maintenant l’équilibre de l’Ombre.


    « Je comprends que vous n’ayez guère plus d’informations…je regrette de vous avoir dérangé durant votre thé, Dame la Duchesse. »

    Je terminais ma tasse de thé, il est temps pour moi d’aller expier de mes horribles pensées dont je ne veux me souvenir.
    Je repose mon chapeau sur le haut de ma tête, tout en me levant lentement mais sûrement. D’un ton calme, posé, et typique de l’aristocrate que je suis, j’ajoute :


    « Si vous veniez à vous souvenir de quoique se soit…n’hésitez guère à venir la cathédrale. On vous indiquera où me trouver. En espérant que ce thé soit à votre goût, Madame la Duchesse. »

    J’ajuste ma canne sur mon avant-bras, la salue d’une légère révérence droite, et me dirige vers la sortie. Je salue les serveuses, elles savent que je reviendrais dans cette boutique. Mon bras me démange, mes cicatrices sont encore fraîches et je crains que le saignement n’est repris.
    L’allure droite et noble, je m’engouffre au milieu de l’allée…Entouré de la foule, je disparais en son sein telle une Ombre. Je dois me punir de mes doutes à présent…

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MessageSujet: Re: La petite goutte qui fait déborder le vase [PV Job]   Mer 19 Oct - 17:01

« Je restai quelques instants sans rien dire ni bouger. En fait, je ne fis que fixer le frère de Marius et observer ses diverses réactions à tout ce que j’avais pu lui révéler ou tout simplement, les actions que j’avais commises. Je ne pensais pas être surprise de la sorte. Alors qu’au départ il avait le regard perdu dans sa tasse de thé, il se mit soudainement à réciter des versets de l’Ombre. Je me souvenais parfaitement bien que les fils de l’Ombrage avaient été désignés pour travailler au service de l’Ombre. Pourtant, je n’avais jamais pensé une telle aliénation entre l’un des membres et l’Ombre. C’était bien étrange. Cela devait être le premier fanatique que je rencontrais dans toute ma vie. Je n’étais tout de même pas sotte : il y en avait partout des fanatiques, dans tous les domaines. Néanmoins, jamais je n’en avais encore croisé. D’un côté, je me disais que c’était une bonne chose. Job commençait sérieusement à m’inquiéter voire me faire peur. Pour quelle raison décidait-il tout d’un coup réciter les versets ? Qu’avait-il dans la tête ? C’était vraiment un énorme mystère pour moi, d’autant plus que je ne comprenais pas du tout ces hommes – et ces femmes – qui consacraient leurs vies à quelque chose aussi ardument. Il y avait des causes pour lesquelles il fallait se battre, certes. Mais selon moi, l’Ombre n’était rien de si spécial que cela. J’avais été élevée comme croyante mais pas comme une pure adepte de ces pensées-là.

En tout cas, je restai quelques instants bouche bée. L’inquiétude me prenait de plus en plus et je continuai à le fixer plutôt que de me décider de boire mon thé. Au bout d’un moment, je finis par regarder autour de moi pour savoir si d’autres personnes l’entendaient également ou pas. Je n’avais pas envie que l’on nous fixât, c’était vraiment très gênant pour ma part. Surtout s’ils estimaient Job comme étant un fou. Visiblement personne n’avait la tête tournée vers notre table et je me dis que je devais arrêter cela sinon les autres clients se demanderaient ce que j’étais en train de faire. Ils concentreraient alors leur attention sur Job qui murmuraient des choses, tout seul, tête baissée et sans me regarder, alors que moi, j’étais à part. Lorsqu’il finit enfin ses récitations, il posa un regard sur moi. Il s’adressa alors en expliquant qu’il comprenait et s’excusait pour le dérangement. Bien sûr, j’étais sur le point de lui répondre poliment, mais certes d’une façon un peu hypocrite, que cela ne me dérangeait pas du tout et que ce n’était rien de grave, même si en réalité, je n’avais pas tant apprécié sa compagnie. Il termina vite sa tasse, mit son chapeau et se leva. Je restai sans voix rien qu’au moment où je le vis prendre son chapeau. Je savais parfaitement qu’il était en train de partir. Avait-il eu tout ce qu’il souhaitait ? La conversation n’avait pas duré beaucoup de temps et je m’étais attendue à de nombreuses autres questions. Je ne pouvais pas ne pas dire que j’étais rassurée. Je n’aurais plus besoin de parler de Marius, voire gaffer si cela m’arrivait. Même si dans le fond, je m’étais quand même bien amusée pendant ces quelques petites minutes. J’étais sûre et certaine d’avoir déstabilisé plusieurs fois mon locuteur et cela me réjouissait grandement.

Pourtant, lorsqu’il partit, le vide se fit tout d’un coup. Le rejoindre à la cathédrale si jamais je me souvenais de quelque chose. Je ne le reverrais pas pour lui donner une quelconque information, de cela je pouvais en être sûre et certaine, tout comme Job d’ailleurs. Ce n’était vraiment pas du tout mon intention première. En tout cas, je me mis tout d’un coup à réfléchir, pendant que le thé était en train de refroidir un peu, s’il existait un moyen pour utiliser cet Inquisiteur. Il m’avait paru vraiment décontenancé en ma présence. Si jamais je trouvais une façon de jouer avec ses sentiments et ses pensées, peut être aurais-je le droit à quelques avantages ? J’ignorais lesquels. Puis surtout, je ne savais pas vraiment dans quelle mesure cela me servirait. Pour une fois je m’étais sentie supérieure, j’avais certainement besoin de sentir cela à nouveau. Savoir que pour une fois je n’étais plus la victime mais bien au contraire l’agresseur, paraissait me contenter grandement. Mais je ne voyais vraiment pas du tout de justifications possibles. Je n’avais pas envie d’approcher Uriel ni de regagner sa confiance. Je n’atteindrais pas une nouvelle fois l’Empereur par le biais de Job. Et je n’étais pas si cruelle pour être simplement un bourreau pour une raison inconnue. Je ne m’acharnerai sur personne, donc Job, pour ne rien obtenir par la suite. La méchanceté gratuite me répugnait énormément.

Le thé avait refroidi assez pour qu’il fût encore assez chaud. Je me mis donc à le boire tout doucement comme j’en avais l’habitude les quelques fois où je buvais du thé. Je continuai en même à réfléchir à toutes les possibilités qui s’offraient à moi. Mais aucune ne me satisfaisait. Je laissais donc tomber cette idée d’utiliser l’Inquisiteur à des fins que je ne pourrais jamais vraiment justifier. En même temps, je terminai mon thé et je payai avant de partir. Je revenais chez moi, la tête et l’esprit ailleurs. Les pensées se bousculaient dans ma tête à une vitesse phénoménale. Après tout, je venais de rencontrer l’un des frères de Marius. Ce n’était pas rien non plus … »

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